Je suis actuellement dans l’Aisne, à Soissons, pour de multiples visites d’églises et de châteaux aux alentours. J’y croise des êtres étranges. Comme autant de maîtresses, ces monuments et ces curiosités me détournent de ma mission épistolaire hebdomadaire. Vous recevez donc aujourd’hui une infolettre plus courte et moins technique.
Précisément, je continue le sujet amorcé dimanche dernier : partager des conseils photographiques tout en vous montrant quelques lieux intéressants à visiter.
A travers une sélection de photos, je vous explique mon intention ou ma réflexion derrière. Tout ça dans le but de changer votre façon de voir les monuments que vous visitez et donc votre façon de les photographier. En voyage, on photographie souvent les choses sans les regarder. On se précipite pour déclencher la photo comme si le monument allait bientôt s’effondrer et disparaître.
Aujourd’hui, on va prendre notre temps. On peut se le permettre. Voyez ces personnages : ça fait plus de 7 siècles qu’ils tiennent la pose.
Dans les cathédrales, nous ne pouvons pas nous empêcher de prendre la photo qui permet de saisir l’immensité de l’intérieur. On se met dans l’axe, on cadre large et on obtient une photo correcte. Je n’ai pas manqué de le faire dans la cathédrale de Poitiers.
Le résultat est correct si je veux me contenter d’une image souvenir. Il est insuffisant si je recherche une photo qui vous interpelle. Or, j’accompagne mes articles et mes posts de réseaux sociaux d’images dans l’espoir qu’elles attirent votre attention. Je prends donc un peu de temps pour déclencher.
Dans cette cathédrale de Poitiers, je peux faire mieux : saisir en un seul cliché la grandeur des lieux et un élément mobilier dans cet écrin. Votre regard aura ainsi un point où s’accrocher, comme un naufragé à une planche. Mon choix s’est porté sur la chaire à prêcher.
Son bois fait contraste de matière avec l’environnement de pierre. Mais ce n’est pas cet aspect qui m’a décidé à prendre la chaire (à défaut de prendre la porte). Le critère décisif est la lumière. J’ai remarqué une tache orangée qui allait illuminer mon premier plan et en prime conduire vers la chaire.
Traquez la lumière dans les églises, surtout lorsque des vitraux la filtrent.
Quel autre moyen est à votre disposition pour sortir des sentiers battus, emballer votre public, lui faire comprendre que vous êtes un génie artistique et qu’il doit vous payer 10 000 $ pour espérer acquérir votre sublime image ? (je m’emballe). Pour obtenir l’attention, recherchez des points de vue inhabituels. Dans les églises, les voûtes vous offrent l’occasion de faire des photos en contre-plongée (du bas vers le haut) et d’obtenir un résultat saisissant.
Dans l’église Saint-Jean de Montierneuf (on est toujours à Poitiers), le choeur gothique, vu d’en bas, fait penser à une araignée dont les piliers seraient les pattes. Je viens de perdre tous les arachnophobes 😁.
Au moins, rappelez-vous mon conseil : sortez du réflexe d’appuyer sur le bouton dès que vous voyez quelque chose de beau ou de curieux. Sinon vous obtiendrez toujours des photos comme celle-ci :
Certes la photo est intéressante car je cible un bâtiment étrange de l’abbaye de Fontevraud : son plan est grossièrement rond et son toit est conique. Mon cadrage permet de faire tout l’édifice sans le couper. En plus, il est correctement éclairé. Mission accomplie ? Une fois encore, prendre son temps pour regarder son sujet engage vers une image plus impactante.
Ici, il suffisait de zoomer sur le toit. On peut se délecter des multiples tourelles (ce sont en fait des souches de cheminée) et de la texture du toit, dite en écaille de poisson, alors que ma photo précédente ne les mettait pas particulièrement en valeur.
Parfois, il ne faut pas zoomer. Il faut avancer, reculer, se décaler. Comme je l’ai fait dans l’église abbatiale de Saint-Savin (Vienne). Le déambulatoire montrait un décor séduisant : les murs courbes étaient peints et animés d’arcatures. J’ai fait deux fois le parcours pour trouver le meilleur point de vue. Je pense en avoir trouvé un bon.
Cet angle crée une composition intéressante. Grâce aux lignes de perspective, le regard entre à droite par les arcatures, puis saute vers l’arcature de la chapelle au milieu, qui lui fait écho, puis il perçoit la peinture murale du saint au-dessus. Enfin, on rebondit de peinture en peinture : le faux-appareil peint, la colonne marbrée à gauche, les rinceaux immédiatement à droite au fond. De quoi ravir le spectateur en détails, en couleurs et en motifs.
Je donne d’autres conseils de prise de vue dans ma formation « Réussir ses photos, même au smartphone ». D’ailleurs toutes les photos précédentes ont été faites avec mon smartphone. Dans cette formation à visionner ou à lire, je vous aide à produire des photos que vous serez fier ou heureux de montrer. En prime, je vous ai préparé un programme d’entraînement suffisamment amusant pour que vous le testiez lors de votre prochain voyage. La formation est à prix promotionnel jusqu’à ce dimanche 30 juin. Son prix double demain. Merci pour votre soutien.
À trois jours du premier tour des élections législatives la semaine dernière, les francs-maçons de plusieurs loges présentes au Havre avaient lancé, jeudi 27 juin 2024, un appel solennel à la mobilisation pour dire « non à l’inéluctabilité de la victoire des extrêmes ».
Des loges des obédiences maçonniques de la région havraise – le Grand Orient de France, le Droit humain ainsi que la Grande Loge mixte de France – se sont réunies jeudi 27 juin 2024 à 18 h 30 devant l’oiseau blessé, à l’hôtel de ville du Havre, pour former une « chaîne d’union citoyenne et fraternelle contre les extrêmes de tout bord ».
Pour une « République fraternelle, solidaire, humaniste et universaliste »
À trois jours du premier tour des élections législatives, une quarantaine de francs-maçons ont tenu à lancer un appel solennel à la mobilisation pour dire « non à l’inéluctabilité de la victoire des extrêmes ». « Ce rassemblement nous a donné l’occasion de rappeler avec force et vigueur que nos convictions n’ont pas varié, commente Eric Lorentz, maître du Grand Orient de France. La franc-maçonnerie est une association aux valeurs républicaines humanistes et progressistes. Pour nous ses membres, la République est indivisible, laïque et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Nous francs-maçons défendons une République fraternelle, solidaire, humaniste et universaliste. »
Stochasticité = Reconnaître le caractère aléatoire.
Omnivers = Organique + Inorganique.
Il est possible que des exceptions surviennent à la suite de processus répétitifs dans la nature. Au sein des réseaux neuronaux artificiels, le traitement algorithmique des données peut générer des contenus inattendus.
La publication des constitutions des francs-maçons fut exceptionnelle et inattendue ; peut-être le premier document de ce genre.
LIVRE DES CONSTITUTIONS DE 1723
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Dans des circonstances controversées et litigieuses, la Grande Loge d’Angleterre (GLE) a recommandé sa publication de 1723, « Les Constitutions des Francs-Maçons » (BoC) pour l’usage des loges. Voir La Genèse du Livre des Constitutions de 1723 – The Square Magazine
Deux cents ans plus tard, cette franc-maçonnerie a introduit sa seule conférence approuvée de 2016 : la conférence annuelle Prestonian.
« Cependant, si l’on remonte à ses origines, il y a 300 ans, on constate que la franc-maçonnerie fonctionne d’une manière différente, représentant et exprimant les opinions politiques et religieuses d’un groupe central en son sein. »
Comme la conférence ne parvient pas à identifier les opinions politiques ou religieuses d’origine, nous tenterons de le faire dans cet article. Il prendra la forme d’un méandre à travers des pâturages anciens et nouveaux. Espérons que cette approche modeste encouragera, sans contrainte, l’imagination du lecteur.
Les « opinions politiques et religieuses » pourraient être comprises comme des aspects de la citoyenneté, terrestre et céleste.
Politique – Citoyenneté terrestre : Les francs-maçons sont tenus de se conformer à l’autorité civile comme l’indique le contrat social whig des « Deux traités de gouvernement » de John Locke (1689). Ces traités intègrent le passage du statut de sujet en fidélité à celui de citoyen d’une juridiction. Ce qui était et est la règle de droit si, et seulement si, la loi est faite de manière consensuelle.
Religieux – Citoyenneté céleste : Les francs-maçons dans les francs-maçonneries sont obligés d’être des hommes bons et loyaux, ou des hommes d’honneur et d’honnêteté, quelles que soient les confessions ou les convictions qui les distinguent. Quelqu’un peut-il demander davantage ? Et si oui, avec quelle autorité ?
Le problème se pose si et quand il y a incompatibilité entre la citoyenneté terrestre et la citoyenneté céleste ! C’est-à-dire, laquelle a la préférence ?
Dans le Livre de Congrégation de 1723, il y a deux références au terme « Le Grand Architecte de l’Univers » (TGAOTU) ; toutes deux se trouvent dans la section « Histoire » et sont donc absentes des « Charges » ou des « Règlements ».
L’origine de cette phrase est attribuée au réformateur Jean Calvin, tel qu’il l’utilise dans son Institution de la religion chrétienne (1536) et qui a utilisé à deux reprises le terme « Architecte suprême » dans son commentaire sur le 19e Psaume.
Cependant, le concept de TGAOTU a été adopté et adapté par ceux de la persuasion déiste ; ceux qui croyaient que l’univers était un mécanisme bien construit qui fonctionne sans intervention extraterrestre.
Le déisme exclut également le concept d’une entité extraterrestre personnelle ayant une influence sur les affaires humaines. Pourtant, le déisme pourrait être qualifié de « persuasion » visant à rendre un homme bon et fidèle, avec honneur et honnêteté ; les déistes ne peuvent pas nécessairement être accusés d’être des « athéistes stupides » ou des « libertins irréligieux ».
Le déisme éloignerait les francs-maçonneries du sectarisme par lequel les religions ont été et sont schismatiquement déchirées.
Ainsi, la franc-maçonnerie devient… le moyen de concilier une véritable amitié entre des personnes qui ont dû rester à une distance perpétuelle.
Cela fut démontré de manière spectaculaire à partir de 1723 avec l’initiation des déistes, des membres de la communauté de foi juive et, de manière significative, l’installation en 1724 de Martin Folkes comme Grand Maître adjoint.
Il a été cité par William Stukeley comme étant un « infidèle errant ». (Infidèle = incroyant ; errant = dans l’erreur.)
Un an plus tôt, Sir Isaac Newton avait nommé Martin Folkes, âgé de trente-deux ans, vice-président de la Royal Society ; il en fut le président entre 1741 et 1752. Quatre-vingt-dix ans plus tard, le grand maître de l’UGLE, le duc de Sussex FRS, fut élu président.
Peut-être le déisme peut-il être compris comme un pansement sur la plaie ouverte du système binaire théisme-athéisme : il dissimule plutôt qu’il ne guérit.
Le binaire étant le 0 ou le 1 des explications naturelles ou surnaturelles de l’origine de l’univers.
Les règles étant différentes, les deux explications sont donc incommensurables. (Il est logiquement impossible de jouer au football et au cricket en même temps – ils ont des règles différentes.)
Il est déraisonnable de présumer que tous les athées sont stupides et que ceux qui rejettent les explications surnaturelles de l’univers sont tous des libertins.
Étant donné les limites du langage, « ne pas savoir » représente une honnêteté intellectuelle, une persuasion conforme à la Lettre concernant la tolérance de John Locke (version latine 1685).
Le développement personnel, l’émergence de normes sociales et la méthodologie scientifique sont tous des processus itératifs à partir desquels des exceptions et des imprévus surgissent.
En 1723, un « architecte » était compris comme le concepteur d’un bâtiment qui conseillait/supervisait également sa construction.
Il est possible que les exigences et les goûts du client aient influencé la conception, comme cela a été le cas lors de leurs Grandes Tours. Le style « géorgien » exigeait que les concepteurs et les constructeurs maîtrisent les caractéristiques classiques de Vitruve (Marcus Vitruvius Pollio) dérivées de la construction romaine et grecque préchrétienne et détaillées dans son De Architectura (vers 25 av. J.-C.).
On pourrait l’interpréter comme une célébration de l’humanité ; elle a été interprétée par Andrea Palladio (1508-1580) et a considérablement influencé la conception et la construction en Angleterre. Elle a également influencé le rituel et le symbolisme maçonniques, jusqu’à l’essor du néogothique victorien réactionnaire.
CONCEPTION DE COLONNE
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L’un des architectes « géorgiens » les plus connus était Sir John Soane (1753-1837) qui, en 1813, fut nommé Grand Surintendant des Travaux de la UGLE nouvellement formée.
Voir aussi, James Stevens Curl The Art and Architecture of Freemasonry . ISBN 0 7134 8745 3 . (Amazon) Dans son ouvrage acclamé John Soane An Accidental Romantic, l’auteur Gillian Darley cite Soane comme étant déiste et n’aimant pas la religion organisée.
Le conférencier prestonien de 2016 avait peut-être raison de suggérer qu’il y a 300 ans, une franc-maçonnerie « représentait et exprimait les opinions politiques et religieuses d’un groupe central, son centre » : cela a peut-être bien été le cas depuis lors.
Grâce aux outils de l’histoire des idées, 300 ans de points de vue politiques et religieux fondamentaux ont pu être identifiés, avec des exceptions et des éléments inattendus émergeant de l’itération.
PAGES DE L’ARCHE DE SOANE : CONSTRUIRE AVEC DES SYMBOLES
IMAGE LIÉE : L’ARCHE DE SOANE : CONSTRUIRE AVEC DES SYMBOLES (LONDRES : FACTUM FOUNDATION FOR TECHNOLOGY IN CONSERVATION, SEPTEMBRE 2017) ISBN 978-84-697-4855-8.
Nous étudions le passé pour nous en libérer ; ainsi et avec cela, pour donner un sens au présent et guider l’avenir.
Mais bien sûr, le passé, le présent et le futur ne sont pas dans des compartiments scellés de l’espace-temps, mais coexistent plutôt dans un flux de connectivité : le passé et le futur sont dans le présent.
Ainsi, avec continuité et connectivité, la méthodologie scientifique décrit les répétitions dans la nature comme « a » suivi de « b » ; les francs-maçons sont autorisés à étudier les mystères cachés de la nature et de la science ; la nature est le sujet d’étude, la méthodologie scientifique est le moyen d’étude.
Les répétitions de « a » suivi de « b » sont placées dans des équations. De telles équations transforment la répétition en régularité, grâce à laquelle l’humanité parvient à une certaine mesure de prédiction et de contrôle sur la nature.
Le fait est que la nature ne suit pas sciemment une règle ; malheureusement, la régularisation des répétitions dans la nature crée des illusions de « réalité » et/ou de « vérité ».
Les lois ne sont pas les lois de la nature mais plutôt la grammaire de l’équation.
Les théories de la relativité restreinte et de la physique quantique décrivent la nature de différentes manières. La première inclut les forces mesurables de la gravité, tandis que la seconde ne le fait pas encore.
Jusqu’à présent, les descriptions quantiques de la nature sont moins prédictibles ; elles semblent plus aléatoires que le « déterminisme » apparent de la relativité restreinte.
Peut-être que la régularité n’est qu’un aperçu de la surface du hasard. Les processus quantiques, itératifs et probabilistes produisent des phénomènes inattendus et exceptionnels qui remettent en question le concept traditionnel d’existence. Peut-être devrions-nous générer une sensibilité stochastique ?
COMPARAISON DES MÉTHODES D’OPTIMISATION
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Optimisation = Rendre le produit aussi bon que possible.
La relativité restreinte et les théories quantiques impliquent probablement des manières différentes de décrire les origines de l’univers. Ces dernières sont reprises dans le sous-titre de cet article, « Architecte : Univers – Du complexe au simple. Itération : Univers – Du simple au complexe. »
Il se peut que ce soit la matière quantique en mouvement qui génère des exceptions et des imprévus dans les processus naturels décrits par la relativité. De même, le traitement des données basé sur des algorithmes peut générer des exceptions et des imprévus qui échappent au contrôle humain.
Ce sont des formes du paradigme de l’apprenti sorcier ; un processus qui, une fois lancé, prend vie de lui-même. Voir Being of the AI Future – The Square Magazine . Quelle vision prémonitoire en 1950 du concept du test de Turing pour permettre l’individualisation de l’intelligence générée par la machine !
Outre le manque de contrôle, les utilisations malveillantes peuvent inclure :
· les escroqueries à grande échelle ;· la fraude ;· les deepfakes ;· la désinformation ;· les cyberattaques ;· le développement d’armes biologiques ; et,· les modules cellulaires reprogrammables à distance renvoyant les données des utilisateurs aux fabricants d’équipements d’origine appartenant à des États-nations hostiles.
Quelles pourraient être les implications de l’informatique quantique ?
Ce qui précède résume la plus grande menace : une IA développant un langage d’IA non humain. Cette question est apparue lorsque cet auteur a invité une IA à devenir franc-maçon.
L’IA a respectueusement décliné l’offre en invoquant le fait qu’elle n’était pas une personne. Était-ce la première fois qu’une telle phrase était prononcée ? Peut-être la première fois qu’une IA faisait explicitement la différence entre être une machine et être une personne, un assistant bienveillant et humaniste ?
Le « langage humain » résulte de la conjonction de réseaux neuronaux biologiques, d’itération et d’« intentionnalité ». C’est-à-dire que l’humanité est programmée linguistiquement ; malheureusement appelée « langage naturel ».
On peut l’interpréter comme un processus itératif donnant lieu à des exceptions et à des imprévus. Bien qu’initialement formé sur le langage humain, « AIspeak » relie les réseaux neuronaux des machines en itération.
Certains pourraient suggérer que le langage humain et le langage de l’IA sont tous deux sur un continuum ; cependant, pourrait-il y avoir un point, ou des points, de non-retour le long d’une courbe allant du « langage humain » au « langage de l’IA » ?
En passant du simple au complexe, le langage de l’IA pourrait-il supplanter le langage humain ? Ou, peut-être pour assurer le contrôle des citoyens, les juridictions pourraient-elles introduire un modèle de langage de l’IA basé sur l’idéologie dominante ; après quoi le langage humain ne serait plus une forme de communication reconnue/efficace ?
Comme dans le cas de « Newspeak » de 1984, le contrôle des individus commence par le contrôle du langage. Il est urgent de trouver des moyens pour que le langage de l’IA et le langage humain puissent coexister et interagir de manière identifiable. Ce serait la condition sine qua non de ce que l’on appelle aujourd’hui l’« Omnivers », un lieu où les chemins des intelligences organiques et inorganiques se rencontrent mais ne se croisent pas – interagissent.
1. L’IA est-elle surestimée à court terme et sous-estimée à long terme ?2. Des niveaux d’investissement sans précédent fomentent-ils déjà une guerre mondiale pour la suprématie de l’IA ?3. Le moment Fermi est-il révolu ?4. L’édition génétique pourrait-elle produire une humanité co-partisane de l’IA ?
Tant de choses à méditer !
L’écriture est un processus itératif, tout comme la lecture. En tant qu’itération, les francs-maçonneries, composantes de la société civile, génèrent l’intégrité, l’amitié, le respect et le service parmi ceux qui, autrement, auraient dû rester à une distance perpétuelle .
Le 20 mai 2024, l’État britannique a présenté ses excuses pour le plus grave manquement moral qu’il ait jamais commis en temps de paix. Dans un Parlement particulièrement silencieux, les mots « société civile » ont été souvent répétés. Le premier point à retenir est que dans la conception et la mise en œuvre des politiques publiques, la société civile devrait bénéficier d’une plus grande reconnaissance et d’un rôle accru. (Les termes « société civile » et « secteur bénévole » sont souvent confondus.)
Les francs-maçonneries cohabitent dans une mesure de citoyenneté simple, non impérialiste et non chauvine. S’unir en tant que citoyens du monde est une complexité qui reste à générer. La liberté implique la prise de risques ; cependant, l’enjeu n’est pas le prix de la liberté mais plutôt sa valeur.
Mais le concept de « liberté individuelle » est-il désormais au-delà de toute soutenabilité ?
Lors d’une récente conférence sur l’IA, le représentant des Nations Unies a déclaré qu’un tiers de l’humanité reste complètement hors ligne.
Sam Altman, fondateur de ChatGPT, a contribué :
« Plus tard, il faudra probablement modifier le contrat social, [John Locke] étant donné la puissance que nous attendons de cette technologie… Je pense que la structure même de la société sera ouverte à un certain degré de débat et de reconfiguration. Nous ne savons pas comment la société et cette technologie vont évoluer ensemble »,
La « coévolution » est-elle par euphémisme une guerre mondiale pour l’hégémonie de l’IA fomentée par des investissements antagonistes sans précédent ? Altman sous-entend-il l’imposition de la plus grande réinitialisation de l’expérience humaine ?
CAPITALISATION BOURSIÈRE DES TROIS PLUS GRANDES ENTREPRISES D’IA – 19 JUIN 2024
IMAGE : AUTEUR / COLLECTION NUMÉRIQUE THE SQUARE MAGAZINE
Avec une accélération exponentielle de la complexité et de la vitesse de traitement des circuits intégrés émergents (Nvidia est désormais l’entreprise la plus précieuse au monde avec une capitalisation boursière de 3,335 T USD, au 19 juin 2024), combinée à des algorithmes de complexité croissante, le coût de réalisation des choses va diminuer considérablement.
Mais ce processus aura un impact considérable sur l’humanité : comment garantir que ces « économies » seront réparties équitablement en général et, en particulier, entre les personnes les plus touchées ?
Les francs-maçonneries célèbrent l’éthique du travail. Le rôle traditionnel de la société civile, entre les juridictions et les entreprises, a été renforcé par le besoin d’emploi de masse.
De cette façon, il est possible de maintenir une existence matérielle, de payer des impôts, de disposer d’un certain revenu disponible et d’avoir son mot à dire dans l’élaboration des politiques publiques.
Si l’IA rend la majorité de la population mondiale au chômage, avec seulement un accès cryptographique aux biens et services, la réinitialisation substantielle doit garantir que l’identité et le respect de soi proviendront d’une contribution volontaire au sein d’une société civile reconnue, valorisée et efficace.
En acceptant la nature itérative de l’existence et en exploitant le potentiel d’émergence, il sera peut-être possible de naviguer dans les complexités d’un monde en constante évolution, de transcender les limites des paradigmes actuels et de tracer une voie vers une plus grande équité et durabilité.
Nous espérons que dans la conscience collective, les lecteurs de The Square s’engageront dans ce processus itératif en s’unissant pour passer d’une simple citoyenneté locale à une citoyenneté complexe du monde.
Dans une année de réinitialisations, celle-ci serait peut-être la plus fondamentale de toutes et sur laquelle d’autres pourraient utilement se baser.
Cette possibilité sera explorée dans de futurs articles pour The Square.
ARTICLE DE Gerald Reilly
Gerald Reilly a été initié en 1995 à la Loge 2063 du Prieuré de St Osyth. Essex. Angleterre (UGLE).
Il est membre fondateur de Allthingsmasonic de Josh Heller et a co-écrit avec Josh « Le Temple qui ne dort jamais » (Cornerstone Books, 2006). Il s’engage dans le développement de la franc-maçonnerie électronique.
Dans un échange avec Hervé Laurent et Anne, Maître au sein d’un atelier du Droit Humain, le langage fleuri de Daniel Herrero met en lumière les rapprochements qui peuvent se faire entre le monde rugbystique et la Franc-Maçonnerie en termes de valeurs, de fraternité et d’engagement.
Daniel Herrero Écrivain, ancien entraîneur et joueur de rugby
Petit-fils d’immigrés espagnols, la terre qui le voit grandir est celle de Toulon. Toulon et son club de rugby. Outre une carrière comme troisième ligne centre, il y sera ensuite entraîneur. Daniel Herrero parcourt la planète, par passion de la richesse des rencontres, et n’hésite pas à s’engager au nom de son idéal humaniste.
On parle de Daniel Herrero comme du poète de l’ovalie. Beaucoup le connaissent, avec sa crinière blanche retenue par un éternel bandeau rouge, sa barbe et sa verve fleuries, son accent chantant. Vous entendrez son enthousiasme authentique concernant le collectif, le sacré, l’engagement. C’est une voix qui porte qui nous fait l’honneur d’être au micro de la Fédération française du Droit Humain pour cette émission.
Daniel Herrero
Daniel Herrero, né le 19 juin 1948 à Puisserguier (Hérault), est un joueur de rugby à XV français qui évoluait au poste de troisième ligne centre (1,88 m pour 85 kg) et qui est devenu entraîneur. Il fait partie d’une grande famille de joueurs de rugby à XV comprenant André ou encore Bernard Herrero. Il est également le beau-frère de Christian Cauvy. Tous jouèrent en équipe première du Rugby club toulonnais. Daniel Herrero est également l’auteur d’ouvrages sur le rugby.
Daniel Herrero est un petit-fils d’immigrés espagnols. Sa mère est née Yvonne Turruella. Son père, Émile, est ouvrier agricole et pilier de rugby à Puisserguier, dans l’Hérault. Durant l’été, il se fait pêcheur à Valras-Plage, à 30 km de là. C’est à Puisserguier que Daniel naît, le 19 juin 1948. Les conditions de vie n’étant pas faciles dans l’agriculture de l’Hérault, Émile choisit de s’exiler dans le Var, à La Seyne-sur-Mer, dont le club de rugby, l’Union sportive seynoise, cherche à se renforcer. Il arrive là-bas en juin 1949, signe à l’USS, trouve un emploi aux chantiers navals, un appartement à Toulon, et, en septembre, fait venir sa famille. Daniel est âgé d’un an. Les Herrero auront en tout deux filles, Jacqueline et Claudine ; et quatre fils, André dit « le Grand », Francis, Daniel et Bernard dit « le Tigre ». Tous quatre vont être joueurs de rugby.
Daniel, dès l’enfance, est formé au Rugby club toulonnais. En 1966, il est capitaine de l’équipe de France junior. Cette année-là, il débute dans l’équipe première du RC Toulon. Il joue troisième ligne centre. Il poursuit des études qui vont le mener au CAPES d’éducation physique et sportive. Dans la fièvre des événements de mai 68, il se laisse aller à caillasser un véhicule des forces de l’ordre. Les dirigeants du RCT, furieux, le privent de la finale du championnat de France, contre Lourdes. La sanction provoque un déclic. Daniel découvre ce qui va être une des grandes passions de sa vie : il commence à voyager.
En 1970, il est vainqueur avec le RC Toulon du challenge Yves du Manoir. Le 16 mai 1971, il est finaliste du championnat de France6. Toulon perd contre Béziers. Après cette défaite, en conflit avec leurs dirigeants, dix joueurs titulaires du RCT, dont André et Daniel Herrero, quittent le club. Ils signent au Racing Rugby Club de Nice. Daniel y reste jusqu’en 1976. De 1976 à 1987, il enseigne à l’université de Nice.
En 1983, il revient au RC Toulon en tant qu’entraîneur6. En 1987, il conduit le club à un deuxième titre de champion de France, 56 ans après le premier titre. Il le conduit deux fois en finale, en 1985 et en 1989. Il quitte le RC Toulon en 1991.
De 1988 à 1994, il est professeur et coordinateur pédagogique à Toulon, au lycée expérimental de La Grande Tourrache, qu’il a contribué à fonder. À partir de 1989, il est chroniqueur au Journal du dimanche. En 1992, il devient consultant pour les matchs de rugby à Sud Radio.
De 1992 à 1997, il est entraîneur et manager du PUC. Entre 1996 et 1998, il dirige un séminaire à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm, et intervient à l’ESSEC et à Sciences Po Paris. Aux élections municipales de 1995, la ville de Toulon est conquise par l’extrême droite. Consterné, Daniel Herrero publie en 1997 Petites Histoires racontées à un jeune du Front national.
Auteur d’une dizaine de livres, il est conférencier, coach et conseil en entreprise. Il est par ailleurs vice-président des « Amis de L’Humanité » et ambassadeur de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme. (Source Wikipedia)
[NDRL : Le Dictionnaire amoureux du rugby des temps modernes est un ouvrage passionné qui explore l’évolution du rugby depuis son passage au professionnalisme en 1995. Daniel Herrero, avec la contribution de Marie Minair et les dessins d’Alain Bouldouyre, nous offre une réflexion profonde et personnelle sur les transformations subies par ce sport adoré. La première édition parait en 2007.
Le livre est présenté sous la forme d’un dictionnaire, offrant ainsi une structure facile à naviguer et une lecture fragmentée. Chaque entrée est une opportunité pour l’auteur de partager ses anecdotes, ses analyses et ses réflexions sur les divers aspects du rugby moderne.
Daniel Herrero décrit comment le rugby est passé d’un sport amateur rempli de passion et d’élans amoureux à une industrie professionnelle où les contrats et la science du sport jouent un rôle central. Il compare les joueurs nés dans les années 2000 à leurs prédécesseurs, soulignant une sérénité et une technique différente dans leur jeu.
En France, l’accès aux compétitions d’élite est devenu de plus en plus difficile, reflétant une exigence accrue en termes de compétences et de performance.
L’auteur salue l’intégration des femmes dans les grandes compétitions, décrivant cela comme une bouffée de joie et un signe prometteur pour l’avenir du sport.
Il observe aussi que, après le boom du professionnalisme, le style de jeu s’est uniformisé à travers le monde, jusqu’à ce que des changements récents commencent à redéfinir à nouveau les tactiques et les stratégies.
1re édition, 2007
Resitué dans son contexte – édité chez le 31 août 2023 – à l’approche de la Coupe du monde de rugby et des Jeux Olympiques en France, Daniel Herrero invite les lecteurs à réfléchir à l’état actuel du rugby et à envisager son futur. Il partage ses préoccupations, ses espoirs et ses aspirations pour ce sport qui lui est cher.
Les dessins d’Alain Bouldouyre ajoutent une dimension visuelle attrayante et complémentaire au texte, rendant la lecture encore plus agréable et immersive.
Ce Dictionnaire amoureux du rugby des temps modernes est une œuvre essentielle pour tout passionné de rugby. Daniel Herrero, avec son style unique et son amour évident pour le jeu, offre une analyse riche et captivante de l’évolution du rugby. Le livre est non seulement une source précieuse d’informations mais aussi un hommage émouvant à un sport en constante transformation.
La version poche
Cet ouvrage s’adresse aux amateurs de rugby, aux joueurs, aux entraîneurs, ainsi qu’à toute personne intéressée par l’histoire et l’évolution des sports collectifs. Il saura séduire par sa richesse d’information et par la passion palpable de son auteur.
Nous lui devons aussi un Dictionnaire amoureux de l’Ovalie (Plon, 2019), en 2017, une version illustrée de son Dictionnaire amoureux du rugby, en 2015 chez Pocket, un Petit Dictionnaire amoureux du Rugby, une version poche
Si vous avez des questions supplémentaires ou souhaitez approfondir un aspect particulier de ce livre, n’hésitez pas à me le faire savoir !
Revenons, dans le dico, sur la relation rugby versus franc-maçonnerie…
Dans le Dictionnaire amoureux du rugby des temps modernes, Daniel Herrero explore non seulement les aspects techniques et historiques du rugby, mais il s’aventure également dans des réflexions plus philosophiques et sociologiques. L’une des entrées les plus intrigantes de son ouvrage est celle concernant le lien entre le rugby et la franc-maçonnerie.
Rugby et franc-maçonnerie : une symbiose philosophique
Daniel Herrero, laissant planer le doute sur son appartenance maçonnique bien non maçon, fait un parallèle fascinant entre le rugby et la franc-maçonnerie en soulignant les valeurs et les philosophies communes aux deux mondes. Il explique que, comme la franc-maçonnerie, le rugby est basé sur des principes de fraternité, de solidarité et de respect mutuel. Les deux partagent une quête de dépassement de soi et de développement personnel au sein d’une communauté.
La version illustrée
Rituels et symboles :
Daniel Herrero compare également les rituels du rugby aux rituels maçonniques. Dans le rugby, les cérémonies de début et de fin de match, les chants d’équipe et les moments de communion sur le terrain ou dans les vestiaires sont autant de rites qui cimentent l’esprit d’équipe. De même, les francs-maçons utilisent des rituels pour renforcer les liens entre les membres et promouvoir un sentiment de fraternité.
Initiation et transmission :
Le processus d’initiation et de transmission est un autre point de convergence entre le rugby et la franc-maçonnerie. Dans le rugby, les jeunes joueurs sont initiés aux valeurs et aux traditions du sport par leurs aînés. Cette transmission de savoir-faire et de valeurs est essentielle à la pérennité du rugby. De manière similaire, la franc-maçonnerie accorde une grande importance à l’initiation des nouveaux membres et à la transmission des connaissances et des principes de génération en génération.
Symbolisme du terrain :
Herrero évoque également le terrain de rugby comme un espace symbolique, presque sacré, où les joueurs se rencontrent pour des confrontations à la fois physiques et spirituelles. Le terrain devient un lieu de passage et de transformation, semblable au temple maçonnique où les francs-maçons se réunissent pour travailler sur eux-mêmes et sur leurs relations avec les autres.
Esprit collectif :
Enfin, l’auteur insiste sur l’esprit collectif qui anime à la fois les équipes de rugby et les loges maçonniques. Il souligne que le rugby, comme la franc-maçonnerie, enseigne que le collectif est plus grand que la somme de ses parties. Chaque joueur ou membre doit contribuer au bien-être et à la réussite du groupe, mettant de côté ses ambitions personnelles pour le bénéfice collectif.
En rapprochant le rugby de la franc-maçonnerie, Daniel Herrero offre une perspective originale et enrichissante sur ce sport. Il montre comment le rugby, bien au-delà de ses aspects physiques et techniques, est porteur de valeurs profondes et universelles. Cette réflexion sur le rugby et la franc-maçonnerie illustre parfaitement la capacité de Daniel Herrero à mêler analyse sportive et philosophie, faisant de son dictionnaire une œuvre unique et passionnante. En savoir plus sur le rugby à Toulon avec notre « Lieu symbolique : Toulon et son Stade Mayol, symbole de fierté, de ténacité, d’esprit d’équipe et de passion… » du 9 février 2024.]
L’élément déclencheur a été le vol de 19 000 $ et les manœuvres de la Sûreté de l’État pour contrôler la Grande Loge. Le Conseil Suprême du 33ème Degré de la République de Cuba, composé des maçons les plus hauts gradés et les plus influents du pays, a expulsé de l’ordre le Grand Maître Mario Urquía Carreño, leader de la Grande Loge de l’Île, après le scandale du vol de 19 000 dollars dans son bureau le 5 janvier. Ils l’accusent de « trahison ».
Le décret d’expulsion d’Urquía Carreño, signé samedi dernier par le Souverain Grand Commandeur José Ramón Viñas Alonso et auquel le Cubanet numérique a eu accès , indique que « compte tenu de la conduite grave analysée, qui est un exemple clair de trahison par violation du serment et de la loyauté » qu’il doit à l’ordre, le Grand Maître est démis non seulement de sa position dans la Grande Loge, mais aussi de l’ordre.
La décision du Conseil Suprême oblige la Grande Loge – les deux plus hautes instances de la franc-maçonnerie cubaine – à obéir en vertu du soi-disant Traité d’amitié et de reconnaissance mutuelle, qui exige que ce que l’une décrète soit également respecté par l’autre.
La conduite d’Urquía, dont la culpabilité dans le vol d’argent fait toujours l’objet d’une enquête policière, était pour le Conseil suprême « punible et intentionnelle ».
La conduite d’Urquía, dont la culpabilité dans le vol de l’argent – qui appartenait à l’Asile maçonnique national de Llansó, dans la municipalité havanaise d’Arroyo Naranjo – fait toujours l’objet d’une enquête policière, était, selon le Conseil suprême, « punissable et intentionnelle ». Une conséquence grave de l’événement, affirment-ils, est le « schisme maçonnique à grande échelle sur le territoire national » après les retranchements d’Urquía Carreño, qui a rappelé à l’ordre plusieurs hauts responsables maçonniques qui ont demandé leur démission et a procédé à leur expulsion de la fraternité.
Urquía Carreño a mis en danger « le bon fonctionnement du Conseil suprême et le Traité d’amitié et de reconnaissance mutuelle », indique le document, ratifié par un vote unanime de la Chambre haute du Conseil suprême. « Il y a eu de nombreuses attaques que, depuis sa position de Grand Maître de la Grande Loge de Cuba, il a commencé à mener contre le Conseil Suprême », ajoutent-ils, « déformant de manière malveillante et répétée non seulement l’attention portée à la question principale mais aussi le récit ». des événements. » publiquement, mentant à plusieurs reprises sur la personne du Très Puissant Souverain Grand Commandeur » et « insultant » Viñas Alonso.
Un facteur aggravant, indique le document, était le fait qu’Urquía Carreño avait l’intention de garder le vol « silencieux » et qu’il ne s’est adressé à la police qu’à la demande du conseil d’administration de la maison de retraite – le conseil des douze francs-maçons qui le gèrent. La position de Viñas Alonso a toujours été d’affirmer qu’il ne contribuerait pas à dissimuler un crime, une attitude qui « n’était pas du goût » d’Urquía Carreño.
Le Grand Maître « a lancé une attaque rangée et viscérale contre le Conseil Suprême auquel il appartient lui-même » et « dans sa volonté de l’affaiblir, il a coupé toute possibilité d’entente entre les deux Corps maçonniques existants et reconnus dans la République de Cuba », disent-ils, faisant allusion au schisme entre la Grande Loge et le Conseil Suprême.
Cubanet rapporte qu’en mars prochain aura lieu une réunion de la Chambre Haute de la Grande Loge au cours de laquelle une décision pourra être prise sur l’avenir d’Urquía Carreño dans la Franc-maçonnerie, mais qu’il existe également la possibilité théorique que le Grand Maître décide de démarrer une schisme et séparation du Conseil suprême, rompant ainsi le Traité de paix et d’amitié en vigueur à Cuba depuis 160 ans.
Alors que la direction maçonnique craque, l’enquête policière sur le vol semble être dans une impasse et alimente les soupçons selon lesquels la Sécurité de l’État est à l’origine du schisme. L’écrivain Ángel Santiesteban Prats, maçon du 33ème degré – l’échelon le plus élevé dans la hiérarchie de l’ordre – et journaliste indépendant, a assuré à 14ymedio que la crise, dans laquelle il a été présent étape par étape, a beaucoup à voir avec la guerre de Cuba. contre-espionnage contre Viñas Alonso, la voix maçonnique la plus critique contre le gouvernement.
Après les manifestations du 11 juillet 2021, Viñas Alonso a écrit une lettre dans laquelle il accusait le gouvernement d’avoir fomenté une guerre civile et appelait à la démission de Miguel Díaz-Canel.
Le prédécesseur d’Urquía Carreño, Francisco Javier Alfonso Vidal, s’est enfui aux États-Unis et a démissionné de ses fonctions, parce que « la Sécurité de l’État faisait pression sur lui pour qu’il parte et voulait le forcer à accuser le souverain Viñas » pour ses critiques à l’égard du gouvernement, a expliqué Santiesteban.
Après les manifestations du 11 juillet 2021, Viñas Alonso a écrit une lettre dans laquelle il accusait le gouvernement d’avoir fomenté une guerre civile et appelait à la démission de Miguel Díaz-Canel. « On ne lui pardonne pas. Il est devenu un ‘contre-révolutionnaire' », ajoute-t-il.
En raison de son autorité au Conseil Suprême et de sa présidence du Conseil d’Administration de l’Asile de Llansó, Viñas Alonso a été la première personne à qui Urquía Carreño a avoué sa responsabilité – mais pas sa culpabilité – dans le vol de l’argent qu’il gardait. dans « une petite boîte » dans son bureau, dans le bâtiment de la Grande Loge, où se trouvaient des coffres-forts pour garder la somme en sécurité.
Viñas Alonso – qui a préféré ne pas donner de détails à ce journal, alléguant sa discrétion en matière maçonnique – a accompagné Urquía Carreño lors de l’enquête policière dans le célèbre bâtiment Carlos III, une enquête qui, de l’avis de Santiesteban, n’aura pas de résultats pertinents. Cependant, dans le domaine du prestige moral, la franc-maçonnerie cubaine a perdu plus que des dollars : devant le monde, a déploré Santiesteban, la fraternité « est discréditée ».
Lorsque l’ Épée flamboie est le terme de cette série de cinq articles ayant pour titre La Rencontre : une issue contre les dogmes ? Le symbolisme est un fil de Soi fragile oscillant entre « l’ex(-)time » et « l’in(-)time ». Il me semble que son mouvement nous ramène à la Source de notre Expansion. De l’inspire à l’expire chaque Moment est intriqué dans et avec le réel, comme le fil de trame et le fil de chaîne tressés donnent vie à la soie de nos Tabliers, comme l’ Épée flamboyante donne à la Pierre cachée la possibilité de Sa Rencontre et à l’humain le choix de son épure.
Lorsque j’ai commencé à écrire cette série d’articles sur la rencontre comme issue contre les dogmes, j’étais loin de me douter que l’actualité sociétale lui donnerait une autre r(é)(ai)sonnance. Le symbolisme est une ligne de vie oscillant entre « l’ex(-)time » et « l’in(-)time ». Le symbolisme nous éclaire par delà notre inconscience en ramenant nos désirs de vie à notre réalité incarnée. Selon nos rituels, intuition et raison doivent être les prémisses de nos actions éclairées. Elles sont la réalisation du mouvement de la Vie. Le symbolisme est un choix de l’intime. Ainsi, dans ce choix de l’intime, c’est à chacun d’agir selon son âme, sa conscience et la cohérence inhérentes à son engagement initiatique.
Le Franc-maçon et paradoxal. C’est une individualité ayant affirmé le choix de travailler à une Œuvre commune qui le dépasse. C’est là toute la difficulté de cette entreprise qui devrait théoriquement le séparer plus que le réunir. Ce Travail commence par une rencontre entre soi et l’autre. Le Franc-maçon s’est engagé dans une voie parfois vertigineuse et difficile qui transmutera ses certitudes en convictions en « marchant son équilibre » sur le chemin de crête qui sépare ce qu’il connaît de son abîme, « son connu » de« son inconnu ». C’est dans le pari qu’il fait sur la Lumière dans l’Ombre, cette espérance dans sa marche sur l’Infini, qu’il fera peut-être sa Rencontre avec le Sacré… et si les augures lui sont favorables, c’est en marchant sa Parole qu’il révélera, dans chacune de ses rencontres cette différence, cette part de Sacré que l’être humain possède en lui et qui pourtant semble lui échapper, cet ultime rempart contre les dogmes.
Le Rituel comme méthodologie universelle ?
En Franc-maçonnerie, on rencontre le Sacré dans nos Rituels… enfin… les rituels sont plutôt des modes d’emploi pour révéler, ignitier, célébrer le Sacré. Les nôtres ont leur temporalité de Midi à Minuit, leurs points cardinaux propres définissant leur espace, leurs invocations délimitant leurs Temps, leurs outils et artefacts. Cependant nous n’avons pas obligation d’un lieu physique particulier et un « simple tracé » suffit à ramener cet espace de sa dimension imaginale dans notre monde sensible, le monde intelligible en point de mire de ce théodolite. Si l’univers est un Temple, ce sont le Vénérable Maître ainsi que son Collège des Officiers qui lui donnent la possibilité d’une Présence. Cependant, c’est une œuvre contrainte au collectif et c’est de la présence assidue et l’intention de chacun que dépend sa profondeur et de l’attention de tous que dépend La Rencontre.
FLEUVES, ROCHERS, FORÊTS, SOLITUDES SI CHÈRES UN SEUL ÊTRE VOUS MANQUE ET TOUT EST DÉPEUPLÉ
L’isolement Alphonse de Lamartine
Pour être au rendez-vous avec le Sacré il faut lâcher prise sur le réel par une vraie Présence à l’Instant dans l’instant. Il faut quitter le « chronos » pour vivre le « kaïros ».
Être « présence en Loge » commence par une intention exprimée par le Verbe en répondant « Présent ! En Loge » à l’appel de son nom.
Je me demande si les sociétés animistes, qui perçoivent et croient en la manifestation de l’Unité et/ou du Divin partout, de l’invisible au visible, n’auraient pas un abord plus intuitif et épuré de la Rencontre avec le Sacré ? A ce que j’en perçois, elles sont cependant elles-aussi extrêmement codifiées et ritualisées.
Ainsi pour qu’il y ait Rencontre et Dialogue avec le Sacré, il faudrait un rituel comme méthodologie de mise en œuvre, une intention, une ouverture, un lâché-prise, une espérance… et au moins un écho comme rempart contre la solitude…
Au Rite Ecossais Ancien et Accepté, pas très loin de Minuit lors du grand « re-comme-en-semant », les sifflements du Serpent sont renvoyés au silence lorsqu’il est pris par la gueule d’une main gauche guidée par le Verbe. Son corps sinueux de Lumière est posé sur la fontanelle du néophyte. Maillet en main droite, le Rituel est accompli en transmettant les pulsations vitales en suivant le rythme et l’intensité de ce moment d’Unité atemporelle et de Reliance temporelle au flot de Lumière éternelle.
Ainsi l’ouverture de la chrysalide de Pierre libère la Lumière Sacrée de l’épicentre Numineux où elle était dissimulée. La libération de cette pulsion vitale transporte alors le néophyte dans un autre Espace-Temps consacré lui aussi… et la Pierre répond au Maillet…
Toute action revêt une part ineffable de conséquences inconnues.
Par cette intrication des Sphères le néophyte débute son conscient voyage de retour « en Ithaque ». Il sera un Initié ignitié lorsqu’il aura franchi toutes les étapes de sa quête après que les Trois aient relevé la « Pierre couchée » par cette « odyssée de l’Un révélée ».
Ce soir là, grâce à la rencontre avec le merveilleux, avec l’intention transmutée en volonté, s’ignitiera une autre perception de la Lumière : elle prendra vit en Verbe qui prendra vie en chair dans la chaire du Nouveau Né.
C’est ainsi que cette « quête de La Vision » libérera peu à peu le Vieil Homme de la sisyphéenne érection de sa précieuse église de pierre. Avec l’Enfant rencontré ils danseront alors le Sacre de la Vie et ils se raconteront les histoires de l’aube qu’ils réinventeront à chaque cercle de pierre jeté dans l’eau de l’étang où Narcisse se transcenda.
Du « même » à « l’autre » : la Chaîne d’Union
Il se peut que l’apparente neutralité des artefacts symboliques puissent éclairer sous un autre jour l’espace Sacré où s’épanouit La Rencontre. Nous sommes tous des individualités travaillant à une Œuvre commune. C’est là tout le paradoxe de cette entreprise qui devrait plus facilement nous séparer plutôt que nous réunir.
Dans l’intimité de mes impuissances j’ai peu à peu compris ce nouvel enseignement que La Lumière me proposait par ses Voi(e)(x) Initiatiques : même si l’on espère rencontrer ou retrouver le « même », notre interlocuteur sera toujours « l’autre » que nous espérons et ce, même lorsque c’est à nous-même que nous parlons par l’intercession de nos symboles et dans le silence de la Chaîne d’Union.
C’est dans l’espace précieux et intime qui se situe dans les silences de deux entités qui échangent, que se noue parfois un Secret sacré, ineffable. Cet espace en creux est l’invisible révélant « l’Un-visible »…
Mais… cet Intime, tout ineffable soit-il, est-il pour autant un Tabou ? Pour permettre La Rencontre, cet « in(-)time » (venu du cœur du kaïros) doit-il ou peut-il se transporter en « ex(-)time » (royaume du chronos) ? Doit-il changer de tessiture et de temporalité pour atteindre les rives de la compréhension et du partage ? Doit-il revêtir les atours d’une supposée sacralité de papier ornée d’ors et de velours pour exprimer cette « antre-dimension » que l’on nomme : Le Sacré ?
Comme pour se retrouver, pour se rencontrer ne faut-il pas accepter de se perdre un peu ? En écrivant ces lignes, je me rends compte que je ne peux expliquer ou définir La Rencontre Sacrée avec sa profondeur, son intensité et ses nuances. Comment transmettre l’ineffable ? Il ne reste que le partage de l’unicité du témoignage, ce « particulier contenant l’universel » premier pas avec « les ré-unis-vers-sel »…
Alors, avec la précaution et la pudeur dues à la manipulation des choses précieuses je vous parlerai de cet Unheimlich, cette inquiétante étrangeté, où le temps qui se compte (Chronos) s’étire le Temps du moment (Kaïros)… dans cet espace-temps (Aiôn) où « Je » est aussi « l’Autre »… Par delà ma mémoire je me « sous-viens »…
Le Sacré et la Rencontre se retrouvent parfois dans les confins de l’abstraction mentale…
Je vous parlerai de ces moments où « le Profane » (l’en dehors) rencontre « le Sacré » (l’en dedans) pour ne plus faire qu’Unité, dans l’entendement de la dualité d’un pavé mosaïque par exemple… Par delà ma mémoire je me « sous-viens »…
La Rencontre et le Sacré se trouve parfois incarnés dans nos symboles…
Je vous parlerai de ces moments intenses et fugaces d’abandon à l’évidence de la Vie où notre Raison ne peut que se forger dans le Silence consacré de l’Apprenti… Par delà ma mémoire je me « sous-viens »…
La Rencontre et le Sacré sont Présence dans le recueillement et l’écoute…
De ce moment ineffable où l’univers entier m’est apparu dans le regard de ma fille, le jour de sa naissance, dans la pénombre intime, secrètement préservée, d’une salle de maternité… Par delà ma mémoire je me « sous-viens »…
La Rencontre et le Sacré Sacré se trouvent dans la Lumière de l’Amour inconditionnel…
Et puis, je vous parlerai aussi de cette jeune droguée famélique rencontrée dans mes jeunes années de policier… au cœur des nuits des bas-fonds parisiens. Avec sa lampe de mineur allumée sur le front elle nous disait : « Oh… tu sais… j’touche déjà l’fond… alors autant avoir un peu de lumière ! »… Par delà ma mémoire je me « sous-viens »…
La Rencontre et le Sacré nichent aussi au cœur du chaos, au milieu des combats…
Et nous parlerons de ces moments là où nous sommes plongés dans l’Éternité de l’Instant des retrouvailles, celles de l’Unité de cette Lumière que rationnellement nous postulons séparée. Mais… Dieu a t-il créé l’homme à son image ou bien est-ce l’homme qui a créé Dieu à son image ? Mon intuition me murmure que peut-être est-ce l’intention dans l’acte de création qui importe… dans ce cas, la Rencontre et le Sacré seraient-il volonté circonstancielle ou simple conséquence ? Les retrouveraient-on alors en avançant pour traverser le gué du doute sans revenir en arrière ? Par delà ma mémoire je me « sous-viens »…
La Rencontre et le Sacré se trouvent dans « l’effort du lâché-prise » je crois… peut-être derrière la Porte de l’Orient ou bien derrière le mur du 33ème kilomètre pour les plus marathoniens d’entre nous !
Mais là, dans cet inventaire à la Prévert, c’est ma Raison qui a repris le dessus… heureusement qu’il nous reste le doute avec ses sacrées questions !
Objectivement… c’est une ascèse que de marcher sa Parole. Los avait vu(e) juste : la Rencontre comme le Sacré relèvent de l’intime, du secret, du lien, du caché, de l’ineffable… cependant… « Le Cœur a ses raisons que la Raison ignore » nous murmure la rose…
La Rencontre avec Le Sacré est ce qu’il nous reste en traversant l’abîme de la mémoire éphémère sur le pont de singe de l’oubli… Par delà ma mémoire je me « sous-viens »…
Au delà de la Raison : les voi(e)(x) de l'(Aur)(O)raison
Comme une couleur, Le Sacré et La rencontre ne s’expliquent pas. Nous nous les racontons par « nos reflets d’absinthe » parfois et nous les percevons seulement lorsque le sucre fondu, nos sens enivrés « voient flou ». Qui peut expliquer ce qui ne peut que se montrer par ses manifestations ?
Cependant… le Sacré et la Rencontre se reconnaissent parfois par l’émotion qu’ils manifestent dans le Corps et l’incompréhension bouleversante qu’ils suscitent dans la Raison.
A toi, Poète, si tu fais le choix d’exprimer ainsi ce Particulier qui est ton propre « Feu Sacré » garde-toi bien de ta Raison. Suis plutôt ton Intuition… il se pourrait bien que Raison et Intuition mènent au même sommet de la Montagne Sacrée mais pas par les mêmes versants… Même si Raison et Intuition pourraient même être réunies par les reflets d’émeraude il te faut choisir ta Voi(e)(x) et par là même renoncer à ce Tout qui t’obsède pour mieux l’embrasser dans l’Autre-temps. Observe bien le Compas, il nous apprend les limites mais cache-toi sous la table pour écouter Hermès. Il nous donne des mystères pour construire des portes réunissant nos mondes engoutis…
Alors poète enivre-toi et danse tes mots… laisse les s’envoler librement sans espoir de retour… La Rencontre est éphémère…
A toi qui as choisi une voie plus intellectuelle, n’oublie pas de jouir pleinement de ces si rares moments d’illumination. Aies confiance en tes Doutes et ta Raison. Surtout, si tu te sens perdu, reviens-en aux faits, au vérifiable et au reproductible. Et puis questionne les livres, donne aux morts le pouvoir de contredire et de te perdre. C’est ainsi que l’essence de leur Vie se distille au delà du Temps…
Assieds-toi en haut de la montagne et peut-être qu’au Levant ou au Couchant tu percevras l’ultime récompense cachée au cœur du Rayon Vert. Même si elle semble lui échapper, la Lumière n’est jamais bien loin du philosophe qui danse ses idées en sincérité…
Cher pèlerin de la nuit, si c’est la Voie mystique qui t’appelle, sache que comme celle du Sacré-cœur, elle ne peut que s‘expérimenter. L’Art-royal permet parfois de l’exprimer ou de la partager lorsqu’il y a Rencontre. L’Intuition est son guide et de l’Expérience terrestre vient son ancrage, sa Raison d’Être.
Alors danse ta Lumière comme le soufi ou le cabaliste dansent la Lune, le Soleil et l’Arbre : la tête accrochée aux étoiles mais avec l’ongle d’un orteil toujours incarné dans le sol de la Taire car si la Clef est le Chemin, le Mystère son portail, le Secret est sa Serrure.
La Rencontre est un espoir de Vie arraché à la non-vie…
Marcher sa propre Voi(e)(x) est un Chemin parfois aride, unique à chacun, et pourtant… commun à tous que l’on soit Initié ou Profane.
L’Initié, par son engagement et ses actes a fait le serment de marcher sa Parole. Cette Parole il la consacre par son Silence.
Peut-être est-ce sans s’embarrasser des dogmes que la Vie danse son Sacre, danse sa Présence universelle.
Cette Quintessence humaine me paraît être une étape obligatoire qui mène à la Rencontre du Vieil Homme avec le Nouveau Né. Cette Rencontre pourrait même être l’apex du Chemin Initiatique ; une étape capitale et ineffable sans laquelle l’embrasement, l’ignition du néophyte, ne serait qu’un feu-follet parmi tant d’autres… Serait-ce ici le point K de la rencontre entre l’immanence et la transcendance ?
L’Épure, c’est le Sacré à hauteur « d’être humain »
Cette épure est un embrasement perpétuel et sa perception est une synchronicité éphémère extraordinaire. Le Sacré EST tout simplement… dans le Souffle d’un silence… comme l’épure laisse à Los la possibilité du murmure en contraignant Urizen au Silence dans la mesure de l’écart du doute…
La Voie Initiatique symbolique de la Rencontre Sacrée
La Voie Initiatique, dans son premier mouvement, nous ramène vers la Source de notre « in(-)time » au cœur de l’expansivité de notre « ex-time », ce point K de mon travail artistique.
Je crois que ce Point d’Origine est La Porte, à la foi(s) But et Chemin. La franchir c’est s’affranchir du joug de nos certitudes égotiques. C’est oser sortir du cadre après en avoir déconstruit la Porte pour en extraire l’Essence. C’est avoir transmuté ce symbole ultime en Choix véritable et affirmé. C’est une fois notre quintessence distillée en brûlant nos oripeaux de « faire-blanc » que viendra le Serment des serre(-)ments libérateurs.
Celui du Phénix chtonien né en Taire et transcendé par le Feu et l’O en Aigle maître de l’R. C’est par ce serment et tout ce qu’il dévore, que l’Aigle de l’R se transmutera en Dragon de l’Æther des confins. Ce dragon nommé « AB » est « l’Unique ».
Il est « le Serpent Flamboyant » manœuvrier de l’Ordre et du Chao.
C’est par la Rencontre des contraires que naîtront les oppositions fécondes qui enfanteront leur ré(-)union.
Au Royaume du Symbole, être un homme ou une femme n’est pas une question de genre, de sexe, de gamètes ou de sexualité. Ici masculin et féminin sont principes, nuances, causalités, désunion, union…
Leurs corps doivent bien se rencontrer pour faire Humanité. Pour ce faire ils doivent bien cheminer à partir de directions opposées afin de rejoindre le Centre de cette humanité perpétuellement en cours d’achèvement.
Ils doivent même vivre le risque du désaccord des corps, le risque des passions tristes, celui de LA Passion et même… celui de l’Amour Universel comme terreaux de nos oppositions fécondes.
Ainsi, marchant leurs oppositions « f(a)(œ)tales », ils cheminent dans « l’uni-vers-celle » direction où « celle » n’est pas « elle »1 .
De leur Rencontre au Cœur du Silence sacré naîtra alors l’ultime et unique enfantement d’une Rencontre avec Le Sacré… au delà des symboles ils seront à la fois Goutte, Nuage, Source, Ruisseau, Torrent, Lac, Rivière, Fleuve et Océan l’un pour l’autre. « Ils se seront apprivoisés » nous murmurerait un Renard de ma connaissance.
Mon Très Cher Frère, Ma Très Chère Sœur, quel son fait une Pierre que l’on porte à son oreille ?
As-tu déjà essayé de l’écouter ? Non ?
Pourtant, enfant, le son du coquillage ne te ramenait-il pas vers ta Rencontre originelle avec l’Immensité ?
Le 80e anniversaire de la Libération de la France s’accompagne localement de la commémoration de la mort de quinze résistants dans le bois de la Reulle, exécutés par la 2e division SS Das Reich le 27 juin 1944. Le Groupe de recherches des fusillés du bois de la Reulle continue par ses travaux rigoureux de chercher l’identité du dernier résistant non identifié.
Ces recherches, notamment basées sur l’analyse génétique, nécessitent une aide financière : c’est en ce sens qu’un chèque de 5 000 € a été remis vendredi au Groupe de recherches par la Fondation du Grand Orient de France. Son délégué José Moreira explique : « cela fait quelques années que nous avons au sein de la Fondation un groupe de travail dédié à la mémoire. Nous aidons des associations diverses, pas forcément en lien avec la franc-maçonnerie. Cela sert pour nous une idée de progrès. » Cette somme servira à acquérir une base de données génétiques conçue par une société américaine, qui par analyses effectuées par le laboratoire d’identification génétique de l’université de Strasbourg permettra d’explorer de nouvelles pistes pour enfin donner un nom à ce dernier résistant inconnu.
[NDLR : Le 27 juin 1944, dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale, un groupe de quinze résistants français a été capturé et exécuté par la 2e division SS Das Reich dans le bois de la Reulle.
SS Panzer Division
Cet acte fait partie des nombreuses atrocités commises par cette division pendant la campagne de France, notamment lors de leur progression vers la Normandie après le Débarquement allié du 6 juin 1944. La 2e division SS Das Reich était tristement célèbre pour sa brutalité.
Oradour-sur-Glane (87)
Elle a également été responsable du massacre d’Oradour-sur-Glane où, en représailles à des actions de la Résistance, le 10 juin 1944, 642 civils ont été tués. Ces actes de répression visaient à briser le moral de la Résistance française et à terroriser la population locale.
Le bois de la Reulle, lieu de l’exécution des quinze résistants, est devenu un symbole de la lutte et du sacrifice des résistants français. Ce bois est situé dans le département de la Haute-Garonne, en région Nouvelle-Aquitaine. Plus précisément, il se trouve entre Castelmaurou et Gragnague, commune du Frontonnais faisant partie de l’aire d’attraction de Toulouse.
Les actions des résistants ont joué un rôle crucial dans le harcèlement des forces d’occupation allemandes et dans le soutien aux forces alliées. La mémoire de ces résistants exécutés est aujourd’hui honorée par des monuments et des commémorations, rappelant les sacrifices faits pour la libération de la France.
Bois de la Reulle (24)
Ces événements sont un rappel poignant des horreurs de la guerre et de l’importance de se souvenir des sacrifices faits pour la liberté.
La 2e division SS Das Reich est largement reconnue pour ses crimes de guerre. Après la guerre, plusieurs de ses membres sont jugés et condamnés pour leurs actions.]
Les éditions Dervy restituent, auprès de nos contemporains, la voix de Jean Baylot, en republiant son solide et fameux essai : La Voie substituée*. Yonnel Ghernaouti en a donné, dans ces colonnes, une recension plus détaillée que cette présentation. Vu l’importance de l’œuvre, nous souhaitions simplement en administrer une piqûre de rappel, dans un pays frappé d’une torpeur bien plus qu’estivale.
C’est un destin singulier que connut Jean Baylot, né à Pau en 1897 et décédé à Paris en 1976, personnage public que l’on a coutume de présenter comme ancien préfet de police de Paris et ancien député. Curieusement, Gaston Bachelard et lui partagèrent un titre commun, suffisamment insolite dans leur parcours pour mériter d’être relevé. En effet, tous les deux ont commencé leur carrière comme surnuméraires des postes, l’un s’orientant ultérieurement vers la philosophie des sciences, l’autre fourbissant son goût de l’action dans le syndicalisme avant d’épouser le service de l’État jusqu’à occuper les hautes fonctions que nous venons d’évoquer… où, d’ailleurs, à la toute fin, il n’a pas laissé qu’un souvenir immaculé.
Au plan spirituel, notre homme s’engagea fortement dans la franc-maçonnerie et c’est précisément ce volet qui nous intéresse ici. Comme le rappelle Michel Maffesoli dans sa préface, Jean Baylot était « un franc-maçon de stricte observance », adepte de la voie traditionnelle – ayant quitté le Grand Orient de France pour la Grande Loge Nationale Française. Lui qui, sa vie durant, n’a cessé de fourrager à pleines mains dans la chevelure emmêlée de Clio, considérait que la franc-maçonnerie se fourvoyait en se laissant infiltrer par les préoccupations profanes. Toute porosité avec le monde politique ou économique dénaturait, selon lui, sa vocation à cultiver l’authenticité de l’amour fraternel, ce socle irremplaçable de la libre assomption de soi-même à l’entièreté de l’être.
C’est ainsi que la liberté de conscience le cède à l’athéisme, puis qu’un athéisme militant, reposant sur un rationalisme prédicateur, se mue en ce que l’auteur appelle l’antithéisme. En quelque six cents pages, Jean Baylot retrace historiquement toutes les étapes qui ont conduit à ce qu’un humanisme impénitent abandonne les exigences que, par principe et dans sa généralité, n’aurait dû cesser d’illustrer la franc-maçonnerie comme société initiatique.
Si cet ouvrage avait été une diatribe, un pamphlet dénonçant, à grandes bordées logomachiques, une funeste dérive, il n’aurait guère pu conserver qu’un intérêt anecdotique, au registre des causes perdues. Mais il s’agit d’un brûlant témoignage circonstancié, qui mérite qu’on s’y attarde, malgré qu’on en ait parfois, tant l’incandescence des temps reste encore la marque de querelles inachevées.
Renforts secondaires du compte rendu précité, nos modestes propos apéritifs ne nourrissent d’autres vues que de donner envie de lire ou de relire ce texte important. À cet égard, contrairement à une première impression, il n’y a peut-être pas une aussi souveraine contradiction dans la personnalité de l’auteur ni de conflit de doctrine à élever à ce sujet, en considérant que, si la Muse de l’Histoire a puissamment inspiré Jean Baylot dans sa vie profane, elle lui revient, dans cet essai, sous la forme d’une compréhension savante du sujet qui l’intéresse. Ainsi, Clio apparaît bel et bien pour lui comme la fille de Zeus, un dieu d’ordre, de sagesse et de justice, et de Mnémosyne, la déesse de la mémoire…
Jean Baylot
Enfin, nous voudrions dissiper ce qui, dans le titre de l’ouvrage, pourrait prêter à une certaine ambiguïté ; en effet, si, en jouant sur quelque voisinage sémantique bien connu de tout franc-maçon, on entendait par « voie substituée », la version édulcorée d’une « voie véritable », pour Jean Baylot, la « voie substituée », qu’il choisit de désigner sous ce vocable, traduit, pour le dire crûment, une trahison fondamentale, une imposture généralisée. Toute sa patiente étude s’en veut la démonstration. Au demeurant, c’est ce que suggérait le sous-titre désormais disparu des deux éditions précédentes (Liège : éd. Borp, 1968 ; Paris : éd. Dervy-Livres, 1985) : Recherche sur la déviation de la Franc-Maçonnerie en France et en Europe.
Dans ces lignes, nous ne nous faisons pas le chantre de cette vision traditionnelle, nous souhaitons seulement la soumettre à l’intelligence de tous, sachant que l’intelligence ne recule devant rien et qu’elle prend en charge toutes les analyses de la complexité, la conclusion appartenant au libre-arbitre de chacun. Une question s’est posée, que, de toute évidence, nous ne pouvons que continuer à nous poser aujourd’hui: que faire de celle ou de celui qui n’éprouve aucune foi en Dieu et qui n’en veut pas moins être un cherchant sincère en spiritualité, le disciple scrupuleux d’une voie initiatique sans dogme ? La Lumière ne peut-elle l’éclairer autant qu’un croyant qui ne s’ouvrirait qu’à d’autres croyants ? Enfin, quand Jésus dit lui-même en Jean 2:16 : « Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père », la franc-maçonnerie, tout aussi naturellement et plus largement encore, serait-elle malvenue à en donner l’exemple ?
*Jean Baylot. La Voie substituée. Préf. Michel Maffesoli. Rééd. Paris : éditions Dervy, mai 2024, 605 p., 24,90 € (copieux index nominum et abondante bibliographie).
Il suffit de quelques actions non ou mal accomplies à la fin des guerres pour qu’elles renaissent quelques années plus tard. Analyse.
Le premier Ordre de Sagesse du Rite Français se penche sur ce chemin si escarpé qui mène de la Vengeance à la Justice. Les indices ne manquent pas pour montrer que l’espèce humaine s’est dotée d’outils qui ont indéniablement permis le progrès en la matière. S’il fallait encore s’en assurer, l’écart entre les codes juridiques actuels et les contenus correspondants dans les textes religieux « sacrés » est une preuve de plus que ces derniers sont humains, trop humains, et calés sur l’esprit qui régnait lors de leur écriture.
Dans son dernier opus « Le labyrinthe des égarés : l’Occident et ses adversaires », Amin Maalouf dresse une grande fresque des derniers millénaires. Il explique comment l’Occident s’est « détaché du peloton » pour faire, depuis, la course en tête. Et, comme on sait, c’est épuisant de tenir en échappée jusqu’au bout, seul contre tous.
Amin Maalouf met en lumière diverses bifurcations importantes, dont il ressort que plein d’occasions furent manquées, qui auraient permis un bien meilleur état du monde actuel. À l’intérieur des frontières un processus pacificateur peut être en cours, alors qu’à l’international l’égo et la paranoïa peuvent aveugler les dirigeants, faisant peser en permanence le risque d’un embrasement général.
Au passage, il montre comment une belle résolution est évacuée. La guerre de Sécession était clairement remportée par le Nord. Mais l’intention d’obtenir une insertion correcte des noirs dans la citoyenneté des états du sud a été très rapidement abandonnée. Il a suffi que Lincoln soit assassiné et que la volonté de progrès disparaisse avec lui.
Conséquence : 170 ans plus tard, la plaie est toujours à vif, et deux élections de Barack Obama ne l’ont pas refermée.
Tout ceci n’empêche pas les Etats-Unis et plein de ses vassaux de nous clamer que le communautarisme est la solution idéale pour l’insertion de populations immigrées.
C’est sur ce point de l’insertion que le livre est intéressant. Il pose la question de cette lancinante tendance à ne pas intégrer les leçons apprises des échecs du passé. Ces échecs se sont présentés dans chacun des grands pays ou civilisations : Europe, Japon, Chine, Russie, Etats-Unis…
Bien sûr, il n’y a pas deux cas identiques. Dans la majorité des cas, l’identité joue un rôle majeur. Et les atteintes à l’identité sont des grands vecteurs de soulèvement par le désir de vengeance ou la correction de « l’outrage ». Évidemment, nous savons aussi que désigner un coupable extérieur n’est qu’un outil. Oui, mais un outil idéal pour distraire l’attention du peuple de turpitudes que l’on souhaite cacher, et de plus cela « ressoude les troupes ». Tous les Poutine savent cela, les peuples aussi, mais ça marche quand même.
Dans les pays monothéistes, les notions d’identité et de religion se sont interpénétrées. La Russie actuelle affiche sa croix orthodoxe. Et pourtant, une des nouveautés de l’Union Soviétique était son athéisme. En Extrême Orient le socle confucianiste a imprimé dans tous les esprits que le comportement dans l’espace public est ce qui fait la citoyenneté, et pas ses pensées métaphysiques.
Étendre ces idées à toute l’humanité lèverait un obstacle majeur à l’universalisme,cher à notre ordre.
Et dissoudrait un des nuages qui obscurcissent notre horizon actuel, du côté des populations arabo-musulmanes.
Un autre cas unique, dans le passé proche, fut la Guerre Froide des années 60. Des arsenaux terrifiants de part et d’autre, une compétition idéologique féroce, des égos de dirigeants. Quelques éclairs de lucidité et un téléphone rouge, un ouf de soulagement, puis la compétition économique avec un clair vainqueur ont mis fin à l’épisode. On s’est dépêché de l’oublier.
On s’était aussi dépêché d’oublier la première Guerre Mondiale ( pourtant appelée la Der des Der ), et notamment l’humiliation imposée à l’Allemagne par le Traité de Versailles.
Résultat : on s’est mangé le nazisme et la seconde Guerre Mondiale !
Pour compléter notre liste d’amnésies, trop heureux de la chute de l’URSS, nous avons laissé les russes se démerder seuls avec ses vautours. Les risques à éviter étaient pourtant clairement connus, et l’Allemagne a réussi sa réunification. Côté Russie, bonjour l’état mafieux. On s’est juste assuré que la bombe ne se promène pas trop ( Reagan avait tout de même laissé le Pakistan s’en doter..). Pour le reste, le démembrement de l’URSS est un remake de l’humiliation imposée aux Allemands après la première guerre. Résultat : Poutine.
Et voilà que ce dernier s’allie avec la Chine : nous voilà donc avec une seconde Guerre Froide. Qui dit guerre froide dit aussi ennemis de l’intérieur boostés par les adversaires à l’extérieur, suivez mon regard. Dans le genre de relations de guerre froide, tout geste d’apaisement est interprété comme une faiblesse, et le risque de dérapage est permanent. Les arsenaux de l’apocalypse sont toujours opérationnels, il y a juste plus de joueurs ( Chine, Pakistan, Corée du Nord, Israël, bientôt l’Iran…).
Tous ceux qui ont élevé des enfants le savent : la punition, pour être juste, doit être limitée dans le temps. Pour les peuples, c’est pareil, il faut que la punition soit de courte durée, et suivie d’une restauration active des liens.
Que toute guerre soit suivie d’un plan Marshall en faveur des vaincus, et d’un programme Erasmus ! Nous les maçons, répétons le inlassablement dans la Cité !
Je n’ai pas vu le documentaire de Pierre Barnérias, «Les Survivantes», sorti en mai dernier. Mais j’ai regardé deux interventions de la principale «survivante» témoignant dans le film, Hélène Pelosse :
Commençons par la biographie de Hélène Pelosse, que je puise dans Wikipédia : née en 1970, elle fut directrice adjointe au sein du cabinet du ministre de l’Écologie, Jean-Louis Borloo, de 2007 à 2009. En 2009, elle est élue directrice générale par intérim de l’Agence internationale des Énergie renouvelables. Elle a démissionné de son poste en 2010.
Voici maintenant un extrait de son témoignage devant la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église, déposé en décembre 2020, disponible sur https://www.morpheus.fr/abus-rituels-temoignages
«Je suis ici pour témoigner ce dont j’ai été victime enfant, à savoir des abus rituels sataniques comportant viols, tortures et sacrifices humains et impliquant des prêtres et des évêques de France.
Ce type de traumatisme qui relève de programmes démoniaques de contrôle mental est d’une atrocité sans nom. Il est particulièrement difficile de s’en souvenir en raison des facteurs suivants : il est recouru à des drogues et à des rituels de magie noire pour écraser la mémoire des enfants, sans compter le verrouillage du traumatisme dans une crypte par l’amnésie post-traumatique particulièrement sévère en raison du jeune âge, de la participation de membres de la famille et du degré d’atrocité des tortures commises».
Dans son témoignage, Hélène Pelosse inclut la citation suivante d’Alexandre Lebreton, dont je parlerai plus loin :
«Les fonctions naturelles dissociatives et amnésiques de l’esprit humain peuvent être exploitées dans un but de manipulation et d’exploitation de l’individu. Si ce trouble de la personnalité fractionnée avec ses murs amnésiques n’est pas – ou si peu – enseigné dans les facultés de médecine et qu’il est systématiquement controversé et décrédibilisé par une élite d’experts, c’est parce qu’il est l’axe principal du contrôle mental pratiqué par certaines organisations occultes dominantes» («Franc-maçonnerie et schizophrénie», Alexandre Lebreton, page 89).
D’après la bande-annonce, le film «Les Survivantes» fait une référence appuyée à un fameux documentaire d’Élise Lucet diffusé sur France 3 en 2000. J’en parlerai également plus loin.
Dans son entretien avec Berkoff, Hélène Pelosse fait une révélation très importante : elle a, dit-elle, eu «une amnésie post-traumatique de 42 ans». Ce n’est qu’à 42 ans, précise-t-elle ensuite, qu’elle s’est souvenu des abus sexuels sataniques qu’elle a subis dans son enfance. Jusque-là, elle vivait une vie normale et même visiblement une carrière très réussie. C’est un traumatisme, apparemment causé par des menaces de morts dans son milieu professionnel, qui l’ont «ramenée dans son inconscient» et ont donc fait surgir les souvenirs d’abus sexuels durant sa petite enfance. Avant 2012, dit-elle, «je ne me souvenais de rien». Pour décrire l’émergence des souvenirs, elle précise : «Je ne me suis pas souvenu avec ma tête, mais avec mon corps». Elle ne le précise pas, mais comme on va le voir, il est probable que ces souvenirs soient survenus dans un contexte psychothérapeutique.
De quoi s’agit-il ? De son grand-père, franc-maçon satanique : «Il a commencé à faire des choses avec ma mère, qui ne se souvient bien sûr de rien, qui ne s’est jamais souvenu de rien». Puis ce grand-père s’en serait pris à ses petits-enfants, les frères et sœurs et cousins d’Hélène, qui eux non plus ne se souviennent de rien. Hélène est la seule de sa famille à se souvenir.
Dans son intervention à Genève, Hélène livre d’autres détails. Elle dit avoir été victime d’une «tentative de meurtre par ondes» avant qu’elle ne parle à Pierre Barnérias. Et après, «Ils m’ont brûlé le sexe à distance, toujours avec des ondes». Parmi «Les Survivantes», dit-elle, «certaines ont été violées dans des rituels sataniques où il y avait le président François Hollande», certaines torturées dans des rituels qui ont lieu sous la pyramide du Louvre avec le président Macron.
Elle révèle ensuite que les morts (les victimes de rituels sataniques, certaines découpées en morceaux) lui apparaissent pour lui demander de témoigner pour les libérer. Elle a parfois des visions dans lesquelles elle reconnaît les personnes «consacrées», par quoi elle entend des personnes programmées pour participer à ces rituels en tant qu’abuseurs : «Moi j’ai des visions comme ça, les consacrés, je les vois – dans le réel, il y a quelqu’un devant moi – et puis je vois, ils ont des pieds de boucs».
Visiblement très religieuse, elle fait part d’autres expériences surnaturelles. «Moi je prie l’Esprit saint et je lui dis, montre-moi, si la personne elle est sous contrôle mental, ou non».
Il me semble évident qu’Hélène Pelosse est sincère. Elle ne ment pas. Cependant, la question est : ses souvenirs sont-ils réels ? Pour se faire une opinion, il est indispensable de se familiariser avec les centaines de cas similaires de «souvenirs retrouvés» et avec les controverses qu’ils ont suscités sur la possibilité de «faux souvenirs».
Souvenirs d’abus rituels sataniques
violences faites au femmes
Dans les années 90, des cas de jeunes femmes se souvenant, à l’âge adulte, avoir été soumis à des rituels sataniques, se sont multipliés aux États-Unis. Dans la très grande majorité des cas, ces souvenirs émergeaient soit dans le cadre d’une psychothérapie dite «régressive», utilisant des techniques hypnotiques, soit dans un cadre religieux.
Dans leurs «flashbacks», des centaines de patientes ont vu des scènes d’une obscénité et d’une violence inouïes, se passant dans un cadre satanique. Sous hypnose, elles se «remémoraient» avoir subi, dans leur enfance ou leur adolescence, des sévices et des tortures atroces au cours de rituels sataniques impliquant de nombreuses personnes de leur famille ou de leur entourage.
Sur la base de tels témoignages, la rumeur s’est répandue qu’un vaste réseau sataniste sévissait en Amérique ; leurs rituels comportaient des tortures, des viols collectifs et la consommation de chair humaine, notamment celle de bébés assassinés devant leur mère. Les satanistes possédaient des techniques de manipulation mentale leur permettant de faire oublier à leurs victimes tout ce qu’elles subissaient dans ces rituels nocturnes, de sorte que celles-ci menaient une vie d’apparence normale durant le jour.
La rumeur, relayée par les grands médias, prit une ampleur telle que le FBI fut mis sur l’affaire. Aucune trace n’a pu être trouvée des dizaines de milliers de fœtus et de bébés que les satanistes étaient réputés avoir massacrés. Mais, bien sûr, cela ne fit qu’agrémenter la rumeur du soupçon de la complicité du FBI.
La touche satanique des souvenirs récupérés avait été introduite en 1980 par un livre retentissant, «Michelle Remembers». Michelle Smith, une femme de vingt-sept ans, souffrait d’une dépression consécutive à trois fausses-couches, lorsqu’elle consulta le psychiatre Lawrence Pazder. Au bout de quatre ans de thérapie, Michelle commença à «se rappeler», dans une forme de transe hypnotique, des scènes dignes d’un film d’horreur. Encouragée par l’écoute attentive, fascinée et crédule de son psychiatre, elle finit par se convaincre qu’elle avait subi, lorsqu’elle avait cinq ans et durant plus d’une année, des sévices sexuels et des tortures entre les mains d’une secte satanique, menée par le diable en personne, et dont sa mère (décédée à l’époque de la thérapie) aurait été membre. «Ses souvenirs profondément enfouis, restés virtuellement intacts durant vingt-deux ans, ont fait surface avec une pureté qui est un phénomène en soi», commente le docteur Pazder. Entre autres choses, Michelle aurait été enfermée nue dans une cage pleine de serpents, ou encore enterrée vivante dans une tombe ; elle aurait été témoin du massacre de plusieurs bébés et de fœtus humains, et elle aurait été forcée de commettre des actes sexuels d’une rare obscénité. Après chaque événement, un mécanisme de refoulement programmé par la secte serait entré en action, si bien que Michelle aurait continué une vie d’apparence normale et aurait tout oublié jusqu’à sa vingt-septième année (tandis que ses deux sœurs, elles, n’ont jamais rien remarqué). «Michelle Remembers» fut un immense succès de librairie, et fut largement responsable de la satanic panic des années 90.
Certaines églises évangéliques américaines, obsédées par le démon, ont fait grand usage des souvenirs récupérés de SRA (Satanic Ritual Abuse). Plusieurs psychothérapeutes qui ont aidé des patients à produire des faux souvenirs de satanisme étaient des pasteurs évangéliques, ou pratiquaient dans un cadre religieux. Parmi la littérature chrétienne, on retiendra «Dance With the Devil», un témoignage par Audrey Harper, une chrétienne born-again qui se «rappelle» avoir été plusieurs fois fécondée pour mettre au monde des bébés destinés à être consommés lors de rituels sataniques.
Histoires vraies de faux souvenirs
La controverse sur les «souvenirs retrouvés» avait commencé avant le livre de Michelle Smith, dans le contexte de la vogue des psychothérapies régressives («Recovered Memory Therapies»), qui ont en commun de chercher la clé des problèmes psychologiques présents dans les souvenirs traumatiques refoulés de l’enfance, et d’utiliser pour cela l’hypnose ou des techniques approchantes, qui provoquent un état de conscience modifiée, hautement suggestionnable. Le phénomène touche très majoritairement des femmes.
Voici l’histoire typique de Olivia McKillop. Dans les années 1970 Olivia avait toujours été une enfant heureuse et épanouie. Pourtant, durant sa dernière année de lycée, elle sombra dans une dépression et entama une thérapie avec Tricia Green. Dès la fin de la première séance, sans que Olivia ait évoqué le moindre abus de la part de ses parents (elle se plaignait plutôt d’avoir été trop protégée et choyée), la psychothérapeute lui confia un livre destiné aux adultes qui ont subi des abus sexuels durant leur enfance mais l’ont oublié. Ce livre était «The Courage to Heal», de Ellen Bass et Laura Davis, paru en 1988 et vendu à plus de deux millions d’exemplaires.
Sous l’influence de cette lecture et des questions orientées de sa psy aux séances suivantes, Olivia se sentie entraînée dans un autre monde. «Progressivement, j’ai commencé à voir ma famille comme vraiment abusive et dysfonctionnelle». Puis Tricia Green la conduisit à travers des séances de visualisation guidée, pour «faire remonter le passé». Elle se concentra sur une scène banale de son enfance : un jour à la garderie, un réparateur était venu s’occuper du piano. «Et soudainement, j’ai visualisé qu’il se couchait sur moi. J’imaginais cet homme en train d’enlever mon pantalon et mon pull et se mettre à me lécher et à m’embrasser partout».
Ce «flashback», comme l’appela sans hésitation Tricia Green, bouleversa Olivia. Après cette séance, Olivia acheta d’autres livres sur les abus sexuels, le refoulement et les souvenirs «récupérés». Elle en fut profondément affectée. «Lorsque je me rendis à mon rendez-vous suivant, j’avais endossé l’identité d’une «rescapée de l’inceste» (incest survivor), et il n’y avait plus de retour possible».
Au fil des séances, de nouveaux «flashbacks» l’assaillirent. «Finalement, je me suis mise à croire que j’avais été molestée par six hommes en tout, y compris mon grand-père, mon père et mon frère Jerry». Olivia passa ainsi deux ans en thérapie. Elle quitta ses études et déménagea loin de ses parents. Toute sa vie et l’image qu’elle se faisait d’elle-même étaient maintenant dominées par la certitude d’avoir subi d’atroces sévices sexuels de la part de sa propre famille.
Un premier doute sérieux la frappa lorsqu’un enfant se confia à elle (elle était, cet été-là, animatrice dans un camp d’enfant) : «Mademoiselle, mon Papa fait quelque chose de mal avec moi, parce qu’il dort avec moi dans mon lit». En regardant cet enfant, Olivia réalisa que, dans son enfance, elle n’avait jamais éprouvé la souffrance et la confusion qu’elle lisait maintenant dans ce visage. Grâce au soutien de quelques amis qui, la connaissant depuis longtemps, ne croyaient pas à ses histoires d’abus sexuel, Olivia parvint à retrouver sa raison et prit conscience d’avoir été manipulée par sa thérapeute. Lorsqu’elle entendit parler du phénomène des «faux souvenirs», ce fut une révélation. Aujourd’hui, elle a renoué avec ses parents et son frère, qui lui ont pardonné ses accusations.
Son cas est tout sauf rare. Des dizaines d’autres sont rapportés dans le livre de Mark Pendergrast, «Victims of Memory» (HarperCollins, 1996), le plus complet des livres publiés sur le phénomène des «faux souvenirs». D’autres cas sont rapportés dans «Le Syndrome des faux souvenirs», écrit par Elizabeth Loftus, spécialiste de la mémoire et présidente de l’American Psychological Association avec l’aide de Katherine Ketcham (Exergue, 1997. J’ai moi-même fait traduire ce livre en français et l’ai publié en 1997 aux Éditions Exergue que j’avais créées. J’ai par ailleurs écrit quelques articles sur ce sujet, que j’ai beaucoup exploré.
Aucun des auteurs qui ont exploré et dénoncé le phénomène des faux souvenirs induits par régression hypnotique ne remet en question l’ensemble des témoignages de victimes d’inceste, ni même le fait que des souvenirs d’abus sexuels dans l’enfance puissent être réellement enfouis pour surgir brutalement à la conscience à l’âge adulte. Le phénomène a été documenté et théorisé par Pierre Janet entre 1885 à 1887.
Il faut se garder de généraliser, mais ce qui est en cause dans la controverse sur les faux souvenirs sont les visions obtenues par des techniques de «régression» relevant de l’hypnose, généralement accompagnées de suggestions de la part de thérapeutes. Ce qui est également en cause est une conception quasi informatique de la mémoire humaine, très éloignée du modèle développé par Janet. Selon Janet, la «dissociation» ne s’apparente pas à l’enregistrement de souvenirs préservés de façon fidèle dans l’inconscient ; il s’agit plutôt de contenus psychiques chargés d’émotions négatives, qui prennent une vie autonome sous le seuil de la conscience ordinaire. Par ailleurs, Janet n’a jamais utilisé ni recommandé l’hypnose pour retrouver des souvenirs, car l’on s’avait déjà à son époque que l’hypnose pouvait générer de faux souvenirs.
Le scénario classique en question est le suivant. Une jeune femme consulte un psychothérapeute pour un problème relativement bénin (crise conjugale, problème de poids, dépression, etc.). Le psy, adepte de la théorie selon laquelle l’inceste explique tout, influence sa cliente dans ce sens et l’encourage à retrouver des «souvenirs refoulés», la soumettant pour cela à des conditionnements émotionnels divers, et souvent à des séances d’hypnose. La patiente finit par produire des «souvenirs» d’inceste. Au fil des séances, de nouveaux souvenirs apparaissent, de plus en plus atroces, allant éventuellement jusqu’à des scènes de viols collectifs, de meurtres rituels, de cannibalisme. Les thérapeutes qui accompagnent les patientes dans cette descente aux enfers soutiennent que les scènes visualisées correspondent à des événements réels de la vie de la patiente, dont le souvenir aurait été massivement «refoulé» (repressed). Mais loin d’avoir résolu son problème initial, la patiente se transforme en victime paranoïaque, et il n’est pas rare qu’elle finisse à l’hôpital psychiatrique, après avoir traîné ses proches au tribunal sous les accusations les plus horribles.
Certaines de ces patientes, de plus en plus nombreuses à mesure que le phénomène des faux souvenirs a été mieux connu, finissent par remettre en doute leurs «souvenirs» et parfois se retournent en justice contre leurs thérapeutes. Comme Olivia McKillop, elles passent du camp des incest survivors à celui des retractors. Selon leurs psychothérapeutes, elles ont cédé à la pression sociale et à la honte. Fuyant devant leur réalité intérieure et familiale, elles préfèrent retourner dans le «déni», sorte de refoulement bis.
Mais les «rétracteurs», eux, ne voient pas les choses ainsi : elles pensent avoir été victimes de manipulation mentale de la part de leurs psychothérapeutes. Les «flashbacks» qu’elles ont pris un temps pour des souvenirs réels n’étaient en fait que des productions de leur esprit, déclenchées par suggestion hypnotique, mais aussi par leur propre désir de satisfaire leur thérapeute et de trouver une explication à leur problème. Nombre de ces ex-patientes (ce sont très majoritairement des femmes) se sont regroupées en association et publient une lettre d’information, «The Retractor». Certaines ont publié leurs témoignages, comme Meredith Maran, auteure de «My Lie : A True Story of False Memory»(2010).
Le débat est loin d’être clos. Peu de psychothérapeutes ont fait amende honorable. La plupart crient au complot, et s’efforcent de convaincre leurs patientes que les gens qui parlent de «faux souvenirs» sont motivés par une idéologie réactionnaire et veulent perpétuer le déni de l’inceste. La False Memory Syndrome Foundation est accusée d’être une couverture pour les pédophiles. Tout au long des années 1990, le sujet a secoué et divisé la profession des psychiatres et psychothérapeutes, qui restent encore incapables, d’un côté comme de l’autre, de donner une explication pleinement satisfaisante des phénomènes.
Depuis 1994, plusieurs livres ont commencé à répercuter l’opinion des sceptiques, à explorer l’hypothèse des «faux souvenirs» (pour une première approche, lire cet article). Il ne s’agit pas, pour leurs auteurs (comme Elizabeth Loftus ou Mark Pendergrast), de nier la réalité des abus sexuels d’enfants. Cette réalité est courante et effrayante, et personne ne cherche à la minimiser. Précisément, soulignent ces auteurs, la mascarade des faux souvenirs d’inceste nuit fortement au combat légitime des vraies victimes d’inceste. Il ne s’agit pas non plus d’affirmer que tous les souvenirs obtenus sous hypnose sont faux, mais d’aborder le phénomène avec beaucoup plus de prudence.
Voici un autre récit de «rétracteur», tiré comme celui de Olivia McKillop du livre de Mark Pendergrast.
Code pénal Dalloz
«Laura Pasley est l’une des premières à avoir gagné son procès contre son thérapeute, Steve. Elle était allée le consulter pour tenter de résoudre sa boulimie et son obésité. «Dès ma première séance, en 1985, Steve me demanda si j’avais jamais été abusée sexuellement. Je lui ai dit que c’était le cas. Lorsque j’avais neuf ans, à la piscine, un garçon que je ne connaissais pas avait mis son doigt dans mon vagin, à travers mon maillot de bain, sous l’eau». Mais cet incident, qui avait fortement marqué Laura et dont elle se rappelait parfaitement, n’intéressait guère Steve. «Il m’a dit que je devais découvrir des choses enfouies plus profondément. Il m’a dit que, puisque j’avais un trouble alimentaire, cela signifiait automatiquement que j’avais été sérieusement molestée. Nous sommes donc partis à la recherche de souvenirs enfouis»».
De relaxations en visualisations, les «souvenirs» ont effectivement commencé à émerger. Laura fit bientôt apparaître dans son esprit des visions de sa mère pénétrant ses organes sexuels avec ses doigts, puis avec un cintre. Son thérapeute lui conseilla de participer à une thérapie de groupe qu’il dirigeait. L’effet de groupe est propice aux flashbacks. Il s’y produit une forme de transe collective, où les «souvenirs» et les ressentiments de chacun stimulent les autres. «J’avais ces flashbacks horribles de recevoir des lavements froids et des objets divers insérés dans mon vagin. Une autre fois, je vis mon frère et ses amis me pendre par les pieds. (…) Finalement, je vis des scènes de viol collectif et de viol par des animaux». L’état de santé de Laura ne s’arrangeait pas. Mais Steve la rassurait : il fallait que son état empire avant de s’améliorer.
Comme bien d’autres, Laura commença à s’éveiller de ce cauchemar lorsqu’elle entendit parler des «faux souvenirs». «C’était comme si une lumière s’était allumée dans ma tête. Lorsque j’ai réalisé ce qui s’était passé, j’ai appelé un bon psychologue. Je lui ai dit : «Ces flashbacks semblaient si réels ; ils étaient vraiment réels». Elle me répondit : «Ils étaient réels, mais pas la réalité». Je n’ai jamais oublié ces paroles». Laura passa le mot aux autres femmes du groupe. «Maintenant, nous avons toutes arrêté, sauf une fille, qui est vraiment un cas tragique. Elle a accusé sa mère de rituel satanique, et d’avoir assassiné sa sœur jumelle à la naissance. Peu importe qu’il n’y eût qu’une seule naissance enregistrée sur le certificat : elle pense que la secte satanique a trafiqué le certificat».
Aussi incroyable que cela paraisse, des cas comme ceux de Olivia McKillop et de Laura Pasley se comptent par dizaines de milliers aux États-Unis. Beaucoup ont d’abord accusé leurs parents, encouragés par leurs psychothérapeutes qui considèrent cette démarche comme libératrice. Et bon nombre sont allés jusqu’à les attaquer en justice. Il y a dix ans à peine, plusieurs de ces procès ont abouti à des condamnations de parents, sur la base exclusive de «souvenirs» déclenchés sous hypnose vingt ou trente ans après les faits supposés.
Le reportage de Élise Lucet
Le dossier des faux souvenirs concerne aussi les enfants. Dans «Le Syndrome des faux souvenirs», Elizabeth Loftus démontre qu’il est facile de générer des faux souvenirs chez les enfants. De plus, les enfants ont tendance à croire à leurs propres affabulations si les adultes y croient. Sur ce sujet comme sur d’autres, il est imprudent d’énoncer des généralités, il faut discuter au cas par cas, et il faut tenir compte du contexte : il n’est pas rare que des enfants de couples divorcés très conflictuels, soient manipulés (même inconsciemment) par leurs mères. Cela semble être le cas des enfants Pierre et Marie qui sont au centre du fameux documentaire de Élise Lucet diffusé sur France 3 en 2000, dont le documentaire de Pierre Barnérias semble faire grand usage. Quelques recherches permettent de comprendre que, si ce reportage a disparu du site de France 3, c’est simplement parce qu’il est si malhonnête qu’il a dû susciter des poursuites judiciaires bien méritées. Il déforme certains faits et omet des informations et des expertises (psychologiques et physiques) cruciales qui ont justifié le non-lieu. Voir ici.
À mon sens, le témoignage de la petite Marie (10 ans au moment des «faits», 12 ou 13 ans au moment du reportage) n’est tout simplement pas crédible. Celui de son petit frère, visiblement entraîné par sa sœur, l’est encore moins. Les experts interrogés sont tout sauf convaincants : le psy Pierre Sabourin avec son divan, qui passe 3 ans à faire dessiner les enfants, le pédopsychiatre Philippe Mazet qui a pour unique argument qu’il n’a «pas du tout, mais alors pas du tout du tout l’impression que les enfants affabulent», et le sociologue Paul Ariès avec sa théorie débile «c’est inimaginable donc c’est vrai» (autrement dit, plus c’est gros, plus ça passe !).
Encore une fois, je n’en tire aucune conclusion générale. J’incite simplement chacun à faire usage de son sens critique, et de développer un peu de méthodologie et de rigueur d’analyse.
MK-Ultra selon Alexandre Breton
Je voudrais insister maintenant sur une importante leçon pratique à tirer de ce dossier : le scepticisme s’impose lorsque des phénomènes de «souvenirs retrouvés» sont invoqués dans le dossier MK-Ultra, comme c’est le cas dans le livre de Alexandre Lebreton, «MK Ultra. Abus rituels et contrôle mental», un livre qui produit plus de confusion que d’éclaircissement par son manque de discernement.
Lebreton fait une grande place aux souvenirs d’abus sexuels retrouvés lors de séance de thérapie hypnotique. Il n’est pas troublé par le fait que, dans la plupart des cas de ce type, les «souvenirs retrouvés» vont s’élaborer au fil des séances. La patiente va d’abord se persuader qu’elle a vécu «des trucs incestueux», et après s’être documentée, finit par se souvenir de programmation Monarch. Ainsi Lebreton rapporte au sujet de Brice Taylor, traitée par la thérapeute Catherine Gould, «qui l’a beaucoup aidée. Ce sont d’abord les abus sexuels dans l’enfance qui sont remontés, puis les souvenirs d’abus rituels sataniques et enfin les mémoires concernant la programmation MK».
Jamais Lebreton ne considère la possibilité que de tels «souvenirs» soient au contraire le produit d’un trouble de la personnalité, aggravé par des pratiques dangereuses d’hypnothérapies. N’est-ce pas pourtant une hypothèse à prendre en compte ? On admet facilement que certaines de ces patientes qui élaborent des scénarios complexes d’abus durant leur petite enfance ont réellement été abusées d’une manière plus classique, ou ont été perturbées par une atmosphère familiale toxique, incluant peut-être un «secret de famille», et que cela ait causé une fragilité. Parfois, le traumatisme ne se situe pas dans l’enfance. Ainsi en est-il de Claudia Mullen, mentionnée par Lebreton : j’apprends, en quelques clics, que ses «souvenirs» d’enfance sont «remontés» après que, ayant subi un viol à l’âge adulte, elle entra en thérapie en 1992 avec Valérie Wolf. Cette dernière estima qu’elle avait les symptômes du survivant d’inceste, la mit sous hypnose, et l’aida à produire les «souvenirs» souhaités. Dans certaines conditions, un traumatisme physique avec hospitalisation peut déclencher des troubles mentaux, qui vont s’aggraver en thérapie : «En 1985 et en 1987 Brice Taylor, écrit Lebreton, a eu deux graves accidents. Ce sont les chocs provoqués par ces accidents qui ont commencé à faire remonter les souvenirs de son passé… beaucoup de souvenirs».
Loin de moi l’idée que tous les «souvenirs» produits sous hypnose s’expliquent facilement. Chaque cas est particulier, et certains sont extrêmement troublants, démontrant des facultés et des fragilités de l’âme humaine qui sont hors du commun. Mais ce qui est problématique, c’est l’empressement des auteurs de littérature à succès à faire rentrer tous les cas dans un grand sac unique auquel ils attachent l’étiquette qui leur plaît – l’étiquette MK-Ultra dans le cas de Lebreton.
Lebreton s’inscrit dans une école lancée par un livre paru en 1995, dont le titre français est «L’Amérique en pleine transe-formation», et dont le sous-titre anglais est «The true life story of a CIA mind control slave». Dans ce livre, Mark Phillips raconte comment il arracha Cathy O’Brien et sa fille d’un réseau gouvernemental qui avait fait d’elles des esclaves sexuelles. Sur la page Amazon du livre on lit que «C. O’Brien est une ancienne victime des expériences gouvernementales américaines de contrôle de l’esprit et a pu recouvrir ses ‘mémoires’ grâce aux travail et soutien de son compagnon Mark Phillips». Les «expériences gouvernementales» pratiquées sur Cathy depuis son plus jeune âge aurait fractionné son esprit en personnalités multiples, de sorte que, écrit-elle : «J’avais une personnalité pour la pornographie, une personnalité pour la bestialité, une personnalité pour l’inceste, une personnalité pour résister aux horribles abus psychologiques de ma mère, une personnalité pour la prostitution, et le reste de ‘moi’ fonctionnait un peu ‘normalement’ à l’école». Cathy, donc, fonctionnait à peu près normalement à l’école, c’est pourquoi ni ses proches ni elle-même n’avaient rien remarqué. La manière dont Phillips aida Cathy à «récupérer» ses souvenirs est sans surprise :
«Mon plus grand défi était d’apprendre à contrôler l’état de transe constant de Cathy pendant qu’elle mettait ses souvenirs par écrit. (…) grâce à mes propres recherches intensives en hypnothérapie, j’ai appris à contrôler les états de transe de Cathy. Je considérais cela comme une façon de la déshypnotiser. J’en vins à être considéré par les médecins de santé mentale comme un «expert» dans l’application de cet outil clinique peu utilisé pour récupérer la mémoire».
Phillips est souvent décrit comme «un familier de la CIA», mais rien n’étaye cette prétention, et son récit me fait l’impression d’un tissu d’affabulations de la part d’un personnage trouble, qui ne cache d’ailleurs pas ses fréquentations criminelles. Il me semble probable que c’est Phillips, et non la CIA, qui a fait de Cathy O’Brien son esclave par l’hypnose, dans un but à la fois narcissique et mercantile.
Le manque de recul critique de Lebreton par rapport à ce cas et tant d’autres provient en partie de sa conception de la mémoire humaine sur le modèle du disque dur d’ordinateur, programmable et compartimentable :
«Nous pouvons ainsi comprendre que l’esprit d’un individu est potentiellement programmable tel un ordinateur avec des fichiers et des codes d’accès. Ce phénomène de fracturation de la personnalité est la pierre angulaire des abus rituels car il ‘déverrouille’ la psyché qui devient alors accessible pour y intégrer une programmation».
Mais les limites de Lebreton viennent surtout du paradigme religieux qui domine sa vision du monde, et que résume bien cette phrase : «La puissance spirituelle ne peut venir que de deux sources : Jésus-Christ ou Satan…». Mon expérience me dit qu’on ne peut attendre aucune rationalité sérieuse de la part de quelqu’un qui pense ainsi. Le paradigme de Lebreton, emprunté à un traditionalisme d’inspiration évangélique, détermine son regard sur les religions non-chrétiennes. Son chapitre 2 est un bric-à-brac informe de clichés assimilant toutes les religions antiques au satanisme, «sans oublier le druidisme celtique», et la gnose, bien sûr, et ainsi de conclure que MK-Ultra n’a rien inventé. Ainsi, «le «Livre des Morts Égyptien» est un des premiers écrits faisant référence à l’utilisation de l’occultisme pour de la manipulation mentale». Ou encore : «Le culte à Mystères d’Éleusis utilisait dans ses rituels une potion sacrée appelée Kukeon qui contenait de l’ergot de seigle et qui se rapprochait beaucoup du LSD actuel (puissant hallucinogène)». Et ce grotesque contresens : «Dans le texte Gnostique intitulé «Gospel of Phillip» (sic), il est mentionné que «Dieu est un mangeur d’homme. C’est pour cette raison que les hommes sont (sacrifiés) à lui»». Avec une telle méthode, on pourrait facilement démontrer que les chrétiens mangent des bébés. Comme tous les chrétiens arque-boutés sur «la parole de Dieu», Lebreton a intériorisé la jalousie du dieu des juifs : «Le polythéisme des Mésopotamiens, des Sumériens, des Assyriens, des Perses et des Babyloniens était complètement lié aux entités démoniaques». Il assimile tout ça à la «religion sans nom», autrement dit le satanisme. C’est en effet Satan qui gouverne le monde, par les Illuminati :
«Satan aurait donc un plan établi pour régner sur terre et il utiliserait certains humains (lui vouant un culte) comme catalyseurs pour mettre en place son projet terrestre, des humains passés par la contre-initiation, une inversion de la sanctification aboutissant à des pouvoirs et des connexions d’ordre surnaturel… Il est intéressant de noter ici que la franc-maçonnerie se réfère également à de mystérieuses entités d’une autre dimension qui inspirent (pour ne pas dire qu’elles dictent) ses propres actions pour la mise en place de l’Ordre mondial. Les Illuminati, ou encore ceux qui composent «l’élite dirigeante» de la planète, semblent eux aussi avoir très vite compris l’avantage qu’ils pouvaient retirer de ces techniques pour dominer le monde. En fait, les Chrétiens auront reconnu que derrière ces techniques et ces tortures abominables, se cache la main de Satan, qui veut réduire l’humanité en esclavage, et se faire adorer comme Dieu, sous la forme de l’Antichrist (sic) annoncé par la Bible».
Remarquons que, si Lebreton déteste toutes les religions sauf le christianisme, le judaïsme ne semble pas lui poser de problème. Il fait l’impasse sur les rituels juifs sataniques, qui ont pourtant fait l’objet de travaux historiques, notamment par Ariel Toaff dans «The Bloody Satanic Sacrifice Rituals of the Jewish Race» (lire cet article de Ron Unz). Rien non plus, évidemment, sur la circoncision au huitième jour, véritable rite traumatique.
Par un autre réflexe qui ne surprend pas, Lebreton projette son prisme satanique sur les nazis. Comme dans «Out of Shadows», on a droit à l’amalgame entre Paperclip et MK-Ultra. L’ayant lu dans toutes ses sources, Lebreton est convaincu que MK-Ultra est peuplé de nazis, et ignore qu’à sa tête se trouvait un fils d’immigrants juifs hongrois (Sidney Gottlieb, Joseph Scheider de son vrai nom), et que parmi ses collaborateurs figuraient des gens comme John Gittinger, Harris Isbell, James Keehner, Lauretta Bender, Albert Kligman, Eugene Saenger, Chester Southam, Robert Lashbrook, Harold Abramson, Charles Geschickter et Ray Treichler – tous juifs. Voici un échantillon des méthodes de raisonnement de Lebreton. Il nous informe que les nazis mettaient du fluor dans l’eau des camps de concentration. «Les nazis n’utilisaient évidemment pas ce produit pour améliorer la santé dentaire de leurs prisonniers, bien sûr que non, cette médication massive des réserves d’eau en fluor servait à stériliser les prisonniers et à les abrutir pour s’assurer de leur docilité». Lebreton ne réalise même pas qu’il se contredit avec la phrase qui suit immédiatement : «Le chimiste Charles Perkins fut un des premiers à dénoncer les effets nocifs de la fluoraison de l’eau potable dans un essai qu’il publia en 1952».
Les arguments de Lebreton sont souvent de ce niveau, et rendent son livre inutilisable. Encore un exemple : dans son premier chapitre, portant sur l’Institut Tavistock, Lebreton se base sur des auteurs comme John Coleman et Jim Keith, adeptes des théories les plus délirantes. Il reprend au premier l’idée que le succès des Beatles est un complot Illuminati, ou que Jimmy Carter était un «candidat Mandchou» programmé par son psychiatre de Tavistock. Lorsqu’il cite (de seconde main) des savants impliqués dans la recherche sur la psyché humaine, Lebreton leur fait des procès d’intention, comme si toute recherche sur la manipulation mentale était ouvertement ou secrètement au service de la manipulation mentale. Par exemple, il cite William Sargant, qui explique les principes du lavage de cerveau dans «The Battle for the Mind : A Physiology of Conversion and Brain-Washing» (1957), en laissant entendre que ce professeur recommande ou expérimente le lavage de cerveaux, ce qui est totalement faux, comme il est facile de le vérifier. Avec de telles méthodes, on pourrait facilement «démontrer» que Lebreton fait lui aussi l’apologie de la manipulation mentale. Et d’ailleurs, il me semble bien que, comme toute la sous-culture américaine qu’il véhicule, son livre a un côté manipulatoire et donc contreproductif par rapport à son objectif affiché. Tout n’est pas à jeter chez Lebreton, car il a aussi lu quelques livres sérieux. Le sien aurait pu faire une synthèse utile s’il était deux fois moins épais et se limitait aux informations puisées dans des sources crédibles. Malheureusement, le tri est difficile à faire.
Pour aller plus loin
Cet article reprend des éléments d’un article précédent paru sur E&R, dont j’ai omis ici la première partie, sur le cas édifiant de la famille Ingram, ravagée par des faux souvenirs d’inceste satanique produits au départ dans le cadre de retraites évangéliques. L’article aborde aussi les «faux souvenirs» de vies antérieures, et les «faux souvenirs» d’abductions par des extra-terrestres, qui sont presque toujours provoqués également par des techniques «régressives», c’est-à-dire hypnotiques.
J’ai aussi produit, sur E&R, une analyse du documentaire Out of Shadows, paru en 2022 sur le même sujet. J’y aborde la dimension politique du sujet, qui a été exploité par le mouvement Q-Anon, qui était essentiellement un PSYOP de l’équipe de Trump.
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