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L’humanisme maçonnique prêt à s’enrichir de l’écologie ?

La Franc-maçonnerie est sans doute un des fleurons de la pensée démocratique. Elle conjugue, en effet, à la fois, les deux composantes naturelles de l’être humain : la compétition et la coopération., telles que l’éthologie, cette science naissante, l’observe. Selon les époques, les lieux, ces deux manières se mêlent.
Les chantres philosophes du vivre ensemble ménagèrent les chemins du respect de l’autre en son corps, ses opinions et ses actes, s’ils ne nuisent pas au bonheur de l’autre (on disait avant : « au bien commun) En cela, pour moi, la fraternité est le point d’orgue de la réalisation du bonheur social et individuel. Ne sait-on pas, c’est bien démontré, que la gratitude, par exemple dire « merci » enrichit le destinataire, mais aussi le locuteur. C’est le germe de cette fraternité prôné par notre Ordre. Nous allons voir que cette orientation fraternelle peut s’élargir à l’appréhension de l’environnement naturel ; désormais ancré dans l’écologie.
La Franc-maçonnerie est un des mouvements les plus porteurs des avancées sociales. Elle nous entraîne à la fois, dans le siècle avec l’action dans la société et dans la permanence avec la descente en soi, le lien avec les autres Elle est intemporelle dans ses soubassements. C’est ainsi que depuis 2002, s’expriment presque toutes les obédiences de style français. L’approche spirituelle promeut à la fois l’introspection, la fraternité et l’action dans le monde profane. Cette spiritualité est-elle en mesure de mieux intégrer en chacun la dimension écologique ?

Un moment d’abord sur l’évolution du regard humains sur lui-même et, le cas échant sur la nature autre. En réponse aux peurs inhérentes à notre espèce, nous avons développé les protections pour se nourrir, se reproduire, se vêtir et avoir un toit. Comment firent-nous ? Baignés dans la nature ou en repli sur soi ?
La réponse fut longtemps : la terre est une mère nourricière. Il suffit de l’exploiter (le mot est emblématique). Elle est à nous ! Mais, comme le bébé trop goulu, nous voulons toujours en avoir plus. Nous devenons tyranniques avec notre mère-nature. Cette hystérie de l’avoir est devenue insupportable. Sait-on que, chaque jour, 15 000 petits enfants meurent de faim ou de malnutrition. ? Sans que les gavés que nous sommes n’y fassent pas grand-chose. L’écologie ? Qu’elle se mette en sourdine !
Pour accompagner l’espèce dans cette nécessité inconsciente, il fut nécessaire de légitimer la place de l’humain. Il devint tout de suite le SEIGNEUR sur Terre. Les religions et autres croyances mettent au centre de leur entrelacs mystique et soumettant, l’humain, rien que lui ! Sauf quelques animismes et le jainisme¨, spontanément écologistes. Sinon, l’homo dit sapiens , à ses yeux, règne sans partage : c’est ainsi qu’au lieu d’ « enlever les plantes inutiles « , « on arrache les mauvaises herbes » !
Et cela n’a pas changé jusqu’à une époque récente. Bien sûr il y a des exceptions ; elles sont rares. Les humains considérèrent que la nature leur est donnée, pour eux seuls ; dans l’oubli, voire le mépris de milliards de milliards de vivants. Pas un paragraphe dans les textes sacrés, mystiques, initiatiques sur l’araignée, le buffle ou le ver. Quelques-uns d’entre nous ont des lunettes plus appropriées mais la majorité des terriens sirotent la vie dans leur royaume humanoïde, avec les délices d’une nature à leur service.
Résultat actuel :  La nature ne peut plus sur un an, renouveler les ressources nécessaires à la survie de notre espèce. En juillet, le décompte s’arrête !

Au XVIIIème siècle, le regard sur la nature évolua enfin. Pour les fameuses Lumières, il faisait bon aller se recueillir, à cheminer sous les arbres centenaires, à goûter des vallons et les collines boisées comme des spectacles naturels. Aujourd’hui, on affirme toujours que rien ne vaut une promenade dans la nature, le silence, rehaussé par le gazouillis des oiseaux. L’humanisme se résume au délice d’être dans la nature, surtout pas à celui d’être la nature. Presque tous, sommes atteints par un virus, l’anthropocentrisme. Tout tourne autour de nous. Et nous est soumis.

Sommes-nous enfin sortis de cet anthropocentrisme canaille qui donne bonne conscience. Pas du tout ! Nous ne cessons de détruire, abattre, tuer en humanistes convaincus. On pourrait le rêver depuis qu’une nouvelle étape a été franchie, il y a quelques décennies avec la naissance véritable de l’écologie. Le vrai problème, , c’est la prolifération des humanimaux. Mais en bons humanistes, c’est le seigneur qui importe. En réalité, le seigneur est devenu, à l’échelle planétaire, le SAIGNEUR. Il fait couler ses eaux sales, la sève des arbres sacrifiés, le sang des bêtes d’abattoir, en restant noble sur ses principes humanistes anthropocentristes. Pendant que 3 millions de requins sont rejetés à la mer, l’aileron coupé, pour satisfaire des caprices Certains humanistes ont effectué leur mue, ils se révoltent de plus en plus contre les cruelles conditions d’élevage des animaux nourriciers. À ce propos, j’entends le combat pour que survivent les abeilles. Mais pourquoi, celui-ci plutôt que les frelons ou les bourdons ? Mais, anthropocentrisme oblige, parce qu’elles nous fournissent le miel. Et que c’est bon !

Les valeurs humanistes, notamment celles défendues par la Franc-maçonnerie, ne touchent jamais la préservation de la nature. Mais on peut espérer peut-être. Examinons ce qui se passe dans le monde : de plus en plus, nous voyons se lever ceux et celles qui veulent vivre différemment leur relation au monde. A la différence de leurs semblables, piégés dans l’hypercapitalisme. Car, je n’en doute pas un instant : le mode de vie économique triomphant à notre époque est imbriqué, indissolublement, avec la protection de notre environnement naturel. Voici donc une double exigence pour l’humain de demain. Réformer l’économie en tissant de nouveaux liens écologiques.
Tant que nous serons des asservis par l’avoir et le paraître, nous laisserons mourir le manchot du cap, dans les affres établies par l’hyper capitalisme. Si nous n’acceptons pas, dans nos méninges, notre cœur et notre corps, que nous sommes une espèce d’animal avec ses singularités si périlleuses, comme la conscience et la raison, la métamorphose ne se fera pas. 
Il nous faut donc désormais changer le système humain et sa relation à la nature. Je dis et redis qu’il s’agit de l’attelage des deux chevaux qui galopent dans un éco-système régénéré.

Ci et là, les essais voient le jour, les quelques milliers de communautés, les associations de défense de l’environnement, les réseaux sociaux écologiques …déjà des jeunes inventent d’autres manières de vivre ; Ils gardent la moelle de notre humanisme, mais le recycle avec un regard circulaire sur l’ensemble de la nature qui les entoure et dont ils se sentent faire partie. Des mouvements, telle l’anarchie verte dont je me réclame, esquissent sans doute un futur qui tienne vraiment compte de nos données effrayantes actuelles.

 Que les Francs-maçons retiennent-ils de l’écologie, avec leur humanisme si solide et si bien ancré dans leur tête et leur cœur ? Rien, ! Ce n’est pas leur propos, sauf dans des planches. Mais nous sommes gens de fort bonne volonté. A nous de devenir écosophes, au risque, diront certains, de se noyer dans l’écologisme, à savoir, soucieux d’intégrer en permanence le facteur naturel. Prend-on une décision d’ordre économique, politique, culturel, sociétale… ? Comment procéder pour la rendre conforme à la préservation de la planète
Je songe donc, pour les Maçons, s’ils ne veulent être largués dans les fosses de l’histoire, à une reconversion. Ils en ont et la matière première, leurs valeurs ; les moyens, l’initiation avec en ligne de mire « une spiritualité pour agir » ; et leur aspiration à plus de bonheur sur terre, désormais, prise dans toutes ses composantes.
Les valeurs maçonniques sont nourricières et d’embrassades larges. Un pays en a décliné trois, maintes fois reprises dans nos déclarations et nos rituels. Liberté, égalité, fraternité. Mais c’est tout à fait cela pour le vivant , pour tous: liberté de croître et de mourir ; égalité des chances dans son écosytème et fraternité à l’instar des bonobos, eux qui règlent leurs conflits par l’affection.

Soyons plus que des humanistes au petit pied. Le vivant n’attend rien de nous, mais nous lui devons tout, entre autres, ce que nous sommes. Offrons-lui, en parfait biophile, le respect de la vie sous toutes ses formes ; certains humains ont connu, cet état d’esprit. Je songe à François d’Assise, à mes yeux, le parfait franc-maçon ; aussi à un autre : je laisse le soin Frédéric Lenoir de le citer, pour terminer :
« C’est une véritable révolution copernicienne de la conscience morale qu’instaure Spinoza: la vraie morale ne consiste plus à chercher à suivre des règles extérieures,mais à comprendre les lois de la nature universelles et de notre nature singulière afin d’augmenter notre puissance et notre joie…et c’est ainsi que nous serons le plus utile aux autres ».

Jacques Fontaine

ITALIE : Templiers : « La machination pour les accuser d’hérésie »

Un article de Chiara Giannini de notre confrère italien ilgiornale.it

Une nouvelle étude internationale pourrait réécrire l’histoire de cet ordre catholique.

L’histoire des Templiers pourrait changer et l’ancien ordre des chevaliers et dames pourrait être réexaminé. Le destin de ce qui est aujourd’hui un mouvement catholique au service de l’Église et du peuple est entre les mains d’une recherche du Centre international d’études templières promu par une université européenne bien connue. En particulier, des bulles papales et des documents particuliers sont en cours d’examen, ils constitueraient une preuve irréfutable du fait que « les accusations d’hérésie perpétrées contre les anciens pauvres commis du Christ étaient un coup astucieusement monté par le roi de France Philippe le Bel qui voulait prendre possession des biens que le Temple gérait avec beaucoup de maîtrise et de désintérêt, comme toutes les richesses matérielles dont il était en possession ».

C’est ce qu’explique c’est le grand maître des Templiers catholiques d’Italie et du monde, Mauro Giorgio Ferretti, qui lance un appel au pape François : « Reconnaissez-nous, en tant que mouvement d’humbles serviteurs de l’Église, nous serons toujours à votre disposition ». Actuellement, les ordres reconnus par le Saint-Siège sont au nombre de six, parmi lesquels se distinguent l’Ordre de Malte et l’Ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem. « Tout le monde sait – précise Ferretti – que les malheureux Templiers ont été sacrifiés pour une question de pouvoir et d’argent et impliqués dans une terrible guerre menée contre l’Église par Philippe le Bel, roi de France. Étant l’épée du Pape, il a dû la désarmer. Suite à ce jeu, l’injustice retentissante survenue il y a 700 ans pèse encore aujourd’hui sur notre quotidien ». Et le grand maître est sûr que « cela affectera l’avenir, car les Templiers non seulement n’ont pas été complètement détruits, mais ils sont toujours là et émergent. Nous sommes plus de 2000 en Italie et 250 dans le reste du monde – poursuit-il -. C’est un parcours qui n’est pas accessible à tous, difficile, un chemin de sacrifice qui oblige les gens à placer le temple dans l’un des trois lieux principaux de leur vie. Ce n’est pas aussi simple que de le dire ». Il est clair que ce qu’il faut surmonter, ce sont les 700 ans de malentendus et « d’usage – explique Ferretti – que la franc-maçonnerie a fait de notre nom au cours des 300 dernières années depuis sa naissance, c’est-à-dire en 1717 à Londres. Mais, les Templiers n’ont rien à voir avec la Franc-Maçonnerie ». ils sont actuellement le seul véritable mouvement chevaleresque au monde, qui implique des passages selon les règles de la chevalerie, avec des pratiques comme la veillée aux armes, leur mouvement est traditionnel et non traditionaliste.

«Pour certaines obédiences reconnues – précise le grand maître – il faut aujourd’hui payer des sommes qui atteignent parfois 6 500 euros par an. Nous, nous accueillons des personnes de bonne volonté, qui ont des idéaux solides, qui ne visent que des intérêts spirituels et non matériels. L’argent n’est pas notre priorité absolue. L’église a abandonné le nom de « templier » à la franc-maçonnerie. Nous faisons le contraire, c’est-à-dire récupérer le nom templier pour la Sainte Église qui est chrétienne, apostolique, catholique et romaine. Pour ce faire, nous utilisons deux armes : le culte et la culture ». Les Templiers italiens, qui laissèrent leurs frères français entrer dans la franc-maçonnerie au XVIIIe siècle, sont « nés à nouveau » il y a 40 ans. «Depuis lors – dit Grand maître – nous sommes constestés par tout le monde. Mais nous démontrons que la chevalerie chrétienne existe toujours, préservée de l’argent parce qu’elle ne peut-être ni vendue ni achetée, mais doit être conquise par le sacrifice personnel. Tout le reste n’est pas chevalerie, mais franc-maçonnerie et lobbies. Je crois que le Pape François, à qui nous apporterons en temps voulu d’une histoire différente à celle manipulée au fil des ans, essaiera de changer les choses et fera beaucoup de bien ». Aujourd’hui, dans les rangs des Templiers, il y a une centaine de prêtres et une vingtaine d’évêques ont reconnu le mouvement. «Pour nous, ceux qui font partie des ordres reconnus – conclut Ferretti – sont frères. Je pense qu’il est temps d’arrêter de se faire la guerre. Ce sont des choses insignifiantes qui sont néfastes pour tout le monde. Mais nous sommes chevaliers et dames de bonne volonté, au service de notre Seigneur. Nous sommes sûrs que le Pape dans son infinie bonté saura le comprendre ».

Découvrir l’article dans sa version originale de notre confrère italien ilgiornale.it

On avance, on avance, mais c’est une évidence : y’a pu d’sens !

Beaucoup des douleurs de nos sociétés s’expliquent par la perte du sens de la vie qu’a causée l’affaiblissement des grandes religions et idéologies. Notre cortex cingulaire est le vecteur de ces souffrances. Cet article explore ce que nous pouvons restaurer pour garder les avantages sans subir les inconvénients des situations sociétales passées :  gestuelles, rituéliques, valeurs partagées.

Nous, les maçons sommes à  la recherche assidue de la parole perdue. Mais dans la société actuelle, on nous serine que pour l’humain de base la vie n’a plus de (bon) sens . Ces deux phrases porteraient-elles sur le même sujet ? Ben, pit-êt ben ! Et on va essayer de le montrer en se servant des dernières observations scientifiques sur le cerveau humain.

Quand Sapiens est apparu, se nourrissant de chasse et de cueillette, peu de bookmakers auraient parié sur sa survie, vu la faiblesse de sa constitution en comparaison des prédateurs . Son cerveau l’a sauvé, avec notamment la capacité d’évaluation des possibilités ( un prédateur derrière les feuilles qui remuent ? Une intention hostile derrière ces yeux qui me regardent ? ) . Bref la capacité de prédiction avec une bonne fiabilité nous a été indispensable, et s’est ancrée dans nos gènes. Afin de maintenir la fiabilité de la prédiction, un système de surveillance s’est mis en place, dans une petite zone  centrale de notre cerveau :  c’est le cortex cingulaire. Cette zone s’active, tel un système d’alarme qui s’allume, provoquant des sensations désagréables, dès qu’apparaît un phénomène qui diffère de la prévision.  La vigilance ainsi ravivée permet de prendre les décisions nécessaires à la survie. Dans le clan des chasseurs-cueilleurs, tous les membres sont connus et leurs actions prévisibles. C’est plus rare au néolithique :  dans les grandes villes qui apparaissent, les étrangers, parlant un idiome inconnu, allument les cortex cingulaires .

Mais il existe un moyen d’apaiser ce cortex cingulaire :  c’est de se rassurer en observant que ces étrangers partagent les mêmes valeurs que vous, et agissent de manière identique. On voit là l’intérêt d’une gestuelle rituélique commune, en appui sur des croyances communes ; le succès des grandes religions provient de là, et aussi celui de la franc-maçonnerie.

Problème 1 : si les valeurs sont différentes, on peut en faire un prétexte à ségrégation, haine, guerres, etc.

Problème 2 : il faut s’assurer que les valeurs sont réellement alignées, donc on invente les sacrifices que le nouveau venu doit s’imposer pour prouver sa bonne foi.

Problème 3 : tout cela est géré par un clergé qui en vit bien, interprète comme par hasard les règles en accord avec ses intérêts, et affirme fortement détenir la seule et unique Vérité…

Problème 4 :  la science découvre les lois de la nature, bien différentes de celles clamées avant. 

Problème 5 : la technologie fait faire plein de progrès matériels ( médecine, confort et plaisirs ) et, associée à la démocratie, donne à l’individu une liberté de choix comme jamais.

Problème 6 : étant pour la plupart d’entre nous des enfants de pauvres, la tentation du consumérisme est irrésistible, avec son cortège de dégâts causés à l’environnement…et ça nous fait dire que ce monde a perdu tout bon sens.

C’est quoi déjà la définition de sens ( en mettant à part ce qui a trait aux 5 sens ) : Raison d’être, valeur, finalité de quelque chose, ce qui le justifie et l’explique.

Nous revoilà donc dans l’histoire dans laquelle on se situe, qui raconte d’où on vient ( racines), ce qu’on est (identité), ce qui nous tient à cœur (valeurs, sacré ) et où on veut aller:  on retrouve ces notions de prédictibilité , éventuellement avec répétition, qui permettent à notre cortex cingulaire de se « rendormir ».

L’égalité, valeur qui nous est chère, est très récente ; elle soutient notre estime de soi, laquelle est un puissant calmant du cortex cingulaire. Il en va de même pour la fraternité ( création de groupe bienveillant, etc. ) et la liberté ( ce qu’on décide se réalise:  le cortex cingulaire adore ).

Mais liberté et égalité combinées ont amené l’individualisme, et ce dernier nous a joué un mauvais tour : on peut se jeter sur tout ce qui nous fait envie, mais tout seul, chacun pour soi, et on perd ainsi tous les bienfaits des joies prises en « communion » , et d’abord l’effet anxiolytique puissant que l’action en groupe procure à notre cortex cingulaire :  celui-ci se souvient que, dans la préhistoire, l’humain esseulé n’avait aucune chance de survivre longtemps.

Notre monde moderne et sa communication de la transparence tous azimuts a entraîné une perte de confiance du peuple dans ses élites, qu’elles soient politiques, économiques, scientifiques, religieuses ou spirituelles. Le complotisme est la résultante de cette méfiance généralisée, qui ruine tous les effets rassurants obtenus jusqu’ici. La compétition économique forte ruine les bienfaits de l’estime de soi obtenue par les luttes des anciens. La fuite dans un consumérisme abrutissant fait dire «mais tout cela n’a plus aucun sens ! »

Et pourtant le challenge est là et nulle part ailleurs : nous devons réussir à retrouver les joies collectives, libérées de cette compétition omniprésente. La technologie a permis que nos corps ne soient plus broyés par la charge de travail, mettons fin aux guerres économiques incessantes. Pour ce faire, ne supprimons pas l’actuelle liberté de circuler sur la planète : la non-connaissance de l’autre est le berceau du repli sur soi identitaire, germe de tant de guerres. L’objectif doit être de créer un corpus de valeurs humanistes partageables par tous les peuples de la terre. En les célébrant par des rituels en groupe, nous avons une chance de créer un égrégore mondial.

On a montré que les personnes capables d’émerveillement ont un cortex cingulaire plus petit que la moyenne. Etes-vous prêts pour un rituel « un émerveillement par jour » ?

En tous cas, ça irait dans le bon sens, pour nous et notre environnement, non ?

A propos du Paradis et de l’Enfer chez les Rosicruciens

Par Serge Toussaint Grand Maître de l’Ordre de la Rose-Croix

La plupart des religions enseignent que l’âme des défunts se rend au paradis, le plus souvent après un séjour au purgatoire, ou en enfer. La première destination post-mortem est promise aux fidèles qui se sont évertués à faire le bien et à suivre le credo de ladite religion ; la seconde est celle qui attend les impies, les païens, ou ceux qui ont fait trop de mal durant leur existence.

Dans le premier cas, l’âme du défunt est censée connaître une après-vie de félicité, en présence de Dieu et des anges. Dans le second, elle est condamnée à souffrir éternellement et à subir toutes sortes de tourments infligés par les démons ou le diable en personne.

Le paradis et l’enfer

De nos jours encore, des centaines de millions de personnes croient à l’existence du paradis comme de l’enfer, et agissent plus ou moins en conséquence. Certes, cette croyance n’est pas négative en elle-même, mais elle repose sur une vision très manichéenne de la destinée humaine et ne correspond pas à la réalité. Cela supposerait en effet qu’il y ait quelque part dans le ciel un lieu fermé ou vivraient ensemble les âmes des défunts les plus méritants. À l’inverse, il y aurait dans les profondeurs de la Terre un endroit où seraient prisonnières toutes celles, infiniment plus nombreuses, qui auraient démérité au regard des religions concernées, et ce dans le but de les punir éternellement pour leur imperfection et leur impiété. Cela n’est-il pas en totale contradiction avec le Dieu d’Amour et de Miséricorde auquel se réfèrent les Livres dits sacrés ?

Si chacun est libre d’admettre l’existence du paradis et de l’enfer, et s’il est vrai que cela n’a pas de conséquences graves pour le commun des croyants, il faut néanmoins mentionner le dévoiement que des fanatiques religieux font de ces deux concepts. Vous savez comme moi que certains d’entre eux se portent volontaires pour mourir en martyrs afin, croient-ils ou feignent-ils de croire, d’éviter l’enfer en toute certitude, d’être admis directement au paradis, et de vivre dans la félicité aux côtés de Dieu Lui-même. Malheureusement, cette fausse croyance les conduit à assassiner des “infidèles” ou à se faire exploser au milieu d’innocents, soi-disant en Son nom.

La réincarnation

D’un point de vue rosicrucien, l’âme des défunts ne se rend ni au paradis, ni en enfer. Lorsque survient la mort, elle quitte graduellement le corps physique qui fut le sien et retrouve l’état d’énergie-conscience qu’elle avait avant de s’incarner. Puis elle se fond progressivement dans l’Âme universelle, laquelle intègre les âmes de tous les défunts, parmi lesquelles celles des êtres chers qui l’avaient précédée dans l’“au-delà“. À un moment donné, elle en émane à nouveau pour se réincarner et commence ainsi une nouvelle vie terrestre, jusqu’au jour où, à l’issue de son évolution spirituelle, elle atteindra l’état de Sagesse. Dès lors, elle ne sera plus dans l’obligation de se réincarner et vivra définitivement et en pleine conscience dans l’Immensité divine.

En réalité, c’est ici-bas que se trouvent le paradis et l’enfer. En effet, quand on a la chance d’être en bonne santé, d’aimer et d’être aimé, de bénéficier d’un certain confort matériel, d’exercer une profession qui nous plaît, d’avoir un idéal, etc., la vie est “paradisiaque”. À l’inverse, quand on souffre, que l’on est seul, que l’on est dans le dénuement, que l’on ne mange pas à sa faim, que l’on n’a pas de logement, etc., la vie est alors “infernale”. Vu sous cet angle, c’est avant tout aux hommes de faire en sorte que la Terre devienne un paradis où il fasse bon vivre pour tous. Cela pose tout le problème du libre arbitre, tant sur le plan individuel que collectif.

De transitions en transitions …

«Sans transition » est la locution la plus employée par les journalistes de l’information sur les chaines de télévision quand ils passent d’un sujet à un autre, comme si le mot les dispensait de tout préambule circonstancié. Est ce un mot victoire ou un mot défaite ?

Une victoire de rapidité médiatique certes, mais pour nous qui sommes des spectateurs à l’écoute, nous nous sentons à la longue envahis par un sentiment déplaisant généré par l’incohérence d’un débit de paroles minuté entrecoupé par un « sans transition » péremptoire. Difficile même de se prémunir d’un agacement persistant vis à vis de ce terme à la fois répétitif et tellement expéditif !

Transition est un mot d’orateur qui exprime depuis la Renaissance l’art de lier les passages successifs d’un discours, de faire passer celui qui l’écoute (ou qui le lit) d’une idée à une autre de manière progressive et si possible intelligente. Sur les medias, est-ce toujours le cas entre un tsunami au bout de la terre qui fait un nombre de morts terrible et un ravage sur l’environnement effrayant avec le fait divers concernant un mariage princier où on s’interroge sur la couleur du chapeau de la belle mère et sur la position des invités à la cérémonie religieuse et au balcon du palais ?

La disparition complète de la hiérarchie des faits et des commentaires présentés tue les neurones ! Si nous avons de moins en moins de mal à mettre en rapport la sensation pénible d’être transi de froid qui est la racine du mot transition, nous progressons aussi à relier la transition à quelque chose de particulièrement passager, de fugace voire d’inconsistant … Chez les Romains la transitio était pourtant un mouvement qui pouvait être synonyme de changement, d’ascension sociale, une dynamique positive. Aujourd’hui dans le management des entreprises un employeur gagne en image  lorsqu’il met en place des « transitions professionnelles » pour conduire des reconversions sur des emplois menacés et ainsi justifier du souci de garder ses employés dans l’entreprise…

C’est au latin chrétien, moyen d’expression d’une morale religieuse sévère que l’on doit la fixation du sens du mot  trans-ire. Au Ve siècle  ce verbe se met en effet à exprimer le grand passage : celui qui mène de vie à trépas ( : tré-passer : « passer au –delà »)   « Transicion » écrit ainsi signifie l’agonie. Quant à Roland Barthes, éminent sémiologue français, il a parlé en reprenant l’ancien sens qui désignait, après les transes de l’agonie, les affres de la peur et des frissons, non pas de transition  mais de transissement !

En psychologie, l’analyste anglais Winnicott a nommé transitionnal les objets partiels qu’un usage pédant, en un français non inventif, a qualifiés de transitionnels. Des objets qui aident précisément aux passages d’un état d’âme à un autre : pour les petits : un doudou, une peluche, pour les grands : un verre de whisky (ou juste « un petit café » ?) notamment pour lire des journaux « en ligne » abondants d’ articles si longs…. si longs…. alors que  le temps nous presse, ô combien ! 

Quant à la transition écologique toute aussi exigeante en termes de temps, de substitutions et de bonnes volontés elle nous est promise pour aborder aux rivages d’une société plus sobre et solidaire !

En clair, de transitions en transitions ne s’agirait-il pas de rester bien connecté au monde et de nager, nager, nager dans le courant des informations en évitant de trop se lester pour ne pas couler comme une pierre au fond du fleuve et prendre le risque affligeant d’y être oublié ? ( A moins de se transformer en une de ces pierres de légendes, irisées de vert au contact des algues comme l’étonnante et fabuleuse pierre d’ Agathe : ce serait déjà une bien belle consolation et une sacrée «  news » ! )

L’AFFAIRE MONTMARTEL Jean Michel Roche Editions DETRAD

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L’OUVRAGE

Peu habitué aux salons parisiens, le beau mais naïf marquis  Guilhem Malbay, marquis des Montmartel a rejoint la capitale dans l’espoir, sinon d’y faire fortune, du moins de de faire briller un nom et un titre  remontant aux croisades. IL devient, hélas, la proie d’un notaire véreux. A trente ans, il perd tout au jeu . Ses terres, son titre, sa fortune.  Comme tous les cadets de la noblesse, il va s’embarquer dans une aventure , défendre à l’épée l’Amérique en pleine révolution. Aide de camp du Marquis de la Fayette, il devient Colonel sur les champs de bataille en tenant tête aux anglais. De Retour en France, auréolé de gloire, il constate l’évolution des esprits démocratiques dans un pays où la monarchie semble à bout de souffle.  Ce roman historique constitue le premier tome d’une suite à ne pas manquer.

Bibliographie

Etranges nouvelles – Mon petit éditeur

Affaire étrange au quai des Orfèvres – Corsaire Editions

Sans Tête – Corsaire Editions

La Pierre de sang-Corsaire Editions

En quête d’OGM – Corsaires Editions

L’Auteur

Jean Michel Roche est auteur de nouvelles et de romans policiers. Il est aussi conférencier au musée de la Franc-Maçonnerie au siège du Grand Orient de France dont les archives lui inspirent des recherches documentées  sur une fresque historique  passionnante.

La France des lieux et des demeures alchimiques

La France des lieux et des demeures alchimiques

Josane Charpentier

Éditions Dervy, 2019, 256 pages, 20 €

Paru pour la première fois en 1980 aux Éditions Retz, comment ne pas se réjouir de la réédition de l’ouvrage, augmenté de nouvelles illustrations, de Josane Charpentier. Il se veut un authentique guide pratique et touristique, compagnon incontournable du curieux de nature.

Avant les propos liminaires de Eugène Canseliet (1899-1982), auteur et alchimiste qui passe pour avoir été l’unique disciple de Fulcanelli et a rédigé pour chacun des ouvrages publiés par son maître – « Le mystère des cathédrales » et « Les demeures philosophales » – les préfaces, cet opus offre une carte de France et une table alphabétique des lieux cités.

Il répond aux questionnements que se posent tant les non-initiés que les amoureux de science.

Dressant un tableau d’un Paris religieux – Notre-Dame, la Sainte Chapelle, l’église Saint-Merry – et architectural – Musée de Cluny, fontaine du Vert bois, quelques logis alchimiques – entre autres, l’auteure déroule ensuite, par département, de l’Aisne aux Yvelines, toutes les richesses de nos belles provinces – abbatiales, cathédrales, châteaux, demeures anciennes – qui constituent un véritable héritage de la Tradition.

Josane Charpentier nous emmène dans les pas d’Hermès, à la découverte de hauts lieux parfois insoupçonnés, comme la maison de l’homme de bois à Thiers, dans le Puy-de-Dôme, où, partant d’une simple description, elle donne son interprétation touchant à la fois au symbolisme, aux mythes, à la Géométrie sacrée, ou encore à l’astrologie. Ce décryptage nous fait aller à la rencontre d’autres univers.

Si rentrer dans  la terminologie alchimique relève parfois du parcours initiatique, reconnaissons que le lexique des mots et expressions alchimiques, en fin d’ouvrage, s’avère fort utile, surtout au néophyte.

Voyages

Savoir mourir comme Moïse devant la Terre promise, en sachant que l’important n’est pas tant d’y entrer que d’avoir marché vers elle avec un peuple à qui elle est destinée.

Voyager : «aller vers», c’est s’orienter dans un mouvement, c’est faire prévaloir le sens – celui de la direction ou celui des significations.

La promesse faite pour cette Terre, c’est le sens d’un monde-à-l’autre dédié. C’est une destination éthique pour que l’homme puisse s’y accomplir. Temple idéal ou terre promise ne découvrent leur lieu qu’en marchant sur les traces de cette poussière prise sur toute le terre, et dont fut constitué le corps de l’homme originel.

Les noms des voyages sont les noms propres des visages qui nous font face. Leurs présences nous obligent au mouvement de l’être vers l’être-pour-autrui ; de l’ontologique vers l’éthique. Le départ est sans retour, spirale et non cercle pour dire oui à l’existence de l’autre qui, toujours, est devant et non derrière (comme le croyait l’amour d’Orphée pour Eurydice).

Voyager, c’est se déplacer du même vers l’autre pour répondre à l’appel d’une terre aux sonorités sans limites, dans l’urgence d’œuvrer pour l’équité, dans le oui au lointain et au proche.

Lekh lekha[1] dit D. à Avram, ce qui signifie : va vers toi. Entre le départ et l’arrivée, entre l’initiation et l’accomplissement, le désert, l’océan, le chemin, des solitudes, des épreuves et le voyageur se transforme en pèlerin et l’errance devient traversée du monde orientée de soi vers l’autre, traversée de miroirs, qui menée à bien ouvre à l’itinérant l’accès de toutes les portes basses. Par le passage par cet entre-deux, il peut alors se faire connaître comme le fils de la veuve, de la putréfaction, de D. , de l’Univers ; fils de …, comme un esprit sorti de la confusion.

«Dire le Graal est vain», écrit Wagner, «vers lui ne s’ouvre aucun sentier et nul ne peut trouver la route qu’il n’ait lui-même dirigé son chemin. Tu vois mon fils, ici, le temps devient espace[2].»     

NB. Le tableau est de Ratna : ratna.fr/esprit-de-famille/oeuvre/la-traversee-du-miroir   


[1] C’est un datif éthique. ( ךָ לְ – ךְ לֶ), Gen., 12,1.

[2] Gurnemanz, chevalier du Graal, acte 1, Parcifal

« Les Estivales Maçonniques en Pays de Luchon » : Initiation à l’enluminure

« Les Estivales Maçonniques en Pays de Luchon » : Initiation à l’enluminure

Avec le maître enlumineur Jean-Luc Leguay, les « Estivales » vous offrent une initiation à l’enluminure traditionnelle.

Venez réaliser l’initiale de votre prénom.

Samedi 17 juillet, de 14h30 à 16h30, au complexe du casino de Luchon, Jean-Luc Leguay vous transmettra les étapes successives de la conception d’une lettrine.

Cet atelier, gratuit et ouvert à tous – petits et grands –, sera un moment fort de ce grand évènement.

Compte tenu du nombre de place disponible, inscription et réservation au 06 15 14 87 22, par SMS.

Torah et Spécisme

Le respect de la vie est un principe absolu de la Torah, ainsi que nous le rappelle entre autres ce verset (Deut. XXX:19) : « wuvâḥartâ baḥayyîm (tu choisiras la vie) ». De même, aucune hiérarchie parmi les Hommes, comme l’affirme cet enseignement mishnique (Mish Sanhédhrîn IV:5) : « C’est pour cela qu’Adam a été créé unique, […] pour la paix des créatures, qu’un homme ne puisse pas dire à son prochain : “abbâ gâdhôl mé-avîkhâ (mon père est plus grand que le tien)” […]. » Cette attitude est-elle extrapolable ?   

Dénoncer le « spécisme » (l’équivalent du « racisme », mais envers les espèces animales autres que l’Homme, qui justifierait leur exploitation selon des manières qui ne seraient pas acceptables pour des humains) devient à la mode. C’est tout à l’honneur de notre génération de reconnaître enfin chez les animaux une sensibilité et une conscience à l’image de la nôtre (chose qu’il y a encore peu était même refusée aux humains non-occidentaux foncés de peau), mais à des échelles différentes selon les espèces. Cette reconnaissance mène naturellement à la compassion et à l’empathie, qui sont le moteur des « antispécistes ». 

Le « spéciocentrisme » est une pathologie morale récurrente chez l’Homme – dont il nous faut guérir. S’en débarrasser fait partie de notre chemin vers la maturité spirituelle. La sacralité de la vie est d’ailleurs le principe fondamental de nos Saintes Écritures.  

Après réflexion, je pense que l’accusation de spécisme peut s’appliquer parfaitement à la manière avec laquelle certains de nous traitent les biotopes naturels, sciemment détruits, ou les animaux sauvages, délibérément massacrés (en particulier les loups, les ours, les baleines, les éléphants, les rhinocéros, les dauphins, les sauriens, les grands singes, les grands félins, les loutres, etc.), mais pas à nos rapports avec les animaux domestiqués.

En effet, ces derniers (les animaux domestiqués) ne subsistent que par l’Homme, grâce à l’Homme. Ils ont été créés et sélectionnés par l’Homme, pour le profit de l’Homme. Ils ne survivraient pas dans la nature (où ils n’existent d’ailleurs pas à l’état sauvage), et vu leur nombre immense, ils détruiraient tous les milieux naturels où ils seraient éventuellement relâchés.

Selon moi, il existerait une sorte de « contrat spéciel » (à l’image du « contrat social » cher à J.-J. Rousseau) entre l’Homme et les espèces animales domestiques. Celles-ci se rendent utiles à nous – par leur travail (transport, labour, garde, chasse, etc.), par leur production (lait, laine, miel, etc.), des fois par leur vie même (viande, peau, fourrure, cuir, etc.) – et nous leur fournissons en retour des conditions pour vivre, se reproduire et prospérer (en tant qu’espèce). Les exemples sont nombreux : cheval, mouton, chien, chat, porc, bœuf, poule, chèvre, buffle, lama, dromadaire, lapin, canard, abeille, etc. La domestication est d’ailleurs la base de l’essor des civilisations sur tous les continents. 

Pourrions-nous nous passer des animaux domestiqués ? Je ne pense pas. Surtout à l’heure de la décroissance et de l’écologie. Face aux véhicules motorisés, rien n’est plus respectueux de la nature et de l’environnement que le transport à cheval. Et on peut extrapoler pour tous les secteurs de nos activités.  

Tout ce que je dis ici, par contre, c’est lorsqu’aucune cruauté n’est exercée envers ces animaux domestiques. Sinon, nous tombons dans du spécisme pur et simple, et la dénonciation des antispécistes devient alors totalement légitime. Surtout que la brutalité envers les animaux (a‘ar ba‘alê ayyîm) est prohibée par la Torah (Exode XXIII:5 – cf. T. Shabbât 117b, T. Bâvâ Meî‘â 31a). 

Ceci dit, ne soyons pas plus royalistes que le roi, car les animaux eux-mêmes sont spécistes ! Ils sont intimement conscients de leur espèce, et sont spécistes pour leur survie même. Sachons donc raison garder. Ne refusons pas aux animaux leur spécificité intrinsèque en les anthropomorphisant, et ne détachons pas l’Homme de l’écosystème naturel dans lequel il a vécu durant des dizaines de millénaires. Certes, nous sommes omnivores, mais nous avons aussi reçu une responsabilité divine d’être les gardiens de la Création – d’en éviter tout gaspillage inutile (le concept de “hashâta” – cf. Deut. XX:19-20 à propos des arbres fruitiers lors d’un siège militaire).  

Cette responsabilité est triple (m’inspirant d’un article de Marc Münster) : 1. Maintenir des écosystèmes nombreux, sains et dynamiques, permettant aux espèces sauvages de survivre et de prospérer, et ainsi maintenir une planète en état de supporter une telle présence humaine. 2. Être responsable de la qualité de vie des animaux que nous exploitons, et d’éradiquer les souffrances éventuellement engendrées. 3. Ne pas oublier que nous faisons nous-mêmes partie de cet écosystème planétaire, qui est dynamique et où rien n’est acquis, que nous y sommes nés et que nous y mourrons, et que si nous sommes nés c’est parce que l’ensemble de nos ancêtres depuis la première bactérie (ou depuis Adam et Ève), a joué le jeu de la naissance, de la vie et de la mort.  

C’est pour cela que je suis catégoriquement contre toute forme de chasse (surtout ici, dans nos pays dits développés), ainsi que contre la corrida (sadisme totalement injustifié), et contre tout ce qui cause des souffrances aux animaux. Ainsi se confirmera symboliquement ici-bas le verset prophétique (Isaïe LXV:25) : « Le loup et l’agneau paîtront ensemble ; le lion mangera de la paille comme le bœuf ; et le serpent aura la poussière pour nourriture. On ne se fera ni tort ni dommage sur toute Ma montagne sainte, dit l’Éternel. »