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Robert Freke Gould, né en 1836 et mort le 26 mars 1915 à Woking, est un officier, avocat et historien britannique, l’un des pères de l’historiographie maçonnique moderne. Cofondateur de la célèbre loge de recherche Quatuor Coronati n° 2076 à Londres, il est l’auteur d’une monumentale History of Freemasonry en trois volumes qui a imposé une approche critique des sources et rompu avec les origines légendaires de l’Ordre.
Un officier dans l’Empire britannique
Fils du révérend Robert Freke Gould, recteur dans le Somerset, il entre jeune dans l’armée. Enseigne au 86e régiment (Royal County Down), puis lieutenant au 31e régiment, il sert à Malte, à Gibraltar, au Cap et en Inde. Il participe à la campagne de Chine de 1860, notamment à la prise des forts de Taku, puis aux opérations de 1862 autour de Shanghai contre les Taiping.
De l’armée au barreau
Revenu à la vie civile, il devient barrister en 1868 et s’installe à Londres vers 1870. À partir de 1877, il abandonne progressivement la pratique du droit pour se consacrer presque entièrement à la recherche historique sur la franc-maçonnerie, à laquelle il écrit dans la presse maçonnique dès 1858.
Un parcours maçonnique international
Initié vers 1855 à la Royal Navy Lodge de Ramsgate, Gould poursuit sa vie maçonnique au gré de ses garnisons : à Gibraltar, où il est maître de l’Inhabitants’ Lodge en 1858, en Inde, où il fonde la loge militaire Meridian n° 743 à Poona, puis en Chine, où il dirige la Northern Lodge of China à Shanghai en 1863-1864.
À Londres, il devient maître de la Moira Lodge n° 92, puis Senior Grand Deacon de la Grande Loge unie d’Angleterre en 1880. Il est nommé Past Grand Warden honoraire en 1913, lors du centenaire de l’Union.

Quatuor Coronati et l’école « authentique »
En 1884, Gould figure parmi les neuf fondateurs de la loge Quatuor Coronati n° 2076, première loge entièrement consacrée à la recherche, aux côtés de Charles Warren, William Harry Rylands, Walter Besant, Adolphus Woodford, William James Hughan ou George William Speth. Il en devient le deuxième maître. Il publie dans ses travaux, Ars Quatuor Coronatorum, quelque vingt-cinq mémoires.
Avec ses confrères, il incarne l’école dite « authentique » : l’histoire maçonnique doit reposer sur des documents vérifiables, non sur les traditions légendaires qui faisaient remonter l’Ordre à Salomon, aux Templiers ou aux mystères antiques.
The History of Freemasonry
Son œuvre majeure, The History of Freemasonry, paraît à Londres chez Thomas C. Jack entre 1882 et 1887 en trois volumes in-quarto illustrés de planches. Elle reste l’une des grandes synthèses du XIXe siècle. Sa Concise History of Freemasonry (1903) a été traduite en français par Louis Lartigue sous le titre Histoire abrégée de la franc-maçonnerie (1910), rééditée chez Guy Trédaniel en 1989.
- The Four Old Lodges, 1879
- The Atholl Lodges: their authentic history, 1879
- The History of Freemasonry, 3 vol., 1882-1887
- Military Lodges: the Apron and the Sword, vers 1899
- The Concise History of Freemasonry, 1903
- Collected Essays and Papers relating to Freemasonry, 1913
Voir aussi dans le glossaire : Origines fantasmées (antimaçonnisme), Templiers (antimaçonnisme).

