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Sociétés Secrètes : L’Union russe du salut

De notre confrère espagnol nuevatribuna.es – Par EDUARDO MONTAGUT

Dans l’Europe de la Restauration et le déclenchement des cycles révolutionnaires libéraux et nationalistes, en plus du socialisme et du communisme naissants, un modèle d’organisation a été proposé pour tenter de saper l’ordre établi basé sur des sociétés secrètes ayant plus ou moins de relations avec la franc-maçonnerie, alors qu’elles devraient le faire. Ne pas confondre les uns avec les autres. Le cas le plus connu est celui des Carbonería, que nous avons étudié sur Nuevatribuna-es.

Dans cet article, nous voyagerons en Russie dans la deuxième décennie du XXe siècle, à l’époque où se forgeait le mouvement décembriste contre l’absolutisme tsariste. Nous étudierons la société secrète  Union russe du salut , créée en 1816.

Une fois terminée la guerre contre Napoléon, au sein d’une aristocratie active, mais aussi chez un jeune officier qui avait connu d’autres régimes politiques combattant en Europe, commença la nécessité de proposer une  alternative à l’absolutisme tsariste, d’essayer d’aller vers une sorte de monarchie. constitutionnelle, même si certains voulaient aller plus loin, dans un sens plus républicain et social. Dans ce contexte, différentes sociétés secrètes sont nées, avec des liens également maçonniques.

Une fois la guerre contre Napoléon terminée, la nécessité de proposer une alternative à l’absolutisme tsariste commence à apparaître.

La première société créée fut l’Union du Salut en 1816. Son objectif était d’œuvrer à une réforme du système politique dans un sens clairement constitutionnel.

Son organisation s’aspirait de la  structure maçonnique , puisqu’elle établissait trois degrés ou classes : les  frères , les  hommes  et les  boyards . Parmi les membres de cette dernière, ceux qui devaient diriger la Société étaient choisis, devenant ainsi les anciens.

Un autre aspect de la relation avec la franc-maçonnerie tenait au fait que ceux qui voulaient appartenir à la Société devaient passer par un rite d’initiation, avec une cérémonie spécifique et avec des connotations maçonniques. Avant l’initiation, en tout cas, il était exigé un serment sur la nécessité de garder le secret sur tout ce qu’ils voyaient et comprenaient, même si, au moment de leur initiation, ils n’étaient pas d’accord avec les « vues et opinions de la Société », qui rendaient leur opinion aux auteurs du  Dictionnaire encyclopédique de la franc-maçonnerie , publié en 1883, c’est-à-dire Rossend Arús  et  Lorenzo Frau Abrines , et qui constitue l’une de nos sources, que les propagandistes de cette Société n’étaient pas très explicites sur tout ce qui concernait le véritable objet de celle-ci.

Une fois l’initiation vérifiée, un deuxième serment fut prêté concernant l’obligation d’utiliser tous les moyens disponibles pour atteindre le but de la Société, en plus de l’obligation d’obéir aux décisions du Conseil Suprême des Boyards.

L’un des membres de la Société du Salut était Nikita Muraviov qui entretenait des relations étroites avec le soldat espagnol Juan Van Halen.

Le  Dictionnaire  consulté dit qu’il ne doit pas s’agir d’une société secrète qui a eu beaucoup de chance dans son travail. L’organisation recevrait  des critiques de la part de ses propres membres  et d’autres sociétés apparentées qui s’étaient organisées avec des objectifs similaires de changement politique, ce que nous interprétions comme l’émergence de conflits et de différends. Cela entraînerait une modification des statuts et une réforme de l’organisation dans un processus auquel participeraient les membres de ces autres sociétés, provoquant ainsi la naissance d’une nouvelle société.

L’un des membres de la Société du Salut était  Nikita Muraviov, qui connaissait les idées de Robespierre et avait été à l’entrée des troupes russes à Paris, commençant à établir des relations avec des personnalités politiques importantes. Il entretenait une relation étroite avec le soldat espagnol  Juan Van Halen  , également franc-maçon. Apparemment, Van Halen a assisté aux réunions de la Société lors de sa visite en Russie, ainsi qu’à la Loge des Asturies. Van Halen a joué un rôle militaire de premier plan dans la Russie d’Alexandre Ier. Le libéralisme du soldat espagnol l’a amené à être expulsé de Russie. De son côté, Mouraaviov jouerait un rôle important dans le mouvement décembriste.

04/07/24 : Les Entretiens d’Été du Collège Maçonnique reçoivent le Pr. Israël Nisand sur « Choisir la Prudence ou le Progrès ? »

Dans le cadre de la thématique 2024 « Quelle modernité pour les Vertus ? », le Pr. Israël Nisand interviendra, pour ce deuxième entretien, sur « Choisir la Prudence ou le Progrès ? Reproduction Humaine, nouveaux défis ? » Les Entretiens d’Été du Collège Maçonnique  vous propose la réflexion suivante :

« L’explosion des connaissances, et plus encore celle des techniques qui en sont les conséquences les plus directement visibles par l’ensemble de la population, a été l’un des marqueurs essentiels de notre civilisation depuis surtout le milieu du XXème siècle.

Découvrir l’ADN, puis séquencer le génome Humain, maîtriser la fécondité, l’IVG, la conservation du sperme, le don d’ovocytes, le clonage animal, le diagnostic prénatal, la procréation médicalement assistée (PMA), la fécondation in vitro et le transfert d’embryon (Fivete), les ciseaux génétiques, le tri des embryons, la grossesse pour autrui (GPA)…  l’eugénisme est à notre porte, autant de progrès techniques déjà réalisés ou de potentialités réalisables à court terme.

L’impression donnée par les biologistes eux-mêmes est que rien n’est impossible : changer de sexe est chirurgicalement courant, le transhumanisme s’est invité dans les débats quotidiens, l’Intelligence artificielle (IA) fait irruption dans les pratiques, notamment médicales, les neurosciences cognitives sont en passe de bouleverser nos conceptions sur le fonctionnement de l’esprit de l’Homme.

Qu’en est-il de la Loi morale, chère à Emmanuel Kant, ou de la Loi, tout court, que nous avons en héritage? Que nous est-il permis d’espérer ? Que devons-nous faire ? »

Logo GLFF
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Les modérateurs de la soirée sont Frédérique Ferrand, Professeure agrégée de Droit privé, Université Jean Moulin Lyon 3, membre de la Grande Loge Féminine de France (GLFF) et Thierry Zarrazin, Ancien Chef de service de Physique , Médicale du Centre Oscar Lambret et résident de la SF de Radioprotection, membre de la Grande Loge de France (GLDF).

Alain-Noël Dubart
Marie-Thérèse Besson

Les organisateurs  sont Alain-Noël Dubart, ancien grand maître de la GLDF et Marie-Thérèse Besson, ancienne grande maîtresse de la GLFF.

*Israël Nisand, né le 13 décembre 1950, est un gynécologue obstétricien français renommé, exerçant aux Hôpitaux Universitaires de Strasbourg et professeur des universités à la faculté de médecine de Strasbourg. Il est fils de Léon Nisand et Andrée Lévy et frère de Raphaël Nisand, avocat.

Israël Nisand

Après des études à l’université de Strasbourg, il dirige l’école des sages-femmes de Poissy et depuis 2005, il est chef du département de gynécologie-obstétrique à Strasbourg. Spécialiste du diagnostic prénatal, il a écrit plusieurs ouvrages, dont Gynécologie obstétrique (éditions Doin), 9 mois, et cætera avec Sophie Marinopoulos et Elles accouchent et ne sont pas enceintes-Le déni de grossesse (2011).

Engagé en bioéthique, il s’est opposé à l’extension du délai légal de l’IVG et soutient l’ouverture de la procréation médicalement assistée aux couples homosexuels. En 2021, il devient chef de la maternité de l’Hôpital Américain à Neuilly-sur-Seine et a présidé le Collège national des gynécologues et obstétriciens français de 2017 à 2020. Il a également créé le Forum européen de bioéthique, facilitant des débats publics sur des questions éthiques complexes.

Jeudi 4 juillet 2024, à 19h30 – Inscription obligatoire sur le site

Le jeudi 11 Juillet à 19h30 Les Entretiens d’Été du Collège Maçonnique accueilleront le Pasteur Jean-Marie de Bourqueney, ancien directeur de Réforme – hebdomadaire protestant, fondé à Paris en 1945 ; son nom fait référence à la réforme protestante – e sur « Sola Fide : la vertu comme pouvoir de transformation »

Toutes les conférences sont gratuites, ouvertes à tous, enregistrées et disponibles gratuitement sur le site du Collège Maçonnique.

Antisémitisme et politique en France : 50 ans de controverses

Histoire politique de l’antisémitisme en France-De 1967 à nos jours est une œuvre collective dirigée par Alexandre Bande, Pierre-Jérôme Biscarat et Rudy Reichstadt, qui propose une analyse approfondie et transversale de l’antisémitisme dans la sphère politique française.

Ce livre intervient dans un contexte où l’antisémitisme, sous ses diverses formes (complot juif, négationnisme, antisionisme), demeure un sujet de préoccupation majeur, avec des discours parfois plus qu’ambigus de certains partis politiques.

Le livre est structuré en douze chapitres, chacun rédigé par un spécialiste, et examine la place de l’antisémitisme dans différents partis et mouvements politiques français depuis 1967.

Des douze chapitres Antisionisme et antisémitisme/Le Front national et le Rassemblement national face à l’antisémitisme/L’antisémitisme, Éric Zemmour et le parti Reconquête !/Le temps de la droite : droites de gouvernement et antisémitisme/Le centre droit et l’antisémitisme/Emmanuel Macron et Renaissance/Les Verts face à l’antisémitisme/L’antisémitisme introuvable ? Socialistes et radicaux face à la haine des Juifs/ La lente dérive du Parti communiste français face à l’antisémitisme/La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon et l’antisémitisme/Une histoire de l’antisémitisme à l’extrême gauche, de 1967 à aujourd’hui/Les Gilets jaunes et l’antisémitisme, nous avons pris le parti d’en analyser trois…

Alexandre bande

Alexandre Bande, docteur en histoire et Professeur agrégé, enseigne l’histoire en classes préparatoires littéraires et notamment à Sciences Po Saint-Germain-en-Laye. Il travaille sur les questions d’articulation entre histoire et mémoire des génocides et des conflits contemporains. Il est membre de la commission enseignement de la Fondation pour la mémoire de la Shoah. Nous lui devons « Antisionisme et antisémitisme », le premier chapitre.

Dans celui-ci, Alexandre Bande examine les complexités et les nuances entre antisionisme et antisémitisme, deux concepts souvent confondus mais qui méritent d’être distinctement analysés.

L’antisionisme est défini comme l’opposition au sionisme, c’est-à-dire à l’idéologie et au mouvement politique qui prône l’établissement et le soutien d’un État juif en Palestine, aujourd’hui Israël. L’antisionisme peut se manifester de plusieurs façons, allant des critiques légitimes de la politique israélienne aux appels à la dissolution de l’État d’Israël. Il est important de noter que tous les antisionistes ne sont pas antisémites ; certains peuvent critiquer Israël sans nourrir de haine envers les Juifs.

L’antisémitisme, en revanche, est une forme de racisme spécifiquement dirigée contre les Juifs. Il englobe une gamme d’attitudes et de comportements allant de la discrimination et des préjugés à la violence et aux persécutions historiques. L’antisémitisme est une idéologie de haine et de déshumanisation qui a conduit à des événements tragiques comme l’Holocauste.

Alexandre Bande explore comment, malgré leurs différences théoriques, l’antisionisme et l’antisémitisme peuvent parfois se chevaucher. Par exemple, certains discours antisionistes peuvent véhiculer des stéréotypes antisémites ou minimiser la souffrance des Juifs. De plus, l’antisionisme radical, qui nie le droit à l’existence de l’État d’Israël, peut être perçu comme une forme d’antisémitisme, car il remet en question la légitimité de l’autodétermination juive.

Le chapitre met également en lumière comment certains militants et groupes utilisent l’antisionisme comme couverture pour des sentiments antisémites. Par ailleurs, Bande insiste sur la nécessité de reconnaître les critiques légitimes d’Israël sans les confondre automatiquement avec l’antisémitisme, afin de préserver la liberté d’expression et le débat politique.

Ce chapitre offre une analyse claire et nuancée des liens et distinctions entre antisionisme et antisémitisme, soulignant l’importance de différencier les critiques politiques des préjugés racistes. En clarifiant ces concepts, Alexandre Bande appelle à une vigilance accrue contre l’antisémitisme tout en défendant la légitimité des débats critiques autour des politiques israéliennes.

Valerie Igounet

Puis, contexte oblige, nous nous sommes intéressés au deuxième chapitre sur « Le Front national et le Rassemblement national face à l’antisémitisme » que nous devons à Valérie Igounet, historienne et chercheuse associée à l’Institut d’histoire du temps présent (IHTP). Elle est une experte reconnue du négationnisme et de l’extrême droite en France. Dans ce chapitre, Valérie Igounet explore l’évolution de l’antisémitisme au sein du Front national (FN), devenu le Rassemblement national (RN). Elle analyse comment ces partis d’extrême droite en France ont abordé la question de l’antisémitisme depuis leur création.

Le Pen, en 2012

Le FN, fondé en 1972 par Jean-Marie Le Pen, a longtemps été associé à des positions antisémites, notamment à travers les déclarations provocatrices de son leader. Jean-Marie Le Pen a plusieurs fois minimisé l’Holocauste et tenu des propos antisémites, ce qui a valu au parti une réputation de refuge pour les antisémites. Durant les années 1980 et 1990, le FN attirait une frange de militants aux discours antisémites, et certains cadres du parti ont été impliqués dans des actes et des déclarations antisémites.

Avec l’arrivée de Marine Le Pen à la tête du parti en 2011, le FN a tenté de se « dédiaboliser » pour élargir sa base électorale. Marine Le Pen a cherché à distancer le parti de l’antisémitisme, en condamnant publiquement les propos de son père et en excluant certains membres associés à des positions antisémites. Elle a aussi tenté de repositionner le parti sur des questions de souveraineté et d’identité nationale, tout en adoptant un discours plus acceptable pour le grand public.

Marine Le Pen

Malgré ces efforts, le RN reste marqué par des ambiguïtés. Des déclarations controversées et des associations douteuses continuent de surgir de temps en temps, révélant les tensions internes sur la question de l’antisémitisme. Valérie Igounet souligne que, bien que le RN ait pris des mesures pour améliorer son image, les racines historiques et certaines positions persistantes suscitent encore la méfiance.

Valérie Igounet conclut que, bien que le FN/RN ait évolué sur la question de l’antisémitisme, passant d’une tolérance implicite à une condamnation officielle, des éléments antisémites subsistent en périphérie du parti. Le processus de « dédiabolisation » a permis au RN de gagner en respectabilité, mais il n’a pas complètement effacé les suspicions d’antisémitisme héritées de son passé. Cette étude met en lumière la complexité de l’évolution d’un parti d’extrême droite confronté à son histoire tout en tentant de s’adapter à un contexte politique changeant.

Milo Lévy-Bruhl

Puis, toujours les mêmes raisons, c’est avec Milo Lévy-Bruhl, politologue et chercheur, spécialisé dans les études de la gauche radicale et des mouvements sociaux. Que nous aborderons « La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon et l’antisémitisme ».

Dans ce dixième chapitre, Milo Lévy-Bruhl analyse les attitudes et discours de la France insoumise (LFI) et de son leader, Jean-Luc Mélenchon, vis-à-vis de l’antisémitisme. Il s’agit d’examiner comment ce mouvement politique de gauche radicale aborde cette question sensible dans le contexte français actuel.

LFI, depuis sa création, se positionne comme un parti anti-raciste et progressiste, revendiquant une lutte contre toutes les formes de discrimination, y compris l’antisémitisme. Toutefois, certains comportements et déclarations de ses membres ont soulevé des controverses. Milo Lévy-Bruhl étudie les cas où des membres ou des sympathisants de LFI ont été accusés d’antisémitisme, ainsi que la réaction du parti face à ces accusations.

Jean-Luc Mélenchon, figure centrale de LFI, a été impliqué dans plusieurs polémiques liées à l’antisémitisme. Milo Lévy-Bruhl analyse les discours et les déclarations de Mélenchon, en distinguant ses critiques de la politique israélienne de potentielles manifestations d’antisémitisme. Mélenchon se défend généralement en affirmant que ses critiques sont dirigées contre le gouvernement israélien et non contre les Juifs en tant que communauté.

Jean-Luc Mélenchon en 2017

Le chapitre explore les ambiguïtés dans les positions de LFI et de Mélenchon, notamment lorsqu’ils abordent des sujets sensibles comme le sionisme ou les conflits au Moyen-Orient. Milo Lévy-Bruhl souligne que, bien que le parti condamne officiellement l’antisémitisme, certaines déclarations peuvent être perçues comme floues ou ambivalentes, laissant place à des interprétations diverses. Cette situation a alimenté les critiques de ceux qui voient dans ces ambiguïtés une tolérance implicite de l’antisémitisme.

Le chapitre examine également les réactions de LFI aux accusations d’antisémitisme, incluant les condamnations publiques et les actions disciplinaires contre des membres fautifs. Milo Lévy-Bruhl discute de l’efficacité de ces mesures et de l’impact sur l’image publique du parti.

Milo Lévy-Bruhl conclut que la France insoumise, tout en se déclarant fermement anti-raciste et anti-antisémite, doit gérer des ambiguïtés et des perceptions contradictoires dans son discours et ses actions. Le leadership de Jean-Luc Mélenchon joue un rôle crucial dans ce contexte, et ses déclarations nécessitent souvent des clarifications pour éviter les malentendus. Ce chapitre met en lumière les défis auxquels LFI est confrontée pour maintenir une position cohérente et crédible sur l’antisémitisme dans le paysage politique complexe de la France. En fin d’article, nous trouvons une brève bibliographiée afin d’aller plus loin.

Bien sûr que ce livre, imprimé en décembre 2023 et publié le 18 janvier dernier, ne traite pas du 7 octobre 2023 où Israël a subi une attaque terroriste majeure perpétrée par le groupe Hamas. Cette attaque a ravivé les discussions sur l’antisémitisme et la sécurité des Juifs non seulement en Israël, mais aussi dans d’autres parties du monde, y compris en France.

Cet ouvrage constitue une référence inédite pour comprendre la place de l’antisémitisme dans la politique française contemporaine. En abordant la question sous divers angles et à travers une multitude de partis politiques, il offre une vision d’ensemble essentielle pour les chercheurs, les étudiants, et toute personne intéressée par les dynamiques politiques et sociales en France.

L’approche rigoureuse et la diversité des contributeurs, incluant des historiens, politologues, et spécialistes de la mémoire, garantissent la profondeur et la pertinence des analyses présentées. Ce livre vient combler un vide dans la bibliographie existante en fournissant une synthèse indispensable sur un sujet toujours d’actualité et de plus en plus prégnant dans le débat public français.

Histoire politique de l’antisémitisme en France-De 1967 à nos jours

Alexandre Bande, Pierre-Jérôme Biscarat, Rudy Reichstadt (dous la direction de)

Robert Laffont, 2024, ‎ 384 pages, 22 €

Le Dessin de Jissey « Polissons »

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La franc-maçonnerie est-elle nécessaire ? Pour certains, elle est considérée comme un « bien initiatique ». Pour d’autres, elle ne consiste qu’en une légère amélioration versus nos « défauts profanes ». D’autres, enfin, s’interrogent : Est-ce un défaut si on demeure profane ? Que penser de ceux, parfois nommés « maçons sans tabliers », qui polissent des pierres sans avoir besoin d’en parler à la terre entière ?

Lourde tache, sans doute ; lourde tâche, sûrement…

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(Les « éditos » de Christian Roblin paraissent le 1er et le 15 de chaque mois.)

Mon chocolatier ferme, comme tous les étés, de la mi-juillet au début septembre. Cette année, avec les Jeux olympiques et toutes les surprises et les réjouissances qu’au surplus, la République nous a réservées, je n’aurai guère besoin de lui pour me retrouver chocolat. À propos, j’ai longtemps hésité sur l’origine de cette expression que j’affectionne grandement, quoiqu’elle me colle aux doigts, ces temps-ci.

Finalement, les circonstances font que je me rallierais plutôt à la thèse d’Albert Dauzat qui, en 1929 – déjà, si j’ose dire –, y voyait, par déformations successives, une dérivation de ‘knock-out’ : KO ! Parmi les interprétations reçues, une autre variante me plaît assez, j’en conviens : c’est celle du joueur qui croit tenter sa chance et qui finit assez vite par se faire plumer par un bonimenteur lui promettant un avenir radieux[1].

Où est donc passé Churchill ? Avec peut-être aujourd’hui un soupçon d’amertume au fond de la gorge, on se souviendra, certes, de Sir Winston déclarant, le 11 novembre 1947, à la Chambre des communes : « Bien des formes de Gouvernement ont été expérimentées et le seront encore en ce monde de péché et de malheur. Personne ne prétend que la démocratie soit un modèle de perfection et de sagesse. D’ailleurs, on a dit que la démocratie est la pire forme de gouvernement à l’exception de toutes les autres qui furent essayées au cours des temps[2]. » Mais, on retiendra plus encore, me semble-t-il, ce propos qu’il avait prononcé, le 13 mai 1940, lors de son premier discours devant cet organe législatif dont il ne barguignait pas la confiance : « Je n’ai rien à offrir, sauf du sang, de la peine, des larmes et de la sueur[3] » J’en ai la chair de poule.

Quand je pense qu’il y a chez nous une franc-maçonnerie qui se prétend régulière et une autre que la première ne reconnaît pas et qui prospère à l’écart – situation qui se complique, au sein de cette dernière, du fait que les Obédiences symbolistes rejettent quasiment dans les ténèbres extérieures leurs Frères et Sœurs qui auraient tendance à se perdre, jusqu’en Loge, dans les querelles de la cité –, je me dis qu’on ne risque pas de manquer de boulot, ces jours prochains.

À défaut de faire l’unité entre les hommes – illusion passablement lointaine où que l’on porte son regard, en ce monde –, je me satisferai de travailler à l’union des peuples et des sociétés, avec leurs différences, je veux dire : en admettant et en les aidant à admettre leurs différences respectives ou réciproques.

Lourde tache, sans doute ; lourde tâche, sûrement…


[1] Albert Dauzat, Les argots : Caractères, évolution, influence (coll. : Bibliothèque des Chercheurs et des Curieux), Paris : éd. Librairie Delagrave, 1929, 189 p. Pour en savoir plus, globalement, sur l’origine de l’expression, cliquer ici.

[2] C’est nous qui traduisons. On retrouvera ici le texte original dont voici l’extrait cité : « Many forms of Government have been tried, and will be tried in this world of sin and woe. No one pretends that democracy is perfect or all-wise. Indeed it has been said that democracy is the worst form of Government except for all those other forms that have been tried from time to time.… »

[3] C’est nous qui traduisons. On retrouvera ici, avec un enregistrement sonore de 5 minutes, le texte original où s’insère cette citation souvent reprise : “I have nothing to offer but blood, toil, tears and sweat.”

Felix Natali nouveau Grand Maître de la GLMF

Ce week-end avait lieu le convent annuel de la GLMF à Lille. Près de 266 Loges avaient envoyé leurs délégués afin d’élir un nouveau Grand Collège, mais aussi, pour remplacer le Grand Maître Christiane Vienne, dont le mandat arrivait à son terme de 3 ans. La Grande Loge Mixte de France procède par suffrage indidect.

Le bureau est élu par les Loges, puis il choisit le Grand Maître dans un second temps. Ce samedi, avec 166 voix positives soit 77,2% des suffrage, le nouveau Grand Maitre Félix Natali arrive à la tête de cette Obédience de presque 4991 membres avec un fort capital sympathie.

Il faut dire que ce dernie n’est pas entré récément à la GLMF. Il a eu l’occasion de découvrir les rouages de la maison lors des mandats des deux précédants Grands Maitres Edouard Habrant et Christiane Vienne. Félix Natali a 48 ans, il est Conseiller en Gestion de Patrimoine, est Titulaire d’une maîtrise en Droit des affaires (Aix-en-Provence), diplômé du 3e cycle Gestion de patrimoine de l’ISC Paris, Félix Natali a débuté sa carrière au sein de Société générale en qualité de conseiller en gestion de patrimoine, avant d’intégrer la Banque Transatlantique (groupe Crédit mutuel CIC) comme banquier conseil, puis Société générale Banque privée comme consultant en investissement.

Élection du GM et du Collège des Officiers de la GLMF 2024 :

Grand Maître : Felix NATALI

Grand Maître Adjoint aux Affaires Extérieures : Marie GAUTHERON

Grand Maître Adjoint aux Affaires Intérieures :
Françoise LACOUT

Grand Orateur :
Yann EIMBERK

Grand Secrétaire :
Assaad ASSAKER

Grand Trésorier :
Fernand TROALE

Grand Maître Des Cérémonies :
Claire DONZEL

Grand Expert :
Antonio PAIXAO DO SENHOR

Grand Hospitalier :
William BRÈS

Grand Garde des Sceaux et du Timbre :
Gérard KELLER

Les autres Plateaux et responsabilités seront distribuées lors de la première réunion du Conseil de l’Ordre pour :
Conseillers de l’Ordre :
Monique HO COUI YOUN
Michèle LECOURT-ZATOUN
Zoubeir LAFHAJ
Patricia LAQUEL
Olivier MARICOURT
Anthony COLL
Eric SCHOOJANS
Corinne MORANDAIS

Souhaitons un excellent mandat à ce nouveau Grand Maître.

Présentation de la Grande Loge Mixte de France

La Grande Loge mixte de France (GLMF), est une obédience maçonnique française mixte issue d’une scission d’avec la Grande Loge mixte universelle. La GLMF est une fédération de loges, ayant chacune un statut d’association loi de 1901.

Créée en 1982 par deux cent cinquante maçons provenant de la GLMU, et avec le soutien du Grand Orient de France[réf. nécessaire]

La GLMF donne à ses loges la possibilité de travailler à des rites différents, répondant ainsi aux diverses sensibilités. La plupart des rites connus en France y ont été adoptés. En 2018, les ateliers de la Grande Loge mixte de France pratiquent :

  • le Rite français sous ses différentes formes, rite administratif de l’obédience ;
  • le Rite écossais ancien et accepté (R.E.A.A.) ;
  • le Rite écossais rectifié (R.E.R.) ;
  • le Rite de Memphis-Misraïm ;
  • le Rite émulation ;
  • le Rite source et lumière ;
  • le Rite standard d’Écosse.

Site Web officiel GRANDE LOGE MIXTE DE FRANCE

(Source des information GMLF Wikipedia)

« 2001 : L’Odyssée de l’espace » : Une quête maçonnique vers la Lumière et l’évolution ?

Dans le cadre de nos propositions de lecture estivales, nous vous invitons à redécouvrir le chef-d’œuvre de science-fiction d’Arthur C. Clarke* 2001 : L’Odyssée de l’espace. Développé parallèlement au film réalisé par Stanley Kubrick, ce récit explore des thèmes profonds liés à l’humanité, à l’évolution et à la technologie. En tant que franc-maçon, la lecture de cette œuvre nous incite à une réflexion sur le symbolisme, la quête de la connaissance et l’élévation spirituelle.

Le monolithe noir est l’un des symboles les plus puissants du récit.

Débutons par son étymologie, le terme monolithe trouvant ses origines dans la langue grecque ancienne.

« Mono », signifie seul ou unique ; un préfixe est utilisé pour indiquer quelque chose de singulier ou d’unique en son genre. Ensuite « -lithe » signifiant pierre.

En combinant ces deux racines, monolithe signifie donc littéralement une seule pierre ou pierre unique.Sa forme simple mais énigmatique évoque un carré long, un symbole bien connu des initiés. Dans l’art royal, le carré long est une forme géométrique qui incarne l’harmonie, la proportion divine et la quête de la perfection. Il est souvent associé à des proportions parfaites et harmonieuses reflétant l’idée d’un univers ordonné et bien structuré, où chaque élément a sa place et son rôle. Le monolithe, avec sa forme épurée et géométriquement parfaite, symbolise cet ordre cosmique et cette harmonie universelle.

Reconstitution du monolithe par les hackers allemands CCC lors des rencontres Hackers At Large du 10 au 12 août 2001 à Enschede (Pays-Bas)

Le monolithe agit comme un catalyseur de l’évolution humaine, incitant les êtres à se transcender et à évoluer vers un état supérieur de conscience. De même, le carré long peut symboliser le chemin de l’initié vers une plus grande sagesse et compréhension, une transformation de l’homme profane en un être éclairé. De plus, sa forme incarne la quête de la perfection. Quête représentée par la transformation de la pierre brute en pierre polie, un processus de perfectionnement spirituel et moral. Cette transformation exige travail, effort et discipline. Pour se faire, le nouvel apprenti dispose de divers outils symboliques comme le maillet et le ciseau, représentant la force de la volonté et la précision de l’intellect. Chaque coup porté à la pierre brute enlève les aspérités et la rapproche de la forme parfaite de la pierre cubique. Cela représente le voyage de l’ignorance à la connaissance, de l’imperfection à la perfection, et de l’isolement à l’intégration dans un tout harmonieux. Un processus continu et infini où chaque pierre polie nous rapproche un peu plus de la lumière et de la vérité absolues.

Stanley Kubrick – Maquette du Discovery One

Le monolithe, par son influence, pousse les êtres humains (et leurs ancêtres simiesques) à évoluer, à s’élever vers des niveaux supérieurs de conscience et de savoir. Ce processus est analogue à l’œuvre maçonnique de transformation de la pierre brute en pierre polie, symbolisant l’amélioration de soi par l’acquisition de la connaissance et de la sagesse.

David Bowman

L’évolution est un thème central dans 2001.

Le passage des primates aux êtres humains, puis aux êtres post-humains (comme l’astronaute David Bowman) peut être interprété comme une allégorie du cheminement initiatique en Franc-maçonnerie. Chaque stade représente un degré de conscience et de compréhension plus élevé, rappelant les étapes de l’initiation maçonnique, où chaque degré offre une plus grande illumination et une proximité accrue avec la vérité et le divin.

Un costume d’astronaute utilisé dans le film

La quête de la connaissance est au cœur de la mission de l’astronaute David Bowman.

Son voyage vers Jupiter et au-delà représente la poursuite incessante de la vérité, un principe fondamental en Franc-maçonnerie. La confrontation de David Bowman avec l’intelligence supérieure à travers le monolithe à la fin du récit symbolise la recherche ultime de la lumière, un concept qui résonne profondément avec les enseignements maçonniques sur l’illumination spirituelle et intellectuelle.

Le personnage de HAL 9000 ou CARL 500 (dans certaines versions françaises) est un personnage de fiction, un supercalculateur équipé d’une intelligence artificielle. Il a été créé pour gérer de façon autonome les fonctions vitales du vaisseau spatial Discovery One – d’une blancheur immaculée, le vaisseau a l’apparence d’un « train spatial » dont l’ensemble des wagons se terminerait par une immense sphère, habitacle principal des membres d’équipage –, en mission spatiale vers la planète Jupiter.

HALL 9000

Cette intelligence artificielle, soulève des questions éthiques et philosophiques sur la nature de la conscience et de l’humanité.

Pour un franc-maçon, HAL 9000 pourrait symboliser les dangers d’une connaissance non accompagnée de sagesse et d’éthique. La technologie, sans la boussole morale fournie par les valeurs maçonniques de fraternité, de justice et de vérité, peut devenir destructrice. La désactivation de HAL 9000 par David Bowman peut être vue comme une victoire de l’humanisme et de l’éthique sur la froide logique technologique.

La transformation finale de David Bowman en « Enfant des étoiles » est une métaphore puissante de la renaissance spirituelle. En franc-maçonnerie, la notion de renaissance et de transformation est omniprésente, symbolisée par des rituels de passage et de renouvellement. L’« Enfant des étoiles » représente un être de lumière, pur et libre des contraintes matérielles, ce qui rappelle l’aspiration maçonnique à transcender le monde profane pour atteindre un état de perfection spirituelle.

Discovery One

L’ouvrage d’Arthur C. Clarke est une œuvre riche en symbolisme et en thèmes profonds qui résonnent avec les idéaux maçonniques. La quête de la connaissance, l’évolution spirituelle et l’importance de l’éthique sont autant de thèmes qui invitent à une réflexion profonde sur notre propre cheminement initiatique. À travers cette lecture estivale, le Franc-maçon est encouragé à poursuivre sa propre odyssée personnelle vers la lumière et la vérité.

Arthur C. Clarke, en 1965

*Arthur C. Clarke était un écrivain de science-fiction, inventeur et futurologue britannique, surtout connu pour son roman révolutionnaire 2001 : L’Odyssée de l’espace. Né le 16 décembre 1917 à Minehead, dans le Somerset, en Angleterre, Clarke développa très tôt un intérêt pour la science et l’exploration spatiale, qui influencera profondément sa carrière littéraire.

Armes du King’s College

Arthur C. Clarke a étudié la physique et les mathématiques au King’s College de Londres. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il a servi dans la Royal Air Force en tant que spécialiste du radar, une expérience qui a approfondi sa fascination pour la technologie et les possibilités futures.

King’s College de Londres

Après la guerre, Arthur C. Clarke a commencé à écrire de la science-fiction, s’imposant rapidement comme une figure de proue du genre. Sa nouvelle La Sentinelle, écrite en 1948, est devenue la base de 2001 : L’Odyssée de l’espace, une collaboration avec le cinéaste Stanley Kubrick qui a donné naissance à l’une des œuvres de science-fiction les plus influentes de tous les temps. Le roman et le film exploraient des thèmes tels que l’intelligence artificielle, l’exploration spatiale et l’évolution humaine, mettant en avant les idées visionnaires de Arthur C. Clarke.

Sa carrière prolifique s’est étendue sur plus de six décennies, au cours desquelles il a écrit plus de 100 livres et de nombreuses nouvelles. Parmi ses autres œuvres notables, on peut citer Les Enfants d’Icare, Rendez-vous avec Rama et Les Fontaines du Paradis. Il était connu pour son exactitude scientifique, son imagination débordante et sa capacité à anticiper les avancées technologiques futures.

En plus de son écriture, Arthur C. Clarke a apporté des contributions significatives à la science et à la technologie. Il est crédité d’avoir proposé le concept de satellites de communication géostationnaires, une avancée révolutionnaire qui a transformé les communications mondiales.

Il a vécu au Sri Lanka de 1956 jusqu’à sa mort, attiré par son intérêt pour l’exploration sous-marine et l’environnement paisible de l’île. Il a reçu de nombreux prix et distinctions, dont un anoblissement en 1998 pour ses services rendus à la littérature.

Arthur C. Clarke est décédé le 19 mars 2008, laissant derrière lui un héritage de curiosité scientifique et de récits visionnaires qui continuent d’inspirer les lecteurs et les scientifiques du monde entier.

Stanley Kubrick, autoportrait

2001 l’odyssée de l’espace

D’après le scenario original de Stanley KUBRICK et Arthur C. CLARKE

J’ai lu, Science-fiction, N°349, 1986, 192 pages

Le rituel d’initiation en Franc-Maçonnerie et la mort symbolique

De notre confrère cronista.com

Anciennement connu sous le nom de Rituel d’Initiation, depuis 115 ans, les Maçons donnent la mort symbolique à l’initié dans la loge à travers le Rite de Passage comme une renaissance de la connaissance.

La franc-maçonnerie existe depuis le Moyen Âge en Europe. Des personnalités issues des plus hautes sphères du savoir, notamment des architectes, ont donné naissance à ce que l’on appelait initialement les francs-maçons. Ce groupe restreint de « savants » gardait avec méfiance les secrets de la construction.

L’un des principaux symboles est donc la boussole et l’équerre. Les règles secrètes. L’exclusivité de ces groupes a donné naissance à des loges de personnes instruites avec des idées de la Renaissance avec des bases catholiques très fortes et toujours d’actualité.

Rituel maçonnique. Source : Bing IA.

L’écrivaine, anthropologue sociale et docteur en histoire mexicaine, Raquel Ofelia Barceló Quintal , avec le soutien de l’ Université autonome d’Hidalgo, a révélé le Rite de passage auquel doivent se soumettre les nouveaux candidats à l’adhésion à une loge de la franc-maçonnerie.

Dans son œuvre littéraire intitulée « L’initiation, un rite de passage en franc-maçonnerie : mort symbolique », il détaille ce rituel et le sens de la mort et de la renaissance d’une nouvelle personne, divisant sa vie en un avant et un après la maçonnerie.

Qu’est-ce qu’un rite en franc-maçonnerie ?

Selon Barceló Quintal, un rite dans la franc-maçonnerie est « l’ensemble des règles ou préceptes avec lesquels les cérémonies sont pratiquées et les signes , touches, mots et toutes autres instructions secrètes des degrés maçonniques sont conférés ou communiqués « , le chercheur précise également que ce concept fait référence au gouvernement maçonnique ; c’est-à-dire à ceux qui Ils dirigent les loges.

« La franc-maçonnerie consiste en la perfection de l’individu, en direction de l’humanité vers le chemin parfait et le développement harmonieux. C’est pourquoi, à chaque croissance de la franc-maçonnerie, divers rituels sont célébrés jusqu’à ce que la perfection soit atteinte », précise l’auteur.

Toute personne ou candidat souhaitant rejoindre le groupe sélectionné d’érudits de la loge doit se soumettre à la célébration du rituel comme élément obligatoire pour entrer dans la société maçonnique. Le postulant est censé quitter le monde ordinaire, traditionnel et mondain pour accepter et vivre par la suite selon les règles de la Loge à laquelle il appartient.

La mort symbolique de l’initié dans une loge maçonnique

Chaque sujet fait face à une mort symbolique pour renaître dans un nouveau savoir.

Le non-initié doit mourir et renaître avec une nouvelle identité qui permet aux autres initiés de le reconnaître comme un égal, c’est-à-dire qu’il s’agit d’une mort représentée qui implique une renaissance actualisée par le groupe », explique l’anthropologue social de l’Université autonome de Noble.

Autres rites de passage en Franc-maçonnerie selon la loge

Chaque loge possède ses propres rites et gammes de rituels en fonction du niveau qu’un de ses membres aspire à atteindre.

Grande Loge Unie d’Angleterre :

  • Apprenti
  • Pion (ou compagnon)
  • Professeur
  • Diplômes complémentaires tels que le diplôme Royal Arch et le diplôme « Mark Master »

Rite écossais ancien et accepté :

  • Divisé en 33 degrés

Rite Écossais Rectifié :

  • Il se compose de sept degrés

Rite français :

  • Il est plus simplifié et peu nombreux par rapport aux autres rites.

Franc-maçonnerie égyptienne :

  • Rite Memphis : 95 degrés
  • Rite de Misraïm : 90 degrés

L’anthropologue social mexicain mentionne également d’autres rites, comme le Rite d’Émulation , le Rite de Perfection, le Rite de York, le Rite suédois, entre autres. Selon le Dictionnaire Universel de la Franc-Maçonnerie, 154 rites maçonniques sont reconnus.

Les degrés traditionnels ou fondamentaux présents dans la plupart des rites sont :

  • Apprenti, maçon ou ouvrier
  • Compagnon, officier ou constructeur
  • Enseignant, mécène ou architecte

Le texte indique que ces degrés sont indispensables et constituent la base de la franc-maçonnerie dans tous les rites . Par ailleurs, il est souligné que le rite d’initiation est un rite de passage que toute personne doit accomplir pour être admise dans une loge maçonnique.

Phases du rite de passage ou rituel d’initiation en Franc-maçonnerie

Le Rite de Passage pour l’initié en loge maçonnique se divise en 4 grandes étapes.

1. Séparation ou phase préliminale :

Au premier degré de l’initiation maçonnique, le candidat fait l’expérience d’une mort rituelle symbolique , marquée par des degrés de croissance. De la verticalité de l’apprenti à l’horizontalité du partenaire et à la projection cosmique du professeur. L’initiation est une transmission spirituelle et symbolise la descente de l’esprit sur l’initié.

2. Cabinet de réflexion :

Certains rites incluent le Cabinet de Réflexion , un lieu sombre où le candidat réfléchit sur la vie et la mort. Avec des éléments symboliques tels qu’un crâne, un miroir et des assiettes contenant des substances, il représente la préparation à la mort et à la renaissance.

3. Préparation au décès et à la naissance :

Le candidat fait face à quatre épreuves liées aux éléments naturels. L’entrée de la grotte symbolise la mort et le retour sur terre. Le bandeau marque le premier voyage et le changement d’état. L’agonie du Cabinet de Réflexion est suivie d’une mort et d’une renaissance symboliques.

4. Marge ou phase liminale :

Durant la liminalité, le candidat, aveugle et avec des cordes autour du cou, fait un voyage symbolique dans la Loge . Mettre à nu certaines parties du corps et faire face à des épreuves liées aux éléments eau, air et feu. L’expérience est communicative et pleine de métaphores, représentant une transformation.

Maçonnerie. Source : Archives.

5. Réagrégation ou phase post-liminale :

Dans la phase post-liminale, le candidat atteint un état stable avec des droits et des obligations au sein de la Loge . Recevez des symboles tels que la pointe d’une boussole sur le cœur. Il rejoint la Loge, acquiert de nouveaux attributs et prête solennellement serment. 

La phase post-liminale du rituel d’initiation implique l’acceptation comme apprenti franc-maçon.

Procrastiner en Franc-maçonnerie

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Faire ou défaire, c’est toujours travailler…

C’est les vacances maçonniques, on va pouvoir se détendre ! Certains d’entre vous vont même prendre un peu sur leur temps libre et qui sait préparer quelques planches qu’ils finiront peut être après les vacances.

Un classique me direz-vous. C’est à ce moment là que commence la procrastination, quel mot horrible ! A prononcer d’abord et ensuite il faut vivre la procrastination.

De prime abord, le terme ne respire pas l’énergie mais plutôt la nonchalance. Je vais vous faire une confidence, que j’avais plus ou moins évoquée déjà dans une rubrique précédente, il m’arrive, quand je suis à la recherche de nouvelles idées, de procrastiner! 

« NON, CETTE IDÉE J’VAIS LA REPRENDRE DEMAIN… »

Alors tout y passe les anciennes planches, les idées notées ci et là, les livres, les revues, les vidéos maçonniques en ligne et la liste n’est pas exhaustive vous vous en doutez…

Et rien ne sort de ma plume enfin sur mon ami l’écran.

Au bout d’un certain nombre d’heures je ressens comme une grande frustration et je me dis: bon il serait peut-être bien de passer à autre chose. 

C’est à ce moment que j’actionne mon super parachute « lâcher prise » qui dans un premier temps me propulse vers le haut, pour ensuite avec douceur et de grandes envolées, me déposer à mon point de départ.

Qui sait, durant tout ce temps, si l’inconscient a continué de travailler…

Réponses et conseils sur la vidéo ci-dessous!

La CPA maçonnique du dimanche 30 juin 2024

Ce dimanche, nous vous proposons un emblématique symbole d’union entre la République indivisible, laïque, démocratique et sociale assurant l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion et respectant toutes les croyances et la franc-maçonnerie universelle.

Notre description de la carte postale ancienne (CPA), la Marianne « maçonnique »

L’apparence et son symbolisme

Cette carte postale ancienne présente un buste de Marianne, symbolisant la République française, mais avec une particularité maçonnique distincte. Ce buste est orné d’attributs maçonniques, marquant l’intersection entre les idéaux républicains et maçonniques. La statue, intitulée « La République maçonnique », montre Marianne portant un bonnet phrygien, symbole de liberté, et une écharpe, dans sa première version, décorée de symboles maçonniques. Ici, il s’agit d’une deuxième version de la Marianne de Jacques France où les symboles maçonniques sont remplacés par les grandes dates de la République : 1789, 1848 et 1870.

Histoire et genèse

Le buste de la Marianne maçonnique, visible sur cette carte postale, est une œuvre de Paul Lecreux1, également connu sous son nom d’artiste Jacques France. Il a réalisé ce buste à la demande de loges maçonniques et pour célébrer les idéaux républicains, souvent partagés par les francs-maçons de l’époque.

Cette sculpture porte des inscriptions évoquant les trois grandes étapes de la République française : 1789 (la Révolution française), 1848 (la Deuxième République), et 1870 (la Troisième République). Ces dates soulignent l’évolution et la consolidation des idéaux républicains en France, tout en mettant en avant la contribution des francs-maçons à ces mouvements historiques.

Pour un franc-maçon, les trois grandes étapes de la République française sont bien plus que des jalons historiques ; elles représentent une progression vers l’accomplissement des idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité, profondément enracinés dans la tradition maçonnique.

Au centre, on peut voir l’arrestation du gouverneur de la Bastille, Bernard René Jourdan, marquis de Launay (1740-1789)

1789 – La Révolution française

Cette année emblématique, où le peuple de France se libéra des chaînes de la monarchie absolue, est synonyme de renouveau et de rupture avec le passé. La Révolution de 1789, avec la proclamation des droits de l’homme et du citoyen, incarne la quête maçonnique pour la liberté et l’égalité. Pour les frères, cet événement est la manifestation concrète de leurs principes, où l’humanité fait un pas audacieux vers la lumière et la justice. La participation active de nombreux maçons dans ce bouleversement politique et social est un témoignage vibrant de leur engagement à transformer la société.

Lamartine devant l’Hôtel de Ville de Paris, le 25 février 1848, refuse le drapeau rouge – Peinture de Félix Philippoteaux

1848 – La Deuxième République

Cette seconde insurrection est une effusion de l’esprit de 1789, mais avec une intensité renouvelée pour la justice sociale. La révolution de 1848, qui voit la naissance de la Deuxième République, porte en elle l’espoir d’une fraternité universelle. Les francs-maçons voient dans cette période une avancée significative de leurs idéaux, avec des réformes démocratiques et sociales qui cherchent à redresser les inégalités et à renforcer la solidarité entre les citoyens. C’est une époque où la fraternité maçonnique trouve une expression vibrante dans les aspirations de la société.

1870 – La Troisième République

Enfin, 1870 marque l’instauration de la Troisième République, la plus stable et durable des républiques françaises. Pour les maçons, c’est l’aboutissement d’un rêve républicain, où les valeurs de laïcité, de justice et de démocratie sont solidifiées. La séparation des Églises et de l’État, réalisée sous cette république, résonne profondément avec la philosophie maçonnique qui prône la liberté de conscience et l’égalité de tous devant la loi. La Troisième République devient le bastion des idéaux maçonniques, un modèle de gouvernance éclairée et juste.


Jaurès à la tribune – © Assemblée nationale

En rétrospective, ces trois moments clés de l’histoire de la République française symbolisent pour les francs-maçons une marche inéluctable vers une société plus éclairée, plus juste, et plus fraternelle. Ils sont des phares de progrès dans la nuit des oppressions passées, illuminant le chemin vers un avenir où les idéaux maçonniques sont pleinement réalisés.

Le contexte maçonnique

Marianne est souvent utilisée comme un symbole de la République, mais dans cette version maçonnique, elle représente également les valeurs de la franc-maçonnerie : liberté, égalité, fraternité. Les attributs maçonniques présents sur l’écharpe de Marianne incluent des symboles tels que le compas, l’équerre et d’autres iconographies maçonniques, qui ajoutent une dimension de sagesse, de travail et de moralité à la représentation républicaine.

Marianne « maçonnique » avec, sur son baudrier, des attributs symboliques

Le buste a été adopté par le Grand Orient de France en 1882 et est devenu un emblème populaire dans les loges. Il symbolise non seulement l’allégeance à la République, mais aussi l’engagement des francs-maçons à défendre et promouvoir ces idéaux dans la société.

La réception et l’impact de la Marianne « maçonnique »

La Marianne « maçonnique » a connu un succès notable dans les milieux maçonniques et républicains. Elle a été largement diffusée sous différentes formes, incluant des versions sans attributs maçonniques pour les institutions municipales. Cette diffusion a contribué à enraciner l’image de Marianne comme un symbole de la démocratie et de la République française, tout en soulignant l’influence de la franc-maçonnerie dans la propagation des idéaux républicains.

En résumé, cette carte postale ancienne du buste de Marianne maçonnique est un témoignage fascinant de l’interaction entre l’art, la politique et la franc-maçonnerie à la fin du XIXe siècle. Elle illustre comment les symboles peuvent être utilisés pour promouvoir des valeurs communes et renforcer les liens entre différentes sphères de la société.

Montmartre vers 1860

1Paul Lecreux, connu sous son nom d’artiste Jacques France, était un sculpteur et franc-maçon français renommé pour ses œuvres patriotiques et maçonniques. Originaire de Lille, Paul Lecreux abandonna des études de médecine pour se consacrer entièrement à l’art. Il s’installa à Montmartre et Barbizon, où il développa ses talents de peintre avant de se tourner vers la sculpture.

Paul Lecreux dirigea également une entreprise de fonderie, « L’Union Statutaire », située à Asnières, où il produisit des œuvres pour plusieurs artistes de renom. Il est particulièrement célèbre pour ses représentations de Marianne, symbole de la République française. Sa version maçonnique de Marianne, ornée de symboles maçonniques, fut adoptée par le Grand Orient de France en 1882 et devint un emblème répandu dans les loges maçonniques ainsi que dans les institutions municipales.

Barbizon (Seine-et-Marne, en région Île-de-France) – Source CPArama-com

Parmi ses œuvres notables, on trouve le buste de la République des Communes, des médaillons de la République, des médailles commémoratives, et diverses sculptures patriotiques. Son art reflétait son profond engagement républicain et maçonnique.

Malheureusement, vers la fin de sa vie, Paul Lecreux fut impliqué dans des affaires judiciaires qui le ruinèrent financièrement. Après avoir été emprisonné et acquitté pour une tentative d’assassinat, il se suicida le 3 juillet 1894 à Paris.

Paul Lecreux laisse derrière lui un héritage artistique important, notamment ses œuvres maçonniques et républicaines qui continuent de symboliser les idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité.

Cette nouvelle rubrique plaît beaucoup à nos lecteurs. Si vous disposez de CPA et si vous souhaitez les voir présenter dans notre actualité estivale, n’hésitez pas à nous les envoyer sous forme JPG. Même sans explication, nous jetterons toujours un regard, pour ne pas dire un œil, maçonnique et bienveillant en vous en proposons une interprétation toute symbolique…

Bannière du GODF