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∴ 3 POINTS C’EST TOUT ∴ – JEUDI 21 Octobre

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🎥 Patrick Burensteinas – Les Sentiers Initiatiques – https://450.fm/2021/10/06/patrick-burensteinas-les-sentiers-initiatiques/

🎥 La santé dans la démarche initiatique par l’alchimiste Patrick Burensteinas – https://450.fm/2021/10/20/la-sante-dans-la-demarche-initiatique-par-lalchimiste-patrick-burensteinas/

🎥 (VIDEO) Les secrets d’un initié lyonnais, Jean-Baptiste Willermoz – https://450.fm/2021/09/28/video-les-secrets-dun-initie-lyonnais-jean-baptiste-willermoz/

📰 3 POINTS C’EST TOUT Le rendez-vous quotidien des lecteurs de https://450.fm

Le journal de la FM sous tous ses Angles

Présentation Hadrien Berthaut

Réalisateur Laurent Sirguy

Directeur de la Publication Franck Fouqueray

(VIDEO) Les Cathares et le Saint Graal – La France des mystères

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Au XIIIe siècle, se développe dans le sud de la France, une contestation religieuse aujourd’hui appelée catharisme, qui prône le retour au modèle d’Église primitive du début du christianisme et condamne la hiérarchie de l’Église romaine. 👋 + de documentaires histoire 👉 http://bit.ly/3lqyFpY 🙏 Dans les départements de l’Aude et de l’Ariège, en vieille Occitanie, ce documentaire sillonne le sud de la France entre châteaux cathares, grottes fortifiées et maison de l’Inquisition. Un périple étonnant pour tenter de percer les secrets de ces hommes et femmes au destin et au parcours peu connus. Rendez-vous à la découverte de ces hauts lieux de tragédies médiévales encore méconnues du grand public. Un film d’Isabelle Le Guen © Morgane Production

https://youtu.be/6mZexxU84Kk

Allons voir au jardin…

Oasis, paradis terrestre, lieu de passage et de transition, il y a autant de « dedans » nommés comme jardins, conçus de terre et d’eau. En écho au mythe adamique du jardin de Dieu, les jardins sont  des lieux de vie et d’humanité. Ils facilitent le retour sur soi et une sagesse commune.

Toute rencontre au jardin est élégante, maîtrisée,  respectueuse de l’humanité de la rencontre, dans l’abandon de soi et le souci de l’autre. Face au monde plat, le jardin rend sensible la double épaisseur du temps et de l’espace. Dans cette intention d’habiter les paysages, chacun attend et attendra toujours du jardin qu’il favorise l’accès à un monde commun et un monde d’autonomie et de liberté créative. En chacun, il existe bel et bien le jardin refuge, l’île accueillante dans la tourmente, l’espace à dévoiler, à dire, à raconter pour expliquer ce qui conduit irrésistiblement nos pas vers ces lieux d’agrément, entre  fleurs et pierres, pour que notre cœur puisse s’emballer sous l’effet de la volupté et notre âme s’émouvoir du vent bienvenu sur le front  de nos matins fiévreux.

Dans une dimension cosmique, le jardin vu comme un microcosme est indissociable d’un travail jardinier, théâtral et architectural, renvoyant à un macrocosme. Les pratiques jardinières y sont d’autant plus variées qu’elles répondent au besoin de créer et de se rattacher à l’Infini. Un territoire sacré, travaillé, occupé pour signifier, transmettre, partager. Un jardin laboratoire du monde, où il convient de savoir manier les outils qui ensemencent, binent, taillent, rectifient, protègent, abritent, déploient et font vivre jusqu’aux arbres fruitiers magnifiques des canopées odorantes. Au-delà des frondaisons entrevoyant la voûte étoilée, l’endroit est un lieu d’intelligibilité cachée et peut être fait- il espérer une sorte d’immortalité comme la rosée à l’aurore?

Dans les jardins et vergers médiévaux, à l’écart du brouhaha du chœur des hommes, de gentes dames ont espéré autrefois se frayer auprès d’un compagnon civilisé, courtois et sincère, une voie d’harmonie escomptant sur la subtilité des sentiments et la considération de paroles simples et bienfaisantes.  Même si l’invitation ne valait que pour un court instant suspendu, à l’écart de la furie des batailles au-delà des murs, la représentation de vivre bien ensemble et sans peur réciproque, fige l’image d’une paix et d’une égalité sociales. Elle fait partie du décor d’un jardin aux formes multiples avec son carré des simples, ces herbes magiques et utiles, ces espaces colorés et surhaussées par des plessis d‘osiers et de fleurs grimpantes. Elle soutient toujours la volonté d’un chœur fraternel, d’une proximité sociale respectueuse entre les êtres…

Au temps du pouvoir royal, le jardin a pris une allure de splendeur et d’absolu, qui marquait l’emprise des individus par le Roi. Toutefois le jardin du pouvoir n’est jamais aussi cartésien qu’il n’y paraît, aussi logique et rationnel. Au delà de ses lignes apparemment tirées au cordeau, il n’exclue  pas des parcours secrets, labyrinthiques, des figures baroques, des cachettes possibles,  des grottes et des folies. Il reste toujours un envers et un endroit du jardin du pouvoir quelque soit son paysage orientaliste ou faussement exotique, pour se vouloir frondeur, rebelle et libertaire…

Sans fin, le jardin continue de fasciner puisqu’il n’est pas un simple morceau de terre et de culture mais un ensemble de signes qui disent, précisent, orientent, face à une modernité agressive et insolente. Ainsi en est-il de la loge maçonnique comme du jardin !

Habitués ou visiteurs, ceux qui s’expriment en ce lieu couvert, s’y montrent, humbles, affranchis et dépouillés de l’inutile, du superflu. Nul besoin de disserter longuement ensemble : même avec un beau terreau, rien ne peut croître sans une foi ardente, sans une patience soutenue, sans un regard sensible à la symphonie des couleurs et l’effet du temps !

Sources :

Conférence à la GDF-Paris le 14/10/2017- « Symbolisme du jardin » Frédéric- Pierre Isoz et C. Laporte

Claude Debru et Frédéric-Pierre Isoz,  Pourquoi croyons nous ? Ed Odile Jacob, Février 2020

Premières questions sur la franc-maçonnerie

Hervé H. Lecoq – Independently Published, 2021, 74 pages, 8 €

Présentation de l’éditeur :

Parler de franc-maçonnerie provoque toujours des questions. Son évocation génère des interrogations, des fantasmes et parfois des peurs. Les questions sont souvent simples, mais les réponses à apporter sont parfois complexes, car elles nécessitent une expertise du sujet qu’il est difficile de voir dans un ouvrage accessible.

Fruit de 12 ans de rencontres, d’études et de recherches, découvrez, avec des mots simples, les premiers éléments de réponses à toutes les premières questions.

Que vous soyez simple curieux, profane en attente d’initiation ou bien que vous souhaitiez parler de franc-maçonnerie à vos proches, ce livre est fait pour vous.

Biographie de l’auteur :

Hervé H. Lecoq (P.M., M.M.M., M.C., M.R., S.E.M., E.M., C.A.R.), né en 1982, travaille comme responsable dans le domaine de la vente en ligne. Membre de l’Académie de Vaucluse et de diverses associations historiques, ayant reçu la Lumière en 2009, depuis 2010, il a administré différents sites internet ayant trait à la franc-maçonnerie.

Auteur d’articles en langue française mais aussi anglaise dans des revues, des magazines ou sur des sites d’information, il est l’auteur du roman de science-fiction maçonnique L’Apprenti Perdu (éditions ECE-D, 2021) et administre la chaîne YouTube accessible au grand public, mais aussi aux Frères et aux Sœurs qui, comme lui, veulent faire de nouveaux progrès en franc-maçonnerie, « French Freemason ».

https://www.youtube.com/c/Herv%C3%A9HLecoq

[NDLR : Nous pouvons considérer cet ouvrage comme un vade-mecum du profane, du latin profanus (de pro « devant » et fanum « lieu consacré »). L’auteur y développe, en 7 thématiques, les réponses à 99,99 % des questions que se posent tout candidat à l’initiation – religion, histoire et société, théorie du complot, critères d’admission, comment candidater]

Communautarisme

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Le communautarisme, me semble-t-il, est en train de diviser les nations. Déjà par une utilisation perverse du vocabulaire !

J’accepte mal, pour ma part, cette distinction des êtres par la négative que nous a précisément amené le communautarisme (exacerbé, j’entends), du juif et non-juif, du musulman et non-musulman, du catholique et non-catholique, du pratiquant et non-pratiquant, etc, etc. Par extension, par dérive, nous arrivons au voyant et non-voyant ! Et en quelque sorte au « communauta…risque » ! Parce qu’ainsi, on constate ce que le « non » contient de minoration voire d’annulation de l’être, qui ne serait pas dans une norme (au vrai, une supériorité) créée de toutes pièces ! Et le plus souvent, non sollicitée par les intéressés eux-mêmes, mais fabriquée par les leaders communautaristes qui entraînent leurs collègues !

On parviendrait alors à cette absurdité que si l’on n’appartient pas à un cercle communautaire aujourd’hui…on n’est rien ! Je suis un « non-quelque chose » ! Comme si nous n’étions pas tous des homo sapiens ! Et on oublie aussi dans tout çà, que, sans faire de nationalisme imbécile, nous sommes en France, d’abord et chacun, je veux dire avant tout : français ! Dans une France composée, comme un champ de fleurs, de diverses variétés ! Quelle tristesse, s’il n’y avait qu’une sorte de fleur ! Merci à Dame Nature !

Ce comportement communautariste n’est bien sûr pas nouveau. Quand j’étais jeunot, dans mon Quercy d’enfance, les autochtones avaient pour distraction le samedi soir de se constituer en bandes, à partir de leur commune d’appartenance : les « Figeac » contre les « Cahors » se repéraient à l’entrée des bals locaux et moult bières plus loin, s’affrontaient à coups de poings, voire malheureusement, de couteaux et de fourches ! Pour se réconcilier dans la semaine, civilité et travail obligent… et recommencer le samedi suivant ! J’étais consterné par ces affrontements, à la fois parce que je ne voulais pas prendre parti et parce que j’avais peur, bien sûr ! La violence ne date pas d’aujourd’hui…

La maturescence venue, je constate que le « droit à la différence », quand il est perverti, nuit finalement à l’égalité. Dès lors je revendique le « droit à l’indifférence ». J’entends ici que je ne souhaite pas brandir de signes distinctifs et qu’on me laisse tranquille dans la masse, et dans la mesure où je ne nuis à personne. C’est à dire que l’on respecte et aide si besoin le citoyen que je suis – comme j’aiderais moi-même mon alter ego, quel qu’il soit – blanc, jaune ou noir, hétéro, homo, handicapé, ou « né ailleurs ».

Je n’aime pas non plus être « reconnu » – expression bien spécieuse – je préfère être « considéré » en tant que personne ! Encore que le mot « personne » dans son double sens positif et négatif (une curiosité de la langue française !), me fasse préférer ici le vocable « individu » !

De la sorte, me semble-t-il, considéré donc aimé, il est bon de se sentir Homme parmi les Hommes !

(VIDEO) Une société secrète lyonnaise à la renaissance : La Société Angélique

À quelques centaines de mètres de la basilique de Fourvière, qui est une véritable « demeure angélique », il existe un domaine fermé situé au numéro 12 de la Montée Nicolas de Lange, qui fut au XVIe siècle le fief d’une mystérieuse organisation appelée la Société Angélique. C’est à Lyon, au XVIe siècle, qu’on retrouve la trace de la Société Angélique, mais elle a sans doute des origines plus lointaines et portait des noms différents en d’autres lieux et en d’autres temps. L’historien Patrick Berlier pense qu’elle serait l’œuvre du magistrat et mécène Nicolas de Lange, qui aurait fédéré les érudits et savants de son époque qui se réunissaient dans la maison de son domaine de l’Angélique près de la basilique. Dans cet épisode, Patrick Berlier nous donne un aperçu de la dimension « occulte » de la ville de Lyon.

PRÉSENTATION DE VERTICAL PROJECT :

Vertical Project Media est une plateforme novatrice et fédératrice qui propose du contenu numérique et organise des événements publics tels que des colloques, des conférences et des ateliers de groupe, en lien avec les thèmes liés à la conscience et à son développement. Vertical Project Media est implanté à Lyon et notre collectif compte plusieurs membres et intervenants à travers le monde.

L’ESPRIT DANS LEQUEL NOUS TRAVAILLONS Vertical Project Media n’est pas seulement une plateforme numérique qui propose des colloques, des conférences et des ateliers. C’est beaucoup plus que cela. Il est en effet important de souligner que toutes ces activités sont fondamentalement animées par un ensemble de valeurs et d’idées que nous entendons promouvoir.

L’une des idées fondatrices de Vertical Project Media est que l’être humain est un être spirituel qui vit une expérience humaine, et non l’inverse. Il découle de ce postulat que nous accordons la primauté au spirituel, c’est-à-dire à la conscience et à ses formidables possibilités.

L’article « 15a » du Manifeste post-matérialiste qui est publié dans son intégralité ICI, va totalement dans ce sens : « L’esprit représente un aspect de la réalité tout aussi primordial que le monde physique. L’esprit joue un rôle fondamental dans l’univers, il ne peut être dérivé de la matière et réduit à quelque chose de plus basique ». 

En accord avec nos idées et nos valeurs, nous défendons toutes les propositions qui sont contenues dans le manifeste pour une science post-matérialiste rédigé par un groupe d’experts et de scientifique de niveau international. Nous mettrons donc tout en œuvre pour promouvoir le contenu de ce Manifeste qui est la base philosophique et scientifique du paradigme post-matérialiste dont nous avons besoin pour construire le monde de demain. 

Le Manifeste pour une science post-matérialiste est publié dans plusieurs langues sur le site Internet Open Sciences (opensciences.org). Plus de 300 scientifiques, philosophes, penseurs et médecins cautionnent les propositions du Manifeste.

Visiter le site Vertical Project

La santé dans la démarche initiatique par l’alchimiste Patrick Burensteinas

Patrick Burensteinas, l’alchimiste des temps modernes, a accepté de nous parler de la conception qu’il a de la relation entre la santé et la démarche initiatique.

Mieux connaître la pensée et l’oeuvre de Patrick Burensteinas :

Quelques ouvrages :

La trame : une approche « thérapeutique »

∴ 3 POINTS C’EST TOUT ∴ – Mercredi 20 Octobre

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🎥 Point de vue : À propos du matérialisme – https://450.fm/2021/10/20/point-de-vue-a-propos-du-materialisme/

🎥 Les cathédrales dévoilées – https://450.fm/2021/10/19/video-les-cathedrales-devoilees/

🎥 Comment en finir définitivement avec les planches ennuyeuses ? https://450.fm/2021/10/12/tous-a-lassaut-des-planches-ennuyeuses/

📰 3 POINTS C’EST TOUT Le rendez-vous quotidien des lecteurs de https://450.fm

Le journal de la FM sous tous ses Angles

Réalisation Laurent Sirguy

Présentation Hadrien Berthaut

Directeur de la Publication Franck Fouqueray

A la découverte du Temple 21 – Rue Cadet

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Cette semaine je vous propose un focus sur le temple 21, situé au 16 rue Cadet dans le 9eme. Il est dédié à la mémoire de Charles Porset (1944 – 2011). Il était historien, chercheur au CNRS, professeur de philosophie. Initié le 18 mai 1984 dans la RL Concorde et Montesquieu (GODF Orient de Bordeaux). Il a été un des reconstructeurs majeurs du rite français au GODF. Il est également connu pour avoir milité afin que les femmes puissent intégrer la maçonnerie de manière générale et dans son obédience plus particulièrement. Il est reconnu pour la qualité de ses écrits, la justesse de ses analyses et la portée de ses travaux à l’international. Il a été un rédacteur actif pour diverses revues maçonniques : Humanisme, Chroniques d’Histoire maçonnique et Joaben.

Les présentations étant faites, nous pouvons évoquer le temple en lui-même. Il est un des plus récents du bâtiment, le dernier, le 21. Nous pouvons y voir deux autocollants sur les murs, représentant deux tableaux appartenant aux collections du musée au rez-de-chaussée. Cette initiative est due à un ancien directeur du CUP, qui souhaitait améliorer ce temple et sa décoration. Les images ont été volontairement étirées et complétées par des éléments ne figurant pas sur les tableaux originaux.

Au dessus de la colonne du midi, nous contemplons une reproduction partielle d’un trumeau. Cet objet est en deux parties : une huile sur toile au dessus et un miroir en dessous. Cet élément décoratif permettait probablement de montrer l’appartenance de son propriétaire à la franc-maçonnerie. Comme l’indique le message écrit « Voilà les plaisirs ». Sans suspense l’homme nous présente ses plaisirs : la navigation avec le bateau, l’amour représenté par les oiseaux, la chasse avec le chien et la franc-maçonnerie à gauche avec le kit complet du parfait maçon. Aujourd’hui différentes copies de ce tableau existent avec des variantes, soleil ou pas, légers changements de couleurs, plus ou moins bien peints…

Au dessus de la colonne du nord, nous pouvons reconnaître cette huile sur toile présente au début de l’exposition au musée ; nous possédons très peu d’informations sur ce tableau. Il n’est pas signé. Il date vraisemblablement des années 1820/1840. Cette supposition peut être proposée dans la mesure où les 4 éléments font leur apparition dans l’initiation aux alentours de 1820/1830. Avant cette date, il n’était question que du feu et de l’eau.

Ce type de tableau est rare. Nous possédons davantage de gravures que d’huile sur toile.

Nous pouvons tracer une sorte de diagonale dans la composition du tableau : d’un côté les ténèbres, de l’autre la lumière.

La fantaisie prise par l’artiste est assez flagrante : le profane n’a pas les yeux bandés. Il est attendu avec gentillesse et bienveillance par des massues. Ça donne envie ! la présence de la femme semble assez énigmatique.

L’initiation en France à cette période prend ses sources dans le livre Cétos, de l’Abbé Terrasson. C’est comme si aujourd’hui nous nous inspirerions d’Harry Potter ou du  » Da Vinci Code  » pour créer une cérémonie. Ambiance assurée ! En effet c’était le best seller à la mode à l’époque, racontant les épreuves vécues par un homme pour devenir pharaon. Tout un programme ! Fort Boyard n’a qu’à bien se tenir !

Ce tableau reste assez énigmatique, accélérant l’accroissement majeur du nombre de FF et SS chauves, à force de s’arracher les cheveux dessus.

Le solstice et moi

  • Quelle drôle de tête ! Mais qu’est-ce qu’il t’est arrivé ?
  • Oh, les choses arrivent sans qu’on le sache.
  • Pour les banalités, tu es bon ! Allez, raconte !
  • Eh bien, voilà. C’est le solstice.
  • Le solstice ?
  • Tu te rappelles le mois dernier ce qu’on a appelé l’été de la Saint-Martin et le proverbe rabâché en boucle par les radios, « été de la Saint-Martin, dure trois jours et un brin » ?
  • Oui, bien sûr, c’était en novembre quand l’été est revenu d’un coup. Il faisait un temps à caresser le cœur. J’avais été frappé par la couleur de l’herbe du jardin, elle avait reverdi. Peut-être qu’un œil exercé aurait trouvé le vert moins éclatant qu’au printemps, mais il n’était pas terne et les oiseaux piaillaient dans le mimosa. Quelques jours avant on avait cru que l’hiver était là, mais les températures avaient bondi et on pouvait à peine parler d’arrière-saison.
  • Oui, c’est tout à fait ça. Eh bien moi, voulant profiter de ce temps magnifique je m’étais allongé sur mon transat pour préparer l’hiver sous un bon soleil d’après-midi et, tu sais ce que c’est, quand le soleil te tape sur le visage tu fermes les yeux et, au bout de quelques minutes, la torpeur t’envahit et tu sombres dans un de ces sommeils qui, après, te font la nuit blanche. Mais bon, on se dit que ne pas dormir pour avoir dormi…
  • Oh oui, je connais ça !
  • Toujours est-il que j’ai fait un drôle de rêve. Figure-toi que je me suis retrouvé devant une espèce de Temple situé dans un lieu de nulle part. Aucun village alentour, ni clocher ni presbytère, rien d’autre qu’un bâtiment formant un carré long. J’en fis le tour et remarquai que les colonnes qui l’entouraient, au demeurant assez rapprochées, présentaient d’abord les six ordres d’architecture égyptiens, avec le Palmiforme, le Proto-dorique, le Lothiforme, le Papyriforme, le Campaniforme et le Hathorique, puis à leur suite les cinq ordres grecs bien connus des Compagnons de la Tradition : dorique, ionique, corinthien, toscan et composite. Le douzième espace était occupé par une porte surmontée d’un puissant linteau servant de base à un triangle isocèle qui comportait un œil en son centre et qui était entouré de gerbes de blé sculptées dans la pierre. La curiosité aidant, je fis ce que tu aurais fait à ma place, je poussai la porte. Au fond d’une grande salle éclairée par un soleil zénithal, je vis un feu de cheminée avec deux fauteuils. On aurait dit que j’étais attendu. Je m’avançai donc et m’assis.
  • Tu as raison, pourquoi se poser des questions quand on a les réponses ?
  • Devant ce feu, il faisait une chaleur de plein soleil. Je regardais les flammes danser et les troncs qui, curieusement, ne se consumaient pas. Avant que je puisse m’interroger sur cet étrange phénomène, j’ai entendu une porte s’ouvrir derrière moi et un drôle de bonhomme en sortir. Il vint s’asseoir à mon côté. Il était… Comment te le décrire ? C’est ça, il ressemblait au tableau d’Arcimboldo l’Automne. Il était habillé d’un tonneau éclaté qui lui arrivait jusqu’aux épaules et au-dessus il montrait un visage, ou plutôt une trogne faite de végétaux de toutes sortes : raisin, pommes, poires, mûre, châtaigne, courge, blé ou avoine, nèfle, pomme de terre, grenade, figue, melon, champignons des bois… J’étais sidéré et, je t’avoue, absolument muet.
  • Il y a de quoi. Et alors, c’est lui qui a parlé ?
  • Oui, derrière sa moustache épineuse, en bogue de châtaigne, il m’a dit : « Je m’appelle Affor et je suis chargé d’accueillir les visiteurs. Ils sont peu nombreux. Aujourd’hui, la vraie curiosité est rare. » Et devant mon air interrogateur, il a précisé : « La vraie curiosité, c’est celle qui fait progresser, pas celle qui fouine ». Après un silence il a ajouté : « Vous devez vous interroger sur mon apparence, eh bien sachez que je suis la plus belle saison de l’année, celle qui donne le blé d’Éleusis, la joie de Bacchus et qui voue un culte à Pomone la nymphe d’une merveilleuse beauté qui est la divinité des fruits. Moi, je les présente et c’est un grand honneur. » J’allais lui répondre lorsqu’il me dit en me tutoyant soudain : « Je vois dans ton âme qui tu es, tu fus et seras. Tu es digne d’être initié. Pose tes mains sur trois douelles de mon tonneau et répète après moi :

“Moi, enfant des saisons et du ciel étoilé, je promets d’honorer la nature dont je suis, elle qui me porte et me nourrit, d’en observer les lois selon la tradition immémoriale de nos ancêtres et d’en respecter les fils et les filles semblables à moi. Que l’Auteur du Temps et de ses cycles, de l’Espace et de sa beauté m’éclaire et m’accompagne. Tout ceci, je le promets sur mon Humanité.”

À peine avais-je fini de répéter le dernier mot qu’il disparut et fut remplacé par un personnage de bois mort en tout point semblable à l’Hiver d’Arcimboldo et qui me dit : “Va, Initié, porte l’esprit au monde”.

Lorsque je me suis réveillé, le froid était venu. Je grelottais. Je suis monté dans la salle de bains pour prendre une douche chaude. Et quand je me suis vu dans le miroir, j’avais le visage ridé comme une bûche de chêne et mes cheveux étaient devenus gris.

  • Étrange, oui, très étrange solstice…

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