Comme une façon de regarder à la loupe l’histoire en général mais aussi maçonnique, usant aussi de la langue des oiseaux, cette Collection EnQuête Historique, dirigée par Didier Quiniou, offrant une dynamique ‘’en quête d’enquête’’, avait ouvert le bal, en 2021,
en donnant à Jean-Michel Roche, auteur de nouvelles et de romans policiers mais aussi guide-conférencier au musée de la franc-maçonnerie, l’occasion avec L’affaire Montmartel-Gentilhomme Gascon de faire vivre les aventures de Guilhem Malboy. Où tout commence dans le Gers, près de Auch (en occitan gascon : Aush) avec un jeune marquis dont les origines remontent aux croisades dont le but, pour ces expéditions militaires organisées par les chrétiens d’Occident, était de libérer la Terre Sainte et le tombeau du Christ à Jérusalem…
Sachant que le roman historique est une œuvre de fiction prenant pour toile de fond un épisode de l’Histoire, auquel se mêlent événements et personnages réels et fictifs, genre littéraire préféré des lecteurs, et qui plus est maçonnique, nous ne doutons pas que ce dernier recevra un accueil des plus favorables et trouvera son public – et ce n’est pas une promesse de gascon…
Les Compagnons de Jéhu
Mais avant tout, quelle musique fait naître en nous ce titre de Compagnons du Soleil ? Sans conteste, il réveille des souvenirs d’enfance. Nous pensions immédiatement, pour ceux de ma génération, aux Compagnons de Jéhu, cettemystérieuse confrérie !
Les Compagnons de Jéhu est un roman historique (conspiration royaliste après l’arrivée au pouvoir de Napoléon Bonaparte) écrit par Alexandre Dumas (1802-1870), publié en 1857 (inspiré des Compagnies de Jéhu) et adapté à la télévision en 1966.
Alexandre Dumas, dont l’auteur, sous son avertissement, rapporte, en exergue, une citation « Il est permis de violer l’Histoire, à condition de lui faire de beaux enfants… »
Les Compagnons de Jéhu – grotte de Ceyzeriat, illustration Gustave Doré
Reconnaissons que Jean-Michel Roche a un fantastique talent pour faire revivre des moments historiques et mêler des femmes et des hommes réels – suivis d’un astérisque tels que Voltaire Lalande, Benjamin Franklin, Helvétius, Joseph Bologne de Saint-George, plus connu sous les noms de « chevalier de Saint-George », le docteur Guillotin, Greuze, les Frères Montgolfier, Sade, Lafayette George Washington, Louis Stanislas Xavier de France, comte de Provence, dit « Monsieur », frère cadet du roi, Marat, le marquis de Bouillé – et de fiction que le destin transforme en héros !
Passionné par le XVIIIe siècle, l’auteur nous entraîne dans une aventure, pleine de rebondissements, d’intrigues et de complots.
Drapeau de la province de l’Orléanais
L’action se déroule à Paris et dans l’Orléanais, province historique et culturelle regroupant différentes régions naturelles, comme la Beauce, la Puisaye, la Sologne, le Gâtinais, le Blésois et le Vendômois et dont Orleans est la capitale. Situé au cœur du Val de Loire, cette ville, dont le tableau chronologique simplifié remonte aux années 58 à 53 av. J.-C., connut déjà une révolte, celle des Carnutes où les romains, installés à Cenabum, seront massacrés et leurs biens pillés. Une période de troubles connue aussi en 1789, après les mauvaises récoltes de 1788 et la rudesse de l’hiver 1788-1789.
Jean-Michel Roche fait débuter son histoire, qui peut très bien se comprendre sans avoir forcément lu L’affaire Montmartel – quoique recommandé – à Étampes, ville de la Seine-et-Oise d’antan dans ce département français créé en 1790, un matin d’août de la même année.
L’énigme de ce « tourneur de pages » – en anglais page-turner, expression servant à qualifier un livre particulièrement haletant –, se déroule tant à Paris qu’à Orléans. Et, à la limite, les deux histoires, qui, en vérité, n’en font qu’une bien évidemment, pourraient se lire indifféremment en suivant juste les chapitres liés à ces deux cités !
Ici, pour décrypter l’énigme – que nous ne vous dévoilerons pas – soumise à la sagacité du lecteur, et découvrir non son sens caché mais qui est le « méchant », point de parabole ou de métaphore. Juste de l’action, mais de l’action juste. Les « bons » gagnent toujours. Et la fin de l’ouvrage laisse augurer de nouvelles et belles aventures. Une façon d’entrevoir des plus grandes choses. Pour notre plus grand profit et plaisir.
Le plaisir de lire est amplifié par le fait de voyager en Loge et avec un vocabulaire bien connu des intiés(iées).
En 61 chapitres – dont la décomposition du nombre et sa symbolique n’échappera à personne.
Le nombre 61 est composé du chiffre 6, symbole de l’harmonie (équilibre, compréhension, bonheur) et du chiffre 1 représentant l’unicité (cohésion dans le Tout). Jean-Michel Roche nous plonge, non sans manier un certain humour, notamment dans les notes de bas de page, dans l’histoire. Une manière de faire oublier le temps présent et la triste réalité du moment avec des intrigues historiques, sources intarissables d’inspiration et d’évasion.
L’abbé Étienne Guibourg célébrant une messe noire sur le corps nu de Madame de Montespan, en présence de La Voisin
Nous entrons aussi dans le monde étrange des cérémonies de satanisme ou de sorcellerie, dont la messe noire – inversion blasphématoire, sacrilège à contrefaire la messe catholique romaine, soutien des puissances infernales, goétie opérative – est un des rituels obscurs les plus connus.
Un « Petit Lexique Maçonnique » de treize termes complète le roman.
Le maillon DETRAD – Juin 2021
Rappelons que les éditions Detrad aVs, fondées en 1984, propose un catalogue éditorial fort de plus de 150 titres répartis autour de trois axes principaux dans le domaine de la Franc-Maçonnerie et de la spiritualité : symboles et rites, essais, historie et publient également la revue indépendante et interobédientielle Le maillon de la chaîne maçonnique – formule biannuelle avec livraison des numéros en juin et en décembre – dont le but premier, depuis 1983, est d’apporter aux lecteurs une réflexion propre à illustrer la diversité du panorama maçonnique, tout en leurs permettant d’approfondir le message contenu dans la pratique de toute Loge.
Les éditions Detrad aVs travaillent avec la volonté de procurer aux cherchants des outils d’éveil et de réflexion maçonnique, ainsi que des références essentielles sur les symboles, les mythes, les traditions, hors de tout dogmatisme.
Comme cela devrait être clair pour quiconque examine les faits entourant la liste de Pecorelli, la franc-maçonnerie est certainement entrée dans les murs du Vatican il y a au moins plusieurs décennies.
Quelque chose a sérieusement mal tourné au sein de la hiérarchie de l’Église. L’hérésie, le scandale, la corruption et l’apostasie généralisés des bergers que le Christ a justement condamnés en tant que « loups déguisés en brebis » sont trop systématiques, et maintenant manifestes, pour être le fruit du hasard ou de la faiblesse humaine.
Une planification ingénieuse et une exécution impitoyable et calculée ont amené la hiérarchie de l’Église à un état tel que les évêques malveillants ne cachent plus leur rejet du dépôt de la foi, leur haine de la morale chrétienne ou leur mépris envers les catholiques croyants et fidèles.
Vatican à Rome. Basilique Saint-Pierre
L’agenda pro-LGBT, pro-contraception, pro-avortement, pro-femmes-prêtres de la « Voie synodale » des évêques allemands, le « rite de bénédiction » des évêques flamands pour les couples homosexuels, l’étiquetage dérisoire des catholiques traditionnels par le cardinal Arthur Roche comme étant plus protestants que catholiques, l’élévation par le Pape de nombreux évêques promoteurs des LGBT au Collège des cardinaux, la dissimulation de l’infâme affaire McCarrick, le réseau étendu du lobby gay parmi les évêques et dans l’enceinte de Rome, la remise par le Vatican de l’Église clandestine en Chine au Parti communiste chinois (PCC), le soutien et l’adhésion du Saint-Siège à l’accord de Paris sur le climat, fortement pro-avortement, le culte de la Pachamama et la participation aux invocations indigènes des esprits des morts… et la liste est encore longue.
L’apostasie massive à laquelle nous assistons aujourd’hui dans les rangs des plus hauts membres de l’Église n’a cependant pas été l’œuvre d’un seul jour ou d’une seule année. À cet égard, quelques faits permettront de mettre en perspective la situation actuelle. Le rapport ci-dessous comprendra les éléments suivants : – Le plan maçonnique d’infiltration de la hiérarchie de l’Église établi dans la « Haute Vente » (« Alta Vendita »), et la correspondance Vatican/Maçonnerie mettant en évidence une tentative de prise de contrôle des séminaires italiens dans les années 1960. – La liste de Pecorelli de 1978 identifiant 120 prélats du Vatican qui étaient aussi membres de la franc-maçonnerie, y compris leurs dates d’entrée, leurs numéros de code et leurs acronymes. – Faits concernant la loge maçonnique romaine Propaganda Due (P2) et son chef Licio Gelli, en tant que contexte de la liste de Pecorelli. – L’enquête Gagnon, commandée par le Vatican, sur l’infiltration des francs-maçons au sein du Saint-Siège et les circonstances entourant la mort de Jean-Paul Ier. – Le travail d’infiltration du père Luigi Villa contre les francs-maçons au Vatican, une mission confiée par Padre Pio et confirmée par Pie XII. – Les noms notables de la liste de Pecorelli et les dommages causés à l’Église par les prélats maçonniques.
La Haute Vente : Établissement d’un plan maçonnique
Place Saint Pierre – Le Vatican
À la fin du XIXe siècle, le document intitulé « L’Istruzione permanente dell’Alta Vendita » (L’instruction permanente sur la Haute Vente) demandait aux membres de l’obédience maçonnique d’entreprendre un effort d’un siècle pour miner l’Église catholique de l’intérieur. Le document stipule : Le pape, quel qu’il soit, ne viendra jamais dans les sociétés secrètes. C’est aux sociétés secrètes de venir à l’Église… L’œuvre que nous avons entreprise n’est pas l’œuvre d’un jour, ni d’un mois, ni d’une année. Elle peut durer de nombreuses années, un siècle peut-être, mais dans nos rangs le soldat meurt et le combat continue…
Une fois votre réputation établie dans les collèges… et dans les séminaires – une fois que vous aurez capté la confiance des professeurs et des étudiants, agissez de telle sorte que ceux qui sont engagés dans l’état ecclésiastique aiment à rechercher votre conversation… Alors peu à peu vous amènerez vos disciples au degré de cuisson désiré. Lorsque sur tous les points de l’état ecclésiastique à la fois, ce travail quotidien aura répandu nos idées comme la lumière, alors vous apprécierez la sagesse du conseil dont nous prenons l’initiative….
Cette réputation ouvrira la voie à nos doctrines qui passeront au sein du jeune clergé, et iront jusqu’au fond des couvents. Dans quelques années, le jeune clergé aura, par la force des choses, envahi toutes les fonctions. Ils gouverneront, administreront, jugeront. Ils formeront le conseil du souverain. Ils seront appelés à choisir le Pontife qui régnera ; et ce Pontife, comme la plus grande partie de ses contemporains, sera nécessairement imprégné des… principes humanitaires que nous allons mettre en circulation…
Que le clergé marche sous votre bannière en croyant toujours qu’il marche sous la bannière des Clés Apostoliques. Vous voulez faire disparaître le dernier vestige de la tyrannie et de l’oppression ? Posez vos filets comme Simon Bar Jona. Posez-les au fond des sacristies, des séminaires et des couvents, plutôt qu’au fond de la mer… Vous vous réunirez en amis autour du Siège Apostolique.
A l’époque de la publication de l’Alta Vendita, la franc-maçonnerie italienne porte une animosité et une haine particulièrement anticléricales à l’égard de la papauté et de l’Église. En 1877, la loge Propaganda Massonica, également connue sous le nom de Propaganda Due (P2), a été créée à Rome pour les personnalités politiques dont l’appartenance était tenue totalement secrète en raison des condamnations papales de la franc-maçonnerie. Mais en 1917, à l’occasion de leur 200e anniversaire, les francs-maçons défilent effrontément sur la place Saint-Pierre avec une bannière sur laquelle on peut lire : « Satan régnera au Vatican, le pape sera son esclave« .
Plusieurs décennies plus tard, suivant les incitations de l’Alta Vendita, les francs-maçons en Italie ont commencé à exécuter un plan concret pour miner l’Église de l’intérieur. En 1961, le président de la Commission pontificale pour le patrimoine culturel de l’Église, Monseigneur Francesco Marchisano, qui portait le nom de code maçonnique FRAMA, a écrit trois lettres au grand maître du Grand Orient d’Italie (G.O.I.) concernant un projet de prise de contrôle des séminaires sacerdotaux dans les régions du Piémont et de la Lombardie.
Les séminaires de Trente, Turin et Udine ont été identifiés comme des lieux idéaux pour cette tentative, où l’on sait qu’un bon nombre de compagnons francs-maçons se sont déjà infiltrés. Les lettres ont été obtenues et publiées en septembre 2002, par le père Luigi Villa, dans un dossier intitulé Une nomination scandale, puis en septembre 2019, dans la revue fondée par le père Villa, Chiesa Viva.
La publication de 2002 était intervenue en réponse à la nomination de Marchisano au poste de vicaire général pour la Cité du Vatican et de président des Œuvres San Pietro. Villa avait déjà révélé les données complètes d’enregistrement maçonnique de Marchisano en juin 1981 dans Chiesa Viva. Les lettres de monseigneur au Grand Maître se lisent comme suit :
23 mai 1961
Vénérable et Illustre Grand Maître,
C’est avec une grande joie que j’ai reçu, par l’intermédiaire de F. MAPA [Mgr Pasquale Macchi, Secrétaire du Pape Paul VI], votre délicate mission : organiser discrètement dans tout le Piémont et la Lombardie, un plan pour détruire les études et la discipline dans les séminaires. Je ne nie pas que la tâche soit immense et j’ai besoin de nombreux collaborateurs, surtout parmi le corps enseignant. Vous devez me prévenir afin que je puisse les approcher au plus tôt avec quelques tactiques à l’étude. Je réserve des communications plus précises après une réunion et un entretien personnel avec MAPA.
En attendant, je vous prie d’accepter mes salutations priantes.
Frama
Au Ven G. Maître du G.O. (remis en main propre) ———————————
Le 12 septembre 1961
Illustre et Révérend G. Maître,
Après avoir approché et contacté à plusieurs reprises F.F. [Frères Francs-maçons] Pelmo et Bifra [Franco Biffi, Recteur de l’Université du Latran], je suis retourné chez MAPA pour lui soumettre un premier plan de travail. Il recommande de commencer par la désintégration du programme d’études, en faisant pression sur nos fidèles enseignants, car avec une nouvelle mise à jour des sujets de pseudo-philosophie et de pseudo-théologie, ils jetteront la semence aux étudiants, maintenant assoiffés de toute nouveauté. Ainsi, la perturbation disciplinaire sera une simple conséquence qui résultera spontanément, sans que nous ayons à nous en occuper : les élèves penseront qu’ils l’ont fait eux-mêmes. Il est donc essentiel que vous payiez bien ces enseignants, dont vous avez déjà la liste. Je serai un surveillant diligent et je vous renverrai tout, fidèlement.
Avec mes salutations les plus dévouées et amicales
Frama
Le Grand Maître – Palazzo Giustiniani (remis en mains propres) ———————————
14 octobre
Illustre et Révérend G. Maître,
Dans la réunion, hier soir, F.F. [Frères Francs-maçons] Pelmo, Mapa, Bifra, Salma [Salvatore Marsili, O.S.B. Abbé de Finalpia], Buan [Mgr. Annibale Bugnini, Commission sur la Liturgie], Algo [Alessandro Gottardi, Archevêque de Trente] et Vino [Virgilio Noe, Maître des Cérémonies] étaient présents, j’ai pu conclure que : – Premièrement, nous devrions commencer des expériences dans certains séminaires d’Italie, ceux de Trente et de Turin, ou celui d’Udine où nous avons un bon nombre de F.F. [Frères Francs-maçons] ; – Deuxièmement, nous devons répandre notre concept de liberté et de dignité humaine, dans tous les séminaires sans aucune hésitation de la part d’aucun des supérieurs, ni par aucune loi. Nous avons besoin d’un tirage complet. À ce stade, nous avons besoin d’une réunion avec vous tous pour décider comment agir et à qui confier les différentes tâches.
Avec mes salutations priantes.
Frama
Le Grand Maître – Palazzo Giustiniani (remis en mains propres)
La « liste de Pecorelli » : 120 prélats du Vatican nommés francs-maçons
Le 12 septembre 1978, près d’un siècle après la publication de l’Alta Vendita et un peu moins de deux décennies après le lancement du complot visant à s’emparer des séminaires italiens, l’avocat et journaliste d’investigation italien Carmine Minor Pecorelli, directeur d’une agence de presse et d’un journal spécialisé dans les scandales et les crimes politiques, L’Osservatorio Politico, a publié une liste de cardinaux, d’évêques et de prêtres de haut rang du Vatican qu’il a identifiés comme étant membres de loges maçonniques. Cette liste, connue sous le nom de « Liste de Pecorelli« [document xls téléchargeable], comprend les noms, les dates d’entrée dans la franc-maçonnerie, les numéros de code et les acronymes de 120 prélats du Vatican.
Pecorelli lui-même appartenait à la loge maçonnique romaine Propaganda Due (P2), dont la police italienne a découvert qu’elle comptait des membres haut placés dans presque toutes les branches du gouvernement du pays, y compris à la Défense Nationale. Une enquête officielle a permis de découvrir des listes de membres regroupés par fonctions politiques, tous sous la coupe de Licio Gelli, vénérable maître de la loge maçonnique.
On ne saura peut-être jamais pourquoi Pecorelli a publié une liste de membres haut placés du Vatican qui, selon lui, se comptaient également parmi les francs-maçons. Était-ce de la diffamation ? Voulait-il discréditer l’Église ? Ou parce que sa liste aurait révélé le plus grand scandale de son vivant (ou du nôtre) dans les murs du Vatican, une tâche qui n’est pas sans intérêt pour un journaliste politique disposant d’informations sensibles.
Ce que l’on sait, c’est que Pecorelli a été abattu à Rome six mois plus tard, presque jour pour jour, le 20 mars 1979. Il a été tué de quatre coups de feu dans le quartier de Prati à Rome. Apparemment, les balles étaient de la marque Gevelot, un type de balle particulièrement rare que l’on ne trouve pas facilement sur les marchés légaux ou clandestins. Le même type de balle a été découvert dans le stock d’armes de la « Banda della Magliana« , dissimulé dans le sous-sol du ministère de la Santé du gouvernement italien. Parmi les personnes visées par les enquêtes de police figure le chef de Propaganda Due (P2), Licio Gelli.
Propaganda Due (P2) et Licio Gelli
Licio Gelli n’avait rejoint la franc-maçonnerie italienne que quelques années auparavant, en 1965. Cependant, il a rapidement accédé à un rôle d’une puissance incroyable au sein de la franc-maçonnerie et en Italie lorsque, en 1970, Lino Salvini, alors Grand Maître de la Grande Loge d’Orient d’Italie, a chargé Gelli de restructurer la loge Propaganda Due (P2) de Rome, dont il est devenu le vénérable maître en 1975. Cette loge, fondée à l’origine en 1877 pour les politiciens romains dont l’appartenance à la maçonnerie devait rester totalement secrète en raison de leurs fonctions publiques et de leur proximité avec la papauté, est passée de 14 membres seulement au milieu des années 1960 à près de 1 000 à la fin des années 1970 sous la direction de Gelli.
Le 17 mars 1981, la police italienne fait une descente au domicile de Gelli dans le cadre d’une enquête sur l’enlèvement présumé du banquier sicilien Michele Sindona. Les autorités ont découvert des listes de 962 membres de la la loge Propaganda Due (P2). Parmi les noms figurent 43 membres du Parlement, 3 membres du gouvernement [italien], 43 généraux, 8 amiraux, les chefs de toutes les forces armées italiennes, les chefs des services de sécurité, des diplomates, les chefs de la police des quatre plus grandes villes d’Italie et des prélatss du Vatican, pour ne citer que quelques-uns des personnages politiques les plus en vue.
Pour les autorités italiennes qui ne se comptent pas parmi les membres de la P2, le vaste réseau de francs-maçons de Gelli, qui lui rendait secrètement des comptes, constituait un « État dans l’État » et menaçait la stabilité et la souveraineté de la nation. S’étant lancée dans la politique italienne, la P2 a été impliquée dans des événements tels que l’attentat à la bombe contre le train « Italicus » en 1974, qui a fait 12 morts, et le massacre de la gare de Bologne, qui a fait 85 morts.
Ses membres ont également pris le contrôle de la banque du Vatican, ce qui a conduit le Saint-Siège au bord de la faillite lors d’un scandale financier qui a éclaté au milieu des années 80 et dont le Vatican ne s’est pas encore totalement remis. Dans les années 1970, les activités de la P2 ont provoqué des remous jusque dans la franc-maçonnerie, ce qui a finalement conduit à la dissolution officielle de la loge Propaganda Due (P2) en 1981 par le Grand Orient d’Italie.
Le rapport Gagnon
Concomitant à la publication de la Liste de Pecorelli, dans les murs du Vatican, les conclusions d’un audit officiel de trois ans de tous les bureaux du Saint-Siège, mené par Mgr. Edouard Gagnon, concernant les allégations selon lesquelles certains prélats et clercs de la Curie romaine étaient secrètement membres de la franc-maçonnerie, ont été présentées en personne au pape Jean-Paul Ier. Selon les mémoires récemment publiées du secrétaire de Mgr. Gagnon, le père Charles Murr, « Mgr Gagnon a constitué un dossier exhaustif qui ne lui laissait aucun doute sur la véracité de ces choquantes allégations« .
L’enquête de Gagnon sur la franc-maçonnerie au sein de la Curie romaine avait été officiellement commandée par Paul VI en réponse à l’accusation particulière selon laquelle deux prélats de haut rang étaient francs-maçons : Annibale Bugnini et Sebastian Baggio. Bugnini était responsable de la Commission pour la réforme de la liturgie latine après le Concile Vatican II, qui a produit le Novus Ordo Missale Romanum. Baggio était préfet de la Congrégation pour les évêques, responsable de la nomination et du choix des évêques dans l’ensemble du monde catholique.
Bien que le contenu intégral de l’enquête de Gagnon ne soit pas connu du public, certains détails de l’affaire ont été divulgués. Parmi ces détails figure le fait que Gagnon a fait savoir qu’il disposait effectivement de preuves confirmant que Mgr Bugnini et le cardinal Baggio étaient membres de la franc-maçonnerie. Ces preuves comprenaient l’authentification de documents par INTERPOL, l’Organisation internationale de police criminelle, chargée d’enquêter sur les crimes internationaux. Les conclusions de Gagnon ont donc corroboré la liste de Pecorelli, qui comprenait également les noms de ces cardinaux.
À la suite de l’enquête de Gagnon, Bugnini a été envoyé dans les dernières années de sa vie en Iran en tant que nonce apostolique, où il devait ostensiblement causer le moins de tort à l’Église, étant donné le peu de Catholiques en Iran et l’interaction quasi inexistante entre le Saint-Siège et le gouvernement islamique iranien.
Cependant, il s’est avéré plus difficile de se débarrasser de Baggio. Il restera en fait à la tête de la Congrégation pour les évêques jusqu’en 1984, plusieurs années après le début du pontificat du pape Jean-Paul II, occupant ce poste pendant douze ans. La durée de son mandat contribuera considérablement au tort incalculable causé à l’Église par ce faiseur de roi épiscopal maçonnique.
En prenant un peu de recul, quelques faits marquants concernant le pontificat d’un mois de Jean-Paul Ier soulèvent la question de la profondeur des complots maçonniques au sein du Vatican. Le 12 septembre 1978, Pecorelli publie sa liste de prélats du Vatican membres de la franc-maçonnerie. Le 25 septembre 1978, Mgr Gagnon rencontre en privé Jean-Paul Ier pour lui présenter les conclusions de son enquête de trois ans sur la même question. L’archevêque était porteur d’un important dossier et a fait savoir à son secrétaire qu’il avait abordé avec le Pontife le sujet de l’appartenance de Baggio à la Loge maçonnique. Il a également dit à son secrétaire que le pape avait accepté de traiter avec le cardinal maçon.
Le 28 septembre, Jean-Paul Ier a appelé personnellement Baggio pour qu’il vienne rencontrer le Pontife dans son bureau ce jour-là. Baggio a rencontré le pape en privé dans son appartement personnel plus tard dans la soirée, à 20 heures pendant environ une heure et les gardes suisses présents à l’extérieur de la pièce l’ont entendu crier sur le pape, ce dont ils ont témoigné par la suite. Le lendemain matin, le 29 septembre, Jean-Paul Ier est retrouvé mort dans sa chambre. Le médecin a déclaré qu’il était mort vers 23 heures la nuit précédente. Six mois plus tard, le 20 mars 1979, Pecorelli est abattu à Rome.
Compte tenu des circonstances et des questions entourant la mort de Jean-Paul Ier – le fait que le Pontife soit mort si soudainement deux semaines seulement après la publication de la Liste de Pecorelli, trois jours après avoir reçu le rapport de Gagnon en audience privée, et seulement deux heures après sa confrontation avec Baggio, le franc-maçon désignant les évêques de l’Église et le dernier homme à avoir vu le Pontife avant qu’il ne soit retrouvé mort – le père Luigi Villa, un fonctionnaire du Vatican travaillant sous la protection du Saint-Office (sur lequel nous reviendrons plus loin), ordonna au cardinal Palazzini de faire pratiquer une autopsie. Trois autopsies, officiellement appelées « examens médicaux », ont été réalisées, le verdict de chacune d’elles confirmant que le pape avait été assassiné. Les résultats des autopsies n’ont pas été publiés par le Vatican, qui a officiellement donné comme cause de la mort du pape une « crise cardiaque », après avoir changé de version à plusieurs reprises. Le père Luigi Villa
Pour ajouter à l’intrigue maçonnique au sein de l’Église, outre le travail d’enquête de Mgr Gagnon sur la franc-maçonnerie au Vatican, un autre prêtre s’est engagé dans la même mission pendant plusieurs décennies, avant et après.
En 1956, le père Luigi Villa, lors d’une visite à Padre Pio, a été chargé par le saint de la mission de consacrer toute sa vie à la défense de l’Église contre les activités des francs-maçons, en particulier au sein de l’Église. Par la suite, le pape Pie XII a personnellement confirmé cette mission en donnant à Villa un mandat papal pour faire exactement cela. Le pape a placé le prêtre sous la protection des cardinaux Alfredo Ottaviani, préfet du Saint-Office, Pietro Parente et Pietro Palazzini.
Villa travailla sans relâche tout au long de sa carrière sacerdotale pour découvrir et entraver les manœuvres des francs-maçons qui s’étaient infiltrés dans les rangs de la hiérarchie, subissant sept tentatives d’assassinat en raison des ennemis qu’il se faisait.
En 1971, Villa a fondé la revue Chiesa Viva, avec des correspondants de tous les continents, pour exposer le travail des francs-maçons au sein de l’Église. Villa a lui-même mené des enquêtes sur l’appartenance de prélats et de prêtres à la franc-maçonnerie, en vérifiant les documents avec les archives de la police et les listes des loges maçonniques. En 1992, Chiesa Viva a réédité la Liste de Pecorelli avec une présentation du Magistrat Carlo Alberto Agnoli, auteur de La Massoneria alla Conquista della Chiesa (La Franc-maçonnerie à la conquête de l’Église), qui a souligné la fiabilité de la Liste. Noms notables de la liste de Pecorelli
On pourrait écrire des volumes sur les dommages causés à l’Église par les cardinaux, les évêques et les prêtres nommés comme francs-maçons sur la liste de Pecorelli. Je me limite à n’en considérer que quelques-uns.
Mgr Annibale Bugnini est cité comme ayant rejoint la franc-maçonnerie le 4 avril 1963, avec le numéro de code 1365/75 et l’acronyme BUAN. Bugnini a été le fer de lance des changements apportés à la liturgie, dont le but était de supprimer du rite romain de la messe tout ce qui pouvait être inacceptable pour les Protestants. Les textes des anciennes prières de l’Église et ses sélections de l’Écriture ont été dépouillés d’une grande partie de leur contenu doctrinal ainsi que de l’accent tridentin essentiel quant au caractère sacrificiel de la Messe, si crucial pour contrer les hérésies protestantes. Les changements apportés à la disposition du sanctuaire s’inspirent du style du temple maçonnique, dans lequel l’autel est placé au centre plutôt qu’à l’est.
Les connotations anthropocentriques de la liturgie Novus Ordo et le changement drastique vers une libéralisation de la doctrine et de la pratique dans l’Église, qui a accompagné les changements liturgiques de la Messe, sont le fruit sans surprise du travail d’un franc-maçon autorisé à changer sans scrupule et à volonté ce qui lui plaisait et qu’il pensait pouvoir imposer impunément à toute l’Église latine.
Tout aussi dommageable pour l’Église a été le long mandat du cardinal Sebastian Baggio en tant que préfet de la Congrégation pour les évêques, qui a fait de lui une sorte de marionnettiste maçonnique. Selon la liste de Pecorelli, Baggio a été inscrit dans la loge maçonnique le 14 août 1957, avec le numéro de code 85/2640 et l’acronyme SEBA. En 1962, il a été nommé préfet de la Congrégation pour les évêques, après que le cardinal Jean Villot – qui figure également sur la liste de Pecorelli en tant que franc-maçon et qui, à l’époque, était secrétaire d’État sous Paul VI – a fait pression pour que Baggio soit nommé à ce poste. Il aurait été déjà assez grave qu’un franc-maçon intervienne dans le choix d’un évêque, mais que Baggio ait été nommé préfet de la Congrégation pour les évêques et qu’il ait ainsi été libre de nommer des évêques libéraux, modernistes, homosexuels et maçons dans le monde entier pendant plus d’une décennie est inimaginable.
Dans une lettre adressée à son vénérable grand maître, datée du 4 janvier 1969, Baggio remerciait la loge maçonnique d’avoir obtenu son élévation au Sacré Collège des cardinaux, assurant ses confrères francs-maçons de sa coopération continue pour pénétrer les cercles ecclésiastiques, en particulier les rôles de direction, dans le but de « ruiner l’Église de l’intérieur dans tous les secteurs« . Cette lettre a été photographiée et récemment publiée en 2019 dans Chiesa Viva
Le 4 janvier 1969
Au Vénérable Grand Maître
Aux très estimés Assistants
Je viens de recevoir la communication de Mapa de ma nomination comme cardinal, obtenue de Vous par tous Vos puissants moyens. Je m’empresse de vous exprimer à tous, Frères bien-aimés et estimés, mes remerciements reconnaissants et dévoués. Comme par le passé, je suis toujours à Votre disposition en ce qui concerne nos programmes d’expansion et de pénétration dans les milieux ecclésiastiques, surtout dans les sphères de direction qui seront, demain, les principaux points de ruine de toute l’Église de l’intérieur dans tous les secteurs.
Avec une fidélité renouvelée, V.F. vous salue.
SB (Sebastiano Baggio) Pour ajouter l’insulte à la blessure de l’Épouse du Christ et assurer le retrait massif de l’arrière-garde des évêques orthodoxes de l’Église, c’est pendant le règne de Baggio en tant qu’évêque que l’âge de la retraite a été fixé à 75 ans pour les évêques pour la première fois dans l’histoire de l’Église. L’effet immédiat de cette nouvelle législation fut que de nombreux sièges épiscopaux à travers le monde devinrent vacants lorsque les évêques de plus de 75 ans remirent leur lettre de démission. Cette situation a permis à Baggio d’avoir les coudées franches pour remplacer la quasi-totalité de l’épiscopat de l’Église en l’espace de très peu de temps et de tenter de le remodeler à son image. Rarement un homme, qu’il s’agisse d’un pape ou d’un évêque, n’a été en mesure d’influencer une si grande partie de l’épiscopat catholique en si peu de temps.
C’est à partir de cette époque que l’Église des États-Unis a reçu des évêques tels que McCarrick, Weakland, Mahony, Brown et Bernadin. Les crimes et les péchés de ces hommes comprennent le viol homosexuel, une liaison homosexuelle, des abus sexuels sur des mineurs, la dissimulation de prêtres abusifs, la défense des femmes prêtres, le piétinement militant de la musique et de la liturgie traditionnelles de l’Église, l’interdiction pour les catholiques de s’agenouiller devant le Saint Sacrement pour la Sainte Communion, et la dilution de l’enseignement de l’Église sur le caractère sacré de la vie humaine pour les enfants à naître, pour ne citer que quelques péchés et scandales.
Parmi les autres personnes citées sur la liste de Pecorelli, on trouve le cardinal Villot, secrétaire d’État du Saint-Siège sous Paul VI, qui a agi comme une sorte de protecteur de Baggio en le faisant nommer à la Congrégation pour les évêques. L’évêque Paul Marcinkus, directeur de la banque du Vatican, qui a rejoint la maçonnerie le 21 août 1967, sous le numéro de code 43/649 et l’acronyme MARPA, a été impliqué dans le scandale bancaire qui a failli faire tomber le Saint-Siège dans les années 1980.
Un autre nom important est celui du cardinal Agostino Casaroli, ministre des affaires étrangères sous Paul VI et secrétaire d’État sous Jean-Paul II. Casaroli est entré en maçonnerie le 28 septembre 1957, avec le numéro de code 41/076, sous l’acronyme CASA. C’est à Casaroli que l’on doit l’attitude ouverte du Vatican à l’égard des communistes sous le pontificat de Paul VI, une politique appelée Ostpolitik, qui a conduit le pape à destituer le cardinal József Mindszenty de son poste de primat de Hongrie, entraînant l’établissement d’une Église d’État sous le contrôle des dirigeants communistes hongrois. Cette politique a été rejetée plus tard par Jean-Paul II, qui venait de derrière le rideau de fer, mais le mal était déjà fait pour l’Église d’Europe de l’Est.
Maintenant, loin de penser que les francs-maçons nommés sur la liste de Pecorelli appartiennent au passé, il faut souligner qu’au cours de la dernière décennie, des noms figurant sur sa liste continuent d’apparaître dans les affaires du Vatican. C’est le cas de Monseigneur Pio Vito Pinto, que Pecorelli a identifié comme étant entré en maçonnerie le 2 avril 1970, avec le numéro de code 3317/42 et l’acronyme PIPIVI [ou PIMPI]. Pinto a été doyen de la plus haute Cour de l’Église, la Rote romaine, de septembre 2012 à mars 2021, faisant les gros titres lorsqu’il a pris sur lui de critiquer les quatre cardinaux qui avaient soumis les « dubia » au pape François concernant son enseignement dans Amoris Laetitia sur l’admission des divorcés et des remariés à la sainte communion.
Comme cela devrait être clair pour quiconque examine les faits entourant la liste de Pecorelli, la franc-maçonnerie est certainement entrée dans les murs du Vatican il y a au moins plusieurs décennies. La vérification complète de la liste, bien que difficile, est certainement possible, étant donné la saisie par la police des documents de Licio Gelli nommant tous les membres de la loge maçonnique de Rome, Propaganda Due. Le rapport de Mgr Gagnon se trouve également non publié dans les archives du Vatican. À ces sources s’ajoutent les enquêtes menées par le père Luigi Villa, dont certaines ont été publiées dans la revue Chiesa Viva.
Avec des prélats italiens tels que Mgr Francesco Soddu, évêque de Terni, qui a récemment assisté publiquement à l’inauguration d’une Loge maçonnique du Grand Orient d’Italie, une nouvelle enquête sur la franc-maçonnerie dans les rangs de la hiérarchie de l’Église est attendue depuis longtemps. Ce n’est qu’à la publication de ses résultats que les dommages de la franc-maçonnerie qu’elle a causés et cause encore au Corps du Christ commenceront à être mis en lumière.
c’est le troisième dessin exclusif de JISSEY pour 450 FM – il s’agit d’une nouvelle série relatant le monde maçonnique merveilleux, vu par un dessinateur auteur de plus de 20 ouvrages d’humour maçonniques déjà publiés chez OXUS – DETRAD & DERVY.
On sent que que COVID a frappé les esprits et surtout fragilisé les bonnes relations fraternelles. Ajoutons ce nouveau virus venu tout droit des USA, nommé WOKISME qui terrorise les frères mâles et blancs s’interrogeant sur la prochaine troisième guerre venue du reste de la planète, hors Europe et sur l’urgence ou pas d’acheter une trottinette pour rejoindre nos prochaines Tenues… et voici la fin du monde des bisounours spéculatifs.
Tous les ans, les autorités dénombrent pas moins d’une profanation tous les quatre jours en France. S’agit-il d’actes isolés ou de groupes organisés qui assouvissent ainsi leur passion pour le diable ? Car les sigles satanistes se retrouvent de plus en plus souvent sur les tombes des cimetières ou à l’intérieur des églises. Quel est l’objectif de ces profanations ? Nous avons tenté de mieux comprendre ce courant aux sombres aspirations. Réalisateur : Bruno Joucla, Thierry Vincent.
La commission Europe de la Fédération française de l’Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN organise une conférence publique à Strasbourg le mercredi 9 novembre 2022 à 19h à l’Hôtel de la Région Grand-Est (1 place Adrien Zeller à Strasbourg), en présence d’Amande PICHEGRU, Grand Maître National.
Intervenants :
Emmanuel Morucci
Emmanuel MORUCCI – Président du Cercle Europe Citoyennetés et Identités (CECI) ;
Bertrand de CORDOUE – Ingénieur général de l’armement, Heads of EU Public Affairs ;
Bertrand de Cordoue
Et Alexis VAHLAS – Maitre de conférences HDR à Sciences Po Strasbourg, ancien conseiller politique de l’OTAN (2003, 2006-2010) et de l’Union européenne (2018-2021).
Dowson Godfrey-Stuart R. Kaplan-Uri Raz-Traduction Naomi Defays
Dervy, 2021, 78 cartes et un livret d’accompagnement de 86 pages, 24,90 €
La traductrice Naomi Defays, n’est pas une inconnue. Ici-même, le 13 octobre dernier, nous vous avions présenté le jeu divinatoire Sub Rosa Lenormandhttps://bit.ly/3VzRCZ2
Nous lui devons aussi, toujours dans ce domaine, Les saisons de la sorcière – Oracle de Samhain, un jeu de 44 cartes et celui de 78 cartes intitulé Coffret Tarot Vintage. Mais a aussi œuvré en traduisant
Le guide énergétique des chakras. Activez vos chakras pour renforcer votre intuition et atteindre la pleine conscience (Éd. Médicis, 2021) et Le guide complet des rituels sacrés. Mantras, prières et rituels magiques pour le corps et l’âme (Éd. Contre-Dires, 2022).
Un tarot hermétique, quèsaco ? Commençons par le Tarot. Toute une histoire !
Le tarot est l’ancêtre de tous les jeux de cartes. Introduit en Europe par les sarrasins lors de l’invasion de l’Italie au Xe siècle, les tarots furent les premières cartes européennes. Le premier jeu connu date de 1379. Mais si, jusqu’à la Renaissance, ils étaient utilisés uniquement pour prédire l’avenir, les tarots ne restèrent pas longtemps l’apanage des cartomanciennes, des mages et des diseuses de bonne aventure. Rappelons qu’à partir de la fin du XVIIIe siècle, le tarot possède également un usage occulte et mystique. Mais le tarot reste surtout un jeu dont le succès persiste depuis maintenant plus de cinq siècles.
Le mot tarot vient de l’italien « torocco » ; mais là commence le mystère. D’aucuns ont avancé que le mot dérivait de « rota, la roue », ce symbole du destin. Pour d’autres, il viendrait de tora ou torah, la loi hébraïque. On a pensé également à un terme égyptien désignant le chemin de la vie et à un mot grec pouvant se rapporter à l’ornementation du dos de ces cartes fait de compartiment en grisaille.
Quant à l’hermétisme, souvent compris comme un savoir occulte ou ésotérique, il s’agit en réalité d’un ensemble de doctrines ésotériques qui sont censées constituer la révélation du dieu égyptien Thot (auquel les Grecs donnèrent le nom d’Hermès Trismégiste) et qui donnent certaines bases à l’alchimie du Moyen Âge.
Édité sous le titre original de The Hermetic Tarot, en 2006 chez U.S. Games Systems Inc., cette édition française permet, elle-aussi, de comprendre mais surtout de vivre le Tarot intégralement.
En reconnaissance de son importance historique et artistique, les éditions Dervy ont eu la riche idée de rééditer ce jeu de tarot. Les détails et les symboles de chaque carte révèlent de nombreux rouages ésotériques de The Hermetic Order of the Golden Dawn, littéralement l’Ordre hermétique de l’Aube dorée, ancienne société secrète britannique fondée à Londres par William Wynn Westcott en 1888. S’inscrivant dans la mouvance occultiste propre au dernier tiers du XIXe siècle, la Golden Dawn se présentait comme une école consacrée à l’étude des sciences occultes, à leur systématisation, leur organisation et à leur enseignement.
Le livret d’accompagnement, fort de 86 pages, en donne tout un historique en introduction. Un texte que nous devons à Stuart R. Kaplan Les magnifiques et très subtils dessins en noir et blanc de Godfrey Dowson soulignent les attributs astrologiques de l’Aube dorée avec d’autres éléments séphirotiques, angéliques, géomantiques, numériques et kabbalistiques. Les 78 cartes présentent un niveau de détail important mettant en évidence un symbolisme puissant.
Associé à la plume de Godfrey Dowson, ils définissent ce Tarot hermétique comme une peinture symbolique parfaite du cosmos vue à travers les yeux de l’être humain. Également reflet de nombreuses facettes de l’individu dans son environnement, le Tarot est finalement un miroir de la réalité. Sa structure est en fondée sur les 4 éléments, les phénomènes célestes, la Kabbale sainte et la psychologie pouvant mener les initiés au plus profond de leur conscience physique et intuitive. Tant pour les arcanes majeurs, au nombre de 22, que pour les arcanes mineurs, les auteurs en donnent une description ainsi que leur signification, même inversée. Notons qu’en page 2, un synthétique tableau reprend les symboles élémentaires et astrologiques. Le guide s’accompagne d’un mode d’emploi du tirage et de lecture des cartes.
Car il existe de nombreuses méthodes en matière de tirage en matière de Tarot divinatoire, l’une des plus répandues étant celui de la croix celtique. Un exercice se pratiquant avec 10 cartes. Nous trouvons, en fin de livret, un diagramme des dix sphères et des 22 lettres hébraïques des 22 chemins de l’arbre de vie. Des cartes (6,9 x 11,7 cm) qui donnent, peut-être, des clés pour entrer dans le monde angéliques, numériques et cabalistiques de l’Ordre hermétique de l’Aube dorée.
Dans la Grèce antique, les dieux étaient souvent barbus, comme plus tard Charlemagne, « l’Empereur à la barbe fleurie ». Ces guides spirituels arboraient ainsi leur puissance et leur verdeur aux yeux des fidèles. Dans la cité avoir une barbe conforme aux normes en vigueur faisait partie d’une existence civilisée et la barbe, pour les citoyens, n’était pas seulement le signe distinctif de l’élite guerrière ou de la noblesse, mais elle symbolisait la sagesse des philosophes.
En un mot la barbe impressionnait !
Selon certains, les philosophes auraient même cherché par là à inspirer confiance à ceux qui écoutaient leurs discours !
De fait Socrate le plus célèbre d’entr’eux – et qui avait un visage fort laid – portait une barbe épaisse et n’attachait guère d’importance à l’esthétisme de son allure : il déambulait en effet dans les rues, été comme hiver, avec un vieux manteau ou vêtu d’une simple peau de mouton. Il est vrai que de son propre aveu il n’était pas très riche et que sa femme était plutôt avare de l’argent du ménage. On peut comprendre qu’il ne perdait pas trop temps chez le barbier et qu’il préférait aller de‑ci de‑là, dans les rues ou à l’agora, provoquer ses contemporains pour rechercher la vérité.
Il n’en allait pas de la sorte des sophistes ! Ceux-ci fréquentaient de belles villas dont les propriétaires sollicitaient leurs leçons et conseils pour eux ou pour leurs enfants en les rétribuant ensuite de manière conséquente. Les sophistes disposaient dès lors de ressources suffisantes pour soigner leurs apparences et rendre hommage à la beauté. Ainsi, dans le langage et les métaphores sur le corps, à cette époque, une barbe bien dégagée du bord inférieur de la lèvre et bien peignée, voire ondulée, faisait des barbes superbes témoignant au-delà de la masculinité, d’une force de caractère et d’intelligence en équilibre avec l’harmonie cosmique …
Épicure et ses disciples prenaient aussi grand soin de leur corps : ce soin n’allait-il pas de pair avec le soin de l’âme, l’un et l’autre participant de la recherche du plaisir, du bonheur et du contentement de soi ?
Quant à Aristote l’affaire était entendue. La barbe disait l’Homme ! Et il répondait à la question « Pourquoi les femmes ne portent elles pas de barbe ? « Parce qu’elles manquent de chaleur ! » Toutefois il montrait de la curiosité envers les femmes à barbe : « un mystère de la nature ! »
Plus tard, chez les Romains, le poète Ovide, dès le Livre I de L’Art d’Aimer, recommandait : « Que tes cheveux, mal taillés, ne se hérissent pas sur ta tête ; mais qu’une main savante coupe et ta chevelure et ta barbe ». («sit coma, sit trista barba resecta manu »).
Alors que penser de cette histoire qui courait à Athènes où chacun savait bien qui était qui ?
Elle raconte qu’un philosophe se rendit un jour chez le barbier, comptant sans doute sur ce moment de calme pour méditer les arguments de sa prochaine leçon. L’homme de l’art lui présenta la coupe de sa barbe en ces termes :
« La barbe, la désirez-vous enroulée, bouclée, peignée, taillée en pointe, fleurie, épicée, huilée, pommadée ? Je peux vous la graisser à la cire d’abeille, la teindre au safran… à moins que, un peu de… Dites je la coupe comment ?
« En silence ! » répondit le philosophe de la Cité.
On s’interroge encore : l’art du silence est-il bien celui qu’il convient pour couper en quatre les poils de trop ?
Source : Contes des sages de la Grèce Antique ; Patrick Fisshmann. Ed Seuil
MARIE-DOMINIQUE MASSONI est directrice de la rédaction de ce cahier HERMÈS. Elle est ancienne directrice de la collection VOIX D’INITIÉES. Elle préside aux travaux de la Loge Nationale de Recherche « BATHILDE VERITÉ » de la Grande Loge Féminine de France. Autrice de plus de vingt ouvrages dans le domaine de la poésie et de l’Art, elle est également secrétaire de rédaction du Maillon de la chaîne maçonnique chez l’éditeur Detrad chez qui elle a publié en 2015 : Du Féminin et de sa quête en Franc-Maçonnerie(Prix littéraire de l’Institut Maçonnique de France 2015, catégorie « Essais-Symbolisme »). Elle a également publié QUE LA BEAUTÉ L’ORNE aux éditions Numérilivre.
Récemment élue présidente de la fraternelle des écrivains, journalistes et éditeurs maçonnique , Marie-Dominique répond à nos questions sur le récent cahier
HERMES OU LA FORTUNE D’UN NOM
Le CAHIER HERMÈS
Partant du constat que certains rituels contemporains contenaient des reliquats d’HERMÉTISME, ce cahier aura décidé de suivre le facétieux Hermès (Noëlle Martin et Françoise Sabadell) – Y a-t-il eu un prédécesseur MARDUK de HERMÈS (Sophie Mondoré) Quid des tables d’émeraude d’Hortulain ? (Mireille Palson–Beaunier & Sophie Mondoré) Quelles étaient les attribution de THOT le Hermès égyptien ? (Françoise Moreillon) Hermès trimégiste s’est fait le conducteur de ceux qui cherchent la lumière de la connaissance comme Poïmandrès, reconnu parfois comme source de religions et philosophies mystiques (Noëlle Martin)- La Table d’émeraude nous révèle quelques secrets (Sophie Mondoré) – Quelle poésie du COSMOS en Alexandrie ? (Francine Greiveldinger) Que penser des 4 éléments ? ( Françoise Sabadell ) Et nous remontons , entre autres, et historiquement à la duchesse Bathilde d’Orléans, citoyenne vérité qui s’est mise au service de la pensée libre (Francoise Moreillon) L’interview vidéo abordera les travaux spécifiques sur le foisonnement d’hermès, le héros Asclépius et les femmes alchimistes d’Alexandrie (Marie- Dominique Massoni)
Les supports de réflexion du franc-maçon, de la franc-maçonne, sont d’abord les contenus des rites : rituels, mythes, allégories, symboles, légendes. Ce sont des outils, des boussoles pour nous orienter sur le territoire. Mais pas le territoire ! Ils nous donnent le sens et du sens, mais pas la réalité ! Encore moins le réel, ni la vérité ! Il s’agit donc de faire entrer en résonance leurs logiques et leurs morales – si elles sont adaptables – avec une société des hommes et des femmes en pleine mutation. Pour y vivre ensemble le mieux possible !
Les valeurs morales
L’expérience de la vie nous apprend qu’il y a autant de logiques et de morales, que de sociétés et d’époques, c’est à dire de philosophies et de points de vue! A l’école, entre quatre murs protecteurs et devant le tableau noir de notre enfance ces mots étaient inoffensifs : Nous faisions de l’analyse logique après la dictée, la pensée du jour (« bien mal acquis ne profite jamais ! ») nous servait de leçon de morale. Et la preuve par neuf nous montrait que notre raisonnement arithmétique « tombait juste ». Voire que la vérité était dans les chiffres!
C’est en quittant l’école que tout a changé, pour ne pas dire que tout s’est gâté! Adultes devenus, nous constatons que le « camarade de classe » c’est maintenant « l’Autre » dans sa grande diversité signifiante et agissante (ethnies, coutumes, religions, individualismes, hiérarchies de dominance, etc.) et qu’il faut – malgré ces différences et contraintes – « vivre ensemble » sur la planète. Facile à dire avec des mots choisis, difficile à faire avec des actes positifs!
A partir de mon vécu des années 1930/40, je retiens qu’une partie importante d’un grand pays comme l’Allemagne, éduqué et cultivé s’il en est, suit alors dans un bel élan patriotique le raisonnement d’un fou furieux ! Celui-ci, le sinistre Hitler, met dans l’entonnoir de la logique tous les paramètres « normatifs » qui lui conviennent (revanche de la guerre précédente, difficultés économiques, pureté de la race aryenne à protéger, etc.), pour recueillir à la sortie, une épouvantable « rationalisation » qui lui apparaît pourtant « naturelle » : l’extermination des juifs ! Heidegger, l’un des plus grands philosophes du XXème siècle, que l’on peut supposer intelligent, adhère à cet antisémitisme! Sa compagne de route, Hannah Arendt, philosophe talentueuse elle- même, ouvre les yeux à temps et bifurque pour décrire ce que, effarée, elle découvre : la banalité du mal. Dit autrement, il est tout à fait logique de tuer son semblable quand on en reçoit l’ordre d’un supérieur et que l’on est obéissant et scrupuleux. C’est normal, banal, on ne fait que son devoir (encore un mot dont il faut se méfier, n’en déplaise à Kant!) La logique et la morale détruisent ici tout discernement!
Les convoyeurs et les exécutants de l’holocauste avaient aussi une logique : « Mon honneur est ma fidélité ». De leur côté, les militaires nazis portaient un ceinturon – à hauteur de mes yeux de gamin – dont la boucle arborait leur morale : Gott mit uns (Dieu avec nous). Bilan en 1945 de ces logiques et morale funestes : 6 millions de morts. Il est aisé de comprendre que l’on puisse se méfier aujourd’hui de ces deux mots…qui n’auraient peut-être jamais dû quitter la salle de classe! Croire que les doctrines, l’instruction et le progrès peuvent seuls parfaire l’Homme est la grande illusion des Lumières….et des francs-maçons! Parce que l’Homme est autant capable de détestation et d’égoïsme, que de bonté et d’amour, il nous reste, pour éliminer (en tout cas réduire) notre part d’ombre, encore et toujours, à apprendre et mettre en pratique LA LIBERTÉ, L’EGALITÉ, LA FRATERNITÉ.
Alors que l’islamisme est en train de prendre le relais du nazisme, alors que, contre toute attente, divers gouvernements étrangers songent au XXIème siècle à interdire la franc-maçonnerie, quelques grandes obédiences maçonniques françaises, ont aussi leur logique et leur morale. Celles-ci devraient être précisément et totalement axées sur les dangers qui menacent les francs-maçons, plus que jamais invités à être unis, toutes organisations confondues et les coudes serrés.
Or, que constate-t-on avec, il faut le dire, une grande stupéfaction ?! Ivres d’une puissance factice, lesdites obédiences – le plus souvent sous la pression des Suprêmes Conseils auxquels elles sont reliées – cultivent les interdits et, partant, n’ont jamais été aussi « clôturantes » pour leurs membres ! C’est à dire, qu’au titre d’un « marché captif » (gestion financière oblige) – et contre la liberté d’association – elles prohibent toute autre appartenance hors de leur champ, entravant ainsi la transmission, donc l’étendue de la trilogie républicaine. A un moment où celle-ci n’a jamais été autant nécessaire, pour ne pas dire vitale!
En termes de valeurs morales, la jeune génération d’initiés (es) qui n’a pas connu le fascisme doit refuser net cette conduite fautive. Encore faut-il qu’elle soit informée ! Aux Maîtres de loges, aux Surveillants de dispenser cette information, aussi importante que les rituels ! D’urgence !
Les valeurs spirituelles
Dans l’univers maçonnique, le mot « spiritualité » comporte certainement autant de définitions qu’il y a de francs-maçons ! De la vie de l’esprit, tel que le philosophe Hegel le définit, à la conscience et à la connaissance de soi. De la transcendance à la quête de sens. Rappelons encore une fois que ce vocable appartient à la famille latine spir, (respiration, inspiration, expiration). Partant, il évoque étymologiquement le souffle. C’est à dire la vie !
Précisément, ce « souffle de l’esprit » génère aux 18 et 19ème siècles, une maçonnerie spéculative qui se déploie successivement en trois spiritualités. La première, théiste, est portée par la foi révélée. La seconde, déiste, aspire à la sagesse, à la force et à la beauté. La troisième, laïque, est inspirée par la liberté, l’égalité, la fraternité.
En vérité, les frontières philosophiques sont ténues entre ces diverses obédiences et juridictions. Elles partagent aujourd’hui des valeurs spirituelles qui se rejoignent. Le maçon, la maçonne, tout en construisant leur temple intérieur, participent à la construction du même Temple de l’Humanité. Quels que soient le rite et les rituels pratiqués. Dès lors, il est surprenant que ces organisations entretiennent, comme à plaisir, d’interminables disputes – plus haut signalées – autour d’une chimérique « régularité », ou du silencieux Grand Architecte de l’Univers. Et qui nuisent ainsi à l’harmonie de l’Ordre maçonnique. Les scissions qu’elles entraînent, avec à chaque fois l’espoir d’un climat apaisé, d’un sang neuf, d’une parole neuve, devraient parvenir à éradiquer ce « conflit génétique ». Or, il n’en est rien : les ego boursoufflés des dignitaires, leur jouissance d’interdire, surpassent les considérations philosophiques! Ces formes « d’excommunications » sont navrantes en ce qu’elles empêchent les « inter-visites », donc les rencontres entre francs-maçons. Autant d’échanges humains perdus !
Trop souvent, l’obédience et le Suprême Conseil, enivrés d’eux-mêmes, ordonnent imposent, interdisent aux loges, alors qu’ils devraient – c’est leur rôle même – assister, conseiller, permettre. Ce rapport inversé est aussi une manière de montrer leur pouvoir aux autres « puissances » maçonniques. Or, en quoi des Constitutions, règlements, arrêtés, patentes, à géométrie variable donc modifiables à merci, permettraient d’affirmer une authenticité supérieure à des documents d’une autre association, « confectionnés » pareillement ?! Il y a quelque chose d’infantile dans ces tristes jeux psychologiques. Même si elle entame son quatrième siècle, la maçonnerie est encore très jeune ! D’aucuns diront que les conflits et les crises sont formateurs, donc nécessaires. A suivre!
Mais dans ces conditions, il ne faut pas s’étonner que le fait maçonnique soit absent du milieu académique quand le fait religieux, lui y est étudié et enseigné. Et que ces querelles de clochers nuisibles à l’image de marque, intéressent davantage les magazines Grand Public que l’anthropologie et la sociologie. Et qu’enfin la philosophie – à laquelle la franc-maçonnerie doit tant – reste muette à son sujet ! Certes, les philosophes de renom viennent volontiers donner des conférences dans les obédiences…mais ils ne la citent pratiquement jamais dans leurs livres, ne voulant sans doute pas être soupçonnés d’en faire partie !
C’est bien dommage, car la franc-maçonnerie – au-delà de la « volonté capricieuse et rétrograde d’empêchement » de certains de ses dignitaires – explore des domaines de « la vie de l’esprit » qui méritent l’attention des chercheurs en sciences humaines. Et par conséquent, invite à l’ouverture et à l’union en ce début du XXIème siècle.
Une des rares universitaires qui approche sans préjugés la sphère maçonnique, Céline Bryon-Portet, a bien repéré ses thématiques originales. Qu’il s’agisse de l’histoire de l’Ordre (son syncrétisme à partir de ses emprunts aux traditions méditerranéennes) ; de sa sociabilité particulière marquée aujourd’hui par le passage du secret au discret ; de son système de recrutement, avec sa fameuse épreuve du bandeau ; de la sémiotique, productrice de signes et d’une gestuelle singulière ; de la dramatisation mise en œuvre lors du processus initiatique et la période de silence imposée à l’apprenti (e), ainsi invité à l’introspection ; des prises de parole obligatoirement « triangulaire » des membres (relayées par le Surveillant et autorisées par le Vénérable Maître); de la communication extérieure enfin, qui, en plus des prestations télévisuelles et radiophoniques, des expositions et des conférences publiques, utilise le média Internet pour véhiculer les valeurs spirituelles de la maçonnerie. L’articulation de cette « construction spirituelle » dégage-t-elle pour autant une « culture maçonnique » ? Les conservateurs, crispés sur la tradition, en sont persuadés, les progressistes, partisans d’un « allègement rituélique », beaucoup moins ! Pour eux, elle reste à créer.
Si l’information institutionnelle met mieux en lumière aujourd’hui lesdites valeurs morales et spirituelles prônées par l’Art royal – par voie de presse, radio et télévision – il convient de remarquer que les blogs, forums et autres sites Internet qui libèrent la parole des initiés tempèrent de leur côté les enthousiasmes excessifs. Ces « voix de l’intérieur » peuvent apparaître dérangeantes mais ne sont-elles pas dans leur rôle quand elles alertent sur le fonctionnarisme obédientiel et juridictionnel grandissant ? La spiritualité a besoin de ciel bleu, pas de barreaux !
Les valeurs existentielles
Nous venons de voir que, en termes de valeurs – profanes et maçonniques, il faut s’entendre – comme toujours – sur le sens des mots…à même de devenir des maux ! Les valeurs morales concernent avec le respect en premier lieu, le vrai, le bien et le beau, le souci de l’autre, bref, la générosité, la bonté. Mais elles peuvent constituer aussi le détestable, le mauvais, le mal, contre l’autre, bref, la méchanceté. Question de points de vue, d’intentions. Et d’actions !
De leur côté, les valeurs spirituelles sont à considérer avec ou sans Dieu. Avec ou sans religion. Il en est de même pour la spiritualité maçonnique, déiste ou laïque, selon les options.
N’omettons pas ici les valeurs existentielles. Pour leur part, elles évoquent la réalité vécue, le « quotidien » individuel avec son lot de joies certes, mais aussi de tourments divers, personnels, familiaux, professionnels, de problèmes matériels, auxquels s’ajoutent maladies et deuils des êtres chers, qu’il faut assumer. Et qui nous renvoient à notre propre condition en marche, vieillissement puis finitude !
De la sorte, il est intéressant de se demander ici quelles motivations, quels espoirs, peuvent bien inciter un citoyen fatigué le soir venu, à quitter son canapé devant la télévision, pour venir frapper à la porte du temple maçonnique ! La première, nous le savons, est le principe de plaisir en éternel combat avec le principe de réalité. Que lui impose celui-ci ?
Ce que lui montre son écran à longueur de semaines ! : Un monde cataclysmique où tremblements de terre et fleuves en crues déciment des populations, et en même temps, une société humaine qui, sur toute la surface du globe, s’entre-déchire. Nature et culture : Autant de tragédies anxiogènes et « questionnantes » sur l’homo sapiens et sa trajectoire : une course perdue d’avance, une histoire qui finit mal!
Eureka ! La franc-maçonnerie est une des rares sociétés initiatiques occidentales qui, précisément – comme la philosophie – propose devant ce constat négatif, non seulement une « aide à vivre », mais ose aussi aborder cette mort qui nous guette et invite à nous y préparer.
Vaincre la mort, ou plutôt « l’idée de la mort », c’est de fait, adoucir cette certitude et glorifier la vie. Pour la vivre pleinement, telle une éternité, ici et maintenant ! Malgré notre sort, pétris de désirs – donc de curiosité, d’un besoin d’étonnements et de découvertes – nous avons envie de positiver « l’humain ». En quelque sorte de le rendre immortel ! Avec des rencontres joyeuses, à la fois « énergisantes », enrichissantes et rassurantes ! Avec des acquisitions nouvelles transposables dans la cité. Pour partager en groupe les effets bénéfiques de la trilogie républicaine, « Liberté, Egalité, Fraternité », trois valeurs existentielles, s’il en est ! Au vrai, pour trouver du sens à cette vie, à la fois mystérieuse et si précieuse. C’est cette promesse qui nous fait quitter notre canapé !
En termes de Liberté, la promesse est tenue lorsque la liberté d’association (Loi 1901) est respectée, et permet à l’initié(e) de participer, dans la ou les organisations maçonniques de son choix, séparément ou en même temps, à la construction de la société idéale. Elle ne l’est plus, lorsque l’obédience ou la juridiction devient sectaire et « immobilise » ses adhérents avec interdiction d’en sortir ! Ne nous y trompons pas, ce ne sont pas eux qui sortent de la communauté maçonnique mais ladite obédience ou juridiction qui s’en exclue par ses empêchements même !
En termes d’Egalité, la promesse est tenue lorsque l’échelle des degrés est accessible à tous les initié (e). Elle n’est pas tenue lorsqu’elle est réduite à un escabeau qui empêche d’atteindre le degré sommital du rite ! Lorsque le dispositif ne permet plus de s’élever, du vertical il passe à l’horizontal et se transforme en barrière ! Pratiquer un barrage est un délit d’entrave inadmissible et un manquement grave à l’esprit du rite considéré. Quel qu’il soit, il est ouvert, et accessible à tout maçon, toute maçonne digne et désireux (reuse) d’atteindre le terme du chemin.
En termes de Fraternité, la promesse est tenue lorsque la mixité est respectée et que la franc-maçonnerie ajoute effectivement la sororité à la devise républicaine. Elle n’est pas tenue lorsque les décors maçonniques deviennent des grades – donc des «instruments de pouvoir » sélectifs alors qu’ils n’indiquent que les degrés du parcours personnel. Elle n’est pas tenue enfin lorsqu’un frère ou une sœur devient le bouc émissaire d’une loge, et « abandonné (e) » au bord de la route, parce qu’il ou elle refuse allégeance à des règles non conformes aux législations en vigueur. C’est toute la loge qui devrait alors se révolter !
A l’évidence, pour sa survie même, l’Art royal doit se dégager d’une administration obédientielle limitante. Et d’un autoritarisme juridictionnel, producteur d’ego saisis de vertige, parés des titres ronflants du 18ème siècle. Il s’agit de retrouver le concept de loge souveraine. C’est en son sein que se cultivent les fleurs de la liberté, de l’égalité, de la fraternité. Il viendra, le « temps du réveil » : alors s’abaisseront les pont-levis de ces châteaux forts – que sont devenues certaines de ces « puissances » maçonniques – pour permettre communication et communion. Alors et seulement, la franc-maçonnerie pourra prétendre à l’universalité !
De notre confrère brésilien emtempo.com.br – Par Fernanda Lopes
L’action comprenait la distribution de jouets et de cadeaux, de jouets gonflables, de clowns, ainsi qu’un grand déjeuner avec des hot-dogs et du pop-corn.
Manaus (AM) – Suivant l’un des principes de la fraternité : la solidarité. La Grande Loge Maçonnique Esperança e Porvir N°1 a organisé dans la matinée de ce mercredi (12) la troisième édition de l’action en allusion à la Journée des Enfants. L’initiative a eu lieu de 8h à 12h, à l’arrière du temple maçonnique, situé Rua Bernardo Ramos, Nº 118, dans le centre historique.
Fondée le 6 octobre 1872, la Loge maçonnique Esperança e Porvir Nº 1 a achevé jeudi dernier 150 ans d’histoire (6). Avec une longue histoire dans l’état d’Amazonas, les francs-maçons suivent la proposition de rendre l’humanité plus heureuse et plus juste, les membres de la franc-maçonnerie travaillent pour l’amélioration des coutumes, la tolérance, l’égalité, le respect de l’autorité et la croyance de chacun.
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Vénérable Maître du magasin, Antônio Lara Marialva Meireles Rondom Júnior
Suivant ces mêmes prémisses, les francs-maçons d’Amazonas disent rechercher une vie basée sur ces fondamentaux.
Plus de 300 enfants étaient inscrits pour participer à l’action, qui comprenait la distribution de jouets et de cadeaux, de jouets gonflables, de clowns, en plus d’un bon petit déjeuner avec hot-dogs et maïs soufflé. En comptant les parents et les tuteurs, 800 personnes en moyenne ont traversé l’enceinte de la Loge Maçonnique Esperança e Porvir N°1 lors de l’événement.
Selon le Vénérable Maître de la loge, Antônio Lara Marialva Meireles Rondom Júnior, la franc-maçonnerie en Amazonas cherche toujours à mener ces actions efficaces de solidarité envers la population amazonienne la moins favorisée, à travers l’union de ses membres.
« C’est un rendez-vous traditionnel pour les habitants d’Esperança et de Porvir, au cours duquel nous rassemblons les frères, comptons sur plusieurs collaborateurs et promouvons une matinée de grand plaisir. C’est un moment de loisir pour ces enfants qui vivent à proximité de nos magasins. Pratiquement, c’est la même population qui profite de notre Sopão da Esperança qui vient assister à la Journée des enfants. C’est la troisième année que nous promouvons l’événement dans cette dimension et ça va mieux », a-t-il souligné.
Pour Antônio Rondom Júnior, voir la joie sur le visage des enfants et de leurs tuteurs est l’un des meilleurs sentiments dans la réalisation d’actions philanthropiques.
« La franc-maçonnerie vit de cela, puisque l’objectif de la fraternité est de rendre l’humanité heureuse par ces actions philanthropiques, allégeant la souffrance des autres et prêtant main forte à ceux qui ont besoin d’aide. Nous avons fini par profiter de cette joie, nous étions également très heureux de tout cela. Nous sommes tous repartis très excités, c’est un plaisir de pouvoir donner un peu de notre temps pour rendre heureux les gens qui en ont besoin », a-t-il expliqué.
Pour le Maître Maçon et actuel président de la Grande Loge, Felipe dos Anjos Turi, effectuer des actions philanthropiques est toujours un moment de joie et de satisfaction.
Maître maçon et président actuel de la Grande Loge, Felipe dos Anjos Turi
« Dans une autre année, nous avons saisi cette opportunité d’aider, de bénéficier, d’améliorer de plus en plus la journée des enfants. C’est déjà une action que nous faisons chaque année et c’est très important, très gratifiant de voir tous ces enfants, de pouvoir leur redonner de la dignité, du moins le jour de l’enfance. Voir cette joie, cette satisfaction, ce sourire sur le visage de chaque petit enfant qui est ici est gratifiant et satisfaisant », a-t-il déclaré.
Il a également souligné que l’objectif principal de l’initiative est d’améliorer et de renforcer cette action sociale, afin que davantage de personnes cherchent à se mobiliser en faveur de la solidarité et, à travers elle, d’autres apparaissent toujours axées sur le bien de la population amazonienne.
« Nous voulons que les gens autour de nous se sentent motivés pour ajouter, pour améliorer cette action de solidarité et la rendre plus forte et plus solide. Le plus grand et le meilleur principe de la franc-maçonnerie est d’aider ceux qui en ont besoin et nous le faisons sur la base de ces actions sociales. Alors c’est toujours une grande joie, le 6 octobre nous fêtons les 150 ans d’Esperança e Porvir et de la franc-maçonnerie amazonienne. C’est toute une histoire au profit de la population amazonienne », a-t-il partagé.
Traditionnellement, Esperança e Porvir Nº 1 mène des actions à la fin de l’année visant à fournir des paniers alimentaires de base aux familles les plus nécessiteuses et, en plus, tous les jeudis, le groupe se réunit pour effectuer la livraison gratuite de ‘Sopão of Hope’ pour le personnes les plus nécessiteuses. En outre, il existe également des événements sporadiques tels que la fête des mères, au cours desquels des actions philanthropiques ont été menées, telles que les feijoadas.
« Nous allons continuer le Noël maçonnique d’Esperança, que nous faisons aussi chaque année comme action de solidarité et aider de nombreuses personnes, pas seulement les enfants mais toutes les personnes dans le besoin, qui se trouvent dans le centre-ville. Et de l’année de la dernière édition à nos jours. Nous faisons ce petit travail de fourmi et nous nous améliorons de mieux en mieux », a-t-il déclaré.