mer 29 mai 2024 - 04:05

Les prix de la laïcité 2023

Le grand salon d’honneur de l’Hôtel de Ville de Paris résonne, ce mercredi 8 novembre 2023, des ovations nourries qui saluent la remise des prix que le Comité Laïcité République décerne annuellement à ses lauréats qui, à des titres divers, ont honoré la Laïcité, par leurs propos, leurs engagements, leurs écrits.

Anne Hidalgo.

Madame Anne Hidalgo, Maire de Paris, ouvre le ban par l’interrogation récurrente “comment en est-on arrivé là ?”, en traçant un état des lieux des facteurs inquiétants qui ébranlent la société française et le nécessaire équilibre de la République. Elle porte l’accent principalement sur la question des dangers que courent les femmes et sur ceux que génèrent les terrorismes de tout poil. Contre ces volontés de saper la démocratie, seul l’attachement républicain peut être porteur de courage, par la vigilance de l’éducation et de la laïcité.

Gilbert Abergel.

Après les remerciements d’usage et après avoir rappelé l’insondable tristesse que suscite la trop longue liste des victimes de ces terrorismes, Samuel Paty et Dominique Bernard entre autres, le président du Comité Laïque République (CLR) Gilbert Abergel fustige la dynamique mortifère qu’illustrent tant la Shoah de sinistre mémoire que l’antisémitisme hélas plus que jamais d’actualité, il dénonce les confusions qu’entretient la supercherie autour de l’islamisme et de l’islamophobie, avant de placer cette soirée sous le sceau de la résistance et de l’espoir.

Abnousse Shalmani.

Abnousse Shalmani, qui a présidé le jury du Prix 2023, évoque l’exil imposé à sa famille iranienne et mesure la chance de cette liberté de parole et de comportement que lui offrent la France et la laïcité, tout en s’indignant qu’on se voie contraint à la défendre contre le mensonge d’un islamisme qui “promet les ténèbres pour tous”. Ni oubli ni pardon, scande-t-elle, avec une véhémence de bon aloi, forte de la certitude qu’il “y aura un après de la mollarchie”. Des propos rafraîchissants et sans langue de bois.

Azadé.

Les ors de la République, dans une émotion palpable, vibrent ensuite des accents de la chanteuse Azadé, qui interprète dans la traduction française qu’elle en a élaborée, l’hymne de la liberté iranienne, “Femme Vie Liberté“.

Sont ensuite remis successivement les Prix décernés par le CLR.

L’avocate Hilda Dehghani-Schmitt, en son nom et celui de son frère Me Dehgani-Azar, reçoit le Prix International. Après avoir cité Victor Hugo “Instruire, c’est construire”, elle dédie ce prix à tous les résistants à Téhéran.

Robert et Élisabeth Badinter.

Pour leur attribuer un Prix Spécial en visioconférence, un vibrant hommage est rendu au couple Robert et Élisabeth Badinter pour la lucidité et la constance de leur engagement en faveur de la liberté et de la laïcité. Alain Seksig rappelle l’affaire de Creil en 1989, la vindicte raciste et les menaces dont ils ont tous deux été la cible, tant de la part de la classe politique que de celle des islamistes, l’intolérance croissante et aveugle qui rend de plus en plus durs les nécessaires combats.

Delphine Girard, fondatrice du réseau Vigilance Collège Lycée, rappelle judicieusement que Boko Haram signifie “le livre est un péché”, tout en s’étonnant de l’anesthésie des citoyens face au péril que fait courir à l’éducation et à l’École un tel mot d’ordre.

Richard Malka présentant Michaël Delafosse.

Le Prix National est remis au maire de Montpellier, Michaël Delafosse, qui invoque la mémoire de tous ceux qui ont, par le passé, porté haut les couleurs de la liberté de conscience, huguenots, Calas défendu par Voltaire, ceux qui ont rédigé la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, ceux qui ont marqué le grand courant politique de gauche, donc laïque insiste-t-il, de Clémenceau à Jaurès. “Parlons avec clarté”, dit le lauréat. S’autoriser de la force des mots que permet le génie de la langue française, voilà le moyen de lutter contre le fanatisme en ne cédant pas à la peur, en donnant confiance au service public, parce que dire c’est agir, en s’adressant à l’intelligence. Et M. Delafosse dédie ce prix à tous les professeurs.

Florence Bergeaux-Blackler.

Le Prix Science et Laïcité est ensuite attribué à Florence Bergeaux-Blackler, anthropologue dangereusement menacée pour la teneur de ses recherches sur l’islamisme, entre autres son dernier ouvrage en date, Le Frérisme et ses réseaux. Elle réaffirme la nécessité du courage et de la résolution à vouloir être libre, en citant l’injonction des Lumières “Aude sapere, “ose savoir”, c’est-à-dire “aie le courage de penser par toi-même”.

La Troupe du Pompon.

Pour terminer ces hommages scandés avec enthousiasme par les ovations de tous les participants, très nombreux, à cette manifestation, les quatre comédiennes de la joyeuse Troupe du Pompon se voient gratifiées du Prix Culture et Laïcité, que leur vaut leur pièce 100% Marianne, qu’elles jouent dans de nombreux lieux, scolaires en particulier, à travers la France. À déclarer d’utilité publique !

Pour clore cet événement, un verre de l’amitié est offert par Madame la Maire de Paris.

 
Bérangère Couillard, ministre déléguée auprès de la Première ministre, chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations.

En ces temps mondialement chahutés entre bourrasques météorologiques et trombes bellicistes, l’amitié et la fraternité évidentes d’une telle manifestation remettent un baume au cœur à ne pas mésestimer et insufflent un nouvel élan à tous ceux et toutes celles qui sont indéfectiblement ancrés dans la certitude de la Laïcité.

Le diaporama de la 17e cérémonie de remise des Prix de la Laïcité.


Barayé // Pour // برای // ( Baraye French version ) par l’artiste Azadé.

Photos © Yonnel Ghernaouti, YG – Montage : LFDFMD1717

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Annick Drogou
Annick Drogou
- études de Langues Anciennes, agrégation de Grammaire incluse. - professeur, surtout de Grec. - goût immodéré pour les mots. - curiosité inassouvie pour tous les savoirs. - écritures variées, Grammaire, sectes, Croqueurs de pommes, ateliers d’écriture, théâtre, poésie en lien avec la peinture et la sculpture. - beaucoup d’articles et quelques livres publiés. - vingt-trois années de Maçonnerie au Droit Humain. - une inaptitude incurable pour le conformisme.

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