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Société secrète… Conspiration La Fayette

La Conspiration La Fayette ou Association de Janvier ou encore Association des Patriotes est une société secrète française paramilitaire d’étudiants et d’ouvriers, créée en janvier 1830 dans le but de préparer la révolution de Juillet.

Il s’agissait d’un mouvement parfaitement organisé qui reposait sur un système d’embrigadement puis d’encadrement des insurgés par des étudiants. Cette société secrète a eu un rôle déterminant dans la préparation et le déclenchement de la révolution de Juillet. Cette organisation est longtemps restée mal connue et son action pendant les Trois Glorieuses est souvent dénommée Mouvement des Écoles ou assimilée comme l’action globale des étudiants insurgés. En 1997, l’historienne Jane Gilmore a démontré son rôle primordial sur la base d’archives inédites.

Origine et organisation

Peinture historique romantique. Commémore les Trois Glorieuses (la Révolution de Juillet) le 28 juillet 1830.

À l’origine de l’association on trouve un projet politique d’Association des écoles publié par les étudiants républicains Morhéry et Sambuc dans le journal La Tribune des départements, le 29 décembre 1829. Ce premier projet d’association étudiante, servira de base à la naissance, le mois suivant, de l’Association de Janvier : opposés à la politique de Charles X, et voulant organiser les moyens de défense contre un éventuel coup de force constitutionnel, Morhéry et plusieurs autres étudiants républicains, arrêtèrent en commun le projet de former une association politique ayant pour but « de faire tourner au profit du peuple les tentatives qu’on pourrait oser contre lui » (Morhéry, 1832).

Dès sa création, l’Association se met en relation avec le Comité d’Action Républicain qui demande que les étudiants commencent à recruter et à entraîner plusieurs milliers de jeunes gens de tous âges, de toutes professions, et jusqu’à des pompiers qui livreraient leurs armes à leurs coassociés au moment du combat. C’est ce à quoi se consacrent les étudiants de la conspiration, entre janvier et juillet 1830.

L’association s’organise en ventes (groupuscules) de 5 membres. Le journal La Tribune des départements sert de couverture à l’association dont le but affiché est de recueillir des souscriptions pour le quotidien. Son éditeur, Augustin Fabre est choisi comme commandant en second de l’Association, avec l’appui d’Armand Marrast, rédacteur en chef du journal. La Fayette en est le commandant en chef (titre surtout honorifique). Le comité supérieur, d’où les ordres partent, est formé de Morhéry et de ses trois lieutenants : Danton, Vimal et Sampoil.

Louis-Adolphe Robin-Morhéry

L’association compte rapidement douze à quinze mille hommes, outre le contingent que fournissent les départements. Au mois de juin, au Banquet Breton, où Morhéry est commissaire, La Fayette mentionne ouvertement les activités clandestines des étudiants de Morhéry et l’appui qu’il leur apporte. De nombreux discours enflammés, pour ne pas dire séditieux se font alors entendre. L’excitation monte et des échauffourées entre la police et les étudiants de l’Association créent pendant quelques jours une forte émotion populaire.

Dès le mois de mai, des rumeurs circulent laissant entendre que Charles X projette un coup d’État qui lui permettrait d’abroger la Charte et de s’octroyer les pleins pouvoirs. Ainsi les préparatifs révolutionnaires s’accélérèrent dans le plus grand secret et la plus grande clandestinité. La machine mise en marche par les républicains est désormais bien organisée et structurée, et commence à donner de brillants résultats.

Rôle de l’Association pendant les Trois Glorieuses

« Les gueusards. Ils me laissent tout sur le dos, avec ça qu’il n’y a plus de Bornes », s’écrie Charles X, succombant sous le poids du lourd crochet chargé des décisions funestes prises en juillet 1830 et avant, tandis que ses ministres l’abandonnent au beau milieu d’un chemin où les bornes, qu’ils ont fait tomber en les dépassant, n’offrent plus de soutien. Estampe satirique contre les ordonnances de Charles X, 1830.

Le 26 juillet, les étudiants lisent à haute voix les ordonnances de Saint-Cloud sur les places publiques. Vers huit heures du soir, Morhéry et une centaine de membres de l’Association de Patriotes affluent vers l’appartement de Marrast pour tenir un conseil de guerre. Fabre, Marrast et Morhéry se hâtent de lancer leurs plans pour déclencher l’insurrection.

Morhéry, Fabre et Marrast avaient fixé les missions du lendemain et celles de la nuit : Sampoil devait alerter les pompiers, cochers et charretiers avant l’aurore afin qu’aucune diligence ou malle-poste ne quitte Paris. Morhéry avait donné l’ordre de s’attaquer au seul autre moyen de communication dont disposait l’administration pour assurer la liaison avec les préfectures et les régions militaires : le télégraphe Chappe. Des équipes de jeunes gens avaient donc escaladé les tours et les clochers pour saboter le plus grand nombre possible d’installations. Il avait également ordonné de briser les lampes à gaz de la capitale, et dans le quartier du Palais-Royal, cette guérilla urbaine avait provoquée une première échauffourée avec les forces de l’ordre.

Le 27 juillet au matin, Danton avait réuni 5 000 à 6 000 hommes dans le faubourg Saint-Marcel. Il les conduisit piller les armureries. Morhéry s’occupait sur la rive gauche de propager l’insurrection dans le faubourg Saint-Germain, de désarmer les postes qui s’y trouvaient, de construire des barricades, tandis que Sampoil, sur la rive droite, s’engageait avec la colonne insurrectionnelle qui se dirigea sur les Petits-Pères et la place de la Bourse. Sur l’ordre de Fabre, Sabbatier, sonna le premier tocsin de l’insurrection à onze heures dans l’église des Petits-Pères, à deux pas des masses de la garde royale.

Danton fit construire la première barricade à l’entrée de la rue Montmartre. Il combattit au marché des Innocents, à la place du Châtelet. Le soir, il prit part à une attaque qui rompit la ligne que Marmont avait établie de la Seine aux boulevards, permit aux insurgés du faubourg Saint-Antoine de tourner la position de l’Hôtel-de-Ville, et eut ainsi une grande influence sur le sort du combat.

Le premier rassemblement vraiment insurrectionnel fut formé le 27 au soir au faubourg Saint-Marcel par Vimal et d’autres lieutenants de l’Association. Les émeutiers tués sont alors exposés sur des brancards et promenés dans les rues de Paris.

Gilbert du Motier de La Fayette

Dans la nuit du 27 au 28, alors que Paris semblait endormi, on dresse des barricades dans les rues entourant l’Hôtel de Ville, et dans celles qui mènent au Louvre, où le maréchal Marmont avait son quartier général, solidement défendu par l’armée royale. Près de ces forteresses les étudiants de l’Association accumulent des pavés. Fabre, se rend chez les députés au nom de l’Association, et leur demande de proclamer un gouvernement libre, de nommer La Fayette chef des troupes nationales et de se montrer au milieu des insurgés. En vain, les députés se séparent sans prendre de décision.

Toute la matinée du 28 juillet, les insurgés construisent des barricades dans les rues et même sur certains boulevards. On s’apprêtait cette fois-ci à ce qu’éclate une bataille de bien plus grande échelle que les affrontements de la veille.

Durant la matinée, les insurgés tentent de prendre l’Hôtel de Ville, bâtiment hautement symbolique. Par trois fois, Morhéry repousse une colonne aux abords de l’Hôtel de Ville. Soudain un drapeau tricolore fut déployé au sommet de l’Hôtel de Ville, puis un autre sur une tour de la cathédrale Notre-Dame de Paris, provoquant une intense émotion dans la population parisienne.

Aux quatre coins de Paris, les étudiants se mêlent aux ouvriers et livrent combat. Morhéry accompagné d’un groupe d’étudiants et de polytechniciens, recruta des combattants dans le faubourg Saint-Marceau et les mena à la Bastille où la lutte était acharnée. Le soir, les insurgés durent battre en retraite. Mais durant la nuit, les troupes royales se replièrent, épuisées, à court de munitions et ayant subi de lourdes pertes.

Les combats du 29 juillet sont décisifs : les étudiants se battent avec la foule. Morhéry se joint à la prise des Tuileries. À la tête d’un détachement, il prend la rue du Bac jusqu’au quai de l’Institut. Dans la soirée, les Tuileries étaient prises et l’insurrection était maîtresse de Paris.

Louis Auguste Blanqui photographié par Ernest Charles Appert.

Une fois Paris aux mains des insurgés, le rôle de l’Association de Janvier devint plus difficile : il s’agissait de rendre la chute du trône réellement utile à la nation, c’est-à-dire, en leur sens, proclamer la République. Le 30 juillet, vers minuit, Morhéry se rendit à l’Hôtel-de-Ville au nom de l’Association et de la part des combattants des Trois jours, afin de supplier La Fayette de proclamer la République.

Le 3 août, Morhéry conduisit la protestation contre la nomination du duc d’Orléans comme Lieutenant-Général du Royaume, puis, le 5 août, avec Lecalvé, Sampoil, Divel, Danton et Chalmeuton, Morhéry prit la tête d’un mouvement populaire dirigé contre la chambre des Députés pour les empêcher de voter la constitution aristocratique de Bérard (« charte Bérard »).

Le comportement provocateur des membres de l’Association fut à l’origine du fameux procès des 21 républicains dont on demandait la tête : Sambuc, Plocque, Danton, Blanqui furent arrêtés. Morhéry put quitter Paris in-extremis le 30 décembre.

Quelques membres de l’Association

Morhéry, Fabre, Marrast, Marchais, Sempoil, Mahé, Mathé, Larié, Papu, Delaunay, Sambuc, Danton, Cavagnac, Emile Lebreton, Guilhem (fils du député), Kersausie, Calvé, Martin, genest, Boullé (de St Malo), Richard, Bertrand, Jules bernard (fils du député), Sébilot, Mestivier, Chauveau, Henri (de Laval), Potier (de la Mayenne), Barnico (de Pougibeau), Vimal (de Clermont), Roger (de la Vendée), Bouvier (du Jura), Divel, Guérin, Benjamin Clemenceau, Sabbatier, Chalmeuton, Blanqui, Plocque.

Légendaires, maudits ou égarés : histoire de quelques trésors

De notre confrère belge rtbf.be

Dans « Le temps d’une histoire », ce vendredi 4 novembre à 20h40 sur La Une, Patrick Weber vous propose de découvrir le documentaire de Nicolas Brénéol, « Toutankhamon, du trésor à la malédiction ». De nos jours, des trésors – maudits, disparus ou simplement légendaires – il y en a encore beaucoup qui ouvrent nos esprits aux rêves… En voici quelques-uns.

Selon la Bible, l’Arche d’alliance ou Arche du témoignage est un coffre de bois d’acacia recouvert d’or, surmonté de deux chérubins se regardant, ailes déployées. L’Arche serait le réceptacle terrestre de Yahvé et abriterait les Tables de la Loi, reçues par Moïse. L’objet a longtemps voyagé jusqu’à ce qu’il soit placé vers le milieu du VIIe siècle av. J.-C., dans le saint des saints du Temple de Salomon, à Jérusalem.

L’Arche d’alliance représentée dans une mosaïque carolingienne de l’église de la Très-Sainte-trinité, à Germigny-des-Prés (Loiret, France). https://www.tourisme-valdesully.fr/
L’arche d’Alliance représentée dans une mosaïque carolingienne de l’église de la Très-Sainte-trinité, à Germigny-des-Prés (Loiret, France). https://www.tourisme-valdesully.fr/ https://www.tourisme-valdesully.fr/

En 597 av. J.-C., le roi de Babylone, Nabuchodonosor, s’empare de la ville, la pille et l’incendie, y compris le Temple. Certains textes signalent qu’averti des faits, le prophète Jérémie aurait emporté l’Arche pour l’abriter dans une grotte du Mont Nébo… Depuis lors, on ne l’aurait plus jamais revue. Serait-elle enterrée sous le Mont du Temple, à Jérusalem ? En 2009, Sa Sainteté l’Albuna Paulos, 5e patriarche et catholicos d’Éthiopie a expliqué au pape Benoît XVI que l’Arche était installée dans son pays, en l’église Sainte-Marie-de-Sion à Aksoum… Il s’agit là en réalité d’une pierre d’autel sacrée. Patience… Selon le deuxième Livre des Maccabées, l’Arche ne réapparaîtra qu’au retour du Seigneur !

Le trésor de Childéric

Partie du trésor de Childéric, in « Anastasis Childerici I », 1655.
L’anneau sigillaire découvert en 1653 à Tournai, dans le tombeau de Childéric. Offert en 1665 à Louis XIV, il fut déposé à la bibliothèque royale ou il fut volé en 1831. Avant sa disparition, trois moulages avaient été faits : l’un en plâtre conservé à la Bibliothèque nationale et deux en cire à cacheter, l’un conservé à la bibliothèque Sainte-Geneviève et l’autre à la bibliothèque boldéenne d’Oxford.
Quelques abeilles du trésor de Childéric…
Le tombeau de Childéric contenait plus de 80 kilos d’or et également 300 abeilles d’or aux ailes serties de grenats. Napoléon s’intéressa beaucoup à celui-ci et il se dit qu’une fois devenu empereur, il remplaça le symbole royal de la fleur de lys par l’abeille.
Partie du trésor de Childéric, in « Anastasis Childerici I », 1655.
Le trésor comprenait aussi l’épée du roi, agrémentée d’un somptueux travail d’orfèvrerie : garde, pommeau, entrée et bouterolle rehaussés d’or cloisonné de grenats et d’émaux, ornements s’inspirant de la bijouterie des Huns très en vogue chez les Barbares

Le roi des Francs saliens, Childéric Ier (v. 436-481), résidait à Tournai au moment de son décès. C’est donc sur les bords de l’Escaut qu’il sera inhumé. Sa tombe a été retrouvée le 27 mai 1653 par Adrien Quinquin, un maçon occupé à la reconstruction de l’hospice Saint-Brice. Le caveau était rempli de ce que l’on appellera le trésor de Childéric : de nombreux objets précieux, souvent incrustés de grenats, telles 300 abeilles, ne représentant pas moins de 80 kg d’or.

L’ensemble sera remis aux Habsbourg et c’est l’empereur Léopold Ier qui l’offrira à Louis XIV en 1665. Le trésor est alors déposé au Cabinet des Médailles, rue Vivienne à Paris, où il sera volé la nuit du 5 au 6 novembre 1831. Seules quelques pièces jetées dans la Seine – dont deux abeilles – seront retrouvées, le reste ayant été dépecé et fondu.

Le mystère de Rennes-le-Château

L’abbé Saunière (1852-1917) a-t-il véritablement découvert un trésor à Rennes-le-Château, dans l’Aude, en France ? Le curé s’installe au village en 1885. L’église Sainte-Marie-Madeleine, remontant au XIIe siècle, est très délabrée… Le presbytère aussi… Des réparations urgentes sont effectuées dès 1886 et c’est l’année suivante, au cours de la rénovation de l’autel, que des parchemins sont découverts dans le pilier dit  » wisigothique « . Ils sont confiés à Béranger Saunière…

Des rénovations profondes vont alors débuter à l’église, des découvertes vont se produire. Le presbytère est restauré, des nouvelles constructions voient le jour : la villa Béthanie, la tour Magdala, un jardin avec ménagerie… Une véritable folie des grandeurs. Saunière engage aussi une gouvernante, Marie Denarnaud (1868-1953), âgée de seulement 18 ans ! Les ragots iront bon train, d’autant qu’il en fait sa légataire universelle…

L’abbé Béranger Saunière.
François, Bérenger Saunière, souvent appelé abbé Saunière (1852-1917), prêtre catholique, affecté comme curé de Rennes-le-château en 1885
La Tour Magdala, à Rennes-le-Château.
Tour Magdala, Saunière en avait fait sa bibliothèque et son lieu de méditation, mais ce bâtiment est devenu aujourd’hui l’emblème du mystère de Rennes. La tour symbolise à la fois la richesse de l’abbé et ses goûts assez mystérieux, à l’origine d’une légende de trésor fabuleux

Saunière sera accusé de pillage de tombes, il truquera les comptes de la paroisse et il sera prouvé qu’il pratiquait du trafic de messes ! Il finira par être interdit de messe en 1915. De nos jours, aucune trace tangible de la découverte d’un trésor n’existe… mais les formidables réalisations de l’abbé Saunières sont toujours visibles et ouvertes au public à Rennes-le-Château !

Trésor des Cathares et trésor des Templiers

La religion cathare est apparue en Occident vers l’an 1000. Les Cathares étaient, en quelque sorte, des Protestants avant la lettre, ce qui explique leur rejet par l’Église qui les considère comme hérétiques ! Le catharisme sera largement répandu dans le sud de la France, en Occitanie, et s’éteindra en 1244, avec la chute de la forteresse de Montségur où ses derniers représentants étaient retranchés. 200 hérétiques seront immédiatement brûlés vifs au pied des remparts, les autres étant jugés par l’Inquisition.

La forteresse de Montségur veille toujours sur le pays cathare.
Dressé à 1207 m d’altitude, sur la plus haute partie d’un éperon rocheux appelé « pog », le château de Montségur est cité dans les textes dès la fin du XIIe siècle. Il veille toujours sur le pays cathare !

La légende veut que la veille de la réédition de Montségur, quelques chevaliers auraient exfiltré le Trésor des Cathares vers l’Italie. Parmi les pièces du trésor, se serait trouvé le Graal… Même Heinrich Himmler organisera au début de la Seconde Guerre mondiale, plusieurs expéditions archéologiques autour de Montségur, pour retrouver le fameux trésor… dont certains auteurs pensent qu’il aurait été déposé dans les environs de Montségur, chez les Templiers !

Le Trésor des Templiers, autre grande interrogation ! Cet Ordre chevaleresque, fondé en 1129, avait pour but de protéger les États latins d’Orient, les lieux saints et d’aider les pèlerins souhaitant se rendre à Jérusalem, Bethléem ou Nazareth. L’Ordre est rapidement devenu richissime, jouant le rôle de banquier auprès de nombreuses grandes familles et ordres religieux. Les Templiers posséderont aussi d’innombrables terres et commanderies.

La chute de l’Ordre du Temple est complexe, le souhait de Philippe IV le Bel de s’emparer de leurs richesses n’en étant qu’un élément… Le trésor demeure introuvable. Parmi les nombreuses pistes, il y a celle de ce document conservé au Vatican, signalant que frère Gérard de Villiers, un dignitaire de l’Ordre, averti de l’imminence d’arrestations massives, serait parti en mer, avec 50 chevaux chargés sur 18 galères… Voici quelques années, Rudy Cambier, un habitant de Wodecq, dans l’entité d’Ellezelles, a affirmé que le trésor des Templier se trouvait dans sa propriété…

Des trésors maudits, chimériques ou perdus, il en existe encore bien d’autres – six œufs de Fabergé introuvables, la Chambre d’ambre de Tsarskoïe Selo disparue depuis 1941, la Ménorah du second temple de Jérusalem, emmenée par Titus en l’an 70… – mais il en est un dont l’existence a finalement été éclaircie en 1948.

L’expédition Sanders-Hardmuth au Pérou.
L’expédition Sanders-Hardmuth au Pérou. https://tintin.fandom.com/fr/wiki/Wiki_Tintin

L’expédition ethnographique belge Sanders-Hardmuth, partie au Pérou et en Bolivie en 1946, avait, entre autres, ramené la momie de l’Inca Rascar Capac. Chez eux, tous ses membres sont subitement tombés dans un sommeil léthargique, rentrant en transe, tous les jours et à la même heure ! Finalement, seuls l’Inca et ses adeptes, vivant au Temple du Soleil dans les montagnes du Pérou, connaissaient la raison de cet étrange mal. On finira par apprendre que le dignitaire demeure le défenseur du Trésor des Incas, longtemps recherché par les conquistadors espagnols…

L’Amour et le Franc-Maçon

Un principe de vie et un état consubstantiel

Lucien Millo – LiberFaber, 2021, 364 pages, 25 €

« Vous cultivez l’amour fraternel qui est le fondement et la pierre angulaire, de même que le ciment et la gloire de cette ancienne Fraternité » édicte les Constitutions d’Anderson de 1723. C’est dire que Lucien Millo, auteur de nombreux ouvrages sur le Rite Écossais Ancien et Accepté, s’attaque à un vaste sujet dont l’inspiration lui est venue en période de confinement. Depuis toujours la Franc-Maçonnerie, lieu de rencontre privilégié, permet de tisser des liens d’amitié. Ici, l’auteur nous parle des vertus de l’amour – générosité, charité, solidarité.

En fonction du rite pratiqué, résonne toujours au cœur du Maçon des phrases comme « Je promets d‘aimer tous mes Frères » lors de la prestation de serment ou encore « Que l’Amour règne parmi les Hommes ! » Qui n’a jamais entendu en loge cette courte phrase d’une portée générale, précepte de morale, voire maxime qui sonne comme une sentence ! L’auteur tente donc de définir ce qu’est l’amour pour un franc-maçon.

Éros

Même si les Grecs avaient plus de huit mots pour décrire l’amour, l’auteur en retient trois, impliquant de forts sentiments : l’Éros – amour physique -, la Philia – amour amical et fraternel – et l’Agapè – amour inconditionnel.

Agapé

Cette consubstantialité, énoncée en sous-titre, s’exprime tant dans la première partie du livre « Penser et Dire l’amour » que dans la seconde « Vivre l’amour à la manière du Franc-Maçon ». Son but étant de conceptualiser l’amour pour mieux le comprendre. Une approche de l’amour dans les philosophies occidentales – la philosophie n’est-elle pas l’amour de sagesse -, invite à se replonger dans Aristote, Socrate et Platon…

Lucien Millo

Tout comme la franc-maçonnerie, école de pensée et de spiritualité, qui prône aussi avec ferveur son amour de la sagesse, Lucien Millo balaie un large spectre allant jusqu’à Jean-Paul Sartre. Il porte aussi, avec sérieux, un regard rigoureux sur une vision arabo-persane et sa théologie mystique et asiatique de l’amour, sans oublier un regard psychanalytique – amour freudien libido, narcissisme et désir, amour lacanien, « hainamoration ». Amour chanté par les poètes de l’Antiquité à la « fin’ amor », de la Vita Nova de Dante à l’amour idéalisé de la révolution romantique avec Lamartine, Apollinaire, Breton et Éluard à la cristallisation amoureuse de Stendhal. À chaque étape, comme pour marquer l’importance de ce sentiment dans la vie du maçon, l’auteur nous ramène à la franc-maçonnerie et au rituel. Lucien Millo aborde, en seconde partie, la notion de Dieu chez le franc-maçon et ce, dès la naissance de la Fraternité.

Fin’ Amor

Amour de Dieu par la foi et l’Agapè maçonnique, envisagée dans sa dimension verticale. La grille de lecture proposée par Lucien Millo embrasse tous les aspects de l‘amour, depuis la naissance de l’Art Royal, fondée sur trois grands principes – amour fraternel, bienfaisance et recherche de la Vérité. Amour de Dieu, amour de soi, amour de l’Autre, tel pourrait être le message de cet ouvrage qui ne peut que renforcer notre idéal de paix et de fraternité. Finalement, l’amour fraternel n’est-ce pas notre Chaîne d’Union en continu ?

Vita Nova de Dante

Rappelons que cette citation de Virgile dans ses Bucoliques « Omnia vincit amor » mise en exergue sur la première de couverture -, signifie « L’amour triomphe de tout ». 

L’exposition Hoyt dévoile les secrets, les symboles des maçons et des Compagnons

De notre confrère américain businessjournaldaily.com

Sociétés secrètes ou sociétés de secrets ? Arts & Education à la nouvelle exposition de Hoyt, « Mystery & Benevolence: Masonic and Odd Fellows Art », explore l’art et les accessoires de deux organisations fraternelles imprégnées de symboles et de systèmes codés – des poignées spéciales, des gestes et des mots de passe aux performances ritualisées dont on pense qu’ils sont originaires du Moyen Âge.

Elle ouvre le 8 novembre et ferme le 26 janvier.

Pour les non-initiés, les décors minutieusement peints et les insignes décorés de manière complexe sont presque aussi mystérieux que les pratiques elles-mêmes. Pourtant, selon l’American Folk Art Museum, ce mystère était intentionnel.

Les objets exposés de la collection Kendra et Allen Daniel ont été conçus pour insuffler un sentiment d’émerveillement tout en incarnant une foi profonde en la fraternité exprimée à travers les liens du rituel.

Les thèmes de la charité, de la fraternité, du travail, du passage et de la sagesse peuvent être trouvés dans les plus de 80 sculptures, textiles, sculptures et ornements dans les galeries principales, ainsi que de brèves histoires de l’influence des francs-maçons et des Odd Fellows en Amérique. En fait, un certain nombre de pères fondateurs de l’Amérique ont atteint les niveaux supérieurs de la franc-maçonnerie, notamment George Washington, Benjamin Franklin et Paul Revere.

« Il y a souvent beaucoup de chevauchement dans les symboles utilisés par les sociétés fraternelles, en particulier entre les francs-maçons et les Odd Fellows », explique la directrice exécutive de Hoyt, Kimberly Koller-Jones, « mais il y a des différences dans la façon dont ces symboles se manifestent, aussi, qui sont explorés tout au long de l’exposition ».

Les emblèmes de l’ancien ordre des francs-maçons, établi pour la première fois en Amérique du Nord en 1730, sont rationnels, ordonnés et abstraits. Les emblèmes des Odd Fellows, fondés en 1819, sont un peu plus modernes en comparaison et adoptent une approche plus littérale pour exprimer leurs idéaux.

Alors que les francs-maçons considéraient la charité comme l’un de leurs « grands principes » d’amour fraternel, de soulagement et de vérité, les Odd Fellows étaient plus explicites sur l’instruction des membres dans leurs objectifs caritatifs avec des devoirs tels que enterrer les morts, soulager les personnes en détresse, visiter les malades et l’éducation des orphelins.

Bien que les deux confréries aient mis l’accent sur les comportements idéaux, elles ont également attiré leur juste part de critiques depuis leur création en raison de leur exclusivité. Les chiffres cryptiques, les rituels et les vœux qui lient encore leurs membres dans un système de croyances partagées, les enveloppent également d’un secret que les étrangers trouvent souvent troublant. 

De plus, les confréries ont été développées par et pour les hommes blancs, selon les normes culturelles de l’époque, qui excluaient les femmes et les Noirs. Les Odd Fellows ont été les premiers à créer une organisation sœur dans les Filles de Rebekah en 1851. Un marin noir, Peter Ogden, a organisé le Grand United Order of the Odd Fellows pour les noirs en Amérique en 1843. Les deux sont également représentés dans cette exposition.

La méfiance a failli conduire à la destruction de ces organisations dans les années 1830. Cependant, les hommes qui recherchaient la camaraderie étroite qu’ils avaient vécue dans l’armée après la guerre civile ont ravivé l’intérêt à la fin des années 1860. En fait, près de 200 000 hommes ont été initiés à « l’âge d’or » du fraternalisme, qui a duré jusqu’au début du XXe siècle.

Le comté de Lawrence, en Pennsylvanie, n’a pas fait exception. Une exposition gratuite dans le Hoyt’s Blair Sculpture Walkway, Fraternity of Brothers: Freemasonry in the Valley of New Castle, prêtée par la cathédrale du rite écossais, explore l’histoire régionale de la franc-maçonnerie qui a incité la construction de la cathédrale du rite écossais en 1924-1925.

À la fin de la Première Guerre mondiale, près de 6 000 maçons se réunissaient au Temple Building au centre-ville de New Castle.

La croissance économique de la région a encouragé les membres à envisager la construction d’une installation beaucoup plus grande. Plusieurs parcelles de terrain ont été acquises sur Lincoln Avenue, alors considérée comme l’un des meilleurs biens immobiliers de la communauté, et les entreprises de Milwaukee RG Schmidt, architecte, et SM Seisel, entrepreneur général, ont été embauchées. 

Pour ceux qui sont curieux d’en savoir plus, une série de conférences en galerie, des ateliers d’une journée, des visites de la cathédrale (y compris un aperçu des salles du pavillon) et d’autres activités offrent de nombreuses occasions d’explorer le contenu de l’exposition de différentes manières. Bien que la plupart des activités soient gratuites, l’inscription est obligatoire en visitant www.hoytartcenter.org/masons. Le programme complet est également disponible ici.

 Les deux expositions resteront visibles au Hoyt jusqu’au 26 janvier. Les heures de visite sont les mardi, mercredi et jeudi de 11 h à 20 h, et les vendredi et samedi de 11 h à 16 h. L’entrée est gratuite.

Sur la photo en haut : ce bijou de maître maçonnique, créé en 1825, fait partie d’une exposition au Hoyt.

Copyright 2022 The Business Journal, Youngstown, Ohio.

Incendie criminel d’un Temple maçonnique

De notre confrère américain wsmv.com – Par Camruinn Morgan-Rumsey et Richard Mason

Les autorités enquêtent sur l’incendie du Temple maçonnique de Powell Valley dans le Tennessee (USA), un membre dirigeant dit avoir reçu une lettre antimaçonnique il y a quelques temps. Le journal titrait « Powell Valley Masonic Lodge et Mountain View United Methodist Church ont été détruits après un incendie dimanche. »

Des responsables du « Tennessee Bureau of Investigation » ont annoncé qu’ils assistaient le bureau du shérif du comté de Claiborne après qu’un incendie s’est déclaré au Powell Valley Masonic Lodge et à l’église méthodiste unie de Mountain View dimanche matin à Speedwell.

Personne n’est mort ou n’a été blessé, selon les autorités.

Mitchell Livesay, un voisin qui a été témoin de l’incendie, a déclaré que le bâtiment était totalement incendié au moment où les pompiers volontaires de Speedwell sont arrivés.

« J’étais chez moi quand c’est arrivé, mais je n’ai vu personne ici jusqu’à ce que le feu ait complètement consumé l’édifice », a déclaré Livesay.

Gary Mayes, un membre dirigeant de la loge, a déclaré que quelqu’un avait glissé une lettre antimaçonnique sous la porte de la loge en juin dernier.

« Ce que la lettre disait, c’est que vous ne pouvez pas être chrétien et être maçon »

a déclaré Mayes. Il y a des antimaçons dans le voisinage.

Bien qu’il ne soit pas sûr que la lettre soit liée à l’incendie, Mayes a déclaré que le Temple était par ailleurs le centre d’activités illégales, telles que la consommation et la vente de drogues. Les propriétaires du Temple ont eu des problèmes avec des trafiquants de drogue dans la région, allant même jusqu’à installer une clôture, des caméras et des lumières sur le parking. L’enquête suit son cours.

SUB ASCIA

Sous la hache. Dès 1740-1750, sur les Tableaux de Loge français, la pierre cubique à pointe est placée, sub ascia pour indiquer son caractère sacré.

L’ascia a parfois été comparée à l’herminette égyptienne. On lui donne le nom d’herminette quand le manche est long et ascia quand le manche est court. Le Dictionnaire Gaffiot en donne la traduction d’«herminette», de «truelle», ou de «marteau de tailleur de pierre».

Les romains donnaient le nom d’ascia à un instrument dont le fer peut agir sur un plan parallèle à celui dans lequel se trouve l’ouvrier (la hache tranche dans un plan perpendiculaire). On trouve ce symbole, de même que l’inscription sub ascia, gravé sur d’anciennes tombes, particulièrement autour de Lyon (Couchoud Paul-Louis, Audin Amable. Requiem aeternam… L’ascia, instrument et symbole de l’inhumation. In: Revue de l’histoire des religions, tome 142, n°1, 1952. pp. 36-66.

Cela a donné lieu à de nombreuses interprétations. On retiendra que l’ascia pourrait être considérée comme un symbole (en fait une croix, crux dissimulata) utilisé pour marquer les tombes par les chrétiens au temps de persécutions comme l’évoque M. Sansas dans sa communication, Symbolisme de l’ascia,  retenue par les Actes de l’académie impériale de Bordeaux de 1866 (à partir de la p. 409 ). C’est donc une allégorie essentiellement chrétienne qui peut signifier : «réformez vos mœurs, retranchez vos vices, devenez ainsi des hommes nouveaux, purs de toute souillure comme le bois et la pierre qu’a polis l’ascia» . L’analogie morale avec la pierre cubique à pointe sub ascia pour le franc-maçon du XVIIIe s. est indéniable. Ainsi, on pourrait dire que la pierre cubique est consacrée par l’ascia, sub ascia dedicavit, par la foi chrétienne.

Un marteau bretté, Broked mall, que l’on lit dans le Manuscrit Chetwode Crawley, serait à l’origine de l’instrument semblable à une hache qui figure sur les tableaux de loge français du XVIIIe siècle, à côté de la pierre cubique à pointe ; ce pourrait être aussi, la corruption de broached urnall, mot qui désignerait la pierre cubique à pointe elle-même.

Pour Jules Boucher, la pierre est sous la Hache pour indiquer son caractère sacré. La Pyramide la protège de l’Eau, comme la Hache la protège du Feu ou de la Foudre, d’où un symbolisme moral. Comme les colonnes antédiluviennes découvertes par Pythagore et par Hermès, la pierre doit être défendue contre l’Eau (forces dissolvantes) et le Feu (forces trop sublimisantes). Elle représente l’idéal maçonnique qu’il faut sans cesse défendre contre ces forces. Le Maçon doit se tenir dans un juste milieu avec sûreté et rectitude.

Pour Irène Mainguy, la Hache au sommet du pyramidion, semblable à la foudre, ferait jaillir l’esprit de la matière. Cette Hache pénétrant le sommet de la pierre indiquerait que la pierre a atteint le fini d’une beauté et d’une perfection. Cela signifierait que la Pierre, après avoir été débarrassée de ses aspérités par le Ciseau et le Maillet, représenterait l’achèvement de l’œuvre lorsqu’elle est surmontée des quatre faces du pyramidion, axe de liaison entre le terrestre et le céleste.

Pour Guénon, la hache n’est ici autre chose que l’hiéroglyphe de la lettre hébraïque qoph (ק). Le sens général attaché à la lettre hébraïque qoph, ou à la lettre arabe qâf, est celui de «force» ou de «puissance» (en arabe qowah), qui peut être d’ordre matériel ou d’ordre spirituel.  

Justifiant que cette pierre soit un des bijoux immobiles, Jules Boucher nous en explique sa valeur propédeutique: «La pierre placée sous la hache pour indiquer son caractère sacré, reste cubique bien que surmontée d’une pyramide qui la protège de l’eau, comme la hache la protège du feu (de la foudre). Pour l’adepte, le sens de ce symbole est le même que celui de l’épée, du poignard ou du marteau ; ces armes blanches désignant les larmes d’argent du sel blanc (petites gouttes) qui hache la matière.

Rabi Zied Odnil (François Lindo-Diez) nous dit que la hache est placée sur le pyramidion pour nous inviter à fendre le sommet de la pierre cubique à pointe  (Oswald Wirth écrivait : la pierre cubique entamée par une hache, …indique sans doute qu’il faut ouvrir la Pierre, la fendre afin d’arriver à son contenu, à son ésotérisme). L’étoile flamboyante apparaît dans les interstices des tétraèdres retournés ; c’est le vide, l’invisible qui montre la forme. Ce sont les vides successifs,  l’invisible questionné, qui ont montré que l’étoile flamboyante est en gestation dans  la pierre brute. En son cœur se trouve la pierre philosophale.

La langue des oiseaux nous permet de retenir, pour la hache, le «H» qui est l’esprit des alchimistes. L’alchimiste Patrick Burensteinas et Georges Combes le montrent magistralement dans leurs films Le voyage alchimique dont voici l’extrait où l’étoile à 5 branches apparaît .

L’acacia maçonnique pourrait bien ne pas être un arbre tel que souvent évoqué. Il pourrait s’agir de la déformation d’ascia. Comme elle aurait servi à tailler les stèles funéraires, asciare aurait comme sens premier: dédier la tombe en aplanissant le bloc funéraire avec l’ascia.  Son sens second, symbolique, pourrait être «sceller une tombe sous l’ascia pour lui conférer un caractère inviolable».  Donc le mot déformé acacia serait un outil doté d’une dimension symbolique, troqué dans le Manuscrit Masonery Dissected (1730) de Prichard par «cassia».(voir l’article sur le journal Qui s’y frotte s’y vit ).

On raconte, à propos d’Athéna (Pallas), sortant du cerveau de Zeus (Jupiter) tranché par Héphaïstos (Vulcain), qu’elle représente la déesse qui préside à la sagesse et on la dit à bon droit car née du cerveau où se trouve le siège de la sagesse.

Illustration de l’article, Emblème XXIII Atalanta fugiens, Michel Maïeur

Un symbole existentiel : la chaîne d’union !

On pourrait définir la chaîne d’union comme un élément rituélique qui associe un rassemblement d’officiants et un recueillement. Ce n’est pas un rituel spécifiquement maçonnique ; il est une variante qui appartient à la grande famille des rituels d’amitié de toutes les communautés culturelles depuis que les êtres humains existent. Les francs-maçons lui ont donné un nom et l’ont incorporé dans leurs rituels, sans toujours percevoir sa spécificité symbolique.

Ce que l’histoire nous a transmis :

o Dans l’Égypte ancienne : L’absence bronze et de fer jusqu’au IIe millénaire avant J.-C. explique que l’on ne retrouve pas l’utilisation de chaînes avec des anneaux métalliques ; par contre, dans d’autres liens qui existent , on retrouve en particulier des chaînes comme bijoux ; puis on constatera que la symbolique du bijou et surtout du collier rejoint celle de la chaîne d’union.

Dans les rituels de la Haute-Égypte, trois éléments méritent d’être mentionnés car ils évoquent le sujet :

  • L’hiéroglyphe Gardiner V28 : il appartient à la catégorie des hiéroglyphes utilisés pour les sacs, cordes et paniers . En rappel, La liste des signes de Gardiner est une liste de hiéroglyphes égyptiens communs compilée par Sir Alan Gardiner. Elle est considérée comme une référence standard dans l’étude des hiéroglyphes égyptiens antiques .
  • L’anneau Shen Le Shen est le cercle en spirale présent dans la culture de l’Égypte antique. Il représente la divinité. Selon les croyances d’alors, la personne dont le nom était écrit dans le symbole de Shen et qui était souvent un roi ou un membre de la royauté, était sous protection divine.
  • Ankh ou la croix de vie : symbole de l’immortalité et symbole de l’union entre Isis et Osiris qui a permis de sauver l’humanité grâce à la victoire d’Horus sur Seth.

o La symbolique du lien dans les mythologies : que cela soit chez les Celtes, en Grèce et à Rome, on retrouve que la symbolique du lien relie les hommes aux dieux : à titre d’exemple, Wotan (dieu principal dans la mythologie nordique) était “le maître des liens occultes” et Héphaïstos (dieu grec du feu, de la forge, de la métallurgie et des volcans) était un “dieu-lieur”.

o La dextrarum iunctio dans la Rome antique : c’est un rite nuptial, une chaîne d’union conjugale entre les deux époux, avec leurs mains droites symbolisant la fides, c’est-à-dire à la fois l’engagement et la fidélité à cet engagement.

o La chaîne (du latin catena) : dans son acception courante, c’est un lien formé d’anneaux métalliques utilisé pour attacher ou maintenir un corps lourd, ou également pour effectuer une mesure de distance ou pour créer un bijou comme un collier ou un bracelet. Par extension, on parlera de chaîne humaine, lorsqu’un certain nombre de personnes se placent en ligne pour effectuer une action commune, ou de chaîne d’assemblage lorsqu’une série de processus permettront l’accomplissement d’une tâche. Le mot désigne aussi un lien affectif pouvant soit aider soit affecter la relation interhumaine. Il y a donc une bivalence dans ce mot.

o La chaîne, symbole de la solidarité : de l’objet chaîne on comprend bien qu’il en découle l’ordre et la cohésion, d’où la protection.

o Dans la tradition compagnonnique on parle de la chaîne d’Alliance. Les Compagnons portant leurs couleurs se tiennent par la main en croisant les bras à la façon des maillons d’une chaîne et forment un cercle fermé, tournant dans le sens de la marche du soleil au milieu duquel se trouvent trois Compagnons ou deux Compagnons et la Mère. Ceux-ci restant immobiles, le Rouleur chante  » les Fils de la Vierge », dont le refrain est repris en chœur. Au cours des funérailles, la Chaîne est également pratiquée mais sans chant et  » ouverte « , symbolisant ainsi le maillon qui vient de se rompre. Pour en savoir plus sur la chaîne d’Alliance.

o Mais la chaîne, c’est aussi le symbole de l’esclavage ; c’était l’usage courant de contrôler les prisonniers et les esclaves en les entravant avec des chaînes. Briser les chaînes est devenu l’emblème des héros de la liberté !

o La chaîne chez les occultistes : « Aurea catena Homeri », (La chaîne d’or d’Homère), est le titre d’un livre occultiste de première importance, publié en 1723 à Leipzig en langue allemande et qui a pour sous-titre « La nature dévoilée ou la théorie de la nature » : Le titre fait référence au chant 8 de l’Iliade, dans lequel Homère raconte l’épreuve que Zeus menace de faire subir aux Dieux : « Tenez, Dieux, faîtes l’épreuve et vous saurez, tous. Suspendez au Ciel un câble d’or, puis accrochez-vous y, tous, dieux et déesses : vous n’amènerez pas du ciel à la terre, Dieu, le Maître suprême, quelque peine que vous preniez ».

o L’union : c’est l’unité et à ce titre un objet désiré. L’union est généralement représentée par cinq symboles : la chaîne, le nœud, les mains enlacées et l’anneau.

o La chaîne d’Union c’est aussi plusieurs chants :

Auld Lang Syne («Depuis longtemps» en scot)) adapté par le poète écossais Robert Burns en 1788 (voir ci-dessous une interprétation par Eddi Reader lors de la session d’ouverture du parlement écossais, en présence de la reine Elisabeth II à Edimbourg en 2004) ; ce chant a été adapté en français en 1920 par un jésuite avec le titre « le chant des adieux » ; une version déchristianisée pour les 2 derniers couplets est ensuite apparue.

La chaîne d’union , quelle émotion !

o La chaîne dans l’islam : on y évoque la chaine initiatique de transmission qui remonte au prophète.

o La chaîne dans les représentations populaires : citons le poème de Paul FORT, à travers l’extrait suivant : « Si tous les gars du monde voulaient se donner la main, ça pourrait faire une belle ronde, tout autour du monde ».

o Le rôle du scoutisme dans la pratique de la chaîne d’union : créé en 1907 par Lord Robert Baden-Powell (1857-1941), ce mouvement de jeunesse a eu une importante progression mondiale. La pratique de la chaîne d’union par les jeunes scouts de tous les pays a très fortement contribué à sa popularité.

o La chaîne d’union dans le sport : tous les sports sont concernés mais peut-être que le rugby la pratique plus spontanément.

La chaîne d’union en franc-maçonnerie :

L’expression « chaîne d’union » semble être une expression typiquement maçonnique bien que sa réalité se retrouve dans d’autres traditions comme on l’a vu dans les paragraphes qui précèdent.

La première description maçonnique de la chaîne d’union semble apparaître en 1696 dans ces lignes du Manuscrit des archives d’Edimbourg qui fait allusion à la transmission des mots secrets : «Mais pour (être) un maître maçon ou compagnon du métier, il y a plus à faire, et c’est ce qui suit. Tout d’abord tous les apprentis doivent être conduits hors de la compagnie, et il ne doit rester que des maîtres… Alors les maçons se murmurent l’un à l’autre le mot en commençant par le plus jeune… après quoi le nouveau maçon doit prendre la posture dans laquelle il doit recevoir le mot… Alors le maître lui donne le mot et il lui serre la main à la manière des maçons, et c’est tout ce qu’il y a à faire pour faire de lui un parfait maçon»

Il est question de la chaîne d’union dans les Constitutions d’Anderson (1723). Très exactement, dans la partie consacrée aux chants. De toutes les chansons publiées par Anderson, celle écrite par écrit par Matthieu Birkhead retient le plus l’attention, car elle accompagne la chaîne d’union qui interrompt momentanément le banquet. «Unissons-nous main dans la main / Pour nous tenir ferme / Soyons joyeux et montrons un visage radieux. »

James Anderson fait également référence au centre l’union : « Ainsi la Maçonnerie devient le « Centre de l’Union » et le moyen de nouer une amitié sincère entre des personnes qui n’auraient pu que rester perpétuellement étrangères ».

L’expression « chaîne d’union » en français est traduite par « chain of union » en anglais ; mais d’autres expressions s’y rapportent : par exemple « chain of brotherhood » (en allemand « die Weltbruderkette »).


o À quel moment ?

  • Le plus souvent, vers la fin d’une tenue
  • Après une initiation
  • Après la fermeture des travaux dans certaines loges (en particulier au rite émulation)
  • La chaîne d’union se pratique aussi lors d’un banquet rituel avec une gestuelle particulière utilisant les serviettes de table,
  • A l’occasion des obsèques d’un frère ou d’une soeur, soit lors d’une tenue funèbre soit au cimetière ou au funerarium

o À quel degré ?

Le plus souvent, uniquement au 1er degré pour les loges bleues, mais on pratique la chaîne d’union dans certains degrés au-delà du 3ème.

o L’animation de la chaîne d’union :

  • Le vénérable maître généralement
  • Le « chapelain » de la loge au rite Emulation
  • L’expert comme assistant

o La chaîne d’union c’est souvent en cercle autour :

  • du tapis de loge
  • du pavé mosaïque quand il n’y a pas de tapis de loge
  • ou de l’autel

o Quelle posture ?

  • Les corps droit, épaule contre épaule
  • Les mains : sans gants ; les mains nues symbolisent la pureté des sentiments.

· Pendues le long du corps

· Jointes à celles des frères et/ou sœurs voisins

  • Dans la chaîne courte

· L’avant-bras droit au-dessus de l’avant-bras gauche et la main droite au-dessus de la main gauche ;

· Les pieds à l’équerre, la pointe des chaussures joignant la pointe de la chaussure voisine ;

  • Dans la chaîne longue : on ne croise pas les avant-bras et on ne fait pas se toucher les pointes de pieds .


o Le silence du recueillement : C’est un élément fondamental de la chaîne d’union. Les frères et soeurs doivent reposer leur menton sur leur poitrine, fermer les yeux et se concentrer sur l’intention du Vénérable Maître, en restant silencieux et méditatifs.

o Les prises de parole : le contenu est très variable selon les rituels et les loges

  • La déclaration du VM : (exemple au GODF au Rite Français)

« Debout mes F… et unissons nos mains suivant la forme rituelle !

Que nos cœurs se rapprochent en même temps que nos mains ; que l’Amour fraternel

unisse tous les anneaux de cette Chaîne formée librement par nous. Comprenons la grandeur et la beauté de ce symbole ; inspirons-nous de son sens profond. Cette Chaîne nous lie dans le temps comme dans l’espace ; elle nous vient du passé et tend vers l’avenir. Par elle, nous sommes rattachés à la lignée de nos ancêtres, nos Maîtres vénérés qui la formaient hier; par elle, doivent s’unir les Francs-Maçons de tous les rites, de tous les pays. Enrichissons-la de nombreux et solides anneaux de pur métal et, élevant nos esprits vers l’idéal de notre Ordre, efforçons-nous de rapprocher tous les hommes par la Fraternité.»

À la fin du recueillement : Le VM dit : « Francs-Maçons, étendons la main droite. Promettons de conserver les uns pour les autres la plus fraternelle affection et de travailler sans relâche à réaliser la Fraternité universelle. »

Ce à quoi, le Grand Expert répond : « Au nom des Francs-Maçons assemblés dans ce Temple, je le promets. ».

Puis le VM termine en disant : « Je prends acte de votre promesse. Quittons la Chaîne et reprenez vos places. »

Autre exemple pour ce qui est dit dans une loge américaine de Virginie :

« Frères: Nous sommes maintenant sur le point de quitter cette retraite sacrée d’amitié et de vertu, se mélanger à nouveau avec le monde. Au milieu de ses préoccupations et de ses emplois, oubliez pas les devoirs que vous avez entendus si souvent inculqués et avec tant de force recommandés dans cette Loge. Rappelez-vous qu’autour de cet autel sacré, vous avez vous vous engagez solennellement à devenir ami et à soulager chaque frère qui aura besoin votre assistance. Vous avez promis, de la manière la plus amicale, de rappeler lui de son erreur, et aider à une réforme. Ces principes généreux doivent étendre un temple de pierres vivantes: Chaque être humain a un droit sur vos bons offices. Faire du bien à tout. Recommandez-le plus particulièrement à la maison des fidèles. Finalement, frères, soyez tous d’un même avis; vivre en paix; et que le Dieu d’amour et de paix se réjouit d’habiter et de vous bénir. »

o Le rôle de l’Expert

  • Sa place : à l’opposé du VM, entre les deux surveillants
  • La main levée de l’expert : le bras droit à l’équerre avec le corps, les doigts réunis, la paume de la main vers le sol

o Le chant : il n’est pas toujours présent

Le plus souvent c’est « Le chant des adieux » : adaptation française sur l’air, transcrit par le poète écossais Robert Burns en 1788 sous le titre d’Auld Lang Syne («Depuis longtemps» en scot) :

Faut-il nous quitter sans espoir,

Sans espoir de retour,

Faut-il nous quitter sans espoir

De nous revoir un jour

Refrain

Ce n’est qu’un au revoir, mes frères

Ce n’est qu’un au revoir

Oui, nous nous reverrons, mes frères,

Ce n’est qu’un au revoir

2e couplet

Formons de nos mains qui s’enlacent

Au déclin de ce jour,

Formons de nos mains qui s’enlacent

Une chaîne d’amour.

3° couplet :

Unis par cette douce chaîne

Tous, en ce même lieu,

Unis par cette douce chaîne

Ne faisons point d’adieu.

4° couplet :

Car l’idéal qui nous rassemble

Vivra dans l’avenir

Car l’idéal qui nous rassemble

Saura nous réunir.

o La fin de la chaîne d’union : « Briser la chaîne » : 3 mouvements des avant-bras vers le bas.

o Après la chaîne :

  • Retour sur les colonnes
  • Ou évacuation du temple.

o Signification : « Le but d’une chaîne d’union est de signifier et de valider l’unité incassable des frères par les liens de la fraternité. Dans cette charge particulière, tandis que les frères sont assemblés, on leur dit qu’autour de cet autel sacré, les frères assemblés en cercle forme une chaîne de l’union, solennellement liés l’un à l’autre. À la fin de la cérémonie, une recommandation leur est prononcée : «soyez tous d’un même esprit ». Dans cette phrase simple, une chaîne psychologique se forme pour renforcer la physique.» (traduction d’un rituel Emulation).

o La question de l’égrégore : la chaîne d’union peut provoquer une sensation de communion collective qui a été appelée « égrégore » et que certains interprètent comme une réalité mystique ; psychologiquement ce ressenti rentre dans le cadre des dépersonnalisations induites par la dynamique de groupe.

o Corde aux lacs d’amour : On fait parfois le lien entre la chaîne d’union et la corde à 13 nœuds (ou lacs d’amour) qui se termine à chaque extrémité par une houppe dentelée.

La pratique de la chaîne d’union dans les loges aux USA – suite de l’article

Symbolisme de la chaîne d’union maçonnique

D’une façon générale la chaîne d’union est un élément d’un rituel qui comprend :

  • Un officiant et un assistant
  • Un groupe d’êtres humains réunis en cercle autour d’un objet symbolique (parfois absent) ou du corps d’un défunt,
  • Parfois l’union des mains nues pouvant être continue ou discontinue
  • Le silence du recueillement et/ou de la prière,
  • Un chant parfois absent.
  • Une prédication qui édicte une conduite.

Ce rituel renvoie à plusieurs symbolismes :

  • La chaîne ou la corde
  • L’or
  • le cercle, l’anneau
  • Le nœud
  • L’équerre
  • Le fil à plomb
  • Le sel.

Par rapport au temps, le rituel de la chaîne d’union se déroule généralement avant une séparation.

Le contenu symbolique :

o La dimension horizontale :

  • L’union fait la force : « Là où un homme seul est renversé, deux résistent, et le fil triple ne rompt pas facilement. » (Ecclésiaste 4:12).
  • La fraternité
  • L’amitié
  • La fidélité

o La dimension verticale :

  • La chaine d’union renvoie à la problématique du lien entre les plans terrestre et céleste
  • Le devoir mémoriel
  • Le lien entre les vivants et les morts

o Fonction annexe de la chaîne d’union : elle permet la transmission des mots de semestre aux seuls frères de la loge.

o Signalons l’existence d’un « Order of the Golden Chain » aux Etats-Unis créé en 1929.

Pour un enrichissement contemporain de la pratique du rituel de la chaîne d’union

Dans le vécu de chacun aujourd’hui, le stress est un facteur qui peut perturber la démarche initiatique. Les découvertes de la fin du XXè siècle concernant les vertus de la méditation devraient nous inciter à l’incorporer dans le rituel maçonnique. La méditation de pleine conscience ou Mindfulness, inventée par Jon Kabat-Zinn est une technique qui consiste à focaliser pleinement son attention sur le moment présent et à analyser les sensations ressenties ; associée à une respiration ventrale, elle apporte une amélioration de la fonction cérébrale. Il suffirait d’augmenter le temps consacré au recueillement dans le timing de la chaine d’union pour apporter à celle-ci un élément méditatif supplémentaire qui la potentialiserait.

Conclusion :

Le rituel de la chaîne d’union en franc-maçonnerie a trois spécificités :

  • Renforcer la fraternité qui unit les frères et soeurs de la loge, présents, absents et futurs, (dimension horizontale)
  • Rappeler la nécessaire spiritualité qui justifie cette fraternité, (dimension verticale)
  • Motiver les frères et sœurs présents dans leur devoir d’engagement.

C’est une pratique rituelle qui tend à disparaître, en particulier dans les loges anglo-saxonnes ; d’une part parce qu’elle est souvent considérée comme une formalité qui allonge le temps de la tenue et d’autre parce qu’elle n’est pas toujours prise au sérieux et se trouve plus ou moins bâclée sans parler du folklore de la transmission des mots. C’est dommage car elle a un sens profond et une fonction, qu’elle seule remplit.

C’est une composante des rituels maçonniques qui mériterait d’être enrichie en transformant le temps du recueillement en temps de méditation, avec toute la méthodologie que l’on doit pratiquer pour en tirer le bénéfice escompté.

Pour terminer cette planche, je vous propose un poème que la pratique de la chaîne d’union m’a inspirée (il constitue les paroles du Chant pour la Fraternité, interprété par Graziella Bertero sur une musique de Christine Jeandroz) :

La chaîne d’union

Partout, on la retrouve,

Avec ou sans nœuds !

Les corps s’approchent,

Les mains se joignent,

Silence et recueillement.

Une voix s’élève !

Un chant poursuit,

Les cœurs battent.

Paupières humides,

Tristesse et Joie,

Tout se mêle !

Dans le désert,

Ou sous les ors,

Au théâtre

Ou dans la loge,

Dans l’église ou la mosquée,

La chaîne relie les cœurs

Et éloigne les peurs !

PS : Je suis particulièrement reconnaissant à Christine Jeandroz et à Graziella Bertero d’avoir composé la musique et interprété ce chant. C’est un grand honneur qu’elles m’ont fait ! Avec solennité et conviction elles ont su répondre à mon attente ! Que ce chant soit un moment de bonheur pour toutes et tous sera mon salaire !

Bibliographie :

Le symbolisme de la chaîne d’union par Marcel Spaeth – Editions Detrad, 2001

– Entering the chain of union par Timothy Hogan – 2012

– La chaîne d’union par Jean Onofrio , Editions MdV, collection « Les symboles maçonniques », 2013

Trabajos masónicos de referencia II: De la era de Newton al filosofismo masónico actual: cuatro siglos de Cadena de Unión de VV. AA. – 2019

Quelques ressources du web :

https://www.isel-europe.org/chain-of-union-romania

https://fr.qaz.wiki/wiki/Gardiner%27s_sign_list#V._Rope,_fiber,_baskets,_bags,_etc.

http://www.lecompagnonnage.com/?+-Chaîne-d-Alliance-

https://fr.scoutwiki.org/Chant_des_adieux

https://www.persee.fr/doc/rhr_0035-1423_1947_num_134_1_5598

https://www.ledifice.net/3005-Q.html

http://www.ordoabchaos.net/pages/la-chaundefinedne-d-union.html

http://www.freemasonryresearchforumqsa.com/theformofthelodge-thechainofbrotherhood.php

Remerciements à notre frère André KERVELLA pour avoir répondu à nos questions. Plus d’infos sur André Kervella

Théorie : La franc-maçonnerie dans Harry Potter

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Tout a commencé en décembre 2019. On nous a contactés pour que La Plume de Poudlard fasse une conférence à propos de liens entre Harry Potter et la franc-maçonnerie lors d’un rassemblement des Francs-maçons…

Notre premier réflexe a été de commencer par faire des recherches mais… Personne n’avait traité le sujet. Probablement parce qu’il n’y avait pas de sujet ? Pourtant en étudiant ce monde, et grâce à certains informateurs faisant partie de cette confrérie, nous avons découvert que celui d’Harry Potter était bel et bien lié à la franc-maçonnerie.

Eloge des inégalités

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Nous avons en commun avec la République la devise « Liberté, Egalité, Fraternité ». Mais curieusement la liberté et la fraternité peuvent se mettre au pluriel : les libertés ou les fraternités. Pour l’égalité c’est plus compliqué. L’égalité est un principe qui ne souffre pas le pluriel. C’est une notion qui semble une et indivisible. L’emploi du pluriel nous gêne car il semble affaiblir le principe. Mais si on entre dans le concret, l’unité se dissout dans le multiple. 

L’égalité morale portant sur la dignité, le respect, la liberté.

L’égalité civique devant la loi.

L’égalité sociale qui cherche à égaliser les moyens ou les conditions d’existence.

L’égalité politique qui porte sur le gouvernement de la cité.                                          

L’égalité des chances qui nous met sur la même ligne de départ sachant que nous n’arriverons pas tous en même temps. Et sur tous ces sujets, on peut distinguer l’égalité formelle de l’égalité réelle. Bref, comme dirait l’humoriste, si nous sommes tous égaux, il y en a qui sont plus égaux que les autres.

Et pourtant, face au principe d’égalité, nous ne rencontrons aucune difficulté à parler d’inégalités multiples. Imagine-t-on un principe unique dont le contraire serait multiple ?
Et si l’égalité s’oppose à l’inégalité ou aux inégalités, alors le franc-maçon se devrait de combattre les inégalités. Nous savons toutefois que les mots sont souvent des pièges et qu’il ne faut pas « prendre les mots pour des idées ». C’est donc d’un point de vue maçonnique que nous avons à réfléchir.

Le franc-maçon peut et doit adhérer à des principes qu’il s’est librement donné.
Il est là pour vivre selon des valeurs et pour être dans sa vérité.

La différence entre principe et valeur mérite d’être soulignée. Bien sûr, chacun peut avoir sa définition et je vais en formuler une.

Liberté, Égalité, Fraternité
Liberté, Égalité, Fraternité

Un principe est souvent une affirmation première dont d’autres peuvent être déduites et qui ne peut être déduite d’aucune autre. Par exemple, du verset « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lévitique XIX, 18) se déduisent toute la Loi et toute la morale (Mattieu XXII, 40). Quand nous parlons de Grand Architecte de l’Univers, il s’agit d’un principe créateur et organisateur. Il est celui dont tout découle, la source de ce qui est. « Il est la cause sans cause, sans preuve et sans prêtre », pour citer Raymond Abelio.

Une valeur est ce que notre raison autant que notre intuition posent comme étant le plus digne d’estime dans l’ordre social, esthétique ou moral : le Bien, le Beau, le Vrai, la Justice, etc… Les valeurs servent de repères à la conscience pour juger les actes, les œuvres ou les événements. Elles s’organisent en systèmes, auxquels se réfèrent les groupes sociaux pour définir ce qui est louable et ce qui est blâmable.

C’est donc de valeurs dont nous allons parler et de l’égalité et des inégalités comme valeurs. Il est vrai que la notion d’égalité dans le monde profane est une source de débats infinis.

La notion sur laquelle il ne doit y avoir aucun débat, que ce soit dans le monde profane ou dans nos temples, c’est l’égalité ontologique des l’homme. Tous les hommes sont égaux en dignité quelles que soient toutes leurs autres particularités physiques, intellectuelles, philosophiques, spirituelles ou religieuses. C’est le service minimum de l’humanisme maçonnique. Mais au-delà de cette égale dignité, en quoi l’égalité est une valeur maçonnique ?

Il devient difficile de séparer la valeur maçonnique de la valeur profane. L’une de nos formules rituelles nous enjoint « en toute chose préférer la vérité et la justice ». C’est peut-être à l’aune de notre conception de la Justice que nous devons nous poser la question de l’égalité ou de son contraire l’inégalité. Car la justice est une notion plurielle et complexe.

  • Il y a la justice universaliste qui se préoccupe plutôt de l’égalité des droits mais qui laisse de côté des inégalités de situation.
  • Il y a la justice différentialiste qui se préoccupe plutôt de l’égalité des chances, mais qui ne règle pas les inégalités de situation.
  • Il y a la justice correctrice qui se préoccupe plutôt de corriger des inégalités de situation mais qui introduit une inégalité des droits.

La justice renvoie donc à une définition de différents types d’égalités et de proportions dans lesquelles elles doivent être appliquées. Il n’y a pas de conception de la justice sociale qui soit intrinsèquement supérieure aux autres. Cela dépend essentiellement du corpus de valeurs dont nous sommes porteurs.

Si l’on suit John Rawls un des géants de la philosophie politique du XXème siècle et sa « Théorie de la justice », il y a des inégalités injustes, mais aussi des inégalités justes.
Nous savons bien qu’il peut y avoir un intégrisme égalitaire qui transforme la notion d’égalité en égalitarisme. On passe insensiblement de la notion de valeur à celle d’idéologie.

Si l’on se réfère à l’étymologie latine, « equitas » et « equalitas », ont la même racine.
Ces mots sont frères et sœurs, mais aussi parfois frères et sœurs ennemis. Cela a donné lieu à un dialogue musclé entre Platon et Aristote.                                                                       

Pour Platon, « il n’y a pas de choses égales, il n’y d’égal que l’égal ». Il n’y a pas de choses justes, il n’y a que « le juste en soi. »          

Aristote critique Platon et invite à la raison pratique. Il faut distinguer l’égalité arithmétique et l’égalité géométrique. Par exemple, le traitement des files d’attentes aux urgences.

  • Egalité arithmétique – Le premier arrivé sera le premier servi
  • Egalité géométrique – On va discriminer selon l’urgence

Si la loi n’est pas la même pour tous, elle est injuste. Mais si la loi est la même, comme les situations sont particulières, alors un traitement égalitaire conduit à une forme d’injustice. Mais ce sera peut-être un autre développement ou l’on verra que les inégalités ne peuvent pas être condamnables et sont même souhaitables.

L’origine des pierres de Stonehenge enfin découverte

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De notre confrère connaissancedesarts.com – Par Agathe Hakoun

Après plusieurs analyses, les archéologues ont annoncé avoir découvert l’origine des mégalithes de Stonehenge, classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Ces pierres monumentales viendraient du bois de West Woods, à 25 km du célèbre site néolithique britannique.

Il est l’un des sites archéologiques les plus fascinants de la planète et, pourtant, beaucoup de mystère plane encore autour de son histoire. Stonehenge, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, vient de révéler un de ses nombreux secrets. L’énigmatique monument, érigé en deux vagues de construction il y a 5 000 et 4 500 ans dans la plaine de Salisbury au Royaume-Uni, a fait l’objet d’une étude dont les résultats ont été publiés la semaine dernière (29 juillet) dans un article de la revue « Science Advances ». Les archéologues y annoncent la découverte de l’origine des mégalithes.

La fin d’un débat de plus de quatre siècles entre les scientifiques

Cela faisait plus de quatre siècles que les archéologues et les géologues débattaient sur l’origine de ces pierres. Le site de Stonehenge présente deux types distincts de dalles en demi-cercle : des petites pierres bleues et des blocs de grès de 9 mètres de long, également appelés des pierres de sarsen. Si les scientifiques ont retrouvé la trace du premier type dans les collines de Preseline, dans le sud-ouest du Pays de Galles, à 200 km du site, ils ignoraient encore l’origine du second. Initialement, ces mégalithes étaient au nombre de 80 et érigés en arcs carrés. Aujourd’hui, il n’en reste que 52 qui forment l’architecture principale de Stonehenge.

Pour découvrir l’origine de ces gigantesques pierres, une équipe de chercheurs, menée par David J. Nash de l’université de Brighton, a analysé les éléments présents dans les roches pour identifier leur composition chimique. Géochimie, spectrométrie de fluorescence X, spectrométrie de masse à plasma à couplage inductif, spectrométrie d’émission atomique… Toutes les données obtenues ont permis de conclure que la majorité des pierres de sarsen ont la même composition chimique et proviennent des environs de West Woods, situé dans le comté de Wiltshire, à seulement 25 km au nord du célèbre site néolithique. Surplombant la vallée du Kennet, ce bois du 6 km² contenaient autrefois une forte concentration de sarsen, dont la plupart des pierres ont été brisées et enlevées à partir du XIXe siècle.
A 360° View of Stonehenge
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Une découverte réalisée grâce à un échantillon retrouvé

Les scientifiques n’auraient pas pu obtenir ces précieux résultats sans la redécouverte d’une carotte complète de la pierre numérotée 58. En 1958, lors d’un programme de restauration à Stonehenge, trois monolithes tombés en 1797 ont été à nouveau érigés. Pour conserver certaines pierres, comme la 58, des trous horizontaux ont été percés et des carottes de forage ont été récupérées. Considéré comme perdu depuis la fin du chantier, en 2018 un échantillon complet, de 1,08 m de long pour 25 mm de diamètre, de la pierre 58 a été renvoyé au Royaume-Uni après un séjour de plusieurs décennies aux États-Unis chez Robert Phillips, un ancien tailleur de pierre qui était sur place pendant les opérations de forage. Avec l’autorisation de l’English Heritage, l’association qui gère le site de Stonehenge, un fragment de 67 mm de long de l’échantillon a été donné aux chercheurs afin de les analyser. Cette carotte de forage a notamment permis l’obtention des signatures chimiques à haute résolution, essentielles pour déterminer la provenance du mégalithe.

À présent, des recherches archéologiques et des échantillonnages de sarsen plus précis vont être mis en place à West Woods pour restreindre la zone et identifier la fosse d’extraction préhistorique précise de Stonehenge. Si on ignore la raison pour laquelle les bâtisseurs du site ont utilisé le sarsen de West Woods, David J. Nash et son équipe suggèrent que la taille et la qualité des pierres présentes là-bas y sont certainement pour quelque chose.

Pour rappel, chaque année, des milliers de personnes, adeptes du druidisme, amoureux de la Nature ou simple touristes, se retrouvent à Stonehenge pour célébrer le solstice d’été et perpétuer la mémoire de ce lieu dont la fonction précise continue d’échapper aux chercheurs.