Luc Ferry Les sept visages de l’écologie politique
Dominique Méda La nécessité d’une société post-croissance
Brice Lalonde Le réel, la motion et le prétoire
Étienne Patriat L’écologie est-elle un humanisme ?
M-Françoise Bechtel Écologie, Europe et souveraineté, l’équation impossible ?
George De Noni et Gilbert Haffner Franc-maçonnerie et écologie : une rencontre naturelle
Histoire : Jean-Numa Ducange** Communisme et franc-maçonnerie : contradictions et convergences
Histoire (II) : Dominique Papon Chevaliers au travail
Chroniques humanistes : Charles Conte Les affirmations communautaristes dans les établissements d’enseignement privés
Pro fanum : Jean-Pierre Sakoun Mirages et faux-semblants – Emmanuel Macron et la laïcité
Parcours : Michel Schmitt Un électron qui se croyait libre
Décoder les signes : Marie de l’Orme Connue d’ici jusqu’au ciel étoilé : Et in Arcadia ego
Musique : Jean Kriff Antonio Maria Gasparo Sacchini
7e art : Jean-Louis Coy Évolution, transmissions
Livres : Marc Riglet Le monde à la première personne, entretiens avec André Comte-Sponville – Francis Wolff/Yves Lecordier Propriété défendue. La société française à l’épreuve du vol. XIXᵉ-XXᵉ siècles – Arnaud-Dominique Houte, mais aussi des recensions de Cécile Révauger, Philippe Foussier et Jean-Pierre Weisselberg
L’éditorial de Christophe Devillers commence ainsi : « « Bien sûr, chaque pays souverain, est maître de son droit, de ses choix, de ses générosités comme de ses reculades ou de ses outrances. Pour autant, on ne faudra plus jamais d’ignorer quelle conséquence a, aujourd’hui, pour nos sociétés, la moindre décision qui touche à l’intégrité des êtres et à la plénitude des libertés, où qu’elles soient prises sur la planète… »
La quatrième de couverture : « Humanisme est une revue d’idées pluridisciplinaire dont on connaît les thématiques de prédilection qui font écho aux principes défendus depuis des décennies par le Grand Orient de France. Et lorsqu’il s’agit d’examiner la question du dérèglement climatique et de la transition écologique, les francs-maçons le font en humanistes, en pratiquant, comme à chaque fois, un libre examen des problèmes et une libre adhésion à leur traitement. Dans la même veine, le dossier de ce trimestre recherche la voie médiane d’une prospective en matière de préservation de notre environnement, non pas une voix tiède, mais une juste approche au travers d’un prisme sensible et étayé. Tandis que Luc Ferry actualise sa taxonomie de l’écologie politique, Dominique Méda synthétise pour nous sa dialectique de la croissance et Brice Lalonde témoigne de ce que vie démocratique et justice participent à la confusion ambiante sur le sujet. Étienne Patriat trace la ligne de crête humaniste de l’action écologique et Marie-Françoise Baechtel pose les principes d’une action valable au niveau national et international. Pour conclure, Georges de Noni et Gilbert Haffner, tous deux très engagés dans la réflexion pour un développement durable au sein du Grand Orient de France, concluent en proposant leur lecture de l’engagement maçonnique au service d’un humanisme augmenté qui prendrait mieux en compte le vivant. Et quand bien même on aura approché la richesse de ce dossier qu’on n’en aura pas fini avec la diversité des sujets traités dans ce numéro, où il est question de politique, bien sûr, d’art, beaucoup, et d’une vision originale et universaliste du monde, de l’humanité et de sa planète, qui transparaît dans chaque ligne.
« Toute éducation humaine doit préparer chacun à vivre pour autrui afin de revivre dans autrui. » Auguste Comte »
** À noter, que Jean-Numa Ducange, historien et professeur des universités sera présent, tout comme Philippe Foussier, grand maître du Grand Orient de France 2017-2018, et Pierre Ouzoulias, archéologue, historien et membre du Parti communiste français, conseiller départemental du canton de Bagneux (92) depuis 2015, ainsi que sénateur des Hauts-de-Seine depuis 2017, le samedi 10 septembre prochain à la
Fête de l’Humanité sur « Quelles convergences entre communisme et franc-maçonnerie ? »
Certains assemblages étymologiques ne lassent pas de déconcerter, tant ils semblent mal assortis, voire antithétiques. Il en va ainsi du couple que forment les deux mots latins *hostis et *hospes. Tous deux issus d’un sémantisme, strictement européen, qui désigne l’étranger, avec la même dualité que prend *xénos en grec. Celui qui vient de l’extérieur, hostile au risque de devenir un ennemi public, ou bien celui que l’on accueille, l’hôte.
Un *hostis n’est pas un étranger en général, – différent en cela de *peregrinus le pèlerin -, c’est un étranger en tant qu’on lui reconnaît des droits égaux à ceux des citoyens romains. Ce qui suppose une réciprocité, une convention, donc en relation de compensation, même dans l’affrontement.
Un rééquilibrage que l’on retrouve dans l’hostie, qui est la victime offerte en sacrifice expiatoire, qui sert à compenser la colère des dieux. Comme une offrande de rachat.
Le terme médiéval d’ost, qui désigne l’armée des vassaux levée par le suzerain en cas d’appel à la guerre, la croisade, la défense des domaines seigneuriaux, témoigne conjointement de la réciprocité des devoirs féodaux et de l’hostilité contre l’ennemi commun. La guerre s’y assortira de la prise d’otage considérée comme gage, comme un répondant d’équilibre des conflits. Otagier, au Moyen Âge, c’est prendre en sa demeure. Et la distance n’est pas si grande avec l’hôtel et l’hôtelier. La coloration violente en moins, évidemment.
L’hôte porte une double acception, celui qui reçoit, l’hospice et l’hôpital, et celui qui est reçu. On y accueille, dans un univers qui se veut hospitalier. Deux verbes connotent l’hospitalité, on héberge avec tous les égards qu’elle comporte, mais on loge quelqu’un parce qu’il est démuni.
Hostilité, à tout le moins circonspection et méfiance, vont aussi colorer l’idée de frontière, au sens médiéval de limite entre deux territoires, comme un espace de potentiel affrontement, une zone de contact facilement inflammatoire, dans laquelle se revendique un « droit d’inhospitalité ».
L’hospitalité n’est pas une évidence sans préambules. Elle requiert des rituels rigoureux. Que la rencontre prélude à une paix durable ou à une guerre inévitable, la délimitation passe par le moment de fumer le calumet, en usage chez les Indiens, en catlinite rouge pour la paix, en pierre blanche ou grise pour la guerre, dans les derniers instants qui précèdent les hostilités.
Xénos, hostis, hospes supposent des relations réciproques d’accueil avec dons, quelles qu’en soient l’ampleur ou la valeur. Parce que l’hôte en visite hors de son domaine propre se voit privé de tout droit, protection et moyen d’existence. Il ne trouve gîte, accueil, garantie, que chez celui avec qui il est en rapport de philotês, d’amitié, un rapport que matérialise le symbolon, objet concret de reconnaissance, engagement de réciprocité avec serments et sacrifices. L’hospitalité ne consiste pas à alléger sa mauvaise conscience de quelques dons en espèces, légers ou conséquents. Repas, aumônes, banquets, fêtes à grand spectacle, par exemple.
Une hospitalité sujette à caution parfois, tel cet « hôtel de la première faute », dit encore « hôtel Marie-Madeleine », où l’on accueille les fauteuses de la naissance célibataire, sur lesquelles on ne se prive pas de jeter l’opprobre.
L’hospitalité est la force contraignante de l’amour véritable.
C’est l’agapè par laquelle on témoigne son affection à un enfant, à un hôte, quel qu’il soit, d’où qu’il vienne. Dans la pureté de la sincérité et de la gratuité.
Annick DROGOU
Quel verbe accompagne ce mot « hospitalité » ? C’est toujours donner ou offrir l’hospitalité, ou bien la recevoir. L’hospitalité est synonyme de rencontre, mais une rencontre qu’on accepte chez soi, un accueil au risque de l’inconnu car, même si on accueille un proche ou un ami déjà rencontré, l’hospitalité suppose de lui faire de la place, de lui permettre de prendre séance dans notre intimité. Courage et espérance joints, contre toutes les peurs de repliement, l’hospitalité appelle forcément la confiance. Entre l’hôte qui accueille et l’hôte qui est reçu, un seul et même mot pour signifier la relation.
L’hospitalité ne connaît pas les demi-mesures car on ne peut pas être hospitalier à moitié. Une hospitalité restreinte ne mériterait plus ce nom. Avant d’être une qualité ou une vertu, l’hospitalité est une attitude. Quand les bras s’ouvrent, c’est complètement. L’hospitalité est ouverture absolue.
« Suis-je le gardien de mon Frère ? ».
Dans l’hospitalité, aucun contre-sens n’est possible, je ne suis pas le garde-chiourme de ce frère. Libre, je le veux libre. Mes bras restent ouverts pour ne pas enfermer et aliéner. Hospitalier, je me contente de sauvegarder, de mettre à l’abri, de prendre soin et de partager… mon toit, mon repas, nos espoirs communs. Je te reçois chez moi, tu as tant à me donner, à m’offrir. Reconnaissance.
En français, le terme hypnose désigne à la fois des états modifiés de conscience, les pratiques thérapeutiques utilisées pendant cet état, et les techniques permettant de créer cet état (appelées techniques d’induction).
Lorsqu’un individu est dans un état d’hypnose, ses perceptions sont modifiées par rapport à son état ordinaire. Les caractéristiques de ces états sont variées, notamment : perte des repères spatio-temporels, hallucinations, analgésies, anesthésies, etc. L’expérience hypnotique d’une personne dépend de sa personnalité, du contexte, de la méthode employée, des suggestions qui lui sont faites, de la profondeur de l’induction hypnotique, et d’autres paramètres.
Une personne peut également développer une hypnose spontanée ou provoquer soi-même sa propre hypnose. On parle alors d’autohypnose.
Il existe un débat ancien entre ceux qui considèrent l’hypnose comme un état mental spécifique et ceux qui le considèrent comme un jeu de rôle comportemental en réponse pour se conformer à une attente, ainsi que des positions médianes.
Etymologie
Séance d’hypnose, par Richard Bergh, 1887.
Le terme « hypnose » est un dérivé de « hypnotisme ».
Le mot « hypnotisme » est proposé par Étienne Félix d’Henin de Cuvillers dès 1820, lui-même dérivé de l’adjectif « hypnotique » signifiant qui provoque le sommeil et déjà en usage en médecine.
Après la publication en anglais en 1843 de l’ouvrage du chirurgien écossais James Braid Neurypnology ; or the rationale of nervous sleep, considered in relation with animal magnetism, le terme « hypnotisme » se répand parmi les médecins français pour désigner un sommeil ou un somnambulisme provoqués volontairement et artificiellement. On ne parle plus de sommeil magnétique (provoqué par la manipulation d’un fluide magnétique), mais d’un sommeil hypnotique ou d’un état d’« hypnotisme ».
Au milieu du xixe siècle, le terme de « sommeil magnétique » est quelquefois employé en France.
La forme courte « hypnose » apparaît en français vers 1880, d’abord pour désigner l’état hypnotique, puis également les diverses pratiques faisant usage de l’état hypnotique (hypnose médicale, hypnose clinique, hypnose légale, hypnose de scène).
Histoire de l’hypnose
Expériences « comportementales » d’hypnose à la clinique de Budapest du ministère de la santé mentale et de pathologie. (a) Suggestion hypnotique de prière. (b) Suggestion hypnotique de suicide. (c) Suggestion hypnotique de serment. (d) L’hypnose produite par un diapason. (1899).
En 1878, le professeur et médecin français Jean-Martin Charcot réhabilite l’hypnose comme sujet d’étude scientifique en la présentant comme un fait somatique pathologique propre à l’hystérie.
L’histoire de l’hypnose dépasse de beaucoup celle de la psychothérapie. Cette vieille pratique a toujours « flirté » avec les frontières entre sciences, occultisme, spectacle, thérapie, etc. Son utilisation dans un cadre thérapeutique a ainsi toujours été source de controverses, sans doute parce que la thérapeutique elle-même est prise dans ce même jeu des frontières : entre thérapeutiques officielles « scientifiques », thérapeutiques traditionnelles, thérapeutiques spirituelles, etc.
Une des controverses qui ont traversé les pratiques hypnotiques est rapportée par Bertrand Méheust dans son travail sur le courant du magnétisme animal (Mesmer, Puységur…).
L’hypnose comme état de conscience
L’hypnose est un état modifié de conscience différent de celui produit par la relaxation ou la méditation. Cet état peut être léger (rêverie, transe hypnotique légère, hypnagogique), hypnopompique ou plus profond.
« L’hypnose offre tant au patient qu’au thérapeute un accès aisé à l’esprit inconscient du patient. Elle permet de s’occuper directement de ces forces inconscientes qui sont sous-jacentes aux perturbations de la personnalité, et elle autorise l’identification de ces éléments de l’expérience de vie d’un individu qui ont de l’importance pour la personnalité et auxquels on doit accorder toute l’attention requise si l’on souhaite obtenir des résultats thérapeutiques. Seule l’hypnose peut donner un accès aisé, rapide et large à l’inconscient, inconscient que l’histoire de la psychothérapie a montré être d’une telle importance dans le traitement des désordres aigus de la personnalité. »
— Milton Erickson
Léon Chertok considère l’hypnose comme un « quatrième état de l’organisme actuellement non objectivable » dont les racines profondes vont jusqu’à l’hypnose animale. Cet état renverrait aux « relations pré-langagières d’attachement de l’enfant ». Il se manifesterait électivement dans toutes les situations de perturbation entre le sujet et son environnement.
« L’altération consciente n’existe que de cause à effet : l’utilisation de suggestions verbales en remplace d’autres. Mais si l’on puise dans les items préexistants à l’individu pour les reformuler sans les déformer ou les remplacer, les conduites futures restent en accord avec le conscient, ce qui affecte la mémoire à long terme et confère une durabilité au traitement. L’hypnose dans ce cas dépasse l’état modifié de conscience, qui n’est plus le terme approprié pour définir l’état d’hypnose. D’autres constats actuels, l’état dit « de somnambulisme » se visualise avec l’électro-encéphalogramme (EEG) tel un état de sommeil lent profond comparable au sommeil paradoxal. On devrait aussi parler de « surconscient » et non de subconscient pour qualifier les états d’hypnose car ceux-ci remplacent la fonction volontaire du conscient ayant une action dominante sur la motricité. »
— Martine Le Coz, Erich Lancaster, L’hypnose et la graphologie, Éditions Du Rocher, 1991.
Le Dr Jean Godin, premier spécialiste français de l’hypnose éricksonienne propose dans l’encyclopedie médico chirurgicale la définition suivante qui fait le lien entre les étatistes et les non-étatistes.
L’hypnose est un mode de fonctionnement psychologique dans lequel un sujet, parvient à faire abstraction de la réalité environnante, tout en restant connecté à certains stimulus (ex. : la voix de l’hypnotiseur). Ce « débranchement de la réaction d’orientation à la réalité extérieure », qui suppose un certain lâcher-prise, équivaut à une façon originale de fonctionner à laquelle on se réfère comme à un état.
Fonctionnement de l’hypnose
Avoir conscience de l’inconscient
Pour comprendre les méthodes d’hypnose, il est important de comprendre que nous sommes connecté au monde extérieur à travers nos sens. Le cerveau les traite selon 2 circuits : le circuit conscient et le circuit inconscient. Si le premier est bien connu de tous puisque l’on en est par définition conscient, le circuit inconscient est très mystérieux. Il existe cependant d’innombrables manifestations de cet inconscient dans la vie de tous les jours, notamment les émotions. D’ailleurs, si on a conscience de ses émotions, leur maîtrise est toujours ardue en raison de leur source inconsciente. Les émotions sont source de comportement (la peur, l’amour, etc.), ce qui sera utilisé par l’hypnotiseur. Une autre facette de notre inconscient est la perception. La perception est une réaction inconsciente à un stimulus qui peut être une source d’information pour notre conscient. Par exemple si je pique le doigt d’une personne, cette dernière va retirer son doigt avant même d’avoir mal, par réflexe (comportement inconscient), et elle ne pourra pas s’empêcher d’avoir mal (réflexe inconscient également).
Le moment le plus révélateur de l’inconscient s’avère néanmoins être lorsque le conscient se met en pause : lorsque l’on dort. Le rêve est donc un acte purement inconscient (d’ailleurs la mémoire d’un rêve au réveil s’estompe en quelques secondes en général, et ces rêves dont on a vaguement conscience ne correspondent qu’à une petite partie des rêves que l’on a, la plupart étant totalement inconscient, seulement visible sur un électroencéphalogramme). Il y a d’ailleurs dans le rêve un réflexe – par définition inconscient, qui déconnecte le cervelet de la moelle épinière pour éviter que lorsque l’on s’imagine courir, on se mette à courir réellement dans son lit. Dans de très rares cas, la reconnexion pourtant automatique au réveil peut mettre quelques secondes et on se retrouve dans une paralysie hypnagogique. A contrario, la reconnexion peut s’opérer durant les rêves et on se met alors à bouger dans son lit.
Un autre état d’hypnose très classique que tout le monde a vécu est de ne plus avoir conscience d’être dans un fauteuil assis avec des gens autour, lorsque l’on regarde un film. Ce qui conduit à une légère transe hypnotique ou l’on n’entend plus quelqu’un qui nous parle, on ne voit plus cette lumière sur le côté qui nous gênait pourtant au début. Et si on coupe le film brusquement, on met quelques secondes à réaliser que c’est en fait la publicité et qu’on peut se reconnecter à la réalité.
Manipuler l’inconscient
Le rôle de l’hypnotiseur est dans un premier temps d’« endormir » l’esprit conscient, en diminuant son importance face à l’esprit inconscient dont il va au contraire augmenter les effets.
Dès que ces effets sont réels on parle d’état d’hypnose. Cet état peut commencer par de l’hypnose imperceptible, et extrêmement légère. La personne hypnotisée ne se rend en général compte de rien. Puis l’hypnotiseur, va essayer d’augmenter cet état d’hypnose, jusqu’au niveau qu’il désire. Un bon hypnotiseur peut ainsi amener l’hypnotisé jusqu’à une transe très profonde. Cette phase de création de l’état hypnotique se fait au travers de suggestions, c’est-à-dire d’injonctions directes ou indirectes faites à l’inconscient. L’inconscient va alors réagir à ces suggestions. Cette réaction étant induite par les suggestions, on parle de phase d’induction.
Déroulement d’une séance d’hypnose
En général, une séance d’hypnose se déroule en trois phases potentiellement facultatives :
la mise en situation ;
l’induction :
l’induction transparente,
l’induction hypnotique initiale (contenant les fameux tests),
l’approfondissement ;
le travail (le moment où l’on va utiliser l’hypnose dans un but précis).
Pour bien préparer votre rentrée en Loge, il est évident que vous devrez désormais porter des chaussures maçonniques. La rédaction a donc fait un choix du meilleur goût pour sélectionner les chaussures les plus discrètes ou les plus confortables selon la sensibilité de vos pieds. Vous avouerez que la sortie de Loge avec ce genre de vêtements risque de faire jazzer dans le quartier.
En 2013 le magazine sneakers-actus.fr proposait déjà six paires de baskets avec des symboles francs-maçons
Les tenants de la théorie du complot risque d’être terriblement déçus à la lecture de ce dossier. Il n’y trouveront aucune révélation sur hypothétique conspiration judéo-maçonnique visant à asservir les fans de sneakers. Que cela soit volontaire ou pas, plusieurs modèles comportent des symboles utilisés par le célèbre courant philosophique. A partir de sources fiables (et non de sites ou forums obscurs), je vous propose des explications les concernant.
1&2 – Le compas et l’équerre : Asics High and Low / Reebok Insta Pump Fury Kenzo Minami
Le compas et l’équerre sont 2 symboles de la maçonnerie moderne. Même s’il ne construit plus d’édifice, son objectif est de permettre à des hommes et des femmes de se construire. Ces instruments représentent pour chaque initié les moyens de s’élever spirituellement ou encore, de bâtir lui-même « son temple intérieur ». L’équerre sert à vérifier qu’un angle est droit. Au niveau de la symbolique, elle représente la régularité et la perfection des travaux. Le compas est utilisé pour tracer les cercles, mais également pour comparer, conserver et reporter des mesures. Ensemble, l’équerre et le compas évoquent la matière et l’esprit, les 2 composantes indissociables de l’homme. La position relative de l’équerre et du compas indique la progression dans l’initiation.
Les symboles du compas et de l’équerre figurent sur la Reebok Insta pump Fury x Kenzo Minami et sa boîte. Ils encadrent la lettre M. Chez les francs-maçons, elle est remplacée par la lettre G. Elle est apparue chez les maçons anglais vers 1730. La lettre correspond à l’initiale de God (Dieu). Pour les Français, plusieurs significations peuvent être retenues : Géométrie, Génération, Gravitation, Génie, Gnose.
L’équerre et le compasHal Asics GT 2 Brick and MortarHal Asics Gel Lyte 3 Brick and MortarHal Asics GT 2 Brick and MortarHal Asics Gel Lyte 3 Brick and MortarReebok Insta Pump Fury Kenzo Minami
3 – Le poème « If » de Rudyard Kipling : Reebok Pump Shaq Attaq
Le vers « all men count on you, but none too much » provient de « If » de Rudyard Kipling, un franc-maçon. Ce poème est un éloge de l’ordre. Tout l’oeuvre de l’écrivain anglais est inspiré par l’idéal maçonnique et par son parcours initiatique, qui débuta à Lahore (Pakistan). Chaque vers interpelle le lecteur par l’exigence posée par la condition « Si ? »; le dernier proclame : « Alors tu seras un homme mon fils ! » Dans une version initiale, Kipling ajouta : « Et plus encore, tu seras franc-maçon ! ».
Reebok Shaq AttaqRudyard Kipling
4 – Le Grand Architecte : Puma States Shadow Society
L’oeil dans le triangle représente le Grand Architecte de l’Univers, principe créateur et ordonnateur du monde. Contrairement aux idées reçues, le symbole n’a pas été inventés par les franc-maçons. Il apparaît dans l’art chrétien à partir du 17ème siècle et affirme la croyance dans la Trinité.
L’oeil et le triangle…..Puma States Shadow SocietyPuma States Shadow SocietyPuma States Shadow Society
5 – Le damier : Vans Era Checkerboard
Le sol de la grande majorité des édifices maçonniques est recouvert par un pavage, appelé « pavé mosaïque ». La juxtaposition des carrées noirs et blancs représente les paires opposées qui régissent le monde : lumière et ténèbres, Bien et Mal, connaissance et ignorance, vice et vertu…
Temple franc-maçonVans Era Checkboarder
6 – La pyramide : Nike Air Yeezy 2
D’après Roger Dachez, historien et président de l’Institut Maçonnique de France (IMF), la pyramide n’est pas un symbole officiellement franc-maçon. Le culte qu’ils vouaient autrefois à la pyramide, prend sa source dans un roman rédigé par l’abbé Terrasson (1731). Il décrit l’initiation de Sethos, aux mystère d’Isis, dans une salle souterraine et secrète de la pyramide de Kheops. A partir de là, les non-initiés ont projeté sur ce symbole tous leurs fantasmes au sujet de la franc maçonnerie, une société secrète avec des rites initiatiques dont ils n’avaient aucune idée. De leur côté, certaines loges maçonniques en pleine égyptomania avec les campagnes napoléonienne, ont adopté des rites liés aux mystères d’Isis.
À la faveur d’un vaste chantier de restauration, historiens et archéologues lèvent le voile sur les mystères architecturaux du Mont-Saint-Michel, un monument qui n’a cessé de se reconstruire au cours de ses treize siècles d’histoire tumultueuse. Sa silhouette, aujourd’hui iconique, aimante chaque année plusieurs millions de visiteurs venus du monde entier. Comment ce modeste îlot de granit, perdu entre la Bretagne et la Normandie, a-t-il traversé les siècles contre vents et marées ?
https://youtu.be/n2IUfk0z5Is
Refuge d’ermites, sanctuaire dédié au culte de saint Michel, puissant monastère bénédictin, écrin de splendeurs romanes et de merveilles gothiques, forteresse invincible, enfer carcéral, monument classé… : au fil de sa chaotique destinée, étroitement rivée à la grande histoire, le Mont-Saint-Michel a connu d’innombrables métamorphoses qui continuent de questionner les spécialistes. À l’occasion d’un récent chantier de restauration, archéologues, historiens et scientifiques se sont de nouveau penchés sur les énigmes de ce lieu unique.
Mille-feuille architectural à l’aide des rares écrits conservés, mais surtout des dernières techniques de modélisation et de datation, ces experts sont parvenus à faire parler les pierres pour recomposer le tracé des couloirs, identifier les contours et fonctions de bâtiments disparus, et débrouiller l’imbroglio architectural qui caractérise le rocher. Car sous ses dehors harmonieux, croisant puissance et raffinement, le Mont-Saint-Michel s’apparente en réalité à un entrelacement d’éléments disparates, dont il n’existe pas de plan exact.
Les éclairages des chercheurs, associés à des reconstitutions en 3D, dévoilent ainsi avec une précision inédite les étapes successives de l’édification du site, tout en retraçant les événements politiques, historiques ou naturels qui ont dicté ces restructurations. Traversé de sublimes images et séquences d’animation, ce film de Marc Jampolsky rend un passionnant hommage au génie des bâtisseurs d’antan, qui ont su s’adapter à la complexité du relief et à la magie de ce petit morceau de terre entre ciel et mer. Mont-Saint-Michel – Le Labyrinthe de l’Archange Documentaire de Marc Jampolsky (France, 2017, 1h28mn)
Face à l’agression sauvage dont a été victime Salman Rushdie, La Grande Loge Féminine de France tient à réaffirmer avec la plus grande vigueur toute l’importance qu’elle attache à la liberté d’expression.
L’œuvre de fiction de Salman Rushdie, « Les versets sataniques», considérée comme blasphématoire par les islamistes, l’a fait condamner à mort. L’ayatollah Khomeiny, suite à la parution de ce livre, avait lancé une fatwa contre lui il y a plus de 30 ans. Cette fatwa, pour certains, malgré les années passées, a gardé toute son actualité et commande de tuer.
L’agresseur n’a même pas 30 ans.
Instaurer, par la terreur, la prédominance de la loi religieuse sur les lois civiles dans le monde est contraire aux principes universels de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité, principes garants de la paix dans notre pays.
La Grande Loge Féminine de France, fidèle à ses engagements humanistes, apporte tout son soutien à Salman Rushdie.
Frédéric Lenoir est philosophe et sociologue. Il est l’auteur de nombreux ouvrages traduits dans une vingtaine de langues et vendus à plus de 7 millions d’exemplaires dans le monde.
« Carl-Gustav Jung (1875-1961), médecin suisse, pionnier de la psychanalyse, est l’un des plus grands penseurs du xxe siècle. Il reste assez méconnu en France, alors que ses idées ont exercé une influence profonde sur notre culture contemporaine et qu’il a été l’inventeur de nombreux concepts révolutionnaires, comme la synchronicité, l’inconscient collectif, les archétypes ou les complexes.
Il est avec Spinoza l’un des auteurs qui m’ont le plus marqué et il a eu un impact décisif sur ma vision du monde et de moi-même.
Voilà pourquoi j’ai eu à cœur de rendre accessible à un large public sa pensée visionnaire, qui fait le pont entre psychologie et physique quantique, qui montre combien l’être humain a besoin de sens et d’une vie symbolique ou spirituelle pour s’épanouir profondément. Cette conviction l’éloignera de Freud et le conduira à expérimenter et à élaborer son « processus d’individuation » : un extraordinaire voyage intérieur, où chacun d’entre nous apprend à faire dialoguer son conscient et son inconscient pour devenir pleinement soi et accéder à un sentiment d’unité et de joie profonde.
C’est à ce fascinant voyage vers soi que j’ai voulu convier le lecteur, à la découverte d’un des penseurs qui me semble être allé le plus loin dans la compréhension de l’être humain et du sens de son existence. »
Frédéric Lenoir, né le 3 juin 1962 à Tananarive (Madagascar), est un sociologue, écrivain, journaliste et conférencier français.
Auteur d’une cinquantaine d’ouvrages, il écrit aussi pour le théâtre et la télévision. Il a publié plusieurs ouvrages de sociologie et d’histoire des religions, des romans traduits dans une vingtaine de langues, des livres sur les crises du monde qui plaident pour une responsabilité individuelle et collective et des essais qui visent à vulgariser la philosophie.
Selon un classement de l’institut GfK en 2016, il est l’intellectuel français qui a vendu le plus de livres au cours des cinq dernières années. Il fait partie d’un groupe d’auteurs qui, depuis les années 2010, se sont spécialisés dans la production d’ouvrages traitant du bonheur, du bien-être, de la spiritualité, secteur particulièrement porteur dans le monde de l’édition.
Critiques
Son livre Comment Jésus est devenu Dieu, dans lequel il retrace par quelles péripéties l’Église de Rome n’a pu trouver les mots concernant la divinité du Christ qu’au ive siècle sous la pression des empereurs romains, a provoqué une réaction du théologien jésuite Bernard Sesboüé qui lui a répondu dans un livre intitulé Christ, Seigneur et fils de Dieu – Libre réponse à Frédéric Lenoir.
Dans son essai La philosophie ne fait pas le bonheur… et c’est tant mieux (Flammarion 2015), le philosophe français Roger-Pol Droit critique la dérive des « prêtres » de la « philo-bonheur » — dont il considère que Frédéric Lenoir est l’un des représentants — qui présentent le bonheur comme étant le but principal de la philosophie : « Onfray, Comte-Sponville, Lenoir, Ferry […] ces philosophes se servent le plus souvent des penseurs de l’Antiquité, en oubliant les deux mille ans et plus qui nous séparent. Le bonheur selon les Grecs n’était pas comme notre bonheur à nous. […] Je reproche à cette pensée du bonheur d’oublier le négatif : la vie est un lot, avec du meilleur et du pire. Je partage le regard de Nietzsche : dire oui à la vie, c’est dire oui à tout ! Il ne s’agit pas de se résigner au mal. Mais vouloir s’anesthésier en remplaçant la lucidité par le rêve de bien-être me paraît malhonnête et dangereux. »
En 2018, le site web français Conspiracy Watch rédige un court article critiquant ses propos controversés sur l’obligation vaccinale et les liens entretenus par de nombreux médecins consultés par le ministère de la santé avec l’industrie pharmaceutique, tenus dans l’émission “C Politique” la même année.
La société des Cambridge Apostles (« Apôtres de Cambridge »), connue également comme The Cambridge Conversazione Society, est une société secrète intellectuelle d’étudiants de l’université de Cambridge, fondée en 1820 par l’étudiant George Tomlinson (futur évêque de Gibraltar).
L’origine du surnom Apostlesdate des fondateurs au nombre de douze. Cette société recrutait traditionnellement ses membres parmi les nouveaux étudiants des collèges St John, King et Trinity. Parmi les membres de ce club de discussion, se retrouvent de grands noms de la littérature, de la politique, de la philosophie ou des sciences du Royaume-Uni, ainsi que des membres du Bloomsbury Group ou des Cinq espions de Cambridge.
Vidéo avec sous-tritrages
Anges et Apôtres
Comme l’indique son appellation de « Conversazione Society », il s’agit surtout d’un club de discussion. Les réunions se tiennent une fois par semaine, traditionnellement le samedi soir, et l’un des membres délivre une conférence sur un sujet préparé à l’avance. Ensuite se déroule un débat général pendant lequel les Apostles se nourrissent de toasts à la sardine surnommés les « steaks de baleine ».
La porte principale de Trinity College
Les Apostles tiennent à jour un registre relié de cuir (le « Livre ») dont les volumes successifs remontent à leur fondateur et renferment quantité d’annotations manuscrites sur l’ensemble des sujets abordés par les orateurs. Le « Livre » se trouve dans l’« Arche », où l’on range l’ensemble des documents inhérents à la société.
Une fois obtenu leur diplôme universitaire, les anciens Apostles se nomment les « Anges ». De temps en temps, tous les deux ou trois ans et dans le plus grand secret, les Apostles invitent la totalité des Anges à dîner dans l’un des collèges de Cambridge. Jadis avait lieu un dîner annuel, le plus souvent à Londres.
Les étudiants dont on envisage l’admission s’appellent les « Embryons » et chacun d’entre eux se voit convié à une soirée où les Apostles décident ou non de l’accepter dans leurs rangs, pendant que lui-même ignore que ses commensaux songent à le recruter. Si tout se passe au mieux, le rituel d’initiation l’obligera ensuite à jurer le secret et à écouter la lecture des malédictions encourues en cas de manquement aux règles, texte rédigé aux alentours de 1850 par l’un des membres, le théologien Fenton John Anthony Hort.
On reproche parfois aux Apostles le caractère secret de leur association, ainsi que la quasi-absence de femmes parmi eux, mais aussi, et peut-être avant tout, le nombre impressionnant d’Anges qui ont fait une brillante carrière à Cambridge ou exercé les plus hautes responsabilités dans les médias, le gouvernement et l’Église d’Angleterre, ce qui semble en contradiction avec les idéaux égalitaires prônés par l’université. En tout état de cause, nombreux sont les anciens Apostles qui ont évoqué la profondeur du sentiment de fidélité qui les rattachait à leurs camarades, et cela leur vie durant. Le philosophe Henry Sidgwick a écrit dans ses mémoires que son attachement envers cette société était le lien le plus fort qu’il eût connu au cours de son existence.
La cohésion du groupe
Dans les années qui précédèrent la Première Guerre mondiale, les Apostles acquirent la célébrité à l’extérieur de Cambridge grâce à l’émergence du cénacle intellectuel du Bloomsbury Group. John Maynard Keynes, Lytton Strachey et son frère James Strachey, G. E. Moore, Desmond MacCarthy, Leonard Woolf et Rupert Brooke, anciens Apostles, comptèrent parmi les fondateurs de Bloomsbury.
Dans l’entourage immédiat de Bloomsbury se trouvaient d’autres Apostles, par exemple le romancier E. M. Forster, le peintre Roger Fry (amant de Vanessa Bell), le poète Julian Bell (fils de Vanessa Bell, neveu de Leonard Woolf et amant d’Anthony Blunt), le critique littéraire Francis Birrell ou le musicien Saxon Sydney-Turner.
Mais surtout, dans le domaine de la philosophie et de l’économie politique, une influence mutuelle s’exerça durablement entre cinq des plus illustres Apostles : l’économiste John Maynard Keynes d’une part, et d’autre part les quatre grands penseurs analytiques anglais du xxe siècle, Ludwig Wittgenstein, Alfred North Whitehead, G. E. Moore et Bertrand Russell. Là encore, des liens annexes avec le groupe de Bloomsbury semblent avoir été très étroits.
Moins glorieux fut le regain de notoriété des Apostles à partir de 1951, lorsque naquirent les soupçons qui devaient mener au scandale des Cinq de Cambridge, autrement dit l’affaire des espions britanniques au service de l’Union soviétique depuis les années 1930 jusqu’à la fin de la guerre froide. Au minimum cinq hommes ayant accès aux secrets militaires du gouvernement britannique transmirent des informations au KGB (initialement NKVD). Parmi les quatre premiers espions démasqués, on découvrit deux anciens Apostles, jadis étudiants à Trinity College : Guy Burgess, officier du MI6, et Anthony Blunt, officier du MI5, historien de l’art, directeur de l’institut Courtauld et responsable des collections de tableaux de la reine Élisabeth II. Blunt et Burgess étaient connus pour entretenir une liaison homosexuelle depuis de nombreuses années. En revanche, les deux autres agents doubles, Donald Maclean et Kim Philby, n’appartenaient pas à la Cambridge Conversazione Society.
Restait la question du « cinquième homme », c’est-à-dire d’une « taupe » supplémentaire dont les services de renseignement britannique connaissaient l’existence tout en ignorant son identité. Longtemps on soupçonna le financier Victor Rothschild, ancien Apostle, qui avait prêté un appartement londonien à ses camarades espions, mais rien ne put prouver qu’il fût au courant de leurs activités. À l’inverse, le patron de presse américain Michael Straight, lui aussi ancien Apostle, reconnut en 1963 avoir travaillé pour le KGB. Anthony Blunt l’avait contacté dès 1933, au retour de son voyage en Union soviétique, et l’histoire ne dit pas si Straight fut sa seule recrue. Elle ne dit pas non plus qui est le « cinquième homme », ni même si les effectifs de ce réseau se limitent à cinq espions.
Depuis cette période, la mythologie populaire associe la Cambridge Conversazione Society non seulement à Bloomsbury, mais aussi aux espions de Trinity College, à leur idéologie marxiste et à l’homosexualité qui semble avoir prévalu parmi de nombreux Apostles.
Les voleurs ont emporté la somme de 350 000 euros qui étaient à l’abri dans un coffre, ce dernier était dans un bureau du temple de la Grande Loge du Congo. Près de 230 millions CFA qu’ils vont maintenant se partager. Probablement dans un souci d’humiliation, les voleurs ont laissé leurs excréments dans le temple avant de fuir.
On avait déjà observé des cas de vol dans les églises ou dans les mosquées, mais à ce jour jamais encore dans un temple maçonnique, réputé être un lieu de retrouvailles et de fraternité. Le mythe a été brisé par des malfaiteurs à Brazzaville, qui ont opéré au cœur du temple de la Grande Loge du Congo.
Selon les témoignages, il s’agit d’une trahison interne qui aurait donné les indications précises de la cachette des 350 000 euros bien gardés dans un coffre-fort.
Cependant, les francs-maçons de la Grande Loge du Congo ne comprennent pas pourquoi les voleurs ont déféqué dans le temple. Une enquête a été ouverte par la police judiciaire congolaise afin de démasquer les coupables.
La Franc-Maçonnerie au Congo a toujours fait couler beaucoup d’encre. Des plumes des plus sérieuses avec, par exemple, la thèse (Toulouse 2 ; sous la direction de M Jacques Valette, agrégé de l’Université, docteur ès lettres et professeur honoraire des Universités) en 1996 de Michel Boussicaud intitulée « Églises et franc-maçonnerie au Congo de 1900 à nos jours » aux plus farfelues dans la presse de nos confrères africains.
Il faut dire que la franc-maçonnerie est fortement implantée en Afrique noire francophone et Ce depuis 1781, date de l’implantation de la première loge à l’Orient de Saint-Louis du Sénégal.
On peut constater que les présidents Idriss Deby (OE) du Tchad, Denis Sassou N’Guesso du Congo, Mamadou Tandja (OE) du Niger, Gnassingbé Eyadema (OE) du Togo, Paul Biya du Cameroun, Blaise Compaoré du Burkina Faso, et Omar Bongo (OE) du Gabon ont été ou sont tous francs-maçons, membres de la Grande Loge Nationale Française (GLNF) ou d’obédiences africaines affiliées à cette dernière. Les autres obédiences françaises, Grand Orient de France (GODF) et Grande Loge de France (GLF) sont aussi implantées en Afrique francophone.
Intronisation de Denis Sassou N’Guesso, actuel président de la République du Congo depuis 1997
Conçu par Pedro Benoit, il reproduit le tracé de la capitale de Buenos Aires (Argentine), avec ses diagonales, ses styles architecturaux et ses placettes. Un parcours au clair de lune, pour découvrir dans les symboles la manière dont la loge des fondateurs appréhendait la vie et ses suites.
La Recoleta (Jorge Luis Borges – la ferveur de Buenos Aires)
« Au cimetière, on se promène et on lit », raconte Cristina Espinosa, cette uruguayenne qui s’est enracinée en Argentine par amour pour un homme et une ville. La Plata, dont elle parle comme si elle était une vieille amie d’enfance qu’« il n’avait pas », parce qu’il est né grand; la seule du XIXe siècle fondée pour être la capitale » ; devenir une terre de palais, des champs de canne, des ruisseaux et des mauvaises herbes qui existaient autrefois.
L’attrait de La Plata et les histoires de ceux qui parient dessus ont incité Cristina à étudier une carrière de guide touristique dans cette ville, alors que sa vie était déjà partagée entre être professeur de folklore et femme au foyer. Mais c’est un atelier sur le cimetière local qui l’a vraiment passionnée, la mettant en contact avec une histoire qu’elle qualifie de « fantastique » alors qu’elle chemine dans les couloirs étroits et muets de notre nécropole.
C’est jeudi, il fait froid et le coucher de soleil semble tomber plus lentement de ce côté de la vie, entre les voûtes qui s’obstinent à découper le sépia jusqu’à ce qu’il finisse par se fondre au noir. « Les habitants de La Plata ne connaissent pas les histoires de ceux qui sont ici, des premiers enseignants, architectes et personnalités qui nous ont marqués », dit-elle , en particulier la « symbologie maçonnique de ces ancêtres », qui reflète, parmi beaucoup d’autres choses, leur façon de comprendre la vie et ce qui se passe ensuite.
« Pour la franc-maçonnerie, la vie ne commence pas à la naissance et ne se termine avec la mort, elle est considérée comme une force indestructible, qui est en transformation continue, donc la zone du cimetière symbolise l’Orient Éternel », explique Cristina, insistant sur le fait que tous les symboles de La maison funéraire sont liés « aux rites des loges maçonniques. L’iconographie de leurs temples mortuaires tourne autour de l’idée de la mort comme vraie vie ».
C’est Dardo Rocha qui convoqua ses amis regroupés dans la Grande Loge Argentine des Maçons Libres et Acceptés pour relever le défi de fonder une ville dans laquelle il y avait tout à faire. Le 4 juin 1885, la Respectable Loge La Plata 80 obtient sa Lettre Patente, parmi les membres fondateurs desquels se distingue l’ingénieur Pedro Benoit, principal responsable de la conception des plans de la Ville et de ses bâtiments les plus emblématiques. Parmi eux, se distingue le Cimetière , qui reproduit le tracé géométrique et hygiéniste de la capitale de Buenos Aires.
Dans cette propriété de 24 pâtés de maisons entre les 72e et 76e rues, du 131 au 137, poussent tilleuls, cèdres et frênes. Il y a des diagonales, des carrés et des carrés répartis stratégiquement. Et des bâtiments mortuaires inspirés des mêmes styles architecturaux qui ont évolué à La Plata au fil des ans : néoclassique, néogothique, Art nouveau, Art déco, modernisme catalan et égyptien. Bref, des créations des vivants en hommage aux morts.
DE LA RIVIÈRE AU SOMMET SUD
Ce n’est pas par hasard non plus, précise Cristina, l’endroit où le Cimetière a été construit. « C’est au sommet sud de la ville et à la fin de la diagonale 74, qui commence dans le Río de la Plata, l’eau comme représentation de la vie, et se termine à l’Orient Éternel, qui est la mort des gens. »
TAGS: LA PLATA , LA PLATA CONTADA , MISTERIOS DE LA PLATA
La porte d’entrée représente également la maçonnerie de l’étape fondatrice et sa pensée symbolique de franchir le seuil entre la vie et la mort : « Il a 24 colonnes d’ordre dorique qui signifient force et stabilité – commente Cristina -pointant avec les lanternes vers ce temple grec néoclassique de l’ordre dorique. Les 12 dans la rue signifient le bruit mondain et l’agitation de la vie, et ceux à l’intérieur, le silence et l’Orient Éternel, la paix “.
Au-dessus des colonnes, les symboles continuent de nous parler. Des anges apparaissent, « qui sont des intermédiaires entre les GADLU (Grand Architecte de l’Univers pour les francs-maçons) et les hommes terrestres ; les couronnes, comme sens du triomphe de la transcendance, les lauriers de la victoire et les flambeaux pointant vers le haut, qui représentent la purification par l’illumination ».
Ce temple grec, poursuit le guide, « est utilisé dans de nombreuses loges maçonniques argentines. Dans le triangle supérieur, vous pouvez voir le delta lumineux », qui fait allusion aux trinômes « liberté, égalité, fraternité ; sagesse, force et beauté; règne animal, végétal et minéral; passé, présent et futur et les qualités d’un bon maçon : amour, volonté et intelligence ».
La loge s’identifie également au ternaire qui la définit comme une institution philanthropique, philosophique et progressiste, avec des valeurs telles que la science, la justice et le travail. Bref, chaque pièce, image ou symbole représente une idée ou un principe de la doctrine maçonnique, sans cesser d’être, en soi, une œuvre d’art.
La nuit était déjà complètement tombée lorsqu’Espinosa et Marta Inés Gil, une amie inconditionnelle qui l’accompagne dans les visites guidées qu’elles organisent avec une certaine régularité dans le cimetière, avancent avec l’équipe d’EL DIA à travers le secteur fondateur, où se trouve le premier caveau de ce cimetière inauguré le 1er février 1887. De style néoclassique, il appartient à la famille de Manuel Hermenegildo Langenheim, ministre de la Cour suprême de justice, député et sénateur de Buenos Aires et représentant de « l’une des trois générations de maçons bien connus » explique Spinoza. On dit que ses funérailles, en 1892, furent « l’une des plus achalandées » de l’histoire du Cimetière.
LES VOÛTES ET LE JOUR
Alors que nous nous promenons parmi ces premières voûtes à côté desquelles leurs propriétaires ont pris des photos pour publier les photos dans le journal EL DIA, en tant que symbole de statut, Cristina pointe différents symboles. Ou, comme il aime à le dire, il nous lit l’histoire gravée dans ces murs.
« On y voit (juste au-dessus d’une étroite porte de bronze) la clepsydre ailée, le sablier qui représente que le temps n’existe pas car c’est une création du profane ; les ailes d’Isis (elles apparaissent sur le trône égyptien sur lequel les pharaons étaient assis, en guise de protection) ; alpha et oméga (premières et dernières lettres de l’alphabet grec qui représentent le commencement et la fin de toutes choses) et le degré de maîtrise » de celui qui y repose et « les colonnes du temple de Salomon », Jakin et Boaz, noms des deux colonnes d’airain du porche du Temple de Jérusalem.
Nous continuons à marcher à côté de Cristina, qui guide avec la lumière de la lampe de poche et qui pointe chaque élément avec son regard. Pourquoi faire ce tour de nuit ? Pour le silence et l’immobilité de l’heure. Pour la façon dont tout prend forme quand la vie ralentit un peu.
Les pas du guide s’arrêtent soudain devant le monument de Florentino Ameghino, le scientifique autodidacte déclaré l’un des cinq sages de La Plata, avec Alejandro Korn, Carlos Spegazzini, Pedro Bonifacio Palacios (Almafuerte) et Juan Vucetich. Tous ont été enterrés dans le cimetière local. Et, à l’exception d’Almafuerte et de Vucetich, « ils étaient tous des maçons », dit Espinosa. De ce monument émanent les diagonales de la nécropole qui reproduisent celles de la Cité, les petits carrés apparaissant à un certain nombre de blocs, chacun composé de quatre voûtes. « A La Plata, il y a un carré tous les six pâtés de maisons et il représente la place que chaque maçon occupe », explique Cristina, « les deux plus grands parcs sont les premier et deuxième surveillants, ou secrétaires du grand maître. Et le grand maître est El Bosque, situé à l’Est.
Un autre bâtiment important est le caveau que le Parti justicialiste a acheté pour abriter les morts de la révolte péroniste ratée du 9 juin 1956, ajoutant la symbologie péroniste à celle qu’il avait déjà des propriétaires qui l’ont construit. Cet endroit s’appelle Plaza de Unión Nacional, car juste en face se trouve le mausolée du leader radical Ricardo Balbín. C’est à ce stade que le guide note: « L’étreinte de (Juan Domingo) Perón et Balbín a été rendue possible par la franc-maçonnerie des deux. » Et nous continuons d’avancer. Lors des visites programmées, avec le public, un chiot qui vit au cimetière se joint généralement. Cette nuit-là, il a raté le rendez-vous.
LA VOÛTE PIRIAPOLITE
Dans la symbologie égyptienne, plusieurs animaux se distinguent, comme le pélican. « Ses ailes -dit Espinosa -rappellent celles que l’on voit sur le mur d’une voûte art nouveau- sont très significatives et représentent le sacrifice, car cet oiseau est capable de se blesser pour nourrir ses poussins avec son propre sang ». L’éclairage intérieur de ces édifices révèle l’émerveillement de certains vitraux, ainsi que les dégâts causés par le passage du temps et l’oubli.
« Il y a de nombreuses années, les gens venaient et restaient avec leurs morts », confirme Espinosa. Maintenant, il n’y a pas beaucoup de visites. L’une des voûtes qui se démarque le plus sur la promenade est celle de la famille Pages, dans un pur style égyptien, par la qualité de ses matériaux, la délicatesse de ses vitraux, la puissante porte en bronze aux fleurs de lotus stylisées (représentant création et pureté), les colonnes cannelées et le sphinx au plafond, gardant les seuils.
« Asdrubal Pages était un diplomate et a ramené d’Egypte bon nombre des momies qui se trouvent au Musée », explique le guide spécialisé, soulignant qu’il vivait dans l’élégant manoir qui se dresse à l’angle des diagonales 74 et 45, qui était le premier à avoir un ascenseur importé d’Angleterre. La voûte est également très particulière, puisqu’il s’agit de l’un des deux seuls édifices argentins construits en pierre piriapolitaine uruguayenne. L’autre est le ministère de l’Économie, dans la ville autonome de Buenos Aires.
Une question se pose au milieu de cette promenade nocturne : se raconte-t-on des histoires de fantômes par ici ? « Non », Cristina et Marta répondent en chœur, « aucun« .
Les marches nous rapprochent d’une construction funéraire qui frappe par ses couleurs, jusqu’à ce qu’Espinosa nous dise qu’elle est aussi spéciale par qui elle héberge. « Mlle María Emilia Carlota Salza, qui a cherché à pouvoir appartenir à la franc-maçonnerie et s’est avérée être une nouveauté car en 1910, elle était vice-présidente du premier congrès des femmes aux États-Unis, en plus d’être professeur d’allemand , écrivain et directeur de l’école normale. En 1923, elle posa la première pierre de l’école qui se trouve devant la cathédrale ».
En contrebas, deux sphinx gardent le site. Au-dessus de la porte est inscrite la même phrase que sur la tombe d’Isis : « Je suis tout ce qui a été, est et sera, et aucun mortel n’a levé mon voile.