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Jean-Pierre Bayard (Auteur)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Né à Asnières-sur-Seine en 1920 et mort à Angers en 2008, Jean-Pierre Bayard est un ingénieur, docteur ès lettres et écrivain français, auteur de plus de quarante ouvrages sur le symbolisme, le compagnonnage, la Rose-Croix et la franc-maçonnerie. Membre de la Grande Loge de France et du Suprême Conseil de France, martiniste, il a donné à des générations de maçons des outils de travail comme Le Symbolisme maçonnique traditionnel ou le Précis de franc-maçonnerie (Dervy, 1999).

Un ingénieur au milieu des poètes

Jean-Pierre Bayard – Compagnons du Devoir Strasbourg

Ingénieur de formation, Jean-Pierre Bayard fréquente très tôt les milieux littéraires : dès l’âge de quatorze ans, il côtoie Pierre Mac Orlan, puis rencontre Georges Duhamel et des poètes comme Francis Carco ou Philippe Chabaneix. À partir de 1959, il préside le Cercle Scarron, qui décerne un prix littéraire de l’humour, le prix Scarron.

Son premier livre, une Histoire des légendes, paraît en 1955 dans la collection « Que sais-je ? ». Suivent, chez Flammarion puis Payot, des études sur la symbolique du feu, du monde souterrain et de la caverne, qui l’imposent comme un explorateur patient des mythes et des images de la tradition occidentale.

Le compagnonnage, objet de thèse

En 1977, Bayard soutient à l’université de Rennes une thèse de doctorat sur le compagnonnage en France, dont il tire un ouvrage publié chez Payot. Il y revient à plusieurs reprises, avec Les Origines compagnonniques de la franc-maçonnerie (Trédaniel, 1990), L’Esprit du compagnonnage (Dangles, 1994) et Le Compagnonnage aujourd’hui (Dangles, 2005).

Pour lui, les rites, les légendes et les symboles des compagnons du Devoir éclairent directement ceux des loges : une filiation qu’il défend avec érudition, même si l’historiographie maçonnique en discute l’ampleur.

Grande Loge de France et Rite écossais

Initié à la Grande Loge de France en 1954, Jean-Pierre Bayard reçoit le 33e degré du Rite écossais ancien et accepté en 1980 et devient membre actif du Suprême Conseil de France. Il est également martiniste, initié par Robert Ambelain et Philippe Encausse, fils de Papus, à qui il consacrera d’ailleurs une étude en 2005.

Son œuvre maçonnique est d’abord une œuvre de symboliste. Le Symbolisme maçonnique traditionnel, paru en 1974 puis en deux tomes chez Edimaf (1981-1982), passe en revue les outils, les grades et les mythes de la loge. Il y ajoute La Symbolique du cabinet de réflexion (1984), La Spiritualité de la franc-maçonnerie (1999), La Grande Encyclopédie maçonnique des symboles (2000) et, en 2012, les deux volumes de G comme Géométrie.

Rose-Croix, cathédrales et sociétés secrètes

Au-delà des loges, Bayard explore l’ensemble de l’ésotérisme occidental : La Symbolique de la Rose-Croix (Payot, 1975), La Spiritualité de la Rose-Croix (1990), le Guide des sociétés secrètes et des sectes (1989), les rites de la royauté ou les vierges noires. La Tradition cachée des cathédrales (Dangles, 1990) lui vaut en 1991 le prix Eugène-Carrière de l’Académie française. Il dirige par ailleurs des collections ésotériques chez Dangles.

Principaux ouvrages

  • Le Symbolisme maçonnique traditionnel. Thesaurus Latomorum, Éditions du Prisme, 1974
  • La Symbolique de la Rose-Croix, Payot, 1975
  • Le Compagnonnage en France, Payot, 1977
  • Le Symbolisme maçonnique traditionnel, 2 tomes, Edimaf, 1981-1982
  • La Symbolique du cabinet de réflexion, Edimaf, 1984
  • Les Origines compagnonniques de la franc-maçonnerie, Trédaniel, 1990
  • La Tradition cachée des cathédrales, Dangles, 1990
  • L’Esprit du compagnonnage, Dangles, 1994
  • Précis de franc-maçonnerie, Dervy, 1999
  • La Grande Encyclopédie maçonnique des symboles, Éditions maçonniques de France, 2000
  • La Symbolique du Temple, Edimaf, 2001
  • G comme Géométrie, 2 tomes, Edimaf, 2012

Un maître du symbolisme maçonnique

Par l’ampleur de son œuvre et la constance de son effort pédagogique, Jean-Pierre Bayard a été l’un des grands passeurs du symbolisme maçonnique dans la seconde moitié du XXe siècle. Son approche, résolument traditionnelle et spiritualiste, rapproche loges, compagnonnage, Rose-Croix et hermétisme dans une même quête de sens. Ses ouvrages, abondamment réédités, restent des compagnons de route pour l’apprenti qui découvre le cabinet de réflexion comme pour le maître qui médite la lettre G.

À lire sur 450.fm : 05-06/09/26 : Cahors – 28e Salon du Livre Ancien et Moderne, Sophie Dufor est « Au cœur à l’ouvrage », La tradition en Franc-maçonnerie, L’épreuve du symbole : « Quelques pas ensemble », un chemin à habiter.

Voir aussi dans le glossaire : Cabinet de Réflexion, Rose-Croix, la lettre G.

Glossaire de la franc-maçonnerie

Alain Bauer (Auteur, Grand Maître du GODF)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Né le 8 mai 1962 à Paris, Alain Bauer est un criminologue français, premier titulaire d’une chaire de criminologie appliquée en France, au Conservatoire national des arts et métiers. Conseiller de plusieurs gouvernements sur les questions de sécurité, il a été grand maître du Grand Orient de France de 2000 à 2003. Auteur prolifique, il a publié de nombreux livres sur la franc-maçonnerie, dont Grand O (Denoël, 2001) et le Dictionnaire amoureux de la franc-maçonnerie (Plon, 2010).

De la Sorbonne à la sécurité publique

Alain Bauer, criminologue, ex-grand maître du GODF

Formé à Sciences Po et à l’université Paris II, titulaire d’un DESS en politiques publiques, Alain Bauer s’engage très jeune dans la vie universitaire et politique : il est vice-président de l’université Paris I Panthéon-Sorbonne de 1982 à 1989, puis conseiller pour la sécurité du Premier ministre Michel Rocard de 1988 à 1990.

Il fonde ensuite une société de conseil en sécurité, qu’il préside de 1994 à 2012, et intervient comme expert auprès de nombreuses institutions. Il préside l’Observatoire national de la délinquance à partir de 2003, le Conseil supérieur de la formation et de la recherche stratégiques à partir de 2007, puis le Conseil national des activités privées de sécurité de 2012 à 2017.

Le criminologue du CNAM

En 2009, il devient professeur titulaire de la chaire de criminologie appliquée du CNAM, la première du genre en France. Il enseigne également à l’étranger, notamment au John Jay College of Criminal Justice de New York. Il soutient en 2016 une thèse de doctorat en droit consacrée à l’archéologie juridique, politique et sociale du crime et de la criminologie.

Il est l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages sur la délinquance, la police et le terrorisme, de Violences et insécurité urbaines (avec Christophe Soullez, PUF, 1995) à Au commencement était la guerre (Fayard, 2023). Il est commandeur de la Légion d’honneur (2016).

Grand maître du Grand Orient de France

Alain Bauer fait au Grand Orient de France un parcours rapide : conseiller de l’Ordre, puis adjoint du grand maître Philippe Guglielmi de 1996 à 1999, il est élu grand maître de 2000 à 2003. Son mandat est marqué par une volonté d’ouverture de l’obédience vers l’extérieur et par une forte présence médiatique, qui lui vaut aussi des critiques internes ; il quitte ses responsabilités nationales en 2005.

Dans Grand O. Les Vérités du grand maître du Grand Orient de France (Denoël, 2001), il expose sa conception d’une maçonnerie adogmatique et républicaine, éclaire la signification du secret maçonnique et le rôle des loges dans la construction de la République. Il est aussi l’auteur d’un essai sur De la régularité maçonnique (Éditions maçonniques de France), question qui oppose les maçonneries libérale et dite régulière.

Un vulgarisateur de l’histoire maçonnique

Alain Bauer – Conférence d'Alain Bauer - Les mutations du terrorisme (32649899685)

Avec le Dictionnaire amoureux de la franc-maçonnerie (Plon, 2010), illustré par Alain Bouldouyre, Alain Bauer propose un parcours personnel à travers l’histoire, les mots, les symboles et les figures de l’Ordre. Il a également signé dans la collection « Que sais-je ? » des PUF deux synthèses sur Le Grand Orient de France, avec Édouard Boeglin (2002) puis avec Pierre Mollier (2012), consacrées à l’histoire et aux valeurs de la plus ancienne obédience française.

Principaux ouvrages

  • Grand O. Les Vérités du grand maître du Grand Orient de France, Denoël, 2001
  • Le Grand Orient de France (avec Édouard Boeglin), PUF, « Que sais-je ? », 2002
  • Dictionnaire amoureux de la franc-maçonnerie, Plon, 2010
  • Le Grand Orient de France (avec Pierre Mollier), PUF, « Que sais-je ? », 2012
  • De la régularité maçonnique, Éditions maçonniques de France
  • Questions à l’étude des loges dans les obédiences de la franc-maçonnerie française (avec Jean-Claude Rochigneux), Éditions maçonniques de France
  • Violences et insécurité urbaines (avec Christophe Soullez), PUF, 1995
  • Au commencement était la guerre, Fayard, 2023
  • Les Relations internationales de la franc-maçonnerie française (avec Jean-Claude Rochigneux), Armand Colin, mars 2010
  • Le Rite français (avec Gérard Meyer), PUF, août 2012
  • Les 100 mots de la franc-maçonnerie, avec Roger Dachez, PUF, coll. « Que sais-je ? », 2007 ; 3e éd. 2017.
  • La Franc-maçonnerie, avec Roger Dachez, PUF, coll. « Que sais-je ? » n° 3993, 2013.
  • Lexique des symboles maçonniques, avec Roger Dachez, PUF, coll. « Que sais-je ? », 2014.
  • Les Rites maçonniques anglo-saxons, avec Roger Dachez, PUF, coll. « Que sais-je ? », 2011.
  • Les Mystères de Channel Row, avec Roger Dachez, Paris, Jean-Claude Lattès, 2007.
  • Le Convent du sang, avec Roger Dachez, Paris, Jean-Claude Lattès, 2009.
  • Le Petit Dictionnaire des Vrais et Faux Frères, avec Roger Dachez, Paris, Flammarion, 2015.
  • Les Promesses de l’aube, avec Roger Dachez et Michel Barat, Paris, Dervy, 2013.
  • Pour retrouver la parole, avec Roger Dachez, Bruno Étienne et Michel Maffesoli, Paris, La Table Ronde, 2006.

Une figure publique de la maçonnerie libérale

Rares sont les grands maîtres qui ont autant écrit sur l’Ordre qu’Alain Bauer. Criminologue reconnu, il a mis sa notoriété au service d’une maçonnerie libérale assumée et visible, défendant le Grand Orient de France dans le débat public et multipliant les ouvrages de vulgarisation. Son parcours illustre la tension, propre à la maçonnerie contemporaine, entre discrétion initiatique et présence dans la cité ; ses livres constituent une porte d’entrée accessible à l’histoire et aux débats de l’obédience.

À lire sur 450.fm : Alain Bauer face à Éric Zemmour : la Franc-maçonnerie au miroir de la laïcité et de la crise républicaine, Trump mot à mot, Alain Bauer dévoile la mécanique d’une persuasion de masse, Passage à l’Orient Éternel de François Patriat : Pourquoi faut-il attendre qu’un maçon soit mort pour dévoiler son appartenance ?.

Grand Maître du Grand Orient de France (2000-2003)

Initié jeune au Grand Orient de France, au début des années 1980, Alain Bauer siège au Conseil de l’Ordre aux côtés du grand maître Philippe Guglielmi à la fin des années 1990. En 2000, après la démission de Simon Giovannaï et un bref intérim de Bernard Brandmeyer, il est élu à la présidence du Conseil de l’Ordre et devient, à 38 ans, grand maître de l’obédience.

Il dirige le Grand Orient jusqu’en 2003, date à laquelle Bernard Brandmeyer lui succède. La même année, il devient chancelier de l’Institut maçonnique international. Très présent dans les médias, il donne à la fonction une visibilité publique qui lui vaut aussi des critiques internes ; en 2005, il renonce à l’ensemble de ses responsabilités nationales au sein de l’obédience.

Sa réflexion maçonnique se prolonge dans plusieurs ouvrages, dont République, Républiques (2007), Le Rite français, Grand O et le Dictionnaire amoureux de la franc-maçonnerie, qui font de lui l’un des passeurs les plus connus de la tradition maçonnique auprès du grand public.

Voir aussi dans le glossaire : Grand Maître, Régularité, Obédience, Haine de la laïcité (antimaçonnisme).

Pour aller plus loin sur 450.fm

Tous les articles de 450.fm sur le Grand Orient de France : 450.fm/tag/godf/

Glossaire de la franc-maçonnerie

John Bartier (Auteur)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Né à Leek, en Angleterre, en 1915 et mort à Bruxelles le 14 janvier 1980, John Bartier est un historien belge, professeur à l’Université libre de Bruxelles. Médiéviste de formation, spécialiste des ducs de Bourgogne, il s’est ensuite tourné vers le XIXe siècle belge, le libéralisme, le socialisme et la libre pensée. Initié en 1951, il a consacré de nombreuses études à la franc-maçonnerie et à la laïcité, rassemblées après sa mort dans Laïcité et franc-maçonnerie (Éditions de l’ULB, 1981).

Un médiéviste formé à l’ULB

John Bartier – Faculté de droit de l'université libre de Bruxelles

Après des études secondaires à l’athénée Fernand Blum de Schaerbeek, John Bartier entre en 1934 à l’Université libre de Bruxelles. Licencié en histoire médiévale et agrégé en 1938, il enseigne dans plusieurs athénées, à Forest, Mons et Anvers. Mobilisé en 1940, il est fait prisonnier lors de la campagne des dix-huit jours.

Ses premiers travaux portent sur l’État bourguignon : un article sur l’ascension du marchand Odot Molain (1943), puis un Charles le Téméraire paru chez Charles Dessart en 1944 et réédité, revu et augmenté, en 1970. Sa thèse de doctorat, soutenue en 1950, donne en 1955 Légistes et gens de finances au XVe siècle, publié par l’Académie royale de Belgique, étude de référence sur les conseillers des ducs Valois.

Professeur d’histoire contemporaine

Assistant à l’École des sciences politiques et sociales après la Libération, Bartier devient professeur extraordinaire en 1953, puis professeur ordinaire en 1956 à la faculté des sciences sociales, politiques et économiques de l’ULB. Il y enseigne l’histoire de Belgique, l’histoire de ses institutions et l’histoire contemporaine de l’Église.

Son centre de gravité se déplace alors vers le XIXe siècle : le libéralisme et le socialisme belges, la presse, les fouriéristes, l’histoire de l’université elle-même et de la vie étudiante. Ces recherches éclairent la formation de la Belgique indépendante et l’affrontement entre catholiques et libéraux qui structure sa vie politique.

Franc-maçonnerie, laïcité et libre examen

Initié en 1951 dans la loge Prométhée, John Bartier fait de la maçonnerie un objet d’histoire à part entière. Il étudie le rôle des loges dans la vie politique belge, leurs rapports avec le parti libéral, l’essor de la libre pensée et du principe du libre examen, au cœur de l’identité de l’ULB fondée en 1834 par des milieux maçonniques.

Ses articles, dispersés dans des revues et des volumes collectifs, sont rassemblés après sa mort par Guy Cambier dans deux recueils parus en 1981 aux Éditions de l’Université de Bruxelles : Libéralisme et socialisme au XIXe siècle et Laïcité et franc-maçonnerie. D’autres travaux paraissent ensuite par les soins de Francis Sartorius, dont Fourier en Belgique (2005). Un hommage lui est rendu à l’ULB en 1991.

Principaux ouvrages

  • Charles le Téméraire, Charles Dessart, 1944 (rééd. revue et augmentée, 1970)
  • Légistes et gens de finances au XVe siècle : les conseillers des ducs de Bourgogne, Académie royale de Belgique, 1955
  • Bourguignons en Flandre et Flamands en Bourgogne au temps des ducs Valois, Centre européen d’études burgondo-médianes, 1960
  • Libéralisme et socialisme au XIXe siècle, Éditions de l’Université de Bruxelles, 1981
  • Laïcité et franc-maçonnerie, Éditions de l’Université de Bruxelles, 1981
  • Odilon Delimal, un journaliste franc-tireur, Éditions de l’Université de Bruxelles, 1983
  • Fourier en Belgique, Bibliothèque de l’ULB et Du Lérot, 2005

Un historien rigoureux de la maçonnerie belge

John Bartier appartient à la génération qui a fait sortir l’histoire de la franc-maçonnerie belge du registre apologétique ou polémique pour la soumettre aux méthodes universitaires. Médiéviste rompu à la critique des sources, il a appliqué la même exigence aux loges, à la laïcité et au libre examen. Laïcité et franc-maçonnerie reste un ouvrage de référence pour comprendre comment la maçonnerie a façonné la vie publique et intellectuelle de la Belgique au XIXe siècle.

Voir aussi dans le glossaire : Haine de la laïcité (antimaçonnisme), Loge.

Glossaire de la franc-maçonnerie

James Anderson (Auteur)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Né à Aberdeen, en Écosse, vers la fin du XVIIe siècle et mort à Londres le 28 mai 1739, James Anderson est un pasteur presbytérien dont le nom est devenu inséparable de la franc-maçonnerie moderne. Chargé par la Grande Loge de Londres de rédiger l’histoire et les règlements de l’Ordre, il publie en 1723 The Constitutions of the Free-Masons, texte fondateur traduit et réimprimé dans toute l’Europe et en Amérique, puis une seconde édition très augmentée en 1738. Ces « Constitutions d’Anderson » restent la référence de la régularité.

D’Aberdeen à Londres

James Anderson, pasteur presbytérien écossais

Fils d’Aberdeen, James Anderson étudie au Marischal College, où il obtient sa maîtrise ès arts, avant de se former à la théologie. Sa date de naissance demeure incertaine : selon les sources, elle se situe vers 1679 ou au début des années 1690. Ordonné pasteur dans l’Église d’Écosse en 1707, il part exercer à Londres auprès des communautés presbytériennes écossaises.

Il y dessert successivement la congrégation de Glass House Street, puis l’église de Swallow Street jusqu’en 1734, enfin la chapelle de Lisle Street jusqu’à sa mort. Lettré, généalogiste passionné, il fréquente les milieux savants de la capitale ; on le rattache au cercle de Jean Théophile Desaguliers, membre de la Royal Society et figure centrale de la Grande Loge naissante. Ruiné en partie par le krach de la Compagnie des mers du Sud en 1720, il connaîtra des difficultés financières jusqu’à la fin de sa vie.

La commande de la Grande Loge

Fondée en 1717 selon le récit traditionnel, la Grande Loge de Londres et de Westminster cherche, au début des années 1720, à se doter d’un corpus de règles. En septembre 1721, Anderson, maître de loge, reçoit mandat de rédiger une histoire de la maçonnerie et de mettre en forme les anciens devoirs (Old Charges) des maçons opératifs. Le texte, examiné par une commission, est approuvé et publié en 1723, Anderson étant alors grand surveillant.

Les Constitutions de 1723

The Constitutions of the Free-Masons comprennent trois parties : une histoire légendaire du métier, qui remonte d’Adam aux bâtisseurs du Temple de Salomon et aux corporations britanniques ; les « Obligations d’un franc-maçon » (Charges) ; enfin les règlements généraux de la Grande Loge. Le nom d’Anderson n’apparaît qu’en appendice.

La première obligation, « Concernant Dieu et la religion », a fait couler beaucoup d’encre : elle n’impose plus aux maçons que la « religion sur laquelle tous les hommes sont d’accord », laissant à chacun ses opinions particulières. Cette formule de tolérance, adaptée à une Angleterre sortie des guerres de religion, fonde la vocation de la loge comme « centre de l’union ». Benjamin Franklin réimprime l’ouvrage à Philadelphie en 1734 ; des traductions paraissent en allemand (1741), en français (1745) et en néerlandais (1746).

1738 : une seconde édition et d’autres travaux

James Anderson – Anderson'sConstitutions

En 1738, Anderson publie une seconde édition considérablement augmentée, qui développe la partie historique et modifie certains passages, notamment sur la religion. Les historiens ont depuis relevé les libertés qu’il prend avec les faits, en particulier dans son récit de la fondation de la Grande Loge, rédigé vingt ans après les événements.

Parallèlement, il poursuit une œuvre de généalogiste : ses Royal Genealogies (1732) dressent les tables des empereurs et rois depuis Adam, et sa Genealogical History of the House of Yvery reste inachevée à sa mort, puis paraît en 1742.

Principaux ouvrages

  • The Constitutions of the Free-Masons, Londres, 1723
  • Royal Genealogies, or the Genealogical Tables of Emperors, Kings and Princes, Londres, 1732
  • The New Book of Constitutions of the Antient and Honourable Fraternity of Free and Accepted Masons, Londres, 1738
  • News from Elysium, 1739
  • A Genealogical History of the House of Yvery, Londres, 1742 (posthume)
  • Reproduction des Constitutions des francs-maçons ou Constitution d’Anderson de 1723 en anglais et en français, Twickenham, Éd. Maurice Paillard, 1952

Le père d’un texte fondateur

James Anderson n’a pas inventé la franc-maçonnerie, mais il lui a donné sa charte. En compilant les anciens devoirs, en posant le principe d’une fraternité ouverte aux hommes de bonne volonté quelles que soient leurs confessions, et en codifiant le fonctionnement d’une Grande Loge, il a fourni le modèle dont toutes les obédiences se réclament encore, qu’elles en revendiquent la lettre ou qu’elles en discutent l’interprétation. Trois siècles plus tard, les « Constitutions d’Anderson » demeurent la pierre de touche des débats sur la régularité, la laïcité et le rapport de la loge au sacré.

À lire sur 450.fm : « Le Grand Architecte de l’Univers » – Le Suprême Conseil Féminin de France interroge le Principe, La Fédération LNF devient désormais : « Fédération Loge Nationale Française-René Guilly », Le mot du mois – Équité : après le Niveau, apprendre à lire la Balance.

Voir aussi dans le glossaire : Anderson (James), Anciens Devoirs (Old Charges), Régularité.

Glossaire de la franc-maçonnerie

Robert Ambelain (Auteur)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Né à Paris le 2 septembre 1907 et mort dans la même ville le 27 mai 1997, Robert Ambelain est l’une des figures les plus singulières de l’ésotérisme français du XXe siècle. Astrologue, occultiste, historien des sociétés initiatiques, il a dirigé pendant un quart de siècle le Rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm et œuvré au réveil de l’Ordre des Élus Coëns. Son œuvre, d’une cinquantaine de titres, va du martinisme à la symbolique des outils, avec un ouvrage phare : Scala philosophorum ou la Symbolique des outils dans l’art royal (1965).

Un autodidacte de l’occulte

Robert Ambelain, ésotériste, maître de Memphis-Misraïm

Robert Ambelain s’intéresse à l’astrologie dès le début des années 1920. Autodidacte, il publie ses premiers travaux dans les années 1930 : Éléments d’astrologie judiciaire (1936), puis les volumes d’un Traité d’astrologie ésotérique chez Adyar-Niclaus à partir de 1937. Ces livres le font connaître dans les milieux occultistes parisiens de l’entre-deux-guerres, où se croisent héritiers de Papus, martinistes et gnostiques.

Très vite, son champ s’élargit : Dans l’ombre des cathédrales (1939) propose une lecture ésotérique de l’architecture et du décor de Notre-Dame de Paris, tandis qu’Adam, dieu rouge (1941) explore l’ésotérisme judéo-chrétien. Il publie ensuite sur la Kabbale, le tarot, la talismanie ou la magie, toujours chez Niclaus, l’éditeur de référence de l’occultisme français de l’époque, sous le nom mystique d’Aurifer.

Le réveil des Élus Coëns et le martinisme

Pendant l’Occupation, alors que les sociétés initiatiques sont interdites, Ambelain s’attache avec Robert Amadou et quelques autres à restaurer l’Ordre des Élus Coëns, héritier de la théurgie de Martinès de Pasqually. Il en devient Souverain Grand Commandeur en 1942 et fonde ensuite un Ordre martiniste des Élus-Cohens, actif jusqu’en 1967.

Ce travail militant se double d’un travail d’historien : Le Martinisme, histoire et doctrine (1946), Le Martinisme contemporain et ses véritables origines (1948) puis Martinez de Pasqually et le Martinisme (1959) contribuent à faire connaître au grand public la filiation de Martinès, de Louis-Claude de Saint-Martin et de Jean-Baptiste Willermoz.

Grand maître de Memphis-Misraïm

Initié dans la loge « La Jérusalem des vallées égyptiennes », relevant du Rite de Memphis-Misraïm, Ambelain dirige ensuite la loge « Alexandrie d’Égypte ». De 1960 à 1985, il est le grand maître mondial de la Grande Loge française du Rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm, qu’il structure et dote de rituels. Il transmet la grande maîtrise à Gérard Kloppel en 1985.

Ses Cérémonies et rituels de la maçonnerie symbolique (1967, réédité en 1978) fixent la pratique des grades bleus du rite. Ambelain revendique également le réveil, en 1985, d’un Rite écossais primitif, et il est armé Chevalier bienfaisant de la Cité sainte au sein du Rite écossais rectifié. Sa vie initiatique se prolonge enfin dans l’Église gnostique apostolique, dont il est l’un des fondateurs en 1953 et le patriarche à partir de 1958.

Symbolique des outils et histoire des rites

Robert Ambelain – Stella del Santuario Egizio d’Italia

Pour les francs-maçons, le livre le plus lu d’Ambelain reste Scala philosophorum ou la Symbolique des outils dans l’art royal (1965, réédité chez Signatura en 2011). Il y décrit les instruments de la loge – équerre, compas, maillet, ciseau, règle, levier – comme les degrés d’une échelle philosophique, dans une perspective nettement hermétique.

Il revient à l’histoire avec Templiers et Rose-Croix (1955), puis La Franc-maçonnerie oubliée (1985) et La Franc-maçonnerie d’autrefois (1988), consacrés aux rituels et aux grades anciens. Dans les années 1970, il touche un large public chez Robert Laffont avec une trilogie sur les origines chrétiennes, ouverte par Jésus ou le Mortel secret des Templiers (1970), où ses thèses heurtent l’exégèse académique.

Principaux ouvrages

  • Dans l’ombre des cathédrales, Adyar, 1939
  • Adam, dieu rouge. L’ésotérisme judéo-chrétien, Niclaus, 1941
  • La Franc-maçonnerie occultiste et mystique (1643-1943). Le Martinisme, histoire et doctrine, Niclaus, 1946
  • Les Survivances initiatiques. Le martinisme contemporain et ses véritables origines, Destins, 1948
  • Les Survivances initiatiques. Templiers et Rose-Croix, Adyar, 1955
  • Martinez de Pasqually et le Martinisme, 1959
  • L’Alchimie spirituelle, la voie intérieure, La Diffusion scientifique, 1961
  • Scala philosophorum ou la Symbolique des outils dans l’art royal, 1965 (rééd. Signatura, 2011)
  • Rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm. Cérémonies et rituels de la maçonnerie symbolique, N. Bussière, 1967
  • Jésus ou le Mortel secret des Templiers, Robert Laffont, 1970
  • La Franc-maçonnerie oubliée, 1985
  • La Franc-maçonnerie d’autrefois, 1988

Un passeur des courants égyptiens et martinistes

Robert Ambelain divise : ses thèses historiques sont souvent discutées, ses filiations parfois contestées. Mais aucun historien de l’illuminisme et des rites dits égyptiens ne peut l’ignorer. Organisateur de Memphis-Misraïm en France, restaurateur des Élus Coëns, auteur de rituels encore pratiqués et d’une symbolique des outils toujours rééditée, il a fait entrer dans la culture maçonnique du XXe siècle tout un pan de la tradition occultiste. Lu avec discernement, il reste une porte d’entrée majeure vers la maçonnerie à orientation hermétique et spiritualiste.

À lire sur 450.fm : EXCLUSIF : Interview de Franco Huard – Grande Loge ANI du Canada, Il était une fois… la pierre brute, Pourquoi des écrivains et des chroniqueurs Francs-maçons écrivent-ils sous pseudo ?.

Voir aussi dans le glossaire : Outils.

Glossaire de la franc-maçonnerie

Adolphus Frederick Alexander Woodford (historien)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Adolphus Frederick Alexander Woodford, né le 9 juillet 1821 et mort le 23 décembre 1887, est un ecclésiastique anglican et un historien britannique de la franc-maçonnerie. Grand chapelain de la Grande Loge unie d’Angleterre, éditeur des grandes revues maçonniques de son temps et auteur de la Kenning’s Masonic Cyclopaedia, il fut l’un des neuf fondateurs de la loge de recherche Quatuor Coronati à Londres.

Un fils de maréchal devenu pasteur

Fils aîné du feld-maréchal Sir Alexander Woodford, il sert d’abord comme enseigne et lieutenant aux Coldstream Guards de 1838 à 1841. Il étudie ensuite à l’University College de Durham, est ordonné diacre en 1846, puis prêtre en 1847. Vicaire à Whitburn, chapelain du High Sheriff du Yorkshire, il est recteur de Swillington, près de Leeds, jusqu’en 1872.

Un franc-maçon de haut rang

Initié à Gibraltar en 1842, il fréquente ensuite plusieurs loges du Durham et du Yorkshire, puis la prestigieuse Lodge of Antiquity n° 2 à Londres, dont il devient Deputy Master en 1878 sous la présidence du duc d’Albany. Grand chapelain provincial du Durham et du West Yorkshire, il est nommé en 1863 Grand Chaplain de la Grande Loge unie d’Angleterre par le comte de Zetland.

Les Quatre Saints Couronnés

Éditeur et homme de lettres maçonniques

Après 1872, il se consacre entièrement à l’édition maçonnique, souvent sous le pseudonyme de « Masonic Student ». Il dirige le Masonic Magazine et l’hebdomadaire The Freemason, publie A Defence of Freemasonry (1874) et la Kenning’s Masonic Cyclopaedia and Handbook of Masonic Archaeology, History and Biography (Londres, George Kenning, 1878), l’un des premiers grands dictionnaires maçonniques anglais.

Cofondateur de Quatuor Coronati

En 1884, Woodford figure parmi les neuf fondateurs de la loge Quatuor Coronati n° 2076, avec Charles Warren, Robert Freke Gould, William Harry Rylands, Walter Besant, John Paul Rylands, Sisson Cooper Pratt, William James Hughan et George William Speth. Lors de la consécration de la loge, le 12 janvier 1886, il prononce l’oration solennelle.

Un rôle inattendu dans l’histoire de l’ésotérisme

Woodford a transmis à William Wynn Westcott des papiers provenant de Frederick Hockley et de Kenneth Mackenzie, parmi lesquels les fameux « Cipher Manuscripts » qui furent à l’origine de la fondation de l’ordre hermétique de la Golden Dawn. Il repose au cimetière de West Norwood, à Londres.

Principaux ouvrages

  • A Defence of Freemasonry, 1874
  • Kenning’s Masonic Cyclopaedia and Handbook of Masonic Archaeology, History and Biography, George Kenning, 1878
  • Direction du Masonic Magazine et de The Freemason

Voir aussi dans le glossaire : Robert Freke Gould (historien), Origines fantasmées (antimaçonnisme), Occultisme (antimaçonnisme).

Glossaire de la franc-maçonnerie

Jan Snoek (historien)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Jan A. M. Snoek, né en 1946 à Amsterdam, est un historien néerlandais des religions, chercheur à l’université de Heidelberg et l’un des grands spécialistes internationaux des rituels maçonniques. Docteur de l’université de Leyde, il s’est consacré aux rites de passage et d’initiation, aux hauts grades, au mythe d’Hiram et à la maçonnerie d’adoption, et a codirigé le Handbook of Freemasonry publié chez Brill en 2014.

Un parcours atypique

Jan Snoek étudie d’abord la biologie et la chimie à l’université de Leyde (1965-1979) et occupe pendant près de trente ans des fonctions en informatique. En 1987, il soutient à Leyde une thèse de sciences des religions intitulée Initiations, consacrée à la théorie de la définition appliquée à l’étude des rituels.

Un spécialiste des rituels et des religions

Il enseigne les sciences des religions à l’université de Tilburg et occupe en 1996 la chaire Théodore Verhaegen sur la franc-maçonnerie à l’Université libre de Bruxelles. Il enseigne ensuite à la faculté de théologie de Leyde (« Introduction à l’ésotérisme occidental et à la franc-maçonnerie »), puis rejoint en 2000 l’Institut für Religionswissenschaft de l’université de Heidelberg. Il a été professeur invité à Göteborg et Honorary Research Fellow à l’université du Pays de Galles, à Lampeter.

Jan Snoek, historien des rituels maçonniques

Le rite d’adoption et l’initiation des femmes

Son livre Initiating Women in Freemasonry: The Adoption Rite (Brill, 2012) est l’étude de référence sur la maçonnerie d’adoption, qui permit aux femmes du XVIIIe siècle d’être initiées dans des loges liées aux loges masculines. Avec Alexandra Heidle, il a dirigé Women’s Agency and Ritual in Mixed and Female Masonic Orders (Brill, 2008).

Rituels, hauts grades et ésotérisme

Jan Snoek a étudié l’histoire des rituels maçonniques, le mythe d’Hiram et le développement des hauts grades, ainsi que les rapports entre la franc-maçonnerie et l’ésotérisme occidental. Il a codirigé avec Henrik Bogdan le Handbook of Freemasonry (Brill, 2014) et contribué à la grande édition British Freemasonry 1717-1813 (Routledge, 2016).

Franc-maçon depuis 1971, il est membre de plusieurs loges de recherche, dont Ars Macionica en Belgique et Quatuor Coronati à Londres. Un volume d’hommage réunissant ses articles, Formen und Inhalte freimaurerischer Rituale, a paru en 2017.

Principaux ouvrages

  • Initiations, thèse, Leyde, 1987
  • Masonic and Esoteric Heritage (codir.), 2005
  • Women’s Agency and Ritual in Mixed and Female Masonic Orders (avec Alexandra Heidle), Brill, 2008
  • Initiating Women in Freemasonry: The Adoption Rite, Brill, 2012
  • Handbook of Freemasonry (avec Henrik Bogdan), Brill, 2014
  • Formen und Inhalte freimaurerischer Rituale, 2017

Voir aussi dans le glossaire : Rite et soupçon (antimaçonnisme), Femmes et antimaçonnisme (antimaçonnisme), Cécile Révauger (historienne), Yves Hivert-Messeca (historien).

Glossaire de la franc-maçonnerie

Éric Saunier (historien)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Éric Saunier, né en 1963, est un historien français, maître de conférences en histoire moderne à l’Université Le Havre Normandie. Spécialiste de la sociabilité maçonnique en Normandie, des villes portuaires atlantiques et de la mémoire de la traite négrière, il a dirigé l’Encyclopédie de la franc-maçonnerie au Livre de Poche et codirige les Chroniques d’histoire maçonnique, sans être lui-même franc-maçon.

Formation et carrière

Professeur d’histoire-géographie dans l’enseignement secondaire à Rouen de 1986 à 1996, Éric Saunier soutient en 1995 à l’université de Rouen une thèse consacrée à Révolution et sociabilité en Normandie au tournant des XVIIIe et XIXe siècles : 6 000 francs-maçons de 1740 à 1830. Depuis 1997, il est maître de conférences en histoire moderne à l’Université Le Havre Normandie, et chercheur associé au CNRS.

La franc-maçonnerie, miroir d’une société en mutation

Ses recherches montrent comment la sociabilité maçonnique accompagne le passage de la société d’ordres à la société de classes. À travers l’exemple normand, il étudie le recrutement des loges, leurs réseaux et leur rôle dans les villes portuaires. Il a dirigé l’Encyclopédie de la franc-maçonnerie publiée au Livre de Poche dans la collection « La Pochothèque », devenue un ouvrage de référence.

Codirecteur, avec Pierre Mollier, des Chroniques d’histoire maçonnique, il joue aussi un rôle actif au sein de l’Institut d’études et de recherches maçonniques (IDERM). La particularité de son regard tient à sa position : historien reconnu de la franc-maçonnerie, il n’en est pas membre.

Le Havre, port atlantique

Ports, colonies et mémoire de l’esclavage

Éric Saunier consacre une part importante de son travail à l’histoire de la traite négrière normande, au Havre, à Rouen et à Honfleur. Membre du conseil scientifique de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, il a été commissaire scientifique de l’exposition « Esclavage, mémoires normandes ».

Il a dirigé La Franc-maçonnerie dans les colonies. De l’Atlantique à la mer de Chine (XVIIIe-XXe siècle) (Hémisphères, 2022), Franc-maçonnerie et éducation (XVIIIe-XXe siècle) (2021, préface de Pierre-Yves Beaurepaire) et une Histoire du Havre (Privat, 2017).

Principaux ouvrages

  • Révolution et sociabilité en Normandie, Publications des universités de Rouen et du Havre, 1998
  • Encyclopédie de la franc-maçonnerie (dir.), Le Livre de Poche, « La Pochothèque »
  • Franc-maçonnerie et histoire : bilan et perspectives (dir.), 2003
  • Histoire du Havre (dir.), Privat, 2017
  • Le Havre, les francs-maçons et la mer (avec Pierre Mollier), 2019
  • Franc-maçonnerie et éducation (dir.), Hémisphères, 2021
  • La Franc-maçonnerie dans les colonies (dir.), Hémisphères, 2022
  • Race et Révolution française (avec Karine Rance), Hémisphères, 2024

À lire sur 450.fm

Voir aussi dans le glossaire : Pierre Mollier (historien), Pierre-Yves Beaurepaire (historien), Cécile Révauger (historienne), André Combes (historien).

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Cécile Révauger (historienne)

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Cécile Révauger, née en 1955 à Bordeaux, est une historienne française, angliciste de formation, professeure émérite à l’Université Bordeaux Montaigne. Elle compte parmi les spécialistes reconnus de l’histoire de la franc-maçonnerie au siècle des Lumières, en Grande-Bretagne, aux États-Unis et en France. Ses travaux sur la maçonnerie afro-américaine de Prince Hall, sur l’accès des femmes aux loges et sur le Rite Français font référence, tout comme le dictionnaire prosopographique Le Monde maçonnique des Lumières, codirigé avec Charles Porset. Son œuvre illustre l’entrée de l’histoire maçonnique dans le champ universitaire.

Une angliciste devenue historienne de la maçonnerie

Cécile Révauger lors d'une conférence

Agrégée d’anglais, docteure de troisième cycle puis docteure d’État, Cécile Révauger consacre sa thèse d’État, soutenue à Bordeaux à la fin des années 1980, à la franc-maçonnerie en Grande-Bretagne et aux États-Unis de 1717 à 1813, c’est-à-dire de la fondation de la première Grande Loge de Londres à la naissance de la Grande Loge unie d’Angleterre.

Grâce à une bourse Fulbright, elle travaille dans les bibliothèques de grandes obédiences américaines, à Boston, Washington et Cedar Rapids ; une seconde bourse lui permet d’explorer les archives des loges Prince Hall à New York et à Washington. Professeure de civilisation britannique à Bordeaux, elle y dirige des thèses sur la franc-maçonnerie et anime la revue Lumières aux Presses universitaires de Bordeaux.

Prince Hall et la maçonnerie noire américaine

Son livre Noirs et francs-maçons, d’abord paru chez Edimaf puis réédité chez Dervy en 2014, retrace l’histoire de la maçonnerie afro-américaine depuis Prince Hall, initié à Boston au XVIIIe siècle, et montre comment la ségrégation s’est installée au sein même de la fraternité. L’ouvrage, traduit en anglais sous le titre Black Freemasonry: From Prince Hall to the Giants of Jazz, suit cette tradition jusqu’aux grands musiciens de jazz.

Ce travail s’inscrit dans un intérêt plus large pour le monde atlantique : histoire de la Caraïbe anglophone, des sociétés de plantation et de l’abolition de l’esclavage. Elle a publié The Abolition of Slavery: The British Debate, 1787-1840 (2008) et codirigé avec Jacques de Cauna La Société des plantations esclavagistes (Les Indes savantes, 2013).

Les femmes en franc-maçonnerie

L’histoire de la maçonnerie féminine et mixte est un autre de ses grands chantiers : loges d’adoption du XVIIIe siècle, naissance du Droit Humain, création de la Grande Loge féminine de France, débats sur la mixité. Son livre La Longue Marche des francs-maçonnes (Dervy, 2018) en propose la synthèse. Elle a également organisé à Bordeaux un colloque international consacré aux femmes et à la franc-maçonnerie.

Elle a elle-même été initiée en 1982 à la Grande Loge féminine de France, avant de rejoindre le Grand Orient de France en 2013, après l’ouverture de celui-ci à l’initiation des femmes.

Le Rite Français et les Lumières

La mixité en franc-maçonnerie, par Cécile Révauger

Avec Charles Porset, elle a codirigé Franc-maçonnerie et religions dans l’Europe des Lumières (Champion, 1998) puis le monumental Le Monde maçonnique des Lumières (Europe-Amériques et colonies). Dictionnaire prosopographique (Champion, 2013, 3 volumes), qui réunit des notices sur des centaines de maçons du XVIIIe siècle. Avec Ludovic Marcos, elle a signé Les Ordres de Sagesse du Rite français (Dervy, 2015), consacré aux grades supérieurs du Rite Français.

Elle a pris des responsabilités dans les structures de ce rite ; selon des sources maçonniques, elle aurait été en 2020 la première sœur à siéger à la Chambre d’administration du Grand Chapitre Général du Grand Orient de France.

Une voix publique de l’histoire maçonnique

Cécile Révauger intervient régulièrement aux Rendez-vous de l’histoire de Blois, par exemple en 2021 sur le goût du travail comme valeur maçonnique et en 2022 sur les francs-maçons, les ports et la mer. Elle donne aussi de nombreuses conférences en loge, où son approche universitaire, fondée sur les archives, contribue à diffuser une histoire maçonnique sourcée, à distance des légendes.

Principaux ouvrages

  • Franc-maçonnerie et religions dans l’Europe des Lumières (avec Charles Porset), Champion, 1998.
  • The Abolition of Slavery: The British Debate, 1787-1840, 2008.
  • Le Monde maçonnique des Lumières (avec Charles Porset), Champion, 2013, 3 vol.
  • La Société des plantations esclavagistes (avec Jacques de Cauna), Les Indes savantes, 2013.
  • Noirs et francs-maçons, Dervy, 2014 (première édition chez Edimaf).
  • Les Ordres de Sagesse du Rite français (avec Ludovic Marcos), Dervy, 2015.
  • La Longue Marche des francs-maçonnes, Dervy, 2018.

À retenir

  • Professeure émérite de civilisation britannique à l’Université Bordeaux Montaigne.
  • Thèse d’État sur la franc-maçonnerie britannique et américaine de 1717 à 1813.
  • Spécialiste de Prince Hall, de la maçonnerie féminine et du Rite Français.
  • Initiée à la Grande Loge féminine de France en 1982, membre du Grand Orient de France depuis 2013.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Initiation de Prince Hall et de quatorze hommes noirs dans la loge militaire n° 441 à Boston, 6 mars 1775 (date historique), Loge d’Adoption, Mixité, Naissance de la Grande Loge féminine de France, 22 septembre 1952 (date historique).

À lire aussi sur 450.fm

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Charles Porset (historien)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Charles Porset, mort le 25 mai 2011, est un philosophe et historien français, chargé de recherche au CNRS, spécialiste de Voltaire, de Rousseau et des théories du langage au XVIIIe siècle. Historien exigeant de la franc-maçonnerie des Lumières et de la Révolution, il a combattu sans relâche les légendes et les approximations. Avec Cécile Révauger, il a dirigé le monumental Monde maçonnique des Lumières, dictionnaire prosopographique paru en 2013.

Un chercheur au CNRS

Chargé de recherche au CNRS, Charles Porset anime l’équipe des textes du XVIIIe siècle « Madame du Châtelet », rattachée à l’université Paris IV. Spécialiste de Voltaire, de Rousseau et des théories du langage à l’âge classique, il est l’un des cofondateurs de la Société d’histoire et d’épistémologie des sciences du langage, dont la revue lui a rendu hommage à sa disparition.

Une histoire critique de la franc-maçonnerie

Pour Charles Porset, l’histoire maçonnique doit se fonder exclusivement sur les archives. Il distinguait avec insistance le « commencement » de la franc-maçonnerie, documentable, de son « origine », qui relève du mythe. Incroyant et peu porté sur le symbolisme, il combattait avec vigueur ceux qu’il appelait les « docteurs ès maçonnerie », faussaires et plagiaires.

Ses travaux sur les Philalèthes et les convents de Paris (Les Philalèthes et les Convents de Paris. Une politique de la folie, Honoré Champion, 1996) et son recueil Hiram sans-culotte ? Franc-maçonnerie, Lumières et Révolution (Champion, 1998) ont nourri un débat décisif sur le rôle réel des loges dans la Révolution française.

Voltaire, initié à la loge des Neuf Sœurs
Voltaire, initié à la loge des Neuf Sœurs

Le Monde maçonnique des Lumières

Avec Cécile Révauger, il a codirigé Franc-maçonnerie et religions dans l’Europe des Lumières (Champion, 1998), puis l’immense Le Monde maçonnique des Lumières (Europe-Amériques et colonies). Dictionnaire prosopographique, paru à titre posthume en 2013 chez Honoré Champion : trois volumes et près de 2 850 pages consacrés aux francs-maçons du XVIIIe siècle.

Il a également publié Voltaire franc-maçon (1995) et contribué au Dictionnaire de la franc-maçonnerie de Daniel Ligou, dont il a assuré une réédition avec Dominique Morillon. Son dernier livre, Oser penser ! Notes intempestives d’histoire maçonnique, a paru en 2012.

Un frère du Grand Orient

Membre du Grand Orient de France, Charles Porset y a exercé de hautes responsabilités au sein du Grand Chapitre Général. Une salle porte aujourd’hui son nom au siège de l’obédience, rue Cadet.

Les Philalèthes et les convents de Paris

Principaux ouvrages

  • Voltaire franc-maçon, Rumeur des Âges, 1995
  • Les Philalèthes et les Convents de Paris, Honoré Champion, 1996
  • Hiram sans-culotte ?, Honoré Champion, 1998
  • Franc-maçonnerie et religions dans l’Europe des Lumières (avec Cécile Révauger), Champion, 1998
  • Oser penser ! Notes intempestives d’histoire maçonnique, À l’Orient, 2012
  • Le Monde maçonnique des Lumières (avec Cécile Révauger), Champion, 3 vol., 2013
  • Voltaire humaniste, Edimaf, 2002 (rééd. 2012)
  • Les Grades de Sagesse du Rite français, avec Roger Dachez, Ludovic Marcos et Pierre Mollier, Paris, À l’Orient, 2000 ; rééd. 2004.

Voir aussi dans le glossaire : Lumières (antimaçonnisme), Maçonnerie et Révolution française (antimaçonnisme), Jacobinisme (antimaçonnisme), Daniel Ligou (historien).

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