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Paul Naudon (historien)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Paul Naudon, né le 16 avril 1915 à Paris et mort le 30 octobre 2001 à Cannes, est un docteur en droit et un historien français de la franc-maçonnerie. Spécialiste des origines de l’Ordre, il a étudié les liens entre les confréries de métier médiévales et la maçonnerie spéculative dans un livre devenu classique. Son « Que sais-je ? » consacré à la franc-maçonnerie, maintes fois réédité, a fait découvrir l’Ordre à des générations de lecteurs.

Un juriste devenu historien

Né dans le 10e arrondissement de Paris, Paul Naudon est docteur en droit. Juriste de formation, il consacre l’essentiel de son œuvre à l’histoire de la franc-maçonnerie : la Bibliothèque nationale de France lui attribue plus d’une cinquantaine de documents.

Un franc-maçon attaché à la tradition

Membre de la Grande Loge de France, Paul Naudon figure parmi les fondateurs du Suprême Conseil pour la France. En 1964, il participe à la création de la loge de recherche Villard de Honnecourt au sein de la Grande Loge nationale française. Il figure dans le Dictionnaire des francs-maçons français de Michel Gaudart de Soulages et Hubert Lamant.

Les origines religieuses et corporatives

Son livre le plus célèbre, Les Origines religieuses et corporatives de la franc-maçonnerie (Dervy, 1953), étudie l’articulation entre le sacré et le métier : comment les confréries religieuses et les corporations de bâtisseurs du Moyen Âge ont préparé l’émergence de la maçonnerie spéculative. Refondu sous le titre Les Origines de la franc-maçonnerie. Le sacré et le métier, il est présenté par son éditeur comme « un classique ».

Histoire générale de la franc-maçonnerie, de Paul Naudon

Un passeur pour le grand public

Paul Naudon est l’auteur du « Que sais-je ? » n° 1064, La Franc-maçonnerie (PUF), qui a connu de très nombreuses éditions et a longtemps constitué la première porte d’entrée vers l’histoire de l’Ordre. Son Histoire générale de la franc-maçonnerie (Office du Livre, 1981), richement illustrée, a été rééditée à plusieurs reprises.

Hauts grades et ésotérisme chrétien

Il s’est également intéressé aux hauts grades, avec Histoire et rituels des hauts grades maçonniques. Le Rite écossais ancien et accepté (Dervy, 1966), à la maçonnerie chrétienne (La Franc-maçonnerie chrétienne, 1970) et à la philosophie ésotérique des Loges de Saint-Jean (Dervy, 1999). Il a aussi consacré un essai à Rabelais franc-maçon (1954).

Principaux ouvrages

  • Les Origines religieuses et corporatives de la franc-maçonnerie, Dervy, 1953
  • Rabelais franc-maçon, 1954
  • La Franc-maçonnerie, PUF, « Que sais-je ? » n° 1064
  • Histoire et rituels des hauts grades maçonniques, Dervy, 1966
  • La Franc-maçonnerie chrétienne, 1970
  • Histoire générale de la franc-maçonnerie, Office du Livre, 1981
  • Les Loges de Saint-Jean et la philosophie ésotérique de la connaissance, Dervy, 1999

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Voir aussi dans le glossaire : Origines fantasmées (antimaçonnisme), Templiers (antimaçonnisme), Robert Freke Gould (historien), Alec Mellor (historien).

Glossaire de la franc-maçonnerie

Pierre Mollier (historien)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Pierre Mollier, né à Lyon en 1961, est un historien français de la franc-maçonnerie, longtemps directeur de la Bibliothèque, des Archives et du Musée du Grand Orient de France. Spécialiste des rituels, des hauts grades, de la chevalerie maçonnique et de l’iconographie symbolique, auteur d’une dizaine de livres et d’une centaine d’articles, il a été commissaire de la grande exposition consacrée à la franc-maçonnerie par la BnF en 2016.

Formation

Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris en 1984, Pierre Mollier obtient un DEA de sciences religieuses à l’École pratique des hautes études (Ve section). Il oriente très tôt ses recherches vers l’histoire des rituels et de la symbolique maçonnique.

Au service du patrimoine du Grand Orient

Directeur du service Bibliothèque-Archives-Musée du Grand Orient de France et conservateur du Musée de la franc-maçonnerie, il a veillé pendant des décennies sur l’un des plus riches fonds maçonniques au monde. Il a été rédacteur en chef de la revue Renaissance traditionnelle de 1992 à 2022, codirige les Chroniques d’histoire maçonnique et a dirigé la revue en ligne Ritual, Secrecy and Civil Society.

Commissaire de l’exposition « La franc-maçonnerie » présentée par la Bibliothèque nationale de France en 2016, il siège depuis 2018 au Haut Conseil des musées de France. Il a pris sa retraite du Grand Orient en juin 2025.

Pierre Mollier, historien et conservateur

Un franc-maçon érudit

Initié en 1987 au Grand Orient de France dans la loge Emmanuel Arago – Vérité prime tout, dont il a été vénérable, Pierre Mollier est titulaire du 33e degré du Rite écossais ancien et accepté et grand archiviste du Grand Collège des Rites écossais.

Rituels, hauts grades et chevalerie

Ses travaux portent sur l’histoire des rituels maçonniques, du Rite français et de ses hauts grades, sur la chevalerie maçonnique et sur le rite des Antients. Il a édité le Régulateur du maçon (1785-1801) et publié La Chevalerie maçonnique (Dervy, 2005), Les Hauts Grades du Rite français (2017) ou Le Rite des Antients en France (2019).

Il s’intéresse aussi aux rapports entre franc-maçonnerie et pouvoir sous le Premier Empire et la IIIe République, ainsi qu’à l’iconographie : il est le spécialiste du peintre François-Jean Garneray. Il a salué en 2014 la mise en ligne du « fichier Bossu » comme une révolution pour la recherche.

Pierre Mollier

Distinctions

Pierre Mollier a été fait officier puis, en 2024, commandeur des Arts et des Lettres, ainsi que chevalier du Mérite agricole.

Principaux ouvrages

  • Les plus belles pages de la franc-maçonnerie française (avec Alain-Jacques Lacot), 2003
  • Le Régulateur du maçon (1785-1801), Dervy, 2004
  • La Chevalerie maçonnique, Dervy, 2005
  • Le Grand Orient de France (avec Alain Bauer), PUF
  • Les Hauts Grades du Rite français, Dervy, 2017
  • Le Rite des Antients en France, Dervy, 2019
  • Curiosités maçonniques, Dervy, 2021
  • Masonic Myths and Legends, Westphalia Press, 2022
  • Les Grades de Sagesse du Rite français, avec Roger Dachez, Ludovic Marcos et Charles Porset, Paris, À l’Orient, 2000 ; rééd. 2004.

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Voir aussi dans le glossaire : Rite et soupçon (antimaçonnisme), Templiers (antimaçonnisme), Jean Bossu (historien), Ludovic Marcos (historien), René Guilly (historien).

Glossaire de la franc-maçonnerie

Alec Mellor (historien)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Alec Mellor, né le 9 juin 1907 à Paris et mort le 8 mars 1988 à Boulogne-Billancourt, est un avocat, juriste et historien français de la franc-maçonnerie. Catholique pratiquant, auteur de plus de trente ouvrages, il a œuvré toute sa vie au rapprochement entre l’Église et la franc-maçonnerie. Il revendique la paternité du mot « maçonnologie », pour désigner une histoire maçonnique fondée sur les méthodes scientifiques modernes.

Un avocat et un juriste

Fils de Paul-Alexandre Mellor et de Mary-Mathilde Sterne, Alec William Mellor devient avocat à la cour d’appel de Paris en 1930, puis docteur en droit en 1934 avec une thèse sur les conceptions du crime politique sous la République romaine. À partir de 1942, il dirige les travaux pratiques de droit criminel à la faculté de droit de Paris.

Le 27 août 1941, commis d’office devant la Section spéciale créée par le régime de Vichy, il défend le militant communiste Émile Bastard et dénonce en vain l’application rétroactive de la loi. Cet épisode a été porté à l’écran par Costa-Gavras dans Section spéciale (1975).

Un catholique face à la franc-maçonnerie

Membre de l’Association des écrivains catholiques, Alec Mellor s’intéresse très tôt à la franc-maçonnerie : dès 1935, il cosigne sous le pseudonyme de William Henry Les Grands secrets de la franc-maçonnerie. Fidèle à l’interdiction de la double appartenance posée par l’Église depuis 1738, il s’abstient longtemps de franchir le seuil d’une loge.

En 1961, son livre Nos frères séparés, les francs-maçons marque un tournant dans le dialogue entre catholiques et maçons. Encouragé par les ouvertures du jésuite Michel Riquet, il est finalement initié en 1969 à la Grande Loge nationale française, dans la loge Espérance n° 35 à Neuilly.

Le père de la « maçonnologie »

Dans La Franc-maçonnerie à l’heure du choix (1963), il appelle de ses vœux une nouvelle branche historique qu’il propose d’appeler la maçonnologie : l’application à l’histoire maçonnique des méthodes de l’histoire scientifique moderne. Il illustre cette démarche dans Les Mythes maçonniques (Payot, 1974) et préface en 1970 la grande étude de René Le Forestier sur la maçonnerie templière et occultiste.

Son Dictionnaire de la franc-maçonnerie et des francs-maçons (Belfond), régulièrement réédité, ainsi que La Vie quotidienne de la franc-maçonnerie française du XVIIIe siècle à nos jours (Hachette, 1973) et La Grande Loge nationale française. Histoire de la franc-maçonnerie régulière (Belfond, 1980) ont touché un large public.

Quatre prix de l’Académie française

L’Académie française a couronné Alec Mellor à quatre reprises : prix de Joest en 1949 pour La Torture, prix du Docteur-Binet-Sanglé en 1959 pour Le Problème des guérisseurs, et deux prix Broquette-Gonin, en 1962 pour Nos frères séparés et en 1967 pour Histoire de l’anticléricalisme français. Il est le père de la philosophe et psychanalyste Sophie de Mijolla-Mellor.

Principaux ouvrages

  • La Torture, Mame, 1949
  • Nos frères séparés, les francs-maçons, Mame, 1961
  • La Franc-maçonnerie à l’heure du choix, Mame, 1963
  • Histoire de l’anticléricalisme français, Mame, 1966
  • Dictionnaire de la franc-maçonnerie et des francs-maçons, Belfond
  • La Vie quotidienne de la franc-maçonnerie française, Hachette, 1973
  • Les Mythes maçonniques, Payot, 1974
  • La Grande Loge nationale française, Belfond, 1980
  • Histoire des scandales maçonniques, Belfond, 1982

Voir aussi dans le glossaire : Catholicisme et franc-maçonnerie (antimaçonnisme), Pape et franc-maçonnerie (antimaçonnisme), Bulles pontificales (antimaçonnisme), Excommunication (antimaçonnisme), Vichy et héritages antijudéo-maçonniques (antimaçonnisme).

Glossaire de la franc-maçonnerie

Ludovic Marcos (historien)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Ludovic Marcos, né le 6 mai 1951 à Paris et mort le 9 février 2018, est un historien français, agrégé d’histoire et conservateur du Musée de la franc-maçonnerie du Grand Orient de France. Spécialiste du Rite français, de ses Ordres de Sagesse et du patrimoine maçonnique, il a piloté la réouverture du musée de la rue Cadet, labellisé Musée de France en 2010, et laissé une œuvre richement illustrée.

Un parcours singulier

Fils de républicains espagnols exilés lors de la Retirada, Ludovic Marcos milite au début des années 1970 dans des organisations libertaires de la région parisienne. Installé vers 1974 dans les Cévennes, à Saint-Martial, il y travaille comme maçon-carreleur. Il reprend ensuite ses études à Nantes, devient agrégé d’histoire et enseigne en classes préparatoires.

Un franc-maçon du Grand Orient de France

Initié le 13 mai 1982 à la loge La Pierre Angulaire du Grand Orient de France, il est ensuite membre de la loge Des Arts et de l’Amitié à Nantes et fonde ou cofonde plusieurs loges. Grand maître adjoint du GODF en 1998-1999, il est le principal artisan de l’intégration du rite égyptien de Memphis-Misraïm au sein de l’obédience.

Ludovic Marcos, conservateur du Musée de la franc-maçonnerie

Le conservateur du Musée de la franc-maçonnerie

Conservateur du Musée de la franc-maçonnerie à partir de la fin des années 1990 et responsable du secteur culturel du Grand Orient de France, Ludovic Marcos conduit la rénovation et la réouverture du musée de la rue Cadet, labellisé Musée de France, le 11 février 2010. Il y développe une politique d’acquisitions, crée l’association des Amis du musée et multiplie les expositions en région.

L’historien du Rite français

Ses recherches portent sur l’histoire du Rite français, de ses hauts grades et du patrimoine maçonnique, notamment architectural. Il est l’auteur d’une Histoire illustrée du Rite français (Dervy, 2012) et, avec Cécile Révauger, des Ordres de Sagesse du Rite français (Dervy, 2015).

Son Grand livre illustré du patrimoine maçonnique (Le Cherche Midi, 2011) et À la découverte des temples maçonniques de France (Dervy, 2017), réalisé avec le photographe Ronan Loaëc au terme de plus de 70 000 kilomètres de reportages, ont fait découvrir au grand public la richesse des temples et des objets maçonniques. Depuis 2018, l’association AmiLudo fait vivre son héritage.

Principaux ouvrages

  • Histoire du Rite français au XVIIIe siècle et au XIXe siècle, Edimaf
  • Le Grand livre illustré du patrimoine maçonnique, Le Cherche Midi, 2011
  • Histoire illustrée du Rite français, Dervy, 2012
  • Les Ordres de Sagesse du Rite français (avec Cécile Révauger), Dervy, 2015
  • À la découverte des temples maçonniques de France, Dervy, 2017
  • Les Grades de Sagesse du Rite français, avec Roger Dachez, Pierre Mollier et Charles Porset, Paris, À l’Orient, 2000 ; rééd. 2004.

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Voir aussi dans le glossaire : Rite et soupçon (antimaçonnisme), Temple (antimaçonnisme), René Guilly (historien).

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Daniel Ligou (historien)

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Daniel Ligou, né le 22 avril 1921 à Plœmeur et mort le 6 juillet 2013, est un historien français, professeur à l’université de Dijon, spécialiste du protestantisme, du socialisme et de la franc-maçonnerie. Figure fondatrice de l’histoire universitaire de l’Ordre, il est l’auteur du Dictionnaire de la franc-maçonnerie, publié aux Presses universitaires de France et devenu l’ouvrage de référence du domaine.

Une formation protestante et républicaine

Issu d’une famille protestante, républicaine et socialiste, Daniel Ligou fait ses études au lycée Ingres de Montauban, puis étudie la théologie protestante et l’histoire à Montpellier et à Toulouse. Agrégé d’histoire en 1947, il prépare sous la direction de Jacques Godechot une thèse sur Montauban à la fin de l’Ancien Régime et au début de la Révolution, publiée en 1958.

Une carrière universitaire de Montauban à Dijon

Professeur de lycée à Cahors et à Montauban, il enseigne ensuite à l’université d’Alger jusqu’en 1962, puis à l’université de Dijon, de 1962 à 1989. Militant actif de la SFIO, syndicaliste, il a aussi été conseiller aux sports à Chenôve.

Un franc-maçon du Grand Orient

Initié en 1948 au Grand Orient de France, Daniel Ligou est vénérable de la loge dijonnaise Solidarité et Progrès et titulaire de hauts grades. Membre actif de la loge Apes Mellificant de Dijon, il lui a légué sa bibliothèque.

Daniel Ligou, historien de la franc-maçonnerie

Le Dictionnaire de la franc-maçonnerie

En 1974 paraît son Dictionnaire universel de la franc-maçonnerie, repris aux Presses universitaires de France sous le titre Dictionnaire de la franc-maçonnerie. Plusieurs fois réédité et enrichi, notamment avec Charles Porset et Dominique Morillon, il réunit des centaines de notices sur les rites, les obédiences, les personnalités et les notions de la franc-maçonnerie, et reste aujourd’hui l’ouvrage de référence des chercheurs.

Daniel Ligou a également publié une édition critique des Constitutions d’Anderson de 1723 (1978), une biographie de Frédéric Desmons et la franc-maçonnerie sous la IIIe République (1966) et une Histoire des francs-maçons en France de 1725 à nos jours (Privat, 1981).

Un historien du protestantisme et du socialisme

Son œuvre déborde largement l’histoire maçonnique : Histoire du socialisme en France (1871-1961) (1962), Le Protestantisme en France de 1598 à 1715 (1968) ou Histoire de Montauban (1992). En 2021, la revue Chroniques d’histoire maçonnique lui a consacré un numéro d’hommage.

Principaux ouvrages

  • Montauban à la fin de l’Ancien Régime et aux débuts de la Révolution, 1958
  • Histoire du socialisme en France (1871-1961), 1962
  • Frédéric Desmons et la franc-maçonnerie sous la IIIe République, 1966
  • Le Protestantisme en France de 1598 à 1715, 1968
  • Dictionnaire de la franc-maçonnerie, PUF (1re éd. 1974)
  • Édition critique des Constitutions d’Anderson, 1978
  • Histoire des francs-maçons en France de 1725 à nos jours, Privat, 1981

Voir aussi dans le glossaire : Maçonnerie et République (antimaçonnisme), Pierre Chevallier (historien), André Combes (historien), Jean Bossu (historien).

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Jacques Lemaire (historien)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Jacques Charles Lemaire, né le 7 novembre 1946 à Bruxelles, est un romaniste, philologue, médiéviste et codicologue belge, professeur à l’Université libre de Bruxelles et historien de la franc-maçonnerie. Pionnier de l’étude scientifique de l’antimaçonnisme, auquel il a consacré plusieurs ouvrages de référence, il est membre de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique depuis 2009.

Un médiéviste formé à l’Université libre de Bruxelles

Ancien élève de l’Athénée d’Etterbeek, Jacques Lemaire étudie la philologie romane à l’Université libre de Bruxelles à partir de 1965, sous la direction d’Albert Henry et de Pierre Ruelle. Licencié en 1969, il soutient en 1981 un doctorat sur Le thème de la vie curiale en France à la fin du Moyen Âge, couronné par l’Académie royale en 1990.

Professeur de français dans l’enseignement secondaire et dans plusieurs établissements bruxellois, il est parallèlement assistant puis chargé de cours à l’ULB, où il enseigne la littérature médiévale. Il enseigne aussi le français médiéval à l’Université Lille III de 1992 à 2006. On lui doit notamment une Introduction à la codicologie (1989).

Un pionnier de l’étude de l’antimaçonnisme

Parallèlement à ses travaux de médiéviste, Jacques Lemaire s’est imposé comme l’un des premiers historiens de l’antimaçonnisme. Son livre Les Origines françaises de l’antimaçonnisme (1744-1797), publié en 1985 aux Éditions de l’Université de Bruxelles dans la collection « Études sur le XVIIIe siècle », a ouvert un champ de recherche.

Il le prolonge avec L’Antimaçonnisme. Aspects généraux (1738-1998) (1998) et, avec Alain Goldschläger, Le Complot judéo-maçonnique (Labor / Espace de Libertés, 2005), qui analyse l’une des matrices les plus toxiques du soupçon. Il a également publié La Franc-maçonnerie en Belgique. Les loges symboliques (2000) et Parcours d’histoire maçonnique (1973-2013) (2013).

Le complot judéo-maçonnique

Un engagement laïque

Président de l’association philosophique laïque La Pensée et les Hommes, auteur de nombreuses émissions pour la RTBF, Jacques Lemaire a également écrit sur Georges Simenon (Simenon jeune journaliste) et sur le langage publicitaire. Le discours de réception prononcé par Raymond Trousson évoque ses liens maçonniques avec Paul Delsemme.

Académicien

Le 25 avril 2009, il est élu à l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, au fauteuil 7, où il succède à Paul Delsemme. Il y est reçu le 27 novembre 2010 par Raymond Trousson.

Principaux ouvrages

  • Les Origines françaises de l’antimaçonnisme (1744-1797), Éditions de l’Université de Bruxelles, 1985
  • Introduction à la codicologie, 1989
  • Les Visions de la vie de cour dans la littérature française de la fin du Moyen Âge, 1994
  • L’Antimaçonnisme. Aspects généraux (1738-1998), 1998
  • La Franc-maçonnerie en Belgique. Les loges symboliques, 2000
  • Le Complot judéo-maçonnique (avec Alain Goldschläger), 2005
  • Parcours d’histoire maçonnique (1973-2013), 2013

Voir aussi dans le glossaire : Complot judéo-maçonnique (antimaçonnisme), Judéo-maçonnisme (antimaçonnisme), Abbé Augustin Barruel (antimaçonnisme).

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Ludwig Keller (historien)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Ludwig Keller, né le 28 mars 1849 à Fritzlar et mort le 9 mars 1915 à Berlin, est un archiviste et historien allemand. Spécialiste des anabaptistes et des courants religieux dissidents de la Réforme, fondateur en 1892 de la Comenius-Gesellschaft, il a développé une thèse audacieuse : la franc-maçonnerie serait l’héritière d’une longue tradition humaniste et tolérante, transmise à travers les siècles en marge des Églises officielles.

Un archiviste prussien

Fils d’un secrétaire de district, Heinrich Keller, Ludwig Keller étudie au gymnase de Rinteln, puis le droit, les sciences politiques, la philologie classique et l’histoire aux universités de Leipzig et de Marburg. Docteur en 1872, il entre en 1874 aux Archives d’État de Münster, qu’il dirige de 1881 à 1895, avant d’être appelé aux Archives secrètes d’État de Prusse à Berlin.

L’historien des anabaptistes

Ses premiers travaux font de lui un spécialiste reconnu de l’anabaptisme. Son Geschichte der Wiedertäufer und ihres Reiches zu Münster (1880), consacré au royaume anabaptiste de Münster, est suivi d’une étude sur Hans Denck, Ein Apostel der Wiedertäufer (1882), et de Die Reformation und die älteren Reformparteien (1885). Il y replace les fraternités religieuses au cœur de l’histoire de la Réforme allemande.

La Comenius-Gesellschaft

En 1892, il fonde la Comenius-Gesellschaft für Geisteskultur und Volksbildung, placée sous le patronage du pédagogue tchèque Jan Amos Comenius. Cette société entend promouvoir l’idéal humaniste et étudier l’histoire des visions du monde religieuses et philosophiques en Occident.

Une thèse sur les origines de la franc-maçonnerie

Reçu franc-maçon en 1897, Ludwig Keller exerce de hautes fonctions dans la maçonnerie berlinoise. Il soutient l’existence, à côté des Églises officielles, d’une mouvance plus ou moins cachée porteuse d’un christianisme tolérant et non dogmatique, nourri de platonisme. Selon lui, elle se serait transmise par les sectes, les académies de la Renaissance, la franc-maçonnerie et le néo-humanisme allemand.

Il développe ces idées dans Zur Geschichte der Bauhütten und der Hüttengeheimnisse (1898), Die römische Akademie und die altchristlichen Katakomben (1899), Die geistigen Grundlagen der Freimaurerei und das öffentliche Leben (1911) et Die Freimaurerei (1914). Cette thèse d’une continuité souterraine est aujourd’hui jugée spéculative par les historiens, mais elle témoigne de l’effort d’un érudit pour inscrire la franc-maçonnerie dans l’histoire longue de l’humanisme européen.

Principaux ouvrages

  • Geschichte der Wiedertäufer und ihres Reiches zu Münster, 1880
  • Die Gegenreformation in Westfalen und am Niederrhein, 3 vol., 1881-1895
  • Ein Apostel der Wiedertäufer, 1882
  • Die Reformation und die älteren Reformparteien, 1885
  • Zur Geschichte der Bauhütten und der Hüttengeheimnisse, 1898
  • Die geistigen Grundlagen der Freimaurerei und das öffentliche Leben, 1911
  • Die Freimaurerei, 1914

Voir aussi dans le glossaire : Origines fantasmées (antimaçonnisme), Robert Freke Gould (historien).

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Yves Hivert-Messeca (historien)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Yves Hivert-Messeca, né le 24 mai 1948 à Salernes dans le Var, est un historien, chercheur en sciences humaines et essayiste français. Spécialiste de la maçonnologie, qu’il aborde comme un fait social et culturel global, il a publié une vingtaine de livres et quelque deux cents articles, dont la grande fresque en quatre tomes L’Europe sous l’acacia, couronnée par le Bartholdi Award en 2015.

Formation et carrière

Après des études secondaires dans le Var, Yves Hivert-Messeca étudie à Nice (UER Lettres), à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence et à Paris (EPHE-Sorbonne et Institut protestant de théologie). Il enseigne de 1975 à 2011 dans divers établissements secondaires, notamment au lycée Masséna de Nice.

Sous la direction du professeur André Nouschi, il soutient en 1989 une thèse de troisième cycle sur la franc-maçonnerie en pays niçois, puis une thèse d’État sur la franc-maçonnerie en Provence du Consulat à 1940, avec pour rapporteur Bruno Étienne. Post-doctorant, il est associé au Groupe Sociologie, Religions, Laïcités (GRSL) de l’EPHE et de la Sorbonne.

Une approche sociologique de la franc-maçonnerie

Yves Hivert-Messeca s’attache à préciser la notion de maçonnologie : analyser la franc-maçonnerie comme un phénomène social et culturel, à l’aide des méthodes croisées des sciences humaines. Ses travaux portent aussi sur l’histoire du protestantisme français aux XIXe et XXe siècles, la laïcité, la religion civile, la sociabilité démocratique et l’imaginaire symbolique.

Il a consacré un livre à Charles Fauvety et à son projet de « religion laïque » (Ampélos, 2019) et a collaboré, avec plus de cinquante notices, à l’Encyclopédie de la franc-maçonnerie (2000), ainsi qu’à de nombreuses revues : Cahiers Villard de Honnecourt, La Chaîne d’union, Franc-Maçonnerie Magazine.

Protestant et franc-maçon, d'Yves Hivert-Messeca

L’Europe sous l’acacia et l’histoire mondiale des loges

Son œuvre la plus ambitieuse, L’Europe sous l’acacia. Histoire des franc-maçonneries européennes du XVIIIe siècle à nos jours, paraît chez Dervy en quatre tomes entre 2012 et 2018, avec des préfaces de Pierre-Yves Beaurepaire, Aldo Alessandro Mola et Jeffrey Tyssens. Le deuxième tome reçoit en 2015 le Bartholdi Award for Distinguished Scholarship.

Il élargit ensuite son regard au monde entier avec Hiram et Bellone, consacré à la franc-maçonnerie dans la Grande Guerre (2016), puis une série chez Cépaduès sur les francs-maçons d’Afrique et d’Asie, d’Amérique et d’Océanie. En 2016, l’Institut maçonnique de France lui décerne un grand prix spécial du jury pour l’ensemble de son œuvre.

Les femmes et la franc-maçonnerie

Avec son épouse Gisèle Hivert-Messeca, il a signé un ouvrage de référence sur la maçonnerie féminine : Comment la franc-maçonnerie vint aux femmes (1740-1940) (Dervy, 1997), devenu Femmes et franc-maçonnerie. Trois siècles de franc-maçonnerie d’adoption, féminine et mixte en France (2015), préfacé par Cécile Révauger.

Principaux ouvrages

  • La Franc-maçonnerie dans les Alpes-Maritimes, Éditions du Cabri, 1997
  • Comment la franc-maçonnerie vint aux femmes (avec Gisèle Hivert-Messeca), Dervy, 1997
  • L’Europe sous l’acacia, Dervy, 4 tomes, 2012-2018
  • Hiram et Bellone, Dervy, 2016
  • Les Francs-maçons d’Afrique et d’Asie, Cépaduès, 2018
  • Charles Fauvety ou l’impossible religion laïque, Ampélos, 2019
  • Protestants et francs-maçons en pays de France, Dervy, 2020
  • Miscellanea Macionica (dir.), Cépaduès, 2025

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Voir aussi dans le glossaire : Femmes et antimaçonnisme (antimaçonnisme), Laïcité (antimaçonnisme), Pierre-Yves Beaurepaire (historien), André Combes (historien).

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René Guilly (historien)

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René Guilly, né le 27 juillet 1921 à Paris et mort le 11 juin 1992, est un conservateur de musée et un historien français de la franc-maçonnerie, qui signa aussi sous le nom de René Désaguliers. Fondateur de la revue Renaissance traditionnelle et de la Loge nationale française, il a profondément renouvelé l’étude des rituels du XVIIIe siècle et rendu au Rite français sa forme originelle, en revenant toujours aux sources.

Du journalisme au musée du Louvre

Formé aux études littéraires et marqué par l’influence de Jean Giono, René Guilly commence comme journaliste à Combat, où il tient la critique d’art et des chroniques culturelles. Il devient ensuite l’assistant de Germain Bazin au Louvre, puis conservateur en chef des musées de France et directeur du service de restauration des musées classés. Il enseigne également à l’École du Louvre.

Un parcours maçonnique exigeant

Initié le 9 mai 1951 à la loge La Clémente Amitié du Grand Orient de France, il y subit l’influence de Marius Lepage et de la revue Le Symbolisme. Il participe aux Cahiers du Rite moderne français rétabli et fonde, le 30 novembre 1963, le Chapitre Jean-Théophile Désaguliers, décisif pour le réveil des hauts grades du Rite français. Son pseudonyme rend hommage à Jean-Théophile Désaguliers, l’une des figures fondatrices de la maçonnerie moderne.

Passé en 1964 à la Grande Loge nationale française, il conduit le 26 avril 1968 la fondation de la Loge nationale française (LNF), réunissant trois loges sans grand maître, selon un modèle fédéral original.

Chapitre de recherche René Guilly

Renaissance traditionnelle et le retour aux sources

En 1970, il fonde la revue Renaissance traditionnelle, qu’il dirige pendant vingt-deux ans : quatre-vingt-dix numéros et plus de sept mille pages consacrés à l’histoire des rituels et des grades. Sa méthode consiste à revenir aux sources primaires, catéchismes anglais anciens et rituels du XVIIIe siècle, et à critiquer les constructions occultistes du XIXe siècle.

Ses études sur les colonnes, les piliers et les chandeliers du Temple, publiées dès 1961, ont fait date. Entre 1986 et 1991, il réalise l’inventaire des rituels maçonniques de la Bibliothèque nationale : plus de neuf cents rituels et deux mille documents.

Une postérité vivante

Le 18 avril 2025, un fonds René Guilly est créé au Musée de la franc-maçonnerie du Grand Orient de France, grâce au don de sa fille Évelyne Guilly. En 2026, un Chapitre de recherche René Guilly est consacré et la fédération LNF prend le nom de Fédération Loge nationale française-René Guilly.

Signature de la convention du fonds René Guilly au Grand Orient de France

Principaux ouvrages

  • Les Trois colonnes : Sagesse, Force, Beauté, et les trois grands chandeliers, 1961
  • Les Deux grandes colonnes de la franc-maçonnerie, 1961 (rééd. Dervy)
  • Les Trois grands piliers de la franc-maçonnerie, Véga, 2011 ; Dervy, 2019
  • Les Pierres de la franc-maçonnerie, Dervy (posthume)

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Voir aussi dans le glossaire : Rite et soupçon (antimaçonnisme), Origines fantasmées (antimaçonnisme), Robert Freke Gould (historien).

Glossaire de la franc-maçonnerie

Robert Freke Gould (historien)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Robert Freke Gould, né en 1836 et mort le 26 mars 1915 à Woking, est un officier, avocat et historien britannique, l’un des pères de l’historiographie maçonnique moderne. Cofondateur de la célèbre loge de recherche Quatuor Coronati n° 2076 à Londres, il est l’auteur d’une monumentale History of Freemasonry en trois volumes qui a imposé une approche critique des sources et rompu avec les origines légendaires de l’Ordre.

Un officier dans l’Empire britannique

Fils du révérend Robert Freke Gould, recteur dans le Somerset, il entre jeune dans l’armée. Enseigne au 86e régiment (Royal County Down), puis lieutenant au 31e régiment, il sert à Malte, à Gibraltar, au Cap et en Inde. Il participe à la campagne de Chine de 1860, notamment à la prise des forts de Taku, puis aux opérations de 1862 autour de Shanghai contre les Taiping.

De l’armée au barreau

Revenu à la vie civile, il devient barrister en 1868 et s’installe à Londres vers 1870. À partir de 1877, il abandonne progressivement la pratique du droit pour se consacrer presque entièrement à la recherche historique sur la franc-maçonnerie, à laquelle il écrit dans la presse maçonnique dès 1858.

Un parcours maçonnique international

Initié vers 1855 à la Royal Navy Lodge de Ramsgate, Gould poursuit sa vie maçonnique au gré de ses garnisons : à Gibraltar, où il est maître de l’Inhabitants’ Lodge en 1858, en Inde, où il fonde la loge militaire Meridian n° 743 à Poona, puis en Chine, où il dirige la Northern Lodge of China à Shanghai en 1863-1864.

À Londres, il devient maître de la Moira Lodge n° 92, puis Senior Grand Deacon de la Grande Loge unie d’Angleterre en 1880. Il est nommé Past Grand Warden honoraire en 1913, lors du centenaire de l’Union.

Les Quatre Saints Couronnés, patrons de la loge Quatuor Coronati

Quatuor Coronati et l’école « authentique »

En 1884, Gould figure parmi les neuf fondateurs de la loge Quatuor Coronati n° 2076, première loge entièrement consacrée à la recherche, aux côtés de Charles Warren, William Harry Rylands, Walter Besant, Adolphus Woodford, William James Hughan ou George William Speth. Il en devient le deuxième maître. Il publie dans ses travaux, Ars Quatuor Coronatorum, quelque vingt-cinq mémoires.

Avec ses confrères, il incarne l’école dite « authentique » : l’histoire maçonnique doit reposer sur des documents vérifiables, non sur les traditions légendaires qui faisaient remonter l’Ordre à Salomon, aux Templiers ou aux mystères antiques.

The History of Freemasonry

Son œuvre majeure, The History of Freemasonry, paraît à Londres chez Thomas C. Jack entre 1882 et 1887 en trois volumes in-quarto illustrés de planches. Elle reste l’une des grandes synthèses du XIXe siècle. Sa Concise History of Freemasonry (1903) a été traduite en français par Louis Lartigue sous le titre Histoire abrégée de la franc-maçonnerie (1910), rééditée chez Guy Trédaniel en 1989.

  • The Four Old Lodges, 1879
  • The Atholl Lodges: their authentic history, 1879
  • The History of Freemasonry, 3 vol., 1882-1887
  • Military Lodges: the Apron and the Sword, vers 1899
  • The Concise History of Freemasonry, 1903
  • Collected Essays and Papers relating to Freemasonry, 1913

Voir aussi dans le glossaire : Origines fantasmées (antimaçonnisme), Templiers (antimaçonnisme).

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