La Cosmos Masonic Lodge, la plus ancienne entité associative de São José do Rio Preto, fondée en 1899, vient au public pour apporter des éclaircissements face aux attaques constantes que subit l’Ordre maçonnique ces dernières semaines.
Tout d’abord, il convient de noter que la franc-maçonnerie est une société bienveillante d’action sociale discrète, et non une société secrète comme pourrait le supposer l’imaginaire collectif. Au contraire : comme tant d’autres représentants du Tiers Secteur, les Loges Maçonniques sont des entités formellement constituées, inscrites aux Chambres de Commerce et au Registre National des Personnes Morales.
La perspective maçonnique de la bienfaisance est imprégnée de foi, d’amour et de charité et c’est ainsi que la Loge Cosmos opère dans cette Terre de Saint Joseph depuis 123 ans. De la même manière, dans notre parcours centenaire, nous avons collaboré au développement de nos travailleurs, qui, jour après jour, cherchent à devenir des hommes meilleurs, développant inlassablement la moralité, l’honneur et la sagesse.
Ainsi, nous précisons que la Franc-Maçonnerie se propose, fondamentalement, d’être une société à caractère universel, soucieuse du bien-être de ses membres et des personnes en situation sociale fragile ; l’Ordre maçonnique n’est pas une religion et, contrairement à ce qui a été rendu public, il n’y a pas de limites religieuses dans ses rangs, étant accepté à la fois les chrétiens et les non-chrétiens qui professent d’autres religions et recherchent l’Ordre maçonnique pour l’élévation morale ; nous défendons l’exercice constant de la tolérance et du respect mutuel et nous exaltons nos valeurs, synthétisées en trois éléments : Liberté, Égalité et Fraternité, les mêmes idéaux défendus par la Révolution française et par la pensée positiviste
Le positivisme, doctrine altruiste et scientifique, défend l’accroissement du progrès du bien-être moral, intellectuel et matériel de toutes les sociétés humaines, et il a aussi sa place dans les symboles nationaux, puisque la devise gravée sur le Pavillon vient du positivisme philosophie National : Ordre et Progrès.
A ceux qui pensent que la Franc-Maçonnerie suit ses propres règles, nous voudrions rappeler que, avec attention, nous avons observé les dures attaques que notre Ordre a subies, de manière lâche, sans scrupule et surtout anonyme. Et nous soulignons que contrairement à nos adversaires, nous respectons les lois de ce pays et sa Constitution ; l’État de droit et la société brésilienne.
À propos de nos rites et symboles, nous renforçons la tradition qui remonte au Moyen Âge – au lointain XIIIe siècle, aux chantiers et aux spécificités du métier de maçon, qui ne diffère pas des autres institutions qui maintiennent leurs traditions, rites et symboles. Et tout comme l’Ordre maçonnique le fait, les églises, les tribus et les institutions académiques le font, qui possèdent et préservent leurs rituels.
Enfin, nous soulignons qu’une institution fraternelle telle que la franc-maçonnerie, qui au cours des siècles a promu et soutenu la démocratie, la liberté d’expression et de pensée, qui a mené une lutte constante pour les droits de l’homme et contre l’hypocrisie, l’ambition excessive, le fanatisme et l’oppression, n’est pas un parti politique et n’autorise pas, dans ses colonnes, les discussions partisanes.
Tout comme nous avons été aux côtés de la ville de São José do Rio Preto au cours des douze dernières décennies, discrets et en activité constante en faveur de la société et de la charité, nous réitérons notre engagement envers le pays et notre ville. A ceux qui nous cherchent, nous serons toujours debout et en ordre.
Alan Queiroz, Vénérable Maître de la Loge Maçonnique Cosmos
Le 18 septembre dernier, nous vous invitions à un « Save the date ! », soit un « Réservez la date ! » En effet, les Conférences de Midi à Minuit, jeune association cadurcienne composée de Sœurs et Frères de toutes les obédiences présentes dans le département, organise une conférencegratuite le lundi 31 octobre 2022, à Cahors, dans le Lot.
Pierre Mollier, historien, conservateur du musée de la franc-maçonnerie et rédacteur en chef de la revue d’études maçonniques Renaissance Traditionnelle intervient sur
« L’itinéraire exceptionnel d’un Franc-Maçon lotois : Étienne MORIN »
Cahors, belle ville sur le Lot en région Occitanie, était jusqu’à présent connu pour son vin rouge intense, ses jardins municipaux, son pont Valentré, ses maisons à colombages et son imposante cathédrale Saint-Étienne, de style gothique et roman.
Elle le sera désormais grâce aux révélations de Pierre Mollier sur Étienne Morin, un maçon pas comme les autres !
Si le lieu exact de la naissance d’Étienne Morin, né vers 1717 en Quercy, n’est toujours pas connu, il en est vraisemblablement de même quant à l’Orient et à sa date de réception dans l’Ordre. Et il est devenu, bien après sa mort, l’un des noms les plus célèbres de toute l’histoire maçonnique française. En 1743, il fut l’un des fondateurs de la loge « La Parfaite Harmonie », loge écossaise de Saint-Jean-de-Jérusalem, l’une des premières loges de haut grade en France.
Le 27 août 1761, il reçoit une patente le nommant « Grand Inspecteur pour toutes les parties du Monde ». À ce titre, il créera des Loges dans toutes les Antilles. C’est à partir de ces loges, de leurs rituels de hauts grades et de la patente de Morin qu’Henry Andrew Francken – nom passé à la postérité maçonnique en raison des manuscrits dits « Francken » – transmettra l’ancêtre du Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA) aux Amériques avant que celui-ci ne soit complété, plus tard, par les 3 premiers degrés symboliques.
Les Colonnes-La Boutique Maçonnique, tablier de Maître REAA
Une autre façon de connaître tous les secrets du REAA… ou presque !
Une conférence suivie d’une dédicace et d’un buffet fraternel (15 €).
Nous vous rappelons la toute dernière parution de Pierre Mollier La Chevalerie maçonnique-Franc-maçonnerie, imaginaire chevaleresque et légende templière au siècle des Lumières (Dervy, Coll. Renaissance Traditionnelle, nouvelle éd. revue et augmentée, 2022).
L’Ásatrú est une religion du « néopaganisme » germanique ou précisément germanique du Nord dit aussi nordique ou scandinave. Elle tire la plupart de ses enseignements des sagas dites les sagas islandaises, dans l’Edda poétique et dans l’Edda de Snorri. Cette religion s’inscrit dans le mouvement reconstructionniste qui vise à faire revivre les religions ethniques polythéistes qui existaient avant l’arrivée des religions monothéistes.
Sens du mot
Le mot Ásatrú signifie littéralement « foi, croyance en les Ases », en islandais moderne.
Selon le professeur Régis Boyer, le substantif « trú » proviendrait du vieil haut allemand. L’Ásatrú comporte deux familles de divinités : les Ases et les Vanes. Les pratiquants de l’Ásatrú sont appelés Ásatrúar ou encore Ásatrúiste, qui constitue un pur néologisme, faute de terme plus approprié. Le mot Ásatrú se traduit dans plusieurs langues : Asentreu (allemand), Anstrêve (français), Asatro (danois), Asatro (suédois), Åsatru (nynorsk).
Le mot « áss » (en vieux norrois) remonterait au gotique ans, renvoyant à l’idée de « poutre » (les représentations des divinités étant sculptées sur des poutres de bois. Le mot áss a été introduit par les auteurs chrétiens évhéméristes, principalement par Snorri Sturluson, pour affirmer que les dieux dits païens immortels n’étaient en fait que de simples magiciens mortels venus d’Asie, dans le but d’éradiquer les croyances dites païennes (Trojumanna saga, saga des Troyens).
Beaucoup plus anciens que les Ases, les Vanes sont les puissances de la fertilité-fécondité autochtones des pays nordiques. Le culte des Vanes possède une origine matriarcale, car les peuples autochtones de Scandinavie (c’est-à-dire les peuples en place en Scandinavie avant l’arrivée des Indo-Européens) vouaient, croit-on, un culte à la Déesse Mère avant la christianisation.
Forn Siðr
Les peuples scandinaves ne donnaient pas de nom à leur culte avant l’arrivée du christianisme. Pour Régis Boyer, à la suite de l’arrivée des missionnaires chrétiens en Scandinavie tels qu’Anschaire de Brême vers 829 et du roi Harald Ier de Danemark qui réussit à imposer le christianisme dans son pays vers 960, les textes médiévaux de Scandinavie mentionnent le terme « Forn Siðr », expression signifiant « ancienne coutume » ou « ancienne pratique » en vieux norrois, pour désigner la religion originelle de ces peuples, ou religion nordique ancienne.
La Forn Siðr a été presque éradiquée à partir du xiie siècle à la suite du prétendu incendie du temple de Gamla Uppsala en 1087 et à l’établissement de l’archevêché de Suède en 1164 au même endroit.
Depuis le xixe siècle
Les trois dirigeants de la Sveriges Asatrosamfund (la Société de l’Ásatrú de Suède) durant une cérémonie printanière exécutée à l’ancien monument Ales Stenar près de Kåseberga à Österlen en Scanie, dans le Sud de la Suède dans le cadre du thing annuel de la Société le 26 avril 2008.
Selon l’auteur suédois Hans Gustav Otto Lidman (1910-1976), l’église « en bois debout » de Skaga, située dans le parc national de Tiveden (à environ 140 km à l’Ouest de Stockholm), serait un des derniers lieux de pratique du paganisme nordique. À trois reprises, cette dernière a été détruite, dont en 1826, à la suite de la pression du diocèse de Skaga qui voulut mettre fin à la controverse entourant l’utilisation d’un puits sacrificiel à proximité de l’église en question.
Après avoir eu peu, voire pas, de pratiquants durant des siècles, l’Ásatrú réapparut sous une forme organisée quoique rudimentaire, sous l’impulsion des romantiques tels qu’Erik Gustaf Geijer (1783-1847) et la société littéraire Götiska Förbundet, en Suède.
Le mot Ásatrú a été utilisé pour la première fois dans un opéra inachevé du compositeur norvégien Edvard Grieg en 1870 et dans un article du périodique islandais Fjallkonan en 1885.
Par la suite, des groupes organisés apparurent en Allemagne au début du xxe siècle avec la Germanische Glaubens-Gemeinschaft (c’est-à-dire la communauté de la foi germanique, en haut allemand moderne), une organisation fondée le 3 août 1913 par le peintre, écrivain, poète et professeur universitaire Ludwig Fahrenkrog.
La seconde renaissance de l’Ásatrú débuta à la fin des années soixante et au début des années soixante-dix. En 1973 le gouvernement islandais reconnaît l’Ásatrú comme une religion d’État officielle, principalement grâce aux efforts de Sveinbjörn Beinteinsson. Dans le même temps, aux États-Unis, Stephen McNallen, un officier de l’armée de terre américaine, lança l’édition d’un journal intitulé « The Runestone » et créa The Ásatrú Free Assembly renommée par la suite Ásatrú Folk Assembly.
Le 6 novembre 2003, la Société des Ases et des Vanes au Danemark, fondée en 1997 à Odense obtient du ministère des affaires religieuses le statut de religion reconnue. Elle rassemble des groupes locaux dans plusieurs régions du Danemark et compte autour de 800 fidèles.
De nos jours, on peut trouver des pratiquants de l’Ásatrú à travers le monde entier mais principalement en Scandinavie, en Europe de l’Ouest, aux États-Unis, au Canada en Australie et en Nouvelle-Zélande. Il n’existe en revanche pas d’estimation fiable du nombre exact de fidèles. Selon l’organisation américaine Irminsul aettir, on dénombre officiellement 5 500 Ásatrúar déclarés dans le monde entier. Selon le blogue The Norse Mythology Blog, 16700 personnes se déclarent « heathen » dans le monde en 2013.
Organisations nationales et internationales
Le marteau, Mjöllnir, fréquemment porté en pendant par les Asatruars, est l’un des symboles majeurs de l’Asatru.
Les Ásatrúar et les kindreds peuvent, s’ils le désirent, faire partie d’organisations à l’échelle nationale ou internationale, principalement retrouvées aux États-Unis et en Europe. Voici des exemples :
American Vinland Association (basée à San Francisco, en Californie)
Asatru Alliance (basée dans la ville de Payson, en Arizona)
Åsatrufellesskapet Bifrost (basée à Lysaker, en Norvège)
Asatru Folk Assembly (basée à Nevada City, en Californie)
Confederation of Independent Asatru Kindreds (basée à Adamsville, en Alabama)
Sveriges Asatrosamfund (basée à Stockholm, en Suède)
The Troth (basée à Berkeley, en Californie)
Comunidad Odinista de España – Ásatrú (basée en Albacete, Espagne)
Forn Siðr Blótsfélag Sjánghais (basée en Chine)
Les Enfants d’Yggdrasil (basée en France)
Éthique
L’organisation américaine Asatru Folk Assembly, fondée par Stephen McNallen en 1994, prône notamment un code d’éthique tiré de certaines œuvres littéraires de la Scandinavie médiévale telles que l’Edda poétique (et particulièrement les Hávamál et les Sigrdrífumál) et aussi des Sagas islandaises. Cependant, Stephen McNallen ne mentionne pas la rigueur intellectuelle dont lui et ses pairs ont fait preuve lors de cette analyse philologique.
Quoi qu’il en soit, ce dit code moral se décline en neuf nobles « vertus » :
La force est préférable à la faiblesse ;
Le courage est préférable à la couardise ;
La jouissance est préférable à la culpabilité ;
L’honneur est préférable à la honte ;
La liberté est préférable à l’asservissement ;
La parenté est préférable à l’aliénation ;
Le pragmatisme est préférable au dogmatisme ;
La vigueur est préférable à la paresse ;
L’ascendance est préférable à l’universalisme.
Quoique fort répandu chez les Ásatrúar du monde entier, aucun code d’éthique ne fait l’unanimité chez les pratiquants. D’autant plus que l’observance d’un code de conduite constitue un concept relativement récent, si on étudie l’histoire de cette religion.
Croyances
Vegvísir et variantes telles que le Ægishjálmur, le Veiðistafur et le Hólastafur, sont perçus comme des symboles de protection représentant les 9 mondes dans le Yggdrasill.
Voici les neuf piliers fondamentaux compris dans l’Ásatrú, comme établis lors du Freespirit festival de 1994, par Lewis Stead, le rédacteur en chef d’Ásatrú Today, The Journal of Norse Paganism :
L’étude de l’histoire, de la civilisation et des langues scandinaves dont l’islandais, le danois, le suédois, le féroïen, le nynorsk, le bokmål, le gutnisk et l’övdalsk par exemple, ainsi que le vieux norrois
La croyance en l’existence des neuf mondes représentés par l’arbre Yggdrasil, soit Ásgarðr, (le monde des Ases), Ljösláfheimr (le monde des Elfes lumineux), Vanaheimr (le monde des Vanes), Jötunheimr (le monde des géants), Miðgarðr (le monde du Milieu, c’est-à-dire la Terre), Muspellsheimr (le monde du feu), Nilfheimr (le monde des brumes), Svartalfheimr (le monde des Elfes sombres), Helheimr (un des royaumes de la mort)
La croyance en de « nobles vertus » en guise de code d’éthique, pour certains pratiquants
La croyance en un panthéon majeur propre aux peuples scandinaves (Ases et Vanes)
La croyance en un panthéon mineur (les elfes dit Alfar, les Valkyries, les Landvættir, etc.)
Le culte des ancêtres
Une relation privée avec les divinités Ases et Vanes
L’étude et l’utilisation des runes (le nombre de runes utilisées peut varier)
L’utilisation de symboles spécifiquement scandinaves : le marteau de Thor, le valknut, Irminsul, le fylfot, la croix odinique, cœur de Hrungnir, etc.
La grande majorité des Ásatrúar ne voient pas la mythologie nordique comme une vérité littérale, mais comme une vérité métaphorique. Il n’existe pas de théologie orthodoxe de la religion Ásatrú, bien qu’il existe des variantes. La Nature est adorée, relativement à sa représentation dans le panthéon nordique, mais également révérée dans la pratique. Cependant, l’Ásatrú n’est pas une religion repoussant les innovations techniques.
Les Ásatrúar ne considèrent pas leur religion comme étant issue du néopaganisme au sens usuel, et la majorité des fidèles rejettent cette étiquette. On la considère davantage comme une religion reconstruite. La pratique est basée sur les enregistrements historiques disponibles, leurs interprétations et leur extension. Les rites varient d’un groupe ou d’une communauté à l’autre, mais seulement dans leurs détails.
La comparaison entre l’Ásatrú et d’autres religions est assez délicate et consisterait plutôt à mettre en lumière leurs différences que leurs points communs. Dans la religion Ásatrúar, les Ases ne sont pas des êtres infaillibles ni même immortels et on ne les adore pas avec soumission. Ils sont plus considérés comme des amis dont la sagesse et la puissance peuvent venir en aide à point nommé. De plus, les dieux du Nord ne sortent pas tout en armes de la tête de leur géniteur et ne restent pas immuables devant le passage du temps. Ils sont le produit de leur existence, comme on peut le voir en étudiant la vie de Loki, le géant du feu ou mieux, celle de Freyr, le dieu de la fertilité. Les hommes, créés par Óðinn et ses frères, sont très proches des dieux, par leur comportement et les relations hommes/dieux sont, en quelque sorte, familiales.
Autrefois, il n’était pas rare qu’un Scandinave punisse le dieu qui l’avait trahi en lui retirant (pour un temps) son adoration et ses offrandes. C’est d’ailleurs ce trait de caractère qui rendit l’implantation de la religion chrétienne si délicate dans ces contrées : au moindre revers, Jésus était mis au coin au profit des Ases et des Vanes.
À la différence de la plupart des autres religions, La religion Ásatrúar, depuis son origine, ne comporte aucune liste de comportements à proscrire. La recherche d’un compromis entre la liberté et la responsabilité est en revanche un thème central dans la littérature légendaire, mystique et historique de cette religion, littérature que les membres des associations Ásatrúar sont tenus d’étudier sérieusement. Certains comportements condamnés dans d’autres religions (comme la fierté) sont considérés comme des qualités, à condition qu’ils soient correctement exprimés. Il n’est jamais question de « rédemption », de « sauvegarde », ni même de « perfection » dans l’Ásatrú. La théorie de la vie après la mort est sans doute le reflet de la justice expéditive des temps anciens.
De même, cette religion voit d’un assez mauvais œil le prosélytisme. Pour elle, le croyant doit venir de lui-même.
Bien qu’elle descende d’une culture guerrière, l’Ásatrú n’est pas une religion misogyne : Óðinn fit l’homme et la femme de deux branches distinctes : Askr et Embla. La déesse de l’amour est également une déesse guerrière et dans l’Antiquité nordique, hommes et femmes pouvaient être appelés à se battre (voir par exemple l’article sur les Berserkir). C’est pourquoi hommes et femmes sont considérés à de nombreux égards comme égaux, bien que différents et les femmes ont un rôle important à jouer dans les rites Ásatrúar.
Le culte des dieux nordiques et germaniques est sujet à des variations régionales, dues à l’interprétation subjective des pratiquants les plus influents (goðis). Par exemple, en Islande, beaucoup considèrent l’Ásatrú comme une religion orientée politiquement à gauche, alors qu’une petite partie des pratiquants allemands ou américains sont parfois clairement d’extrême droite. Ces derniers cherchant à justifier leurs idées par une religion qui, à l’origine, n’a rien à voir avec la pensée politique développée par ces individus. Entre autres choses, ces personnes ne réservent l’adhésion à leurs associations qu’aux seules personnes d’origine germanique ou nordique. Dans tous les cas, le pratiquant devra se rapprocher avec prudence des associations religieuses qu’il ne connaît pas.
En France, l’Ásatrú ne tient pas compte de l’origine des individus : chacun peut se réclamer de l’Ásatrú, quelle que soit son origine ethnique, tant qu’il a la foi. D’autres estiment que l’Ásatrú est la religion naturelle des Scandinaves, des Germains et des Anglo-Saxons : il n’y aurait donc aucune raison que d’autres peuples puissent se réclamer de l’Ásatrú.
Blót
Autel ásatrú.
Quoique le mot blót renvoie à l’idée de sacrifice, il faut le prendre au sens de « vénération ». Il constitue un rite autrefois pratiqué dans le but de renforcer le pouvoir d’une divinité par l’entremise d’un liquide sacrificiel : bière, hydromel, vin et sang notamment. Ce rituel peut être très formel, mais l’idée sous-jacente ressemble davantage à une invitation d’un membre de la famille à sa table que d’une messe. Nourriture et boissons sont souvent offertes à cette occasion. La plupart seront consommées par les participants et la partie destinée à la divinité sera versée dans un puits sacrificiel nommé blótkelda ou dans une source sacrificielle nommée blótgröf. La boisson traditionnelle à cette occasion est l’hydromel ou la bière.
Calendrier
Régis Boyer explique sporadiquement que la Scandinavie préchrétienne célébrait plusieurs moments forts de l’année selon le découpage sommaire suivant. Remarquons que ces célébrations revêtaient parfois un caractère religieux, parfois juridique :
Le 21 mars : le Dísarblót national (à tous les neuf ans)
Entre le 9 et le 15 avril : Sigrblót (sacrifice pour la victoire)
Le 15 au 22 mai : SóknarÞing (le règlement des peines)
Le 22 au 30 mai : SkuldaÞing (le règlement des dettes)
Le 15 juin au 1er juillet : Midsumarblót – AlÞing
Le 21 septembre : le LeidÞing – Haustblót – Álfablót
Le jeudi suivant le 13 octobre : Vetrnætr – Dísarblót local
Le 21 décembre au 1er janvier : Jól – Jólablót
Aujourd’hui, les Ásatrúar semblent davantage s’inspirer des calendriers wiccans ou néo-druidiques. La très forte connotation celtique de certains mots utilisés pour désigner ces fêtes trahissent un manque de rigueur au niveau ethnolinguistique. Certains pratiquants soutiennent le fait que l’on devrait s’inspirer davantage des noms traditionnels comme ceux décrits ci-haut par Régis Boyer, avec la graphie savante en vieux norrois. Quoi qu’il en soit, le calendrier suivant est largement accepté par une bonne majorité des Ásatrúar dans le monde :
Gamla Uppsala : selon Adam de Brême, le vieil Upsal était le centre du paganisme des Suédois et à cet endroit se serait trouvé un temple païen où les rois sacrifiaient aux divinités nordiques.
Le symbel (en vieil anglais) ou sumbl (en vieux norrois) est un rite d’inspiration traditionnelle autrefois nommé drekka mini (« boire à la mémoire de ») dans lequel une boisson est passée d’une personne à l’autre d’une assemblée réunie en cercle.
Les libations rituelles faisaient partie de toutes les festivités du monde scandinave Selon un rituel précis, on consomme cette bière spécialement brassée. Dans la saga d’Egill, fils de Grímr le Chauve, on spécifie que la boisson la plus prisée reste le mungát, une bière forte à laquelle on a ajouté du miel. Cette même saga mentionne qu’on doit faire circuler dans la salle une corne à boire en prenant chacun une gorgée. Cette opération se nomme sveitardrykkja, c’est-à-dire une gorgée à tour de rôle. On s’assoit souvent deux par deux selon un tirage au sort, puisqu’on faisait confiance par-dessus tout aux arrêts du destin. Il est convenu qu’on s’assoie en couple, souvent homme et femme. Chacun doit vider la moitié de sa corne et si quelqu’un manque à boire sa ration, il peut en résulter de chaudes disputes. Si quelqu’un veut davantage prouver sa valeur, il peut s’il le désire boire la corne au grand complet.
La saga de Snorri le Godi, on mentionne que la bière est la boisson obligée de toutes les festivités et que son pouvoir et sa valeur sacrée ne font pas de doute. De plus, on mentionne qu’on doit porter un toast avant de boire et que lors de ces soirées, il n’était pas question de ne pas s’enivrer. Par ailleurs, cette même saga mentionne qu’à chaque fête, il convient de boire une nouvelle bière brassée selon une opération magique avec des rites précis. Le moment idéal pour brasser la bière reste Jól, d’après les anciens textes.
La saga de Glúmr le Meurtrier, détaille les différentes façons de boire la bière. Tout d’abord, il faut se servir d’une corne généralement ornée. On passait cette dite corne de l’un à l’autre ou bien en zigzaguant entre les bancs se faisant face. Le maître de la maison prononce des paroles sacrées sur la corne avant de la faire circuler. D’après cette saga, il existe trois façons de boire : « sveitardrykkja » (boire une seule gorgée à tour de rôle), « tvímenningr » (boire en couple chacun une moitié de corne) et « einmenningr » (boire seul la corne en entier).
Seydr
Le Seydr (ou Sejðr selon la graphie savante) signifie littéralement « bouillonnement, effervescence » et désigne un ensemble de pratiques chamaniques propres aux religions nordiques.
Le Sejðr implique une transe et vise à percer les desseins des Nornes afin de connaître le destin (wyrd ou orlög) ou pour changer le chaman en animal. Dans la légende, c’est Freyja qui enseigna cette magie aux Ases. Si on en croit la Lokasenna (texte où Loki calomnie les dieux jusqu’à l’intervention de Thor), le Sejðr était une activité magique plutôt réservée aux femmes, mais qu’Odin pratiquait assidûment. La transformation en animal consiste à échanger son hamr (la substance qui donne sa forme au corps) avec celui d’un animal par la force de concentration. Le Sejðr est mentionné dans le Gylfaginning, c’est-à-dire « la mystification de Gylfi » en vieux norrois, soit la première des trois parties de l’Edda de Snorri Sturluson.
Variantes de l’Ásatrú
Le valknut se retrouve surtout sur les pierres commémoratives dites « bautasteinar » en vieux norrois.
Le terme « Ásatrú » est davantage utilisé aux États-Unis (voir Asatru folk Aseembly et Asatru Alliance), au Canada et en Scandinavie (Ásatrúarfélagið en Islande et Åsatrufellesskapet en Norvège notamment) tandis que le terme « Odinisme » est davantage répandu au Royaume-Uni (The Odinic Rite UK), en Australie, en France (Les fils d’Odin), en Espagne (Hermandad Odinista del Atlántico), en Italie (Comunità Odinista).
D’autres termes sont utilisés par certains pratiquants pour désigner cette religion telles que la vanatrú, l’odalisme, le Wotanisme, le wodanisme, le théodisme, le fynsidu, le gaelic heathen, le norse heathenism, la northern îsles tradition, le rökkatru, le thrusatru, le heathen druidry, le wyrd druidry, le norse druidry, le néopaganisme germanique, la tradition des francs, le forn sed, le forn sidr, l’armanisme de Guido von List et l’irminisme sans que tous ces mouvements soient directement apparentés.
Mille mercis de vos visites sur nos différents sites lors des Journées européennes du patrimoine 2022 !
Nous avons été très heureux de vous faire découvrir des trésors de notre patrimoine, la Franc-maçonnerie en Grande Loge de France… sans oublier le mode d’emploi ultra simple pour devenir Maçon dans notre Obédience.
La vidéo récap de vos témoignages sous le signe des rencontres et des échanges ?
Après les salons de 2017 et de 2019, tenus à « la Manu » – ancienne manufacture des tabacs de Nantes) –, au cœur de ville, le Cercle d’Études et de Recherches Autour du Livre (CERAL 44) a organisé, les 15 et 16 octobre derniers, à Carquefou, le 3e salon du livre Maçonnique. Le CERAL compte, en son sein, une dizaine d’obédiences qui, pour la plupart, ont élu domicile à Carquefou, après l’incendie criminel de 2017 ayant détruit les locaux historiques nantais.
Blason CERAL
Une manifestation un an juste après l’inauguration dans ce remarquable et très fonctionnel lieu regroupant, sur plus de 1300 m2, trois magnifiques temples
À gauche Pierre Mollier, à droite Jérôme Vincent
– nommés Liberté, Égalité et Fraternité – salle d’agape, cuisine, salle de réunions, bibliothèque, lieu de convivialité, etc. Une belle réalisation de l’Association fraternelle des études sociales (AFESO), présidée par Jérôme Vincent.
le grand temple
Le choix de Carquefou, situé dans la vallée de l’Erdre, à 10 km au nord-est du centre-ville de Nantes et dont la devise est « ville vivante, esprit vrai » était-il, compte tenu de l’adresse, aussi prémonitoire ?
En tout cas, de l’avis de tous – visiteurs non maçons, Sœurs et Frères, responsables de stands (libraires spécialisés, libraires d’anciens et d’occasions, associations (para)maçonniques, organisateurs –, cette édition porta haut et fort ses couleurs là !
Vrai, car ces deux journées connurent de riches et passionnantes interventions.
Lauric Guillaud
Le CERAL a pu ainsi compter, pour la conférence inaugurale sur la présence de l’historien et maçonnologue Pierre Mollier, directeur de la bibliothèque du Grand Orient de France, conservateur du musée de la franc-maçonnerie et rédacteur en chef de la revue d’études maçonniques Renaissance Traditionnelle et de l’essayiste et universitaire nantais d’origine Lauric Guillaud, spécialiste des littératures de l’imaginaire et du roman d’aventures. Un débat autour de « La franc-maçonnerie et littérature : sources et figures ». Furent abordés des auteurs, maçons ou non, tels qu’Edmond About, Jules Romain, Roger Peyrefitte, Rudyard Kipling, Walter Scott, Gérard de Nerval, Jules Verne, Oscar Wilde et de tant d’autres. Un débat fructueux autour de la littérature, d’imaginaire, de maçonnique, antimaçonnique, de complotisme, de fantastique, de néo-médiévalisme, terme popularisé par l’universitaire Umberto Eco (1932-2016) dans son essai de 1986 Rêver du Moyen Âge, mais aussi d’épopée romanesque…
Dominique Freymond
Une conférence suivie par celle de Didier Convard, excusé pour raison de santé, et de Dominique Freymond, de la Grande Loge Suisse Alpina et ancien président du Groupe de Recherche Alpina, sur
« Bandes dessinés et Franc-Maçonnerie ». Des propos captivant sur pourquoi s’intéresser au 9e art royal, la bande dessinée maçonnique… Une démonstration en images s’appuyant tant sur différentes périodes de 1981 à nos jours que sur différents genres de BD – polar-ésotérique ; historique, humour, complotiste ; fantastique, ésotérique, analyse ; aventure, etc. Et comment ne pas évoquer les albums de Tintin, l’œuvre d’Hergé, Georges Rémi (1907-1983), non maçon mais passionné d’ésotérisme, de Black et Mortimer et, bien sûr, du mythique Corto Maltese, personnage « culte », fruit de l’imagination du franc-maçon
Hugo Pratt et son Fable de Venise, où, en 1921, le héros est à la recherche d’une émeraude aux pouvoirs mystérieux… Mais il n’est pas seul dans cette quête, le bijou suscitant également la convoitise des fascistes et même de certains francs-maçons !
L’après-midi débuta par une conférence de l’italien Alessandro Sbordoni, compositeur et essayiste, sur « Franc-maçonnerie : Bâtisseurs de Libert ». Yonnel Ghernaouti, chroniqueur littéraire, présenta son récent ouvrage enluminé par Jean-Luc Leguay, réalisateur du blason du CERAL, La liberté comme méthode-L’initiation maçonnique dans ses relations avec les pratiques du quotidien (Dervy, 2021),
À gauche Corinne Drescher-Lenoir, à droite Françoise Vignon
Puis Françoise Vignon, Grande Maîtresse Adjointe et Chargée des Relations Intérieures de la Grande Loge Féminine de France introduisit la conférence de Corinne Drescher-Lenoir qui intervient sur « Naissance, renaissances, les commencements qui créent l’avenir ».
Pour mémoire, rappelons que le docteur Corinne Drescher-Lenoir, gynécologue-obstétricienne en retraite, et membre du Collège scientifique du CIRDH-Frans Veldman, association créée par le fondateur de l’haptonomie, Frans Veldman (1921-2010). L’haptonomie est une pratique qui place la relation et le contact affectif au cœur du soin, de l’éducation et de toute rencontre interhumaine. Mais également Franc-Maçonne depuis plusieurs décennies, au sein de la Grande Loge Féminine de France, membre de la Commission nationale des Droits des Femmes et de la Loge nationale de recherche « Bathilde Vérité » ainsi que la directrice de publication de la collection Voix d’Initiées, de la GLFF et a, en particulier, contribué à la rédaction des thèmes suivants : “Du destin biologique à la liberté, les femmes et la santé“ ; « Penser, un défi pour être libre » ; « La différence et l’indifférence ».
S’appuyant sur son expérience, notre Sœur nous parle d’Hannah Arendt, de l’énigme de la naissance, de l’origine du monde et de l’expérience de la mort qui élève la pensée de l’être humain, tan,t sur les plans symboliques que philosophique.
À gauche Georges Voileau, à droite Sylvain Zeghni
Le dimanche 16 au matin, nous avions rendez-vous avec Sylvain Zeghni, docteur en Sciences Économiques (Université Paris X Nanterre, 1991), maître de conférences à l’université Paris-Est Marne-la-Vallée, spécialiste de l’économie du tourisme et de l’économie de l’environnement. La thématique « Survivre sans se renier : la Franc-maçonnerie face aux défis de demain » intéressa à plus d’un titre l’auditoire. Parlant du monde virtuel, déjà présent, jusqu’à celui d’un au-delà de notre monde réel », en abordant le métavers (analyses et décryptages), il suscita de nombreuses questions lorsque la parole circula. Ce métavers maçonnique, qui semble passionné déjà plus de 15 000 membres est-il un enfer virtuel ou un hypothétique paradis ?
Laurence Vanin
Laurence Vanin, connue pour ses analyses sur le Petit Prince et la plus fidèle conférencière du salon, avec « L’éthique des relations aux Objets Connectés et aux au Robots : quelle fraternité pour demain ? » franchit le cap en nous faisant partager sa vision du monde de demain et les quatre théories de l’Intelligence Artificielle. De nombreuses pistes furent évoquées entre immersif et expérience du réel.
Elle nous avoua aussi sa façon de ne pas entrer dans le débat fraternité/sororité en écriant simplement, sans faute d’orthographe, Fraternitée !
Laure Bellier
Enfin dimanche après-midi, malgré un grand soleil et les 24° constatés, le grand temple était archiplein pour venir entendre une respiration, un instant de bonheur. « le jardin en héritage » sujet traité par la professeure de lettres classiques LaureBellier. Un véritable voyage, comme une expérience ‘’rhizomatique’’.
2022 est à marquer d’une pierre blanche. Nouvelle communication (PQR ; communiqué de presse, réseaux sociaux, etc.), nouveau lieu, nouveaux stands, nouveau public avec près de 30 % de profanes, des jeunes femmes et hommes en recherche.
De la belle ouvrage. Une réussite que nous devons au travail et à la grande fraternité d’une équipe pilotée par Thomas Grison, Secrétaire général du CERAL. Rendez-vous en 2025 !
Stands avant l’ouverture au public ; au premier plan, la librairie ésotérique « Savoir Être », Tours
Quand le mot encyclopédie est prononcé, le maçon ne peut s’empêcher de penser à cet ouvrage monumental publié au XVIIIe siècle sous la direction de Denis Diderot et, partiellement, de Jean Le Rond d’Alembert qu’est l’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers. Et qui dans le langage usuel fait le tour de toutes les connaissances humaines les exposant selon un ordre alphabétique ou thématique.
C’est exactement ce que nous offre Alain Bauer*, professeur de criminologie, entre autres, au Conservatoire national des Arts et Métiers, et Roger Dachez**, médecin, universitaire et historien de la franc-maçonnerie, dans ce treizième volume écrit à quatre mains.
Cet imposant volume aux très belles dimensions (21.9 x 2.7 x 28.8 cm) laisse entrevoir un ouvrage de très belle facture. Tant sur le plan des illustrations que du texte.
Les deux auteurs avaient déjà œuvré en commun pour nous livrer Le petit dictionnaire des vrais et faux frères-Le secret des grands noms de la franc-maçonnerie (Flammarion, 2015) donnant des notices biographiques desdits maçons, ou non, depuis l’apparition institutionnelle de l’Art Royal.
Nous y trouvons, sans compter l’introduction, la filmographie sélective et la bibliographie, vingt-deux thème abordés…
Et citant en exergue le proverbe français « C’est au pied du mur qu’on reconnaît le maçon », le lecteur jugera du résultat : une remarquable histoire de la franc-maçonnerie moderne, des différents rites pratiqués et des membres, hommes et femmes, emblématiques qui ont laissé une empreinte au sein de la Fraternité. De la belle ouvrage ! Une encyclopédie inédite, avec près de 400 entrées, constituant une bibliothèque à lui toute seule.
Jugez-en par les thème traités, en vingt-deux chapitres dont nous égrenons quelques noms :
Les ancêtres – Adam, Adoniram, Cyrus, Moïse, Noé – ; Les précurseurs – Elias Ashmole, Robert Moray William Schaw – ; Fondateurs et pionniers – James Anderson, Lawrence Dermott, Jean Théophile Désaguliers, Étienne Morin – ; Les « Maîtres à penser » – Papus, Bruno Étienne, Jean Mourgues, Camille Savoire Jean-Baptiste Willermoz, Louis-Claude de Saint-Martin – ; Écrivains et poètes – Roberts Burns, Émile Litté, Giacomo Casanova, Joseph de Maistre – ; Les musiciens– Louis Armstrong, Jean-Chrétien Bach, Luigi Cherubini, Joseph Haydn, Wolfgang Amadeus Mozart – ; Peintres, sculpteurs et dessinateurs – Auguste Bartholdi, Jean-Baptiste Greuze – ; Savants, médecins, pilotes et astronautes – Buzz Aldrin, Alexander Fleming, Joseph Lalande, Élisée Reclus – ; Inventeurs et industriels – Samuel Colt, Henry Ford – ; Avocats, policiers et hommes de loi – Adolphe Crémieux – ; Les révolutionnaires – Mikhaïl Bakounine, Philippe Buonarroti, Guiseppe Garibaldi – ; Escrocs, faussaires et charlatans – Cagliostro, le comte de Saint-Germain – ; L’espion(ne) – Le chevalier d’Éon – ; Les sœurs illustres – Joséphien Baker, Annie Besant – ; Guerriers et militaires – Alexandre de Beauharnais Jean-Baptiste Bernadotte, Buffalo-Bill, Gilbert Du Motier de Lafayette, Douglas MacArthur, Robert Surcouf – ; Personnalités politiques et acteurs sociaux – Abdelkader, Salvator Allende, Louis blanc, Marc Blondel, Henri Cavaillet, Winston Churchill, Jean-Luc Mélenchon, Victor Schœlcher, Swami Vivekananda – ; Empereurs, rois et présidents – Mustafa Kemal dit Atatürk, Paul Doumer, George VI, Jules Grévy – ; L’Empire maçonnique – Cambacérès – ; Artistes, comédiens et producteurs – Pierre Dac, Douglas Fairbanks, Clark gable, Peter Sellers, John Wayne – ; Grands Maîtres et dignitaires emblématiques – Georges Martin Richard Dupuy, Gustave Mesureur, Pierre Simon. Gisèle Lefebvre, Édouard de Ribaucourt, Arthur Groussier, Philippe Guglielmi, Frédéric Desmond, Jacques Mitterrand – ; Faux Frères et « presque maçons » – Aristide Briand, Bill Clinton, Henri Dunant, Jean Moulin – ; Film sur ou contre la franc-maçonnerie – Casanova, Da Vinci code, Forces occultes, les fils du désert, le pacte des Loups, le symbole perdu.
Encore une fois, les éditions Gründ, maison fondée en 1884, justifie son qualificatif d’origine de spécialiste de livres sur les beaux-arts.
*Alain Bauer est professeur de criminologie au Conservatoire national des Arts et Métiers, à New York et à Shanghai. Il a été conseiller des plus hauts personnages de l’État pour les questions de sécurité. Alain Bauer est l’auteur de dizaines d’ouvrages. Aux Éditions Plon, il a fait paraître le Dictionnaire amoureux de la franc-maçonnerie (2010), et le Dictionnaire amoureux du crime (2013), plus récemment, il publie, avec 59 chefs, cuisiniers et restaurateurs, Confessions gastronomiques-Le restaurant d’après (Fayard, Coll. Documents, 2021).
Connaître sa biographie complété https://www.fnac.com/Alain-Bauer/ia132354/bio
Roger Dachez
**Né en 1955, Roger Dachez est médecin et universitaire. Président de l’Institut Maçonnique de France (IMF), il a depuis plus de trente ans écrit de nombreux articles, présenté des conférences en France et en Europe et rédigé une vingtaine d’ouvrages sur les origines historiques et les sources traditionnelles de la franc-maçonnerie. Il est notamment l’auteur de L’Invention de la franc-maçonnerie (Véga, 2008), Hiram et ses frères (Véga, 2010), La Franc-maçonnerie (PUF, 2013), Nouvelle histoire des francs-maçons en France (Tallandier, 2019), Franc-maçonnerie : Régularité et reconnaissance, histoire et postures (Conform, 2015) et plus récemment Histoire illustrée du Rite Écossais Rectifié (Dervy, 2021).
Dans le rituel (16 pages) de la » Cérémonie du Premier Grade de l’Ordre Ancien et Maçonnique de la Corde Écarlate » (Mark Masons’ Hall, Londres 2010) un symbole important pour cet Ordre Maçonnique est mentionné : c’est l’Étoile de David (« Le Magen David ») qui se définit comme un puissant talisman lié aux systèmes kabbalistiques :
« Il représente un talisman d’une vertu incommensurable. On le trouve inscrit dans la structure des palais et des temples anciens et modernes, et forme la grande figure centrale de chaque Conclave de l’Ordre du Moniteur Secret. C’est le symbole le plus puissant et le plus renommé de tous les systèmes cabalistiques de l’Orient, ainsi que de l’Occident, et représente le cœur et l’âme même du mysticisme. […] Il fut adopté par le roi Salomon comme son Sceau, et sa puissance mystique fut constamment invoquée dans tous ses rites » (p. 6).
7. » Les Prêtres Chevaliers Templiers de l’Arche Royale » (HRAKTP)
Cet Ordre Maçonnique est réservé aux Maçons Maçonniques (UGLE) qui font également partie de l’ Arche Royale ( Grand Chapitre Suprême d’Angleterre – UGLE) et aux Templiers du « Grand Prieuré d’Angleterre et du Pays de Galles et de ses Provinces d’Outre -mer », également réservé aux Membres de l’UGLE (cf. Grand College of the Holy Royal Arch Knight Templar Priests or Order of the Holy Wisdom, Regulations, Grand College, York 2000, art. 21.01, pp. 13-14).
Le HRAKTP est né en 1924 après une longue préparation commencée vers 1895. Au début ce diplôme faisait également partie du « Grand Conseil » des « Diplômes maçonniques alliés », puis est devenu indépendant tout en entretenant une amitié avec l’AMD (cf. Reg. Cooley, The Holy Royal Arch Knight Templar Priests Of Great Britain and tabernacles Overseas. A Brief History of Grand College , Grand College HRAKTP, Londres 1994 & 1997, pp. 3-4).
L’Initiation HRAKTP se présente comme une Consécration Sacerdotale. Le Grand Prêtre qui dirige le Collège (« HP ») porte une mitre… Le Rituel (41 pages) comprend des passages bibliques, dont : 1Pt 2, 5-9 : nous sommes des pierres vivantes pour un saint sacerdoce accepté par Dieu en Christ Jésus) ; 2Cor 6, 14-16 : quelle alliance entre la lumière et les ténèbres, le Christ et Bélial ?… (cf. Grand Collège de la Sainte Arche Royale Chevaliers Templiers ou Ordre de la Sainte Sagesse, Rituel I, Grand Collège HRAKTP, York 1990 , Révisé 2005, p. 10-11).
Le Candidat doit confesser Jésus comme Prophète-Roi-Prêtre (cf. p. 28). Le paradis est appelé Canaan céleste (« Canaan céleste » : p. 27). Le Candidat est consacré prêtre selon l’Ordre de « Melchisédek » (cf. p. 29), « au nom de Jesu Melchisédek » (p. 31). Le Grand Prêtre confère également 31 « Degrés Appendices » au nouveau HRAKTP, dont certains qui ont des noms très ésotériques : « Maître des Funérailles », « Maître du Bleu ou Chevalier de Salomon », « Chevalier de la Mort ou Elysée » (cf. p. . 32), « Chevalier d’Eleusis », « Chevalier de la Croix-Rouge ou Rosae Crucis » (cf. p. 33).
Bien que Jésus soit reconnu comme Fils de Dieu et Seigneur (cf. p. 36), néanmoins au-delà de la surface chrétienne ou christosophique, le fond et l’ensemble du degré HRAKTP est ésotérique : en effet la consécration présumée et le pouvoir sacerdotal présumé conférés en HRAKTP ils font fi de toute référence ecclésiale et ecclésiastique. C’est un sacerdoce initiatique, ésotérique, sans référence ni à l’Église catholique romaine ni à l’Église anglicane…
J’ai consulté, en format pdf, le Rituel (12 pages) du 10ème et 11ème degré de ces 31 « Degrés Appendices », c’est-à-dire « Chevalier du Nord » (10ème) et « Chevalier du Sud » (11ème) . Au 11ème degré, l’Officier de Loge appelé « Chevalier Maître de l’Ouest » prononce le long discours de reproche que le Prince des Enfers (« Le Prince des Enfers ») adresse à Satan… Selon ce rituel, le Prince des Enfers L’Enfer Belzébuth reproche à Satan d’avoir crucifié Jésus de Nazareth et avec cette mort ils ont été vaincus et leurs prisonniers libérés… Le Prince des Enfers affirme que les avantages acquis par Satan avec l’arbre défendu et l’expulsion d’Eden sont perdus (cf. Arch Knight Templar Priests – Grand College of Great Britain and Tabernacles Overseas,Le Rituel des Degrés de Chevalier du Nord étant le Dixième des Degrés Appendices. & Chevalier du Sud étant le onzième des degrés annexes , copie maîtresse, The Pride of Surrey Tabernacle No 184, High Priest VEKt.Pt. Jack Hindley (Grand High Priest : M.Ill.Kt.Pt. JO Place), sans date ni lieu, p. 4).
Le Prince des Enfers dit à Satan que s’il avait mieux enquêté il aurait trouvé que Jésus n’était pas digne de mort… Et à la place lui, Satan, a fait condamner un innocent… » Belzébuth, le Prince des Enfers » reproche à Satan pour l’avoir emmené aux enfers une personne juste et innocente et cela a libéré tous les injustes et les impies du monde … Le Roi de Gloire (« le Roi de Gloire », c’est-à-dire « Jésus de Nazareth »: p. 4) raconte Belzébuth que Satan sera pour toujours en son pouvoir (c’est-à-dire de Belzébuth) à la place d’Adam et de ses fils justes qui Lui appartiennent, Roi de Gloire :
« » Tandis que le prince de l’enfer parlait ainsi à Satan, le roi de gloire dit à Belzébuth, le prince de l’enfer, Satan, le prince sera soumis à ta domination pour toujours, dans la chambre d’Adam et de ses fils justes, qui sont à moi « » (p. 5 sur 12). Alors Jésus libère Adam et les saints et les attire à lui (cf. p. 5, gras du texte).
La fantaisie maçonnique de ces dialogues révèle quelque chose d’ésotérique ou de gnostique. Le discours du Diable Belzébuth au Diable Satan récité par un Chevalier HRAKTP suggère une certaine « familiarité » en s’identifiant quelque peu à Belzébuth… Le Satan condamné à rester à la place d’Adam est-il réellement promu de l’Enfer des damnés aux Limbes ? Le concept gnostique ou kabbalistique de la rédemption de Satan transpire-t-il ?
Revenons au rituel. Au candidat, le nouveau Chevalier du Sud, le «Chevalier Maître de l’Ouest» donne l’instruction finale dans la «nouvelle philosophie», selon laquelle son Soi est Divin: «“Comme l’océan est votre Dieu-moi; il reste sans souillure. Et comme l’ éther il ne soulève que les ailes. Tout comme le soleil est votre Dieu-moi; […] Mais ton Dieu-moi n’habite pas seul dans ton être »» (p. 9, texte en gras). Alors, Gnose encore…
Je passe au Rituel d’Installation d’un « Grand Prêtre » HRAKTP (12 pages) qui se constitue comme tel « au nom de JM » (Jesu Melchizedek), reçoit l’imposition des mains sur la tête, une onction en forme de croix avec huile sur le front et une nouvelle mitre (cf. Grand College of the Holy Royal Arch Knight Templar Priests or Order of the Holy Wisdom, Ritual II , Grand College HRAKTP, York 1996, Revised 2004, pp. 7-8).
Le « Rituel II » de 1996 (pas celui de 2004) mentionne « La Cérémonie du Grand Point » (pp. 10-11, non numérotée) la définissant comme « une cérémonie des plus sacrées » (p. 10), célébrée une fois par l’année dans la Loggia ou Tabernacle HRAKTP (« tabernacle »), avec usage de pain, de vin blanc, de sel (cf. p. 10).
Un autre texte HRAKTP très intéressant (10 pages) est « Knight Templar Priests as a « Rite of Memory » » (1960), écrit par le franc-maçon GEW Bridge, « Past Deputy Grand Prest » HRAKTP, 33e degré du Rite Ancien et Accepté ( Rose Croix ), membre des » Opérateurs « , etc…
Bridge note que même dans la franc-maçonnerie anglaise, il existe des « Rites d’initiation », et en particulier dans le HRAKTP, également appelé « Ordre de Melchisédek », « Ordre sacerdotal », « Maçon blanc », « Ordre de la Sainte Sagesse », « Templar Ne Plus Ultra » (cf. GEW Bridge, Knight Templar Priests as a« Rite of Memory », The Holy Royal Arch Knight Templar Priests, 1960, p. 1). La figure du « Grand Prêtre » à ce degré a été inventée (« inventé » : p. 5) vers le milieu du siècle. XIX.
Le mot du Degré est « Jesu Melchisédek » (p. 5). Au Grade HRAKTP, le manteau blanc, comme celui des Templiers, et la mitre (d’évêque) blanche sont portés (cf. p. 6).
Bridge explique que le HRAKTP relève aussi des « Grands Rites d’Initiation » dont l’objet est la connaissance de soi et en cela il s’apparente aussi au « système bouddhique » (cf. p. 6). Une fois que le bouddhiste a passé la roue des réincarnations, il peut choisir d’entrer dans le Nirvana ou de retourner sur Terre pour être avec ses compagnons jusqu’à ce qu’ils soient parfaits (cf. p. 7) et le HRAKTP appartient à cette classe d’œuvres symboliques (« KTP appartient à cette classe d’œuvres symboliques « ), parce qu’ils sont, comme déjà » Templiers « , experts dans les techniques des Grands Mystères ( » car nous venons comme Templiers, expérimentés dans la technique des Grands Mystères » : p. 7 ). Bridge voit une similitude entre le statut HRAKTP et bouddhiste (cf. p. 7).
Le symbolisme central dans le « Haut Sacerdoce » HRAKTP est la Lumière (« LUMIÈRE »), et c’est la Lumière spirituelle du » Fiat Lux » primordial qui imprègne l’Univers (« c’est la LUMIÈRE du grand fiat » Qu’il y ait LUMIÈRE « – la LUMIÈRE spirituelle qui imprègne l’Univers »: p. 7, capitale du texte) et c’est la même Lumière que le candidat demande déjà au 1er degré au début de l’itinéraire maçonnique (cf. p. 7 ).
L’initiation à HRAKTP préfigure l’entrée dans la Vie Éternelle, la réception de la Pierre Blanche, le Nouveau Nom, le Pouvoir sur les Nations, la Robe Blanche, l’Union avec Dieu (« nous deviendrons véritablement Un avec Lui » : p. 10 ). Les membres du HRAKTP sont prêtres pour toujours selon l’Ordre de Melchisédek (« et sont ordonnés prêtres pour toujours, selon l’Ordre de Melchisédek » : p. 10).
Bref, même la structure du HRAKTP est le fruit d’une inventivité imaginative dont les éléments prédominants sont l’Ésotérisme, la Gnose et la Magie rituelle, couverts de citations bibliques et de références « chrétiennes » mais à caractère initiatique.
J’ai pu consulter quelques textes rituels de cet Ordre Maçonnique.
Grand Officers Order of Athelstan Apron
Dans « Ritual No. 1 » (33 pages), publié en 2010 par « The Grand Court of the Masonic Order of Athelstan in England, Wales and its Provinces », on trouve quelques références explicites à la culture ésotérique, en particulier à la Kabbale juive .
La Loge est appelée « Cour » et le Vénérable Maître (« WM » : « Vénérable Maître ») se fait passer pour le Roi Athelstan (cf. p. 1). Le rituel dit que le Vénérable Maître est assis à l’Est d’où vient la froide lumière de Vénus (« L’Orient, d’où vient la froide lumière de Vénus »: p. 7) …
Dans le rituel il n’est pas précisé que Vénus est l’Etoile du Matin, aussi appelée Lucifer qui signifie étymologiquement « porteuse de lumière »…
Parmi les Officiers de la « Cour » se trouve « l’Eminent Prieur » (« EP ») qui par une prière invoque une bénédiction sur le Candidat qui porte l’insigne de Maître Franc-Maçon. Dans la prière, le « PE » demande à l’Etre Suprême et Créateur de toutes choses d’envoyer Sa bénédiction à l’assemblée et de guider le Candidat afin qu’il soit rempli de la sagesse d’Enoch (« la sagesse d’Enoch »: 11) et puisse monter un jour au-delà du plan terrestre et passer par la froide lumière de Vénus à la vie éternelle (« et passer par la froide lumière de Vénus à la vie éternelle » : p. 11) .
Traversez la froide lumière de Vénus…
Le mot du nouveau « Court Master Mason » est « W. » ou « Sagesse » (cf. p. 16 ; cf. Key To Ritual 1 , éd. 2010), trans. en italien « Sapienza ». Le rituel indique également le mot hébreu « C. », c’est-à-dire « Chokmah », et « K. », c’est-à-dire « Kether » (cf. p. 16 ; cf. Key To Ritual 1 , éd. 2010), trans. en italien « Corona ». Ce sont les 2 premières Sefirot de l’ Arbre Kabbalistique…
Au cours des instructions maçonniques de l’Ordre d’Athelstan, il est fait référence à Pythagore (« le grand Pythagore » : p. 18) également défini mystique (« mystique » : p. 29), à Elias Ashmole (l’un des premiers francs-maçons spéculatifs), à l’Égypte ancienne et à la Sagesse des Anciens (« comprendre la Sagesse des Anciens » : p. 24). Il est précisé qu’Elias Ashmole était également un étudiant en alchimie : « Célèbre antiquaire anglais, homme politique, officier d’armes, astrologue et étudiant en alchimie » (p. 29).
Je passe au « Rituel n° 2 », publié le 1er août 2010 (9 pages) de « The Grand Court of the Masonic Order of Athelstan in England, Wales and its Provinces » qui a pour objet la consécration du Prieur de la Cour (« Consécration d’un Eminent Prieur » : pp. 4-8).
Dans le rituel, il est indiqué que la franc-maçonnerie s’est largement inspirée du judaïsme et du christianisme pour ses traditions et son symbolisme. Mais il y a aussi d’autres croyances et pratiques antérieures qui se perdent dans la nuit des temps (cf. p. 7). Dans ces anciennes traditions, le chiffre 4 est aussi important que dans les cérémonies des francs-maçons de l’Ordre d’Atelstano (« c’est sous l’influence de ces traditions antérieures que nous accordons de l’importance au chiffre quatre dans nos cérémonies »: p 7) … Vient ensuite le discours du Vénérable Maître (« WM ») tout marqué par la Kabbale juive. Il explique l’importance du chiffre 4 : le Temple de Jérusalem exprime la notion des 4 Mondes qui composent l’existence : Monde Physique, Monde Psychologique, Monde Spirituel, Monde Divin (cf. pp. 7-8). Le « WM » mentionne chaque « Sephirah », c’est à dire les attributs/émanations de Dieu (« chaque Sephirah »: p. 8; « Une émanation divine de Dieu »: p. 9), puis aux 4 Mondes Kabbalistiques: « Azilut », « Beriah », « Yezirah », » Asiyyah « . De plus, il mentionne « Adam Kadmon » (cf. p. 8), c’est-à-dire l’Homme Primordial (« Homme Primordial. Dans la cosmologie kabbalistique, au-dessus du monde d’Azilut »: p. 9), le royaume des « Kelippot », ou le Mal ou l’Enfer (« Enfer »), dans lequel selon les Kabbalistes (« Kabbalistes ») il est possible de se repentir et d’en sortir (« jusqu’à ce qu’ils se repentent » : p. 8).
Traces d’ésotérisme dans les « Degrés annexes » ou « Ordres annexes » de l’UGLE (5ème partie)
9. « Societas Rosicruciana in Anglia » (SRIA)
« Arena » est la revue maçonnique du « Metropolitan Grand Lodge / Metropolitan Grand Chapter » (UGLE) de Londres. Dans le numéro 15 de 2013 ( Numéro 15, Hiver 2013 ), dans l’article « Alors, qu’est-ce que SRIA alors ? « (pp. 25-26), frère . Chris Starnes (franc-maçon de la » Bank of England Lodge » : https://www.freemasonrytoday.com/features/historical-discovery-rare-antique-tracing-boards-found-in-bank-on-england-lodge-s – voûte ) explique en résumé ce qu’est la « Societas Rosicruciana in Anglia » (« Société des Rose-Croix en Angleterre ou SRIA ») : c’est une société chrétienne indépendante(« Une société chrétienne indépendante ») réservée aux Maçons de l’UGLE (ou des Grandes Loges amies avec l’UGLE) qui partagent la foi chrétienne trinitaire (« les principes fondamentaux de la foi chrétienne trinitaire »: p. 25). En réalité c’est une société initiatique et maçonnique dont le « christianisme » est rosicrucien…
SRIA
Frère . Starnes écrit que la SRIA a été fondée à Londres en 1867 par 7 francs-maçons, le principal étant Robert Wentworth Little. Le SRIA a appartenu à d’éminents érudits maçonniques tels que William Wynn Westcott (1848-1925 ; Vénérable Maître du « Quatuor Coronati Lodge N° 2076 » à Londres et spécialiste de la Kabbale juive) et Arthur Edward Waite (1858-1942 ; théosophe, occultiste , auteur, entre autres, de « An Encyclopaedia of Freemasonry », Londres 1921).
Frère . Starnes (à la page 25) écrit que les objectifs du SRIA sont :
a) entraide et encouragement [entre les membres] pour résoudre les grands problèmes de la Vie (« résoudre les grands problèmes de la Vie ») et découvrir les Secrets de la Nature (« et découvrir les Secrets de la Nature ») ;
b) faciliter l’étude du système de philosophie, basé sur la Kabbale juive et sur les doctrines d’Hermès Trismégiste, qui a été inculqué par les Frères de la Rose-Croix en Allemagne en 1450 (« pour faciliter l’étude du système de philosophie fondé sur la Kabbale et les doctrines d’Hermès Trismégiste, qui ont été inculquées par les premiers Fratres Rosae Crucis (Confrérie de la Croix-Rouge) d’Allemagne, AD 1450 « );
c) enquêter sur la signification et le symbolisme de ce qui reste de la sagesse, de l’art et de la littérature du monde antique (« monde antique »).
Les membres du SRIA se désignent par le mot latin « Frater » (Frère).
Parmi les thèmes étudiés dans le SRIA : l’alchimie, le chamanisme, des « philosophes éminents » comme le magicien John Dee et l’alchimiste rosicrucien Robert Fludd (cf. p. 26).
Selon la tradition rosicrucienne, le fondateur de la Fraternité de la Rose-Croix, « CR », ou Christian Rosenkreutz [1378-1484], fut placé à l’âge de 5 ans dans un monastère où il apprit le grec et le latin. Puis dans son désir de connaissance, en tant que garçon, vers l’âge de 16 ans, Christian a voyagé à Chypre, Damas, en Arabie. Bien que chrétien, à l’âge de 16 ans il fut admis par les sages de Damas, musulmans, et resta avec eux pendant 3 ans… Puis il passa de Damas à Fès (Maroc)… Christian Rosenkreutz apprit : les mathématiques, la botanique, Alchimie, magie, cabale. Puis il se rendit en Espagne puis en Allemagne où il fonda la Fraternité de la Rose-Croix (cf. pp. 4-13)…
Très probablement un tel Rosenkreutz n’a jamais existé mais c’est au moins un modèle culturel et légendaire qui incarne ce courant de philosophes et de magiciens, appelés « Rosicruciens », apparu en Europe au moins depuis le XVIe-XVIIe siècle, auquel appartient le SRIA.
Le 31 décembre 1866, deux éminents francs-maçons anglais, William James Hughan (1841-1911) et Robert Wentworth Little (1840-1878), reçoivent les 1er et 2e degrés d’une « Societas Rosicrociana [en] Scotia à Édimbourg (Écosse). » Dont « ‘Maître’ » ou « Magus Maximus » est Anthony Oneal Haye, rédacteur en chef du Scottish Freemasons’ Magazine . Parmi les membres de cette société rosicrucienne écossaise, il y a aussi l’historien de la franc-maçonnerie écossaise de l’époque, David Murray Lyon (cf. p. 68). Au début de 1867 Bro . Hughan et frère . Peu atteignent respectivement les 7ème et 9ème et derniers degrés de cette Société Rosicrucienne d’Ecosse. Entre juin et juillet 1867 à Londres, Bro. Little avec 6 francs-maçons fonda la « Société Rosicrucienne d’Angleterre » qui s’appellera plus tard, comme elle l’est aujourd’hui, « Societas Rosicruciana in Anglia » (cf. pp. 70-73).
Frater Greensill explique en résumé que les 4 Anciens (« les quatre Anciens »), c’est-à-dire les 4 Officiers du » Collège » (= Loge) SRIA, représentent les 4 Éléments Terre-Air-Eau-Feu auxquels les 4 Mondes sont reliés [Qabalistique] : « La Terre, le Monde Matériel ; Air, le Monde Formateur; L’Eau, le Monde Angélique ; et le Feu, la Demeure de la Divinité » (p. 75).
Concernant l’expansion du SRIA dans les premières années de sa fondation, vers 1869-1870 au « Collège » SRIA de Weston-super-Mare il y a aussi des Maçons du 18ème et 30ème degré Rose-Croix ou Rite Ancien et Accepté (cf pp. 109-110). Parmi les membres éminents de la SRIA dans la province de Bristol figurent George Irwin 30° (« Provincial College of Bristol and Neighboring Counties – Frater Francis George Irwin, 30, Chief Adept »: p. 109) et Benjamin Cox 30° « Provincial Secretary -General » (cf. p. 109). A cette époque, George Irwin reçut le 31e degré du Rite Ancien et Accepté (cf. pp. 111-112).
En 1871, Benjamin Cox 30e produisit un certificat pour les nouveaux membres SRIA du Collège provincial de Bristol (cf. pp. 117-119). Frater Greensill explique que dans « The ‘Cox’ Certificate » il y a, entre autres, quelques signes du 31e degré A&AR, et les mots « ‘ Le regne de Phtha est eternel ‘ » (p. 119). Phtha est un ancien dieu égyptien, bâtisseur, démiurge…
Dans ce certificat Bristol SRIA, les colonnes [maçonniques] « Jachin » et « Boaz » sont disposées en forme de croix : Jachin, vertical, représente le principe masculin ; Boaz, horizontal, représente le principe féminin. De l’union de Jakin et de Boaz se produit la Lumière… (« L’union des deux produit + ou Lux » : p. 121). Jachin et Boaz représentent aussi la Vie et la Mort (« la vie et la mort » : p. 121).
Bref, la foi chrétienne professée par les francs-maçons du SRIA et de la Rose-Croix ou Rite Ancien et Accepté (et il est possible d’appartenir à la fois au SRIA et au RC ou A&AR) ne coïncide pas avec la foi dogmatique de l’Église romaine , mais avec le « christianisme » rosicrucien…
Je passe au chapitre 8 (« Distinguished Brothers of the Society »: pp. 319-368) du livre de Greensill, où certains membres renommés de la SRIA sont mentionnés. Les voici:
Robert William Felkin (1853-1926). A partir de 1882, avec sa femme, il développe un intérêt pour les sciences et pratiques occultes (« sciences occultes », « occultisme pratique »). En 1894, il rejoint « l’Ordre Hermétique de la Golden Dawn » à Édimbourg. Cela a commencé dans la franc-maçonnerie en 1907 à Édimbourg. En 1907, il rejoint le SRIA où en 1912 il obtient le 8e degré. Il fonde également trois temples de la « Stella Matutina » qui est une scission de la « Golden Dawn »« . Fonde à Londres un « Secret College » de la « Stella Matutina » réservé aux membres du SRIA. En 1916, Felkin est nommé « inspecteur général » des « collèges coloniaux » de la SRIA. En 1916 il quitte Londres, se rend en Nouvelle-Zélande où depuis 1918 il est SRIA « Chief Adept for the Dominion ». Felkin a implanté le SRIA Rosicrucianisme en Nouvelle-Zélande (cf. pp. 324-327).
Frederick Hockley (1808-1888) avait un grand enthousiasme pour diverses formes d’occultisme (« diverse form of occultism ») : alchimie, astrologie, kabbale juive, magie, textes rosicruciens… Il pratiquait également la voyance et le spiritisme. Il est devenu franc-maçon (UGLE) en 1864. En dehors de l’ Arche Royale , il ne faisait partie d’aucun autre corps maçonnique. En 1872, grâce à Irwin, Hockley rejoint le Bristol College SRIA. En 1875, il fait partie du Metropolitan College SRIA de Londres (cf. pp. 328-330).
Greensill écrit que Hockley était admiré comme un grand occultiste par des membres renommés de la SRIA de son temps (FG Irwin, Dr. Woodman…) et même par la fondatrice de la Société Théosophique, Madame Blavatsky (cf. p. 330). Greensill reconnaît également que Hockley était: « certainement les plus grands occultistes de son époque, et certainement le plus grand au sein de notre société » (p. 330).
William James Hughan (1841-1911), initié franc-maçon en 1863, progresse dans divers « Side Degrees » de la franc-maçonnerie régulière anglaise. Il appartient également à la « Loge d’émulation de l’instruction ». En 1874, Hughan obtient le grade de « Past Senior Grand Deacon » à l’UGLE. Il est célèbre pour de nombreuses études sur la franc-maçonnerie britannique, a appartenu à diverses loges maçonniques et associations de recherche sur la franc-maçonnerie. Fondateur et membre du « Quatuor Coronati Lodge No. 2076 » à Londres. Il atteint la 9e année au SRIA où il reçoit le grade honorifique de « Past Supreme Magus » (cf. pp. 331-336).
Francis George Irwin (1828-1893), initié franc-maçon en 1857, rejoignit le SRIA en 1867, fonda le Bristol College of the SRIA en 1869 et fut nommé « Chief Adept » de la province SRIA de Bristol. À la mort de son fils unique, Herbert, 28 ans, également franc-maçon et SRIA à Bristol, Irwin a pris sa retraite de la direction du Bristol College SRIA et de divers engagements maçonniques et spirites (« Spiritualisme »). Puis vers la fin de sa vie, il reprend quelques activités : il rejoint le « Quatuor Coronati Lodge N° 2076 » à Londres et devient membre d’un « Ordre magique » appelé « ‘The Celestial Brotherhood’ » (cf. pp. 337 -339) .
Rudyard Kipling (1865-1936), initié franc-maçon en 1886, très intéressé par le symbolisme et l’aspect ésotérique de la franc-maçonnerie (« le côté ésotérique de la franc-maçonnerie » : p. 341), rejoint le SRIA et, en 1918, le « Quatuor Coronati Cercle de correspondance ». En 1909, il fut admis au SRIA Metropolitan College de Londres, dont il resta membre jusqu’à sa mort en janvier 1936. Au SRIA, Kipling n’avança pas au-delà du premier degré de Zelator . Kipling fut également l’un des membres fondateurs de la Loge « Bâtisseurs de la Cité silencieuse N°12 » de la Grande Loge Nationale Française (cf. pp. 340-341).
Greensill explique que l’intérêt de Kipling pour le symbolisme maçonnique et l’aspect ésotérique de la franc-maçonnerie est clair non seulement dans le roman » Kim » (1901) mais aussi dans des histoires telles que » L’homme qui voulait être roi » (1888).
Douglas Knoop (1883-1948), économiste, maître de conférences à l’Université de Manchester, franc-maçon, en 1923 membre du Cercle de Correspondance du « Quatuor Coronati Lodge N° 2076 » à Londres dont il sera membre titulaire en 1931, Vénérable Maître en 1935, et spécialiste renommé des textes maçonniques anciens. En 1925, il est admis au SRIA (cf. pp. 342-345).
John Heron Lepper (1878-1952), initié comme franc-maçon en Irlande en 1901, puis en 1918 il rejoint la franc-maçonnerie anglaise. En 1913, il fait partie du Cercle de Correspondance du « Quatuor Coronati Lodge No. 2076 » dont il devient membre effectif en 1922 et Vénérable Maître en 1924. En 1922, Lepper entre au SRIA (cf. pp. 346-350).
Kenneth Robert Henderson Mackenzie (1833-1886), passionné d’occultisme, auteur d’une encyclopédie maçonnique, la « Royal Masonic Cyclopaedia », Londres 1877 (cf. pp. 351-353).
Charles Fitzgerald Matier (1880-1914), Écossais, débuta franc-maçon à Édimbourg en 1863 au « St. Clare Lodge No. 34 ». Elle adhère également à la Franc-Maçonnerie Anglaise [UGLE] où elle procède à la promotion des Ordres Maçonniques ( » Side Degrees « ) sous la protection de la » Trademark » Franc-Maçonnerie Anglaise ( Mark Masonry , ou GLMMM, voir ici : https://www. corrispondenzaromana.it / traces-de-ésoteric-in-side-degrees-o-appendant-orders-della-ugle-2a-parte / ). En 1871, Matier entre au SRIA où il obtient rapidement le 9e degré (cf. pp. 354-356).
Samuel Liddell Mathers (1854-1918), passionné de magie, initié à la franc-maçonnerie en 1877, puis admis au SRIA en 1882, a supervisé la ritualité de » l’Ordre Hermétique de la Golden Dawn « , un ordre initiatique ouvert aux hommes et aux femmes, accro à la magie, à la Kabbale hébraïque, à l’hermétisme… Peu de temps après son admission au SRIA, Mathers ajouta « MacGregor » à son nom. En 1886, il reçoit le 8e diplôme honorifique. En 1903, il quitte le SRIA, mais continue ses activités magiques à Paris (cf. pp. 357-359).
Arthur Edward Waite (1858-1942), en 1891 est admis à la » Golden Dawn » grâce à Westcott. En 1893, Waite quitta la « Golden Dawn » et y retourna en 1896 ; puis en 1899 il entre dans le 2ème Ordre de la « Golden Dawn », c’est-à-dire les « Rosae Rubeae et Aureae Crucis ». En 1901, Waite entre dans la franc-maçonnerie, et en 1902 dans la SRIA dont il démissionne en 1914 pour des conflits avec un membre très difficile de la SRIA (Cadbury-Jones). Waite crée un ordre indépendant, scission de la « Golden Dawn » qui se ferme en 1914 (cf. pp. 360-362). Créez ensuite un autre Ordre, « Communauté de la Rose-Croix”, Un Ordre Rosicrucien pour hommes et femmes, parmi les membres duquel se trouvaient certains qui occupaient des postes importants dans le SRIA, dont WR Semken, Mage Suprême SRIA (cf. p. 362).
John Yarker (1833-1913), membre du SRIA depuis 1871, publie des articles sur les Actes du « Quatuor Coronati Lodge N° 2076 ». De 1882 à 1889 Yarker édita « The Kneph », la revue officielle du « Rite Antient and Primitive » dont il est le guide. Yarker délivre à Madame Blavatsky un certificat d’appartenance au Rite Ancien et Primitif (cf. pp. 363-365).
Les « Fratres » susmentionnés et renommés du SRIA, entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle, étaient des spécialistes des sciences ésotériques. De plus, j’observe que les cas des francs-maçons Westcott, Hughan, Knoop, Lepper et Yarker (et il y en a d’autres) montrent que même des savants renommés de l' » Authentic School » du » Quatuor Coronati Lodge N° 2076 » à Londres (habituellement , et peut-être superficiellement, présentés comme hostiles à l’Ésotérisme et aux études ésotériques) pourraient en réalité, en même temps, cultiver des appartenances, des études et des pratiques liées à l’Ésotérisme. Donc précisément dans le SRIA.
Voyons un peu la structure interne du SRIA qui se compose de 9 degrés répartis en 3 Ordres :
«LE PREMIER ORDRE
Grade I – Zelator
Grade II – Théoricus
Grade II – Stage
Degré IV – Philosophe ».
«LE SECOND ORDRE
Degré V – Adeptus mineur
Degré VI – Adeptus Major
Degré VII – Adeptus Exemptus ».
« LE TROISIÈME ORDRE
8e année – Magistère
9e année – Mage ». (cf. Robert E. Rowland, IX°, Ordinances of the Societas Rosicruciana in Anglia , Revised, London 1995, art. I.3, p. 4).
Dans le texte « Notes pour le Zelator », pour le nouveau membre du 1er degré SRIA (fichier pdf, pp. 10), au paragraphe « La Kabbale », la grande importance de la Kabbale juive pour le SRIA, pour la Franc-Maçonnerie des Trois Degrés (« le Métier ») et pour les autres degrés :
« Lors de votre admission dans la Société, on vous a dit que » Parmi les secrets de la Nature se trouvent les écrits des Kabbalistes qui incluent la démonstration de l’Essence Éternelle de Dieu, la clé du gouvernement de l’Univers, et les pouvoirs et propriétés de Nombres « . La Kabbale, la doctrine ésotérique des Juifs, est l’une des clés d’une plus grande connaissance dans la Société, et elle est évoquée plus en détail dans les Grades supérieurs. Dans le système kabbalistique, les lettres et les chiffres sont interdépendants, et ce système peut aider le chercheur à approfondir les couches de sens contenues dans les Écritures. L’Arbre de Vie, ce grand glyphe de la Kabbale, avec ses Sephiroth (Principes) et ses Chemins de liaison, est une échelle vers Dieu et un miroir pour nous-mêmes et nous pouvons tous bénéficier d’une étude de cette méthode de développement spirituel. En ce qui concerne la puissance et les propriétés des nombres, certaines informations sont fournies dans ce Grade. C’est une branche importante du symbolisme et une clé du symbolisme de l’artisanat et d’autres degrés de la franc-maçonnerie ainsi que du SRIA « (Societas Rosicruciana In Anglia,Notes pour le Zelator , sl, sd, fichier pdf, p. 5).
Dans la « Conclusion » le nouveau » Zelator » est invité à assumer Christian Rosenkreutz comme modèle de service aux Frères (SRIA) et à l’humanité : « […] vous avez un exemple à suivre, notre vénéré fondateur Christian Rosenkreutz » (page 6).
Plus loin, dans la section « Lectures recommandées » (page 9), parmi les textes recommandés pour l’étude de la Kabbale hébraïque, on trouve « L’Arbre de Vie » de Z’ev ben Shimon Halevi et « Qabalah » de John Bonner. Et pour une étude plus approfondie (« Pour une lecture plus approfondie sur la Kabbale ») : la « Kabbale mystique » de Dion Fortune et le « Jardin des grenades » d’ Israel Regardie . De plus, les livres de Gareth Knight et de William Gray sont également recommandés (cf. p. 9).
Voyons quelque chose de ces textes de Regardie et Fortune.
Israël Regardie (1907-1985 ; ancien membre de l’« Aube dorée ») explique qu’à la 26ème voie de l’Arbre Kabbalistique (voie initiatique entre les Séphirot divins ) correspondent : les organes sexuels masculins et féminins, les divinités sexuelles telles que Bacchus, Pan et Dionysos, Lame N°15 du Tarot ou le Diable, le Diamant Noir, la Couleur Noire… L’ensemble est un symbole de l’Intelligence Rénovatrice (« « L’Intelligence Rénovatrice » » : cf. Israel Regardie, « Un Jardin of Pomegranates. An Outline of the Qabalah », Llewellyn Publications, St. Paul, Minnesota USA, 1987, pp. 85-86).
Dans le livre « The Mystical Qabalah » (Samuel Weiser, Inc., York Beach, Maine – USA, 1999), l’occultiste Dion Fortune (1890-1946 ; écrivain, ancien membre de la « Golden Dawn », fondateur de la « Society of the Inner Light ») affirme la théorie de l’équilibre entre le bien et le mal (« Equilibrium » : p. 300). De plus, Dion Fortune déclare que :
classer les forces comme bonnes et les autres comme mauvaises fait tomber dans l’hérésie du dualisme (« l’hérésie fondamentale du dualisme » : p. 300) ;
Lucifer est le Porteur de Lumière (« Lucifer est le Porteur de Lumière » : p. 300) ;
le mal ne doit pas être détruit mais seulement absorbé et harmonisé (« Nous ne pouvons pas traiter le mal en le coupant et en le détruisant, mais seulement en l’absorbant et en l’harmonisant » : p. 300).
Voici quelques contenus de la culture initiatique qui peuvent également être assimilés par les maçons UGLE de foi chrétienne, membres du SRIA.
Le Carbonarisme (pour l’Italie) ou Charbonnerie (pour la France) est un mouvement initiatique et secret, à forte connotation politique, présent en Italie, en France, au Portugal et en Espagne au début et au milieu du xixe siècle ; il a notamment contribué au processus de l’unification de l’Italie.
Les origines
Les compagnonnages charbonniers (XIe-XVIIIe siècles)
La Charbonnerie tire son nom des rites d’initiation des forestiers (rituels forestiers) fabriquant le charbon de bois à l’origine dans le Jura et en Franche-Comté.
Ces sociétés de « bons cousins charbonniers » (B:.C:.C:.) sont très antérieures au phénomène politique du carbonarisme. Issues de l’ancienne corporation du métier de charbonnier, ces associations usaient de signes secrets de reconnaissance et favorisaient l’hospitalité et l’entraide. Chaque section locale d’une société des « bons cousins » s’appelle une « vente » (vendita en italien) – une vente est le nom donné au contrat de coupe de bois, par extension à la parcelle de forêt concernée par cette coupe réglée.
Le drapeau carbonariste
La tradition du compagnonnage charbonnier se réfère à la figure de saint Thibaut, fils d’un noble champenois et à sa légende, prégnante du Luxembourg et de la Belgique à l’Italie, peu après l’an mil. Ce courant s’apparente au courant érémitique des camaldules et, par la suite, à leurs cousinages franciscains. Comme tous les compagnonnages au Moyen Âge, il était lié à la pratique du pèlerinage de Compostelle.
Mais à la différence des compagnonnages de maître Jacques, de Salomon et du père Soubise (le plus proche car regroupant les métiers du bois et les premiers compagnonnages de couverture), les charbonniers refuseront de s’« embourgeoiser », respectant en cela, volontairement ou non, le détachement du fondateur mythique vis-à-vis du monde. D’où la réalité et les légendes de forêts abritant proscrits et rejetés de la société, au long des siècles, notamment pendant la guerre de Cent Ans ou les guerres de religion, de rencontres « fortuites » de nobles « se perdant dans la forêt » et se faisant initier aux rites des plus humbles de leurs sujets : François Ier, Henri IV…
Les débuts du carbonarisme politique (début XIXe siècle)
Le phénomène politique de la Charbonnerie a d’abord été italien, avant de revenir par la suite en France. C’est le révolutionnaire français Pierre-Joseph Briot, franc-maçon du rite de Misraïm et « Bon cousin charbonnier » du rite du Grand Alexandre de la confiance, qui introduit ce rite à Naples, à la fin de l’année 1809. Il participe probablement à l’unification de divers groupes italiens sous l’égide de la Carbonaria.
La figure de l’Italien Buonarroti, lui aussi héritier de l’illuminisme émancipateur du christianisme ésotérique du xviiie siècle (avec des sources rosicruciennes) doit être mise en valeur : il a été l’âme, avec Briot, d’insurrections en France et en Italie, dans la future Belgique et jusqu’en Pologne, à la tête de la Haute Vente.
Les sociétés secrètes de la mouvance carbonariste sont à l’origine de la première grande vague d’agitation contre l’ordre établi en 1815 par le Congrès de Vienne. À une revendication de libéralisation du système politique s’ajoute, le cas échéant, la volonté d’unité ou d’indépendance nationale. L’inquiétude du pouvoir vis-à-vis du mouvement carbonariste transparaît dans plusieurs passages du roman de Stendhal, Lucien Leuwen (1834).
En Italie
Plaque à la mémoire d’Angelo Targhini et Leonida Montanari, condamnés à mort par le pape en 1825 (Rome, piazza del Popolo).
Après 1817, le carbonarisme entretint une agitation endémique dans la péninsule italienne. Elle débuta par le soulèvement de Macerata, dans les Marches pontificales (1817), et elle culmina dans la vague révolutionnaire de 1820-1821, à Naples et en Piémont où Charles-Albert de Savoie-Carignan, héritier du trône, avait encouragé les conspirateurs.
En juillet 1820, une insurrection dirigée par le général Guglielmo Pepe fut organisée à Naples par la Carbonaria pour obtenir de Ferdinand Ier une constitution.
Ces mouvements furent condamnés par les puissances conservatrices, dans le cadre de la politique des Congrès : congrès de Troppau en octobre 1820 (qui autorise l’intervention directe de l’Autriche) et de Laybach en janvier 1821.
En mars 1821, les Carbonari dirigés par l’officier Santorre di Santarosa orchestrèrent un nouveau soulèvement dans le Piémont qui mena à l’abdication du souverain Victor-Emmanuel Ier et à l’accession de son frère au pouvoir Charles-Félix. Dans les deux cas, le souverain accorda une constitution avant que les troupes autrichiennes n’interviennent pour rétablir l’absolutisme. Les constitutions furent ensuite abrogées et la répression féroce.
L’échec de ces mouvements déclencha une réaction des autorités dans les États pontificaux et dans le royaume lombard-vénitien. Les condamnations, puis les souffrances, dans les cachots du Spielberg, de Silvio Pellico et Pietro Maroncelli (1820), de Federico Confalonieri, Andryane et Pallavicino (1823-1824) sensibilisèrent l’opinion européenne à la cause italienne.
Les carbonari étaient généralement considérés comme étant farouchement anticléricaux, et plusieurs affaires de l’époque mettent en relief l’opposition farouche entre ce mouvement et l’Église catholique, dont la plus célèbre demeure l’hypothétique « conspiration de la Haute-Vente ». Le document La Formation Permanente de la Alta Vendita (Haute Vente), était un document attribué aux Carbonari par leurs adversaires politiques, qui dressait tout un plan d’infiltration et de corruption de l’Église catholique. Ces papiers tombèrent entre les mains de Grégoire XVI. Ce document fut publié à la requête du Pape Pie IX par Jacques Crétineau-Joly dans son livre : L’Église Romaine en face de la Révolution. Par son bref d’approbation du 25 février 1861 adressé à l’auteur, le Pape Pie IX a garanti l’authenticité des documents révélés mais il n’a autorisé personne à divulguer les vrais noms des membres de la Alta Vendita impliqués dans les documents, dont le pseudonyme de Nubius. Après cette affaire, l’abbé George Dillon dénoncera les liens entre la Franc-maçonnerie et les carbonari. Parmi les documents mis à la disposition de Crétineau-Joly pour écrire son livre figure une lettre attribuée à un membre de la Haute-Vente, nommé Piccolo-Tigre, fondateur lui-même d’une Vente, qui aurait écrit à ses membres le 18 janvier 1822 des instructions sur les moyens à prendre pour racoler des membres importants.
Le drapeau de la Giovine Italia.
C’est en rupture avec le carbonarisme que naquit le mouvement Giovine Italia (« Jeune Italie »), créé à Marseille en 1831 par des carbonari en exil, et dirigé par Giuseppe Mazzini. Après en avoir été un des dirigeants5, il commença une analyse de l’échec des émeutes dans les duchés et les légations pontificales de 1831 et il pensa que les groupes carbonari avaient échoué surtout en raison de la contradiction de leurs programmes et l’hétérogénéité de la classe qui en faisait partie et qu’il n’avait pas été possible de réaliser une amplification du mouvement insurrectionnel en raison de l’étroitesse des projets politiques des différentes provinces, il en avait été ainsi lors des émeutes de Turin de 1821 quand les tentatives de fraternisation avec les Lombards avaient échoué. Enfin il fallait renoncer, comme en 1821, à rechercher l’appui des princes et, comme dans les émeutes de 1830-1831, l’aide des Français.
Buonarroti, alors inspirateur des carbonari avant sa disparition en 1838, ne vit pas le plus grand achèvement pratique de son œuvre : la libération et réunification de l’Italie en partie menée par le « Bon Cousin » Garibaldi, par ailleurs illustre hiérophante de Memphis Misraïm : ce qui prouve, s’il en était besoin, l’étroite relation entre l’institution « belle et rebelle » de la maçonnerie et les carbonari, la première servant de vivier à la seconde.
En France
Restauration et monarchie de Juillet (1815-1848)
Louis-Philippe (1773-1850), « roi des Français »
La répression de l’opposition politique par la Restauration suscita, la floraison entre 1815 et 1830 d’une série de sociétés secrètes, à vocation politique, ayant pour objectif le renversement de la dictature. Précédée par les Illuminés de Bavière (1776-1785), les Bons Cousins charbonniers de Franche-Comté à la fin du XVIIIe siècle, les Carbonari italiens à partir de 1810, l’Union de Joseph Rey à partir de 1816, enfin par la loge maçonnique des Amis de la liberté créée en 1820, le puissant mouvement de la Charbonnerie française organisa en 1822 une série conséquente de conspirations militaires. Le secret, l’initiation, la stricte hiérarchisation, les traditions maçonniques mystiques ainsi que celles du compagnonnage, vont fournir un cadre idéal au mouvement révolutionnaire du premier quart du XIXe siècle. Les échecs de ces sociétés secrètes seront dus à l’hétérogénéité de leurs membres, et leur absence de programme politique précis. La conspiration permanente fera place, à partir de 1833, à la Charbonnerie démocratique universelle, qui s’efforcera plutôt de former politiquement l’opinion.
La Charbonnerie se répandit en France vers 1818. De type politique, rassemblant des républicains, des bonapartistes et, en général tous les mécontents, elle s’opposa à la Restauration, organisant des complots pour la renverser. La police française estima leur nombre à 20 000 pour la seule ville de Paris et ils étaient répandus sur 25 départements.
Le conseil suprême de la société secrète était nommé Haute-Vente. Il se composa d’abord des membres suivants : Bazard, Bonnias, Flottard, Buchez, Dugied, Cariol et Limpérani, fondateurs de la Charbonnerie ; en 1820, ils furent rejoints par La Fayette et son fils, par Dupond de l’Eure, Voyer d’Argenson, Manuel, de Corcelle père, François Mauguin, Barthe, Mérilhou, Beauséjour, Jean-Jacques Koechlin et de Schonen. Pendant l’été 1820, la conspiration dite du bazard français impliquant La Fayette est découverte avant son déclenchement. Le gouvernement modère la répression afin de ne pas susciter une mobilisation trop forte9.
Cette Haute-Vente dirigeait les Ventes particulières composées de vingt membres. Ce mouvement était cloisonné, ceux des ventes inférieures ne connaissaient pas ceux des ventes supérieures et les ventes étaient inconnues les unes aux autres. Chaque membre versait une cotisation mensuelle d’un franc germinal et devait se pourvoir d’un fusil et de cinquante cartouches. Chaque vente devait se tenir prête à obéir sans discussions aux ordres de la vente supérieure.
Très active de 1820 à 1823, elle ne conduisit qu’à des coups de main que le pouvoir put déjouer sans grande difficulté. En décembre 1821, un premier complot est découvert au sein de l’école de cavalerie de Saumur. Début 1822, des complots similaires sont déjoués à Belfort, Toulon et Nantes. Le 25 février 1822, des éléments de la garde nationale sous les ordres du général Berton s’emparent de la ville de Thouars et marchent vers Saumur le lendemain, mais échouent à mobiliser la population. C’est à cette période qu’éclate l’affaire des quatre sergents de La Rochelle qui a le plus fort impact sur l’opinion. La condamnation à mort et l’exécution des sergents Bories, Pommier, Raoulx et Goubin en font des icônes du mouvement républicain.
La dispersion de ses chefs en 1822 lui fut fatale ; plusieurs de ses membres influents se rallièrent au gouvernement de Louis-Philippe Ier en 1830 et d’autres fondèrent la Charbonnerie démocratique selon les théories de Babeuf.
Seconde moitié du xixe siècle
L’industrialisation eut ainsi raison de mouvements dont la base sociologique était surtout celle des artisans. Les derniers carbonari, pour se limiter à ce que nous connaissons en France, après la Commune et l’avènement de la très bourgeoise Troisième République, dans un climat de positivisme scientiste, se réfugièrent dans les quelques loges de Memphis-Misraim où l’Illuminisme subsistait, à couvert.
Dans les années 1880, la loge indépendante « arc en ciel » s’agrégea au Grand Orient. Parallèlement, le Martinisme naissant, bâti par le docteur d’Encausse, devait préserver, avec quelques anciens affiliés, certains symboles, tels les draps blanc, rouge et noir, le bâton, les masques et son caractère chrétien ésotérique.
Ailleurs, à travers Memphis Misraim en Italie, Amérique du Sud et Proche-Orient (dont le Liban), le carbonarisme persista, toujours inclus dans la « coque » du rite « égyptien » et devait s’imprégner de philosophie anarchiste et libertaire comme ce fut aussi le cas en France (d’Enfantin aux joyeuses ventes de Belleville, abâtardissement[non neutre] sans plus aucune référence chrétienne) : il inspira aussi par quelques compagnons, le syndicalisme révolutionnaire dont la CGT du début du XXe siècle puis la CNT (espagnole et française) arborent toujours les couleurs rouge et noire…
xxe siècle
Musée du Compagnonnage, Tours
Dans l’aspect rituel, au xxe siècle, en France, Memphis Misraim et le martinisme, à travers leurs vicissitudes, devaient conserver les archives et l’esprit des ventes carbonari : à travers ces filiations et celle d’une pratique familiale, le 9 septembre 1981, fut institué l’ordre des bons cousins forestiers rétabli, au milieu des clairières de Paris et de Normandie, près de Rouen, avec des ventes en Belgique.
Roger Lecotté, fondateur du musée du Compagnonnage de Tours et lui-même compagnon, fut, dans ses dernières années, membre de l’ordre et contribua à préserver, avec sa connaissance des rituels charbonniers anciens, le caractère compagnonnique du rite.
Le 9 septembre 1983, une patente signée avec le très illustre hiérophante Iacobus d’une lignée de Memphis Misraim issue du Liban, donna à l’ordre une assise supplémentaire dans la transmission et de l’esprit et de la forme: entre les membres de la haute vente, par patente, une équivalence de grades instituée entre Supérieurs inconnus martinistes et Premiers Compagnons dirigeant les ventes. Cet apport de l’Orient devait éclore quelques années plus tard dans la mise à jour d’un courant soufi chrétien souterrain, autour du « cinquième évangile ». Le rituel alors pratiqué est d’ailleurs publié dans un des ouvrages du T I Iacobus (Les dix roues secrètes).
Parallèlement, une résurgence d’une lignée différente (rite des fendeurs), reprenant le rite du chevalier de Beauchêne, fut menée par le grand maître de la grande Loge Humanitas. Cette résurgence est actuellement reprise par la Haute Vente de la Renouée.
Au Portugal
Au Portugal, une première « Carbonária Portuguesa » est établie en 1822. Dans les premières décennies, le carbonarisme a des ambitions limitées, et surtout localisées : différentes associations indépendantes font leur apparition, peu liées entre elles et avec une faible capacité d’intervention sociale. De manière générale, ces associations durent peu et laissent peu de trace historique.
Une Carbonária qui joue un rôle d’importance dans la politique nationale portugaise est fondée en 1896 par Luz de Almeida (pt). Elle exerce une certaine activité dans le domaine de l’éducation populaire et est impliquée dans différentes conspirations antimonarchique. Elle reste dans l’Histoire pour sa participation à l’assassinat du roi Charles Ier et du prince héritier Louis-Philippe, et à la révolution du 5 octobre 1910 où elle est associée au Parti républicain.
La Société Martinès de Pasqually a été fondée en 1989. Elle a son siège à Bordeaux, là où Martinès de Pasqually a vécu dix ans et a donné forme à son ordre : l’Ordre des chevaliers maçons élus coëns de l’univers, pour en reprendre ici l’intitulé complet. Elle a pour vocation de constituer un lieu d’échanges pour une connaissance plus approfondie de la vie, de l’œuvre et du rayonnement de Martinès de Pasqually et a pour objet de faire travailler ensemble ceux qui tentent de reconstituer les évènements de sa vie, spécialement à Bordeaux et à Saint-Domingue, et ceux qui étudient les sources, les origines et les manifestations de sa pensée prise dans le contexte historique et maçonnique de son époque.
À cet effet, ses fondateurs se sont engagés à travailler selon des normes scientifiques et universitaires rigoureuses, en recherchant la plus grande objectivité possible.
Depuis 1989, ce projet de recherches, essentiellement historiques, a pu être maintenu et poursuivi grâce à la collaboration sans cesse croissante de nouveaux adhérents et de nouveaux chercheurs.
Fruit de ses activités, à chaque automne, la Société Martinès de Pasqually édite un bulletin annuel réservé à ses adhérents. La cotisation annuelle y est actuellement de 10 € par personne pour l’association, somme à laquelle il faut ajouter 15 € pour l’abonnement au bulletin sous forme imprimée ou 8 € pour l’abonnement sous forme PDF.
Le sommaire du numéro 32 :
Martinès de Pasqually
Avant-propos du président – cotisation 2022 – Assemblée générale 2022
Les articles : In memoriam Antoine Faivre, 5 juin 1924 – 19 décembre 2021. Souvenir amicaux épars, par Jean-François Var – Un illuminé du siècle dernier, par Jean-Louis Boutin – L’Ordre des chevaliers, maçons élus coëns de l’univers : un projet opératif plutôt qu’une nouvelle résurgence, par Rémi Boyer – Antoine Court de Gébelin, élu coën ? par Fadi Caledit – Présentation du corpus élu coën – 8, par Thierry Lamy – Martinès de Pasquali et Jacob Boehme : lumières sur un lien méconnu, par Jean-Marc Vivenza – Livres et revues – Sommaire des numéros parus à ce jour