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« Expéditions en Égypte, des carrières d’Hatnoub aux grandes pyramides », l’expo de l’été à Saint-Romain-en-Gal (69)

Cette exposition a pour objectif de présenter la mission archéologique d’Hatnoub, dédiée à la fouille et à l’étude des inscriptions d’une carrière d’extraction d’albâtre calcite, exploitée dès l’aube de la civilisation pharaonique dans le désert oriental égyptien. Ce matériau de prestige, prisé des rois et des Hommes, a généré de remarquables dispositifs d’extraction des blocs sur cette carrière antique.

L’exposition cherche à rendre compte du travail des égyptologues et de ses évolutions sur ce site, depuis la naissance de la discipline jusqu’à nos jours. Elle propose de dresser un état des connaissances des outils et des nouvelles technologies appliquées à l’étude épigraphique, de la reconstitution des procédés techniques de l’extraction de l’albâtre, de la taille de la pierre et de l’outillage.

Enfin, elle dévoilera de nouvelles observations permettant de reconsidérer totalement les théories liées à l’édification des pyramides.

Hatnoub est un site prestigieux utilisé, dès l’époque prédynastique, dans la production artisanale comme dans l’architecture, pour son albâtre calcite. L’albâtre étant un matériau naturel blanc utilisé en taille de pierre et en sculpture.

En savoir plus en lisant ARCHÉOLOGIA HORS-SÉRIE N° 36, Juin 2022

« Expéditions en Égypte, des carrières d’Hatnoub aux grandes pyramides »

Le musée :

À 30 minutes au sud de Lyon, entre Méditerranée et Bourgogne sur la rive droite du Rhône, le musée et le site archéologique à Saint-Romain-en-Gal, situé au cœur de l’ancienne cité romaine de Vienna, dévoilent plus de 2 000 ans d’histoire antique. Sur sept hectares, ce vaste ensemble géré par le Département du Rhône, transporte les visiteurs dans une des plus riches cités de la Gaule romaine des Ier et IVe siècles après J.-C. Depuis son ouverture en 1996, le musée livre au sein d’une architecture résolument contemporaine un panorama complet de la vie quotidienne au cours des premiers siècles de notre ère.

Portant l’appellation « Musée de France », le musée appartient à la catégorie des rares musées de sites français. En 2021, le musée obtient la marque d’État Tourisme et Handicap.

Infos pratiques : Du 17 juin au 6 novembre 2022

Musée et sites de Saint-Romain-en-Gal, D502 – 69560 Saint-Romain-en-Gal

Ouvert du mardi au dimanche, hors jours fériés suivants : 1er janvier, 1er mai, 1er novembre et 25 décembre/Tarifs : 6 € – réduit 3 €/Renseignements sur : https://musee-site.rhone.fr/

Mère Loge Ecossaise de Marseille : Cérémonie de réception des Sœurs et des Frères des Obédiences amies

La Respectable Loge Saint Jean d’Écosse, Mère Loge Écossaise de Marseille Invite toutes les Sœurs et tous les Frères à participer à une :

Cérémonie de réception des Sœurs et des Frères des Obédiences amies

Au château Saint-Antoine, qui sera spécialement ouvert à cette occasion

Jeudi 25 août à 19h 30

Conférence du Très Respectable Grand Maître
de la Grande Loge de France
Thierry ZAVERONI

Le sujet traité sera : « La Tradition »

Toutes les Sœurs et tous les Frères de la Grande Loge de France et des Obédiences amies seront les bienvenu(e)s.

Pour des raisons de bonne organisation et de sécurité, inscription obligatoire sur Helloasso pour la cérémonie et pour les agapes. Les agapes seront à régler (20 Euros) à l’inscription.

Afin que vous puissiez participer pleinement à cette cérémonie, il nous semble important de rappeler qu’elle se fera selon les dispositions prévues par le rituel de la Grande Loge de France spécifique à ce type de manifestation.

L’inscription préalable est obligatoire. Pour des raisons de sécurité, un contrôle d’accès sera organisé, à l’entrée du parking et à l’entrée du bâtiment, et un bracelet de couleur remis à chaque participant(e).

Les illuminati – De la société secrète aux théories du complot

Pierre-Yves Beaurepaire – Éditions Tallandier, 2022, 352 pages, 21,90 €

Pierre-Yves Beaurepaire

Professeur d’histoire moderne à l’université Côte d‘Azur, Pierre-Yves Beaurepaire, spécialisé en histoire culturelle de l’Europe et du monde au siècle des Lumières, est notamment l’auteur de L’Europe des francs-maçons XVIIIe-XXIe siècles (Belin, 2002) et de La République Universelle des Francs-Maçons des Lumières aux Révolutions (Dervy, 2018). Dans son dernier opus, il nous propose de poser un regard nouveau sur les Illuminaten, cette société secrète allemande du XVIIIe siècle qui se réclamait de la philosophie des Lumières et dont le but originel était d’encourager le perfectionnement de l’humanité selon les principes de liberté, d’égalité et de fraternité.

Johann_Adam_Weishaupt

Avec une première de couverture qui capte le regard – l’œil de la Providence désormais objet culte des théoriciens du complot –, alors que l’emblématique chouette de Minerve, synonyme de connaissance, de sagesse, de perspicacité et d’érudition dans le monde occidental, était le symbole des illuminés de Bavière, Pierre-Yves Beaurepaire nous invite, à travers une véritable enquête très approfondie, à découvrir toutes les arcanes de cet ordre, inspiré de la Franc-Maçonnerie et créé le 1er mai 1776 par le philosophe et théologien partisan de l’Aufklärung Adam Weishaupt (1748-1830), alias Spartacus. Ordre qui compta dans ses rangs, avant sa dissolution en 1785, le poète Herder, ami et mentor du jeune Goethe, lui-même adepte, et l’écrivain Lessing, membre de l’Académie royale des sciences de Prusse. Puis commença le mythe des Illuminati… Pour beaucoup, ils veulent dominer, gouverner le monde et provoquer autant que possible la discorde parmi les hommes et les nations sur Terre

Tout en mettant en perspective, au fil des siècles, les rapports avec la Franc-Maçonnerie, l’ouvrage, d’une lecture aisée, permet, selon le proverbe biblique, de séparer le bon grain de l’ivraie. Et donc de démêler le vrai du faux, le fantasmé de la réalité.

Pierre-Yves Beaurepaire, rappelant que les illuminati sont partout – 150 millions d’occurrence sur Google – et que notre siècle est aussi celui du complotisme, véritable toile d’araignée ayant jetée son dévolu sur un Français sur trois, pose avec « L’ombre des Illuminati sur le Capitole et la statue de la Liberté », les vraies questions sur les grandes théories conspirationnistes devenues désormais 2.0.

Article de notre confère Frédéric Pagès – Le Canard enchaîné – Journal satirique paraissant le mercredi – 27 juillet 2022

Le Magazine Ça m’intéresse pose la question : « C’est quoi la kabbale ? »

De notre confrère caminteresse.fr – Par Marine Cestes

Madonna, Ariana Grande, Gwyneth Paltrow, Tom Cruise… En plus d’être des stars d’envergure internationale, ces quatre individus sont ou ont été adeptes de la kabbale. De quoi s’agit-il ?

Au départ, la kabbale est une tradition mystique fondamentale du judaïsme. Rien de très affriolant, au contraire. Elle aurait été créée en Espagne au cours du XIIIe siècle, avec le Zohar, le « livre de la splendeur ». Selon les kabbalistes, Adam lui-même l’aurait transmise de génération en génération. Cependant, la kabbale est entourée d’une aura de mystère. Dans le Littré, elle est décrite comme une « science prétendue pour commercer avec les êtres surnaturels ». En théorie, elle s’étudie longtemps, car elle exige de revenir plusieurs fois sur les mêmes choses, et de préférence en petit groupe.

La kabbale et le judaïsme

Décrire et expliquer la kabbale n’est pas évident. Selon la tradition, il ne faut pas chercher à l’étudier avant ses 40 ans. Étant considérée comme une mystique, la kabbale a pour but de mener l’humain à un contact direct et concret avec Dieu. Selon l’auteur Roland Goetschel, le terme « kabbale » a commencé à revêtir un sens ésotérique à partir du Moyen Âge. « La Kabbale est encore un ésotérisme en tant qu’elle traite des sujets les plus profondément cachés et les plus essentiels concernant l’homme, le monde et Dieu. », écrit-il en 2002 dans l’introduction de son « Que sais-je ? » dédié à ce sujet. Bien que liée au judaïsme, la kabbale s’est ouverte aux non-juifs, notamment dans les années 2000. Un de ses aspects concrets, par exemple, est la numérologie. Freud se serait inspiré de la kabbale, de même que Jung qui y aurait puisé sa théorie sur les synchronicités.

La kabbale version Hollywood

Les kabbalistes ont développé des thèmes qui résonnent aujourd’hui de façon très contemporaine, par exemple en décrivant le chant et la danse comme des outils de guérison, ou en accordant une grande importance à la méditation et aux états de conscience modifiés. Plusieurs centres de la kabbale ont ouvert dans le monde, dont un à Paris. Le premier est né à Los Angeles, sous l’impulsion de Philip S Berg, ancien agent d’assurance autoproclamé rabbin. Ces centres proposent des cours, des ouvrages et des vidéos censés provoquer des changements positifs dans la vie des adeptes. Cette kabbale version Hollywood s’apparente donc plus à une méthode de développement personnel. Régulièrement sous le feu des critiques, ces centres ont parfois été soupçonnés d’escroquerie ou de dérives sectaires. D’ailleurs, ils ne sont pas reconnus par le Consistoire juif.

Étymologie

Le mot « kabbale » (Qabalah en hébreu) signifie « réception » au sens le plus général, le terme est parfois interprété comme « tradition ». Le kabbaliste est donc celui qui a reçu (de l’hébreu קיבל Qibel) la tradition. Le mot kabbale ne désigne pas un dogme, mais un courant à l’intérieur du judaïsme et un état d’esprit.

Charles Mopsik rappelle la différence orthographique entre cabale et kabbale :

« La première graphie a été consacrée en français depuis plusieurs siècles alors que la seconde, importée de l’allemand, a été employée en France dans le but de distinguer la « Cabale » des occultistes et autres mystériosophes douteux de la « Kabbale » de la tradition juive authentique. Cette distinction graphique est devenue inutile depuis que « Kabbale » a été adoptée par les occultistes précités. »

Que dit l’encyclo

Livre de prière kabbalistique venant d’Italie, 1803. Musée juif de Suisse.

La Kabbale (de l’hébreu קבלה Qabbala « réception », forme anglicisée écrite plutôt Cabbale ou Qabale en français) est une tradition ésotérique du judaïsme, présentée comme la prétendue « Loi orale et secrète » donnée par YHWH à Moïse sur le mont Sinaï, en même temps que la « Loi écrite et publique » (la Torah). Elle trouve sa source dans les courants mystiques du judaïsme synagogal antique.

Le Baal Hasoulam (Yehouda Ashlag), kabbaliste du xxe siècle, en donne la définition suivante : « Cette sagesse n’est ni plus ni moins que l’ordre des racines, descendant à la manière d’une cause et de sa conséquence, selon des règles fixes et déterminées, s’unissant au nom d’un but unique et exalté, décrit par le nom « révélation de Sa Divinité à Ses Créatures en ce monde » ». Georges Lahy définit la kabbale comme « la dimension interne de la Torah, correspondant au sod (la connaissance secrète) des quatre niveaux de l’intérieur de la Torah (connus sous le nom de pardès) » : Peshat, Remez, Drash, Sod (Kabbale).

Selon ses adhérents, la compréhension intime et la maîtrise de la Kabbale rapprochent spirituellement l’homme de Dieu, ce qui confère à l’homme un plus grand discernement sur l’œuvre de la Création par Dieu. Outre des prophéties messianiques, la Kabbale peut ainsi se définir comme un ensemble de spéculations métaphysiques sur Dieu, l’homme et l’univers, prenant racine dans les traditions ésotériques du judaïsme.

Le thème du kabbalisme a été en outre repris par nombre de nouveaux mouvements religieux, dont le Centre de la Kabbale qui connaît depuis les années 1980 une certaine notoriété auprès des personnalités du show-business, dont la très emblématique Madonna, mais qui est dénoncé comme une pure imposture par la majorité des rabbins kabbalistes.

Description selon l’encyclo

L’arbre de vie avec le nom des 10 Sephiroth et les 22 chemins en hébreu, d’après Le Portique du questionneur d’Azriel de Gérone.

Toutes les religions ont un volet mystique ou ésotérique — accès direct à Dieu sans prêtre ou sans église constituée — mais la Kabbale utilise une approche par la voie mystique et la voie de la connaissance.

La Kabbale se voudrait être un outil d’aide à la compréhension du monde en ce sens qu’elle inciterait à modifier notre perception du monde (ce que nous appelons « la réalité » malgré la subjectivité de notre perception). Pour ce faire, la Kabbale met à disposition de ses adeptes un diagramme synthétique : l’Arbre de vie ou des Sephiroth, et autres clés de lecture pour de multiples ouvrages, ainsi qu’un foisonnement de concepts (degrés de signification, contraction, etc.).

Elle propose ses réponses aux questions essentielles concernant l’origine de l’univers, le rôle de l’homme et son devenir. Elle se voudrait à la fois un outil de travail sur soi et un moyen d’appréhender d’autres systèmes de pensée.

La Kabbale, en tant que phénomène, est souvent comprise comme la mystique de la merkabah ; ainsi Scholem commence-t-il son énonciation de la Kabbale dans Les Grands Courants de la Mystique Juive par Hénoch et son cycle, par la mystique qui se développe autour de la vision d’Ézéchiel nommée « littérature des Palais » ou hekhalot, la « mystique de la merkabah ». Cette mystique se présente comme accès, en un voyage ascensionnel et intérieur, au cœur même du divin, au jardin de la science du Livre, au Sod, quatrième terme du Pardès. Elle tire son origine du judaïsme synagogal.

Même sur le site n°1 mondial « Tik Tok », les maçons apparaissent

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Vous avez forcément entendu parler de l’application mobile des jeunes, devenue numéro un mondial du trafic Internet l’an dernier. Compte tenu du profil relativement jeune de la clientèle, on n’y trouve que très rarement des Francs-maçons. Pourtant, la rédaction a déniché une perle, une vidéo de quelques secondes (c’est la norme sur le site) avec un Frère qui découvre ses décors. Nous vous laissons apprécier, puis nous entrerons dans les détails de Tik Tok pour enrichir vos connaissances dans les réseaux.

@thebrazenpillars #freemasons #freemasonry #brazenpillars #massachusetts #pastmaster #thecraft #bluelodge #yorkrite ♬ original sound – Harpocratès Archived

TikTok est une application mobile de partage de vidéo et de réseautage social lancée en septembre 2016. Elle est développée par l’entreprise chinoise ByteDance pour le marché non chinois. Son pendant pour le marché chinois porte le nom Douyin (chinois : 抖音短视频 ; pinyin : Dǒuyīn duǎnshìpín ; litt. « courte vidéo vibrato »). Son logo évoque une note de musique.

Fonctionnement

TikTok permet de visionner, réaliser et partager des clips musicaux ; l’utilisateur choisit une chanson parmi de nombreux genres musicaux, dont le hip-hop et la musique électronique, puis il se filme par-dessus pendant 60 secondes. L’application, réputée populaire auprès de célébrités, a popularisé plusieurs chansons, propulsé des utilisateurs au rang de personnalités sur le Web46 et suscite des tendances virales.

Le succès de ses fonctionnalités incite ses concurrents à les reprendre, dont Instagram qui a annoncé une fonctionnalité dénommée Reels, et une nouvelle plateforme similaire américaine nommée Thriller. En 2018, Facebook lance Lasso, une application similaire et concurrente, puis y renonce en 2020

Histoire

ByteDance, entreprise de technologie numérique fondée en 2012 par Zhang Yiming et domiciliée à Pékin, lance en septembre 2016 Douyin, une application mobile de partage de vidéos courtes pour le marché chinois. En 2017, ByteDance lance TikTok, la version de Douyin pour les marchés situés hors de Chine.

Les deux applications sont très similaires mais fonctionnent sur des serveurs différents et ont des contenus différents, afin de respecter les exigences de la censure d’Internet en république populaire de Chine et le Grand Firewall. Ainsi, TikTok n’est pas accessible en Chine, tandis que Douyin n’est présent que sur les magasins d’application chinois.

L’application permet aux utilisateurs de créer des vidéos courtes accompagnées de musique, de 3 à 180 secondes. TikTok devient le principal service de ce type en Asie, et l’application est considérée comme celle ayant la plus forte croissance tous pays confondus. Elle est l’application de partage de clips qui rassemble la plus grande communauté. En juin 2018, TikTok atteint les 150 millions d’utilisateurs actifs quotidiens (pour cinq cents millions d’utilisateurs actifs mensuellement)9,10. Au cours du premier trimestre de l’année 2018, elle est la première application mobile en nombre de téléchargements (45,8 millions selon des estimations)11.

Le 9 novembre 2017, ByteDance acquiert la plateforme chinoise de vidéos concurrente Musical.ly, pour près d’un milliard de dollars américains. Le 2 août 2018, l’entreprise fusionne les deux applications, tout en conservant le nom de TikTok. Cette fusion, notamment le nom TikTok et les campagnes publicitaires sur YouTube et Snapchat, est critiquée par des utilisateurs francophones. Cependant, l’ex-communauté francophone de Musical.ly adopte très vite la nouvelle plateforme.

En février 2019, TikTok est condamnée aux États-Unis à une amende record de 5,7 millions de dollars par la Commission fédérale du commerce (FTC). La plateforme est reconnue coupable d’avoir illégalement collecté et laissé publiques les données d’enfants de moins de 13 ans. Cette sanction pousse le Bureau de la commissaire à l’information (ICO) du Royaume-Uni à ouvrir une enquête sur la protection des enfants sur la plateforme.

Durant l’année 2019, à la suite de ses soucis règlementaires et des controverses sur ses liens avec l’État chinois, TikTok engage du personnel pour faire du lobbying aux États-Unis ainsi qu’en Europe, où l’action est vue comme proactive, l’entreprise n’ayant pas eu de problèmes significatifs. ByteDance est ainsi l’une des rares entreprises internet chinoises à faire du lobbying sur le continent. Pour une experte du lobbying auprès de l’Union européenne, cela représente aussi un changement dans la stratégie de lobbying de la Chine, au travers à la fois d’entreprises privées et du gouvernement, et d’un usage accru des méthodes occidentales.

Fin 2019, l’application compte plus d’un milliard d’utilisateurs — 3e application la plus téléchargée au monde sur smartphone —, particulièrement des adolescents, et est le seul réseau social aussi populaire à l’Est qu’à l’Ouest. En janvier 2020, l’application atteint les huit cents millions d’utilisateurs actifs par mois, chiffre qui se rapproche d’un milliard fin avril 2020. Les périodes de confinement observées lors de la pandémie de Covid-19, en début d’année 2020 dans presque tous les pays du monde sont vues comme favorisant ce bond. TikTok égalerait ainsi Instagram, qui avait atteint un milliard d’utilisateurs actifs par mois selon ses derniers chiffres de juin 2018.

En mai 2020, TikTok, qui cherchait un directeur général américain, nomme Kevin Mayer (en), alors directeur de la vidéo à la demande chez Disney. Mayer prend également le poste de directeur des opérations de ByteDance. Ce recrutement est qualifié de stratégique, visant à gagner la confiance des États-Unis dans un contexte où l’application est critiquée par les autorités qui la soupçonnent d’être une menace pour la sécurité nationale.

En juin 2020, l’application est inscrite sur une liste de 59 applications chinoises interdites en Inde, son premier marché avec 158 millions d’utilisateurs, peu de temps après un affrontement meurtrier entre les armées des deux pays sur leur frontière. La décision est prise pour assurer « la sécurité et la souveraineté du cyberespace indien », l’application étant accusée de « voler et transmettre clandestinement » les données des internautes indiens sur des serveurs situés en-dehors du territoire.

À la suite de l’interdiction de l’application en Inde et face à la possibilité d’une interdiction aux États-Unis, les directions de TikTok et de sa société mère ByteDance réfléchissent à la création d’un siège social hors de Chine pour l’entreprise, et d’un conseil d’administration dédié qui lui permette plus d’indépendance vis-à-vis de ByteDance.

Après l’introduction d’une loi sur la sécurité nationale à Hong Kong, ByteDance retire l’accès à TikTok pour le territoire, citant « les évènements récents », tout en laissant la version chinoise de l’application Douyin accessible.

L’application a des bureaux à travers le monde, notamment à Los Angeles, New York, Londres, Paris, Berlin, Dubaï, Bombay, Singapour, Jakarta, Séoul et Tokyo. Afin de consolider sa croissance, elle ferait usage de méthodes « agressives » pour attirer du personnel de grandes firmes Internet comme Google et Facebook, y compris de nombreuses personnes haut placées, et proposerait de gros salaires. En juillet 2020, sa maison-mère ByteDance employait 60 000 personnes, et déclarait en mars 2020 vouloir atteindre les 100 000 employés d’ici à la fin de l’année. À la même période, le nombre d’employés de TikTok visibles sur le réseau social professionnel LinkedIn était de plus de 4 600.

Le 6 août 2020, TikTok annonce l’ouverture de son premier data center européen, en Irlande, pour un coût total de 420 millions d’euros.

Le 27 août, l’américain Kevin Mayer, entré en fonction comme directeur général de TikTok et directeur des opérations de ByteDance en mai 2020, annonce sa démission, citant un changement du contexte politique. Cette décision est qualifiée de coup dur pour TikTok.

À la suite de la décision du gouvernement américain d’interdire l’application aux États-Unis si elle n’a pas trouvé un repreneur américain au 15 septembre, Microsoft engage des discussions avec ByteDance pour reprendre les marchés américains, canadiens, néozélandais et australien de la plateforme. En septembre 2020, l’offre de Microsoft est refusée par ByteDance, au profit de l’offre d’Oracle qui est retenue, l’entreprise prenant une participation dans les opérations américaines de TikTok et servant d’intermédiaire technique et de confiance dans la gestion des données utilisateurs. Cet accord est rejeté le 18 septembre par le gouvernement américain qui interdit le téléchargement de l’application aux États-Unis. Le gouvernement dans le même temps, bloque l’application WeChat et annonce le blocage de TikTok sur le territoire américain pour le 12 novembre 2020. Le 20 septembre, le gouvernement américain annonce son approbation de l’accord avec Oracle ainsi qu’avec Walmart et le report de l’interdiction de télécharger TikTok au 27 septembre 2020.

Le 30 avril 2021, la maison-mère ByteDance annonce un changement de direction au sein de Tiktok en nommant Shou Zi Chew, déjà Directeur Financier de ByteDance, en tant que directeur général de TikTok.

En 2020, TikTok devient l’application la plus téléchargée dans le monde devant Facebook.

TikTok surpasse le nombre de consultation de Google pour l’année 2021. Le palmarès de Cloudflare des sites web les plus visités positionnait TikTok à la 7e place en 2020 et en 1ère place depuis le mois d’août 2021.

Nouveaux médias indépendants
Sur fond de course aux vidéos courtes entre Tik Tok, Instagram et Youtube, qui a vu en particulier le premier s’imposer en 2021, « Tik Tok a ringardisé Youtube » selon Emmanuelle Leneuf fondatrice d’un media digital indépendant, le FlashTweet, sur Twitter. Avec ce succès, des artistes sont capables de tirer profit de la pluralité des médias indépendants présents sur la plate-forme pour snober les grands rendez-vous jusque là imposés par des acteurs plus classiques, mais cette perspective a été réduite quand l’algorithme a radicalement changé pour des artistes qui ne peuvent plus toucher qu’entre 25 000 et 150 000 personnes au lieu d’un demi-million auparavant.

En Europe, les médias les plus contestataires, comme Sud Radio, insistent pour être très présents sur Tik Tok en donnant la parole à des journalistes d’investigation comme Denis Robert et Jean-Baptiste Rivoire, fondateurs respectifs des web TV indépendantes Blast (Web TV) et Off-investigation où les enquêtes sur les scandales politiques réalisent des audience élevées. Refusée par toutes les télévisions, mais aussi Netflix et Amazon, l’enquête « Emmanuel, un homme d’affaires à l’Elysée » a vu son premier épisode, « L’affaire Kolher, le scandale qui menace Macron », approcher les 1,4 millions de vues chez Blast, et l’annonce de la suivante 1,15 million sur Le Média. Des médias plus classiques comme Le Monde se sont aussi renforcés à la fois sur TikTok et sur Youtube, avec pour ojectif et résultat d’afficher plus de 50% de ses nouveaux abonnés numériques âgés de moins de 30 ans. Plus généralement, c’est en 2021 que les médias en général « s’emparent de Tik Tok » Pour les gouvernements, Tik Tok représente un risque de contestation chez les jeunes, lors des tensions politiques et économiques, et l’Inde a par exemple décidé en juin 2020 de fermer TikTok, Weibo, WeChat et d’autres applications au moment où le climat des affaires a été rendu plus difficile par une tentative de boycott des produits chinois, après la mort de 20 soldats indiens dans la région himalayenne du Ladakh.

Contenus

Aux États-Unis, des médecins utilisent la plateforme pour informer les adolescents sur la santé et lutter contre les rumeurs et la désinformation sur des sujets controversés comme la vaccination et la contraception ou la sexualité des femmes, rencontrant parfois un succès important.

Lors de la pandémie de Covid-19 en Inde, un grand nombre de vidéos TikTok niant la dangerosité du coronavirus SARS-CoV-2 pour les musulmans et appelant à refuser les mesures sanitaires comme le port du masque sont identifiées par l’entreprise Voyager Infosec. Cela pousse le ministère des technologies de l’information à demander à TikTok de supprimer les informations de ce genre et d’en identifier les auteurs, demande également adressée à Facebook où des contenus similaires circulent. TikTok répond en disant travailler de manière active avec le gouvernement pour lutter contre la désinformation, tout en favorisant les contenus « crédibles » sur la Covid-19 sur sa plateforme. En juillet 2020, TikTok annonce avoir supprimé 29 000 vidéos contenant des « fausses informations » sur la Covid-19 en Europe, dont 3 000 dont le contenu visé appartenait au domaine médical. Afin d’informer ses utilisateurs sur la pandémie, l’application affiche une bannière donnant accès à des renseignements.

En mai 2020, le gouvernement français annonce un partenariat avec la plateforme pour y diffuser des messages de prévention et d’information dans le cadre d’une campagne générale contre les violences faites aux enfants.

En juin 2020, la plateforme annonce avoir signé le Code de bonnes pratiques de l’Union européenne sur les discours haineux et la désinformation.

L’utilisation de chansons par des utilisateurs peut mener à des succès commerciaux pour les musiciens qui en sont les auteurs. Ainsi, en octobre 2020, une vidéo devenue virale d’un utilisateur écoutant la chanson Dreams du groupe Fleetwood Mac permet à cette chanson de se hisser à la 21e place du palmarès Billboard, plus de 40 ans après sa sortie. Ces succès d’amateurs sur TikTok peuvent désormais être le point de départ de parcours dans la chanson, comme pour Bella Poarch.

En novembre 2020, TikTok signe un partenariat avec Sony afin de donner la possibilité aux utilisateurs d’utiliser les musiques de milliers d’artistes.

Controverses

Des chercheurs s’inquiètent du potentiel, selon eux très fort, de l’application dans la guerre informationnelle mondiale, notamment parce qu’elle pourrait appliquer à un public international les méthodes de censure du gouvernement chinois et façonner sa compréhension de l’actualité. Ces inquiétudes sont renforcées par le fait que TikTok fournit peu d’informations sur les contenus qu’il supprime et sur l’indépendance qu’il affirme avoir vis-à-vis des censeurs chinois. Les chercheurs notent que Douyin, uniquement accessible en Chine, est soumis à la vision du Parti communiste chinois (PCC) sur les contenus et sources appropriés, et doit respecter des règles de censure ainsi que le Grand Firewall de Chine. Douyin a ainsi adopté une définition large des contenus indésirables, interdisant notamment tous ceux jugés « incommodants ». Selon Matt Schrader, spécialiste de la Chine pour le groupe de pression américain Alliance for Securing Democracy , tous les contenus qui contreviennent à la ligne officielle du PCC sur Douyin, notamment l’emprisonnement des Ouïghours, la corruption de membres haut placés du PCC ou les vidéos des manifestants à Hong Kong, sont rapidement retirés. Douyin a supprimé le compte du chanteur chinois Liu Keqing, connu pour sa forte ressemblance physique avec le président Xi Jinping, et dont le nom et l’image étaient utilisés pour parler du président Xi en contournant la censure.

En termes de propagande, des chercheurs soulignent l’utilisation de Douyin par le PCC. Pour un spécialiste de l’industrie numérique chinoise, les contenus généralement légers et amusants de Douyin aident à faire passer les messages de propagande nationaliste approuvés par les autorités chinoises, auprès d’une population jeune qui a moins tendance à consulter les médias classiques. Pour un spécialiste du marketing sur TikTok, la plateforme a un potentiel massif pour changer les perceptions du public international, cela étant facilité par le fait que la plupart des usagers sont jeunes et relativement faciles à influencer. Des chercheurs notent également que TikTok pourrait être utilisé pour des campagnes de désinformation en ligne à l’étranger, comme les autorités chinoises l’ont déjà fait sur Facebook, Twitter et YouTube, en créant des faux comptes pour dénigrer les manifestants hongkongais.

Selon Belinda Barnet, spécialiste des médias à l’université de technologie de Swinburne , il est « hors de doute » que TikTok et Douyin contribuent à la désinformation, les deux plateformes « pratiquant la censure et de campagnes de désinformation pour perturber et orienter le débat public ».

Répression des Ouïghours

Le sujet de la répression des Ouïghours en Chine est censuré ou masqué sur Douyin, menant à la publication de vidéos qui tentent de contourner cette censure de manière créative. En novembre 2019, une vidéo dans ce style publiée par une adolescente américaine sur TikTok devient virale, avant qu’un de ses autres comptes, puis son téléphone ne soit bloqué sur la plateforme. Interrogée par la BBC, TikTok affirme ne pas modérer les contenus en fonction de sensibilités politiques, et avoir effectué ces blocages en raison d’une autre vidéo montrant Oussama Ben Laden, ce qui contrevenait à sa politique de contenu. TikTok publie ensuite un communiqué sur l’affaire, mentionnant le blocage du compte et du téléphone, ainsi qu’un bref retrait de la vidéo dû à une « erreur » d’un de ses modérateurs et annulé ensuite par un supérieur. TikTok s’excuse du retrait momentané de la vidéo et débloque le téléphone de l’adolescente en dérogation à sa politique, affirmant qu’à l’évidence la vidéo précédente (et satirique) montrant Oussama Ben Laden n’était pas mal intentionnée. La plateforme affirme que les vidéos sur la situation des Ouïghours en Chine sont autorisées, et que la vidéo virale ne viole en rien sa politique de modération. La BBC note que si de telles vidéos sont présentes sur la plateforme, elles reçoivent en général beaucoup moins d’attention.

Manifestations de Hong Kong

En septembre 2019, TikTok est accusé de supprimer des vidéos des manifestations de Hong Kong, celles-ci étant presque totalement absentes lors d’une recherche avec le hashtag #HongKong, alors que ce même hashtag révèle un nombre très important de vidéos des manifestations sur Twitter.

Les contenus utilisant les hashtags populaires liés aux manifestations sont également quasi ou totalement absents de la plateforme. Le Washington Post relève qu’il est impossible de savoir quelles vidéos sont censurées sur TikTok en application de son interdiction des contenus haineux et extrémistes, les décisions de ByteDance sur cette question étant très opaques et l’entreprise ne fournissant pas d’outils permettant à des personnes externes d’effectuer des recherches sur le sujet. Le journal note par ailleurs qu’il est possible que les utilisateurs de Hong Kong pratiquent l’autocensure en évitant de publier des contenus politiquement risqués sur une application très observée par les censeurs chinois. Répondant aux allégations de censure, TikTok affirme que la modération des contenus pour ces utilisateurs est gérée par une équipe américaine qui n’est pas influencée par le gouvernement chinois. L’entreprise ne donne toutefois pas de détails sur la manière dont ces contenus sont modérés et sur ce qui protège l’équipe de modération américaine de l’influence des autorités chinoises. L’entreprise affirme également que si les publications sur Hong-Kong sont si peu présentes, c’est parce que la plateforme est consacrée au divertissement et non à la politique, les utilisateurs de l’application cherchant un « contenu positif et joyeux ». Elle ne fournit par contre pas de réponse à la question de savoir si la politique de modération des évènements de Hong Kong est la même sur TikTok que dans sa version chinoise Douyin.

Conflit sino-indien

En juin 2020, lors du combat entre soldats chinois et indiens dans la vallée de Galwan, The Times of India affirme que TikTok effectue un shadow banning des vidéos relatives au combat et au conflit à la frontière sino-indienne. Des recherches employant quelques-uns des hashtags associés aux vidéos sur le conflit, pourtant présentes sur la plateforme, ne donneraient aucun résultat ou des résultats portant uniquement sur de vieux contenus. Par ailleurs, d’autres hashtags liés à des sujets sensibles pour la Chine, comme les manifestations de Tian’anmen, ne donneraient pas de résultats pour les utilisateurs indiens de TikTok.

Fuite de consignes de censure

En septembre 2019, dans le sillage de la controverse sur les manifestations de Hong Kong, le journal The Guardian obtient des documents qui confirment une censure sur TikTok des contenus anti-gouvernement chinois ou considérés comme sensibles vis-à-vis d’autres gouvernements et sociétés. Cela inclut les contenus considérés comme des « diabolisations ou distorsions d’événements historiques chinois » ou étrangers, notamment le génocide cambodgien, les émeutes de 1998 en Indonésie et les manifestations de la place Tian’anmen. Les règles interdisent également de « critiquer les lois et règles d’un pays », incluant notamment les critiques du système socialiste chinois, d’évoquer « le séparatisme, les conflits religieux », et d’« exagérer des conflits entre personnes noires et blanches ». Dans tous ces cas, les vidéos doivent être masquées et peu accessibles. D’autres contenus semblent pouvoir être totalement supprimés, comme les vidéos promouvant la discipline et le mouvement religieux Falun Gong, interdit en Chine. Les mentions de certaines personnalités sont aussi bannies de la plateforme, notamment de « leaders étrangers ou figures sensibles » comme Kim Jong-un, Vladimir Poutine, Barack Obama, Donald Trump ou Gandhi, mais pas le président chinois Xi Jinping. TikTok répond en affirmant que ces règles ne sont plus en vigueur depuis mai 2019, et que la plateforme aurait au départ adopté une approche « brute » pour minimiser les conflits sur la plateforme, avant de se décider à modérer les contenus de façon plus locale. La plateforme affirme qu’elle travaillera avec des comités locaux indépendants pour évaluer en continu ses politiques de modération et reconnaît le besoin d’une plus grande transparence au sujet de ces politiques.

The Guardian révèle ensuite des informations sur les règles locales, dont un ensemble de règles dit « Strict » pour les pays à morale conservatrice, et un autre lié à des pays spécifiques. Les règles « strictes » sont significativement plus sévères que les règles globales révélées auparavant pour les questions de nudité et de vulgarité, interdisent notamment les « fesses partiellement dénudées », les décolletés avec « une longueur de plus d’un tiers de la poitrine », et les descriptions détaillées de serviettes hygiéniques. Pour ce qui est des règles liées à des pays spécifiques, le Guardian révèle qu’en Turquie, les contenus interdits incluent les images de consommation d’alcool, les représentations de dieux « non-islamiques », de l’homosexualité et les mouvements pour les droits LGBT (toutes des pratiques et représentations légales dans le pays, bien qu’il existe une loi contre les contenus « obscènes »), le séparatisme kurde et les critiques de Mustafa Kemal Atatürk et du président Recep Tayyip Erdoğan. Les responsables de TikTok répondent à ces secondes révélations en affirmant que les règles concernant la Turquie ne sont plus en vigueur.

D’anciens employés de TikTok aux États-Unis rapportent au Washington Post que les décisions finales sur le retrait de contenus étaient faites par des employés de ByteDance à Pékin.

Utilisateurs considérés comme peu attrayants

En 2020, les responsables de l’application TikTok sont accusés par le magazine anglais The Intercept de censurer les personnes laides, grosses, pauvres ou handicapées, pour diffuser des vidéos plus attrayantes. Ils démentent cette information et nomment, dans différents pays, des responsables pour la confiance et la sécurité. Des cas de censure de personnes handicapées continuent néanmoins d’être dénoncées par des militants.

Réponse de TikTok aux controverses

Fin 2019, réagissant aux controverses sur la censure, ByteDance engage le cabinet d’avocat américain K&L Gates, dont les anciens membres du Congrès Bart Gordon et Jeff Denham, pour la conseiller sur les politiques de modération de TikTok, ainsi que le cabinet de lobbying américain Monument Advocacy.

En mars 2020, TikTok admet que ses pratiques « ne sont pas sans reproche » et annonce la création d’un centre de modération « transparent » à Los Angeles. Des observateurs externes pourront y évaluer comment TikTok régule ses contenus, et ils auront à terme accès au code de l’application, pour juger de ses efforts faits en matière de sécurité et de vie privée et aider à « améliorer sa politique de modération et ses systèmes de sécurité ». Début septembre 2020, ce centre est visité par des journalistes et révèle certains détails de l’algorithme.

En 2021, TikTok s’est engagé à n’accepter aucune « publicité politique payante » et se dit résolu « à lutter contre la prolifération de la désinformation sur sa plateforme », en se faisant aider (via des partenariats) par « des organisations de vérification des faits, notamment l’Agence France-Presse (AFP), Animal Político, Estadão Verifica, Lead Stories, Newtral, Pagella Politica, PolitiFact, SciVerify, Teyit & Vishvas News ». Un « centre de transparence et de responsabilité » est annoncé pour 2022 en Irlande, ouvert aux décideurs politiques, régulateurs, chercheurs et experts industriels » ; des « tours virtuels » sont organisés (sur inscription) dès 2021.

Vous avez dit « fraternité » ?

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« Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères. Sinon nous mourrons ensemble comme des idiots ». (Martin Luther KING)

« Bonsoir mon Frère, bonsoir ma Sœur ! »

Chaque quinzaine, le même rituel joyeux recommence dans tous les ateliers maçonniques du monde : avant l’ouverture de la « tenue », et de mettre cordon, tablier et gants, les francs-maçons et franc-maçonnes prennent le temps de se retrouver et de s’embrasser par trois fois en se tapant sur l’épaule. Le regard est direct, le sourire chaleureux, les mots sincères, l’accolade franche…même si les barbes de ces messieurs piquent un peu, après la journée de travail ! Chaque frère, chaque sœur, est disponible pour son frère, pour sa sœur.

Du mythe au symbole

Si les maçons sont frères et sœurs, c’est que, d’évidence, il existe une fratrie et des parents ! Au fil du temps, selon les légendes et les rites, selon aussi, l’imagination fertile de personnalités maçonniques influentes, les francs-maçons ont été, ou restent, les « fils » de plusieurs héros mythiques. De Noé d’abord, le patriarche du déluge biblique. Puis, entre autres, parmi les plus prestigieux, de Jacques de Molay, grand maître des Templiers, ou encore d’Osiris, le dieu égyptien. Et enfin, ceux d’Hiram Abif, l’architecte du roi Salomon. C’est ce dernier qui fait désormais l’unanimité, si l’on peut dire, et qui a été « reconnu » et conservé dans la plupart des rites – même certaines branches du compagnonnage s’y réfèrent – depuis le XIXème siècle.

Les maçons sont donc, du même coup, les fils de la veuve d’Hiram (cette veuve étant logiquement sa femme, bien que certains auteurs avancent…qu’il s’agit en fait de sa mère !) d’où, quoi qu’il en soit, l’expression maçonnique « les enfants de la Veuve », celle-ci symbolisant la franc-maçonnerie.

Ces légendes sont à prendre comme telles. Pour vivre, elles ont besoin sans cesse d’être réinventées. Superposées, juxtaposées, elles sont comme toujours, malgré leur charme, notoirement imprécises. Et pour cause. Il ne s’agit donc pas de chicaner sur leur provenance ou leur articulation, mais au contraire, de les accepter dans leur fantaisie descriptive et évocatrice ! Elles ont ainsi pour résultat que les francs-maçonnes et les franc-maçons, avec Hiram pour père et la franc-maçonnerie pour mère, sont bien entre eux des frères et des sœurs. Une fratrie déclinant une fraternité qui, nous le savons, constitue à la fois le fondement de l’organisation comme son ciment, et que l’on retrouve dans les Constitutions de toutes les obédiences.

Mais cette fraternité, ce contact bienveillant en loge, « entre des personnes qui n’auraient normalement jamais dû se rencontrer » – selon les pasteurs Desaguliers et Anderson (le père des Constitutions du même nom, publiées en 1723) – qu’en est-il vraiment ? Soyons honnêtes, ce lien que l’on a pu appeler « fraternité choisie », mais qui est en réalité davantage une « proximité provoquée » par les circonstances, ce lien ne va pas immédiatement de soi. Et cette prudente retenue est logique !

 Certes, elle s’atténue et disparaît au rythme des tenues, mais il serait faux de dire que dans un atelier, les maçons, anciens et nouveaux confondus, deviennent « copains d’enfance », dès qu’ils sont mis en présence les uns des autres. La cohésion du groupe se fait lentement, et c’est bien ainsi. Il faut bien que ces « frères de hasard » se mesurent, se jaugent, puis se rencontrent, au sens fort de ce verbe. Au risque même, inconvénient de l’avantage, que les affinités entraînent le clanisme, trop souvent ferment de désaccords. Ne fermons donc pas les yeux sur cette tendance des ateliers – déjà naturellement scindés par les degrés – qu’il convient d’empêcher avec une bienveillante fermeté.

Dans une vie, nous croisons des milliers de gens, mais nous en rencontrons très peu ! Parce que la rencontre, la vraie, celle qui rapproche les êtres, jusqu’à l’authentique communication – qui veut dire « mettre en commun », « communier » – est rare. L’atelier maçonnique permet cette mise en commun à travers ce que d’aucuns peuvent percevoir comme un conditionnement, mais qui, de fait, se traduit par une série d’obligations, auxquelles chaque membre souscrit en toute liberté.

La solennité, le silence, la bienséance, la correction vestimentaire, le port de « décors » à visée symbolique, le ton de voix aimable et posé des officiants, l’autolimitation du temps de parole, les déplacements codifiés, le recueillement général, sont, à leur place et moment, autant « d’ingrédients symbiotiques ». Leur utilisation répétée et le vécu simultané par chaque membre du groupe, participent à la création et ensuite à l’entretien de la fraternité. Il est clair que ce protocole calculé, éprouvé et compris depuis plusieurs siècles maintenant, impose une forme de discipline, qui devient, individuellement, une règle de conduite. Celle-ci n’est toutefois pas le résultat d’une manipulation quelconque. La méthode maçonnique, basée sur la réflexion symbolique, ne relève ni de la magie, ni de la sorcellerie !

Une belle histoire

Il a été parfois rapporté que l’exercice des rituels provoqueraient chez les individus hypersensibles des « états modifiés de conscience », comparables aux effets de l’hypnose (transes, visions, hallucinations auditives, contacts avec des esprits, accès mystiques, etc, etc). Si de tels phénomènes sont susceptibles de se produire dans certaines cultures (par exemple, lors des pratiques vaudous ou dansantes des derviches tourneurs), ils n’ont pas leur place dans le travail symbolique en loge ! Il ne faut pas assimiler la légitime émotion émanant d’une ambiance recueillie – jusqu’aux larmes parfois lors d’intenses cérémonies – à des effets paranormaux.

Même l’étrange « égrégore », qui se définit par les uns comme un inconscient collectif, et par les autres comme le sentiment d’une unité de pensée dans un groupe en méditation, n’est pas aussi mystérieux qu’on veut bien le dire. L’entité à type d’être collectif – hypothèse encore – qu’engendrerait soi-disant l’harmonie d’une assemblée, peut être le fruit de pratiques occultistes, pourquoi pas, mais sans rapport ici, avec notre démarche. Restons sérieux : l’expérience maçonnique moderne est proposée à la pensée contrôlée d’hommes et de femmes, partant, aux commandes de leur raison.

Certes, il ne fait pas de doute qu’une ambiance sereine, vécue en même temps à chaque réunion par les frères et les sœurs, d’abord les déconnectent de la fureur citadine, ensuite les disposent à l’harmonie précitée, mais au sens de l’accord avec sa propre personne et celle d’autrui : détente, attention, présence à soi-même, découverte et prise en compte de cet « autre », écoute, compréhension, respect et calme mutuels. Une paix intérieure qui se prolonge fréquemment à la sortie du temple. Et parvient à nous faire donner sur nos semblables un nouveau regard, vidé de son agressivité, le volant de notre voiture retrouvé ! Parce que nous ne sommes pas que frères-maçons en loge, mais frères de tous les hommes, dans ce grand village, qu’est devenue la planète terre aujourd’hui.

Comme le mot « liberté », celui de « fraternité » a une forte connotation artisanale en maçonnerie moderne, et l’avait déjà en période opérative. Là encore, il importe peu de savoir si la maçonnerie spéculative d’aujourd’hui (au sens de la recherche abstraite), affirmée en Angleterre en 1717, – après l’achèvement des dernières cathédrales – a vraiment partie liée avec les anciens bâtisseurs, ou s’il s’agit d’un arrangement de ses créateurs avec l’histoire. Mais pour comprendre la force de cette fraternité qui elle, est bien passée d’un système à l’autre, il faut remonter le temps de quelques siècles. En France comme en Angleterre on parle de « confréries professionnelles » et de « communautés fraternelles de mestiers » dès le XIème siècle, le mot « corporation » n’apparaissant qu’au XVIIIème siècle. Ces confréries, maçonnerie, compagnonnage, guildes du bâtiment, entre autres, très pieuses et encadrées par l’Eglise, instaurent « l’égalité fraternelle », à type d’aides et de secours mutuels.

Ce corporatisme, non encore nommé, ancêtre lointain du syndicalisme, évoque donc très tôt une solidarité propre aux métiers de la construction, qui voit chaque ouvrier engagé vis-à-vis des autres, comme si tous étaient membres de la même fratrie et partant, frères biologiques. Ainsi apparaît cette notion de famille qui passera dans la maçonnerie spéculative. L’expression populaire « il est du bâtiment » désignant une personne intégrée à une profession, indique bien cette notion d’appartenance à un groupe identitaire. Il n’est donc pas surprenant que le vocable « frère », découvert dans les manuscrits opératifs anglais fondateurs (appelés du nom de leurs rédacteurs, « manuscrits Regius et Cooke », les plus anciens retrouvés) et suggérant déjà en quelque sorte le lien de responsabilité entre les membres – soit ensuite passé dans les Constitutions d’Anderson, avec la même vocation.

Précisons, sans insistance cocardière, que si lesdites Constitutions sont nées sur le sol anglais, l’idée en est française, puisque leur rédaction est attribuée de source quasi certaine, à Jean-Théophile Desaguliers. Une belle histoire, une belle revanche aussi, pour ce pasteur, parti de La Rochelle petit enfant, chassé par l’anti-protestantisme, et caché par son père dans un tonneau. Au fond de la cale d’un bateau, en partance pour Londres ! Il n’est pas inutile de rappeler que cet ecclésiastique formé à Londres, fut également un brillant scientifique, adjoint d’Isaac Newton. Quand on sait que ce savant est le père de l’attraction universelle et de la théorie du rayon lumineux, la tentation est grande d’y voir les métaphores créatrices de la maçonnerie spéculative : l’idée de la terre-aimant (entendue comme l’Amour et l’attirance de l’autre) et de la lumière (vue à la fois comme l’éclairement et la chaleur humaine) est venue à l’esprit de nombre d’historiens, qui n’hésitent pas, de ce fait, à désigner Newton comme le véritable fondateur de l’Ordre !

Quoi qu’il en soit, même s’il ne fallait évoquer ici que de pures coïncidences, le concept d’une « famille mondiale », est une merveilleuse perspective. Convenons-en, elle constitue à la fois un rêve magnifique et, par l’infinité signifiante des symboles…une méthode complexe. Car « maçonner » n’est pas facile en soi. Dans notre société pyramidale, où la hiérarchie est omniprésente, où le corporatisme atteint des sommets, où le niveau social et l’argent sont devenus des mètres-étalons, est-il imaginable que dans une association, un boulanger embrasse un Président-Directeur Général, qu’un commissaire de police sympathise avec un steward, qu’un garagiste tutoie une institutrice ? Réponse : oui, c’est possible en maçonnerie, parce que la convivialité y correspond à la considération de l’être humain, avant sa fonction. Sans qu’il n’y ait à voir dans cette approche et cet attachement réciproques, une quelconque connotation sectaire, la liberté de partir étant, pour chacun, une éventualité sans conditions ni préavis.

Cette fraternisation est également réalisable par l’application d’une autre règle typiquement maçonnique, aux effets sains et bienfaisants : l’abandon symbolique des métaux sur le parvis du temple. C’est-à-dire, « tout ce qui brille », tous les faux biens, clichés, passions, ardeurs et élans inconsidérés. Ainsi, grâce à cette volonté de présenter, en toute modestie, son cœur avant ses qualifications et ses valeurs… autres que boursières, chacun, – au-delà des jeux sociaux laissés au vestiaire – devient responsable de chacun.

Frères et faux frères

Une telle fraternité « construite », librement consentie et exercée, est fréquemment aussi forte qu’une fraternité de sang, quand elle est entretenue. Ne serait-ce que, justement, parce que la rencontre est régulière, souvent même plus fréquente, que celle intervenant dans une fratrie biologique. Comme telle, elle devient un modèle de communication à diffuser dans la cité, en nous permettant de comprendre que, lorsqu’il s’agit d’amour et d’affection, la biologie n’a rien à voir à l’affaire ! Certes, nous n’avons pas de « centre de l’amour » dans le cerveau, comme nous disposons d’un centre de la toux, qui nous ferait aimer l’autre par seul réflexe. Mais nous possédons mieux avec l’intelligence, qui doit nous amener à définitivement admettre que tous les hommes, toutes les femmes, de toutes conditions, profanes, francs-maçons et franc-maçonnes, sont pétris de la même pâte, vivent sur un sol identique – séparés par des frontières artificielles – et font le même voyage. Autant de raisons impérieuses de s’aimer et de s’estimer !

On n’a pas assez dit que la franc-maçonnerie, par discrétion sans doute, a été et demeure, sous cet angle, une école exemplaire. En revanche, les porte-voix médiatiques, d’emblée généralisateurs, affirment encore trop souvent que, au titre de la fraternité, notre association est une vaste entreprise de copinage et d’entr’aide professionnelle entre ses membres. Au point que l’expression générique « c’est une franc-maçonnerie ! » désigne couramment toute organisation qui favorise en circuit fermé des intérêts particuliers.

Il est clair que la franc-maçonnerie, comme microcosme sociétal, ne comprend pas que des gens irréprochables. La tentation existe pour quelques « faux-frères » d’en exploiter commercialement le réseau relationnel. Mais est-il bon de faire mousser cet aspect regrettable, quoique très minoritaire – qui touche toute communauté importante – à coup d’éditoriaux moralisateurs et de « pavés de librairie » ? Outre le geste délateur, resurgi d’une sinistre époque, cette « inflation informative » revient à valoriser et, finalement à majorer les écarts de conduite observés. C’est bien ce qui se passe quand la justice est appelée à faire son travail : aussitôt, l’écho médiatique tend à multiplier le soupçon par le nombre de frères. Résultat instantané dans l’opinion : 120 000 francs-maçons = 120 000 affairistes ! Et après jugement, il est rare que les démentis éventuels soient apportés par la presse, pourtant si prompte à dénoncer. Le procédé est classique et attriste profondément, voire décourage, l’immense majorité de maçons honnêtes.

Car la réalité du terrain, hors les exceptions précitées, est heureusement tout à l’honneur de l’Ordre. Lorsque dans le plus pur sens du mot, la fraternité devient par exemple, synonyme d’emploi, nombre d’employeurs francs-maçons pourraient témoigner qu’en cette période impitoyable, ils n’embauchent pourtant pas en priorité un collaborateur parce qu’il est frère, mais d’abord parce qu’il a les qualités requises pour la fonction à pourvoir. C’est alors l’excellence qui, de plus, est attendue du postulant, tradition des bâtisseurs exige ! Ainsi comprise, et comme dit mon vieux Larousse d’écolier, «la fraternité est la plus noble des obligations sociales ».

Il a pu être avancé que la franc-maçonnerie, pourvoyeuse de bons sentiments, dont une grande tolérance, est de ce fait mal armée pour effectuer la tâche indispensable de « filtrage », lors de l’accueil de nouveaux membres. Au vrai, cette ancienne société secrète, devenue discrète, a encore du mal à perdre ses réflexes originels qui entretiennent une propension au non-dit. Si, d’évidence, il appartient au parrain de présenter un candidat loyal et d’avoir un « regard d’avance » sur son évolution favorable au sein du mouvement, il revient aux « enquêteurs » désignés de ne pas masquer par gentillesse dans leur rapport, les manques, les défauts qu’ils perçoivent. Nous en avons tous.

Certes, il n’est pas toujours aisé d’appréhender sur le champ, entre autres critères déterminants, les motivations réelles, l’aptitude relationnelle d’une personne, sa disposition aux certitudes et aux doutes, son goût pour le pouvoir ou la soumission, son degré de résistance aux frustrations, son endurance, sa fidélité à un serment. Les bonnes réponses de celui qui « frappe à la porte du temple », ne peuvent venir que des bonnes questions de ceux qui sont à l’intérieur. Les goûts automobiles ou le statut sexuel d’un postulant importent moins que son exigence ou sa rigueur morale. Il ne s’agit donc pas d’être élitiste en matière de recrutement, mais de faire preuve de discernement. En maçonnerie, au plan de la réflexion et de l’exercice de la fraternité, un tourneur sur métaux vaut un énarque !

Il n’y a pas que les affairistes à dépister et à écarter. Si la franc-maçonnerie n’a pas vocation à apparaître comme un centre de négoce, elle ne doit pas non plus être confondue avec une institution psychothérapeutique. Même si à l’image de la psychanalyse, son but est d’offrir la liberté intérieure à l’individu. Dans le cadre de la réserve précitée, à l’image des signifiants des trois singes de Notre-Dame de Paris (ne rien voir, ne rien dire, ne rien entendre), le distinguo nécessaire n’est pas toujours annoncé et les ateliers se retrouvent parfois en position délicate de « lieu de soin », hors de leur objet. Un tel malentendu – finalement handicapant pour les deux parties – peut tout à fait être évité par une information préalable, donnée avec le tact nécessaire.

Des êtres de désirs

Enfin, abordons un point capital que l’on aurait tendance à éluder : la loge maçonnique est un espace d’expression. Pour chacun, du trop-plein au manque. De l’humeur à l’humour. Emetteurs et récepteurs, nous sommes tous des « êtres de désirs ». Dans cet esprit, il ne faut pas se cacher que chaque membre d’une association (les obédiences maçonniques sont des associations Loi 1901) vient certes donner de lui-même – ce don de soi est demandé avec insistance – mais il vient aussi recevoir, c’est-à-dire quérir quelque chose, au sens effectif de « désirer ». De cela, on parle moins.

Au-delà du besoin d’appartenance et de la volonté de développement personnel, au-delà de la rencontre, de l’échange et de l’altruisme, aussi sincères soient ces élans, chaque frère, chaque sœur, selon son histoire et ses conditions de vie, ses forces et ses faiblesses, se présente, en demande, en recherche (pas seulement « spirituelle », avec toutes les interprétations de ce mot et adjectif, si souvent entendus !). Cette demande est plus ou moins secrète, voire inconsciente. Qui d’un père, d’une mère, d’un partenaire, d’une famille, d’un « espace d’amour ». Qui de compréhension, de reconnaissance, d’honneurs, de gratifications, de pouvoir précité (pouvoir perdu, pas encore ou jamais obtenu ailleurs, cercle familial compris). Qui de confiance en soi ou de l’ennui. Qui de fournisseurs ou de clients, nous venons d’en parler. Cette dernière quête, n’en doutons pas, génèrent largement les fameuses « affaires », dans les loges qui, souvent par un laxisme coupable, veulent bien accepter leur existence !

La liste est longue de nos attentes, conscientes ou non, de nos souhaits affectifs, intellectuels ou matériels. Les francs-maçons ne doivent pas occulter ces paramètres fondamentaux, générateurs de satisfactions… ou à l’inverse, de déceptions, de rancœurs non comprises et finalement, de démissions. Les frères et sœurs sont donc invités, non seulement à s’aimer les uns les autres, mais à tenter de saisir leurs « fonctionnements » respectifs. Il ne s’agit pas d’entrer systématiquement dans le désir d’autrui et le satisfaire, mais d’y être attentif, ce que notre interlocuteur perçoit. Point n’est besoin pour autant de jouer au psychothérapeute : il n’est de meilleure oreille qu’un cœur ouvert. Si nous prétendons être à l’extérieur des loges, des modèles de communication, c’est à l’intérieur que nous devons apprendre à écouter le monde.

Aujourd’hui, on communique de plus en plus, mais on se parle de moins en moins ! Pour les authentiques « fils et filles de la lumière », l’enjeu est heureusement tout autre que la minable visée commerciale d’une poignée d’opportunistes, après-coups identifiés. Il s’agit de montrer et démontrer que, à l’exemple des maçons de toutes ethnies, toutes couleurs, toutes confessions, qui constituent notre Ordre, les Hommes peuvent vraiment vivre ensemble !

Certes, la tâche est immense. Depuis son origine, l’homme est un loup pour l’homme. Un tragique 11 septembre vient de nous rappeler que la pulsion de mort pointée par Freud, est toujours inscrite en nous. Il nous reste donc un travail interne à réaliser pour détruire cette disposition criminelle blottie dans notre cerveau archaïque. L’homme est soi-disant poussière d’étoile, mais son esprit diabolique pourrait finalement le réduire en cendres ! Sur cette planète, sans cesse en proie à des crises de folie meurtrière, que pouvons-nous prétendre nous, les frères et les sœurs aux mains nues ?

L’effroyable destruction des édifices américains nous renvoie à la mythologie : de l’écroulement de la tour de Babel, aux démolitions successives du temple de Salomon, métaphores de la « mésentente » des peuples. La tradition maçonnique, bien comprise et bien utilisée, nous enseigne que l’écoute et la parole, sont à la fois nos armes et nos outils. L’une et l’autre nous permettent de poursuivre inlassablement notre mission choisie de transmission fraternelle au quotidien : de personne à personne, de groupe à groupe, d’état à état.

 Au vrai, nous n’empêcherons pas que la franc-maçonnerie, qui se veut une fraternité universelle, puisse être perçue comme une utopie. La plus lointaine des étoiles connues a été précisément baptisée du joli nom d’« Utopia ». Hier, un équipage comprenant le cosmonaute américain et franc-maçon Eldwin Aldrin est allé se poser sur la lune, demain d’autres iront sur Mars, puis, après-demain sur Vénus. Espérons sans gémir.

L’inaccessible étoile est en vue

GLDF : Communiqué de presse de la Loge Saint Jean d’Écosse

En guise de “préface” à TRAITS D’UNION, la prochaine Biennale maçonnique du livre à Marseille (septembre 2023), la loge Saint Jean d’Écosse organise la première rencontre Franc-maçonnerie et médias sur le thème LA RECHERCHE DE LA VÉRITÉ, le samedi 24 septembre 2022 de 9h30 à 17h.

GLDF SAINT JEAN D' ÉCOSSE MARSEILLE
GLDF SAINT JEAN D’ ÉCOSSE MARSEILLE

Cette rencontre publique réunira les rédacteurs en chef de La Provence, de France Bleu Provence, de France 3 Méditerranée et de Made In Marseille et les représentants du collectif des obédiences organisatrices de la Biennale :

Alliance des Loges Symboliques ; Directoire National Rectifié de France ; Fédération Le Droit Humain ; Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française ; Grande Loge Féminine de France ; Grande Loge Féminine Memphis-Misraïm ; Grande Loge Mixte de France ; Grande Loge Nationale Française ; Grande Loge Traditionnelle de France ; Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra ; Grand Orient de France.

La manifestation, ouverte sur inscription à tout public intéressé, se tiendra au siège de la Grande Loge de France à Marseille, le Château Saint-Antoine.

Au programme :

Accueil à partir de 8h30

9h30 – 12h30 : Table-ronde La recherche de la vérité,

présentée et animée par Jean-Jacques Zambrowski, Grand Maître Honoris Causa de la Grande Loge de France, docteur émérite des universités, avec

  • Guilhem Ricavy, rédacteur en chef des rédactions du groupe La Provence (presse écrite),
  • Anne-Sophie Maxime, rédactrice en chef de FR3 Méditerranée (télévision),
  • Nelly Assénat, rédactrice en chef de France Bleu Provence (radio),
  • Narjasse Kerboua, rédactrice en chef de Made in Marseille (presse locale web),
Thierry Zaveroni, Grand Maître de la GLDF
  • et en présence du Grand Maître de la Grande Loge de France, Thierry Zaveroni

12h30 – 14h30 : Buffet et relations publiques

Pour faire connaissance en toute convivialité, au restaurant et sur la terrasse du Château Saint Antoine

14h30 – 16h30 : Rencontre-débat Du vrai et du faux

Séquences vidéo et questions-réponses pour démêler et défaire préjugés, stéréotypes et fake news à propos de la Franc-maçonnerie, des Francs-maçons et Francs-maçonnes.

L’inscription est obligatoire. Cliquer pour accéder au formulaire Helloasso ou par le QRCode ci-joint.

Inscription – QRCode

La participation aux frais de la journée est fixée à 25 € par personne.

Accès – parking gratuit et surveillé – dans la limite des places disponibles.

Bar et Librairie de l’Orient ouverts pendant la manifestation.

Château Saint-Antoine – Grande Loge de France, 10 bd Jules Sebastianelli, 13011 Marseille

contact@biennale-livremarseille.fm/Informations : saintjeandecosse.fr

Escape Game géant dans le monde des templiers cet été

De notre confrère centrepresseaveyron.fr – Par Nicolas Drusian

Un escape game immersif géant est accueilli dans les murs du Château du Colombier, à Salles-la-Source, tous les jours jusqu’au 28 août.

Le Château du Colombier situé à Salles-la-Source a rouvert ses jardins l’été dernier, et ils sont en 2022 à la disposition des chevaliers en devenir. Jusqu’au 28 août, ce lieu d’exception sert de décors aux aventuriers qui souhaitent expérimenter l’escape game intitulé « Le trésor des templiers », un jeu d’énigmes grandeur nature à résoudre à plusieurs.

Les participants (de 2 à 8) ont 1h30 pour relever tous les défis de l’escape game en plongeant dans l’an de grâce 1295. « Depuis des siècles, le Château du Colombier a sombré dans l’oubli. Pourtant, la légende raconte qu’un trésor fut oublié dans les entrailles de ce lieu…où est-il ? Comment le retrouver ? Quelques valeureux chevaliers y sont allés mais depuis, aucune trace… Revisitez l’histoire du domaine du Colombier et découvrez son joyau caché », invitent les organisateurs.

Comment réserver pour devenir un aventurier

Dans ce jeu d’immersion grandeur nature, « les participants incarnent un personnage de l’univers du jeu », il n’est « pas simplement spectateur, toutes ses décisions auront un impact sur la suite de son aventure ». En ce qui concerne les péripéties du Château de Colombier, les joueurs doivent s’attendre à devenir des aventuriers d’un jour dans un décor médiéval. 

Il est possible de réserver tous les jours jusqu’au 28 août. L’escape game est ouvert pour petits et grands à partir de 8 ans. Les réservations se font au 06 14 17 92 10 ou en ligne sur le site du Château du Colombier.

DOSSIER SPÉCIAL : Renouveau au Grand Orient de France… Les loges proposent !

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L’année dernière à l’initiative des régions 03, 05, 11, 15, 16, et 17 du GODF, la question de l’évolution de la plus grande obédience française fut inscrite à l’ordre du jour du convent de Montpellier 2021 sous le titre

« DÉBAT DE PROSPECTIVE SUR L’ÉVOLUTION OBÉDIENTIELLE ».

A l’issue des débats, une résolution fut adoptée à 82% pour confier au collège du convent la mission de poursuivre le débat en sollicitant les contributions des loges.

Les loges du GODF ont donc adressé leurs contributions et il en sera question à l’occasion d’un débat inscrit à l’ordre du jour du prochain convent 2022 qui se déroulera fin août à Montpellier.

Décompte en contribution

Que disent ces contributions ? C’est justement ce dont nous parlerons dans cet article !

Quand on lit les 337 contributions, on constate combien l’intelligence collective n’est pas un vain mot !

Toutes ces informations et approches différentes ne concernent pas seulement le Grand Orient de France !

Que cela soit en France, en Europe et dans le monde , c’est enfoncer une porte ouverte que de constater que la franc-maçonnerie est en crise : certains se résignent et continuent comme avant, d’autres cherchent à comprendre pour trouver des solutions !

On ne peut que féliciter la plus grande obédience française d’avoir pris l’initiative de solliciter les loges en les laissant libres de répondre à leurs manières ! Pour une fois on n’a pas créé une commission pour « enterrer » une question gênante !

Au total près de 10% des loges ont adressé au moins une contribution ; quand on connaît leur emploi du temps surchargé, avec de multiples sollicitations dans un contexte d’année électorale, c’est un point positif qui démontre l’engouement des loges à rendre encore plus attractif les travaux maçonniques au Grand Orient de France !

Les sujets abordés, les ressentis et les propositions exposées intéresseront toutes les francs-maçonnes et tous les francs-maçons, car il s’agit de « remontées » de terrain sans langue de bois !

Naturellement, il y a des critiques envers les élus, mais cela était inévitable ! L’important, réside dans les propositions, car en les lisant, on constate que les solutions existent et que tout est possible si on souhaite apporter des réponses aux inquiétudes !

Maintenant, il est clair que tout va dépendre de la volonté de Georges Sérignac, le Grand Maître actuel d’accorder du crédit à ces demandes ! En effet, il a aussi les moyens de « botter » en touche ! Si, cependant, il accepte de s’emparer des solutions proposées, il est certain que le GODF démarrera dans une nouvelle dimension et 2022 sera à marquer d’une pierre blanche !

En acceptant de relayer ces travaux, 450.fm est fier de leur donner une plus grande audience quelques semaines avant le prochain convent du GODF, où ce débat aura l’occasion de se manifester.

Une proposition bien présentée

Mais d’abord, précisons l’enjeu de ce débat de prospective !

La lecture des contributions apporte des informations sur le ressenti des francs-maçonnes et des francs-maçons et sur ce qui motive leur envie de renouveau !

Le constat d’une réalité :

  • « L’obédience semble coincée entre la tradition, la modernité et le secret ! »
  • « Le constat n’est pas neuf : depuis plus de vingt ans, les délégués des loges reviennent du Convent du Grand Orient de France déçus, voire mécontents. Les reproches sont toujours les mêmes : une assemblée tellement nombreuse que le temps de parole est limité de façon drastique, ne permettant plus de développer une argumentation sur un sujet un peu complexe, et un ordre du jour trop chargé encombré par des questions qualifiées « d’administratives ».
  • « Constat du manque d’attractivité de l’obédience : – prix de la capitation : un coût élevé qui limite l’accès à certaines catégories socio-professionnelles, – manque de visibilité de la FM, – la FM est perçue comme « élitiste », les mythes ont la peau dure (secte, …) – enquête auprès des apprentis et compagnons : 50 % des initiés ont un diplôme BAC + 5 et 30 % ont un BAC + 3, soit un total de 80 % sont diplômés —> les moins diplômés ne vont pas oser franchir la porte du temple, – la FM a un côté sulfureux, les vidéos (YouTube) qui abordent la FM ne sont pas « flatteuses », elles sont même un repoussoir, il existe peu de vidéos positives, – toutefois, lorsque l’on veut se renseigner sur la FM, on peut : il existe de nombreux livres dans les grandes librairies clermontoises et/ou internet, – Pour le monde profane, nos frères ne sont pas suffisamment exemplaires. »
  • « Les loges sont infantilisées par notre règlement général, qui soumet à autorisation préalable toute tenue autre que les tenues d’obligation. En français, l’obligation d’autorisation préalable porte un nom : la censure. »

Pourquoi vouloir penser le GODF à l’aune de la prospective ?

  • « Manque de lisibilité du projet GODF en tant qu’institution auprès de son environnement social et territorial. »
  • « Le constat est bien celui d’une césure entre les valeurs que nous portons depuis plus de deux siècles, les préoccupations qui sont aujourd’hui les nôtres (fin de vie, bioéthique, développement durable, école républicaine, etc.) et les valeurs et thématiques qui agitent le monde profane. »
  • « Le convent ne permet plus l’expression libre ni le débat entre loges souveraines. Il est essentiel de redonner du temps à l’objet même du convent, c’est à dire, la construction, le débat, les orientations de l’obédience. »
  • « Trop de contraintes administratives nuisent aux travaux des loges ! »
  • « Au regard de la situation actuelle, au regard de l’esprit de notre Obédience, nous devons favoriser l’intégration des jeunes ! »,
  • « Les loges doivent être le centre de la vie de l’obédience ! »
  • « Une meilleure connaissance de l’obédience, des instances, pour plus de dialogue, en prenant en compte plus de composantes pour aller vers un rééquilibrage des pouvoirs, tout en entrainant plus d’efficacité, de concorde, de transparence. »
  • « Ouverture sur la société grâce à notre capacité à porter au dehors du temple nos idées et convictions mais aussi amélioration de nos travaux et des instructions. »
  • « Tout au long de son histoire, le G∴O∴D∴F∴ a toujours été le fer de lance d’idées et réalisations progressistes dans la société : IVG, mariage pour tous, avancées en bioéthique, etc. »
  • « Être exemplaire au quotidien, en commençant dans notre cercle familial et professionnel. Pourquoi, ne pas se dévoiler davantage pour donner à réfléchir et apporter une meilleure connaissance et transparence de la FM. »
  • « Si l’amélioration de l’individu se fait dans la Loge, nous avons absolument besoin d’une Obédience forte pour contribuer à l’amélioration de cette société, ce qui, à notre sens est loin d’être le cas aujourd’hui. »

Analyse des retours

Il y a, comme il fallait s’y attendre, des déclarations qui témoignent d’une certaine désinformation qui aboutit à des contradictions dont voici quelques exemples :

  • Vouloir diminuer les dépenses et exiger des conseillers de l’ordre supplémentaires (en sachant qu’un conseiller de l’Ordre coûte environ 30.000 € par an);
  • Vouloir ouvrir le recrutement aux CSP et maintenir des frais liés à l’appartenance maçonnique de plusieurs centaines d’euros par an !
  • Vouloir être une fédération de loges avec le principe « une loge = une voix » et constater l’impossibilité de travailler collectivement et sereinement avec un nombre pléthorique de délégués !
  • Demander plus de présence dans les médias et réserver l’extériorisation à un Grand Maître !
  • Brandir le « secret » maçonnique à tout va et demander plus de communication avec le monde profane !
  • Se gausser de la « primauté » des loges et reprocher au conseil de l’ordre de faire de la figuration !
  • Vouloir faire connaître les bienfaits de l’engagement maçonnique et refuser de se dévoiler !

Un objectif qui semble recherché : Un législatif souverain renforcé et un exécutif concentré et stabilisé

Un souhait qui semble faire consensus : Donner le temps au conseil de l’ordre pour organiser son travail sur une période longue non susceptible d’être interrompue !

« Un conseil de l’Ordre plus restreint, plus efficace, répond réellement à ce que les loges peuvent en attendre de l’exécutif. Le Conseil de l’Ordre serait composé d’un élu par Région pour 2 fois , 3 ans au maximum. A l’image de notre 5ème république le rôle du GM.°. est essentiel à notre fonctionnement et il lui faut une certaine stabilité dans la durée. »

Il est clair que le bon sens finit par imposer sa logique ! Dans toutes les obédiences, il y a un débat récurrent entre les prérogatives organisationnelles de l’obédience et le pouvoir dévolu aux loges ; combien de convents ont permis des morceaux de bravoure où des trémolos faisaient pleurer les colonnes sur l’air « Ma loge, oh ma loge ! » et en plus le discours associait une diatribe contre un Grand Maître incompétent !

Permettre au GM d’avoir une visibilité et le décharger de faire des tournées des popotes où il perd son temps à serrer des poignées et à dire des banalités, semble faire consensus et rien que pour cela, ce débat n’aura pas été inutile !

Plusieurs contributions vont plus loin dans cette idée de donner de réels moyens au GM d’assurer une bonne gouvernance : augmenter les prérogatives de son directeur des services, décharger le conseil de tâches administratives, mieux maîtriser les compétences de ses conseillers de l’ordre !

« La Franc-Maçonnerie doit rester un espace de réflexion et d’épanouissement personnel. Elle doit réaffirmer la prédominance du spirituel sur le matériel en s’appuyant en particulier sur ses outils symboliques. Elle doit insister sur la nécessité de se transformer soi –même pour espérer transformer la société. Face au matérialisme du monde profane elle doit rester un lieu où prévalent l’intériorité et la spiritualité. »

Une autre idée qui commence à s’imposer : Arrêtons le massacre d’un convent bidon où on prend les délégués pour des pigeons en leur demandant de participer à une course aux votes qui deviennent des acceptations systématiques sans débat par lassitude et hâte d’en finir !!!

Si le constat semble largement partagé, les propositions sont multiples :

  • Développer l’échelon régional semble une voie mais très justement une contribution attire l’attention sur le risque de déséquilibrer l’institution.
  • La règle « une loge=une voix » chère au statut fédéral du GODF semble battue en brèche sans que cela n’ait vraiment été pris en compte : faut-il changer le statut associatif et accepter des adhésions directes ? Pourquoi pas ?
  • La solution la plus crédible serait de faire un convent « symbolique » convivial tous les 3 ans et de garder une assemblée générale à la fois en présentiel et en distanciel sur un à deux jours les deux autres années.
Ce que les mauvaises langues reprochent aux francs-maçons de toutes les obédiences ! Prouvons leur que c’est faux !

Quelques manifestations d’impatience qu’il faudrait peut-être écouter :

  • Ce n’est pas au conseil de l’ordre de tout gérer surtout quand cela est plutôt mal fait ! N’est-ce pas dans les loges que la franc-maçonnerie se vit ? Exemple : Plusieurs contributions demandent que l’honorariat se décide dans les loges !
  • Plusieurs loges se manifestent pour que la mixité au GODF soit une réalité et non pas un gadget comme cela se présente actuellement !  Une loge évoque même le risque du « paternalisme « : « Selon le sondage interne de l’IFOP diligenté par le C∴ O∴ auprès de ses nouveaux membres, deux des trois principaux reproches adressés au G∴O∴D∴F∴ sont : « le paternalisme » et « la misogynie ». Ces travers s’avèrent même à l’origine de nombreuses défections de SS∴ …et aussi de FF∴ ! »
  • « Nous considérons la féminisation des titres et des rituels comme le reflet de la réalité et de la diversité qui existe au sein du GOOF. Cela enverrait un message fort positif et émancipateur aux francs-maçonnes du GOOF ainsi qu’aux candidates à !’initiation ou à !’affiliation qui cherchent une obédience juste et parfaite. »

Et puis il y a ces sujets d’inquiétude pour lesquelles aucune proposition ne semble plaire :

  • Des apprentis et compagnons mal formés par des loges qui semblent perdues !
  • Des jeunes maîtres qui se lassent plus vite que prévus !
  • Un montant de capitation qui semble injustifié !
  • Des conseillers de l’ordre dont on se demande à quoi ils servent sinon à préparer leur « ascension » !
  • Une justice maçonnique qui se prend pour qui !
  • Des commissions dont on vante les travaux en se dépêchant de les oublier !

Plus faire confiance aux loges

« Permettre une libre extériorisation des loges en leur permettant l’organisation de réunions publiques, l’interpellation des élus ou la publication de communiqués. A partir du moment où le règlement général affirme la souveraineté des loges et leur capacité à se gouverner librement d’une part, et étant entendu que tous les membres du Grand Orient de France s’engagent à respecter l’article 1er de la constitution d’autre part, il serait souhaitable que le Conseil de l’Ordre fasse confiance aux ateliers dans leur capacité à extérioriser les travaux qu’ils produisent. »

« Pour réussir l’implication de tous dans les loges et dans l’obédience, il faut désacraliser les fonctions, en permettant réellement à chacun de les exercer, selon un ordre défini par des critères objectifs eux-mêmes définis dans les statuts. »

Pour l’anecdote

il y a aussi des propositions « intéressées » qui, si elles sont acceptées, permettront un remboursement des frais ou une candidature plus facile au conseil de l’ordre ou d’autres choses encore !

Qui aurait pu imaginer qu’il y ait pu avoir dans ces contributions du copier-coller : et bien chercher bien et vous en trouverez ! Cela prouve que les anciennes pratiques où on cherchait à multiplier les soutiens persistent même dans un contexte où on recherche des idées !

Des propositions originales :

« L’élection du GM est couplée avec l’élection du collège des officiers du convent – Le ou la Présidente du convent est aussi GM– une élection sur liste au scrutin direct avec proportionnelle majoritaire ; chaque liste comprendra en tête le ou la candidate à la GM suivi(e)de neuf noms – Le scrutin majoritaire s’applique pour les neuf noms de chaque liste – Limitation du nombre de mandats : mandat de 3 ans renouvelable 1 fois »

« Des actions concrètes de la loge dans la vie de la cité ! »

« Pour l’inscription d’un congé parental dans le Règlement Général du G∴O∴D∴F∴ ».

« Une démarche originale : l’analyse SWOT : Préambule à toute prise de décision dans le monde profane. Strengths. Weaknesses. Opportunities. Threats. (Forces. Faiblesses. Opportunités. Menaces.)

Les forces. Notre obédience, le GO, est le plus important en nombre de loges et de membres en France et elle irrigue dans le monde entier. Elle bénéficie d’un héritage historique grâce à ses agissements sociaux et son héritage des lumières. Elle trouve sa force dans la puissance symbolique du rite français. Elle considère ses frères et ses soeurs en toute égalité et non en grade.

Les faiblesses. L’obédience a perdu de sa visibilité dans la société française notamment à cause de son manque de prise de position. Où est sa place dans l’actualité du moment ? Quelle est sa parole quant aux évolutions morales, éthiques et sociétales ? L’obédience fait état d’une pléthore de différents rites dont de très nombreux s’ancrent uniquement dans le symbolique. Est-ce là le reflet d’une appétence des maçons pour le superficiel et le décorum ? Les mythes entretenus quant aux origines de la maçonnerie qui font se confondre fausse tradition (jusqu’à l’Égypte ancienne) et réelle histoire qui débute au siècle des lumières nourrissent certainement les causes de la remarque précédente. La mixité qui fit longtemps sujet et débat s’est encore trop peu développée. L’on doit regretter le comportement en loge de certains maçons, mais aussi en dehors du temple. Les vols et dégradations, les prises de positions politiques jusque même la violence entre frères interrogent sur les réels buts de certains maçons et par effet de contagion de l’obédience.

Les opportunités. Du temps des accords de Nouméa l’obédience avait su saisir les opportunités de l’histoire pour être agissante. Les sujets d’actualité ne manquent pas pour que les buts de la maçonnerie soient à nouveau le moteur de l’action de l’obédience. Le besoin de rite dans la société peut s’exprimer dans la maçonnerie et permettre, grâce aux outils et méthodes, à des citoyens de devenir maçon et opératifs. La république française qui est au coeur de notre profession de foi subit des attaques tant de l’extérieur que de l’intérieur et donc mérite que l’obédience s’en sente concernée. Pour rappel cet amusant parallèle des deux acronymes RF : pour République Française et Rite Français. •

Les menaces. Le risque d’interdiction par l’extrême droite qui est de plus en plus importante dans la société fait être reconnue la maçonnerie comme problématique voire être à nouveau le bouc émissaire pour demain. La puissance de la GLF qui bénéficie de la droitisation des idées dans la société. L’image toujours trop négative de la maçonnerie dans le grand public trahit les toujours rancœurs vivaces construites envers elle dans le passé. Les dérives mystiques de certains frères et sœurs en manque de religiosité qu’ils viennent palier en Loge. Erreur fondamentale souvent inconsciente chez les impétrants. »

  • Elaboration d’un plan de continuité d’activité.  C’est l’un des éléments de la gestion de crise. Il permet à une organisation de fonctionner à minima, même en mode dégradé, en situation de désastre ou en situation de crise majeure.
  • «  Respecter le vivant et l’écosystème est donc un pilier de notre chemin initiatique. »

Globalement il ressort de ces contributions une évidence : La gestion de notre obédience dans ses différents aspects mériterait un plus grand professionnalisme et la volonté de faire correspondre nos « valeurs » (plus de démocratie, plus de transparence, plus d’engagement) à nos manières de faire !

Car la réalité est là : que cela soit au GODF ou dans les autres obédiences, il y a deux sortes de maçons : ceux qui ont les honneurs et les quelques avantages liés à leurs fonctions et les autres qui sont dans l’ombre et qui doivent se taire et continuer à payer près de 500 euros par an ! Alors il est vrai que pour payer ce prix il faut faire partie des notables de notre société ! 

Comment être une société de notables et souhaiter être exemplaire pour faire vivre nos valeurs ? Faîtes ce que je dis mais ne faîtes pas ce que je fais !

En conclusion, on ne peut que féliciter le Grand Orient de France d‘avoir le courage de débattre et d’assurer la transparence sur les contributions émises. Car, il est clair que les problèmes présentés ne sont pas spécifiques au GODF ; à une autre échelle, on les retrouve dans les petites obédiences qui elles n’ont pas les moyens de vouloir se réformer !

Pour donner à cette obédience les moyens d’assumer les objectifs qui sont les siens et que l’on pourrait résumer par le triptyque, « Compétence, Transparence et Vérité », les loges du GODF iront-elles jusqu’au bout de ce débat de prospective ? On pourrait formuler la question autrement ? Le Grand Maître actuel Georges Sérignac aura-t-il la volonté de faire aboutir des réformes réelles ou préférera-t-il les faire oublier ?

 Rendez-vous l’année prochaine !

Nous vous proposons ci-dessous, les titres des 373 propositions qui en eux-mêmes apportent beaucoup d’informations !

Nous vous proposons ci-dessous trois tableaux reprenant l’essentiel des propositions concernant l’obédience dans sa globalité, la loge et le convent ; ce sont les trois sujets qui ont suscité le plus de propositions. Rappelons les autres sujets traités :

  • La durée du mandat du Grand Maître ou de la Grande Maîtresse (51 propositions)
  • L’activité du conseil de l’ordre (33 propositions)
  • La dynamique régionale (27 propositions)
  • Le Règlement Général (19 propositions)
  • Le Numérique (14 propositions)
  • Qui vote ? (14 propositions)
  • Les Questions à l’étude des loges (13 propositions)
  • La justice maçonnique (10 propositions)
  • La mixité et le respect que l’on doit aux sœurs (10 propositions)
  • Le nombre souhaité de conseillers de l’ordre : 9 propositions
  • Les commissions (9 propositions)
  • La durée du mandat des conseillers de l’ordre (7 propositions)

Les rituels maçonniques au Temple de Salomon

De notre confrère germanique compact-online.de

Les rituels et les degrés de la franc-maçonnerie sont un livre assez secret pour un profane. Quelles allégories et métaphores les frères de loge utilisent-ils – et que représentent-ils ? Un extrait du magazine (allemand) COMPACT.

Le frère est escorté torse nu et les yeux bandés dans la salle du temple. Il porte une corde autour du cou. Bien qu’il soit déjà devenu un maître, les secrets les plus profonds lui sont jusqu’à présent restés cachés. Alors maintenant il est de nouveau aveugle, donc il est de nouveau lié.

Il est escorté de la chaise devant la Chaire du Maître. Trois frères qui ont déjà reçu des ordres supérieurs l’approchent de près. L’un met une règle à son cou, un autre frappe son côté droit de la poitrine avec une équerre, et le troisième frappe sa tête avec un maillet.

poignée de porte symbole maçonnique
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Le candidat s’effondre au sol, la jambe droite fléchie. Il est recouvert d’un tissu, qui est censé symboliser un tumulus, et une branche d’acacia est placée dessus – comme symbole d’immortalité. Maintenant, une tentative est faite pour ressusciter la personne apparemment morte, d’abord avec le mot apprenti Jakin et le mot compagnon Boaz. Comme cela échoue, le maître convoque les autres frères. Ils révèlent le nouveau Maître au mot de Moabon. Maintenant, le frère principal lève l’homme éveillé, passe son bras gauche autour de lui, lui chuchote le mot secret à l’oreille.

Énigmes kabbalistiques

Ce qui peut sembler un obscur théâtre de mystères pour les étrangers est un rituel très sérieux pour la franc-maçonnerie, qui est principalement basée en occident, avec laquelle un frère est initié au quatrième degré – le premier des hauts degrés selon le rite écossais. . (…)

Fondamentalement, la franc-maçonnerie peut être considérée comme un développement ultérieur de la Kabbale – la tradition mystico-gnostique du judaïsme qui a été presque oubliée aujourd’hui. L’image maçonnique de Dieu est celle d’un « grand architecte de l’univers » (principe créateur), symbolisé par le G majuscule au centre de l’équerre et du compas. La lettre représente également la géométrie en tant qu’expression de l’ordre le plus élevé.

Equerre et Compas
Equerre et Compas

La définition du « grand architecte » des frères de loge est presque identique à celle des Ain Soph (aussi En Sof ou Ein Sof) de la Kabbale : Une conscience primordiale créatrice qui est omnipotente et peut tout créer, mais peut aussi tout détruire . Selon les enseignements kabbalistiques, les dieux des autres religions ne sont que des formes matérialisées de ce principe créateur, qui peut être assimilé à la créativité, mais aussi à l’amour, l’amitié ou la moralité. Le but de l’initiation maçonnique (initiation) est de dépasser l’attachement à la réalité matérielle afin de se rapprocher le plus possible du principe originel, de degré en degré.

Dans le rituel décrit au début, le frère aux yeux bandés représente Hiram Abif, qui, selon le récit biblique, aurait été chargé de la construction du temple par le roi Salomon. La figure est probablement basée sur Imhotep, le grand maître bâtisseur des pyramides de l’Égypte ancienne. Selon la légende, Hiram devait ses extraordinaires talents d’architecte au fait qu’il connaissait un mot secret. (…)

L’initiation maçonnique

L’initiation classique de la maçonnerie de Saint-Jean est divisée en trois grades dits bleus : apprenti, compagnon et maître. Cette zone est intramondaine et remonte aux origines artisanales des loges. Le point ici est d’améliorer les capacités du frère dans la vie mondaine.

Symboliquement, on se rabat sur le trivium, les trois arts dits libéraux qui étaient enseignés dans les écoles triviales ou élémentaires au Moyen Âge (grammaire, arithmétique, géométrie). A l’initiation, ils représentent l’ouïe, la pensée et la parole correctes.

En effet, comme à l’école, les candidats à ces grades devraient également se voir confier des tâches mathématiques à résoudre. Quiconque a obtenu le diplôme de maîtrise est généralement chargé de former les diplômes inférieurs en conséquence. Outre la référence à l’artisanat, Johannismaurerei a un autre sens. Les trois degrés représentent également les trois périodes de la vie terrestre : enfant, adulte et vieillesse. Ceci est destiné à rejouer l’humain ici et maintenant sous une forme abrégée.

Dans la maçonnerie écossaise, les degrés de Saint-Jean servent de préparation aux degrés rouges, les degrés supérieurs. L’initiation d’un maître au quatrième degré présentée au début doit être comprise métaphoriquement comme la mort de l’ego mondain et la résurrection de l’homme en tant qu’être spirituel. Alors que les degrés bleus, selon la compréhension maçonnique, sont destinés à encourager le frère de loge à l’amélioration de soi, mais aussi au travail caritatif – c’est-à-dire pour permettre à soi-même et aux autres de mener une bonne vie terrestre – les degrés supérieurs sont destinés à lui permettre de secouer les chaînes de la vie terrestre et la grande pour se rapprocher le plus possible des architectes de l’univers. (…)

Les hautes notes

Pour la Haute Franc-Maçonnerie, le chemin pour devenir un Grand Architecte est synonyme de redécouvrir le Mot Secret. Cela ne doit pas être compris dans le sens d’un terme ou d’une expression spécifique, mais comme un état de développement spirituel le plus élevé possible. (…) Fin des extraits.

Vous pouvez lire l’intégralité de l’article dans le spécial COMPACT « Francs-maçons – Les conspirations d’une société secrète » . Ci-dessous la table des matières de cette édition :

Franc maçon.  Les conspirations d'une société secrète en spécial COMPACT

Frères de Loge
Architectes d’un Nouvel Ordre Mondial : Les Origines de la Franc-Maçonnerie
Dans le Temple de Salomon : Rituels, Degrés et Secrets des Loges
Frères Ennemis : La Guerre Cachée des Grandes Loges
Au Service de Sa Majesté : La Franc- Maçonnerie en Allemagne

Apostates
Weishaupt’s Lightbringer : The Illuminati Secret Society
Au nom de la rose : alchimie et mysticisme rosicruciens
Heralds of the Age of Aquarius : Occultists from Lévi to Crowley
Brotherhood of Death : The Secret Order of Skull & Bones
Sons of the Covenant : The Jewish Lodge B’nai B’rith
Une main lave l’autre : Rotarians’ International

Les révolutions
Les maîtres bâtisseurs de l’Amérique : George Washington et la fondation des États-Unis
L’argent des francs-maçons : Symbolisme de la loge sur les billets d’un dollar
Le triomphe du Grand Orient : La cour sanglante de la Révolution française Le
signal du Bosphore : La révolte des Jeunes Turcs
Insurrection des mencheviks : le frère Kerensky renverse le tsar

Message criminel
de l’enfer : Les meurtres rituels de Jack l’Éventreur Criminels
de guerre tabliers : Kitchener et les camps de concentration sud-africains
Loge d’Hitler Frère : Le banquier nazi Hjalmar Schacht
Le frère qui aimait la bombe : Harry S. Truman et
le masque maçonnique d’Hiroshima Services secrets : Le Terror Lodge Propaganda Due
Le Massacre des Templiers : Anders Behring Breivik, Oslo et Utøya
The Masonic Understander : Thriller : Dan Brown and the Secret Societies