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Olentzero est-il le Père Noël basque ?

Olentzero est une figure mythique du folklore basque, représentant un charbonnier qui apporte des cadeaux aux enfants la nuit de Noël.

Traditionnellement, avec son visage noirci par la poussière du charbon de bois, Olentzero a un air un peu terrifiant et est décrit comme un homme vêtu de vêtements paysans et portant un béret basque, souvent accompagné d’une pipe et d’un sac rempli de cadeaux et de bonbons. Olentzero est célébré dans de nombreuses parties du Pays Basque, tant français qu’espagnol, pendant la période de Noël, avec des défilés et des festivités en son honneur.

Au Pays Basque, Olentzero est un personnage central

Dans la culture et la tradition basques, particulièrement associées à la célébration de Noël, il est associé à charbonnier, reflétant ses origines modestes et son lien avec la nature et le travail manuel.

Olentzero.

Le charbonnier, comme ici au Pays Basque, possède un symbolisme très riche.

Olentzero est ainsi directement lié à la terre et à la nature. Rappelons que le processus de fabrication du charbon implique la transformation du bois en charbon à travers le feu. Ce processus peut symboliser la transformation, la régénération et le renouveau.

Arbre généalogique de la mythologie basque.

Dans de nombreuses cultures, le feu est un élément de purification et de renouveau, et le rôle du charbonnier dans ce processus peut être vu comme métaphorique de ces thèmes. Souvent, le charbonnier est représenté comme une figure solitaire, passant beaucoup de temps seul dans les forêts ou les montagnes. Cette solitude peut symboliser la sagesse, la réflexion intérieure et une forme de connexion spirituelle ou mystique avec le monde.

Sugaar, la moitié masculine de la déesse basque Mari

Dans le cas d’Olentzero, le charbonnier n’est pas seulement un travailleur, mais aussi un bienfaiteur qui apporte des cadeaux. Cela peut symboliser la générosité qui émane d’un mode de vie simple et en harmonie avec la nature, ainsi qu’une récompense pour le travail acharné et l’honnêteté.

Olentzero représente aussi un ancrage dans les traditions et les modes de vie anciens. Dans un monde en constante évolution, le charbonnier rappelle les valeurs et les pratiques du passé.

Enfin, pour qui est charbonnier, nous savons pertinemment que cela symbolise le cycle de la vie – la croissance, la mort, et la renaissance. Le charbon est créé à partir de la destruction (brûler le bois) et, à son tour, devient une source d’énergie et de vie. Un symbolisme – transformation, sagesse, générosité, tradition – multidimensionnel !

Portail de la mythologie basque.

La représentation d’Orentzero

Il est souvent représenté comme un homme robuste, avec des traits caractéristiques d’un travailleur de la terre : un visage marqué par le travail en extérieur, une barbe fournie, et habillé de manière simple mais fonctionnelle. Il incarne non seulement l’esprit de générosité et de festivité de Noël mais est aussi un symbole de la culture et de l’identité basques. Les célébrations d’Olentzero incluent généralement des chansons, des danses, et des parades où il est porté en effigie ou incarné par une personne en costume traditionnel.

Et étymologiquement parlant ?

L’étymologie du terme Olentzero n’est pas clairement définie. En vérité, plusieurs théories existent…

Bon Cousin Charbonnier (BCC).

Une théorie suggère qu’Olentzero dérive du basque « olen » (charbon) et « tzero » (bon), se traduisant littéralement par bon charbonnier. Cela reflète son rôle de charbonnier dans la tradition.

D’ailleurs, ne dit-on pas Bon Cousin Charbonnier (BCC) ?

Par ailleurs, certains chercheurs croient que le personnage d’Olentzero pourrait avoir des racines préchrétiennes, remontant à des célébrations païennes liées au solstice d’hiver. Le nom pourrait donc être associé à ces anciennes traditions.

Les linguistes suggèrent plutôt que le nom pourrait avoir été influencé par d’autres langues ou cultures qui ont interagi avec le Pays Basque au fil du temps.

Finalement, Olentzero reste entouré de mystères… entrelacées avec les mythes et les histoires transmises de génération en génération. Sacré Pays Basque !

Mais la question reste posée : Olentzero est-il le Père Noël ?

Il est souvent comparé au Père Noël en raison de son rôle de porteur de cadeaux durant la période de Noël. Cependant, il est distinct du Père Noël en plusieurs aspects importants.

D’abord, parce qu’Olentzero est spécifiquement ancré dans la culture basque, tandis que le Père Noël, tel qu’on le connaît aujourd’hui, est un personnage d’origine plus occidentale et largement popularisé par les traditions américaines et européennes.

Jonathan Meath en Père Noël.

Olentzero est traditionnellement représenté comme un charbonnier, avec une apparence plus rustique et liée au travail, tandis que le Père Noël est souvent décrit comme un homme joyeux et rondouillard habillé de vert à l’origine puis de rouge dès les années 30, après une campagne de pub de Coca-Cola qui a mis en valeur la figure de « Santa Claus ».

 Ensuite, parce que les traditions entourant Olentzero sont spécifiques au Pays Basque, impliquant des chansons, des défilés et d’autres célébrations communautaires. Le Père Noël, en revanche, est associé à une gamme plus large de traditions occidentales, telles que la distribution de cadeaux, les chaussettes de Noël et les voyages en traîneau tiré par des rennes.

Les rennes du père Noël patientent durant la distribution de cadeaux (1891).

L’histoire d’Olentzero a des racines plus anciennes et peut-être même préchrétiennes, liées aux célébrations du solstice d’hiver. Le Père Noël, tel que nous le connaissons aujourd’hui, est le résultat d’une évolution plus récente, influencée par diverses figures historiques et légendaires, dont Saint Nicolas. Notons, quand même, que la légende de saint Nicolas est établie depuis le Moyen Âge.

Quitte à décevoir nos fidèles lecteurs et bien qu’Olentzero et le Père Noël partagent le fait de distribuer généreusement des cadeaux pendant la saison de Noël, Olentzero n’est pas le Père Noël.

Cependant, mes très chères sœurs et très chers frères, en cette période de réjouissance et de lumière, je vous adresse mes vœux les plus fraternels. Que la joie de Noël illumine vos cœurs et vos foyers, et que les principes de notre auguste fraternité rayonnent dans vos actions et vos pensées. Puissions-nous continuer à bâtir ensemble, avec force et sagesse, sur le chemin de l’amélioration personnelle et du bien commun.

Bon & Joyeux Noël à tous !

Et que la paix et l’harmonie soient avec vous en cette saison et tout au long de l’année à venir.

Sources : Wikimedia Commons, Geo.fr, olentzeroren lagunak, que faire pays basque

De la pop culture, les 13 desserts de Noël en Provence ?

La pop culture ou culture populaire fait référence à l’ensemble des idées, perspectives, attitudes, images, phénomènes, et autres éléments culturels qui sont prédominants ou très populaires au sein d’une société à un moment donné. Elle est souvent associée aux goûts du grand public plutôt qu’à ceux des élites culturelles, et elle se manifeste à travers divers médias et formes d’art.

Drapeau provençal

La pop culture est donc un miroir dynamique de la société, reflétant et influençant les intérêts, les croyances, et les comportements des gens à travers le temps.

À ce titre, les 13 desserts de Noël en Provence peuvent être considérés comme un élément de la culture populaire, mais avec certaines nuances. Les 13 desserts de Noël, en revanche, sont un exemple de tradition culturelle spécifique à une région et transmise de génération en génération. Ici, en Provence, une région historique et culturelle dans le sud-est de la France. Elle est célèbre pour ses paysages pittoresques, son climat méditerranéen… ainsi que sa cuisine savoureuse. Voici quelques éléments clés qui caractérisent la Provence :

Le Gros Souper.

Des plus anciennes traditions provençales de Noël, la présentation des treize desserts est certainement celle qui, aujourd’hui, est la plus célébrée dans les chaumières de Provence. Disposés sur les 3 nappes, au milieu des 3 bougies ou des 3 chandeliers, et des 3 coupelles le blé de la Sainte-Barbe (symbole de la Trinité), les treize desserts représentent le nombre de convives lors de la Cène, repas rassemblant le Christ et les douze apôtres. Cette tradition n’est pas formellement datée dans le temps, mais elle remonte à plusieurs siècles.

Cette tradition doit aujourd’hui son importance notamment grâce aux Félibres, Frédéric Mistral en tête, qui se penchent sur les cérémonies du Noël provençal traditionnel au XIXe siècle. Cette période donne un second souffle à cette tradition, et aujourd’hui en Provence, on ne peut pas concevoir un Réveillon sans les 13 desserts sur la table.

Les treize desserts provençaux sont servis après le Gros Souper provençal qui est composé de plats maigres, en attendant de se rendre à la messe de minuit. D’une région à l’autre, la composition des treize desserts varie. En voici la liste des 13 desserts, et quelques explications quant à leurs présences sur la table :

Tout d’abord, la pompe à huile, véritable tradition provençale, qu’il faut présenter rompue, comme Jésus le fit avec le pain, et non coupée au couteau. Traditionnellement, la pompe à huile, appelée aussi gibassier ou fougasse, qui est un gâteau à base de fleur de farine, d’huile d’olive, de cassonade et parfumé à la fleur d’oranger, est porté dans la crèche provençale par le personnage Pistachier.

La Pompe à huile

Autour de la pompe à huile, ce pain sucré (une fougasse) aromatisé à l’huile d’olive et au zeste d’orange ou de citron, il représente des ordres religieux, les 4 mendiants (li pachichoi) : leur couleur sombre rappelant celle des robes des ordres des mendiants :

–           les noix ou noisettes représentent l’ordre des Augustins,

–           les amandes celui des Carmélites,

–           les figues sèches, celui des Franciscains,

–           les raisins secs symbolisent l’ordre des Dominicains.

Le nougat noir et le nougat blanc représentent le pénitent noir et le pénitent blanc. Mis aussi, le nougat blanc symbolise le bien, avec des amandes, du miel et du blanc d’œuf et le noir représente le mal, avec du miel caramélisé et des amandes.

Viennent ensuite les dattes (symbole du Christ venu d’Orient), figues séchées et autres fruits d’extrême orient, rappelant l’origine des rois mages.

Enfin, des fruits de saison tels que le melon d’eau qui est peu à peu abandonné, du raisin, des pommes, des poires, des oranges, des clémentines, de la pâte de coing, des oreillettes (les oreillettes font parties de la famille des beignets au même titre que les merveilles, les bugnes et terminent la plupart des repas festifs et notamment ceux de Noël et de carnaval), etc.

Ces desserts resteront 3 jours sur la table, et les convives se doivent de tous les goûter ! Les treize desserts sont accompagnés de vin cuit en référence au vin du Christ.

Cette tradition est non seulement un festin pour les papilles, mais aussi un moment de partage et de convivialité en famille, reflétant l’esprit et les valeurs de Noël.

Sources : YouTube, Notre Provence, Maquis de Provence, Provence Verte & Verdon Tourisme

Les santons – Source Provence Verte & Verdon Tourisme.

Quelques réflexions sur l’éthique du silence en psychothérapies et… en maçonnerie !

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« Comme la mort est le parachèvement de la vie, ce qui lui donne forme et valeur, ce qui ferme sa boucle, de même le silence est l’aboutissement suprême du langage et de la conscience. Tout ce que l’on dit ou écrit, tout ce que l’on sait, c’est pour cela, pour cela vraiment : le silence »           

 J.M.G. LE CLEZIO – (L’extase matérielle)

Psychothérapie et Franc-Maçonnerie partagent ce goût du silence où l’on vient puiser ressourcement et aptitude à écouter l’autre dans son altérité. Maître Dôgen (1200-1253), grand patriarche de la voie du Zen écrit (1): « Même si l’on doit vénérer les images et reliques du Bouddha parce qu’elles le représentent, ce serait une erreur de croire qu’il suffit de les vénérer pour obtenir l’éveil ». Dôgen nous dit ainsi que la finalité n’est ni la cérémonie ni le rite pour atteindre le Samâdhi mais la fusion dans le silence avec l’indicible. A son tour, Maître Yasuo Deshimaru (1914-1982), introducteur du bouddhisme

zen soto en France, avait coutume de dire que le rituel est un excrément qui sert juste de véhicule à la surprise qui est la vérité du sujet. La vraie nature des choses ne peut être exprimée par le langage, l’ainsité est le terme du voyage. Ensuite, il n’y a plus rien à en dire, si ce n’est de laisser l’autre en tête-à-tête avec sa vérité, dans le silence d’une intimité qui ne concerne plus ni le maître zen ni l’analyste. Eugène Ionesco écrit : « le mot empêche le silence de parler ». Il est sans doute utile de se rappeler que le substantif silentium et le mot grec sigé se prêtent à être utilisés dans un contexte religieux. Soit comme expression de ce qu’est la divinité elle-même, soit comme une attitude humaine en face de la divinité. Seul avec Le Seul…

                               Cependant la psychothérapie, en particulier la psychanalyse, présente toutes les caractéristiques d’un rituel (horaires, divan, paiement, office du thérapeute, lieu permanent, etc…). Même l’instauration des séances courtes lacaniennes, qui voulaient changer le rituel par la scansion, n’y sont pas parvenues : le patient a besoin de ce rituel qui le rassure, pour aller plus loin. Jusqu’où ? Peut-être, au-delà de la guérison de ses symptômes, de découvrir, à travers le dévoilement qu’amène la surprise, le silence et la rencontre d’une autre dimension ? …

Tout groupe, y compris ceux qui se réclament de la psychothérapie (et peut-être plus que les autres !), a besoin d’un cadre pour perdurer. Noël Annan écrit (2) : « A society without moral consensus or rituals and sacred objects would disintegrate ». Et, Sartre dans les mots souligne l’aspect incontournable du rituel quand il écrit (page 104) : « Quand beaucoup d’hommes sont ensemble, il faut les séparer par des rites ou bien ils se massacrent ». Le rite ou le chaos !           

Ce cheminement où l’on passe, peu à peu, d’un silence du tumulte des organes et des affects à un silence « adressé » là où la réciprocité ne vient que de l’Autre et non plus seulement (ou plus du tout !) d’un petit a transitionnel, le psychothérapeute le connaît dans sa pratique journalière avec ses succès et ses échecs (certains patients ne pourront pas aller jusqu’à la surprise de ce qu’ils se cachaient et se contenteront d’un raccommodage positif, certes, permettant de vivre, mais loin du silence de l’apaisement). La psychothérapie est une ascèse pour le thérapeute et le patient.

Tout est imprévu, tout est silence. Pierre Sansot écrit (3) : « la rencontre d’une personne qui cherche à dire quelque chose et d’une autre qui s’apprête à l’entendre relève davantage de l’événement, de ce qui par chance s’est produit et n’était pas exactement attendu. A mon sens, il convient de se garder de vouloir répéter, sauf urgence, bonheur d’une pareille rencontre. Ce fut un hasard, il fallut qu’en cette circonstance il ait eu le courage de dire et que j’ai été disposé à véritablement entendre ».

Notre pratique nous confronte quotidiennement à cette approche d’un silence où une parole va se dire qui est au-delà du bavardage et même au-delà du discours sur les symptômes qui se répètent faute d’entendre cette autre voix venue du tréfonds de l’être. Tout nous conduit à envisager une éthique du silence. Il ne s’agit pas seulement de l’éthique du soin que l’on doit au patient, mais d’une autre dimension où la rencontre se fait avec un autre sujet sur la base de deux inconscients en dialogue. Sans oublier la très prégnante présence des corps : le piège serait de penser que le langage produit un oubli du corps. Le psychothérapeute expérimente au jour le jour l’aspect factice que serait une séparation entre le corps et l’âme. Sinon, le corps déconnecté a son propre langage qui tente de s’exprimer de façon autonome du discours de l’âme. Cette belle cacophonie s’appelle la névrose, l’hystérie en particulier. Le royaume sombre de la psychosomatique.

Durant la cure nous allons, bien entendu, rencontrer des tas de silence : haine, honte, bouderie infantile, sexualité qui ne s’exprime pas, indifférence, fuite défensive ; au-travers desquels nous tâcherons de décrypter l’histoire du sujet, mais en ne perdant pas de vue, qu’à l’intérieur du patient se trouve un au-delà du pathologique dont parle Marc de Smedt (4): « Il existe une parcelle d’éternité en nous. Au sein de notre moi composite existe un fragment qui vient du non-crée et poursuivra sa route, à la fois sans nous et avec nous, puisque nous en faisons partie. C’est cela la claire lumière qui nous fonde et dont parlent tous les mystiques, chacun avec les termes de sa culture : expérience qui transcende l’espace-temps, car elle s’enracine dans la source, dans l’origine ». Emmanuel Kant, dans son opus postumum XXI, nous dit même que Dieu n’est pas un être hors du sujet, mais simplement une idée en lui.

Cependant, le psychothérapeute, en fonction du lieu où il opère, ne peut faire l’économie d’une réflexion sur l’éthique en général et celle particulière de son métier, sans doute d’une autre nature que certaines éthiques du soin.                           

I- D’UNE ETHIQUE QUI NE SERAIT PAS DU TOC !        

Dans sa vision fondamentalement pessimiste de l’homme, Freud pensait que devenir analyste changeait la nature des choses. Nullement ! Il en arrivera à qualifier ses disciples analystes de horde sauvage devant leurs querelles et leur infantilisme agressif et de nombreux hommes comme canailles ! (5). Fort heureusement la psychanalyse évoluera au point que Jacques Lacan consacrera l’un de ses plus célèbres séminaires à l’Ethique de la psychanalyse (6). La vision freudienne d’une non-éthique possible intéressera surtout les écrivains par la suite : Cioran par exemple (7). Dans une visée thérapeutique de la maladie mentale quel sens et quel contenus peut prendre l’éthique aujourd’hui ?

Elle prend naissance dans une inquiétude où le thérapeute constate l’écart entre le niveau des connaissances et des réflexions et l’application de ces connaissances et de ces techniques sur le « terrain » si changeant de l’humain, surtout dans le domaine de la psychothérapie. On ne peut que constater l’écart entre la richesse de la réflexion dans ce domaine et l’application de choix positifs. En premier lieu, l’humilité s’impose, elle est la base de toute éthique.

L’éthique en matière thérapeutique pourrait se définir comme une « éthique plus élaborée d’accomplissement du bien et de recherche de bonheur » (8). Mais, dans la thérapie des maladies mentales est-ce le bonheur qui est recherché ou quelque chose d’autre, de plus fondamental, la guérison venant de surcroît selon la formulation de Freud et Lacan ?

A une éthique générale, souvent abstraite et étrangère au réel, ne devrions-nous pas envisager une éthique au cas par cas, même si cela a quelque relent de casuistique ! … Le psychothérapeute s’affronte quotidiennement à la relation de l’esprit et du corps chez le sujet, les troubles psychosomatiques étant là pour en témoigner. D’où une opposition avec une pensée purement biologique de la maladie mentale si réticente à la notion de sujet. L’homme est un être unitaire, âme et corps, comme le soutenait Spinoza contre un Descartes optant pour le dualisme entre le corps et l’âme. L’homme est un corps-sujet : son activité doit donc être conçue non comme ce qui s’oppose à la pensée, mais comme ce qui est indubitablement produit de la pensée (9). Il est intéressant de constater que, dans la civilisation occidentale, le corps devient souvent existant seulement quand il y a souffrance et menace de disparition, ou, au mieux, dans une sexualité souvent à la sauvette ou compulsive, alors que notre culture chrétienne repose sur l’Incarnation… Le sujet vivant est à la fois une existence et une réflexion, mais aussi désir et réflexion, car il doit être essentiellement désir pour être en mesure de se soucier de son propre sort à-travers la mort, la maladie, la souffrance et toutes les questions qu’il se pose à leur propos. Comme être-de-désir il doit en même temps être conscient de soi pour être en mesure de constituer des significations intelligibles et cohérentes et de se poser des questions pertinentes sur son action future.

Le sujet est un être de nature, issu de la nature et de son évolution comme nous le rappelle Pierre Theilhard de Chardin dans toute son oeuvre. Mais cette évolution a produit un être nouveau, parfaitement spécifique et caractérisé par la conscience de soi et par le pouvoir d’initiative. Au-delà de l’homo- sapiens se dessine le sujet qui n’est pas pure raison mais réflexion et désir, conscience et dynamisme, existence et personnalité.

Désirer, c’est accomplir ou ne pas accomplir les mouvements du désir et choisir certains de ces mouvements plutôt que d’autres. Cette contingence pourrait s’appeler liberté si elle n’était prise dans le mouvement de l’inconscient et de son combat intérieur entre désir, surmoi et refoulement (ou accomplissement, mais toujours inférieur au désir initial comme nous le montre sans cesse la psychanalyse. La fameuse tendance de l’homme à prendre des vessies pour des lanternes !). Dialectique infernale qui différencie l’homme de la bête par un gap, une Spaltung qui en fait une créature divisée, double, sans cesse en recherche d’une unité perdue (Le lost paradise étant peut-être la situation prénatale de l’UN avec la mère ?) Ce choix constant va amener le sujet à envisager, au-delà du principe de plaisir, l’instinct de mort qui conduirait au principe de Nirvana, au silence absolu, à l’absence de la permanence d’un discours sans réponse entre désir et inconscient. Cette division fait naturellement du sujet un être pour la mort heideggerien qui n’est pas seulement contraint à la loi de l’interdiction de l’inceste, qui est l’impératif catégorique de la loi humaine et de la psychanalyse, mais aussi celle de l’influence de son surmoi qui ne recoupe pas forcément la première. Jacques Lacan écrit (10) : « le surmoi a un rapport avec la loi, et en même temps c’est une loi insensée qui va jusqu’à être la méconnaissance de la loi. C’est toujours ainsi que nous voyons agir chez le névrosé le surmoi. N’est pas parce que la loi morale du névrosé est une morale insensée, destructive, purement opprimante, presque toujours anti-légale qu’il a fallu élaborer dans l’analyse la fonction du surmoi ?

Le surmoi est à la foi la loi morale et sa destruction. En cela, il est la parole même, le commandement de la loi, pour autant qu’il n’en reste plus que la racine : la loi se réduit toute entière à quelque chose qu’on ne peut même pas exprimer, comme le Tu dois, qui est une parole privée de tous ses sens. C’est dans ce sens que le surmoi finit par s’identifier à ce qu’il y a de plus ravageant, de plus fascinant dans les expériences primitives du sujet. Il finit par s’identifier à ce que j’appelle la figure féroce, aux figures que nous pouvons lier aux traumatismes primitifs, quels qu’ils soient, que l’enfant a subis »

Lacan retrouve les accents pauliniens de Romains7 devant cette loi morale impossible à réaliser qui nous conduit au péché ou à la névrose. Même les plus idéalistes constatent leurs limites devant le combat permanent entre loi et inconscient. L’homme n’est pas un boy-scout. Lord Baden-Powell le constate avec amertume (11) : « Pour nous, pauvres humains, la sauvagerie primitive se dissimule à peine sous un léger vernis de civilisation. Quand vous avez l’occasion de perdre votre sang froid devant un ennemi et que vous êtes capable de mettre fin à la lutte en le tuant, vous éprouvez réellement une jouissance inconnue de ceux qui n’ont jamais cultivé de si mauvais instincts »

Le psychothérapeute et le Franc-Maçon ne peuvent que prendre distance vis-à-vis de Kant qui perçoit l’inconscient comme des représentations obscures en leur opposant le barrage de la morale dans son essai sur les maladies mentales, renforçant ainsi la pathologie des sujets et celle de l’état chargé de mettre en acte cette morale, cela au risque de justifier les pires dictatures politiques ou ecclésiales. Comme nous le savons, Kant fera inscrire sur sa tombe sa fameuse maxime (12) : « Deux choses remplissent l’âme d’une admiration sans cesse renouvelée et toujours croissante au fur et à mesure que la réflexion s’y applique avec plus de fréquence et de constance : le ciel étoilé au-dessus de moi et la loi morale en moi »

Tout en vivant sa propre morale intérieure, le psychothérapeute fait prendre conscience à son patient qu’une distance est nécessaire avec la dictature du surmoi, non pour le supprimer mais pour le rendre vivable et non mortifère. Doucement, avec discernement, il chemine avec le patient vers ce qui serait l’éthique qui nous conduirait « à une aspiration vers l’absolu, un désir d’absolu qui est l’interprétation que nous donnons parfois de l’intensité de notre désir lorsqu’il est encore sans forme ni formulations » (13). Comme le souligne Lacan, la morale kantienne, comme les romans du marquis de Sade, peuvent devenir une justification au pire. Hannah Arendt nous rappelle dans Procès à Jérusalem qu’Eichmann déclarait qu’il avait lu Kant et fait son devoir !

Assez souvent le moraliste prend plaisir à la souffrance qu’il impose pour faire triompher ce qui serait la vraie morale et cette cruauté, ce sadisme, devient sa véritable justification. Tout en reconnaissant la place du désir dans la vie du sujet, le moraliste le condamne ici-bas.

L’éthique du psychothérapeute et celle du Maçon est la recherche d’un système de principes destinés à orienter l’action vers la plénitude du sens d’un sujet agissant sans que la définition se réfère à un quelconque système idéologique. L’éthique est l’organisation réflexive du désir, ce qui en fait une source de sens. Le thérapeute et le Maçon retrouvent le célèbre parallèle luthérien entre Berufen (appeler, être inviter à la vocation) et Beruf (profession) cher à Max Weber (14). La signification de l’éthique, son sens et sa visée, consistent dans l’instauration d’un sujet comme existence concrète ayant accédé à sa propre plénitude. Cette existence impliquant un déploiement du désir tel qu’il puisse accéder à sa propre cohérence, c’est-à-dire l’accord entre sa visée et son déploiement affectif; en fait, d’aller vers le préférable.

Le patient n’est pas un simple organisme en dysfonctionnement mais un corps-sujet privé de la jouissance de ses forces existentielles, ce qui en fait un être de souffrance qui demande qu’on l’aide à retrouver la plénitude de son existence ou qui se sert de sa maladie pour un contact avec l’autre ou parfois pour payer ce qu’il en serait d’une faute surmoïque qu’il convient de réduire ou faire disparaître.

Le thérapeute se doit d’être dans la vérité, et l’accompagnement du patient doit aller jusqu’à lui dire, en début de traitement, que son souhait de revenir à un passé antérieur n’est qu’un rêve : il doit s’attendre à une nouvelle norme de vie, une nouvelle « allure de vie ». Aucune guérison n’est un retour. Quitter la « maison » de l’asservissement en Egypte suppose l’exode à travers un désert hostile avant de trouver une « terre promise où ne coulera pas forcément le lait et le miel ! »Et, dans ce désert, le patient devine qu’il lui faudra trouver le silence afin d’entendre la parole-tiers libératrice qui n’est pas celle du guide momentané sur qui il misait mais qui était en lui. Il sera alors en mesure, tel le peuple hébreu, de ramener le guide à sa juste proportion de « déchet » (comme le suggérait Lacan), et comme le vivra Moïse, afin d’entreprendre un dialogue d’une autre nature entre lui-même et le « Signifiant des signifiants ».

Le psychothérapeute ne peut souscrire à l’idée que la souffrance est rédemptrice et son devoir va être de la faire disparaître ou de l’atténuer (15). Son rôle va être d’amener chez le patient l’avènement du « Je » à la place du « ça » dont parlait Freud et qui consiste dans ce passage d’une personnalité dépendante et angoissée à une personnalité réflexivement libre, sereine et indépendante. « Wo es war soll ich werden ». Mais, bien que nous considérions que la pathologie mentale doit-être saisie comme universelle et singulière, la sortie de la pathologie ne peut faire l’impasse sur cette traversée silencieuse du désert sans laquelle il ne peut y avoir de révélation…  

II- SILENCE ! ON TOURNE…

Jacques Lacan eut le talent de poursuivre ou d’achever des réflexions provisoires d’autres auteurs en concepts ! Ainsi celui du dialogue permanent entre le petit a et le grand A, qui fait que le sujet est toujours plongé dans un double discours intérieur : à qui je m’adresse réellement ? A mon interlocuteur réel ou a un autre personnage ? Nous retrouvons là, la fameuse trilogie lacanienne du R.S.I. (Réel, symbolique et imaginaire), le psychotique échappant seul à ce clivage par la forclusion du nom du père, donc par l’impossibilité d’entrer dans le symbolique et ainsi de recevoir de plein fouet l’horreur du réel, sans l’atténuation de l’imaginaire et du symbolique. Pour sa théorie, Lacan va se servir à la fois des surréalistes qu’il fréquentait et des travaux du grand analyste britannique Donald W. Winnicott (16). Ce dernier va développer sa théorie de l’objet transitionnel lié a l’évolution du nourrisson : en l’absence de la mère, l’enfant va investir un objet de remplacement sur lequel il va projeter ses sentiments d’amour et de haine, voulant y voir à la fois le bon et le mauvais sein cher à Mélanie Klein (17). Cet objet peut être multiple pour l’enfant : du célèbre ours en peluche jusqu’à un bout de la couverture investi comme la personne manquante à qui on s’adresse en attendant l’interlocutrice tant souhaitée. Lacan va poursuivre cette orientation en avançant l’idée que l’existence de cet objet transitionnel se poursuit tout au long de la vie du sujet, d’où une déception permanente dans les relations humaines : le prochain n’est qu’un objet transitionnel qui sert à représenter l’absence de l’Autre, celui que l’on attend et de qui on espère un dialogue. Mais, on ne reçoit que le silence où le bavardage du prochain, du petit autre. Seul, le psychotique entend la réponse de l’Autre. Certains mystiques aussi qui ne sont pas psychotiques et cela demeure une énigme pour la psychanalyse, d’où sans doute l’intérêt de Lacan pour Thérèse d’Avila et Jean de la Croix. La tâche du Saint, c’est de taire ce qu’il à découvert, de ne l’enseigner que par l’exemple de sa vie, le dernier et ultime message des maîtres du désert est ce silence où, volontairement, ils se sont enfermés. Dans le christianisme, le silence est comme un épiphénomène de la parole, retrouvant ainsi la terrible question qu’André Neher soulève dans son livre sur le mutisme de Dieu durant la persécution, l’Exil de la parole. Du silence biblique au silence d’Auschwitz

 Pour Lacan, le double langage se poursuit jusqu’au bout. Viendrait lui donner raison l’intervention de la philosophe Agata Zielinski qui, au cours d’un colloque organisé par le Centre Sèvres (Soigner jusqu’à la fin et sans changer le lieu de vie les personnes âgées ou handicapées: pour une approche palliative en EHPAD et en MAS.-), nous informait de l’angoisse de personnes âgées et diminuées psychiquement quand on touchait à un objet investi comme transitionnel alors que ces personnes ont un échange très réduit avec l’entourage des soignants et de leur famille. A l’approche de la mort, quelle est donc cette présence attendue vécue à-travers un pauvre objet matériel ? …

Encore profondément influencé par l’hypnose au début de la pratique nouvelle qu’est la psychanalyse, Sigmund Freud va utiliser le discours pour « endormir » ses patients, les faire évoquer leur vie intime, leur donner des conseils de lectures, et parfois des conseils sur l’orientation de leur vie personnelle ! Et ce, jusqu’au moment où plusieurs analysants lui fassent remarquer que « l’on ne s’entendait plus parler ». Ce « on va l’intriguer : s’agissait-il de lui qui coupait la parole, ou serait-ce à « quelqu’un d’autre » ou à « quelque chose d’autre » que le patient névrosé, mais non psychotique, s’adresse ? Freud se sent comme un entremetteur qui, une fois les présentations faites, devient gênant. Il pensait que tout reposait sur l’effet du transfert, mais il découvre une autre dimension qu’il ne tient pas trop à approfondir, car elle le conduisait à un irrationnel auquel il voulait faire échapper la psychanalyse naissante. Cependant, dans la technique psychanalytique, il introduira l’idée du silence comme base du traitement. C’est Jacques Lacan qui va reprendre et amplifier cette orientation jusqu’à en faire l’un des fondements de la « psychanalyse lacanienne ». L’Autre est l’ordre du langage et s’articule avec l’Oedipe. Il est le fameux Nom-du-Père qui est ce point d’articulation du sujet, c’est à dire le signifiant qui, dans l’Autre en tant que lieu du signifiant est le signifiant de l’Autre en tant que lieu de la loi. L’inconscient devient le discours de l’Autre. Le désir du sujet, c’est le désir de l’Autre. C’est dans l’Autre du langage que le sujet va tenter à se situer dans une recherche toujours à reprendre, puisque nul signifiant se suffit en même temps à le définir. Une sorte de Deus absconditus

En entrant dans cette conception dialectique du rapport entre le petit a et le grand A, Lacan situe la position du psychothérapeute du côté de l’objet transitionnel et ne peut donc se réclamer de rien d’autre que d’être ce lieu de passage, ce passant, qui amène l’analysant à son rejet à terme, par déception de n’avoir pas trouvé dans son thérapeute le lieu symbolique tant cherché, même si ce dernier lui a donné la possibilité de résoudre quelques conflits internes. Cela souligne la question de savoir si la psychothérapie n’est que le lieu de résolutions de problèmes mentaux où l’ouverture vers une dimension élargie du désir ? Le thérapeute, placé dans une relation imaginaire par le patient se trouve dans l’acceptation fondamentale de sa solitude. A ce niveau, la solitude n’est plus seulement un fait sensible mais un mode d’expérience. Il n’y a plus d’interlocuteur dans le réel immédiat : le patient ne se sert de nous que pour se parler à lui-même. La projection ressemble à un film où un comédien s’investit dans un rôle avec profondeur et conviction, comme le souhaitait Stanislavski, ce rôle n’étant pas la personne que l’on va retrouver à la sortie du studio. SILENCE ! ON TOURNEPour faciliter cette projection le thérapeute doit impérativement disparaître dans le silence, dans le Wouwei, le non agir. Une attitude que définit Pascal Quignard dans son ouvrage (18) : « Ne pas importer aux yeux des autres n’a pas de prix. Ne pas être important est une vertu. Oublier les congénères suppose aussi la récompense enthousiasmante d’être oublié par eux. Etre oublié par les autres cela devient une morale. C’est ce que Tchouang-tseu appelait « vivre invisible au fond de la ruelle » (rue, ruelle, voie se disant en chinois tao) ». Le thérapeute se doit d’avoir une individualité la plus différenciée possible, ne pas répondre à la demande du patient d’être un héros mythique. Devenir celui qui occupe la place la plus vide et la plus silencieuse possible. Le proverbe espagnol nous le rappelle avec insistance : Quien no sabe callar, no sabe hablar, celui qui ne sait pas garder le silence est incapable de parler. La psychothérapie est la plus dure des formations en matière d’humilité. Aucun absolu n’échappe à la limite de notre humanité.  Avec humour, j’ai envie de dire que le psychothérapeute ne peut-être que Jean-Baptiste, jamais Jésus, bien que le patient lui demande cette incarnation-là ! Il convient que le patient et le thérapeute tentent de dépasser la compulsion de répétition dont l’histoire et les sujets ne sont que la terrible illustration et qui consiste à interrompre le regard faussé sur l’autre. Accepter au-delà du ciné l’altérité, devenir conscient du théâtre intérieur dont parle Michel de Certeau (19), cet « entre parole et silence où se niche le désir ». Il n’y a pas d’Autre que l’Autre. Donc l’angoisse qui passe par l’épreuve du silence qui est une béance, un vide venant des origines, un retour à l’intra-utérin où le désir n’est que le verbe.  Un silence entre deux mots (deux maux ?). Cela ressemblerait presque à une démarche mystique où le patient demande au thérapeute de lui trouver le mot qui manque et qui dirait tout, cet espèce de lieu où les autres vocables montrent leur dénuement. Le silence du thérapeute n’est pas le vide car il y a le discours de l’Autre qui est en attente que le patient cesse de faire le mort dans une parole vide pour ressusciter au désir. D’ailleurs, nous savons que la parole n’est en fait qu’un silence mortifère cherchant à cacher le non-dit du sujet. Le cinéma a bien rendu ce faux-semblant du discours : par exemple, le silence d’Ingmar Bergman ou plus récemment le film du metteur- en- scène allemand Christian Petzold, phoenix, où le mensonge cache un silence néantisant.

En tout cas, la première chose que le thérapeute doit entendre c’est qu’il n’est que cet objet transitionnel sur lequel le patient, en attendant, va vivre par substitution amour et haine qu’il rêve de vivre avec l’objet fondamental. Après la fonction essentielle du transfert viendra le silence, ce moment où l’Attendu fait irruption en vrai dans la vie du patient : amour, engagement, art, Dieu ? Qu’importe… En fait, nous ne faisons que découvrir ce à quoi nous nous adressions à-travers un tiers. Francis Ponge nous le décrit assez bien (20) : « Tout se passe (du moins je l’imagine souvent) comme si, depuis que j’ai commencé à écrire, je courrais, sans le moindre succès « après » l’estime d’une certaine personne. Où se situe cette personne, et si elle mérite ou non ma poursuite, peu importe ». Pierre Teilhard de Chardin le constate aussi (21) : « En vérité, je le sens, ce n’est pas moi qui ai conçu ces pages, mais c’est en moi, un Homme plus grand que moi, – un homme que j’ai reconnu, toujours le même, cent fois autour de moi ». Cet interlocuteur est présent dans la psychose, en direct : Guy de Maupassant, psychotique, nous en en parle dans son dernier roman, le horla, avant d’être hospitalisé à la clinique du docteur Blanche à Passy.

Ce cheminement vers le silence vrai est constamment, durant la cure, ponctué de silence réactionnel : angoisse devant un vrai silence qui ressemblerait tellement à la mort. Alors, le patient parle pour échapper à tout cela…Ceci sert au thérapeute pour le dévoilement de l’inconscient, mais il sait que cela n’est pas l’essentiel, juste un moment, une parenthèse de la cure : dans le mythe de Sisyiphe, Albert Camus nous rapporte une citation de Kierkegaard : « Le plus sûr des mutismes n’est pas de se taire, mais de parler ». Les plus grands silences dans la peinture n’apparaissent-ils pas là où le cri est le plus voyant, chez Münch ou Bacon par exemple? Dans ce bavardage où le patient ne fait que répéter ce qu’il sait déjà de sa propre histoire, quelque chose d’énigmatique va apparaître d’inconnu qui, de façon nouvelle, étonnante (ou détonante !), va interpeller le thérapeute et le patient, à la manière du concours védique des brahmodia qui étaient, dans l’Inde ancienne, des compétitions d’énigmes afin de provoquer un choc de questions sans réponse. La joie de l’interrogation insondable qui amène à un silence étourdissant, de l’âme jusqu’au fond du corps. Un autre bénéfice secondaire existe : le désert dans lequel le patient est plongé par la faute de l’énigme fait le fond de l’amour, permet à l’Autre de prendre une place inimaginable, plus grande que ipse et ego, dans le véritable néant de l’âme abandonnée. Nous sommes là dans l’extase, où le sujet quitte le réel provisoirement pour entrevoir un instant, à travers les trous noirs sémantiques du monde intérieur, sa réalité. Le contenu franchit la paroi et dévaste tout à coup ce qui faisait l’expérience culturelle acquise. Quand Xénophon décrit l’extase de Socrate à Potidée sur l’isthme de Pallèle, il la qualifie de catalepsie. Dans cette expérience, la pensée reste possible, la parole reste possible. Elles ne sont plus simplement nécessaires, car il y a une suspension du monologue intérieur. C’est comme si apparaissaient les choses telles qu’elles sont, sans masques, sans étiquettes, sans noms. Dans une certaine fulgurance, il n’y a plus que le réel que nous entrevoyons un instant mais que nous allons très vite camoufler par le retour au discours, car le réel est l’insupportable, comme pense Lacan. Peine perdue : le sujet qui vient de découvrir fugitivement et avec angoisse sa vérité n’aura de cesse, à petits pas,d’y revenir . Il vient d’y rencontrer quelqu’un d’Autre… Dès lors, le thérapeute, fort de son expérience personnelle par son analyse peut communier avec son patient, car communier c’est partager sans diviser. Ils sont alors dans la Fürwahrhalten kantienne, l’assentiment, le tenir pour vrai.

III- CONCLUSION : LE LANGAGE DE L’AUTRE NE SERAIT-IL PAS LE SILENCE ?

La plus belle représentation d’un silence vrai est celui de l’intimité amoureuse :  l’autre est là, mais les mots ne sont plus nécessaires, ils seraient trop insuffisants, à la limite du vulgaire, de l’obscène. Le silence amoureux est celui où tous les possibles sont à dire, le silence de la haine est celui où il n’y a plus rien à en dire. L’amour et le désir se mesurent à la qualité du silence qu’ils génèrent. La psychothérapie n’est là que pour restaurer désir et amour chez le sujet, donc pour restaurer ce silence intérieur qui vient dans l’après-coup des passions et des pathologies. La visée éthique s’inscrit de ce côté-là. La psychothérapie se tient toujours à la frontière de l’impossible à dire et de l’impossible à taire.

Dans l’approche du silence la castration rôde toujours, menaçant la toute-puissance imaginaire du sujet qui sait, inconsciemment, que la castration symbolique est nécessaire pour se rencontrer et rencontrer l’Autre. L’altérité est le prix à payer. La résistance peut-être vécue de tas de manières, par le silence négatif d’ailleurs : le patient ne veut pas qu’on lui coupe la parole.Parler c’est sortir quelque chose de soi dont l’autre peut s’emparer et le détruire. L’Autre est à la fois attirant et facteur d’une terrifiante angoisse et il convient pour le sujet de créer un vide qui l’en sépare. C’est ce que Lacan a appelé le vide de l’Autre qui n’est plus extérieur, mais intérieur au sujet. Mais, nous ne sommes plus dans le silence où précisément on va à la rencontre, du moins vers l’approche de l’Autre.

 Le patient doit aussi parler car cela serait un signe de virilité, puisque dans l’histoire culturelle du monde les femmes, dépourvues de pénis, furent réduites au silence ou au minimum de paroles, leur rôle étant de parler essentiellement de la maternité. Le judéo-christianisme n’est pas avare de ces interdits. A titre d’exemple, nous ne citerons que deux exemples. Dans le Siracide (25 ; 13-26) nous pouvons lire «il y a trois choses que mon cœur appréhende et la quatrième, je crains de l’affronter : racontars de la ville, attroupement de foules et calomnie, toutes choses plus affreuses que la mort ; mais c’est un crève-cœur et une affliction qu’une femme jalouse d’une rivale, et le fléau de la langue participe à tout cela ». Et chez Paul (1Timothée ; 8-15) : « Je ne permets pas à la femme d’enseigner ni de dominer l’homme. Qu’elle se tienne donc en silence ». La psychanalyse a très vite compris d’où venait l’hystérie en percevant que le symptôme langagier et le discours physique des hystériques venaient de cette castration symbolique au niveau du langage alors qu’hommes et femmes pensent détenir le phallus. Le résultat de tout travail thérapeutique va être pour le patient l’acceptation de la castration symbolique, qui lui ouvre une sexualité humaine et non plus mythologique et un accès à l’autre (et à l’Autre) dans un dialogue sans fin ou n’intervient plus, ou modérément, la pathologie.

Le psychothérapeute ne peut manquer de sourire à la lecture, finalement, très naïve de Baltasar Grassian quand ce dernier écrit (22) : « C’est l’art de manier les volontés, et de faire venir les hommes à son but. Il y va plus d’adresse, que de résolution, à savoir par où il faut entrer dans l’esprit de chacun. Il n’y a point de volonté, qui n’ait sa passion dominante ; et ces passions sont différentes selon la diversité des esprits. Tous les hommes sont idolâtres, les uns de l’honneur, les autres de l’intérêt, et la plupart de leur plaisir. L’habilité est donc de bien connaître ces idoles, pour entrer dans le faible de ceux, qui les adorent ; c’est comme tenir la clef de la volonté d’autrui. Il faut aller au premier mobile. Or ce n’est pas toujours la partie supérieure, le plus souvent c’est l’inférieure ; car en ce monde le nombre de ceux, qui sont déréglés, est bien plus grand, que celui des autres. Il faut premièrement connaître le vrai caractère de la personne, et puis lui tâter le pouls, et l’attaquer par sa plus forte passion: et l’on est assuré par-là de gagner la partie»Le moraliste a difficulté à admettre que nous vivons, comme disent les Japonais, dans un monde flottant, où le réel n’est que mi-dit. Le moraliste se refuse d’une certaine manière à reconnaître son inconscient et pense que dans tous les cas de figure, la syndérèse (23), ce trône de la raison et la base de la prudence, saura tout régler !  Le psychothérapeute sait que lui aussi est sujet de l’inconscient, sujet du ça, partageant cet au-delà de la raison, dans ce monde d’avant la création où le thérapeute et le patient tentent de nommer les choses, arrachant des mots à la confusion ou au faux-semblant. La psychothérapie est un abécédaire. Ses pauvres mots sont limités, la parole ne nous donnant finalement qu’une bien pauvre supériorité sur les animaux. Le langage nous déchire. Seul le silence habité nous redonne plénitude. Il est ce temps capital dans nos vies, avant que nous redevenions ces infirmes qui bégaient et ne savent qu’épeler…

Faiseurs de rire, franc-maçonnerie

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Comme vous le savez, nombreux sont les artistes qui se sont retrouvés en franc-maçonnerie. 

« LES AMUSEURS AIMENT SE REMETTRE EN QUESTION »

Nombreux sont les artistes qui se sont retrouvés en franc-maçonnerie. Je ne vais pas commencer à établir une « liste personnelle » qui n’aurait d’intérêt que la curiosité tant il est vrai que nous aussi maçons sommes toujours heureux de savoir que tel artiste a rejoint telle obédience ou telle loge. Un peu comme par coquetterie, on est fier de savoir que tel artiste est parmi nous.

On se sent moins seul, on est fier de la ou le savoir à nos côtés , et les anecdotes sont nombreuses. Les artistes sont donc présents en franc-maçonnerie et dans le cas qui nous intéresse ce sont  les « faiseurs du rire, les humoristes et autres clowns et comiques » sur lesquels j’ai choisi de m’arrêter.

J’ai choisi l’humour à la place du thème plus général, qui aurait pu être les artistes et la franc-maçonnerie, car je me sens plus proche de l’humour que je pratique ou que j’essaie de pratiquer depuis de nombreuses années.

Y a-t-il des points communs entre la recherche de la connaissance en maçonnerie, ces artistes, leurs démarches et leurs engagements envers la maçonnerie? Pourquoi la maçonnerie est si proche de leur univers de par les valeurs qu’elle véhicule?

En effet, je pense que le mot confrérie est l’un des premiers mots qui peut rapprocher ces artistes avec le monde maçonnique.

De part mon métier d’artiste, il est vrai que très souvent j’ai observé que les artistes avaient eux aussi le besoin de se regrouper sous le principe de confrérie, les amuseurs, chanteurs, musiciens, prestidigitateurs, tous ces artistes que nous classifions sous l’appellation souvent d’artistes de variétés mais pour qui le mot de saltimbanque est plus adapté.

Sans aucun doute la confrérie des artistes a de nombreux points communs avec la fraternité maçonnique. Le métier d’artiste, on va dire, toutes disciplines confondues, est un travail de longue haleine qui demande une grande discipline et de la rigueur même si l’on est doué! Il y a un long apprentissage pour réussir à avancer. Les musiciens en sont la preuve plus évidente car ils passent de nombreuses heures à vivre avec leur instrument et à le pratiquer.

Le point pour moi le plus rapprochant est sans doute la fraternité. Tous les artistes vous diront que les épreuves qui leur ont été présentées pour se faire reconnaître et réussir dans leurs spécialité, les ont amené à développer avec d’autres artistes une grande solidarité au niveau de leur travail. Pour ma part et pour beaucoup de collègues, cette solidarité est apparue comme instinctive.  Il faut dire que nous le savons, les métiers artistiques sont des métiers difficiles, parsemés de haut et de bas, de galères. Combien de fois avons nous entendu des phrases du type, « il y a peu d’élus », ou plus sympathique encore « et à part ça, qu’est-ce que  tu fais? »  Toute la dureté du métier nous plonge dans une recherche de moyens appropriés pour avancer dans les voies que nous choisissons.

Le rapport avec le rire fonctionne avec la souffrance qui débute dans la panoplie des faiseurs du rire avec la tarte à la crème

Le décor est planté. Mais alors pourquoi les humoristes, les comiques et tous les autres catégories pratiquant le rire sont-ils plus confrontés, plus exposés, that is the question?

En fréquentant durant toute ma vie plus particulièrement des humoristes, des comiques et des clowns si toutefois il est de bon ton de faire des différences de caleçons, pardon je veux dire de professions, j’ai remarqué un dénominateur commun, qu’avant moi ont signalé et approfondi de nombreux philosophes et psychanalystes. Ce point commun, cette caractéristique relève, et est de l’ordre de la spiritualité, du mysticisme, de l’existentialisme. C’est dans le désespoir que le clown va puiser ses ressources pour l’aider à lutter dans sa vie, d’où souvent cette image du clown triste qu’on lui associe. Le rapport avec le rire fonctionne avec la souffrance qui débute dans la panoplie des faiseurs du rire avec la tarte à la crème, le coup pied au derrière, les claques et tous les effets parfois sadomasochistes. Je l’ai testé évidement en me lançant dans l’art du clown. Très vite, jeune artiste, j’ai opté pour cette direction de l’humour, du comique, sans savoir ce que j’allais trouver en partant dans cette direction. Une chose que je crois c’est que les artistes œuvrant dans l’humour sont fragiles et en dehors de la recherche propre à leur reconnaissance, il y a chez eux une recherche liée à l’angoisse qui les pousse à trouver des réponses plus profondes. Les faiseurs du rire ne se contentent pas seulement de faire du rentre dedans, ils ont besoin de pansements pour les aider à continuer à vivre, leur sensibilité les met dans un état d’âme permanent d’autodérision pour rire de soi même avec les autres.

C’est une sorte de remède auto réparateur mais l’humour, le rire ne soignent pas seulement celles et ceux qui pratiquent ces disciplines, ils les font bénéficier de bienfaits immédiats. Nous l’avons pratiqué, nous étions heureux en groupe à passer des soirées à rire, on oubliait que nous avions le ventre vide. Régulièrement je me pose des questions sur le cheminement commun que j’ai eu avec des frères et sœurs qui pratiquaient l’humour.
L’un des premiers avec qui j’ai partagé le métier fut  le clown Achile Zavatta que seulement plus tard avec d’autres frères je revis en tenue. Cependant d’autres clowns, ou responsables de cabaret m’ont reçu et accueilli comme des frères sans me le dire évidemment.

J’en reste persuadé, les amuseurs aiment se remettre en question et sont critiques en permanence, donc pas surprenant que parfois ils croisent la franc-maçonnerie. Ils se nourrissent du comportement des autres et en font part au public en utilisant des situations qu’ils adaptent avec leurs outils pour les rendre comiques ou drôles. Oui les faiseurs du rire se comportent comme des franc-maçons « opératifs ». Ils mettent en application ce qu’ils  reçoivent de leur recherche en loge. Un peu à la manière de ceux que nous appelons aujourd’hui les lanceurs d’alerte. Nous les avons qualifiés autrefois de bouffons, ou de critiques, nous continuons de les inviter comme pour se donner bonne conscience.

A travers tous les points que j’ai évoqués , j’ai ressenti une dimension maçonnique forte et discrète auprès de ces sœurs ou frères du métier. La plus forte reste la fraternité: on se renvoyait la balle comme on dit car on le sait et encore aujourd’hui il faut soutenir la parole qui semble juste mais dure à exprimer.

Tant quelqu’il y aura des ouvreurs de portes pour les faiseurs d’humour, il y aura l’espoir et allez, pourquoi pas, des faiseurs d’Amour…

Pour fêter Noël… et si les Francs-maçons prenaient modèle sur ces 2 enfants qui mobilisent des vedettes pour changer le monde ?

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A longueur de récits, les Francs-maçons racontent des histoires du passé, des grandes réalisations et des projets qui ont changé la vie de la société. Lorsqu’on ouvre aujourd’hui nos journaux, les projets actuels sont devenus nettement plus rares ou peut-être sont ils noyés dans la masse ?

Il y a quelques jours, j’étais dans un avion de fin de journée qui me ramenait de Nice à Paris. La Compagnie avait eu la bonne idée de m’attribuer comme voisins, Nicolas et sa Maman Virginie. Le petit se rendaient à l’UNESCO pour présenter une action qui change le monde. Cela m’a aussitôt donné envie de partager cette belle aventure avec vous, surtout un week-end de Noël.

Vous imaginez bien qu’à 12 et 15 ans, les deux héros de notre histoire, ne vont pas en Loge… mais ils font des choses utiles et c’est de cela dont nous allons parler.

Elle se prénomme Mathilde, elle a 8 ans. Lui, c’est Nicolas et il a 5 ans. Nous sommes en 2016, pour atténuer le deuil de leur gentil chien Darwin, ils décident d’aider tous les chiens et chats abandonnés. Afin de rendre hommage à leur Darwin, ils vont oeuvrer auprès des animaux et de leurs environnements. Ils créent alors l’association : « Darwin Forever ».

Comme le dit très bien Mathilde, âgée aujourd’hui de 15 ans : « Il s’agit d’un mouvement de cœur pour ceux qui n’ont pas de voix et nous organisons depuis plus de six ans de nombreuses actions de sensibilisation ». Son frère Nicolas a fêté cette année ses 12 ans et ils sont plus que jamais motivés à agir comme nous allons le constater. La Soeur et le Frère nous détaillent l’ensemble des actions menées.

1ere Action : Les collectes

Les chiffres en 6 ans
A ce jour, nous sommes Près de 780 membres âgés de 5 à 25 ans sur toute la France, on a réussi à collecter :

  • 12 tonnes de croquettes récoltés et données aux animaux abandonnés des refuges et aux animaux des assos dans le besoin
  • 11 tonnes de couvertures (anciennes couvertures qui ont été recyclées offrant ainsi une seconde vie pour les animaux abandonnés)
  • 1 tonne de jouets pour chiens et chats (pareil recyclage de vieux jouets, balles de tennis…)

Une cinquantaine de partenaires bénévoles (points de collecte, vétérinaires, magasins, graphiste…) et tout dernièrement création d’une team MUM, Team DAD, Team GrandMA pour nous aider dans leurs actions sur toute la France

2e action : créations artistiques (dessins, vidéos, quiz, chanson…de sensibilisation)

On crée des Affiches « N’achetez plus mais Adoptez » et nos 1ères créations d’affiches se sont fait en 2017

3e Action: Créations de concours de dessins de sensibilisation avec des personnalités dans le jury

2020 : Contre les abandons des animaux , en 2021 : Imaginez un nouveau monde avec plus de respect pour les animaux et leur environnement avec David Hallyday comme président

4e Action: création de deux projets pédagogiques

1.Depuis 2021, on fait de la sensibilisation dans toutes les écoles élémentaires de Grasse avec la thématique : « Non aux abandons »

  1. Depuis 2022 on fait de la sensibilisation pour la Protection des océans et de ses mammifères marins contre les pollutions

on a crée une chanson de sensibilisation : Le monde Marin en Danger et des quiz de sensibilisation

On fait de la sensibilisation dans les ECOLES depuis 2020 dans les SESSAD* (Services Médico-Sociaux) et dans les CENTRES AERES depuis 2020

5e Action: chronique

Depuis 2020, on a une chronique « Les Amis des Animaux et de la Nature » qui a été diffusée dans Nice Matin, Kids Matin, Var Matin et Monaco Matin. On a fait plus de 40 interviews !

6e Action: on fait des Animations et de la sensibilisation dans les Magasins, dans les Centres Commerciaux , dans les salons

7e Action : on fait des expositions de dessins de sensibilisation on a plus 5000 dessins faits par des jeunes et des adultes

PRIX des jeunes héros des animaux de PETA 2021

Mimi Bekhechi Vice President, UK, Europe & Australia PETA

« Nous sommes impressionnés par les efforts déterminés de Nicolas et Mathilde, qui nous montrent qu’il n’y a pas d’âge pour écouter son cœur et aider ceux qui en ont le plus besoin, leurs actions dynamiques et bienveillantes pour améliorer le sort des animaux abandonnés et stopper le problème à la source (en favorisant l’adoption plutôt que l’achat) permettent d’inspirer petits et grands »

Le projet actuel des deux enfants est de produire un ouvrage sur les sauvetages car ils ont réalisé des sauvetages et Mathilde a tout consigné par écrit afin de relater ce qui s’est passé

ex : avec Blacky (Lire l’article)

Mathilde confirme qu’elle possède déjà une dizaine d’interview de personnes qui ont sauvé des animaux domestiques et sauvages et même certains de la ferme !

Visitez le site officiel de Darwin Forever

Vous pouvez vous aussi contribuer en participant à la cagnotte que les enfants ont mise en place :

Cliquez ci-dessous pour accéder à la cagnotte

Les 99 rues maçonniques de Naples

De notre confrère italien genteeterritorio.it – Par Pietro Spirito

Depuis quelques décennies seulement, le grand public découvre le charme de la « Naples souterraine », le territoire d’origine grecque habité par la sirène Parthénope. Mais il reste encore une Naples sous le soleil qui n’a pas encore été découverte et portée à la connaissance, non seulement des touristes, mais aussi de ses concitoyens eux-mêmes.

Antonio Emanuele Piedimonte se consacre désormais à cette opération, avec le livre « Les 99 rues maçonniques de Naples. La ville des frères. L’histoire de la franc-maçonnerie méridionale en toponymie », Edizioni Sub Rosa. Après avoir ouvert la voie à l’émergence d’une Naples souterraine, Piedimonte regarde désormais les horizons qui s’ouvrent à la surface de la ville, non moins cachés aux yeux distraits de ceux qui la traversent en ne regardant que les panoramas de la nature.

Pendant longtemps, Naples a été une ville ésotérique : un croisement entre philosophie, magie, religion et politique a traversé l’histoire de ce qui était alors, au XVIIIe siècle, la troisième plus grande ville européenne en termes de population.

Espace frontière entre l’Est et l’Ouest, entre le Nord et le Sud, le pays des volcans a toujours représenté la ligne de faille de la Méditerranée, depuis le mythe de la sirène Parthénope, quand tout a commencé.

Sur les chemins de l’histoire et de la connaissance ésotérique, les destins de Frédéric II, Stupor Mundi, les influences de la Tolède magique apportées par Alfonso pour arriver ensuite à l’explosion de pensées et de mystères qui s’est produite au XVIIIe siècle napolitain. Dans ce climat, la culture et l’organisation maçonniques se sont développées dans la ville napolitaine.

Née à Londres en 1707, la Franc-maçonnerie eut ses premières traces sur notre territoire en 1728, lorsque, selon certaines sources, une demande d’établissement d’une Loge régulière à Naples parvint à la Loge anglaise. Quoi qu’il en soit, vers 1730, une organisation maçonnique opérait à Naples. D’autres attribuent la primauté de la première Loge italienne à celle de Girifalco, fondée du côté ionien. Quoi qu’il en soit, Naples et le Sud possèdent certainement un palmarès en matière d’initiation au rite maçonnique.

Le conflit avec les institutions ecclésiastiques a commencé immédiatement et a constitué l’un des traits caractéristiques de l’histoire de la franc-maçonnerie italienne et méridionale, fortement conditionnée par le pouvoir temporel de l’Église, ainsi que par son opposition idéologique aux valeurs de la franc-maçonnerie.

Pour nous guider dans ce voyage à la découverte de nos origines perdues, Piedimonte utilise la toponymie, qui aide à reconstituer ces fragments d’histoires qui se succèdent au sein des lieux qui contiennent des traces de l’histoire vécue. Piedimonte le fait en suivant les instructions de Raimondo di Sangro, le prince de Sansevero, et du prince Antonio De Curtis, alias Totò, tous deux grands maîtres de la franc-maçonnerie italienne.

Nous partons de la rue emblématique de la ville napolitaine, Via Caracciolo, la fantastique promenade des cartes postales, qui tire son nom de l’amiral qui dirigea d’abord la marine des Bourbons puis celle de la Naples révolutionnaire de 1799. Entre la via Chiatamone et la via Parthenope se trouve la via Venanzio D’Aquino, prince de Caramanico et vice-roi de Sicile, ainsi qu’un maître maçonnique faisant autorité. L’empoisonnement du prince en 1795 était probablement dû aux travaux de réforme auxquels s’opposaient les barons de l’île.

La rue dédiée à Giovanni Pascoli serpente le long de la colline de Posillipo : le grand poète, bien qu’il ait cessé de fréquenter assidûment la loge maçonnique Rizzoli à Bologne, a toujours représenté les valeurs de cette association qui, au XIXe siècle, a animé la lutte pour la libération du peuple, comme le démontre en Italie l’adhésion de Giosuè Carducci et surtout de Giuseppe Garibaldi.

Près de Marechiaro se trouve la petite rue Franco Alfano, qui rappelle le musicien napolitain, connu surtout pour avoir achevé, à l’invitation d’Arturo Toscanini, Turandot, laissé inachevé à sa mort par Giacomo Puccini.

Pour trouver via Carducci, il faut se rendre à Chiaia : le prix Nobel de poésie séjourna à Naples en 1891, tout en exerçant le rôle de superviseur des commissions de fin d’études secondaires. Les idéaux du Risorgimento étaient étroitement liés aux valeurs maçonniques et les frontières étaient parfois difficiles à tracer.

Toujours à Chiaia, nous traversons ensuite la Via Giovanni Amendola, un Napolitain d’origine salernoise, un journaliste pur-sang, un homme politique libéral, un antifasciste courageux : c’est lui qui a proposé à Benedetto Croce d’écrire un document qui unirait les hommes de culture contre le dictature. A Nievole, une bande de 15 fascistes l’a massacré à coups de bâton. Réfugié en France, il est opéré dans un hôpital de Vannes, mais meurt des suites des blessures subies lors de l’embuscade fasciste.

À l’intersection de deux rues qui portent le nom de deux francs-maçons, Via Francesco Crispi et Via Giuseppe Martucci, se forme la Piazza Amedeo, un carrefour entre Chiaia, Vomero et Mergellina. Le nom a été donné en souvenir d’Amedeo Ferdinando Maria de Savoie. Après une brève expérience sur le trône d’Espagne, il s’installe à Naples et fait preuve d’un courage exceptionnel en apportant son aide lors de l’épidémie de choléra de 1884.

Via Gaetano Filangieri se souvient de l’un des plus grands représentants de la culture mondiale de cette époque, ami de Benjamin Franklin : auteur de la Science de la Législation, il a influencé la pensée et l’action de nombreux intellectuels et hommes politiques dans cette période de transition de l’ancien régime à la révolution et à l’affirmation ultérieure des démocraties bourgeoises.

La Piazza dei Martiri se souvient des citoyens qui ont lutté pour la liberté, en sacrifiant leur vie, lors du passage de la révolution napolitaine de 1799, l’un des moments les plus élevés de la saison qui entend transférer les lumières de la pensée dans la vie politique et sociale de la nation. Gennaro Serra di Cassano, Eleonora Pimentel Fonseca, Mario Pagano et tous les autres protagonistes de cette courte page.

Le livre continue avec la radiographie toponymique des figures maçonniques auxquelles les rues et places de notre ville ont été dédiées, dans le centre historique, dans le périmètre entre Foria, Borgo et Vasto, au Musée, Avvocata et Montesanto, à la zone ouest (entre Fuorigrotta et Soccavo), dans la zone nord (Scampia, Piscinola, San Pietro a Patierno), dans la zone orientale (Gianturco, Poggioreale, Barra, Ponticelli).

Se succèdent des personnages illustres qui ont marqué non seulement la ville, mais aussi la nation. Il suffit de feuilleter les pages de la liste des noms mentionnés dans l’ouvrage pour comprendre le Panthéon que l’on retrouve ensuite inscrit sur les plaques des rues et des places de la ville.

Cette Naples ésotérique qui a foulé la scène de la grande histoire surtout pendant deux siècles – entre le XVIIIe et le XIXe siècle – constitue l’une des racines fortes de l’identité napolitaine. Nous les avons laissés trop longtemps au sous-sol de notre mémoire.

Pour regarder vers notre avenir, nous devrions mieux connaître notre passé. Piedimonte nous y aide, avec un très beau livre, très riche en suggestions, qui traverse des histoires individuelles et collectives : des destins qui sont encore à l’intérieur de notre présent, inconsciemment.

Parler de plantes autrement

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Des histoires de plantes et d’hommes, inédites, amusantes et instructives !La guerre des Boers, Charlie Chaplin, des clous, Shakespeare, des smarties rouges, Georges Perec, du parmesan, un général mexicain, Rihana, les services secrets bulgares, l’école de voile, la Bible B42, du sang sur les endives… mais, Serge Schall ne devait pas nous parler de plantes ? Si, si ! Il ne fait même que cela. Et dans le style vif, décalé et plein d’humour que nous lui connaissons, pour nous livrer, en définitive avec le plus grand sérieux…

L’Auteur

Serge Schall est titulaire d’un Diplôme de Docteur-ingénieur en Agronomie, délivré par l’École Nationale Supérieure d’Agronomie de Montpellier et par l’Université des Sciences et Techniques du Languedoc de Montpellier.

Serge Schall est l’auteur de plus de 80 livres consacrés aux plantes et aux jardins, traduits dans de nombreuses langues. Citons :

  • Graines – 2020 Terre Vivante
  • Plantes aromatiques – 2021 – Eugene Ulmer
  • Arbres – 2022 – Terre vivante
  • Je jardine bio, à la cool – 2023 – Leduc
  • Chanvre et cannabis – 2023 – Terre Vivante

Il a reçu le prix Saint Fiacre en 2021 et le prix Emile Gallé en 2023 Il a plus de trois cent mille lecteurs et autant d’ouvrage parus.

Du sang et des hommes

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La pointe de la lame du Laguiole miroite au soleil. Guidée par ma main droite tremblante, elle est posée sur la chair, déjà enfoncée, à la base de ma main gauche ouverte. Assis à côté de moi sur un tronc d’arbre, mon petit camarade, l’air grave, fait le même geste avec la lame d’un Opinel, bien appuyée sur la face interne de son poignet. Au signal convenu, un clignement commun de paupières, nous tirons vivement le manche de nos couteaux, les dents serrées. Et soudain, le sang perle de nos deux coupures que nous rapprochons aussitôt, l’une sur l’autre, pour en mêler le précieux liquide vermeil. Il s’écoule, goutte à goutte, sur la feuille blanche de cahier posée dans l’herbe, comme témoignage de notre cérémonie secrète…

Je me souviens de ce moment très fort de mon enfance en Quercy, où avec ce copain local, nous avons pratiqué en fin de vacances, une initiation à notre manière dans une gariotte de berger, isolés du monde – et de nos parents – au fond d’un bois. En unifiant ainsi notre sang, à la manière des indiens vus dans un « illustré » – bande dessinée de l’époque – nous voulions sceller à vie notre complicité, pour ne pas dire notre fraternité, avant de partir vers nos destinées individuelles. Ce souvenir nous a marqués puisqu’il revient toujours dans nos conversations aujourd’hui, quand nous nous rencontrons, après des années accumulées d’une chaleureuse amitié demeurée intacte !

J’ignorais alors, et lui aussi sans doute, qu’une goutte de sang, cet élément vivant, contient plus de 250 millions de globules, des rouges et des blancs. Et que les globules rouges transportent entre autres, l’oxygène et le gaz carbonique. Comme j’ignorais que les globules blancs, tels des chevaliers du même nom, défendent mon organisme des agressions. Je ne savais pas non plus que les 4 à 6 litres de sang qui circulent en moi sont composés desdites cellules et de ce liquide complexe qu’est le plasma transportant pour sa part, entre autres, protéines et hormones, sels minéraux et oligo-éléments. Et, dans cette ignorance insouciante de mes dix ans, il ne pouvait même pas me venir à l’idée que l’ouverture pratiquée dans ma chair avec mon Laguiole se refermerait rapidement, grâce au travail de ces autres cellules nommées « plaquettes », assignées à la cicatrisation des plaies. 200 à 400 000 plaquettes par millilitre de sang qui sont toujours là dans mon circuit interne, je l’espère, pour s’agréger et coaguler en cas de besoin.

Bref, je n’imaginais pas que coulait en moi un fleuve continu aussi précieux et riche de substances actives mystérieuses, un fleuve à la fois nourrissant, nettoyant et protecteur qui me maintenait et me maintient toujours en vie, au rythme de mon muscle cardiaque. Pour en sentir les battements quand je venais de courir ou de pédaler, je savais que j’avais un cœur dans la poitrine bien sûr, mais qu’il soit une pompe centrale alimentant une petite et une grande circulation du sang, m’était tout à fait étranger.

Les artères, les veines, les veinules et autres capillaires courant sous ma peau, comme la savante tuyauterie d’une usine, n’étaient pas le souci premier du jeune enfant que j’étais et de son copain. Nous aurions été bien étonnés d’apprendre que la longueur totale des vaisseaux sanguins d’un adulte dépasse 100 000 kilomètres – soit plus de deux fois le tour de la terre ! – ou que la surface totale des parois artérielles pourrait s’étendre sur 1500 mètres carrés. Et quelle aurait été notre surprise si l’on nous avait dit qu’un cœur humain bat aussi 100 000 fois quotidiennement !

Ce qui importait pour nous ce jour-là avant notre séparation et mon retour en région parisienne, ce n’était certainement pas le « comment ça marche » du circuit sanguin – et ses 15 000 litres de sang pompés par jour – mais surtout la solennité de cette communion, au vrai sens du terme. Avec l’irruption quasi-magique, voire sacrificielle, de ces quelques gouttes de sang sur nos poignets, devenues une tâche rouge sur le papier par terre : un document que nous avons authentifié ensuite par notre signature – un serment de fidélité écrit à la plume « Sergent-major », trempée dans l’encre noire.

Nous avons conservé longtemps chacun dans un livre et sans le savoir, à la manière des deux parties d’un signe de reconnaissance symbolique, une moitié de cette feuille maculée. Quand je la regardais, au fil des ans, elle me semblait porter l’empreinte, de plus en plus pâle, d’une rose séchée.

La vie, la mort

Je me suis rappelé de cet épisode marquant de ma jeunesse en découvrant dans la Kabbale, la métaphore du sang et de l’encre qui a résonné en moi, telle une étrange coïncidence. Comme la Bible, dont elle est une grille de lecture, la Kabbale est aussi une théosophie formée d’une succession de livres et de textes, dont on connaît certains auteurs. Et précisément, l’un d’eux, le sage Abraham Aboulafia, rapproche ces deux liquides, le sang et l’encre, pourtant apparemment éloignés.

Pour lui, le sang, c’est le ciel rougeoyant derrière Moïse sur le Mont-Sinaï, c’est celui du mouton qu’il sacrifie avant de rencontrer le Seigneur sur cette montagne, c’est encore le sang des milliers de guerriers qui se sont entretués pendant un millénaire, c’est enfin le sang du Christ mort, le cœur transpercé par une lance.

L’encre, de son côté, c’est le nuage noir sur le même Sinaï, au moment de la réception des tables de la Loi par Moïse ; l’encre, c’est aussi « le liquide qui raconte » avec les milliers de parchemins noircis par l’écriture de l’imposante Bible.

Autant d’images qui rappellent bien entendu que le sang, c’est la vie quand il est contenu dans un corps, et c’est la mort quand il est répandu, hors de ce corps. En revanche, l’encre, elle, répandue dans les signes tracés, c’est l’expression de la vie consignée par écrit, mais c’est aussi la mort quand l’encre reste contenue dans un flacon, puisque la page, sans signes inscrits, reste blanche et muette.

Le sang et l’encre : deux fluides complémentaires, en vérité !

J’ai compris après cette réflexion, combien m’était symboliquement précieuse cette demie page de cahier d’écolier, tâchée de rouge et de noir, improbable marque-page que par réflexe, je recherche à l’occasion, comme une part d’enfance, au vrai comme une parole perdue, dans les livres de ma bibliothèque

 Nous le savons, la couleur rouge est associée aux émotions dites « fortes ». Elle accélère le rythme cardiaque. Voir un camion de pompier ou toute voiture rouge peut produire cet effet. On l’associe également à la violence et à la colère : Ce n’est pas un hasard si cette couleur du sang, excitante, a généré l’expression « voir rouge ». Ne serait-elle pas en fait le miroir individuel de notre mer rouge intérieure, si je puis dire, qui bouillonne en nous. Une mer qui, grâce à son mouvement circulatoire induit par notre pompe cardiaque, elle-même actionnée par les contractions de son système nerveux intrinsèque, une mer dis-je, qui nous ouvre au monde terrestre et sensible du vivant. En nous permettant ainsi, d’y être physiquement et psychiquement présent, donc de ressentir, de penser et de faire ! Et, suprême cadeau de la nature, d’avoir conscience que nous sommes en train de penser que nous pensons et faisons !

Une métaphore malicieuse me permet de me penser moi-même en ce moment, en suspension comme notre globe terrestre, telle une planète liquide et solide, faite à la fois de cet océan pourpre souterrain et de ce tissu charpenté de reliefs visibles, que j’appelle mon corps. Chacun de nous n’est-il pas d’ailleurs un monde en soi, fait de chair et de sang ?! Peut-être parce qu’il n’est pas apparent en permanence, sauf pour les membres du corps de santé habitués par métier, la vue du sang provoque souvent une émotion plus ou moins forte, précisément. Qu’il s’agisse de la flaque luisante sur l’asphalte qui fait ralentir l’automobiliste, témoin choqué d’un accident mortel. Ou au contraire, que ce soient les traces « vermeil » sur le corps de son nouveau-né, offert aux bras de la jeune maman radieuse.

La mort, la vie, la vie, la mort, ainsi se donne à voir et à penser le liquide sanguin, dans une symbolique fondamentale toujours recommencée au fil de nos jours. Par la couleur même de son pigment, l’oxyde de fer, le sang connote aussi bien la vitalité que la violence, et l’amour que la mort, depuis l’aube de l’humanité. On sait aujourd’hui que les artistes des cavernes employaient cet oxyde de fer dans leurs peintures rupestres et peignaient même de rouge les corps des morts, avant de les enterrer, qui sait pour leur redonner à jamais, la couleur chaude du sang et de la vie.

 A n’en pas douter, c’est bien le sang de la vie qui saute aux yeux si je puis dire, en ouvrant un Larousse illustré au mot « drapeau ». La couleur rouge vif de deux cents d’entre eux éclabousse les deux doubles pages ! Pas étonnant, puisque 80% des emblèmes en sont empourprés. La lecture en sous-titre des noms des nations représentées peut aussi, il est vrai, évoquer pour certaines d’entre elles, le sang de la mort…

 Parce que la symbolique du sang comporte cette dualité de la vie et de la mort vraisemblablement depuis l’origine, elle en a imprégné le langage. Les locutions « avoir quelque chose dans le sang » et « avoir le sang chaud » n’ont effectivement pas le même sens que l’expression « être assoiffé de sang » !

 Ce prestigieux, voire mystérieux liquide qui circule en nous, en ce moment même, et anime chacun de nos corps, a imposé au cours de l’histoire une autre dualité. Dans le culte indo-européen du dieu Mithra qui a précédé le christianisme, du nord de l’Angleterre jusqu’en Iran, en Perse et même en Egypte, intervenait la notion de sang pur et impur. Absorbé ou reçu sur le corps lors de cérémonies en place publique, le sang du taureau, jugé intègre, était censé donner aux hommes la force vitale perpétuelle. En revanche, les femmes en période de menstruation, supposées momentanément porteuses de forces négatives, devaient se mettre à l’écart de la communauté.

Les dangers du symbole

« Perdre la pureté de son sang, suffit à perdre à jamais le bonheur intérieur et à terrasser l’homme ». Qui s’exprime ainsi ? Trois millénaires après le mithraïsme, c’est le sinistre Adolf Hitler, dans son livre Mein Kampf ! On ne peut traiter de la symbolique du sang sans malheureusement rappeler la monstruosité de ce personnage et de son équipe d’horribles malfaisants qui, au vingtième siècle, ont volontairement entretenu une confusion entre le sang, la mort et la terre, jusqu’à passer du sacrifice mythologique au sacrifice réel de millions d’êtres humains.

Dans sa mégalomanie, pour ne pas dire son délire, le Führer autoproclame la suprématie de la race germanique, dite la race aryenne. Et décide, au nom de l’idéologie national-socialiste, d’exterminer les Juifs, les Tziganes et les homosexuels. Les Juifs, particulièrement, représentent ce peuple sémite – un groupe ethnique donc impur à ses yeux – venu de Judée, après la destruction du Temple de Jérusalem, il y a quelque deux mille ans ! Et qui depuis, mêlé sournoisement aux grands Aryens blonds du Nord, souille en Europe, toujours selon lui, l’ethnie supérieure !

Cette folie obsessionnelle fait dire à Hitler que les Juifs sont responsables de la défaite allemande, lors de la première guerre mondiale de 1914-1918, et porteurs d’un projet néfaste, l’exploitation des nations. Ils doivent donc disparaître pour que soit régénéré le sang aryen! Le projet néfaste, c’est le sien, qu’il a mis à exécution, assisté par la police militarisée du parti nazi – les sinistres SS (Shutzstaffel) de fait une armée endoctrinée, parallèle à la Wehrmacht. Et sous l’emblème détourné du svastika hindou, symbole d’amour, devenu une croix gammée noire, telle une araignée stylisée, symbole de mort.

Il est instructif, pour les francs-maçons que nous sommes, de constater la dangerosité possible du symbole, quand, par falsification, il en est fait un complexe représentatif délirant aux propriétés sensibles, qui mélange en un seul tous les plans de référence. Le sang est alors interprété pêle-mêle en termes de race, de patrimoine héréditaire, d’information génétique et de sol germanique faussement sacralisé, pour ne pas dire déifié. Et selon cette croyance hitlérienne, sorte de concept fantasmatique, ce sang « blasonné » irrigue en l’occurrence le corps matériel et biologique d’une « mère-Allemagne » auto-dévorante : elle exige le sacrifice de ses fils et l’holocauste de tous ses ennemis !

Ainsi a pu se former une abominable trilogie du sang, de la mort et de la terre. Elle a donné lieu au sinistre slogan Blut und brod : le sang et le sol, qui a littéralement hypnotisé l’immense majorité d’un peuple. « Plus jamais ça ! » avons-nous entendu après la deuxième guerre mondiale : malheureusement, la folie des hommes n’est pas demeurée une exclusivité nazie et le phénomène mimétique sacrificiel ne cesse encore aujourd’hui de se déplacer sur le globe terrestre !

Après le constat, il s’agit de comprendre. Nous venons en loge pour élargir notre pensée : c’est-à-dire nous informer, nous enrichir par l’échange et repartir pour tenter de mieux interpréter la cité et pourquoi pas l’instruire et s’instruire, chacun avec ses moyens. Il n’est donc pas inutile de réfléchir un instant, à cette notion de sacrifice et de détournement de sens.

Depuis son origine, « l’homme-individu » vit son corps sur terre comme un sac de chair ambulant dans lequel il est enfermé et d’où dépasse sa tête. Une tête qui lui permet de voir, d’entendre, de respirer, de ressentir et penser le monde. Il ne peut toutefois pas voir l’intérieur de son corps, où il subodore la présence d’une machinerie particulière et la circulation de flux divers.

Avec son rêve éternel de voler, il entretient celui de la transparence de ses organes, des vœux non encore exaucés à ce jour, même si l’imagerie médicale, toujours plus performante fait d’immenses progrès ! Conscient de sa fragilité, du trépas à venir, et de la néantisation de son corps, la peur lui a fait inventer la guerre. Sous prétexte de conquête ou défense de territoires, et animé d’une volonté de puissance illusoire, il tente depuis des lustres de retarder sa propre mort en voulant par les armes, faire mourir l’autre avant lui !

Au vrai, la mort le fascine autant qu’elle l’effraie. A cette idée de mort s’est agrégée au fil du temps, celle d’une offrande à faire à ces forces supérieures de la nature qui le dépasse, à ce divin céleste redouté, histoire de s’en attirer les bonnes grâces ! L’homo sapiens lui a d’abord offert des fleurs, de l’épeautre, du blé. Autant de végétaux coupés avec des faucilles de silex en forme de croissant de lune, par imitation respectueuse des objets visibles du cosmos.

Puis après la découverte du feu et à l’âge de bronze, a surgi en lui – avec la confection des dagues et des épées – la curiosité à la fois morbide et utile d’ouvrir les cadavres. Et de les offrir aux dieux, vidés de leur sang, sur des autels de pierre. Qu’il s’agisse d’humains, adultes et enfants, intentionnellement tués. Qu’il s’agisse ensuite de troupeaux, à l’image biblique de Caïn offrant un agneau éventré au Seigneur. Ou à celle de Moïse précité, aspergeant les Hébreux au pied du Mont Sinaï, du sang de moutons sacrifiés, pour sceller l’alliance de son peuple avec Dieu. Qu’il s’agisse enfin, au temps de la Grèce antique, d’oiseaux occis et vidés par les pythonisses, censées lire l’avenir impérial dans leurs viscères !

Encore aujourd’hui, par convictions religieuses ou superstitions sectaires, cérémonies vaudous, chamaniques ou autres, un million de poulets ont chaque jour la tête tranchée, et le sang gicle en Afrique, en Asie ou en Amérique du sud. Et que dire des moutons ou des veaux qui, selon les fêtes religieuses calendaires, sont toujours exterminés et vidés de leur sang, dans le respect même des coutumes ancestrales.

Le franc-maçon peut ici s’interroger, précisément sur la tradition paradoxale de l’agneau pascal, symbole de pureté et d’innocence pour les trois grandes religions monothéistes, qui est pourtant sacrifié, égorgé lui aussi, pour devenir un symbole de vie et de résurrection, au nom du sacrifice d’Abraham. Conjurer la mort par la mort donne tout de même à penser !

L’unité corps-esprit

Puisque nous participons nous-mêmes, indirectement, à ce cérémonial intégré à nos rites, certes en le chargeant de nos représentations individuelles et en gardant raison, il est néanmoins intéressant, en toute humilité, de revisiter la symbolique du sang, à la lumière interprétative maçonnique.

Force est de constater que depuis des millénaires, pratiquement toutes les cultures ont attribué au sang des pouvoirs magiques, qu’ils soient bénéfiques ou maléfiques. Au XXIème siècle encore, beaucoup de familles sont persuadées que c’est le sang seul du beefsteak – de bœuf ou de cheval – qui donne l’énergie à leurs enfants. Comme on y est convaincu qu’une femme indisposée ne peut réussir à monter une mayonnaise ! Et les romans et films mettant en scène le vampire Dracula, procurent toujours des peurs délicieuses aux nombreux amateurs, sur le fragile frontière entre imaginaire et réel. Quant à l’intraitable créancier avide d’argent, à l’image de la sangsue, il est encore de nos jours, qualifié d’affreux « suceur de sang » !

Ainsi en va-t-il de l’aventure du corps humain et des fantasmes langagiers qui l’environnent. Plus l’homme s’étudie lui-même avec une pensée logique et progresse dans l’approche scientifique de ses mécanismes de fonctionnement, plus semble se solidifier parallèlement une pensée magique ouverte à toutes les croyances. Notre imaginaire semble suivre les progrès de la photographie numérique et possède une focale très grand angle !

Pourtant un verre de vin, même un très grand cru, même s’il est qualifié de sublime « sang de la vigne » ne remplacera jamais quand il le faut, une salutaire transfusion de sang ! L’effet placebo a tout de même des limites !

A l’évidence, l’esprit a incontestablement une influence sur la matière, mais on ne peut plus dire qu’il lui est supérieur, comme on le dit encore trop souvent, dans notre littérature même. En effet, le cerveau est le siège des processus cognitifs permettant l’élaboration de la pensée et il exerce une action constante sur nos organes. Cependant, en retour, les informations provenant du corps, influent sur le fonctionnement cérébral et donc, la production des idées. La connexion entre le cerveau et le système immunitaire ne s’établit pas uniquement par le réseau nerveux. Les globules blancs agissent eux-mêmes comme de véritables cellules nerveuses dans la circulation sanguine. Jusqu’à être qualifiés par les chercheurs contemporains, de « cerveau mobile » !

La santé a pu être définie comme « le silence des organes ». Un silence qui ne les empêche pas d’agir. La science médicale remarque très bien aujourd’hui l’influence bénéfique réciproque de la pensée et desdits organes lors des maladies, des plus bénignes jusqu’aux très graves, telles les atteintes leucémiques ou sidéennes. Il est donc puéril sinon vain, pour ne pas dire vaniteux, de vouloir encore opposer la chair et l’esprit. Ce dualisme n’est plus de mise et une définition beaucoup plus réaliste est donnée actuellement par ladite science, quand elle évoque « l’unité corps-esprit ».

 La tête et les jambes fonctionnent ensemble, les marathoniens le savent depuis Philippidès, le premier coureur du genre de la Grèce antique. Au risque de fâcher les intellectuels purs et durs, il nous faut donc abandonner le concept cartésien dépassé de la séparation du corps et de l’esprit. Il en est ainsi de toute tradition. Celle-ci est en soi un progrès qui a réussi. De la sorte, une autre tradition et un autre progrès suivront forcément, dans le cycle naturel mort/renaissance qui crée le mouvement du monde.

Si, tant dans ma vie profane que dans ma pratique maçonnique, je me vis comme un « tout », c’est-à-dire si j’accepte l’idée que mon psychisme agit sur mon corps et qu’en retour, l’état de mon corps – par le biais de mes systèmes nerveux, immunitaire et endocrinien – influence mes processus cognitifs et mes ressentis, alors ce n’est plus ma tête seule qui circule dans la cité et vient en loge ! Alors, ce corps entier retrouvé, cette unité corps-esprit me permet de vivre une maçonnerie bien plus complète, plus pleine.

Tant au niveau émotionnel que mémoriel. Tant sur le plan des apprentissages et du comportement. Alors, au degré d’apprenti, je comprends mieux la gravité du parjure et son châtiment fatal lorsque ma main glisse symboliquement sous ma gorge tel un poignard prêt à trancher pour que jaillisse le sang de mes jugulaires. Debout et à l’ordre, je sens mon cœur qui bat et partant, la rivière de la vie qui circule en moi.

De Dyonisos à Orphée

Les mythes et les rituels permettent d’organiser le chaos et ainsi, de revenir à l’ordonnancement des choses. Il me paraît important d’observer l’une des séquences rituéliques, à savoir le banquet maçonnique, quel qu’en soit le degré. Les nutriments solides et liquides pris en commun, et absorbés par chacun à la même heure, donc dans une unité de substance, de temps et de lieu, créent la réunion et le partage, c’est-à-dire que la métaphore alimentaire nous fait passer ici du désordre à l’ordre. Cette nourriture, en l’occurrence, le pain et le vin, absorbés ensemble, gomme les différences individuelles : nous devenons ce que nous mangeons, en l’espèce le Un et le Tout, le même Homme régénéré, autant dire neuf, dupliqué en autant de participants (es). Selon le rituel ancien, qualifié de « théophage » nous recevons ainsi, par le blé et le raisin transformés, la puissance des forces supérieures. !

Quel est ce rituel ancien ? On a coutume de « rapprocher » le banquet maçonnique de Pâques des phases de la Pâque chrétienne. Or si l’on se penche sur les origines du christianisme, il apparaît qu’il n’est pas forcément né dans la tête de Paul de Tarse sur le chemin de Damas, après la mort du Christ. Le christianisme primitif, en tant que secte acceptée au sein du judaïsme, se serait bel et bien inspiré en l’an 65 date de la rupture – avec peut-être une intention syncrétique – à la fois dudit judaïsme certes, et également du lointain mithraïsme précité, mais encore des doctrines structurales de l’orphisme, une religion initiatique de la Grèce ancienne, basée sur l’ascèse. Cette religion tire d’évidence son nom de la légende d’Orphée lequel, avec sa lyre, aurait réussi à charmer Cerbère, le chien gardien des enfers, pour tenter d’en sortir et ranimer Eurydice son épouse, morte piquée par un serpent. Autrement dit, c’est le combat éternel de la vie contre la mort.

 Les agapes régulières de la vie orphique, d’où était exclue la viande, consistaient à s’offrir mutuellement entre fidèles du culte, des galettes de blé et du vin, pour honorer le dieu de la vigne Dyonisos, et à distribuer une part de cette nourriture aux démunis de la Cité. Un second rituel consistait à regarder régulièrement le ciel puis la terre pour signifier leurs noces et invoquer la fécondation, donc la vie. L’absence de viande symbolisait l’évitement de l’effusion de sang, donc la paix et la concorde. Partager le pain et le vin, base de tout repas en commun, peut être traduit par métaphore en actes généreux dans la Cité. En mangeant le végétal par le pain interposé, en buvant symboliquement le sang de Dyonisos, par l’entremise du vin, nous absorbons ainsi symboliquement l’énergie vitale pour devenir en quelque sorte, et toutes proportions gardées, les pèlerins du monde. Et y transmettre la sagesse des mythes et des légendes, dont la transposition renvoie au bon comportement individuel.

 Mais on ne transmet ni la foi ni l’espérance d’un futur pacifique à des hommes et des femmes aux ventres vides. Il s’agit d’abord de rassasier les corps. La charité qui s’inscrit ici dans la démarche altruiste, (rappelant ici l’une des vertus théologales) ne consiste pas toutefois à renouveler uniquement la distribution de nourriture à dates fixes. Il s’agit aussi de transmettre symboliquement la semence et le plant, et matériellement le grain de blé et le pied de vigne, pour qu’à son tour, le démuni possède le « manger » et le « boire », et devenant ainsi un être libre, il éprouve le désir de partager, dans un souci d’égalité. Aussi bien le charnel que le spirituel. Remettre un homme debout, c’est s’élever soi-même. La main qui donne ne doit pas rester plus haute que celle qui reçoit.

 Aider autrui à vivre, c’est favoriser sa croyance en lui-même, c’est l’encourager à explorer et à exploiter ses ressources intérieures. Alors, il devient prêt à accueillir savoirs et connaissances. La tradition orphique voulait que ne soit donnée de nourriture et de boisson qu’aux vrais nécessiteux, pour éviter l’injustice et le gâchis. Cette image antique invite le franc-maçon, la franc-maçonne, à faire preuve de discernement. Il ne s’agit pas non plus qu’il donne jusqu’à se déposséder. On ne recharge pas une batterie avec la sienne à moitié vide !

 Lorsque, pendant la chaîne d’union terminale d’une tenue, nos bras croisés se chevauchent, au-delà des mots, il se crée un lien particulier, jusqu’à ne faire dans notre pensée qu’une seule personne. C’est ce lien entre le corps et l’esprit qui fait l’unité de l’être humain. Et c’est ce lien entre les Frères et les Sœurs qui, par une autre métaphore, fait « l’unité de l’humanité », joliment qualifiée « d’humanitude » par le généticien philosophe Albert Jacquard.

Quelle que soit notre couleur de peau, celle du sang est la même, c’est la couleur rouge de la vie. Comme des vases, nous sommes des communicants, Frères et Sœurs par nature. Les liens du sang sont précieux en tant qu’attaches familiales. Mais il n’y a pas d’autre plus beau lien volontaire et solidaire – une transfusion de sens si je puis dire ! – que celui de la tubulure qui me relie à l’autre quel qu’il soit, lorsque, par le biais d’une précieuse poche de vie, je lui fais don de mon sang ou qu’il m’offre le sien. Telle une part de lui, telle une part de moi. Parce que vivre mon corps et mon esprit, c’est aussi ouvrir mon cœur.

Thierry Zaveroni, Grand Maître, s’exprime sur « L’intelligence artificielle, quelle approche pour la Grande Loge de France ? »

L’émission « Divers aspects de la pensée contemporaine » diffusée sur France Culture est un programme radiophonique de renom qui offre aux auditeurs une exploration profonde et variée des idées et des débats philosophiques actuels.

Chaque dimanche, cette émission invite des penseurs, des philosophes, des écrivains, des francs-maçons et des scientifiques à partager leurs réflexions et leurs analyses sur des sujets variés qui touchent à la société contemporaine, à l’éthique, à la politique, à l’art, et à la science.

France Culture
France Culture

« Divers aspects de la pensée contemporaine » est plus qu’une simple émission culturelle… C’est une fenêtre ouverte sur le monde des idées, invitant à la réflexion et à la compréhension de notre époque en général et de l’art royal en particulier. Elle représente un espace précieux pour ceux qui cherchent à comprendre les courants de pensée qui façonnent notre monde et à participer au dialogue intellectuel contemporain.

Thierry Zaveroni, Grand Maître de la GLDF
Thierry Zaveroni, Grand Maître de la GLDF

Ce dimanche 17 décembre 2023, Perry Wiley et Clément Ledoux recevaient Thierry Zaveroni, Grand Maître de la Grande Loge de France.

Présentation de l’émission Divers aspects de la pensée contemporaine sur France culture

« À l’heure d’une révolution technologique qui interroge notre conscience, notre éthique et nos rapports humains, Thierry Zaveroni, Grand Maitre GLF nous invite à réfléchir aux enjeux de l’Intelligence Artificielle sur le plan spirituel.

Science et intuition, idée et outil

Au début du 20e siècle, la pensée d’Auguste Comte a influencé la Grande Loge de France, remettant en question ses valeurs traditionnelles en favorisant la science sur l’intuition et le savoir absolu sur la spiritualité. Cette époque a pu souligner les dangers de soumettre les idées aux outils, un avertissement pertinent à l’ère nouvelle de l’Intelligence Artificielle (IA).

L’Intelligence Artificielle

Les progrès de l’IA suscitent en effet interrogations et divisions, certains plaidant pour une approche libéralisée promettant une émancipation mondiale, tandis que d’autres préconisent de ralentir pour donner un sens aux développements technologiques. »

En écoutant jusqu’à la fin, vous connaîtrez la question à l’étude des loges 2024 !

Le podcast.

Voici deux images, avec celle du bandeau, représentant une scène futuriste mettant en scène l’Intelligence Artificielle (IA) et conçues par IA. On y voit un grand superordinateur central avec des néons et des circuits complexes, entouré d’écrans holographiques et de bras robotisés, sur fond de paysage urbain high-tech.

Guillaume TRICHARD, Grand Maître du GODF s’exprime…

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Projet de loi immigration
Communication de Guillaume TRICHARD,
Grand Maître du GODF le 19 décembre 2023

Déplacement à Abidjan, en Côte d’Ivoire
Communication de Guillaume TRICHARD,
Grand Maître du GODF le 18 décembre 2023

Communication de Guillaume TRICHARD,
Grand Maître du GODF le 16 décembre 2023
suite à la conférence « Iran : une espérance ? »
le 14 décembre dernier à Paris