Ils avaient élaboré un fichier de responsables comportant des mentions comme « trotskiste », « franc-maçon », ou « homo ». L’ancien secrétaire général de Force ouvrière (FO) Pascal Pavageau et deux anciennes membres de son équipe ont été condamnés mardi à des amendes dans cette affaire qui avait fait scandale en 2018.
Pascal Pavageau, 54 ans, avait été élu à la tête de FO en avril 2018 à la suite de Jean-Claude Mailly et il avait démissionné six mois plus tard, après la révélation par le Canard enchaîné de ce fichier, qui avait provoqué une grave crise au sein du troisième syndicat français. Le tribunal correctionnel de Paris l’a condamné à 4 000 euros d’amende pour collecte de données personnelles par un moyen frauduleux et conservation de données à caractère sensible sans consentement entre 2016 et 2018. Ses coprévenues, anciennes directrice de cabinet et cheffe de cabinet, se sont vues infliger respectivement 2 000 euros et 1 500 euros d’amende pour collecte, conservation et traitement de données sans mesure assurant la sécurité.
Ils ont en revanche tous trois été relaxés de l’infraction de conservation illégale au-delà de la durée prévue, pour une raison de procédure. « Ce fichage était inadmissible » « Monsieur Pavageau ne fera pas appel. Il se félicite de cette décision s’agissant des dommages et intérêts alloués à FO », a déclaré son avocat Francis Arragon, en ajoutant que ce dernier « regrette de ne pas avoir été compris par la justice ». FO s’est vu octroyer un euro d’indemnisation et 1 000 euros en frais d’avocat. « Ce que nous voulions, c’était laver notre organisation. Ce fichage était inadmissible. La justice a rendu justice à l’organisation », a réagi Frédéric Souillot, secrétaire général actuel de FO, présent au prononcé de la décision. Au cœur de ce dossier, deux tableaux, datant de fin 2016-début 2017, listant quelque 130 responsables du syndicat. Dans une colonne figuraient des mentions comme « trotskiste », « franc-maçon », « homo », « gravement malade » ou encore « bête », « ordure », « complètement dingue », « détourne de l’argent », « charismatique », « fin stratège »… Ces tableaux ont été transmis à plusieurs personnes – entre trois et cinq – au sein de FO.
Lors du procès le 13 septembre, Pascal Pavageau avait affirmé les avoir « découverts pour la première fois en 2018 », dans le Canard enchaîné. Il avait reconnu avoir voulu « former » son équipe, composée de gens extérieurs au syndicat, en leur parlant de l’organisation à laquelle il appartenait depuis deux décennies. Mais s’il avait bien vu que ses collaborateurs « prenaient des notes », il avait assuré ne « jamais » avoir « demandé à faire un fichier ». Ses coprévenues, licenciées dans la foulée de l’affaire, avaient au contraire soutenu qu’il était au courant et ont dit regretter une « erreur ». Tous trois avaient dénoncé à l’époque un « climat très dur » au sein de FO.
À l’invitation de trois loges de Pau et de Tarbes du Droit humain, une centaine de personnes ont participé, jeudi 19 octobre, à la conférence-débat sur la franc-maçonnerie, organisée au Belvédère. Amande Pichegru, ancien Grand Maître national de la Fédération française du Droit humain, a retracé l’historique de la toute première organisation mixte de la franc-maçonnerie universelle, créée le 4 avril 1893, sous l’impulsion de la Maria Deraismes, journaliste, féministe, femme de lettres et du docteur, Georges Martin, militant Laïc.
Débats ouverts
Le débat, très ouvert, a permis de mieux connaître cette « obédience unique dans le paysage maçonnique français et mondial, de toutes les mixités où les hommes et les femmes travaillent ensemble en parfaite égalité et harmonie pour promouvoir la liberté de conscience, la tolérance et l’harmonie, dans une société fraternellement unie sans distinction d’origine ethnique, sociale, d’opinions philosophiques ou religieuses », comme le souligne Amande Pichegru. Et elle ajoute « Ils sont libres de suivre leurs propres croyances, s’ils en ont, et de jouir de leur liberté absolue de conscience. L’Ordre ne professe aucun dogme et refuse tout dogmatisme ».
De notre confrère nationalgeographic.com – PARPEIGNES DE SYDNEY – PHOTOGRAPHIES PARJENNIFER EMERLING
Isolée dans le désert du Nevada, la base militaire a longtemps été associée aux observations d’extraterrestres et d’OVNIS. Voici la véritable histoire derrière les théories du complot. Les croyants aux OVNI recherchent des vaisseaux spatiaux suspects lors d’une tournée OVNI et Vortex à Sedona, en Arizona. Cette image composite est une combinaison de six photographies prises en 2017 avec des lunettes de vision nocturne.
Chaque année, la mythologie de la Zone 51 attire des touristes du monde entier. Les gens viennent à la base aérienne près de Rachel, dans le Nevada, dans l’espoir d’apercevoir des vaisseaux spatiaux d’un autre monde.
La légende de la Zone 51 est discréditée depuis des années, mais une partie de son histoire est basée sur des événements réels. Voici ce que vous devez savoir sur la zone 51.
Où se trouve la zone 51 ?
À environ 120 milles au nord-ouest de Las Vegas, quelque part entre les bornes kilométriques 29 et 30 le long de la « route extraterrestre » du Nevada (State Highway 375), se trouve un chemin de terre non balisé. Bien qu’aucun bâtiment ne soit visible depuis l’asphalte, la piste mène à Groom Lake ou à l’aéroport de Homey, comme on l’appelle sur les cartes de l’aviation civile.
Pour les connaisseurs, cette route mène à une base militaire portant de nombreux noms non officiels : Paradise Ranch ; Ville aquatique ; Centre de villégiature du pays des rêves ; Carré rouge; La boîte; et Le Ranch ; Champ d’essai et d’entraînement du Nevada ; Détachement 3, Centre d’essais en vol de la Force aérienne (Det. 3, AFFTC); et Zone 51.
Les Terriens sont les bienvenus au restaurant et bar Little A’Le’Inn à Rachel, dans le Nevada, une étape populaire du pèlerinage dans la zone 51.PHOTOGRAPHIE DE JENNIFER EMERLING
La bibliothèque du UFO Research Center a ouvert ses portes au public en 1992 dans le cadre du UFO Museum de Roswell, au Nouveau-Mexique. La bibliothèque possède une vaste collection de documents de référence sur l’histoire des rencontres extraterrestres et des phénomènes associés.
PHOTOGRAPHIES DE JENNIFER EMERLING
Avant la Seconde Guerre mondiale, la zone près de Groom Lake était utilisée pour l’extraction d’argent et de plomb. Une fois la guerre déclenchée, l’armée s’est emparée de la zone reculée et a commencé à mener des recherches : principalement des essais nucléaires et d’armes.
Pourquoi construire une base secrète dans le désert ?
Environ 200 000 personnes visitent chaque année le Musée international et centre de recherche sur les ovnis à Roswell, au Nouveau-Mexique.PHOTOGRAPHIE DE JENNIFER EMERLING
Lorsque la CIA a commencé à développer des avions de reconnaissance espions pendant la Guerre froide, Richard Bissell, Jr., alors directeur de la CIA, s’est rendu compte qu’une base privée était nécessaire pour construire et tester des prototypes.
En 1955, lui et le concepteur d’avions de Lockheed, Kelly Johnson, ont choisi l’aérodrome isolé de Groom Lake comme quartier général. La Commission de l’énergie atomique a ajouté la base à la carte existante du site d’essai du Nevada et a étiqueté le site Zone 51.
En huit mois, les ingénieurs ont développé l’avion U-2, qui pouvait voler à une altitude de 70 000 pieds, soit bien plus haut que tout autre avion. avion à l’époque. Cela permettait aux pilotes de voler bien au-dessus des radars, des missiles et des avions ennemis soviétiques. (Les ingénieurs de la zone 51 ont utilisé du carton pour tromper les satellites espions soviétiques.)
Des lycéens portent des masques extraterrestres assortis dans le centre-ville de Roswell, au Nouveau-Mexique, pendant leurs vacances de printemps 2017.
PHOTOGRAPHIE DE JENNIFER EMERLING
Après qu’un U-2 ait été abattu par un missile anti-aérien soviétique en 1960, la CIA a commencé à développer la prochaine génération d’avions espions dans la zone 51 : l’A-12 au corps en titane. Presque indétectable au radar, l’A-12 pourrait survoler la zone continentale des États-Unis en 70 minutes à 2 200 milles à l’heure. L’avion était également équipé de caméras qui pouvaient, à partir d’une altitude de 90 000 pieds, photographier des objets d’à peine 30 cm de long au sol.
Les extraterrestres et les ovnis font désormais partie de la tradition de la zone 51
La zone 51 est devenue à jamais associée aux extraterrestres en 1989 après qu’un homme affirmant y avoir travaillé, Robert Lazar, a donné une interview avec un Las Station d’information de Vegas. Lazar a affirmé que la zone 51 abritait et étudiait des vaisseaux spatiaux extraterrestres et que son travail consistait à recréer la technologie à des fins militaires.
Le seul McDonald’s en forme de vaisseau spatial au monde attire des touristes ovnis à Roswell, au Nouveau-Mexique.PHOTOGRAPHIE DE JENNIFER EMERLING
Cependant, les diplômes de Lazar ont été rapidement discrédités : selon les dossiers scolaires, Lazar n’est jamais allé au Massachusetts Institute of Technology ou au California Institute of Technology, comme il le prétend. À l’époque cependant, les ingénieurs de la Zone 51 étudiaient et recréaient des avions avancés – uniquement des avions acquis dans d’autres pays, et non depuis l’espace.
Néanmoins, avec tous les vols de haute technologie hors de la zone 51, dont plus de 2 850 décollages par l’A-12, les rapports d’objets volants non identifiables sont montés en flèche dans la région.
Un visage extraterrestre est tissé dans la clôture à mailles de chaîne à l’extérieur d’un centre commercial à Roswell, au Nouveau-Mexique.PHOTOGRAPHIE DE JENNIFER EMERLING
« Le corps en titane de l’avion, se déplaçant aussi vite qu’une balle, refléterait les rayons du soleil d’une manière qui pourrait faire penser à n’importe qui, OVNI », ont déclaré des sources à la journaliste Annie Jacobsen pour son 2011 livre sur la zone 51.
La vérité est-elle là-bas ?
Le gouvernement a officiellement reconnu l’existence de la zone 51 pour la première fois en 2013, lorsque la CIA a déclassifié des documents sur le développement de l’U-2 et de l’A-12. Auparavant, les habitants savaient que quelque chose d’étrange se passait dans le désert, mais les détails étaient rares et difficiles à vérifier.
La Zone 51 est toujours une base active, mais le but qu’elle remplit depuis les années 1970 reste un mystère top-secret. Il faudra encore au moins quelques décennies avant que les travaux actuels soient déclassifiés et accessibles au public.
Deux humains et leur passager clandestin se rendent à Roswell, au Nouveau-Mexique, célèbre pour un supposé crash de vaisseau spatial extraterrestre en 1947. Certains théoriciens du complot pensent que les restes du crash de Roswell ont été emmenés dans la zone 51, une base militaire secrète près de Rachel, dans le Nevada, pour y être étudiés.PHOTOGRAPHIE DE JENNIFER EMERLING
Le site continue d’être un pilier de la mythologie extraterrestre américaine. Une interview de Lazar en 2019 sur un podcast populaire a inspiré un événement « Storm Area 51 », au cours duquel environ 6 000 personnes se sont présentées dans le désert pour rechercher des preuves de la présence d’extraterrestres. (Cela s’est finalement transformé en un festival célébrant tout ce qui est extraterrestre.)
Aujourd’hui encore, la Zone 51 attire des croyants et des sceptiques qui fréquentent le petit mais prospère sentier de musées, de restaurants, de motels, de défilés et de festivals sur le thème des extraterrestres, le tout dans l’espoir de découvrir que la vérité existe réellement.La photographe Jennifer Emerling a passé du temps à photographier la culture OVNI dans l’Ouest américain. Voir plus de photos du projet sur son site Web
Les francs-maçons travaillaient dans le gouvernement de Gaidar (Premier ministre de la Russie du 15 juin au 14 décembre 1992)
Les mauvaises langues qualifiaient le gouvernement de Gaidar de maçonnique, mais nous étions convaincus que les francs-maçons en Russie étaient des mensonges et de la fiction. Et l’autre jour, le ministre des Carburants de la Fédération de Russie de Gaidar, Vladimir Lopukhin, est décédé du coronavirus – et il s’avère qu’il était un « grand maître » – le chef d’une loge maçonnique d’importance fédérale, pour ainsi dire. Et même s’il est clair que toute cette franc-maçonnerie est une caricature complète, cela n’en reste pas moins un scandale !
Après la scission des maçons de la Grande Loge de Russie (GLR) en 2001, Lopukhin a dirigé la Grande Loge régulière russe et l’a dirigée jusqu’en 2007 inclus. Parallèlement, il est membre des conseils d’administration de plusieurs banques et structures commerciales, notamment JSC Sukhoi Civil Aircraft. Donc, s’il y a encore quelque chose qui ne va pas avec les Superjets, nous pouvons en toute sécurité blâmer les francs-maçons et la conspiration. En outre, Lopukhin figurait sur la liste des consultants de Gazprom, Surgutneftegaz et IOUKOS.
Pendant cinq mois au poste de ministre du carburant, Lopukhin s’est distingué à bien des égards. Le vétéran du renseignement Leonid Shebarshin a beaucoup parlé aux médias de son « art ». Mais peut-être que la chose la plus importante qu’il ait faite a été d’inviter Mikhaïl Khodorkovski au pouvoir, en le nommant à la tête du fonds de promotion de l’industrie des carburants et de l’énergie. Avec les pouvoirs d’un sous-ministre. A-t-il volontairement poussé Khodorkovski à une hauteur inaccessible, ou était-ce par devoir ? Ou – de manière fraternelle, comme c’est l’usage entre eux, entre « frères » ?
« Lopukhin a fait un très bon travail pour nous, il nous a présenté au cercle des travailleurs du pétrole et du gaz », a avoué Khodorkovski au magazine Forbes.
Sous la stricte direction de Khodorkovski, le fonds gouvernemental n’a mis en œuvre aucun projet. Mais le futur oligarque a ainsi pu faire la connaissance de Viktor Tchernomyrdine. Par la suite, dans l’entourage de Tchernomyrdine – il n’était alors plus Premier ministre, mais ambassadeur en Ukraine – divers « grands maîtres » commenceront à émerger. À la fin de son service, une bonne moitié de l’ambassade en sera remplie.
Lopukhin est devenu franc-maçon presque dès ses années d’étudiant. Il est possible que ce soit sa passion pour l’histoire de la franc-maçonnerie – non pas officiellement interdite en URSS, mais non encouragée non plus – qui ait aidé le diplômé de la Faculté d’économie de l’Université d’État de Moscou à entamer une carrière très réussie. Institut de l’économie mondiale et des relations internationales, puis Institut panrusse de recherche sur les systèmes. Pour que vous compreniez ce qu’était ce VNIISI : il a été créé en 1976 en tant que « branche soviétique » de l’Institut international d’analyse des systèmes appliqués (IIASA, en transcription latine – IIASA). Les fondateurs de l’IIASA étaient les États-Unis, l’URSS, le Canada, le Japon, l’Allemagne, l’Allemagne de l’Est et plusieurs autres pays européens. En coulisses, l’institution était qualifiée de « projet de deux services de renseignement » – le KGB et la CIA – et était considérée comme une sorte de plateforme de négociation pour les élites des pays capitalistes et des États du camp socialiste. Le premier directeur de cet institut fut le futur « initiateur de la perestroïka » Jermen Gvishiani – c’est lui qui invita le jeune spécialiste Lopukhin à travailler en 1977.
Dire que le MIPSA et le VNIISI étaient bourrés de divers agents d’influence occidentaux, c’est ne rien dire. C’était en fait leur seul « toit » légalisé en URSS. Des francs-maçons y étaient également présents, mais les dirigeants soviétiques encourageaient même leurs contacts avec des spécialistes soviétiques.
On croyait que cela bénéficierait à l’épanouissement de l’État soviétique. Certains ont bu de la vodka et pris un bain de vapeur pour entretenir des relations non professionnelles, d’autres ont participé à la « messe » maçonnique « noire » – et si les intérêts de l’État l’exigeaient ?! Et pendant toute la période soviétique, la vie de Mason Lopukhin n’était qu’un conte de fées. Dans le pays clôturé par le rideau de fer, c’était comme s’il n’y avait pas de frontières pour lui.
Mais toutes les bonnes choses ont une fin un jour. En 1990, les francs-maçons ont été légalisés en Russie, après avoir initié le « premier grand maître » Gueorgui Dergachev comme franc-maçon. Pour Lopukhin et son entourage, Dergachev était un provincial parvenu, qui, par la volonté du destin et d’un Français qu’il connaissait, s’est retrouvé en 1989 dans la loge du Grand Orient de France. Comment est-ce possible, se sont indignés les «frères» de Lopukhin, car les vrais francs-maçons, ce n’est pas lui, mais nous! C’est là que la guerre civile aurait éclaté, mais Lopukhin et ses camarades étaient alors devenus des hommes d’affaires, et ils n’auraient pas dû avoir de disputes pseudo-scientifiques pour savoir qui avait la foi la plus forte, mais gagner de l’argent et se construire au pouvoir. Et tandis que Dergachev construisait des ponts avec les « grands officiers » français, en faisant pour ainsi dire quelque chose comme une collecte de fonds ou la construction d’un parti, le chercheur principal de l’Institut de recherche Lopukhin a accédé au poste de vice-ministre de l’Économie de la RSFSR. Et puis il est devenu ministre du Carburant. Et puis, pendant environ 10 ans, Lopukhin a forgé le fer de sa carrière réussie. Mais pendant que Lopukhin gagnait de l’argent, Dergachev était engagé dans des intrigues intraspécifiques, créant autour de lui des dizaines d’organisations maçonniques, apparemment parrainées par lui seul. À la fin du millénaire, il y avait 12 loges en activité dans le pays – dans le cadre de la « Grande Loge de Russie ». Et en 2001, ils étaient déjà 18 !
Lopukhin et les « francs-maçons » proches de lui n’étaient pas satisfaits de cette situation, et en mars 2001, 100 maçons du « premier appel » quittèrent la Grande Loge, tentant en même temps de changer le « toit » français en britannique « un». Pendant ce temps, le VLR continuait à bourgeonner, et bientôt il y eut environ 30 loges, puis elles commencèrent à bourgeonner à partir du VLR, envoyant à leur tour de nouvelles pousses et branches. Il y en a aujourd’hui soit une cinquantaine, soit la totalité, selon la façon dont on les compte. Les membres d’une organisation secrète ne peuvent pas ressembler à des clowns, mais que pouvons-nous faire si nous n’en avons pas d’autres ? Lopukhin, apparemment, s’est lassé de ce mouvement et a pris sa retraite en 2007.
Gaidar est aussi franc-maçon ?!
Dans toute cette agitation farfelue, il semble y avoir une seule question qui n’est pas vaine. Et qui d’autre parmi les maçons, à part Lopukhin, aurait pu faire partie du gouvernement de Gaidar, dont la rumeur disait qu’il était « maçonnique » ? Il y a vingt ans, Leonid Shebarshin, répondant à la question de l’auteur de ces lignes de savoir si Gaidar était un franc-maçon, a répondu avec son humour caractéristique : « Gaidar ne l’était pas, mais Yegor Timurovich Solomyansky l’était ! Solomyanskaya est plutôt le nom de famille de l’épouse de l’écrivain Arkady Gaidar. Et Timur Solomyansky est le beau-fils de l’écrivain et le père du futur Premier ministre, qui a pris le nom de Gaidar. En général, Shebarshin a alors fait allusion de manière transparente, mais l’allusion est restée une allusion, rien de plus. Et maintenant, à la lumière des données confirmées sur la franc-maçonnerie de Lopukhin, l’histoire prend une tournure passionnante. Gaidar est venu travailler au VNIISI trois ans après Lopukhin, mais c’est Lopukhin – et cela est connu de manière fiable – qui l’a pris en charge, en signant une recommandation adressée au chef de l’institut avec l’académicien Stanislav Shatalin. Non pas que ce soit une preuve évidente en faveur de la franc-maçonnerie de Gaidar, mais, voyez-vous, cela change quelque peu la perception du futur acteur « première». Et si l’on se souvient que, tout comme Gaidar, Shebarshin a pointé du doigt, mi-plaisantant, mi-sérieux, deux Gaïdarites plus éminents, Pochinok et Boris Fedorov, l’affaire prend une tournure complètement différente. Ce n’est donc plus une coïncidence ? Le gouvernement de Gaidar était-il vraiment maçonnique ?
« Opération de couverture »
Il est important de comprendre ce qui suit. Toute cette clownerie du « grand dragon » Dergachev n’était peut-être qu’une opération de couverture pour Lopukhin et ceux qui travaillaient dans le système MIPSA-VNIISI. Beaucoup d’entre eux font toujours partie du gouvernement russe et pour connaître leurs noms, il suffit de consulter leur biographie. Jermaine Gvishiani savait choisir ses collaborateurs. Si, pour le bien des affaires, il était nécessaire que tel ou tel employé entre en contact soit avec des francs-maçons, soit avec le diable chauve, Gvishiani facilitait cela et le dissimulait ensuite de manière fiable. Donc, si quelqu’un avait de vrais contacts avec des organisations maçonniques, pas des mummers, mais des organisations vraiment influentes, c’était bien Lopukhin. Et peut-être Gvishiani et Gaidar. Leonid Shebarshin pourrait en avoir des preuves documentaires (et c’est lui qui a un jour « divulgué » les données sur la franc-maçonnerie de Lopukhin), mais, malheureusement, il n’est plus en vie.
Dans son dernier éditorial, Christian Roblin note combien de nouvelles formes d’ostracisation sont à la mode à notre époque.
C’est ainsi que le dessinateur JISSEY s’interroge : l’appartenance à la franc-maçonnerie sera t-elle condamnée jusqu’aux conjoints ? Maris, Femmes, enfants , chèvres, choux et poux ?
De notre confrère autrichien kurier.at – par Martin Gebhart
Question parlementaire. Christian Hafenecker attend des réponses du ministre de l’Intérieur de l’ÖVP (Parti populaire autrichien), Gerhard Karner. Plus de 2 400 questions parlementaires ont été déposées au ministère de l’Intérieur depuis janvier 2020. Environ 1 200 d’entre eux proviennent de membres du FPÖ (Parti libéral autrichien).
Le 22 novembre, le mandat libéral Christian Hafenecker, également secrétaire général du Parti Bleu, s’est de nouveau adressé au ministre de l’Intérieur (ÖVP) avec une liste de questions. Ce qu’il veut savoir cette fois a cependant suscité un certain étonnement dans la Herrengasse. Hafenecker pose des questions sur les francs-maçons dans la politique et la justice.
Citation extraite de la requête : « La société secrète des francs-maçons prétend compter environ 3 600 membres répartis dans 83 loges en Autriche, la Grande Loge d’Autriche agissant comme leur représentant officiel.
De notre confrère boursorama.com – Par BOURSORAMA AVEC AFP
Le numéro un français de l’édition Hachette Livre a annoncé jeudi s’être renforcé dans l’ésotérisme avec l’acquisition de Mama Éditions, maison tournée vers le développement personnel et la spiritualité.
Cette maison d’édition a été fondée en 2000 par deux auteurs, Tigrane Hadengue et Michka Seeliger-Châtelain, qui avaient cosigné en 1999 un panorama de l’histoire du haschich dans la littérature, « Le Livre du cannabis ». Ils la dirigent toujours.
Les termes financiers de cette acquisition n’ont pas été divulgués.
Mama Éditions s’est développée en publiant des livres sur des sujets ou d’auteurs atypiques, avec pour point commun une certaine méfiance vis-à-vis du rationalisme scientifique et de la médecine instituée.
« Après 23 ans d’existence, la maison propose une centaine de titres, sur des thèmes tels que le chamanisme, la naissance, le bien-être, le jardinage, la nature, la santé et la spiritualité – toujours avec un regard neuf et singulier », écrit-elle sur son site internet.
« Hachette Livre accueille une maison d’édition très reconnue sur le segment de l’ésotérisme et du développement spirituel, lui permettant de renforcer ses positions sur ces segments éditoriaux très dynamiques », a indiqué Hachette Livre dans un communiqué.
« Hachette Livre est entrée sur le marché de l’ésotérisme en 2019, devenant en quatre ans le deuxième acteur du marché », a ajouté le groupe.
À l’époque, il avait créé Le Lotus et l’Éléphant, maison d’édition « de développement spirituel dont le catalogue est spécialisé en arts divinatoires, tarots & oracles, bien-être et développement personnel », a rappelé Hachette Livre.
Ce groupe est passé le 21 novembre sous contrôle de Vivendi, au terme d’une offre publique d’achat réussie.
L’état de la science des préjugés et stéréotypes est résumé, ainsi que les moyens de lutte associés.
Nous l’avons promis : nous laissons nos préjugés à la porte de nos lieux de travail. Mû par une bouffée d’optimisme, je dirais même que nous n’y arrivons pas si mal. Nous le savons bien : rien de plus clivant que les préjugés, alors que nous cherchons l’union. Alors nous les tenons sévèrement à l’œil , notre méthode et nos rituels sont aussi conçus pour nous aider en cela. Et quand tout se passe bien, nous obtenons le plaisir d’être ensemble sans crainte, même s’il y a des visiteurs peu connus venus de bien loin. Mais tout cela nécessite que la Raison soit aux commandes pour nous tous.
La Raison, c’est le Système 2 de Kahneman, analytique, en recherche de la vérité, méticuleux,…mais sec comme un coup de trique et gros consommateur d’attention et d’énergie. Car il y a aussi le Système 1, intuitif, rapide, automatique, coloré de tous les sentiments. C’est ce système qui domine, parce qu’on n’a tout simplement pas assez de combustible pour garder l’autre au pouvoir. En plus, c’est dans le système 1 que les envies prennent naissance ; les envies sont à la base de l’élaboration du narratif qui nous anime , et que le surpuissant biais de confirmation cherchera toujours à privilégier.
Hélas donc, les préjugés sont indissociables de notre pensée intuitive.
Sommes-nous définitivement démunis face aux préjugés ?
Sylvain Delouvée et Jean-Baptiste Légal ont fait un état des lieux des connaissances scientifiques associées : « Stéréotypes, préjugés et discrimination », déjà en 2e édition.
La brique sous-jacente aux préjugés, et obligatoirement présente, ce sont les stéréotypes. Ceux-ci peuvent être positifs ou négatifs. Leur existence provient de notre nécessité de classer les informations qui nous tombent dessus en avalanche continuelle depuis l’enfance. Les informations sont classées par catégories, que nous avons choisies au préalable. Les stéréotypes sont des simplifications de la réalité et s’accompagnent d’une tendance à exagérer les ressemblances entre les membres de la catégorie qui fait l’objet du stéréotype. Le stéréotype est stocké dans notre mémoire, et c’est lors de son activation par un élément présent que le préjugé peut s’exprimer.
Beaucoup d’équipes de psys se sont depuis la dernière guerre mondiale penchés sur les mécanismes associés. Ils ont aussi développé des outils de mesure, mesures directes ou indirectes, ayant observé à quel point les cultures ( le politiquement correct ) peuvent fausser les tests. Ils ont aussi remarqué que la distance joue un important rôle . À l’intérieur du groupe dont on fait partie les détails sont pris en compte, dans des groupes autres ils sont comme écrasés. Exemple (inventé !) : dans notre maçonnerie française chacun conserve son identité intacte, chez les anglo-saxons ils font tous pareil et récitent par cœur. Bien sûr, nos « lointains », nous les connaissons moins bien que nos proches, cela facilite cette homogénéisation fallacieuse. En plus, nous complétons sans vergogne nos informations par des stéréotypes. Et nous transmettons tout joyeusement à nos enfants. Certaines études montrent que dès l’âge de 3-4 ans, les enfants ont conscience des différences ethniques, et dès 5-6 ans, ils disposent d’une connaissance des stéréotypes raciaux.
Dans les grands narratifs collectifs, les mythes ont une influence certaine. Il existe des mythes négatifs qui accentuent la hiérarchie sociale (racisme, sexisme, nationalisme, etc.) et des mythes qui atténuent cette même hiérarchie sociale (universalisme, multiculturalisme etc.). Plus les individus sont en accord avec le maintien de la hiérarchie sociale, plus ils expriment des attitudes racistes, sexistes et conservatrices. On retrouve bien là le clivage entre ceux qui croient au progrès humain et ceux qui préfèrent et justifient le statu quo…clivage aussi présent chez les maçons !
L’orientation à la dominance sociale permettrait également de prédire des comportements discriminatoires et pas uniquement des attitudes. Le système social se maintient et se perpétue grâce aux stéréotypes sociaux. Autrement dit, les stéréotypes seraient des outils de justification du système. Ombre du biais de confirmation : les stéréotypes guident notre jugement pour que ce dernier corresponde à nos croyances. Inutile de vous détailler les conséquences délétères des préjugés : sentiment d’injustice des discriminés, dévalorisation de soi, repli sur son groupe, conflits entre groupes, populisme, guerres larvées puis ouvertes…une ressemblance avec ce que nous vivons actuellement ?
Alors un petit passage en revue des moyens de lutte contre les stéréotypes et les préjugés s’impose.
1 . Privilégier les contacts intergroupes. Là l’exemple du programme Erasmus de l’Union Européenne vient spontanément à l’esprit. Comment haïr des gens avec lesquels on a comme étudiant partagé des bringues ? On était loin de nos bases, qui du coup ne nous serinaient pas leurs préjugés matin et soir. Les opinions publiques européennes ne s’y sont pas trompées et ont exprimé d’emblée leur opposition lorsque la Commission Européenne a évoqué l’idée de mettre fin au programme. Les études scientifiques ont tout de même montré que pour que ces opérations portent tous leurs fruits il faut respecter quelques conditions, parmi lesquelles :
— les participants des deux groupes doivent avoir un statut égal dans la situation d’interaction ;
— la situation de contact doit favoriser, voire requérir, une coopération pour l’atteinte d’un but commun ;
— la situation de contact doit amener les individus à se considérer comme tels et non comme de simples représentants d’un groupe stéréotypé ;
— les normes sociales à l’intérieur et à l’extérieur de la situation de contact doivent favoriser l’égalité des groupes et une association égalitaire.
2. Les buts communs et la coopération. Ici aussi on comprend intuitivement que faisant équipe en vue d’un but commun, les énergies se muent en partie en ciment d’un nouveau groupe commun. Ne pas oublier cependant d’assurer l’atteinte du but assigné, …pas qu’ils se rejettent la responsabilité de l’échec !
3. L’approche sociocognitive. Un peu plus technique, il s’agit de jouer sur la catégorisation : la défaire, modifier les éléments puis les recombiner afin de faire disparaître quelques frontières gênantes. Astuces ici : l’instauration d’une interdépendance, et/ou la création d’une identité globale.
4. Jouer sur l’information, l’éducation et l’empathie. Rappelons-nous ce mythe qui nous expliquait les conséquences de l’ignorance. Connais-toi toi-même : tes stéréotypes et préjugés, tes biais de raisonnement, etc. et tu réduiras leur influence. Enseigne tout cela aux jeunes. Enfin, l’empathie amène les individus à percevoir que nous partageons tous la même humanité. Ce sentiment diminue la saillance intergroupes et donc les attitudes négatives qui peuvent en découler.
5. La discrimination positive.
Les USA ont abondamment travaillé sur la discrimination raciale via éducation et discrimination positive ( plus de 350 programmes d’intervention visant à « la réconciliation interraciale ») . Les résultats existent mais sont assez dispersés. Il est vrai que pas mal des recherches psychologiques évoquées ici sont postérieures aux programmes qui ont fleuri après l’assassinat de Martin Luther King.
J’espère néanmoins que ce petit florilège vous fera réfléchir et vous reviendra un peu en mémoire lorsqu’une occasion de le pratiquer se présentera.
C’est frère Jean qui nous a rappelé cette date anniversaire. Qu’il soit, ici et maintenant, remercié.
Si l’année 2024 sera forte en émotions puisqu’elle marquera le 80e anniversaire du Débarquement et de la Bataille de Normandie ainsi que tous les autres faits majeurs de cette année 44, 2023 commémore, ce vendredi 15 décembre, le rétablissement des droits pour les francs-maçons.
Retour sur la triste et sinistre année 1940…
Pour les nouveaux gouvernants, la débâcle ne trouvait pas son origine dans des erreurs militaires. Elle s’expliquait, pour une part, par les aléas politiques récents mais l’essentiel tenait en fait au soi-disant pourrissement de la société, travaillée par ce que Pétain* (1856-1951) appela lui-même « les forces de l’anti-France », à savoir le Juif, le communiste, l’étranger et le franc-maçon. Dans une vision de complot très caractéristique de l’extrême droite française, rien ne servait de lutter contre l’occupation, qui n’était qu’un symptôme, il fallait s’attaquer aux racines du mal en régénérant la société française de l’intérieur par le rassemblement des éléments dits « purs » autour des valeurs traditionnelles (travail, famille, patrie, piété, ordre) et par l’exclusion des « impurs » responsables de la défaite. Dans cette perspective, le camp d’internement était une pièce majeure du dispositif.
Emblème officiel du maréchal Pétain en tant que chef de l’État.
Les lois de Vichy sur la franc-maçonnerie
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la franc-maçonnerie subit l’épreuve la plus terrible de son histoire. Celle qui s’est identifiée à la philosophie des Lumières choisit le camp de la France républicaine et démocratique. Affirmant vouloir travailler à « l’amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l’humanité », elle trouve face à elle l’acharnement diabolique des nazis et l’entreprise de persécution mise en place par l’État français du maréchal Pétain. La période 1940-1944 marque l’aboutissement de décennies de frénésie antimaçonnique. L’ordre nouveau du maréchal Pétain, de Laval et de Darlan n’a de cesse de liquider, dans tous les sens du terme, tout ce qui, de près ou de loin, peut avoir un quelconque lien avec la franc-maçonnerie.
Musée de la Grande Loge de France.
Musée de la Grande Loge de France.
Pour Pétain, un Juif n’est jamais responsable de ses origines, un franc-maçon l’est toujours de son choix. Les chiffres, sont eux aussi éloquents : 3 000 fonctionnaires perdent leur emploi, plus de 1 000 sont assassinés par les Allemands et 64 000 francs-maçons sont fichés.
Tout commence le 10 juillet 1940 quand l’Assemblée nationale vote les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Dès l’été, la répression s’abat sur la franc-maçonnerie, frappant les structures de l’ordre, ses biens, ses adhérents, et jusqu’à son image avec la diffusion du film Forces occultes en 1943.
La loi du 13 août 1940 s’attache également à légiférer sur le sort du patrimoine des sociétés secrètes. Le dépouillement de l’Ordre de tous ses biens se fait au profit de l’administration générale de l’Assistance publique pour la capitale et des bureaux de bienfaisance pour la province. Plus tard, les immeubles seront également attribués aux Scouts de France ainsi qu’aux œuvres scolaires et sportives.
Musée de la Grande Loge de France.
Cette loi s’attache en premier lieu à mettre au pas la fonction publique. L’article 5 stipule : « Nul ne peut être fonctionnaire, agent de l’État, des départements, communes, établissements publics, colonies, pays de protectorat et territoires sous mandat français, nul ne peut être employé par un concessionnaire de service public ou dans une entreprise subventionnée par l’État ou par une des collectivités publiques ci-dessus désignées :
1° S’il ne déclare pas sur l’honneur, soit ne jamais avoir appartenu à l’une des organisations définies à l’article 1, soit avoir rompu toute attache avec elle ;
2° S’il ne prend l’engagement d’honneur de ne jamais adhérer à une telle organisation, au cas où elle viendrait à se reconstituer.
La déclaration et l’engagement prévus par le présent article sont constatés par écrit. »
En cas de fausse déclaration, des sanctions sont prévues combinant révocation, fortes amendes et peines de prison pouvant atteindre deux années. Dès le 14 août, la menace véritable se précise avec la communication des formulaires prévus à la déclaration des fonctionnaires. Ils sont de deux sortes : un pour les profanes et un autre de renoncement définitif pour les anciens membres. Une deuxième circulaire en date du 1er juillet 1941 prescrit de nouvelles déclarations. Cette fois, les obédiences sont expressément visées : Grand Orient de France, Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière, etc. La chasse aux faux déclarants, c’est à dire ceux qui ont souscrit la déclaration de non-appartenance à la place de celle de renonciation définitive, peut alors recommencer.
La loi du 11 août 1941 ordonne la publication au Journal officiel des noms et rangs des dignitaires et hauts gradés de la franc-maçonnerie. Cette loi prive des milliers de francs-maçons de leur emploi et de leur mandat d’élu.
À moi les enfants de la veuve.
Jamais, les « Enfants de la Veuve » n’ont, en tant que tels, apporté un quelconque soutien au régime de Vichy. Tout au contraire, face à l’adversité, ils ont entrepris de faire face, en se défendant pied à pied, avec « Force, sagesse et beauté ».
15 décembre 1943, la lumière recommence à croître !
Ce jour-là, un mercredi, le général de Gaulle décide le rétablissement des loges maçonniques dans tous leurs droits. C’est la conséquence de la rencontre d’une délégation « fraternelle » qui est reçue, dès le 17 octobre 1943, à Alger par le chef de la France combattante qui apprend et s’étonne « avec une stupéfaction non que les loges de toutes les obédiences ne sont toujours pas autorisées à reprendre leurs travaux ».
Michel Dumesnil de Gramont.
Il charge alors Jacques Soustelle (1912-1990) de régler cette question. Ce dernier en informe les représentants du Grand Orient de France et de la Grande Loge de France. Le Grand Maître de cette dernière obédience, Michel Dumesnil de Gramont (1888-1953) – initié le 16 février 1919 à l’âge de 31 ans au sein de la loge « Cosmos » et grand maître emblématique de la GLDF pendant 14 ans (1934-1935/1938-1948/1950-1952) –, venu à Alger pour y représenter le mouvement de Résistance « Libération-Sud » à l’Assemblée consultative, intervient à son tour.
Assemblée consultative provisoire d’Alger, 1943.
À la tribune, Yvon Morandat interpelle à ce propos le Général qui confirme : « Nous n’avons jamais reconnu les lois d’exception de Vichy ; en conséquence, la Franc-maçonnerie n’a jamais cessé en France ». L’ordonnance du Comité français de la Libération nationale (CFLN) qui abolit les mesures antimaçonniques est signée le 15 décembre 1943. Les biens devront être restitués et les victimes des mesures d’exclusion, réintégrées et reclassées. En effet, de nombreux fonctionnaires maçons ont été révoqués par Vichy pour leur appartenance et sont dans des situations précaires. Certains sont des membres actifs de la Résistance intérieure ou extérieure.
L’ordonnance du 22 novembre 1943 relative aux conditions de réintégration des agents évincés en raison de leur qualité de juif, de leur appartenance aux sociétés secrètes
Associons aussi à cette commémoration, la date du 22 novembre qui est celle de l’ordonnance du 22 novembre 1943 relative aux conditions de réintégration des agents et employés des services concédés ou subventionnés, évincés en raison de leur qualité de juif, de leur appartenance aux sociétés secrètes, ou atteints par la loi du 17 juillet 1940 ou les textes subséquents.
Cette ordonnance traitait de la situation des personnes qui avaient été exclues de leur emploi en raison de leur appartenance ethnique (notamment les Juifs), de leur affiliation à des sociétés secrètes (comme la franc-maçonnerie), ou de leur opposition aux lois et politiques du régime de Vichy, notamment la loi du 17 juillet 1940.
L’ordonnance visait à établir les conditions pour la réintégration des employés des services publics ou des entreprises subventionnées par l’État qui avaient été évincés en raison de leur « qualité de juif », de leur appartenance à des sociétés secrètes, ou parce qu’ils étaient visés par la loi du 17 juillet 1940 ou des textes subséquents. Cette loi du 17 juillet 1940 était un acte constitutionnel établissant les pleins pouvoirs à Pétain et marquait le début de la mise en place du régime autoritaire de Vichy.
Rappelons-nous que le régime de Vichy, collaborant avec l’Allemagne nazie, avait mis en place diverses lois antisémites et des politiques discriminatoires. Les personnes de confession juive et les membres de la franc-maçonnerie étaient particulièrement ciblés, ces derniers étant souvent associés à des idées républicaines et anti-autoritaire.
Par ailleurs, il faut noter que l’impact de cette ordonnance était limité, car elle ne pouvait pas contrer efficacement la vaste portée des discriminations et persécutions menées sous le régime de Vichy. De plus, la situation de la guerre et l’occupation allemande rendaient difficile la mise en œuvre effective de telles mesures.
Après la guerre, avec la chute du régime de Vichy et la libération de la France, de nombreuses mesures discriminatoires ont été abrogées et des efforts ont été entrepris pour restaurer les droits et les positions des personnes injustement persécutées.
*Militaire et homme d’État français, Philippe Pétain est surtout connu pour son rôle controversé pendant la Seconde Guerre mondiale. Après avoir été un héros national en France pour son rôle durant la Première Guerre mondiale, notamment lors de la bataille de Verdun, Pétain a pris une trajectoire radicalement différente durant la Seconde Guerre mondiale.
Après la défaite rapide de la France face à l’Allemagne nazie en 1940, Pétain est devenu chef de l’État du régime de Vichy, un gouvernement français qui a collaboré avec l’Allemagne nazie. Ce régime, basé dans la ville de Vichy, était autoritaire, anti-républicain, et a mis en place plusieurs politiques antisémites et collaboratives avec les nazis.
La collaboration de Pétain avec l’Allemagne nazie a inclus diverses mesures, telles que l’assistance à la déportation des Juifs de France vers les camps de concentration, la participation à la persécution des résistants et opposants politiques, et la collaboration économique et militaire avec les forces d’occupation allemandes.
Le 24 octobre 1940, le maréchal Pétain rencontre le chancelier Hitler
Après la libération de la France en 1944, Pétain a été arrêté, jugé pour trahison et condamné à mort, une peine qui a ensuite été commuée en emprisonnement à vie par le général Charles de Gaulle.
Dans la petite gare de Montoire-sur-le-Loir (Loir-et-Cher), le 24 octobre 1940, le maréchal Pétain rencontre le chancelier Hitler en présence de Pierre Laval et du général Keitel. Par une poignée de main symbolique, le maréchal Pétain montre qu’il « entre dans la voie de la collaboration ». Une illustration due à Heinrich Hoffmann, photographe et personnalité politique allemand.
Sources : L’histoire en rafale ; Chemins de mémoire ; Fondation Charles de Gaulle
« Mes amis je me confie à vous, je suis franc-maçon . »
« Pas besoin de nous le dire on s’en doutait ! »
Cette phase mes sœurs et frères vous avez dû l’entendre vous aussi peut-être de la part de quelques amis proches à qui vous vous êtes confié et avec tout ce que cela entraine.
Une confidence intime, que l’on fait à une personne ami(e), de confiance, que l’on estime. Une personne proche avec qui l’on partage déjà de nombreuses idées. Alors on a envie de dire voilà mon point de vue, mes valeurs afin que tu me connaisses encore plus, mais aussi pour que tu partages avec moi ces valeurs qui me sont miennes.
Rien de plus normal. Alors pourquoi souvent ce recul de la part de l’autre que nous pouvons ressentir dans ces moments de confidence.
Je serai tenté de vous dire que nous l’avons un peu cherché en cultivant le mystère sur notre mode de réflexion en loge, qui de par notre choix de vouloir dépasser les discussions dites de club, donne parfois une image hermétique de notre confrérie. Notre comportement secret dans la vie profane voir même discret contribue à renforcer cette image.
Les temps changent me direz vous, la franc-maçonnerie évolue tout comme ses modes et ses outils de communication. Depuis fort longtemps nous connaissons les tenues blanches ouvertes qui sont autant d’ouvertures.
La communication avance et sa gestion ne s’avère pas toujours simple, tant les médias évoluent et deviennent de plus en plus complexes à déchiffrer.
D’ailleurs à travers notre journal on-line, ne sommes-nous pas si je puis dire, sous les spots du monde profane qui peut accéder à nos articles et à nos travaux de recherche.
Nous sommes dans la communication et nous n’allons pas nous plaindre de ces échanges. S’enrichir avec les autres pour en final trouver des réponses justes à nos questions.
Petit clin d’œil à notre frère Franck Fouqueray qui nous l’a rappelé lors de de son entretien video avec Robert Laffont. (« trouver des réponses justes à nos préoccupations… »)…
Ces petites préoccupations intellectuelles sont pour moi noyées dans un flot de surinformation. On connait, on veut savoir et toujours plus, une soif de connaissances s’offre à nous.
La franc-maçonnerie fait le devant de l’actualité et nous sommes de nouveau concernés: normal.
Faire dans la discrétion ne devrait pas être une prouesse car nous sommes déjà des communicants en loge, alors le prolongement de cette communication dans la vie profane doit nous interpeler.
Dans le cas de mon propos, faire part de mon appartenance maçonnique à une personne proche.
Ma première réponse : pas toujours simple, du fait de l’image communicative de la maçonnerie rendue par les médias, qui finalement perturbe celle ou celui qui va découvrir que nous sommes franc-maçon.
Je crois que toute information qui nous arrive, sur tous les types de médias confondus, agit pour moi, comme une surinformation. Les individus reçoivent la communication et n’ont pas le temps toujours nécessaire pour l’analyser, la « débiffer » car elle se trouve un peu noyée dans un flot d’éléments .
Nous sommes dans une complexité que nous avons créé et qui fait que la maçonnerie se retrouve sur le même plan que les guerres et les politiques mondiales.
Combien de fois des amis m’ont demandé: Et vous en franc-maçonnerie comment vous voyez les choses?
On nous attend un peu au tournant pourrait-ton dire.
Alors finalement, il est normal que les personnes à qui nous allons nous confier soient un peu en retrait car elles ne nous connaissent pas si bien que nous le pensons.
Nous restons encore assez souvent un mystère entretenu ou recherché.