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René Guilly, né le 27 juillet 1921 à Paris et mort le 11 juin 1992, est un conservateur de musée et un historien français de la franc-maçonnerie, qui signa aussi sous le nom de René Désaguliers. Fondateur de la revue Renaissance traditionnelle et de la Loge nationale française, il a profondément renouvelé l’étude des rituels du XVIIIe siècle et rendu au Rite français sa forme originelle, en revenant toujours aux sources.
Du journalisme au musée du Louvre
Formé aux études littéraires et marqué par l’influence de Jean Giono, René Guilly commence comme journaliste à Combat, où il tient la critique d’art et des chroniques culturelles. Il devient ensuite l’assistant de Germain Bazin au Louvre, puis conservateur en chef des musées de France et directeur du service de restauration des musées classés. Il enseigne également à l’École du Louvre.
Un parcours maçonnique exigeant
Initié le 9 mai 1951 à la loge La Clémente Amitié du Grand Orient de France, il y subit l’influence de Marius Lepage et de la revue Le Symbolisme. Il participe aux Cahiers du Rite moderne français rétabli et fonde, le 30 novembre 1963, le Chapitre Jean-Théophile Désaguliers, décisif pour le réveil des hauts grades du Rite français. Son pseudonyme rend hommage à Jean-Théophile Désaguliers, l’une des figures fondatrices de la maçonnerie moderne.
Passé en 1964 à la Grande Loge nationale française, il conduit le 26 avril 1968 la fondation de la Loge nationale française (LNF), réunissant trois loges sans grand maître, selon un modèle fédéral original.

Renaissance traditionnelle et le retour aux sources
En 1970, il fonde la revue Renaissance traditionnelle, qu’il dirige pendant vingt-deux ans : quatre-vingt-dix numéros et plus de sept mille pages consacrés à l’histoire des rituels et des grades. Sa méthode consiste à revenir aux sources primaires, catéchismes anglais anciens et rituels du XVIIIe siècle, et à critiquer les constructions occultistes du XIXe siècle.
Ses études sur les colonnes, les piliers et les chandeliers du Temple, publiées dès 1961, ont fait date. Entre 1986 et 1991, il réalise l’inventaire des rituels maçonniques de la Bibliothèque nationale : plus de neuf cents rituels et deux mille documents.
Une postérité vivante
Le 18 avril 2025, un fonds René Guilly est créé au Musée de la franc-maçonnerie du Grand Orient de France, grâce au don de sa fille Évelyne Guilly. En 2026, un Chapitre de recherche René Guilly est consacré et la fédération LNF prend le nom de Fédération Loge nationale française-René Guilly.

Principaux ouvrages
- Les Trois colonnes : Sagesse, Force, Beauté, et les trois grands chandeliers, 1961
- Les Deux grandes colonnes de la franc-maçonnerie, 1961 (rééd. Dervy)
- Les Trois grands piliers de la franc-maçonnerie, Véga, 2011 ; Dervy, 2019
- Les Pierres de la franc-maçonnerie, Dervy (posthume)
À lire sur 450.fm
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- René Guilly n’appartient à personne, le Rite Français retrouve son chantier
- Création du fonds René Guilly au Grand Orient de France : un hommage à un géant de la Franc-maçonnerie
- 23/03/24 : Hommage à René Guilly, la journée d’étude de la Fédération LNF, à Lagord (17) près La Rochelle
Voir aussi dans le glossaire : Rite et soupçon (antimaçonnisme), Origines fantasmées (antimaçonnisme), Robert Freke Gould (historien).

