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Ludwig Wittgenstein et l’éthique – au-delà des mots l’indicible et l’incompréhensible face à l’absurde

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« Ce qui fait passer une chose du néant à l’être, non seulement doit avoir l’être par soi-même, mais encore une puissance infinie de le communiquer, car il y a une distance infinie depuis le néant jusqu’à l’existence ». (Fénelon)

Citer Fénelon pour illustrer la pensée de Ludwig Josef Johann Wittgenstein (1889-1951) est un peu audacieux, mais je suis persuadé que cette audace plairait fort au personnage avide d’originalité qu’était le célèbre philosophe britannique d’origine autrichienne. D’ailleurs, je ne résisterai pas au plaisir de vous conter deux anecdotes le concernant. La première concerne « Mein Kampf » où Hitler y raconte qu’à l’école, il fut confronté à des enfants juifs, issus de la très grande bourgeoisie viennoise et ce qui avait déclenché chez lui un sentiment de haine, face à leur supposée arrogance. Ce n’est qu’à la fin de la guerre, dans les archives, que l’on retrouva une photo de groupe scolaire où figuraient, sur la même photo, le jeune Ludwig Wittgenstein, rejeton d’une famille juive viennoise, très riche et cultivée et le jeune Adolf Hitler, fils d’un douanier de Brunau-am-Inn ! La seconde anecdote concerne le grand philosophe anglais Bertrand Arhur Willial Russel (1872-1970) qui fera entrer Wittgenstein à Cambridge comme enseignant en philosophe des mathémathiques. Au bout d’un certain temps, l’auteur du « Tractatus Logico-Philosophicus » demandera à son ami si son enseignement était bien reçu par les étudiants. Bertrand Russel, avec un grand éclat de rire, lui répondra : « Vous êtes adoré par les étudiants Ludwig, même s’ils n’y comprennent rien ! ». L’amour des personnages originaux en Grande-Bretagne, passe toujours avant l’intellectualisme du continent !

Par jeu et par intérêt intellectuel, Wittgenstein va se lancer dans la logique sur le thème des fondements des mathématiques et de la philosophie du langage. Il était bien connu qu’il détestait enseigner ou intervenir en public pour donner une conférence et n’en donnera qu’une de toute sa vie : elle concernait l’éthique, sujet qui le passionnait et qu’il associait à la philosophie du langage. Deux barrages mis en place contre l’absurde toujours présent et un indicible sur lequel on refuse de mettre le nom de Dieu. Peut-il exister d’ailleurs une éthique sans « Lui » ? Il va alors tenter d’aller au-delà des mots et de rejoindre ce qui se rapprocherait d’une culture orientale, telle que nous la définit le philosophe Eliot Deutsch (1) : « Les qualificatifs ne sont que des conventions et des sons. Refuser tous les termes de désignation au profit d’une intuition qui pénètre directement au cœur des choses, cela signifie non seulement admettre que l’on n’est « rien » mais également accéder au silence, au « Tout » qui seul existe ».

C’est de cette unique conférence prononcée à Cambridge, entre septembre et décembre 1929, devant la société dite « The Heretics » et qui sera publiée pour la première fois dans la « Philosophical Review » dans le n° 1 de janvier 1965 que notre réflexion s’inscrit et pourrait avoir comme intitulé : « L’éthique peut-elle s’articuler sur le langage et me sauver de l’Indicible et de l’absurde si je ne crois pas à un Principe qui fait sens dans ma vie ? » Réflexion qui nous est propre en Maçonnerie naturellement ! Ce qui nous amène naturellement à redéfinir ce qu’il en est des buts de l’éthique qui ne peut être un vague ressenti mais, avant-tout, une action tendue vers la réalisation d’un sujet vers l’autre, « Soi-même comme un autre » dirait Paul Ricoeur. L’acte de la réflexion éthique se situe au coeur même de l’existence ordinaire, quelle qu’elle soit, et la base de cette recherche est l’insatisfaction de la distance entre le désir et sa réalisation. Cette insatisfaction va dans un sens positif car elle crée le mouvement éthique chez quelqu’un qui est trop satisfait de lui-même ! C’est une prise de conscience par rapport à un réel que l’on tente de coordonner quant à sa valeur, en le confortant à une autre réalité possible qui comblerait le désir vivant du sujet et ses exigences les plus profondes, car le désir est plus exigeant que tout théoricien ! Mais le désir est souvent contradictoire et l’éthique est d’abord de vivre le déchirement du choix pour accéder à la plénitude.

L’éthique se dessine à-travers le choix préférentiel, l’alternative ou le conflit, avec en toile de fond l’ambivalence des sentiments et l’être de l’apparence. Nous sommes là dans le domaine des apories, le domaine sans fin entre réel et imaginaire, l’opposition entre individu et totalité (La « séparation ontologique » des philosophes), et l’insoluble question du mal. Nous sommes là, dans cet indicible et cet absurde dont parle Wittgenstein. L’éthique ne constitue seulement la vertu que lorsque la conscience déplace sa volonté comme amour. Nous sommes responsables de notre éthique, alors que nous ne le sommes pas de notre morale qui est le plus souvent l’héritage de notre milieu, d’un « surmoi », comme l’évoque Freud.

C’est par une conversion réflexive, non religieuse, que l’éthique peut transformer le désir de telle manière qu’il accède au sens et à la félicité, et non pas au malheur et au non-sens. La première tâche de l’éthique est de réaliser une conversion du sujet, c’est-à-dire une rupture avec une antériorité, un changement radical d’attitude. La conversion est à la fois spéculaire et réciproque : travail sur soi et saisissement de l’autre comme étant concerné par son altérité même.

Ludwig Wittgenstein, en suivant un autre développement arrive aux mêmes conclusions. Il se rallie, en premier, à Moore dans ses « Principia Ethica » qui définit l’éthique comme « l’investigation de tout ce qui est bien », en le mettant en parallèle avec l’esthétique. Elle est l’investigation du sens de la vie, mais en pensant, comme le dit Hamlet : « Rien n’est bon, rien n’est mauvais, c’est la pensée qui crée le bon ou le mauvais ». C’est-à- dire qu’un état d’esprit, forcément limité dans le temps, n’est ni bon, ni mauvais, dans un sens éthique. L’éthique, si elle existe, est surnaturelle, alors que notre langage ne veut et ne peut qu’exprimer des faits. Cela nous fait prendre conscience de l’insuffisance, voire de l’infirmité des mots (« Je ne sais ni lire ni écrire, je ne sais qu’épeler » !).

Nous ne pouvons pas exprimer ce que nous voulons exprimer et tout ce que nous disons du miraculeux absolu demeure du non-sens. Wittgenstein déclare (2) : « Je vois maintenant que si ces expressions n’avaient pas de sens, ce n’est pas parce que les expressions que j’avais trouvées n’étaient pas correctes, mais parce que leur essence même était de ne pas avoir de sens. En effet, tout ce à quoi je voulais arriver avec elles, c’était d’aller au-delà du monde, c’est-à-dire au-delà du langage signifiant ». Le philosophe nous dit que parler de l’éthique, c’est affronter les bornes du langage et donc donner du front contre les murs de notre cage. Dans la mesure où l’éthique naît du désir de dire quelque chose de la signification ultime de la vie, du bien absolu, elle ne peut pas être une science. Mais, se buter aux bornes du langage, c’est peut-être çà l’éthique, nous suggère Wittgenstein ? On fait toujours l’essai de dire quelque chose (sans pouvoir l’enseigner, car cela se vit essentiellement), et qui n’atteint pas l’essence de ce qui est en question et ne peut pas l’atteindre quoi que l’on fasse. L’éthique, c’est aller au-delà des « Sitten und Gebräuche » (Moeurs et coutumes), c’est-à-dire aller au-delà du langage qui a un sens. Sinon, nous voilà dans l’errance d’Ulysse, loin d’Ithaque, sur les mers de l’indicible, de l’incompréhensible et de l’absurde.

Peut-être que la Franc-Maçonnerie nous donne la boussole éthique qui nous permet, contre les vents et les marées de nos vies, d’éviter les naufrages et de nous reconduire à Ithaque et retrouver la sage Pénélope !

 NOTES

– (1) Deutsch Eliot : Qu’est que l’Advaita-Vedânta ? Paris. Editions Les Deux Océans. 1980 (Page 56).

– (2) Wittgenstein Ludwig : Leçons et conversations- Suivies de « Conférence sur l’éthique ». Paris. Editions Gallimard. 1971 (Page 154).

 BIBLIOGRAPHIE

– Aristote : L’éthique à Nicomaque. Paris. Librairie Générale d’Edition. 1992.

– Epictète : Ce qui dépend de nous. Paris. Ed. Arléa 1995.

– Hadot Pierre : Wittgenstein et les limites du Langage. Paris. Ed. Vrin. 2004.

– Lacan Jacques : L’éthique de la psychanalyse. Le Séminaire. Livre VII. Paris. Ed. Du Seuil. 1986.

– Marion Mathieu : Introduction au Tractatus Logico-Philosophicus. Paris. PUF. 2004.

– Ricoeur Paul : Sois-même comme un autre. Paris. Ed. Du Seuil. 1990.

– Russel Bertrand : Histoire de mes idées philosophiques. Paris. Ed. Gallimard. 1961.

– Schopenhauer Arthur : Contre la philosophie universitaire. Paris. Ed. Rivages. 1994.

– Schopenhauer Arthur : Le monde comme volonté et comme représentation. Paris. PUF. 1966.

– Spinoza Baruch : L’éthique. Paris. Ed. Du Rocher. 1974.

– Williams Bernard : L’éthique et les limites de la philosophie. Paris. Ed. Gallimard. 1971.

– Wittegenstein Ludwig : Tractatus Logico-Philosophicus. Paris. Ed. Gallimard. 2001.

Je suis un homme heureux

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Plus je regarde autour de moi et plus j’observe cette agitation commune aux ruches et à la vie des abeilles,

j’ai l’impression de vivre dans une agitation constructive. Pourtant je pourrai vous dire aussi que j’ai l’impression d’être assis sur une cocotte minute qui ne demande qu’à exploser, et pourtant nombreuses sont les personnes qui  arborent un sourire en vous regardant dans les yeux et qui souvent sont dans la misère ou qui la vivent , ces gens qui nous rappellent nos conditions et ce que nous sommes. Ces gens ont les pieds enfoncés dans l’attente, ils vous sourient et leur sourire devient alors un signe d’espoir, on a l’impression qu’il vous disent qu’il ne faut pas douter…

Puis je vais sur les réseaux, réseaux sociaux comme il se doit et là  on me demande de partager. Dès que nous entrons dans le domaine de la communication nous plongeons de suite dans l’organisation. Et plus nous sommes nombreux plus nous nous devons d’être organisés. C’est du moins mon ressenti.

Et les gens qui occupent ces mondes donnent l’impression d’être organisés. Nous vivons au rythme des saisons, du soleil, de la pluie, du vent, des catastrophes, des guerres, de l’actualité et nous vivons aussi avec un flot de bonnes nouvelles qui nous arrivent à chaque instant avec des échanges d’amour qui donnent l’impression de rétablir un équilibre dans cette vie que nous subissons chaque jour.

C’est très sérieux tout cela. J’ouvre la radio, ou un média visuel et je découvre une personne qui me parle comme je le fais maintenant en me parlant de la vie. Il n y a pas de répit, nous sommes en pleine analyse et nous vivons constamment en équilibre. 

En loge je suis habitué à écouter les autres quand ils travaillent sur des sujets qui font réfléchir mais cependant dans notre vie de tous les jours, nombreuses sont les occasions d’appréhender également  des sujets dits intellectuels. Il y en a pour tous les goûts  et pour tous les niveaux. …

 En fait c’est peut-être ça la soupape de sécurité qui fait que la marmite n’explose pas!

Le questionnement occupe l’homme dans un premier temps, ensuite l’échange élargie la vision. Finalement  le monde profane utilise les mêmes  archétypes  que le monde maçonnique  dit éclairé  pour accéder à la connaissance ou inversement les francs-maçons  s’inspirent-ils du monde profane pour s’enrichir intellectuellement. 

Tout est relatif dans le choix des questions et dans la liste des réponses. Un dénominateur commun à toutes nos angoisses: on sait, on ne sait pas mais dans tous les cas on voudrait  bien savoir. On pense ou on penche à droite, à gauche ou au milieu. Il y en a pour tous les goûts et tant que la presse, l’information, les médias ne sont pas censurés chacun détient sa part de vérité et a un avis sur l’ existentiel. Le trinôme: liberté, égalité, fraternité fonctionne et chacun y croit. Ensuite on crée une échelle de valeurs à laquelle on adhère plus ou moins. 

Je serai tenté de dire que plus on avance, plus on laisse aller et plus on relativise. 

Peut-être un début de sagesse… 

Franc-maçonnerie et évopsy

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L’évopsy est brièvement expliquée, et les contradictions apparentes avec la franc-maçonnerie sont analysées

Bien longtemps  une partie de l’humanité a cru n’exister que depuis environ 6000 ans, et il en reste toujours des traces dans nos récits, n’est-il pas ? Charles Darwin et son complice Alfred Wallace ont secoué tout cela en montrant de manière irréfutable l’évolution des espèces et en soutenant que cette évolution est attribuable à un processus de sélection naturelle. Nous sommes deux siècles plus tard, et la thèse de « l’évolution biologique des espèces par la sélection naturelle et la concurrence vitale » a à peu près gagné la partie. Il reste cependant des fondamentalistes, souvent religieux, qui se maintiennent dans ce qu’on appelle désormais le créationnisme.

Si l’on admet l’exactitude de la théorie de l’évolution de Darwin, on reconnaît le primat de la biologie dans la constitution du corps humain, au même titre que ceux de tous les êtres vivants . Le corps humain se construit au sein de l’utérus maternel grâce au génome dont le fœtus hérite, transmis par ses parents. La question suivante est bien entendu

« Et le génome influence-t-il aussi nos comportements ? »

La réponse est immanquablement oui, par exemple dès qu’on compare le style comportemental de jumeaux élevés séparément dans des environnements très différents. Nous arrivons là sur le terrain de l’inné comparé à l’acquis, qui a beaucoup fait couler d’encre. Les psychologies se sont beaucoup penchées sur l’acquis, à commencer par la psychanalyse freudienne. Démêler le génétique, le culturel reçu des parents et le culturel acquis ailleurs reste un exercice non évident. Une aide provient de l’observation des espèces animales, et en particulier nos cousins les primates. Certains comportements s’observent chez les singes et chez les humains et sont expliqués par un avantage sélectif, c’est-à-dire que ces comportements ont favorisé la survie de l’espèce et/ou la transmission des gènes qui les ont permis. Dans ce cas nous sommes devant de la psychologie évolutionniste, en abrégé de l’évopsy. Cette nouvelle branche de la science a pris son essor dans les années 90. Comme dans toute jeune science, les concepts et découvertes ont été âprement discutés, et le sont toujours aujourd’hui. Les discussions sur les domaines respectifs de l’évopsy et des psychologies centrées sur l’acquis continuent toujours également.

Lorsqu’il s’agit d’étudier une espèce animale, le regard porté reste plutôt serein, mais dès que les similitudes avec l’humain apparaissent, des résistances et émotions s’invitent dans les débats. Les opinions idéologiques et croyances religieuses viennent polariser la compréhension des faits, et les biais cognitifs accomplissent leur brouillage délétère.

L’évopsy en ultra-survol

Chaque scientifique doit faire taire sa voix morale intérieure pour rester collé aux faits et contourner la case jugement. La racine du problème est le « mismatch » : le décalage entre notre génome optimisé pour le paléolithique et la vie actuelle. D’un côté la vie clanique et nomade, la rareté des ressources ; de l’autre, la vie en sociétés et villes complexes et hiérarchisées, avec plein d’anonymat.  Votre génome vous incite à privilégier la transmission de vos gènes plutôt que ceux des autres. Que le meilleur gagne ! Si l’espèce humaine a survécu, c’est parce qu’elle fait partie comme tous les grands animaux des espèces opérant une sélection sexuelle :  l’accouplement est conditionné à une sélection préalable du partenaire. L’homme, disposant de millions de spermatozoïdes à répandre, a une tendance naturelle à la polygynie. La femme ne peut grosso modo qu’enfanter une fois par an, elle porte donc la circonspection. Elle est en faiblesse pendant la grossesse, et en demande d’assistance pendant l’allaitement puis l’éducation du petit. En effet, la constitution physique liée à la station debout induit que le bébé naît avant terme si on le compare aux petits des autres animaux. C’est parfait pour la transmission des savoirs, mais cela consomme des ressources, et ralentit les déplacements du clan. L’association du père est indispensable. Cela inclut de pouvoir consommer les ressources dont il dispose ou qu’il a mis en réserve . En échange de l’engagement demandé à l’homme, que peut offrir la femme ? Les meilleures garanties que l’enfant sera sain :  cet aspect sain c’est la jeunesse et la beauté de la femme. Et voilà « pourquoi les femmes des riches sont belles », titre du livre  de Philippe Gouillou.

Si on ajoute que la peau lisse et claire est interprétée comme signe de jeunesse, on se voit déjà aux portes d’un genre de racisme par défaut. Et l’échange ressources/beauté a, lui, un fort relent de virilisme, non ? La poussée instinctive en faveur de ses propres gènes a été décrite scientifiquement par Richard Dawkins dans son célèbre «  le gène égoïste ». Nos sociétés actuelles sont bâties sur la cellule familiale nucléaire. Père et mère sont partenaires pour la durée …famille Ricoré, tout va bien, circulez, rien à voir. Dans la célèbre pub apparaît le postier, tiens ?  Madame a accès aux ressources accumulées et entretenues par monsieur, mais les gènes de madame se demandent si ceux de monsieur sont optimaux. Ceux du facteur ou du technicien d’entretien de la piscine sont plus jeunes donc plus sains, et en plus ils ont de ces pectoraux…Faire un enfant avec chaque pourvoyeur de gènes réduit les risques que la descendance s’arrête trop vite, non ? Tant pis si l’enfant bénéficie des ressources du mari, s’il n’en sait rien. De son côté, monsieur se tient peut-être un raisonnement similaire, la vie actuelle recèle tant d’opportunités. Les statistiques évoquent un taux de « cocuage » moyen des enfants de 15%. On voit là le côté corrosif pour la stabilité du couple que déclenchent les agissements souterrains du gène égoïste. La société actuelle a intégré cela et arrondit les angles en permettant la « monogamie à répétition », qui satisfait les exigences du gène égoïste par la séquence divorce-remise en couple-nouvel enfant. Les questions de ressources se règlent par indemnités compensatoires et autres dispositifs. Il y a aussi de plus en plus de femmes qui assurent leurs revenus seules tout en élevant leurs enfants. Ceci pour l’impact sur individus et familles. En regardant la société de plus loin, on constate que les inégalités sociales peuvent laisser de nombreux jeunes hommes ( pleins de testostérone ) au bord du chemin, sans compagne. Leurs frustrations seront un moteur de violence sociétale. Bref, le mismatch est à l’origine de pas mal de souffrance.

Et les francs-maçons dans tout cela ?

Notre moteur c’est la droiture morale et le respect des conventions de la société, donc en opposition avec les calculs darwiniens sous-jacents évoqués ci-avant. Mais, d’un autre côté, notre recherche de la vérité et de la connaissance de l’homme fait que nous ne pouvons ignorer ces aspects. Explication n’est pas synonyme d’excuse. Nous ne sommes pas les seuls à nous interroger sur ce mismatch morale/évopsy . Un professionnel de cette science, Stéphane Debove, a écrit un livre primé nommé «  pourquoi notre cerveau a inventé le bien et le mal » . La possible récupération par un groupe idéologiquement teinté est aussi au cœur de ses préoccupations . Voir à ce propos https://450.fm/2022/11/12/les-progressistes-ont-tort-de-craindre-darwin/

Un livre en a été tiré : « A qui profite (vraiment) la génétique ? » avec comme sous-titre «  Pourquoi la biologie du comportement humain ne condamne pas le progrès social » …Cela sonne maçonnique, non ?

On peut en conclure que l’ignorance est la moins bonne des attitudes, et que toute intention de minimiser l’influence des différences, si louable soit-elle, peut se retourner contre son auteur. Les racistes, sexistes et autres -istes clivants sont à l’affût et utiliseront toute opportunité, même en bidouillant les faits scientifiques, pour déclarer avoir raison.

…A nous donc de raison garder en toutes circonstances. D’abord, il faut garder à l’esprit est que l’influence génétique n’exclut pas l’influence culturelle, et inversement. Tout ceci nous oblige à ne pas pousser des cris d’orfraie devant des situations prévisibles. Qui dit prévisible dit aussi évitable, et gouverner c’est prévoir et prévenir . Parmi les  outils-maîtres sur ces sujets, citons la contractualisation avec équilibre des échanges, l’explicitation et le respect des consentements, etc. Eliminons la politique de l’autruche. C’est notre boulot de francs-maçons : adultes, responsables , et à l’affût des progrès possibles de l’Humanité, individuellement et sociétalement.

Lumières de Chartres : Le secret alchimique des bâtisseurs dévoilé…

Jean-Pierre Bollen, auteur chez Alkemia éditions de L’alchimie de la cathédrale de Chartres, était alchimiste. Entendons par ce qualificatif qu’il pratiquait l’alchimie, cet art ancien qui combine des éléments de chimie, de physique, d’astrologie, d’art, de métallurgie, de médecine, de mysticisme et de religion…

Son autre casquette le faisait reconnaître par ses pairs comme radiesthésiste – nous l’imaginons bien volontiers armé d’un pendule ou de baguettes de sourcier –, une pratique considérée par beaucoup comme relevant du domaine ésotérique ou spirituel plutôt que scientifique. Ne doutons que, conjuguant ses deux talents, il nous emmène à travers un beau voyage. Celui de la découverte de la cathédrale de Chartres, via le prisme de l’alchimie. Tel le radiesthésiste qui trouve des objets ou des matériaux cachés, l’auteur nous fera trouver, non pas la Pierre philosophale, mais nombre de secrets…

Il est vrai que la cathédrale de Chartres est souvent citée comme un haut lieu alchimique et ésotérique, avec des interprétations qui suggèrent que ses bâtisseurs auraient laissé des messages symboliques ou initiatiques sur ses pierres et dans son architecture.

Ce chef-d’œuvre de l’architecture gothique qu’est la cathédrale de Chartres est toujours enveloppée de mystères. Elle est réputée pour avoir été un site sacré druidique, liant son histoire au paganisme et au christianisme. La présence d’une Vierge noire, symbole de fertilité et de mysticisme, ajoute à son aura mystique. Les Templiers, connus pour leurs secrets et leur spiritualité, sont également associés à Chartres, alimentant des légendes sur des reliques et des savoirs cachés conservés dans ses murs. Pour la majeure partie, la cathédrale construite en trente ans, contre une centaine d’années normalement, donne à penser à certains qu’il s’agit bien encore de la main et de la richesse de l’ordre du Temple

Il est vrai que la cathédrale de Chartres est souvent citée comme un haut lieu alchimique et ésotérique, avec des interprétations qui suggèrent que ses bâtisseurs auraient laissé des messages symboliques ou initiatiques sur ses pierres et dans son architecture. Le mystère alchimique de la cathédrale reste un sujet qui fascine de nombreux chercheurs, historiens, ésotéristes et amateurs d’architecture sacrée. Cette catalepsie découle de la richesse symbolique et des mystères architecturaux de la cathédrale, considérée par certains comme un livre de pierre renfermant des secrets alchimiques et spirituels.

Les éléments alchimiques de la cathédrale de Chartres peuvent être interprétés à travers ses vitraux, ses sculptures, et l’agencement même de ses structures. La lumière colorée filtrant à travers ses célèbres vitraux est souvent vue comme une métaphore du processus de transformation alchimique, passant de l’obscurité à la lumière, de la matière brute à l’esprit purifié.

C’est fort justement que, dans son ouvrage posthume, Jean-Pierre Bollen partage sa riche expérience. L’auteur explore tous les domaines du sacré, sans oublier que Chartres est aussi réputée pour son labyrinthe au sol – chef-d’œuvre médiéval symbolisant le chemin initiatique et spirituel vers l’illumination et la quête de la connaissance spirituelle – comme une allégorie du voyage alchimique de la mort à la renaissance, du plomb à l’or. Le labyrinthe invite à un parcours méditatif, reflétant le processus intérieur de transformation. Pour le chrétien, traditionnellement, il représente un voyage symbolique du pécheur vers le salut, reflétant la quête de l’âme humaine vers Dieu.

Labyrinthe de Chartres.

Jean-Pierre Bollen notre offre donc une perspective unique et profondément recherchée sur la cathédrale de Chartres, un des monuments les plus emblématiques et mystérieux de France. À travers plus de 50 ans de recherches, d’observations, et de passion, Jean-Pierre Bollen explore les secrets cachés et les symboles alchimiques inscrits dans l’architecture, les sculptures, les vitraux, et même la disposition astronomique de la cathédrale. Cet opus met en lumière des aspects peu connus de la cathédrale, comme les représentations androgynes d’Isaac au portail Nord, l’utilisation de symboles alchimiques et musicaux, ainsi que l’interaction entre la structure de la cathédrale et les phénomènes solaires, notamment comment les rayons du soleil caressent le labyrinthe à l’occasion du jour le plus long de l’année, le 21 juin au solstice d’été porteur d’une riche symbolique à travers les cultures (lumière, abondance et fertilité, être autres). Si cette période est souvent associée à la croissance, à la prospérité et au renouveau, gageons que la lecture de ce livre nous fera aussi grandir en éveillant nos esprits et en aiguisant notre saine curiosité.

P.-A. Nicolas.

La préface de Pierre-Alexandre Nicolas rend hommage à l’auteur qui collabora à la célèbre revue fondée par Paul Le Cour en 1926, Atlantis qui n’a cessé d’explorer les thématiques liées à l’ésotérisme, la mythologie, l’histoire ancienne et la tradition.

Paul Le Cour, fondateur d’Atlantis, consacrée à la tradition.

Jean-Pierre Bollen, apportant une vision différente, offre des clés de lecture pour comprendre tous ces symboles. Richement illustré, le livre ajoute une dimension alchimique et ésotérique à la cathédrale à sa compréhension, ce qui devrait intéresser autant les passionnés d’histoire de l’art, d’architecture, d’ésotérisme ainsi que les chercheurs spirituels ou les visiteurs curieux d’explorer les couches cachées de sens de ce monument historique.

Site Alkemia éditions.

L’alchimie de la cathédrale de ChartresJean-Pierre BollenAlkemia Éditions, 2024, 216 pages, 30 € – Découvrez le catalogue de stages 2024 concernant les activités en Géobiologie et en Géobiologie Sacrée (visite de lieux sacrés) pour l’année 2024…Alkemia éditions : 26, chemin de Saint Barthélemy – 26500 Bourg-Lès-Valence – Tél. 06.67.40.42.95/Courriel.

La puissance de l’Ame

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Si les émotions gouvernent notre condition humaine… pouvons-nous y perdre notre AME ? Qui de la politique, du commerce et de la publicité essaie de nous envoûter ? Quels sont les outils de séduction ou d’intimidation ?

Comment lutter contre les « sorciers modernes entretenus par le mimétisme collectif ? Faut-il cultiver ce que l’auteur nomme l’amour vrai pour atteindre une éthique qui libère, guérit et même, parfois sauve ?

Bertrand Vergely a enseigné la philosophie en classes préparatoires aux grandes écoles, à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, ainsi qu’à l’Institut de Théologie orthodoxe Saint-Serge.

A déjà publié :

  • La destruction du réel _ 2018 – Le passeur
  • Notre vie a un sens – 2019 – Albin Michel
  • Le rêve perdu de la sagesse grecque – 2020 – Loin de Paris
  • La vulnérabilité ou la force oubliée – 2020 – Le passeur
  • Dieu veut des dieux – 2021 Ed. Mame
  • Voyage en haute connaissance – 2023 – Le relié

Combat ? Vous avez dit combat ! Comme c’est bizarre !

On entend, on lit aussi, ici ou là, ce mot accolé à « maçonnique !

Ah bon, le franc-maçon mènerait un combat ! Et moi qui pensait que les premières loges maçonniques avaient été créées pour favoriser la paix et la réconciliation dans une Angleterre déchirée par la guerre fratricide de sectes religieuses !

« Que la Paix règne sur la terre » dit le rituel et il ajoute « Que l’Amour règne parmi les êtres humains ! » et aujourd’hui, c’est le combat qui devrait primer !

Combat d’idées précise-t-on ! Ce qui suggère la dialectique ! Mais de quelles idées parle-t-on ? Est-ce que la fraternité est une idée ?

Tout cela pour suggérer un engagement plus important des francs-maçons : doit-on proposer que le GODF crée des milices ? Ou devrait-on rejoindre des partis politiques ? Et si oui lesquels ?

Tout cela, à mon humble avis, mène dans une impasse ! Des mots faciles que l’on prononce lorsqu’on a rien à dire ! Faudrait-il transformer les loges en associations militantes et propagandistes ? Et moi qui pensait que nous souhaitions être le centre de l’union !

Si combat il doit y avoir, ne pourrait-on pas se poser la question de ce que pourrait être «le vrai combat de l’initié » ?

Le vrai combat de l’initié c’est le combat que chacun de nous menons contre une part de nous-mêmes ! Ce « Mister Hyde » qui est tapi en nous et qui de temps en temps impose sa loi au « Dr Jekil ».

Chacun-e d’entre nous peut être tenté-e par des attitudes « non appropriées » : qu’elles soient mineures plus ou moins asociales, du découragement, ou un peu « gênantes » comme des réactions caractérielles, des pulsions à mettre le doigt dans le pot de confiture ou des frustrations d’ego !

L’engagement initiatique est très exigeant : en mettant en valeur l’humilité, la tempérance, le respect de l’autre, le sens de l’intérêt collectif, l’écoute, la nécessité de garder raison et le refus d’un spontanéisme passionnel, le rituel maçonnique met la barre très haut pour nous, pauvres humains aux prises avec tant de contradictions !

Oui ce combat interne existe et l’initié-e que nous voudrions être, pas toujours à la hauteur de l’enjeu, doit se confronter à l’épreuve du miroir !

C’est ce combat qui, à mon humble avis, doit nous préoccuper car si nous le gagnions tout est possible pour réaliser une réelle fraternité ! Oubliée la culpabilisation facile pour se dédouaner, au diable la procrastination des mythos, abandonnée la séduction !

C’est assez triste de voir des êtres humains vouloir jouer les généraux en prononçant des discours va-t-en-guerre sous prétexte que nos valeurs seraient bafouées ! Mais n’ont ils pas une part de responsabilité ? N’est-ce pas notre exemplarité qui est en cause ? Vouloir donner des leçons de morale exige d’être irréprochable ! Or qui peut se prévaloir de cette qualité ?

Il nous reste l’humilité, le travail et le combat sur nous-mêmes !!

Les franc-maçonnes et les francs-maçons ont choisi la philosophie, c’est-à-dire la recherche de la Sagesse pour laisser à d’autres, des activités qui peuvent avoir leur utilité. Nous prétendons que l’Amour et la Paix sont des objectifs qui méritent notre réflexion. En voulant mélanger les genres ne risque-t-on pas la confusion ?

Patience et longueur de temps…

« Tout dans la vie est une affaire de choix, ça commence par la tétine ou le téton, ça se termine par le chêne ou le sapin ». (Pierre Desproges)

Robert Badinter (1928-2024), homme universel et grand républicain, est parti…

À l’annonce du décès de Robert Badinter, il est naturel que de profondes émotions traversent le monde des francs-maçons. Du moins ceux qui représentent une maçonnerie sociale et sociétale et qui s’engagent envers les valeurs d’égalité, de fraternité, et de liberté, promouvant les droits humains et l’abolition des pratiques inhumaines telles que la peine de mort. En relation avec les idéaux maçonniques d’amélioration de l’individu et de la société.

Robert Badinter, en 2013.

La tristesse ressentie par les francs-maçons à l’annonce de son décès est donc le juste et parfait reflet de la perte d’une figure emblématique dont la vie et les actions ont incarné des valeurs universelles de justice et d’humanité.

Souvenons-nous, il y a à peine trois mois, dans le grand salon d’honneur de l’Hôtel de Ville de Paris résonnait, mercredi 8 novembre 2023, de la remise des prix que le Comité Laïcité République (CLR) décerne annuellement à ses lauréats qui, à des titres divers, ont honoré la Laïcité, par leurs propos, leurs engagements, leurs écrits. Le Prix Spécial, en visioconférence, était attribué à Robert et Élisabeth Badinter pour la lucidité et la constance de leur engagement en faveur de la liberté et de la laïcité

2023, Prix Spécial du CLR.

Retour sur le parcours d’un homme engagé, d’un homme de son siècle…

Robert Badinter est une figure éminente de la vie publique française, principalement connu pour son rôle déterminant dans l’abolition de la peine de mort en France. Il est à la fois avocat, universitaire, homme politique et militant des droits de l’homme.

Sa carrière juridique et académique

Robert Badinter a fait ses études de droit et a débuté sa carrière comme avocat. Il s’est rapidement spécialisé dans le droit du travail et la défense des droits de l’homme, plaidant dans plusieurs affaires criminelles notoires. En tant qu’universitaire, il a enseigné le droit et a publié plusieurs ouvrages juridiques influents.

Son engagement politique

Loi Abolition de la peine de mort (Archivesnationales-1994).

Sous la présidence de François Mitterrand, Robert Badinter est nommé Garde des Sceaux, ministre de la Justice en 1981. Dans ce rôle, il a été l’architecte de la loi abolissant la peine de mort en France, adoptée le 9 octobre 1981. Cette loi marque l’aboutissement de son engagement de longue date contre la peine capitale, faisant de la France un des pays européens à tourner la page sur cette pratique.

Ses contributions au Droit et aux Droits de l’Homme

Outre l’abolition de la peine de mort, Badinter a œuvré pour la réforme du système judiciaire français, améliorant les droits de la défense et modernisant le code pénal. Il a également joué un rôle important dans l’évolution des droits civiques en France, notamment en ce qui concerne l’égalité devant la loi et la lutte contre la discrimination.

Sa vie après la Politique

Après avoir quitté le gouvernement, Robert Badinter a continué à influencer le domaine du droit et des droits de l’homme. Il a présidé le Conseil constitutionnel de 1986 à 1995, garantissant le respect de la Constitution française et des principes démocratiques. Il est aussi intervenu dans plusieurs débats de société, toujours fidèle à ses convictions humanistes.

Robert Badinter et Patrick Henry lors du procès en janvier 1977. (Croquis d’audience de Calvi).

Son héritage

L’héritage de Robert Badinter reste fortement associé à l’abolition de la peine de mort en France, mais son influence s’étend bien au-delà. À travers ses actions et ses écrits, il a contribué de manière significative à la promotion des droits de l’homme, à l’éthique judiciaire et à la réforme du droit pénal. Sa vie et son œuvre continuent d’inspirer les nouvelles générations de juristes, d’activistes et de citoyens engagés pour la justice et les droits fondamentaux.

Le Grand Orient de France récompense Robert Badinter

C’était le 10 avril 2015.

L’ancien Garde des Sceaux Robert Badinter s’était livré à un très bel éloge de la Laïcité avant de recevoir la Marianne Jacques France des mains du Grand Maître du Grand Orient de France (GODF) d’alors, Daniel Keller, au siège de l’obédience. Un prélude aux deuxièmes Utopiales maçonniques (GODF) des 11 et 12 avril 2015.

Quelques mots de son discours :

« La Laïcité est une source de fraternité civique qui apaise les tensions entre communautés » ;

« La Laïcité est aujourd’hui le garant de la dignité de l’être humain » ;

« La Laïcité, qui implique l’interdiction de toutes les discriminations en raison de la foi ou d’un credo philosophique ou politique, est un bien légué par des générations de Républicains… et de francs-maçons » ;

Daniel Keller.

Et de conclure : « Soyons fiers de la Laïcité, car elle est une valeur fondamentale de la République française. »

Et Daniel Keller de répondre à l’ancien Gardes Sceaux en ces termes « Les francs-maçons du GODF ont été les bâtisseurs acharnés de la Laïcité ». Et d’ajouter « À une époque où nous manquons de référents, vous êtes une figure majeure de notre République. Vous êtes un Maçon sans tablier… ce qui est mieux que de porter un tablier sans être Maçon ! »

Nos pensées vont à Élisabeth Badinter, à sa famille et à ses proches.

Marianne Jacques France, œuvre du sculpteur franc-maçon Paul Lecreux (1826-1894) dit « Jacques France ».

À cette heure, le communiqué de la Fédération Française de l’Ordre Maçonnique Mixte International Le Droit Humain, rendu public par son Grand Maître National Sylvain Zeghni ce 9 février, souligne avec émotion la perte immense que représente le décès de Robert Badinter. Le message exprime la profonde tristesse de l’Ordre face à la disparition de cet homme d’exception et retrace les grandes étapes de la vie de Robert Badinter, insistant sur les épreuves qui ont marqué son enfance et forgé son engagement indéfectible pour la justice et les droits humains.

Sylvain Zeghni

L’Ordre souligne son admiration pour les combats menés par Robert Badinter, notamment l’abolition de la peine de mort, la lutte contre l’antisémitisme et le racisme, et la défense des droits des homosexuel.

Le communiqué affirme que les valeurs défendues par Robert Badinter rejoignent celles de l’Ordre Maçonnique Mixte International Le Droit Humain, à savoir la liberté, l’égalité et la fraternité.

Le message se termine par l’expression des plus sincères condoléances de l’Ordre à la famille et aux proches de Robert Badinter.

Photo source Threads, média social de microblogage (Meta, société mère de Facebook et Instagram).

Vendredi 9 au soir, à 7h07 très précisément, la page X anciennement Twitter de Guillaume Trichard, le GODF (Officiel) a reposté le mot du grand maître du GODF :

« #RobertBadinter nous a quittés. Sa vie tout entière s’est confondue avec ses combats pour les droits de l’homme, pour la dignité et la justice, pour les libertés publiques et individuelles, pour le droit et la démocratie. Il aura lutté pour leur application, pour leur extension universelle, pour l’idéal qu’ils incarnent. Au-delà de l’abolition de la peine de mort et de la suppression du délit d’homosexualité, ses combats contre le négationnisme, le racisme, l’antisémitisme doivent nous inspirer. Incarnation de l’Humanisme, il a été passionnément habité par sa volonté de faire triompher la Raison. Conscience de la République, il aura fait résonner les Lumières dans toutes ses réflexions, ses actes, ses écrits, avec un courage qui donne sa noblesse à l’action politique. Ami du @GODFOfficiel, il avait été honoré en 2015 et reçu la #Marianne Jacques France. Il avait alors déclaré que « la laïcité est une source de fraternité civique, elle est garante de la dignité de l’être humain ». Aujourd’hui, la Franc-maçonnerie libérale et adogmatique est en peine mais les Francs-maçons continueront à oeuvrer en s’inspirant de son exemple. J’adresse mes condoléances à Elisabeth Badinter, ses enfants, ses proches. »

Bandeau, page X (anciennement Twitter) @GODFOfficiel.

Illustrations : Wikimedia Commons, Theards, page X (anciennement Twitter)

« La Plume et la Pensée », le supplément consacré au Rite Français

Il s’agit du numéro 7 bis, un supplément au numéro 7 de La Plume et la Pensée à paraître au cours de ce premier semestre 2024.

Un message de Christian Eyschen, Rédacteur en chef de La Plume et la Pensée, revue maçonnique numérique gratuite de la Libre Pensée.

Au sommaire de ce supplément :

-Les hauts gradés français sous le prisme du REAA

-Les 81 grades qui fondèrent au siècle des Lumières le Rite Français des hauts grades.

L’article sur les 81 grades qui fondèrent au siècle des Lumières le Rite Français des hauts grades nous intéresse au plus haut point.

Il fait un large écho à la publication de Colette Léger diffusée chez Conform édition, 1re éd. 2017), lauréate du prix littéraire 2018, catégorie Histoire, de l’Institut Maçonnique de France. Un ouvrage écrit d’après les manuscrits détenus par la Bibliothèque nationale de France. Ces 81 grades fondèrent, en quelque sorte, le Rite Français.

Au XVIIIe siècle, la franc-maçonnerie a commencé à se structurer de manière plus formelle, avec l’établissement de divers systèmes de grades au-delà des trois degrés de base de la maçonnerie symbolique : Apprenti, Compagnon, et Maître Maçon.

Les hauts grades ont été conçus pour approfondir les enseignements et les pratiques maçonniques, en intégrant des éléments de mysticisme, d’alchimie, de chevalerie et de traditions ésotériques chrétiennes.

Christian Eyschen, Rédac chef de  »La Plume et la Pensée ».

Les systèmes de hauts grades maçonniques, dont le Rite Français, ont été fondés pour structurer la progression initiatique des membres, en leur offrant un cadre plus riche et diversifié pour l’exploration des valeurs maçonniques.

Un très utile supplément ! Pour le télécharger, c’est ICI.

Voyage insolite au cœur de la franc-maçonnerie : « Les Tribulations de « Dieu » au Grand Orient de France »

C’est à travers le prisme du fervent intellectuel saint-simonien et franc-maçon Marie Alexandre Massol (1805-1875) que Didier Molines nous fait découvrir « Les tribulations de « Dieu » au Grand Orient de France », titre de son ouvrage.

Marie Alexandre Massol était connu pour sa défense d’une morale totalement indépendante de la religion, une idée qu’il a concrétisée en fondant la revue La morale indépendante en 1865. Il a joué un rôle politique en tant que maire adjoint du 9e arrondissement de Paris en 1870.

Massol a poursuivi ses études de droit à Paris avant de devenir disciple de Saint-Simon. Il a suivi Barthélemy Prosper Enfantin dans un tour de France du travail et a tenté d’implanter un groupe saint-simonien en Algérie, puis en Égypte, sans succès. Après son retour à Paris, il a collaboré avec des personnalités telles que Lammenais et Proudhon, et est devenu franc-maçon avant 1830. Il a déclenché un débat au sein de la franc-maçonnerie en proposant une vision de la morale totalement indépendante de la religion.

Déçu par le maintien de l’élément religieux dans la nouvelle constitution du Grand Orient de 1865, il a fondé La morale indépendante avec Henri Brisson cette même année. En 1874, il a été élu au conseil municipal du 5e arrondissement de Paris.

Marie Alexandre Massol est décédé en 1875 et a été enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris. Il a laissé une empreinte durable dans les domaines de la philosophie morale et de la franc-maçonnerie en France.

Musée d ela franc-maçonnerie – Photo YG.

Didier Molines retrace ainsi le difficile cheminement vers la liberté absolue de conscience, des Constitutions dites d’Anderson de 1723, considérées comme le fondement de la franc-maçonnerie moderne, à une ouverture progressive des esprits, au cours du XIXe siècle.

Ce siècle ayant été une période de grands bouleversements sociaux, politiques et intellectuels tant en France qu’en Europe. Il a vu l’émergence et la consolidation de l’idéal libéral, notamment en matière de liberté de conscience.

Le cheminement vers la liberté absolue de conscience, en particulier à partir desdites Constitutions jusqu’à cette ouverture progressive des esprits reflète bien aussi une période significative de transformation sociale, intellectuelle et philosophique dans l’histoire occidentale. Ce parcours est marqué par plusieurs événements clés et tendances qui ont façonné la pensée moderne autour de la liberté individuelle, de la tolérance religieuse et de l’expression personnelle.

Louis Jacques Maurice de Bonald

Cet ouvrage aide à y voir plus clair !

Didier Molines nous communique les différents débats nationaux mis en avant par la loge « La Réunion des Amis Choisis » de Béziers. Il rappelle aussi dans la position de l’Église catholique que tous les clergés dogmatiques sont violemment opposés à la franc-maçonnerie. Sans omettre de cité la bulle d’excommunication de l’art royal, datée de 1738, l’auteur partage volontiers les propos du cardinal de Bonald (1787-1870), un des plus fervents défenseurs de l’ultramontanisme contre le vieux gallicanisme français, archevêque de Lyon et de Vienne de 1839 à 1870, à l’occasion du Carême en février 1868. Ouvrant son ‘’mandement’’ par une alerte : « On se croirait arrivé à ces époques désastreuses pour la religion, où l’on ne peut plus supporter une doctrine saine et où les esprits et les cœurs sont fermés à la vérité. » Ledit cardinal met en garde ainsi les fidèles contre la franc-maçonnerie, et rappelle que le pape a renouvelé le 25 septembre 1865 sa condamnation déjà prononcée par quatre de ses prédécesseurs, souhaitant ainsi assurer « la sécurité de l’Église et de l’État ».

Première de couverture, détail.

Remercions la belle personne qu’est Didier Molines, né en 1951, médecin à la retraite, de nous offrir cette vision « Dieu » au Grand Orient de France.

Docteur en médecine, il a tout d’abord exercé en cabinet, avant de faire évoluer son activité vers la direction d’établissements médico-sociaux. Il a terminé sa carrière comme Directeur général d’une importante association du secteur social et médico-social.

Franc-maçon, membre du Grand Orient de France depuis 1977, il a exercé différentes fonctions dans les loges symboliques et les chapitres du Rite Français. Il a aussi exercé des mandats nationaux au sein du Grand Orient de France, tant au Conseil de l’Ordre qu’à la Chambre d’Administration du Grand Chapitre Général-Rite Français.

Ses travaux portent sur l’évolution des idées, tant par l’étude des décisions du Grand Orient de France, que par l’analyse des rituels historiques ou actuels. Ses recherches s’appuient sur l’étude des archives de l’Obédience et de la loge la plus ancienne de Béziers, la loge La Réunion des Amis Choisis.

Cette loge maçonne toujours et en mai 2010 avait réalisé une belle exposition au musée du Bitterois, pour leur 200 ans, dont Midi Libre s’était fait largement l’écho.

Philippe Guglielmi.

Signalons aussi que nous devons la préface à Philippe Guglielmi, Très Sage et Parfait Grand Vénérable du Grand Chapitre Général du Rite Français du Grand Orient de France et ancien grand maître du GODF de 1997 à 1999. Rappelons que c’est à lui que nous devons le fait décrire le terme ’’a-dogmatique’’ de cette façon afin d’éviter toute confusion avec la doctrine économique « libérale », un système de pensée qui valorise la liberté individuelle dans le domaine économique. Elle repose sur plusieurs principes clés qui favorisent l’initiative privée, la concurrence libre et non faussée, et une intervention minimale de l’État dans l’économie…

En annexe, nous apprécions tout particulièrement le très judicieux tableau récapitulatif du cheminement des idées, de 1717 à nos jours. Il offre plusieurs avantages : clarté et lisibilité, comparaison et analyse facilitées, synthèse efficace, etc.

Bonne lecture à toutes et à tous !

Les tribulations de « Dieu » au Grand Orient de France

de la croyance obligatoire à la liberté absolue de conscience, les combats de Marie Alexandre Massol.

Didier MolinesÉditions Cépuduès, Coll. de Midi, 2024, 140 pages, 19 €