La franc-maçonnerie, très effacée durant la Révolution, connut sous le Premier Empire un nouveau départ, matérialisé dans notre ville par les vestiges d’une loge.
Au début du XIXe siècle, le bastion Montmorency, dépourvu de tout rôle militaire, était la propriété du pharmacien Dominique Reboulh. Celui-ci loua une partie des pièces qu’il avait aménagées sur la terrasse du fortin à la loge Napoléon, fondée le 29 juin 1807. Après son adhésion à cet atelier, il lui concéda également une pièce de terre, pour l’entretien de laquelle des jardiniers de la préfecture furent initiés en qualité de « frères servants » ; de ce jardin fut tiré un feu d’artifice le 13 juin 1812.
D’importants aménagements
Pour ses séances ordinaires, la loge disposait donc d’une salle, que les frères aménagèrent avec beaucoup de soins et à grands frais. C’est ainsi que fut acquis un accessoire symbolique très utilisé dans les cérémonies, « l’étoile flamboyante », mais on fit également l’acquisition de 24 chaises, de bancs « à pliant », et que des gradins furent disposés suivant le rituel maçonnique. Par ailleurs, on commanda à Paris, chez le célèbre tapissier Réveillon, un papier peint « bleu céleste parsemé d’étoiles argent fin avec draperies et bordures », puis un deuxième papier, imitant la pierre de taille, pour le vestibule. Ces divers achats grevèrent le budget de la loge, dont les finances ne furent jamais saines.
Plus mystérieuse aujourd’hui, la « salle du milieu », une salle souterraine de 6,60 mètres sur 8 mètres, est couverte d’une voûte en berceau, peinte comme les parois en noir avec parfois des larmes blanches, et ne reçoit pas la lumière du jour. Diverses illustrations macabres y sont toujours visibles, parfois séparées par un compas posé sur une équerre : un hibou sur une souche évoque la tristesse et la mort, un squelette dont le bras gauche s’appuie sur une faux est accompagné d’une tête de mort, une frise comporte neuf crânes séparés par des tibias entrecroisés, enfin une tête de mort est également surlignée de deux tibias. Plusieurs inscriptions en partie effacées qui complètent ces peintures tournent manifestement autour du thème de la mort, de la nécessité de mourir, puis de ressusciter pour avoir accès à la révélation.
La légende d’Hiram
En complément de ce qui précède, une scène toujours en blanc sur fond noir évoque la découverte du corps d’Hiram, l’architecte du temple de Salomon, tué par ses compagnons, le récit des péripéties de ce meurtre servant de support aux rites initiatiques des francs-maçons. La hiérarchie maçonnique comportait en effet trois grades, apprenti, compagnon, maître, et c’est au cours de la séance d’initiation au grade de maître que se trouvait évoquée la légende d’Hiram, dans la « salle du milieu » tendue de noir et plongée dans une obscurité quasi-totale.
Dès lors, pour Pierre Costeplane, c’est le rôle de « salle du milieu » qu’a joué cette cave au début du XIXe siècle, ce qui explique les inscriptions, la décoration macabre ainsi que les divers symboles dont elle fut dotée.Costeplane (P.), La loge maçonnique du bastion Montmorency, Bull. Sesa, 1975.Nous remercions pour sa compréhension le personnel de l’Ephad Korian.
Dans le vocabulaire connu de l’initié, il est souvent employé le terme de géométrie, de géométrie sacrée. Trop rarement encore celui de géographie, qui plus est sacrée.
Si mathématiques et nombres – formes anciennes de communication possédant une signification universelle – concourent à appréhender une omniprésente géométrie sacrée (alignements, constellations, environnement, architecture, etc.), comment connaître et comprendre cette géographie sacrée qui participe aussi à la recherche de sens que mène le curieux de nature.
C’est justement ce que nous propose Henri Pornon, spécialiste des outils et techniques de géolocalisation et de traitement informatisé de données géographiques, avec ce merveilleux voyage dans des lieux à la fois plus que symboliques et chargés d’énergies, sous un angle mythique, mystique, spirituel, religieux ou parfois ésotérique.
À travers trois chapitres, eux-mêmes sous-chapitrés en trois ou quatre parties parfaitement équilibrées, l’auteur, par ailleurs passionné par la façon dont les hommes des différentes civilisations et spiritualités associent le monde terrestre (les civilisations humaines) et le monde céleste (le divin), nous plonge dans cet univers qui sera pour certains lecteurs, une belle découverte. Avec force et vigueur, s’appuyant sur d’illustres prédécesseurs ayant commis quelques livres sur le sujet, notamment ceux de la psycho-ethnologie et cogniticienne Chris H. Hardy Réseaux énergétiques et conscience collective-Mégalithes, cathédrales, lignes telluriques (Dervy, Coll. les lieux de la tradition, 2015) et de Jean Richer Géographie sacrée du monde grec (Guy Trédaniel, 1994) et Géographie sacrée du monde romain (Guy Trédaniel, 1995), ouvrage étudiant les grands mythes de la fondation envisagés dans leur relation avec la géographie sacrée, Henri Pornon synthétise tous les savoirs de ce que la géographie terrestre véhicule en tant que reflet d’une géographie mythique céleste…
Henri Pornon
Avec une première partie consacrée à la façon d’aborder cette géographie en tentant de séparer « le bon grain de l’ivraie » – en réalité le sacré et le profane –, il nous définit ce qu’est vraiment la géographie sacrée – transcendance, surnaturel, aspect divin, etc.
Gardons à l’esprit aussi que l’humain, depuis des temps immémoriaux, a mis en parallèle ses croyances, parfois simples vénérations, et ces lieux – temples, églises et monastères – reliés entre eux et souvent dotés d’une « énergie particulière » apportant parfois guérison et éveil spirituel…
Chiang Mai
Après avoir abordé la géographie sacrée en théorie, Henri Pornon la traite de façon pratique. Il nous parle des alignements, des constellations, mais aussi d’autres figures géométriques. Comme celles de la ville de Chiang Mai en Thaïlande, dont le nom signifie « Ville nouvelle » et datant de 1296. Le roi Mengrai (1238-1317) est le fondateur du Lanna, un royaume thaï ayant pour capitale justement Chiang Mai, importante ville du Nord de la Thaïlande. Il trace à la fois un bilan de ses investigations mais aussi de celle d’autres auteurs et des figures qu’ils ont pu éventuellement identifier.
Nous réalisons un véritable tour du monde avec Angkor, Bénarès, le lac Titicaca, Le Caire, Palma de Majorque, Pise, Rome, Saint-Pétersbourg, Turin, mais aussi un tour de France avec Aix-en-Provence, la Bourgogne, la Bretagne, la colline de Fourvière à Lyon, Issoire, La Bourboule, la Chaise-Dieu, Notre-Dame de Salette, Quiberon, Quimper. Versailles, Vézelay…
Blason de Montségur : « De gueules à la croix cathare d’or »
D’autre part, tableau, par exemple celui « Des dates de construction des églises de la Grande Ourse bourguignonne » ou encore celui des « temples alignés sur deux parallèles » et figures – Bouclier de David ; Losange mystique, Tetraktys ; Montségur et la constellation du Bouvier – viennent apporter un judicieux et précieux complément au texte.
Château de Montségur
Nous aimons aussi tout particulièrement la façon très pédagogique dont l’auteur nous instruit. J’en veux pour preuve sa partie, page 44, la partie intitulée « Résumé de ce chapitre à l’attention de ceux que les questions épistémologiques et méthodologiques ne passionnent pas ». Un livre éclairant sur un sujet peu maîtrise que l’auteur nous transmet avec son regard de consultant-expert géomaticien.
Les éditions EME (Éditions Modulaires Européennes) ont été créées en 2000 et ont intégré le groupe L’Harmattan en 2015 – au premier rang de l’édition française en nombre de titres ; une maison familiale et indépendante fondée en 1975 autour de valeurs universelles : les droits de l’Homme, les droits des peuples à disposer d’eux-mêmes et avec la vocation constante d’être au service de la recherche pour une transformation sociale.
EME est une maison d’édition spécialisée dans les matières universitaires et la communication de textes relatifs aux sciences de l’homme, elle a construit son catalogue autour de collections sociologiques, didactiques, philosophiques, franc-maçonniques…
Géographie sacrée-Le hasard, l’homme, le divin ? est le seizième ouvrage de la collection « Explorations maçonniques » a déjà publié des autels bien connus de 450.fm, tels que le bruxellois chirurgien-dentiste, poète et artiste des collages Boris Nicaise, 33e, membre de la Grande Loge de Belgique, Obédience maçonnique libérale fondée en 1959, après avoir été initié au Grand Orient de Belgique, ou encore François Cavaignac, docteur en histoire (Sorbonne), initié en 1979 et contributeur à La Chaîne d’Union, revue du Grand Orient de France et plus ancienne revue maçonnique française créée en 1864 à Londres par des Francs-Maçons français exilés, fuyant le régime autoritaire de Napoléon III ainsi qu’à Chroniques d’Histoire Maçonnique, dont il est membre du comité de rédaction.
Exemple de géographie sacrée – illustration non issue de l’ouvrage d’Henri Pornon
Pour une première, cela en fut une ! Franc succès pour cette conférence inaugurale de cette jeune association cadurcienne qui a su réunir le ban et l’arrière-ban de ce que Cahors, et les environs comptaient de franc-maçonnes et de francs-maçons.
Reconnaissons qu’en ces terres radicales, les Maçons ont su, en son temps, prendre toute leur part pour faire émerger puis établir durablement la Troisième République (1870-1940). Avec le premier d’entre eux, Léon Gambetta (1838-1882) – initié en mai 1869 au sein de la Loge « La Réforme » (GODF), à l’Orient de Marseille.
Gaston Monnerville en 1947
Autre lotois – d’adoption cette fois-ci – connu, l’homme d’État Gaston Monnerville (1897-1991), député de la Guyane de 1932 à 1940, sous-secrétaire d’État aux Colonies de 1937 à 1938, président du Conseil de la République de 1947 à 1958 et du Sénat de 1958 à 1968, a été aussi Conseiller général du Lot de 1948 à 1974. Il est initié dans la Loge « La Vérité » n° 280 de la Grande Loge de France.
Portrait présumé de Clément Marot, par Corneille de Lyon
En effet, lundi 31 octobre dernier, ce magnifique écrin qu’est le Centre de congrès Espace Clément-Marot – le poète est né vers 1496 à Cahors – avait accueilli plus de cent Sœurs et Frères. De toutes Obédiences ! Reconnaissons aussi qu’ils n’étaient pas venus spécialement pour l’agape sous forme de cocktail dînatoire à base de produits locaux d’agriculteurs et de vignerons tous originaires du Quercy.
Sœurs et frères étaient venus entendre Pierre Mollier, directeur de la bibliothèque du Grand Orient de France, conservateur du musée de la franc-maçonnerie et rédacteur en chef de la revue d’études maçonniques et symboliques Renaissance Traditionnelle – prix IMF 2019, catégorie« Revues ». Il codirige les Chroniques d’Histoire Maçonnique et est Editor-in-chief de la revue en ligne Ritual, Secrecy, and Civil Society. Par ailleurs, il contribue à Franc-Maçonnerie magazine. En 2016, il a aussi été commissaire de la grande exposition « La franc-maçonnerie » à la Bibliothèque Nationale de France – qui conserve l’un des plus importants fonds maçonniques au monde.
Centre de congrès Espace Clément-Marot
C’est dire si Pierre Mollier était l’homme idoine pour nous entretenir de « L’itinéraire exceptionnel de l’illustre Franc-Maçon lotois, Étienne MORIN ».
Après une présentation du conférencier que nous devons à notre Frère Yann Bourhis, président de l’association organisatrice, non sans avoir, au préalable, exposé la vocation des Conférences qui a pour seul objet de rassembler des Sœurs et des Frères de toutes Obédiences dont le but est d’approfondir leurs connaissances de l’histoire de l’Art Royal en France et dans le monde, de grands personnages ou encore sur le symbolisme, Pierre Mollier, s’appuyant sur un diaporama fort documenté, déroula la vie tant profane que maçonnique de celui qui reste surtout connu pour le rôle central qu’il joua en Franc-Maçonnerie en général et dans la genèse du Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA), en particulier.
Pierre Mollier et Yann Bourhis
Et Pierre Mollier de mener l’enquête, tel Sherlock Holmes, le célèbre détective fruit de l’imagination de l’écrivain écossais Sir Arthur Ignatius Conan Doyle qui reçut la lumière en 1893 à la « Phoenix Lodge » N° 257, à l’Orient de Portsmouth. L’ensemble de ses investigations relatives au sieur Morin le conduit à conclure que :
à la suite d’un croisement de deux documents, Étienne Morin est bien né à Cahors (première énigme levée) ;
il ne fut pas négociant – généralement urbain, prospère, attaché à leur honorabilité sociale et à leur prestige, pratiquant le commerce de marchandises en grande quantité et dans le monde entier, opposé au simple marchand – boutiquiers des villes ou détaillants des villages –, mais bel et bien musicien – sa fiche d’inventaire à son décès fait état d’un violon dans sa succession, et fils de musicien (seconde énigme levée).
L’assistance
Dans un premier temps, Pierre Mollier définit ce qu’est un haut grade. Puisque c’est de cela, surtout, dont s’est occupé Étienne Morin. dont la patente, aux origines du REAA, dont il était porteur lorsqu’il navigua vers Saint-Domingue, l’actuelle Haïti.
Ms San Domingo 1764, dit aussi Ms Baylot, BnF
Après le système d’Apprenti, Compagnon et Maître qui vient du système opératif, les francs-Maçons français et continentaux, dans les années 1730-1740, mettent en forme maçonnique un certain nombre de thèmes ésotériques et ont fait des grades au nom poétique de Maître Parfait, Rose-Croix, Chevalier d’Orient. En fait, des grades qui sont la prolongation du parcours maçonnique des 3 premiers degrés symboliques. Il souligne l’importance en France de ce système, reconnaissant que les hauts grades REAA (30 degrés dont le sommet est le 33e), dont la Patente Morin est à l’origine, est le plus pratiqué dans le monde. Le conférencier rappelle l’authenticité de la transmission – « on ne se crée pas Maçon soi-même » –, et projette une illustration de la célèbre Patente, délivrée en 1761, en France, par une autorité maçonnique. Et de raconter toutes les mises en doute de ladite patente.
Carte de l’Isle de Saint-Domingue
De la vie de Morin, nous retenons ses nombreux arraisonnements et sa captivité, plutôt douce tant en Angleterre qu’en Écosse.
L’assistance, attentive, a mieux compris le contexte maçonnique de l’époque mais aussi et surtout comment d’un Rite de Perfection en 25 degrés qui a essaimé dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle nous sommes arrivés à ce Rite que nous connaissons tous désormais. Le conférencier d’un soir ayant puisé aux meilleures sources et archives les plus diverses.
Brevet de Chevalier d’Orient délivré par Étienne Morin à Alexis Delmas, 1767, détails (Musée de la Franc-maçonnerie – coll. GODF)
Comme à l’accoutumée, la parole circula. Abondamment.
Préfacé par Roger Dachez, La chevalerie maçonnique – Franc maçonnerie imaginaire chevaleresque et légende templière au siècle (Dervy, 2022), dernier opus de Pierre Mollier donna l’occasion, durant la dédicace, de poursuivre les fructueux échanges. Pour le plus grand plaisir et profit de tous.
« Conseil des Chevaliers de L’orient »
La soirée, qui a enchanté le public d’initiés, se clôtura par un très convivial cocktail dînatoire. Toujours frugal et fraternel !
Étienne Morin n’est plus né quelque part, mais Cahors. Et reste un illustre Franc-Maçon à l’itinéraire exceptionnel.
Une vidéo montre clairement une bande de complotiste s’introduisant sur le parking de la GLNF durant une Tenue, à Saint-Pierre-du-Mont en banlieue de Mont-de-Marsan dans les Landes (40) il y a quelques jours.
Cette vidéo est devenue virale, puisqu’elle bénéficie à l’heure où la rédaction prépare cet article de plus de 391 0000 vues, 8100 j’aime et 1100 commentaires, sans parler des 350 partages de sympathisants antimaçons dont certains propos sont puériles et d’autres peuvent faire froid dans le dos. Certains commentaires incitent même à relever les numéros de plaques d’immatriculation… (voir quelques commentaires en bas de page)
Les Compagnons de la Cayenne de Dambach-la-Ville organisent le samedi 12 novembre à 10H00 une conférence sur les Compagnons du tour de France en présence de François Icher, docteur en Histoire et spécialiste du Compagnonnage.
Depuis plusieurs siècles, le Compagnonnage représente l’homme : ouvrier, bâtisseur, créateur, Le compagnonnage reste indissociable d’une certaine idée de la formation et de la transmission des savoirs.
Professeur agrégé d’histoire-géographie en retraite, docteur en histoire, François Icher, connu pour ses travaux sur les compagnonnages et le monde des cathédrales, porte, lui aussi, haut et fort les valeurs et les principes du Compagnonnage.
François Icher
Afin de mieux comprendre les us et coutumes de la coterie que sont le voyage, la vie en communauté, l’apprentissage, la transmission, l’initiation, les lieux de mémoire…
Infos pratiques :
Samedi 12 novembre à 10H00
Foyer Culturel Georges Meyer – 27, rue de la Paix 67650 Dambach-la-Ville
Dès que le mot initiatique est lâché, le Maçon, initié par excellence, ne peut que se montrer intéressé… Et qui plus est quand il s’agit d’un voyage initiatique ! Car, dans sa quête et pour son accomplissement, le cherchant voyage lui aussi, mais à travers ceux des trois degrés, en loge symbolique…
Cette bande dessinée, en noir et blanc – nous rappelant le pavé mosaïque formant damier et sa conception binaire opposant le blanc illustrant lumière et spiritualité, au noir, représentant ténèbres et matérialité – est un conte d’aujourd’hui, nous offrant un véritable espace de liberté.
Gabrielle Halpern*, l’auteur, et Didier Petetin**, le dessinateur, nous plongent, dès la première page, dans la problématique de la différence et de l’Autre. Une vraie question !
Au cœur même de l’indifférence de la différence, voire du rejet du rejeton. Drame de notre temps où l’individualisme – qui n’est plus une tendance qui privilégie la valeur et les droits de l’individu par rapport à ceux de la société mais un constat réel – et ou aussi cet attachement excessif à soi-même – qui fait que l’on recherche exclusivement son plaisir et son intérêt personnels – que nous appelons l’égoïsme priment tout, toujours et tout le temps.
Gabrielle Halpern
Une belle aventure et une instructive leçon de morale – d’ailleurs l’une des définitions de la Franc-Maçonnerie, ordre initiatique mais aussi association essentiellement philosophique et philanthropique, n’est-elle pas une leçon de morale enseignée sous le voile de l’allégorie au moyen de symboles ?
Que faire de ce bébé centaure, plutôt une centauresse, dont ceux qui se penchent sur son berceau, dont sa grand-mère, murmurent « Mais qu’est-ce qu’on va faire de lui ? C’est un OGM ! C’est la transgression de la nature ! L’hybridation, c’est l’extinction de l’espèce Notre race va mourir à cause de ce mélange, c’est un terrible malheur ». L’auteur ne nous confie-t-elle pas que « l’hybride, c’est ce qui est mélangé, contradictoire,
« Centauresse et Faune », œuvre d’Augustin Courtet, Parc de la Tête d’Or, Lyon
hétéroclite ; c’est tout ce qui n’entre pas dans nos cases ».
Bien sûr que cela peut faire peur aux ‘’braves gens’’…
L’image d’après, et son commentaire, se veulent cependant rassurants « Ne vous inquiétez pas ! L’hybridation des races et des espèces, c’est ça qui a permis leur adaptation dans l’évolution. On pourrait même dire que l’hybridation est l’un des moteurs de l’évolution ! On associe les qualités d’une espèce à celles de l’autre et ça donne un individu beaucoup plus fort. »
Point d’eugénisme ici, mais juste une description concise des avantages de l’hybridation, ce croisement naturel ou artificiel de deux individus – plantes ou animaux – d’espèces, de races ou de variétés différentes.
Un centaure
Accepter l’Autre tel qu’il est et non tel que l’on voudrait qu’il soit. Cette BD nous délivre à la fois une belle leçon d’humilité mais aussi d’humanité. Si dans la mythologie grecque, un centaure est une créature mi-homme, mi-cheval, donc un homme-cheval), dont le plus célèbre reste Chiron, immortel et chargé de former les jeunes héros, celui de cette BD nous forme à une sorte de citoyenneté du XXIe siècle. Avec son creuset républicain, page 76, sa nature, ses arbres, ses animaux (hérisson, souris, oiseaux divers et variés, girafe, etc.), la construction d’un école – centauresque ! – car l’école a certes pour vocation d’instruire mais aussi, et de plus en plus, d’« éduquer à la santé et à la citoyenneté », nous ne pouvons qu’adhérer au fait que l’hybridation pourrait être une chance.
Et l’éditeur de conclure sa quatrième de couverture avec « Une BD initiatique pour aller vers l’Autre et comprendre le monde tel qu’il se transforme ».
C’est, tout simplement, juste et parfait !
Gabrielle Halpern
*Gabrielle Halpern est docteur en philosophie et diplômée de l’École Normale Supérieure et a travaillé au sein de différents cabinets ministériels (ministère de l’Économie et des Finances, ministère de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur, ministère de la Justice) en qualité de conseillère « Prospective et Discours », avant de participer au développement de startups et de conseiller des entreprises et des institutions publiques. Elle est par ailleurs experte-associée à la Fondation Jean Jaurès et dirige la série « Hybridations » qu’elle a créée au sein des Éditions de l’Aube. Ses travaux de recherche portent en particulier sur la notion de l’hybridation, qui a constitué le sujet de sa thèse de doctorat, soutenue à l’Ecole Normale Supérieure en 2019. Elle est l’auteur de l’essai grand public Tous centaures ! Éloge de l’hybridation (Le Pommier, 2020) et de l’essai coécrit avec Guillaume Gomez Philosopher et cuisiner: un mélange exquis – Le Chef et la Philosophe (Éditions de l’Aube, 2022). Elle intervient très régulièrement dans la presse, au travers de chroniques, de tribunes et d’interviews. Gabrielle Halpern explore aujourd’hui, dans le cadre de ses travaux de recherche, la notion de l’hybridation dans de nombreux secteurs, métiers et domaines d’activité et accompagne des entreprises et des institutions publiques. Pour aller plus loin https://www.gabriellehalpern.com/
Didier Petetin
**Didier Petetin, alias 20CH187, est ingénieur diplômé de l’École nationale supérieure des arts et métiers. Il exerce les fonctions de directeur général délégué au sein du groupe Vicat, entreprise familiale française créée il y a 165 ans par Joseph Vicat, fils de Louis Vicat, inventeur du ciment artificiel en 1817. Derrière sa fonction de directeur opérationnel de ses activités en France se cache une passion de toujours : le dessin.
Une passion qu’il vit à 100 % et déclare du reste : « « D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours dessiné. Ma grand-mère, mon père, ma sœur et mon frère dessinaient. J’ai toujours été baigné dans cette ambiance. Pendant mes études aux Arts et Métiers, je me suis rendu compte de l’influence de cet art. Le dessin humoristique est un bel outil de communication, très expressif, parfois sensible. Dans les années 1990, j’ai même vendu des dessins. J’ai gagné un concours où Jacques Faizant m’a fait une superbe dédicace. J’étais aux anges. Je suis imprégné des univers de Gotlib, de Franquin ou de Serre. »
Début novembre, le Grand Orient de France publie, comme tous les vendredis, sa newsletter, pardon sa lettre d’information, dans le respect de la loi Toubon – loi no 94-665 du 4 août 1994 – qui désigne la langue française comme langue de l’enseignement, du travail, des échanges et des services publics, complétant la loi du 31.121975 relative à l’emploi de la langue française…
ÉVÈNEMENTS
Divers aspects de la pensée contemporaine
Émission du dimanche 6 novembre 2022 à 9h40 sur France Culture
Entretien avec le Grand Maître du Grand Orient de France, Georges SERIGNAC. Le GODF est la première obédience historique – prenant le nom en 1773 de Grand Orient de France, dans la continuité de la première Grande Loge de 1728 – et la plus importante en nombre.
Emission présentée par Alexis LACROIX et Fréderic LOUIS.
Conférence publique, organisée par la Loge La Solidarité Jean Goubert, de Georges SERIGNAC, Grand Maître du Grand Orient de France
Mardi 15 novembre 2022 – CHERBOURG-OCTEVILLE
Conférence publique avec projection du film « Les mots de la fin »
suivie d’un débat sur la fin de vie
Jeudi 24 novembre 2022 – PARIS
Conférence publique organisée par le Grand Orient de France et la Grande Loge Mixte de France avec projection du film Les mots de la fin, suivie d’un débat sur la fin de vie, en présence des réalisatrices, Agnès Lejeune et Gaëlle Hardy, ainsi que du Dr François Damas, chef du service des soins intensifs et Président du Comité d’éthique du CHR Citadelle à Liège, membre de la commission de contrôle sur l’euthanasie en Belgique.
7e Salon maçonnique de Toulouse
7e Salon Maçonnique de Toulouse
sur le thème Transmettre et reconstruire
Samedi 26 et dimanche 27 novembre 2022 – TOULOUSE
Médiathèque José Cabanis de Toulouse.
Notre article, daté du 29 octobre dernier, sur le plus grand salon maçonnique d’Europe, et peut-être du monde !!!
https://bit.ly/3DGY2xu
Affiche Trace de Liberté
François BOUCQ à la médiathèque de Toulouse
Exposition dans le cadre du 7e Salon maçonnique de Toulouse,
Conférence publique, organisée par des Loges maçonniques de Bordeaux, de Patrick KESSEL, ancien Grand Maître du Grand Orient de France vendredi 9 décembre 2022 – BORDEAUX
Patrick Kessel, né le 30décembre1950 est un journaliste et essayiste, connu pour être un fervent défenseur de la laïcité. Franc-maçon, il est grand maître du Grand Orient de France en 1994 et 1995. Il est actuellement président d’honneur de du Comité Laïcité République (CLR). Auteur de nombreux articles et tribunes dans divers quotidiens nationaux et revues, contributions à des ouvrages collectifs, nombreuses conférences à Paris et en Province sur les thématiques républicaines, il a écrit Marianne, je t’aime (Éd. Bruno Leprince, 1996) et Ils ont volé la laïcité ! (Éd. Gawsewitch-Balland, 2012).
Dans la culture populaire et le genre fantastique, nous sommes habitués aux représentations de morts-vivants, de dragons, d’elfes et de nains. Fait intéressant, la plupart de ces créatures ont leurs propres versions (et même leurs origines) dans la mythologie nordique – à partir d’un patchwork de traditions orales et de contes locaux qui ont été conçus à la fois dans l’ancienne Germanie préchrétienne et au début de la Scandinavie médiévale.
La plupart de ces mythes nous sont accessibles à travers des œuvres littéraires comme l’Edda en prose , supposée avoir été écrite par l’historien islandais Snorri Sturluson, vers 1220 CE. L’autre œuvre littéraire cruciale composée en vieux norrois concerne l’Edda poétique.
Comme son nom l’indique, la compilation se compose de poèmes datant d’environ 1000 à 1300 CE. La plupart des collections contiennent des textes du Codex Regius (Livre royal), un manuscrit médiéval islandais datant d’environ 1270 de notre ère.
Le Codex Regius en lui-même est considéré comme l’une des sources existantes les plus importantes pour la mythologie nordique et les légendes germaniques. À cette fin, jetons un coup d’œil à 20 créatures et monstres aussi fascinants de la mythologie nordique à travers le prisme culturel et historique.
Liste des créatures de la mythologie nordique
Audhumla
Audhumla (ou Auðumbla ) était la vache primitive de la mythologie nordique. Comme mentionné dans Gylfaginning (la première partie de Prose Edda de Snorri Sturluson ), elle était responsable du maintien du géant du gel primordial Ymir – qui est nourri avec le lait d’Audhumla. Ymir, à son tour, a donné naissance à une foule de créatures et de divinités mythiques, dont le premier monstre mâle, femelle et à six têtes.
Audhumla, la vache, a également joué un rôle essentiel dans le mythe de la création nordique en révélant Buri – l’ancêtre de tous les dieux nordiques Aesir . Elle l’a fait en léchant les pierres de givre salé. Comme extrait de l’ Edda en prose – La vache a léché des blocs de glace salés. Après une journée de léchage, elle a libéré les cheveux d’un homme de la glace. Après deux jours, sa tête est apparue. Le troisième jour, tout l’homme était là. Il s’appelait Buri et il était grand, fort et beau.
Buri était le grand-père d’ Odin – le chef parmi tous les dieux et déesses Ases . Quant à Audhumla, elle n’a été mentionnée qu’une seule fois dans une autre sous-section de Prose Edda ( Nafnaþulur ), en référence aux vaches. En termes d’histoire, de telles divinités axées sur la vache se retrouvent également dans d’autres mythologies, comme Hathor dans la mythologie égyptienne et Héra (« la vache aux yeux ») dans la mythologie grecque.
Draugr
Oeuvre de Bruno Formagio
Le Draugr (ou Draug ) est simplement une version nordique d’une créature mort-vivante. Cependant, contrairement aux zombies présentés dans la culture populaire typique, les Draugr étaient souvent décrits comme des créatures hideuses mais magiquement puissantes de la mythologie nordique qui possédaient souvent une force et une taille surhumaines.
Ainsi, contrairement à un fantôme, le draugr avait un corps corporel d’un cadavre réanimé, ce qui le rapprochait d’un revenant (ou même d’un wight des tumulus des œuvres de JRR Tolkien). Cependant, dans le folklore et les mythes nordiques, la définition d’un draugr est assez vague, certains personnages comme Kárr inn gamli (« Kar l’ancien« ) étant spécifiquement appelés draugr, tandis que d’autres comme Glámr appelaient un troll (ou une créature vampirique de un cairn).
En tout cas, la plupart des traditions folkloriques attestent que les draugar (pluriel de draugr ), en tant que créatures mortes-vivantes, ont le teint maladif de « cadavre pâle » ou même noir nécrotique. Concernant ce dernier, le Draugr de Thorolf dans la saga Eyrbyggja aurait une peau noire comme la mort, puant les corps en décomposition, tandis que sa taille était enflée à celle d’un énorme bœuf.
Certains draugar, comme Þráinn (Thrain), ont été décrits comme ayant de grandes griffes, tandis que d’autres ont le pouvoir de changer de forme, de regarder vers l’avenir et même de nager à travers la roche solide.
Quant à l’histoire, les Vikings étaient connus pour avoir pris des précautions rituelles lors des rites funéraires pour éviter que le défunt ne devienne un draugr qui pourrait faire des ravages sur les vivants. Par exemple, les orteils des morts étaient attachés pour que le corps ne puisse pas bouger. Dans d’autres cas, une paire de ciseaux était maintenue sur la poitrine en signe de précaution symbolique.
Nains
Peinture de Lorenz Frølich (1895).
Les nains ( dvergr en vieux norrois) sont représentés comme des êtres magiques qui étaient intrinsèquement doués pour la forge et l’artisanat. L’une des premières histoires d’origine connues des nains se trouve dans Völuspá, le premier poème de l’ Edda poétique. Ici, il est mentionné comment ces êtres ont été (probablement) créés à partir du sang et des os d’ Ymir – le géant primitif qui a été soutenu par Audhumla la Vache.
Et puisque nous parlons des nains de la mythologie nordique, il convient de noter que les premières traditions germaniques n’ont jamais explicitement attesté de la petite taille perçue des nains. Par exemple, on croyait que quatre nains maintenaient en l’air le ciel même dans quatre directions cardinales.
Cependant, Prose Edda mentionne comment les nains étaient sombres, courts (avec la phrase – dvergr de voxt ou « court comme un nain« ), et vivaient sous terre à Svartalfheim – ce qui en faisait essentiellement des elfes noirs. On disait même que certains se transformaient en pierre au soleil, un peu comme les trolls de la culture populaire.
Indépendamment de la nature floue des traits physiques, les nains, dans la mythologie nordique, étaient responsables de la création d’incroyables objets enchantés, dont le célèbre Mjollnir , le marteau de Thor ; l’incassable Gleipnir , la chaîne qui liait le loup Fenrir ; le Skidbladnir , un navire de Freyr qui a toujours eu un vent favorable ; et Gungnir , la lance runique d’ Odin .
Elfes (Elfes Clairs et Elfes Noirs)
Ängsälvor de Nils Blommer (1850). Source : Wikimédia Commons
Les elfes ( álfr en vieux norrois) sont décrits comme des êtres lumineux qui résidaient principalement à Alfheim (signifiant la maison des elfes), l’un des neuf royaumes de la mythologie nordique. Semblables à ce que l’on peut appeler des divinités mineures, les elfes étaient censés avoir des pouvoirs magiques intrinsèques et une beauté inégalée.
Fait intéressant, contrairement à ce que nous identifions comme un elfe dans la fiction moderne et la culture populaire, les anciens peuples germaniques avaient un concept plus indistinct de l’être mythique. Par exemple, dans le livre Gylfaginning de Prose Edda, les elfes sont grossièrement classés en Ljósálfa (elfes clairs) et Dökkálfar (elfes noirs).
Les premiers, habitant le royaume béni d’Alfheim, étaient « plus beaux que le soleil » à regarder, avec leur attitude délicieuse et leurs pouvoirs de guérison. À l’opposé, les elfes noirs creusaient sous le sol et étaient apparemment abrasifs dans leur attitude. Il est également fait mention des Svartálfar (elfes noirs ou elfes sombres) dans les Eddas.
Certains érudits ont émis l’hypothèse qu’au vu des aspects flous des divinités mineures dans les mythes nordiques, les elfes noirs (ou plus précisément les elfes noirs) étaient simplement des réinterprétations des nains (comme discuté précédemment). De plus, dans la culture germanique, il y avait aussi des chevauchements dans le culte des ancêtres et la vénération des elfes, suggérant ainsi comment les elfes étaient perçus comme des versions exaltées des humains.
Fafnir
Oeuvre de Thomden. Source : Reddit
Fafnir était un nain intrépide dans la mythologie nordique qui est tragiquement devenu un dragon avide maudit par l’attrait de l’or. Comme mentionné dans le mythe nordique islandais Volsunga Saga, Fafnir était à l’origine un nain courageux avec un bras droit très fort. Par conséquent, il fut choisi par son père, le roi nain Hreidmar , pour garder leur maison ornée d’or et de pierres précieuses. Ses quatre autres frères étaient Regin , Ótr , Lyngheiðr et Lofnheiðr
Malheureusement, la vie des nains a terriblement mal tourné quand Ótr a été chassé et tué par erreur par Odin et Loki parce qu’il ressemblait à une loutre pendant la journée. Les événements ont pris une tournure encore plus grave lorsque Loki a racheté Odin (qui a été capturé par les nains) avec l’or maudit d’Andvari et l’anneau Andvaranaut .
La malédiction a conduit Fafnir à tuer son propre père et à reprendre l’immense trésor d’or et de bijoux. Cela l’a également transformé en un dragon avide et répugnant qui respire du poison et qui s’est enfui dans le désert pour garder jalousement ses richesses mal acquises.
Cependant, son autre frère – le forgeron nain Regin, qui a élevé Sigurd – le héros folklorique germanique , a comploté pour se venger. Ainsi, le forgeron envoya le héros Sigurd dans une dangereuse mission pour tuer Fafnir. Sigurd, aidé par son épée Gram et les conseils d’Odin, a réussi à tuer Fafnir, mais les choses ont de nouveau mal tourné. Après la mort du dragon, Regin, à son tour, était rempli de convoitise pour l’or maudit, jusqu’à ce qu’il soit également tué par Sigurd.
Fenrir
Fenrir (ou Fenrisúlfr , signifiant Fenris-Loup) est probablement le loup le plus célèbre de la mythologie nordique. Destiné à se libérer de ses chaînes enchantées lors de la calamiteuse bataille de Ragnarök , Fenrir est prédit qu’il tuera Odin lui-même. Cependant, il est également prédit que le monstre, à son tour, sera tué par le fils d’Odin, Víðarr – le dieu silencieux de la vengeance.
Dans les mythes nordiques, Fenrir est né de l’union du dieu Loki et de la géante (jötunn) Angbroda . Ses autres frères et sœurs monstrueux étaient le serpent mondial Jormungand et le souverain des enfers (ou Niflheim) Hel . Et fait intéressant, alors que ces deux-là étaient tenus à distance par les Ases , le vicieux Fenrir était directement gardé par les dieux nordiques sous l’œil vigilant d’Odin.
Et c’est là que Fenrir fut lié par l’entrave magique de fabrication naine Gleipnir – jusqu’à la fin des temps et l’arrivée du Ragnarök annoncé . Cependant, même en liant le loup géant, le dieu de la guerre Tyr a dû sacrifier sa main droite , qui a été violemment mordue par Fenrir dans sa rage.
De plus, les propres enfants de Fenrir – les loups géants (ou wargs) Sköll et Hati Hróðvitnisson , sont prédits pour avaler respectivement le soleil et la lune (ou vice versa) lors du choc cataclysmique de Ragnarök qui mettra fin au cycle mondial actuel.
Fossegrim
Fossegrim (ou Strömkarlen ) est traditionnellement associé au folklore de la campagne scandinave (par opposition à la mythologie nordique uniquement). Habituellement, dépeint comme un esprit masculin de l’eau résidant au bord des rivières ou dans les recoins des cascades, le fossegrim aurait des compétences incroyables en tant que violoniste.
Le talent musical de cette créature a à voir avec la maîtrise innée des sons merveilleux de la forêt, du vent et de l’eau. Et curieusement, la tradition suggère que les Fossegrim peuvent même enseigner leurs compétences aux aventuriers – uniquement à condition que des offrandes soient faites certains jours de la semaine. Ces « cadeaux » préférés vont des chèvres blanches vivantes aux spécialités de mouton fumé.
Quant à l’apparence, Fossegrim et les créatures apparentées de la mythologie nordique étaient généralement représentées comme des hommes gracieux habillés plutôt au hasard dans les vêtements de la nature. Cependant, tout comme les sirènes de la mythologie grecque, certains des êtres malveillants avaient tendance à attirer les victimes (femmes et hommes) vers leur perte. Alors que d’autres histoires mentionnent comment les Fossegrim avaient tendance à être complètement inoffensifs.
La prévalence des images liées au corbeau dans la mythologie nordique et la culture populaire fait allusion à la mort (ou aux avertissements de mort). À cette fin, le peuple germanique a associé Odin à divers aspects (et souvent antithétiques), allant de la sagesse et de la frénésie à même la mort. Se rapportant à ce dernier, Hugin et Munin ( Huginn et Muninn ) étaient les deux corbeaux d’Odin perchés sur ses épaules – qui annonçaient souvent le carnage des batailles et des guerres .
Au sens métaphorique, les corbeaux, en tant qu’oiseaux charognards, se «nourrissaient» des « offrandes » (les tués) du champ de bataille – suggérant ainsi comment les guerriers tombés, en particulier les ennemis, étaient des cadeaux de sacrifice donnés à Odin. Et ainsi l’approche de Hugin et Munin sur le champ de bataille signifiait qu’Odin était prêt à accepter ses cadeaux (de la mort).
Fait intéressant, au-delà des thèmes de la mort et du carnage, les corbeaux sont des créatures assez intelligentes. Cela associait également profondément les corbeaux à l’aspect sagesse d’Odin. À cet égard, le mot même Huginn est dérivé de hugr ou « pensée ». Ainsi, à bien des égards, plutôt que de simples animaux de compagnie, les histoires décrivent Hugin et Munin comme des extensions du dieu lui-même.
Certains ont émis l’hypothèse que les corbeaux étaient les composants intellectuels et spirituels d’Odin – qui se sont détachés de l’un (ou de soi-même) pour curieusement rassembler encore plus de connaissances et de sagesse. Une strophe du poème Grímnismál mentionne également comment Odin s’inquiète du fait que les corbeaux ne reviennent pas vers lui. Cela fait allusion au pari dangereux de se «diviser» mentalement et spirituellement, en particulier lorsque l’on est dans un état de transe de chamanisme (ou seiðr ).
Huldra
Autre créature du folklore germanique et nordique, la Huldra (ou Hulder) est représentée comme un être féminin blond et plutôt séduisant qui réside au plus profond des forêts. En tant que tel, le Huldra, également appelé skogsrå , peut avoir été lié aux esprits gardiens de la mythologie nordique.
Mais au fil du temps, le Huldra a été dépeint comme un être malveillant, qui, tout en mettant en valeur sa beauté et sa sveltesse apparentes, a attiré les jeunes hommes dans les tanières au plus profond de la forêt. Et comme c’est souvent le cas dans les mythes du monde entier, ces hommes ont finalement trouvé la mort aux mains de la créature – qui avait tendance à révéler sa véritable forme de hideur.
Fait intéressant, tout en accomplissant ses actes de séduction, on dit que le Huldra a sa queue de vache (ou de renard) artificielle suspendue à sa robe. Cela a permis à la victime potentielle d’identifier le danger imminent et de s’éloigner du chemin forestier.
Jormungand
Jormungand (ou Jörmungandr ) se traduit littéralement par la « Grande Bête« . Dans la mythologie nordique, le monstre massif, également connu sous le nom de « serpent du monde » ou « serpent de Midgard« , était l’un des trois descendants de Loki et de la géante Angbroda (les autres étant Fenrir – le loup géant, et Hel – le souverain du Monde souterrain).
En termes de représentation, on croyait que Jormungand était si massif que le serpent (ou dragon ) encerclait l’intégralité de notre monde visible ( Midgard ). En fait, en raison de sa nature gigantesque, il a même été prophétisé que Jormungand se mordrait (ou saisirait) sa propre queue après être devenu assez grand pour entourer le monde entier.
Et en parlant de prophéties, il était également prédit que Jormungand rencontrerait Thor au Ragnarök – où les deux s’entretueraient. À cette fin, dans les Eddas, il est même mentionné comment Thor a tenté de pêcher le serpent géant – qui a d’abord été jeté dans les profondeurs des mers par Odin pour empêcher un affrontement cataclysmique. Mais la ligne de pêche, avec son appât en tête de bœuf, fut sectionnée par le géant Hymir , afin de reporter les sinistres événements du Ragnarok.
Dans le cadre historique, le concept de Jormungand (ou un monstre géant résidant dans les profondeurs de la terre) était répandu dans les sociétés germaniques de l’ère pré-viking. Même les Allemands du début du Moyen Âge attribuaient des phénomènes naturels comme les tremblements de terre aux mouvements de la créature.
Jötnar
Les Jötnar (pluriel de jötunn ) étaient des êtres surnaturels qui habitaient Jötunheimr (Jotunheim), l’un des Neuf Mondes de la mythologie nordique. Maintenant, en termes conventionnels, les jötnar sont souvent confondus avec des géants typiques, y compris les géants du givre et les géants du feu. Par conséquent, dans la culture populaire, ils sont projetés plutôt négativement comme des ennemis typiques des dieux Ases .
Cependant, dans les mythes traditionnels, le terme jötnar était utilisé de manière extensive, faisant ainsi référence à une race d’êtres (contrairement à un trait physique spécifique) qui se présentaient sous différentes formes et tailles. Par exemple, la jötunn Gerdr est décrite comme étant divinement belle, et ses beaux regards chatoyants ont même attiré l’attention du dieu Vanir Freyr – la divinité de la fertilité (et souverain de la patrie elfique Alfheim ).
De plus, certains des jötnar jouent également un rôle crucial dans l’établissement de relations avec les dieux – à tel point que la plupart des dieux Ases étaient en fait des descendants des jötunn (via Bestia , qui était la mère d’ Odin ). D’autre part, il y avait aussi des jötnar monstrueux et effrayants – comme le loup géant Fenrir et l’énorme serpent Jormungand.
Certains mythes, dont celui des Eddas , mettent en avant le jötnar comme ayant des pouvoirs variés et similaires en veine à celui des dieux. Curieusement, les jötnar maléfiques, monstrueux et même rabougris mentalement étaient également assimilés à des créatures comme des trolls (discutés plus loin dans l’article), des géants ( þurs ) et des démons.
L’une des créatures monstrueuses issues du folklore scandinave, le Kraken peut être perçu comme l’amalgame de différentes légendes et du romantisme général associé aux profondeurs inconnues des mers. Dans sa forme la plus populaire, le Kraken est généralement décrit comme un monstre ressemblant à un céphalopode (ou un calmar gigantesque) qui est si gros qu’il peut entraîner un navire entier avec ses tentacules vicieusement grands.
À cette fin, les historiens et les chercheurs ont souvent émis l’hypothèse que les Krakens étaient peut-être inspirés par les calmars géants réels rarement aperçus par les marins de l’Antiquité et du début du Moyen Âge. Par exemple, en Norvège, la légende du Kraken en tant que calmar géant s’est encore renforcée lorsque les gens ont commencé à voir des spécimens pourris échoués de ces grands céphalopodes sur les plages.
Certaines des carcasses ont été réinterprétées comme des diables marins ou même des moines marins. De plus, il y avait aussi l’influence de monstres aquatiques d’autres mythes, comme celui de Charybde et Scylla de la mythologie grecque. On disait que le premier avait le pouvoir de créer un énorme tourbillon qui pouvait aspirer les navires et les marins.
Juments
Le Cauchemar de Fuseli (1790-91)
À ne pas confondre avec un cheval femelle, le mot mare en vieil anglais (ou mara en vieux norrois) signifie « monstre » ou « gobelin ». Il est dérivé de mære , venant finalement du proto-germanique maron signifiant ‘gobelin’ ( sa racine TARTE est mora- ‘incube’). A cet effet, le terme « cauchemar », originaire du début du XIVe siècle, désignait « un esprit maléfique, parfois féminin (incube), qui affligeait les hommes dans leur sommeil » – correspondant ainsi à de mauvais rêves.
Par exemple, dans la saga Ynglinga du XIIIe siècle , le roi d’Uppsala est étouffé par une jument « chevauchée » sur sa poitrine et sa tête. De même, dans la saga Eyrbyggja, une sorcière prend la forme d’un marlíðendr (« cavalier de nuit »), qui peut ressembler à une jument, pour causer des blessures par piétinement à un personnage.
Assez incroyablement, le premier élément du nom de la déesse celtique irlandaise Morrigain (Morrigan) est peut-être aussi dérivé de maron . À cette fin, en irlandais moderne, son nom Mór-Ríoghain se traduit à peu près par la « reine fantôme ». Convenant à cette épithète cryptique, dans le récit mythique, Morrigan était capable de se métamorphoser (qui se transformait généralement en corbeau – le badb ) et de prédire la mort, tout en incitant les hommes à une frénésie guerrière.
Mokkurkalfi (ou Mist Calf) était un monstre gargantuesque fait d’argile par les géants du givre dans la mythologie nordique. Selon l’histoire, la construction a été faite de manière à effrayer Thor – qui était censé avoir un duel de combat avec Hrungnir, le plus puissant des géants (jötnar). En termes simples, la construction en argile de 9 miles de haut devait aider les géants dans le combat qui s’ensuivit avec le dieu du tonnerre.
Et tandis que Hrungnir a été vaincu et tué sans cérémonie par Thor, le Mokkurkalfi était toujours en fuite. Une version du mythe mentionne même comment Thor s’est apparemment mouillé à la vue de la construction monstrueuse lourde dont la tête s’élevait au-dessus des nuages. Cependant, heureusement pour les Ases , le serviteur humain de Thor, Thjalfi (ou Þjálfi ), était moins impressionné par la construction en argile.
Il remarqua les pas brusques et hésitants du géant artificiel et balança par conséquent sa hache vers les jambes épaisses de Mokkurkalfi. En conséquence, la construction imposante mais disgracieuse s’est renversée et s’est écrasée au sol. Et telle était sa circonférence immense que sa chute a même entraîné un tremblement de terre à Jotunheim – le monde natal des jötnar (géants).
Nidhogg (ou Níðhöggr – qui signifie « attaquant de la malédiction ») était la créature ressemblant à un dragon qui rongeait les racines mêmes de l’Yggdrasil – l’arbre du monde (l’arbre qui contenait les différents mondes du cosmos nordique). Dans la mythologie nordique, Nidhogg était le principal malfaiteur parmi les nombreux serpents et géants; et en tant que tel, son nom signifiait – « celui qui frappe avec malveillance ».
En termes simples, Nidhogg était considéré comme l’antagoniste éternel du mythe nordique dont l’intention même était de libérer les forces du chaos dans les royaumes des dieux et des hommes. Dans le poème Völuspá , il est mentionné que Nidhogg s’élève (ou s’envole) sous l’Arbre du Monde pour (vraisemblablement) aider les jötnar et les «dévoreurs» dans leur combat contre les Ases pendant le Ragnarok.
Dans le schéma historique des choses, Nidhogg était peut-être la personnification de la force maléfique ou chaotique omniprésente qui semblait affecter et influencer les humains. À cette fin, dans la société germanique pré-chrétienne, être appelé un nīðing ( nīþ est la première syllabe de Níðhöggr ) était l’une des pires formes d’insulte – à tel point que la personne insultée pouvait même défier l’instigateur dans un combat mortel. duel ou retirer ses paroles.
Les Nornes
Les Norns ( Nornir ) sont une classe intéressante d’êtres mythiques féminins de la mythologie nordique qui sont souvent décrits comme ayant le pouvoir de tisser et même de contrôler le destin. Essentiellement, ils étaient considérés comme des entités puissantes (dans certains cas même plus que des dieux), bien qu’un peu détachés du cadre traditionnel du cosmos.
Fait intéressant, dans le poème Eddic, Fáfnismál (« les paroles de Fáfnir »), les Norns sont représentés en nombre, qui sont venus de différentes « races » – y compris des dieux, des elfes et même des nains. Cependant, le poème Völuspá décrit les Norns comme des êtres plus mystérieux qui ne sont issus d’aucun milieu particulier. Pourtant, décrits comme un trio, les trois Norns Urd , Verdandi et Skuld , avaient l’incroyable pouvoir de tisser respectivement le destin (parfois lié au passé), le présent et le futur.
Le poème mentionne en outre comment les trois Norns résidaient sous Yggdrasil , l’arbre cosmique qui contient l’univers et ses royaumes. Leur rôle élargi comprenait également la garde de l’arbre – ce qu’ils faisaient en transportant de l’eau et de la terre fertile du puits verdoyant Urðarbrunnr .
Ratatoskr
Jusqu’à présent, nous avons parlé des morts-vivants, des dragons, des géants et des elfes. Cependant, la mythologie nordique avait aussi sa juste part de personnages fantaisistes mais puissants. L’un d’eux était le Ratatoskr (« dent ennuyé ») – un écureuil apparemment inoffensif qui a diffusé des messages (et des insultes) à travers l’arbre du monde de Veðrfölnir , l’aigle sage à Nidhogg , le serpent (discuté plus tôt).
Dans les Eddas, Ratatoskr, malgré sa petite taille, était représenté comme une créature particulièrement espiègle qui se délectait des insultes échangées entre l’aigle perché au sommet de l’arbre et le serpent qui rongeait ses racines. Parfois, l’écureuil déformait même les mots et rendait les échanges désagréables encore plus vitrioliques – faisant ainsi allusion à la façon dont la créature aimait les commérages et les retombées amères qui y étaient associées.
Historiquement, Ratatoskr a peut-être symbolisé les dangers généraux omniprésents pour le monde qui vont au-delà des domaines du chaos et de l’ordre. Certains ont également émis l’hypothèse que le but ultime de l’écureuil était de faire tomber l’ Yggdrasil – un exploit qui n’était possible que par la méchanceté délibérée plutôt que par la force brute.
Sleipnir
Sleipnir (qui signifie « la pantoufle« ) était le célèbre cheval à huit pattes d’ Odin , le chef des dieux Ases . Dans la mythologie nordique, il était le fils de l’étalon céleste Svadilfari (ou Svaðilfari -qui était un jötunn ) et d’une jument (dans laquelle Loki s’est métamorphosé). Dans la plupart des récits, Sleipnir est décrit comme un grand cheval d’Odin dont les dimensions sont si grandes que son galop pourrait modifier le paysage de la région.
Dans d’autres mythes, Sleipnir est projeté comme étant rapide (plutôt que grand) dont les huit pattes pourraient transporter son cavalier dans les neuf mondes du cosmos en un tournemain. Et compte tenu de son pedigree qui combinait la force d’un géant et la divinité d’un dieu, Sleipnir avait également la capacité de contourner les frontières naturelles de la plupart des royaumes.
Par exemple, dans l’histoire tragique de la mort du dieu Baldr , son frère Hermóðr chevaucha Sleipnir jusqu’à Hel , le royaume des morts. Et le cheval surnaturel a effectivement sauté la clôture des enfers et a même ramené Hermóðr en toute sécurité à Asgard . Dans une autre histoire, Sleipnir a été opposé à Gullfaxi , un cheval rapide appartenant à Hrungnir le géant (voir l’entrée – Mokkurkalfi ).
Tanngnost et Tanngrisnir
Contrairement aux notions culturelles populaires sur les moyens royaux des divinités nordiques, le propre char de Thor était en fait tiré par deux chèvres au lieu de grands coursiers (illustrés à juste titre dans la dernière adaptation cinématographique de Thor ). Nommés Tanngnjóstr (« celui qui grince des dents ») et Tanngrisnir (« celui qui a des trous dans les dents »), les chèvres, incroyablement, servaient le double objectif de tirer le char et de servir également de nourriture au dieu.
Ce dernier concerne la façon dont Thor les a cuisinés lorsqu’il avait besoin de nourriture. Cependant, ils ont de nouveau été ressuscités par le marteau de Thor – le magique Mjollnir. À cette fin, dans l’une des histoires, Thor a même partagé sa viande divine avec des fermiers humains. Mais leur fils Thjalfi (ou Þjálfi ) a involontairement aspiré la moelle d’un des os de la chèvre (peut-être trompé par Loki ). Cela a entraîné la boiterie de la chèvre une fois que l’animal a été ressuscité.
En guise de réparation, Thjalfi a été pris comme serviteur de Thor – et il a ensuite payé sa cotisation en battant Mokkurkalfi , la construction massive en argile (discutée plus tôt). Sur une autre note, la résurrection des chèvres reflète également le destin de Sæhrímnir – la bête (ou sanglier) qui était cuite chaque nuit pour nourrir les guerriers tombés ( einherjar ) de Valhalla (salle des tués) et a ensuite été ressuscitée une fois de plus le Le jour suivant.
Walkyrie
Les valkyries (ou valkyrjur – qui signifie « choisisseurs des tués ») étaient les esprits féminins d’Odin qui ont aidé le dieu nordique à transporter les guerriers morts (ou les héros tués des batailles – connus sous le nom d’ einherjar ) dans les couloirs de Valhalla . Souvent représentées comme des jeunes filles élégantes, les Valkyries étaient également connues pour « affecter » les guerriers qui gagneraient le passage vers les salles auréolées d’Odin après leur mort.
Fait intéressant, alors que de nombreuses sources nordiques et leurs interprétations modernes représentent les Valkyries comme de nobles esprits féminins imprégnés de beauté et de puissance, les récits germaniques originaux avaient tendance à les dépeindre d’une manière plus prodigieuse. Un poème scaldique particulier, Darraðarljóð , partage un tel point de vue en décrivant comment les Valkyries ont anticipé le terrible destin de nombreux guerriers nordiques lors de la célèbre bataille de Clontarf, vers 1014 CE.
Les esprits les ont tissés dans une joie apparente, avec des éléments terrifiants comme des intestins et des têtes coupées. Même la version anglo-saxonne des Valkyries, connue sous le nom de wælcyrie , était généralement des esprits associés à la violence et à la mort. Une autre école de pensée émet l’hypothèse que les Valkyries dans la mythologie nordique étaient peut-être une extension du pouvoir brutal d’Odin.
Mention honorable – Trolls
Dans la mythologie nordique, le mot « troll » (ou trǫll ) ne définissait pas vraiment un type spécifique de créature. Au lieu de cela, le nom troll a été utilisé comme terme générique pour divers types de monstres, y compris les démons, les démons et les jötnar (géants).
Parfois aussi classés comme « thurs » (ou þurs ) et risi (êtres héroïques), ces trolls étaient généralement dépeints sous un jour plutôt négatif – comme des créatures peu aimables et même espiègles de la mythologie nordique. Au fil du temps, les descriptions confuses et vagues ont conduit à la catégorisation des «trolls laids» comme des créatures disgracieuses, brutales et stupides qui vivaient isolées dans les montagnes et les grottes.
Le jardin des Tarots est un environnement d’art constitué de sculptures monumentales et situé à Garavicchio de Pescia Fiorentina, une frazione de Capalbio en Toscane, en Italie. Il a été créé par l’artiste française Niki de Saint Phalle, pseudonyme de Catherine Marie-Agnès de Saint-Phalle (1930-2002) plasticienne, artiste peintre, graveuse, sculptrice et réalisatrice de films franco-américaine.
Gaudí, en 1878
En 1955, en visitant l’Espagne, Niki de Saint Phalle découvre l’œuvre de l’architecte catalan de nationalité espagnole et Antoni Gaudí i Cornet (1852-1926) et notamment le Parc Güell, à Barcelone. Cette découverte, qui la bouleverse, la conduira un jour à créer son propre jardin de sculptures en utilisant divers matériaux et objets de récupération, éléments essentiels de son art.
Basé sur les vingt-deux arcanes du jeu de tarot, il a été réalisé entre 1979 et 1993. Construit avec la participation initiale du mari de l’artiste, le sculpteur Jean Tinguely – qui fit les structures –, et avec l’aide de nombreux ouvriers, il fut ouvert au public en 1998.
Le jardin, à forte composante ésotérique, comprend les vingt-deux arcanes majeures du tarot :
le Magicien (avec sa main recouverte de miroirs, et dont l’intérieur de la tête a été peint par l’artiste anglais Alan Davie) ;
la Grande Papesse (hommage aux Jardins de Bomarzo). Avec, au centre d’un bassin, la Roue de la Fortune et ses jets d’eau ;
la Force (figure féminine dominant la force brutale d’un dragon) ;
le Soleil (un oiseau posé sur un arc de cercle) ;
la Mort, chevauchant un cheval ;
le Diable, le Monde, le Fou ;
le Pendu (situé à l’intérieur de l’arbre de vie) ;
la Justice (figure féminine) ;
l’Injustice (machine enfermée dans la Justice) ;
les Amants (Adam et Ève en pique-nique) ;
l’Ermite, La Tour ;
l’Empereur (représenté à l’intérieur d’un château) ;
la Luxure (une fontaine avec des femmes jouant dans l’eau) ;
l’Impératrice (sculpture de 15m de hauteur dont l’intérieur est entièrement aménagé en appartement recouvert de mosaïque de miroirs – c’est ici qu’a vécu et travaillé Niki de Saint Phalle durant la réalisation du Jardin) ;
le Chariot, l’Étoile, le Jugement.
Les arcanes majeurs du tarot de Marseille représentent un ensemble d’enseignements à partir desquels l’individu construit sa personnalité et acquiert de l’expérience. En nombre de 22, ces cartes représentent un cycle dans lequel l’individu se construit et développe des compétences. Chaque arcane majeur possède un numéro allant de 1 à 21, à l’exception du Mat qui représente un personnage dénué de toute expérience.
Celui-ci entame un voyage initiatique vers le Monde (21), un parcours durant lequel il sera confronté aux enseignements du tarot de Marseille. Celui-ci constituera son chemin de vie. Ces « cartes » sont traduites en de très colorées et imposantes sculptures, dont certaines atteignent quinze mètres (et sont habitables), recouvertes de céramiques polychromes, de mosaïques de miroir, de verres précieux, réalisés avec l’aide d’artisans locaux.
Le Pendu
Les sculptures ont été construites en béton recouvrant une armature métallique soudée à la main. Ceci rend, entre autres, ces maisons-sculptures, antisismiques. L’auteur ainsi que son mari y ont vécu une longue période et les ont expérimentées.
Un mur ceint le parc pour séparer les visiteurs de la réalité du paysage environnant. Le porche d’entrée circulaire est dû à l’architecte tessinois Mario Botta.
Niki de Saint Phalle
La construction du Jardin fut entièrement financée par la vente des autres réalisations artistiques de Niki de Saint-Phalle.
Le cadenas de la Justice
Les influences
Avec la réalisation de son jardin fantastique, pendant plus de 20 ans, la sculptrice et peintre Niki De Saint Phalle concrétisa un de ses rêves de jeunesse.
La devise de l’artiste
Bien sûr, on ne peut manquer de relever les similitudes et références du Jardin des Tarots avec l’œuvre de Gaudí ou encore avec celles du Parco dei Mostri (Parc des monstres) situé à Bomarzo.
Et, plus globalement, c’est avec les Environnements d’art populaire comme celui du Facteur Cheval que l’on peut y voir une parenté. Niki de Saint-Phalle écrivit à Jean Tinguely, évoquant le début de leur rencontre (après 1962) : « Je te parlais de Gaudi et du Facteur Cheval que je venais de découvrir et dont j’avais fait mes héros : ils représentaient la beauté de l’homme, seul dans sa folie, sans aucun intermédiaire, sans musée, sans galeries. Je te provoquai en te disant que le Facteur Cheval était un bien plus grand sculpteur que toi. « Je n’ai jamais entendu parler de cet idiot, dis-tu. Allons le voir tout de suite. » Tu insistais. C’est ce que nous fîmes et la découverte de ce créateur marginal t’apporta une immense satisfaction. Tu fus séduit par la poésie et le fanatisme de ce petit postier qui avait réalisé son rêve immense et fou. » Lettre à Jean Tinguely, in Catalogue d’exposition, Musée d’Art moderne de la ville de Paris, 1993, p. 153.
Watts Towers
Tous les deux, ils visitent ensuite les Watts Towers à Los Angeles. Ces découvertes amèneront la réalisation du Cyclope de Tinguely, et la mise en œuvre du Jardin des Tarots. Niki de Saint-Phalle parle de ces influences :
« Ces œuvres m’ont profondément inspirée, alors qu’elles n’étaient pas considérées sérieusement par les autres artistes qui les voyaient comme du « Folk Art ». Je me suis identifiée à elles, je me suis sentie moi aussi comme une outsider parmi les autres artistes. Je n’ai jamais suivi d’école d’art et je suis autodidacte. Je considère ces gens comme mes professeurs et mes maîtres et je me sens beaucoup plus proche d’eux que de mes contemporains. » Lettre à Barbara Freeman, 19 juillet 1991, citée par Carol S. Eliel et B. Freeman, in « Contemporary Artists and Outsider Art ».
La fondation
Selon la volonté de Niki de Saint-Phalle, le jardin est actuellement géré par une fondation privée, la Fondation le Jardin des Tarots. Cette dernière gère les recettes afin de pallier les soins constants d’entretien que le parc nécessite. Conformément aux vœux de l’auteur, l’accès au parc est gratuit certains jours dans l’année, et peu de publicité est faite afin d’éviter un afflux massif de visiteurs, lui garantissant ainsi sa mystérieuse singularité.
Proposition des bibliographies, pour aller plus loin :
Marella Caracciolo Chia, Jill Johnston, Giulio Pietromarchi (trad. de l’anglais), Niki de Saint-Phalle et le jardin des tarots, Paris, Éditions Fernand Hazan, 2010, 255 p. ;
Mélanie Gourarier, Niki de Saint-Phalle le jardin des tarots, Paris, Actes sud, 2010, 120 p. ;
Gwenaëlle Aubry, Saint Phalle. Monter en enfance, Paris, Stock, 2021, 283 p.
Sources : Sites jeu de Tarot ; Wikipédia
Niki de Saint-Phalle et le jardin des tarots, Pbaris, Éd. Fernand Hazan, 2010
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