Retour sur… Le 13e Salon Lyonnais du Livre Maçonnique
CCVA
Organisées par les Francs-Maçons, hommes et femmes appartenant à différentes Obédiences les 22 et 23 octobre derniers au Centre Culturel de la Vie Associative de Villeurbanne CCVA, les Rencontres Culturelles Maçonniques – 13eSalon Lyonnais du Livre Maçonnique connurent un franc succès !
Une interobedientielle qui comprend, au total, onze Grandes Loges
2022 avait pour thème « Francs-Maçons : recherche de sens ».
De ce 13e Salon Lyonnais du Livre Maçonnique qui connut une affluence record malgré une lutte contre les éléments – et en matière d’éléments le Maçon en sait quelque chose (beau temps tout le week-end, changement de lieu, changement de forme, etc.), retenons que ce dimanche 23 octobre – l’échange Maçons/non Maçons dénommé la ruche a rencontré » son public.
En effet, ces Rencontres orientées vers la recherche de sens, ont été un véritable lieu de partage.
Avec une mise en œuvre d’un moment privilégié et de partage. Une ruche intitulée : « Vos questions sont les nôtres, nos questions sont les vôtres. »
Le but étant d’enrichir les réflexions de tous. Et selon l’adage « 1+1=3 », cette session a reflété aussi tout l’intérêt de pratiquer sans modération la réflexion de à plusieurs intervenants, bien meilleure que la réflexion individuelle…
Samedi en fin de soirée après l’inauguration, à laquelle les autorités municipales avaient fait savoir combien elle était heureuse d’accueillir cette manifestation, et le cocktail, il nous a été donné d’assister, avec le spectacle du groupe TRIO OPSIS (chanteuse lyrique, saxophoniste, pianiste), à un beau moment de bonheur qui nous a fait traverser les époques en éveillant tous nos sens.
Le Temple de Jérusalem, en Lego
Mais revenons sur ces journées, à commencer par celle du samedi 22.
Une véritable gageure ! Passer des salons du Palais de Bondy, édifice monumental au cœur de Lyon et de son emblématique Salle Molière, décorée par le peintre Louis Bardey (1851-1915).
MLIS
Pari gagné. Tout Lyon, maçonnique ou non, se retrouvèrent face à la Maison du livre, de l’image et du son (MLIS), médiathèque conçue par l’architecte suisse Mario Botta, au Centre culturel et de la vie associative (CCVA) de Villeurbanne.
La clé du succès ? Une préparation hors pair menée de maître – citons les Frères Bernard Fieux et Christian Lallement –, une équipe soudée, mais aussi et surtout un programme d’enfer ! Et qui, comme chacun le sait, est pavé de bonnes intentions… Qui se transformèrent en tables rondes à thématiques plutôt liés à la pensée, à la spiritualité, au symbolisme, à l’initiatique et à l’opératif (bienfaisance active).
Selon un schéma familier aux Maçons, l’animateur, présentant généralement les trois intervenants et le sujet proposait à l’assistance, confortablement installée dans la très belle et grande de spectacle, de prendre la parole. Dialoguer aussi et avec une assemblée, pour partie, pas forcément au courant des pratiques, des us et coutumes de la Maçonnerie.
De la « Notre démarche symbolique et initiatique est-elle d’actualité ? » – la réponse étant oui –, à « La Franc-Maçonnerie, une solidarité en partage », en passant par « Qu’est-ce que la spiritualité maçonnique ? » ou encore « La Franc-maçonnerie une méthode pour questionner l’organisation des sociétés » et enfin « Justice et éthique maçonnique », toutes les tables rondes firent le plein. C’est en cela aussi que ce salon fut une grande réussite. Et pour un salon du livre maçonnique, cela fut de la belle ouvrage ! Rendez-vous est donc donné en 2023 !
L’expo sur les grandes figures de la Franc-Maçonnerie
Guiseppe Garibaldi, surnommé le Héros des Deux Mondes
Le carré des auteurs(es)
Initié à la Grande loge de France en 1927, Pierre Brossolette (1903-1944), journaliste, homme politique, résistant et Compagnon de la Libération. Ses cendres sont transférées au Panthéon, le 27 mai 2015. En Juin 2014, la Grande Loge décide de donner à son grand temple son nom.
C’est un symbole apparu dans le corpus alchimique, que Jérôme Bosch a brillamment illustré, réapproprié par les informaticiens et qui, étonnamment, colle à l’actualité contemporaine !
On parle de l’entonnoir dans le manuscrit de Saint Marc ; son utilisation alchimique renvoie à l’absorption des savoirs et de la connaissance.
Mais c’est Jérôme Bosch (1450-1516) qui lui donne une célébrité en le reliant à la déraison et à la folie en le renversant !
Un tableau parle mieux qu’une explication : « L’excision de la pierre de folie » – détail du tableau de Jérôme Bosch (1494)
Cet entonnoir renversé, symbole de la déraison, est malheureusement toujours d’actualité !
Que ce soit en politique, dans le journalisme ou en religion, combien mériterait de porter ce fameux entonnoir !
Aujourd’hui en marketing on parle de l’entonnoir de conversion qui décrit les différentes phases que le consommateur vit avant d’arriver à l’acte « final » !
L’entonnoir, symbole mondialement accepté dans les applications Office, Base de données, ERP et CRM pour le filtrage des données.
La notion de filtrage de l’information introduite par les informaticiens enrichit le symbolisme de l’entonnoir.
Personnellement, les informations de l’actualité et certaines pathologies médicales m’ont fait penser à ce que j’appelle le syndrome de l’entonnoir débordé !
C’est une situation banale qui nous concerne tous soit individuellement soit collectivement. Cela se rencontre aussi dans l’environnement !
D’un point de vue fonctionnel, l’entonnoir permet de passer d’un régime dit de turbulence à un régime de fluidité pour tout ce qui concerne les liquides et les poudres afin de faciliter l’écoulement dans un orifice de taille réduite.
L’entonnoir, en quelque sorte est un symbole dynamique de remise à l’ordre dans la mesure où il permet de passer d’un régime turbulent à un régime laminaire.
Tout cela concerne un fonctionnement normal.
Mais si le débit d’entrée à la partie supérieure de l’entonnoir est trop important, l’écoulement laminaire ne peut plus se réaliser et l’entonnoir déborde.
Le débordement de l’entonnoir constitue ce que j’appelle le « syndrome de l’entonnoir débordé » !
On utilise le mot syndrome pour regrouper un certain nombre de signes d’un dysfonctionnement que ce soit pour la santé des êtres humains ou pour tout phénomène physique.
Si on observe le déroulement de l’activité humaine ou les événements qui affectent la nature, il est facile de retrouver ce modèle de situation où un débit d’entrée trop important provoque une turbulence et un débordement.
Des averses de pluie abondantes à la suite d’un orage et l’on voit les cours d’eau déborder !
Un accident sur une route le jour d’un départ en vacances et le traffic se trouve fortement ralenti.
Une grève des transports et l’activité diminue fortement, voire s’arrête.
Pour une personne humaine, un caillot de sang dans un vaisseau du cerveau et c’est l’accident vasculaire cérébral.
Toujours pour une personne, un excès de soucis ou du surmenage professionnel et c’est le burn out.
En 2020 la crise des masques a montré qu’une insuffisance des masques créait des risques contagieux non négligeables et cela sûrement provoqué des milliers de morts !
Et à l’inverse, l’excès de malades a provoqué la crise des urgences avec la dégradation des soins qui s’en ai suivie !
Les incendies de cet été ont montré que le feu pouvait très bien dépasser les moyens utilisés pour le combattre et déborder les secours !
Le débordement image de la déraison !
De tout cela, il ressort :
Les effets nocifs de l’excès d’apports qui ne pourront pas être pris en charge
Les effets nocifs des besoins non satisfaits lorsque les arrivées sont massives,
L’indispensable adéquation entre les besoins et les capacités de les assumer
Le syndrome de l’entonnoir débordé réunit des troubles liés aux excès et aux insuffisances !
D’une façon générale ne sont ce pas les dangers inhérents à tous les êtres vivants ?
On retrouve les maximes de sagesse comme :
« Ni trop, ni trop peu ! »
« Le temps adoucit tout ! »
« Qui trop embrasse mal étreint ! »
On pourrait aussi dire que le syndrome de l’entonnoir débordé est facilité par la procrastination qui augmente artificiellement la charge de travail par l’accumulation induite.
En loge aussi on retrouve des manifestations rentrant dans le cadre du syndrome de l’entonnoir débordé ; en voici quelques exemples :
Un ordre du jour trop chargé ne favorise pas une bonne tenue.
Un effectif supérieur à 40 présents n’autorise pas un réel partage et une participation.
Trop de réunions de toutes sortes n’apportent que fatigue et confusion
Un convent avec près de 1300 délégués ce n’est pas sérieux.
Avoir conscience des risques que peut induire le syndrome de l’entonnoir débordé doit nous inciter à la prudence quant à la tentation de vouloir assumer plusieurs charges.
Par ailleurs, ce syndrome de l’entonnoir débordé peut nous faire comprendre une des conditions d’un bon apprentissage : la progression ! Ne pas vouloir aller trop vite ! Fractionner les nouveaux savoirs à acquérir et prendre le temps de les assimiler avant d’en présenter des nouveaux.
Cette dernière remarque se justifie quand on sait que l’initiation concerne souvent des personnes âgées de plus de 40 ans qui commencent à perdre une certaine « agilité » cérébrale ! Avec elles il faudra vraiment proposer une formation progressive et s’assurer que les savoirs ont été acquis !
En conclusion, l’entonnoir ne pourrait-il pas être considéré comme le symbole de la raison ?
Placé sur l’axe vertical, l’entonnoir symbolise la transformation du régime du flux d’informations afin de faciliter leur réception. Cela n’est cependant possible que dans certaines limites !
Cette lecture symbolique nous permet d’en faire le symbole de la raison dans la mesure où celle-ci se définit comme la faculté qui permet à l’être humain de connaître, juger et agir conformément à des principes (compréhension, entendement, esprit, intelligence), et spécialement de bien juger et d’appliquer ce jugement à l’action (discernement, jugement, bon sens) ‘source : Le Robert).
La déraison c’est bien sûr l’entonnoir renversé exposé par Jérôme Bosch !
La zone dangereuse c’est le syndrome de l’entonnoir débordé qui s’applique tellement à l’actualité !
Symboliquement l’entonnoir nous incite à l’humilité en particulier dans les situations d’une surcharge de travail ou d’affects qui peuvent gravement nous déséquilibrer si on ne sait pas les éviter !
Sa connaissance nous incite aussi à savoir nous placer dans la chaîne des événements et si nous sommes en responsabilité à savoir regarder devant soi pour prévoir ce qui pourrait arriver au cas où … !
C’est aussi un symbole de traitement du désordre car il permet de passer d’un flux turbulent à un flux laminaire c’est-à-dire qu’il facilite le passage de l’agitation à la tranquillité !
Dans notre période troublée, le syndrome de l’entonnoir débordé semble très fréquent et pourrait nous préfigurer la fin de la vie sur terre !
L’ordre des Chevaliers de la Foi est une société secrète qui a été fondée en 1810 pour défendre le catholicisme et la monarchie légitime. Durant la période du Premier Empire, il avait pour objectif le rétablissement de la royauté bourbonienne française, puis, durant la Restauration, les Chevaliers se sont organisés dans la tendance parlementaire des ultraroyalistes, avant de se disperser d’eux-mêmes en 1826.
Les caractéristiques des chevaliers
La hiérarchie
Les cinq degrés fondamentaux
Initialement Ferdinand de Bertier de Sauvigny a longtemps hésité avant de créer une société secrète, au départ il aurait voulu fonder un ordre laïc de chevaliers tel que celui de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, c’est pourquoi on retrouve une dénomination des grades très proche de la vieille chevalerie.
La hiérarchie secrète de l’ordre laisse ignorer aux grades inférieurs l’existence de degrés supérieurs ainsi que le visage des dirigeants. Chaque dénomination des degrés est influencée par l’idéal chrétien et monarchique qui soumet tous les membres à l’autel et au trône.
Le premier grade est celui des « associés de charité » qui contribuent seulement en priant et en cotisant. Les « associés » pensaient être dans une association pieuse de chrétiens nostalgiques de l’ancien régime. Les « écuyers » étaient mis au courant du rétablissement de la chevalerie, mais seuls les « chevaliers » étaient initiés durant une cérémonie. Ensuite « les Chevaliers Hospitaliers » s’occupaient spécialement des soins des prisonniers et des hôpitaux. Le dernier grade, le statut suprême était celui de « Chevaliers de la foi ». Eux seuls connaissent l’étendue de la société et ses objectifs politiques et religieux. Après la Restauration française l’Ordre a gardé ses grades secrets mais a tourné son activité vers le Parlement.
Les trois cercles du pouvoir interne
Les « Chevaliers de la foi » gouvernent la société grâce à un grand conseil supérieur, composé de 9 membres, dont certains sont titrés du grade de grand maître. C’est surtout autour du conseil supérieur que va avoir lieu l’activité parlementaire, car après la Restauration, lui seul avait un poids politique sur Louis XVIII et Charles X. Ces derniers donnent des instructions aux « Sénéchaux », qui dirigent les divisions militaires, et qui vont beaucoup servir durant la seconde restauration. Les « Bannières », sont les cellules de base qui correspondent à des zones d’influences départementales.
Les signes et les symboles
La société des chevaliers de la foi ont pour modèle organisationnel la franc-maçonnerie. Ils utilisent eux aussi des mots d’ordres et des signes de reconnaissance. Les simples « chevaliers » ont tous un anneau béni, à l’intérieur duquel était gravé le mot « caritas », les chevaliers hospitaliers avaient un chapelet avec une croix d’ébène et les chevaliers de la foi en avaient un avec une croix d’argent. Ils pratiquaient donc aussi les cérémonies initiatiques. À genoux devant un crucifix, entourés de luminaires, les chevaliers jurent sur les évangiles le secret, l’obéissance, et la fidélité à Dieu, à l’honneur, au Roi, et à la Patrie. Ils recevaient finalement un coup d’épée sur l’épaule et une accolade des autres chevaliers, pour enfin être de vrais chevaliers.
L’implantation
Géographie
Les chevaliers de la foi ont trouvé un terrain favorable dans les anciennes provinces de Franche-Comté, de Flandre, d’Artois, d’Auvergne, en Aquitaine, en Provence, en Vendée et bien sur dans les grandes villes comme Paris, Bordeaux, Toulouse …
Politique
Les Chevaliers était l’un des seuls groupes politiques au début du xixe siècle constitué et organisé. Par ce fait on pourrait presque parler de « parti politique » surtout pendant la seconde Restauration avec un groupe parlementaire quasiment à ses ordres mais son fonctionnement secret et sa hiérarchie mystique l’éloignent de la notion de « parti ».
Religion
Les fondateurs de la société des Chevaliers de la Foi sont tous passés par La Congrégation. Étant donné l’hésitation de départ sur l’utilité d’une telle organisation, le rapport entre religion et politique est très proche. Les chevaliers ne se montrant pas clairement comme tels par respect du secret qu’ils portaient, n’étaient pas vus comme un groupe influençant le pouvoir. À l’époque on pensait plutôt que c’était la Congrégation qui jouait ce rôle. Mais cela peut s’expliquer par le fait que la plupart des dirigeants des Chevaliers étaient membres de la Congrégation. Après la dissolution en 1826 les chevaliers ont sans doute, mis à part les parlementaires, repris une activité de charité chrétienne.
Les chevaliers célèbres
Membres de l’Ordre
Ferdinand de Bertier de Sauvigny, fondateur.
Anne Pierre et Bénigne Louis de Sauvigny, frères de Ferdinand et cofondateur.
Louis Joseph Alexis de Noailles, ami de Bertier à la Congrégation et cofondateur.
Le marquis de Vibraye, cofondateur.
Le comte Hippolyte de Solages, époux de la sœur de Ferdinand et cofondateur.
Le comte Alfred Louis de Noailles, aide de camp de Bernadotte.
Jules de Polignac, dernier ministre de Charles X et membre du conseil supérieur des Chevaliers.
Armand de Polignac, frère de Jules.
Mathieu Jean Félicité, duc de Montmorency-Laval, ministre des Affaires étrangères ultra en 1821, grand maître des Chevaliers de la foi et membre du conseil supérieur des Chevaliers.
Le marquis Eugène-Alexandre de Montmorency-Laval, cousin de Mathieu, frère puîné de l’ambassadeur Anne-Adrien-Pierre de Montmorency-Laval.
Adrien de Rougé, parlementaire ultra et chef de l’organisation en 1822.
Armand de Robert d’Aquéria, marquis de Rochegude, responsable de l’organisation à Avignon en 1815, officier puis parlementaire ultra.
Jean-Baptiste, comte de Villèle, premier ministre de Louis XVIII, puis de Charles X et membre du conseil supérieur des Chevaliers.
Hippolyte de Barrau, notable, cousin des Solages.
Duc Gaspard de Clermont-Tonnerre.
François-René de Chateaubriand, célèbre écrivain, leader du parti ultra à la chambre donc très proche des Chevaliers, mais on ne sait pas s’il était lui-même un Chevalier. On peut cependant remarquer qu’en décembre 1822 quand le duc de Montmorency a déposé sa démission en conseil du roi, c’est Chateaubriand qui a pris la tête du ministère des Affaires étrangères à sa place.
Le comte Joseph-Claude de Clermont-Mont-Saint-Jean, président de la bannière de Paris en 1810.
Louis de Gobineau, secrétaire de la bannière de Paris en 1810.
Mac-Carthy, Villèle, Montbel, Saint-Géry et Cantalauze ont fait partie de la bannière toulousaine.
Gombault, chevalier à Bordeaux.
Louis de La Rochejaquelein, chevalier à Bordeaux.
Gain-Montagnac, délégué de la Bannière parisienne.
François Franchet d’Esperey, directeur général de la police, et membre de l’Ordre.
Guy Delavau, préfet de police de Paris en 1821, et membre de l’Ordre.
Jean-René-Pierre de Semallé, proche d’Armand de Polignac (il fut fondé de pouvoir par Monsieur avec celui-ci) et organisateur de la manifestation royaliste à Paris le 31 mars 1814.
Vincent Bonneau, comte de Launoy, inspecteur général des prisons et agent secret.
Pierre-Claude de Maurey d’Orville (1763-1832), historien normand.
Histoire des Chevaliers
1810 : la fondation
Ferdinand de Bertier de Sauvigny (1782-1864) est reçu en 1807 à La Congrégation, il participé en 1809 avec ses amis Mathieu de Montmorency et Alexis de Noailles à la propagation de la bulle d’excommunication de Pie VII contre Napoléon. Durant la période de l’empire, il cherche avec son frère Bénigne-Louis à unifier et regrouper toutes les forces de résistance royalistes. Ils étaient fascinés par la franc-maçonnerie qu’ils pensaient être le principal outil de la Révolution française. Les deux frères souhaitaient transposer le système maçonnique au service de l’Église et du roi, ils ont donc « infiltré » des loges pour en étudier le fonctionnement. Une fois Bénigne-Louis arrêté en 1807 par la police Impériale, Ferdinand a dû réaliser son projet seul. Il a fondé en 1810 l’ordre des Chevaliers de la Foi, institution qui repose sur une structure identique à la franc-maçonnerie, sur des valeurs chevaleresques du Moyen Âge et sur une discipline militaire. On peut remarquer par ailleurs que les fondateurs de cette société qui associe trône et autel font partie d’une génération assez jeune ayant vaguement connu l’ancien régime, contrairement à la période de leur formation qui a été la Révolution française et sa déchristianisation. Finalement c’est cette génération royaliste non émigrée qui a fait monter les effectifs des Chevaliers.
1810-1814 : de la clandestinité aux premiers complots
Sous l’Empire, le principal objectif des Chevaliers était de garder contact avec les royalistes et transmettre les nouvelles d’un hypothétique retour Bourbon. Les ordres et les nouvelles se véhiculaient oralement, aucune trace ne devait rester, au risque de se faire prendre par la police impériale.
Le système et le réseau d’informations royalistes étaient tellement bien rodés que même le courrier officiel n’arrivait pas aussi vite en province.
On peut se demander si pendant l’Empire, les Chevaliers avaient projeté de prendre de force le pouvoir et de restaurer la monarchie. Et bien non, avec leur fonctionnement clandestin, l’organisation est restée faible en influence. Le recrutement restait quasiment dans la sphère aristocratique, mise à part à Paris et à Toulouse où on peut voir des traces d’éléments populaires dans les bannières. Insurrection violente, coup d’État armé, ou actions contre-révolutionnaires n’ont jamais été à l’ordre du jour de l’organisation sous l’Empire, alors que Ferdinand de Bertier croyait que seul un mouvement royaliste national indépendant des alliés et sous l’Empire pouvait rétablir correctement le trône de France.
Le rôle des Chevaliers en attendant était de créer un esprit favorable aux Bourbons. Grâce à la propagande et au travail de sape, ils ont réussi à rappeler l’existence des princes légitimes, à réchauffer les souvenirs de l’ancien régime, et à exciter leur milieu contre l’Empereur. Pendant la « libération » alliée, les Chevaliers tentent surtout de faire pression sur les Anglais, les Autrichiens, les Prussiens et les Russes pour les aider ou du moins pour ne pas les empêcher de rétablir la monarchie.
Au printemps 1812, Louis XVIII apprend l’existence des chevaliers de la foi, grâce à Alexis de Noailles qui vient d’arriver en Angleterre.
Ferdinand de Bertier a été à Bordeaux en 1813 pour fédérer trois organisations monarchistes (l’ex-Institut philanthropique, la Garde royale de Saint Germain et la Bannière de Bordeaux) sous la direction d’un comité mixte.
Début octobre 1813, Louis XVIII écrit aux Chevaliers : « Le temps de se montrer plus efficacement est arrivé ».
Le 9 octobre, le Conseil Supérieur se réunit chez Mathieu de Montmorency et travaille une stratégie de restauration, il pense d’abord à un débarquement allié en Bretagne et une insurrection royaliste à l’intérieur, mais le plan de l’opération n’est jamais parvenu entre les mains de Louis XVIII, le porteur s’étant fait arrêter en train d’embarquer pour l’Angleterre.
En fin d’année 1813, Ferdinand de Bertier prend la direction des bannières de Garonne comme lui avait demandé le Conseil supérieur. Depuis le château de sa sœur Mme de Solages, il impulse une vive propagande dans les départements du Tarn et de la Haute-Garonne, pour finalement préparer une insurrection à Rodez.
1814 : l’avant-Restauration
En janvier le maire de Bordeaux, Jean-Baptiste Lynch prend contact avec la Bannière Bordelaise et promet sa fidélité à la cocarde blanche, avec trois de ses conseillers municipaux.
Au mois de février près de 200 chevaliers se trouvèrent à Rodez, dans un château près de la ville. Ferdinand de Bertier avait prévu le coup dans la nuit du 16 au 17 février. Des rumeurs circulaient et parlaient du complot, arrivant aux oreilles de Antoine Bernardin Fualdès, c’est pourquoi au dernier moment les renforts toulousains reculèrent et firent demi-tour. Ferdinand de Bertier a dû annuler l’opération.
À l’arrivée des troupes alliées pour la campagne de France, les Chevaliers ont tenté de manifester leurs joies. À Troyes, une petite manifestation royaliste s’est produite à l’arrivée des Prussiens. En Franche-Comté, pendant que les Autrichiens nommaient un gouverneur militaire, les Chevaliers de la bannière de Dijon, ont arboré la cocarde blanche.
Les alliés loin d’être partout très favorables à une restauration des Bourbons essayaient au départ d’ignorer les royalistes. Les Autrichiens et les Russes par exemple hostiles aux Bourbons les ont sévèrement réprimés à Dijon, malgré une tentative de conciliation entreprise par Alexis de Noailles auprès du tsar Alexandre Ier de Russie.
Le douze mars bordelais, une opération des Chevaliers de la foi
À Bordeaux, en mars, Arthur Wellesley de Wellington décida d’investir la ville sous les acclamations populaires, les autorités locales impériales se sont alors cachées du côté droit de la Gironde. Le maire Lynch et la bannière locale ont arrêté le convoi anglais le 12 mars 1814 avant d’avoir eu l’assurance que les troupes n’interviendraient pas en cas de restauration (sauf si l’ordre public était troublé). Lynch symboliquement avait sorti une cocarde blanche et crié « vive le roi ! » Quelque temps plus tard il imposa à la garde nationale la cocarde monarchique, puis il fit remplacer tous les emblèmes impériaux de la ville par des insignes royalistes. L’archevêque de l’époque à Bordeaux, Aviau du Bois de Sanzay, féroce opposant au concile de Paris participa avec le maire à l’accueil de Louis de France, fils du futur Charles X, sur le parvis de la cathédrale de Bordeaux devant une foule en liesse. Après cette date le prince Bourbon organisa un gouvernement royal qui devait étendre son pouvoir sur toute la région.
En 1820, en souvenir de ces événements Louis XVIII, nomma l’enfant du fils de son frère Henri d’Artois duc de Bordeaux. Le reste de la France apprend petit à petit la nouvelle de l’opération bordelaise surtout en Vendée, où les royalistes sont très excités par ces événements. Ils se sont réveillés pour fixer la date du 11 avril comme celle du soulèvement général de la France.
La faiblesse relative des Chevaliers parisiens
Bien que le conseil supérieur des Chevaliers de la foi se tienne à Paris, l’activité de la société reste difficile dans la capitale. La plupart des grandes figures de l’ordre ont été envoyées en Province pour soulever la population. Le 31 mars, après la Bataille de Paris et la fuite de l’impératrice Marie-Louise d’Autriche alors que les rues sont pleines de monde, un groupe de Chevaliers tente quand même de provoquer une manifestation royaliste, sans vraiment y parvenir. Cependant, ceux-ci obtiennent la parole de l’empereur de Russie que le Comte de Provence serait rétabli sur le trône. En effet, alors que celui-ci passait sous les fenêtres de Madame de Semallé, épouse de Jean-René-Pierre de Semallé, Chevalier de la Foi et l’un des principaux organisateurs de la manifestation, elle lui dit : « Vive Alexandre s’il nous rend nos Bourbons ! », ce à quoi il lui répondit « Oui Madame, vous les reverrez, vivent votre roi Louis XVIII et les jolies dames de Paris ».
1814/1815 : la Première Restauration
Une fois Bonaparte déchu par le Sénat le 3 avril et exilé à l’île d’Elbe, les royalistes se regroupèrent autour des Chevaliers. Ils ne pouvaient pas intervenir directement sur les puissances étrangères pour restaurer l’exact Ancien Régime, sachant que Talleyrand essayait d’être au maximum indépendant de la société secrète pour négocier avec le tzar Alexandre Ier de Russie. Celui-ci les avait même supplantés par la création d’un gouvernement provisoire dans lequel ils ne prirent aucune part.
À Toulouse, le 12 avril après que l’occupant Arthur Wellesley de Wellington prit connaissance de la situation parisienne, la population put s’associer aux manifestations organisées par les Chevaliers pour faire leur révolution locale.
Malgré une forte implantation dans le sud de la France, les Chevaliers n’ont pas pu s’opposer à la Charte de 1814. Ils sont donc restés quasiment inactifs durant la Première Restauration.
1er mars/18 juin 1815 : les Cent-Jours
Louis de France appelé aussi duc d’Angoulême se servant des pleins pouvoirs que lui a conférés Louis XVIII le 5 mars, organise depuis Barcelone le retour du roi. Il s’est beaucoup appuyé sur les Chevaliers de la foi, qui était la seule organisation présente sur tout le territoire, avec l’expérience de la clandestinité, la passion des complots, et la structure militaire qui peut assurer des opérations insurrectionnelles. Ils vont donc encourager les désertions et organiser neuf bataillons de volontaires royaux, les futurs Verdets, de la couleur de la livrée du comte d’Artois. Dans la nuit du 15 au 16 juin ces bataillons ont joué un rôle important en débarquant secrètement près d’Aigues-Mortes, pour ensuite prendre le contrôle et le commandement des départements de l’Hérault, des Bouches-du-Rhône, de la Lozère et du Gard au nom de Louis XIX (le duc d’Angoulême).
1815-1826 : la Seconde Restauration
La Chambre introuvable
Durant la nouvelle période qui s’annonçait avec la Restauration de 1815, les Chevaliers ont retrouvé une nouvelle activité dans l’ombre des parlementaires, pour s’opposer au binôme ministériel Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord et Joseph Fouché et au dissident orléaniste.
Les chevaliers habitués à l’ordre et à la hiérarchie ont réussi à influencer et à imposer leur méthodes à tout le parti qui obéissait à une discipline de fer. C’est dans ces conditions qu’est élue les 14 et 22 août 1815 la Chambre introuvable dominée par les Ultra. Ils ont fondé dès 1815, lors de la première session parlementaire, une bannière qui dirigeait la tendance politique, alors que, rappelons-le, au départ les Chevaliers avaient été fondés surtout dans un but religieux pour d’une part contrecarrer le pouvoir des maçons et d’autre part pour pallier la faiblesse du clergé après le Révolution française.
La Terreur blanche
Les Chevaliers partout où ils se trouvaient ont participé à la terreur légale dite Blanche. Ils ont donc pratiqué les poursuites, les traques, les jugements, et sans doute aussi les meurtres contre les auteurs de près ou de loin des Cent-Jours. Par exemple certains historiens avancent le fait que les Chevaliers de la Foi seraient à l’origine de l’affaire Fualdès.
La bannière parlementaire, par l’intermédiaire du parti ultra, pousse le gouvernement au renforcement de cette terreur blanche. Des excès font craindre au roi une nouvelle révolution, il a donc mis fin à la terreur blanche en dissolvant la Chambre ultra-royaliste dite Introuvable le 5 septembre 1816.
Le Parti ultraroyaliste
Des comités secrets réfléchissaient à des stratégies politiques pendant que le parti se réunissait chez le député Piet pour donner les mots d’ordres aux non-chevaliers.
Villèle avant 1822, était un des leaders de la tendance parlementaire ultra et membre du conseil supérieur des Chevaliers. Il a donc souvent pu utiliser la société secrète pour influencer le groupe parlementaire. Par exemple en 1819, il a délibérément eu recours à une manipulation stratégique dite circonspect, pour imposer le vote de six douzièmes provisoires, afin de permettre au modéré Élie Decazes d’avoir six mois supplémentaires avant le vote du budget. Sans l’appui des Chevaliers Villèle était seul contre la faction des impatients, menée par François-Régis de La Bourdonnaye qui voulait faire une contre-révolution très rapide, c’est-à-dire ils voulaient faire un 1789 à l’envers et en 1819 ils voulaient renverser le président du Conseil, sans attendre que celui-ci limoge tous les ministres.
1821 : le ministère Villèle
Jean-Baptiste comte de Villèle plus connu sous le nom de Joseph de Villèle, est nommé premier ministre le 14 décembre 1821. C’est le premier ministre ultra-royaliste de la Restauration. Les Chevaliers étant toujours aussi nombreux et influents, imposent deux ministres au comte. Le ministère de l’Armée a été offert à Victor duc de Bellune, un pair de France qui a été maréchal de l’Empire avant de suivre le roi à Gand. Les Affaires étrangères ont été directement à Mathieu Jean Félicité, duc de Montmorency-Laval. Ce dernier tenait les Chevaliers de la Foi d’une main de fer vu le prestige de son nom et la renommée de son réseau. Villèle l’a donc nommé contre les conseils du Roi, qui avait peur du poids politique que cela donnait aux Chevaliers. Villèle souvent surnommé la Taupe a préféré avoir Mathieu de Montmonrency près de lui pour limiter son influence sur l’Ordre, ce qui permit à Adrien de Rougé de prendre la tête de la société durant le mandat ministériel du grand maître. Dès 1822 le poids des chevaliers était considérable, et l’idéologie ultra influençait le pouvoir. Les chevaliers ont entre autres poussé la religion au premier plan de la politique avec l’outrage à la religion d’État et aux cultes reconnus mais aussi le retrait symbolique des restes de Voltaire et de Rousseau du Panthéon de Paris pour le rendre au culte catholique, le remplacement des recteurs d’académies et des grands maitres d’universités par le clergé et la nomination de pairs ecclésiastiques à la Chambre des pairs. Ils ont aussi influencé la politique sur les questions de libertés d’expression avec les lois de mars 1822 sur le régime de la presse qui avait pour but de liquider la presse libérale grâce à une autorisation préalable.
Après avoir fait démissionner de son ministère Mathieu de Montmorency en décembre 1822, et bien que ce dernier continuait à soutenir son gouvernement dans lequel Chateaubriand avait un portefeuille, il écarta le duc Victor du pouvoir militaire en octobre 1823.
1826 : la dissolution
Au début le parti est fort et unifié mais une fois entré en contre-opposition de droite en 1824 pendant le règne de Charles X, il était depuis le ministère Villèle, une majorité divisée à la chambre des députés. Villèle n’est pas assez « ultra » pour certains députés déçus. Malgré les tentatives de cohésion et de stabilité de la droite de la part des Chevaliers de la Foi, une opposition de droite se forme derrière des personnalités comme François-Régis de La Bourdonnaye. En 1826, Mathieu Jean Félicité, duc de Montmorency-Laval et Ferdinand de Bertier de Sauvigny décident de dissoudre les bannières par opposition à la politique de Villèle. À partir de ce moment la majorité tomba dans une crise et finit par s’effriter sans le ciment que représentait les Chevaliers à la chambre. Le reste de l’organisation en France s’est auto-dissoute, elle n’a plus jamais eu d’apparition ou de refondation publique depuis ce jour.
Du 10 au 27 novembre 2022, Trace de liberté est le nom emblématique donnée à cette exposition de l’artiste François Boucq autour de la liberté d’expression.
Elle est proposée par l’Institut d’Études Maçonniques de Toulouse (ITEM).
Une belle façon d’annoncer le 7e salon maçonnique de Toulouse des 26 et 27 novembre prochains (de 9h à 19 h). Avec pour thème « Transmettre et reconstruire ». À suivre sur https://www.facebook.com/association.item/
Récompensé par de multiples prix, dont le prestigieux prix du festival de la bande dessinée à Angoulême, cet artiste explore les diverses déclinaisons de la plastique et de la narration. François Boucq est un des plus grands dessinateurs français actuels.
Son parcours créatif, son engagement intellectuel, la diversité exceptionnelle de son expression graphique, la pertinence de son regard critique et l’ouverture aux Beaux-arts d’une œuvre appartenant à un genre dit mineur expriment l’ambition de François Boucq de ne négliger ni l’esthétique ni les problèmes sociétaux.
Vernissage jeudi 10 novembre à 18h en présence de François Boucq, suivi d’un temps de rencontre dans le Grand auditorium de la Médiathèque José Cabanis.
François Boucq au Festival d’Angoulême 2015
Boucq, l’artiste
De son vrai nom François Boucq, il est un auteur de bande dessinée français né à Lille le 28 novembre 1955. Il a reçu en 1998 le grand prix de la ville d’Angoulême, qui récompense l’ensemble de sa carrière.
Nous lui devons, entre autres, Le Petit Léonard décodé (Éditions i, 17 €). Un album de 88 pages où François Boucq se penche sur le génie de l’incontournable de Vinci dont on a commémoré les 500 ans de la mort en mai 2019. Sa façon de rendre hommage au génie de la Renaissance…
Souvenons-nous que le musée de la franc-maçonnerie avait organisé du 11 mai au 6 octobre 2019 une exposition titrée Boucq : Léonard décodé, la cathédrale derrière le tableau, Humanisme et symbolisme dans la pensée de la Renaissance.
L’exposition explorait les notions d’humanisme et de symbolisme dans la pensée de la Renaissance et avait pour but de présenter ce qu’est la géométrie sacrée à travers l’œil exercé de François Boucq.
Infos pratiques : Du 10 au 27 novembre 2022
Médiathèque José Cabanis, All. Jacques Chaban-Delmas – 31500 Toulouse
Pour la première fois, le musée Rodin présente la relation de Rodin à l’art égyptien. L’exposition dévoile un Rodin égyptien, se nourrissant d’une Égypte rêvée, fantasmée puis collectionnée.
« Plus que tout, l’Égyptien m’attire. Il est pur. L’élégance de l’esprit s’enguirlande à toutes ses œuvres. »Auguste Rodin, Les Cathédrales de France, Armand Colin, Paris, 1914.
Rodin l’égyptien
L’exposition « Rêve d’Égypte » présente un parcours de plus de 400 objets, tous restaurés pour l’occasion, qui mêle collection et œuvres d’Auguste Rodin, sculptures et dessins, ainsi que des archives et photographies pour mettre en contexte ses « amis de la dernière heure », comme l’artiste aimait à appeler les antiques qu’il chérissait.
Elle évoque aussi la résonance de l’art égyptien dans l’œuvre de Rodin, à travers ses recherches sur la représentation du corps humain, la simplification des formes, le fragment ou la monumentalité — ainsi le Monument à Balzac (1898) dont il disait « Le Balzac est le Sphinx de la France ».
Il s’agit plus pour le sculpteur d’« être égyptien » que d’être inspiré par l’art égyptien. L’exposition bénéficie de prêts majeurs du musée du Louvre, du musée d’Orsay, du musée Bourdelle et de collectionneurs privés.
Le parcours ouvre aussi des fenêtres sur l’Égypte ; elles font surgir des figures de passeurs, écrivains, artistes, antiquaires et égyptologues, qui guidèrent l’artiste vers l’Égypte en le nourrissant de sources visuelles, de récits ou d’objets. La constitution de la collection de Rodin révèle ainsi l’histoire du marché de l’art et des antiquaires de cette époque. Elle s’inscrit dans le programme de commémorations de l’année Champollion, organisé sous l’égide de France Mémoire.
Entretien avec Bénédicte Garnier, commissaire d’exposition
Entretien avec Bénédicte Garnier, commissaire d’exposition et responsable des activités scientifiques de la collection de Rodin et du site de Meudon. Comment Rodin découvre-t-il l’Égypte ? Quelles sont les résonnances de l’art égyptien dans son œuvre ? Quelle est l’ambition du sculpteur en créant son propre musée ? Autant de questions auxquelles répond la commissaire d’exposition, qui nous présente l’égyptomanie du XIXe siècle et les passeurs qui apportent l’Egypte a Rodin.
La recherche au musée Rodin : le programme « Rodin et l’art égyptien »
L’exposition met en lumière une collection exceptionnelle, désormais accessible sur un site dédié. Ce site est le fruit d’un programme de recherche multidisciplinaire de quinze ans, à l’initiative de Bénédicte Garnier, responsable de la collection d’antiques de Rodin et commissaire de l’exposition, avec le soutien d’un comité scientifique et la participation de jeunes étudiants et chercheurs.
L’étude et la publication en ligne de la collection égyptienne d’Auguste Rodin ont été réalisés en partenariat avec le Centre de Recherche Égyptologique de la Sorbonne (CRES), le Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF), le musée du Louvre et l’Université de Paris-Nanterre, avec le soutien du Ministère de la Culture.
Commissariat : Bénédicte Garnier, responsable des activités scientifiques de la collection de Rodin et du site de Meudon
Auguste Rodin (René François Auguste Rodin), né à Paris le 12 novembre 1840 et mort à Meudon le 17 novembre 1917, est l’un des plus importants sculpteurs français de la seconde moitié du XIXe siècle, considéré comme un des pères de la sculpture moderne.
Héritier des siècles de l’humanisme, l’art réaliste de Rodin est un aboutissement, croisement de romantisme et d’impressionnisme dont la sculpture est modelée par la lutte entre la forme et la lumière.
Camille_Claudel
La virilité de l’artiste, surnommé en son temps le « Bouc sacré », provoqua des drames semi-publics ou privés et est au centre d’une expression plastique de la sensualité, de l’érotisme, mais aussi de la douleur. Il fut le compagnon, une partie de sa vie, de la sculptrice Camille Claudel.
Par sa capacité de travail et d’organisation, Rodin laisse une œuvre hors norme, dont seul le musée Rodin de Paris détient le droit moral et inaliénable du sculpteur.
Le musée Rodin
Situé au cœur de Paris, le musée Rodin jouit d’une situation exceptionnelle à deux pas de la Tour Eiffel et des Invalides. Composé d’un hôtel particulier du 18ème siècle et d’un jardin de sculptures de presque trois hectares, le musée abrite les sculptures de Rodin. La parfaite harmonie du jardin de sculptures et le charme de l’architecture rocaille de son hôtel Biron feront de votre visite un moment unique de votre séjour à Paris.
Le musée Rodin, héritier
« Je donne à l’État toute mon œuvre en plâtre, marbre, bronze, pierre, et mes dessins ainsi que la collection d’antiques que j’ai été heureux de réunir pour l’apprentissage et l’éducation des artistes et des travailleurs – Je demande à l’État de garder en l’hôtel Biron qui sera le musée Rodin toutes ses collections, me réservant d’y résider toute ma vie ». Auguste Rodin, 1909.
Le musée Rodin est un musée assurant depuis 1919 la conservation et la diffusion de l’œuvre d’Auguste Rodin.
Infos pratiques : Musée Rodin, 77 rue de Varenne – 75007 Paris
Du 18 octobre 2022 au 5 mars 2023
Horaires : Le musée Rodin est ouvert tous les jours sauf le lundi/De 10 h à 18 h 30 Le musée Rodin est fermé le 25 décembre et le 1er janvier.
Tarif(s) : Tarif plein musée Rodin Paris : 13 € – Accès personnes à mobilité réduite
Sylvie Boyer-Camax & Rémi Boyer – Éditions de la Tarente, 2022, 232 pages, 25 €
Peu connu des cherchants, Guy Thieux, préfacier du présent volume, spécialisé en géophysique – mesure du champ magnétique terrestre notamment – a participé à l’ouvrage collectif sous la direction d’Alfred Berthelot Le Belvédère du labyrinthe (Hachette, 1985) et, en sa qualité de légataire du prince occultiste Michel Vladimirovich Skariatine (1883-1963), dit Enel – comme beaucoup d’aristocrates russes, a fui son pays à l’issue de la révolution d’Octobre et a passé des années en Égypte à étudier et mettre à jour le sens sacré des hiéroglyphes –, a fait paraître chez IBAcom Éditions, en 2016, Le Monde astral et l’Occultisme puis, en 2018, Science égyptienne et Médecine de l’Astral. Et enfin en 2019, Radiesthésie thérapeutique toujours dans la collection « Les Inédits d’Enel ».
Il nous confie que cet ouvrage offre « de précieux enseignements » nous permettant de découvrir « des informations qui offrent la lumière la plus belle des Roses, celle qui nous ouvre les portes de la Lumière ». Il annonce, au fond, un moment suspendu. En réalité, et tout simplement, un instant privilégié hors du temps et qui, de lettre en lettre, semble s’éterniser. Comme une vision sans limite ouvrant sur un monde jusqu’alors invisible pour les Hommes que nous sommes…
Ces différentes correspondances furent écrites en période de confinement dont l’étymologie nous précise qui vient du latin confinis, qui a la même limite, de cum, et finis, fin, frontière
En vérité, il a permis, à certains d’entre nous, de s’octroyer un espace pour être en lien avec soi, un temps de contemplation, de respiration et de réflexion.
Gravure du prophète Bandarra (1500-1556), dont les Trovas messianiques rédigées dans la première moitié du XVIe siècle ont été associées par la suite au sébastianisme.
Sylvie Boyer-Camax et Rémi Boyer, artistes auteurs, qui explorent depuis leur jeunesse les mondes des traditions, des philosophies de l’éveil et des avant-gardes œuvrant pour un renouvellement de l’alliance entre métaphysique et art, dédient l’ouvrage aux
« Sœurs et Frères du Grand Ordre Sébastianiste
Qui ont reconnu le Roi Caché ».
Pour mémoire, le sébastianisme (Sebastianismo) est un mythe messianique portugais, basé sur la croyance qui consiste à espérer le retour sur le trône du Portugal du jeune roi Sébastien Ier, disparu lors de la bataille des Trois Rois, dont la légende rapporte qu’il ne serait pas mort…
Quant au Roi Caché, mythe – politique – qui traverse les âges, il reste l’étrange attente d’un souverain disparu qui reviendrait sauver son peuple. Mis en scène à la fin du XVIe siècle, notamment au Portugal.
Les sujets abordés – cf. infra la table des matières –, toujours avec profondeur, enrichissent notre désir de connaissance et étanche notre soif d’apprendre.
Avec un regard martiniste, le martinisme étant un courant philosophique, initiatique et ésotérique judéo-chrétien qui se réclame des enseignements de Martinès de Pasqually (c. 1710-1774) et de Louis-Claude de Saint-Martin (1743-1803) concernant la chute symbolique du premier homme, son état de privation matérielle de sa source divine et « l’illumination » qu’il peut acquérir.
Voici la table des matières :
Guy Thieux – source Baglis.tv
Préface de Guy Thieux
Première série de Lettres aux Amis : Quelques points sur la prière – Des arbres du Jardin d’Eden – De l’Esprit Saint – De la Sagesse – Des prophéties – Du Rhély – De l’ancien et du nouveau – De l’onction – De la Grâce – De la Chevalerie – De l’épée et de la lance – De l’armure du Chevalier – De la lettre Shin – De la Méta-initiation – De la Dame – De la Shekinah – Du 515 – De l’Apocalypse – De la croix essénienne – De l’Alliance – De la lettre A – De la lettre K.
Petit Traité de Christification des Êtres. Ce traité de voie directe en tradition chrétienne échappe à la tension inscrite dans les Évangiles entre pôle judéo-chrétien et pôle pagano-chrétien pour approcher l’essentiel, quand les formes culturelles et historiques sont traversées, laissant libre la place pour l’Esprit.
Comprendre ce qu’est la Christification, c’est admettre le déploiement de Dieu-Esprit-Âme-Corps est en réalité un continuum. Il est écrit « Il y a mille façons d’aliéner l’être, il y aura toujours mille plus une façons de le libérer. Ce « plus une », ce « plus qu’humain » est le Christ ».
Deuxième série de Lettres aux Amis : De la Grammaire secrète – De l’Ordre des Chevaliers Maçons Elus Coëns de l’Univers – Des sacrements – De la voie du pain et du vin – Du baptême d’Esprit – De la transmission – De la doctrine cryptique – De sainte Paraschiva – De sainte Isabella – Du Crocodile – D’une Chevalerie de l’Esprit – De la Voie d’Elias Artista – De la Géométrie Supérieure des Constructeurs – Du point et du trait – De l’alchimie et de l’initiation – Des Arcanes Célestes et de Swedenborg – De la Femme, muse et initiatrice – Des Vierges noires – Des Arcana Arcanorum – De la Mort, une vieille amie – De la Joie – Des gens de lettres aux gens de l’Être – Des biographies de Mallarmé.
Il faut noter que ce dernier opus écrit à quatre mains est édité en quatre langues : en italien chez Edizioni Pedrini, en espagnol chez Editorial Delfos ; en américain et en « English version » anglais chez Rose Circle Publications. Sans doute la notoriété de Rémi Boyer, auteur et cofondateur avec Robert Amadou (1924-2006) du Centre International de Recherches et d’Études Martinistes (CIREM), n’y est pas étrangère… L’édition française étant confiée à la très rigoureuse équipe des Éditions de La Tarente, connu désormais du grand public, toutefois éclairé, pour le sérieux de ses publications (thèses universitaires notamment).
De l’ancien français maistre, lui-même issu du latin magister : celui qui gouverne, qui dirige, qui commande ; celui qui a des domestiques ; celui qui enseigne ; personne d’une grande science; d’un talent reconnu ; titre d’un artisan admis à la maîtrise ; titre donné aux avocats, aux notaires…
Cependant, si le maitre est à la fois magister et dominus, l’unité des traductions ne donne pas le même sens : le premier tend à la liberté de ses élèves, le second vise plutôt l’asservissement.
Yves-Albert Dauge dans un article intitulé Les Quatre Maîtres,Typologie du Maître spirituel (Cahier n°17 de la Revue Epignosis ) définit successivement le Maître humain extérieur comme , le Médiateur invisible ou supraterrestre, qui nous guide sans avoir à passer par la psyché; le Maître personnel ou intérieur; notre Je éternel dont le rôle est décisif; et le Maître essentiel, Dieu, qui est le fondement et l’aboutissement de toutes les maîtrises.
Quand le mot maître est utilisé comme adjectif, il caractérise celui qui joue un rôle capital, essentiel. Être maître de quelque chose signifie que l’on peut en disposer librement.
Dans les traditions de l’Orient et du Moyen-Orient le maître a reçu son chemin de son maître et le transmet à ses disciples. Le maître ne se désigne pas comme tel, c’est le disciple qui fait le maître.
Indépendamment de la hiérarchie des fonctions, les anciens initiés avaient une hiérarchie de grades. Ainsi, les Isiades passaient par trois degrés d’initiation : les mystères d’Isis, ceux de Sérapis, ceux d’Osiris. Après le temps d’épreuves, les initiés d’Éleusis devenaient mystes, puis époptes. Les Pythagoriens avaient trois grades : auditeur, disciple, physicien ; les premiers chrétiens, trois aussi : auditeur, compétent, fidèle ; les manichéens, trois également : auditeur, élu, maître. Les seuls mithriades en avaient sept : soldat, lion, corbeau, perse, bromius, hélios et père.
Dans les corporations de métiers, le maître, non content de pratiquer l’Art avec une dextérité consommée, et de savoir résoudre toutes les difficultés techniques, doit encore se montrer capable d’en raisonner la théorie. «Le véritable Maître n’est pas l’esclave des règles traditionnelles de l’Art : il les applique parce qu’il en discerne nettement la raison d’être. Il a su remonter jusqu’aux principes fondamentaux de la Beauté, pour concevoir la suprême philosophie du Beau, dont découlent toutes les lois de la construction universelle.» Peu à peu, dans la plupart des pays, la maîtrise tendit à devenir un privilège. Il fallut, pour l’acquérir, fournir des preuves sérieuses d’instruction et d’habileté dans le métier; son obtention fut en outre soumise à des conditions pécuniaires assez onéreuses, le nombre de ses titulaires fut limité; elle devint même héréditaire.
À l’exemple de toutes les initiations, la Franc-maçonnerie bleue d’aujourd’hui a trois grades, ceux d’Apprenti, de Compagnon et de Maître.
Le franc-maçon qui a atteint le 3ème degré de l’initiation maçonnique porte le titre honorifique de maître comme cela est explicite dans le Rite York : «nous allons lui conférer le sublime grade de Maître maçon.»
Le nom mystique du maître est épopte, ce qui veut dire «parfait voyant». Il porte aussi le nom de Gabaon, emprunté aux Gabaonites qui étaient les gardiens de l’Arche d’Alliance, emblème des traditions et de la science.
Ce ne fut pas toujours le cas.
En 1726, la Loge Dumbarton Kilwining décrit son installation en mentionnant la qualité des Frères présents, à savoir : le Grand-Maître (Maître de Loge), sept Maîtres, six Compagnons et trois Apprentis. En 1730, la Grande Loge d’Irlande publie son livre des Constitutions dites de Pennell. Il y est décrit, de manière officielle, un système en 3 grades : apprenti, compagnon et maître. Rappelons que les Constitutions dites d’Anderson de 1723, à Londres, avait défini une Maçonnerie en 2 grades (apprenti et maître), que c’est en 1730 qu’est attesté, par une divulgation, et pour la première fois en Angleterre, le 3ème grade de maître qui s’était propagé dans les loges spéculatives depuis 1725. Cette divulgation sera condamnée par la Grande Loge de Londres en 1733, et que c’est seulement en 1738 que le grade de maître sera officialisé dans la 2ème édition des Constitutions anglaises. En fait c’est l’introduction du 2ème grade «fellow» entre le 1er et celui considéré, avant, comme second. C’est pour ce nouveau grade de maître que sera créée la légende d’Hiram.
Les conclusions d’Eugène Félicien Albert comte Goblet d’Alviella,Des origines du grade de maître dans la Franc-maçonnerie, (p.30) sont : 1° qu’au début du XVIIIe siècle, il n’y avait pour les Maçons spéculatifs qu’une seule cérémonie d’initiation, un seul degré ; 2° qu’après la formation de la Grande Loge en 1717, on organisa deux degrés, en rétablissant sur de nouvelles hases le grade d’Apprenti ; 3° qu’un troisième degré s’introduisit et se propagea graduellement parmi les Loges spéculatives à partir de 1725 ; 4° que l’existence de trois degrés fut seulement sanctionnée par la Grande Loge d’Angleterre en 1733 et qu’elle n’était pas encore universellement acceptée en 1757. Ainsi, en 1733, commencent à apparaître, sur la liste officielle des Ateliers de Londres, des « Loges de Maîtres Maçons ». Ce sont des Loges spéciales, exclusivement composées de Maîtres qui se réunissent pour conférer aux Compagnons le troisième degré devenu «le grade supérieur de la Franc-Maçonnerie symbolique».(p.29)
Les Règlements Généraux du Royaume de France en 1735, intitulésDevoirs enjoints aux Maçons libres, articulent, en 39 articles, ce qui va servir de règles à toutes les Loges dudit Royaume. Les quatre premiers concernent plus particulièrement le Grand Maître et les Maîtres de la Loge.
Dans une conférence donnée en 1912, Papus donne une définition du Maître (reprise dans la Revue l’Initiation n° 1, p.6) : «Le Maître est un guide, et il peut se dévouer à l’évolution de trois genres de facultés humaines : il peut diriger l’évolution du courage, du travail manuel ou des forces. C’est bien un Maître, mais celui-là c’est le produit de la société et il s’agit sur la portion physique des facultés humaines. Le second genre de maîtrise vise l’évolution du mental humain. Ce genre de maîtrise est dominé par un envoyé du plan invisible, venant de 1’appartement que les anciens nommaient Hermès trismégiste,et que nous appelons personnellement le Maître intellectuel,caractérisé par les lumières qu’il projette dans tous les plans d’instruction. Enfin, au-dessus, nous trouvons celui qui, seul, a véritablement droit à ce titre de Maître. C’est l’envoyé réel, chargé d’évoluer les facultés spirituelles, celui-là fait appel à des forces que bien peu comprennent et dont bien peu encore veulent suivre les incitations. Celui-là est celui que nous avons appelé un Maitre spirituel, qui a été nommé par Marc Haven, dans sa merveilleuse étude sur Cagliostro, le MaÎtre Inconnu, et par Sédir, dans ses commentaires sur l’Évangile, l’homme libre.»
Cependant, le maître en Franc-maçonnerie n’a ni les compétences ni les accréditations de Salomon, ni les outils et leur connaissance, ni les plans pour pouvoir continuer les travaux du temple. Il n’est pas «l’Architecte», même s’il en endosse ses valeurs, sagesse, force et beauté ; la sagesse dans ses mœurs, la force dans l’union avec ses frères, la beauté dans son caractère. N’ayant pas les mots du maître maçon, il n’a que des mots substitués comme le raconte la légende d’Hiram.
Toutefois, comme l’indique Oswald Wirth, dans son adresse aux maîtres maçons, «en Franc-maçonnerie, nulle autorité n’est supérieure à celle du maître.» même si en loge le vénérable dirige les travaux et les surveillants commandent aux colonnes.
Si, pour le compagnonnage, dans l’atelier opératif, maître était une fonction hiérarchique, en Franc-maçonnerie, maître n’est qu’un titre du degré atteint. Les fonctions de commandement sont attribuées, ès qualités, aux surveillants : – Pourquoi êtes-vous placés ainsi»- Pour surveiller ceux qui entrent dans le temple et commander à la colonne du nord (ou du sud) et au Vénérable qui dirige toute la loge. – Le Vénérable dirige les frères (et les sœurs) dans leurs travaux maçonniques.»
Au REAA, l’égalité entre les maîtres dans la chambre du milieu est marquée par le fait que l’orateur ne fait pas de synthèse personnelle à la fin des travaux, chaque maître étant responsable de la parole qui circule en loge. Les dialogues des rituels sont d’une courtoisie accentuée, attestant d’un respect de pairs entre les officiers et les membres qui décorent les colonnes.
Le maître, en Franc-maçonnerie, n’instruit pas seulement par ses paroles ; c’est par la force de l’exemple qu’il doit guider les apprentis et les compagnons. Il est vertueux, comme l’a conceptualisé Robert K. Greenleaf dans les années 1970 à propos de la fonction managériale profane, le servant leadership, le leader-serviteur, qui ne se caractérise pas par une quête personnelle du pouvoir, du prestige ou des récompenses visant surtout d’abord à satisfaire son ego. Au contraire, il est important de souligner, au plan des valeurs, que ce type de leadership procède d’une motivation intrinsèque de nature altruiste pour aider, enrichir et élever les autres vers de nouvelles possibilités et de nouveaux niveaux d’accomplissement.
Tout franc-maçon est libre et de bonnes mœurs, il n’a pas d’autre maître que le rituel qui ne l’invite qu’à devenir maître de lui-même. Au Rite York, chacun des degrés a son devoir prédominant. Pour les apprentis le devoir est envers Dieu, pour le compagnon le devoir est envers le prochain, pour le maître le devoir est envers lui-même.
Le compas est aussi appelé «le maître» comme dans le Wilkinson de 1727 ou comme dans cet extrait de La Maçonnerie disséquée de Samuel Prichard (1730). «-Avez-vous vu VOTRE Maître aujourd’hui ? – Oui. – Comment était-il habillé ? – Avec une jaquette jaune et des culottes bleues.». Une note en NB en donne l’explication : la jaquette jaune est le compas et la culotte bleue sont les pointes d’acier (question 82). Le Manuscrit Dumfries (vers 1710) en donne le même sens : 25. Reconnaîtriez-vous votre maître si vous le voyiez ? –Oui. 26. De quelle façon le reconnaîtriez-vous ? -A son habit. 27. Quelle est la couleur de son habit ? -Jaune et bleu, ce qui signifie le compas, qui est de cuivre et les pointes de fer (p.12).
En franc-maçonnerie on retrouve l’utilisation de symbole, de métaphore ou d’allégorie dans ce qu’on appelle le tableau de loge ou le tapis de loge. Au début du 18ème siècle, il était dessiné directement sur le sol avec de la craie et du charbon mais pour des questions pratiques, les francs-maçons en ont fait des tapis et des tableaux. C’est un ensemble de symboles posé directement par terre au milieu de l’assemblé et sur lequel les frères sont invités à méditer. C’est le frère expert qui est chargé de déployer le tableau ou de le tracer au sol. Tout cela se fait dans un instant solennel car la compréhension de ces symboles accompagne les francs-maçons dans leur quête spirituelle. Prenons un tableau de loge au premier degré du rite Écossais ancien et accepté, et analysons les symboles.
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