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Franc-Maçonnerie entre passé et avenir

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A quoi sert la franc-maçonnerie et que font les francs-maçons ? voila deux questions qui auraient pu justifier l’écriture de ce livre. Mais il va bien au-delà en analysant ce que cette association représente dans le monde et quelles sont ses bases culturelles et philosophiques. En trois siècles, cette institution a subi de nombreuses évolutions, dans les pays anglo-saxons puis sur le continent européen ensuite. Pourquoi chez Anglais et Américain on n’ y rencontre que peu de rites et peu d’obédiences quant nous retrouvons une demie douzaine de rire en France par exemple et plus de cent obédiences ? Entre passé et avenir l’auteur fait le point sur la situation actuelle.

ALAIN NOEL DUBART a été chirurgien des hôpitaux de Lille puis au centre hospitalier d’Armentières tout en exerçant en cabinet. Il a également assuré de nombreuses responsabilités au sein du syndicat des médecins de la région Nord, syndicat dont il a été président départemental durant 12 ans puis régional de 2003 à 2006.

Elu au Conseil Fédéral de la Grande Loge de France en 2002 il en a été le Grand Secrétaire, puis Grand Orateur et enfin a été élu Grand Maître de la Grande Loge de France de 2009 à 2012.

À commander sur https://www.helloasso.com/associations/academie-maconnique-provence/evenements/les-livres-amp-ubik-editions.

La Liberté comme méthode

L’initiation maçonnique dans ses relations avec les pratiques du quotidien

Alessandro Sbordoni – Jean-Luc Leguay

Éditions Dervy, 2021, 156 pages, 22 € – Format Kindle 15,99 €

Alessandro Sbordoni, compositeur, musicien, essayiste et chercheur, a écrit plus de quatre-vingts partitions pour les formations musicales les plus diverses, de l’instrument solo au grand orchestre et au théâtre musical. Il a ensuite étendu son champ d’investigation à des thèmes philosophiques et initiatiques, conséquence naturelle de sa recherche sur l’essence du son et de l’art. Il est membre du Grand Orient d’Italie (GOI) et de la Grande Loge Nationale Française (GLNF).

Nul ne sera donc étonné de découvrir la préface de Stefano Bisi, journaliste et écrivain mais aussi Grand Maître du Grand Orient d’Italie. Fondé en 1805, le GOI, reconnue par la GLNF, est membre, tout comme la GLNF, de l’American Masonic Confederation (IMC), la Confédération Maçonnique Interaméricaine (CMI), fondée le 14 avril 1947, organisation qui regroupe 84 Grandes Puissances maçonniques mondiales.

Dans La Liberté comme méthode Stefano Bisi nous fais tout d’abord part de son grand plaisir à lire ce passionnant ouvrage où éthique et beauté sont présentes dès les premières pages. Pour lui, le titre même définit ce qu’est l’initiation maçonnique dans toutes ses relations avec les pratiques du quotidien. Sans hésiter, il nous confie que son auteur, musicien de son état, a su écrire sur sa partition toutes les notes saillantes de la gamme maçonnique que sont le vice, la vertu, la foi, l’Exercitium opératif-spéculatif. À ces yeux, un précieux ouvrage permettant à la Franc-Maçonnerie universelle de perpétuer la construction du Temple dans le chantier infini du Grand Œuvre… En toute liberté !

La Liberté comme méthode, soit… Mais de quelle liberté parlons-nous ?

Il est vrai qu’il existe différents types de liberté : le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité, le droit au respect de la vie privée et familiale, la liberté d’expression. la liberté de pensée, de conscience, ajoutant même parfois l’adjectif absolue, et de religion.

Mais la liberté est essentiellement l’état d’une personne qui ne subit pas de contraintes, de soumissions, de servitudes exercées par une autre personne, par un pouvoir tyrannique ou par une puissance étrangère. Être ni prisonnier ni sous la dépendance de quelqu’un.

Et de quelle méthode ? De la méthode maçonnique ? Certes, oui. La Franc-Maçonnerie, Fraternité initiatique à caractère ésotérique et initiatique, école de pensée et de spiritualité offre bien une méthode de travail afin que son enseignement, fruit des recherches faites en Loge, de cette démarque offrant initiation, symbolisme, transmission de la tradition maçonnique, soit répandue en dehors de la Loge.

Deux interrogations – liberté et méthode – auxquelles Alessandro Sbordoni répond après une introduction sur « Pour un futur de la maçonnerie moderne » en trois parties essentielles. La première est consacrée à l’« Initiation maçonnique et pratiques quotidiennes », la seconde à « La liberté comme méthode ? », et la troisième enfin à une analyse perspicace intitulé « Macrocosme et microcosme ». Pour passer Le cosmos, l’univers, de l’infiniment grand à ce qui, dans l’histoire de la philosophie, est considéré comme le corps humain, l’être, comme un monde en réduction dont chaque partie représente et correspond terme à terme à une partie de l’univers…

L’auteur, se fondant sur une Franc-Maçonnerie héritière des initiations de Métier (Craft) considère cette dernière somme possédant un caractère fondamentalement hermétique qui a toujours des références opératives. Mais de nos jours, l’Art Royal et sa pratique sont confrontées à de nouveaux défis dans un monde dominé par la dérive de la globalisation. Pour l’auteur, le travail introspectif et la connaissance de soi, notre comportement éthique, la communication interpersonnelle dialogique, une relation stricte entre vision spirituelle et vie concrète sont les outils spécifiquement maçonniques et opératifs qui s’offre à nous dans ce nouveau monde. Le tout pour faire « progresser l’initié sur son chemin de l’initiation, mais aussi de donner de l’espoir aux difficiles situations que connaît notre planète, pour permettre à tous, ensemble, de parcourir en toute liberté et en pleine conscience ce chemin. La Franc-Maçonnerie a donc, dans le monde, une très grande responsabilité, non seulement à l’égard d’elle-même mais aussi à l’égard de l’époque contemporaine si complexe ».

Si pour Alessandro Sborfoni « la dérive de la globalisation économique met en péril les conquêtes de la démocratie, de l’égalité et de la liberté que la Franc-Maçonnerie transmet au monde », l’ouvrage permet de recentrer sur ce que doit être, au plus profond de lui-même, le Maçon du XXIe siècle. Où comment passer de la joie à être en Loge à un homme d’harmonie et de rayonnement pour et vers les autres.

Quant à Jean-Luc Leguay, qui fut le premier laïc de cette chaîne de tradition remontant au VIIIe siècle, il est aujourd’hui un des derniers maîtres enlumineurs et est mondialement connu. Nous lui devons, entre autres, chez Albin Michel – Ipomée Perceval le Gallois, Le Livre de l’Apocalypse, La Divine Comédie enluminée, chez Dervy, Le Maître de lumière, Le Tracé du Maître, Le Mutus liber – Initiation, Rituel – Consécration d’une Loge et, coécrit avec Minh-Son Nguyen, Rituels inconnus. Plus que des livres d’images, au sens de ce genre littéraire, des livres du « Merveilleux », pour faire rimer symbolique avec chemin initiatique ! Il nous offre, ici et maintenant, un cahier central en couleur de 16 illustrations et quelques 38 images de lumière, inédites, en N&B.

Le 2 janvier 2022, le GODF reçoit Dominique Schnapper, sociologue et politologue française

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 À « Divers aspects de la pensée contemporaine », émission du dimanche 2 janvier 2022 à 9h40 sur France Culture, le Grand Orient de France reçoit Dominique Schnapper, sociologue et politologue française, ancienne membre du Conseil constitutionnel, présidente du Conseil des Sages de la laïcité et présidente du musée d’art et d’histoire du judaïsme. Elle évoquera, entre autres, son dernier ouvrage Temps inquiets, Réflexions sociologiques sur la condition juive (Odile Jacob, 2021). Une émission présentée par Alexis Lacroix, journaliste, éditorialiste politique, essayiste, germaniste et historien des idées français et Thierry Nerzic.

Source : GODF, La lettre d’information, 23 décembre 2021

En savoir plus sur le dernier ouvrage de Dominique Schnapper :

Présentation de l’éditeur :

Nous vivons aujourd’hui au temps de l’inquiétude, celle que suscitent les actes d’agression contre les juifs et le sentiment profond d’une remise en cause du pacte passé avec la République française. Comment en est-on arrivé là ? Faut-il y voir les effets de la porosité de l’interminable conflit israélo-arabe et la diffusion d’un antisionisme politique ? Est-ce la présence d’une forte population musulmane en mal d’intégration et, plus encore, les menaces d’un antisémitisme rouge-brun, alliées aux effets d’un fondamentalisme islamiste ?
Il ne s’agit pas seulement de regarder en arrière. Dominique Schnapper rappelle ce principe selon lequel, dans notre histoire, les menaces contre les juifs ont de tout temps précédé le naufrage de la démocratie. Elle nous donne par sa réflexion les éléments pour combattre les passions mauvaises dès lors que l’intérêt commun succombe aux assauts des prétentions identitaires et pour nous permettre de nous accorder sur les fondements d’une culture commune.

Dominique Schnapper lors d’une table ronde en 2011 (Photo Wikipédia)


Biographie de l’auteure :
Sociologue, directrice d’études à l’EHESS, ancienne membre du Conseil constitutionnel, Dominique Schnapper est actuellement présidente du Comité des sages de la laïcité au ministère de l’Éducation nationale. Elle est l’auteur de nombreux ouvrages de sociologie, notamment De la démocratie en France. République, nation, laïcité (Odile Jacob, 2017) et Puissante et fragile, l’entreprise en démocratie avec Alain Schnapper (Odile Jacob, 2020). 

La fraternité et le culte des ancêtres du Vietnam

Article de notre Sœur Trần Thu Dung

Le culte des ancêtres, en vienamien Tín ngưỡng thờ cúng tổ tiên, joue depuis les temps les plus anciens, un rôle capital dans la pensée et dans les pratiques de la civilisation vietnamienne.

Selon la tradition vietnamienne, il n’y a pas de séparation entre le monde des vivants et celui des morts. Les âmes hantent l’autel des ancêtres. Les morts reviennent parmi les vivants à l’occasion des jours de fête de la nouvelle année et aux anniversaires des décès. Les morts partagent les joies et les peines de leurs descendants lors des cérémonies familiales telles que le mariage, la réussite des enfants, la construction d’une nouvelle maison, etc. Ce culte aide à entretenir les liens entre les vivants et les morts. La présence de l’autel des ancêtres dans chaque famille et la célébration périodique du culte font que les morts continuent à être présents dans la vie de chacun, et qu’ils perpétuent l’honneur de la famille.

En général, la fête des ancêtres s’organise en famille. Elle n’est pas une religion, mais une simple coutume. Chaque famille s’organise pour reconnaître le lignage familial ce qui la différencie d’autres cultes des ancêtres existant en Chine ou en Afrique lesquels se déroulent souvent dans un espace public comme le village ou, dans les cimetières autour des tombes. Mais la conception est la même. Les vivants ont besoin de la bienveillance des ancêtres sanctifiés, qui est nécessaire pour que chacun bénéficie de retombées favorables dans sa vie. La dévotion due aux ancêtres s’inscrit dans une volonté d’harmonie entre l’au-delà et le monde physique des hommes. Si cette harmonie n’est pas respectée, il se crée un déséquilibre qui peut être néfaste pour l’homme comme pour le reste de la création. L’ancêtre se voit offrir des sacrifices sous forme de nourriture au moment des fêtes (comme la fête des morts), parfois pour l’anniversaire du défunt ou de l’ancêtre légendaire d’une famille (phénomène fréquent dans l’aristocratie). On invite les ancêtres à partager les repas. On demande sans cesse l’assistance des morts. On brûle de l’encens pour évoquer le retour des morts et on brûle aussi des objets votifs en papier. Selon la terminologie vietnamienne, on peut dire qu’il s’agit du culte de l’encens et de la fumée.

Le culte des ancêtres aide à tisser le lien entre les membres de la famille. Chacun se reconnaît, et s’entre-aide. C’est « la famille d’abord ». C’est pourquoi le culte des ancêtres joue un rôle important dans la vie culturelle et sociale au Vietnam. Cette pratique apprend aux descendants la gratitude envers les ancêtres, le respect de la hiérarchie familiale et le souvenir des racines originelles qui se transmettent de génération en génération.

La similitude avec la chaîne d’union pratiquée à la fin des tenues maçonniques apparaît clairement lorsque le vénérable maître énonce que cette tradition vient des ancêtres et rappelle aux frères et sœurs qu’ils sont les maillons, non seulement des frères et des sœurs présents mais également de tous ceux qui les ont précédés. Ainsi bien avant la colonisation, il y avait le même type de démarche symbolique dans la culture vietnamienne et dans les loges européennes. N’est-ce pas une évidente manifestation de l’Universalisme.

Mais le plus intéressant, c’est que pendant la cérémonie du culte des ancêtres on accepte chaleureusement tous les membres de la grande famille et les amis sans distinction de religions ou de conceptions philosophique… Ce jour est le jour de la réconciliation, dont la fête traduit la fraternité, la solidarité entre les membres de la famille comme en Franc-maçonnerie. On se réunit et on partage le bonheur et la peine. Certaines personnes profitent de ce jour pour demander pardon à quelqu’un. Car selon la coutume, on ne peut pas se battre pendant le repas ou la cérémonie. On fait montre de respect devant les ancêtres, à défaut de quoi on sera puni dans la vie quotidienne.

Parfois, le vénérable maître propose à la famille de constituer une cagnotte en soutien à l’enfant qui s’apprête à aller à l’université. Le futur étudiant s’engage à en retour à bien utiliser cet argent en réussissant ses études.

Pendant la cérémonie du culte des ancêtres, le vénérable maître peut également proposer une aide fraternelle en faveur d’un membre de la famille qui rencontre des difficultés (maladie, veuvage, accident, incendie etc.), comme le vénérable maître de la loge maçonnique qui demande au frère maître des cérémonies, accompagné du frère hospitalier, de faire circuler le tronc de la veuve et le sac aux propositions à la fin de chaque tenue.  

Photos de deux autels des ancêtres du lignage d’une grande famille.

Une remarque concernant les autels des ancêtres du lignage d’une grande famille : Les enfants ont les mêmes grands parents. Cependant la décoration est un peu différente. Sur le 2ème autel, les grands parents de chaque branche des deux parents directs sont également vénérés, mais au-dessus est vénéré le bouddha qui protège chacun. Sur le 1er autel existe seulement un génie de fortune. C’est une croyance taoïste. Ils sont de plus issus des mêmes grands parents mais on remarque dans le rang des photos que du côté du père est disposée la photo de l’oncle. On vénère également un jeune homme, frère du père, mort en pleine jeunesse au champ d’honneur pendant la guerre du Vietnam. Comme il n’était pas marié et n’avait pas de descendance, c’est la famille de son frère qui s’en occupe. Selon la croyance, la vénération symbolise la demande de protection des Esprits.  Sur le 2ème autel, le maître de la famille ne vénère pas la mort de son frère, car la femme de ce défunt est encore vivante. C’est son devoir, sauf si elle se remarie. Puis son fils va continuer à honorer les ancêtres à son tour.

La conception du rituel du culte des ancêtres est différente au sein d’une même famille selon que l’on applique le rite bouddhiste ou le rite taoïste. La synthèse des 3 religions en ce qui concerne le culte des ancêtres est répandue partout au Vietnam. C’est le symbole de la liberté de croyance des Vietnamiens.

Le culte des ancêtres est une fête solennelle de la fraternité vietnamienne. Il est organisé en fonction des dates anniversaires des morts, et pendant la veillée, les esprits sont invités à participer à la fête afin de protéger les membres de la famille. Sur certains autels on trouve outre la statue de Bouddha, des Génies et Confucius… Les trois religions (bouddhisme, taoïsme, confucianisme), sont réunies dans la cérémonie du culte des ancêtres. Toutes les religions et les croyances se respectent et vivent en harmonie dans la vie quotidienne. La soif de paix des Vietnamiens s’exprime dans cette grande tolérance et par ce respect des diverses croyances. Ceci ressemble aux principes de la Franc-maçonnerie : la tolérance mutuelle, le respect des autres et de soi-même, la liberté absolue de la conscience. C’est pourquoi, pendant la colonisation, les premiers membres maçonniques vietnamiens ont fondé à Hanoi une loge dénommée « Confucius » afin d’initier également les Vietnamiens d’origine chinoise.

LE DROIT HUMAIN : Hommage au Prix Nobel de la Paix Desmond Tutu (1931-2021)

Desmond Tutu vient de nous quitter le 26 décembre, après une vie de combats. Il est, avec Nelson Mandela, le symbole de la lutte contre le régime de l’apartheid.

Jeune instituteur, il démissionne de son poste pour protester contre les inégalités scolaires entre les blancs et les noirs. Il devient ensuite prêtre au sein de l’église anglicane et sera le premier noir à occuper le poste d’Archevêque du Cap.

Il milite au “Black Consciousness Movement” (courant de pensée à la recherche d’une démarche exclusivement noire pour sortir du système d’apartheid) et délivre dans ses sermons un message de paix et de non-violence, critiquant tant l’apartheid que ceux qui combattent ce régime par la violence.

Héritier de la voie tracée par Martin Luther King, il reçoit en 1984 le Prix Nobel de la Paix. Il contribue fortement à la fin de l’apartheid et préside ensuite la Commission « Vérité et Réconciliation ».

Il prend part à la lutte contre l’homophobie sur le continent africain et défend le droit de mourir dans la dignité.

La Fédération Française du DROIT HUMAIN rejoint les hommages rendus par le monde entier à ce combattant humaniste et pacifiste.

Fédération Française de l’Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN

Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN – Fédération Française

Source : Newsletter du 28 décembre 2021

AUTRICHE : « La Fraternité » (1959-1967) entre Lumières, Gnose, Église (et Conclave)

De notre confrère autrichien corrispondenzaromana.it – par le Père Paolo M. Siano

En 1949 dans la  » PaulsKirche « , une ancienne église luthérienne de Francfort-sur-le-Main (voir ici : https://de.wikipedia.org/wiki/Frankfurter_Paulskirche ), la Grande Loge Unie d’Allemagne ( » Vereinigte Großloge von Deutschland « ) a été fondée à partir de 1958, elle prit le nouveau nom de Grande Loge des Anciens Maçons Libres et Acceptés d’Allemagne (« Großloge der Alten Freien und Angenommenen Maurer von Deutschland » – GLAFAMvD).

En 1958, le GLAFAMvD et la Grande Loge Nationale des Francs-Maçons d’Allemagne ( » Große Landesloge der Freimaurer von Deutschland  » – GLLFvD) forment ensemble les Grandes Loges Unies d’Allemagne  » ( » Grandes Loges Unies d’Allemagne  » – VGLvD), auxquelles ils rejoindront en 1970 3 autres Grandes Loges allemandes (voir ici : https://de.wikipedia.org/wiki/Vereinigte_Gro%C3%9Flogen_von_Deutschland ).

En janvier 1959 parut le premier numéro de  » Die Bruderschaft  » (traduction italienne : La Fraternité ), le magazine des Grandes Loges Unies d’Allemagne ( » Journal des Grandes Loges Unies d’Allemagne « , VGLvD) que j’indiquerai par les initiales BRU . Le Grand Maître de VGLvD de l’époque est l’Ing. Theodor Vogel (1901-1977) (voir ici : https://www.corrispondenzaromana.it/un-ricordo-su-mons-ingo-dollinger-1929-2017/ ). 

Je rappelle quelques articles d’où, dans l’ensemble, ressortent :

1) les raisons de la profonde incompatibilité entre la Franc-Maçonnerie Allemande régulière et l’Eglise Catholique : en fait l’essence de la Franc-Maçonnerie comprend l’Humanisme anti-dogmatique (comme déjà aux Lumières), l’Esotérisme & la Gnose (union des contraires : Dieu-Diable, Lumière- Ténèbres … );

2) l’attention particulière de la Franc-Maçonnerie envers l’Église, le Concile et envers un futur Conclave.

Sur BRU, N° 1, 15 janvier 1959, dans l’article « Symbiose ou synthèse ? « Le franc-maçon Karl Hoede mentionne la figure de » Méphistos « (le Diable) et cite quelques passages du poème » Gingo Biloba « où le franc-maçon Goethe mentionne l’union des contraires: l’un se double et devient deux, les deux font un.. Hoede précise que les francs-maçons recherchent la conciliation des contraires, Dieu et l’homme, la lumière et les ténèbres … le signe : Gingo Biloba  » : p. 6). Il est logique de penser que Méphisto fait également partie de cette union.

Su BRU N° 2, 15 mars 1959, nell’articolo « La jeune génération maçonnique » (pp. 37-39) Le franc-maçon Kurt Mauch déclare que la jeune génération maçonnique sait bien que Dieu, comme la Nature, est Bon et Juste :

« Vous savez avec Hegel et Goethe que Dieu est « bon » et « mauvais » comme la nature et que, selon les belles paroles de notre frère Rückert, l’homme ne peut trouver Dieu que s’il le porte en lui.» (p. 39).

Sur BRU, N° 4, 15. Juillet 1959 , dans l’article  » La confrérie des maçons  » (pp. 97-100), le Franc-Maçon Ernst Nitsche explique que la Franc-Maçonnerie est fondée sur l’Initiation avec laquelle le Candidat sort des ténèbres de la monde profane et renaît à une nouvelle vie :

«[…] C’est pourquoi l’émission de lumière correspond à une nouvelle naissance. La loge, c’est la mère qui accouche, et tous ceux qui ont reçu la lumière dans la loge sont frères » (p. 99).

Nietzsche voit une parenté spirituelle entre les mystères de l’Égypte ancienne et la franc-maçonnerie (« Une telle connexion est historiquement démontrable, bien qu’une relation spirituelle soit indubitable »: p. 99).

Sur BRU N° 2, le 15. fév. 1960 , le franc-maçon Artur Kreiner , avec l’article « Symbole und Mysterien » (pp. 41-42), présente l’association culturelle maçonnique « Ordo Rosae Aureae » (ORA), dirigée par Bruder Martin Erler (1920-2014 : voir ici : https://www.ordo-rosae-aureae.de/ ). L’ORA se consacre à l’étude du Symbolisme, des Mystères Anciens et du Rosicrucianisme . Le MAINTENANT cherche l’expérience du Spirituel, de l’Invisible, du Sacré… (« une expérience du spirituel, de l’invisible, du sacré – même sans pensée conceptuelle !  » : P. 41).

Sur BRU N° 3, 15. März 1960 , dans l’article « Les maçons sont-ils une élite ? Le franc-maçon Ernst Nitsche soutient que la franc-maçonnerie est une « élite » de l’esprit qui veut libérer l’homme de la pensée dogmatique, nationaliste, totalitaire et matérialiste (cf. pp. 69-72).

Le BRU N° 5, 15. Mai 1960 , dans l’article  » Ex Occidente Lux  » (pp. 149-151), le Franc-Maçon Georg von Spallart précise que l’expression  » Lumière de l’Est  » (« Lumière de l’est  » « ) Fait référence à l’Orient intérieur, à une Lumière transcendante et d’un autre monde ( » lumière surnaturelle « ) qui porte divers noms dont  » TAO « , c’est-à-dire le rythme des contraires, par exemple la Vie et la Mort ( » vie et mort « ). L’homme doit rechercher la communion avec cet Être Suprême (« rechercher la communion personnelle avec cet être suprême « ) que les Maçons vénèrent sous le nom de Grand Architecte de l’Univers (« ABAW »).

Von Spallart déclare que de la lignée mythique de Caïn (« famille mythique de Caïn « ) viennent deux personnalités importantes dans le symbolisme maçonnique : « Tubalcain », le premier forgeron, et Hiram, l’architecte du Temple de Salomon (cf. p. 149 ) .

Sur BRU N°5, 15. Mai 1960 , dans l’article « Mysterienbund », le Franc-Maçon Hubert Übelacker explique qu’en Franc-Maçonnerie il y a deux courants : celui exotérique du rationalisme des Lumières, et celui ésotérique typique du Rosicrucianisme et des Mystères Anciens. Überlacker sait bien que la franc-maçonnerie ne peut se passer de l’aspect ésotérique ou mystérieux et mentionne l’expérience du groupe maçonnique « NOW » (cf. pp. 174-175).

Sur BRU N°8-9, le 1er sept. 1960 , dans l’article « Les papes et les francs-maçons (II) », le franc-maçon Karl Hoede espère la possibilité qu’un catholique et cardinal maçon puisse légitimement devenir pape :

«[…] Ergo il y a certainement la possibilité qu’un franc-maçon catholique puisse devenir légalement pape ; il n’a qu’à s’être rendu d’avance chez le cardinal. Pourquoi cette possibilité serait-elle hors de question ? Vous pouvez parler de n’importe quoi si vous cherchez une consolation. Mais toute pensée réconfortante, loin d’un sérieux plus profond, est nécessaire en ce temps de méfiance, de discorde et de lutte de tous contre tous » (p. 238).

Sur BRU N° 11, 1. Nov. 1960 , dans l’article  » La chaîne comme symbole  » (pp. 312-315), le Franc-Maçon Georg von Spallart déclare que la Chaîne est un symbole de l’union qui lie toutes les créatures entre elles et avec le Créateur (cf. pp. 312-313). Von Spallart propose la connaissance de TOUT-UNITÉ pour surmonter les antithèses de la pensée dualiste, c’est-à-dire Dieu et Diable, Lumière et Ténèbres, Ciel et Enfer, Esprit et Matière (cf. p. 313). Il semble que pour von Spallart le Diable ne soit pas un adversaire de Dieu (cf. p. 314) :

«[…] De ce nouveau point de vue, il devrait enfin être possible de résoudre les crevasses encore existantes des idées dualistes désespérément incohérentes de Dieu et du diable, de la lumière et des ténèbres, du ciel et de l’enfer, etc. Être comblé par la connaissance du TOUT – UNITÉ. (Le diable n’est pas plus un « adversaire » de Dieu qu’il ne nous viendrait à l’idée de faire en nous un instinct fatalement noir l’honneur de reconnaître cet aspect comme un adversaire égal.) 313-3.

Sur BRU N°1, 15 janvier 1961, Friedrich Domay passe en revue l’article « Les Francs-maçons » (trad. : « Les Francs-maçons ») publié par le Prof. Dr. K. Algermissen sur le 4e volume de la nouvelle édition de « Lexicon for Theology and Church » édité par Josef Höfer et Karl Rahner (1960 2). Domay explique que, depuis la première édition de 1932, Algermissen a révisé ses idées envers la franc-maçonnerie. Domay, très heureux, y voit un signe de la nouvelle attitude positive de l’Église envers la franc-maçonnerie (cf. p. 34).

Sur BRU N° 1, 1. Jan. 1962 , le Maçon Günter Wiemann , dans l’article « Le franc-maçon et le mysticisme » (pp. 11-16), déclare que de tout temps les mystiques enseignent que nous faisons partie du Cosmos et Dieu est en nous : il est la divinisation de l’Homme (« Déification de l’homme » : p. 12), il est l’identité Dieu = Homme (« C’est finalement l’équation : Dieu = homme, homme = Dieu  » : p. 12).

Il est intéressant de noter que sous le titre de l’article et le nom de Wiemann, il y a cette phrase :  » Vous serez comme Dieu, connaissant le bien et le mal (Genèse 3, 5) ».

Wiemann explique que l’Homme = Dieu , n’est pas l’Homme terrestre, mais l’Homme-Priorial (« der Ur-Mensch ») et cela ne fait pas appel aux Églises d’orthodoxie doctrinale qui veulent plutôt l’Homme contrit, pécheur, repentant, conscient de sa propre faiblesse… Selon Wiemann, les Églises créent des dogmes pour dominer l’Homme (cf. p. 12) et n’acceptent aucun enseignement ésotérique (« kein esoterischen Lehren »: p. 13).

Wiemann interprète ainsi, de manière positive, la phrase de la Genèse « Eritis sicut Deus… » (sans préciser qu’elle appartient au Serpent) : pour les mystiques, l’Homme est égal à Dieu, c’est-à-dire qu’il est de la même essence que Dieu (cf. p. 13), de plus le dualisme n’est pas réel, Dieu est Un, Il est en toutes choses, le Bien et le Mal ne sont que des formulations de l’intellect humain… Dieu inclut tout, même le péché et le mal :

« Dieu est le principe positif. Cela inclut tout, même le péché, le mal » (p. 13).

Comme Jakob Böhme, Wiemann croit également que Dieu est double en lui-même, portant à la fois la Lumière et les Ténèbres (« la raison divine primordiale est un double principe : elle produit la lumière et les ténèbres »). Cette dualité en Dieu est déjà enseignée par le texte hindou Bhagavad-Gita (cf. p. 14). Wiemann affirme que le franc-maçon, dans un esprit paracelsien-faustien, se bat pour la connaissance et la liberté (« Dans un esprit paracelsien-faustien, il veut lutter pour la connaissance, pour la liberté », p. 16).

Sur BRU N° 5, 1. Mai 1962 , dans l’article  » Réflexions sur le Concile œcuménique  » (pp. 180-181) le maçon Hieronimus Frey cite le cardinal Frings qui espère réduire le pouvoir de la curie romaine au profit de la Évêques (cf. p. 180) … Frey se demande, entre autres, si le Concile conduira à une nouvelle attitude plus conciliante et fraternelle de l’Église envers la franc-maçonnerie et constate qu’à cet égard, il existe déjà en France un changement en cours avec le livre (philomassonique) d’Alec Mellor  » Nos Frères séparés – Les Francs-Maçons  » [Tours 1961] publié avec le  » nihil obstat  » du censeur ecclésiastique (un jésuite) et avec l’autorisation du Vicaire général de l’évêque de Tours (cf. p. 181).

Sur BRU N° 11, 1 nov. 1962 dans l’article « Humanité et symbole dans l’œuvre de Hauptmann. A l’occasion du 100e anniversaire du poète le 15 novembre 1962 « (pp. 346-350), le franc-maçon Wolfgang Kelsch déclare que l’œuvre du poète Gerhart Hauptmann (1862-1946) est gravée de l’esprit maçonnique ( » Das L’œuvre du grand poète est intimement liée à l’esprit de la Franc-maçonnerie » : p. 346). Captain prône également l’union de tous les contraires ( » l’union de tous les contraires  » : p. 347). Dans l’ouvrage  » Great Dream « , Captain voit la grande opposition entre le Christ et Satan résolue: tous deux, enfants de Dieu, s’unissent pour conduire l’Humanité à son être véritable … Kelsch écrit:

«Dans le Grand Rêve », le poète voit abolis les contraires éternels du monde : le Christ et Satanael, les deux fils de Dieu, s’unissent, l’humanité parvient enfin à l’être véritable, le cercle historique du salut. Dans les dernières grandes œuvres de Hauptmann, le monde dialectiquement divisé, ce sont les contraires tragiques abolis, les pôles apparemment irréconciliables s’unissent » (p. 350).

BRU N°12, 1. Déz. 1962 s’ouvre sur l’article  » Les Francs-Maçons et le Concile  » (pp. 369-371) du franc-maçon Kurt Mauch qui observe que si l’Église impose la langue latine, la franc-maçonnerie à la place (« keine Problematik der„ Latinität ») permet une grande liberté de rites et rituels dans les différentes Loges et Grandes Loges (pp. 369-370). Selon Mauch, la franc-maçonnerie a un caractère décentralisé et fédérateur (cf. p. 370). 

Mauch suggère-t-il que l’Église prenne la franc-maçonnerie comme modèle ?

Toujours sur BRU N°12/1962 , on trouve l’article non signé « Konzil und Freimaurerverschwörung » (pp. 397-398) qui présente le cas de l’article de l’écrivain Louise Rinser (voir ici : https:// it.wikipedia. org/wiki/Luise_Rinser ), publié dans le journal du dimanche  » Monde du dimanche » du 7 octobre 1962. Rinser déclare que certains cercles voient le Concile Vatican II comme une grandiose session maçonnique ( » eine grandiose Freimaurersitzung « ) bien conçue avec des intrigues et fermé au public (cf. p. 397). Le chroniqueur anonyme définit cette déclaration de Rinser (cf. pp. 397-398) comme fausse et stupide (« mal comme phrase stupide ») à laquelle le Dr Wolfgang Scherpe, Vénérable Maître de Loge a répondu « Carl zur gekrönte Säule ”de Braunschweig. Scherpe précise que la franc-maçonnerie jouit de l’estime même parmi le clergé catholique et les évêques allemands, et loue Mozart comme un vrai catholique et franc-maçon (cf. p. 398).

Sur BRU N° 1,   1. Jan. 1963 , dans l’article « Mysterienbund oder nicht? « (Pp. 5-9) Le franc-maçon Richard Moes explique que la franc-maçonnerie est la fille des Lumières ( » notre alliance est un enfant des Lumières  » : p. 5) mais elle a aussi des racines dans la magie, l’alchimie, dans le mystère des sociétés anciennes ( voir page 5). Selon Moes Goethe , Faust est un exemple pour tout franc-maçon : Faust a deux âmes dans sa poitrine, Dieu et le Diable, à qui Faust est lié :

« […] du Faust de Goethe, qui n’est pas censé être un modèle, mais une image de l’homme avec deux âmes dans la poitrine, bonne et mauvaise, Dieu et le diable, avec qui Faust est probablement quelque peu étroitement lié est à être un exemple pour nous » (p. 8).

Moes précise qu’en fait la franc-maçonnerie fait la même promesse que le diable biblique ou le « Méphisto » goethien:  » Eritis sicut deus « – tu seras comme Dieu. C’est aussi le conseil du diable dans Faust comme dans la Bible » (p. 8).

Moes déclare que la franc-maçonnerie guide les initiés à la renaissance dans l’Esprit (« à une renaissance hors du saint esprit »), de sorte que les francs-maçons peuvent être comme leur modèle ou Dieu (« Mais d’abord nous allons Ressemblant à l’archétype, nous serons comme Dieu » : P. 9).

Sur BRU N°2, 1er février 1963, il ya le court article « A patriarch as a seeker » qui reprend une nouvelle de « Alpina », magazine de la Grande Loge des Alpes Suisses : alors que le Concile est en cours, « Monsignore Johannes Maria Assendelft », Patriarche de l’Église catholique-apostolique d’Antioche de rite orthodoxe, syro-byzantin », présent à Rome comme Observateur au Concile, a été initié comme Franc-maçon dans la Grande Loge d’Italie (« Grande Loge Nationale AFAM d’Italie « ). Mons. Assendelft explique que les francs – maçons sont, et à un âge précoce de son père et son frère-frère qu’il connaissait la franc – maçonnerie … Le magazine » Alpina « voit au cours du Conseil de la croissance de l’opposition au dogmatisme (cf. p. 65).

Je cite textuellement :

« Le journal de la Grande Loge Suisse a joint à cette communication la déclaration que le cours du concile a montré que l’opposition au dogmatisme unilatéral dans l’Église catholique s’est accrue » (p. 65).

Sur BRU, N° 8-9, 1er sept. 1963 , dans l’article « Nomen est omen. Gedanken eines Freimaurers über Papst Johannes XXIII. » (Pp. 228-229) l’ancien Grand Maître de la Grande Loge des Alpes Suisses, Josef Böni , fait l’éloge du regretté Pape Jean XXIII, mais n’apprécie pas les « Pies » Papes (« Pie-Päpste »), à savoir Pie IX et Pie X Il les considère comme intolérants car l’un (Pie IX) a lutté contre les erreurs modernes, et l’autre (Pie X) contre le Modernisme (cf. p. 228).

Sur BRU N°1, 1er janvier 1964, dans l’article « Retour au commencement » (pp. 1-3), le franc-maçon Kurt Lähnparle de deux Principes (« deux principes ») qui décident de notre destin (« Le Destin de la Vie ») : Ciel et Enfer, Jour et Nuit, Plein et Vide (« Ciel et Enfer, jour et nuit, abondance et vide… »). La polarité (« la politique ») existe aussi sur le plan spirituel … Dans la Chine ancienne on parle des deux principes « Yin et Yang » … La totalité a été perdue (« Once the whole thing was lost through division » ) . Selon Platon, les sexes devraient être au nombre de trois : masculin, féminin, masculin-féminin (cf. p. 1). Le maçon Lähn affirme que chacun porte en lui l’équilibre comme une interpénétration harmonique des deux sexes : « Chacun porte en lui l’équilibre comme un emboîtement harmonieux des deux sexes » (p. 2).

Toujours sur BRU N° 1/1964, dans l’article « Heralds of Freemasonry – Mystery Covenants » (pp. 4-9), le franc-maçon Günter Wiemann voit les anciennes sociétés à mystères comme des précurseurs de la franc-maçonnerie ( « nous pouvons considérer les anciennes alliances mystérieuses comme des signes avant-coureurs de la franc-maçonnerie » : p. 4). Selon la doctrine du mystère, la Divinité est double, elle est personnelle et impersonnelle, et l’âme humaine est une émanation de la Divinité cherche à retourner à son origine :

« La divinité est un double principe ; impersonnel et personnel à la fois. L’âme humaine est une émanation (effluent) de la divinité. Alors elle s’efforce de le retrouver un jour » (p. 5).

Les anciens Mystères enseignent que l’homme peut chercher Dieu de manière adogmatique (« undogmatisch »: p. 6). Dieu, dans les différentes religions, veut être recherché de différentes manières et être appelé par des noms différents (cf. p. 6). L’Initié aux Mystères apprend l’union Lumière-Obscur, la naissance de la Lumière des Ténèbres (« die Vereinigung von Licht und Dunkel, die Geburt des Lichtes aus dem Dunkel »: p. 6).

Sur BRU, N° 2, 1er février 1964 , dans l’article « Es tagt in Rom » (pp. 58-59) à l’époque du Concile Vatican II, l’ancien Grand Maître de la Grande Loge des Alpes Suisses, Josef Böni (ex prêtre catholique puis pasteur protestant), partage la polémique du Cardinal Frings contre le Saint-Office et la Curie romaine : le Saint-Office n’est plus d’actualité et le Collège des évêques doit remplacer la Curie dans la gouvernance de l’Église. Le Grand Maître Böni considère qu’une telle décentralisation (« eine Dezentralisation der Kirchenleitung ») est nécessaire (« notwendig »).

Enfin, sur BRU N° 7, July 1967, dans la rubrique consacrée à la revue de presse (« Press review ») dans l’article « The dissimilar minded » il est souligné qu’avant le Concile Vatican II l’Eglise était hostile à la franc-maçonnerie mais alors un le changement a eu lieu :

« In früheren Jahren hatte die katholische Kirche der Freimaurerei feindlich gegenübergestanden, doch das Vatikanische Konzil brachte hier die entscheidende Wendung » (p. 187).

Oui, au niveau de la hiérarchie il y a eu un changement jusqu’à ce que, entre 1981-1985, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, dirigée par le Cardinal Ratzinger, réaffirme clairement l’incompatibilité entre l’appartenance à la Franc-Maçonnerie et la foi chrétienne (cf. certaines de mes articles : ici http://amicideltimoneferrara.blogspot.com/2017/09/la-massoneria-negli-acta-del-concilio.html ; ici http://amicideltimoneferrara.blogspot.com/2017/04/massoneria- eglise- confusion.html ; ici http://amicideltimoneferrara.blogspot.com/2017/11/la-massoneria-vista-dalla-congificazione.html ; ici https://www.corrispondenzaromana.it/br-kurt-baresch-glvo- et-dialogue-église-franc-maçonnerie-1968-1983-1999 / ; icihttps://www.corrispondenzaromana.it/lificazione-della-s-penitenzieria-suprema-ecclesiae-bona/ ).

VENEZUELA : Ouvriers d’Hiram Abiff c’est le solstice d’hiver

De notre confrère vénézuélien elnacional.com – Par Mario Munera Muñoz PGM

Le monde chrétien a profondément influencé notre civilisation, et je veux dire toute l’humanité sur notre plan, marquant chaque 25 décembre comme un jour extraordinairement spécial pour la naissance du Maître Jésus. Cette date importante couvre le globe entier, bien qu’ils ne professent pas cette croyance ou ne suivent pas ses enseignements, elle marque la fin d’un cycle. 

L’être humain traverse une expérience en ce moment, qui n’est pas marquée sur son chemin : une pandémie. C’est une expérience qui envahit votre corps, et le ralentit dans son évolution et son processus. C’est comme si tout s’arrêtait, il n’y avait pas de travail, pas de plaisir. Seules la tristesse et la peur l’accablent, car l’ennemi invisible emporte ses proches. C’est comme un appel au réveil des Forces de l’Univers. A l’être humain, pour que je comprenne, il aime la souffrance, et sa cause principale est qu’il confond « vouloir » avec « aimer ». Deux mots qui sont aux deux extrémités d’une ligne : A et B. Vouloir c’est s’approprier quelque chose et le dominer, l’amour représente la liberté et le respect, pas la domination. Vouloir, c’est pouvoir. Très peu d’êtres humains aiment, car si tout le monde le faisait, le monde aurait un niveau de conscience élevé. La volonté est le fondement sur lequel repose la souffrance.

Si les corps maçonniques supérieurs prêchent leur propre « authenticité », et considèrent les autres corps comme non « authentiques », alors les maçons deviennent « hypocrites ». Fraternel est ce Maçon qui reconnaît son cher frère sans distinction de race, de classe sociale, de couleur, etc. Donc dans ce plan tout se passe dans ce processus, regardons juste la xénophobie dans certains pays. Maintenant, je me demande : est-ce que nous traversons le karma ? Est-ce un appel au réveil du Créateur ? Notre état de conscience s’abaisse-t-il davantage, au lieu de l’élargir et de l’ouvrir ? Les Aztèques, dans leurs études et analyses, expliquent que l’Univers a eu cinq étapes ou cycles dans sa création désignés sous le nom de Soleils. Il y a cinq « Soleils ». Chaque étape a une durée de cycle ou de temps, à la fin de laquelle tout est détruit dans un cataclysme. Au quatrième soleil pour eux c’était le déluge biblique, la planète était recouverte d’eau. Nous vivons le cycle du « Cinquième Soleil », d’une durée approximative de 2 600 ans, et au terme duquel, tout ce qui existe disparaîtra et la planète Terre se renouvellera comme l’Oiseau Phénix, avec une nouvelle humanité d’un état de conscience très élevé.

Selon les Aztèques, nous sommes proches de cette fin de cycle. Et ils ont peut-être raison, la nature se renouvelle, regardez-la simplement pour moi, et vous verrez ses messages et ses enseignements. La planète Terre a cette forme aplatie, afin que les eaux se séparent et forment des endroits secs, des montagnes et dans leur inclinaison les deux solstices : hiver et été. Les solstices aux maçons nous apportent de grands messages et enseignements : l’opportunité de se renouveler dans chaque shekel, c’est comme si c’était une table rase, c’est comme une « réinitialisation ».

C’est aussi connu des Maçons, de chacun, nous avons un processus qui doit être respecté. Mais nous, les Maçons, sommes responsables d’une chose, de la situation de nos loges : il faut faire preuve de plus de tact pour Initier les Chevaliers Profanes. Le copinage et nos comportements amoureux nuisent à nos loges. L’institution n’est pas un endroit pour changer le comportement moral de qui que ce soit. Ici, celui qui entre, s’il est mauvais, devient plus mauvais, je ne crois pas aux changements, c’est pourquoi les Magiciens Noirs sortent, qui est un individu, intelligent, intellectuel, praticien des lois et règlements, expert en rituels , mais derrière la lettre il n’y a rien, derrière leur dos il n’y a pas de vertus, ils ne connaissent que nos lois et règlements pour nous attaquer et prendre le pouvoir, qu’ils recherchent et dominent l’autre, c’est leur procédé. La franc-maçonnerie n’est pas une institution morale, c’est faux. Les passions et les bas instincts ne sont pas surmontés ici, s’ils vous « initient » c’est parce que vous êtes un être vertueux et avez de bonnes habitudes, c’est pourquoi nous enquêtons sur votre comportement. Nous ne sommes pas imparfaits, nous n’avons qu’une conscience fermée. Nous voici ici pour ouvrir la conscience, à travers le message des « symboles ». Le vrai Maçon transcende la loi par ses vertus.

Mon message de fin d’année : le solstice d’hiver c’est la mort du Soleil, le 22 décembre il est placé au point le plus bas du ciel, et il s’arrête (Solstice-Soleil toujours) pendant trois jours, après cette pause il bouge au nord, annonçant des journées longues et chaudes : il s’est levé. Allégorie : le Soleil meurt sur la croix pendant trois jours (le Maître Jésus). Alors il renaît, c’est le salut, le soleil se lève et les récoltes. Jésus transcende la dualité. Nous comprenons que nous faisons partie du GADU, et nous essayons de vibrer vers les niveaux supérieurs à travers les vertus, la fraternité, et notre objectif est « d’ouvrir la Conscience ».

ESPAGNE : Francs-maçons en Espagne du XVIIIe siècle à nos jours : il y a 189 loges actives

De notre confrère espagnol 65ymas.com – Par Antonio Castillejo

SOCIÉTÉ

Francs-maçons en Espagne du XVIIIe siècle à nos jours : il y a 189 loges actives

ANTONIO CASTILLEJO

Photo : gle.org

DIMANCHE 26 DÉCEMBRE 2021

8 MINUTES

La première loge espagnole a été fondée en 1728

Les origines de la franc-maçonnerie doivent être attribuées aux guildes des constructeurs de cathédrales du Moyen Âge, bien que ses symboles et ses traditions puissent provenir de l’Égypte ancienne. La franc-maçonnerie ou franc-maçonnerie est une société secrète internationale avec une structure hiérarchique basée sur la fraternité entre ses membres qui sont regroupés en loges et usent de rites et de signes emblématiques.

Les maçons eux-mêmes se définissent comme membres d’une institution de nature initiatique, philanthropique, symbolique, philosophique, discrète, harmonieuse, sélective, hiérarchique, internationale, humaniste et à structure fédérale, fondée sur un sentiment de fraternité . 

De l’Inquisition à la Constitution de 1978

La présence de la franc-maçonnerie en Espagne remonte au XVIIIe siècle . Depuis lors jusqu’à nos jours il y a eu des obédiences diverses et importantes telles que le Grand Est de l’Espagne, le Grand Est National de l’Espagne, le Grand Est espagnol ou les Droits de l’Homme. 

A cette époque, les loges en Espagne étaient généralement fondées par  des marchands et des militaires étrangers . La première fut fondée à Madrid en 1728 sous les auspices du duc de Wharton, qui à son tour venait de la King’s Arms Lodge, et fut baptisée Grande Loge de Matritense .

En Espagne, les loges de cette époque avaient une vie aussi précaire qu’éphémère en raison de la persécution dont elles étaient soumises par la Sainte Inquisition, qui s’appuyait sur un arrêté royal interdisant la franc – maçonnerie que Ferdinand VI promulgua en 1751. .

La Sainte Inquisition, toile de Francisco de Goya.  Photo : Wikipédia

La Sainte Inquisition, toile de Francisco de Goya. Photo : Wikipédia

C’était une interdiction qui a prévalu, avec plus ou moins de pertinence, pendant des siècles et qui a connu son apogée avec la féroce persécution que Franco a exercée sur les francs-maçons pendant sa dictature, accusant une « conspiration judéo- maçonnique » de tous les maux du pays , bien qu’il ait lui-même tenté de rejoindre l’organisation à deux reprises avant le coup d’État du 18 juillet 1936.

Concernant les tentatives de Franco d’entrer dans la franc-maçonnerie, l’historien  Paul Preston a déclaré : « Ceux qui ont dû l’admettre savaient qu’il était un grimpeur , qu’il ne voulait pas partager l’idéologie maçonnique, et il a grandi et ascensionné plus vite. La motivation familiale est plus puissante : la haine de son père qui, sans en être un, admirait les francs-maçons et était un libre penseur, un buveur, un joueur et un coureur de jupons qui a abandonné sa femme, la mère de Franco ».

L’obsession du dictateur pour la franc-maçonnerie est démontrée lorsque l’on pense que moins de deux mois après le coup d’État qui a déclenché la sanglante guerre civile qui a dévasté l’Espagne, le 15 septembre 1936, Franco a publié son premier décret contre la franc-maçonnerie et dans son article 1 pouvait lire :  » La franc-maçonnerie et autres associations clandestines sont déclarées contraires à la loi . Tout militant qui y restera après la publication de cet édit sera considéré comme coupable du  crime de rébellion .

Grâce à l’approbation de la Constitution actuelle de 1978 , la franc-maçonnerie a été légalisée en Espagne, sur la base du droit libre d’association reconnu dans la Magna Carta, le 19 mai 1979 par une décision de la Chambre du contentieux administratif de l’Audience. une résolution de la Direction générale de la politique intérieure, du 7 février de la même année, qui avait déclaré illégale l’Asociación Grande Oriente Español.

Élections du grand maître

Actuellement en Espagne, il y a 189 loges actives dans lesquelles se réunissent près de 4 000 maçons espagnols selon les données fournies par  Pavel Gómez del Castillo, Grand Inspecteur de la Grande Loge d’Espagne . « Il y a autant de Loges que les maîtres de la Grande Loge d’Espagne le veulent, puisque sept maîtres peuvent demander la levée d’une Loge et le Grand Maître l’accorde, ou non, mais s’il l’accorde, dès ce moment-là vous mettez au travail », explique-t-il.

A ce jour, le grand maître de la Grande Loge d’Espagne est Oscar de Alfonso , un avocat valencien en poste depuis près de 12 ans mais qui a déjà annoncé qu’il ne se représenterait plus. 

Oscar de Alfonso, Grand Maître de la Grande Loge espagnole.  Photo : Twitter

Oscar De Alfonso Ortega, Grand Maître de la Grande Loge espagnole. Photo : Twitter

Tous les quatre ans les Maçons élisent leur Grand Maître et après trois mandats consécutifs de De Alfonso ils sont maintenant dans une période que l’on pourrait qualifier de pré – électorale car il y a plusieurs frères qui ont annoncé leur intention de se présenter aux élections.

Autant que possible, nous assure Pavel Gómez del Castillo, c’est qu' »en mars, il y aura  un nouveau frère au poste de Grand Maître « . 

Obscurantisme

Concernant l’impression d’obscurantisme qui règne autour de la franc-maçonnerie, Gómez del Castillo nous assure que « c’est une sensation locale » et la justifie en soulignant que « l’histoire de la franc-maçonnerie en Espagne est complexe car c’est le pays du monde. La franc-maçonnerie a été la plus persécutée . Il n’y a pas d’autre pays qui a créé un tribunal spécifique , établi pendant le régime franquiste, pour la persécution de la franc-maçonnerie. Nulle part ailleurs nous n’avons été systématiquement persécutés comme cela s’est produit ici.

Par cela, Pavel Gómez fait référence au fait que le 1er mars 1940, Franco a signé la loi pour la répression de la franc-maçonnerie, du communisme et d’autres « sociétés secrètes » qui a donné naissance au Tribunal spécial pour la répression de la franc-maçonnerie et du communisme, dont le premier La décision fut la réquisition systématique de toutes les archives, bibliothèques et maisons d’édition appartenant aux différentes loges maçonniques.

Francisco Franco.  Photo : Wikipédia

Francisco Franco. Photo : Wikipédia

Et il ajoute que « la perception de l’obscurantisme, par exemple aux Etats-Unis, n’existe pas. Là les frères mettent dans leur curriculum vitae qu’ils sont maçons car la personne qui la reçoit comprendra qu’une institution comme la Maçonnerie les a acceptés. , il y a une perception positive de la franc-maçonnerie ».

Le Grand Inspecteur de la Grande Loge d’Espagne précise que « les pays dans lesquels la franc-maçonnerie a été persécutée sont ceux qui, au cours du XXe siècle, ont connu de longues dictatures de droite ou de gauche ».

Francs-maçons espagnols célèbres

Tout le monde sait que certains des noms les plus célèbres de l’histoire du XVIIIe siècle à nos jours ont été des francs-maçons. Montesquieu, Voltaire, Benjamin Franklin, George Washington, Simón de Bolívar, Garibaldi, Bakunin, Tólstoi, Mark Twain, Oscar Wilde, Rubén Darío, Churchill, Franklin D. Roosevelt, Dr Fleming sont là pour le prouver.

En Espagne également, nous avons eu d’illustres francs-maçons tels que José Bonaparte, José I ou ‘Pepe Botella’ ,  comme les espagnols le surnommaient avec mépris. Un homme éclairé qui, bien qu’il fut imposé comme roi d’Espagne par son jeune frère Napoléon, tenta en tant qu’avocat, diplomate et monarque d’arracher notre pays au retard dans lequel il vécut pendant son règne qui dura un peu plus de cinq ans, s’écoula entièrement pendant la cruelle Guerre d’Indépendance menée contre la France.

Santiago Ramón y Cajal.  Photo : Wikipédia

Santiago Ramón y Cajal. Photo : Wikipédia

Santiago Ramón y Cajal était aussi un franc-maçon , le célèbre médecin espagnol, scientifique et humaniste, spécialisé en histologie et anatomie pathologique qui a reçu le prix Nobel de médecine en 1906  » en reconnaissance – le certificat de livraison dit – de ses travaux sur la structure de le système nerveux, également connu sous le nom de « père des neurosciences », a développé la « doctrine des neurones » alors nouvelle et révolutionnaire

Antonio Machado était un autre franc-maçon espagnol illustre. Le plus jeune, et pour beaucoup le plus important, représentant de la splendide génération de 98, sa poésie a évolué du modernisme à l’intimité symboliste qui a abouti à une poésie de l’engagement humain et parfois presque existentialiste qui en même temps faisait écho à la plus ancienne sagesse populaire. . Et, comme dirait Gerardo Diego, Don Antonio Machado « parlait en vers et vivait en poésie » jusqu’à ce que la guerre civile le pousse à l’exil en France le 22 janvier 1939, où il meurt de tristesse dans la ville de Collioure un mois plus tard, le 22 février, à 63 ans.

Antonio Machado dépeint en 1925 par Leandro Oroz.  Photo : Wikipédia

Antonio Machado dépeint en 1925 par Leandro Oroz. Photo : Wikipédia

Le célèbre franc-maçon et contemporain d’Antonio Machado était Manuel Azaña , homme politique, réformateur, journaliste et écrivain qui fut président du premier Conseil des ministres de la deuxième République entre 1931 et 1933 et président du gouvernement de 1936 à 1939 jusqu’à, après la fin Pendant la guerre de Sécession, il dut s’exiler en France où il mourut à l’âge de 60 ans dans la ville de Montauban le 3 novembre 1940.

Toucher le pompon ou recevoir son salaire ?

Touchez le Pompon ! Ça porte bonheur ! Il y a une croyance qui perdure au fil des décennies, c’est celle qui prétend que toucher le pompon du béret d’un marin de la Marine Nationale porte bonheur. Mais attention, il ne s’agit pas d’opérer sans habileté… Il faut en effet toucher le pompon avec l’index gauche et sans que le marin s’en aperçoive. C’est alors l’assurance de vingt-quatre heures de chance !

Certains timides hésitent à franchir le pas. D’abord parce que sur terre le marin marche vite, dans la hâte de se dégourdir les jambes avant de rejoindre son enseigne qui va repartir en mer pour de longues journées et des nuits d’attente sans fin… C’est pourquoi surprendre un marin exige de savoir caler son pas sur le sien tout en restant discret dans l’approche ! Il faut garder l’œil sur l’horizon des pompons bien alignés lors des défilés officiels, mais le jeu mérite son salaire : en effet si dans une seule et même journée vous réussissez à toucher trois pompons, nombre symbolique par excellence, ce sont trois semaines de chances qui s’ouvrent alors devant vous !

Mais attention ! Si le matelot s’aperçoit qu’il est suivi par une jeune dame, il peut exiger un baiser de la belle… mais il n’est point sûr que cette tradition coquine résiste aujourd’hui à une probable dénonciation « en ligne » avec le # metoo. Prudence ! Prudence !

En loge, lorsqueles travaux s’achèvent, que la soirée s’est bien déroulée, que les débats leur ont plu, bien des Maçons ou Maçonnes se sentent obligés d’en témoigner en disant avec effusion : « J’ai reçu mon salaire ! ». La coutume est charmante, mais un peu anachronique, car personne, au contraire des ouvriers du monde médiéval, ne vient en ces lieux pour édifier une cathédrale… La déclaration étonne donc un peu, au moins les jeunes esprits qui n’ont connu ni les chantiers des cathédrales ni même apprécié les bons moments de la condition ouvrière aux grandes heures de la grande industrie capitaliste triomphante…

Pour faire évoluer le rituel – et vu que les tenues cherchent à transmettre le goût de construire ensemble des œuvres de l’esprit, que l’entreprise s’avère souvent difficile et que la réussite n’est pas toujours au rendez- vous -, nous ne pouvons suggérer pour autant que soit substituée la formule de satisfaction : « Mes S⸫, Mes F⸫, ce soir j’ai touché le pompon ! ». Il pourrait sous-entendre une équivoque qui pourrait bien n’être ni vraiment fraternelle ni si joyeuse que cela !

Sans autre forme de procès, préservons donc ces mots déclaratifs, rassurants même s’ils sont hors du temps. « J’ai reçu mon salaire ! » porte l’avantage de l’enrichissement et donc le droit, que dis-je le devoir, lors du passage du tronc hospitalier, que l’officier qui tend la sébile marque un arrêt insistant devant le visiteur et qu’enfin se profile le bel espoir de récupérer autre chose, ce soir-là, que de la menue monnaie !