Le vendredi 16 septembre 2022, une conférence-débat organisée à l’initiative de la Loge terrifortaine “Ouverture et Fraternité” du DROIT HUMAIN se tiendra dès 18h à la Maison du Peuple située 1, place de la Résistance à Belfort.
Amande PICHEGRU, Grand Maître National de la Fédération française du DROIT HUMAIN s’exprimera sur la thématique des “Voyages en mixitéS” au sein de l’Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN.
“Ici tout est symbole. Demande et on te répondra” nous dit le rituel d’initiation du DROIT HUMAIN…Le débat est donc ouvert avec Amande PICHEGRU ce vendredi 16 septembre à Belfort. Un verre de l’amitié clôturera cet évènement.
De notre confrère elnacional.com – Mario Munera Muñoz PGM
Dans ce plan physique que nous habitons, nous remplissons une mission qui, parce que notre état de conscience est voilé, ne nous permet pas de connaître notre objectif dans ce cycle de vie, mais nous avons tacitement dans notre être que nous devons faire quelque chose pour accomplir un but qui est basé sur lui : ce que je veux être et ce que je devrais être. Notre roue du Karma et du Dharma tourne sur ces deux prémisses, qui sont des énergies qui se manifestent dans le cycle de la vie, et qui à travers les cycles rendent notre évolution spirituelle possible (croyances du bouddhisme et de l’hindouisme).
Tout d’abord, définissons ce que chacun des deux termes signifie : Karma, avec lequel justice est rendue pour chaque acte de l’être humain, est la loi de cause à effet, c’est la cause et ses résultats. C’est la loi que tout a son retour et que les conséquences de vos actions, bonnes ou mauvaises, sont perçues. le dharma, ou existence cyclique, serait le chemin correct vers une vie spirituelle élevée, dans laquelle le Maître Bouddha nous enseigne les Quatre Nobles Vérités et l’octuple chemin pour mener correctement ce chemin vers la transcendance de la raison et du plan physique : « Premièrement, la vie implique « la souffrance », elle est inhérente à l’existence humaine, à la vieillesse, à la maladie, à la mort et aux désirs. Deuxièmement, la cause de la souffrance est « les désirs, l’ignorance, l’anxiété, la haine, la jalousie, l’égoïsme, l’hypocrisie, l’attachement et l’incertitude ». Troisièmement, « la souffrance est temporaire », c’est comme un nuage qui obscurcit notre chemin à travers ce plan, mais il passe, il est basé sur le détachement, l’élimination des désirs, l’attachement, etc., la cessation de la « souffrance » est le « Nirvana » , pleine spiritualité. Quatrièmement, vivre éthiquement.
Maître Bouddha propose le « Chemin Octuple », qui mène à l’élimination de la souffrance, vers l’éveil, vers la plénitude spirituelle. Le chemin qui mène aux huit branches, le « Chemin Octuple :
1- Le Discernement Juste, la meilleure façon d’être juste c’est de ne pas juger son prochain, il faut d’abord être inquisiteur (recherche de la vérité), il faut être compatissant et entente.
2- Forger des fins nobles, c’est différent de proposer un but, qui est la souffrance, à un but noble qui donne la vie spirituelle, et ne donne pas de souffrance, se sentir utile, servir des activités nobles.
3-Soyez honnête et prudent dans la parole. En tant que maîtres maçons, nous savons et comprenons que la parole est constructive, mais c’est aussi une arme à double tranchant : elle détruit. Quand le mot exprime la Lumière, c’est comme le parfum d’un parfum de rose pour le monde.
4-Ne pas nuire ou dépasser. Ne fais pas ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse (Confucius). Personne ne peut être heureux, s’il blesse avec le mot.
5-Gagner sa vie, grâce à l’effort. Le travail cimente la dignité, transforme l’être humain, c’est une façon de servir, même s’il est rémunéré, l’important est que vous ne nuisiez pas aux autres avec votre travail.
6-Cultivez la vertu. « La vertu est l’effort qui domine les passions, pour qu’elle existe il faut qu’il y ait lutte, volonté. C’est l’intégrité d’esprit et la bienveillance au profit de l’humanité » (R. de A).
7-Observation ouverte, attention. Nous devons faire attention à notre façon d’agir. La voie initiatique a « l’Attention » comme l’une de ses bases, une personne sans méfiance et naïve est une proie facile pour les basses passions. Voici venir la phrase qui se trouvait à l’entrée du Temple de Delphes en Grèce : « Connais-toi toi-même », Cela fait partie de l’Attention.
8-Apprenez à calmer l’esprit. Lorsque l’esprit est emporté par les émotions et les désirs, il perd de sa puissance. La pratique de l’Octuple chemin nous conduit à la sagesse et à la transcendance de la raison. Il nous conduit à l’harmonie avec notre cœur. Dans le but de la vie, nous avons dit que les entités sont : ce que je veux faire et ce que je dois faire. « Ce que je veux faire » est couvert de malheur, car l’anxiété du progrès et de la réalisation des objectifs est inévitable, ce qui, comme les désirs, ne sont jamais satisfaits : il y a toujours quelque chose de mieux devant nous.
Cet avion est une mer de compétition, qui est le meilleur, le plus grand et le dominant. Dans toutes les facettes de la vie. Nos ressources physiques et mentales sont limitées, nous ne sommes donc pas complètement satisfaits de tout. Quand je fais ce que je « dois faire », c’est que j’ai un équilibre entre le cœur et le cerveau. Je suis indifférent à l’orgueil et indifférent à l’humilité. Je travaille pour le bien de tous sans exclusion.
Quand j’agis avec ce « je dois faire » il n’y a pas de souffrance, j’agis en tant que service, sans compétition et sans angoisse. Si ce que je fais ne fonctionne pas, cela m’aide à grandir. Pour faire ce que je dois faire, je dois d’abord être détaché, et deuxièmement, être détaché. Quand je suis libéré des dogmes, du fanatisme, des ambitions démesurées, des hypocrisies, je suis sur le chemin de ce que je dois faire. La Vérité et ce que je dois faire sont sujets au détachement.
Le blason de l’Université pédagogique d’État russe Herzen représente une scène terrifiante : un pélican déchire sa poitrine et, mourant, nourrit ses enfants, petits pélicans gourmands, avec sa propre chair. On dit aux étudiants qu’il s’agit d’un symbole de sacrifice pédagogique envers leurs élèves. Devenus enseignants, les diplômés diffusent ces informations, les introduisant dans l’esprit des écoliers. Mais les « savants« , bien sûr, comprennent qu’il s’agit en réalité d’un terrible symbole maçonnico-rosicrucien, signe d’alchimistes et de théurgistes spiritualistes.
Et tu sais quoi ? En fait, les deux ont raison.
Commençons par le début, c’est-à-dire avec des « bestiaires » médiévaux, des descriptions d’animaux, n’ayant pour la plupart rien à voir avec la réalité, mais très fantasmagoriques, curieuses et instructives.
Le pélican était décrit dans les bestiaires comme un oiseau qui, en cas de faim, déchire sa poitrine et nourrit ses poussins en se sacrifiant.
Il semble que l’image soit née du fait que chez certaines espèces de pélicans, les plumes de la poitrine de la femelle sont parfois colorées en rouge.
Le célèbre théologien médiéval Thomas d’Aquin a probablement été le premier à comparer le sacrifice d’un pélican au sacrifice expiatoire de Jésus-Christ. En conséquence, le pélican est devenu un élément commun de l’héraldique et du symbolisme chrétien. Rappelons simplement que le christianisme fait du pélican le symbole du sacrifice, du martyr et de la résurrection, comparant l’oiseau au Christ se sacrifiant pour la rédemption des pécheurs. Il symbolise également pour les chrétiens l’amour paternel qui ne recule devant aucun sacrifice.
Les bestiaires étaient largement utilisés non seulement par les théologiens et les chevaliers médiévaux, mais aussi par les alchimistes et les magiciens de la Renaissance. Ils aimaient se référer au prototype antique tardif des bestiaires médiévaux « Physiologue » (II-III siècles av. J.-C.).
Dans un sens alchimique, le pélican se déchirant la poitrine est devenu un symbole des Rose-Croix. Qui sont-ils ? Au début du XVIIe siècle, plusieurs manifestes sont apparus dans lesquels un groupe de magiciens et de sages ont déclaré leur existence, ce qui est apparu grâce à un certain chevalier médiéval Christian Rosencreutz, qui s’est rendu en Terre Sainte et a uni les connaissances mystiques de l’Orient et de l’Occident. Apparemment, les manifestes rosicruciens étaient à l’origine un canular de plusieurs intellectuels. Mais ils ont fait une forte impression sur les contemporains.
En conséquence, des groupes occultes apparaîtront de temps à autre en Europe pendant plusieurs siècles, prétendant être les mêmes mystérieux Rosicruciens. Au milieu du XVIIIe siècle, les « successeurs » suivants se sont déclarés être de vrais Francs-maçons dans le sens où la Franc-maçonnerie a été créée précisément par les rosicruciens, mais seulement imitée en tant que maçons.
La Franc-maçonnerie domestique a réagi à cela de différentes manières. Certains ont accepté sans condition de mystifier les frères des degrés symboliques avec des histoires sur les maçons, et seulement dans les plus hauts, après avoir effectué une sélection importante, leur révéler la vérité sur les Rose-Croix. Ces Francs-maçons ont eu de la chance : bien qu’ils fussent minoritaires, c’est d’eux que fut conservé le plus grand nombre de documents, ce sont eux qui ont été les mieux étudiés, ce sont eux qui ont fait le plus autorité sur les mystiques maçonniques : c’est le célèbre éditeur et dissident de l’époque de Catherine II Novikov, qui était assis dans la forteresse Pierre et Paul et à Shlisselburg, il s’agit de Alexander Labzin (1766–1825), figure de proue des Lumières russes qui a développé un système mystique idiosyncrasique et a fondé une loge maçonnique influente à Saint-Pétersbourg , The Dying Sphinx. Labzin en est le Vénérable Maître. Cette loge maçonnant à l’Orient de l’île Vassilievski, et de Pozdeev, le prototype du maçon-mentor Pierre Bezukhov de Guerre et Paix.
Le « résurrecteur » suivant du rosicrucianisme fut Papus, un magicien qui évoqua pour Nicolas II l’esprit de son père à Tsarskoïe Selo en 1905 et créa en fait une école occulte en Russie au début du XXe siècle, qui, comme toujours, prétendait être « la vraie Franc-maçonnerie ».
D’autres Francs-maçons ont simplement incorporé le rosicrucianisme comme un ou plusieurs de leurs diplômes, comme la « Franc-maçonnerie française », qui comprenait, par exemple, A. S. Stroganov, le propriétaire du palais Stroganov sur Nevsky Prospekt et le laboratoire alchimique qu’il contient (et aussi le créateur du bœuf Stroganov, recette traditionnelle de la cuisine russe) ou DPSHU, selon lequel la majorité des maçons domestiques modernes « travaillent« , y compris à Saint-Pétersbourg.
Yuri Nezhinsky: « À propos des vrais pélicans » – Candidat en sciences historiques, auteur de livres et de cours d’histoire, de critique d’art, d’études culturelles sur le symbole du sacrifice pédagogique
Une autre chose est que vous ne trouverez pas le pélican rosicrucien sur les façades et même à l’intérieur des bâtiments de Saint-Pétersbourg. Mais celle « traditionnelle », liée au thème du sacrifice, est très courante. Et sur la façade du bâtiment principal de l’Université Herzen, à l’origine une maison d’enseignement, et à l’intérieur du bâtiment du conseil d’administration de l’orphelinat de Kazanskaya, 7.
Comme notre chroniqueur Didier Monin l’annonçait le 16 août dernier https://bit.ly/3R1QMl8la la conférence publique, dans le cadre des Tenues d’été organisées, comme chaque année, par les Loges parisiennes « Esperanto » N° 454, « Jean Scot Érigène » N° 1000, Loge d’Études et de Recherche, et « L’Étoile » N° 1001 recevaient le Grand Maître de la Grande Loge de France, le Très Respectable Frère Thierry Zaveroni.
Une vue de l’Occident – à l’origine, en 1840, une maison de moines franciscains
En conférence publique, comme c’est l’usage depuis 38 ans qu’existent les Tenues d’été. Mais quelle conférence ! Plus de 400 personnes – initiés et profanes – en présentiel, un second temple, le Franklin Roosevelt, équipé pour une éventuelle vidéo transmission en direct, et plus de 110 en distanciel, ayant la possibilité de poser aussi des questions… C’est ce qui s’appelle, en toute modestie, un très beau succès.
Le triangle à l’Orient
Si cette intervention clôture lesdites Tenues, beaucoup reconnaissent qu’elle ouvre la rentrée maçonnique.
Le pavé mosaïque du grand temple
Nous en voulons pour preuve la présence du tout Paris maçonnique. Avec notamment une forte participation féminine dont celle de plusieurs Grandes Maîtresses de la Grande Loge Féminine de France. Mais aussi de très nombreux jeunes, filles et garçons.
Grand temple Pierre Brossolette*, à l’heure dite (20 heures) et suivant le rituel en usage à la GLDF – entrée du Vénérable Maître, en l’occurrence celui de la Loge « Esperanto », puis entrée en cortège du Grand Maître –, l’assistance écouta avec attention le discours du TRF Thierry Zaveroni
sur « Actualité de la Tradition ».
Au-delà des définitions de ces deux termes en puisant dans leurs étymologies mais aussi dans son expérience personnelle tant civiles que maçonniques après 39 ans de Maçonnerie, des mots forts ont ponctué le discours du Grand Maître : Tradition, se construire, acquérir des valeurs, savoir écouter l’autre, rejoindre une Fraternité afin de s’enrichir au travers des autres et de leurs espérances, transmission, l’importance de l’intergénérationnel, porter dans le monde profane les valeurs dont le maçon a fait l’acquisition, etc.
Le TRF Thierry Zaveroni, Grand Maître
Un message aussi vers les profanes. Enfin, la parole circula pendant plus d’une heure…
Un pot fraternel a donné l’occasion de poursuivre les fructueux échanges, notamment avec les profanes. Un stand dédié à la revue de la GLDF Points de Vues Initiatiques (PVI). Sur cette même table étaient proposées deux dépliants. L’un, à considérer comme plaquette de l’Obédience, remarquablement bien construite – institution, rite, positionnement, fondements, culture, histoire, cheminement, etc. -, l’autre , sous forme de triptyque, comme une invitation a rejoindre la GLDF – devenir franc-maçon – et ses valeurs qui sont, notamment, Tradition-Spiritualité-Humanisme.
* Pierre Brossolette Nous reproduisons le texte de la plaque commémorative situé sur le parvis du grand temple.
Pierre Brossolette (1903-1944) Ancien élève de l’École normale supérieure, Agrégée d’histoire, Journaliste et homme politique.
Plaque commémorative à la mémoire de Pierre Brossolette
Maître Maçon initié le 23 juin 1927 par la Respectable Loge Émile Zola
Héros et martyr de la Résistance française
« Homme de parole, porteur et défenseur d’idées liées à la défense et à et la promotion des valeurs démocratiques, à la pratique de l’esprit de tolérance, imprégné de toute la culture qui a fondé notre identité nationale et celle de la République, soucieux des valeurs qui tendent à assurer la construction de l’Homme à travers la pratique maçonnique.
Tel fut le Frère Pierre Brossolette.
Homme de parole, qui devant l’imposture, le caractère criminel nécessaire du nazisme et la permissivité des démocraties chancelantes sut dénoncer les faiblesses et les abandons, susciter l’esprit de redressement.
Tel fut encore le Frère Pierre Brossolette.
Homme de sacrifice, qui pour être sûr de demeurer à sa parole, à son éthique, à la France, à ses Frères, sut choisir la mort délibérée.
Tel fut enfin et par-dessus tout, le Frère Pierre Brossolette. »
Sceau de la Grande Loge de France
Hubert Germain, Compagnon de la libération, Grand Maître honoris causa de la Grande Loge de France
La Grande Loge, rue Puteaux à Paris dans le 17e arrondissement, connue pour être « la rue des francs-maçons »
Jacques de Molay, né dans le village haut-saônois, fut le 23e et dernier maître de l’ordre du Temple, milice religieuse et militaire issue de la chevalerie chrétienne du Moyen Âge. À l’époque, les Templiers protégeaient avec difficulté les terres du roi Philippe le Bel et enchaînaient les défaites. Échouant également à imposer l’ordre dans l’échiquier politique et religieux, il est arrêté en 1307 sur ordre du roi pour hérésie et pratiques obscènes. Le pape Clément V soutiendra Jacques de Molay un temps avant de retourner sa veste et se ranger aux côtés de Philippe le Bel.
« Pape Clément ! Roi Philippe ! Avant un an, je vous cite à comparaître devant le tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment. Maudits ! Maudits ! Soyez tous maudits jusqu’à la treizième génération de vos races ! »
lancera Jacques de Molay à ses bourreaux du haut de son bûcher en flammes, le 19 mars 1314. L’exécution dramatique de Jacques de Molay inspirera de nombreuses légendes et histoires autour de la malédiction lancée contre Philippe le Bel et Clément V. La plus célèbre est la suite romanesque Les Rois maudits (1955 à 1977), de Maurice Druon.
450.fm apporte sa contribution à l’article de notre consœur Laure Arnoux.
Une visite de la maison natale de Jacques de Molay, à Molay (Haute-Saône), par Yonnel Ghernaouti.
CPA de Mme Christine Chadeyron – Maison natale de de Molay avant l’incendie de 1930
Retour sur un moment de pur bonheur !
Le village de Molay
Molay est une commune située dans le département de la Haute-Saône, en région Bourgogne-Franche-Comté qui, depuis 1989, participe au concours des « Villages Fleuris ».
Le village de Molay est situé dans la très pittoresque vallée de la Rigotte avec une altitude moyenne de 278 m au pied de la « montagne de La Roche » dont le sommet culmine à 426 m.
La Rigotte prend sa source dans le village de La Rochelle situé en amont à 319 m d’altitude et se perd juste au-delà de la limite du département limitrophe de Haute-Marne, quelques kilomètres plus loin.
Le village est protégé des vents du nord par la colline de Laître (336 m) sur laquelle se trouve l’église comtoise du XVIIIe siècle, commune à trois villages (La Rochelle, Cintrey et Molay).
Au sud, Molay est dominé par le massif de La Roche et en particulier par la « Pierre Qui Vire » ou le « Pain de Beurre », rocher imposant qui offre un panorama grandiose vers les Vosges et sur le village. L’appellation de « Pierre Qui Vire » résulte sans doute d’une confusion qui s’est progressivement installée avec un mégalithe situé dans la forêt en contrebas du « Pain de Beurre ». Ce mégalithe, sans doute un dolmen, serait lui-même la « Pierre Qui Vire », nom communément donné à ces grosses pierres dont la légende dit qu’elles font un tour sur elles-mêmes tous les cent ans.
Lieu de naissance de Jacques de Molay, entre 1240 et 1250 naît au village
Il fut le 23e et dernier grand maître de l’ordre du Temple. Il a été élu à Chypre vers le 20 avril 1292. Il a été arrêté le vendredi 13 octobre 1307 et est mort sur le bûcher sur l’île aux Juifs à Paris le 18 mars 1314.
En 1425, le village de Molay est composé de Molay-La-Ville et de Molay-Laître. D’environ 1477 à 1678, la Franche-Comté (à l’époque comté de Bourgogne) et par conséquent Molay dépend de l’Espagne.
a eu lieu le dimanche 7 avril 2019, après avoir pris langue avec Mme Christine Chadeyron, Présidente de l’association Jacques de Molay 1314 et maire du village de 2007 à 2014, son époux étant le trésorier de l’association. Elle était accompagnée de M. et Mme H. Monsieur H. étant un ancien Frère de la GLNF et membre de l’Ordem Suprema Militar do Templo de Jerusalém, l’Ordre Souverain Militaire du Temple de Jérusalem (OSMTH), groupe d’ordres chevaleresques autoproclamés. En 2020, l’OSMTH et le SMOTJ ont été reconnus par l’Augustan Society comme confrérie religieuse de chevaliers. OSMTH et OSMTJ sont souvent appelés simplement les Templiers.
Elle estime le montant total des travaux à 1 million d’euros, souhaitant en cela, au-delà de la restauration de l’édifice, établir une sorte d’espace mémoriel et de musée-conférences.
Rappelons que la maison est supposée être celle du lieu de naissance du dernier grand maître de l’ordre du Temple. Elle fut détruite par le feu en 1930.
Nous gardon cependant un témoignage à travers les cartes postales anciennes. Nous adressons nous plus sincères remerciements à Mme Chadeyron pour nous avoir autorisés à reproduire ces cartes postales anciennes.
Des dispositions successorales sont prises pour faire en sorte que la maison ne tombe pas entre les mains de promoteurs ou autres associations pseudo-templières, voire, pire, de complotistes ou une association à dérive sectaire… La descendante d’une famille présente en Haute-Saône depuis 1306 est donc l’héritière de cette maison.
Après la visite de la maison et un repas pris en commun, nous sommes allés jusqu’au château du village de La Rochelle, dont le père de Jacques de Molay était vassal. Le château est propriété privé et ne se visite pas. L’édifice est inscrit au titre des monuments historiques en 1987.
En passant par la Bourgogne et la ville de Beaune…
La commanderie de Beaune est une commanderie du XIIe siècle fondée par l’ordre du Temple puis hospitalière à Beaune en Bourgogne (diocèse d’Autun, duché de Bourgogne). Le site est à ce jour une propriété privée. En 2019, nous avions aussi rencontré l’actuel propriétaire de lieux qui nous a fait partager ses souvenirs concernant ce lieu mémorable et mémoriel. Cette chapelle est dans sa famille depuis quatre générations et son arrière-grand-père, maraîcher, l’avait acheté au début du XXe siècle, avec un petit bout de terrain. La plaque commémorative a été posée après 1975, sans toutefois qu’il en est une idée précise (après la mort de son grand-père, alors qu’il était enfant, nous déclare-t-il),
Nous pensons qu’elle serait sans doute au musée dénommé « The Cloisters » (Les Cloîtres en français) qui est un musée américain, situé dans le quartier de Washington Heights au nord de l’île de Manhattan à New York. Il regroupe des cloîtres médiévaux européens et des collections d’objets médiévaux. Il est l’un des départements du Metropolitan Museum of Art.
C’est la chapelle où Jacques de Molay préta son serment de templier.
La chapelle St-Jacques dite Chapelle des Templiers fait partie des rares édifices de Beaune hérités du XIII e siècle. Située Faubourg St-Jacques, elle doit son nom à Jacques de Molay, futur grand maître de l’ordre des Templiers, qui y est initié en 1265 par Ymbert de Paray. À cette époque, les biens des Templiers de Beaune étaient importants. Ils possédaient des terres et des vignes “derrière Cluny”, dans tout le pays beaunois, l’arrière-côte et jusqu’aux confins du Morvan. À la chute de l’ordre, début XIV e siècle, la Chapelle héberge les Hospitaliers et reçoit les pestiférés jusqu’au XVII e siècle. Le culte y cessera en 1781. Au XIX e les biens seront morcelés entre plusieurs propriétaires.
Revenons sur la vie et le destin de Jacques de Molay (c. 1244-1314), maître de l’ordre de 1292 à 1312
L’absence d’archives correctes empêche de pouvoir localiser exactement le lieu et la date de naissance de Jacques de Molay. Néanmoins, des indications retrouvées dans les minutes du procès, dans les archives des royaumes européens de l’époque, nous permettent de penser que Jacques de Molay est né vers 1245 en Haute Saône, dans le Comté de Bourgogne, alors toujours vassal de l’Empire Germanique.
En 1265, il est reçu dans l’ordre à Beaune par Humbert de Pairaud, visiteur de France et d’Angleterre et par Amaury de la Roche, maître de France.
Vers 1270, il est en Orient où son action reste très discrète. On ne sait pas s’il se trouve parmi les survivants d’Acre qui réussissent à s’échapper avec Thibaud Gaudin à Chypre, mais il participe à un chapitre qui se tient dans l’île en automne 1291.
Il est élu Maître de l’Ordre avant avril 1292, peu de temps après la mort de Thibaud Gaudin.
Dès son élection, Jacques de Molay s’empresse de parer au plus pressé, il met en place un gouvernement et s’occupe de la défense de l’île de Chypre et du Royaume de Petite Arménie, dernières possessions franques en Orient.
Au printemps 1293, il entreprend un long voyage en Europe, où il règle différents problèmes dans les domaines de l’Ordre, mais surtout, il implore l’aide des princes occidentaux et de l’Eglise pour la défense des derniers Etats Chrétiens.
Au cours de ce voyage, il noue d’étroites relations avec plusieurs monarques, dont Edouard 1er d’Angleterre, Jacques II d’Aragon et le pape Boniface VIII.
Il rentre à Chypre en automne 1296 pour y régler des problèmes survenus avec le roi Henri II.
En 1298, il monte une expédition en Cilicie après la chute de Roche-Guillaume, la dernière place forte du royaume. Malheureusement, les forces chrétiennes ne parviendront pas à profiter de la victoire de Ghâzân, le Khan de Perse sur les Mamelouks à Homs en décembre 1299.
En 1300, il continue de fortifier l’îlot de Rouad en face de Tortose pour en faire une base avancée en vue d’opérations combinées avec les mongols. Mais les mongols, trop occupés par leurs guerres tribales, ne pourront jamais s’allier avec les chrétiens contre les mamelouks.
En septembre 1302, les Templiers de Rouad sont massacrés par les mamelouks égyptiens.
Jacques de Molay abandonne alors cette stratégie de l’alliance mongole qui se révèle être un échec total.
En 1305, le nouveau pape Clément V, sollicite l’avis des Maîtres des Ordres religieux pour la préparation d’une nouvelle croisade et sur un projet d’unification des Ordres.
Gisant de Philippe le Bel (basilique Saint-Denis)
Le 6 juin 1306, Clément V les convoque officiellement à Poitiers, mais à cause de l’état de santé du pape, l’entrevue avec Jacques de Molay n’aura lieu qu’en mai 1307.
Comme il l’avait déjà mentionné au pape auparavant, Jacques de Molay refuse catégoriquement ce projet d’union entre les Ordres.
Cette décision aura de lourdes conséquences pour l’avenir de l’Ordre du Temple. D’abord, le Roi de France prend ombrage de cette décision, car elle perturbe ses ambitions, de plus elle met à mal les négociations entre Clément V et Philippe le Bel au sujet de la condamnation de la mémoire de Boniface VIII et enfin, elle perturbe l’organisation de nouvelle croisade.
A l’occasion de ce voyage en occident, Jacques de Molay découvre que des rumeurs calomnieuses courent au sujet des Templiers. Philippe le Bel et ses conseillers vont immédiatement profiter de cette faiblesse et établir un plan pour détruire cet Ordre intransigeant.
Le 24 juin, Jacques de Molay est à Paris où il rencontre Philippe le Bel pour discuter des accusations portées contre l’Ordre. Il rentre à Poitiers, rassuré par la discussion avec Philippe le Bel, mais demande au pape qu’il diligente une enquête pour laver l’Ordre de tout soupçon.
Détail d’une fresque par Andrea di Bonaiuto dans la chapelle des Espagnols du couvent des dominicains de Santa Maria Novella. Florence. XIVe siècle
Le 24 Août, Clément V annonce à Jacques de Molay qu’une commission d’enquête est mise en place. Philippe le Bel veut précipiter les choses pour éviter que toute l’affaire qui s’annonce ne reste entre les mains du pape. Le 14 septembre, aidé par Nogaret, il fait transmettre en grand secret à tous ses baillis et sénéchaux un ordre d’arrestation pour tous les Templiers du Royaume et la mise sous séquestre de tous leurs biens.
L’arrestation des Templiers
Cette opération d’envergure débute le 13 octobre 1307 à l’aube. Tous les Templiers du royaume de France sont arrêtés. Dans quelques commanderies, les Templiers sont massacrés par traîtrise, car les gens d’armes royaux craignent de devoir affronter ces guerriers redoutables en combat loyal.
Jacques de Molay est arrêté dans la maison cheftaine de l’Ordre, à Paris.
Un évènement étrange survient lors du premier interrogatoire de Jacques de Molay le 24 octobre. Au lieu de nier les accusations, il avoue certains faits et ainsi crédite la propagande royale contre l’Ordre.
En décembre 1307, Clément V envoie des cardinaux à Paris pour interroger le Maître de l’Ordre. Devant ceux-ci, Jacques de Molay révoque ses aveux. Il s’engage alors un bras de fer entre Philippe le Bel et Clément V qui se conclut en août 1308 par un compromis entre les deux parties concrétisé par la bulle pontificale « Faciens Misericordiam ». Elle est fulminée par le pape Clément V le 12 août 1308 dans le cadre du procès de l’ordre du Temple.
Elle crée des commissions diocésaines, chargées d’enquêter sur les agissements des Templiers, et des commissions pontificales, chargées de juger l’Ordre du Temple comme tel. Ces dernières livreront leurs rapports lors d’un concile œcuménique convoqué à Vienne en 1310, qui discutera du sort de l’ordre par la bulle « Vox in excelso ».
Transféré à Chinon avec plusieurs autres dignitaires de l’Ordre, comme Geoffroy de Charney, Hugues de Pairaud, Geoffroy de Gonneville, Jacques de Molay est à nouveau interrogé par des agents royaux. Au cours de cet interrogatoire, il reviendra à ses aveux faits en octobre 1307.
Chevalier templier chargeant. (Fresque de la chapelle de la commanderie templière de Cressac en Charente)
Pendant plus d’une année, la commission pontificale se met en place et commence ses audiences. Jacques de Molay ne pourra y déposer que deux fois vers la fin novembre 1309. A cette occasion, il change de stratégie de défense et veut garder le silence et ne s’en remettre qu’au jugement du pape, se fiant au contenu de la bulle « Faciens Misericordiam ».
Le premier bûcher
En 1310, plusieurs dizaines de Templiers veulent se présenter devant la commission pontificale pour témoigner en faveur de l’Ordre et ainsi mettre à mal tout l’acte d’accusation.
Ce mouvement de protestation est brisé net par la condamnation au bûcher de 54 Templiers jugés comme relaps par Philippe de Marigny le 10 mai 1310.
De plus, les meneurs de ce mouvement de protestation disparaissent des geôles de Philippe le Bel sans laisser de traces.
Le 22 mars 1312, Clément V annonce officiellement l’abolition de l’Ordre du Temple lors du Concile de Vienne.
Malgré sa volonté et ses demandes insistantes auprès de ses geôliers, Jacques de Molay continue de croupir en prison sans pouvoir être reçu par le pape. Ce dernier consent néanmoins à envoyer 3 cardinaux à Paris en décembre 1313 pour statuer sur le sort des dignitaires.
Arrivés à Paris en mars 1314, le verdict des trois cardinaux est sans appel, les dignitaires de l’Ordre sont condamnés à la prison à vie.
L’exécution sur l’île aux Juifs.
Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay s’insurgent avec véhémence contre ce verdict, comprenant qu’ils ont été joués depuis le début par un pape qui ne voulait pas les entendre. Ils révoquent tous les deux les aveux faits et proclament l’Ordre innocent de toute accusation portée contre lui, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay sont aussitôt reconnus comme relaps et livrés par les cardinaux au bras séculier. Un bûcher est installé le jour même sur une île (île de la cité) de la Seine au pied de Notre Dame.
Au soir du 11 mars 1314(ou 18 mars selon certaines interprétations), Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay sont livrés aux flammes.
La malédiction
Dès le XIVe siècle, le destin tragique de Jacques de Molay inspire des auteurs. Boccace parle de lui dans son De casibus virorum illustrium (Des cas d’hommes illustres) comme parfait exemple d’homme modeste que la Fortune a porté au sommet et dont la chute fut d’autant plus spectaculaire. Cependant, c’est souvent la fin des Templiers et de l’Ordre qui marque la littérature et en particulier le bûcher spectaculaire de mai 1310 durant lequel 54 templiers sont brûlés.
La légende la plus connue et la plus ancienne autour de Jacques de Molay concerne la malédiction qu’il est censé avoir lancée contre Philippe le Bel et les Capétiens. Selon l’historienne Colette Beaune, cette légende est née après un épilogue stupéfiant pour les contemporains de Philippe le Bel : comment le roi le plus puissant de la chrétienté, doté de trois fils, a-t-il pu voir s’achever sa dynastie et plonger son royaume dans la guerre de Cent Ans ? Dans les mentalités médiévales, comment expliquer la chute de cheval, l’adultère de ses brus, la mort précoce de ses trois fils si ce n’est à cause d’une raison surnaturelle ? La malédiction est cependant plus souvent attribuée à Boniface VIII, pape dont la mort est imputable à Philippe. C’est au XIVe siècle que la malédiction est clairement formulée. Paolo Emilio rédige par la suite une histoire de France pour le compte du roi François Ier où il met en scène la mort d’un Jacques de Molay maudissant le roi et le pape et les convoquant devant le tribunal de Dieu. Les historiens des siècles suivants reprennent son récit.
Cette légende s’est maintenue jusqu’à la suite romanesque historique Les Rois maudits, rédigée par Maurice Druon entre 1955 et 1977. Cette suite et ses adaptations télévisées contribuent à populariser encore davantage Jacques de Molay et sa malédiction :
« Pape Clément !… Chevalier Guillaume !… Roi Philippe !…
Avant un an, je vous cite à paraître au tribunal de Dieu
pour y recevoir votre juste jugement !
Maudits ! Maudits ! Maudits !
Tous maudits jusqu’à la treizième génération de vos races ! » (Les Rois maudits, 1955)
Une version populaire de la légende attribue à la malédiction la mort de Louis XVI qu’elle situe à la treizième génération après Philippe le Bel, alors que la treizième génération est celle des enfants de Louis XIV.
Absolution du Pape Clément V
Pour en savoir plus sur le retour en grâce de templiers vous pouvez lire l’excellent article de Madame Isabelle Heuillant-Donat (Université de Reims – Champagne Ardenne) en date du 19 octobre 2007, paru dans « Libération » et sous-titré : « L’original d’un document des archives vaticanes montre que le pape les avait absous. L’Eglise communique » (http://www.liberation.fr/jour/2007/10/19/le-retour-en-grace-des-templiers_104208) ou encore sur « Euronews » : «Archives secrètes du Vatican : les Templiers avaient reçu l’absolution du Pape Clément V. » http://fr.euronews.com/2007/10/12/archives-secretes-du-vatican-les-templiers-avaient-recu-l-absolution-du-pape-clement-v ou encore sur « France TV Info » avec cet article « Ordre des Templiers : le Vatican publie des archives secrètes. Sept siècles après l’extinction de l’ordre religieux, on apprend que l’Eglise avait tenté de réhabiliter les Templiers à l’issue de leur procès intenté par le roi de France. » http://www.francetvinfo.fr/culture/livres/ordre-des-templiers-le-vatican-publie-des-archives-secretes_1605519.html
Une annonce faite sur tous les réseaux sociaux. C’est de cette façon, entre autres, que les 32 000 Frères de la GLNF apprennent que leur Obédience vient de changer de visage, numériquement parlant.
Le message est le suivant : « Nouveau site
Avec un design épuré et une arborescence facile d’accès, le site de la GLNF www.glnf.fr fait peau neuve. Encore plus moderne, esthétique et ergonomique, l’architecture offre une navigation fluide et un contenu riche d’une actualité tournée vers l’avenir. Un carrousel de photos enrichit l’ensemble. »
L’éveil spirituel (appelée également « illumination », « réalisation de soi », « libération», ou simplement « éveil »), désigne dans les traditions religieuses, mais aussi dans certaines philosophies, un retour à sa véritable nature, permis par l’abandon ou l’effacement de l’ego. Ce retour peut advenir de manière graduelle ou soudaine et se produire à la suite d’une pratique spécifique (par exemple dans le cadre du bouddhisme, de l’hindouisme, du soufisme, d’un contexte laïc), ou encore toucher brusquement une personne non préparée, à la suite d’un fort bouleversement. L’éveil prend parfois la forme mystique d’une extase ou union (samadhi) avec l’univers ou un principe divin.
L’éveil fait depuis quelques années l’objet de recherches universitaires dans différentes disciplines, notamment en sociologie, en neurophysiologie ou encore en psychologie où il est classé parmi les états modifiés de conscience.
L’expression a pris un sens aux contours plus flous dans la mouvance dite New Age, où les acceptions et les traductions les plus diverses de l’expression « Éveil spirituel » sont parfois amalgamées, voire fantaisistes.
Éveil spirituel dans les traditions religieuses
L’éveil spirituel, tel qu’il est défini dans certains courants mystiques de l’hindouisme (voir moksha), du bouddhisme (voir les notions de bodhi, bouddhéité, satori et nirvāna, ainsi que « l’éveil à soi » chez Kitarō Nishida), du christianisme (voir la conversion religieuse) et dans certains courants plus éphémères, comme l’illuminisme, représente l’aboutissement d’un engagement personnel sur une voie spirituelle. Une ascèse physique, morale, intellectuelle est censée conduire le pratiquant à l’émancipation radicale que représente l’éveil spirituel.
Une telle expérience, traditionnellement réputée comme un bouleversement, est décrite dans différentes traditions (hindouiste, le dvija, chrétienne, musulmane, notamment) comme une « seconde naissance ». L’individu y découvrirait sa véritable nature accompagnée parfois, mais passagèrement, de joies et des états inaccessibles au commun des mortels (ataraxie, apatheia, samadhi).
Dans l’hindouisme
Ramana Maharshi, le sage d’Arunachala
L’Éveil ou l’État d’éveil évoque traditionnellement, dans la philosophie indienne, une libération totale de l’ego (en tant que « moi » commun) pour un retour à sa véritable nature. Selon les courants, les moyens de parvenir à l’éveil diffèrent. Par exemple, il existe plusieurs formes de yoga.
Advaita Vedānta
Dans l’Advaita Vedānta, aussi connu comme « jñāna mārga » ou « voie de la connaissance », l’éveil spirituel est une libération (mokṣa) où l’homme est libéré du karma des actions qui le tient au monde, et du saṃsāra, qui est la ronde éternelle des naissances et des morts.
Yoga
L’éveil spirituel en Inde est traditionnellement lié aux quatre voies (mārga) majeures du yoga, à savoir le jnana yoga, le bhakti yoga, le karma yoga et le raja yoga. Il s’agit pour le yogi de découvrir ce qu’il est réellement, de voir son véritable soi derrière tout ce qui le recouvre et le masque, et cela en pratiquant la forme de yoga qui correspond le mieux à ses affinités et à ses capacités (ou, éventuellement, en combinant ces différentes formes).
Dans le bouddhisme
Yogi assis dans un jardin.
Dans le bouddhisme, selon Philippe Cornu : « On ne confondra pas nirvâna et Éveil, même si ces notions sont intimement liées. Le nirvâna a un rapport direct avec la libération de la souffrance et des conditionnements, tandis que l’Éveil est un phénomène de nature cognitive qui implique la manifestation pleine et entière de la sagesse, c’est-à-dire de la connaissance directe et non conceptuelle de la Réalité telle qu’elle est. »
Sur la voie du zen, l’Éveil peut être compris comme pouvant survenir brusquement, et même brutalement (voir courant zen Rinzai, révélations d’ordre mystique). Hermann Hesse, parlant de l’éveil du zen dans une lettre écrite à un ami, donne cette définition de l’éveil : « atteindre cet éveil, cette union avec la totalité, non de manière intellectualisée mais en la vivant comme une réalité avec l’âme et le corps, devenir cette unité, voilà le but auquel aspirent tous les disciples du Zen ».
Dans le soufisme
Eisai, fondateur de l’école rinzai au Japon
Pour le soufisme, l’éveil spirituel représente une seconde naissance qui nécessite, comme le dit un hadith de « mourir avant de mourir », car comme le dit le cheikh Arslân (mort vers 1160) : « Tu es un voile pour toi-même / Dieu ne t’est donc voilé que par ton ego ». Il s’agit donc pour l’ego de s’éteindre dans l’Unicité divine (arabe: al-fanâ’ fi l-tawhîd). Mais celui qui a brûlé ses qualités individuelles pour s’anéantir va désormais subsister (baqâ’) en Dieu. On atteint ainsi, comme le dit l’islamologue et soufi E. Geoffroy, « un état de transparence à l’Être divin, d’effacement total du moi individuel dans la Présence ».
Dans le christianisme
On trouve également l’expression dans le catholicisme pour désigner, de façon moins radicale, une première initiation ou un « éveil à la foi ».
Éveil spirituel hors d’un cadre religieux
La notion d’éveil spirituel est parfois rapprochée du concept d’intuition tel qu’il est proposé par Héraclite et Platon (notamment dans l’allégorie de la caverne) ou encore Plotin, Spinoza ou Bergson. Hors de toute notion de divinité, l’éveil spirituel est décrit comme une « vision directe du réel » caractérisée par un sentiment d’éternité, une joie infinie, un émerveillement devant la perfection intrinsèque de toute chose, un sentiment de non-séparation entre sujet et objet, une dissolution du sentiment d’individualité séparée et une communion avec toute chose.
Dans une lettre célèbre à Freud, l’écrivain français Romain Rolland évoque une telle expérience spirituelle non religieuse qu’il appelle « sentiment océanique ».
Jiddu Krishnamurti est un des penseurs modernes qui a le plus répandu la notion hors du cadre religieux,. D’autres auteurs contemporains, principalement issus du néo-advaïta occidental, utilisent fréquemment l’expression, notamment Eckhart Tolle, Andrew Cohen, Jean Klein, Douglas Harding, Stephen Jourdain.
Dans l’approche des sciences sociales et médicales
Sociologie
La sociologue n’aborde pas la notion de la même manière que l’initié d’une école philosophique ou spirituelle. Malgré quelques exceptions en sociologie comme Edgar Morin, René Barbier ou Éric Forgues, qui utilisent le mot éveil pour témoigner de leurs propres expériences spirituelles, la formule généralement employée pour désigner ce concept est état modifié de conscience. Certains, comme Danièle Hervieu-Léger, parlent de « la plus haute conscience de soi ».
Neurosciences
Des études réalisées par des neurologues existent, basées sur de l’imagerie cérébrale, qui montrent l’activation ou la désactivation de zones particulières du cerveau lors d’état d’éveil, de méditation profonde, et de plénitude mystique. La question demeure cependant de savoir si ce sont ces processus neurologiques qui induisent un tel état d’éveil ou bien si c’est l’inverse.
Dans son ouvrage Waking Up: A Guide to Spirituality Without Religion (2014), le neuroscientifique Sam Harris écrit : « Il est tout à fait possible de perdre le sens d’être un moi séparé et de faire l’expérience d’une sorte de conscience ouverte et illimitée ; de se sentir, en d’autres termes, faire un avec le cosmos ».
Psychologie
Richard Maurice Bucke
Au xixe siècle, le psychiatre canadien Richard Maurice Bucke (1837-1902) fit lui-même l’expérience de l’éveil et publia la première étude psychologique sur l’éveil.
C. G. Jung (1875-1961) s’intéressa de près à la spiritualité, ainsi qu’aux croyances de l’Orient. Il a même été jusqu’à rapprocher son concept d’individuation de l’éveil des religions orientales (samadhi,…).
Psychologie transpersonnelle
Les expériences transcendant le Moi ont, ensuite, été étudiées, en particulier par la psychologie humaniste ou transpersonnelle. Ainsi en 1969, A. H. Maslow (1908-1970) a ajouté aux cinq groupes de besoins fondamentaux qu’il avait identifiés, un sixième qu’il appellera self-transcendence (dépassement de soi).
John Welwood, (1943-2019), docteur en philosophie et en psychologie clinique, psychothérapeute, et aussi bouddhiste pose la question : « Faut-il renvoyer définitivement dos à dos les « psy » et les « spi », les uns s’intéressant à l’amélioration du moi alors que les autres visent à l’effacement de celui-ci ? » À quoi il répond lui-même en montrant « comment spiritualité et psychologie peuvent agir en synergie pour que tout être en recherche puisse parvenir au plein déploiement de lui-même et à l’accomplissement de son destin profond. »
Portrait de Steve Taylor
Steve Taylor (né en 1967) mène des recherches universitaires sur l’état d’éveil de manière indépendante, à partir d’enquêtes, tout en s’appuyant sur son vécu personnel. Il présente une synthèse de ses travaux dans Le saut quantique. Psychologie de l’éveil spirituel, ouvrage dans lequel il cherche à démythifier l’éveil23 : l’éveil n’est ni rare ni essentiellement religieux, et il se produit souvent quand une personne a subi des troubles importants. Pour S. Taylor, l’éveil est un état psychologique naturel : il correspond à la disparition du Moi habituel, égotique et limitant, qui cède la place à un nouveau Moi, plus effacé. Enfin, il voit dans l’éveil un état supérieur de conscience qui préfigure les évolutions à venir de l’humanité.
Dans la mouvance New Age
L’éveil spirituel est central dans les mouvements New Age, en tant que moyen de transformation de l’humanité. Selon le magazine aumieuxvivre :
« Ainsi l’éveil est un processus. Celui-ci commence avec le début de l’éveil pour ne se terminer… jamais. Du moins pas avant la mort de l’individu. Le new age est quant à lui une adhésion. Vous souscrivez à tout un ensemble de croyances, d’idées, de concepts, qui souvent demandent d’ailleurs certains pré-requis intellectuels : il faut d’abord croire à certaines choses pour pouvoir ensuite en croire d’autres.
Souvent le new age est là pour remplir le vide de notre existence, pour apporter des réponses à des questions, des situations, des blocages qu’on n’arrive pas à résoudre. Au contraire, l’éveil nous indique que nous devons d’abord nous remplir de nous-même et que la plupart des réponses sont en nous. Encore une fois, le new age apporte un certain confort, il vient nous raconter des histoires rassurantes, réconfortantes, qui nous aident à accepter une situation. L’éveil est un chemin, avec ses bons et ses difficiles moments.
Au risque d’être réducteur, on pourrait dire que l’éveil se situe à l’intérieur de l’individu alors que le new age se trouve à l’extérieur de lui (les guides, les anges, etc…). »
(Les « éditos » de Christian Roblin paraissent le 1er et le 15 de chaque mois.)
Toute l’affaire de l’initiation consiste, en quelque sorte, en une mise à disposition de soi-même pour découvrir graduellement comment le monde se révèle[1]. Cette révélation du monde résulte d’un premier choc, celui d’une conscience qui soudainement se met à nu. Pour cela, il faut à la fois lâcher prise, notamment d’avec ses émotions, ses préjugés, prendre confiance dans sa propre capacité à découvrir, sous un autre jour, des réalités courantes ou, sans trouble, des perspectives inattendues, exercer une curiosité bienveillante envers les choses qui viennent à nous et ressentir de moins en moins la nécessité de juger.
Mettre entre parenthèse ses propres croyances ou convictions n’aboutit pas pour autant à les abandonner. Ce serait trop facile. En réalité, nous sommes raccordés à de multiples élastiques qui peu ou prou nous ramènent à ce que nous sommes et, plus ou moins rapidement, nous recomposons les amalgames qui nous constituent confusément. Avec le recul, nous devons bien avouer que nous sommes tous plus ou moins perclus d’inerties. Heureusement, le temps passant, on parvient sans doute à changer peu ou prou et durablement, mais on ne saurait dire précisément ni quand ni comment. Impossible, au fil de l’eau, de se rendre compte à quel rythme ou par quels paliers.
Toutefois, au gré des tenues et des travaux, l’initiation nous permet de jeter une plus grande lumière aussi bien sur nos conceptions que sur nos réactions, de réviser les unes ou les autres voire d’en changer, en acceptant en parallèle des perceptions qui ne nous sont pas familières et en nous ouvrant à des considérations différentes que, dans l’honnêteté de l’exposé par autrui puis de l’analyse par soi-même, nous nous habituons à prendre en compte sans nécessairement les adopter, bien entendu.
Bref, l’initiation a vocation à nous réconcilier avec nous-mêmes et avec l’univers qui nous entoure et donc à nous conduire à concilier les points de vue qui, de toutes façons, tissent la trame du monde dont nous ne sommes qu’un infime et éphémère fragment, participant, cependant, dans la diversité des situations, des règles qui nous régissent anthropologiquement, c’est-à-dire dans notre double économie biologique et psychosociale.
Le dévoilement se produit à mesure que s’amoindrissent les tensions de toutes sortes qui nous électrisent en permanence et que souvent, par un désir de protection et de défense, nous avons paradoxalement tendance à interpréter comme des traits de vigilance, alors qu’elles introduisent des biais, des freins et des limites et que les véritables outils de veille ne procèdent que du patient aiguisement de la sérénité.
Dans cette voie, même si nous ne nous précipitons dans rien, nous ne nous dégageons de rien, non plus. Il va de soi que l’initiation ne nous exonère d’aucune responsabilité. Elle nous permet, au contraire, d’en assumer pleinement le poids mais dans des proportions plus justes, plus constantes, plus continues. Aucun d’entre nous, certes, ne laisse le même sillage, mais, chacun à sa manière, nous creusons le même sillon.
Alors, oui, si, par l’initiation, nous cherchons à comprendre comment le monde se révèle, en tant qu’initié, dans notre inévitable confrontation aux réalités du temps, nous cherchons aussi bien à discerner comment le monde se relève…
[1]Je voudrais ici rendre incidemment hommage au documentaire de Stéphane Carrel : De rage et de danse (2019, 1h33), disponible sur myCANAL, qui a été diffusé sur Canal+ Docs, chaîne payante qui complète son intitulé du slogan suivant : « ET LE MONDE SE RÉVÈLE », d’où le lien avec le titre de cet édito. Dans ce doc culturel aussi bouleversant qu’inspirant, « le danseur et chorégraphe Rodolphe Fouillot a pris en charge une classe du collège République de Nanterre, dans le cadre de l’opération ‟Dix mois d’école et d’Opéra″. Pendant une année scolaire, dix-huit élèves ont ainsi suivi huit heures de cours de danse par semaine. À la fin de l’année, ils ont participé à un spectacle donné à l’Opéra Bastille, devant leur famille et des professionnels de l’opéra » (argument).
D’abord, un bref rappel sur le rôle de Dieu le Père lors de la crucifixion ; et après un détour avec Hiram, le rôle du Grand Architecte de l’Univers. Je ne suis pas le premier Maçon à avoir eu l’intuition. Daniel Beresniak a attiré mon attention sur le processus de la mort d’Hiram. Ce faisant, pour rendre la lecture explicite, il recourrait au « montage » inconscient si répandu : « Le complexe d’œdipe », si décrié, variable selon le contexte mais toujours solide… Il reste un modèle psychique de base quelles que soient ses innombrables variantes.
Dans la comparaison entre les deux entités, ce complexe jette une lumière aveuglante et crue sur l’opposition entre les deux démarches. Or, à ma connaissance, il n’y eut qu’un seul chercheur psychanalyste qui osa décrire la mort assassine du fils par son père : Franco Fornari[1]. Inutile de dire que sa découverte est restée dans les oubliettes de l’histoire. J’ai continué dans son sens en explorant et comparant la chrétienté et la Franc-maçonnerie de style français, non inféodée à la croyance en Dieu. Et là, j’ai découvert le très grandiose mystère, écrasé sous le silence, de notre si puissante Voie maçonnique.
Une nouvelle approche de l’unique mystère
Des centaines d’ouvrages paraissent chaque année sur les « mystères » de la Franc-maçonnerie, dans le genre « la Franc -maçonnerie et les Illuminati » ou « Les Frères du Paraguay » ou encore « Les origines historiques du degré de Maître »… la liste est longue et passe par des réflexions, commentaires, recherches, pratiques bien plus rarement. Les initiés(es) n’aiment pas trop les méthodes concrètes, comme l’animation de groupe, qui feraient avancer leur Loge ; le rituel ne suffit-il pas ? Et bien je pense que ces ouvrages érudits, souvent intelligents, passent quasiment tous à côté de l’essentiel qui répondrait à la question : « Que se passe-t-il dans la tête des Maçons qui s’enchantent des symboles de notre Ordre ? » Bref, des travaux savants, souvent des réflexions solides qui n’apportent presque rien à la découverte de ce qui se passe réellement dans notre tête d’initié(e). Car s’il est bien un champ peu exploré, c’est bien celui des sciences humaines ; celles qui pourraient peut-être répondre à cette autre question : « Mais qui sommes-nous donc quand nous « maçonnons ? ». Le questionnement est pourtant inévitable quand on a affaire avec un mouvement initiatique, dont le double but est de changer soi et les autres, vers une « spiritualité pour agir ». ? Notre extraordinaire Maçonnerie nous envoie des réponses non perceptibles, enfouies dans cet inconscient collectif qui nous réunit tous.
L’Architecte, c’est le nom maçonnique de Dieu. Pas du tout !
Pourtant James Anderson écrivit naïvement : « Adam, créé à l’image de Dieu, Grand Architecte de l’Univers, dut avoir la géométrie inscrite dans son cœur ». Cela se comprend pour un pasteur ! Alors, je vais te proposer de découvrir une comparaison insupportable entre les faits et méfaits de Dieu et de ceux du Grand Architecte, via la cérémonie d’élévation… L’unique secret, inconnu de tous(tes), remet en cause nos croyances les plus enracinées pour les croyants comme pour les athées. Notre édifice symbolique découle de cette comparaison, de près ou de loin ; comme par exemple le Temple de Salomon. Je ne vais surtout pas étaler des savoirs érudits. Mais des milliers de pages, de discours dans les Évangiles pour Dieu ; en plus léger, les centaines de planches sur le sujet, dans tous les sens jusqu’à asséner : « L’Architecte c’est le nom historique de Dieu » Non ! Je pose la question au-delà des pesantes explications sur l’Angleterre de l’époque : pourquoi ce symbole, l’Architecte dans notre Maçonnerie, n’est-il pas tout simplement dénommé Dieu ? Comme le font les Anglo-saxons et leurs suiveurs.
Note pour la majorité des Sœurs : avant l’ignominieux dévoilement, une réflexion préliminaireLa Franc-maçonnerie a été faite par des hommes pour des hommes. Ils ont mis évidemment dans leur œuvre ce qui remuait dans les spécificités de leur inconscient. Il est amplement démontré depuis 100 ans qu’une partie des inconscients des hommes et des femmes ont des particularités qui modèlent différemment leurs déclarations, leurs croyances et leurs comportements. Annick de Souzenelle, l’inspirée, dit qu’il y a plus de sensibilité émissive chez les mâles et de sensibilité réceptive chez les femmes. Bien sûr, chaque cas est particulier : des particularités, au-delà de l’universalité spirituelle. Alors mes Sœurs, je vous prie d’excuser mon imbécillité : vous n’êtes pas des hommes et la plupart d’entre vous sont porteuses d’un génie féminin. Or l’analyse des profondeurs de l’esprit que je vais exposer s’adresse clairement à la plupart des Frères ; pas tous bien sûr ! Il se peut que ce soit, pour toi, ma Sœur un charabia sans résonance pour toi. Mais je te sais exploratrice, ce qui est observé chez beaucoup de tes semblables et tu prendras peut-être du plaisir à dénicher ce qui se passe dans les têtes des Frères au moment de l’élévation à la Maîtrise ; ce moment où l’unique mystère est dévoilé, dans le mutisme total des esprits.
Les abominations divines
Commençons par Dieu en nous référant à tout ce qui peut se chuchoter, se dire, s’écrire, se déclamer, dans les cœurs naïfs ; nous tous quasiment, même athées, car nous sommes imbibés par la religion chrétienne. C’est bien connu, notre tolérance maçonnique nous pousse à accepter le pire. Et tu vas voir qu’avec Dieu, on est bien servi… Reprenons les Évangiles, sans soumission au moralement correct, socialisé et aveuglant. Tout est dans la Crucifixion. Le fils de Dieu, Jésus, va subir des tortures que seuls les tortionnaires de grande expérience savent le faire : la flagellation, le port de la croix, les clous qui perforent poignets et pieds, la lance dans le cœur. Et le sang qui jaillit de toute part. Jésus ne bronche pas ; il est soumis à la cruauté du père. Juste une question désespérée : « Mon père, mon père, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». La majorité des spectateurs jouissent du spectacle ! Le supplicié rend l’âme, enfin.
Le père et la mère ou la Loi et le Soin
Ouvrons yeux à présent, en simple observateur. Que s’est-il donc passé ? Un père qui torture atrocement son fils jusqu’à la mort. Mais pourquoi ne le dit-on jamais ? Parce que cette horrible histoire hante la plupart des mâles humains : « J’ai envie de tuer mon père ». Et ce désir commence entre 3 et 5 ans ; tiens ! Comme l’âge du Compagnon ! La Crucifixion, la mise en chair sanglante, répond à un désir très commun chez les jeunes garçons. C’est ce fameux complexe d’œdipe, qui ne cesse d’être décrié partout et par tous : « C’est vieux, ringard, et ce complexe est daté par son époque… » D’accord, l’œdipe, en sa forme originaire doit sans cesse être adapté aux circonstances. Par exemple, un fils élevé par une femme, sans compagnon. Ou la critique du genre : « ce complexe n’existe pas chez les Chinois ». Donc nuances sur ce dispositif psychique si on le prend au pied de la lettre en le généralisant. Il se forge chez le petit mâle la possibilité de transformer cette violence, plus tard, pour résister aux oppressions, pour se défendre quand il se sent attaqué, pour des causes engagées… La résolution du complexe forge une part du caractère, la vie durant.
Bref, des critiques sans cesse renouvelées de cette découverte qui dépasse les cent ans. Mais pourquoi ce rejet ? C’est insupportable, pour un garçon de 3-5 ans de sentir cette violence en lui : haïr son père mais l’aimer en même temps. On me réplique : « Mais Jacques, aujourd’hui, beaucoup de pères, ou de ceux qui en font office, s’occupent affectueusement de leurs petits ». Certes, mais ils portent toujours la Loi, qui sera si utile pour la socialisation de l’enfant. Loi dictée aussi par la société : droits et devoirs interdits… Et la mère ou la nounou, la grand-mère, la maîtresse… celle qui apporte le Soin, une base des amours à venir. Ne songes-tu pas à la discipline que requiert le rituel et la fraternité qui nous unit ? La psychanalyse classique répond : le petit garçon, aimerait, pour le soin qu’elle lui porte ou semble lui porter, qu’elle soit plus à lui qu’à son père. Il ressent ce dernier, ou son équivalent, souvent comme un rival, sévère porteur de la Loi. Et cette jalousie va jusqu’au désir, discrètement perceptible chez beaucoup de petits de le tuer. Et tout cela est banal et bien… normal. Car nous devons vivre, nous les humanimaux[2], avec cette violence qui rugit en boucles infinies au fond de nous, surtout les mâles. Et maintenant posons-nous la question aux réponses effarantes : « Comment se déroule l’œdipe dans le mythe de la Crucifixion ordonnée par le Père ; et comment se déroule-t-il dans l’élévation avec le meurtre d’Hiram, une figure du père ? »
La cruauté insoutenable de Dieu, notre Père à tous ?
Commençons donc par Dieu pour bien saisir la comparaison. Dieu le Père comment se comporte-t-il vis-à-vis de son fils Jésus ? Il lui refuse tout désir de violence à son égard et le soumet le plus possible en le torturant à mort. Nous voilà complètement à l’opposé de l’œdipe. C’est le père qui tue le fils, dans une sauvagerie à hurler. Le « Seigneur », comme l’appellent les chrétiens est en fait, un « Saigneur ».
Mais c’est impossible, pour nous les hommes, à accepter, car c’est une dénonciation de notre propre violence ; celle qui nous empêcherait de vivre ensemble. Il ne faut surtout pas que la meute estime que nous sommes des humanimaux dangereux. Alors, sans aucune vergogne et en pleine hypocrisie, les croyants retournent leur veste de tueur, en prétendant que Dieu est « Tout amour ». Le culot va jusqu’à dire qu’il a sacrifié son fils pour la rédemption de l’humanité. Et pas un seul humain ne remet en cause cette fabuleuse planque de l’horreur. Si, un psychanalyste, un seul a osé. Tu ne le connais certainement pas, car tu te doutes bien que sa lecture est vite tombée dans les oubliettes du « Tout amour ». Il s’agit du psychanalyste Franco Fornari[3]. A ma connaissance, il fut la seule voix audible qui déclara que le père peut avoir envie de tuer le fils. Et que ce désir violent est presque toujours camouflé par le petit garçon. Qui craint des représailles de son père… Comment peut-on tolérer un fils qui se pose en rival dans l’accès à la tendresse, aux soins affectueux dispensés par la réceptivité féminine ? A noter que la Loi et le Soin, en outre, ne sont pas l’apanage des parents ou de leurs substituts : ils sont aussi dispensés et renforcés par le type de société qui ne cesse de balancer entre la Loi et le Soin, selon les régimes. Mais c’est un autre propos.
Allons à présent observer ce que propose notre Maçonnerie pour tempérer cette violence humaine native. Une source, parmi d’autres, explique que les mâles naissent avec la « hainamour » pour le père. Elle le fait admirablement en traitant le complexe d’œdipe avec réalisme et richesse. Oui, nous avons de la violence en nous. Examinons l’élévation à la Maîtrise. Des auteurs, avant moi, ont identifié l’œdipe, dans la cérémonie. Je m’efforce de pousser l’analyse un peu plus loin. « Hiram, le père » est appelé ainsi dans des rituels répandus. Comme dans les Évangiles juste le face-à-face père-fils. Mais les Maçons vont plus loin. En fait, pour bien saisir ce qui se trame en nous, un fils ne suffit pas, ils sont trois. Où ? Sur les colonnes. Qui ? Des Compagnons. Mais nous les initiés, nous reconnaissons que ce sont de « mauvais compagnons ». Un point pour la Maçonnerie, elle ne simule pas. Elle reconnait la violence qui s’agite dans l’œdipe. Ce faisant, elle amène les Frères à se demander : « En quoi suis-je aussi un mauvais compagnon ? Et pourquoi, je taperais sur mon père ?» Ainsi, se dévoile un aveu essentiel, pour le « Connais-toi toi-même ». Bien entendu, des Frères refusent inconsciemment de se poser cette question ; elle dérange beaucoup trop l’image pacifique et tolérante qu’ils s’attribuent. Si commode pour penser qu’ils sont conformes à l’humanisme de l’Ordre. Et comment réagit Hiram le père ? Tout le contraire de Dieu le Père. L’architecte reçoit les coups du triple fils sans se défendre. Il craint pour sa vie, il s’enfuit. Mais la haine filiale est plus forte et Hiram sans broncher reçoit le coup fatal. La leçon est gigantesque. Chez les uns, le fils meurt ; chez les autres, le père meurt. Mais où est donc l’amour qui voisine avec la violence ? Pour les croyants, c’est une déclaration, on l’a vu, qui nie les faits : Dieu est tout amour et c’est par amour qu’il a torturé son fils. Ainsi, grâce à la torture, les péchés du monde pourront être lavés. La Voie maçonnique, aussi, propose un artifice. Mais qui est diamétralement opposé à celui de la religion.
Hiram le père est donc mort sous les coups du fils. Il est enterré à la hâte. N’est-ce pas une élégante manière de dire que nous cachons les conséquences notre violence ? La culpabilité commence à noyer les esprits. Pas de cela dans la Crucifixion : pas de coupable. Chez nous, si ! Nous l’avouons car c’est la vérité psychologique. Au lieu d’une Marie et d’un Jean qui se contentent de pleurer, notre rituel met en scène hardiment la conséquence. Des Maîtres, c’est-à-dire, nous, essaient, pour se racheter, de retrouver le corps du père tué par leurs semblables. Clin d’œil symbolique : ils sont aussi des assassins mus par le désir de gommer le méfait. Mais cela n’est que mon interprétation. Se racheter d’un tel crime demande beaucoup d’effort. Comme c’est le cas chez beaucoup d’entre nous, la culpabilité est un poison. Alors d’abord trois Maîtres cherchent ; mais c’est trop lourd à supporter. Il faut une aide pour gommer le désarroi qui brûle. Trois autres se joignent. Mais là encore, le compte n’y est pas. On passe à neuf maîtres au total. Rien, mais rien du tout de ce dévoilement, de la culpabilité avec la croix de Jésus. Presque tout le monde, sur le Golgotha, est à l’aise et se réjouit même. Au contraire, la recherche du corps d’Hiram est exemplaire de ce qui se trame dans nos inconscients quand nous nous sentons coupables. Un nouveau point pour la Maçonnerie : elle regarde l’homme tel qu’il est. Continuons la mise en scène rituelle de l’Élévation. D’autres découvertes nous attendent !
Le pardon, acmé de l’amour
Une branche d’acacia révèle l’endroit où est enseveli l’architecte. Les Frères le dégagent. Et le coup de tonnerre rituel résonne dans une réconciliation père-fils. La Résurrection est l’exemple chrétien de cette réconciliation ; mais dans ce cas, c’est Dieu le Père qui agit, seul. Chez nous, pas du tout : ce sont les deux protagonistes qui vont vivre ensemble, la réconciliation d’amour. Le Maître relève le corps. Le père Hiram et le fils s’étreignent. Pas le moindre recul de l’architecte du Temple. Bien au contraire, ce rapprochement des corps interroge les méandres enfouis dans nos esprits. Soudain. Nous comprenons ce qui est à l’œuvre chez les deux hommes : le pardon réciproque. Oui, le pardon, ce gage grandiose de l’amour. Il donne une leçon inébranlable : quelles que soient les duretés que nous imposent les autres, quelle que soit notre violence en réponse, il est souverain que nous enjambions les barreaux de la prison de notre culpabilité. Et de pardonner dans l’amour retrouvé. Un chemin qui nous fait avancer. Accepter, à la fois, notre violence et que nous pouvons la museler par le pardon-amour. Mais où apparaît le GADLU, équivalent à la transcendance de Dieu ? Tu vas le voir, notre Maçonnerie marque encore un point dans le traitement laïc, libre de tout dogme. Une transcendance surgit, non point dans les délices divins, mais dans les arcanes humains.
L’Architecte est attaqué par son (ses) fils. Dieu attaque Jésus.
L’Architecte est pacifique : il travaille. Dieu est cruel.
Les Compagnons sont « mauvais ». Jésus est une victime soumise.
L’Architecte et le fils se pardonnent. Dieu ressuscite Jésus, froidement.
L’Architecte n’est pas décrit. Dieu est âgé et barbu.
L’Architecte construit l’univers. Dieu crée le cosmos.
L’Architecte manie l’équerre et le compas. Dieu étend la main.
L’Architecte est un exemple. Dieu soumet.
L’Architecte est glorifié. Dieu est adoré.
L’Architecte est relevé par son fils et pardonne. Dieu tue son fils et le ressuscite froidement.
L’Architecte est mu par l’amour. Dieu est mu par sa puissance sans limites.
Il est temps dorénavant de reprendre les caractéristiques de notre Grand Architecte de l’Univers, avec, en sourdine, celles de Dieu.
Dans la religion, il faut tuer le fils pour que le père vive. Dans la Franc-Maçonnerie, il faut tuer le père pour que le fils vive.
Le principe : une rencontre d’échange sur des sujets symboliques ou de société entre profanes et maçons de toutes obédience
Où : au Café de la Cloche dans le 2e arrondissement à deux pas de la place Bellecour.
Quand : le 1er jeudi du mois à 18h30
Née en 2011, cette rencontre mensuelle est ouverte à tous sans inscription. Le thème, annoncé à l’avance, est lancé par la lecture d’un texte « maçonnique » préparé à tour de rôle par une des obédiences participantes. S’ensuit la lecture d’un texte écrit sur le même sujet par un profane.
Ensuite la discussion est dans la salle pour construire une réflexion en commun.
Les échanges sont structurés et répondent à des règles inspirées de la méthode maçonnique : on respecte la parole de l’autre, on ne porte pas de jugement de valeur, on ne cherche pas à avoir raison, on réfléchit ensemble, on s’écoute.