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Risque

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Un mot étrange, à l’étymologie incertaine.

En latin, *rixa, la querelle, d’où la rixe. *resecare signifie couper, tailler, supprimer. Faut-il y voir la roche coupée qui représente un écueil et le danger du naufrage ?

En arabe, rizk désigne la nourriture quotidienne. Marzuq, celui qui en a reçu sa part, serait-il ainsi chanceux ?

Le vocable français risque tendrait plutôt vers l’aspect négatif.

Qu’est-ce que l’on risque en entrant en Maçonnerie ? Rien, pourrait-on répondre a priori.Une telle naïveté est bientôt battue en brèche !

Derrière la fraternité de façade, de gestes et de sourires, il y a d’abord l’Autre, que l’on ne s’apprêtait pas forcément à découvrir et reconnaître comme tel. Parce qu’autrui dérange essentiellement, ne serait-ce que par ses regards, qui suscitent en retour la peur de décevoir, d’apparaître autre que ce que l’on souhaiterait donner à voir. Or la fraternité vécue au quotidien ne va pas de soi et demande à être repensée en permanence. D’où le risque d’une déception à l’exacte proportion des illusions que l’on s’était bâties, si la vigilance n’est pas convoquée.

Risque de se sentir bousculé à une profondeur d’intimité que l’on ne soupçonnait pas.

Risque d’une libération vertigineuse, d’une liberté méconnue jusqu’alors, parce le jeu symbolique met en autre perspective, reformule, relativise ce que l’on croyait solidement acquis.

Risque de l’éveil à soi et au monde, risque de la liberté.

Peut-être l’engagement maçonnique fait-il courir essentiellement le risque du miroir, celui que l’on tend aux autres, celui que l’on nous tend ?

Annick DROGOU

« Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. À te regarder, ils s’habitueront. »

Ces mots du poète René Char résument à eux seuls toutes les définitions du risque. Élan vital, acte de foi, le risque est ouverture, il est un don à qui sait le saisir. Il faut aimer courir le risque.

Pourtant, pour nos contemporains, le risque suppose toujours une mise en danger et notre principe de précaution n’aime pas le risque. C’est le même contre-sens que l’on fait avec le mot « prudence » qui, d’une vertu cardinale alliant la prévision au courage de la force d’âme et à la justice, est devenu une pusillanimité frileuse. Pourquoi toujours associer risques et périls ? La vie est un risque et la peur n’évite pas le danger. Connaître le risque, c’est espérer et apprendre à le maîtriser. Il faut aimer prendre le risque.

Le vocabulaire de la statistique ne connaît pas le mot risque, il emploie indifféremment le mot chance, positivement ou négativement. Mais il est vrai que la statistique ne connaît pas l’émotion et voudrait ignorer l’inattendu.

Retour au poème de René Char. Car, avant les mots cités plus haut, il commençait ainsi : « L’état d’esprit du soleil levant est allégresse malgré le jour cruel et le souvenir de la nuit. La teinte du caillot devient la rougeur de l’aurore » (“Rougeur des matinaux“, Les Matinaux, Poésie/Gallimard, 1950).

Il n’y a pas d’honneur sans risque.

Jean DUMONTEIL

Bouddhisme : Introduction aux six paramita

L’enseignement des six paramita vient du bouddhisme Mahayana.  Paramita peut être traduit par « perfection » ou « réalisation parfaite »

Le caractère chinois pour paramita signifie « passer sur l’autre rive », la rive de la paix, de la non-peur et de la libération.

La pratique des paramita peut être la pratique de notre vie quotidienne. Nous sommes sur la rive de la souffrance, de la colère et de la dépression et nous voulons atteindre la rive du bien-être.

Pour traverser, il faut faire quelque chose et c’est précisément ce que l’on appelle paramita : traverser. Nous retournons à nous-mêmes et pratiquons la respiration consciente, le regard profond dans notre souffrance, notre colère et dans notre dépression et nous sourions.

Ce faisant, nous surmontons notre chagrin et passons sur l’autre rive. Chaque fois que vous marchez en pleine conscience, vous avez la possibilité de passer de la terre du malheur à celle de la joie.

Le Bouddha a dit « n’attendez pas que l’autre rive vienne à vous. Si vous voulez passer sur l’autre rive, la rive de la sécurité, du bien-être, de la non-peur et de la non-colère, il vous faudra nager ou ramer. Vous devrez faire un effort. Cet effort est la pratique des 6 paramita » :

  • LE DON : l’offrande, la générosité
  • LES ENTRAINTEMENTS A LA PLEINE CONSCIENCE ou les préceptes
  • L’INCLUSIVITE  (impliquer tous les individus sans discrimination) : la capacité de recevoir, de supporter et de transformer la peine infligée par vos ennemis et aussi par ceux qui vous aiment
  • L’ENERGIE, la diligence, la persévérance
  • LA MEDITATION
  • LA COMPREHENSION : la sagesse, la vision profonde et la compréhension

Pratiquer les 6 paramita nous aide à atteindre l’autre rive, la rive de la liberté, de l’harmonie et des bonnes relations.

Je me suis basée sur le texte de Tich Nat Than (maître bouddhiste zen vietnamien) dans son livre « le cœur de l’enseignement du Bouddha ».

Le nom habituel que l’on retrouve dans toute la littérature bouddhiste concernant les 6 parmamita sont : l’éthique – la patience – l’effort enthousiasme – la concentration – la sagesse et la générosité.

Tich Nat Than sans en être très loin les a nommées différemment et j’ai trouvé intéressant le concept d’inclusivité qu’il détaille d’ailleurs dans son chapitre sur les 6 paramita. Nous aurons l’occasion, dans un prochain article, de revenir sur ce concept.

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PORTUGAL : La franc-maçonnerie contre les fondamentalismes

De notre confrère portugais dn.pt par Armindo Azevedo

S’il existe un excellent indicateur concernant la séparation entre les pays qui respectent et défendent la liberté de leurs citoyens et ceux qui limitent les droits civils et humains, cet indicateur est la légitimité ou non de l’existence de la franc-maçonnerie dans différents territoires.

Maintenant que les événements d’Afghanistan concernent naturellement tous ceux qui voient ce qui s’est passé comme un revers civilisationnel, la Franc-Maçonnerie Régulière fait également face avec tristesse et appréhension à la probable résurgence d’un régime fondamentaliste, semblable à d’autres, qui interdisent l’existence d’une institution comme la Franc-maçonnerie. Pourtant, cette dernière participe à l’évolution de chaque individu et l’autonomie de son cheminement spirituel. C’est le cœur et le fondement de son activité. 

Dans les pays à majorité islamique, seuls la Turquie et le Maroc autorisent l’établissement de Loges maçonniques.

Il convient toutefois de rappeler que cela n’a pas toujours été le cas. En 1907, à sa demande, l’émir d’Afghanistan, Habibullah Khan, est initié à la franc-maçonnerie malgré la volonté de ses conseillers. Son règne a été marqué par l’introduction de la médecine moderne et d’autres avancées scientifiques en Afghanistan et par l’institution de plusieurs réformes juridiques, abrogeant bon nombre des sanctions pénales les plus sévères et démantelant l’organisation de police interne répressive qui avait été mise en place par son père. Ces initiatives étaient intimement liées à ses valeurs de franc-maçon.

Hier comme aujourd’hui, les ennemis de la franc-maçonnerie existent là où il y a des fondamentalismes et beaucoup d’actions de solidarité maçonnique, toujours menées dans la discrétion. Cela inclue le soutien aux victimes de ces mêmes régimes. Malheureusement, cette célèbre discrétion ne permet pas de modifier la perception publique de l’œuvre maçonnique. La maçonnerie souffre de la persistance d’une méconnaissance ou d’idées préconçues la concernant. En 2018, la Grande Loge d’Angleterre a même lancé une campagne publicitaire dans les journaux britanniques et des initiatives de sensibilisation du public afin de modifier la fausse représentation des objectifs de l’Ordre maçonnique.

Ici, la récente promulgation de la loi qui cherche à contraindre les députés à déclarer leur appartenance à la franc-maçonnerie était aussi un signe clair de ces mêmes préjugés et idées fausses sur ce que signifie être franc-maçon et en quoi consiste le rôle social de chacun.

Une chose est certaine. Il y a un travail à faire par la franc-maçonnerie pour que la société civile puisse mieux comprendre nos valeurs et la portée de notre action. C’est d’ailleurs l’un des piliers du mandat pour lequel j’ai été récemment réélu Grand Maître de la Franc-Maçonnerie Régulière. 

En même temps, nous ne renoncerons jamais à joindre notre voix à ceux qui s’opposent aux fondamentalismes de toutes sortes en restreignant les libertés, collectives ou individuelles.

Il s’agit, pour nous francs-maçons, d’un effort continu qui vient de nos origines. Comme l’écrit George Washington dans une lettre datée de 1793 : « Élargir la sphère du bonheur social est digne de la conception bienveillante d’une institution maçonnique. Le grand objectif de la maçonnerie est de promouvoir le bonheur collectif. » Il en a été ainsi. Et il en sera ainsi.

Grand Maître de la Grande Loge Légale du Portugal – Grande Loge Régulière du Portugal

Les TEMPLIERS et La Stricte Observance Templière (suite 2)

Nous sommes en l’année 1121 !

D’autres Chevaliers vinrent se joindre à Hugues de Payns 1er Grand Maître de l’ORDRE= Robert de Bourgogne, Wippartus de Thumen, André de Montbard (oncle de St Bernard de Clairvaux), Archambaud de St Amand, Herbert de Pasche, Charles Haddington, et beaucoup d’autres. Devant la recrudescence, le Roi Baudoin II leur attribuât un espace proche des ruines du Temple en 1124.

L’ardeur militaire alliée la piété, la fidélité manifestée au Roi Baudoin lors des combats de Nazareth et de Montgisard, fut rapportée au Pape Honoré III et à Saint Bernard, abbé de Clairvaux. Le concile de Troyes, le 13 janvier 1129, afin de reconnaître officiellement l’ ordre du Temple et Hugues de Payns fut élevé à la Maîtrise, et c’est à Avignon qu’il obtint la confirmation de notre ORDRE.

En 1130, ceux qui revinrent du concile se séparèrent, et c’est cette même année que Hugues de Payns et le siège magistral de l’ORDRE fut installé définitivement dans les ruines du Temple. C’est pour cela que toutes les maisons de l’Ordre sont appelées : TEMPLE !

Des Temples furent créés en dehors de la ville Sainte ; chaque Prieuré avait 27 chevaliers, dirigés par un nombre de 9 par un Supérieur. 243 chevaliers, 27 Commandeurs, 3 Préfets sont élus. Mais, les préfets préfèreront le titre de Prieur.

Sous Robert de Bourgogne, successeur de Hugues de Payns, l’Ordre est ramené à une forme plus soignée ; le mode de réception des Chevaliers est constitué, mais le Noviciat est mis en forme dans une règle précise. C’est à cette époque sous le bienheureux Pape Eugène III, que pour distinguer les Templiers des autres Ordres, qu’ils portassent sur le côté gauche (Cœur) une Croix rouge de lin, ainsi qu’un étendard blanc frappé de la même Croix pattée.

Sous le Maître Bertrand de Blanchefort en 1157, licence et faculté de posséder en quelque lieux que se soit, des terres et des dépôts d’argent. C’est ainsi acquit ses premières acquisitions dans les provinces de= Léon, Aragon et Auvergne. Puis la Bretagne, l’Occitanie et la Bourgogne. Plus tard, ce sont les possessions du PÔ et du Tibre et ceci jusqu’au confins du Danube, l’Allemagne entre l’Elbe et l’Oder ; la Grèce et Chypre. La route de la soie leur était connue. Chaque Seigneur qui devenait Croisé, donnait ses terres et leurs produits à l’Ordre.

Sous Urbain III en 1185, il plaça notre Ordre sous le siège apostolique et il accorda à notre Ordre de construire des églises, des maisons du Temple, de les consacrer et de célébrer l’Office Divin par les clercs.

En 1186, 9 provinces et 40000 commanderies rapportaient, à l’exception des possessions en Terre Sainte, Deux Millions de pièces d’Or.

Les Templiers étaient à cette époque, les banquiers européens, surpassant largement les trésors des rois.

L’An 1187, l’infidèle entama près de Tibériade le combat à la suite de la trahison de Raymond III, comte de Tripoli (ami des musulmans) avec Guy de Lusignan aidé par Renaud de Chatillon, et la chevalerie franque est écrasée à la bataille de Hattin le 4 juillet 1187 !

Seul un croisé influent du royaume de Jérusalem, le Chevalier Balian d’Ibelin assure la défense de Jérusalem pendant 2 mois ; n’ayant peu de Chevaliers dans toute la ville, il ne peut trouver que quelques chevaliers, peut-être deux, et il doit adouber soixante fils de bourgeois. Négociations : Balian d’Ibelin se rend alors auprès de Saladin et lui déclare que les habitants préféreraient détruire la cité et les lieux saints, tuer leurs enfants et leurs femmes, puis se battre à mort contre les musulmans, plutôt que laisser la ville être prise de force ; Saladin sauve la vie des habitants en échange d’une rançon de dix pièces d’or par homme, cinq par femmes et deux par enfant.

En l’an 1274, sous Guillaume de Beaujeu élu Grand Maître (en remplacement successivement de Robert du Mont (GM) et Geoffroy de Salvaing (Vicaire de la Maîtrise), tous les chrétiens sont expulsés de l’ensemble de la Terre Sainte, par les infidèles.

Alain Yvon Béguin, I.O.GP Eques A Confluente

Petit rappel : Le Nom de : STRICTE OBSERVANCE TEMPLIERE est un Nom déposé et non partageable !!!

Si vous avez manqué le premier article (le retrouver ici)

Philosopher, c’est résister !

Au commencement étaient deux verbes ! Philosopher, résister : c’est à dire raisonner, s’opposer. En débutant la lecture de ma planche dans notre loge Jean Théophile Désaguliers, j’ai une pensée pour l’enfant de huit ans qu’il fut, quittant le port de la Rochelle, une nuit d’hiver de 1685, caché au fond d’un tonneau par son père Pasteur protestant, pour gagner l’Angleterre.

C’était une façon de résister à la persécution des Huguenots, victimes de la révocation de l’édit de Nantes par Louis XIV. De cette fuite, naîtront le moment venu, son association avec James Anderson puis la Grande Loge de Londres et de Westminster, le 24 juin 1717. Quelque 250 ans après le jeune passager clandestin, le 17 juin 1940, un autre rebelle, un certain Général de Gaulle, s’envolait de Mérignac lui aussi pour Londres, devenant dès le lendemain – avec la volonté de la liberté à reconquérir – le symbole de la résistance à l’envahisseur nazi!

 Le logicien et le poète

 Je me souviens. Au temps de mon instruction maçonnique dans les années 1980, mes affinités philosophiques et psychanalytiques ne furent pas les bienvenues à la Grande Loge de France. Carrément considérées comme « métaux polluants », ces pratiques hellénique et freudienne  devaient demeurer à la porte du temple ! Jeune Maître, ainsi suspecté de mauvaises fréquentations, j’entrais déjà en résistance intellectuelle, toute pacifique bien sûr, contre l’idée d’une « discipline étanche », alors catéchisée par l’occultiste René Guénon.

Aujourd’hui le vent sectaire est tombé ! Le fait maçonnique, de tradition orale, n’a besoin ni de gourous ni de disciples, mais nuance, demande des passeurs. Son symbolisme est une théorie qui n’existe que par son exercice. Il ne s’enseigne pas, il se vit par transmission, au gré de la longue chaîne qui relie par l’esprit les bâtisseurs médiévaux aux constructeurs spéculatifs que nous sommes.

Cette « reliance », c’est la parole des vrais sages remis aujourd’hui « à leur place » qui parcourt le REAA, dont les degrés sont le porte-voix.  Ecoutons-les, du 1er au 3ème:  

-Socrate : « Connais toi toi même, laisse l’univers aux dieux et conduis toi en conséquence ».

– Confucius : Le plus grand voyageur est celui qui a su faire une fois le tour de lui-même ».

– Kant, qui apparaît dans le rituel en filigrane : « Il n’y a pas de droits sans devoirs ».

Autant d’injonctions qui nous invitent à l’action, à « élargir » notre pensée, à résister à notre inertie naturelle !

    Nous avons deux jambes et elles vont de l’avant, dans le même sens, heureusement ! Nous avons deux cerveaux, et là, apparaît une différence entre eux : le gauche analyse, le droit agit! Ils sont à la fois complémentaires, et opposés l’un à l’autre. La résistance est en nous. De la sorte notre cerveau gauche, cerveau de la raison, est notre logicien. Et le cerveau droit, cerveau de l’émotion, de l’intuition et de l’imagination, lui, est notre poète. Une image qui nous permet d’affirmer par paraphrase, qu’effectivement : Vivre, c’est résister ! L’écrivain américain Francis Fitzgerald (1896-1940) nous le rappelle avec lucidité, la vie est un processus de démolition !

Athènes contre Jérusalem

Les philosophes antiques ont très tôt  repéré notre « mécanique cérébrale » ! Ils évoquent trois sœurs qui se chamaillent, en parlant de la raison, l’intuition et l’imagination, pour eux, « la folle du logis » ! Mais au vrai, ces savants, surnommés « sophos » (sages) se passionnent surtout pour l’étude des phénomènes naturels (les quatre éléments). C’est Socrate, le premier, qui lui, se consacre à penser l’Homme – la nature de l’Homme dans la Nature – en conversant avec les badauds dans les rues d’Athènes.

Socrate n’énonce pas de vérités, mais aide ses interlocuteurs à faire éclore leurs pensées. Ce procédé qu’il appelle la « maïeutique », l’art d’accoucher ( terme emprunté à sa mère Phénarète sage femme), transforme la conversation en raisonnements. Socrate qui aime beaucoup interroger, avec la raison comme outil ( son speculum verbal !) devient ainsi le premier vrai philosophe (philo, aimer, et sophia sagesse, connaissance). « Speculum », l’instrument des sages-femmes, signifie miroir, qui réfléchit. Réfléchir veut dire ici s’étonner. L’origine même de la philosophie ! Au verbe « s’étonner » – qui, pour les croyants veut dire « s’émerveiller », dans une vénération muette – Socrate ajoute un nouveau sens et une pratique : « Questionner ». C’est à dire une interrogation parlée !

Au 5ème siècle avant Jésus-Christ, lire la Bible, c’est constater que l’Homme est inféodé au monothéisme depuis Abraham, David, Salomon et ses suivants. Ce qui commence à « déranger » les penseurs grecs et latins: ils veulent maintenant penser sans dieux terrestres ou Dieu céleste. Et un beau matin éclate une opposition frontale entre « gens de raison » et « gens de foi ». C’est le choc : Athènes et Rome, les cités « démocratiques » contre Jérusalem, la cité « sacrée » ! Cette antiquité judéo-gréco-latine devient le théâtre d’un conflit théologique interminable : la liberté de conscience contre la grâce divine. Les Stoïciens (Marc-Aurèle et Sénèque les latins et Epictète le grec) tirent les premiers en affirmant que le divin, c’est l’univers entier (le Cosmos) et non un être supérieur. Ce différend franchira les siècles pour atteindre notre époque : Créationnistes contre Darwinistes. Croyants contre laïques.

Pour un philosophe laïque, penser l’Homme, c’est l’observer en fonctionnement. « Je cherche un homme » lance Diogène à ses concitoyens sur l’Agora – brandissant sa lanterne allumée en plein jour – voulant dire, je désire rencontrer un homme vrai, bon et sage ! Au roi de Macédoine Alexandre le Grand, venu lui demander avec condescendance, s’il avait un besoin quelconque, le même Diogène – méfiant devant cette supériorité bienveillante – se rebiffe et lui réplique avec aplomb : « Ôte toi de mon soleil ! »

Les temps modernes venus, à défaut d’un Diogène, il s’agit de s’éclairer soi-même. Donc de faire face à ses « passions tristes » ainsi que Baruch Spinoza nomme au 19ème siècle les tourments humains tels que colère, peur, honte, haine, pessimisme. D’après lui, elles diminuent notre puissance d’agir. Les passions joyeuses, au contraire, les augmentent (bonne humeur, entrain, allégresse, enthousiasme, optimisme).

La pensée magique

Chacun de nous abrite un agneau et un dragon ! Il convient d’entretenir notre joie d’être et « d’entrer en résistance », contre ces ressentiments qui nous gâchent la vie ! Ensuite rencontrer l’autre, notre semblable, qui ne nous veut pas toujours que du bien (méchanceté, jalousie, abus de pouvoir). L’affrontement n’est pas toujours la solution. La fuite, si. Quand elle n’est pas possible physiquement – entre autre emploi oblige – il est permis de s’échapper dans l’imaginaire, dans tous les plaisirs de la pensée. De la philosophie à l’art, de la poésie à la créativité, pour résister à la pression sociétale. En conservant, bien sûr, sécurité et gouvernement de soi. Naître de soi, c’est rendre l’Homme encore plus Homme !

Une « philosophie de résistance » s’impose évidemment devant les aléas de l’existence : souffrances, séparations, maladies, deuils, vieillesse. Il s’agit de faire front, c’est à dire déjà comprendre notre « « corps-esprit », l’écouter, et lui donner les soins les mieux adaptés. En clair, c’est accepter les « choses de la vie », notre finitude comprise. Accepter ne voulant pas dire aimer, bien sûr ! En ce sens, philosopher, c’est aussi résister à la philosophie et aux philosophes. Ainsi nous pouvons ne pas suivre Spinoza quand il affirme que nos actions sont déterminées par celles de nos prédécesseurs. Notre part de libre-arbitre est ici concernée, le déterminisme nous rapprochant du fatalisme. Si on peut comprendre sa conception déiste de la Nature, on n’est pas obligé, comme Spinoza nous y invite, à l’aimer telle qu’elle est, notamment avec ses catastrophes naturelles en séries que nous montrent chaque jour nos écrans !

On peut aussi refuser d’adhérer au concept d’Amor fati (amour du destin) de Nietzsche qui rejoint Spinoza en préconisant d’aimer le réel tout entier. Ce serait ainsi approuver les pires atrocités qu’a commis l’Homme et qu’il commet encore. Je pense ici aux génocides du XXème siècle (arménien, juif, rwandais, entre autres). Et aux terrorismes en tous genres qui perdurent au XXIème siècle. Kant et de nombreux philosophes européens des Lumières étaient persuadés que du progrès matériel viendrait le progrès moral. Le progrès de la raison ne signifie pas progrès de la civilisation.

A charge encore, les désastres écologiques dus à l’Homo Sapiens. Sa propension à se gorger comme d’une gourmandise, des ressources de la planète, prouve combien il est encore dans l’enfance de l’esprit ! Comme le sont, Spinoza, Nietzsche et Kant, quand une forme de pensée magique habite une part de leur intellect. A l’image d’un Isaac Newton, découvreur de la gravitation universelle, qui pratiquait l’alchimie dans sa cave, la nuit venue ! Certes, l’enfant en soi est un « petit résistant » !Les croyances improbables de ces génies ne doivent pas nous empêcher de continuer d’admirer la puissance globale de leur œuvre. Car elle est admirable !

Philosopher en Art Royal

Et la franc-maçonnerie dans tout çà?! La connaissance par la raison – avec ses limites – et la recherche du sens des choses, définissent classiquement la philosophie. L’amélioration de l’Homme et de la société, sur une base philosophique, caractérise la franc-maçonnerie.

Sachant que désirer devenir meilleur ne signifie pas devenir le meilleur ! Gare à la vanité !

Le but des deux disciplines est donc le même : le perfectionnement de soi. La philosophie, avec Platon, abandonne la mythologie d’Homère pour entrer dans le monde des idées, avec des réponses laïques à son propre étonnement et donner du sens à la vie. La franc- maçonnerie, à l’inverse, s’appuie sur des mythes, depuis celui d’Hiram, et sur le questionnement socratien, pour dégager des valeurs à transposer dans la cité. En fait, c’est lui qui nous permet de dire aussi que maçonner, c’est résister ! Lorsque, en tant que maçon, je m’interroge sur le déterminisme de Spinoza, l’inconditionnalité de Nietzsche ou le progressisme de Kant, j’oppose une résistance à leur pensée. Et partant, en bon cartésien, cette fois, j’émets une réserve sur leurs positions. Le doute est la certitude du maçon ! C’est clair, la franc-maçonnerie spéculative est bien une discipline philosophique.

Qu’offre la philosophie à l’Art Royal en termes méthodologiques ? Selon la formulation antique : un modèle de réflexion pour « gens de raison » ! Raisonner signifiant penser, réfléchir, comprendre, spéculer, et ensuite, écouter, débattre, dialoguer avec soi et les autres, pour trouver la concorde. Et déboucher sur une pensée commune, une idée générale conceptuelle, qui se passe du ciel. A l’instar de Platon, qui propose, si je puis dire, une « philosophie de la raison », avec des idées « carrées », vérifiables et immuables comme ladite forme, le carré. Penser sans Dieu, j’y reviens un instant : ce concept a été repris au 20ème siècle par plusieurs philosophes contemporains : Vladimir Jankélevitch d’abord puis André Comte-Sponville et Luc Ferry. Il a débouché sur ce qu’ils ont appelé la « spiritualité laïque ». Elle définit pour eux la philosophie de notre siècle.

Cette vie de l’esprit non conditionnée, parfaitement individuelle et libre, que désigne-t-elle ? Le déroulement même des « choses de la vie », c’est à dire nos problèmes existentiels qui nous préoccupent et les valeurs qu’ils représentent, à savoir : la vie, le vivant, l’être, l’amour, l’éducation, le travail, la nature, le progrès, la liberté, le bien, le mal, la responsabilité, la mémoire, la maladie, la souffrance, les rencontres, les joies, les peines, l’amitié, l’amour, le bonheur, la séparation, le vieillissement, le deuil, la mort, etc. Autrement dit, le « déploiement » même du sort de l’homme !

La « Philomaçonnerie »

Ces grands thèmes constituent en vérité le quotidien de chacun, de chacune de nous. La vie est une suite de rencontres, donc d’imprévus, donc d’étonnements, donc d’initiations ! Partant, que signifie au juste philosopher ? Ce n’est pas se retrancher en soi et ruminer ses pensées ! Que signifie maçonner ? Ce n’est pas se barricader dans son temple intérieur ! Les deux disciplines se rejoignent ici. Philosopher et maçonner, c’est à l’inverse sortir de soi, pour communiquer. Je fais ici retour au siècle des Lumières, pour exemple, avec le franc-maçon Michaël de Ramsay qui en 1736 lance dans une loge parisienne son célèbre discours puis avec le philosophe Jean-Jacques Rousseau qui en 1762 publie le Contrat social. Tous deux veulent le bonheur des hommes. Ou comment résister au malheur : L’un par le bais du mythe, l’autre par celui du réel.

Au delà des mots, observons les actes. Philosopher et Maçonner, c’est pour les deux disciplines, s’ouvrir à l’autre, échanger sereinement, accepter la critique, chercher la concorde. Pourquoi y sommes-nous contraints ? Parce que chacun, chacune de nous est unique avec ses spécificités physiques et mentales et doit tenir compte de celles des autres ! Comme dit Nietzche : « Notre corps est l’édifice collectif de plusieurs âmes ». J’ajoute : Nous avons une carte d’identité, alors qu’elle devrait être une carte de différences !

Dès lors, qu’est-ce qu’une vie philosophique ? Qu’est-ce qu’une vie initiatique ? Mon vécu me donne à voir des situations rigoureusement identiques : Construction de soi grâce à autrui. Respect réciproque qui fonde la fraternité. Sentiment d’appartenance à la société sacrée des Hommes. Art de la contemplation . Souci de la parole juste et recherche de la vérité. Maîtrise des passions, santé du corps et de l’esprit. Empathie, accueil et écoute des opinions diverses voire contraires. Opposition à l’intolérable. Courage face aux aléas de la vie et acceptation de la finitude.

Constat : Philosopher c’est maçonner, maçonner c’est philosopher. D’où le néologisme que je propose en clin d’oeil : Philomaçonnerie ! Il n’est pas de vertu sans l’art de la critique à l’opposé de la pensée consensuelle et lisse. La loge n’a pas vocation de « salon où l’on cause », ni de lieu de confort intellectuel. Vouloir ne pas y faire de vagues, c’est la transformer en un fleuve tranquille.

C’est précisément de « l’intranquillité » que vient la pensée nouvelle, pas de cerveaux conditionnés ou assoupis ! En termes de construction, ce sont les aspérités des pierres qui assurent leur parfait jointoiement. Pas les pierres lisses ! De la sorte, la philosophieindique au franc-maçon, à la franc-maçonne, que la marche de la pensée, procédant par contradictions surmontées – mécanisme de tout débat réussi – doit aller, selon le concept hégélien, de la thèse, à l’antithèse et à la synthèse. Dit autrement, de la résistance au lâcher-prise !

Des hommes, des femmes

La philosophie méditerranéenne – à laquelle je me suis limité – ne serait qu’un mot, sans les grands noms qui lui donne corps, cœur et âme depuis son avènement. Je remarque que, de Socrate à Michel Serres, pour les hommes, de Hypathie d’Alexandrie à Elisabeth Badinter, pour les femmes, sans distinction d’écoles, tous et toutes sont résistants et résistantes à leur manière, hier comme aujourd’hui. Je veux toutefois rappeler la distinction à faire entre le penseur, créateur de concepts et le professeur de philosophie qui l’enseigne – tel André Comte-Sponville, Luc Ferry ou Frédéric Shiffter, l’espiègle et romantique Biarrot, dont je vous recommande aussi les livres. Penseurs et professeurs ont leurs mérites. Les deux nous instruisent.

Une résistance particulière existe avec une troisième catégorie d’intellectuels, qui eux, nous informent en plus, que l’on partage ou non leurs idées. Il s’agit des philosophes devenus au fil des ans, des militants. Exemples : Jean Paul Sartre, Albert Camus, Bernard-Henri Lévy, Michel Onfray ou Sophie Agasinsky (récemment interdite de conférence à Bordeaux, en tant qu’opposante à la « gestation pour autrui »). Ainsi, nous le constatons, il y a plusieurs pratiques philosophiques. Philosophie de débat, philosophie de combat. Philosophie spirituelle, Philosophie existentielle. Je cite ici Anna Arendt, révélatrice de la « banalité du mal » lors de la période funeste du nazisme et Edgar Morin également sociologue, recenseur des pièges de la mondialisation. Ou encore le précité Michel Serres, récemment décédé, qui savait « exploiter le doute » et trouver dans l’étymologie des mots, toujours avec humour, le « bien penser pour mieux vivre » au quotidien.Parce que l’esprit alerte de tout philosophe ne vit que dans une incrédibilité continuelle.

La philosophie traverse la vie depuis près de 3000 ans, la franc-maçonnerie depuis 300 ans seulement. Celle-ci a encore beaucoup à apprendre et nous avec elle. Dans le sillage d’esprits « en mal de surplomb » du 18ème siècle, elle persiste, dans presque tous ses rites, à opposer artificiellement des degrés dits aristocratiques à des degrés dits démocratiques, par différence. Ces Hauts-Grades, selon le langage dudit siècle, sous-entendent ainsi des Bas-Grades ! Résultat : conflits et scissions, depuis l’instauration d’un système  hégémonique qui rompt l’harmonie de l’échelle initiatique des grandes Obédiences!

Or, nous dit le philosophe Alexis de Tocqueville, « une aristocratie qui se met entièrement à part du peuple, devient un arbre sans racine. Elle est donc impuissante et donc tyrannique ! » L’idée d’un REAA en 33 degrés démocratiques est disponible! Elle tend les bras au SCDA !

Le sage bordelais Michel de Montaigne, voyait dans l’exercice philosophique au XVIIème siècle, un honnête divertissement. Avec ses sagesses : vérité, justice, générosité, « vie bonne ». Il me suggère de revisiter l’ Avoir et l’Etre. Avoir une vision du monde basée sur la générosité et l’amour. Etre ainsi quelqu’un de bien ! Ce qui me renvoie à la distinction à opérer entre le « culte du moi » – que dispense une maçonnerie mal comprise – et la culture nécessaire du « moi et l’autre ». Entendons-nous bien : ce que les grecs antiques appelaient « la vie bonne » signifie pour le citoyen, mener une bonne vie dans une vie mauvaise. La vie n’a pas changé de nature au XXème siècle : elle n’est pas un être, elle n’est pas une conscience, elle n’a pas de morale, elle ne nous entend pas ! Elle consiste en l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort, nous dit le naturaliste Buffon. En cela, nous sommes bien organiquement des « résistants ».

Les hommes arrivent à se haïr non pour leurs oppositions mais parce qu’ils ont les mêmes convoitises – personnes, pouvoir, territoire, objets – nous dit l’anthropologue doublé d’un philosophe, René Girard. La « rivalité mimétique » montre que posséder, c’est être possédé ! Sublimer, n’arrange rien, c’est archiver. Il convient donc d’éliminer le tourment. En s’en écartant, pour gagner d’autres centres d’intérêt qui procurent du plaisir. S’interdire par masochisme rend triste, se permettre sans nuire, donne la joie. L’humour, qui permet de tenir l’adversité à distance est un excellent « détachant ». Etre heureux, bien dans sa peau, rend meilleur chez soi et au dehors !

En cela, je vois la tenue maçonnique tel un « repas intellectuel partagé ». Permettez-moi de vous convier au banquet de mon imaginaire malicieux ! L’ouverture des travaux, c’est l’entrée, avec l’appel, cette chaine d’union nominative. La planche, c’est précisément le plat de résistance, accompagné de sa boisson, délicieuse, lorsque vous buvez les paroles du conférencier! Et la fin des travaux, c’est le dessert, avec la seconde chaîne d’union qui nous réunit tous en rond, comme autant de biscuits verticaux cerclant le gâteau de la fraternité !

     Ma Sœur, mon Frère, puissent ces images nutritives symboliques  nous réjouir, en conclusion de cet exposé. Après nos vraies agapes, à la sortir du temple, il nous appartiendra de résister, là encore, aux fureurs de la Cité. Nous trouverons toujours des pierres sur notre chemin. A nous de décider ce que nous pouvons en faire. Construire des ponts ou des murs ? Rappelons-nous que nous sommes – en même temps que franc-maçon, franc-maçonne et philosophe – l’architecte de notre vie.                        

                                Gilbert GARIBAL

BRESIL : La Grande Loge Maçonnique de Roraima fête ses 40 ans de fondation

De notre confrère brésilien folhabv.com.br

L’émergence de la Grande Loge Maçonnique de l’État de Roraima (Glomerr), s’est produite il y a exactement quatre décennies, puisque le 20 août 1981, 55 Frères se sont réunis au Temple de la Loge Liberdade e Progresso n°1, situé au centre de la capitale.

C’est par le décret n°0032/80/83 du 14 mai 1981, pris par la Grande Loge de l’État d’Amazonas, qu’ils ont fondé la Grande Loge de Roraima, qui comprend actuellement 14 loges symboliques dans la capitale et dans certaines communes.

« Au cours de ces 40 années, la mission principale de l’entité philanthropique est la fraternité et le bien à la société, basée sur l’engagement pour la paix et la connaissance, en recherchant l’amélioration humaine »

Ces propos sont rapportés par le Grand Maître, Tadeu Peixoto Duarte, qui l’évalue comme positives les performance de l’institution présente à Roraima, soulignant les grandes réalisations, le travail intense et beaucoup de dévouement des maçons, animés par le désir de faire la différence et la certitude de construire une société plus juste et fraternelle.

« En ce jour spécial où nous célébrons également la Journée de la franc-maçonnerie, nous cherchons à construire une société unie avec la participation effective de toute la famille maçonnique. Malheureusement, la pandémie qui a eu lieu a fait de nombreuses victimes. Cela signifie que nous ne serons pas physiquement ensemble l’an prochain, mais nous restons virtuellement et spirituellement unis face à tous les défis de ces temps nouveaux », a-t-il rapporté.

Siège de la Grande Loge de l’État de Roraima (Photo : Divulgation)

Tadeu a également souligné que les épouses des francs-maçons effectuent également un important travail de base et d’accompagnement, à travers les fraternités féminines et le Club des Mères et Amis. 

« Nos chères belles-sœurs, en plus de soutenir leurs maris, nos Frères, mènent également des actions sociales et philanthropiques dans notre société, en reconnaissant leur contribution pertinente à nos actions d’aide à la société »

a-t-il souligné.

Actions pendant la pandémie

Pendant la période de pandémie, « Glomerr » a apporté son aide aux établissements de santé publique en faisant don de matériel à l’hôpital Geral de Roraima (HGR), ainsi qu’en offrant une assistance aux familles et aux francs-maçons touchés par la Covid-19.

Les entités de jeunesse contribuent également à des actions philanthropiques

En plus de donner juridiction aux loges maçonniques, Glomerr est un sponsor d’entités para-maçonniques, telles que l’Ordre de DeMolay et l’Ordre international des Filles de Job.

L’investissement dans la jeunesse, à travers la création et le développement des Ordres Paramaçonniques des jeunes, fut sans aucun doute la plus grande œuvre maçonnique du 20ème siècle. Ce sont les seuls projets sociaux permanents portés par la Franc-Maçonnerie Régulière Universelle : Ce sont l’Ordre DeMolay, qui regroupe les garçons de 11 à 21 ans, et l’Ordre des Filles de Job, destiné aux Filles de 9 à 21 ans.

L’Ordre DeMolay a été créé dans l’intention d’être une école de leadership, par son créateur Frank Land qui a déclaré « un DeMolay ne peut jamais échouer en tant qu’homme, citoyen et leader ». À Roraima, il y a trois chapitres réguliers, un à Boa Vista, un autre à Caracaraí et le troisième dans la municipalité de Rorainópolis.

L’Ordre des Filles de Job s’adresse aux jeunes femmes entre 10 et 20 ans et requiert une parenté maçonnique. Son objectif est de collaborer à la formation morale et spirituelle des participants, à travers des enseignements basés sur le Livre de Job.Les centres locaux des Filles de Job sont appelés « Bethéis », à Roraima nous avons le North Star Bethel n°1.

« Ces deux entités sont notre soutien et nous nous efforçons d’améliorer ces jeunes pour qu’ils soient de futurs leaders. Nous sommes très heureux de contribuer également, de prendre soin et d’offrir tout le soutien maçonnique dans ce voyage réussi », a conclu Tadeu Duarte.

ARGENTINE : Histoires pour ne pas dormir – Les maçons hermétiques

De notre confrère tn.com.ar – Par Mario Markic

La franc-maçonnerie a toujours été évoquée à voix basse, comme quelque chose de mal. Si on passe en revue l’histoire de l’Argentine, on sera étonné de découvrir les personnages qui ont été francs-maçons.

L’œil, le compas et l’équerre, les symboles maçonniques par excellence.

Une fois, je suis allé faire un article au siège de la franc-maçonnerie argentine, un lieu plein de symboles et d’histoire , qui se trouve au 1200, rue Perón, au cœur de Buenos Aires.

A cause de cette aura de secret que gardent ses membres, à cause de la scénographie qui le fait ressembler à un temple religieux à la salle principale, à cause des vêtements que portent ses autorités – costumes noirs, gants blancs et tabliers brodés, noués à la taille – J’avais l’impression d’être dans un endroit étrange. Le mot précis est troublant.

14 de nos présidents, étaient des francs-maçons. Il y a aussi des citoyens distingués comme José de San Martín , le père de la Nation, Alberdi, qui a jeté les bases de la Constitution nationale, José Hernández, l’auteur de Martin Fierro, Leandro Alem, Alfredo Palacios, le paysagiste Carlos Thays, le paléontologue florentin Ameghino, l’architecte de la ville de La Plata, Pedro Benoit et même Juana Manso, l’une des femmes les plus importantes que la Patrie ait données.

Une des salles du temple maçon de Buenos Aires, à Perón à 1200 (Image Wikimedia commons).

Cependant, quelques part d’ombre ont nourri certains mythes et légendes durant des siècles. Le culte de Lucifer a été tant de fois sur les lèvres de grands évêques et de cardinaux comme un stigmate envers les loges que la simple mention des Maçons inquiète, dérange, encore aujourd’hui .

Une fois, j’effectuais un reportage à la Grande Loge Argentine des Maçons Libres et Acceptés, ils m’ont proposé de rejoindre la confrérie. Ils m’ont dit que j’allais être un membre de plus parmi les 12.000 Maçons appartenant aux 300 Loges qui existent dans tout le pays. Je pourrai ainsi devenir un frère. J’ai regardé le Grand Maître pendant un moment, ne sachant pas quoi répondre jusqu’à ce que je dise « laisse-moi réfléchir« .

Tout le monde peut être maçon

C’est ce que disent les maçons. Peu importe la profession, le métier, l’âge ou les croyances : on peut être musulman, juif ou catholique. Ils n’aiment pas non plus être considérés comme une secte. Ils nient farouchement. Ils disent :

« Nous n’avons pas de dogmes et nous défendons la liberté de pensée.

Désormais, les femmes sont acceptées, ce qui était auparavant considéré comme un sacrilège. Le 15 août 1997, la première loge de femmes a été fondée. Maintenant, les francs-maçons argentins augmentent leur effectifs de membres, et il y en a d’Ushuaia à La Quiaca.

Ils disent que 50 pour cent des nouvelles recrues ont été contactés via les réseaux sociaux. Ils prétendent qu’ils recherchent l’amélioration intérieure et recherchent le progrès. Ils rejettent l’étiquette de société secrète :

« Tout le monde trouve notre page sur Facebook »

disent-ils.

On peut les voir sur les photos qu’on télécharge sur les réseaux sociaux, vêtus de manière rituelle, entièrement en noir et avec des tabliers blancs à bordure rouge. Les tabliers sont ce genre de tabliers ornés que tous les frères maçons portent lorsqu’ils se réunissent pour ce qu’ils appellent les Tenues.

Les Tenues sont les réunions qu’ils font dans les temples. Là, différents sujets sont discutés et ils arrivent à des conclusions que seuls eux connaissent, car c’est un domaine réservé aux frères. Le secret est de rigueur. Dans chaque cérémonie, ils mettent la Constitution nationale comme un symbole de respect. Il rappellent ainsi que la franc-maçonnerie respecte les lois de chaque pays.

Bien qu’ils n’aient aucun problème à accepter des membres qui professent telle ou telle croyance, ils ne s’entendent pas avec les religions, car ils sont contre les dogmes .

Les maçons s’appellent frères . Et ils sont reconnus par des signes, des gestes, des mots de passe. Ce secret leur a valu une mauvaise réputation. Dans les pires moments, par exemple, pendant la dictature argentine, entre 1976 et 1983, on disait qu’ils faisaient même des sacrifices humains. Il y avait ainsi un désir persistant de les traquer et de les discréditer.

Lors de chaque cérémonie, ils mettent la Constitution nationale en symbole de respect et pour rappeler que la franc-maçonnerie respecte les lois de chaque pays.

Il y a ceux qui préfèrent vivre dans un monde mystérieux et caché. L’inconnu, parfois, repousse, engendre la méfiance… Pour ceux qui regardent de l’extérieur, les Maçons sont une sombre confrérie, pleine de rituels indicibles et de sombres ambitions.

D’où viennent les francs-maçons

Ils sont nés en tant que guilde, assez curieusement. Guilde des Maçons . Comme l’UOCRA. On parle d’il y a mille ans. Ils étaient très importants car ce sont eux qui construisaient , travaillant la pierre avec la maîtrise des orfèvres, tous les temples et châteaux, les églises, les abbayes, les palais. Ils ont fait des choses solides et belles. Comme les architectes. En fait, ils appellent Dieu, le grand architecte de l’univers.

Ils étaient détenteurs d’un savoir unique… Et qu’ont-ils fait ? Ils se sont réunis. À cette époque, le savoir n’était pas partagé. C’était le Moyen Âge. C’est pourquoi les symboles les plus importants sont l’équerre et le compas. Des symboles qui ont à voir avec la construction, la précision, la perfection. De là, ils dérivent vers quelque chose de spirituel : construire le temple intérieur en chacun des individus.

Mais au fil des années, les loges ont accepté d’autres membres de la société : poètes, scientifiques, médecins, intellectuels, militaires, politiciens. Afin de garder des secrets, les francs-maçons se sont tournés vers un autre but, selon l’histoire : aider les êtres humains à avoir des idées de liberté et d’humanisme.

On dit que c’est ainsi qu’est née la « Maçonnerie spéculative », qui se soucie non seulement de garder les secrets des maçons, mais d’aider l’être humain à avoir des idées libres. Ils ont endossé la devise des Lumières : « Osez penser par vous-même ».

Les francs-maçons appellent Dieu « le grand architecte de l’univers ».

Les maçons sont regroupés en loges, qui sont comme des clubs exclusifs. En Argentine, il y a 300 lodges. Il y a des rites d’initiation. Si vous allez au temple de la loge, vous verrez que le plus jeune ou le nouvellement admis vont au fond de la salle.

Car si vous regardez là-haut, vous voyez que le plafond est peint en bleu foncé, avec une lune : elle représente la nuit. En d’autres termes, l’obscurité. C’est un homme ou une femme qui est encore dans l’obscurité de son Apprentissage et attend la Lumière de la Connaissance.

Maintenant, si l’on avance dans la salle, où se trouvent les membres les plus avancés de la Maçonnerie, le ciel s’éclaircit jusqu’à ce que vous atteigniez l’endroit où siège le président de la Loge. Si le président lève les yeux il verra un ciel céleste et un soleil éclatant : c’est la clarté du jour, c’est celle qui est la plus illuminée, celle qui est la plus proche de la vérité .

Maçons, de San Martín à Sarmiento et … Perón?

Ce que les francs-maçons disent en dehors de la confrérie est suffisamment mystérieux pour que toutes les cartes ne soient pas révélées. Ils ne sont pas une secte. Mais bien sûr : la maison se réserve le droit d’admission. Ils ne sont pas une société secrète, mais néanmoins un seul frère reconnaît un autre frère et il est interdit à un maçon de désigner quelqu’un d’autre comme maçon.

Aujourd’hui, disent les seuls autorisés à s’exprimer, les grands maîtres, qui sont élus au suffrage universel tous les trois ans… La franc-maçonnerie est philosophique, philanthropique et progressiste .

La franc-maçonnerie moderne a environ 300 ans et a été formée en Angleterre. En Argentine, la franc-maçonnerie a plus de 200 ans et – ils ne le disent pas, mais ils ne le nient pas – que des organisations et associations telles que l’ONU, les Boy Scouts, la Croix-Rouge, le Rotary, le Lions Club se sont inspirées et l’impulsion de la franc-maçonnerie.

La franc-maçonnerie nous vient du fond de l’histoire, mais la première loge avait à voir avec les mouvements d’émancipation de la couronne espagnole. De là, il nous vient que José de San Martin, avec Pueyrredón et Alvear, étaient membres de la célèbre Loge Lautaro. Ils disent que Belgrano et Castelli l’étaient aussi.

Il est clair que la franc-maçonnerie ne s’est jamais entendue avec l’Église. Et il est dit que le tombeau de Saint Martin dans la cathédrale métropolitaine n’est pas à l’intérieur de l’église, mais dans une loge qui lui a été ajoutée.

Mais personne n’aime en parler, n’est-ce pas ? D’où le secret qui les entoure. La sienne et celle de ceux qui ne veulent pas savoir qui étaient membres de la franc-maçonnerie.

Il y a un moment de gloire de la franc-maçonnerie qui pourrait se situer après l’organisation du pays. La franc-maçonnerie est devenue si influente que bon nombre des dirigeants essentiels ont servi dans ces sociétés discrètes. Vicente López y Planes, par exemple, l’auteur de l’hymne national argentin.

La loi 1420 de l’Enseignement Laïc, Gratuit et Obligatoire a été promulguée par les Maçons en 1884. La blouse blanche est née, par exemple, qui assimile les classes sociales. Sarmiento, père de l’éducation, était un franc-maçon de renom. Et il a démissionné de la présidence de la Maçonnerie parce qu’il avait le 33e degré pour exercer la présidence de l’Argentine.

Et Rivadavia, Justo José de Urquiza, Hipólito Yrigoyen, Mitre , ministres de Perón, comme Ángel Borlenghi étaient des francs-maçons. Et Perón ? Il semble qu’il flirtait au moins avec les maçons.

Et il reste la sombre relation de López Rega avec la Propaganda Due Lodge, propriété de Licio Gelli, décédé empêtré dans des escroqueries et divers actes criminels en Italie et son réseau de contacts a atteint l’Argentine.

D’ailleurs, ce M. Gelli a voyagé dans l’avion qui a ramené le général en Argentine et a noué des liens étroits avec López Rega – qui était astrologue et occultiste – et avec l’amiral Emilio Massera , avec une triste histoire, qui était ambitieux – déjà en tant qu’homme politique – être le successeur de Perón.

Trois degrés symboliques

Les degrés symboliques parmi les membres de la franc-maçonnerie sont au nombre de trois : apprenti, compagnon et maître. La ville de La Plata est d’inspiration maçonnique

Ceux qui l’ont fait, la grille de la ville regorge de symboles typiques des loges , comme des triangles, des diagonales, etc. De plus, à l’occasion du centenaire, en 1982, ils ont ouvert la boîte qui se trouvait dans la première pierre, située sur la place principale, devant la cathédrale. Et qu’ont-ils trouvé ? Monnaies, journaux du jour, et une série d’objets d’inspiration maçonnique claire, médailles, bâtons et décorations typiques des loges.

Et récemment, j’étais au nord de Santa Fe, dans une petite ville aussi soignée et belle : son nom est Zenón Pereyra, qui était le fondateur, un riche propriétaire terrien et homme d’affaires de Rosario, un maçon et philanthrope, qui est le mot qui définit ceux qu’ils aident les autres.

Don Zenón atteignit le 33e degré, le plus haut de la loge maçonnique : de là on voit le plan de la ville, le tracé d’origine… et elle compte 33 rues . Mystère, intrigue, énigmes… La ville de Zenón Pereyra regorge de symboles dans ses bâtiments.

Par exemple, la répétition d’un symbole qui apparaît cinq, six, sept fois, qui est un cercle avec trois lignes, ce qui signifie un soleil avec trois rayons qui illumine et protège ces maisons. Médailles, flambeaux, marches, triangles : toutes les appliques, ornements sur la façade qui indiquent les degrés et l’importance de l’habitant.

Presque toutes les façades sont des originaux de 1890, réalisés par des immigrés italiens ou suisses allemands. Peut-être pas comme les autres en Argentine. Au début, jusqu’à ce que les autorités décident de faire appel à des maçons renommés pour connaître le passé de la ville, il l’a pris avec une certaine résistance.

Mais maintenant, cela fait partie de l’identité du peuple. Les élèves des écoles eux-mêmes ont collaboré avec la signalétique pour organiser une visite maçonnique à Zenón Pereyra. Il y a des maisons à l’architecture rare qui affichent des choses comme « Le Temple de Salomon » sur la façade, qui sont des appliques, des ornements sur les côtés d’une fenêtre.

La règle, l’équerre et le compas , symboles maçonniques par excellence. Une fenêtre circulaire en haut de la façade : l’œil qui voit tout, selon la franc-maçonnerie et l’épée flamboyante, sur la clôture devant le bâtiment. Dans d’autres maisons, il y a des médaillons, des colonnes et des triangles d’inspiration maçonnique claire.

Les tombes du cimetière :  pour connaître l’histoire des villes il faut visiter les monuments erigés par les franc-maçons.

Proche du pouvoir

On dit que les francs-maçons sont toujours proches des gouvernements . Influencer, peut-être profiter de privilèges. Dans un cadre de secret, de blindage, qui suscite pas mal de soupçons. Aujourd’hui, ils se définissent comme une société philanthropique, philosophique et progressiste.

Par exemple, ils disent que la plupart des hôpitaux de Buenos Aires portent le nom de francs-maçons renommés.

L’image principale du temple maçonnique, où se trouve le président, est celle où vous voyez deux frères renommés Roque Pérez -fondateur et premier grand maître de la grande loge argentine- et Argerich , travaillant ensemble au milieu de l’épidémie de fièvre jaune .

Il y a ceux qui accusent les francs-maçons d’être des militants de la suprématie blanche.

Parfois, les francs-maçons s’expriment dans les affaires publiques. Par exemple, ils ont plaidé pour la loi sur le divorce, ils se sont opposés à l’enseignement religieux dans les écoles publiques de Salta, pour ne citer que quelques cas.

Ils disent que les maçons se reconnaissent quand ils parlent. Serein, chacun à son rythme. La confrontation n’est pas une méthode.

Mais la méfiance demeure parmi les groupes fanatiques qui les détestent et les persécutent. Récemment, une colonne qui se manifestait dans l’Obélisque s’est rompue et la foule s’est rendue au temple pour déclarer qu' »ils avaient créé la pandémie ». D’autres les accusent d’être des suprémacistes blancs.

Mais eux, simplement, et augmentant leur mystère, disent seulement :

« Nous sommes des chercheurs de la vérité. Ici à l’intérieur c’est que toutes les aventures de l’esprit sont comprises. Et tout reste ici ».

Ce qu’il faut savoir

  • La Grande Loge d’ Argentine des Maçons Libres et Acceptés opère rue Perón depuis 1872 .
  • Il y a 330 loges en Argentine avec 12 mille membres.
  • Perón a eu des ministres maçonniques dans ses trois gouvernements. Apparemment, il est mort en tant que maître maçon.
  • La plupart des symboles accrochés aux murs du palais San José, la maison d’Urquiza à Entre Ríos, sont secrètement des francs-maçons.
  • Le classique River-Boca est traversé par la question maçonnique. On dit que la bande rouge est inspirée de la symbologie maçonnique. Un président de River, Antonio Vespucio Liberti, était franc-maçon. Le stade porte son nom. Et à Boca il y avait un joueur notamment franc-maçon en 1937 et 1938, Carlos Wilson. Il n’était pas une star, mais en tant que maçon il a atteint le 33e degré, il était un Grand Maître.

300 ans après sa fondation dans une taverne londonienne, la confrérie universelle des francs-maçons reste entourée de mystère. Ils vivent dans l’ombre pendant la journée. Ils tiennent leurs tenues la nuit. Ils pratiquent des rituels médiévaux dans les temples, où les profanes ne peuvent pas entrer.

Par conséquent, il y a beaucoup de choses auxquelles on ne peut pas répondre. Ce sont des sociétés hermétiques. Ils se reconnaissent par des gestes, ils ont leur propre langage, plein de symboles. Les francs-maçons existent-ils aujourd’hui ? Bien sûr. Peut-être qu’un de vos amis est un maçon.

J’ai dit que deux fois je travaillais dans le temple. Les deux fois ils m’ont demandé de devenir frère… Et qu’ai-je répondu au Grand Maître ?

J’ai déjà dit… que j’allais y réfléchir.

“AFGHANISTAN” – Communiqué du Droit Humain

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La Fédération Française du DROIT HUMAIN exprime son inquiétude face aux évènements qui s’y déroulent sous nos yeux.

Depuis le début de l’année 2021, un tiers de la population de ce pays est confronté à des niveaux d’urgence en termes d’insécurité alimentaire aiguë et plus de la moitié des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition. Ces besoins augmentent avec la sécheresse et la pandémie qui touchent le pays. Le nombre de personnes « déplacées » a plus que doublé depuis le mois de mai 2021 atteignant 550.000 personnes.

 La Fédération française du DROIT HUMAIN soutient le peuple afghan dans sa volonté de défendre les droits fondamentaux et la dignité de tous les citoyens de ce pays et en particulier les droits des femmes dont tous les acquis des deux dernières décennies sont brutalement remis en cause. Toutes les femmes et les filles ont le droit de vivre à l’abri de la discrimination et des violences basées sur le genre, y compris le mariage d’enfants, précoce et forcé. En cette période de troubles, le droit international humanitaire doit être appliqué.

Depuis vingt ans, l’Afghanistan a réalisé d’importants progrès : l’espérance de vie y a augmenté de neuf ans, le nombre moyen d’années de scolarité est passé de six à dix ans et le revenu brut par habitant a plus que doublé comme en témoigne le rapport sur le développement humain du PNUD[1]. Cela est bien sûr encore très insuffisant, raison de plus pour refuser tout retour en arrière.

Bien que les décisions de nos démocraties occidentales aient été dictées trop longtemps par des volontés économiques, elles ont permis une émancipation et un début de prise en compte de la défense des droits fondamentaux de tous les humains.

Nous appelons les pays à maintenir les frontières ouvertes pour accueillir les réfugiés afghans qui fuient la violence et les persécutions et à s’abstenir de toute politique de retour forcé. Dans ce contexte, nous appelons les autorités françaises à ne plus renvoyer, dans le cadre du règlement de Dublin, des Afghans vers d’autres pays européens qui procèdent à leur tour à des renvois forcés vers l’Afghanistan.

L’Union Européenne a le devoir moral de protéger tous les Afghans menacés dans leur pays. Ce ne sont pas les réfugiés qui sont une menace, mais bien celles et ceux qui, partout dans le monde, et confondant pouvoir politique et pouvoir religieux, veulent régner sans partage sur les consciences.

La Fédération française du DROIT HUMAIN, fidèle à son histoire et à ses combats, agit pour que sur toute la Terre, les Femmes et les Hommes « parviennent à bénéficier d’une façon égale de la justice sociale dans une humanité organisée en sociétés libres et fraternelles » (art. 1 de la constitution internationale de l’Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN).

Fédération française de l’Ordre Maçonnique Mixte International

LE DROIT HUMAIN

Lien vers le site du DH

ITALIE : École de magie et de sorcellerie en Angleterre ? L’histoire de la Golden Dawn

De notre confrère Sputnik News

La mystérieuse organisation Golden Dawn a été fondée en 1897 en Grande-Bretagne et a réuni d’importantes personnalités du monde littéraire, scientifique et politique. En Occident, elle a été comparée à la franc-maçonnerie. Spoutnik se penche sur ce qu’était vraiment l’Aube dorée pour vous.

Un certificat « divin »

Dans la seconde moitié du 19ème siècle, en Angleterre, il y avait une sorte de fièvre mystique, pour laquelle tout ce qui est magique et gothique est devenu à la mode. Les domaines des riches britanniques de l’époque suivaient le goût des châteaux médiévaux. Dans les œuvres littéraires, les esprits et les fantasmes apparaissent fréquemment, le public est surtout attiré par les pages les plus sombres de l’histoire, par les secrets et les intrigues.

Le fondateur de la Golden Dawn, Samuel Mathers, était un homme d’origine modeste qui s’intéressait à la magie depuis son enfance. Pendant longtemps, il a travaillé à la British Library, où il a étudié et traduit d’anciens traités de magie et d’alchimie en anglais.

Comme le dit l’histoire de l’organisation, Mathers découvrit un jour un manuscrit d’origine inconnue, à l’intérieur duquel était indiquée l’adresse d’une certaine Anna Sprengel. Il s’est avéré que la femme faisait partie d’une organisation magique et secrète en Allemagne. Mathers a interprété la découverte comme un signe d’en haut et a commencé à considérer le manuscrit comme un certificat « divin » qui lui donnait le droit de créer sa propre organisation. L’Aube dorée est un prototype sui generis de Poudlard, l’école de sorcellerie Harry Potter.

« Mathers a donné à l’organisation le moule d’un établissement d’enseignement supérieur pour magiciens, avec des étudiants et leurs mentors. La formation a été divisée en deux groupes d’apprenants : les novices et les vétérans »

explique Vladimir Vinokourov, professeur de la Faculté de philosophie, religion et théologie de l’Université d’État de Moscou

Selon les historiens, Mathers croyait vraiment à la magie et pensait que le monde de son temps l’avait tout simplement oublié.

Uniquement par des connaissances

L’accès à Aube Dorée était une procédure secrète : seuls ceux qui avaient reçu une recommandation de membres acceptés pouvaient rejoindre l’organisation. La condition principale pour que les novices soient admis à l’école était de croire fermement à la magie. Lors de la cérémonie d’initiation dans le sanctuaire de l’ordre, le néophyte voyait d’abord deux piliers avec un autel au centre, symbolisant les colonnes et l’autel sacrificiel de l’ancien Temple de Jérusalem. Les symboles des quatre forces de la nature étaient placés sur l’autel : une fleur pour l’eau, un calice de vin pour l’eau, une bougie allumée pour le feu et du pain pour la terre.

Au centre se trouvait l’emblème de la Golden Dawn : un triangle blanc avec une croix rouge. En plus du candidat, 7 autres personnes participaient au rituel. Après le rite, le novice était affecté au cours de formation initiale. Le futur magicien d’abord apprenait les fondements théoriques de l’art magique, mais les vraies preuves ne venaient que plus tard. En effet, pour passer au deuxième degré magique de l’ordre, le novice, après quelques années de formation, devait subir un examen beaucoup plus complexe. Seuls ceux qui réussissaient pouvaient devenir un vétéran.

« Le rituel principal s’appelait Conversation avec l’Ange Gardien . Mathers a emprunté ce rite à un traité médiéval. La particularité du rituel est que l’examen n’était pas officié par une personne, mais par un être surnaturel »

explique Vinokourov. Les chercheurs débattent encore aujourd’hui pour savoir qui, l’Ange Gardien était réellement, car aucune trace ou preuve de ces rites ne fut laissée.

Idées malsaines

Initialement, la Golden Dawn visait la perfection spirituelle de l’homme. Grâce aux divers degrés de croissance du caractère et à la réussite d’examens dirigés par des êtres surnaturels. Les membres de l’ordre devaient finalement être capables de se transformer intérieurement. Cependant, cet objectif idéal n’a duré que 5 ans.

Déjà vers la fin du vingtième siècle, Mathers commença à s’intéresser à des affaires plus terrestres. 

Il s’est proclamé vétéran royal, espérant devenir bientôt président du gouvernement britannique, libérer l’Irlande et mener une série de réformes politiques. 

À un moment donné, il a même commencé à attribuer des postes ministériels. On peut imaginer que Mathers avait perdu la tête vers la fin de sa vie. Ses partisans justifiaient ses penchants dictatoriaux par une pathologie mentale progressive. Des rumeurs se sont répandues selon lesquelles Mathers avait l’intention de conquérir le monde et l’Aube dorée était donc associée à une conspiration mondiale secrète et à un gouvernement maçonnique. Finalement, l’autorité de Mathers a été compromise par une nouvelle inattendue : le certificat « divin » était en fait un faux. Les adeptes tournèrent donc le dos à leur chef et, en 1902, il y eut un schisme de l’ordre en deux branches, les branches anglaise et française, qui restèrent vivantes pendant encore 20 ans.

« De nombreuses organisations contemporaines se considèrent comme les héritières de cet ordre, sans raison particulière. En réalité, ils ne font que se baser sur les enseignements de l’ordre. C’est tout. », Explique Vinokourov.

Apport culturel

Les chercheurs sont convaincus que l’ordre n’a jamais vraiment voulu conquérir le monde ou conspirer, il s’agissait plutôt des ambitions personnelles de Mathers, comparer l’Aube dorée à la franc-maçonnerie était donc une erreur.

« L’Aube dorée est, ou plutôt était, jusqu’à récemment la seule institution à préserver la connaissance magique, le seul ordre occulte vraiment remarquable en Occident. La grande multitude d’autres sociétés occultes doit le peu de connaissances magiques à ce qui a échappé à l’ordre au fil des ans, grâce aussi à ceux qui l’ont quitté »

écrit Israel Regardie, l’une des dernières figures faisant autorité d’Aube dorée. Cependant, l’ordre a contribué de manière significative à la culture. De nombreux mouvements religieux contemporains ont puisé leurs connaissances, leurs images magiques et leurs rituels dans les enseignements de la Golden Dawn. De même, certains membres célèbres de l’ordre (comme les écrivains Arthur Conan Doyle, Bram Stoker ou le prix Nobel de littérature William Butler Yeats) ont transposé les idéaux de la société secrète dans leurs œuvres.

POLOGNE : Maçons et chevaliers de Barwice. Découverte unique d’archéologues

De notre confrère polonais szczecinek.naszemiasto.pl

Découverte sensationnelle près de Barwicami. Des traces d’un ancien château de chevalier et d’une médaille maçonnique ont été découvertes

Des recherches sont menées sous les auspices du Musée régional de Szczecin pour confirmer l’emplacement d’anciens châteaux dans le quartier. Lors de la recherche dans les environs de Barwice, des traces de l’ancien siège de chevaliers de la famille Poméranie Glasenapp ont été trouvées.

Château dans le domaine

Cet objet a été parfaitement conservé dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, puis il a subi une dégradation progressive à la suite de travaux agricoles – informe Ireneusz Markanicz , directeur du musée de Szczecinek. – Grâce à des photos aériennes et à l’analyse de cartes anciennes, l’emplacement du château a été confirmé.

Des recherches à l’aide de détecteurs de métaux ont été menées par des membres de l’Exploration Kołobrzeg Parsęta, et la reconnaissance avec une série de forages a été effectuée par les archéologues Andrzej Kuczkowski et Marcin Krzeptowski . – Grâce à ces recherches, nous avons retrouvé un certain nombre de monuments médiévaux : éléments d’armement, accessoires, éléments de construction en fer, qui ont définitivement confirmé la datation et la fonction de l’objet – ajoute Ireneusz Markanicz.

Des maçons de Barwic ?

« Fait intéressant, une découverte unique a été faite parmi les artefacts, bien que beaucoup plus tard que le Moyen Âge, lorsque le château existait. – La découverte est complètement surprenante et unique, et en même temps liée à l’une des organisations les plus mystérieuses… la franc-maçonnerie » – informe le directeur.

« C’est une médaille de 1838. C’est alors qu’une médaille commémorative a été frappée pour commémorer le 100e anniversaire de l’accession du roi de Prusse, Frédéric II le Grand, aux francs-maçons, comme on appelait aussi les maçons. – Elle a eu lieu dans la nuit du 14 août 1738, deux ans avant la mort de son père Frédéric-Guillaume Ier, qui était un grand opposant à la franc-maçonnerie »

expliquent les experts du musée. – L’héritier du trône vivait dans une telle peur de son père strict que ce n’est que quatre jours après sa mort qu’il devait révéler au monde son appartenance à la Loge maçonnique. De l’accession au trône en 1740, remonte également l’énorme développement du mouvement maçonnique prussien.

D’où vient la médaille commémorative maçonnique sur le terrain près de Barwice ? Nous ne le saurons probablement jamais. – Un monument unique, trouvé – nomen omen … le 14 août 2021, exactement à l’occasion du 283e anniversaire de cet événement, rejoindra les souvenirs de la loge maçonnique de Szczecin « Hedwig zum Licht » (il peut être traduit par la lumière de Jadwiga ) dans notre collection – ajoute Ireneusz Markanicz.