Emportez-le partout en PDF, gardez-le pour toujours — et soutenez une presse libre et indépendante.
Vous avez un code promo ?
C’est toujours la même rengaine depuis trente ans : la Loge est-elle sociétale ou symboliste ?
Commençons par les sociétaux : Ceux-là sont convaincus que les Francs-maçons, grâce à la fameuse « question à l’étude des Loges », donnent le la à toute la société. On m’a même affirmé, les yeux brillants, que le Président de la République attendait chaque année avec impatience ce document stratégique pour pouvoir enfin appeler les Chinois et les Américains et fixer avec eux la ligne de conduite du monde. Évidemment.
C’est bien connu : sans le rapport de la Loge « Les Amis de la Sagesse Éternelle » du 3ᵉ arrondissement, Washington et Pékin ne sauraient absolument pas quoi faire de leur semaine. Heureusement que les Frères sont là pour éclairer l’humanité… entre le dessert et le café.

Passons maintenant aux symbolistes : J’en connais quelques-uns qui ont passé des décennies à disséquer le pavé mosaïque, le delta lumineux et la position exacte du compas sur l’équerre. Résultat : ils sont totalement métamorphosés. Ils rayonnent.
Ils ont atteint un tel niveau de sagesse intérieure qu’ils peuvent enfin… continuer à en parler entre eux le mardi soir, en tablier, pendant que le monde extérieur continue allègrement de s’écrouler sans avoir demandé leur avis. Leur puissance spirituelle est telle qu’elle reste soigneusement confinée entre les quatre murs du Temple. C’est plus sûr.
Alors on finit forcément par se poser la question qui fâche : À quoi sert encore la Franc-maçonnerie en 2026 ?
La réponse, une fois qu’on a fini de rire, est assez simple. C’est devenu un club social pour personnes correctement nourries et disposant de temps libre. Une sorte de Facebook physique pour messieurs et dames d’un certain âge qui n’ont jamais vraiment réussi à maîtriser les stories Instagram. On s’y retrouve, on se serre la main avec gravité, on mange correctement, on refait le monde à huis clos, et on rentre chez soi avec le sentiment délicieux d’avoir participé à quelque chose d’important… sans jamais avoir dérangé grand monde. Et franchement, dans une époque où plus personne n’écoute personne, c’est déjà ça.
Votre Vénérable… qui ne prend pas de vacances
