On vous a tiré les cartes lors de votre dernière soirée et vous en êtes restée bouche-bée ? Vous avez toujours voulu apprendre l’art délicat de la cartomancie ? Vous êtes au bon endroit.
De nos jours, on ne dit pas « faisons une belotte » à l’apéro mais « je te tire les cartes entre deux planches de fromage » : et on ne sait pas vous, mais nous, on trouve ça beau. Encore faut-il avoir un jeu de cartes qui nous corresponde vraiment. Plutôt oracle original ou classique Tarot de Marseille ? Que vous n’ayez jamais tenu des cartes dans vos mains (autres que celles d’un Uno) ou que vous possédiez déjà une belle collection, nous sommes certaines que vous trouverez chaussure à votre pied dans cette sélection aux petits oignons.
COMMENT CHOISIR UN ORACLE OU UN TAROT ?
Quelle différence entre oracle et tarot, quel tarot choisir, une fois renseignée sur le béabas de la cartomancie, vous pouvez démarrer votre shopping. Et côté jeux de cartes, il y a vraiment de quoi vous amuser. La plupart des librairies et enseignes culturelles vendent aujourd’hui de nombreux decks (jeux de cartes), alors impossible de ne pas trouver celui (ou ceux) qu’il vous faut.
Qu’il s’agisse d’une revisite d’un classique comme avec le « Tarot Rider Smith » de Caroline Drogo ou d’une variante animale comme avec le « Tarot du pouvoir des chats » de Thiago Corrêa et Catherine Davidson. Pour celles qui raffolent des interprétations plus « arty », vous trouverez votre bonheur du côté du « Tarot Del Fuego » de Ricardo Cavolo ou encore du « Tarot du bien-être » de Claire Goodchild.
Pour ce qui est des oracles, toutes les excentricités sont permises : oracle de la mer, des autrices célèbres et même des vies antérieures. Peu importe le thème, le tout est de se laisser guider par les images et les symboles, comme pour un test de Rorschach. Attention : tirer les cartes est addictif et vous n’êtes pas à l’abri de quelques achats compulsifs. De rien.
TAROT RIDER WAITE SMITH DE CAROLINE DROGO
LE TAROT DE NÉFERTARI
TAROT LE POUVOIR DES CHATS
TAROT DEL FUEGO
LE TAROT DU BIEN-ÊTRE
L’ORACLE DU TROISIÈME OEIL
L’ORACLE DES VIES ANTÉRIEURES
RUNES : L’ORACLE – LA SAGESSE DES ANCIENS POUR LES QUESTIONS DU QUOTIDIEN
Michel Warnery, pour les lecteurs de 450.fm, n’est pas un inconnu… Nous dirions même qu’il est un frère bien connu du journal !
En effet, le 23 décembre 2021, nous avions publié la recension de son dernier ouvrage Le Roi du Monde – Une élection présidentielle aux USA (Éd. ECE-D, 2020) https://bit.ly/3Uh0bqb
Initié le 25 mars 1959 à la GLNF, Michel Warnery vécut une partie de sa jeunesse en Angleterre, en Allemagne et au Mexique. Ancien élève de l’ESCP Business School (anciennement École supérieure de commerce de Paris), il reprend les activités de l’entreprise familiale et crée sa propre affaire et devient responsable de la diffusion en France de la production d’entreprises allemandes. Admirateur de Kipling et de Gandhi, il a travaillé en France avant de se retirer en ses sources vaudoises puis de revenir vivre à Paris. Après plus de soixante années de pratique ininterrompue de l’Art Royal, tant en France qu’en Suisse – au sein de la Grande Loge Suisse Alpina –, Michel a pratiqué de nombreux rites et a accédé aux grades les plus élevés desdits rites. Il garde un regard amusé sur l’Institution… Diversifié et brillant penseur doublé d’un observateur fin de la société humaine, il a signé plusieurs ouvrages à succès : Le Livre de l’Immortel (Desclée de Brouwer, 1999), Petits Crimes à la Grande Loge (Galodé, 2015), et de L’Auréole des Justes (Les Impliqués éd., 2018).
Il est, par ailleurs, correspondant pour la France du Groupe de Recherche Alina (GRA), association créée à Berne en 1985 et qui a pour but de réunir des frères Maîtres francs-maçons ayant intérêt à la recherche dans les domaines du symbolisme, des rituels, de la philosophie, de l’histoire, de la littérature et de l’art, mais aussi de la prospective en Franc-maçonnerie. Le GRA publie la revue Masonica. En juin dernier, elle fêtait son 50e numéro, un spécial jubilé !
Souvenons-nous aussi de son rocambolesque roman, préfacé par Roger Dachez, Règlements de comptes à la Grande Loge (Cépaduès, 2016). Nous dirions maintenant un thriller ésotérique, dont l’action se déroule au sein d’une grande obédience maçonnique. Un pamphlet ironique d’une situation possible pouvant survenir à tout moment dans une communauté humaine, avec ses faiblesses et ses forces… Un récit où toute ressemblance avec des personnages existants ne serait pas purement fortuite !
Notre très cher et bien-aimé frère Michel souhaite nous offrir son travail sur « Il était une fois la Grande Bretagne ». Ayant pour sous-titre « Rapport historique entre l’Institution maçonnique et le développement du Royaume Uni à travers le monde, suivi de la création du Commonwealth et celle des États-Unis ». Un sujet historique passionnant.
Johanne Scottu Eriugena
Qu’il soit, ici et maintenant, remercié de ce partage. Une planche – discours ou encore Morceau d’Architecture (selon le rite) – donnée le 3 septembre dernier au sein de la respectable Loge Jean Scot Érigène N° 1000, loge d’études et de recherche de la Grande Loge de France, plus ancienne loge de recherche car créée en 1985. Elle est actuellement dirigée avec maestria par Christophe Bourseiller, journaliste, écrivain et acteur de cinéma et de théâtre.
Voici son travail. Donc, Once upon a time*…
« A.L.G.A.D.L.U. – V.M. & vous tous mes F.F.
Il était une fois la Grande Bretagne.
Je me propose ce matin d’aborder – schématiquement – un sujet historique.
Première remarque : La création de l’institution maçonnique, telle que nous la connaissons et la pratiquons, hic et nunc, est contemporaine du Siècle des Lumières. Je ne vous apprends rien.
Seconde remarque : cette institution est britannique à l’origine.
On est en droit de se poser la question : Pourquoi ?
Je vais essayer de répondre.
Rappelons sommairement qu’à la fin moyen-âge , au XIIe & XIIIe siècle, la scolastique née de la philosophie des Présocratiques, inspira la théologie néotestamentaire et assura le pouvoir de Rome sur l’ensemble de la chrétienté.
C’est aussi l’époque où les contributions financières privées permettent l’édification des cathédrales gothiques en Europe. Ne regrettons rien , cela valait la peine.
Souvenons-nous aussi qu’une large majorité des peuples européens est inculte, analphabète, et que l’enseignement de l’Église doit être à sa portée.
Ainsi voyons-nous des représentations dessinées sous forme de vitraux étincelants sur lesquels apparaissent les scénographies sacrées inspirées de la Bible ; rappelons au passage la célèbre tapisserie de Bayeux, illustrant le débarquement en Angleterre de Guillaume, duc de Normandie et qui est une « bande dessinée » brodée, de 70 m. de long sur 50 cm. de hauteur, une des plus célèbres de l’Histoire.
C’est encore donc l’époque où le clergé de l’Église dirige, encadre des esprits simples, juge du bien et du mal, reçoit les « pêcheurs » en confession et laisse entrevoir un espoir de rédemption, pratique qui doit avoir pour effet de moraliser les comportements.
Jusque-là, rien de répréhensible, bien au contraire.
Le temps passe…
Nous sommes maintenant, à la fin du Moyen Âge et à l’orée de la Renaissance.
L’Église romaine, toujours omniprésente, bénéficie de dons qui lui permettent de financer ses investissements et ses dépenses. On le comprend.
En 1508, au début du XVIe siècle, à l’emplacement où avaient été édifiés au IVe siècle le cirque de Néron et de Caligula, à Rome, et où les premiers pèlerins venaient rendre un culte à Saint Pierre, le chantier de la basilique de Saint Pierre de Rome est ouvert à l’initiative de l’empereur Constantin 1er qui voit là une façon d’asseoir son pouvoir sous couvert de propager la foi chrétienne.
Bien entendu, on nous raconte que Constantin avait eu un rêve : Le Christ lui garantissait la victoire dans ses entreprises s’il combattait en chrétien. On n’a jamais lu nulle part dans le Nouveau Testament le Christ encourager à la guerre. Mais là encore passons…
La nécessité financière d’une telle entreprise – celle de l’édification de Saint Pierre de Rome – implique une levée de fonds et l’Église qui appellera à la générosité des Chrétiens en échange de laquelle Elle se montrera indulgente lors de la confession des péchés des gens fortunés. C’est ce qu’on appellera le commerce des « indulgences ».
United Grand Lodge of England
Là, c’en est trop. L’Église régulière s’oppose à l’Église séculière et un frère augustinien se révolte. Martin Luther affiche sur les portes de l’église de Wittenberg, petite ville de Saxe Anhalt, ses 95 thèses qui seront le détonateur de la Réforme. Nous sommes en octobre 1517.
Pendant ce temps, que se passe-t-il de l’autre côté de la Manche ?
Au début du XVI° siècle, en 1509, le truculent et sanglant Henri VIII est couronné.
A la suite de difficultés matrimoniales qu’il ne convient pas de détailler ici, le roi se sépare de Rome, renie la religion catholique et fonde la sienne propre dont il devient le chef, remettant toutefois le pouvoir exécutif à l’archevêque de Canterbury.
L’Histoire de la Grande Bretagne devient tumultueuse.
Elle est ponctuée de conflits permanents entre l’Angleterre et l’Écosse. Qu’ils soient religieux, culturels ou politiques.
Un siècle plus tard, Cromwell tentera une révolution démocratique qui échouera laissant place au retour d’une royauté contrôlée par un Parlement donnant le pouvoir au peuple.
C’est un changement radical. Nous allons tenter de voir pourquoi, et surtout où cela conduit.
Rappelons juste que ladite Grande Bretagne se compose de quatre entités : l’Angleterre, l’Écosse, l’Irlande et le Pays de Galles.
L’île d’Irlande, elle, est un monde à part. Séparée en deux, c’est devenu – beaucoup plus tard – au sud une république, depuis 1937, et qui est depuis 1973 membre de l’Union européenne, alors qu’au nord, l’Ulster reste membre du Royaume Uni.
Le temps nous manque pour évoquer ici et tenter de comprendre l’inextricable complexité confessionnelle, politique, culturelle des composantes de ce qu’il est convenu d’appeler paradoxalement le Royaume Uni.
Toutefois remarquons que certains esprits éclairés ont trouvé le moyen de concilier cet ensemble hétéroclite.
Ce sont ceux qui, dès le début du XVII° siècle, d’abord en Écosse, puis en Angleterre, ont conçu l’esprit de ce qui sera une Société où l’on simulera le mythe de la mort et de la résurrection symboliques du vieil homme devenant ainsi l’homme nouveau. Catharsis nécessaire à l’ouverture de la pensée.
Édimbourg
La Franc-Maçonnerie est née, et cette partie du rituel – la mort symbolique d’Hiram et la renaissance de l’impétrant -, ce moment fondamental du rite, quels que soient les rituels, devient le point central de la quête maçonnique.
Il y aura un avant et un après la mort d’Hiram, en l’occurrence, de l’impétrant. Mort symbolique s’entend.
Après avoir été frappé au front et tué, « le maître est retrouvé et il reparaît aussi radieux que jamais ».
Cette remarque est fondamentale, c’est la clé de voûte de la Franc-maçonnerie.
Il s’agit bien là de la Renaissance de l’être nouveau.
Grande Loge d’Écosse
Ces réunions d’hommes ou de femmes, quels que soient leur situation personnelle, leur religion, la couleur de leur peau, leur appartenance politique, ne se sépareront plus avant d’avoir formé la chaîne d’union qui en fait des frères, quel que soit l’endroit sur la terre où ils se seraient réunis.
De ce symbole très fort est né la Franc-Maçonnerie en Grande Bretagne.
Que cette institution ait été créée là où les conflits politiques, culturels ou religieux n’ont pratiquement jamais cessé de faire couler le sang, peut sembler, en effet, paradoxal, mais elle est au contraire le résultat d’une prise conscience de l’inanité de ces conflits qui opposèrent les êtres humains de cette nation hétéroclite, et plus spécialement de la situation politique qui en résultait.
La meilleure définition de la Franc-Maçonnerie, à mon avis, nous est donnée dans le rituel d’instruction du 1er degré du R.E.A.A. tel qu’il est pratiqué à la G.L.N.F., obédience toujours reconnue par la G.L.U.A. : « C’est une Alliance Universelle d’hommes éclairés, groupés pour travailler ensemble au perfectionnement intellectuel et moral de l’humanité ».
On a tout dit.
L’esprit de la Franc-Maçonnerie a, dès lors, imprégné la philosophie de la Grande Bretagne.
Et c’est en effet à partir du début du XVIIe siècle que ce petit archipel européen est sur le chemin de devenir la première puissance mondiale.
Je pense qu’il n’y a là pas de hasard.
Qu’on en juge et qu’on se souvienne du fameux « Coup de Trafalgar » qui fut en 1805 à l’origine de la chute de Napoléon 1er.
Après avoir vaincu l’Espagne et la France sur les mers, la Grande Bretagne partira à la conquête du monde.
Commonwealth
Il n’y a pas d’autres solutions pour une nation insulaire que celle de posséder la marine la plus puissante, et la conquête des pays qui formeront plus tard le Commonwealth est dès lors engagée.
Cette domination planétaire, le Commonwealth, est constitué de cinquante-quatre États dont le souverain britannique est le roi ou la reine, qu’il couvre quelques trente millions de km², qu’il est peuplé de plus ou moins deux milliards six cents millions d’habitants et qu’on s’y exprime en langue anglaise, (même si un nombre considérable de vernaculaires locaux sont naturellement utilisés).
Nous pourrions y ajouter les États-Unis d’Amérique du nord, imprégnés d’esprit britannique, même si une grande partie de sa population est d’origine diverse (européenne, africaine ou asiatique). Les premiers mots de sa Constitution sont : « We, the people ». Il s’agit donc bien d’une démocratie (autorité du peuple), qui plus est, de langue anglaise.
Certes, il serait erroné de croire que cette conquête aurait été le fruit de l’altruisme ou de la générosité des Britanniques. Cependant, c’est avec ces pays qui n’ont, pour la plupart, aucune structure démocratique que les Britanniques entreront en rapport étroit et durable et leur imprimeront leurs institutions… certes pas gratuitement puisqu’il s’agissait aussi de faire des affaires.
Après, les Britanniques poursuivront par la création d’un certain nombre de think tanks (groupes de réflexion), comme nous disons aujourd’hui : The Millner Group, la Table ronde au sein desquels nous trouvons de nombreux Francs-Maçons qui s’appliqueront à instituer une forme d’Humanisme moderne d’où toutes formes de politique ou d’appartenance religieuse seront exclues et qui contribueront à la création de l’Empire britannique, lequel deviendra une structure confédérale en 1931, revue sous sa forme actuelle en 1941, la seconde guerre mondiale n’y étant pas étrangère.
Dès lors, « l’Esprit » de la Franc-Maçonnerie imprimera de manière sous-jacente l’ensemble des États constitutifs de cette totalité, fortement imprimé de culture britannique. Tous les pays du Commonwealth créeront des Grandes Loges où seront initiés les dignitaires locaux.
La Franc-Maçonnerie aura ainsi une influence sous-jacente, indirecte, comme antidote à l’acharnement des nations dites unies à s’étriper gaillardement.
De manière sous-jacente aussi, l’Esprit de la Franc-Maçonnerie aura imprégné le comportement des Britanniques dans le monde.
Dans un excellent ouvrage publié en anglais : « Builders of Empire : Freemasons and British Imperialism 1717-1927 » , on peut lire ce passage introductif, tel que je l’ai traduit de l’original :
Sydney, Australie
« En 1827, un certain John Stephen, officier de police, avait émigré en Nouvelle Galles du sud, à Sydney, moins d’une année auparavant. Pendant ce temps, dans une lettre, il remarquait que, devant l’afflux quasi quotidien d’immigrants venus d’Angleterre qui avaient été admis dans des loges, beaucoup d’entre eux s’étaient trouvés devant la nécessité d’être soutenus en qualité de voyageurs. De ce point de vue, la Franc-Maçonnerie avait acquis la réputation d’être une institution qui offrait à ses membres un passeport pour d’innombrables bénéfices rendus dans toutes les parties de l’Empire et, en vérité, dans le monde entier. Dans un second temps, Stephen prît conscience que cette fraternité avait un rôle à jouer pour renforcer l’Empire britannique. Bien que ce qu’écrivait Stephen concernait cette partie particulière de l’Empire. Il s’agit là de l’Australie, bien sûr.
Ainsi, dès le milieu du 18ème siècle, la fraternité devint une institution globale. Une par une, les loges s’implantèrent à travers les Îles britanniques, l’Europe, l’Empire britannique atlantique et bientôt plus largement au monde entier.
Freemasons’ Hall, London
En 1752, les Grandes Loges d’Angleterre, d’Écosse, et d’Irlande avaient reconnu des loges au Bengale, à Gibraltar, en Pennsylvanie, en Nouvelle Écosse, à New-York, au Newfoundland, en Turquie, à Rhode Island et au Connecticut.
Des Grands Maîtres provinciaux furent mandatés aux East-Indies, aux colonies d’Amérique du Nord, Montserrat, Antigua, Barbados et la Jamaïque.
Dans la seconde moitié du siècle, d’autres loges furent créées. Pendant ce temps, la Maçonnerie s’était répandue en dehors de l’Empire : en Guyane hollandaise, en Afrique du sud, à Sumatra, en Chine, en Floride, à Ceylan, en Argentine.
Elle s’était aussi étendue en Europe sous ses différentes formes dans l’empire français, les Pays-Bas, l’Espagne et le Portugal. »
Dès lors, la Maçonnerie devient universellement un lien fraternel et humaniste empathique dont les textes rituels doivent être compris de façon anagogique, c’est-à-dire en dépassant le sens littéral pour accéder à un sens spirituel.
Dieu, Grand Architecte de l’Univers, dans une enluminure médiévale (c. 1250)
La Franc-Maçonnerie devient ainsi une religion (dans le sens de relier) internationale, humaniste et spirituelle, indépendante de toute confession et reconnaissant le Créateur sous la forme indéfinie de G.A.D.L.U.
Afin de tenter de répondre à la question posée au début de cette étude : « Pourquoi la Franc-Maçonnerie est-elle essentiellement britannique ? », je dirais tout d’abord qu’elle est liée directement à l’expansion de cette nation dans le monde au XVIII° & XIX° siècles.
Les sociétés, organisations, ou Groupes de réflexion britanniques, tels que : The round table, the Council of foreign relations, the Center for public Integrity qui rassemblaient les élites des pays y participant, universitaires devenus personnalités politiques, lesquels inspirèrent le développement du Commonwealth furent, dans leur grande majorité, des hommes initiés dans l’esprit de la fraternité universelle, autrement dit des Francs-Maçons.
Blason GL d’Irlande
Il serait inutile et lassant de tous les citer. Juste quelques noms qui pourraient vous être familiers : Lord Rothschild, Winston Churchill, Franklin Roosevelt et bien d’autres Présidents des États-Unis, mais aussi d’autres personnages qui jouèrent un rôle édifiant dans la construction de l’Empire britannique, que ce soit sous son aspect politique en implantant la démocratie et le parlementarisme dans les pays conquis, que sous son aspect économique.
Je recommande à ceux que cela intéresse un livre publié hélas en anglais : « Builders of Empire » et, hélas, pas encore traduit.
Je vous donne la traduction de la quatrième de couverture descriptive de l’ouvrage :
Dans cette première étude de la relation entre la Franc-Maçonnerie et l’impérialisme britannique, l’auteur emmène le lecteur dans un voyage à travers deux siècles et cinq continents, démontrant que, dès lors qu’elle quitta les rivages de la Grande Bretagne, la Franc-Maçonnerie fut à l’origine de la cohésion de l’Empire britannique. Alors qu’elle s’étendit en Europe, dans les Amériques, en Asie, en Australie et en Afrique, les prétentions du groupe à la fraternité cosmopolite furent mises à l’épreuve. L’auteur examine le rôle de la fraternité de nombreux développements coloniaux et simultanément l’impact de l’Empire sur la fraternité. Dans ce processus, il aborde les questions de la mondialisation, des identités supranationales, du pouvoir impérial, du fraternalisme et de la masculinité.
On peut donc sans crainte affirmer que ce qu’on appelle « l’Esprit » de la Franc-Maçonnerie a eu une influence déterminante sur l’évolution du monde moderne occidental, ainsi que les pays qui furent à un moment ou à un autre sous la tutelle britannique, même si, bien entendu, sa pratique ait pu différer selon les cultures de ces pays…
Collectif – Musée du Compagnonnage de Tours, 2021, 140 pages, 23 €
Avec un format (21×30 cm) supérieur à celui d’un magazine standard et même de qualité supérieure, cette livraison du Musée du Compagnonnage de Tours date du dernier trimestre 2021.
Un numéro 18 de belle facture, à en juger par les plumes qui ont collaboré à cet opus : Virginie Tostain, directrice du musée ; Nicolas Adell, Maître de conférences en notre apologie à l’université de Toulouse – Jean Jaurès ; Jean Philippon, Bordelais, la Constance reçu compagnon cuisinier des Devoirs Unis en 1988 à la cayenne de Lausanne (Suisse) ; Frédéric Thibault, compagnon tailleur de Pierre des Devoirs Unis (Union Compagnonnique), reçu en 2004 sous le nom de Provençal, la Quête du Savoir; Christian Dumolard, diplômé en sciences politiques et en sociologie, passionné par le symbolisme en architecture profane et sacré et Bernard Brangé, passionné par l’histoire de l’art médiéval et responsable des guides ‘’Accueil-Jeunes ‘’ à la cathédrale Notre-Dame de Paris. Mais aussi par un sommaire riche et attrayant :
Virginie Tostain, photo®J-H.Machinal
– Dossier Alphonse Fardin :
Focus « Alphonse Fardin, Normand le Bien Aimé du Tour de France »
Alphonse Fardin, compagnon-poète
L’Ère Nouvelle du Devoir (1854-1889) : histoire d’une scission dans le Compagnonnage des cordonniers-bottiers
– Le testament de Napoléon Gaillard
– Manifeste pour les plaques compagnonniques commémoratives des flèches de Notre-Dame de Paris, de la Sainte-Chapelle et de la cathédrale Sainte-Croix d’Orléans au XIXe siècle
Frédéric Escolle (1815-1902), dit Joli-Cœur de Salernes
24 septembre 1911 : Inauguration du premier musée compagnonnique de Tours
3 décembre 1991 : Disparition de Roger Lecotté
– Quelques nouvelles du musée…
Napoléon Gaillard dit Nîmois le Loyal, compagnon du Devoir
Dans son avant-propos, Virginie Tostain exprime combien l’équipe du musée a, avec bonheur, le plaisir de travailler depuis plus de 50 ans, main dans la main avec les compagnons de tous les Devoirs. Elle est d’ailleurs elle-même rédactrice, en partie, du dossier consacré à Alphonse Fardin
Le temple compagnonnique
(1859-1929), Normand le Bien Aimé du Tour de France, compagnon cordonnier-bottier et membre de l’Académie normande. Le « fonds Fardin » – manuscrits, poèmes, pièces de théâtre, souvenirs du tour de France – est une précieuse donation de Martine Auroy-Nicoud faite au musée. Ce compagnon suit les pas d’Agricol Perdiguier (1805-1875), compagnon menuisier du tour de France dit Avignonnais la Vertu, écrivain et député, du poète, chansonnier et pacifiste Frédéric Escolle (1815-1902), dit Joli-Cœur de Salernes, Compagnon Étranger tailleur de pierre et de Napoléon Louis Guillaumou (1834-1905), qui fut, avant sa carrière politique, comme son père et ses trois frères, compagnon cordonnier du devoir, prenant à son tour la plume et le crayon. Il laisse une magnifique lithographie allégorique du temple compagnonnique.
Fardin, détail du dessin original
En noir et blanc, elle représente un temple compagnonnique avec ses colonnes et son fronton. Sur ce dernier sont représentés les trois fondateurs légendaires du Compagnonnage, à savoir le roi Salomon, le père Soubise et Maître Jacques.
Frédéric Thibault
Sinon, notre attention été retenue par l’article de celui que vous connaissez déjà tous grâce à notre article « Il taille réellement sa pierre, lui ! Son nom… Frédéric THIBAULT » du 22 juillet dernier https://bit.ly/3fsxaZQ.
Napoléon Gaillard
Ici, il nous instruit sur « Le testament de Napoléon Gaillard », cordonnier ayant participé en 1871 à la Commune. Napoléon Gaillard (1815-1900), dit aussi « Gaillard père » ou encore surnommé « Château Gaillard » en raison de sa taille imposante, a participé à l’érection d’une barricade place de la Concorde.
Sinon, près de 55 pages, tel un dossier central – « Manifeste pour les plaques compagnonniques commémoratives des flèches de Notre-Dame de Paris, de la Sainte-Chapelle et de la cathédrale Sainte-Croix d’Orléans au XIXe siècle » – écrit à quatre mains par deux érudits et passionnés que sont Christian Dumolard et Bernard Brangé, nous en livre tous les secrets ou presque… Après une introduction présentant les trois édifices, le premier des quatre chapitres extrait de « L’entrepreneur charpentier Auguste Bellu » – État civil, travaux, restauration de la flèche de la cathédrale Sainte-Croix d’Orléans, puis de celle de la cathédrale Notre-Dame de Paris, des accidents de chantier à Notre-Dame de Paris et d’Auguste Bellu dans le monde. Le deuxième chapitre parle du « Gâcheur Georges ». La définition de ce métier, peu connu contrairement à celui d’architecte, est donnée par Viollet-le-Duc dans son « Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XXIe siècle au XVI e siècle, Tome 9, article « Trait », p. 197 (Paris, Éd. A.Morel, 1863) source, Gallica : « C’est ainsi que l’on désigne l’opération qui consiste à dessiner, grandeur d’exécution, sur une aire, les projections horizontales et verticales, les sections et rabattements des diverses parties d’une construction, de telle sorte que […] le gâcheur (puisse) faire tailler les pièces de bois qui constituent une œuvre de charpenterie. » Quant au troisième chapitre, il nous éclaire sur « Les symboles écrits sur les plaques » puis un dernier que « Le contexte dans lequel s’insèrent ces restaurations ».
Bernard Brangé
Après l’« Éphémérides », les « Quelques nouvelles du musée… » terminent harmonieusement cette remarquable et très belle revue. En rappelant ce qui s’y est passé en 2020- 2021 – nouveaux espaces d’exposition, , l’exposition temporaire « Le Compagnon et son chef-d’œuvre », et pose la question de savoir à quand le nouvel accès est la nouvelle boutique.
Rappelons que les Fragments d’histoire du Compagnonnage sont disponibles à la boutique du musée du compagnonnage de Tours, sur la boutique en ligne du site Internet https://www.museecompagnonnage.fr/boutique/410
Mais attention, les numéros 9, 10, 14 et 15 sont épuisés. Les pages 138 et 139 se font l’écho des sommaires de la revue depuis sa première parution en 1998
Le mot latin *scrupus est concrètement le petit caillou pointu coincé entre la semelle de la sandale et le talon du légionnaire romain. Très désagréable sensation qui ralentit sa marche et l’obnubile au point de ne plus garder le rythme et de le forcer à s’arrêter pour se débarrasser de l’intrus.
Même si le mot est peu employé, le philosophe et penseur politique latin Cicéron (106-43 av. JC.) en infère, au sens figuré, l’angoisse et le souci, dont il affirme (République, 13, 26) qu’en sont taraudés les méchants pleins de malice et de fourberie déchirés de remords, à l’inverse de l’homme de bien, franc et ouvert, qui ne connaît pas la menace de la condamnation et des supplices.
La terminaison *-ulus, -culus sert à former des diminutifs, qu’on retrouve dans minuscule, opercule, animalcule, bascule. Le mot scrupule conserve sa valeur concrète initiale pour désigner la plus petite division d’une unité de mesure. À Rome, la 24e partie de l’heure. C’est aussi le 24e de l’once qui compte 24 grains, par exemple pour peser l’or, dont on conserve l’expression « de l’or à 24 carats ». Chez les apothicaires, on utilise un scrupule de rhubarbe. Comme on dit un soupçon de vinaigre ou une larme d’alcool.
Une petitesse inversement proportionnelle au désagrément qu’elle cause ou stigmatise, dans les expressions figurées.
Par exemple, le « lascar », mot persan et hindi, passé en arabe, désigne les soldats ou marins de mauvaise réputation argotique, peu scrupuleux, vauriens pleins de malice.
On voyait dans les eunuques, en Chine, des mercenaires sans scrupules parce que d’origine humble, qu’il fallait d’autant plus cantonner au palais.
Le scrupule a pris ensuite une acception morale de doute, d’hésitation dans la crainte de commettre une faute, de se montrer malhabile, importun.
Dans l’aire de la faute morale ou religieuse, le mot latin *religio désigne à l’origine le scrupule religieux vis-à-vis des dieux, qui amène à *re-legere, re-cueillir, rassembler, donc reprendre pour un nouveau choix, revenir sur une démarche antérieure. Par scrupule, on cherche à préciser un choix et la démarche qui l’accompagne. D’autant plus délicate et pointilleuse qu’elle s’assortit nécessairement d’une grande sévérité à l’égard de soi-même et des autres. Ce scrupule vous honore, dit-on.
Une correction minutieuse assez peu dans l’air du temps, parce que la lenteur et l’extrême précision ne sont guère au goût du jour.
Comment ne pas conclure avec Jean-Louis Bory qui, en 1973, écrivait dans Ma Moitié d’orange : « Je voudrais résister au complot des forces assoupissantes. Agir comme le caillou dans la chaussure oblige à reconsidérer la chaussure, le pied, la marche. Ecrire, c’est l’art de faire boiter. […] Bref, déranger. »
Légionnaire, caillou, scrupule… La Maçonnerie n’est-elle pas une école de cheminement ?
Annick DROGOU
Remercions le scrupule qui nous tient vivants, qui nous fait complètement humains. Si nous n’avions pas ce petit caillou dans la chaussure, cette écharde dans la chair, nous serions des anges, des créatures gazeuses. Vivent les scrupules qui nous tiennent corps, âme et esprit. Rien de pire qu’un être sans scrupule, dans l’illusion de sa toute-puissance, insouciant de lui-même, insoucieux des autres.
Comme le déboitement de hanche de Jacob après sa lutte avec l’ange, nos boiteries sont des bénédictions. Le scrupule ne doit pas nous empêcher d’avancer. Ne soyons jamais rongés par le scrupule comme par une culpabilité mal vécue. Avant qu’ils nous paralysent, apprivoisons nos scrupules, apprenons à mieux les connaître comme de bons compagnons de route qui nous rappellent sans cesse à la réalité et interdisent l’assoupissement.
Aucun dolorisme dans ce propos, pas de masochisme, mais tout simplement l’acceptation de notre humaine condition. Honneur à ceux qui vivent les petites douleurs de l’âge ou le handicap dans une force de vie et la dignité qui force l’admiration. Ceux-là savent ce que sont les scrupules : des appels à la légèreté, à la délicatesse et au courage. C’est reconnaître que l’autre est sacré, comme l’écrit l’auteur japonais Shusaku Endo, dans son magnifique roman Silence : « Le péché, ce n’est pas de voler et de mentir, c’est, pour un homme, de marcher brutalement sur la vie d’un autre, insoucieux des blessures qu’il laisse derrière lui ». Heureux les scrupuleux, les boiteux qui savent où ils mettent les pieds.
Vous avez dit Naturphilosophie ? Elle désigne un courant de pensée, essentiellement allemand. « Le concept germanique de Naturphilosophie, expression privilégiée du romantisme allemand, n’a pas d’équivalent linguistique en français ou en anglais ». La traduction littérale en français par l’expression « philosophie de la nature » en déformerait le sens, c’est pourquoi il est préférable de conserver son appellation Naturphilosophie non traduite.
Ce courant, dominé par la figure scientifique et philosophique de Schelling, apparaît en Allemagne dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, et se propage ensuite dans le reste de l’Europe, où il reste cependant discret. Ancré dans le contexte du romantisme et de l’idéalisme allemand, il vise à rendre compte de l’intégralité des phénomènes de toute nature, matériels et spirituels, avec l’ambition de dévoiler l’être total de la nature par la remise en cause de la frontière rigide entre la nature et l’esprit. Il s’appuie sur une vision organique et dynamique du monde, se présentant ainsi comme une alternative à la vision atomiste et mécaniste de la science moderne. Selon Antoine Faivre, « on ne peut comprendre la Naturphilosophie qu’en remontant jusqu’à la Physica sacra. Cette dernière est la connaissance de la nature qui présuppose que cette nature porte les signes du divin ».
La Naturphilosophie prétend donner une explication métaphysique aux récentes découvertes de la science, notamment en physique et en biologie. Les Naturphilosophen de l’époque, tels que Oken, disciple de Schelling, vont tenter de rendre compte de phénomènes physiques comme le magnétisme et l’électricité, ou plus tard, de phénomènes biologiques comme celui de la cellule vivante.
Définition du concept de Naturphilosophie
Introduction à l’Esquisse d’un système de la Naturphilosophie, 1799
Selon Gilles Marmasse, la Naturphilosophie « désigne la science romantique de la nature » qui se développe avant tout dans les pays de langue allemande de la fin du xviiie siècle aux années 1830-1840. Elle introduit « des préoccupations philosophiques propres au postkantisme dans l’examen de la nature » et s’oppose à la science mécaniste d’inspiration galiléenne et newtonienne, dans la mesure où celle-ci privilégie les mathématiques, « se méfie de la métaphysique » et voit dans l’expérimentation le critère de la vérité scientifique, tandis que la Naturphilosophie, quant à elle, « considère son objet comme une totalité vivante » qui « doit être saisie de manière unitaire à l’aide des principes intellectuels a priori ». Herder est un précurseur de la Naturphilosophie où vont dominer ensuite les œuvres de Goethe, Baader, Novalis, Eschenmayer, Schelling, Ritter et Hegel. La philosophie de la nature reprend « la devise de Lessing léguée par Jacobi: hen kai pan » (« Un et Tout ») pour l’appliquer à la nature.
Les sources de la Naturphilosophie
« La Révolution française et la Doctrine de la Science de Fichte, ces événements que Friedrich Schlegel associait, provoquaient en Allemagne au tournant du xixe siècle, chez les penseurs et les étudiants un soulèvement des esprits, un tumulte confus d’idées et de rêves » écrit Xavier Tillette. C’est dans une atmosphère romantique et chargée de résonances religieuses et mystiques que se lève un courant de pensée fait « d’exaltation de la liberté et d’admiration pour la richesse de la raison humaine, et de volupté à la perspective d’une destination mirifique, vers le lieu où tout est pur, tout est intellectuel, l’Absolu sans rivages ». Kant participe indirectement aux origines de la Naturphilosophie , avec ses Premiers principes métaphysiques de la science de la nature où le couple attraction-répulsion, qui aura une grande postérité, en particulier chez Schelling, apparaît pour la première fois. Mais c’est avec Schelling que la Naturphilosophie se hisse au sommet de la métaphysique, le livre de la Nature étant d’après lui grand ouvert pour que nous y retrouvions l’histoire de notre esprit. La métaphysique ainsi renouvelée devait permettre de dépasser l’idéalisme transcendantal de Kant, qui interdisait les spéculations philosophiques sur la nature elle-même, du fait de la limitation de la portée de l’entendement au donné empirique.
Les thèmes de la Naturphilosophie
En réaction contre le mécanisme rigide de la physique mathématique d’Isaac Newton, alors paradigme dominant de la science moderne, la Naturphilosophie fait ressurgir la question du vivant, de l’organique, de l’organisation. Émile Bréhier note que cette vive opposition accompagne le développement des sciences expérimentales dont on commence à percevoir qu’elles possèdent des particularités qualitatives dont il est impossible de donner une expression mathématique. « la Naturphilosophie est inconcevable en dehors des influences de Goethe et de Herder, restaurateurs ou instaurateurs d’une vérité cosmique ».
Pour les penseurs romantiques de cette époque, les progrès anti-mécanistes d’une science tendant à effacer les frontières entre l’inorganique et l’organique (le magnétisme et le galvanisme) donnaient le spectacle d’une nature capable de devenir esprit contre le courant traditionnel d’une philosophie insistant plutôt sur la spécificité du sujet humain. Il s’agissait alors, pour eux, de défendre la primauté de l’Esprit et de la Nature sur le monde visible et rationnel.
La Naturphilosophie introduit des distinctions qualitatives qui ont pour résultat de faire ressortir la richesse et la fécondité du monde. Il s’agit, note Émile Bréhier, de récuser l’explication purement mécanique, qui, selon l’opinion de Schelling, détruit l’unité de la nature. Cette unité présupposée ne provient plus de la loi physique qui s’impose depuis Descartes, mais de « l’intuition immédiate d’une parenté des formes ». Concrètement, il s’agit de répondre à la question de l’origine de la multiplicité des espèces. La Naturphilosophie substitue alors à la vieille méthode de classification des concepts, une méthode d’intuition qui suit les transformations du même dans l’autre. Leibniz anticipera cette idée en parlant de « continuité des formes ». La Naturphilosophie , résume alors Émile Bréhier, est ainsi dominée par deux idées que le progrès des sciences a suggéré au philosophe : l’idée de polarité et celle de la continuité des formes.
Fortement marquée par la pensée de Spinoza (on est dans le contexte du Pantheismusstreit , la « Querelle du panthéisme », lié à la redécouverte de Spinoza à la fin des Lumières allemandes), la Naturphilosophie se veut une « science spéculative », capable d’aller et venir entre la natura naturata (« nature naturée ») et la natura naturans (« nature naturante »). Autrement dit, le philosophe-scientifique doit s’élever du produit fini au « produire », à l’activité productrice infinie de la nature elle-même, qui s’auto-limite dans des produits finis. Selon Gœthe, précurseur de cette approche, la nature est travaillée par une force vivifiante et rajeunissante dans laquelle se retrempent tous les êtres ; cette force « schellingienne », de nature quasi-divine, rapproche la Naturphilosophie de la doctrine panthéiste. Dans la perspective schellingienne, la « Nature naturante » est moins un objet d’étude pour le philosophe, que le véritable sujet d’un procès dynamique se développant et se réfléchissant lui-même à travers les objets naturels. Cette interprétation de la nature s’oppose à celle de Hegel, qui est étranger à l’idée d’un monde conçu comme un « Tout », le Tout représentant pour lui l’œuvre divine par excellence.
La synthèse schellingienne
Schelling vers 1800
Schelling est le premier à employer systématiquement, à partir de 1799, le terme de Naturphilosophie de préférence à celui de « philosophie de la nature » (Philosophie der Natur). Dans une véritable synthèse originale, il conçoit la nature, cet « être total », comme traversée par une dynamique de forces originaires commandant l’ensemble de ses métamorphoses et encadrée par des polarités. Schelling y voit une puissance intégratrice telle qu’elle en vient à constituer, au-delà même de son œuvre, « l’un des principaux programmes de recherche de la philosophie et de la science allemande entre 1790 et 1820 ».
Pour Schelling et ses disciples, la Naturphilosophie n’est au début « qu’une simple généralisation de la physique. Il s’agit de montrer que l’univers est un organisme qui trouve en lui-même le principe de son propre rajeunissement, telle est la thèse de l’Âme du monde », affirme Émile Bréhier.
Tout le projet du premier Schelling fut de réconcilier le kantisme et la pensée de Fichte avec celle de Spinoza, c’est-à-dire de dévoiler les deux faces de l’Absolu que sont l’esprit et la nature. La Naturphilosophie est également liée au projet esthétique du romantisme allemand, de chercher dans la nature ce qui la rapproche de l’art et vice versa. Schelling « naturalise » la philosophie transcendantale de Fichte en attribuant à l’objet lui-même – la nature – l’activité d’auto-génération du sujet ou du Moi. Procédant par déduction, il identifie les conditions de possibilités de l’expérience concrète qui se manifeste dans son auto-construction. Il affirme l’« Identité » absolue de la nature et de l’esprit : « la nature est l’esprit invisible, l’esprit la nature invisible . Moi et non-moi, sujet et objet, phénomène et chose en soi ne forment qu’un ».
Pour Schelling, le monde est unité essentielle, il n’y a pas lieu d’opposer le monde idéal et le monde réel. Humain et nature ne sont que les deux faces d’un seul et même être, l’ Un, l’Absolu. C’est du sein de l’Absolu que naissent Nature et esprit, coexistant et se développant parallèlement dans une parfaite identité. Les contradictoires procèdent d’un Absolu « indifférent » à l’objectif et au subjectif, d’une unité indifférenciée. Il ressort que le rythme de la nature est le même que celui de l’Esprit ; c’est cette thèse qui se trouve identifiée sous l’appellation de philosophie de l’Identité qui n’est ni le « Moi absolu de Fichte », ni le Dieu de la théologie.
Contre le mécanisme cartésien ou newtonien, Schelling considère la nature comme un tout qui règle l’action des forces opposées qui tendent à la mutuelle destruction : « retour offensif de l’antique pensée ionienne d’un Logos régulateur des contraires », note Émile Bréhier.
Dans le livre grand ouvert de la Nature, Schelling lit l’histoire de notre esprit. Toute sa démarche consiste à expliquer avec l’Esquisse d’un système de philosophie de la nature, la constitution des êtres naturels à partir de la productivité infinie de la nature. Il reprend une distinction spinoziste en comprenant la Nature comme une activité au sein de laquelle il distingue la « Nature naturante », avec l’esprit en exercice, s’objectivant dans ses êtres et une « nature naturée » ou produite. Cette dernière est l’objet d’une philosophie naturelle que traite la physique mathématique mécaniste, alors que la première est processuelle et dynamique. On peut, précise Bernard Mabille, rapprocher cette vision schellingienne de la Phusis φύσις aristotélicienne ou même de l’élan et de la durée bergsonniens.
Par sa dimension « réaliste » et « métaphysique », cette démarche s’oppose à la philosophie transcendantale.
Xavier Tilliette en 2017
Comme le montre Xavier Tilliette8, Schelling ne renonce pas à son projet métaphysique, ce qui est visible dans les Éclaircissements de la Doctrine de la Science où il rédige une série de dissertations qui décrivent la genèse de l’esprit dans la « diastole » de l’univers. Ce qui intéressait le plus Schelling d’après Xavier Tilliette (1921-2018), c’était le « Commencement », autrement dit, « l’absolu et l’intuition intellectuelle ». Mais d’après lui, la pensée de Schelling se perd dans une « contemplation quiétiste » lorsqu’il « gémit de l’écran des choses, de l’interposition des objets, qui troublent et obscurcissent l’intuition du suprasensible et du monde idéal. »
« La dernière philosophie de Schelling se veut une philosophie positive c’est-à-dire qu’elle se présente comme un récit. Dieu est point de départ, à la fois existence nécessaire, mais dès l’origine « puissance » (possibilité) d’une autre existence. La création est actualisation de cette puissance de l’être autre. L’homme est le point où l’unité des puissances est restaurée mais actualisant à nouveau cette puissance, cette fois sur le plan de la conscience : c’est l’odyssée religieuse de l’humanité d’abord sous la forme imaginaire de la mythologie puis sous la forme d’une conscience délivrée, en personne dans la Révélation » écrit l’auteur anonyme de l’article numérique.
Fichte, de son côté, préféra prendre ses distances avec cette forme de philosophie, y voyant une trahison méthodologique du projet transcendantal, et pointant son incompatibilité avec celui-ci. Pour Fichte, la Naturphilosophie ne permettait pas non plus de dépasser ce projet, bien qu’il ait exprimé une position moins critique dans certains passages isolés de son œuvre. Il accuse en particulier Schelling, rapporte Xavier Tilliette, « d’absolutiser gratuitement la Nature, de sorte que l’Absolu s’en va « dans les champignons » ».
Selon Françoise Dastur, la différence entre Schelling et Hölderlin réside dans leur compréhension opposée de la « totalité ». Le premier ne la conçoit que comme une simple « identité » alors que l’autre y voit « une totalité vivante et temporelle intégrant en elle un processus de différenciation interne ». « La nature est le nom de la totalité elle-même, du processus tout entier de différenciation qui est à l’œuvre dans l’univers et qui inclut en lui-même l’être humain et ses productions ». Cette union intime de l’homme et de la nature implique :
Françoise Dastur
1/La créativité de l’homme doit finalement être attribuée à la nature elle-même 2/« La puissance de la nature ne vient pas seulement de ce qu’elle accomplit sa propre perception mais aussi qu’une telle auto-perception est créatrice et non pas seulement réceptrice, au sens où son regard sur elle-même est un processus poétique, comme l’est l’intuitus originarius du dieu de la théologie rationnelle qui crée et perçoit tout à la fois » écrit Françoise Dastur.
La Naturphilosophie dans l’histoire des sciences
Il reste que le courant de la Naturphilosophie peut être crédité d’un certain nombre de découvertes scientifiques, telles que celle de la continuité des phénomènes électriques et magnétiques, avec Hans Christian Ørsted.
Malgré les critiques qu’on a pu lui apporter, la Naturphilosophie est le dernier projet conséquent en date à avoir proposé une alternative à la science orthodoxe moderne initiée par Galilée, sur laquelle se sont appuyés le positivisme, puis le néo-positivisme (le Cercle de Vienne), ainsi que nombre de philosophes, épistémologues et scientifiques. Mais sa prétention à pouvoir se substituer aux sciences positives, et son recours à des principes métaphysiques abstraits l’ont définitivement reléguée du côté de l’histoire des sciences.
La question de l’unité de la nature et de la façon dont on peut la comprendre au sein d’une conception philosophique continue toutefois de se poser alors que les sciences spécialisées voient dans la nature différents niveaux d’objectivité irréductibles les uns aux autres.
Le feuilleton historique à succès de l’année 1974 est désormais visible sur le site Madelen. Cette mini-série raconte l’histoire de Toussaint Rouveyre (Sylvain Joubert), un ancien capitaine de l’armée napoléonienne.
C’était à la fin de l’année 1974 , en un temps où l’on ne parlait pas d’«audimat», mais seulement d’«indice de satisfaction». Si les deux mesures avaient alors existé, le succès des six épisodes de 55 minutes Ardéchois cœur fidèle aurait figuré en bonne place dans la courte liste des fictions ayant cumulé le succès d’audience et de qualité. Les téléspectateurs comme les critiques ont en effet été unanimes à saluer la qualité de ce feuilleton diffusé sur la deuxième chaîne de l’ORTF, entre le 21 novembre et le 19 décembre 1974. L’engouement a été tel que l’histoire a été suivie chaque semaine, dans près de 90% des foyers possédant un téléviseur ! Les créateurs ont alors assuré que cet engouement qu’ils n’imaginaient pas avait pour origine la longue grève affectant alors une ORTF en passe d’être démantelée et remplacée, au début de 1975, par sept sociétés . Dans cette période agitée de transition, Ardéchois cœur fidèle a été l’un des rares programmes dont la diffusion annoncée a été maintenue aux jours et horaires prévus.
Madelen vous propose de faire grimper un peu plus encore cette audience record, en découvrant, ou en redécouvrant, l’intégralité de cette histoire écrite par Jean Cosmos et Jean Chatenet, réalisée par Jean-Pierre Gallo. Cette mini-série, présentée comme un «western à la française» raconte l’histoire de Toussaint Rouveyre, ancien capitaine de l’armée napoléonienne, décidé à venger son frère, membre de l’association des Compagnons du Devoir, assassiné par un membre de l’association rivale, les Compagnons du Devoir de Liberté. Il se transforme en menuisier et part sur les traces de l’assassin présumé, un certain Tourangeau Sans-Quartier.
La présence en filigranes, tout au long du récit, de cet «esprit Compagnons», a, de toute évidence, constitué un «plus» dans l’intérêt que les téléspectateurs ont porté à ce récit. Au milieu des années 70, certains s’interrogent sur ces artisans. On les présente comme des membres d’une espèce de société secrète, dont les origines demeureraient particulièrement mystérieuses. Le voile est tombé depuis. On sait aujourd’hui que le Compagnonnage est né aux alentours du XIIIe siècle. À l’exception des périodes de la Révolution et de l’Empire, où il a été mis en sommeil, il a permis de recruter en milieu ouvrier, des travailleurs manuels soucieux de «créer» plutôt que de produire.
Un tournage sans doublage
Avant un tournage de plus de deux mois à Paris sur le plateau du Larzac, et près du pont du Gard, Sylvain Joubert et Claude Brosset,- les interprètes principaux, ont joué le jeu dans tous les sens du terme. Ils ont effectué un stage de trois semaines, parmi des Compagnons, dans un atelier de menuiserie. Toucher du bois leur a porté bonheur .
Sportif accompli, Sylvain Joubert, qui interprète le rôle de Toussaint, a refusé d’être doublé, et multiplié des combats qui lui ont valu quelques blessures, mais aussi une grande popularité. Elle est à l’origine d’autres succès. Avant de disparaître en 2000, à l’âge de 55 ans seulement, il a marqué le petit écran avec un personnage de précepteur candide et idéaliste dans Au plaisir de Dieu et celui de Félicien Grevèche, en 1986, récompensé par un Sept d’or.
Claude Brosset, son partenaire, mais aussi son copain au Conservatoire, a également tiré son épingle de jeu. Après avoir figuré, en 1971, au générique Des Rois maudits, il est entré, grâce au personnage de Tourangeau Sans-Quartier, dans le club très fermé des «seconds rôles» régulièrement demandés par les producteurs. Il a tourné, entre autres, dans Le comte de Monte-Cristo, Sans Famille et La Rivière Espérance. Avant de nous quitter en 2007, à 63 ans, il s’était installé à Carcassonne où il avait ouvert un restaurant à l’enseigne du Cyrano. C’est dire si, à son métier, son cœur était resté fidèle.
Ardéchois cœur fidèle de Jean-Pierre Gallo en 1974, avec Sylvain Joubert, Claude Brosset, Max Doria…
Le troisième volet du chapitre de Manly P. Hall sur les anciens mystères étudie le lien entre la franc-maçonnerie et les rites romains cryptiques de Mithra – leur origine, leur propagation et leur impact non seulement sur la société romaine mais sur le tissu même de la maçonnerie moderne.
Lorsque les Mystères persans ont immigré en Europe du Sud, ils ont été rapidement assimilés par l’esprit latin. Le culte s’est développé rapidement, en particulier parmi les soldats romains, et pendant les guerres de conquête romaines, les enseignements ont été portés par les légionnaires dans presque toutes les parties de l’Europe. Le culte de Mithra devint si puissant qu’au moins un empereur romain fut initié à l’ordre, qui se réunissait dans des cavernes sous la ville de Rome. Concernant la propagation de cette école des Mystères à travers différentes parties de l’Europe, CW King, dans ses Gnostiques et Leurs Restes, dit :
« Les bas-reliefs mithriaques taillés sur les faces des rochers ou sur des tablettes de pierre abondent encore dans les pays anciennement les provinces occidentales de l’Empire romain; il en existe beaucoup en Allemagne, plus encore en France, et dans cette île (Bretagne) ils ont souvent été découvertS sur la ligne du mur des Pictes et celui de Bath. »
Alexander Wilder, dans sa Philosophie et éthique des Zoroastres, déclare que Mithra est le titre Zend du soleil, et qu’il est censé habiter dans cet orbe brillant. Mithra a un aspect masculin et un aspect féminin, bien qu’il ne soit pas lui-même androgyne. Comme Mithra, il est le gué du soleil, puissant et rayonnant, et le plus magnifique des Yazatas (Izads, ou Génies, du soleil). Comme Mithra, cette divinité représente le principe féminin ; l’univers mondain est reconnu comme son symbole. Elle représente la Nature comme réceptive et terrestre, et comme féconde uniquement lorsqu’elle est baignée dans la gloire de l’orbe solaire. Le culte mithriaque est une simplification des enseignements plus élaborés de Zarathoustra (Zoroastre), le magicien du feu persan.
Selon les Perses, il y a coexisté dans l’éternité deux principes. Le premier d’entre eux, Ahura-Mazda, ou Ormuzd, était l’Esprit du Bien. D’Ormuzd est sorti un certain nombre de hiérarchies de bons et beaux esprits (anges et archanges). Le second de ces principes existant éternellement s’appelait Ahriman. C’était aussi un esprit pur et beau, mais il s’est ensuite rebellé contre Ormuzd, jaloux de son pouvoir. Cela ne se produisit cependant qu’après qu’Ormuzd eut créé la lumière, car auparavant Ahriman n’avait pas été conscient de l’existence d’Ormuzd. A cause de sa jalousie et de sa rébellion, Ahriman est devenu l’Esprit du Mal. De lui-même, il a individualisé une foule de créatures destructrices pour blesser Ormuzd.
Quand Ormuzd a créé la terre, Ahriman est entré dans ses éléments les plus grossiers. Chaque fois qu’Ormuzd faisait une bonne action, Ahriman y plaçait le principe du mal. Enfin, quand Ormuzd créa la race humaine, Ahriman s’incarna dans la nature inférieure de l’homme de sorte que dans chaque personnalité , l’Esprit du Bien et l’Esprit du Mal luttent pour le contrôle. Pendant 3 000 ans, Ormuzd a régné sur les mondes célestes avec lumière et bonté. Puis il créa l’homme. Pendant encore 3 000 ans, il a gouverné l’homme avec sagesse et intégrité. Puis le pouvoir d’Ahriman a commencé et la lutte pour l’âme de l’homme se poursuit pendant la prochaine période de 3 000 ans. Au cours de la quatrième période de 3 000 ans, le pouvoir d’Ahriman sera détruit. Le bien reviendra dans le monde, le mal et la mort seront vaincus, et enfin l’Esprit du mal s’inclinera humblement devant le trône d’Ormuzd. Tandis qu’Ormuzd et Ahriman luttent pour le contrôle de l’âme humaine et pour la suprématie dans la Nature, Mithra, Dieu de l’Intelligence, fait office de médiateur entre les deux. De nombreux auteurs ont noté la similitude entre Mercure et Mithra. Comme le mercure chimique agit comme un solvant (selon les alchimistes), Mithra cherche à harmoniser les deux opposés célestes.
Il existe de nombreux points de ressemblance entre le christianisme et le culte de Mithra. L’une des raisons en est probablement que les mystiques persans ont envahi l’Italie au cours du premier siècle après Jésus-Christ et que l’histoire des débuts des deux cultes était étroitement liée. L’Encyclopædia Britannica fait la déclaration suivante concernant les mystères mithriaques et chrétiens :
« L’esprit fraternel et démocratique des premières communautés et leur humble origine ; l’identification de l’objet d’adoration avec la lumière et le soleil ; les légendes des bergers avec leurs dons et leur adoration, le déluge et l’arche ; la représentation en l’art du char de feu, puiser l’eau du rocher ; l’usage de la cloche et du cierge, de l’eau bénite et de la communion ; la sanctification du dimanche et du 25 décembre ; l’insistance sur la conduite morale, l’accent mis sur l’abstinence et la maîtrise de soi ; la doctrine du ciel et de l’enfer, de la révélation primitive, de la médiation du Logos émanant du divin, le sacrifice expiatoire, la guerre constante entre le bien et le mal et le triomphe final du premier, l’immortalité de l’âme , le jugement dernier,la résurrection de la chair et la destruction ardente de l’univers – [ce sont] quelques-unes des ressemblances qui, réelles ou seulement apparentes, ont permis au mithraïsme de prolonger sa résistance au christianisme »,
Les rites de Mithra étaient exécutés dans des grottes. Porphyre, dans sa Caverne des Nymphes, déclare que Zarathoustra (Zoroastre) fut le premier à consacrer une grotte au culte de Dieu, parce qu’une caverne était symbolique de la terre, ou du monde inférieur des ténèbres. John P. Lundy, dans son Christianisme monumental, décrit la grotte de Mithra comme suit :
« Mais cette grotte était ornée des signes du zodiaque, du Cancer et du Capricorne. Les solstices d’été et d’hiver étaient surtout remarquables, comme les portes des âmes descendant dans cette vie, ou en sortant dans leur ascension vers les Dieux ; le Cancer étant la porte de la descente et le Capricorne de l’ascension. Ce sont les deux avenues des immortels qui montent et descendent de la terre au ciel et du ciel à la terre. »
La soi-disant chaise de Saint-Pierre, à Rome, aurait été utilisée dans l’un des mystères païens, peut-être celui de Mithra, dans les grottes souterraines desquelles les adeptes des mystères chrétiens se sont rencontrés dans les premiers jours de leur foi. Dans Anacalypsis, Godfrey Higgins écrit qu’en 1662, en nettoyant cette chaire sacrée de Bar-Jonas, les douze travaux d’Hercule y furent découverts, et que plus tard les Français découvrirent sur la même chaire la confession de foi mahométane, écrite en arabe.
L’initiation aux rites de Mithra, comme l’initiation à de nombreuses autres anciennes écoles de philosophie, consistait apparemment en trois degrés importants. La préparation à ces degrés consistait en l’auto-purification, le renforcement des facultés intellectuelles et le contrôle de la nature animale. Au premier degré, le candidat recevait une couronne sur la pointe d’une épée et était instruit des mystères du pouvoir caché de Mithra. On lui a probablement appris que la couronne d’or représentait sa propre nature spirituelle, qui doit être objectivée et dévoilée avant qu’il ne puisse vraiment glorifier Mithra ; car Mithra était sa propre âme, se tenant comme médiateur entre Ormuzd, son esprit, et Ahriman, sa nature animale.
Au deuxième degré, il reçut l’armure de l’intelligence et de la pureté et fut envoyé dans les ténèbres des fosses souterraines pour combattre les bêtes de la luxure, passion et dégénérescence. Au troisième degré, il reçut une cape sur laquelle étaient dessinés ou tissés les signes du zodiaque et d’autres symboles astronomiques. Une fois ses initiations terminées, il fut salué comme celui qui était ressuscité des morts, fut instruit des enseignements secrets des mystiques persans et devint un membre à part entière de l’ordre.
Les candidats qui passaient avec succès les initiations mithriaques étaient appelés Lions et étaient marqués sur leur front de la croix égyptienne. Mithra lui-même est souvent représenté avec une tête de lion et deux paires d’ailes. Tout au long du rituel, des références répétées à la naissance de Mithra en tant que Dieu Soleil, son sacrifice pour l’homme, sa mort pour que les hommes aient la vie éternelle, et enfin, sa résurrection et le salut de toute l’humanité par son intercession devant le trône d’Ormuzd. (Voir Heckethorn.) et la dégénérescence.
Au troisième degré, il reçut une cape sur laquelle étaient dessinés ou tissés les signes du zodiaque et d’autres symboles astronomiques. Une fois ses initiations terminées, il fut salué comme celui qui était ressuscité des morts, fut instruit des enseignements secrets des mystiques persans et devint un membre à part entière de l’ordre.
John O’Neill conteste la théorie selon laquelle Mithra était censée être une divinité solaire. Dans La Nuit des dieux, il écrit :
« L’Avestan Mithra, le yazata de la lumière, a ’10 000 yeux, hauts, en pleine connaissance (perethuvaedayana), forts, insomniaques et toujours éveillés (jaghaurvaunghem).’ Le dieu suprême Ahura Mazda a aussi un œil, ou bien il est dit que ‘avec ses yeux, le soleil, la lune et les étoiles, il voit tout.’ La théorie selon laquelle Mithra était à l’origine un titre du dieu suprême des cieux – mettant le soleil hors de cour – est la seule qui réponde à toutes les exigences. Il sera évident qu’ici nous avons des origines en abondance pour l’Œil et le ‘ son nunquam dormio.’ » Le lecteur ne doit pas confondre le Mithra persan avec le Mitra védique. Selon Alexander Wilder, « Les rites mithriaques ont remplacé les Mystères de Bacchus et sont devenus le fondement du système gnostique, qui a prévalu pendant de nombreux siècles en Asie, en Égypte,
Les sculptures et les reliefs les plus célèbres de ce prototokos montrent Mithra agenouillé sur la forme couchée d’un grand taureau, dans la gorge duquel il enfonce une épée. L’abattage du taureau signifie que les rayons du soleil, symbolisés par l’épée, libèrent à l’équinoxe vernal les essences vitales de la terre — le sang du taureau — qui, jaillissant de la blessure faite par le Dieu Soleil, fertiliser les graines des êtres vivants. Les chiens étaient sacrés pour le culte de Mithra, symbolisant la sincérité et la fiabilité. Les Mithraïques utilisaient le serpent comme emblème d’Ahriman, l’esprit du mal, et les rats d’eau étaient sacrés pour lui. Le taureau est ésotériquement la Constellation du Taureau ; le serpent, son opposé dans le zodiaque, le Scorpion ; le soleil, Mithra, entrant dans le côté du taureau,
La tombe d’Allan Kardec est l’une des plus fleuries du cimetière du Père Lachaise à Paris. Découvrez pourquoi cette sépulture est aussi populaire.
Le cimetière du Père-Lachaise à Paris, c’est une véritable société peuplée de milliers de défunts. Comme chez les vivants, il y a les chouchous où les fleurs s’amoncellent et les laissés pour compte où une feuille morte daigne se poser de temps en temps. Même dans le tombeau, nous ne sommes pas tous égaux !
Parmi ce palmarès nécrologique du Père Lachaise, on pense aux sépultures de célébrités telles que Jim Morrisson ou bien Édith Piaf. Pourtant, l’une des tombes les plus fleuries du Père Lachaise est celle d’un homme peu connu : Allan Kardec. On vous en dit plus sur cette superstar d’outre-tombe.
Du théâtre au spiritisme
La première chose à savoir sur Allan Kardec, c’est qu’il ne s’appelle pas vraiment comme ça ! Hippolyte Léon Denizard Rivail de son vrai nom est né en 1804, à Lyon. Il s’installe à Paris et devient notamment contrôleur au théâtre des Funambules, situé sur l’ancien boulevard du Temple (surnommé boulevard du Crime en raison des drames joués dans les multiples théâtres qui y étaient installés).
Il faut savoir qu’à cette l’époque où la science faisait doucement son chemin, l’occultisme était très présent. Magnétiseurs, mages ou encore alchimistes étaient la coqueluche des salons. Venu d’Amérique, le spiritisme est une pratique consistant à appeler les défunts et communiquer avec eux via des tables tournantes. Des personnalités comme Victor Hugo ou Théophile Gautier étaient très friandes de ces sessions.
Aux alentours des années 1850, Rivail va découvrir le monde du spiritisme. Il va alors aussi commencer à converser avec les esprits. C’est lors d’une vision que Rivail va, selon lui, découvrir qu’il était un druide dans une vie antérieure, appelé Allan Kardec. Notre Panoramix en herbe va alors se lancer dans un projet : créer la religion philosophique du spiritisme.
Au fil de plusieurs ouvrages, dont le principal est le Le livre des esprits, Allan Kardec va développer sa pensée. Il meurt en 1889 à Paris. Sa doctrine va continuer à se développer, mais est aujourd’hui marginale en France. Pourtant le spiritisme a voyagé et a trouvé une seconde vie… au Brésil ! Selon une étude datée de 2010, 2% des brésiliens sont spirites, soit un peu plus de quatre millions de personnes !
La tombe d’Allan Kardec est donc devenue un lieu de pèlerinage pour ces adeptes d’outre-Atlantique. De nombreuses personnes viennent chaque année fleurir la sépulture en forme de dolmen du fondateur de spiritisme, située dans la 44e division du cimetière du Père Lachaise.
L’association Georges Troispoints se fait la porte-parole des loges maçonniques de Metz. Le 9 novembre, elle organise une conférence pour parler fraternité, une des valeurs de la franc-maçonnerie. Pour Stéphane Gebler, son président, il est grand temps et utile de casser les préjugés autour des loges.
Les francs-maçons dirigent le monde. Les francs-maçons se partagent des affaires, pratiquent l’assassinat, la magie et ont des rites ésotériques. Les francs-maçons se reconnaissent dans la rue dans leur poignée de main… Les préjugés sur les francs-maçons ont la vie dure. Et les réseaux sociaux les répandent hardiment, notamment auprès des adolescents. Pour lutter contre tout ça, l’association Georges Troispoints multiplie les interventions , les cafés trimestriels, et, une fois, l’an, les conférences. La prochaine aura lieu le 9 novembre, autour d’une valeur de la franc-maçonnerie : la fraternité. Georges Troispoints est portée par des membres de la loge du Droit humain, et présidée par Stéphane Gebler. Elle représente aussi les autres loges messines.
À l’origine de bien des préjugés, il y a le secret…
Stéphane GEBLER : « Le secret de la franc-maçonnerie, c’est qu’il n’y a pas de secret ! Le problème d’un certain nombre de francs-maçons est de continuer à croire que, comme dans les années 1940, il faut se planquer… Je n’ai pas de raison de me planquer, parce que je ne fais rien d’illégal et que la franc-maçonnerie me permet d’être un citoyen raisonnable. De travailler sur moi. Il n’y a pas d’honneur, être maçon n’est pas un diplôme, c’est un engagement à travailler sur soi. »
Certains maçons préfèrent la discrétion par peur de réactions extrêmes…
« J’ai hérité de la honte du franc-maçon. On n’a pas à avoir honte ! C’est sûr que s’exposer est toujours une prise de risque. Il faut faire preuve de davantage de courage. »
On imagine que les francs-maçons sont des patrons, des cadres, des universitaires…
« Il faut être simplement humain et avoir un peu de courage. On a une mixité de genre, de catégorie sociale, d’âge. Ce n’est pas un truc qu’on fait deux fois par mois, il faut travailler hors des sentiers battus, ça ne suffit pas d’avoir le tampon maçonnique, il faut bosser tout le temps ! À la loge du Droit humain, on a un effectif stable mais vieillissant. Maintenant, il faut le reconnaître, il y a encore une forme d’élitisme au sein des loges et c’est regrettable. Il y a encore une forte proportion d’intellos de plus de 40 ans, il faut aller vers d’autres couches sociales, on a besoin de se renouveler. »
Pour autant, il faut être coopté…
« C’est encore possible mais d’une manière générale, celui qui veut devenir franc-maçon recherche les loges sur le Net, envoie sa candidature et si son casier judiciaire est vierge, comme chez les enseignants, il y aura une prise de contact. Ce n’est ni plus ni moins que la même démarche qu’un employeur… Les cafés trimestriels permettent aussi de toucher quelques personnes. »
Qu’apporte le fait d’être maçon ?
« La franc-maçonnerie n’a pas pour but de changer le monde, mais de permettre à des hommes et à des femmes de changer, de devenir authentiquement eux-mêmes. Tous les ans, on travaille sur un thème. Après la bioéthique ou le transhumanisme, cette année, c’est la fraternité. On apprend qu’il n’y a pas de vérité absolue. »
Un millier de maçons à Metz
Plusieurs loges se regroupent dans un même local, à Queuleu. Pour autant, il n’y a pas de photo des lieux. Si la loge du Droit humain est favorable à une ouverture, ce n’est pas forcément le cas de ses « homologues ». À Metz, on trouve donc la loge du Droit humain, le Grand Orient de France, la Grande Loge féminine, la Grande Loge mixte unifiée, entre autres. « Au total, il y en a six ou sept », explique Stéphane Gebler, partagé entre l’envie de dire, et celle de respecter la discrétion volontaire des autres loges. Les deux plus importantes loges sont celles du Droit humain (six ateliers de minimum 50 personnes) et du Grand Orient. Chacune a plus de 300 membres. Les autres ont moins d’effectifs. On peut estimer le nombre de francs-maçons de Metz à plus d’un millier. Un beau nombre. « Les maçons de Metz viennent de tout l’ouest de la Moselle. »
La fraternité, par l’autrice Claude Ber
Claude Ber sera l’invitée de l’association Georges Troispoints, ce mercredi 9 novembre à 19 h, à l’hôtel de ville de Metz. Elle donnera une conférence sur le thème : « Et si on parlait de fraternité ? » « Nous voulons croiser un regard profane, spirituel, d’une dramaturge, avec celui de notre association », avance Stéphane Gebler, président de l’association Georges Troispoints. Claude Ber est écrivaine, essayiste, poétesse. Elle a publié une quinzaine de livres, sans compter les anthologies. Elle a reçu le prix international de poésie Yvan-Goll, du nom de l’auteur messin (1891-1947).
Depuis une quinzaine d’années, le « Cercle Philosophique de la Malmaison » à Rueil-Malmaison (92) organise des réunions fraternelles à caractère philosophique, symbolique ou culturel. Comme pour toutes les organisations maçonniques, la Covid-19 a mis au ralenti cette association composée d’une centaine de participants.
À l’occasion de l’Assemblée Générale de septembre dernier, le bureau a élu Franck Fouqueray comme nouveau Président.
Ce dernier, nourri d’une expérience de 7 années avec le Réseau On Va Rentrer et ses 5500 membres, se fait fort de (re)dynamiser cette association fraternelle pleine de potentiel selon lui.
cocktail au travail discussion rencontre
Pour relancer la dynamique, une soirée de reprise est prévue :
et du Président de Mathusalem François Avale qui présenteront leurs actions auprès des Sœurs des Frères.
La soirée se poursuivra par un moment d’échanges et de contacts fraternels entre les membres.
Le nouveau Président Franck Fouqueray précise que le but de ces soirées sera de créer du lien entre les Frères et Sœurs de toutes les obédiences maçonniques françaises.