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GLMU : Vœux du Conseil de l’Ordre pour l’année 2022

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La Grande Loge Mixte Universelle (GLMU) – Mixité – Universalité – Laïcité – adresse par la voix de son Grand Maitre Bernard Dekoker-Suarez et des Membres du Conseil de l’Ordre leurs meilleurs vœux pour l’année 2022.

Mieux connaître la GLMU 

Les valeurs dont laGrande Loge Mixte Universelle, obédience unique, tient ses spécificités :

  • La mixité est une obligation dans chacune des structures de la GLMU, en particulier dans toutes les loges. Aucun autre choix possible que la mixité.

La démocratie sans restriction. Tous les pouvoirs relèvent de structures résultant d’élections. Aucun comité constitué d’anciens ou de membres supposés plus sages ne peut interférer avec les instances décisionnaires.

  • La liberté absolue de conscience. Il n’existe aucune loge où il ne soit interdit d’obliger les membres à invoquer une force suprême dirigeant l’univers (Dieu ou un Grand Architecte de l’univers). Ce type de convictions est respecté mais relève uniquement de la liberté individuelle de ses membres.
  • La volonté de ne pas séparer Spiritualité et Humanisme de l’engagement sociétal Républicain, que ce soit dans les travaux réalisés au sein de ses loges, comme dans l’expression publique de l’Obédience ou les engagements personnels de ses membres.

Elle a pour devise la liberté, l’égalité, la fraternité. La laïcité est comprise comme la condition essentielle de la liberté de conscience de chacun. La mixité, vécue pleinement, est inscrite dans notre nom même. La tolérance, le respect, la solidarité, la justice, l’a-dogmatisme, et la démocratie sont des valeurs et des principes affirmés.

  • Une franc-maçonnerie républicaine et adogmatique

Avec pour devise Liberté Égalité Fraternité, la Grande Loge Mixte Universelle fondée en 1973 fait partie des obédiences républicaines et adogmatiques. Elle pratique la liberté absolue de conscience et la tolérance mutuelle. Elle est une association d’hommes et de femmes libres, indépendants et responsables ayant décidé d’adhérer à des principes décidés démocratiquement et fondés sur les valeurs humanistes. La justice et la dignité de l’être humain sont au centre de ses préoccupations. La mixité et la solidarité sont de ce fait essentielles.

Source : https://glmu.fr/

Le pavé mosaïque, chemin spirituel

« Le maître-constructeur persan moderne [début XXe siècle] élabore ses idées par une méthode secrète, dans laquelle un plan est divisé en carrés égaux en damier, dont chaque carré représente une ou quatre briques carrées telles que celles utilisées en Perse. Il s’agit d’une miniature de celui qui est transféré au sol de l’atelier du Maître, où les motifs sont incisés dans un plâtre prêt à servir de moule à partir duquel des dalles peuvent être coulées. Il est encore en pratique secrète en Perse et s’accorde avec les plans carrés de l’ancienne Égypte qui servaient à fixer un canon de proportion. La Franc-maçonnerie dit que le temple de Salomon avait des carrés d’une coudée, maintenant représentés sur leur tapis[1]

L’origine du mot mosaïque serait celle du mouséion, temple des muses et des arts. Hérodote avait fait entendre, dans l’assemblée des jeux olympiques, une histoire de la Grèce enchaînée à celle de la plupart des nations voisines. Cet ouvrage, écrit d’un style coulant, clair et persuasif, avait tellement enchantés les Grecs, qu’ils avaient donné aux neuf livres qui le composent le nom des neufs muses[2]

Hesiode évoque les muses ainsi :  » leur voix ravissante chante les lois de l’univers et la vie divine des immortels. »[3]

Une mosaïque est une décoration qui assemble des fragments pour en faire des motifs ou des figures. Ces fragments sont appelés des tesselles. Lithostroton, est le mot latin utilisé par Pline pour désigner un pavage en mosaïque, une marquèterie de pierres (p. 431 : Deux noms antiques de pavement : KΑΤΑΚΛΥΣΤΟΝ et ΛΙΘΟΣΤΡΩΤΟΝ).

La mosaïque sert au pavage du sol du temple maçonnique. C’est un assemblage complètement équilibré, parfait en régularité, de carreaux noirs et blancs alternés à l’infini, de lignes jointives sans épaisseur visibles en diagonale. Comme le rapporte Étienne Hermant, le Pavé mosaïque apparaît très tôt en maçonnerie et bien avant 1717 contrairement à ce qui a été avancé. Il apparaît déjà dans le Édimbourg Register House de 1696 dans la description des Trois joyaux (une pierre taillée, un pavage quadrillé et un large ovale), puis dans le Manuscrit Sloane de 1700 avec la même dénomination. On le trouve présenté dans la Convocation des Maçons Antédiluviens de 1726 à la suite de l’annonce d’une harangue dans le style Henleien, puis dans le Ms Mason’s Examination (sous la dénomination de pavé d’équerre) et le Ms Wilkinson (pavé mosaïque), tous deux de 1727. Quant à l’étoile au centre du Pavé mosaïque, il ne s’agit pas d’une fantaisie, elle est présentée de cette manière dans la Maçonnerie Disséquée de Samuel Prichard de 1730 en désignation des «meubles dans votre loge» : le Pavé mosaïque qui couvre le sol de la Loge, l’étoile Flamboyante au centre et la bordure dentelée autour. La bordure dentelée qui entoure le Tapis de Loge donne la signification de l’ensemble du quadrillage. Il s’agit de la séparation du chaos (triangles noirs tentant de percer la Lumière et de l’envahir) et le monde créé (triangles blancs repoussant l’assaut), entre le monde profane et l’espace sacré.

On assiste au triomphe de la Lumière sur la Ténèbre.  Le Tableau de Loge, au centre du pavé mosaïque est un carré Long de Lumière que les ténèbres tentent d’envahir, la « Lumière luit dans les Ténèbres et les Ténèbres n’ont pu s’en accaparer ». Cette Lumière est consacrée au centre de la Loge par Beauté-Force-Sagesse lors de l’allumage des Piliers. Le pavé mosaïque est la réconciliation des deux extrêmes que sont les ténèbres et la lumière, le bien et le mal, Dieu et le Diable, l’infini négatif et l’infini positif des mathématiciens qui ne sont qu’Un. Pour cela, les Chevaliers du Temple en firent leur gonfanon composé, par moitié, du noir et du blanc, appelé aussi baussant  signifiant «mi-parti de couleur».

Si plusieurs textes font du pavé mosaïque une sorte de planche à tracer, pour certains textes anciens, le pavé mosaïque faisant partie des bijoux immobiles est le sol de la loge. Dans le Sloane (1700), le Pavé est appelé Pavé d’Équerre. : «- Combien de bijoux y a-t-il dans la Loge ?- Trois : le pavé d’équerre, l’étoile flamboyante et le « parpaing».

Dans le Prichard (1730), les bijoux sont remplacés par des meubles et le parpaing devient la houppe dentelée : «- Y a-t-il des meubles dans la Loge ? – Le pavé mosaïque, l’étoile Flamboyante et la houppe dentelée…le pavé mosaïque est le sol de la Loge.»

REAA début XIXe : «Avez-vous des meubles dans votre Loge ?  R. Oui.  D. Quels sont-ils ? R. Le pavé mosaïque, l’étoile flamboyante et la houppe dentelée. D.  Quel  est leur usage ?  R. Le pavé mosaïque est le sol de la Loge, l’étoile Flamboyante le Centre, et la houppe dentelée la bordure tout autour.» Aucune explication n’est vraiment donnée. Mais dans le paragraphe «Décoration de la Loge» de ce Rite, dont la plus ancienne version connue remonte à 1804, il est précisé que le sol de la Loge est pavé de carreaux noirs et blancs alternés. Pour ce rite, le pavé mosaïque est, de plus, strictement associé aux deux colonnes, J et B ; il doit être disposé entre elles, à l’entrée du Temple, de façon que l’on soit obligé d’en fouler les dalles pour s’avancer en loge. Et de rajouter ce conseil de décoration : lorsqu’il est aménagé autrement, il y a lieu d’incorporer un tel pavage, sous forme réduite d’un carré long placé au centre de la Loge, orienté comme cette dernière. Les proportions du rectangle doivent s’approcher au plus près du rapport harmonique, il prend alors le nom de «carré long» (8 par 5, en général, se rapprochant le plus du nombre d’or). Le pavage peut être représenté par un tissu, une natte, symbole de l’isolement vis-à-vis de la terre et de ses salissures empêchant la prise de racine et offrant ainsi une possibilité d’élévation. Il s’agit alors d’un simple rappel du pavement de carreaux noirs et blancs, au centre de la loge à l’endroit où l’on place le Tableau de Loge. De là à prétendre qu’il est interdit de marcher sur le pavé mosaïque, il y a une déduction qui est fausse en son essence.

C’est sur lui, comme sur un canevas, que les pas rituels s’exécutent laissant penser que les marches rituelles sont des techniques d’art de la mémoire des tracés géométriques.

Le pavé mosaïque est un lieu sur lequel il faut passer, «nous devons marcher sur le pavé mosaïque, représentant les joies et les peines». Le pavé mosaïque marque donc le passage du profane au sacré, que l’initié doit justement fouler pour poursuivre la voie. Il guide l’initié sur la voie droite, le maintient dans l’axe de l’Orient.

Le pavé mosaïque n’est pas un déterminisme du bien et du mal, il est le symbole de la liberté montrant le choix laissé à chacun d’agir. L’existence du libre-arbitre peut-être entendu comme un pouvoir absolu de commencement. N’est-ce pas pour cela qu’il faut marcher sur le pavé mosaïque en entrant en loge ?

Au rite de Salomon et MM, l’interstice des carreaux est un fil bleu foncé, représentant l’espace infini ; on l’appelle un virolet (n’est pas l’anagramme de Vitriol ?), c’est aussi le cordeau bleu qui sert à tracer au sol ainsi que le niveau des constructions. Ce fil évoque aussi cette mystérieuse couleur bleue, tékhélet (תְּכֵלֶת), citée 50 fois dans la Bible, que les hébreux utilisaient pour la fabrication d’objets sacrés. [4]


[1] John Yarker,  Chap. 3, The Arcanes Schools, Aryan civilisation and mysteries, 1909, texte en anglais : <hermetics.org/yarker2.html>

[2] Fabre d’Olivet, Les vers dorés de Pythagore expliqués, p.96: gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k649986/f99.

[3] Hésiode, La Théogonie : gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54430304/f12

[4] De Tradition immémoriale, on raconte que, dans des temps très anciens, des colorants d’une couleur bleue très particulière provenant d’une sorte de «poisson» si rare et si recherché, furent réservés aux seuls puissants. Selon les époques, les textes nous affirment même, qu’ils se vendaient jusqu’à 20 fois le prix de l’or. La Septante traduit le terme Tékhelèt (תְּכֵלֶת), par un mot uachinthinos υαχινθινοσ, qui désigne des objets variant entre bleu et violet (yacinthe). La seconde traduction de référence est celle dite de la Vulgate de St Jérôme vers l’an 400, celle-ci en langue latine, puisque entre-temps la Méditerranée était devenue romaine. Le mot employé n’est pas très original hyachintinum, reprenant l’étymologie et le sens grec. C’est cette couleur seule qui permet le contact avec Yahwéh, elle signale le plus haut degré de sainteté, révèle la Présence indicible, colore la fonction la plus éminente du Temple, c’est-à-dire celle du Grand Prêtre et l’emballage des choses saintes (Exode, 39,1). Cette couleur Tékhelèt vient d’une racine trilitère hébraïque TKL signifiant à la fois le but, la quête, et la totalité. (Le Bleu en Loge Maçonnique … deux voies symboliques : trusatiles.org/pages/Le-bleu-en-loge-ma-onnique-8921029.html.

La notion de rituel dans la Chine classique

Texte et images de Georges Charles

Dans la Chine antique, ou classique, deux ouvrages essentiels traitent des rites, le I-Li (classique des Rituels Anciens) et le Liji ou Lijing (Classique des Rites). Le premier ouvrage, remontant à presque trois millénaires, n’y va pas par quatre chemins : « Les rites s’arrêtent aux fonctionnaires (officiers d’état qui deviendront les Mandarins (Guan) inférieurs et ne descendent pas jusqu’aux particuliers ; pour ceux-ci, point de règles de conduite ».

Lorsqu’il est question de « particuliers » il s’agit, pour les Chinois de cette époque des « wuming » donc des « sans nom », l’équivalent de notre « vulgus pecus », troupeau servile selon Horace (Epitres I XIX 19). Qualifiés également de béotiens et parfois même de profanes. Précisons que vulgum pecus est un barbarisme puisque vulgum n’existe pas en latin, sauf, évidemment dans le « latin de cuisine » cher aux copistes.

C’est, chez nous, ce qui plus tard différenciera les Nobles (nobilis qui signifie « celui ou celle qui possède un nom ») des autres, donc de ceux qui n’ont pas de nom. Les « ignobles » (ignobilis).

Dans le « Classique des Rites « Lijing » attribué à la Dynastie des Zhou (1045 av. J.C. 256 av. J.C.), constitué de plusieurs ouvrages mais plus récent, le Rituel s’est étendu à toutes les couches de la société, probablement comme l’impôt. C’est déjà presque une certaine forme de démocratie. En Occident la noblesse a perdu sa signification originelle à partir du moment où tout le monde a possédé un nom. Généralement une caractéristique physique (Legrand, Lenoir, Leborgne, Lelouche, Lebêgue, Leboiteux) ou la proximité d’un lieu de résidence (Dubois, Duval, Dupont (ou d !), Dumont, Dumoulin, Delagrange, Desmarais, Delisle, Bourgeois et Dubourg, Ducastel, Duchanel…). Sans parler des professions. Un phénomène presque semblable s’est passé en Chine il y a peu de temps où tous les Chinois, sauf les minorités ethniques reconnues, sont devenus des Han. Originellement il s’agissait des habitants de Cinq Royaumes centraux qui avaient, par ailleurs, des caractéristiques physiques particulières :  « la peau blanche, les cheveux « noir aile de corbeau », la gorge comme celle d’une hirondelle, les sourcils en « cocon de ver à soie », le front haut, le nez légèrement aquilin… ». D’un coup de baguette magique tous les Chinois, qui étaient loin d’avoir ces caractéristiques « raciales », se retrouvèrent donc Han un beau matin. Presque avec une particule. Mais revenons au rituel.

Le Maitre en la matière demeure incontestablement Confucius. En réalité Kong Qiu Zhong Ni, simplifié en Kong Qiu, puis en Kong Fuzi, ce qui signifie simplement « Maître Kong », et plus simplement encore en Kongzi (Kung Tsu).

Mais contrairement à ce que l’on peut croire, il n’était pas un fanatique du rituel. Pour lui importait principalement « l’attitude intérieure » et la sincérité. Il affirme donc simplement « En matière de rituel, il ne suffit pas de dire les bonnes paroles ni de faire les bons gestes mail il faut encore avoir l’attitude intérieure qui convient. »  Cette « attitude intérieure » est « Rong » qui est « la rectitude du cœur », le « cœur centré ».  La « juste attitude ».  Donc l’attitude juste.

Un commentaire explique que jadis le rituel était pratiqué pour soi et que cela nécessitait cette « présence » intime. Désormais (donc il y a plus de deux mille ans !) il est pratiqué pour autrui, pour l’apparence, le décorum et il n’en demeure que « la peau et les cheveux », donc « l’externe » (Wai). Selon le Maître Kong il est essentiel d’intérioriser (Nei) le rituel, de se l’approprier. En se l’appropriant il devient « authentique » (Zheng). On pourrait dire « rectifié ».

Un prince demanda un jour à Confucius ce qu’il ferait s’il était à se place, celui-ci répondit simplement « Zheng Ming » ce qui signifie littéralement « rectifier les noms ». Donc rendre aux mots leur juste valeur. Remettre les mots droits. En chinois courant Zheng Ming signifie simplement « le bon sens ». Actuellement on pourrait dire « redonner du sens ». Ce qui est un vaste programme. Le prince se le tint pour dit. L’appropriation désigne à la fois ce qui est personnel (cela m’est propre) mais aussi la purification par la rectification. C’est simplement rendre propre ce qui ne l’était pas. D’où la notion importante de purification par le rituel. Dans Daxue (Ta Hio – Le Grande Etude – qui pour certains est le résumé de la pensée confucianiste) Confucius (et son disciple Zengzi (Thseng-Tseu) affirme « Sur la baignoire de l’Empereur Tcheng est gravée cette inscription : Chaque jour renouvelez-vous, renouvelez-vous et renouvelez-vous encore car les souillures du cœur se lavent comme celles du corps ». Ce qui peut se traduite par « Régénération, régénération, régénération : purification ».

En se régénérant on se purifie. Il s’agit bien évidemment d’un rituel de purification comme il en existe toujours en encore au Japon avec le O Furo (Honorable Bain). Au Japon O indique la notion de Grand, donc de Rituel comme en Chine le Tai que l’on retrouve dans Taiji (Grand Faîte), Taisu (Grand Flux), Taizhong (Grand Centre). Le Rituel a donc, dans ce cas, la fonction de purification. Purification d’un lieu qui de « profane » devient « sacré », purification de celui où de ceux qui officient dans ce lieu « consacré » par le rituel.

En Chine un rituel taoïste de purification d’un lieu (dans le cadre du Feng Shui, par exemple) utilise les Cinq Eléments (Wu Xing – Cinq Matérialisations). On utilise le Métal (ouverture du lieu), puis le Feu (encens ou fumigation), puis l’Eau (aspersions rituelles avec de l’eau consacrée ou du sel), puis la Terre (délimitation de l’espace consacré – à l’intérieur sacré donc secret à l’extérieur profane donc commun) et enfin le Bois (Offrande ou Salutation rituelle). Le Métal est fondu par le Feu. Le Feu est éteint par l’Eau. L’Eau est absorbée par la terre. La Terre est conquise par le Bois. Et le Bois, c’est le renouveau, la régénération, la ressuscitation. Il représente aussi, en Chine, « la mort du disciple et l’éveil du maître ». Avec ou sans majuscules. Ce sont les Hexagrammes 36 Ming Yi « Obscurcissement de la Lumière » (Maximum de la Puissance du Yang ) et 37 Jia Ren (Etre du Clan, Retour au Clan après un voyage initiatique) (7+3 + 10 = Retour (à l’)Unité.

Confucius ajoute « En matière de Rituel les faibles ne sont pas censés faire de grands efforts ni les pauvres de dépenser de l’argent (qu’ils n’ont pas ! note de GC) » ou encore « En matière de Rituel mieux vaut la sobriété que l’exubérance ». Ce qui démontre sa bienveillante sagesse.

Mais, malheureusement, le rituel fait peur. Qi il ne s’agit pas du « rituel » de se laver chaque matin les dents, cher aux sociologues qui voient du rituel partout, donc nulle part. On a rapidement tendance à l’assimiler à une entreprise sectaire. Si on dit « Le Ciel est en Haut, la Terre est en Bas et l’Etre humain (ou l’Homme avec une Majuscule donc qui embrasse la femme) entre deux » on se retrouve classé comme « sectaire ». Donc suspect.

Le caractère chinois classique (mais pas forcément ancien !) pour Li, le « Rituel » représente à gauche (partie céleste donc Yang) une « force spirituelle » ou une « puissance spirituelle » la force de l’esprit et à droite (partie terrestre, matérielle, donc yin) un autel (des ancêtres), une bouche qui s’exprime, mieux qui exprime l’Unité, le Un et en haut un plat contenant de la nourriture, donc une offrande (Jacques Lavier). C’est « aller de la porte d’entrée à l’autel des ancêtres et effectuer une offrande ».
Quoi de plus honorable ? Comme aller déposer une fleur sur une tombe ou au pied d’une stèle commémorative. Ce qui nous fut quand même interdit il y a peu de temps pour des raisons « sanitaires ».

Le caractère chinois simplifié, donc actuel, représente, il est vrai, la même force spirituelle à gauche. Mais à droite, par contre, c’est un crochet de boucher qui ressemble fort à un hameçon. Le rituel est donc simplement et purement assimilé à de l’hameçonnage sectaire. Ce qui est pour le moins significatif d’un certain état d’esprit.

Le symbole est indissociable du rituel.

En Chine, le symbole ou plutôt l’image symbolique (Xiang) est indissociable du rituel. Pas de rituel sans image symbolique. En grec « symbalein » désigne « ce qui réunit ». A l’origine les deux morceaux d’une pièce brisée qu’il fallait réunir pour authentifier un message. Le message était gravé sur un objet qui était ensuite brisé et chacune des deux parties était confié à un messager. Les deux pièces étaient réunies et le message était alors considéré comme « délivré ». La notion de séparation puis de réunion désignait également l’éveil, la vérité intérieure. On retrouve la notion de cymbales qui ont pour but, en se réunissant, d’éveiller les spectateurs. En Chine, dans l’opéra classique, le coup de cymbale ponctue la phrase importante. On regrette alors de s’être assoupi car on a « manqué quelque chose ».

Pour l’Empereur Kangxi (1654 1722) qui rédigea un dictionnaire des caractères classiques chinois qui fait toujours référence « Le symbole Xiang (littéralement l’image-symbole) représente la dépouille d’un éléphant mort. Il faut faire l’effort d’imaginer ce qu’il était lorsqu’il était encore vivant. Il convient donc de lui redonner vie et mouvement. » En un mot comme en cent, un symbole sans cette vie et ce mouvement est « une charogne puante ». Il faut « redonner du sens » à ce symbole. Un précepte de la métaphysique chinoise affirme « L’énergie meurt (dans le sens de disparaît) où commence la forme. Sauf si celle-ci est animée d’un mouvement. Le mouvement est essentiel à entretenir la vie (Yangsheng) ». Il faut donc construire le symbole et l’imaginer en mouvement. Dans ce cas on constate généralement que le mouvement est dextre, bienfaisant, ou senestre (sinistre), dominateur donc généralement malfaisant. C’est ce qui différencie la croix bouddhique de la croix nazie. La première est censée « engendrer la lumière » (svastika Svasti = engendrer, donner naissance ; Ka la lumière) la seconde est censée s’opposer à l’engendrement de la lumière (sausvastika = sau, s’opposer, svasti, engendrer, ka, lumière). En chinois Sheng Ming et Wu Sheng Ming. La seconde est donc « la croix des ténèbres ». En Occident l’art héraldique ne s’y est pas trompé la première est le « croix gammée » la seconde la « croix crampée ». Le crampon était un instrument de siège destiné à faire écrouler la muraille. C’est la croix de « l’universelle araigne ». Mais la confusion est entretenue car le profane n’a pas à connaître cette différence pourtant fondamentale. Il n’a d’ailleurs pas à connaître ni à comprendre les symboles. Il demeure enfermé dans l’ignorance. Ce qui est vrai pour les croix gammées et crampées est vrai pour le Taiji qui tourne dans le sens de la génération, de la construction ou au contraire dans le sens de la domination, de la destruction. Les deux symboles peuvent cohabiter mais si un seul d’entre eux est présent mieux vaut qu’il soit dextre donc qu’il tourne dans le sens horaire des aiguilles d’une montre.

Dans la Chine antique on retrouve le symbole de l’équerre et du compas. Confucius, lui-même, reprend plusieurs fois cette « image ». A l’origine, ou plutôt avant celle-ci, préexistait le « chaos ». Un adage taoïste précise « Avait il y avait déjà « quelque chose », après il y aura « autre chose » encore ». Les Chinois ne connaissant pas les conjugaisons disent donc « Avant il y a déjà quelque chose après il y a encore autre chose ». Mais ce sont deux « divinités » (en réalité des Esprits Clairs et Brillants, donc bienfaisants (Shen Ming) )  Fuxi et Nuwa (ou Niouwa) qui « organisent ce chaos » grâce à l’équerre et au compas. L’Equerre représente le Yin, donc la terre, la matérialité tandis que le compas représente le Yang, donc le ciel, la spiritualité. Et l’être humain et la multitude des choses et des êtres se situe simplement entre deux.

Les anciens Chinois se considéraient d’ailleurs comme célestes (les Célestes) car l’être humain lorsqu’il est debout et vivant appartient plus au Ciel qu’à la Terre. Bon nombre de rituels cherchaient donc à l’enraciner, à retrouver ses racines. Tout en conservant la liberté d’action. C’est le principe des « racines et des ailes » (Cf. Patrick Charles). Le carré est donc la Terre (équerre) et le compas est donc le Ciel (compas). Ce même symbolisme se retrouve toujours dans le terme « Gongfu » ou « Kung-Fu » qui symbolise la compétence, l’expertise. Et non pas l’art de casser des briques, des planches, des pains de glace ou la tronche de celui, ou de celle, qui n’est pas d’accord.

Par contre le « Kung-Fu Wushu » est « la compétence, donc le savoir-faire, dans l’art chevaleresque ou art de la bravoure ». L’Empereur Kangxi, encore lui, explique « Wu, la bravoure. Le brave est celui qui sait faire cesser la violence sans nécessairement utiliser celle-ci ». L’image symbolique est simplement le caractère « arrêter, faire cesser » et une hallebarde, arme meurtrière. Et, malheureusement, Mars (qui a donné martial !) n’a rien à voire là-dedans puisqu’il s’agit d’un égorgeur psychopathe en jupette de cuir et qui, en plus, est un sacré looser. Dans l’Iliade il se retrouve toujours du côté de plus fort quand celui-ci va se prendre une râclée. Pour être poli. Il faut quand même insister sur le « nécessairement » car autrement on sombre dans le « bisounoursisme » béat. En Occident « le chevalier recherche l’accord sauf s’il ne peut être mis » (Jean de Meung – Le Roman de la Rose) et dans ce cas il dégaine son épée. Symboliquement l’épée franque (franche) dont droite représente la croix tandis que le cimeterre, courbe, représente le croissant (donc le « sans croix »). On peut donc imaginer le symbole de l’épée « flamboyante » à la fois droite et courbe. C’est à la fois « équerre et compas ». Dans les Arts Chevaleresques, donc classiques, en Chine, le Salut s’effectue en joignant le poing et la paume, ce qui forme l’idéogramme Soleil/Lune donc « Ming » la connaissance, la compréhension. Mais le pas « initiatique » consiste à représenter les deux trigrammes Kan et Li qui sont « l’Eau de l’abîme et le Feu du ciel » et le pas spécifique est celui « d’enjamber un cercueil ». On retrouve évidemment ce pas particulier dans les rituels des sociétés initiatiques chinoises ou comme moyen de reconnaissance entre « initiés ».

Décès de Patrick Nguéma Ndong, le célèbre ésotériste d’Africa Radio

Par Biscone Adzoyi, le 25 Déc 2021

Patrick Nguéma Ndong, la voix historique d’Africa N°1 et animateur de l’émission « L’aventure mystérieuse » est décédé à l’âge de 64 ans… a annoncé sur sa page Facebook, Africa Radio, le nouveau nom de Africa N° 1.

Un événement qui plonge la radio africaine et le monde des médias africains et surtout ceux qui ont aimé son émission dans une tristesse inouïe. L’information a été publiée par plusieurs sources dont gabonactu.com, gabonreview.com ou encore info241.com.

Cet expert en sciences occultes serait décédé à Libreville des suites d’une longue maladie ce 23 décembre 2021 aux environs de 22 heures. Le Gabonais Patrick Nguéma Ndong a été un incontournable de la radio panafricaine Africa N° 1 à travers son émission « L’aventure mystérieuse », un feuilleton radiophonique dont il incarnait tout seul toutes les voix et tous les rôles. Il a écrit plusieurs articles de presse et livré de nombreuses conférences sur la spiritualité et les sciences occultes africaines. Malade depuis plusieurs années, cette icône africaine a été à plusieurs reprises annoncé pour mort mais lui-même ou ses proches apportaient toujours le démenti.

Sources : https://elitedafrique.com/https://www.africatopsuccess.com/

La carrière de Patrick Nguema Ndong

Il est un Franco-Gabonais, né à Royat (France) en 1957 et mort le 23 décembre 2021 à Libreville (Gabon), producteur, présentateur et spécialiste des sciences occultes de la radio Africa Radio. Il est titulaire d’un master de littérature comparée et d’études religieuses à l’université d’Indiana aux États-Unis.

Patrick Nguema Ndong se rend célèbre par la production de « L’aventure mystérieuse », un film radiophonique (radio drama) réalisé autour d’une idée originale des auditeurs, ou d’une idée personnelle de Patrick lui-même. Ce film sonore existe depuis près de 20 ans, et est écrit à la manière du monde fantastique de Marvel. Il reproduit des histoires où le mystérieux est le thème principal. Le sorcier Fifian Ribana, le général Mangani Mangwa ou le professeur Eubénézer Euthanazief sont souvent les principaux personnages dans la ville imaginaire de Bangos…

Spécialiste des sciences occultes sur les ondes de Africa Radio

Africa Radio, anciennement Africa N° 1, est une station de radio franco-africaine créée au Gabon en 1981. Née avec des fonds français et gabonais, la radio se scinde très tôt en deux structures presque indépendantes, Africa N° 1 Gabon et Africa N° 1 Paris. Début 2000, la France se désengage d’Africa no 1 Gabon qui passe sous le contrôle de la Jamahiriya arabe libyenne en 2007 et connaît de fortes difficultés économiques depuis. De son côté, Africa N° 1 Paris affiche de bons scores d’audience et parvient à stabiliser sa présence dans le paysage radiophonique français. En 2019, la station change de nom et devient « Africa Radio ». Elle est membre des Indés Radios. En savoir plus https://fr.wikipedia.org/wiki/Africa_Radio

Écoutez une vidéo de Patrick Nguema Ndong, animateur aussi de l’émission « Le Triangle ». Cet homme de radio a étudié la parapsychologie aux USA  et s’est révélé comme maîtrisant les problèmes liés à la sorcellerie. Cette vidéo a été réalisée à partir de nos  images d’archives provenant de 3A Télésud, par notre partenaire AbeTV, à qui nous exprimons le sentiment de profonde gratitude.

https://www.mbokamosika.com/article-patrick-nguema-ndong-78244227.html

Histoire illustrée du Rite Écossais Rectifié

Roger Dachez – Éditions Dervy, 2021, 192 pages, 19,90 € – Format Kindle 13,99 €

Présentation de l’éditeur :

La maçonnerie du XVIIIe siècle hésitait entre la poursuite du mythe templier, la philosophie des Lumières et la découverte des troublants mystères de la théurgie.

C’est à Lyon, dans le paisible milieu des soyeux que l’un d’entre eux, Jean-Baptiste Willlermoz (1730-1824), va réaliser la synthèse qui verra naître le Rite Écossais Rectifié (RER), un système maçonnique à nul autre pareil.

Spiritualiste et chrétien dans une maçonnerie qui allait s’engager dans la voie de la politique et du laïcisme, le RER disparaît presque entièrement au XIXe siècle. C’est au début du XXe siècle, en pleine crise entre l’Église et l’État, un affrontement où la franc-maçonnerie tient le premier rang parmi les opposants au catholicisme, qu’il fait sa réapparition, presque à contre-courant de tout.

Ayant toujours réuni des esprits singuliers et engagés, son histoire est à l’image de celle de la France au cours des deux derniers siècles : passionnée et parfois contradictoire.

Cet ouvrage en propose une vision d’ensemble, servie par une iconographie remarquable.

Biographie de l’auteur :

Médecin et universitaire, Roger Dachez a été chargé d’enseignement à l’Université Paris 7- Denis-Diderot et président de l’Institut Alfred Fournier à Paris. Président de l’Institut Maçonnique de France (IMF) depuis sa fondation en 2002, il est aussi membre du Comité scientifique du musée de la Franc-Maçonnerie à Paris et Contributing Member de la Scottish Rite Research Society (Washington). Parallèlement, il dirige depuis 1992 la revue d’études maçonniques Renaissance Traditionnelle, créée en 1970. Considéré comme un historien majeur de la franc-maçonnerie, il est l’héritier de la méthode historique appliquée par son maître et père spirituel René Guilly (René Désaguliers). Depuis près de trente ans, il a présenté de nombreuses conférences en France et en Grande-Bretagne et il est l’auteur de nombreux articles de recherche sur les origines historiques et les sources traditionnelles de la franc-maçonnerie, publiés dans des revues françaises ou étrangères. Nous lui devons une vingtaine d’ouvrages, et notamment : L’Invention de la franc-maçonnerie (Véga, 2008), Régularité et reconnaissance, histoire et postures (Conform, 2015), mais également plusieurs volumes de la Collection « Que sais-je ? » aux Presses Universitaires de France – dont : Histoire de la franc-maçonnerie française (2003), Les 100 mots de la franc-maçonnerie (avec Alain Bauer, 2007), Le Rite Écossais Rectifié (avec Jean-Marc Pétillot, 2010). Plus récemment, il a publié un important volume sur la Nouvelle histoire des francs-maçons en France (avec Alain Bauer, Tallandier, 2020) ainsi que Les francs-maçons en 100 questions (Talllandier, 2021) et, en codirection avec Alain Bauer, Au coeur des loges – Le Livre de la franc-maçonnerie II (Que sais-je ?, 2021).

[NDLR : Depuis le 21 avril 2018, Roger Dachez est président des Loges Nationales Françaises Unies (LNFU), regroupant les Frères et les Sœurs de la Loge Nationale Française (LNF) et de la Loge Nationale Mixte Française (LNMF) dans une seule et même Obédience.

Reconnaissons-lui aussi un grand talent, bien au-delà de sa pédagogie : celui d’être un vulgarisateur sachant s’adapter à très large public tant maçonnique que profane – du latin profanus, de pro « devant » et fanum « lieu consacré » -, avec un souci permanent de transmettre.

Le moins que nous puissions dire c’est que le Président de l’Institut Maçonnique de France n’est pas triskaïdékaphobe… C’est-à-dire qu’il ne souffre pas de la peur du nombre 13, si souvent associé au malheur, même si on accorde peu de crédit en France à cette superstition aux origines floues, puisqu’il nous fait voyager au sein du Rite/Régime Écossais Rectifié en TREIZE chapitres !

Pour votre plus grand profit et plaisir, en voici d’ailleurs la table des matières :

Remerciements

Avant-propos

Chapitre I : Les sources françaises

Chapitre II : La franc-maçonnerie « écossaise » au XVIIIe siècle

Chapitre III : L’illuminisme maçonnique

Chapitre IV : La légende templière et la Stricte Observance

Chapitre V : Les pères fondateurs (I) – Martinez de Pasqually

Chapitre VI : Les pères fondateur (II) – Jean-Baptiste Willermoz

Chapitre VII : Les pères fondateurs (III) – Louis-Claude de Saint-Martin

Chapitre VIII : Structures et rituels rectifiés de 1775 à 1809

Chapitre IX : Renaissance et déclin de l’Ordre rectifié au XIXe siècle

Chapitre X : Le retour du RER et la création d’une obédience « régulière » (1910-1913)

Chapitre XI : Le RER en France de 1913 à la Seconde Guerre mondiale

Chapitre XII : Le timide réveil de l’après-guerre jusqu’à la création de la GLNF-Opéra

Chapitre XIII : Le RER depuis les années 60

Conclusion : Problèmes et perspectives du Rite Écossais Rectifié en France

Bibliographie sommaire

En premier lieu, les remerciements s’adressent à Catherine pour sa relecture ainsi qu’à Pierre Mollier, conservateur du musée de la franc-maçonnerie pour l’autorisation de reproduire plusieurs illustrations. Ronan Loaëc, photographe et auteur des très beaux clichés, en bénéficie tout autant.

Car la riche illustration est belle et bien désormais une labellisation des éditions Dervy, une marque du groupe Guy Trédaniel (cf. l’interview de Jean-Cyrille Godefroy, directeur éditorial, de mars 2021 sur le site GLNF rubrique « Rencontres » https://www.glnf.fr/)

Le but du dernier opus de Roger Dachez est de présenter une synthèse qui prend en compte les derniers éléments connus sur le Rite/Régime et de donner une vue d’ensemble d’un système maçonnique dont une partie n’est toujours ostensible (la fameuse classe de la Profession et de la Grande Profession). L’auteur nous offre ainsi une vision d’ensemble historique et doctrinale des plus complètes, tant pour le cherchant rectifié que pour celui pratiquant un autre rite.

Pour mémoire, le rite a quelques spécificités, comme les Trois Grandes Lumières que sont le Soleil, la Lune et le Vénérable Maître. De même au Rite Écossais Rectifié, l’Équerre et le Compas sont disposés sur l’Autel du Vénérable Maître à côté de la Bible et sont toujours entrelacés de la même manière, la branche droite du compas au-dessus de l’équerre, la branche gauche au-dessous. quel que soit le Grade auquel la Loge travaille.

Bien au-delà de cela, le livre retrace la cohérence d’un rite élaboré, en France, à la fin du XVIIIe siècle par des Francs-Maçons qui ont su « produire » un système à partir de matériaux symboliques et rituels d’origines différentes en en faisant une œuvre homogène, pédagogique et initiatique.

C’est l’objet des trois chapitres traitant des pères fondateurs.

Avec le théosophe thaumaturge Martinès de Pasqually (c. 1727-1774), véritable père spirituel, qui avait titré, en 1770 un énigmatique livre titrant à l’époque « La Réintégration et la réconciliation de tout être spirituel avec ses premières vertus, force et puissance dans la jouissance personnelle dont tout être jouira distinctement en la présence du Créateur. », ouvrage qui ne fut imprimé pour la première fois qu’en 1899.

Puis avec Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824), ce grand Maçon lyonnais, initié à l’âge de 20 ans. Il rencontre Martines de Pasqually en 1767 et, séduit par sa personne et sa doctrine, devient l’un de ses disciples. Animateur des Élus Coëns de Lyon, il devient également Chancelier de la province d’Auvergne de la Stricte Observance dite Templière (SOT). Conscient de la nécessité d’une profonde réforme de la Maçonnerie, Jean-Baptiste Willermoz va être le principal instigateur avec Jean de Turckheim du « Renouvellement de l’Ordre » et de la création du Rite Écossais Rectifié, pratiqué encore aujourd’hui par près de 8000 Maçons en France.

Sans oublier le « philosophe inconnu », un nom que devait garder pour la postérité Louis-Claude de Saint-Martin (1743-1803).

Cette genèse du Rite Écossais Rectifié etle contexte maçonnique français – aujourd’hui nous dirions le paysage maçonnique français (PM) -, depuis l’apparition de la Franc-Maçonnerie spéculative, installée en France à partir de 1725, permettent de mieux appréhender le RER, dans une anarchie naissante de hauts grades dès le milieu du dix-huitième siècle… Une origine que nul ne peut ignorer depuis qu’en 1754 le baron de Hund (1722-1776) a fondé à Dresde en Allemagne une Maçonnerie chevaleresque ayant pour finalité la restauration de l’Ordre du Temple.

Si Jean-Baptiste Willermoz était convaincu que le but réel de la Maçonnerie est « d’éclairer l’homme sur sa nature, sur son origine et sur sa destination », gageons que cet ouvrage sera un guide pour comprendre ce qu’a été la rectification, ce qu’elle est encore et ce qu’elle sera toujours. Ce très beau et exigeant rite maçonnique se situe dans une perspective ésotérique qui transcende le Maçon.]

AUTRICHE : « La franc-maçonnerie a façonné le monde depuis sa création »

De notre confrère autrichien zurzeit.at – Par Bernhard Tomachitz

L’auteur de non-fiction et journaliste d’investigation Guido Grandt sur les objectifs des francs-maçons et leur influence sur la politique

La Grande Loge d’Autriche écrit sur son site Internet que « en bref » la franc-maçonnerie est « une formation de la personnalité » et que chacun de ses membres travaille à « devenir une meilleure personne ». Comment voyez-vous cette expression de soi ?


Guido Grandt :Ce n’est pas nouveau que des groupes idéologiques, des sociétés secrètes, des sectes et autres qualifient de « formation de la personnalité » avec la perspective de devenir une « meilleure personne ». Par exemple, pensez à la Scientologie à cet égard. Mais ce qui à première vue semble être un « coup publicitaire » est en réalité en apparence les efforts honnêtes de la franc-maçonnerie sur la base de la fraternité, de l’humanité, de la charité, de la démocratie, de la libéralité, de la liberté, de l’égalité et de la tolérance. Cependant, cette noble préoccupation est souvent prise à l’absurde. Il suffit de penser au franc-maçon de haut niveau et antisémite Henry Ford, dont le pamphlet incendiaire « Le juif international » (« Le juif international – un problème mondial » ou encore :
Dans les années 1930, le frère de loge Henry Ford s’est publiquement rangé du côté de l’Allemagne nazie. En juillet 1939, Hitler fut le premier à lui décerner la plus haute distinction pour un non-Allemand, le « Grand-Croix de l’Ordre allemand de l’Aigle ». Ou pensez au président américain et franc-maçon Harry Spencer Truman, qui a ordonné les catastrophes nucléaires les plus dévastatrices de l’histoire du monde à ce jour : la bombe atomique a été larguée sur Hiroshima le 6 août 1945 (avec jusqu’à 90 000 morts et 50 000 victimes plus tard en raison de la contamination radioactive ) et le 9 août 1945 le largage d’une autre bombe atomique sur Nagasaki (avec jusqu’à 36 000 morts et 40 000 victimes plus tard).
On sait aussi peu que les maçons allemands, ancrés dans le milieu ethnique, ont d’abord développé des « stratégies d’adaptation » sous le règne de terreur des nationaux-socialistes, se sont humiliés et graciés, et étaient même prêts à introduire la « franc-maçonnerie nationale-socialiste ». Mais les nazis n’appréciaient nullement la tentative de complaisance. Cela semble presque incroyable, mais cela est prouvé par des sources maçonniques internes. A chaque occasion, les francs-maçons soulignent qu’ils ont été de pauvres victimes du régime hitlérien. Cependant, ce n’est que partiellement vrai.

Guido Grandt est un producteur de télévision indépendant, journaliste d’investigation, publiciste et auteur. Il a écrit plusieurs livres de non-fiction, dont le « Black Book Freemasonry ».

Quels sont les véritables objectifs des francs-maçons ?
Grandt :Le fait est que la franc-maçonnerie était un pilier important des Lumières, dans lequel étaient ancrées des valeurs positives telles que la tolérance, la fraternité, la démocratie, l’égalité de toutes les races et religions. À mon avis, le véritable objectif est de chercher le vrai secret de la franc-maçonnerie dans l’action politique, c’est-à-dire dans la politique active du frère de loge lui-même, qui en tant que politicien ne doit pas agir contrairement à l’idéologie maçonnique. Ce n’est rien de plus qu’une influence politique à travers une vision du monde, à savoir celle de la franc-maçonnerie ! Quelle serait l’ampleur de l’excitation si les politiciens qui, par exemple, étaient des témoins de Jéhovah ou des scientologues n’étaient pas autorisés à contrevenir à cette vision du monde ? Mais il y a autre chose qui n’est pas autorisé à être rendu public et donc les listes de membres sont gardées complètement secrètes : que les politiciens de tous les partis, qui au Bundestag, dans les parlements des Länder et d’autres organes se présentent pour la plupart comme des « opposants » politiques et représentent pour la plupart des opinions opposées devant tout le monde, s’assoient souvent comme des frères d’esprit sous un toit en boîte, autour d’un vision du monde et idéologie communes pour se livrer – le maçonnique. Cette connaissance ne doit pas pénétrer à l’extérieur.

Il semble également que les francs-maçons soient responsables de la tentative d’assassinat à Sarajevo contre l’héritier du trône Franz Ferdinand.

Dans quelle mesure la franc-maçonnerie a-t-elle façonné le monde et le fait-elle encore aujourd’hui ?


Grandt :La franc-maçonnerie et les francs-maçons individuels ont façonné le monde depuis la fondation de la société secrète. Par exemple, ils ont joué un rôle clé dans les révolutions américaine et française, qui ont complètement changé la face du Nouveau et de l’Ancien Monde. Les principaux révolutionnaires appartenaient aux loges maçonniques, dans lesquelles de tels renversements – par exemple d’une monarchie à une république – se sont propagés. Il semble également que les francs-maçons soient responsables de la tentative d’assassinat le 28 juin 1914 à Sarajevo contre l’héritier du trône autrichien l’archiduc François-Ferdinand. Dans mon livre « Murder Plot Sarajevo – The Cover-Up of the Century », je le démontre méticuleusement et parfois à l’aide de témoignages et de documents historiques, mais je mets également en lumière le contexte. Comme on le sait, cette attaque a conduit à la Première Guerre mondiale. On a tendance à oublier que l’Allemagne avait déjà un « chancelier franc-maçon », à savoir Gustav Stresemann, qui a repris ce bureau dans la République de Weimar en 1923. Stresemann réussit, entre autres, à ce que le Reich allemand soit réadmis à la Société des Nations le 8 septembre 1926.

Le SWR a nommé cinq millions de membres de la franc-maçonnerie dans le monde pour 2012. Compte tenu de ce nombre de membres, est-il encore possible pour tout le monde de poursuivre un même objectif ou y a-t-il aussi des groupes ou des directions concurrents, voire opposés dans la franc-maçonnerie ?
Grandt :En fait, mes informateurs, qui sont eux-mêmes dans des cartons, rapportent régulièrement de telles « guerres de tranchées ». Sans oublier qu’il existe aussi des divisions désagréables, comme les nombreux ordres et loges occultes-magiques, dans lesquels il y a parfois de la magie sexuelle, des meurtres rituels et des abus d’enfants, qui sont structurés selon les degrés maçonniques. La franc-maçonnerie dite « régulière » le sait bien sûr, c’est pourquoi ces loges sont appelées « loges d’angle » ou « loges irrégulières ». Néanmoins, il existe toujours des croisements vérifiables et même des doubles appartenances entre ces sociétés secrètes. Certains s’appellent eux-mêmes « Loges maçonniques occultes ».

Il y a des scissions désagréables, dans lesquelles il y a parfois des meurtres rituels qui sont structurés selon les degrés maçonniques.

Comment évaluez-vous l’influence des francs-maçons sur la politique en Allemagne et en Autriche ?


Grandt :En Allemagne, le travail de relations publiques maçonniques est traité complètement différemment qu’en Autriche, par exemple. A savoir pas public. Peu pénètre en dehors des cercles et des partis politiques. Encore moins sont ouvertement engagés dans l’Union des francs-maçons. L’un d’eux était l’ancien ministre fédéral de la Justice Thomas Dehler (FDP), qui a négocié la première conversation entre les francs-maçons et le chancelier fédéral de l’époque Konrad Adenauer (CDU) dans l’intérêt de ses frères. En Autriche, c’est complètement différent. L’ancien Grand Maître de la Grande Loge d’Autriche, Michael Kraus, a avoué que le réseau maçonnique dans la république alpine était « extraordinairement fort » et avait « une certaine influence politique ». Les francs-maçons devraient également faire leurs preuves dans la vie à travers « la pensée et l’action politiques. «De nombreux hommes politiques de haut rang en Autriche ont trouvé et figurent sur la liste des francs-maçons anciens et actifs. Surtout du SPÖ. Le frère de la loge « verte » le plus en vue est probablement le président fédéral Alexander Van der Bellen, qui a admis avoir été accepté dans la « seule loge d’Innsbruck à l’époque » au milieu des années 1970 et avoir été « actif pendant environ un an », ce qui aurait signifie au Pour avoir assisté aux réunions. Après cela, en tant que membre purement passif, il aurait payé la cotisation pendant une dizaine d’années et serait finalement parti à sa demande explicite. Habituellement, cependant, l’alliance avec les francs-maçons est à vie et non « à temps partiel ». En conséquence, l’influence de la franc-maçonnerie sur l’Autriche est assez grande. En Allemagne, il ne peut être supposé

Il existe des loges européennes qui tissent des liens entre les gouvernements nationaux au plus haut niveau.

Et quelle influence les francs-maçons ou la franc-maçonnerie ont-ils sur les développements actuels tels que le projet de « grande réinitialisation » ?
Grandt : Comme on sait relativement peu ou pas du tout d’une éventuelle appartenance à la loge des responsables et conducteurs de la Grande Réinitialisation, je ne veux pas spéculer à ce sujet. Ce ne devrait être un secret pour personne que les objectifs du « Grand Dérangement » sont en ligne avec ceux de la Franc-Maçonnerie.


Vous avez écrit le « Livre noir de la franc-maçonnerie ». Le mot « Livre noir » suggère que vous êtes très critique envers la franc-maçonnerie. Quels sont donc les plus grands dangers posés par les Frères de la Loge ?
Grandt : À quel point la politique franc-maçonnique peut être dangereuse est clairement démontrée : dans les années 1970 et 1980 en Italie, le scandale entourant la loge Propaganda-Due (P2) sous l’ancien fasciste Ligio Gelli, dans le voisinage duquel il y a eu d’innombrables attaques terroristes et assassinats est survenu comment loin « la franc-maçonnerie politique » peut aller. Des centaines de personnes de haut rang étaient membres de la loge P2, qui avait pratiquement sapé l’État italien.


Une liste (d’autres ont été détruites) avec près de 1 000 noms comprenait 44 parlementaires, trois ministres, cinq secrétaires d’État, de nombreux hauts responsables et responsables du parti, des dizaines de généraux et autres hauts responsables militaires. Il en va de même pour les chefs des services secrets et de la police financière, plusieurs diplomates, juges et procureurs, des journalistes influents, des éditeurs et divers entrepreneurs, dont Silvio Berlusconi, devenu par la suite Premier ministre du pays à quatre reprises. A cette époque, la commission d’enquête parlementaire parlait d’une « organisation généralisée » qui fonctionnait comme un « État dans l’État » et « infiltrait les centres de décision civils et militaires de manière calculatrice et massive » dans le but de « porter atteinte à la démocratie ». de l’Intérieur ».


Par ailleurs, les francs-maçons sont également très actifs dans l’Union européenne. Le journaliste britannique Brian Freemantle a traité le réseau des francs-maçons dans la politique européenne dès le milieu des années 1990. Il a déclaré : « Le crime organisé reçoit une aide supplémentaire des branches des loges maçonniques européennes. Ces loges se trahissent avec le mot ‘Orient’ dans leurs noms respectifs… Je ne fais pas cette accusation à la légère ou sans preuves suffisantes. Il est basé sur des conversations avec des responsables concernés de la loge britannique, avec des députés européens et des hommes menacés d’assassinat qui ont eu le courage de se distancer publiquement de leurs liens avec ces loges… est la franc-maçonnerie politiquement orientée et sécurise ainsi l’influence,
Et ce n’est pas petit. Il existe des loges européennes qui tissent des liens entre les gouvernements nationaux au plus haut niveau, manipulent les décisions politiques et abusent criminellement des principes démocratiques auxquels l’Union européenne est contractuellement engagée. Certains députés européens se plaignent que l’influence politique des francs-maçons a désormais atteint tous les niveaux de l’Union européenne. »

Les francs-maçons sont également connus pour utiliser des symboles spéciaux et effectuer des rituels. S’agit-il d’éléments pseudo-religieux destinés à légitimer une sorte d’« appel à quelque chose de plus élevé » ?
Grandt : Le symbolisme maçonnique, y compris les rituels, sert à soutenir le processus de connaissance de soi et de connaissance générale de chaque frère de loge. Aussi afin de mieux ancrer les leçons de la fraternité dans l’esprit et – même si cela est officiellement démenti – faire connaître des messages cryptés ou des intentions cachées à « ceux qui savent » et aux « frères ».
Et bien sûr, comme pour toute activité rituelle et symbolique, afin de lier le membre au plus près du groupe, en l’occurrence de la loge, dans la perspective d’objectifs élevés. La franc-maçonnerie ne diffère pas des autres groupes idéologiques et sectes.

Du cercle ou du centre : savez-vous ce que l’on raconte ?

A la lecture du petit livre des Contes des sages mathématiciens et astucieux, de Jean-Yves Vincent, Édition Seuil, il parait que l’affaire du cercle et du centre reste toujours d’actualité chez les mathématiciens comme chez les philosophes….

« Il était une fois deux sages mathématiciens qui voulaient savoir quel était celui des deux qui avait l’esprit le plus vif et le raisonnement le plus affûté. Pour trancher leur différend, ils avaient choisi comme témoins les plus émérites savants, venus de lointains pays, et ils s’étaient retrouvés, le lendemain à l’aube, pour un duel sur la verte prairie d’un tableau d’écolier.

Le premier mathématicien, mû par une subite inspiration, avait tracé de la pointe de la craie sur le tableau un cercle parfait, sur un chef-d’œuvre de circonvolution, réalisé d’une envolée de bras, un rond, “rond” ! Rond comme une lune pleine, comme un regard étonné, rond comme le monde ! Un mouvement circulaire parfait au caractère d’infini que les philosophes grecs n’auraient pas renié !

Les savants s’étaient aussitôt approchés pour observer la quintessence, lorsque l’autre mathématicien, les écartant de taille et d’estoc, avait piqué brusquement l’exact centre du cercle ! Comme cela, sans réfléchir, sans calculer, il avait désigné ainsi le point unique situé à égale distance de tous les autres points ! Le centre du monde, Dieu peut-être, brusquement marqué d’une touche de craie blanche. Les savants s’interrogeaient. L’affaire était délicate, depuis toujours le cercle avait intrigué !

  • Le cercle est le père de toutes les formes qu’il entoure de sa rondeur, dit l’un.
  • Pas de cercle sans centre, mais à quoi bon un centre s’il ne s’accomplit pas en tant que cercle, ajouta un troisième.

Les savants hésitaient : des deux mathématiciens lequel avait le plus de mérite ? Le premier qui avait tracé la noble figure, avec pour seule aide l’inspiration de la main, ou le second qui avait su désigner le “point” parmi les milliards d’autres ?

  • Le premier est bien plus fort, conclut la moitié des savants, car pour tracer le cercle, il faut rester toujours à la même distance du milieu jusqu’à ce que la fin touche à son commencement ! Il faut donc avoir en tête, et le milieu et le rond dans son ensemble ! Le second n’a désigné qu’un seul point alors que l’autre en a trouvé une infinité !
  • Oui, mais quel point ! – avait à son tour conclu l’autre moitié des savants. Celui qui trace le rond n’a, après tout, qu’à se laisser guider pas son geste. En revanche, celui qui cherche le centre doit à la fois prêter attention à ce qui l’entoure et choisir le point parmi la multitude. »

Alors du cercle ou du centre ? Que conclure ? Existe-t-il une suprématie de l’un sur l’autre ?

Au sein des nombreux congrès de mathématiciens, devant une pinte de bière bien fraiche, après les débats du jour, et de bonne humeur autour d’une table ronde, la question fait retour et rien n’est encore conclu !

Tout comme dans les cercles où « la mathématique c’est la philosophie », cette irritante problématique s’évoque régulièrement pour éviter sans doute le vide de la pensée et bien la prendre en tenaille ? De fait, déjà au moins vingt-quatre philosophes dans leur Livre mystérieux et du même nom « Le Livre des XXIV » ont dévoilé : « Dieu est une sphère infinie dont le centre est partout, la circonférence nulle part », et c’est d’une telle puissance que notre imagination peut s’y perdre ! D’autres, fins observateurs de la vie des choses humaines, s’interrogent de manière nouvelle et se demandent si la société n’aurait pas remplacé Dieu par l’homme qui fait graviter l’humanité autour de soi…

Assurément, cercle et centre s’en vont ensemble. Immuablement, ils provoquent toujours autant de tirades « maboulesques » !

ITALIE : Période de Solstice

De notre confrère italien expartibus.it – Par Rosmunda Cristiano

Quand la nuit la plus longue épouse le jour plus court, il est temps de semer les graines de futurs projets…
Méditation pour le solstice du nouvel an

Le Soleil s’arrête dans le ciel, la Nature s’arrête sur la Terre. L’eau se transforme en glace et le feu est nécessaire pour se réchauffer et s’abriter des températures glaciales de l’hiver. La danse des éléments est prête, une fois de plus, à donner vie à la merveille de son cycle : voici le solstice d’hiver !

Cela se produit lorsque le soleil est au point le plus bas de l’écliptique, après que les températures baissent à nouveau, mais que les jours recommencent à rallonger.

C’est l’un des moments qui passent de l’année, celui où tout semble s’arrêter : la nature comme temps. Jusque-là, les heures d’ensoleillement ont progressivement diminué pour laisser place à l’obscurité de la nuit, laissant désormais progressivement place à la lumière qui commence lentement à s’imposer sur les brumes hivernales.

Comme toutes les périodes de transition, c’est un intervalle plein de valeurs symboliques et magiques, dominé par des mythes et des symboles d’un passé très lointain.

Le mot latin solstitium dérive de Sol et du verbe sistere et signifie « arrêt du Soleil » : l’étoile, en effet, ralentit sa descente sur l’équateur céleste et commence à monter vers le nord, où elle s’arrêtera à nouveau pour le solstice d’été.

Quelle place occupe le solstice d’hiver dans le calendrier de nos travaux ?

Cet anniversaire est la célébration par excellence de la « naissance ». Déjà dans l’ancienne Perse cette date marquait la venue au monde de Mithra et dans l’ancienne Egypte, d’Horus, fils d’Isis et d’Osiris ; à Rome, ce jour était indiqué comme Natalis Solis Invicti , puis la fête passa au christianisme comme la Naissance de Jésus, fixée au 25 décembre par le pape Jules Ier, en 390.

Janus, Ianus Bifrons , l’ancien dieu italique, père de tous les dieux, fut placé pour garder les solstices qui étaient considérés comme des « portes ». Dès le solstice d’hiver sortent les dieux, dès le solstice d’été les hommes entrent. Janus est en effet le dieu des seuils ; La légende raconte que Saturne l’a rejoint, un dieu bon et sage, qui a enseigné l’agriculture à l’homme et a ainsi commencé l’âge d’or.

Les philosophes appellent le royaume saturnien le stade de négligence des Saturnales ; l’agriculture est une allégorie pour comprendre l’art : « quand on veut donner naissance à un arbre, on sème d’abord la graine parfaite ».

Le Royaume de Saturne est donc le début de l’Oeuvre, qui se produit lorsque la négligence apparaît, c’est-à-dire au solstice d’hiver.

Il représente Janus, ou la porte et la clé, en fait cette dernière, avec le sceptre du pouvoir, est l’un des symboles du dieu à deux faces.

A cette date, il fut remplacé par les deux John placés pour garder les Portes du Solstice ; Saint Jean-Baptiste, le 24 juin, et Saint Jean l’Evangéliste, le 27 décembre. Dans de nombreux tableaux, dans la main de l’évangéliste la coupe, le réceptacle, avec la célèbre Serpe dell’Arte apparaît et, en été, la tête têtue du Baptiste marque le début du déclin.

Dans le « Turba philosophorum » , l’un des plus anciens textes hermétiques-alchimiques occidentaux, Acsufobo écrit :

Si vous avez bien fait, vous verrez une noirceur dans la partie supérieure, qui est un signe de putréfaction, qui dure quarante, quarante-deux jours.

Sachez que la fin n’est rien d’autre que le commencement et que la mort est la cause de la vie et que le commencement est la cause de la fin.

Il faut travailler jusqu’à voir noir, voir blanc, voir rouge, c’est tout, puisque cette mort est la vie éternelle après la mort glorieuse et parfaite.

Aujourd’hui des termes tels que putréfaction , noirceur, mort glorieuse, peuvent sembler macabres, mais ils dérivent de l’observation, une fois sous les yeux de tous, qu’une graine enfouie dans la terre, avant de donner naissance à une nouvelle plante, doit se décomposer. La mort apparente de la semence est l’étape nécessaire à la naissance de la nouvelle vie.

Le stade de noirceur est le solstice d’hiver, quarante ou quarante-deux jours sont la distance entre la date du solstice et la Chandeleur, qui a lieu le 2 février.

La franc-maçonnerie célèbre le solstice d’hiver et attache à cet anniversaire la première place parmi les solennités de l’année. Il est le symbole de la renaissance spirituelle obtenue à travers la célébration des rites initiatiques, la défaite du mal et des ténèbres par le Soleil, le triomphe de la Lumière, le tournant vers l’Aube et témoigne de la puissance créatrice et vivifiante du Verbe.

Saint Jean l’Evangéliste lui-même, appelé le Précurseur, dit :

Le commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu et la Parole était Dieu. et sans lui aucune des choses faites n’a été faite.

Un ancien rituel rapporte :

Le Soleil, symbole visible de l’Esprit, s’est retiré dans les grottes du nord. Les jours raccourcissent et les nuits rallongent. La douleur est dans nos âmes, car le Soleil est chaleur, il est vie et lumière. Nous, frères, voyons dans cette mort rituelle du Seigneur une phase de la lutte éternelle du Bien contre le Mal. Mais notre douleur est tempérée par la certitude que le Soleil, après sa descente annuelle aux Enfers, retournera au Zénith de notre conscience.

Ainsi l’esprit de l’homme, après avoir dormi dans le mystérieux tombeau de Saturne, veillé par les noirs corbeaux de la mort, renaîtra dans un vol de colombes blanches.

C’est précisément dans cette phase de solitude et de tristesse que l’homme doit réaffirmer son indépendance. Frères, donc, soyez vigilants ! Ainsi, en opposant votre état de veille au silence fécond de la Nature, vous arriverez à vous connaître.

L’art est incapable de créer les dispositions primaires, mais ne peut perfectionner que ce que la nature a créé qui est perfectible.

Avant cette transformation, il y a matière :

Toutes choses ont un principe et une nature qui, par elle-même, sans le secours d’autrui, sait se multiplier à l’infini, sans quoi tout serait perdu et corrompu.
Aristéo

Telles sont les prémisses, mais la Pierre à laquelle aspirent les philosophes doit avoir en elle-même des éléments divins qui ne peuvent descendre de l’individu ; en fait, il ne peut produire que l’Homme, comme l’exige la loi de la nature.

Notre pierre philosophale, en revanche, est un croisement entre les corps parfaits et imparfaits. Ce qui est parfait ne peut pas être altéré, mais seulement détruit, tandis que ce qui est imparfait se prête bien à être changé, de sorte que ce qui est destruction pour l’un est génération pour l’autre.

BRESIL : Noël et la loi de l’amour fraternel (2)

De notre confrère brésilien folhadolitoral.com.br

Par l’étude et la réflexion, le franc-maçon sera capable de comprendre des significations symboliques profondes dans chaque aspect de cette date festive.

En ce jour si spécial et significatif pour l’Humanité, la Loge Maçonnique Perseverança souhaite à ses lecteurs, et particulièrement à l’équipe de Folha do Litoral, UN JOYEUX ET BÉNI NOEL !!! Et il le fait, en réitérant que Noël représente la naissance d’une nouvelle ère, d’une lumière intense qui doit briller dans chaque jour de notre vie et dans chaque acte de notre existence.

Par l’étude et la réflexion, le franc-maçon sera capable de comprendre des significations symboliques profondes dans chaque aspect de cette date festive, et trouver, par exemple, des facteurs positifs même dans l’exploitation économique moderne de la date. Le don est, pour le franc-maçon, une sorte d’exercice de la loi mystique du retour. « (…) C’est une façon d’exprimer sa gratitude ou le plaisir de faire plaisir. Lao-Tseu, qui a vécu en Chine 400 ans avant JC, a dit que : « La gentillesse crée la plénitude, la gentillesse dans les créations crée l’amour ». (Miranda) Maintenant, parmi d’autres explications plausibles, la vieille habitude de donner des cadeaux – la base de l’importance actuelle de cette date pour le commerce – peut nous rappeler que les « Rei Magos » ont présenté le Christ nouveau-né (sujet pour la semaine prochaine), comment beaucoup la naissance de Jésus et la « leçon immortelle de son Évangile d’amour et de rédemption » étaient, en elles-mêmes,

La date elle-même, qui dans la plupart des régions du monde n’a commencé à marquer le Noël chrétien qu’au 5ème siècle, a une belle signification symbolique. À l’époque, avec son Église centrée à Rome, le christianisme « faisait encore concurrence » aux croyances polythéistes païennes, avec le culte du dieu solaire Mithra, représentation mythologique de la lumière, du bien et du monde spirituel distincte de la matière. Dans une grande partie du territoire romain, le 25 décembre était le jour de fête traditionnel et très populaire du solstice d’hiver (dans cet hémisphère), lorsque « la plus longue nuit de l’année » s’est terminée par la défaite de Mithra, avec la naissance du Soleil invaincu (ou invincible), natalis invicti Solis. Aux chrétiens de l’époque, il semblait plus que suffisant de marquer la naissance de Jésus – la Lumière du monde, le jour même où les gens célébraient la prédominance de l’éclat du Soleil sur les ténèbres. 

Il est rapporté qu’avant l’avènement du Christ, le «[…] monde était un immense troupeau égaré. Chaque peuple a fait de la religion une nouvelle source de vanité, constatant que de nombreux cultes religieux en Orient se dirigeaient vers le terrain franc de la dissolution et de l’immoralité. Dans ce contexte, « […] le Christ est venu apporter au monde les fondements éternels de la vérité et de l’amour. (…) Jésus, avec son exemple divin, livrerait le code de la fraternité et de l’amour à tous les cœurs » (Chico Xavier).

Ce code était appelé « évangile », terme dérivé du grec « euangelion », (« je », bien ; « angelion », message), littéralement « bonne nouvelle », ou « bonne nouvelle ». La bonne nouvelle du Christ est le renouvellement de l’alliance de Dieu avec l’humanité, avec le commandement de l’amour : aimer Dieu de cœur, d’âme et d’esprit, et aimer « son prochain comme soi-même ».

Après avoir été initié franc-maçon, l’homme laisse symboliquement derrière lui l’obscurité des vices et des erreurs, et reçoit la lumière qui le fait naître à l’idéal maçonnique de rendre l’humanité heureuse. « Personne n’entre dans la franc-maçonnerie sans s’engager à LOVE THE NEXT. (…) Par conséquent, la fraternité, pour le franc-maçon, n’est pas quelque chose qu’il désire simplement. C’est quelque chose qu’il vit avant tout pour pratiquer. (De face) 

Nous espérons toujours « qu’à chaque Noël notre lumière intérieure deviendra plus intense, plus représentative de l’amour, de la fraternité et de la compassion. (…) Que chacun de nous fasse le plus beau des cadeaux : l’installation ou l’agrandissement d’une véritable source de lumière au sein de notre Temple Intérieur ! (Miranda)

Basé sur des extraits de livres de PC Miranda (« L’art réel – les chemins de la franc-maçonnerie ») et AC Ferreira (« La fonction du franc-maçon dans la société ») ; citant des travaux du FC Xavier, dans un article de MAde Moura (febnet.org.br) ; wikipédia et bibliaonline.com.br.

Responsable : Perseverance Store ( store159@fgsia.com ) – Jorn. Fernando Gerlach (DRT-PR n°2327)

ALLEMAGNE : Ce que cache la télé – « Le secret de la saga BR »

De notre confrère bild.de – Par Hannes Kohlmaier

C’est une déclaration d’amour à l’ancienne ville impériale libre et un voyage à l’époque où elle est devenue une partie de la Bavière.

Le documentaire en trois parties « Nürnberg Saga » commence la veille de Noël sur Internet (BR-Mediathek) et le 29 décembre à la télévision.

L’un des personnages principaux est l’homme d’affaires Paul Wolfgang Merkel (1756-1820), le premier membre du parlement du Land de Nuremberg.

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La loge à Fürth : la loge maçonnique de Merkel « Aux trois flèches » se réunit encore aujourd’huiPhoto : Hannes Kohlmaier

Aujourd’hui encore, il est une figure culte parmi les francs-maçons. Ce que beaucoup ne savent pas : Merkel a été co-fondatrice de la loge « Aux trois flèches » en 1789, l’une des plus anciennes de Bavière.

Dans le film, Merkel est jouée par l’inspecteur Franken-Tatort Andreas Schadt (43). « Les nombreux journaux intimes et lettres que Merkel a laissés m’ont aidé à me préparer pour le rôle », a déclaré Schadt à BILD. « Merkel était un citoyen de Nuremberg avec corps et âme, mais aussi un homme d’affaires qui devait veiller à ce que son entreprise fonctionne. »

La personne historique Merkel a fait l’objet de recherches approfondies. Mais un point important de sa vie est totalement absent du documentaire : sa vie de franc-maçon.

Même Wikipédia est mieux informé !

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Franc-maçon et historien Manuel Pauli (33 ans) : « Merkel était un frère de loge exceptionnel »Photo : Hannes Kohlmaier

La loge « Aux trois flèches » existe toujours et se réunit désormais dans la loge Fürth (informations : www.dreipfeile.de). Les francs-maçons de Nuremberg attendaient avec impatience l’événement télévisé. En conséquence, la déception que son frère et fondateur n’est dépeint que comme un homme politique et un homme d’affaires.

Manuel Pauli (33 ans) a un doctorat en histoire et est le frère des « Trois Flèches ». Sa spécialité est la franc-maçonnerie des XIXe et XXe siècles.

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Représentation historique d’un rituel maçonnique ; la loge des trois flèches n’utilise plus d’armesPhoto : Gianni Dagli Orti / Shutterstock

Il dit : « La loge a joué un rôle central dans la vie de Merkel. Il y trouve la convivialité, l’échange avec les autres, un lieu où il peut élargir ses horizons et former son regard cosmopolite. C’est dommage que cette partie de sa vie qui forme le personnage ne joue pas un rôle dans le film. »

La franc-maçonnerie était probablement une tradition dans la famille Merkel : selon Pauli, au moins un de ses fils était également membre des Frères des Trois Flèches.

Un porte-parole du BR pour BILD : « L’histoire de la loge de Merkel n’est pas totalement inintéressante, mais malheureusement nous avons dû nous en passer au vu d’autres événements. »