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Ouvriers d’Hiram Abiff. La conscience et le serment

De notre confrère vénézuélien elnacional.com – Par Mario Munera Muñoz PGM

La conscience est une forme objective de l’esprit. Du monde extérieur, une réalité existe au-delà de nous. Elle est perçue par les sens. « L’Esprit et la Conscience » ne sont pourtant pas synonymes, l’Esprit Objectif est connu par le profane comme l’intégrité, l’unité des facultés mentales avec la Conscience : l’imagination, la perception, la raison et la mémoire, bien qu’elles ne soient pas si objectives, car philosophiquement parlant, elles sont subjectives. 

Le raisonnement est basé sur ce qui est perçu. Cette intégrité est vraiment subjective, car ils relèvent du même esprit conscient. Mais c’est dans le même niveau objectif de Conscience. Le subjectif ne veut pas dire inconscient : la rêverie est aussi active qu’un objet en mouvement. Les philosophes depuis les temps anciens ont soutenu que les pensées sont parfois aussi réelles que les objets que nous percevons. Le subjectif est aussi un état conscient. La Conscience est Objective ou Subjective selon son état ou sa fréquence vibratoire, c’est comme une balance. Ce qui précède est un résumé de la réflexion rosicrucienne.

La conscience est la faculté de réaliser quelque chose : la famille, la tradition, l’âge, les émotions, le sexe, etc. La conscience ne doit pas être confondue avec l’intelligence ou l’intellect et a la capacité de se connaître. Elle nous donne une connaissance totale de ce qu’elle est, où elle se trouve, de ce qu’elle sait et ne sait pas. C’est très exceptionnel de voir une Conscience ouverte, nous tous dans ce plan voyageons avec la Conscience endormie, voilée pour connaître et comprendre les plans Supérieurs. Lorsqu’il est admis que la Conscience est endormie, c’est un signe qu’elle commence à s’éveiller. L’éveil est toujours un long processus, tout dépend du niveau de Conscience que l’on possède. La conscience sera toujours le grand mystère de l’homme. Friedrich Von Licht (économiste autrichien – Prix Nobel d’économie 1974) dit : « Si dans notre esprit est le fondement de toutes choses, Notre esprit n’est-il pas la pierre fondamentale et anguleuse sur laquelle repose tout art hermétique ?, mais nous sommes quand même limités à comprendre. Le but de la méditation est d’étendre la Conscience vers les mondes Divins. Le pouvoir nous habite nous sommes Temple, Autel, Victime et Prêtre : nous sommes enfants du Créateur. Seul le respect de la vie de chacun des éléments de la nature et des hommes peut conduire à l’harmonie et à l’équilibre dans l’Univers. »

Nous, francs-maçons, nous reconnaissons comme des Frères, mais plus important encore, l’humanité nous reconnaît comme des êtres plus évolués, à la fois intellectuellement et moralement, qui aiment la vérité et la justice. L’Ordre maçonnique incite ses fidèles à pratiquer les vertus, à être intègres, à les projeter vers le monde profane, les guidant vers la recherche de la vérité à travers les Symboles. Mahatma Gandhi a dit : « La vertu morale est la conformité avec nous-mêmes. » Chaque être humain a la capacité de reconnaître entre le bien et le mal. On peut dire que la franc-maçonnerie est une association éthique et libre des bâtisseurs de son Temple intérieur (ésotérique) et d’une humanité perfectionnée (exotérique). 

L’éthique maçonnique est un compromis entre lui et la société. Pour l’établissement Augusta, son essence est dans le travail individuel de chaque adepte pour se libérer des dogmes et du fanatisme pour se retrouver. Sous le thème de la Conscience, une réflexion sur le serment du franc-maçon à son entrée dans notre Auguste Institution. Oswald Wirth (Suisse – 1860-1943- Tarotiste-Franc-maçon), disait : « Le vrai serment est celui qui engage l’Initié sincère avec lui-même dans la recherche de son propre perfectionnement. » 

Un sentiment qui devrait procéder et conduire à la promesse formelle ritualisée. Ce serment nous permet de commencer un processus d’auto-construction de notre Temple intérieur, en tant qu’Apprenti, et de le perfectionner avec les connaissances que nous transmettent les Symboles dans leurs trois degrés. Nous jurons, ne sachant ni lire ni écrire, mais faisant confiance aux conseils des Maîtres. Sous le thème de la Conscience, une réflexion sur le serment du franc-maçon à son entrée dans notre Auguste Institution. 

Il faut avoir une vocation consciente pour un tel engagement. Il vous guide sur un chemin « séculier » pour « se connaître » et devenir un être « Libre » et est compatible avec toutes les croyances, qui peuvent être réaffirmées avec une connaissance plus approfondie. Le maçon avec son serment affiche sa parole d’honneur, silence devant les secrets de l’ordre, respecte les règles et le plus grand engagement est sa construction de son temple intérieur. C’est l’acte le plus solennel de l’initiation maçonnique, c’est une obligation volontaire de vivre avec soi-même. Le serment engage le maçon à l’intégrité humaine et à un engagement conscient envers lui-même. C’est le lien qui unit l’adepte à notre Auguste Institution, c’est la preuve de sa valeur morale et le sceau de son honneur. C’est la synthèse de l’honneur individuel et du devoir, avec les vertus, le rapprochant du GADU Le Jurar est un emblème de : Vérité, Loyauté et Raison. Bref, et le plus important du serment c’est : « Le serment d’un Franc-Maçon se fait devant l’Autel de sa Conscience », non devant la divinité, ni devant ses Frères, le serment est son engagement individuel dans la construction de sa Temple intérieur basé sur la connaissance et les vertus.

Souffrez-vous d’Apophénie avec le symbolisme maçonnique ?

En psychiatrie, une apophénie est une altération de la perception qui conduit un individu à attribuer un sens particulier à des événements banals en établissant des rapports non motivés entre les choses. Tout lui paraît avoir été préparé pour lui : pour tester s’il remarque ces bizarreries, etc.

Dès 1930, en psychologie jungienne, l’apophénie est à rapprocher de la notion de synchronicité, bien que Jung se contente de décrire le phénomène tel qu’il est vécu, sans se positionner clairement quant à l’idée que ce phénomène consiste en une distorsion de la perception ou s’il s’agit d’un contact particulier avec une authentique réalité métaphysique.

Selon Klaus Conrad, en 1958, l’apophénie est la deuxième phase dans le développement d’une schizophrénie (entre le tréma et l’apocalypse). Conrad a d’abord décrit ce phénomène en relation à la distorsion de la réalité présente dans les cas de psychoses, mais il est devenu plus largement utilisé pour décrire cette tendance chez des individus sains sans nécessairement impliquer la présence de troubles neurologiques ou de maladie mentale. En ce sens, il est devenu un quasi-synonyme de paréidolie d’après James Alcock.

En 20019, Peter Brugger (né en 1957 à Zurich), neuropsychologue suisse et professeur de neurologie comportementale et de neuropsychiatrie à l’Université de Zurich, voit dans ce phénomène une explication du lien entre psychose et créativité.

Certains individus atteints d’apophénie pensent être capables de remarquer l’apparition anormalement élevée de motifs dans des ensembles de données aléatoires.

En résumé, comme le rappelle le magazine Sciences et Avenir, l’apophénie ou l’art de prendre des vessies pour des lanternes. Même si notre cerveau est très doué pour traiter les données reçues, il arrive que notre capacité à comprendre le monde dépasse la réalité et que nous donnions du sens à des hasards. N’en n’est-il pas de même parfois avec le symbolisme maçonnique ?

Pour s’en convaincre, on peut lire la liste des étranges coïncidences que certains ont déniché entre les vies des présidents Lincoln et Kennedy.

Nous reviendrons sur ce cas précis en fin d’article. On appelle apophénie l’erreur très répandue qui consiste à voir quelque chose… qui n’est pas là. C’est la capacité à identifier une forme, à faire émerger un sens dans ce qui est en réalité du bruit statistique. Par exemple certains numérologues (dont le cœur de métier est la signification occulte des nombres et leur influence sur la vie humaine) voient le chiffre 23 partout, surtout dans le film éponyme. On peut avoir une explication évolutionniste de l’apophénie.

Pour finir de nous convaincre, nous reprendrons l’expérience de « l’Autodidacte Philanthrope » avec sa démonstration sur le nombre 23

Cet excellent thriller de Joel Shumacher sorti en 2007 a réactualisé la symbolique liée au nombre 23. 

Walter, le héros incarné par Jim Carrey, reçoit de sa femme Agatha un livre étrange qui détaille l’obsession d’un détective pour le nombre 23. Au fil de sa lecture, l’univers de ce livre envahit la réalité de Walter jusqu’à devenir une obsession. Il est de plus en plus fasciné par le pouvoir caché que semble détenir le nombre 23. 

Analyse détaillée du 23

Le 23 est un nombre premier. Tout comme le 13, il est souvent considéré comme un nombre néfaste. De nombreux synchronicités seraient liées à ce nombre.

Valeur numérique du nombre 23 :

VINGT TROIS
49572  29691 <= additionnez-les séparément
   27  +  27   = 54 = 5 + 4 = 9

Valeur secrète de 23 : (23 + 1) x 23 = 552 = 276
                                     2                2

Jour sidéral : 23,93 heures

Le factoriel de 23 a… 23 chiffres
23 principes en géométrie
23 lettres de l’aphabet latin
23e Président de la France : Nicolas Sarkozy
23 est le n° atomique du vanadium, métal de transition
23 : département de la Creuse
23° : inclinaison de la Terre par rapport à l’écliptique
23 : aux Etats-Unis, ce nombre signifierait en argot « déguerpir, quitter un lieu » (d’où l’expression « 23 skiddoo » dont les origines sont inconnues)
23 : nombre sacré d’Eris (avec le 5 et le 17), déesse de la discorde
23 : nombre de membres d’une même famille de Téhéran, décédés à tout juste 52 ans, dont le chromosome 12 serait porteur d’une mutation génétique rare encore à l’étude
Jules César aurait été poignardé de 23 coups de couteau
La catastrophe de Tchernobyl a eu lieu à 1h23 et son emplacement géographique Nord est de 51°23’23N
D’après les historiens, c’est en l’an 23 que l’art divinatoire aurait fait son apparition en Italie.

Bonnie et Clyde ont été fusillés par des policiers texans le 23 mai 1934
Bien entendu, ce n’est qu’une liste exhaustive, il y beaucoup d’autres références au 23, que ce soit dans la culture ou l’histoire.

Le 23 et le Titanic

Le Titanic

L’une des plus grandes tragédies maritimes, celle du Titanic n’y échappe pas ; nous trouvons là encore des liens directs (ou pas) entre le paquebot et un certain nombre qui se retrouvait plusieurs fois dans le naufrage :

  • le Titanic a heurté l’iceberg à 23h40
  • si l’on additionne la date du naufrage : 15 avril 1912 => 1+5+4+1+9+1+2 =23

Coïncidences entre Abraham Lincoln et John Kennedy

JFK

La liste des coïncidences entre Abraham Lincoln et John F. Kennedy, respectivement seizième et trente-cinquième président des États-Unis est une légende urbaine d’origine américaine qui a commencé à devenir populaire peu après l’assassinat du président Kennedy en 1963, après avoir été d’abord publiée dans le G.O.P. Congressional Committee Newsletter du Parti républicain.

Martin Gardner montra l’inexactitude de la liste dans un article publié dans Scientific American, publié à nouveau en 1985 dans son livre The Magic Numbers of Dr. Matrix. La version examinée par Gardner contenait 16 points, mais d’autres listes ont circulé avec bien plus de points. La liste est encore en circulation, bien que sa véracité et sa pertinence aient été à de multiples reprises remises en cause.

Ce thème des coïncidences entre Lincoln et Kennedy a été popularisé en France par la chanson Un siècle après de Serge Reggiani sortie en 1967, paroles d’Alain Robin.

La liste ci-dessous présente les coïncidences les plus souvent mentionnées à partir de 1964.

Lincoln
  1. Les noms Lincoln et Kennedy contiennent sept lettres.
  2. Lincoln fut élu au Congrès en 1846, Kennedy en 1946.
  3. Lincoln fut élu président en 1860, Kennedy en 1960.
  4. Tous les deux étaient impliqués dans la défense des droits civiques.Lincoln défend l’abolition de l’esclavage et Kennedy défend l’émancipation des Noirs. L’aboutissement de cette lutte : le 13e amendement de la Constitution qui abolit l’esclavage est ratifié le 18 décembre 1865, huit mois après la mort de Lincoln, alors que le Civil Rights Act reconnaissant les droits civiques aux noirs est voté en juillet 1964, huit mois après la mort de Kennedy. Aucun des deux présidents n’a vu le résultat de sa lutte de son vivant, survenu dans un même délai après leur décès. Leur engagement dans ces causes reste très lié à la contrainte politique conjoncturelle.
  5. Leurs épouses perdirent un enfant alors que le couple présidentiel résidait à la Maison-Blanche. Les prénoms des enfants décédés sont différents : William Wallace Lincoln et Patrick Kennedy. Les dates de décès divergent également : 20 février 1862 (Lincoln) et 9 août 1963 (Kennedy), sans relation de jours, mois ou années. L’âge des enfants décédés est également très différent : onze ans et deux mois (Lincoln) et deux jours (Kennedy), et la cause du décès des enfants l’est aussi : fièvre typhoïde (Lincoln) et prématurité (Kennedy). Le nombre des enfants présidentiels et leurs sexes divergent aussi : quatre fils pour Lincoln et trois enfants (deux fils, une fille) pour Kennedy. Ajoutons la naissance d’un enfant durant son mandat pour le seul Kennedy. Enfin au contraire de Kennedy, Lincoln perdra un autre de ses enfants : Avant sa présidence, son fils Edward Baker, né le 10 mars 1846, décède le 1er février 1850.
  6. Tous les deux furent assassinés un vendredi. Lincoln fut assassiné un vendredi, mais mourut le lendemain, alors que Kennedy succombe le jour même de son assassinat.
  7. Tous les deux furent assassinés par derrière d’une balle dans la tête.
  8. Tous les deux furent assassinés en présence de leur épouse qui se tenait à côté d’eux.
  9. Les deux assassins venaient d’un État du sud.
  10. Les deux assassins furent abattus avant d’avoir été jugés.
  11. Les deux assassins, John Wilkes Booth et Lee Harvey Oswald, sont connus sous leurs patronymes complets. Ceux-ci contiennent le même nombre de lettres : quinze. Il s’agit ici d’une constatation a posteriori basée sur l’usage des historiens de désigner des personnages historiques par leurs noms complets. En fait, il est peu vraisemblable que Booth ait été connu comme « John Wilkes », et on sait que Oswald était appelé simplement « Lee ». Dans le même ordre d’idées, John Fitzgerald Kennedy n’a été connu sous ce nom qu’après son décès.
  12. On dit souvent que l’assassin de Lincoln (John Wilkes Booth) est né en 1839 et l’assassin de Kennedy (Lee Harvey Oswald) est né en 1939. Mais en réalité John Wilkes Booth est né le 18 mai 1838, et non en 1839.
  13. Booth tira sur Lincoln dans un théâtre puis se réfugia dans un entrepôt. Lee Harvey Oswald tira depuis un entrepôt puis se réfugia dans une salle de cinéma (theater en anglais). Outre l’approximation dans le mot « theatre », Booth ne s’est pas réfugié dans un entrepôt, mais fut tué alors qu’il se cachait dans une grange.
  14. Le théâtre où mourut Lincoln s’appelait le « Ford’s Theater ». La voiture dans laquelle Kennedy fut assassiné était une Lincoln. La Lincoln de Kennedy était fabriquée par Ford,
  15. Le secrétaire de Lincoln s’appelait Kennedy et celle de Kennedy s’appelait Lincoln. En fait, le secrétaire de Lincoln s’appelait John Nicolay. La secrétaire de Kennedy s’appelait Evelyn Lincoln, mais Lincoln est un nom très commun.
  16. Les successeurs de Lincoln et Kennedy s’appelaient Andrew Johnson et Lyndon Johnson. Ils étaient tous deux des démocrates du Sud.
  17. Andrew Johnson est né en 1808, Lyndon Baines Johnson est né en 1908.

Autres coïncidences

Des sources récentes, notamment avec l’apparition d’Internet, ont ajouté de nouvelles coïncidences à la liste. Certaines avérées, d’autres erronées, voire fantaisistes. Sur le web, Death.com, un site américain consacré au paranormal, propose jusqu’à 202 coïncidences.

  1. Stephen Douglas, concurrent de Lincoln et battu à l’élection présidentielle de 1860, était né en 1813 ; Richard Nixon, concurrent de Kennedy et battu à l’élection de 1960, était né en 1913.
  2. La semaine précédant son assassinat, Lincoln était à Monroe dans le Maryland, alors que la semaine précédant son assassinat, Kennedy était en compagnie de Marilyn Monroe. Cette coïncidence apparue récemment est facilement réfutée par les faits. Marilyn Monroe était morte depuis plus d’un an avant l’assassinat de Kennedy (elle décède le 5 août 1962), et il n’existe pas de ville nommée Monroe dans le Maryland.
  3. Robert et Edward sont les prénoms de deux des fils de Lincoln (Robert Todd Lincoln (1843–1926) et Edward Baker Lincoln (1846-1850)), et de deux des frères de Kennedy (Edward Kennedy et Robert Kennedy).

Réfutations

En 1992, le Skeptical Inquirer proposa à ses lecteurs un « challenge de coïncidences bizarres entre présidents ». Un des gagnants produisit seize coïncidences entre Kennedy et Álvaro Obregón, un ancien président mexicain. Un autre produisit des séries de coïncidences entre des paires de présidents américains.

Jonathan C. Smith auteur en 2009 de Pseudoscience and Extraordinary Claims of the Paranormal: A Critical Thinker montre le caractère aléatoire et non significatif de ces « synchrodestinées », et indique que l’on peut trouver autant de coïncidences entre les deux autres présidents assassinés, William McKinley et James Abram Garfield. Entre autres exemples, Garfield et McKinley étaient républicains, tous deux sont nés dans l’Ohio, et tous les deux furent assassinés en septembre en début de mandat.

A vous de jouer maintenant en cherchant des signes autour de vous.

Qu’est-ce-que la clé de voûte en Franc-maçonnerie ?

De notre confrère italien expartibus.it – Par Rosmunda Cristiano

Me retrouver assis sur le banc d’un temple maçonnique était pour moi comme être un vrai paradis. Tout m’intriguait et je voulais tout savoir. Je me sentais comme une petite fille au Luna Park. Petit à petit les réponses sont arrivées. Tout.

Et c’est arrivé même maintenant, alors que je me creusais la tête en ces journées chaudes, à la recherche d’une pensée à partager avec vous tous. Je me suis retrouvé métaphoriquement assis sur ce banc.

Dans le silence et la paix du Temple, à l’intérieur comme à l’extérieur, je me suis interrogé sur l’importance du concept de Fraternité parmi nous Francs-Maçons. Comment cela représente la véritable « clé de voûte ».

Nous Francs-Maçons, juste après avoir franchi pour la première fois le seuil du Temple, nous apprenons à nous appeler Frères, nous tous. Au-delà du rang que l’on a et de la place qu’il occupe, même dans le monde profane.

On pense souvent que ce terme est utilisé dans un sens traduit. On pense qu’au fond, ce n’est rien de plus que de l’amitié. Si l’amitié comme la fraternité offrent toutes deux au célibataire la possibilité de dépasser les limites de son individualité et de s’ouvrir aux autres, dans une relation qui apparaît fondamentale pour la vie, la première reste une idée incommensurable par rapport à la seconde. Les deux concepts ne se chevauchent pas et divergent sur certains aspects fondamentaux.

L’amitié est l’une des relations les plus immédiates et les plus spontanées que l’on puisse vivre dans la vie. Au contraire, la Fraternité est une décision réfléchie, un choix responsable, qui implique des devoirs précis. L’amitié peut durer toute une vie, mais elle peut aussi être courte et éphémère. La vraie fraternité est éternelle.

Il est important de réaliser que le Maçon a l’obligation morale de courir au secours d’un autre Frère, de le protéger, de l’aider, de l’assister en cas de difficulté et de souffrance.

A la lumière de cet esprit, il est entendu que la Fraternité est véritablement « la clé de voûte de la Franc-Maçonnerie ».

Il renvoie à la volonté de travailler en harmonie dans un même but : la construction du Temple de l’Humanité au-delà des différences de race, de culture, de niveau social, de religion. C’est la domination de la raison sur les passions et nous rappelle que, malgré nos différences d’âge, nous sommes tous égaux face à l’éternité.

Il symbolise aussi la justice, qui nivelle les différences et nous fait nous sentir égaux face au mystère infini de la vie et de la mort. Il sert à distinguer le vrai du faux, le réel de l’apparent. C’est aussi une sentinelle indispensable qui nous rend attentifs au mal-être et nous fait apprécier le bien-être, ce qui nous fait méfier de cette gourmandise qui ne satisfait pas.

Elle se présente comme un rempart contre l’ignorance humaine, fille de la matérialité, qui érige des barrières et des différences illusoires entre les créatures.

Si dans la loge ou dans la vie profane nous ne nous comportons pas en Frères c’est que la pierre est encore trop brute dans notre âme.

La clé de voûte est au contraire le pivot de notre Institution : structures d’arcs et de voûtes, frères, qui pour cette suspension à première vue inexplicable est soutenue par un seul élément : la Fraternité.

J’aime nous considérer, Frères, comme autant de « coins ». L’arc à cales n’a pas besoin d’être soutenu par du mortier, car il tient parfaitement même à sec, grâce aux poussées contrastées qui s’annulent entre la cale et la cale.

Contrairement aux briques d’une maison qui ont besoin d’une colle pour s’assembler, la clé de voûte tient le tout par une « simple » redistribution du poids de la partie suspendue sur toute la structure, défiant la force de gravité. Tout comme cela se passe à l’intérieur d’une loge, un groupe de frères qui se réunissent pour construire des temples à la vertu, des frères de but.

La nôtre est une « fédération » composée d’hommes différents les uns des autres, mais qui aspirent à l’ensemble.

L’harmonie se produit lorsque toutes les parties sont conscientes et « conversent » avec les autres sous la pression de son centre organisateur, la Fraternité. Une sorte de clé de voûte, qui répartit le poids des différentes parties, faisant en sorte que non seulement la totalité de la personne soit debout, mais qu’elle puisse constituer des ouvertures permettant d’entrer en relation avec d’autres Frères et Sœurs et donc avec le monde entier.

Dhammananda – La nonne combative

En Thaïlande, Dhammananda est la seule femme à pouvoir se draper du civara, la robe de soie safran portée par les bonzes. Première femme bouddhiste ordonnée en Thaïlande, cette tout-juste sexagénaire tente d’instaurer un ordre monastique féminin dans son pays et d’y promouvoir l’égalité spirituelle des sexes.

En guise de salut, Dhammananda esquisse un signe bienveillant des yeux, qui adoucit fugitivement son regard pénétrant. La nudité de sa tête, intégralement rasée, dégage l’élégant ovale de son visage. En Thaïlande, elle est la seule femme à pouvoir se draper du civara, la robe de soie safran traditionnellement portée par les membres de la communauté monastique. Un privilège que lui vaut son ordination récente en tant que bikkhunni (nonne) selon la tradition theravada, l’école de pensée issue du boud­dhisme primitif.

Il y a plus de huit siècles, les bikkhunis disparaissaient d’Asie du Sud-Est. Privées d’ordre monastique consacré, les femmes thaïlandaises improvisent, aux alentours du XIIIème siecle, une congrégation religieuse de substitution : les Mae Chiis. Ces nonnes, au statut ambigu car non défini par le Bouddha, ni tout à fait laïques ni entièrement religieuses, sont, de fait, exclues de la communauté monastique. « Les femmes deviennent des Mae Chiis parce qu’elles n’ont pas le choix. Celles qui vivent à proximité des moines sont considérées comme des domestiques chargées des tâches ménagères . »

À la lumière des paroles proférées par le Bouddha, Dhammananda se fait l’apôtre de l’égalité spirituelle des sexes. Elle dénonce la perversion d’un système qui légitime l’infériorité des femmes sur le plan religieux. La dérive misogyne du bouddhisme, elle l’a étudiée pendant plus de trente ans avant d’investir totalement sa personne, à l’âge de 54 ans.

Accomplissement individuel de son chemin spirituel, son ordination est aussi le point de départ d’un ambitieux projet pour son pays : l’établissement d’une sangha (communauté) de bikkhunnis theravada en Thaïlande.

Accusée d’imposture

L’annonce de son ordination en 2001 sème la pagaille dans les rangs monastiques. Au cœur de la tourmente, Dhammananda se heurte à la réticence quasi unanime des vénérables bouddhistes. Accusée d’imposture, elle reçoit des lettres menaçantes et fait l’objet d’une enquête gouvernementale. « Quand j’ai été ordonnée, on m’a reproché de semer le trouble. Si mes censeurs sont confus, c’est parce que les moines de notre pays ont subi un lavage de cerveau depuis le début. Ils ont une compréhension faussée de l’ordination des femmes. »

La religieuse n’est pas du genre à mâcher ses mots, attitude d’autant plus surprenante que la discrétion et la retenue sont des qualités appréciées ici. Dans sa ligne de mire, le discours fataliste des autorités monastiques, selon lequel il est impossible de procéder à une ordination sans les descendants directs de la lignée originelle: toute rupture du líen de filiation (maître-disciple) qui permet la transmission de l’enseignement et le renouvellement de la communauté est considérée comme définitive.

« La polémique concerne les conditions de mon ordination. D’après les règles de la vie monastique, l’ordination d’une femme nécessite la présence de cinq bikkhunnis et cinq bikkhus. Comme il n’existait pas de bikkhunni en Thaïlande, je suis allée au Sri Lanka. »

Dans ce pays, de tradition theravada, comme en Thaïlande, la résurrection de l’ordre des bikkhunnis est une réalité depuis 1996.

Présidente et cofondatrice de l’organisation internationale Sakyadhita (Filles de Bouddha) en 1993, Dhammananda est aux premières loges pour y suivre l’évolution du mouvement bouddhiste féminin. Basée au Sri Lanka, l’association promeut le statut de bikkhuni et favorise l’accès à l’éducation des nonnes asiatiques. Trois ans plus tard, c’est sur le sol sri lankais qu’ont lieu les premières ordinations de bikkhunis theravada.

L’accomplissement spirituel de Dhammananda est le fruit d’une longue maturation entamée dès l’enfance. « Pour expliquer cette décision, je dois parler de ma mère. Quand elle est devenue Mae Chii en 1956, j’étais âgée de 10 ans, la pleine ordination des femmes n’existait pas en Thaïlande. Au lieu de quitter la maison, comme c’est le cas traditionnellement, elle a transformé notre maison en temple. »

Enfant, la « fille du temple» reçoit une éducation bouddhiste poussée. Plus tard, brillante universitaire, elIe approfondit ses connaissances théologiques et rédige sa thèse sur un sujet qui lui tient à coeur: le statut des nonnes bouddhistes. « J’ai découvert à ce moment-là qu’il était possible pour ma mère de se faire ordonner à Taiwan, selon la tradition mahayana (2). Je l’ai accompagnée dans sa démarche. »

Dharnmananda est loin de se douter que son engagement en faveur des femmes bouddhistes et le service rendu à sa mère guideront ses pas jusqu’à sa propre ordination.

Quand Chatsumarn Kabilsingh, de son nom laïque, décide de prêter serment, c’est une femme accomplie, mère de trois enfants, et à l’apogée de sa carrière. Professeur de philosophie bouddhiste depuis vingt ans, responsable des études indiennes au gouvernement, elle affiche le profil type de la femme publique hyperactive qui multiplie les casquettes et assiste à nombre de conférences internationales.

Socialement engagée

Comme un juste retour des choses, c’est dans le temple de sa mère, le Wat Kalyani, que Dhammananda s’installe, un havre de paix propice à la méditation. Dans le petit village de Nakhon Pathom, à une cinquantaine de kilomètres du tumulte de Bangkok, la nouvelle prêtresse s’impose facilement auprès des habitants comme l’égale des moines.

Plusieurs fois par semaine, elIe parcourt les rues pieds nus, accompagnée de ses trois novices, pour l’aumône: les offrandes servent de repas pendant deux ou trois jours. Au coin des maisons, devant l’entrée des jardins ou en pleine rue, les fidèles attendent son passage aux premières lueurs du jour, munis de petits sachets de riz, légumes ou douceurs sucrées.

Deux fois par jour, la petite congrégation se réunit autour d’une statue de Bouddha pour prier. Pour vivre en bikkhuni digne de ce nom, Dharnmananda respecte les 311 préceptes édictés par le Bouddha, comme celui de ne pas manger après 12 heures. Les contraintes de la vie monastique ne calment pas pour autant ses ardeurs et la sérénité qu’elIe affiche, a plutôt l’air d’une façade de convenance. Ordinateur portable, téléphone, piles de dossiers, le bureau où elle reçoit n’est pas celui qu’on imaginerait comme, étant celui d’une nonne.

« La majorité des gens pense qu’une bonne nonne doit vivre à l’écart du monde. Etre bikkhuni ne signifie pas se replier sur soi-même. Je crois que j’ai davantage de travail aujourd’hui que dans ma vie laïque. »

Cette « bouddhiste engagée », comme elle se qualifie elle-même, a tôt fait d’endosser le rôle de guide spirituel. Régulièrement, elle reçoit des anonymes qui restent plusieurs nuits au temple : « C’est mon devoir d’aider les gens et de les recevoir. S’ils viennent avec une souffance, je dois pratiquer la compassion et les écouter. »

Le Wat Kalyani est un lieu de passage : des femmes en retraite, étrangères curieuses, étudiants américains, journalistes qui la consultent a tout propos : « L’autre jour, la radio voulait avoir mon avis sur les femmes battues par leurs maris ivrognes. » Rien d’étonnant puisque la religieuse fait aussi entendre sa voix sur la place des femmes dans la société thaïlandaise.

Elle sait la portée sociale d’une communauté de bikkhuni, son impact positif sur l’image, parfois dégradée, des Thaïlandaises : « Il n’existait pas de femme en Thaïlande, susceptible de représenter un modèle sur le plan spirituel » Issues pour la plupart de milieux défavorisés et peu éduquées, les quelque 10000 Mae Chiis du pays ne sont pas en mesure de prétendre à ce rôle.

« C’est parce que les femmes ne peuvent pas être ordonnées, et qu’elles ont une image négative d’elles-mêmes, qu’elles sont reléguées à l’autre bout du spectre [la prostitution].

Pourquoi la porte se fermerait-elle aux femmes ordonnées, alors que celle qui mène à la prostitution est largement ouverte ? »

Elle consacre l’essentiel de son temps à favoriser l’accès des femmes à la spiritualité. À commencer par l’enseignernent du bouddhisme, jusqu’ici réservé aux hommes.

Régulièrement, le Wat Kalyani anime des formations théoriques. « Ce temple est le seul endroit qui offre la possibilité aux femmes de pratiquer et de recevoir une éducation spirituelle. » Obstinée, malgré la défiance du « haut clergé », la nonne ne doute pas un instant que son acharnement portera ses fruits. « J’ai confiance dans la société. Le changement arrivera. Je ne peux pas dire quand, mais ça viendra. » Sa patience est déjà récompensée : l’une de ses novices vient de se voir ordonnée.

Article venant du site Bouddhisme au féminin de CIaire Sauvaire – le Monde des Religions Mai 2006 –

Même si cet article date un peu, l’avancement des nonnes Thaïlandaises est vraiment en cours, elles sont un bel exemple pour toutes les nonnes des autres traditions bouddhistes .Ida Radogowski

Ida a créé avec d’autres personnes LA LETTRE DES DEUX VOIES pour favoriser des échanges et des liens entre Francs-Maçon (nes) qui sont déjà dans une démarche bouddhiste ou qui souhaite connaître un peu mieux le bouddhisme.La lettre est trimestrielle et gratuite, on peut s’y inscrire en précisant son Ob., sa L. et la Ville de résidence à ce mail : lesdeuxvoies@orange.fr

De la langue au langage (Suite 2/3)

Il est intéressant de rappeler ici le constituant même de cette parole, à savoir le langage. Avec précisément le silence pour virgules du discours, et en quelque sorte, l’ombre du mot. Selon nos acquis, nous disposons en mémoire dans notre bibliothèque mentale d’un stock de mots, enrichi tout au long de notre vie. Au gré des situations, notre pensée organise ces mots en idées, puis en phrases qui deviennent paroles articulées. Il est scientifiquement connu aujourd’hui qu’un stock individuel de moins de 100 mots produit un intellect pauvre et nuit aux échanges – c’est le cas de nombreux délinquants – mais qu’à partir de 400 mots, l’esprit est « élargi » par la connaissance, et la communication favorisée. Le déviant qui parvient par l’éducation à acquérir ce capital, retrouve souvent le droit chemin. La parole a ainsi ses règles de fonctionnement, et partant, le silence avec.

Ce que je pense, ce que je dis, ce que je crois avoir dit, ce que j’ai dit réellement, ce que l’autre croit avoir compris, ce que l’autre a compris réellement, ce qu’il retient, ainsi en va-t-il du processus de la « communication » pour désigner nos échanges verbaux et gestuels. En fait de « mise en commun » au vrai sens du terme, ils se résument très souvent à un croisement de monologues. En raison même de l’imprécision des mots qui sont des symboles à emplois multiples, il faut donc faire un effort constant pour nous comprendre, pour nous rejoindre, pour vraiment créer le contact, la symbiose (du grec symbiosis, vivre ensemble). C’est-à-dire pour instaurer entre nous l’authentique dialogue. On retrouve ici la métaphore du « sumbolon » grec, traduit par le mot « symbole » en français, et que nous connaissons bien en maçonnerie. A savoir qu’il désigne les deux morceaux d’un même objet, cassé en deux, constituant chacun un signe de reconnaissance. Tant qu’ils restent séparés, ils constituent des demi-informations, des demi-vérités, en quelque sorte. Les deux parties, rapprochées par leurs possesseurs et s’épousant parfaitement, signifient pour eux la vraie rencontre, la parole juste. L’unité retrouvée.

Le langage moderne, sans cesse enrichi de néologismes et de termes techniques, n’arrange rien : nous sommes toujours – un peu plus même qu’auparavant – dans une sorte de « malcommunication ». Parce que chacun de nous, selon son histoire, ses croyances et opinions, sa vision du monde, même s’il est capable de prononcer et d’entendre les 36 phonèmes de la langue française (16 voyelles et 20 consonnes) ne donne pas forcément un sens similaire aux articulations sonores construites avec. Les mots sont des outils qui n’ont pas les mêmes emplois, les mêmes intentions, selon les utilisateurs ! Partant, ces mots peuvent être émis comme des caresses et reçus tels des projectiles !

Il n’est pas certain d’ailleurs que les nouvelles technologies informatiques, à type d’ordinateurs, smartphones et autres tablettes numériques, soient inoffensifs, non seulement sur le plan physique, mais également, psychique. Ces transporteurs et récepteurs silencieux de mots, que nous utilisons au quotidien, nous isolent par définition, bien davantage qu’ils nous rassemblent. L’homo sapiens, animal social, prendrait ainsi le risque de développer à leur usage, de sérieuses carences relationnelles, dont les anthropologues commencent à observer les effets. Ces appareils, nous disent-ils, sont à même de nous enfermer dans le silence, précisément, de notre intériorité. En nous transformant en maîtres d’un monde, maintenant disponible au creux de notre main, en supprimant même la distance et le temps, ils supprimeraient aussi notre besoin des autres. Il est vrai que le mot « écran » désigne bien littéralement une fonction de séparation. Mais espérons que nos sondeurs d’âme se trompent ! Bien que le fait soit indéniable parce qu’observable dans la cité : on communique de plus en plus, mais on se parle de moins en moins !

Aujourd’hui, portés par les ondes, les langages muets des écrits virtuels, à type de textos et de mails, sillonnent la planète en tous sens. Ajoutée à une surabondance de termes techniques et d’anglicismes à constamment mettre à jour, cette nouvelle et riche grammaire tend à provoquer dans nos cerveaux, un phénomène de trop-plein ! Nous pouvons alors aisément imaginer les difficultés de nos aïeux des siècles passés qui ne disposaient eux – notamment les gens de condition sociale modeste – que d’un vocabulaire des plus restreints. Les ouvriers bâtisseurs de cathédrales faisaient partie de ces humbles qui n’échangeaient encore qu’avec les mots « domestiques » et ceux du bâtiment. Pratiquement, seuls les ecclésiastiques, maîtres d’œuvre et gens de fonction publique, savaient lire. Et ceux-ci n’avaient à leur disposition que des rouleaux de parchemin porteurs des actes civils et judiciaires, écrits à la plume d’oie, trempée dans l’encre de suie. Le découpage en blocs de feuillet était exceptionnel. Il faudra attendre l’invention de l’imprimerie au XVème siècle, pour que le livre répandu en Europe, écriture et lecture, permettent un « élargissement » de la pensée, donc de la parole.

On peut ainsi comprendre que, dans toutes les corporations, prenaient d’office la parole – et donc le pouvoir – ceux qui possédaient la richesse de la langue de l’époque. Les autres étaient par obligation réduits au silence et constituaient le rang des « taiseux ». A n’en pas douter, les premiers symboles à type d’outils de chantier ou de gravures enluminées par les moines des monastères – devant lesquels apprentis et compagnons maçons étaient invités à réfléchir et méditer, sans parler – furent à la fois pour eux, un étonnement et une aubaine. Si le mot et le symbole précités, très bons outils mais imparfaits, ne sont donc pas le miroir fidèle de la réalité, le silence, en tant « qu’inducteur de la pensée », a pu venir à leur secours ! Un silence de qualité, par sa profondeur même, s’avère souvent plus expressif qu’un flot de paroles creuses ou verbeuses, qui sont finalement vaines ! Après les inconvénients du silence, nous en percevons donc ici les premiers avantages, en termes de construction et de développement de la personnalité. C’est l’objet même de cette planche.

Le silence spéculatif

Ainsi, à partir de ce silence imposé aux opératifs, la maçonnerie spéculative en a découvert les vertus pédagogiques ! A tel point qu’il revêt aujourd’hui une grande importance dans l’application de notre méthode. Il a donné lieu, nous le savons, à ce principe interne : « la loi du silence », scrupuleusement respectée par tout bon maçon. Elle s’applique dès l’enclenchement du processus de recrutement. Cette imposition de la non-parole commence pour le candidat, lors de l’attente plus ou moins longue avant le passage sous le bandeau. Elle se poursuit dans le cabinet de réflexion. Elle se prolonge sur le banc des apprentis pendant tout le temps de la « probation ». Ceux-ci découvrent l’usage réflexif du silence, en tant qu’outil intellectuel.

Bien entendu, dans notre vécu de l’Art Royal, l’observation du silence ne concerne pas que les novices. Elle est non seulement une discipline fructueuse parce qu’éducative mais elle représente aussi une garantie pour tous les frères et les sœurs d’une loge. Lorsque le Vénérable Maître nous demande, par serment collectif, de respecter à l’extérieur ladite Loi du silence, cela signifie que ni les travaux ni les identités, ni les discours des présents ne devront être révélés dans le monde profane. Apprendre à se taire est but. Cette coutume ne relève bien entendu en aucune façon d’une forme d’omerta, à l’instar de la loi de silence mafieuse. Il s’agit de nous astreindre en permanence à la discrétion, donc de « retenir nos paroles », justement parce que les mots qui les composent, dès qu’ils sont prononcés, peuvent devenir de dangereux instruments de hasard, insuffisamment descriptifs ou trop, donc non fiables. Alors que, conservées en mémoire, elles peuvent constituer des pierres utiles à l’édification permanente de notre temple intérieur !

Partant, la précision sans cesse nécessaire dans toute prise de parole, m’invite ici à différencier « silence » et « secret maçonnique ». Le silence que j’appellerai « pédagogique » permet au maçon, quel que soit son degré, d’observer, d’appréhender, d’analyser, en un mot saisir le sens du matériel symbolique donné à voir, à penser et à vivre. Parce que pour apprendre, il faut d’abord comprendre. Nous le savons, l’ignorance est dangereuse. En sortir par l’information, le savoir et la connaissance, élargit le raisonnement. Alors faire en plus silence en soi tend à égaliser l’humeur, à réduire voire supprimer la pression générée par la cité. Tout temps donné à l’écoute de notre voix intérieure fait simultanément place à la réflexion qui éloigne des réactions passionnelles et procurent l’apaisement. Par ailleurs, le silence attentif à la parole circulante en loge ne signifie pas « évasion » : il est au contraire « présence » et attention, offertes à soi, à l’autre, aux autres.

La notion de secret en maçonnerie est due quant à elle, au caractère même de cette fraternité : son choix, depuis l’origine, de réunions dans des lieux protégés, en a fait un objet de suspicion pour le bon peuple. Alors que, notons-le, en Angleterre, les tenues ont lieu dans des locaux avec portes et fenêtres sur la rue. Il faut dire qu’en France, l’opposition de l’Eglise pendant des décennies, sa dénonciation de la franc-maçonnerie comme « société secrète aux activités diaboliques » et les bulles papales d’excommunication ont renforcé encore l’idée d’activités mystérieuses. Un dernier mauvais coup, porté par le Gouvernement de Vichy, et qui a failli lui être fatal, fut son interdiction d’exercice et la persécution de ses membres pour complot imaginaire ! Aujourd’hui encore, un parfum aux relents d’énigme flotte sur les loges, pourtant pour la plupart, comme la nôtre, déclarée en Préfecture !

Mais le seul véritable secret, s’il en est un, est bien entendu constitué par le vécu individuel du processus initiatique, de l’ordre de l’intime. Et par définition incommunicable. En effet, comment mettre en mots, cette suite d’émotions, de sensations, de vibrations, sans les dénaturer ? Puisque, nous le savons, le mot n’est pas la chose ! Ici, par définition, le silence s’ajoute au secret !

Suite.. Le silence analytique (Suite et fin 3/3)
https://450.fm/2022/08/06/le-silence-analytique-suite-et-fin-3-3/

Retrouvez le premier volet : « Le silence constructeur » (premier volet 1/3)
https://450.fm/2022/08/04/le-silence-constructeur-premier-volet-1-3/

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Conspirations ? – Les signes cachés du pouvoir

De notre confrère La Chaine Parlementaire

Francs-maçons, illuminati, certains voient des symboles cachés un peu partout. Simples coïncidences ou indices suspects ? Les réseaux sociaux regorgent de discours complotistes guidés par leur intuition ou leur obsession, qui cherchent à repérer des relations et donc un sens caché à des éléments épars. C’est ce qu’on appelle l’apophénie.

Trois minutes pour comprendre, déconstruire et décrypter les théories du complot. Du grand remplacement au mouvement Qanon en passant par les chemtrails. Des questions posées par des jeunes, habitués des réseaux sociaux. Et les réponses de deux journalistes spécialistes du décryptage des fake news et des théories complotistes : Thomas Huchon et Rudy Reichstadt.

Vous pouvez continuer votre exploration, en cliquant sur l’image ci-dessous et voir ainsi les nombreux décodages sur de prétendues conspirations qui nous entourent…

10 épisodes sur l’émission Conspirations suir la Chaine LCP (cliquez sur la photo)

Qu’est-ce qu’une conspiration ?

Une conspiration est soit une entente secrète entre plusieurs personnes en vue de renverser le pouvoir établi, soit une organisation en vue d’attenter à la vie ou à la sûreté d’une autorité. Le terme « conspiration » et ses quasi-synonymes, notamment « complot » et « conjuration », ont fait l’objet de distinctions sémantiques par plusieurs spécialistes de la langue.

Les objectifs d’une conspiration sont variés, ainsi que ses moyens. Le faux témoignage et la rumeur, l’enlèvement, l’attentat, l’assassinat et le coup d’État sont parmi les méthodes les plus visibles et les plus utilisées des conspirations connues. Si un coup d’État nécessite généralement le secret des putschistes, tous les assassinats et tous les attentats ne s’inscrivent pas dans le cadre d’une telle union secrète, et certains peuvent même être ouvertement tramés.

Gravure du xviie siècle représentant les artisans de la conspiration des Poudres.

François Guizot remarque que « les définitions de cabale, complot, conspiration et conjuration, bien que synonymes, marquent chacune de ces choses d’une empreinte si particulière qu’au lieu de les distinguer par des lignes de séparation, elles coupent, tranchent par des traits aussi forts que multipliés, leur ressemblance ».

Le rapport existant entre ces quatre termes avait déjà été remarqué par Roubaud au xvie siècle. Ils signifient, une union entre particuliers, sujets ou citoyens, pour nuire, pour renverser, pour frapper un coup. Mais ils supposent des vues, des motifs et des effets bien plus graves : ils marquent des projets cachés et sinistres, qui ont d’ordinaire un dénouement tragique, qui ne vont pas à moins qu’à se défaire d’une personne odieuse, en l’immolant, s’il le fait; et ils annoncent dans ceux qui forment ces desseins coupables, des sentiments de vengeance, de haine profonde ou de patriotisme exalté. Par la cabale un homme est harcelé ou décrié, ou tout au plus chassé de son poste; mais il tombe victime d’un complot, d’une conspiration ou d’une conjuration. Ces derniers mots expriment des attentats à commettre : aussi dit-on tremper dans un complot, dans une conspiration et dans une conjuration, comme on dit tremper dans un crime.

Rechercher les points flous du rituel pour les améliorer

Éloge du flou[1]

     Le rituel ? Pour beaucoup d’entre nous, il n’est pas question d’y toucher. Nous avons un rite, et nous nous y tenons. Seule l’obédience, dans des commissions du rituel, peut se permettre de faire des modifications. Qui ne souscrirait à la mise en garde de Daniel Beresniak ? Voici ce qu’il affirme : « Un rituel trop compliqué ou trop simplifié ou trafiqué de manière à « injecter », à dose plus ou moins forte, une idéologie sectaire, religieuse ou politique, fera autant de mal qu’il peut faire de bien. Le remède peut devenir poison ».

Il n’y va pas de main morte quand il ajoute :

« Créer ou réviser un rituel est aussi dangereux qu’approcher une torche d’un baril de poudre ».

Voilà de quoi refroidir celles et ceux qui estiment qu’une virgule en plus, en moins, ne prête pas à conséquence. C’est ainsi que plusieurs d’entre nous sont plutôt sourcilleux et refusent le moindre vagabondage : « Comme cela, il n’y a pas de surprise, on sait où on va. C’est conforme au rite, dans l’obédience. D’ailleurs, c’est un héritage du passé et nos Anciens savaient ce qu’ils faisaient ». On préfère alors, oublier pour un temps, les adaptations mineures que la Loge a faites avec le temps. Comme toutes les Loges, d’ailleurs.

     J’entends bien ! Néanmoins, je prétends que les temps sont venus de réévaluer tout doucement nos usages rituels. Parfois, j’ai envie de répliquer à ceux, à celles qui se disent « rigoureux », que cette rigueur est le paravent d’une résistance au changement. Au fond, je les crois plutôt un tantinet « rigoristes ». Il est vrai, commenterait un psychanalyste, que le rituel est un symptôme d’une structure, dite obsessionnelle. Pas une maladie, c’est « normal »[2]! Mais cela entraîne la crainte de ce qui est nouveau, le recul devant l’aventure, même si elle est modeste.

     Nos mœurs  changent vite ces temps-ci, et les Frères et Sœurs qui commencent à nous succéder, n’auront plus les mêmes demandes vis-à-vis d’une Voie, que je résume en quatre mots : Une spiritualité pour agir. Entre autres nouveautés, on peut prédire sans trop de risques, qu’ils(elles) seront plus exigeant(e)s sur la qualité du rituel, son contenu et sa transmission. Un chantier que je trouve exaltant s’ouvre à nous. Et la rigidité devrait souvent se convertir dans le flou. Car c’est dans les espaces interstitiels ouverts, que notre avenir d’initiés(es) peut se glisser.

     « Mais quoi, dit un Frère qui refuse le flou, notre rituel n’a pas à être changé. Il est universel ! » Oui, il a, en partie, raison. Le cabinet de réflexion, les voyages et les épreuves, le serment, le meurtre d’Hiram et la palingénésie. Voici des symboles et des mythes, bien ancrés dans notre psychisme. D’aucuns parleraient d’anabase et de catabase [3]; d’autres, d’inconscient collectif. Mais, ce Frère pourrait bien avoir tort aussi. Voici pourquoi.

     Le rituel, c’est comme un oignon, il est entouré de plusieurs pelures. Le cœur, c’est la structure, celle de tous les rites de passage, des mystères d’Eleusis aux Aborigènes d’Australie. Après on épluche la culture. Pour nous, cela correspond à une culture maçonnique en général : le gabarit[4], et à sa déclinaison en particulier, dans différents rites. Déjà là, nous nous approchons de la surface. Nous y trouvons la lecture, qu’en fait telle obédience et chaque loge. En quelques mots, je résume ce propos liminaire. La structure est inamovible, la culture est discutable, et la lecture se révèle modifiable. Exemple tiré de l’initiation. Ingérer quelque chose fait partie du patrimoine  humain dans de telles cérémonies. Pas touche ! Ingérer une boisson plutôt qu’un aliment, mérite réflexion. Quant à choisir de l’aloès, du Fernet Branca ou  une autre boisson amère, c’est au choix. Sous certaines conditions, nous allons le voir. Nous sommes alors dans la zone du flou, c’est à dire de l’interprétation, de la forme et non du fond.

     Par expérience, je recommande le flou dans trois situations de tenue de Loge. Qui dit flou dit liberté du choix, marge de manœuvre qui appelle une décision. Regardons, dans chaque cas, la souplesse possible et la manière dont s’exerce cette liberté :

Première situation –

Je me rappelle un très ancien de ma Loge qui, un soir que le cas se présentait, posa bien les termes du changement : « Ajouter, oui . Modifier, parfois. Retrancher, jamais ! ». Je le suis bien, car il y aurait tout à craindre qu’on ne tombe, avec une suppression, sur un élément de culture profonde, voire de structure. Et alors, notre message purement humain, perdrait de sa vigueur. Je crois que les Anciens de nos Loges sont assez expérimentés pour décider, ensemble, de modifications de rituel, voire tous les Maîtres. Ainsi, l’appropriation par des cherchants sera meilleure. Si elle s’ouvre par la question : « Qu’est-ce qui est modifiable, ajoutable, et qu’est-ce qui est intangible ? ».

     Voici un exemple réel. Il s’agissait de préciser comment la scène du cadavre pouvait être montée, lors de l’initiation, comme cela se fait de plus en plus. Qui se couche ? Un Apprenti ? Un Maître ? Dans quelle position ? À plat ou les jambes sur les marches ? Fait-on l’obscurité ou la pénombre suffirait-elle ? La question fut étudiée en Chambre du Milieu. Et les décisions furent prises à l’unanimité. En faisant le point après deux essais. Et aujourd’hui, nous avons adopté la nouvelle manière. Avec plaisir. S’il n’y avait pas eu de flottement dans notre pratique, nous ne serions pas partis dans la découverte des sens croisés.

     Le pire, dans la réduction du flou, est de décider sans approfondir vraiment, les motifs du choix. J’ai connu des loges qui faisaient comme ceci, comme cela, mais ne savaient plus pourquoi. Face à la pétrification du sens, et à la soumission aveugle aux usages, la souplesse dans le rituel apporte la santé de l’esprit. Rien ne peut faire plus pleurer, qu’un Grand Expert qui ne connaît pas le sens profond de ce qu’il est amené à faire. Et qui remplit son office comme une mécanique.

     Le flou dans certaines lectures du rituel est porteur de promesses et d’opportunités de marcher ensemble sur les chemins mystérieux de l’initiation.

Deuxième situation –

Le thème de la tenue de ce soir-là est clair : « De midi à minuit dans la quête maçonnique ». Les interventions vont bon train. Peu à peu, le Vénérable sent que l’on dérive, que les idées partent de côté. Sur les colonnes, l’enthousiasme ne cache pas le vertige du « hors sujet ». Et ce n’est pas la première fois. C’est une fâcheuse ( ?) habitude de la Loge Les Amis réunis. Aussi, le Vénérable s’apprête à reprendre la parole sur le thème du « revenons à nos moutons »… « Halte là, mon Frère Vénérable ! Laisse ton maillet tranquille ! Ils sont hors sujet ? Je vais te dire ce que je pense à ce propos, sur les parvis ».

     Paradoxalement, c’est dans les dérives que l’on est dans le sujet, et il est utile qu’il y ait assez de flou pour que chacun(e) intervienne sur ce que bon lui semble. Pour quelques motifs. D’abord en tenue, nous ne sommes pas dans un examen de passage et nous devons nous méfier de nos conditionnements, ainsi que nous le rappelle le deuxième voyage et les éclats de la pierre, que nous faisons voler. Ne nous laissons pas enfermer sur la ligne de départ. Ensuite le flou de pensée qui s’installe, apparemment opiniâtrement, dans le cas cité, est tout bénéfice pour la liberté d’expression des Frères, des Sœurs. Ce sentiment n’est-il pas plus important que le cantonnement dans des bornes ? D’ailleurs personne ne nous attend à la sortie pour vérifier une qualité, définie comme un resserrement des apports autour du thème. En outre, ce flou laisse aller le groupe-loge là où il le ressent, collectivement et inconsciemment. Pour bâtir son histoire, pour vivre un mythe, pour imaginer et rêver. Bref le flou permet à l’égrégore, l’esprit de Loge, de s’incarner le temps de la tenue. Et de se consolider, les tenues se succédant, dans la même recherche invisible, mais qui met la joie dans les cœurs. Enfin les dérives, si souhaitables, remplissent un rôle essentiel, l’évitement des dialogues à proscrire.

     Car les interventions se promènent de-ci, de-là, sans souci de cohérence et demande de réponse. Oui, chacun(e) apporte sa pierre. Ajoutons que le flou, dans la logique, laisse les uns et les autres dans l’expectative : il n’y a pas de raisonnement implacable, mais des apports qui sont autant de messages[5]« à sauts et à gambades » comme l’écrit Montaigne.

Troisième situation –

Le troisième et dernier flou m’apparaît comme le plus fécond dans la quête de soi-même. Indispensable dans notre si belle voie ; elle qui nous fait monter en esprit. C’est l’anabase. Elle qui nous incite à descendre dans le monde profane et c’est la catabase[6]. C’est celui de l’imprécision des symboles dès lors que la Sœur, le Frère se laisse aller et divague. Je m’inscris résolument dans l’idée qui veut, qu’à partir d’un arcane : rite, mythe, symbole, on peut dire n’importe quoi. Je sais, je peux choquer car là, encore une fois, je défouraille et menace le conditionnement scolaire, si cher au cœur des compatriotes. Oui car, quand on se laisse aller, on ne dit jamais n’importe quoi. Le détail importun est dévoilement de l’identité de l’intervenant. Quel meilleur terreau de la fraternité pouvons-nous trouver ? Cette fraternité mêlée de « frérocité [7]». Car, en cas de mauvaise foi et/ou de résistance, les mauvais Compagnons restent embusqués. Car, si je te connais mieux, mon Frère, ma Sœur, je te comprends mieux, et je t’aime mieux. L’équerre, disent les dictionnaires ad hoc, c’est la droiture. Mais si je trouve que l’équerre m’attendrit, et que le creux qu’elle forme avec les deux branches, loin de m’inspirer de la raideur, m’invite à me blottir, c’est mon histoire. L’affect, telle sensation, telle émotion, tel sentiment, n’est-ce pas ce qui me caractérise, et que je dis en pleine confiance et en toute transparence ? Peut-on trouver une expression plus personnelle, sans logique glacée, sans collage de savoirs ?

     Et c’est dans ce double travail de recherche de mon identité, et de son partage en Loge que le flou est roi. C’est toujours facile de collecter des faits glacés et glanés chez les historiens et dans les dictionnaires de symboles ; un peu moins, si le projet est de démontrer une idée avec ses opinions ; mais l’exercice devient difficile quand il faut repérer et délivrer ses émotions. Parce que, une fois encore, le conditionnement ne joue pas en notre faveur. Bien élevés(es), nous avons appris que l’on ne parle pas de soi. Et  que les émotions, les sentiments, c’est soi. Oui ! j’en conviens, mais l’introspection, c’est parler de soi. Et un parcours de sagesse, maçonnique en l’occurrence, est tissée des découvertes intimes. D’autant plus que, le faisant, on encourage les autres à descendre le long de la perpendiculaire ; et à explorer ce qu’ils(elles) vivent dans les couloirs sombres de leur vérité, jamais circonscrite. Avec des mots noyés de flou, et qui s’en moquent. L’important n’est-il pas d’ouvrir la porte, pour soi, pour les autres ? Nous savons tous communiquer nos émotions à travers ce qui se dit à la surface des mots et des phrases. Souvent sans nous en douter. Ne sait-on pas, depuis deux ou trois décennies, que l’intelligence émotionnelle est le premier ciment entre les Hommes ? Le rationnel est second, analysent les neurosciences et les nouvelles psychologies[8]. Peut être serait-il bon de changer le fusil d’épaule : un raisonnement logique n’est pas un excellent gibier, quand le flou émotionnel est délicieux !

     Le flou est, au bout du compte, une manière d’avenir de la Voie maçonnique. Nous n’aurons que faire des certitudes dualistes[9] du pavé mosaïque. Accueillons sans retenue le flou ! Avec  lui, nous tanguons sur le sable, nous doutons. N’est-ce pas appréciable ? Avec lui, nous perdons la rigidité des bonnes raisons. La souplesse n’est-elle pas nécessaire pour nos articulations mentales ? Avec lui, nous laissons libre cours à l’intuition, elle qui sait nous faire dire tant de choses. Avec lui enfin, l’imagination est au pouvoir.

     Hier, nos Loges brandissaient la lumière de la raison, la vigueur des démonstrations serrées. Demain, dans nos expressions, nous élargirons, aventureux et joyeux, nos plages de choix. Dans cette Franc-maçonnerie libérative[10], les tenues seront, je l’espère, encore plus des lieux d’exercice d’une liberté qui est toujours assoiffée. A moins que, à cause de « l’Eloge du flou », on ne devienne, grâce à la langue des oiseaux, des « Loges du fou ».Et pourquoi pas ?


[1] Cet article est paru dans la revue maçonnique : Le Maillon en 2016.

[2] « Normal » – Adjectif qui souvent indique le symptôme d’une personne atteinte de « normose « , cette pathologie de l’intégration de la norme pointée par Ferdinand Wulliemier. Heureusement, selon moi, les initiés(es) en quête véritable, gardent des souplesses, des interstices de liberté, qui font d’eux(elles) des cherchants(es).

[3] « Anabase » – la montée ; « Catabase » – la descente – Voir le glossaire.

[4] « Gabarit maçonnique » – Le minimum d’arcanes : ritèmes, mythes et symboles, qui caractérisent la Franc-maçonnerie de style français – Voir le glossaire.

[5] « Message » – voir le glossaire.

[6] « Anabase », « Catabase »  – Voir le glossaire.

[7] « Frérocité » – Voir le glossaire

[8] « Les nouvelles psychologies », comme la psychologie mimétique, la psychologie évolutionniste, la psychologie positive, l’intelligence émotionnelle. Tous ces termes sont expliqués dans le glossaire.

[9] « Dualisme » – Voir le glossaire.

[10] « Libérative » – Voir le glossaire.

Les francs-maçons d’Osnabrück font un don de 5 000 euros à l’association de protection de l’enfance

De notre confrère allemand hasepost.de

Beaucoup de mauvaises choses arrivent chaque jour, mais aussi beaucoup de bonnes choses aussi. Malheureusement, les bonnes nouvelles arrivent bien trop rarement dans la presse. Cela va changer maintenant, car HASEPOST rapporte au moins une « bonne nouvelle » de la région et du monde entier chaque jour, si possible.

L’association de protection de l’enfance d’Osnabrück a des raisons d’être heureuse, car elle reçoit 5 000 euros de la Loge maçonnique « Zum Goldenen Rade ». L’argent est utilisé pour le centre de conseil basé à Goethering, qui s’occupe principalement des enfants qui ont subi des violences physiques et sexuelles.

L’association de protection de l’enfance est un point de contact pour tous les enfants qui souffrent de violence physique ou psychologique – cela peut être, par exemple, la négligence ou la perte d’estime de soi par l’humiliation verbale. L’association à but non lucratif s’est engagée depuis des décennies dans l’intérêt des enfants dans tout le pays. « En raison de la pandémie coronavirus , il y a une augmentation significative du nombre de familles qui se tournent vers nous« , déclare Gaby Altevogt, deuxième président de l’association de protection de l’enfance. À une époque où les familles devraient vivre proches les unes des autres, la violence augmentait. Beaucoup d’enfants n’entreraient en contact que maintenant qu’ils étaient retournés dans leurs systèmes sociaux habituels et ce n’est qu’alors qu’il deviendrait évident qu’ils avaient changé. « Il peut s’agir de symptômes très différents que les enfants présentent lorsqu’ils se sentent mal« , explique Altevogt – de l’agressivité au retrait en passant par les troubles de l’alimentation. Si vous remarquez un changement de comportement important dans votre environnement, vous devez d’abord garder votre calme et contacter des experts – une conversation avec les parents dans laquelle vous exprimez vos préoccupations peut également être une première étape.

Masonic Lodge fait régulièrement des dons à l’association de protection de l’enfance.

 » Le don est une pluie chaude pour l’association de protection de l’enfance « , déclare le Dr. Ludwig Schulze , premier président de l’association. Car l’offre vit en grande partie de dons. Schulze est lui-même membre de la loge maçonnique « Zum Goldenen Rade » et a reçu l’année dernière la médaille du citoyen de la ville d’Osnabrück pour ses décennies d’engagement en faveur du bien-être des enfants.

Cette année encore, l’Association de Protection de l’Enfance a reçu un don de la Loge maçonnique pour son travail . Une fois par mois, le « sac de la veuve » circule parmi les frères de la loge. Semblable à la collecte dans l’église, chacun peut donner ce qu’il veut dans le but donné. Au cours des deux dernières années, la somme colossale de 5 000 euros a été récoltée.  » C’est une question de cœur pour nous de soutenir financièrement l’association de protection de l’enfance « , déclare Thomas Wöbeking , maître de la chaire de la loge maçonnique d’Osnabrück. « Nous y voyons un devoir humanitaire. » Car seul l’acte caractérise le peuple. Par conséquent, tous les dons ne sont pas rendus publics.

Qui est derrière les francs-maçons ?

La Loge maçonnique « Zum Goldenen Rade » est une association d’hommes qui se réunissent régulièrement au Lortzinghaus. Ils utilisent des rituels et des symboles historiques qui remontent aux confréries médiévales de tailleurs de pierre. L’accent est mis sur le développement personnel au sein d’une communauté fraternelle. En règle générale, toutes les parties intéressées qui représentent les mêmes valeurs peuvent être acceptées. Candidat et loge font connaissance pendant un an, puis la traditionnelle admission a lieu. Selon ses propres déclarations, la loge représente un échantillon représentatif de la société – « des assistés sociaux aux millionnaires ».

Le silence constructeur (premier volet 1/3)

« Au commencement était le silence ! » Je pourrais ainsi paraphraser avec une pointe de malice la première phrase de la Bible, puisque le silence, cette absence de bruit pour l’oreille humaine, tel que le définit le dictionnaire, le silence serait un état cosmique né avec l’Univers lui-même !

Mais en voulant dire ici, pour faire un mot, que le silence a précédé le Verbe, suis-je vraiment sûr de moi ? Par définition, il n’y avait évidemment pas de témoins humains lors du big bang. Si l’on fait confiance aux données de la science, il est imaginable que la gigantesque explosion originelle ait été muette. En effet, nous savons qu’un corps ne peut émettre un son que s’il vibre dans un milieu matériel, solide, liquide ou gazeux. Or, dans le vide sidéral, c’est-à-dire, sans air, aucune transmission vibratoire n’est possible. Sauf toutefois, nous dit cette même science, les ondes électromagnétiques, comme le confirme d’ailleurs les astronautes, reliés à la terre par radio. Ce qui voudrait dire que le big bang n’aurait émis avec ces ondes qu’un simple « bruit de fond », celui-là même qui continue d’envelopper l’Univers et de parvenir en écho aux récepteurs radio-télescopiques des astronomes. Ce qui signifie aussi, il faut l’admettre, que le silence complet n’existe donc pas sur notre terre et qu’il est un concept fictif, puisqu’il y a toujours un bruit quelque part ! Un constat qui vient ainsi contredire ma plaisanterie liminaire.

Le silence, c’est quoi ?

Il n’est pas inutile de faire ce détour par le cosmos, pour mieux appréhender, cette fois à notre niveau, ce que nous appelons le silence. Pour que les ondes vibratoires soient reçues et entendues, il faut évidemment que le tympan de l’oreille qui les reçoit vibre à son tour afin de transmettre le son au nerf auditif. Selon ce processus, on sait que l’homme n’a pas la meilleure oreille du système « vivant » et que beaucoup d’animaux, réceptifs aux ultra-sons, sont bien plus performants que lui, en termes de perception des bruits.

Il est permis de penser que si l’homme a été doté de cinq sens par la création, c’est bien pour lui permettre d’être en contact et de communiquer avec elle. Au sens même de « communier ». Ainsi, parallèlement à la vue, l’odorat, le goût et le toucher, l’ouïe, dotée dudit appareil auditif sophistiqué, lui permet d’entendre, si je puis dire, les battements de cœur du monde. Et c’est précisément parce qu’il entend, que l’homo sapiens a pu devenir un « parlêtre » autrement dit cet homme qui émet et articule ces suites sonores faites des mots de sa langue, qu’on nomme la parole. Et c’est l’arrêt de cette parole qu’on appelle le silence, du latin silere, et du verbe siler, se taire. Par extension de langage, le mot « silence » en français, recouvre aujourd’hui toutes les absences et interruptions de sons, au-delà même de la parole. En cela, il a largement supplanté le vocable « insonorité » qui serait, en l’occurrence et hors discours, le mot juste.

Dans notre macrocosme binaire, nous avons tendance à en opposer les éléments constitutifs. Ainsi, soulignons-le c’est important, parce que l’univers est asymétrique et non symétrique, le soleil n’est pas le contraire de la lune, le ciel n’est pas opposé à la terre et le jour n’est pas l’inverse de la nuit. Et pour ce qui concerne la franc-maçonnerie, sur le pavé mosaïque, le noir n’est pas antinomique du blanc. Toutes ces composantes, de nature simplement différente, sont en vérité complémentaires, avec leurs caractéristiques. Il en est de même du bruit et du silence : l’un et l’autre ne s’excluent pas, ils sont surtout dissemblables, avec leurs avantages et inconvénients. Le bruit de la rue est irritant quand celui de la cour d’école nous emplit de joie. Le silence d’une chambre mortuaire est glaçant alors que celui d’une église est bienfaisant. Autre exemple, le silence de la voiture électrique est un grand bénéfice pour ses occupants mais cette absence de bruit représente un vrai danger pour les piétons !

Ces avantages et inconvénients mêlés du bruit et du silence nous suivent toute notre vie, de façon paradoxale, même. Alors qu’après notre conception, nous avons lentement pris forme humaine dans les tiédeurs sourdes utérines, notre naissance, nous a brusquement projetés à la lumière et au bruit, pour commencer notre existence au monde. Avec cette première violence, fini le silence douillet du ventre maternel ! Puis, tandis que nous nous sommes progressivement acclimatés aux bruits ambiants et liés aux autres par l’écoute puis la parole apprise dans la grande chaîne du langage, se sont souvent succédées les interdictions et injonctions de nos éducateurs et chefs, dans la vie profane :

En famille : – On ne parle pas à table !

A l’école : –Silence dans les rangs !

A l’armée : –Vos gueules l’d’dans !

En entreprise : –Mademoiselle, dans le mot « secrétaire », il y a « secret » et « se taire » !

Résultat de cette forme de conditionnement : A l’inverse du modèle éducatif américain qui privilégie l’expression orale dès l’école maternelle, notre vieux système scolaire latin culpabilisant a longtemps fabriqué des enfants, prisonniers de l’écrit. Et n’osant pas, après avoir été enfant au tableau tête baissée, prendre la parole en public, adulte devenu. C’est encore très souvent le cas aujourd’hui, l’obligation de cette circonstance terrorisant bien des gens. Ne voyons-nous pas évoluer en loge des frères qui, après s’être réfugiés dans le silence en soi confortable de l’apprentissage, et devenus compagnons et maîtres, éprouvent encore des difficultés à verbaliser leur point de vue ? ! Combien de frères nous disent ensuite leurs progrès, et donc leur plaisir, progressivement mis en confiance, d’avoir pu libérer leur parole sur les colonnes ou derrière le pupitre, où je me trouve ce soir !

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