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Le mois dernier, en parcourant les chemins de l’égalité, nous avions posé le Niveau. Nous avions surtout compris que l’égalité ne consiste pas à rendre les êtres identiques, mais à leur reconnaître une égale dignité et une commune appartenance à l’humanité. Nous annoncions alors : « Le mois prochain, un mot issu de la même antique famille viendra éprouver cette belle horizontalité : l’équité. Après avoir posé le Niveau, il nous faudra alors apprendre à lire la Balance. » Nous y voici.

Or la Balance est un instrument plus inquiétant que le Niveau
Celui-ci constate une horizontalité ; celle-là oblige à peser. L’égalité proclame. L’équité examine. L’égalité donne une règle ; l’équité demande comment cette règle rencontre un visage, une histoire, une situation. Entre les deux ne se joue donc pas un combat, mais peut-être l’un des plus anciens dialogues de la conscience humaine : comment être également juste envers des êtres qui ne sont jamais tout à fait placés dans des situations égales ?
Un mot né de l’égal, mais qui ne signifie pas l’identique

L’histoire du mot porte déjà toute son ambiguïté féconde. « Équité » apparaît en français au XIIIe siècle ; le Trésor de la langue française en relève une attestation en 1262. Le terme vient directement du latin aequitas, qui signifie à la fois « égalité », « esprit de justice » et « juste proportion », lui-même dérivé de aequus, « égal », « uni », mais aussi « juste ». L’Académie française conserve cette double généalogie lorsqu’elle définit aujourd’hui l’équité comme la disposition consistant à « accorder à chacun ce qui lui est dû ». Dès l’origine, le mot se tient donc à la frontière de deux idées qu’il serait dangereux de confondre : l’égal et le juste.
C’est ici que l’équité commence à se séparer de l’égalité arithmétique

Donner à chacun exactement la même chose peut être égal sans être nécessairement juste ; inversement, traiter différemment deux situations objectivement différentes n’est pas nécessairement introduire un privilège. L’équité pose une question plus difficile : qu’est-ce qui est dû à chacun, compte tenu de ce qu’il est pertinent de prendre en considération ? Aristote distinguait déjà l’égalité numérique de l’égalité proportionnelle : la justice distributive ne consiste pas toujours à distribuer des parts identiques, mais à rechercher une proportion conforme au principe retenu comme juste.

Cette nuance oblige cependant à la vigilance. L’équité n’est pas le droit offert à chacun de décider souverainement ce qu’il trouve « juste ». Sans règle commune, elle se dégraderait vite en faveur, en arbitraire, voire en privilège. Elle n’est véritablement équité que lorsqu’elle demeure ordonnée à la justice.
Aristote ou la règle qui accepte d’épouser la pierre

C’est probablement dans le livre V de l’Éthique à Nicomaque que l’Occident a reçu l’une des formulations les plus profondes de cette idée. Aristote y parle de l’epieikeia, que l’on traduit traditionnellement par équité. Son raisonnement est d’une remarquable simplicité : toute loi est formulée de manière générale, parce qu’une loi destinée à la cité ne peut prévoir à l’avance l’infinie diversité des cas particuliers. Or il arrive qu’une règle parfaitement raisonnable dans la plupart des situations produise, appliquée mécaniquement à un cas exceptionnel, un résultat contraire à l’intention même de la justice.
L’équitable n’est alors ni l’ennemi du droit ni une dispense sentimentale accordée à celui qui saurait émouvoir le juge. Il accomplit la loi en retrouvant son intention lorsqu’une application trop littérale en trahirait l’esprit. Aristote utilise pour l’expliquer une image dont la résonance est extraordinaire pour quiconque travaille symboliquement avec la pierre : la règle de plomb employée, dit-il, par les constructeurs de Lesbos. Parce que la pierre travaillée n’est pas toujours parfaitement rectiligne, cette règle souple épouse sa forme au lieu de lui imposer une rigidité incapable de la mesurer. Ainsi doit parfois agir le jugement : conserver la fonction de la règle tout en l’adaptant à la réalité qu’elle est chargée d’apprécier.
La métaphore pourrait presque sembler écrite pour un chantier initiatique.

La règle n’est pas détruite parce qu’elle se courbe ; elle devient au contraire capable de mesurer ce que la rigidité aurait laissé hors de sa compréhension. Mais elle ne se transforme pas davantage en corde molle : elle demeure instrument de mesure. Toute la grandeur et tout le danger de l’équité sont contenus dans cette tension.
Avant la philosophie, les mythes avaient déjà placé la justice sur une Balance

Bien avant que les philosophes ne lui donnent un vocabulaire conceptuel, les civilisations anciennes avaient compris que la justice supposait une pesée. Dans l’Égypte pharaonique, Maât personnifie simultanément l’ordre cosmique, la vérité, la justice et la rectitude morale. Le British Museum rappelle que, dans les représentations du jugement des morts, le cœur du défunt est mis en balance avec Maât, souvent symbolisée par sa plume d’autruche. Le salut ne dépend donc pas d’une égalisation abstraite : il résulte d’une juste pesée entre une existence singulière et l’ordre auquel elle devait s’accorder.
La Grèce donne à cette intuition d’autres visages

Chez Hésiode, Thémis enfante notamment Eunomia, le bon ordre, Dikè, la Justice, et Eirènè, la Paix. Dans Les Travaux et les Jours, Dikè s’oppose à l’hybris, la démesure, et le poète condamne les « jugements tortueux » des puissants qui détournent la justice. Dire le juste revient déjà, symboliquement, à redresser ce qui s’est courbé. Il y a là une intuition extrêmement ancienne : l’injustice n’est pas seulement le manque de règle ; elle peut être une règle faussée par celui qui la tient.
Rome donnera même un visage à Aequitas
Sur des monnaies impériales conservées au British Museum, elle apparaît tenant d’une main une balance et de l’autre une corne d’abondance. La rencontre des deux attributs mérite attention : la justice doit peser, mais sa finalité n’est pas la pénurie ; elle doit permettre à l’ordre commun de produire ses fruits. Cicéron résumera quant à lui le danger de la justice devenue mécanique dans une formule passée en proverbe : summum ius, summa iniuria. La plus extrême application du droit peut devenir la plus extrême injustice lorsqu’une interprétation subtilement littérale en détruit la finalité.
Salomon : couper également n’est pas juger équitablement

La Bible a légué à l’imaginaire occidental l’une des paraboles les plus saisissantes de ce problème. Deux femmes revendiquent le même enfant vivant. Salomon ordonne qu’on apporte une épée et propose de partager l’enfant en deux, une moitié pour chacune. À première vue, jamais égalité ne fut plus parfaite : chacune recevrait exactement cinquante pour cent du bien disputé. Mais cette égalité géométrique serait évidemment une monstruosité.
Le jugement n’a de sens que parce que Salomon sait que le vivant ne se divise pas comme un héritage. En provoquant la réaction des deux femmes, il fait apparaître ce qu’une répartition identique était incapable de révéler : la relation. Celle qui préfère perdre l’enfant plutôt que de le voir mourir manifeste par son renoncement le lien maternel recherché. Le récit ne célèbre donc pas la division égale ; il montre au contraire qu’une justice authentique doit parfois quitter l’apparence de l’égalité pour découvrir la vérité de la situation. Le texte conclut que le peuple reconnaît en Salomon une sagesse capable « de rendre la justice ».

Il ne faudrait évidemment pas transformer Salomon en théoricien moderne de l’équité. Le récit biblique appartient à un autre univers culturel et théologique. Mais sa puissance symbolique demeure intacte : il existe des réalités que l’on détruit en voulant les partager également.

Quand les contes populaires corrigent les rois
Les contes connaissent eux aussi cette méfiance envers les décisions trop simples. Dans La Fille avisée du paysan, conte n°94 recueilli par les frères Grimm, un paysan voit naître un poulain qui va se coucher entre deux bœufs. Le roi tranche le litige en décidant que l’animal appartiendra au propriétaire des bœufs puisqu’il a été trouvé auprès d’eux. Le jugement respecte apparemment un critère objectif – le lieu où se trouvait le poulain – mais il aboutit à l’absurde.
La fille avisée imagine alors une démonstration. Elle conseille au paysan de se placer sur la route du roi et de faire semblant de pêcher avec un filet sur un sol parfaitement sec. Lorsque le roi s’étonne, il répond en substance qu’il est aussi possible de pêcher sur la terre ferme qu’à un bœuf de mettre bas un poulain. Par le détour du conte, la sagesse populaire vient rappeler au souverain qu’un critère n’est juste que s’il demeure relié au réel.

Cette littérature de l’astuce est précieuse. Elle montre que l’équité possède souvent quelque chose de l’intelligence pratique : elle déplace le regard, fait apparaître l’incohérence cachée dans une décision formellement impeccable et oblige le puissant à réexaminer son raisonnement. Le conte ne détruit pas l’autorité du juge ; il exige de lui qu’il soit davantage qu’un automate.
L’histoire française a construit une image comparable autour de Saint Louis sous son chêne de Vincennes. Joinville rapporte bien que le roi recevait ceux qui avaient affaire à lui sans l’interposition d’un huissier ; les historiens contemporains rappellent toutefois que l’iconographie du « bon roi rendant personnellement la justice sous son arbre » a considérablement amplifié cette scène. L’image est devenue légende parce qu’elle répond à un désir très ancien : celui d’une justice assez proche pour écouter la singularité des hommes avant de les enfermer dans une procédure.
De Thomas d’Aquin à la justice moderne : la lettre et l’esprit

Au XIIIe siècle, Thomas d’Aquin reprend explicitement l’epieikeia aristotélicienne dans la Somme théologique. Il en fait une vertu liée à la justice. Son argument rejoint celui d’Aristote : les actes humains sont si divers qu’aucune formulation légale ne peut prévoir absolument tous les cas. Suivre matériellement la lettre d’une loi lorsqu’elle produit manifestement un effet contraire au bien qu’elle cherche à protéger peut alors devenir injuste. L’équité ne juge pas que la loi est mauvaise ; elle discerne que le cas singulier excède ce que la formulation générale avait pu prévoir.
L’histoire du droit occidental continuera d’explorer cette tension
En Angleterre, la tradition de l’equity se développera précisément pour apporter certains remèdes lorsque les procédures de la common law se montrent insuffisantes ou trop rigides. La Cour de Chancellerie devint ainsi historiquement un lieu où pouvaient être recherchées des solutions que les seules formes du droit commun ne permettaient pas d’obtenir. Cette equity anglo-saxonne constitue aujourd’hui un ensemble technique de règles et de recours ; elle ne doit donc pas être confondue avec une vague faculté de décider selon son sentiment personnel.

Le droit français contemporain demeure lui aussi prudent. L’article 12 du Code de procédure civile pose que le juge tranche « conformément aux règles de droit qui lui sont applicables ». L’équité ne lui donne donc pas un pouvoir général de s’affranchir du droit. Le même article prévoit toutefois que, dans certaines matières et avec l’accord des parties, celles-ci peuvent lui conférer mission de statuer comme « amiable compositeur ». La vieille question demeure ainsi, juridiquement encadrée : comment laisser une place au juste sans abandonner la sécurité de la règle ?
Avec Rawls, l’équité quitte le seul tribunal pour interroger la société
Au XXe siècle, John Rawls (1921-2002) donne à la notion une nouvelle ampleur avec sa théorie de la justice as fairness, traditionnellement rendue en français par « justice comme équité ». Il ne s’agit plus seulement de corriger exceptionnellement une loi trop générale, mais de réfléchir aux principes selon lesquels des personnes libres et égales pourraient organiser équitablement les institutions fondamentales de leur société.

John Rawls maintient précisément ce qui est trop souvent oublié dans les débats contemporains : l’équité n’abolit pas l’égalité. Elle la présuppose. Son premier principe garantit un même ensemble de libertés fondamentales ; son second admet certaines inégalités sociales ou économiques sous des conditions précises, parmi lesquelles l’égalité équitable des chances et l’exigence que les inégalités bénéficient particulièrement aux plus désavantagés. On peut discuter cette philosophie – et elle l’a été abondamment – mais elle interdit de caricaturer l’équité comme une simple préférence accordée arbitrairement à certains. Dans la pensée de Rawls, égalité et équité se répondent au sein d’une architecture commune de la justice.
C’est pourquoi la petite illustration aujourd’hui omniprésente représentant plusieurs personnes de tailles différentes recevant des caisses différentes afin de regarder par-dessus une clôture peut être pédagogiquement utile, mais philosophiquement insuffisante. L’équité n’est pas seulement « donner davantage à celui qui a moins ». Elle demande d’abord pourquoi, selon quel critère, dans quel but, selon quelle règle commune et jusqu’où une différence de traitement peut être justifiée. Sans cette interrogation, le remède pourrait devenir à son tour une injustice.
En Loge, le Niveau ne suffit pas si l’on ne sait pas aussi mesurer

Le Franc-Maçon ne peut demeurer insensible à cette question, tant l’Art royal est une école de mesure. Il serait pourtant aventureux de prétendre que « la Balance » constitue universellement un symbole maçonnique équivalent au Niveau, à l’Équerre ou au Compas. Elle nous offre plutôt une clé de lecture complémentaire.

Le Niveau rappelle admirablement l’égale dignité des Frères et des Sœurs : nul n’est, par nature, placé au-dessus de l’autre sur le chantier humain. Mais le chantier lui-même enseigne qu’un édifice ne se construit pas en donnant à toutes les pierres exactement la même forme, le même emplacement ou la même fonction. La pierre d’angle n’est pas la pierre du seuil ; la clef de voûte n’est pas le moellon du soubassement. Leur dignité de matériaux de l’œuvre peut être égale tandis que leur place, leur travail et les contraintes qu’elles supportent diffèrent.

Les Constitutions d’Anderson de 1723 contiennent déjà, dans un langage marqué par leur époque, quelque chose de cette logique proportionnelle. L’avancement dans le Métier y est rattaché à la « valeur réelle » et au « mérite personnel » plutôt qu’à la seule ancienneté ; le Maître doit administrer loyalement les biens qui lui sont confiés, tandis que chacun doit recevoir justement son salaire. Nous ne sommes évidemment pas encore dans le vocabulaire contemporain de l’équité sociale, mais le texte rappelle que la justice du chantier n’est pas indifférenciation : elle suppose appréciation, responsabilité et juste mesure.
On pourrait alors lire ensemble quelques-uns de nos outils sans prétendre enfermer leurs significations rituelles dans une définition unique. Le Niveau nous avertit contre l’orgueil des hauteurs illusoires ; l’Équerre interroge la rectitude de nos actes ; le Compas nous apprend à circonscrire, mesurer et proportionner. L’équité naît peut-être symboliquement de leur dialogue. Elle refuse autant le privilège que l’uniformité, autant la faveur arbitraire que la rigidité aveugle.

Dans une tradition maçonnique qui fait de la liberté, de l’égalité et de la fraternité des références essentielles – explicitement inscrites, par exemple, dans la devise du Grand Orient de France –, cette interrogation prend un relief particulier. L’égalité empêche que l’équité ne devienne privilège ; la fraternité empêche que l’égalité ne devienne indifférence. Entre les deux, l’équité introduit cette intelligence du particulier qui rappelle que l’humanité se conjugue toujours au singulier.

La Balance n’abolit pas le Niveau
Voilà peut-être pourquoi il serait faux de demander : faut-il choisir entre égalité et équité ? Ce serait demander à l’architecte s’il préfère le Niveau au Compas. Les outils ne s’annulent pas ; ils se corrigent et se complètent.
L’égalité affirme que nul être humain ne vaut moins qu’un autre. Elle est le sol commun, l’horizontalité première sans laquelle toute équité risquerait de redevenir faveur accordée par le puissant. L’équité intervient ensuite pour rappeler que des êtres également dignes peuvent connaître des situations différentes et que l’application indifférenciée d’une même règle peut parfois renforcer ce qu’elle prétend corriger. Mais elle doit, elle aussi, accepter une limite : aucune différence de traitement ne peut se dispenser de rendre raison d’elle-même.

Il y a dans la Balance une leçon plus profonde encore. Pour peser justement, il faut commencer par ne pas mettre son propre pouce sur l’un des plateaux. L’équité exige donc davantage que la bonté : elle requiert la lucidité, la retenue, l’écoute, le refus du préjugé et cette difficile capacité à se déprendre un instant de soi pour considérer ce qui est dû à l’autre.
Après avoir posé le Niveau, nous apprenons ainsi que la justice n’est pas immobilité. Elle ressemble davantage à cette règle de plomb évoquée par Aristote, assez ferme pour mesurer et assez souple pour épouser la pierre. Peut-être est-ce là une définition profondément initiatique de l’équité : ne jamais renoncer à la règle, mais travailler assez longtemps sur soi pour comprendre que la règle n’a de sens que lorsqu’elle sert le juste.

Alors seulement le Niveau et la Balance cessent de s’opposer. Le premier nous rappelle que nous appartenons tous au même chantier ; la seconde nous enseigne que chaque pierre demande à être regardée, comprise et ajustée avant de trouver sa juste place dans l’édifice commun.
Sources et repères bibliographiques : Académie française, Dictionnaire de l’Académie française, 9e édition, entrée « Équité » ; CNRTL – Trésor de la langue française informatisé, entrée « Équité » – Aristote, Éthique à Nicomaque, livre V, notamment chapitres 3 et 10, sur la justice proportionnelle et l’epieikeia ; Hésiode, Théogonie, v. 901 et suiv. ; Les Travaux et les Jours, notamment v. 202 et suiv. et 248 et suiv. ; British Museum, notices consacrées à Maât et aux représentations d’Aequitas sur les monnaies romaines ;

Cicéron, De officiis, I, 33, sur l’interprétation abusive du droit et l’adage summum ius, summa iniuria ; Premier Livre des Rois, 3, 16-28, jugement de Salomon ; Jacob et Wilhelm Grimm, Kinder- und Hausmärchen, KHM 94, Die kluge Bauerntochter – La Fille avisée du paysan ; Jean de Joinville, tradition du chêne de Vincennes ; Marie Dejoux, Pierre-Anne Forcadet, Vincent Martin et Liêm Tuttle, La Justice de Saint Louis – Dans l’ombre du chêne, PUF, 2024 ; Thomas d’Aquin, Somme théologique, IIa-IIae, question 120, « De l’epieikeia ou équité » ; John Rawls, A Theory of Justice, 1971 ; Justice as Fairness: A Restatement, 2001, et synthèse de la Stanford Encyclopedia of Philosophy ; James Anderson, The Constitutions of the Free-Masons, Londres, 1723, « Charges of a Free-Mason », notamment les obligations relatives à la direction du Métier.

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