sam 01 octobre 2022 - 16:10

Napoléon 1er – Revue du Souvenir Napoléonien

Napoléon et Lyon au cœur de la stratégie politique – Collectif – Éditions Soteca, N° 105, Août-Septembre-Octobre 2022, 82 pages, 9,90 €

Présentation de l’éditeur : « Lyonnais, je vous aime ! » C’est par ces mots que Napoléon conclut son allocution en mars 1815. De retour dans la ville après sa chevauchée alpestre, il est accueilli dans l’enthousiasme général et répond donc en ces termes à la spontanéité lyonnaise. Cette fidélité s’explique aisément. Jeune officier, Bonaparte s’est rendu à différentes reprises entre Rhône et Saône, et le plus célèbre concours littéraire auquel il ait participé s’y est tenu. Devenu général, il a fait halte à Lyon plusieurs fois, notamment en route vers l’Égypte. Surtout, il s’y est rendu après Marengo puis, en janvier 1802, pour la Consulta proclamant la République italienne. Les habitants se souviennent aussi que, tout au long du régime napoléonien, les soutiens économiques et financiers se sont multipliés. L’industrie des soieries a été rétablie et il a posé la première pierre de l’actuelle place Bellecour. En 1804, il a même songé organiser les cérémonies du sacre et du couronnement à la cathédrale Saint-Jean, non seulement pour rappeler la capitale des Gaules (où officie son oncle, le cardinal Fesch) mais aussi pour symboliquement souligner l’extension de l’Empire. Le pape Pie VII lui-même y a fait halte à deux reprises lors de son voyage en France. Dix ans après ces journées fastueuses, on comprend aisément la phrase prononcée par Napoléon de retour au pouvoir : l’étape lyonnaise demeure cruciale. »

David Chanteranne, rédacteur en chef.

Le sommaire :

Actualités, par Emmanuelle Papot

Autour de l’Empereur, par Raphaël Lahlou

Dossier : Lyon sous le Consulat et l’Empire, par Jean-Philippe Rey ; Bonaparte devient, à Lyon, président de la République italienne, par Jean Étèvenaux ; Les visites du pape Pie VII à Lyon en 1804 et 1805, par Adrien Bostmambrun

Honneurs funèbres rendus au maréchal Lannes, par Vincent Rolin

Maida, déroute en Calabre, par Manuel Crifo

Comment Stendhal devint sous-lieutenant, par Michel Legat

Les courants spiritualistes mineurs sous le Premier Empire, par Philippe Lamarque

Le 37e régiment d’infanterie de ligne, par Jérôme Croyet

Les Provinces illyriennes (1809-1813), par Alain Pigeard

Souvenir Napoléonien

Fondation Napoléon

Publications

Passions impériales, par Valérie Valeix

[NDLR : David Chanteranne est rédacteur en chef de la Revue du Souvenir Napoléonien, des magazines Napoléon 1er, Napoléon III, Château de Versailles et Paris, de Lutèce à nos jours. Chargé de cours à l’université Paris-Sorbonne et de travaux dirigés à l’université Paris-Est Créteil Val-de-Marne, consultant pour France Télévisions, il est attaché de conservation du musée Napoléon de Brienne-le-Château et auteur et coauteur de très nombreux ouvrages et/ ou catalogues.

La rédaction nous annonce une « Nouvelle formule ». En toute franchise, ne connaissant pas l’ancienne, cette dernière livraison est de grande qualité tant dans la forme (remarquables illustrations couleurs) que sur le fond en s’assurant la collaboration d’historiens, spécialistes de l’histoire de Napoléon Ier et de l’époque napoléonienne.

Un dossier consacré à Lyon, anciennement Lugdunum, capitale des Gaules au temps de l’Empire romain, ne manquera pas de retenir notre attention. D’ailleurs, au Ier siècle, Tite-Live n’écrivait-il pas déjà « Lyon commandait les Gaules comme l’acropole domine une cité » … Mais entre Saône et Rhône, la ville peut aussi se prévaloir du titre de capitale de l’ésotérisme !

Avec des figures telles que celle du mystique Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824) ou encore celle de l’aventurier sicilien Giuseppe Balsamo (1743-1795), connu aussi sous le pseudonyme de comte Pellegrini, Mélissa, Fenice, Hérat ou encore chevalier de la Sainte-Croix, mais passé à la postérité avec celui de « comte de Cagliostro », un bien charismatique et magnétique personnage, fondateur de la Franc-Maçonnerie « dite égyptienne », Lyon n’a pas usurpé ce qualificatif-là !

Philippe Lamarque

Cependant, c’est l’article sur « Les courants spiritualistes mineurs sous le Premier Empire » qui, commençant par « Outre les Églises et la franc-maçonnerie, il existe une foule de cercles mystiques et ésotériques. Très discrets, peu connus, comptant des effectifs limités, ils influencent la société plus qu’on ne pourrait le supposer » qui nous tient en haleine. Et nous le devons à la plume de l’essayiste et historien Philippe Lamarque, docteur en théologie, en droit, et en en histoire et philologie.

Costume d’un Théophilanthrope, gravure sur acier, XIXe siècle

Il nous fait (re)découvrir la théophilanthropie, Napoléon et la superstition, la visionnaire Juliane von Krüdener, le frankisme et son fondateur Jacob Frank, Bernard-Raymond Fabré-Palaprat, créateur d’un Ordre néo-templier ainsi que d’une Église johannite et enfin du Grand Sanhédrin.

En sept pages, Philippe Lamarque nous offre l’essentiel à connaître sur ces personnages et/ou mouvements spiritualistes.

Le culte naturel, estampe représentant un baptême d’enfant par une assemblée de théophilanthropes

Commençons par la théophilanthropie, du grec theos « Dieu », phílos « ami » et ánthrôpos « homme », qui est un culte établi sur deux idées principales : la croyance en Dieu et l’amour du prochain. Ce culte d’origine privée cherchait à offrir une conformité à la religion naturelle. Il fut soutenu par le Directoire entre le coup d’État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797) et la loi du 22 floréal an VI (11 mai 1798), notamment par le directeur La Révellière-Lépeaux. En soutenant ce culte, le Directoire pensait parvenir à affaiblir le catholicisme et ainsi affermir les institutions républicaines.

Quant aux superstitions de l’Empereur, il nous suffit de lire ce qu’écrivait déjà le docteur Poumiès de la Siboutie dans Souvenirs d’un médecin de Paris… (Plon, 1910, p. 99) : « Napoléon était, de plus, très superstitieux, intraitable sur le nombre treize et sur le vendredi. Ainsi, pour un déplacement, le quantième du mois avait été fixé sans tenir compte du jour. Ce jour-là était un vendredi. L’Empereur en étant informé, avança son départ et partit le jeudi. »

Pour en savoir plus, nous pouvons consulter fort utilement quelques extraits de l’ouvrage du rédacteur en chef de la « Revue de l’Institut de Napoléon » Georges Mauguin Napoléon et la superstition. Anecdotes et curiosités (Carrere, 1946) https://bit.ly/3PvHR9X

La baronne Krüdener avec son fils Paul – Angelica Kauffmann – Musée du Louvre

Pour beaucoup, Beate Barbara Juliane von Kruedener, en allemand moderne von Krüdener, (1764-1824) est une inconnue. Elle est toutefois une femme de lettres allemande de la Baltique, sujette de l’Empire russe et d’expression française, connue en France sous le nom de Madame de Krüdener.

Son père, le baron Otto Hermann von Vietinghoff (1722-1792), ancien colonel, est premier conseiller d’État, sénateur, gouverneur de Riga et directeur général du collège médicinal (ministre de la santé) de toutes les Russies. Il est aussi l’un des deux conseillers pour la Livonie et un homme riche, puissant et… Franc-Maçon !

Houdon Otto Hermann von Vietinghoff 1791, franc-maçon

Juliane von Krüdener découvre le martinisme et toute une littérature ésotérique vont nourrir ses « visions » et son imagination.

Puis c’est au tour de Jacob Frank (1726-1791) d’être passé au crible. Ses disciples firent sécession avec le judaïsme, et créèrent un mouvement religieux avec quelques emprunts de façade au christianisme : le frankisme.

Jakob Frank

Jacob Frank estun prétendant juif à la messianité à la suite de Sabbataï Tsevi, considéré de son temps comme le Messie par un grand nombre de Juifs. Il est l’inspirateur de la secte turque des Sabbatéens ou Dönme ainsi que de celle des frankistes.

Juifs de Pologne occupés à la comptabilité, coiffés de schtreimels, spodiks et kolpiks.

Le développement du frankisme, mouvement religieux juif sabbatéen hérétique des XVIIIe et XIXe siècles, fut permis et facilité, d’une part, par les mouvements messianiques qui secouèrent le judaïsme après Sabbataï Tsevi, et, d’autre part, par les changements qui affectèrent les conditions socio-économiques du judaïsme polonais.

Le docteur Fabré-Palaprat. Lithographie de Llanta, 1836.

Quant à Bernard-Raymond Fabré-Palaprat (1773-1838), il est le créateur en 1804 d’un Ordre du Temple et d’une Église johannite.

Il rejoint la Franc-Maçonnerie au sein de la Loge des Chevaliers de la Croix, du Grand Orient de France. Il en est exclu en 1841. Une façon, peut-être, d’ensavoir davantage sur Fabré-Palaprat qui soutient avoir trouvé (en 1804 ?) une « Charte de transmission », dite « Charte de Larmenius », datée de 1324, et qui donne des successeurs à Jacques de Molay, admettant ainsi une filiation néo-templière de grands maîtres du Temple, dont…

Grand Sanhédrin des Israélites de l’Empire français et du royaume d’Italie

L’article se termine avec une approche du Grand Sanhédrin, cour suprême juive créée le 10 décembre 1806 et comprenant soixante-et-onze rabbins et notables.

1806 Napoléon rétablit le culte israélite

Un nom qui fait référence au Sanhédrin, le principal corps législatif et judiciaire du peuple juif jusqu’à l’Antiquité tardive.

La troisième de couverture annonce la parution du N° 106, le 18 novembre 2022, sur « Surcouf et les corsaires ». Pour mémoire, Robert Surcouf, né le 12 décembre 1773 à Bénic près de Saint-Malo et passé à l’Orient Éternel le 8 juillet 1827 à Saint- Malo. Il a été initié en 1796 au sein de la Respectable Loge La Triple Espérance, à l’Orient de Port-Louis (Isle de France de 1717 à 1814, dénommée île Maurice, Moris en créole mauricien) – une des plus anciennes loges du Grand Orient de France au cœur de l’océan Indien qui a célébré son 240e anniversaire en 2018 – et membre, de 1809 à 1811, de la Loge malouine La Triple Essence. Nous ne savons pas si le magazine abordera son appartenance à la Fraternité…]

Yonnel Ghernaouti
Retraité, Yonnel Ghernaouti a fait l’essentiel de sa carrière dans une grande banque ancrée dans nos territoires. Petit-fils du compagnon de l’Union Compagnonnique des Devoirs Unis Pierre Reynal, dit « Corrézien la Fraternité », il s’est engagé depuis fort longtemps sur le sentier des sciences traditionnelles et des sociétés initiatiques. Chroniqueur littéraire et membre du bureau de l'Institut Maçonnique de France, il collabore à de nombreux ouvrages liés à l’Art Royal et rédige des notes de lecture pour « La Chaîne d’Union », revue trimestrielle d'études maçonniques, philosophiques et symboliques du Grand Orient de France. Initiateur des Estivales Maçonniques en Pays de Luchon, il en est le Commissaire général.

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1 COMMENTAIRE

  1. En complément, pour celles et ceux qui aimeraient en savoir plus sur Jacob Frank, je vous incite à lire éventuellement l’ouvrage « Jacob Frank le faux messie-Déviance de la kabbale ou théorie du complot »(L’Harmattan, 2012) de Charles Novak. À acheter de préférence dans votre zone…

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