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Grand Orient de France – Divers aspects de la pensée contemporaine

Émission du dimanche 5 septembre 2021 à 9h40 sur France Culture

L’essayiste et juriste Rachel Khan, autrice de Racée (éditions de l’Observatoire, 2021) et co-autrice de Noire n’est pas mon métier (Seuil, 2018), sera l’invitée de l’émission qui aura pour thème : « Une voix en défense de notre monde commun. »

Une émission présentée par Alexis Lacroix et Thierry Nerzic.

Source : la lettre d’information du GODF datée du 3 septembre 2021

Pour information, nous vous communiquons le résumé de son dernier ouvrage ainsi que sa biographie.

Racée, le résumé :

« On est tous des additionnés », affirmait Romain Gary dans Pseudo. Rachel Khan ne le sait que trop bien. Noire, gambienne, d’origine musulmane et catholique par son père, blanche, juive et française par sa mère, elle est fière de se dire « racée ». Mais comment vivre cet excès de « races » à l’heure des replis identitaires où seule la radicalité importe ? Comment se positionner avec ce « pedigree » alors que l’injonction est de choisir un camp ?

Bandeau site GODF

À travers une série de mots, notions et expressions « politiquement correctes », Rachel Khan pose un regard tant critique que malicieux sur notre époque idéologisée qui interdit toutes formes de nuances. Elle condamne les « mots qui séparent » ‒ souchien, racisé, afro-descendant, intersectionnalité, minorité… : présentés comme des outils indispensables pour combattre le racisme, ils enfoncent en fait le couteau dans les plaies qu’ils prétendent cicatriser. Puis les « mots qui ne vont nulle part » : vivre-ensemble, diversité, mixité et non-mixité, etc., qui appauvrissent le langage et, dans une « bienveillance inclusive », alimentent la haine et les silences. Mais elle défend avec force les « mots qui réparent » ‒ intimité, création, désir ‒ qui, eux, rétablissent le dialogue, favorisent la pensée non unique et unissent notre société, gangrénée par les crispations identitaires et les oppositions stériles entre les genres.

La biographie de l’auteur :

Née en 1976 d’un père gambien, professeur d’anglais à l’université, et d’une mère libraire, française, d’origine juive polonaise, Rachel Khan a multiplié les métiers : comédienne, conseillère à la culture du président de la région Île-de-France, juriste.
Athlète de haut niveau, elle a été, en 1991, championne de France du 60 mètres en salle, puis vice-championne de France du 80 mètres. En 1993, elle a intégré l’équipe de France et a gagné en 1995 le championnat de France du 4×100 mètres.
Titulaire d’un DESS droits de l’homme et droit humanitaire à Assas et d’un DEA de droit international à Paris II, elle a intégré en 2009 le cabinet de Jean-Paul Huchon en tant que conseillère à la culture.
Parallèlement, elle poursuit une carrière d’actrice. Son film Lampedusa (réalisé par Marco Pontecorvo), est diffusé en mars 2016 sur France 2.
Les grandes et les petites choses est son premier roman.
En 2018, elle participe à Noire n’est pas mon métier, ouvrage collectif consacré au racisme et aux stéréotypes dont sont victimes les actrices noires et métisses en France. Elle a également été responsable du développement pour Causette.
En 2021, elle publie Racée, un essai qui critique la pensée décoloniale et ses conséquences.

18 H 30 PILE ! LUNDI 20 SEPTEMBRE 2021 Yves BOMATI, Auteur, conférencier

rendez-vous chaque Premier lundi du mois (excepté en septembre et octobre 2021 ou jours fériés) LUNDI 20 SEPTEMBRE 2021 Yves BOMATI, Auteur, conférencier

Iran et franc-maçonnerie : les leçons de l’histoire

Yves Bomati est docteur ès lettres et sciences humaines, diplômé de l’Ecole pratique des hautes études (IVe section – histoire des religions). Spécialiste de l’histoire antique du bassin méditerranéen, il s’intéresse depuis plus de vingt-cinq ans au Moyen-Orient et spécialement à l’Iran. Il a publié avec Houchang Nahavandi quatre ouvrages sur son histoire dont le dernier : « Iran, une histoire de 4000 ans » aux éditions Perrin.

La prise de pouvoir récente des Taliban en Afghanistan a rebattu les cartes de la perception que l’on pouvait avoir de ce creuset bouillonnant que constitue le Moyen-Orient. A présent, l’intégrisme islamique risque de l’emporter de façon encore plus prégnante en Iran, l’allié des Taliban à qui il apporte son soutien politique et énergétique.

Nos idéaux maçonniques ont-ils encore quelque chance d’émerger dans ce pays où pourtant ils ont eu leur importance, jusqu’à la révolution islamique de 1979 ? Le chiisme duodécimain iranien se résume-t-il à l’intégrisme le plus strict ? L’Iran n’est-il régi et ne fut-il régi que par ses seules valeurs ? Une plongée dans l’histoire du pays peut en faire douter. Est-ce que, pour autant, les francs-maçons formés à l’occidental, comme ils le furent dans le passé, ont quelque chance de voir refleurir les valeurs qu’ils défendaient ?

Un 18H30 Pile ! de réouverture que nous vous invitons à ne pas manquer !

Avant le 17 septembre, inscrivez-vous à  contactfms@yahoo.fr La Demeure Café MONCEAU – 4 avenue de Villiers, Paris 17ème Face à la station Villiers.Salon réservé FM&S. Jauge COVID : 30 personnes.

Ø 15€ par personne pour les non-membres de FM&S – 13 € pour les membres de FM&S. Boisson et grignotage >>>>>>>>>>>>> Paiement sur place à l’accueil.

Ø Toute inscription est ferme et définitive. En cas d’absence sans prévenir avant le 17 septembre midi, le montant de l’inscription restera dû et sera réclamé.

DINEZ AVEC YVES BOMATI.  Produits naturels, frais et de qualité. « Cuisine maison bistronomique ». 28€ / Paiement direct au restaurant. Nous prévenir pour réservation.

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Cotisation annuelle : 50 € – Don libre avec reçu fiscal. MERCI !

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OUTRE-MER : Les 1001 vies de la « Marianne » noire

De notre confrère francetvinfo.fr Par Julie Straboni 

En 1848, la franc-maçonnerie toulousaine commande une statue de la liberté qui sera inaugurée dix jours avant l’abolition de l’esclavage. Cette représentation de la République sous les traits d’une esclave affranchie a subi bien des outrages, avant d’être restaurée et exposée dans un musée.

« Je me suis toujours dit qu’une fois à la retraite, je travaillerai sur cette statue pour essayer de comprendre pourquoi elle séduit et fait peur en même temps ! » On doit beaucoup à Daniel Chartagnac, professeur toulousain d’histoire géographie. « J’allais tous les ans visiter le Musée départemental de la résistance et de la déportation avec mes élèves, et ils n’aimaient pas rester devant ce buste : « Elle a l’air méchante, elle nous menace et nous suit du regard » me disaient-ils. » C’est que les proportions impressionnent : 1m20 de haut, 88 cm aux épaules, 90 kilos : « On n’est pas habitués à voir des Mariannes de ce calibre ! s’amuse Daniel Chartagnac. Elle est devenue imposante aussi par les dégradations qu’elle a subies. » Et si cette statue pouvait parler, elle allongerait sans doute encore la liste des évènements qu’elle a traversés.

Miraculée

Ces péripéties, on les connaît mieux désormais grâce à Daniel Chartagnac et un petit groupe de passionnés de l’Association des amis du musée. « C’est une énigme à elle toute seule, on découvre de nouvelles choses régulièrement de manière surprenante et ça n’est pas fini« , prédit Elerika Leroy, historienne et chargée de mission des lieux de mémoire de la résistance pour le Conseil départemental de la Haute-Garonne. La statue de la liberté a-t-elle reçu une balle dans la poitrine ? Un trou attire l’oeil, mais les deux policiers chargés de l’enquête balistique n’ont pu confirmer cette hypothèse. Il se peut qu’un bijou installé là ait été subtilisé. « Cette statue a souffert et porte encore les stigmates de ce qu’elle a vécu, confirme Daniel Chartagnac. Elle est tombée, a reçu des coups et a été enterrée pendant la seconde guerre mondiale. »marianne noireBalle tirée de face ou place d’un bijou volé : le trou dans la poitrine de la Marianne noire reste énigmatique • ©Aurélien Ferreira/CD31

C’est là qu’on perd sa trace jusque dans les années 70, quand un groupe d’anciens résistants et de déportés fondent un premier musée associatif à Toulouse. Parmi les nombreux objets exposés, des armes, des archives, des photos et notre Marianne noire. « Elle avait été mise dans un coin du musée, en l’état, était envahie par les toiles d’araignées… Et les gens ne faisaient que passer devant car on ne savait rien sur cette statue, raconte Daniel Chartagnac. En 2017, le professeur à la retraite commence à travailler dessus et publie son enquête avec trois coauteurs en 2020.marianne noireDepuis sa restauration la statue de la liberté originale trône en bonne place au Musée départemental de la résistance et de la déportation à Toulouse • ©Alexandre Ollier/CD31

« L’histoire de cette statue qu’on a voulu détruire illustre tellement de choses, décrit Elerika Leroy. Déjà par le fait qu’il s’agisse d’une femme noire qui a tous les attributs de la Marianne républicaine, qu’elle ait disparu ensuite pendant la guerre, qu’elle réapparaisse mystérieusement avant d’être oubliée… En fait c’est une résistante parce qu’elle a survécu au sort que lui promettait le régime de Vichy ! En tant qu’historienne, lors des visites du musée, cela me permet d’évoquer les premières lois répressives puisque, dès août 1940, l’obsession du Maréchal Pétain – qui avait une haine profonde contre les Juifs, mais aussi contre la franc-maçonnerie et les parlementaires -, se traduit par cet acharnement contre les biens maçonniques.« 

Symboles

La restauration de la statue de la liberté a permis de faire apparaître de nouveaux symboles. Si le nom du sculpteur reste incertain, on pense à une œuvre collective faite dans l’atelier de Bernard Griffoul-Dorval, directeur de l’école des Beaux-Arts en 1848. Plusieurs mouleurs-figuristes auraient ajouté des messages et des références, à l’Antiquité, la République, la Franc-maçonnerie : tête de lion, temple de Salomon, Arche d’alliance, éléphant d’Asie, monument maya… « Il y a une multitude de lectures à faire sur ce buste, pour Daniel Chartagnac. Elle porte un bonnet phrygien, l’habit des esclaves et la robe (peplos) des femmes libres à Athènes : elle est à la fois esclave affranchie et femme libre. »marianne noireDans la salle de l’exposition permanente du Musée de la résistance et de la déportation de Toulouse • ©Frédéric Scheiber/CD31

Restaurée, auréolée de son histoire personnelle qui rejoint la grande Histoire, la statue de la liberté a retrouvé de sa superbe. A Toulouse, elle vous accueille au premier étage du Musée de la résistance et de la déportation. « On la voit avec toute sa force impressionnante, se réjouit Elerika Leroy. Il y a une fierté ici, à se dire, quand même : on a la première Marianne noire de France ! Elle a survécu pour se retrouver sous verre, c’est incroyable. » Daniel Chartagnac, lui, poursuit ses investigations : « Je commence à chercher du côté des vieilles photographies. Un jour ou l’autre on va tomber sur notre Marianne, j’aimerai la voir dans son état primitif, avant les affronts : il y a plein d’espoir !« 

Copies

L’idée vient de Daniel Chartagnac : il a proposé au Conseil départemental de Haute-Garonne d’éditer des copies de la Marianne noire. Sept statues sont maintenant exposées dans les locaux maçonniques de la région de Toulouse, et une autre a rejoint le Musée de la franc-maçonnerie à Paris. Sitôt passée l’entrée, elle accueille le public dans le hall avec un texte explicatif. « Pour moi c’est un hapax, quelque chose qui n’arrive qu’une fois, explique Pierre Mollier, le conservateur. Parce qu’une Marianne noire, au XIXe siècle, je pense qu’il n’y en a qu’une. »marianne noire« Marianne au champ » : sept des huit copies déjà réalisées • ©Hervé Bessieres

« Je dois la voir pour y croire, j’ai été très surpris par son histoire, poursuit-il. Aujourd’hui elle nous paraît naturelle, mais au coeur du XIXe, avant 1850 ! Les Francs-maçons ont été actifs pour l’abolition. Avant Victor Schœlcher, il y a eu un grand maître appelé Alexandre de Laborde, un des fondateurs de la Société française pour l’abolition de l’esclavage, qui a préparé son travail. L’objet nous étonne, mais quand on le remet dans son contexte, on comprend pourquoi cette Marianne noire a été réalisée. »

La volonté de Daniel Chartagnac, c’est d’envoyer une ou deux copies aux Antilles. Elles pourraient rejoindre le Musée de la franc-maçonnerie dans le temple du Grand Orient de Fort-de-France et l’espace dédié à l’organisation au Memorial ACTe, en Guadeloupe.

La Marianne du musée

Livre de Georges Bringuier, Jacqueline Fonvieille-Ferrasse, Daniel Chartagnac, Monique Biasi. Editions Loubatières, 2020

Conférence publique Les Etats-Unis d’Europe – 18 septembre 2021 à 14h à Paris

La Commission Europe de la Fédération française LE DROIT HUMAIN, vous invite à une conférence publique le 18 septembre 2021 de 14h à 16h, au 9 rue Pinel 75013 Paris

Attention : un pass sanitaire à jour vous sera réclamé pour accéder à cette conférence publique.

Les États-Unis d’Europe

Utopie d’hier, réalité de demain ?

Les conférenciers sont :

Michel Dévoluy, universitaire économiste

Sabine Thillaye, députée à l’Assemblée Nationale . Président de la Commission des Affaires européennes.

Sylvain Kahn, universitaire historien et géographe.

Domènec Ruiz Devesa, eurodéputé espagnol.

La conférence sera retransmise en direct sur le site public, pour les personnes qui ne peuvent pas se déplacer.

Pour vous inscrire, écrire à : accueil@apfdh.org

Lien vers le site officiel du DH

ITALIE : La franc-maçonnerie est morte, la franc-maçonnerie est vivante

De notre confrère italien expartibus.it – De Hermès

Ceux qui entrent dans la franc-maçonnerie avec les bonnes qualifications, le cœur dur, les parjures et les narcissiques de carrière mis à part, seront toujours amoureux de cette institution malgré tous ses défauts.

C’est arrivé (presque) à tout le monde et cela arrivera toujours au moins aussi longtemps que la franc-maçonnerie existera. Du moins sous cette forme particulière. Oui, car rien dans ce monde n’est éternel.

Quand la Franc-Maçonnerie est née, sous une forme initiatique kabbalistique, rosicrucienne, gnostique, entre 600 et 700, sur l’échafaudage formel de la franc-maçonnerie opérative des corporations de commerce, historiquement au départ sans rituels, et net de tout mythopée et du moi ultérieur -configuration des légendes, sur terre un rêve vêtu d’un doux nom « mas-so-ne-ri-a » s’est révélé, malheureusement désormais rendu nauséabond par les projections morbides du vulgaire et des médias , pour ainsi dire facilité par la nature « laïque »  » de certains de ses membres de base et supérieurs.

Franc-maçonnerie : une pensée unique de hauteur pure et de profondeur formatrice dont les dimensions spatiales et spirituelles ne peuvent être comprises et touchées que pendant de brefs instants.

Il y a la maladie de l’Afrique. Mais pour ceux qui en ont fait l’expérience, il y a aussi le mal de la Loggia, sorte de nostalgie aiguë qui assaille les glorieux et les destinés lorsqu’ils se retirent volontairement ou de force du travail rituel.

La nostalgie qui s’en dégage est une saudade qui nous transporte au-delà des frontières rigides du dualisme. Ce n’est pas la mélancolie existentielle du déprimé, symptôme d’un malaise pathologique, d’une blessure mortifiante, d’une manie d’auto-punition d’un être encore inachevé.

La nostalgie de la Loge est une plume qui flotte librement dans l’éternel présent. C’est une découverte et une découverte « naturelle » dans un monde juste et parfait. Au moins en potentiel. Et progressant plus profondément, à la lisière des degrés progressifs qui révèlent et dévoilent le mystère de la lumière obscure ou « l’ombre de la lumière » , la Franc-maçonnerie est une avancée sans filet sur le fil du rasoir tendu sur l’abîme.

Un Chemin qui peut donner au balisé et adapté, pas au bourgeois en quête de faveurs, un misérable petit change lui suffit, un mélange indiscernable de sensations opposées et opposées, comme dans l’image inquiétante d’Abraxas.

La franc-maçonnerie est un oxymore vertigineux. Une tristesse joyeuse qui chante, langoureuse qui te caresse puis te gratte jusqu’au sang et te brise. Libérer l’œuf lumineux des chaînes du cœur endurci.

Même lorsque vous n’en avez pas envie, ou pensez que vous n’avez pas la force de participer aux Rounds, le prix est toujours une préoccupation rampante. Presque un sentiment de culpabilité, plus ou moins atroce.

D’autre part, qui n’est pas un Homme de Désir, comme dirait Louis Claude de Saint-Martin, qui ne désire ardemment retourner dans la Jérusalem Céleste, qui n’est pas fou d’amour pour son propre Soi perdu et démembré, centrifugé dans le froid et dans le silence de l’espace sidéral en attente endormie de la main aimante de sa propre Isis intérieure, il ne peut pas être appelé un Initié. Tout le reste est une inspiration civile plus ou moins noble, une tension éthique moralisatrice, un sens de la solidarité civique. Philanthropie. Dans le médium pas stat Virtus, mais « stat Virus » , permettez-moi de plaisanter.

Mais quand même une petite fibre de la trame dense du lourd voile qui nous enveloppe est déchirée, la Lumière fait irruption. La Franc-Maçonnerie est, ou devrait être, une révélation spatio-temporelle, une épiphanie de l’Être de la Tradition primordiale qui était, est et sera.

Mais attention : rien ne garantit que cette forme spéciale vivra éternellement puisqu’elle est née ab aeterno . Tout dans ce monde naît et meurt. Civilisations, religions, confréries initiatiques. Les Pythagoriciens, les Eleusis, les Esséniens.

Quand la forme « se rebelle » et tente de passer outre le fond, le fond, quand le formalisme vide des éternels scribes et pharisiens d’hier, d’aujourd’hui et de demain, le dogmatisme dans ses innombrables déguisements et autojustifications, la soif de pouvoir des prêtres professionnels ou de la caste de certains PDG déguisés en Grands Maîtres se manifeste, là est sanctionnée la mort d’une idée puissante, vive et fougueuse. Et surtout gratuit.

De même que le corps d’un scarabée mourant sur un trottoir ou sur une pelouse se fane de plus en plus, comme une mèche désormais sans cire, et se dessèche et se cristallise dans un douloureux remuement des jambes. Précisément alors il faut repenser cette nostalgie, la faire mourir, jusqu’à ce qu’elle soit capable de la libérer d’une expression déterminée, d’un « style », des formes historiques qui l’ont générée. Pour ensuite le déconstruire et le ré-élaborer dans un chemin initiatique encore plus puissant et spirituel.

Le Retour à l’Ile Blanche, à la Jérusalem Céleste, au Temple intérieur, où il n’y a plus ni formes ni colonnes, mais une immersion pure et indicible dans une pureté de sens et une intensité de perception.

La Franc-Maçonnerie peut et peut-être, en un certain sens, « devra mourir » pour faire place à l’éternel renouveau de la Tradition, de l’Être. Mais ce qui ne peut jamais mourir, de manière ésotérique, c’est le « baptême » initiatique de la Terre, de l’Air, de l’Eau et du Feu.

Et l’idée d’un espace sacré capable d’unir, comme un pont, la Terre et le Ciel et d’une œuvre opérationnelle capable d’activer l’Eveil, ne mourra jamais. Et l’amour et la chaleur de la Fraternité Universelle qui unit les Chercheurs de Lumière ne mourront jamais.

Beaucoup de gens simples s’imaginent Dieu là-haut et nous là-bas. Mais il n’en est pas ainsi : Dieu et moi ne faisons qu’un. Le multiple est mal et douleur, l’Un seul est joie et bien.
Maître Eckart

Si quelque chose meurt on ne meurt pas avec : on ne laisse mourir que la forme, la carapace, sans exercer aucune possession, aucune idée de la mienne, de la nôtre. Ou d’éternel. Ce ne serait pas possible. Le vent souffle toujours où il veut.

Et si la franc-maçonnerie venait à mourir, vive la franc-maçonnerie.

Car son noyau initiatique renaîtrait infailliblement sous une autre forme pour donner vie à une nouvelle Ecole, une nouvelle Révolution, terme qui, astronomiquement, comme on le sait, désigne le mouvement qu’un astre fait autour d’un centre de masse jusqu’à son retour. .au point d’origine. Quelque chose renaît déjà sous nos yeux aveugles dans un ailleurs créatif, époustouflant et contemporain.

Une fois de plus le coeur et la sophie d’une femme viennent à notre secours . L’un des nombreux maîtres trahis, inconnus, maintenus en marge des églises « solaires » et des temples de la franc-maçonnerie patriarcale.

Ce passage de Sœur Katrei, tiré du texte « Devenir Dieu » du Pseudo Meister Eckart, nous invite à abandonner la rationalité, les schémas, les définitions, pour entrer dans le plus pur vertige du détachement, du non-attachement et enfin revenir à ses propres sources.

Mais comme j’aimerais
revoir ceux de ma Loge Mère !
J’aimerais pouvoir les revoir,
mes frères noirs et noirs,
Entre l’odeur agréable des cigares au-delà,
Pendant que nous passons le bâton de feu;
Et avec le vieux khansamah qui ronfle
Sur le sol du garde-manger,
Ah !
redevenir un Maître Maçon bien connu dans ma Loge Mère !
A l’extérieur
« Sergent, Monsieur, Salut, Salaam »
A l’intérieur, « Frère », et il n’y avait rien de mal à cela.
Nous nous sommes rencontrés au niveau et nous nous sommes séparés dans l’escouade,
et j’étais deuxième diacre dans ma loge mère là-bas !

Rudyard Kipling

Les TEMPLIERS et Les Croisades (suite 3)

Comme chacun sait (en principe), c’est à la suite de l’appel des Papes, que furent diligentées les croisades ! Et ce sont les prêcheurs, moines qui se trouvaient au sud de l’Italie (là où on ne parlait plus Italien, mais une autre langue, le Calabrais), qui appelaient et encourageaient les Chevaliers avec ces paroles :

Tuer des infidèles, n’est pas un meurtre, mais la justice divine !!!

C’est dans les ports de Palerme, de Syracuse, d’Agrigento, de Pozzallo, de Gela et de Reggio De Calabre que les bateaux partaient pour la terre Sainte. De nombreux navires (Nefs) coulèrent pendant les traversées qui furent parfois houleuses. Pour ceux qui avaient la chance d’arriver sur la Terre ferme, la première chose qu’ils faisaient, était de planter leur épée en terre et de prier (l’épée en terre représente La Croix).

La première croisade est lancée en 1095 par le pape Urbain II depuis Clermont-Ferrand pour rétablir l’accès aux lieux de pèlerinages de la chrétienté en Terre sainte. Hugues de Payns participa avec ses 9 compagnons !

La deuxième croisade commença en 1147 après avoir été lancée en décembre 1145 par le pape Eugène III à la suite de la chute d’Édesse en 1144. Elle s’acheva en 1149 par un échec pour les croisés, qui rentrèrent en Europe sans avoir remporté une victoire militaire en Orient.

La troisième croisade, qui débuta en 1189 et s’acheva en 1192, est une série d’expéditions menées par Frédéric Barberousse, empereur germanique, Philippe Auguste, roi de France, et Richard Cœur de Lion, roi d’Angleterre, dans le but de reprendre Jérusalem et la Terre sainte à Saladin.

La Croisade des enfants est une expédition des croisades populaires menée par des gens du peuple voulant partir en Terre sainte pour délivrer Jérusalem, à l’image des croisades de chevaliers. Elle se situe en 1212 entre la quatrième et la cinquième croisade et se compose de deux cortèges qui partent simultanément d’Allemagne et de France.

Le pape Innocent III appela à une nouvelle croisade le 15 août 1198. La quatrième croisade est une campagne militaire qui fut lancée de Venise en 1202. Levée à l’origine en vue de reconquérir les lieux saints sous domination musulmane, elle aboutit en fait à la prise et au pillage de la ville chrétienne de Constantinople par les croisés, et à la fondation de l’Empire latin de Constantinople qui dura de 1204 à 1261.

La cinquième croisade s’est déroulée de 1217 à 1221. Après l’échec d’une tentative d’attaque en Palestine en 1217-1218, la croisade s’est surtout déroulée en Égypte, considérée comme une base de départ pour une reconquête de Jérusalem alors aux mains des musulmans.

La sixième croisade, de 1228 à 1229, est une expédition organisée par l’empereur romain germanique Frédéric II pour reconquérir les territoires du royaume de Jérusalem perdus depuis la conquête par Saladin.

La septième croisade est la première des deux croisades entreprises sous la direction du roi Louis IX dit Saint Louis. Décidée par le roi en 1244, elle quitte le royaume de France en 1248 et aborde l’Égypte en 1249

La huitième croisade est une campagne militaire lancée par le roi Louis IX, futur Saint Louis, en 1270 à la suite des menaces que le sultan mamelouk Baybars fait peser sur les États latins d’Orient.

La Neuvième croisade, menée par le prince Édouard d’Angleterre (futur Édouard Ier) en 1271-1272, est généralement considérée comme la dernière des croisades médiévales.

Il existe la Croisade des Albigeois contre les Cathares en 1209 ! Une guerre des religions bien avant la St Barthélemy= Le massacre de la Saint-Barthélemy est le massacre de protestants déclenché à Paris, le 24 août 1572, jour de la saint Barthélemy, prolongé pendant plusieurs jours dans la capitale, puis étendu à plus d’une vingtaine de villes de province durant les semaines suivantes et même les mois suivants.

L’hégémonie de l’église dominante, l’ambition de certains dignitaires de tout poil, furent la base de massacres qui perdurent à notre époque. Les dogmes de cette période sont-ils recevables au 21ème siècle et faut-il que nous fermions les yeux en pensant que ce sont seulement nos ancêtres qui furent les responsables ? Je vous laisse à vos réflexions.

Alain Yvon Béguin, TAU Sagitarius

Ipse dixit

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Les citations apocryphes, attribuées à de grands hommes pullulent jusque dans nos travaux maçonniques. Se baser sur un argument d’autorité erroné affaiblit fortement la portée du travail accompli, dans le sens où le message transmis est faux.

Guy Debord avait écrit que « dans un monde renversé, le vrai [n’était] qu’un moment du faux ». Et même si ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, j’ai l’impression que le monde est sacrément de guingois. J’en veux pour preuve un phénomène que, l’âge aidant, je trouve de plus en plus désagréable : les citations fausses, ou fakes. Il en existe différentes variétés telles que la fausse attribution, la citation impossible, les erreurs de transcription, de restitution, de traduction et évidemment, l’invention.

Trop souvent, sur les réseaux sociaux ou mes comptes de messageries diverses, je vois des portraits d’hommes ou femmes célèbres, avec une citation et leur signature. Et parfois, sans faute d’orthographe, ce qui les rend presque crédibles. Et pourtant, un grand nombre de ces citations sont fausses, tronquées ou erronées. Nous en sommes tellement submergés qu’il en devient impossible d’en discerner le vrai du faux, dans le flux permanent de bruit spectaculaire que nous subissons au quotidien. Ce qui rend Guy Debord douloureusement contemporain. Si seulement ces citations se cantonnaient aux réseaux sociaux et autres outils de la télématique contemporaine… Mais non ! Trop souvent, celles-ci se retrouvent dans l’une ou l’autre planche, fragilisant ainsi le travail du Frère ou de la Soeur. Heureusement que nous sommes invités à n’admettre pour vraie une idée que l’on aura préalablement bien éprouvée comme telle. Je vous propose donc un petit florilège de ces citations à la noix, qui viennent, telles des scories, polluer nos ouvrages.

Einstein et les abeilles : « Si les abeilles disparaissaient de la surface du globe, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre ».

Magnifique invention ! Cette citation reprise à tout bout de champ dans les chainmails, glurges et  autres trolls et fièrement affichée sur les murs de réseaux sociaux est tout bonnement fausse. On n’a jamais retrouvé la moindre trace de cette citation d’Albert Einstein dans ses nombreux écrits. Il semblerait que le grand coauteur de la relativité restreinte ne se soit jamais intéressé à l’apiculture. Dommage que des administrations et autres autorités présentent cette phrase en exergue de travaux ou de documents officiels à l’origine de politiques publiques. Je ne dis pas qu’il ne faut pas protéger les insectes pollinisateurs, mais autant le faire rigoureusement pour ne pas perdre l’adhésion du public concerné.

Si le grand physicien ne s’intéressait pas à l’apiculture, il s’intéressait de près à la société et son évolution. Il croyait grandement au socialisme (contrairement au PS français), auquel il consacra un article dans la Monthly Review  dont voici une citation que je pose pour les amateurs de franc-maçonnerie à but sociétal: « Dans une économie [socialiste], les moyens de production appartiendraient à la société elle-même et seraient utilisés d’une façon planifiée. Une économie planifiée, qui adapte la production aux besoins de la société, distribuerait le travail à faire entre tous ceux qui sont capables de travailler et garantirait les moyens d’existence à chaque homme, à chaque femme, à chaque enfant ». Plus construit que les abeilles, non ?

Malraux et la spiritualité : «Le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas ».

Aussi pertinente et prophétique fût-elle, cette prédiction attribuée à André Malraux ne figure dans aucun de ses écrits. Peut-être l’a-t-il prononcée rapidement lors d’un dîner ou d’une conférence ? On ne le saura jamais. Par contre, l’auteur des Anti-mémoires et de la Condition Humaine a réellement écrit : « Je pense que la tâche du prochain siècle, en face de la plus terrible menace qu’ait connue l’humanité, va être d’y réintégrer les dieux ».

Le même Malraux avait également écrit à l’occasion d’un entretien avec la revue Preuves : « Le problème capital de la fin du siècle sera le problème religieux – sous une forme aussi différente de celle que nous connaissons, que le christianisme le fut des religions antiques. ». A notre époque de complotisme, d’obscurantisme, de fake news, de retour en force de dieux divers dans nos vies, ces deux pensées résonnent étrangement. Mais quelle que soit la situation, autant citer le vrai texte et non un ersatz de pensée.

Le plus grand apocryphe : « Connais-toi toi même et tu connaîtras l’univers et les dieux »

Celle-ci a le don de me faire grincer les dents. En effet, on l’entend très, trop souvent en Loge, surtout dans des planches à visée initiatique. Et cette citation mêle du vrai comme du faux, ce qui la rend très désagréable. La première partie, « Connais-toi toi-même » est la traduction du frontispice du Temple d’Apollon à Delphes, même si le premier auteur connu de ce précepte semble être le célèbre Thalès de Milet. La suite de ce précepte est plus sujette à discussion.

Le « et tu connaîtras l’univers et les dieux » est en fait l’oeuvre d’un obscur ésotériste francophone du XVIIIe siècle, que le monde a oublié. Les plus curieux auront remarqué qu’il n’en existe aucune traduction dans une autre langue. Plus grave encore, si l’existence de ce précepte comme frontispice du Temple de Delphes n’est pas à remettre en cause, rien n’indique qu’il n’y ait eu de suite. J’en veux pour preuve le Corpus des Inscriptions de Delphes de Georges Rougemont, qui ne mentionne que le Gnothi Seauton et rien de plus. Il est dommage pour les mystiques, ésotéristes et autres gnosticiens prétendant faire de l’initiatique que leurs travaux soient fragilisés par le mésusage d’une citation pompée sur une image postée sur un réseau social avec des couleurs chatoyantes…

En fin de compte, j’ai peur que nous ne cédions à la facilité, en nous contenant d’un ronron prêt à penser, certes faux, mais tellement répandu qu’il en devient une référence commune. Bien des penseurs sont trahis par notre paresse et notre manque d’esprit critique. Visiblement, nous ne savons plus faire l’effort d’user de notre ciseau et de notre maillet. Nos consciences, nos intelligences ou nos facultés de juger sont-elles à ce point endormies ?

Nous subissons à chaque instant un flux de données incommensurable. Séparer le bon grain de l’ivraie est un exercice de plus en plus difficile, un instant de fake news demandant des heures de recoupement de sources. En fin de compte, ce flux continu nous abrutit et notre pensée s’en ressent : ainsi exposés, nous devenons toujours plus idiots, plus stupides, et nous nous fermons à l’usage pourtant indispensable de la raison, fer de lance de notre démarche maçonnique. Plus simplement, nous nous laissons gagner par l’inculture et la connerie ambiante. Et comme le disait le Commandant Sylvestre des Guignols de l’Info : « le con a raison car le con est nombreux ». Une position confortable, je suppose…

Et pour finir, comme nous vivons de citations et qu’au fond, nous aimons nous appuyer sur les dires d’autres (ah, l’ipse dixit…) je citerai le Roi Loth d’Orcanie: « omnes stulti, et deliberatione non utentes, omnia tentant. Ca ne veut rien dire, mais ça sonne bien ».

Je vous embrasse.

PS : La citation latine ci-dessus n’est pas extraite de Kaamelot d’Alexandre Astier, mais de l’oeuvre de Thomas d’Aquin, grand inspirateur de Michel Audiard. « Le sachoir étant une arme », vous ferez vos propres recherches sur le sens de cette citation latine.

Le chiffrage de l’Alphabet maçonnique

Il existe un cryptage kabbalistique de l’alphabet hébreu nommé Aïq Bekar qui utilise 9 chambres avec un ou deux points pour différencier chacune des 3 lettres se trouvant dans chaque portion (les lettres sont placées dans l’ordre de droite à gauche). évoqué par Albert G. Mackey dans son Encyclopédie de la Franc-Maçonnerie…, au mot «cipher», ce procédé est documenté par Spartakus FreeMann. Cet alphabet aurait inspiré l’alphabet maçonnique.

L’alphabet maçonnique est un alphabet crypté, qui remplace chaque lettre à écrire par la forme d’une portion du carré de Saturne (3 x 3) ouvert, ou d’une croix de Saint-André dans laquelle elle se trouve. Ce système n’est pas sans rappeler la numérotation cistercienne. C’est la forme géométrique dans un espace dédié qui représente sa valeur.

De nombreuses variantes existent, documentées entre autres, dans Systèmes de cryptage maçonnique de Philippe Langlet, éd. de La Hutte.

La source la plus probable semble être le Khatam Pharouq ou Sceau Rompu publié en 1745 : «L’écriture Maçonne réunit à la même simplicité l’avantage d’être une écriture universelle et propre à toutes sortes de langues. Ce merveilleux alphabet consiste en deux lignes parallèles perpendiculaires, coupées de deux lignes horizontales aussi parallèles, ce qui forme au milieu un quarré régulier, quatre quarrés ouverts et quatre angles égaux. Toutes ces divisions forment neuf cases, tant ouvertes que fermées.» Pour compléter l’alphabet on utilise deux droites qui se coupent en croix de St André donnant 4 cases. Il existe plusieurs alphabets maçonniques qui placent différemment les lettres dans les 13 cases (1748, 1791, original english, improved english, original continental, United states….). C’est pourquoi on l’appelle l’alphabet pigpen. Le terme de parc à cochons vient de la manière de préparer les symboles utilisés pour substituer les lettres. On trace en effet des enclos dans lesquels est placé l’alphabet. Il suffit ensuite de copier la zone correspondant à la lettre désirée. Ainsi, pour prendre des exemples concrets de l’alphabet maçonnique actuel numérique, les lettres a et b se construisent à partir de la case en haut à gauche, tronquée dans laquelle elles se trouvent. La lettre « a » prend comme clé la case vide ; le « b » étant la lettre suivante, on inscrit un point dans cette même case . Le « c » sera la case suivante, un carré ouvert vers le haut , le « d » … On alterne case vide et case pointée ; la lettre U aura  la forme de la partie gauche de la croix de St André , le V aura la forme.. d’un V.

Dans les écrits, l’abréviation du mot loge est la lettre L codée en alphabet dit français de 1804 (dans lequel on remplace l’absence de lettres j par le i ; k par le c ; v et w par le u), figurée par carré (ou un rectangle)  avec, ou pas, un point en son milieu. Au pluriel, le mot “loges” s’écrit avec 2 carrés entrelacés que l’on retrouve sur certains pin’s.

Souvent,  les lettres M et B brodées sur les tabliers de maître sont remplacées par leur cryptage.

En rassemblant ce qui est épars, c’est-à-dire les deux structures, on obtient une figure renfermant toutes les formes des lettres de notre alphabet, ainsi que nos chiffres [qui se sont arrondis à l’usage].

Combiner les lettres avec des carrés magiques -tel celui utilisant le carré magique de Mars 5×5 d’Agrippa)- pour donner leur position ordinale dans une phrase avec un alphabet maçonnique -tel le numérique- permet de coder un message  mystérieux (sans espace entre les mots cependant).

 

Quelques alphabets maçonniques

Les hiéroglyphes qui cryptent les lettres et les nombres varient selon les lieux, les époques et les grades.

Consulter le remarquable travail de recherche de Gustave Bord dans son livre La franc-maçonnerie en France des origines à 1815, Tome1, à partir de la p. 539.

Au XIXe siècle le Dr Olivier identifia 6 formes d’alphabets
Angleterre et Hollande, p.539 : gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57547726/f573
Alphabet du Rituel du marquis de Gage, 1763

Le plus connu des alphabets de 1804, p.543  

Des curiosités maçonniques en 1804p. 542

Alphabets contemporains

ARGENTINE : Francisco Bano, un maçon émigré qui fonda la ville argentine de Necochea

De notre confrère espagnol lavozdegalicia.es – Par MARTIN FERNANDEZ

Il a émigré très jeune avec son frère Maximino en Argentine, où les deux étaient banquiers d’affaires.

Dans son poème, La mythique Fondation de Buenos Aires , Borges s’interroge :

« Et est-ce par ce fleuve de rêves et de boue que les proues sont venues fonder ma patrie ? ». 

Et il répond lui-même :

« Il me semble que Buenos Aires a commencé : Je la juge aussi éternelle que l’eau et l’air ».

 Et peut-être que oui, Buenos Aires sera éternelle. Mais la vérité est que les émigrants madrilènes qui ont fondé, ou co-fondé, des villes et des cités sont descendus des bateaux : Manuel Candia , Copetonas, de la Brasserie ; les frères Moreno , Rivadeo, dans le parti du Puán ; Miranda Luaces de Mindon , la ville de Rafael Calzada ; et Francisco Baño , Necochea, l’une des villes touristiques d’Argentine.

Baño  était riche et MaçonIl a présidé Hijos del Partido de Vivero et a été décisif dans la construction des écoles de Xove, Cervo et Burela et dans la publication de l’ouvrage sur la navigation aérienne de son oncle, Tomás Mariño, et le financement en 1921 d’une plaque dans sa ville natale, la même dans laquelle il est né en 1850. Sa vie et son œuvre sont rassemblées dans Horas perdidas, un livre publié en 1920, et dans des œuvres de Pablo Javier Junco, Alihuen Luz et Mariel Nielsen, entre autres.

Il émigre très jeune, avec son frère Maximino, en Argentine. Les deux étaient des banquiers d’affaires : lui, directeur de la Banque d’Espagne et d’Amérique, et son frère, directeur de la Sociedad Argentina de Credits, une entité au capital espagnol également appelée Banque d’escompte et, en 1908, Banco de Castilla y Río de la Silver. Francisco opérait dans la capitale et à Tandil. En 1879, il était déjà membre de la loge maçonnique de la vallée de Quequén, près de Necochea, où il possédait un ranch et du bétail.

Vol de bétail et de femmes

La région connaît alors un grave problème : les malones indigènes font des ravages dans les fermes et les lieux, en volant du bétail et des femmes . Certains notables, dirigés par Ángel Ignacio Murga, décidèrent alors que, pour le résoudre, le mieux était de fonder une ville qui les protégerait des attaques. Ainsi naquit Necochea le 12 octobre 1881. L’acte de constitution – qui est conservé par le Musée régional – dit :

« Les frères des trois points déclarent officiellement fondée la ville de Necochea, invoquant pour cet acte le nom du Grand Architecte de l’Univers (GADLU), source de tout pouvoir et progrès, et en accordant la demande de quelques voisins l’a mis sous l’invocation de María del Carmen.

Les signataires sont le susdit Murga, Grand Maître de la Loge Sol Argentino n°160, et Francisco Baño, Pedro Iraola et Román de Lucía, membres de celle-ci, et d’autres tels que J. González, Nicanor Duarte, J. Querencio et J. Mª Muñiz. La ville – dédiée à Mariano Necochea, général de l’Armée de libération de San Martín et maître de la Loge Virtud y Unión de Lima – est définie par l’équerre et le compas, symboles de la franc-maçonnerie, et contient de nombreuses allégories, constructions et dessins.

Un centre à l’écart de la côte et de nombreux symboles de l’ordre

Lorsque les fondateurs de Necochea l’eurent conçu, ils voulurent placer le centre administratif et social sur le littoral. Mais Bano suggéra de le séparer à trois kilomètres de la mer « pour éviter les désagréments que pourraient causer les dunes, le sable et le vent ». Cette sage décision amena ses collègues à lui accorder l’honneur d’être celui qui planta le premier drapeau de la fondation.

L’orientation de Necochea est mise en évidence – en plus des églises, des bâtiments, des cinémas, des théâtres, des statues et des noms de places et de rues – dans ce qui est le premier monument maçonnique de la ville et du pays qui, en même temps, recueille l’idéologie de la maçonnerie. Il y a deux Colonnes qui représentent l’entrée du Temple du Roi Salomon : selon la Bible, l’une porte le nom de Jakin (J) et l’autre, celui de Boaz (B) et symbolise la Beauté et la Force. Le Temple est une allégorie de l’intérieur de chaque personne. Et ses initiales ALGDGADU- signifient : « A la gloire du grand architecte de l’Univers ».

La pierre est brute, elle représente l’essence naturelle de la personne. Le Maillet fait allusion à la volonté de s’éduquer et de s’améliorer. Et le Ciseau est la métaphore de l’intelligence pour modeler la pierre, afin que l’être humain se perfectionne. La chaîne c’est l’union et la solidarité que les humains doivent avoir pour aider les défavorisés. L’équerre est un symbole de rectitude et le compas, de justice. Dans la pierre sont gravés les mots Liberté, Égalité, Fraternité et au dos, les quatre vertus cardinales : tempérance, prudence, force et justice.

Necochea est situé sur la côte et l’embouchure de la rivière Quequén. Sa planification était liée à l’économie agro-exportatrice et aux loisirs touristiques dérivés de ses plages interminables. Son rapide développement fut marqué par trois facteurs : l’arrivée du train en 1892, la construction du port de Quequén en 1911 et la première station thermale en 1890.

Il présida Hijos de Vivero à Buenos Aires, l’entité qui construisit des écoles à Cervo, Burela, Xove et San Cibrao

Francisco Baño était l’un des sept partenaires que le Centro Vivariense de Buenos Aires – présidé par Francisco Donapetry – exclu en 1908 pour avoir cherché à ce que l’entité soit non seulement de loisirs et de récréation, mais aussi qu’elle se positionne politiquement et collabore avec la société Vivero et ses Shire à Cuba pour construire des écoles. Les exclus étaient influents, avaient des idées républicaines et galiciennes et étaient surtout liés à Cervo, Xove et O Vicedo. Ainsi, en 1909, ils créèrent une nouvelle société – Centro Hijos del Partido de Vivero à Buenos Aires – qui a repris ces principes et ces idées.

Dans ce document, on remarqye, surtout, Ramón Manuel Fernández Álvarez , de Daián, alma mater, promoteur et président; Miguel Crego , de Cervo, secrétaire et rédacteur des Statuts ; et Francisco Baño, de Xove, également président. Crego et Baño ont écrit une lettre à Rafael Altamira – historien, pédagogue et régénérateur lié à l’Institution libre d’éducation – le 26 juillet 1909, l’informant de sa nomination en tant que membre honoraire de Hijos del Partido de Vivero.

Le nouveau centre d’émigrants compta  300 associés et a son siège au 3761, rue Bartolomé Mitre. Ses services visaient à l’octroi de prêts, une bourse du travail, une mutuelle d’assurance, des formations et des cours du soir et l’aide apportée aux personnes défavorisées. Mais, surtout, il se distingua par la promotion et la construction d’écoles à Cervo (1919), Burela (1924) et Xove (1929) et l’achat du terrain sur lequel se dresse San Cibrao , financé par le philanthrope José Mª Montenegro et inauguré en 1931.

La Crise

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais j’admire Newton. Ah ! sa pomme… Et avec lui, pas de surprise : les phénomènes qui se produisent dans le monde suivent des lois naturelles ; parfois divines quand c’est vraiment trop compliqué, mais c’est rare. Le hic, c’est quand on est obligé d’en arriver là. Certes, le problème est résolu, mais pas la question, et c’est vraiment très ennuyeux… Mais bon, ce détail mis à part, on peut affirmer avec Newton que tout est déterminé, que tout effet a sa cause et que la manière dont le monde s’organise est mathématique, géométrique, bref scientifique : on peut tout mettre en équations, et avec ça, tout est dit. Il suffit après, ben… de trouver l’équation !

D’ailleurs Victor Hugo nous rapporte que lorsque le grand astronome Laplace mit un point final à sa Mécanique céleste en cinq tomes, l’empereur Napoléon, qui avait été son élève à l’École militaire, lui asséna tout-à-trac :

  • « Vous avez écrit un livre entier sur l’Univers sans mentionner une seule fois son Créateur ! »
  • « Sire, lui aurait répondu Laplace, je n’ai pas eu besoin de cette hypothèse ».

Car tout est logique, rigoureusement logique. Einstein avait bien raison de s’écrier, au conseil Solvay de 1927 : « Dieu ne joue pas aux dés ! », le hasard n’existe pas, il n’y a que des rencontres, et qui ne sont rien d’autres que des retrouvailles. Voilà tout ! Et j’ajouterai à l’attention de ceux qui ont une curiosité exigeante, qu’ils en soient loués !, que Platon avait déjà eu cette intuition-là. D’après Jean Tzétzès, le célèbre grammairien et poète byzantin du XIIe siècle qui le rapporte dans ses Chiliades  (VIII, 974-7), il avait fait graver sur sa porte : « Nul ne doit entrer sous mon toit, s’il n’est géomètre ». Cela nous explique pourquoi la pupille est ronde, le pubis triangulaire et la tête au carré.

Malheureusement pour ces merveilleux savants, Dieu est dans les détails. Selon certains auteurs et non des moindres, il se les partage avec le diable. Examinons la situation de plus près, car il faut être prudent : ce ne sont pas les détails qui manquent ! Et les détails, c’est comme les piquants du coussin de belle-mère (je parle de la plante grasse, pas de la mienne de belle-mère, qui n’est pas maigre non plus), les piquants, ça empêche de cueillir les fleurs.

Revenons à la science, c’est un sujet suffisamment sérieux pour qu’on ne le prenne pas à la légère. Si tout est réglé comme du papier à musique, pourquoi la crise, hein ? Voilà la vraie question ! Le réponse m’est venue grâce à Edward Lorenz. Vous savez, c’est l’inventeur de « l’effet papillon » dont il a parlé dans sa fameuse conférence de 1972 : « Le battement d’ailes d’un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ? » Il faut dire que, depuis, j’ose à peine remuer le petit doigt. Une tornade au Texas, ça fait au mieux trois minutes à la télé, c’est tout, mais en France, chez moi, au village, une tornade ! Je n’en dirai pas plus… La dernière qu’on ait eue, c’est quand la nièce de l’instituteur est venue en vacances… Quels ravages ! Mais ne nous éloignons pas de notre sujet. Vous avez bien compris que la moindre petite cause peut produire de grands effets. Par exemple, mes grands-parents, une petite cause de rien du tout dans un champ en été, et ils en sont déjà à cinquante ans de mariage.

Eh bien, pour la crise, c’est pareil. Je vais tout vous raconter. Un jour que je me demandais comment gagner de l’argent, ce qui n’a rien d’original, j’ai ajouté « Eh bien, sur le dos des autres, pardi ! ». Je savais que ce n’était pas très original non plus, mais là où ça l’est devenu, c’est quand je me suis demandé « le dos de qui ? » Après avoir écarté : la loterie, la visite guidée de mon appartement pour attirer les touristes, ou creuser dans le jardin pour trouver un puits de pétrole, j’ai fini par me creuser les méninges pour essayer de répondre à ma fichue question. La réponse m’est venue en un éclair : « Sur le dos d’acheteurs, évidemment ! Je vais monter une boîte internet. Mais de quoi ? Ou alors un magasin. Mais pour vendre quoi ? Tiens, ça y est, un journal ! Je l’appellerai 450.fm… Oh, zut, c’est déjà pris ! Non, tout ça, c’est pas bon… Ah ! Ça y est ! Je vais m’enrichir sur le dos des électeurs. En voilà une bonne idée ! Je m’engage dans un parti, tant qu’à faire celui qui a la cote auprès des journalistes, mais est-ce qu’il payera bien ? Aujourd’hui, ça vaut moins le coup depuis qu’on parle sans arrêt de morale, surtout les voleurs d’ailleurs… Ou bien en créer un… mais il y en a tant ! Ou alors, tiens ! monter une secte. Ça c’est une super idée, ça rapporte gros ! Il me suffit d’écrire un bouquin ésotérique, du genre Comte de Gabalis mais plus axé sur la modernité, annoncer en préface que le livre m’a été dicté directement par Dieu dont je suis l’élu, non l’Élu avec une majuscule il faut voir les choses en grand, moi son humble prophète, et que les fidèles, dûment initiés, auront le bonheur sur terre et la jouissance dans l’au-delà, et bingo !, les adeptes payent, deviennent de plus en plus nombreux, on les habille en bleu ciel et en jaune soleil, je me laisse pousser la barbe, je choisis les plus belles initiées qui auront l’honneur de partager ma couche, et je suis le roi ! Aaaaah ! Mais… ça demande du temps tout ça et il me faut devenir riche tout de suite ! Tiens ! et pourquoi pas gigolo, c’est pas mal non plus. Il me reste plus qu’à trouver une vieille de vingt-cinq ans de plus que moi, et hop !, l’avenir est assuré. À moins que… Bon, c’est pas mon truc, mais à la rigueur un vieux… »

« J’en étais là de mes méditations quand… j’en ai encore la chair de poule, oui, de poule, vous savez bien que depuis Henri IV, la poule a toujours eu du pot ! J’étais tranquillement assis sur un banc du jardin public en train de me demander de quoi demain serait fait, lorsqu’elle est passée devant moi, La Crise, en personne ! On m’avait dit qu’elle était hideuse, mais lorsque je l’ai vue, elle m’a parue plutôt accorte, élancée, avec un mouvement de hanches chaloupant vers le futur, tandis que sur son visage flottait comme un air de famille… Je l’ai abordée poliment et ça l’a sans doute décidée à s’asseoir à mes côtés. De près, elle était pâle, un peu trop peut-être, avec des yeux battus comme quelqu’un qui ne mange pas à sa faim et qui dort mal.

  • « Vous avez l’air fatiguée », lui dis-je sans laisser rien paraître de ma pitié.

Elle me regarda avec des yeux, mais des yeux…

  • « Oh merci ! Merci de vous intéresser à moi autrement que pour vous plaindre » – me dit-elle avec un sourire meurtri.
  • « Que vous est-il arrivé ? » lui demandai-je après un long silence d’observation mutuelle, moi avec ma barbe de trois jours et mes maigres indemnités chômage, elle avec son jean et son tee-shirt troués aux bons endroits.
  • « Oh, c’est malheureusement très simple. Je suis passée du travail en entreprise au travail en bourse. J’étais au service des personnels lorsque mon patron m’a convoquée pour une introduction en bourse. J’imaginai que ce serait une affaire juteuse. J’ai donc tout misé sur le développement de son entreprise. J’ai pris la chose en main. Au début ça allait doucement mais j’ai aidé à sa croissance et de microentreprise, c’est devenu une petite, puis une moyenne entreprise, avant d’être une entreprise de taille intermédiaire, ce qui était déjà convenable. Tout au long du processus, je l’ai aidé dans son analyse sectorielle en valorisant ses actifs. Ensuite ce fut l’introduction même. Parfaitement réussie. Dès le lendemain, à l’ouverture de la séance sa cote était au plus haut. C’était une action à fort rendement. Il en fut ainsi durant des mois. Mais on connaît les bourses, ça va ça vient jusqu’au moment où le marché explose avant de revenir à son cours plancher… L’opération de contrepartiste aurait pu durer mais je ne voulais pas me contenter de quelques dividendes ; il me fallait un fonds commun de placement, je voulais du long terme. C’est lorsqu’il y a capitalisation boursière, qu’il faut veiller à son portefeuille et à sa plus-value. Mais lui, prétextant un risque d’inflation, me proposa une manœuvre de contournement. Je m’y opposai. C’était l’orthodoxie ou rien. Ce qui devait arriver arriva : ce fut la bulle. Il exigea une opération de liquidation, avec un ordre d’exécuter, sinon annuler (FOK). Je refusai tout net. Dès lors ce fut l’arrêt des opérations sur le titre et la clôture du marché, juste avant le crack. Et je n’ai même pas pu prendre mes bénéfices. Voilà, cher monsieur. J’en suis là. »
  • « C’est une bien triste histoire. Et maintenant, qu’allez-vous faire ? »
  • « Je vous répondrai avec les mots du physicien Niels Bohr : « La prévision est un art difficile, surtout quand elle concerne l’avenir ». Alors, j’essaie de prendre de la distance en suivant le proverbe : « Si tu veux voir de près, place-toi loin », et je garde espoir, j’ai encore un joli capital » – et elle me lança un air enjôleur, avant d’ajouter, d’une voix mystérieuse : « La Bruyère disait, dans ses Caractères : « Ce qui barre la route fait faire du chemin »… Vous ne voudriez pas qu’on en fasse un bout ensemble ? À deux on serait moins seuls ! »

Face à une telle logique, comment dire non ?

« Et c’est comme ça, monsieur, que La Crise a gagné le monde. L’effet papillon… »

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