Les Rendez-vous de l’histoire de Blois sont un lieu de rencontre privilégié où chaque année les historiens peuvent se retrouver afin d’exposer l’état de leurs réflexions, de présenter leurs travaux et de confronter leurs points de vue dans le but de concourir au progrès de la recherche et de la connaissance historique. 2022 a pour thème « La mer » !
Créés en 1997 par Jack Lang, les Rendez-vous de l’histoire de Blois sont une manifestation unique et privilégiée attirant chaque année, grâce aux échanges et discussions entre historiens et grand public, près de 750 intervenants de renom dans 300 débats et conférences. Ils accueillent environ 30 000 visiteurs.
Cet événement est d’une portée nationale et internationale !
Carte blanche est donnée à l’Association Culture et Patrimoine Maçonnique en Région Centre (CPMRC) qui propose une conférence/débat sur « Les francs-maçons, les ports et la mer ».
À partir des études consacrées aux loges maçonniques en milieu portuaire, aux XVIIIe et XIXe siècles, la table ronde abordera particulièrement :
– L’exemple du port américain de Boston, du Boston Tea Party à la première loge noire américaine : de l’originalité de la culture maçonnique qui s’y construit grâce à un brassage social important et l’ouverture sur le monde ;
– La présence d’acteurs de la traite au sein des loges des ports ;
– La question des affinités de la franc-maçonnerie avec le seul monde maritime français, ses conséquences sur la franc-maçonnerie et son évolution depuis le XVIIIe siècle.
Alain-Georges Emonet
Alain-Georges Emonet, manager chez Cabinet Euroinfluence et ancien journaliste de France 3 Régions sera le modérateur. Une conférence avec la professeure émérite Université Bordeaux Montaigne Cécile Révauger*, du GODF et Éric Saunier**, maître de conférences en Histoire moderne et directeur de l’Institut d’études et recherches maçonniques (IDERM-GODF).
Cécile Révauger
* Cécile Révauger, professeure émérite Université Bordeaux Montaigne, auteure et historiographe dans les domaines de la franc-maçonnerie et des Lumières. professeure des universités, agrégée d’anglais, docteur de IIIe cycle et docteur d’État, elle est l’auteure d’une thèse sur « La franc-maçonnerie en Grande–Bretagne et aux États-Unis au XVIIème siècle : 1717-1813 ».
** Éric Saunier, maître de conférences en Histoire moderne, codirecteur du PEMAr (MRSH université de Caen), Directeur de l’IDERM. Maître de conférences à l’université du Havre Normandie, codirecteur du pôle maritime de la MRSH à l’université de Caen Normandie, Éric Saunier est spécialisé dans l’étude des sociétés urbaines, de la franc-maçonnerie et de la traite négrière depuis les ports normands (Rouen, Le Havre, Honfleur). Il est également le rédacteur en chef de la Revue du Philanthrope publiée par les PURH (Presses Universitaires de Rouen et du Havre). Professeur d’histoire-géographie dans l’académie de Rouen de 1986 à 1996, il est intervenu durant dix ans dans le cadre du Plan Académique de Formation de l’Académie de Rouen.
Infos pratiques :Les Rendez-vous de l’histoire de Blois – 25e Édition – du 05 au 09 octobre 2022/Accès entièrement libre et gratuit
CCI – Campus Centre
Halle aux Grains, Maison de la Magie, Château, CCI, Conseil départemental… Carte blanche maçonnique, dimanche 9 octobre 2022 de 11:30 à 13:00/Amphi rouge, Campus de la CCI, rue Anne de Bretagne – Blois
Le Régime Écossais Rectifié et ses origines : Martines de Pasqually, Karl Von Hund…
Jean-François Var – Éditions Dervy, Coll. Bibliothèque de la Franc-Maçonnerie, 2022, 480 pages, 28 €
Si une trilogie est bien un ensemble de trois œuvres parfois aussi littéraires, rappelons qu’elles peuvent être comprises comme une œuvre unique ou bien comme trois œuvres distinctes. C’est justement le cas de ces trois ouvrages de Jean-François Var, prêtre orthodoxe et ancien haut fonctionnaire qui a pratiqué presque tous les degrés maçonniques et chevaleresques.
Le tome 1, publié en 2013, a pour sous-titre Le Régime Écossais Rectifié, une maçonnerie unique dans le paysage, car possédant une véritable doctrine et dispensant un enseignement sur la nature de l’homme, son origine, sa destinée et ses rapports avec l’univers qui l’environne et avec le Verbe.
Un enseignement non seulement théorique mais débouchant aussi et surtout sur une pratique initiatique. C’est ainsi que douze conférences composent l’ouvrage et fait l’exégèse de thèmes fondateurs de cette Franc-Maçonnerie de tradition chrétienne.
Le tome 2, paru en 2018, sous-titré Nouvelles études sur le Régime Écossais Rectifié apportait un nouvel éclairage en faisant des mises au point sur diverses questions secondaires, pas toujours bien comprises, sur le Régime et sa doctrine. Traitant déjà de l’un des principaux fondateurs Jean-Baptiste Willermoz et son œuvre ainsi que les diverses réformes successives du Régime Rectifié.
Jean-François Var
Quant à sa dernière livraison, la table des matières nous donne à lire trois parties. Après le prologue « Avis au lecteur » et un avant-propos « Entrer dans la fabrique du RER » de Pierre Mollier, directeur de la bibliothèque du Grand Orient de France et du musée de la franc-maçonnerie, la première partie est consacrée à « Martines de Pasqually et au martinésisme ». La seconde à « Karl von Hund et la Stricte Observance » et enfin la troisième aux « Rituels de la Stricte Observance ». L’épilogue intitulé « Saint-Martin ou la Voie du Christ » est suivi, en conclusion et en « Apogée », par des propos du prince Ferdinand de Brunswick-Lunebourg. Une bibliographie générale, et une postface de Serge Caillet, historien spécialisé dans l’étude des sociétés initiatiques modernes, ainsi qu’un index général des trois tomes termine cette « somme » qui, au total, représente plus de 1090 pages.
Dieu, Grand Architecte, dans une enluminure médiévale (c. 1250)
Ils peuvent donc se lire séparément ou former un tout plus que cohérent. De toutes les manières, ces trois volumes restent ce qu’il est d’usage d’appeler un essentiel – indispensable dans un bibliothèque –, donnant ainsi sens à la Maçonnerie rectifiée et ainsi permettant de mieux la vivre encore.
Dans « Le martinésisme, origine première de la doctrine du Régime Écossais Rectifié»Jean-François Var précise que deux textes sont issus du Dictionary of Gnosis and Western Esotericism (Brill, 2005) et bien que publiés avant deux ouvrages remarquables dont il recommande la lecture, celui de Michèle NahonMartinez, de Pasqually, un énigmatique franc-maçon théurge du XVIIIe siècle, fondateur de l’Ordre des Élus Cohen (Dervy, 2011, 2e éd. rev. et complétée, 2017) et le Martinez de Pasqually et les Élus Cohen, exégètes et ministres du judéo-christianisme (Éd. de la Tarente, 2019) de Dominique Vergnole, l’auteur ne change pas une ligne a à ses écrits.
J.-B. Willermoz (1730-1824)
Si l’on a pu dire que Martines de Pasqually était une énigme vivante, gageons que ce texte la résoudra. Le chapitre suivant accorde une large part au martinésisme, alias le premier martinisme, et au willermozisme. Il retrace la doctrine, qui est une gnose, une science au sens traditionnel du terme, au culte, ainsi qu’à l’héritage. Le tout s’achevant par une bibliographie sommaire, suivie d’une annexe ayant trait au sacerdoce primitif d’Adam.
Martines de Pasqually – silhouette prétendue
Ce qui nous semble extrêmement intéressant pour le lecteur, c’est le chapitre 3, traitant de « La doctrine et de la personne de Martinez de Pasqually vues par Willermoz ». Et surtout, comment comprendre cette doctrine ? Pour nous y aider, l’auteur publie un certain nombre d’échanges épistolaires entre le baron Jean de Turckheim et Jean-Baptiste Willermoz.
Karl von Hund
C’est avec la deuxième partie, traitant du baron Karl von Hund et de son œuvre, qu’est abordée la Stricte Observance, origine première de l’architecture du Régime Écossais Rectifié.
Martines de Pasqually
L’intéressante troisième partie nous entretient des rituels maçonniques qui, pour beaucoup, seront une réelle découverte. Après ceux d’apprenti, compagnon, maître et d’écossais vert, du Noviciat, de « grade » chevaleresque et autre Rose-Croix, Jean-François Var aiguise notre curiosité en dévoilant le mystère du Manuscrit Folger – Robert Benjamin Folger (1803-1892) important maçon américain, un des piliers du Rite de Cerneau.
Sceau de Martines de Pasqually
L’auteur nous fait bénéficier de ses connaissances en nous offrant un rituel de chevalier en usage à la Commanderie de Strasbourg, ainsi que celui dénommé « Le rituel de Chever 1774 », et tout son « Cérémonial ». Toujours accompagné des riches et très sérieux commentaires de l’auteur.
Un livre éclairant qui permet de comprendre et donc de transmettre !
Nous reprenons sur notre site de nombreuses informations en provenance de confrères du monde entier… dans un univers où tout est contestable. C’est donc bien volontiers que nous accédons à la demande de droit de réponse formulée auprès de nous par NTCF Emmanuel Pierrat et, tout comme lui, nous attendons de toutes façons la suite de cette affaire…
DROIT DE REPONSE D’EMMANUEL PIERRAT
Je tiens à réagir à l’article ordurier et mensonger me concernant, paru en ligne le 12 juillet dernier.
Dans ce copié-collé d’une partie d’un journal publié sur le net mélangé à une notice d’une encyclopédie numérique obsolète, il est fait notamment état d’une décision prononcée le 5 juillet 2022 me concernant.
Le procédé me parait par ailleurs peu contradictoire puisque nulle personne de votre « rédaction » n’a tenté de me joindre.
Il y est en revanche indiqué que la Bâtonnière de l’Ordre des avocats de Paris allait en interjeter appel.
Or, me contacter aurait permis de préciser que j’en ai fait de même dans la foulée de cet appel et ce pour préserver mes droits. Le parquet en a, en troisième lieu, et donc à son tour, fait de même. La supposée décision que vous présentez avec des commentaires de sources anonymes et des digressions qui ne me concernent en rien, est donc frappée de trois recours !
Il y est indiqué un grand nombre d’inexactitudes et d’approximations relevant parfois de la diffamation et parfois de la catégorie des pures Fake News.
Il aurait été plus avisé de rappeler expressément les principes de la présomption d’innocence que de commenter mon sort prématurément avec, par surcroît, des qualifications erronées qui apparaissent bien plus graves que celle retenue (et pour autant, vous l’aurez enfin compris, remise en cause par les différents appels)…
Le sens de la vérification comme de la vérité sont des maîtres mots dont la presse même gratuite et en ligne devrait pouvoir encore s’enorgueillir. Vos lecteurs n’y sont pas habitués, mais la règle du droit de réponse est la même pour tous, et ce quelle que soit l’audience d’un média.
Dans son nouvel ouvrage à paraitre début septembre 2022, le spécialiste de la franc-maçonnerie en Lorraine, Jack Chollet, raconte l’histoire du célèbre couvent nancéien de nonnes de la Visitation, aujourd’hui le lycée Poincaré, qui abritait une loge maçonnique militaire.
Passionné d’Histoire, Jack Chollet s’attache à faire des recherches sur les francs-maçons lorrains des siècles passés et à faire connaître leurs existences de façon authentique et inédite. Son dernier ouvrage traite du couvent de la Visitation de Nancy où se réunissaient au milieu du 18e siècle des francs-maçons militaires.
« C’est l’histoire d’un couvent nancéien dans une Lorraine très catholique avec des religieuses qui sont issues de milieux huppés, de grandes familles lorraines qui y envoient leurs filles ou qui y sont placées », raconte l’auteur. « Les aînées de ces familles étaient souvent mariées à des hommes illustres, à qui il fallait payer d’importantes dots. Comme suite logique, les dernières étaient placées au couvent. »
Vers 1745, la mère supérieure Louise-Françoise de Rosen, une ancienne luthérienne alsacienne qui avait été placée au couvent de la Visitation dans sa jeunesse, reçoit une missive d’un membre de sa famille. Son neveu, le chevalier Eléonor Félix de Rosen lui demande l’autorisation d’utiliser les locaux du couvent pour y installer une loge maçonnique. Avant de mourir, la tante répondra favorablement à la demande de son neveu de pratiquer des tenues maçonniques dans le monastère.
« On constate donc que c’est avant 1746, date de son décès, que ce fait aurait pu se produire et qu’il aurait été le point de départ d’une tolérance prorogée par les autres supérieures du monastère », écrit l’historien. « Or, on apprend tout de même que l’immédiate religieuse qui lui succède à la tête du monastère, n’est autre que sa nièce Marie-Anne Sophie de Rottembourg qui aurait émis une certaine réticence à poursuivre cette collaboration jugée sulfureuse. » Il ajoute : « Mais, comme l’apport financier des francs-maçons n’était pas négligeable dans le contexte de l’époque où les religieuses avaient beaucoup de difficultés à faire vivre la communauté, la nièce aurait continué à recevoir les francs-maçons et peut-être encore bien après durant les supériorats des révérendes suivantes. »
Cette loge ne durera pas, mais en revanche, vers les années 1780, un membre d’une autre famille alsacienne très puissante, Gérard de Rénevald, qui a sa sœur religieuse au couvent de la Visitation, souhaitera créer une nouvelle chapelle. Comme il est également franc-maçon, il va œuvrer à obtenir des fonds. En tant que ministre de Louis XVI, beaucoup de bienfaiteurs vont participer comme les princesses Adélaïde et Victoire, qui sont les petites filles de Stanislas, Marie Antoinette et puis évidemment les francs-maçons par l’intermédiaire des Rénevald.
« Alors bien sûr, c’est moyennant la possibilité de mettre des symboles maçonniques dans la chapelle », conclut Jack Chollet. « Effectivement, il y a des symboles qu’on dit être maçonniques, mais c’est très difficile car les symboles maçonniques sont souvent très proches des symboles de la catholicité : il y a des colonnes, des chiffres du cosmos, des étoiles à cinq branches, le chiffre six de la création, le chiffre dix de la Connaissance qu’on retrouve dans les quatre-cent-quatre-vingt motifs dans le dôme de la chapelle. »
Jack Chollet sera présent au Livre sur la Place les vendredi 9 et samedi 10 septembre 2022 pour dédicacer et parler de son dernier ouvrage ainsi que de ses livres précédents.
Qui connaît encore aujourd’hui Anton Pilgram, dit aussi Anton von Brünn et ses réalisations. Et pourtant, son portrait dans la cathédrale Saint-Étienne de Vienne, sous le buffet de l’orgue, est connu de tous.
Un architecte à ne pas confondre, bien sûr, avec l’astronome et météorologue autrichien Anton Pilgram (1730-1793) et jésuite.
Brno en 1593
Né vers 1460 à Brno, capitale de la Moravie en République tchèque, et mort en 1515 à Vienne, Anton Pilgram est aussi un sculpteur. Morave, il relève donc du Saint Empire romaingermanique,
Saint Empire romain germanique vers l’an mille
un regroupement politique, aujourd’hui disparu, de terres d’Europe occidentale, centrale et méridionale, fondé au Moyen Âge et appelé du XVIe siècle au XVIIIe siècle Saint Empire romain de la nation teutonique, en latin Sacrum Romanum Imperium Nationis Teutonicae.
Sa biographie
Après sa formation, il commence à œuvrer dans le pays souabe, par exemple en édifiant l’église Saint-Kilian à Heilbronn ou l’église Saint-Georges à Schwieberdingen.
Dans la chapelle Saint-Laurent à Rottweil, plus ancienne ville du Bade-Wurtemberg, datant de 73 apr. J.-C. et située à environ 90 km au sud de Stuttgart, nous pouvons voir l’« Homme penché » qui est considéré comme son premier autoportrait, reprenant la tradition des architectes médiévaux de se faire discrètement représenter dans leurs constructions.
Brno, portail de style gothique tardif à la pointe tordue
De 1510 à 1511, il se consacre au chantier de l’église gothique tardive Saint-Jacques à Brno. À Brno également, on lui doit en 1510 le portail gothique de l’hôtel de ville. Pilgram reprend aussi la Bauhütte de Sankt Stephan à Vienne. La chaire a également été souvent attribuée à Pilgram, d’autant plus qu’elle porte la marque de son tailleur de pierre – il a donc probablement été impliqué dans son exécution. De nos jours, cependant, la conception est plus susceptible d’être attribuée à l’atelier de Niclas Gerhaert van Leyden.
De 1511 à 1515, il dirige le chantier de la cathédrale Saint-Étienne de Vienne. Dans cette église il se fit à nouveau sculpter regardant son œuvre. Tradition qui fut reprise jusqu’à récemment par des architectes qui se sont fait représenter dans leur bâtiment, comme Henri Beyaert dans la Banque nationale de Bruxelles.
Autoportrait d’Anton Pilgram, chaire de vérité, cathédrale de Vienne. La date de 1880 y a été mise pour commémorer la restauration
Kim March – Lewis Masonic, 2022, 64 pages, 17,50 £, soit 20,83 €
Cet intéressant et novateur ouvrage en anglais existe aussi sous forme de livre électronique.
La présentation de l’éditeur :
Le 5 Minute Ritualist (5-MR) est une méthode scientifiquement fondée, flexible, permettant d’économiser du temps et du travail pour mémoriser le rituel maçonnique en utilisant des sessions d’apprentissage courtes, régulières et très ciblées.
5-MR offre une aide amicale à tous les âges et toutes les expériences maçonniques, en particulier pour les membres inexpérimentés de l’Ordre, les aspirants à la fonction de Maître de cérémonie et les Frères dont la mémoire décline. Ce système basé sur des « outils de travail » est très facile à utiliser ; il peut être appliqué à toute forme de rituel maçonnique ; il tient compte des variations des « travaux locaux » et comprend un outil combiné de « répétition et d’incitation » qui peut être utilisé en toute sécurité à tout moment, en tout lieu et en tout lieu, car seul un franc-maçon peut en comprendre le sens. Ce livre au format A4 comprend trois plans de travail « prêts à mémoriser » ainsi que tout le matériel de papeterie nécessaire pour que les lecteurs puissent faire leur propre essai de travail rituel de leur choix.
Entièrement illustré, le livre emmène le lecteur dans un voyage depuis les mots du rituel sur la page jusqu’à la formation de la mémoire à long terme, qu’elle soit traitée de manière superficielle ou profonde. Très simplement, le système surmonte tous les obstacles reconnus à l’apprentissage, notamment le manque de temps et l’incompréhension du contenu linguistique archaïque.
Kim March et son épouse Sue
La biographie de l’auteur :
Dès l’âge de seize ans, Kim March rejoint les cadets de la Metropolitan Police qu’il quitte six ans plus tard pour exercer son talent dans la presse écrite. Il acquiert rapidement toutes les compétences essentielles pour créer son entreprise de médias utilisant ses propres concepts.
Il a été initié à la Longmynd Lodge No 4877 en 2001 et a rejoint la Salopian Lodge of Charity No 117 en 2006, dont il est devenu le Vénérable Maître en 2013. Des soucis de santé le tiennent éloignés de l’Art Royal et l’oblige à faire une pause complète en 2016.
Armoiries United Grand Lodge of England
Il met à profit sa convalescence pour concevoir et écrire le 5-Minute Ritualist. Il est actuellement membre de Powis Lodge No 7355, une Loge qu’il a visitée à de nombreuses reprises à pied, parcourant les 23 miles depuis son domicile – souvent en bonne compagnie de maçons du Shropshire en mission de collecte de fonds. Ce qu’il a l’intention de continuer à faire ! Plus de renseignements et des témoignages de lecteurs sur
[NDLR : Une publication dans la langue de Shakespeare qui permettra à tous de s’essayer à l’apprentissage du par cœur… Et ainsi de mieux maîtriser toutes les cérémonies et pas seulement pour celles des rites dits d’oralité. Sachant que nous pratiquons tous déjà avec le cœur !
Depuis quand le cœur est-il le siège de la mémoire ?
Rappelons-nous que dans l’Antiquité, les Grecs considéraient que le cœur était l’organe où siégeait à la fois du courage (le mot à la même racine), de la sensibilité, de l’affectivité ou même de l’intelligence.]
Denis Labouré – Préface de Serge Caillet – Les Éditions de la Tarente, 2022, 208 pages, 26 €
Ce livre est une édition révisée et augmentée du livre Testament Maçonnique paru aux éditions Rafaël de Surtis en 2006, puis aux Éditions Spiritualité Occidentale en 2012.
Commençons par l’illustration de la première de couverture tirée de l’ouvrage de Samuel Norton
Traité de la pierre minérale, daté de 1729. Une façon sans doute pour Denis Labouré de rendre hommage à son savoir et son passé en matière alchimique…
Puis l’éditeur nous précise, fort justement, qu’il s’agit d’une édition révisée et augmentée du Testament Maçonnique paru aux éditions Rafaël de Surtis en 2006, puis aux Éditions Spiritualité Occidentale en 2011.
Serge Caillet
Serge Caillet signe la préface. Historien spécialisé dans l’étude des sociétés initiatiques modernes – Rose-Croix, ordres néo-templiers, etc. – des Rites occultistes de la Franc-Maçonnerie et du martinisme, ce dernier a collaboré à de nombreuses revues (L’Autre Monde, le Fil d’Ariane, L’Initiation, l’Esprit des choses, Historia occultae…) et tient actuellement la rubrique « Acta martinista » dans la revue Renaissance Traditionnelle. Encouragé par Robert Amadou (EO), il a par ailleurs fondé en 1990 l’Institut Eléazar, consacré à l’étude de la doctrine de Martines de Pasqually, de Louis-Claude de Saint-Martin et du martinisme. Nous retenons aussi et surtout deux ouvrages magistraux que sont Arcanes et rituels de la maçonnerie Égyptienne (DERVY, 2e éd. rev. et aug., 2017) et La Franc-maçonnerie Égyptienne de Memphis-Misraïm (DERVY, 2003).
Serge Caillet spécifie d’emblée ce qu’il faut comprendre par le mot testament dont on ne saurait confondre, ici et maintenant, l’interprétation avec le testament philosophique réalisé par le profane dans le cabinet de réflexion. Il nous éclaire ainsi sur le testament maçonnique de Denis labouré.
Denis Labouré
Quant à Denis Labouré, il dispose d’un bagage académique en théologie : un Master 2 Théologie catholique (université de Lorraine) et une licence canonique en Sciences Religieuses (université pontificale saint Thomas d’Aquin, Rome). D’autre part, il a publié déjà une vingtaine d’ouvrages qui puisent aux sources les plus sûres de la tradition occidentale.
Dans son avant-propos, l’auteur, fort de cinquante années de pratique de l’Art Royal au sein de différentes structures maçonniques, déclare désormais se consacrer à l’essentiel « ora et labora », c’est-à-dire « prie et travaille ». Exprimant ainsi tant la vocation et vie monastique bénédictine de louange divine alliée au travail manuel quotidien que l’adage alchimie à suivre pour devenir un Adepte « Lege, Lege, Lege, relege, ora, labora et invenies » ; soit « lis, lis, lis, relis, prie, travaille et tu trouveras ».
L’auteur utilise la forme de l’entretien. Cette littéralité, ressemblant à une véritable enquête, permet d’aborder tant la Franc-Maçonnerie de Rite Égyptien et sa définition que l’art de la mémoire en passant par le « Secret des Secrets », nom donné à un ensemble de pratiques et d’enseignements connus sous le nom « d’Arcana Arcanorum ». Sans oublier, bien évidemment, de nous entretenir sur le guérisseur, « mage », fondateur du Rite Égyptien, Joseph Balsamo dit comte de Cagliostro.
Ce livre testament est aussi et surtout un livre confidence, fruit d’un très longue expérience dans les domaine, il est vrai maçonnique mais aussi astrologique – notamment indienne –, nous l’avons dit alchimique, mais aussi théurgique, hermétiste, occultiste et enfin martiniste.
Arturo Reghini soldat
Cette nouvelle édition, richement augmenté, nous offre tout un programme : la pratique du Rite Égyptien – comprenant la Charte du Maçon –, le Rite, la loge ainsi que sa structure ; le programme du travail appliqué dans une loge de Rite Égyptien ainsi que l’expérience du cercle Arturo Reghini – Arturo Reghini (1878 – 1946) mathématicien, philosophe et ésotériste italien. Cercle créé en 2005, 59 ans jour pour jour après la mort dudit ésotériste, à Saint-Étienne par une assemblée de chercheurs Francs-Maçons de Rite Égyptien désireux de partager leurs travaux et leur expérience. Denis Labouré nous donne quelques extraits des premières lettres de ce cercle.
Les annexes sont tout aussi intéressantes , expliquant comment les tableaux du Rite Égyptien furent redécouverts mais surtout comment et pourquoi ces huit magnifiques aquarelles, en couleur, se situent dans le rite de la haute magie égyptienne. Cet ouvrage apporte moult réponses et donne donc des clés pour persévérer dans sa quête, tout en revenant aux sources de la Tradition.
La maison dite de Nicolas Flamel, aussi connue comme « le grand pignon », est une habitation située au 51 rue de Montmorency, dans le IIIe arrondissement de Paris.
Coordonnées GPS 48° 51′ 49″ N, 2° 21′ 11″ E
Également appelé le Haut-Marais, le IIIe arrondissement est une enclave branchée réunissant cafés, restaurants et boutiques tendance et où le Carreau du Temple, rénové, accueille aujourd’hui de très nombreux événements, dont la Fashion Week. Voire de nombreux pop-up stores. Une position centrale qui en fait un lieu privilégié pour les pop-up stores et autres boutiques événementielles. Les amateurs d’art se retrouvent dans les galeries modernes et au musée Picasso, qui expose de nombreuses œuvres d’art dans un majestueux hôtel particulier datant du XVIIe siècle. Le musée des Arts et Métiers propose une visite incontournable aux passionnés d’histoire scientifique. Quant au marché animé des Enfants Rouges, il est très prisé pour ses étals d’alimentation internationale.
La maison dite de Nicolas Flamel
Il s’agit d’une maison que Nicolas Flamel, riche bourgeois parisien, fit construire après la mort de sa femme Pernelle, en 1397, afin d’abriter un commerce au rez-de-chaussée et pour accueillir les pauvres dans les étages, à condition qu’ils fassent leurs prières du matin et du soir en l’honneur du couple. Terminée en 1407 comme en atteste l’inscription courant en frise au-dessus du rez-de-chaussée, c’est la plus connue des maisons de Flamel et la seule qui existe encore aujourd’hui. Ce dernier n’y a jamais habité. S’il est impossible d’assurer qu’elle est la plus ancienne de Paris, elle est assurément la plus ancienne qu’on puisse dater.
Jacques Hillairet, dans son Dictionnaire historique des rues de Paris, a fait du 3 rue Volta la plus vieille maison de Paris, qu’il date des alentours de 1300 ; néanmoins des recherches plus récentes montrent que cette maison date en fait des alentours de 1650, faisant de la maison dite de Nicolas Flamel la plus ancienne connue à ce jour.
La façade de la maison fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 23 septembre 1911. Un restaurant, « L’auberge Nicolas Flamel », occupe actuellement la maison.
Le Paris de Nicolas Flamel, de sa maison au coin de la rue de Marivaux et de la rue des Écrivains au cimetière des Innocents – Plan de Truschet et Hoyau (1552) dit « plan de Bâle »
La façade qui comporte quatre niveaux est dénaturée par des altérations successives, notamment par la restauration intervenue à l’occasion de l’exposition universelle de 1900 (perte du grand pignon qui lui a donné son nom, fenêtres reprises).
La disposition de l’espace intérieur du rez-de-chaussée a été modifiée. Il subsiste cependant trois portes qui permettent de la restituer. Les deux portes latérales correspondaient jadis à des boutiques, tandis que la porte centrale permettait d’accéder aux étages par une cage d’escalier circulaire. Les jambages des portes sont ornés de sculptures gravées dans des cadres en anse de panier.
Plaque commémorative
Elles représentent des personnages tenant des phylactères ou assis dans des jardins. La porte centrale est encadrée de quatre anges jouant d’un instrument de musique. Sur deux jambages figurent les initiales de Nicolas Flamel.
Sous la corniche du rez-de-chaussée court l’inscription :
« Nous hōm(m)es et fēm(m)es laboureurs demourans ou porche de ceste maison qui fu f(ai)c(t)ē en lan de grace • Mil quatre cens et sept • sōm(m)es tenus chacū(n) en droit soy dire tous les Jours Une patenostre et • I • ave maria en priant dieu q(ūe) de sa grace face pard(ō)n aus povres pecheurs trespassez • amen • »
Nicolas Flamel Philosophe François par Balthasar Moncornet (1600-1670), prétendument d’après une gravure de Rembrandt.
Mais qui était exactement Nicolas Flamel ?
Nicolas Flamel (c. 1335-1418) est un bourgeois parisien du XIVe siècle, écrivain public, copiste et libraire-juré, c’est-à-dire un marchand chargé de vendre les copies des manuscrits originaux sous la surveillance de l’Université, devant laquelle il a prêté serment.
Sa carrière prospère, son mariage avec Pernelle, une veuve ayant du bien, et ses spéculations immobilières lui assurèrent une fortune confortable, qu’il consacra, à la fin de sa vie, à des fondations et constructions pieuses. Cette fortune, que la rumeur amplifia, est à l’origine du mythe qui fit de lui un alchimiste ayant réussi dans la quête de la pierre philosophale permettant de transmuter les métaux en or. À cause de cette réputation, plusieurs traités alchimiques lui furent attribués, de la fin du XVe siècle au XVIIe siècle,
L’arcade du cimetière des innocents dans Le Livre des figures hiéroglyphiques.
le plus célèbre étant Le Livre des figures hiéroglyphiques paru en 1612. Ainsi, « le plus populaire des alchimistes français ne fit jamais d’alchimie ».
Les deux illustrations représentent les visages de Nicolas Flamel :
Le pieux donateur
en pieux donateur tel qu’il s’était fait représenter en 1402 sur le portail de Sainte-Geneviève-des-Ardents (gravure de l’Histoire critique de Nicolas Flamel et de Pernelle sa femme de l’abbé Villain en 1761) ;
L’alchimiste
en alchimiste dans le portrait romantique de la Galerie historique des Célébrités populaires (1840).
Sa pierre tombale est désormais au Musée de Cluny – Musée national du Moyen Âge
Il mourut le 22 mars 1418, et fut enterré à l’église Saint-Jacques-la-Boucherie où sa pierre tombale fut installée sur un pilier au-dessous d’une image de la Vierge. L’église fut détruite à la fin de la période révolutionnaire, vers 1797. La pierre tombale fut cependant conservée, et rachetée par un antiquaire à une marchande de fruits et légumes de la rue Saint-Jacques-la-Boucherie, qui l’utilisait comme étal pour ses épinards. Rachetée en 1839 par l’hôtel de ville de Paris, elle se trouve actuellement au musée de Cluny avec, en épitaphe : « Feu Nicolas Flamel, jadis écrivain, a laissé par son testament à l’œuvre de cette église certaines rentes et maisons, qu’il avait acquises et achetées de son vivant, pour faire certain service divin et distributions d’argent chaque an par aumônes touchant les Quinze Vingt, l’Hôtel Dieu et autres églises et hôpitaux de Paris. Soit prier ici pour les trépassés. » Ses ossements, ainsi que ceux de son épouse Pernelle inhumée avec lui, sont alors transférés aux catacombes de Paris.
Au-dessus de l’inscription gravée, le Christ bénit et tient un globe crucifère. Il est figuré en buste, encadré du soleil et de la lune ainsi que des saints Pierre et Paul. Cette scène se détachait autrefois de manière plus visible grâce à un fond de mastic noir. Au bas de l’épitaphe, le défunt est figuré en « transi », type de représentation funéraire fréquent à la fin du Moyen Âge.
Don Ville de Paris, 1845. N° Inventaire : Cl. 18823. Hauteur : 58 cm/Largeur : 44,5 cm/Profondeur : 3,8 cm. Lieu de destination : église Saint-Jacques-de-la-Boucherie/Période : 1er quart du 15e siècle/Technique : bas-relief (source : https://www.musee-moyenage.fr/)
Ulysse le vaillant guerrier mérite, ô combien, de retrouver la félicité auprès de sa tendre Pénélope, après son retour si tumultueux de la guerre de Troie, véritable épreuve initiatique ! Il ne tombe ni dans les redoutables pièges tendus par le terrible Poséidon ni ne cède aux promesses d’éternité de la voluptueuse Calypso. Il parvient enfin, aux termes d’un voyage de dix ans, à rejoindre son royaume d’Ithaque. Parce que, conclut le récit homérique, une vie de mortel réussie auprès de l’être aimé apparaît préférable aux yeux d’Ulysse, à celle, ratée, d’un immortel.
Un choix noble qui le glorifie. Ce désir de se gouverner soi-même, de vouloir maîtriser son destin, est en soi la promesse du « développement personnel ». Deux mots désignant aujourd’hui un véritable phénomène sociétal et une activité qui représente quelque 30% du marché du livre. Et 100 millions d’euros annuels de chiffre d’affaires en France !
Analyse Transactionnelle (modèle de communication) Programmation Neurolinguistique (systèmes de transformation de soi) Rebirth, (techniques respiratoires), Gestaltisme (psychologie de la forme), Ennéagramme (types de caractères) sont les disciplines « positives » qui composent, entre autres, ce marché. Il s’agit de théories de la personnalité portées par les « courants humanistes » nés aux Etats Unis ou réapparues après la seconde guerre mondiale (actualisation pour certains de la Méthode Coué, ancêtre de l’autosuggestion) et visant, sinon à rendre heureux l’individu, à lui offrir l’autonomie. Dont il a été privé pendant le long conflit. Elles répandent alors un « parfum de liberté » qui coïncide avec l’air du temps ! D’où en partie leur succès !
Elles poursuivent leur chemin aujourd’hui dans le sillon de la psychanalyse et des diverses méthodes d’inspiration analytique. S’y ajoute maintenant le coaching (ou mentorat), système d’accompagnement individuel. Celui-ci est conduit par un intervenant (en principe qualifié) dans le but d’améliorer les performances d’une personne (ex : chef d’entreprise, acteur, sportif). Un encadrement évidemment encensé par les « gagnants » ou controversé par les « déçus » selon le résultat.
Nous pouvons remarquer que dans le copieux catalogue présentant les « livres-outils » de ces pratiques dudit développement personnel ne figurent pas ceux intéressant la franc-maçonnerie. Ses ouvrages, nombreux eux aussi, apparaissent encore très souvent classés dans le rayon des « pratiques ésotériques » des librairies spécialisées alors que leur juste « positionnement » serait aussi dans celui des sciences humaines et sociales ! Il reste à la franc-maçonnerie à se créer cette image d’appartenance auxdites sciences. Restée longtemps secrète par les exigences de l’histoire, elle est aujourd’hui discrète. Encore trop, sans doute, car elle n’a vraiment rien à cacher. Proche de la philosophie et des raisonnements de ses prestigieux promoteurs antiques – dont elle véhicule de nombreux concepts – elle a tout à gagner de cette proximité.
Certes – nous ne le répèterons jamais assez – la franc-maçonnerie n’est pas une méthode thérapeutique en soi, mais avant tout une société de pensée. Classiquement, la thérapie est, dans un temps limité, un traitement psychologique personnalisé par un professionnel de santé, des perturbations comportementales générant une souffrance chez un patient. La méthode de travail maçonnique, elle, consiste à partir de l’initiation (rite symbolique de passage), à « l’éclosion » en assemblée d’un état d’esprit, d’une ouverture sur le monde suggérant une introspection aux membres concernés.
C’est ainsi qu’ils accomplissent un cheminement spécifique – entre autres par le symbolisme – sur une longue voie de perfectionnement et d’accomplissement de soi qui peut durer toute une vie. En cela, le travail communautaire en loge est parfois comparable – par une approche différente selon les rites maçonniques – à la « dynamique de groupe » pratiquée en séminaires d’entreprise.
Le développement personnel (ou épanouissement individuel) peut de la sorte s’entendre au moins de deux manières : une méthode psychologique de soin en thérapie et un processus philosophique de réflexion en franc-maçonnerie. En résumé, la première est un traitement, la seconde un raisonnement. Les deux ne sont pas incompatibles.
Ce mal-être éventuel et ce désir « d’augmentation de soi » que démontre la vente impressionnante de livres dédiés pose question à l’évidence. Avant de crier « à l’arnaque » et de facilement dénoncer les auteurs « marchands de bonheur », il convient de chercher la cause de cette inflation. Et de l’analyser. Bien sûr au-delà de l’épidémie de « Covid 19 » récente et du confinement conséquent qui a certes redonné du temps et donc un grand élan à la lecture, dans tous ses domaines. Et qui a augmenté le volume des ventes !
C’est l’importance de celles des ouvrages dudit « développement personnel » qui nous alerte ici. De fait, après interrogations des libraires – premiers interlocuteurs « avertis » en l’occurrence, nous constatons que la demande du lectorat en cause relève à la fois d’un besoin et d’une croyance. Nombre d’êtres humains ressentent en effet la nécessité de donner du sens à la vie, à leur vie. Et d’être convaincus qu’ils ne sont pas déterminés, comme les autres animaux, par un programme.
Signification et indépendance. Cette exigence d’une raison de vivre par le savoir et la connaissance comme ce refus d’assignation à une existence « préconfigurée » débouchent sur la liberté de penser, de dire et de faire. Le sens et l’autonomie excluent le déterminisme et permettent foi ou non au ciel. A chacun, à chacune son libre-arbitre !
Ecoutons bien : De ce foisonnement livresque monte aussi pour qui veut l’entendre, un cri particulier : celui de la solitude. Tout Homme, toute Femme peut se sentir seul (e) même parmi d’autres ! Un livre – qu’il soit en papier ou numérisé, selon le goût individuel – est alors à même de devenir soudain un compagnon précieux, un guide espéré pour qui souffre d’esseulement. Jusqu’à prendre vie. L’espoir est une boussole !
Homme tenant une rose des vents sur la plage
Le mot « sens » précité désigne à la fois signification et direction. Non seulement il est possible que surgisse une explication d’un livre mais aussi l’indication d’une réflexion à mener, d’une route à prendre, d’une porte où frapper. Celle du Temple maçonnique est éventuellement à disposition pour qui en demande l’entrée. Et lui faire place après – accueil signifie aussi vigilance – enquêtes et formalités d’usage. Les candidatures spontanées imposent la même rigueur que les parrainages.
Le grand récit d’Homère précité, socle de la philosophie grecque, nous indique que cette notion de place est au cœur de la réalisation individuelle. Elle est reprise par les rites maçonniques, dont les valeurs existentielles qu’elles expriment au gré des barreaux de leurs échelles initiatiques progressives, nous renvoient, encore et toujours, à ce sens de la vie. Et de la vie de chaque être. Avec, en l’espèce, une invitation à l’application d’une vertu souvent oubliée dans notre siècle où le paraître à tendance à primer sur l’être : l’humilité.
Qui dit échelles, dit pouvoirs et décors fonctionnels (parfois dorés !) de leurs tenants passagers. Sous le signe de l’équerre et du compas, l’humilité est l’escorte permanente de celles et ceux qui, se sachant provisoires, cherchent l’éclairement de la lumière, mieux que sa brillance.
Le développement personnel en franc-maçonnerie, prenant donc effet par un gravissement de degrés, peut évoquer une escalade. Au vrai, il s’agit davantage d’une traversée, focalisée sur « l’humain ». A l’image de la démarche des penseurs antiques, se déploie une philosophie progressive à la recherche du Bon, du Beau, du Vrai et du Juste.
Cette évolution invite ainsi le franc-maçon, la franc-maçonne à passer du sempiternel « Qui suis-je ? » au « Que suis-je ? ». Soit du « Connais-toi toi-même » socratien au « Deviens qui tu es » nietzschéen.
Sigmund Freud entouré de ses plus proches partisans (Sandor Ferenczi, Hanns Sachs (debout), Otto Rank, Karl Abraham, Max Eitingon, et Ernest Jones).
Pour effectivement trouver et vivre à sa place et à son office de « parlêtre ». En loge et dans la cité.
Ainsi, à partir de la joyeuse rencontre fraternelle pour fil rouge sont explorées ces voies qui conduisent au centre de soi : nos besoins, souhaits et impératifs, tant en termes organiques, traditionnels, symboliques et réflexifs qu’en matière de sacré.
Et partant sont approchés ces outils psychiques permettant le passage de la pensée binaire (ex : le pavé mosaïque) à la ternarité (ex :la triangulation). La rédaction d’une planche (exposé oral maçonnique) construite selon la trilogie du philosophe Georges Hegel (thèse, antithèse, synthèse) en fournit un parfait exemple.
Son collègue Frederic Nietzsche est encore souvent incompris lorsqu’il évoque notre « volonté de puissance ». Il n’est pas question dans son esprit de quelque « bouffée délirante » de domination. Mais simplement d’un désir ardent de vie. Il se traduit par l’inclination naturelle de notre organisme à prospérer jusqu’à notre dernier souffle.
Chacun, chacune de nous est un « être de soifs ». Telle une plante verte qui ne cherche qu’à croître, grandir, se multiplier. A condition d’être régulièrement entretenue, vivifiée, désaltérée, par des apports nutritifs. La définition même du « développement personnel ».
De notre confrère vénézuélien elnacional.com – Par Mario Munera Muñoz PGM
La Kabbale nous présente trois colonnes très significatives : La Colonne de Rigueur ou Sévérité, Féminine, à sa base il y a un Triangle qui pointe vers le bas, elle symbolise l’énergie de Dieu descendant vers l’Homme, contrôle et conduit vers le droit chemin. La Colonne de la Miséricorde, Masculine, à sa base il y a un Triangle pointant vers le haut, qui symbolise l’Homme s’élevant vers le Divin, pousse vers le développement. Et la Colonne Centrale, d’Harmonie, à sa base, avec l’union des deux Triangles, est le Sceau de Salomon ou Étoile de David, symbolisant l’Union de l’Humain avec le Divin, qui vit en union indivisible avec le GADLU. Elle symbolise l’avenir humain, du Divin à l’Humain et vice versa, c’est l’Union du masculin et du féminin.
C’est neutre. La franc-maçonnerie à son meilleur me dit que sa voie est de rendre le maçon « libre ». C’est une tâche très ardue, difficile et presque utopique, elle est conditionnée au « non-attachement et au détachement ». Regardons juste l’expression être « libre« , elle n’a pas de genre : ni le, ni la. Cela veut dire qu’il fait partie de la Colonne Centrale, de l’équilibre, et j’utilise une expression très personnelle pour le définir : « Être indifférent à l’orgueil et être indifférent à l’Humilité ». Les maîtres Jésus et Bouddha ont prêché sur cet aspect : le maître Jésus a dit : « Si tu veux venir après moi, débarrasses-toi de tout et suis-moi ». Maître Bouddha a prêché : Si vous voulez être heureux, réprimez ou débarrassez-vous des désirs. Il nous dit que l’Initié transcende la raison et la loi, ne juge pas, s’enquiert de la vérité, pénètre les profondeurs de l’être humain et connaît les raisons de ses actes. C’est pour nous emmener à la « Vérité« , je ne pense pas que nous l’atteindrons, car nous ne sommes pas des dieux pour la connaître.
Souvenons-nous du maître Jésus devant Pilate, il lui demande : Quelle est la Vérité ?, et le maître Jésus est resté silencieux, s’il lui donne la réponse, il est certain que Ponce Pilate perdra la raison. Il y a trois éléments très importants à analyser : la vérité, la justice, la justice et l’équité. Dans le livre de Santiago, chapitre 3 : 14-15, il est dit ceci : « Mais si vous avez un zèle amer, l’esprit de discorde dans vos cœurs, vous n’avez aucune raison de vous glorifier et d’élever des mensonges contre la Vérité, qui la sagesse n’est-elle pas celle qui descend d’en haut, mais plutôt terrestre, animale », nous dit qu’il faut être libre de nos basses passions pour juger.
De grandes injustices ont été commises par rancœur, rage et vengeance. C’est par ses facultés intellectuelles que l’être humain se distingue de la brute. La raison et la pensée le rendent différent, elles lui donnent le pouvoir de discerner et de penser. Nous tous dans ce plan vivons avec vérité , justice et équité. Ce sont trois termes qui sont soumis à notre état de conscience pour les comprendre. La « Justice » est inventée par l’être humain et pour pouvoir l’appliquer je crée les lois, et la base de la loi est la morale, qui au fond n’est pas attachée à la justice, car elle dépend de « l’Interprétation« .
On aura toujours besoin d’un tiers équilibrant entre deux plateaux…
Le plus réussi dans ce plan est le « Juste » qui est couvert de compassion et de miséricorde, et sa base est l’amour. Etant la Franc-Maçonnerie une Institution dite « Fraternelle« , et la fraternité c’est accepter mon frère tel qu’il est, je l’interprète comme « Equitable« , où il n’y a pas de division mais la somme, l’amour fraternel. « Aujourd’hui, l’équité s’entend, dans le domaine de la justice, comme apportant une solution au sens moral et humain plutôt qu’au sens strictement juridique. L’équité est comme une séparation de la lettre de la loi pour se concentrer sur son esprit » (Isabel Ruiz Gallardón-Équité, une Justice plus juste ). Et cela est dû au fait que lorsqu’on agit selon le texte légal, cela conduit parfois à de graves injustices, c’est pourquoi « l’équité » consiste à prendre en compte, non seulement la stricte justice, mais aussi d’autres vertus.
L’équité est à la fois justice égalitaire et justice individualisante. Aristote, dans son Éthique de Nicomaque, présente « L’équité : comme une justice plus juste, non pas au sens juridique, mais comme une correction des lois ». L’équité, en droit, est « la balance dans l’insuffisance des lois due à leur généralité ». L’influence du christianisme dans les lois, « l’équité » est prise en compte. L’équité comme justice naturelle et comme interprétation souple de la loi. C’est une conscience juridique humaine. L’équité doit prévaloir sur l’aspect du sentiment, celui de l’exigence d’un caractère éthique, c’est donc un attribut éthico-juridique en droit. Il ne s’agit pas d’une norme juridique, mais d’une propriété ou d’une qualité que doit posséder toute règle de droit. « L’équité » est une appréciation discrétionnaire de celui qui juge, c’est comme s’il échouait selon sa conscience et ses critères. Il y a ceux qui considèrent « l’équité » comme une justice abstraite, individualisée, éthique et morale. L’équité est une maxime d’action juste.