A l’occasion de la diffusion de Prey sur Disney+ Star, redécouvrons le film Predator : Dark Ages de James Bushe.
Predator : Dark Ages est un court métrage de fan qui a remporté le prix du meilleur film de fan au Tri-Cities International Film Festival. Réalisé par James Bushe, le film se déroule pendant les Croisades où la foi et les compétences de combat d’un groupe de chevaliers templiers sont mises à l’épreuve lorsqu’ils rencontrent le Predator. Leur combat est à l’origine des mythes et légendes.
Le casting se compose de Adrian Bouchet, Amed Hashimi, Sabine Crossen, Ben loyd-Holmes, Jon Campling, Joe Egan et Philip Lane.
NEWSPRINT Imp., Groupe Le Monde, du 6 au 19 août 2022, Numéro double, 206 pages – + Sortir, pages spéciales, foliotée de 1 à 48, 4,70 €
Télérama est un magazine culturel français à parution hebdomadaire. Il a été fondé en 1947 par Georges Montaron*, et appartient au groupe Le Monde depuis 2003. Malgré sa vocation de publier les programmes de télévision, ceux-ci ne constituent pas l’essentiel de sa pagination. Il paraît chaque mercredi et donne les programmes du samedi au vendredi suivant. En 2013, Télérama est le cinquième titre de la presse le plus subventionné au numéro par l’État, avec 0,336 € de subvention par exemplaire. Télérama dispose d’un site Net, Télérama.fr : programme TV, séries TV, films de la semaine, etc. : https://www.telerama.fr/
Nous vous invitons à lire quelques lignes de la journaliste critique dramatique Fabienne Pascaud, directrice de rédaction :
En 2005, la première série « Hiding in the City » de l’artiste chinois Liu Bolin présente un autoportrait de l’artiste immobile et recouvert de peinture, se confondant avec les décombres de son atelier, situé dans le quartier d’artistes rasé par le gouvernement chinois.
« RÉALITÉ ET SURNATUREL
Alors que le visible, l’audible, le dicible si souvent déçoivent, comment ne pas espérer en l’invisible, l’inaudible, l’indicible ? Comment ne pas chercher à les dénicher derrière les sensations convenues les impressions ordinaires, les réflexions attendues ? Les poètes, les musiciens, les artistes enfin, nous forcent parfois à franchir d’insoupçonnables frontières, à dépasser nos limites, à regarder, écouter, penser par-delà. Que de mystères ne sont alors révélés, que de présences encore occultées, et d’esprit dissimulé dans mille matières… »
L’acte fondateur est signé entre Ella Sauvageot pour La Vie catholique dont le fondateur est Francisque Gay, le Révérend Père Pierre Boisselot pour les Dominicains et Georges Montaron pour Témoignage chrétien.
Par ailleurs, l’image « catho de gauche » est remplacée dans les années 2000 par une image « bobo écolo » et il est noté, depuis la fin des années 2010, que le magazine marque un fort tournant vers le féminisme.
Le numéro double de l’été consacre son dossier à une thématique qui appartient au monde de l’étrange, de l’insolite et du mystère… Son nom : « Voir l’invisible. »
Alors, quoi ? Vite un exorciste ???
Non, avec le sérieux que nous connaissons de Télérama et de son équipe éditoriale, nous avons un dossier extrêmement bien construit et sérieux. Nous vous recommandons sa lecture ! Ce dossier « Spécial invisible », de la page 10 à la 43, se structure en 13 articles et un éditorial. Voici la table des matières :
L’invité est l’anthropologue et médecin légiste Philippe Charlier/Le Surnaturel, ça s’étudie/L’œuvre cachée de Barbara/ La mystique chrétienne/Un cocktail visionnaire/L’invisibilité sociale/Masques mystérieux/Monstres nippons/L’art de la fugue/ L’appel du tambour/Menés par le bout du nez/Les jeunes adeptes du shifting**/L’insaisissable souffle.
Exemple du carré Sator à Oppède, en France
Nous aimons en haut de page l’usage d’un carré annonçant le sujet de l’article, tel le plus ancien carré de lettres connu, le carré magique Sator, dont les mots disposés peuvent être lus horizontalement ou verticalement…
Autopsie des fantômes
Télérama n’hésite pas à aller plus loin en vous recommandant d’approfondir le sujet, vous préconisant même l’ouvrage de Philippe Charlier Autopsie des fantômes – Une histoire du surnaturel (Tallandier, 2021) que nous vous avions présenté ici-même https://450.fm/2021/09/21/autopsie-des-fantomes-une-histoire-du-surnaturel/
*Georges Montaron, né le 10 avril 1921 à Paris et mort le 8 octobre 1997 à Paris, est un journaliste militant, résistant, chrétien de gauche, patron de presse français. Il est connu pour ses combats contre la torture, pour la liberté de la Presse, la décolonisation, pour la défense des peuples kanak, palestinien et sahraoui, la défense des prêtres ouvriers, de l’Abbé Pierre et de Mgr Jacques Gaillot, Vatican II et l’ouverture de l’Église au monde. Il est dirigeant national de la JOC Jeunesse ouvrière chrétienne, résistant, administrateur de la Sécurité sociale à sa création, directeur de Témoignage chrétien de 1947 à 1996, trésorier puis président du Syndicat de la presse parisienne, fondateur de Télérama, ainsi que d’un grand nombre de titres et mouvements.
Shifting – Felicity-Luder
**En anglais, « to shift » signifie modifier ou encore basculer. Ainsi, on comprend un peu mieux le terme shifting, qui fait de plus en plus parler de lui. Il s’agit de quitter sa réalité morose pour basculer dans un univers fantasmé simplement grâce à la pensée et à son imagination. C’est ainsi que pour échapper à un quotidien maussade, des personnes ont trouvé cette nouvelle technique. Quand certains se posent devant leur écran de télévision ou se plongent dans une saga littéraire, d’autres ont recours au shifting. Par la pensée, vous pouvez vous rendre dans la réalité que vous désirez et expérimenter, ainsi, une autre vie pendant un temps… Devenu, depuis 2020, une véritable tendance sur TikTok, le shifting est donc une échappatoire au quotidien. Plébiscitée par les adolescents, cette technique étrange intrigue…
En sortant de la plaine de l’Aveyron, une petite route en lacets prend la tangente, et à l’entrée on s’attarde sur le pont en pierre qui surplombe la rivière et son moulin. On découvre alors l’antique bourgade de Montricoux, qu’une ultime grimpée permet d’atteindre. Des ruines éloquentes nous révèlent un vieux village autrefois fortifié. La porte Saint-Antoine ouvre dans la muraille une large brèche et permet d’accéder au centre du village, ses remparts et ses vieilles tours, ou ce qu’il en reste. Une grande bâtisse attire les regards dans la rue des Remparts, c’est le Sacré-cœur, il a aussi servi de cinéma, de théâtre, d’une communauté religieuse.
La Porte haute ouvre une perspective sur la Grand-Rue, ses pittoresques rues adjacentes, la place de la Mairie au centre du village, le donjon des Templiers et l’église qui veille sur les toits du village. La porte basse est animée autour de quelques commerces. Le château (aujourd’hui privé) est d’inspiration toscane. Par la rue des Templiers, la plus ancienne du village, on accède jusqu’à la place de l’église, l’impasse des Jardins et le chemin du Traoufour donnent sur le chemin de ronde. Autant de charme et de traces du passé qui rappellent que le territoire de Montricoux, dénommé à l’époque gallo-romaine Mornacus en Quercy, fut donné au monastère de Saint-Antonin par Pépin-le-bref, comme l’atteste un document du 30 mars 767 qui précise que cette donation a été effectuée, après que Pépin-le-Bref s’est rendu en pèlerinage avec son Rouergue. Ce n’est qu’en l’an 1181 que le monastère de Saint-Antonin en fait don à son tour aux Templiers de Vaour, qui s’installèrent ici, aux portes des gorges de l’Aveyron, y fondent une commanderie et accordent, en 1277, une charte communale aux habitants.
Vous trouverez aussi beaucoup d’informations sur le site templier.net
Entrée du château de Montricoux (France, Tarn-et-Garonne), également musée Marcel Lenoir, son feu propriétaire qui était peintre. Crédit Wikipedia
La commune actuelle de Montricoux s’étend en Quercy entre l’Aveyron, deux de ses affluents, Rioumet en aval, le ruisseau d’Embarre en amont, et une ligne irrégulière qui court d’Embarre à Rioumet au-delà de la colline du Bretou. Sur la rive droite de Rioumet, elle englobe le territoire compris entre le ruisseau de Riu Cau et les communes de Caussade et de Bioule. Elle est limitrophe des communes de Nègrepelisse, Bruniquel, Penne du Tarn, Cazals, Saint-Cirq, Caussade et Bioule.
Au Moyen-Age, et jusque dans les premières années de la Révolution, elle comprenait en moins la communauté ou consulat de Saint-Geniès, membre de Puygaillard, qui avait même seigneur que Bruniquel. Cette petite enclave s’étendait entre l’Aveyron et les ruisseaux d’Embarre et de Pixarel (autrefois Pitchorel) et comprenait les lieux dits : le Caylar, la Bose, Saint-Geniès, Caussoleil, Gilat, la Grèze, Salquie (autrefois Salclie) et une partie de Montcussou.
Sauf cette restriction, la commune actuelle et l’ancienne communauté de Montricoux ont les mêmes limites.
Placée en bordure des derniers contreforts du Massif Central, la commune de Montricoux est très variée dans son relief et dans, son sol. C’est en ce point que l’Aveyron sort des gorges calcaires pour couler dans la plaine. A son entrée dans la commune, la rivière longe le pied des falaises de la rive droite qui dominent les basses eaux d’une trentaine de mètres ; elle s’incurve ensuite vers la falaise de la rive gauche qu’elle atteint en face du village. La vallée alluvionnaire, d’abord inexistante, s’élargit progressivement jusqu’à Rioumet. Elle forme une première terrasse élevée de dix à quinze mètres au-dessus de l’étiage et bordée d’un talus boisé ou planté de vignes. Une seconde terrasse la domine d’une dizaine de mètres, depuis le ruisseau de Sesquières (dénommé aussi du Trouillé, de Pechcausen, de Barosse) jusqu’à Rioumet. La terre végétale de cette plaine repose sur une couche de cailloux roulés, agglomérés par de l’argile. Ce sous-sol imperméable nécessite l’entretien de fossés profonds pour assurer l’écoulement des eaux nuisibles aux cultures durant l’hiver et le printemps.
Un second talus de 40 à 50 m. de hauteur conduit à un troisième plateau, où, par endroits, affleurent des quartzs roulés, témoins de l’activité des eaux aux époques géologiques. Là se trouve Montcussou dont les pentes et le sommet sont couverts de vignes depuis les époques les plus reculées, et le Pech de Mesure couvert de bois, restes de l’antique forêt de la Vaur.
Le ruisseau de Pixarel coule au-delà, dans un large vallon qui se termine vers les hameaux de la Giranelle et de Marcayran, et que domine le Bretou, longue colline jurassique d’une fertilité bien inégale : certaines de ses parties sont couvertes de bois, en d’autres lieux le calvaire affleure, la terre végétale très rare ne permet qu’une maigre végétation. A mi-hauteur s’étale un large plateau fertile qui commence au lieu-dit Bourbou et qui s’incline doucement vers le nord-ouest. La terre argilo-calcaire différencie ; au point de vue agricole, cette région de tout le reste de la commune.
Partout, sauf en bordure de la plaine basse, les sources sont rares, et les anciennes métairies disséminées dans la campagne sont toutes situées à proximité d’une fontaine.
Les origines de Montricoux se perdent dans la nuit des temps, selon l’expression consacrée. Les silex taillés qu’on rencontre en de nombreux points sont une preuve que son territoire était habité aux temps paléolithiques.
L’époque néolithique y a laissé des dolmens et des tombeaux creusés dans le sol ; le fond de ces tombeaux, les parois et la partie supérieure formant couvercle sont de larges dalles calcaires. Il est naturel qu’un centre de population se soit établi au point où l’Aveyron, sortant des gorges, permet un passage aisé.
Dans une étude parue en 1864, M. Devals signale trois voies romaines sillonnant l’étendue de la commune. L’une, venant de l’Albigeois, traversait l’Aveyron et rejoignait à Saint-Cirq la grande voie de Montauriol à Aurillac. Ce chemin existe encore et c’est au même endroit, au lieu-dit le Port, que se faisait le franchissement de la rivière, avant la construction du pont actuel en 1842. La seconde, partant de Montricoux, rejoignait vers Belmont la voie de Saint-Antonin à Cahors par Caylus. Elle passait par Saint-Laurent, Caussade et Puylaroque. La troisième longeait l’Aveyron. Sur le premier de ces chemins, se trouvent deux lieux : Armanhac et Cardailhac, terroirs fertiles qui paraissent avoir été cultivés dès la plus haute antiquité. Lésignac, sur la voie de Montricoux à Belmont, présente les mêmes caractères. On peut supposer, suivant une théorie exposée par Longnon, que ces noms désignaient des villas gallo-romaines. Le nom de l’antique paroisse de Castres rappelle indubitablement un établissement romain. Calmette, situé non loin de Castres, nous fait remonter au début de notre ère et même à une époque plus lointaine, le radical « calm » qui signifie plateau, étant d’origine ibère.
Le plus ancien document connu concernant Montricoux est un diplôme qui date du 30 mars 767 et dans lequel, on lit que Pépin le Bref s’étant rendu, avec son armée, en pèlerinage au monastère de Saint-Antonin, « donna en franc-alleu ce monastère et à Fédancius son abbé, le prieuré de Saint-Pierre « nommé Mormacus, situé en Quercy sur le bord de l’Aveyron en même temps que l’église de Mornagallus et la chapelle de Saint-Félix adjacentes au prieuré de Mormac avec toutes leurs possessions : vignes, terres, eaux, barrages et moulins, jusqu’à neuf coudées au-delà de la rivière et depuis Mons Cussonis (actuellement Montcussou) jusqu’au milieu de Lavaur. » Devais, Montricoux, Imp. Ch. Douladoure, Toulouse, 1864
Il n’y a pas de doute que Mormac doit être identifié avec Montricoux dont le nom roman: Monricos, parfois Monricolf, se retrouve dans de nombreux textes. Le nom de Mons Cussonis s’est à peine transformé ; cette colline se nomme aujourd’hui Montcussou. Le bois de Lavaur, bien réduit, existe encore.
La chapelle de Saint-Félix est devenue l’église de Saint-Laurent de Mairessi, puis de Maynet. L’église de Mornagallus, aujourd’hui disparue, fut celle de la paroisse de Saint-Geniès, ainsi qu’on peut le déduire de la pièce 78 du cartulaire des Templiers de Vaour.
Il faut ensuite remonter jusqu’à la fin du XIIe siècle pour retrouver dans des manuscrits le nom de Montricoux. Les Templiers sont déjà installés dans la région. Vaour est le siège d’une commanderie qui essaimera ses maisons en Albigeois et en Quercy, au moins jusqu’au début du XIIIe siècle.
Le 31 mars 1179 (v. s.), le comte de Saint-Gilles donne aux Templiers de Vaour, représentés par le frère Fort Sans tous les droits qu’il possède sur la rive droite de l’Aveyron. Ce territoire est limité par le « riu d’en Varra » (ruisseau d’Embarre), le pech de Caussoleil, le Bretou, le chemin du Bretou à Castres, la grange de Cabertac (dont il ne nous a pas été possible de fixer la position), le riu de Metz (aujourd’hui ruisseau de Rioumet). Ce sont approximativement les limites de la commune actuelle de Montricoux.
Un an plus tard, en mai 1181, le chapitre de Saint-Antonin donne au Temple, encore représenté par le Frère Fort Sans, commandeur de Vaour, tous ses droits dans les paroisses de Castres, de Saint-Laurent de Maynet et de Montricoux (in ecclesia que Vocatur Mairessi et in ecclesia que Vocatur Monricolf), ainsi que les moulins de Guiraudenc et de Montricoux.
Le moulin de Montricoux existe encore, et son importance s’est accrue au cours du XIXe siècle. Celui de Guiraudenc n’existe plus. Il est très vraisemblablement situé au lieu-dit « le Gal. » En effet, en février 1183 (v. s.), Fort Sans acquérait pour la maison du Temple de Vaour, moyennant une charité de 190 sous de Melgueil, de R. Baudi et de sa soeur Bérangère mariée à Arnalz del Pi, « leurs terres et leurs honors de l’orme de Bruildor tout droit sur le Capmas de Roillac et partie de « Font Ferreire : soit à savoir les talus et la rive droite de l’Aveyron et les bois et les chaussées et l’île qui est au bout de la chaussée, en amont, leurs issues et leur usage entre ce lieu et l’église de Mairessi. »
Font Ferreire est dans la commune de Bioule et il n’y a qu’une seule île dans l’Aveyron depuis Bioule jusqu’à Montricoux; elle est située au lieu dit « le Gal », et un terrier du XVe siècle nous apprend qu’il existait en ce lieu un moulin à foulon.
Sous la direction de Fort Sans, les frères du Temple de la maison de Vaour acquièrent par une action persévérante la possession de toutes les terres ou du moins les droits sur les terres depuis Bioule jusqu’en Albigeois, au-delà de Vaour. L’acquisition se faisait parfois par achat.
En 1175, ils donnent 370 sous pour la vigne située à l’Auriol (commune de Penne). En mai 1185, G. de Salvagnac vend au Temple tous ses droits de Castres à la Bose (commune de Montricoux), sauf un cens de 33 sous, moyennant 400 sous de Melgueil.
D’autres fois, il s’agit d’un véritable don. C’est ainsi qu’ils ont acquis les droits du chapitre de Saint-Antonin qui se réserve uniquement comme preuve de suzeraineté un droit d’acapte d’un marabotin d’or et la dîme.
Ce fut un don aussi que le Comte de Saint-Gilles leur fit, le 31 mars 1179, de tous ses droits sur les terres qui composent une grande partie de la commune de Montricoux. Il retenait seulement les autours pour droit seigneurial.
Il en fut de même en décembre 1184 quand Sicard, vicomte de Saint-Antonin, leur céda les droits qu’ils avaient sur « la vila de Castres, sur les hommes et les femmes, les terres et la honor et toutes ses dépendances, quelles qu’elles soient…, les pacages, le droit d’exploitation des bois, des eaux, des sauvagines. » Les exemples de ce genre sont nombreux dans le cartulaire des Templiers de Vaour.
D’autres fois, le prix est si minime que la cession peut être considérée comme un don. C’est ainsi que, en octobre 1184, Bertrand de Saint-Hugues cède ses droits sur les paroisses, du Bretou et de Castres avec l’usage des bois, fontaines et prairies pour 50 sous seulement. Un acte de novembre 1184 nous apprend qu’une paire de boeufs était estimée 100 sous.
D’autres fois encore, un chevalier apportait tout ou partie de ses biens au Temple pour être reçu parmi les frères. Ainsi agissent : Bernard Hue de Saint-Cirq en 1178. Uc Catre, assisté de sa soeur Uga en 1182. P. Ramon de la Garrigue en 1183. Bernartz Wilhelm, fils de W. de Penne, le 3 février 1183 (v. s.). Raymond Ratier de Bioule en janvier 1184 (v. s.). Ramond Fustein à la même date. Amiel Cinfre de Bioule au mois de juin suivant (juin 1185). Ratier de Caussade, etc.
Ce sont parfois les parents qui donnent au Temple une partie de leurs biens pour que l’un de leurs fils soit reçu dans l’ordre. En mai 1183, Audiguier de Penne et sa femme Mandina cèdent à Fort Sans leurs droits sur des prés et des bois pour que leur fils Guillaume soit reçu dans l’ordre. Ils obtiennent en plus une charité de 30 sous de Melgueil. Le 3 mai 1184, la dame Sebella, veuve de Sicard de La Tour, et ses frères donnent leurs biens au Temple. « Sicard, le fils de dame Sebella, est reçu pour don et pour frère par Fort Sans et les chevaliers de la maison de Vaour. »
Si l’on suit attentivement les pièces du Cartulaire des Templiers de Vaour recueillies par Portal et Cabié, on est frappé par ce fait que de nombreux propriétaires avaient des droits sur des territoires délimités de façon à peu près identique. C’était là une cause de conflits certains dont quelques-uns furent réglés à l’avantage des chevaliers du Temple. Ainsi, en mai 1178, Pouz Raines et Aiceline, sa femme, Bernard et Foulque, leurs enfants, et dame Guillemine, cultivateurs (agro) font un procès à Bernard Hugues de Saint-Cirq et aux frères du Temple. Ils se plaignent de l’usurpation que ceux-ci ont faite des quatre mas : Lourmière, Camp grand, la Boissière et Bourdelles. Il est répondu aux plaignants que Bernard Hugues les avait tenus depuis plus de soixante ans avant de les avoir apportés à la maison du Temple en mai 1178.
L’actif Commandeur Fort Sans n’eut de cesse qu’il n’eût recueilli la possession intégrale des biens qui constituaient le domaine de ses maisons et notamment de celles de Castres et de Montricoux.
Si la dîme était due au Chapitre de Saint-Antonin, ce devoir était certainement éludé ainsi qu’en témoignent des arbitrages à ce sujet datés de juillet 1192 et du 4 mars 1247 (v. s.). Les Templiers s’engageaient à la payer désormais et à entretenir dix paires de boeufs sur les domaines acquis en mai 1181. Le comte de Saint-Gilles s’était uniquement réservé, comme droit seigneurial, les autours, oiseaux nobles utilisés pour la chasse. Un sens de 3 sous était dû à G. de Salvagnac, et Bernard Hugues de la Roque avait retenu ses droits seigneuriaux, mais ce sont là des exceptions.
Dans les acquisitions, sont compris les hommes et les femmes qui vivent sur les terres. Il arrive même que des êtres humains sont acquis séparément. Ainsi, le 2 octobre 1182, Aigline et Arnaud Raimond donnent pour 25 sous de Melgueil à Dieu et à Sainte-Marie et aux frères du Temple de Jérusalem. Estève de Fracella et sa fille. Le servage n’était pas encore aboli, la communauté n’avait pas obtenu sa charte d’affranchissement. (Cartulaire des Templiers de Vaour, pages 25-26, pièces 79 et 82).
La Commanderie de Montricoux installée, les chevaliers durent y vivre selon la règle de leur ordre. Les terres cultivées étaient étendues dans leur domaine. Les pâturages et les bois nourrissaient des troupeaux nombreux. Ils bénéficiaient de redevances en argent et en nature évalués à 1.100 livres au début du XIVe siècle.
Ils firent construire le donjon qui s’aperçoit à côté de l’église. Ils y ajoutèrent ensuite une plus vaste demeure. Le donjon comprenait une salle basse voûtée, vraisemblablement sans autre ouverture à l’origine que d’étroites meurtrières sur la façade sud. Au-dessus, il y avait trois étages et une plate-forme crénelée. Aux angles s’élevaient quatre tourelles en encorbellement ; dans celle du nord-ouest se trouve l’escalier à vis qui desservait les différents étages ; on y accédait par une porte s’ouvrant dans un escalier du château et par une galerie boisée à l’intérieur de la salle basse, au niveau du premier étage. Il y a peu d’années, les vieillards du pays appelaient le donjon « les quatre tours ». Nous n’avons aucune idée de ce que put être le château au XIIIe siècle.
Nous avons vérifié hier que les mots « amour » et « amitié » proviennent de la même origine étymologique en latin, le verbe « amare », représentant depuis l’antiquité un sentiment « qui pousse les âmes vers ce qui leur paraît beau, juste et vrai, constituant l’objet de notre affection.
Nous nous souvenons aussi du conseil de l’apôtre Paul aux Romains : « Haïssez le mal et retenez le bien. Aimez-vous de tout cœur d’un amour fraternel, vous préférant les uns les autres en honneur.
Ce sentiment fondamentalement désintéressé d’amour fraternel est la devise de l’Ordre maçonnique « et constitue un devoir auquel, sans aucune exception, tous les maçons de la terre sont tenus ». L’accomplissement de ce devoir, cependant, n’est pas douloureux du tout. Au contraire, l’esprit humain se réjouit de la confiance mutuelle et de la légèreté ressenties dans un environnement vraiment fraternel et tolérant, dans lequel se construisent des amitiés vraiment sincères et durables.
L’amour cordial et l’attachement au bien, comme le recommande Paul, conduisent les francs-maçons à la pratique constante du bien envers les autres, dans ce qui représente « la plus grande victoire sur l’égoïsme », quelque chose de fondamental pour la construction de l’édifice social prôné par la franc-maçonnerie. L’altruisme est donc une exigence essentielle si nous voulons un jour parvenir à une société véritablement fraternelle.
L’origine des mots a beaucoup à nous apprendre. « Altruisme » vient de la racine latine « alter », qui signifie « autre », étant tout le contraire de « ego », qui signifie « je ». L’altruisme est le sentiment opposé à l’égoïsme, c’est la « capacité qu’a l’individu à renoncer à ses propres intérêts, à se soucier et à s’intéresser aux autres ». Alors que l’égoïsme ne vise que l’avantage individuel, « l’altruisme réalise l’enchaînement naturel du genre humain en identifiant les intérêts de l’individu avec ceux des autres, de certains autres, ou de l’humanité en tant que telle ».
Auguste Comte (1798-1857), philosophe français qui a formulé le positivisme, « croyait que chacun avait le devoir moral de placer le bien d’autrui au-dessus de son propre bien. Ainsi, l’altruiste devrait chercher à faire profiter le plus de personnes possible de ses actions, sans tenir compte de son propre bien. Chacun devrait s’oublier pour aider les autres. La philosophie positiviste regroupe, « sous le nom d’altruisme, l’ensemble des tendances ou instincts sympathiques, tels que l’affection, la vénération, la bonté ».
En d’autres termes, l’altruisme est la « tendance ou inclination instinctive qui incite l’être humain à se soucier de l’autre et qui, malgré son action spontanée, doit être améliorée par une éducation positiviste ( qui a pour seule valeur la connaissance scientifique ), ainsi évitant l’action antagoniste des instincts naturels de l’égoïsme.
La franc-maçonnerie ne s’accroche pas aux dogmes et profite ainsi à la fois de la sagesse biblique de Paul et de la compréhension positiviste selon laquelle « l’altruisme… est une lutte continue contre les manifestations insistantes de l’égoïsme » pour présenter secrètement à ses adhérents des avertissements contre de telles manifestations de l’ego, encourager et promouvoir la pratique constante de la philanthropie et de l’abnégation, bref, de l’amour désintéressé pour les autres.
D’après des informations provenant de N. Aslan et du dictionnaire en ligne des langues d’Oxford et de dicionarioetimologico.com.br.
Les mythologues ont montré que toutes les histoires qui se rapportent aux divinités hindoues,égyptiennes, grecques, romaines et même au Christ n’étaient que des peintures plus ou moins parfaites de la marche du soleil ; de là le nom de mythes solaires donné à tous ces récits.
Dans la plupart des mythes ou légendes solaires, il y a un héros frappé à mort par un monstre, un génie, un assassin. Ce héros a une épouse, un fils. Il est le soleil, sa femme est la terre, son fils l’homme. Malgré leurs divergences de récit, ces mythes arrivent tous à la même finalité : tantôt le héros ressuscite, tantôt il est vengé et remplacé par son fils. Le franc-maçon, en tant que fils de la veuve, est l’enfant qui devient homme en prenant la place d’Hiram.
Avec les heures d’ouverture et de fermeture des tenues, la présence des deux luminaires, le ciel étoilé, les paroles du rituel concernant le vénérable placé à l’orient pour ouvrir les travaux, le chandelier à sept branches, la Franc-maçonnerie est bien positionnée au cœur d’allégories solaires. La loge est orientée selon la course solaire et les fêtes johanniques sont liées au culte solaire. L’assassinat d’Hiram, pris dans le style figuré ou allégorique, est comme la passion d’Osiris, comme celle d’Adonis, d’Atys, et de Mithra, un fait de l’imagination de prêtres astronomes, qui avaient pour but la peinture de l’absence du soleil sur la terre.
Dans la Grèce antique, quand les prêtres étaient engagés dans le rite du sacrifice, ils marchaient toujours trois fois autour de l’autel en chantant un hymne sacré. En faisant cette procession, ils prenaient grand soin de se déplacer dans l’imitation du cours du soleil. Dans ce but, Ils commençaient à l’est et passaient par le chemin du sud à l’ouest et de là par le nord pour arriver de nouveau à l’est.
Les Bouddhistes l’accomplissent autour de stûpa (reliquaires, caractéristiques de l’Inde et que l’on trouve le long des routes), les Tibétains autour des temples, le prêtre autour de l’autel en l’encensant, les derviches tourneurs avec la danse circumambulatoire, les amérindiens autour d’un totem, les catholiques autour d’une église (d’un monastère) pour la consacrer ou autour d’un espace donné en vue du pardon (la troménie).
On retrouve cette circulation également en Russie, en Chine, au Japon au Cambodge, chez les celtes, les druides, et en fait dans de nombreuses autres traditions… Elle est également utilisée comme rite de magie, souvent pour favoriser la pluie (Zacharie ; 14,17).
La Circambulation (ou circumambulation) est une pratique rituelle, consistant à faire à pied le tour d’un sanctuaire. Cela aurait pu inspirer la façon de se déplacer collectivement en loge autour du tapis de loge pour en marquer sa centralité de la loge. Au REAA, au cours de l’ouverture des travaux, le Vénérable et les deux Surveillants se tiennent chacun devant l’un des trois chandeliers -nommés Sagesse, Force et Beauté- qui délimitent le tapis de Loge. Afin de les allumer, ils font le tour dans le sens dextrogyre, échangent leur place et chaque officier se retrouve ainsi, l’instant d’après, face au pilier devant lequel était positionné son voisin de gauche. Ce mouvement circulaire -de rotation apparente du soleil dans sa course diurne- en trois étapes autour des trois piliers forme une roue spatio-temporelle dynamique, proche du svastika dextrogyre. Pour René Guénon, le mouvement circulaire exprimé par ce symbole est utilisé pour mettre en évidence l’axe de la figure, seule partie immobile et symbole de l’immuabilité d’un principe transcendant. N’est-ce pas ce qu’est le tapis de Loge ?
Au cours des cérémonies, les francs-maçons doivent se déplacer avec ordre et rigueur, dans le sens prévu par le rituel, en démarrant selon le rite pratiqué, soit du pied gauche, soit du pied droit. Elle s’effectue sous la surveillance du Maître des Cérémonies qui conduit tout déplacement dans la loge afin de guider le cheminement et d’écarter le danger qui pourrait survenir sur le chantier. Au Rite York, les déplacements sont, en général, accompagnés soit par les Diacres, soit par le Maréchal ou le Directeur des cérémonies.
Certaines phases des cérémonies d’attribution des grades font opérer des déplacements circulaires ; depuis l’occident, tantôt en partant par le nord, et passant par l’orient (dextrogyre : dans le sens des aiguilles d’une montre, en gardant toujours le centre à sa droite), tantôt en partant par le midi et en revenant par le nord (sénestrogyre). Le sens dextrogyre est solaire, par opposition au sens contraire -appelé aussi lévogyre- qui est polaire (ou stellaire). Cette distinction n’est pas sans rappeler les sens de circulation de ceux qui pénétraient sur la colline du temple : « Après avoir pénétré, sur le mont du Temple, il fallait se tourner vers la droite et progresser en tournant dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Un endeuillé ou un excommunié devaient obliquer à gauche et tourner dans le sens horaire. Ils marchaient, de ce fait, à contresens» (Maïmonide, Lois de la Maison d’Élection, Chapitre 7-3 et note 111).
Le début de la marche se fait à partir du bon pied, gauche ou droit, selon le Rite Écossais ou le Rite Français. Si l’on peut se poser la question avec Roger Dachez(Faut-il partir du pied droit ou du pied gauche ?), une explication nous est donnée par Alain Bauer qui rétablit une vérité peu connue: fin 1723 un article du journal Flying Post révèle intégralement les secrets et les rituels établis quelques mois avant pour la Franc-maçonnerie. Le contre-espionnage maçonnique de Grande Bretagne, par une circulaire intérieure, change alors la place des colonnes J et B (et des surveillants) afin de reconnaître les intrus. Les Français bougent également la position des colonnes. Les Anglais, au bout de 6 mois remettent les colonnes en place antérieure, mais les Français les conservent. Et comme le rituel impose de démarrer depuis l’occident du pied du côté du 1er Surveillant…La dernière version des Constitutions d’Anderson rapporte qu’en effet «quelques variations furent faites dans les formes établies » afin de mettre un terme aux abus constatés.
Aux premier et deuxième grades, les quatre coins doivent être marqués. L’usage de «marquer les angles» est d’origine purement anglaise (squaring the lodge) et fut parfaitement inconnu de la tradition maçonnique française aux XVIIIe et XIXe siècles, et même pendant une bonne partie du XXe siècle. Il a été introduit originellement lors des cérémonies de passage de grade pour rappeler au candidat qu’il trace la loge par son parcours symbolique. La pratique de marquer les angles n’a, en tout cas, jamais fait partie des usages maçonniques français, ni dans le Rite Français – le plus ancien dans notre pays, dérivant du système de la première Grande Loge de 1717, introduit en France vers 1725 – ni dans le Rite Écossais Rectifié, très précisément codifié à la fin du XVIIIe siècle (Roger Dachez, Faut-il marquer les angles ?). En tenue au troisième grade, ceux qui se déplacent à l’intérieur du temple ne marquent plus les angles comme ils le faisaient au grade précédent à l’image de la course du soleil mais aussi à l’image de la vie terrestre qui se précipite d’un seul élan de la naissance à la mort.
Une exception est à signaler : le déplacement des Surveillants à l’ouverture des travaux ; ils montent l’un à droite, l’autre à gauche vers l’orient, s’y croisent et redescendent vers l’occident pour vérifier le signe d’ordre témoignant de l’appartenance au grade de la tenue des membres présents. Question malicieuse : si le collège d’officiers a été reconnu comme composé de francs-maçons lors de leur installation (cela justifierait qu’ils n’ont pas besoin de se mettre à l’ordre au passage des surveillants), pourquoi certains (ceux qui n’ont pas l’outil de leur charge en main -Orateur, Secrétaire, Trésorier, Hospitalier-) doivent-ils tout de même se mettre à l’ordre ?
« La parole circule sur les colonnes » dit le Vénérable certes, mais autour de quoi ? Une évidence s’impose : si la distribution de la parole se fait par triangulation, lorsque la parole s’exprime, c’est autour du tapis de Loge -qui irradie les colonnes- qu’elle circule. Le tableau de Loge est le lieu d’une centralité à partir de laquelle s’élabore le sens des différents degrés. Là est le principe fondamental de l’unité et chaque frère et sœur, par son oralité, complète le sens des arcanes qui y sont représentées. C’est le tapis de Loge qui concentre la parole comme un soleil autour duquel nos esprits, en s’élevant par imprégnations réciproques, forment un vortex.
Chaque année, Le Petit Robert accueille 200 mots nouveaux. Pour effectuer cette modeste mise à jour, une équipe entière de « lexicographes », c’est-à-dire de rédacteurs de dictionnaire de langue s’active à classer et à sélectionner les mots élus de l’édition à venir. Il en est de même pour tous les dictionnaires du monde. Si nous nous tournons vers le dictionnaire de l’Académie française, qui est la référence depuis 1694, l’équipe qui assure la mise à jour de la 9e édition est composée de dizaines de personnes.
Voyons maintenant le leader mondial des consultations quotidiennes avec un demi-milliard de visites mensuelles sur l’ensemble de la planète, nous avons nommé bien sûr Wikipedia. Il a été créé dans sa version française en 2001, avec une offre actuelle de 315 langues. Le français occupe le cinquième rang, derrière les versions en anglais, cébouano philippin, suédois et allemand.
Les statistiques pour l’hexagone donnent le tournis. Elles sont consultables à volonté sur le site – Pour vous donner une idée, rien que le mois dernier un milliard de pages vues sur 84 millions d’appareils informatiques. Le chiffre qui devrait nous intéresser est le nombre de modifications enregistrées au cours du mois passé : 762 000 sur un total de 267 000 pages.
On pourrait penser que la croissance de ce nouveau média est infinie. Or, une fronde s’oppose avec virulence aux excès et aux manques de la célèbre encyclopédie. Des forums sont lancés, des articles de presse font état de critiques. A la lecture des différentes requêtes, il y a tout lieu de s’interroger sur ce nouveau pouvoir que rien ne semble arrêter. L’agence de presse AFP a d’ailleurs interdit à ses journalistes de puiser dans les pages Wikipedia pour sourcer ou compléter ses articles. La mise en garde est sans équivoque : « Rappelons enfin qu’il est interdit d’utiliser Wikipédia comme source de documentation, encore moins d’en reproduire des passages. Le mode de rédaction participative de cette encyclopédie en ligne ne répond pas à nos critères de fiabilité. »
Avant d’entrer dans le vif du sujet, il est bon de rappeler que la responsabilité juridique des articles déposés sur Wikipédia appartient aux auteurs et accessoirement, par ricochet aux modérateurs qui valident. Wikipedia agissant en qualité d’hébergeur, ce qui évidement ne l’absout en aucune manière des responsabilités finales.
Pour assurer la crédibilité des informations, Wikipedia s’est doté de deux moyens :
– un algorithme qui balaye les serveurs et corrige toute intervention douteuse ;
– une armée de modérateurs est informée en temps réel de toute modification. Elle rajoute ou supprime des textes selon son domaine de compétences.
Abordons maintenant le sujet qui nous intéresse : Wikipedia et la Franc-maçonnerie :
Avec une communauté de Sœurs et de Frères de plus de 150 000 membres, ainsi qu’une bibliographie de plus de 11 000 ouvrages en français, il était certain que depuis une vingtaine d’années, la Franc-maçonnerie devait investir les pages de l’encyclopédie. Comme à l’habitude les obédiences trop occupées à gérer leur communication interne ont laissé le champ libre. C’est ainsi que l’extrême droite s’est approprié l’espace Wikipedia de la Franc-maçonnerie dans un premier temps. Mais nous y reviendrons…
Pour assurer la transparence, la pluralité et surtout la qualité des informations, chacun doit imaginer qu’une équipe multi obédientielle, composée de Frères et de Sœurs rompue à tous les rites, ouverte à toutes les maçonneries, est à l’œuvre derrière les serveurs de Wikipedia. Il n’en est absolument rien.
La rédaction de 450.fm est tombée des nues en découvrant la réalité. Il semblerait même qu’à l’heure actuelle, la gestion de ce pré carré soit assurée par une seule et même personne. Une forme de monarchie moderne qui semble ne déranger personne.
Lorsque vous lancez une requête sur l’encyclopédie Wikipedia, vous attendez légitimement une réponse objective, issue d’un partage mutualisé des savoirs maçonniques avec un juste et légitime filtrage des modérateurs ou de l’algorithme. Il n’en est rien du tout. De nombreux auteurs maçonniques se sont vus refuser la création d’une page pour des prétextes pour le moins arbitraires.
Pour l’exemple, le cas de l’auteur maçonnique et fondateur de notre journal Franck Fouqueray (lire les échanges Wikipedia qui ont abouti à son éjection). Un petit groupe de quelques censeurs l’avait chassé de Wikipedia en annulant sa page en 2016.
François Koch le journaliste de l’Express s’en était fait l’écho en décembre 2016 – il semblerait qu’une seconde tentative de création de page ait échoué l’an dernier. Décidemment Cerbère veille et les rancunes ou les aprioris sont tenaces.
Son cas n’est absolument pas isolé. Un autre auteur fut victime des règles maison de l’encyclopédie en la personne d’Alain Subrebost. Il est auteur maçonnique lui aussi et animateur du Blog maçonnique GADLU.info. Il s’est fait jeter de l’encyclopédie en 2012.
Ces cas ne sont pas isolés. Ils sont donc nombreux, ces auteurs qui légitimement prétendent à la création de leur page.
Le filtrage des élus semble s’effectuer sur le bon vouloir d’un groupe d’individus qui se comptent sur les doigts d’une seule main. Est-ce normal ? Comment Wikipedia peut-il autoriser ce genre de pratique ?
Pour bien comprendre la règle interne qui régit Wikipedia, toute personne qui prétend à l’ouverture d’une page doit répondre à de nombreux critères parmi lesquels, un de ceux-ci nous a fortement alerté. Pour être candidat au graal, il faut justifier d’articles issus de la presse nationale. Deux ou trois articles du Figaro, Libération, L’Express sont acceptés et constituent un bon début. Mais si vous justifiez de 200 articles de la presse régionale (Ouest-France, le Midi Libre, Le Parisien…) cela compte pour zéro. A ce sujet, un célèbre candidat à l’élection présidentielle, en la personne de François Asselineau ainsi que son parti politique, en avaient fait les frais en 2003. La presse nationale le boycottait. Ainsi, son entrée sur Wikipedia était bloquée jusqu’à ce que cette règle inique devienne un peu embarrassante et qu’une page lui soit accordée quand il ne fut plus possible de faire autrement.
Pour la création de la page consacrée à « Franck Fouqueray », le rédacteur de cette page en création n’avait pas pu compter sur les articles du Blog « La Lumière de l’Express ». Pourtant ces articles faisaient bien partie de la presse nationale. Ce média se présentait sous la forme d’un blog et les modérateurs de Wikipedia avaient aucune conscience de la réalité.
Renseignement pris auprès de François Koch en personne, ce dernier, qui a quitté depuis le monde de la presse, nous a confirmé que ce qui était appelé « Blog » était bien la totale propriété du groupe l’Express. Il s’agissait indiscutablement d’une extension du journal. La preuve indiscutable selon lui, est qu’à chaque fois que le blog était attaqué en justice, ce sont les avocats de l’Express qui sont intervenus aux frais du groupe de presse. Par conséquent, les articles du feu blog l’Express sont bien des articles de la presse nationale, la preuve qui semble le confirmer est que depuis la fermeture du blog, tous les articles ont intégré le magazine.
Cet évènement est une preuve supplémentaire que les connaissances des modérateurs restent sujettes à erreurs et entrainent des décisions parfois arbitraires.
Le problème majeur qui se pose pour la Franc-maçonnerie est du même ordre, Aucun auteur ou acteur de base de la Franc-maçonnerie, à l’exception de quelques Grands Maîtres des grandes Obédiences, ne fait la Une des journaux nationaux. Cela les prive de facto de page Wikipedia !
Chacun peut comprendre que les dés sont pipés d’avance. Les heureux candidats maçons aux pages de l’encyclopédie sont le fruit d’un passe-droit et du contournement des règles de base de Wikipedia par les modérateurs qui agissent tels des juges dans un tribunal de campagne avec quelques amis de choix.
Dominique Segalen
Parlons maintenant des pages officielles des obédiences. La totalité des grandes maisons maçonniques est pourvue d’une page de présentation. Cependant le problème de la gestion et de la mise à jour de ces pages est exactement le même que pour les individus. Le modérateur Wikipedia gère comme un monarque tout puissant, toute modification au sein des pages. Lorsque l’auteure maçonnique et membre du Droit Humain Dominique Segalenessaie très légitimement de mettre à jour la page de son Obédience, toutes ses corrections sont effacées et totalement annulées par le modérateur qui n’est évidement pas membre du DH. Ce cas pourrait sembler isolé, il n’en est rien.
Jean-Luc Bergonzi
Prenons maintenant la page de la GLNF, lorsque le chargé de communication de l’époque Jean-Luc Bergonzi tente de mettre à jour les informations de la Grande Loge Nationale Française, il se trouve confronté au même mur que Dominique Segalen au Droit Humain. Il suffit d’interroger toutes les obédiences pour constater qu’elles sont toutes logées à la même enseigne. Elles sont prises en otage avec leur page Wikipedia qui comporte de nombreuses erreurs, sans possibilité d’intervenir, et surtout, aucun interlocuteur pour échanger.
D’où vient le problème, qui est fautif ?
La rédaction a longuement enquêté pour retracer ces fameux censeurs qui ont droit de vie ou de mort sur les pages de la Franc-maçonnerie. La consultation des pages de l’historique Wikipedia pour la Franc-maçonnerie laisse apparaitre depuis la création le nom des modérateurs. Cela permet de constater qu’aujourd’hui ces cerbères se comptent sur les doigts de la main. Nous pourrions même conclure qu’aujourd’hui la quasi-totalité est filtrée par un seul homme. Nous avons pisté ce personnage et nous allons partager avec vous le résultat de notre enquête.
Il apparait de toute évidence qu’aussi instruit ou informé que puisse être notre homme, cela pose deux problèmes majeurs :
– Personne ne peut prétendre tout connaitre et tout savoir sur la Franc-maçonnerie ;
– Faire reposer sur un noyau de personnages de pouvoir, le savoir encyclopédique et informationnel de la FM est un scandale qu’il convient de dénoncer vivement.
Un nom ressort depuis quelques temps dans la totalité des pages. Il s’agit de K.A (cet acronyme pour le pseudo KAgaoua). Ce dernier est très prolifique puisqu’il a créé 468 articles et compte pas moins de 112 000 contributions sur Wikipédia.
Il s’agit d’un frère du Grand Orient de France qui réside dans les Bouches-Du-Rhône. Nous connaissons bien évidement son identité réelle et elle ne sera pas dévoilée dans cet article.
Il a pris la relève de Christophe Dioux qui avait amorcé il y a quelques années le déploiement des pages Wikipedia à ses débuts. Ce dernier semble avoir pris du recul pour mieux s’occuper de son blog Vents et Jardins.
Christophe Dioux selon ses propres propos, chez notre confrère Hiram.be, affirmait l’an dernier : « J’ai endossé la redoutable tâche de fonder, puis de désynchroniser le projet Franc-Maçonnerie sur Wikipédia pendant 7 ans, de 2007 à 2014. À cette époque, on n’était que deux ou trois à ramer tout seul. C’était une époque où la plupart des maçons se méfiaient de Wikipédia. Certains, y compris des universitaires, la combattaient activement. Comme au tout début de l’internet grand public (les années 1995 et suivantes) les obédiences s’en fichaient éperdument. Les articles concernant la Franc-maçonnerie étaient tous rédigés et contrôlés par les antimaçons d’extrême-droite. »
Cette déclaration démontre très clairement qu’un petit groupe aux ambitions douteuses pourrait très facilement selon son gré orienter ou manipuler les pages Wikipedia.
Marionnette et main de marionnettiste
Qu’est-ce que l’encyclopédie a changé depuis ces dernières années pour rendre réellement démocratique et équitable la gestion des contenus ? Elle s’appuie bien sur des bénévoles pour en assurer le remplissage gratuit, mais cet entonnoir est gardé par une minorité qui possède quelle légitimité ? Cette question est fondamentale et le monde maçonnique, tant du côté de ceux qui assurent le développement de sa littérature que les Obédiences qui en assurent sa politique, devraient s’emparer de ce sujet.
À la décharge des quelques modérateurs actuels, on peut noter le manque d’implication des obédiences. Il suffit de lire le propos de Christophe Dioux à ce propos : « Quand j’ai eu envie de passer à autre chose, au bout de 7 années, personne, absolument personne, n’a voulu prendre le relais, malgré mes appels par différents moyens auprès d’instances de la GLdF et du GODF. »
N’est-ce pas honteux de constater que nos obédiences ont refusé d’assurer la gestion de la communication Wikipédia ?
Et Christophe Dioux renchérit : « Seul KAgaoua quelques mois plus tard, s’est investi. Qui se cache derrière ce pseudo, je n’en sais rien, mais ce que je sais c’est qu’il a fait dans l’ombre, avec beaucoup de patience et de ténacité, un travail considérable et très ingrat que personne d’autre ne voulait faire. En effet, le travail sur Wikipédia, c’est à 95% lutter contre les vandalismes et seulement à 5% d’améliorer, comme on peut, les articles. En plus, il n’y a rien à gagner, ni financièrement, ni même en notoriété, contrairement à ce qu’on peut espérer obtenir quand on écrit des livres. »
Ludovic Marcos décédé le 9 février 2018 – Crédit photo Trédaniel
Quant à KAgaoua il affirme pour sa part : « Certains pensent que KAgaoua est un collectif, désolé c’est absolument faux. Un pseudo oui, mais je suis seul et franc-maçon du GODF depuis 30 ans, historien amateur, spécialiste du Rite français moderne, ami de feu Ludovic Marcos, ex vénérable maître et ex très sage et parfait maître du chapitre n° 001 du CG du GODF, membre du QCCC, auteur seul des articles labellisés Femme en franc-maçonnerie (créé par C. Dioux), Franc-maçonnerie durant la Première Guerre mondiale, Rite Français, Ordre de Sagesse, GODF… Passionné d’histoire de la FM et de tradition maçonnique française. »
Voilà nous savons (presque) tout. L’encyclopédie pour sa partie maçonnique est remplie par des centaines de personnes contributrices qui tentent de participer à l’enrichissement, selon leurs connaissances, leurs informations…
…mais le goulEt d’étranglement de la validation semble conduire aujourd’hui à une seule personne surnommée KAgaoua !!!
N’est-il pas temps qu’un collectif d’officiels divers, de maçons légitimes, de Frères et de Sœurs, se constitue pour prendre le relais ?
Il ne s’agit pas de jeter la pierre à Christophe Dioux ou à KAgaoua pour les excès ou les erreurs du passé, mais tout simplement de prendre le contrôle légitime d’un espace de communication qui ne peut être concentré qu’entre les mains d’un si petit nombre, si honnête et si dévoué soit-il.
Le débat est ouvert et doit déboucher sur des actions concrètes !
Aimé par les uns, détesté par les autres, il ne laisse personne indifférent. Il raconte son expérience avec la Franc-maçonnerie dans un bref reportage (ci-dessous), lors de son invitation au Grand Orient de France le samedi 19 mai 2001 à 15H30 par les 2 loges « Tolérance » et « Ecce Homo ».
Plus récemment, c’est un sketch de 6:43 minutes consacré à la Franc-maçonnerie qu’il présente. Après écoute, on ne peut pas dire qu’il soit particulièrement cinglant à l’égard de notre art. Il nous parle avec ses mots à lui du secret maçonnique, de la relation avec les profanes, du Grand Maître… de la fraternité. Il en profite pour régler ses compte avec les magistrats qui avaient créé le « mur des cons » (lire les détails sur cette affaire). Chacun se fera son idée. Comme à l’accoutumée, la rédaction n’a pas l’habitude de vous dire ce que vous devez en penser. Chaque est libre et de bonne… humeur.
Dieudonné, de son nom complet Dieudonné M’Bala M’Bala, est un humoriste, acteur et militant politique français, né le 11 février 1966 à Fontenay-aux-Roses.
Il se fait d’abord connaître, dans les années 1990, en formant, avec Élie Semoun, le duo comique Élie et Dieudonné. Il se produit ensuite en solo, tout en menant une carrière au cinéma.
Parallèlement, à la fin des années 1990, il s’engage en politique. Il s’attache dès lors à faire transparaître son militantisme dans ses one-man-shows. Alors qu’il est initialement marqué à gauche, plusieurs de ses déclarations lui valent ses premières accusations d’antisémitisme et déclenchent de vives polémiques. Progressivement marginalisé au sein des milieux du spectacle, il se rapproche du « national-socialiste français » Alain Soral, ainsi que du Front national, qu’il avait auparavant combattu, et, plus largement, de l’extrême droite. Il fréquente même les milieux négationnistes, faisant notamment monter sur scène Robert Faurisson lors de l’un de ses spectacles. Entre 2013 et 2014, l’un de ses one-man-shows est l’occasion d’un bras de fer particulièrement médiatisé avec le gouvernement français ; finalement, une ordonnance du Conseil d’État valide l’interdiction du spectacle.
Dans les années 2010, Dieudonné est considéré, par l’essentiel des médias, de la classe politique française et des politologues, comme un militant antisémite. Divers auteurs voient notamment en lui un représentant du nouvel antisémitisme ; lui-même se présente comme « antisioniste » et « antisystème ». Il continue d’être soutenu par un public à la composition hétéroclite.
À plusieurs reprises, il est condamné par les justices française, belge et canadienne, notamment pour « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence raciale ou religieuse », diffamation, injure, négationnisme et apologie du terrorisme.
Notre confrère de France 3, pour l’été, ressort un articled’octobre 2021.
Créé en 1889, le musée parisien, situé au siège du Grand Orient de France, continue d’expliquer l’histoire et les rites maçonniques. L’occasion, aussi, de « lutter contre l’image un peu bébête d’une franc-maçonnerie complètement secrète ».
Bien entendu, inutile de passer par une cérémonie d’initiation pour visiter le musée de la franc-maçonnerie : le lieu, qui reçoit 20 000 visiteurs par an rue Cadet (IXe arrondissement), est ouvert au public. Situées juste après l’accueil dans l’hôtel du Grand Orient de France, les vitrines mettent en valeur environ 700 pièces (sur les 7000 comptabilisés dans l’inventaire).
Tableaux, textiles, faïences, bijoux, documents, objets variés… On y trouve notamment l’épée maçonnique de La Fayette, le tablier maçonnique d’Hugo Pratt ou encore un tablier attribué à Voltaire. La pièce la plus ancienne : les Constitutions d’Anderson, publiées à Londres en 1723. Soit « le texte fondateur de la franc-maçonnerie moderne« , explique Pierre Mollier, le conservateur du musée. Équerres, compas, étoiles… De nombreux symboles associés à l’institution sont affichés en vitrine.
L’exposition permanente tente, sur 400 m², d’ »expliquer ce qu’est la franc-maçonnerie et sa contribution« , souligne Pierre Mollier : « La tradition maçonnique est enracinée depuis trois siècles dans l’histoire de France. On pense à la franc-maçonnerie comme un auxiliaire des Lumières, puis comme un vecteur de diffusion du camp démocratique, libéral, républicain. Mais au-delà de la politique, il y a aussi une empreinte dans le domaine de la philosophie et des arts, avec par exemple Goethe, Mozart ou encore le sculpteur Jean-Antoine Houdon.«
200 m² du musée sont par ailleurs dédiés à des expos temporaires, souvent plus pointues (sur les rites maçonniques notamment) mais parfois tournées vers le grand public (« Templiers et francs-maçons, de la légende à l’histoire » par exemple).
Pillé lors de la Seconde Guerre mondiale, le musée cherche toujours à reconstituer ses collections
La création du musée remonte à 1889. « A l’origine, c’est plutôt un cabinet de curiosités, retrace Pierre Mollier. Un peu avant la Première Guerre mondiale, il est de temps en temps ouvert au public, puis le musée continue de se développer pendant l’entre-deux-guerres. Mais pendant la Seconde Guerre mondiale, la franc-maçonnerie est interdite et les maçons persécutés, harcelés. La police de Vichy a même un service particulier pour lutter contre les sociétés secrètes. Il y a beaucoup de destructions, et la collection est dispersé
Dans l’inventaire, la collection historique – qui concerne tout ce qui ne provient pas des rachats après le pillage – ne compte aujourd’hui que 50 pièces « au maximum« . « Notre but est de reconstituer nos magnifiques collections pillées pendant la guerre, de vente aux enchères en vente aux enchères, affirme d’ailleurs le conservateur. Quand je regarde les inventaires d’avant-guerre, c’était merveilleux. Parfois, on achète même des choses qui nous ont été volées, mais bon, des dizaines d’années après… Et les gens sont de bonne foi.«
Après le « cambriolage de 1940« , « le Grand Orient va avoir beaucoup de mal à se remettre de ces années noires« , poursuit Pierre Mollier. Resté fermé pendant une vingtaine d’années, le musée revient en 1973 en s’ouvrant au public, avant une grande rénovation de 2008 à 2010.
« Les gens viennent visiter un musée sur la franc-maçonnerie mais aussi pour rencontrer des maçons »
Au-delà de leur valeur historique, les pièces exposées aujourd’hui sont aussi un moyen d’aller contre certains préjugés, selon le conservateur : « Ce n’est pas l’objectif premier du musée, qui est avant tout scientifique et culturel. Mais en arrière-plan, l’idée est en effet de lutter contre l’image un peu bébête d’une franc-maçonnerie complètement secrète. Quand il y a des groupes de visiteurs, on montre souvent le bâtiment et des temples maçonniques.«
« Certes, c’est une organisation initiatique, il y a donc une partie de l’activité qui se fait à couvert, poursuit-il. Mais le Grand Orient est une association loi de 1901. Nos statuts sont déposés à la préfecture. Et tout le monde a un cousin, un ami ou un collègue franc-maçon. Il y a des loges depuis des siècles dans toutes les grandes et petites villes. Les maçons sont des gens de la classe moyenne : ça peut être le prof d’histoire-géo de vos enfants, votre pharmacien, votre kiné ou votre chargé de clientèle à la banque.«
Pierre Mollier explique par ailleurs que les visiteurs viennent souvent au musée « pour rencontrer des francs-maçons » avec « toujours une forme de curiosité« . « Au Grand Orient, il n’y a pas que des maçons, c’est environ du 50-50, note-t-il par ailleurs. Dans l’équipe du musée, nous sommes tous maçons, mais c’est nouveau. C’est tout de même important d’être maçon pour ceux qui sont à l’accueil, parce que les visiteurs leur posent beaucoup de questions.«
On compte près de 200 000 membres de la franc-maçonnerie en France, dont environ 50 000 au Grand Orient (le courant le plus ancien) et 30 000 à la Grande Loge (issue d’une scission), indique le conservateur.
En absorbant les enseignements de l’Ordre et en intériorisant cette vertu (parmi tant d’autres), le franc-maçon pourra comprendre plus en profondeur et expérimenter consciemment l’importance, pour son objectif d’amélioration personnelle et sociétale, des sentiments d’amitié, d’amour et d’altruisme.
Nous avons précisé précédemment que « l’égalité » qui constitue la devise adoptée par la franc-maçonnerie est l’égalité qualitative, de nature morale, qui se rapproche de la notion moderne d’« équité », une vertu humaine composée d’un sens de la justice, de l’impartialité et de la respect de l’égalité des droits des personnes. En absorbant les enseignements de l’Ordre et en intériorisant cette vertu (parmi tant d’autres), le franc-maçon pourra comprendre plus en profondeur et expérimenter consciemment l’importance, pour son objectif d’amélioration personnelle et sociétale, des sentiments d’amitié, d’amour et d’altruisme. .
L’amitié est le sentiment de grande sympathie, d’appréciation, entre personnes ou entités, basé sur la réciprocité de l’affection, de l’attention, de l’affection, de la camaraderie, de la loyauté et de la protection. Ses caractéristiques fondamentales sont l’élection (l’amitié ne s’impose pas, elle requiert le sentiment de « choix »), la permanence (l’amitié ne peut être éphémère) et la fidélité, sentiment d’adhésion qui suppose sincérité, droiture, honnêteté, responsabilité et confiance dans la relation.
« L’amitié implique une égalité de conditions, car elle repose sur des affinités profondes et multiples et, par conséquent, elle survit difficilement dans des situations de grande disparité de goûts ou de milieu social. L’amitié est généralement liée à une lucidité désintéressée, évitant la flatterie ( louange intéressée ), qui détruirait rapidement l’égalité, tombant dans la zone d’intérêt et d’utilisation de l’autre (…). Pourtant, « il y a dans l’amitié une harmonie qui, une fois perdue, ne peut être remplacée, et cette harmonie, fondée sur l’élection mutuelle, ne peut s’expliquer même par les amis eux-mêmes, qui, en général, ne savent pas donner les raisons du lien affectif existant entre les deux.
A noter que le mot « amitié » vient du latin « amicitia », avec le même sens actuel, et qui à son tour serait issu de « amicus », l’actuel « ami », un possible développement du verbe « amare ». « , à l’origine « aimer quelque chose ou quelqu’un, ressentir de l’affection, du désir ou de l’inquiétude », le même sens actuel de « aimer » ou « aimer ». C’est un sentiment « qui pousse les âmes vers ce qui leur paraît beau, juste et vrai, constituant l’objet de notre affection ».
L’amour consiste aussi à vouloir le bien de l’autre, à partir du deuxième grand commandement du Christ : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. En ce sens, « le christianisme (…) a opéré une véritable révolution sur le concept d’amour, cette exaltation des facultés intuitives, qui s’est étendue à Dieu, d’une part, aux hommes, d’autre part, enseignant la parfaite communion existant entre le Divin et les créatures. Comme l’apôtre Paul a exhorté les Romains : « Que l’amour ne soit pas feint. Détestez le mal et accrochez-vous au bien. Aimez-vous de tout cœur d’un amour fraternel, vous préférant les uns les autres en honneur.
Il est certain que « le véritable amour sait comprendre les faiblesses, sans les justifier ; sait valoriser les qualités, sans les flatter. Il se manifeste non seulement par des paroles d’affection, mais aussi par des gestes et des actes. L’amour construit, tandis que la haine ne sait que détruire. C’est dans l’amour que se construira la grande civilisation du futur.
Les Grands Maîtres se rendent à l’Assemblée législative pour protester contre le veto du gouverneur Mauro Mendes.
Les loges maçonniques régulières basées à Cuiabá (Grande Oriente do Estado de Mato Grosso, Grande Loge maçonnique de l’État du Mato Grosso et Grande Oriente do Brasil – Mato Grosso) ont pris position contre le veto du gouverneur Mauro Mendes (UB) du projet de loi 957 / 2019.
La proposition, rédigée par le député d’État Wilson Santos (PSD), interdit la construction de centrales hydroélectriques et de barrages sur toute la longueur de la rivière Cuiabá. Au secrétariat d’Etat à l’Environnement, environ 130 dossiers sont en cours d’instruction pour la construction de ces centrales. Six d’entre eux ont déjà été approuvés.
Soutenus par des avis d’experts sur l’écosystème régional, les Grands Maîtres sont arrivés à la conclusion que la mise en place de telles centrales hydroélectriques « en plus d’être inutile, causera des dommages irréparables et irréversibles au biome entourant le fleuve, ainsi qu’au Pantanal ».
« Le Mato Grosso ne consomme que 20% de l’énergie fournie dans l’Etat », précise un texte publié sur le site de la Grande Oriente. […] Les Grands Maîtres seront unis et déterminés à transmettre au gouverneur et aux parlementaires de l’État la position ferme des francs-maçons du Mato Grosso dans la défense du maintien du projet de loi 957/2019, interdisant strictement la construction de centrales hydroélectriques sur le Cuiabá Fleuve », dit la franc-maçonnerie.
Une pétition organisée par l’auteur de l’article cherche des signatures à des points stratégiques de Cuiabá et par des moyens virtuels pour tenter de déplacer au moins 13 députés pour annuler le veto. Le vote est prévu le 24 août. Si cela se produit, la loi sera promulguée par le président de la Chambre des lois, le député Eduardo Botelho (UB).