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Lorsque la lumière profane devient initiatique…

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Nous avons rencontré Bruno Tosi. Un artiste entouré de lumière, de par son métier qu’il exerce depuis près de 50 ans, d’abord, puis de par son initiation au sein de la Grande Loge de France, il y a 24 ans déjà.

450.fm : Bruno Tosi, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?                                                               

Bruno Tosi

Bruno Tosi : Je suis né le 2 Juillet 1955 à Étampes (Essonne). Entrant pour la première fois dans la cathédrale de Chartres, ma vocation s’éveille pour l’art du vitrail dès l’âge de 11 ans. Puis je rencontre Patrice de la Tour du Pin qui m’incite à écrire, d’abord des poèmes, puis des articles dans des publications locales. J’ai ensuite pour maître l’artiste Durizy, qui me révèle mes dispositions pour la lumière et la couleur. Je décide alors de m’initier à l’art du vitrail auprès de Marc Soulier en son atelier de la Trappe de Notre-Dame-des-Neiges (Ardèche). Je n’ai de cesse depuis, de chercher à percer les mystères de la lumière et de la couleur, tant au niveau opératif que spéculatif.

450.fm : Outre le poète Patrice de la Tour du Pin, vous avez rencontré d’autres artistes de renom, et non des moindres…

BT : Oui, parallèlement, je cultive mon amour pour la littérature. Adolescent, je fais connaissance à Montlhéry (Essonne) des amis de Paul Fort dont Georges Brassens et Pierre Béarn qui m’encouragent à écrire. Lecture, écriture, étude et comparaison, tout comme dessin et création font partie de mon quotidien.

450.fm : Revenons sur votre parcours de Maître-verrier. Après la révélation de Chartres, comment se poursuit votre carrière ?

BT : En 1974, je crée ma première composition en vitrail, et à l’issue de mon Tour de France compagnonnique, je réalise mon chef-d’œuvre en 1979 à l’Abbaye Notre-Dame de l’Espérance à Tarasteix (Hautes Pyrénées), devenu Maître-Verrier, j’ouvre mon propre atelier, créant de nombreux vitraux pour les particuliers et bâtiments publics en France et en Europe. Reconnu fournisseur des Monuments Historiques et Bâtiments de France en 1993,  je diffuse mon savoir-faire et partage mon enthousiasme. En 2010, le prix Stars et Métiers récompense l’œuvre de l’atelier.

450.fm  : Dans la vie comme à l’atelier, Jacqueline est à vos côtés.

BT: Avec mon épouse Jacqueline, nous enseignons l’art du vitrail en milieu scolaire et pour nos élèves adultes. Nous intervenons également dans le domaine de l’art-thérapie.

Depuis plus de 40 ans, créations, restaurations, expositions, conférences et stages rythment la vie de l’atelier, chaque artiste développe son propre style, ce qui constitue une richesse graphique au service des clients ! Notre atelier bénéficie d’une réputation internationale, jusqu’au Japon.

450.fm : Outre vos créations artistiques, vous écrivez des ouvrages dans le but de « rassembler ce qui est épars » et de transmettre. Cela semble très important pour vous.

BT : Mon engagement maçonnique va de pair avec le souci de transmettre, en tant qu’initié et adepte.  Je suis membre des Amis de l’Art Royal, de la Société des Gens de Lettres, et auteur d’une dizaine d’ouvrages explorant les domaines du vitrail, de la couleur, de la lumière et de la technique, également du symbolisme, de l’art du Trait des compagnons, des anges, de l’alchimie et de l’histoire. J’ai reçu, je donne … c’est ainsi que la grande chaîne de la Connaissance renforce ses maillons et s’enrichit. Au niveau opératif comme spéculatif, il ne sert à rien de trouver la lumière en soi sans se préoccuper de la transmettre.

450.fm : On comprend que vous avez un rapport étroit avec la lumière, passionné et passionnant.

BT : Symbole des symboles, la Lumière a toujours été associée à la Connaissance, elle accompagne l’homme dans toutes ses recherches, qu’elles soient religieuses, philosophiques ou spirituelles. Pour Lucien Ribory « S’il y a une vérité, elle est à chercher dans la lumière, la chose la plus étonnante que la physique et la métaphysique proposent ». La lumière est indispensable à l’apparition de la vie comme à la croissance des végétaux et à la pérennisation de notre existence. L’Air, l’Eau, la Terre et le Feu ne suffisent pas, il faut aussi de la Lumière. Le corollaire de la lumière physique est la lumière spirituelle, étape indispensable de la dimension métaphysique.

Contacts Bruno TOSI 06 21 75 30 96  / 06 72 68 79 95

Courriel artglassjb@gmail.com   

Site web  http://www.crmackintoshroussillon.com/tosi/

Exclusif : Interview vidéo de Gérard Soulier, Commissaire général du 7e Salon Maçonnique de Toulouse

Cette exceptionnelle manifestation grand public se tiendra Médiathèque José Cabanis-Espaces Vanel, les 26 & 27 novembre prochains, de 9h à 19h.

Toulouse, c’est 11 tables rondes, 25 intervenants, le forum des Grands Maîtres, 4 expositions, un concert de jazz, des dédicaces d’auteurs, 10 obédiences et un service de restauration sur place !

Gérard Soulier, Secrétaire général de l’Institut Toulousain d’Études Maçonniques (ITEM), organisateur du salon en est aussi le Commissaire général. Il a donné une interview exclusive à 450.fm.

« Transmettre et reconstruire » est le thème de cette 7e édition.

Montage : Les Conférences de Midi et à Minuit

Copyright ITEM, logo, annonces conférenciers, film d’animation

Au-delà de l’exposition dédiée à François Boucq, nous vous invitons à lire Janvier 2015 – Le procès

(Les Échappés, éd. illustrée, 2021) de l’écrivain Yannick Haenel et du dessinateur François Boucq qui ont été les oreilles et les yeux de Charlie Hebdo !

Retiens des temps d’inspiration et d’expiration, dans la Tenue

Une méthode de travail innovante

     Comment faire pour privilégier l’expression libre de chacun et les apports spontanés de tous ? Faut-il un conférencier qui lise une planche avant les réactions des autres, comme on le fait dans un débat quelconque ou à l’université ?

L’expérience d’une Loge

     Les Frères d’Ecce Homo ne se satisfont pas de ces pratiques maçonniques qui reproduisent des schémas profanes, même si, par ailleurs, ils peuvent être agréables. Il s’agit, avant tout, à leurs yeux, de vivre en Loge, un déroulement de tenue qui apporte une plus-value personnelle et spirituelle hors du commun. A savoir, une démarche qui laisse la gratuité et la créativité s’exprimer, sans dépendre de l’autre, tout en se nourrissant de ce qu’il est deviné à travers sa parole.

     Une tenue d’Ecce Homo commence par la phrase du Vénérable, dans la pénombre : « Mes Frères, descendons-en nous-mêmes », suivie d’un vrai silence. Ainsi dès le départ l’orientation est donnée. Se taire est tout aussi important que parler, car ce ne sont pas les idées qui s’entrechoquent qui font une tenue, mais les ponts émotionnels : « Les trois pas te rendent joyeux, mon Frère ? » ; et moi de songer, plus que de penser : « C’est drôle, moi, les trois pas, je trouve que c’est de la discipline ; j’aime un peu, mais pas trop ! ». Voilà bien le principe de base ; trafic des émotions au risque des embouteillages, avec la quiétude dans l’âme. Car on sait que c’est dans ces embouteillages que nous échangeons le plus, et le mieux.

     Après cette mise en facteur commun, la tenue se déroule en trois temps :

                • le message symbolique,

                • le thème

                • l’expression initiatique.

     Chaque temps est une prise de parole, c’est l’inspiration ; suivie invariablement d’un long silence de méditation, qui est l’expiration. Ce strict rythme formel soutient la plus grande liberté de chacun, dans le choix de son apport. Moments suspendus en

respirations successives ; absence de débats, mais enrichissements en miroir ; aucun jugement mais empathie tout simplement. Voyons plus précisément ces trois palpitations.

     Le message symbolique s’apparente, sur la forme, aux « cinq minutes de symbolisme » que l’on trouve ci et là. A cette différence près que, dans la Loge, le temps n’est pas compté. Il ne le doit, ni ne le peut. En effet, la philosophie d’Ecce Homo veut que le rite, les mythes et les symboles, bref les arcanes[1], forment un corpus susceptible de transformer l’Être. Il a donc été décidé de mettre un fort accent, dès l’ouverture de la tenue, sur cet aspect qui fonde nos convictions et notre méthode. En outre, Le Frère préposé à cet apport, choisit, sans aucune demande particulière, ce qu’il veut partager. La seule consigne est : « Que ton message[2] symbolique soit un miroir pour tes Frères ». Le Frère qui a la parole est donc nanti d’une mission claire et oblative : s’exprimer certes, mais c’est le minimum requis. Nous demandons, dans cette Loge, que l’expression sorte du cœur, plus que du cerveau. Dès lors, il va de soi que les apports érudits, n’y ont guère leur place ; l’histoire est rarement au rendez-vous de la quête spirituelle. Mais au bénéfice, en contrepartie, de la résonance intime que tel symbole provoque en chacun. Et de l’émotion[3], éveillée chez les uns et les autres. Ainsi, si je suis d’ouverture symbolique, je me prépare en me posant la question du don : « Que vais-je leur dire de moi qui soit un appel pour eux ? » ? Ainsi les mots, les phrases, le visible et le para-verbal sont comme une offre ouverte dans laquelle chacun s’inscrira.

     Personne ne prend la parole ensuite ; c’est un silence qui suit et plane, pour ne pas perturber les échos intérieurs. C’est dans ce silence que se jouent les « connais-toi toi-même ». Chacun reçoit le message, comme si c’était un miroir dans le quel il se mire : « En quoi mes pensées et mes émotions se rapprochent de celles qui viennent d’être exprimées par mon Frère, ma Sœur ? ». Avec toute la gamme de réponses possible entre les « oui tout à fait », et les « non pas du tout ». Quand chacun(e) a eu le temps de répondre en lui-même à cette question, commence le travail sur le thème, réflexion et/ou méditation.

     Le thème est tissé de deux fils : la trame, sujet de l’année ; par exemple, « le passage », et la chaîne, sa déclinaison en chaque tenue ; comme « le passage et l’autre ». En tout état de cause, il s’agit toujours d’un thème à vocation initiatique et/ou philosophique, issu du champ maçonnique. Là, intervient une innovation radicale par rapport à la pratique commune. Elle vise à rendre libre les messages, les prises de parole des uns et des autres. Dans le cas usuel, la Sœur, le Frère qui a planché, répond aux questions des colonnes ou fait part de commentaires. Dans les deux cas, la planche a provoqué des réactions. Or pour un Ordre qui se voudrait « libératif », il est cohérent de ne pas rechercher des réactions, mais de laisser la voie libre pour des actions. Daniel Beresniak, mon maître, insistait beaucoup sur ce point : l’action non la réaction.

     Ainsi, pour éviter tout effet dominateur de celui qui parle en premier, ou à l’inverse, pour esquiver les jugements rapides qui interviennent souvent après la lecture d’une planche ; en bref pour empêcher tous les phénomènes de dépendances, la méthode est originale. Le Vénérable rappelle le thème, et laisse la parole circuler librement, sur la demande expresse du Frère qui interviendra quand les colonnes seront muettes. Les Surveillants laissent le temps, pour favoriser, chez les Frères, la réception et l’expression. Pas de bousculades ; des avis, des aveux, des vécus surtout. Point trop d’idées abstraites, d’opinions préconstruites. Aucune obligation de prendre la parole, mais quand plus aucun Frère ne la demande la parole, il est temps d’écouter la planche qui clôt le travail.

     Ce faisant l’intervenant chargé de traiter le thème a eu le privilège d’entendre d’abord ses Frères s’exprimer, et de mesurer la distance enrichissante qui le relie à leur expérience. Une recommandation : pas de vérités assénées mais le « je » de modestie est de mise. Au delà, c’est à chacun de voir. Car cette démarche évite le jeu bien connu des louanges hâtives, des questions perverses, des oppositions vindicatives et des compléments laborieux. Je le répète, elle privilégie l’action, non la réaction. Ce faisant, les Frères renforcent tenue après tenue, leur goût pour agir en toute responsabilité. Assumer ses propos en toute liberté de parole, fait partie des fondations de la responsabilité individuelle.

     L’expression initiatique, troisième et dernier temps, pousse encore plus loin l’implication du Frère. Au départ, le fil de l’année sera, par exemple « Mon héros, mon mythe, ma légende ». C’est une invitation directe à la personne et, par là, à l’expression de ses convictions, de ses espoirs, de ses principes. Le Frère, la Sœur se donne à voir, en sachant qu’il n’y aura pas de prise de parole après son message.

     A partir de là, carte blanche sans restriction. Quitte à dire : « je n’ai pas du tout d’idées ». Le choix reste ouvert, même celui de la fermeture ! Pas de temps alloué, pour éviter la prison des minutes décomptées. L’un évoquera Antigone, l’autre un souvenir d’enfance devenu sa légende, un troisième songera à Nelson Mandela.

     On sent, à travers cette liberté de forme et de fond, les projections qui sont ainsi dévoilées : à travers « mon héros, mon mythe, ma légende », ou tout autre point de réflexion, je ne fais que parler de moi, au fond. Et c’est dans ce miroitement, que les Frères pourront mutuellement s’enrichir. Ce dernier temps n’est pas toutefois le dernier de la tenue. Comme il a été dit, il est suivi d’un vrai et long silence, pour laisser à chacun le temps de vibrer en son for intérieur. Pas de témoignage oral ; juste le recueillement.

     C’est ainsi que les Frères d’Ecce Homo progressent ensemble, dans un mieux être maçonnique individuel et collectif. La Loge résonne alors de leurs réflexions et méditations. La Loge et non le Temple, car il ne saurait être question de prétendre siéger dans un temple encore en construction. Les données traditionnelles jusqu’à la fin du XVIIIe siècle sont claires sur ce point. Les Francs-maçons œuvrent dans la cabane de chantier : la Loge. Dans le temple, on prie, dans la Loge, on travaille. C’est toujours la position des Loges anglo-saxonnes, et de celles qui pratiquent rigoureusement le rite français de 1785-1786. La méthode en trois points d’Ecce Homo est autant de coups de maillet et de ciseau, pour travailler les pierres du chantier. Travail sur soi et sur nous, fraternel, utile et modeste.

     Cette méthode en trois points peut encore être améliorée par deux autres pratiques. On revient brutalement dans la lecture toute profane du courrier, si cela n’a pas été fait après l’ouverture[4]. Et tu te rappelles, naturellement, qu’à la fin de la tenue déboulent sans surprise les messages « dans l’intérêt de la Franc-maçonnerie ou de cette Loge en particulier » ; les sempiternels saluts des visiteurs, qui sont évidemment « émus » et qui ont, sans nul doute, « beaucoup appris ». Figures de style obligées mais parfois lassantes dans les tenues exceptionnelles, qui regroupent beaucoup d’adeptes. Que faire pour éviter que le soufflé du climat de méditation ne retombe ?

     D’abord éviter de terminer avec ces lectures des planches diverses. La psychologue Bluma Zeigarnik a vérifié ce dont on se doute : ce qui est dit ou fait en dernier s’imprime mieux dans l’esprit que ce qui précède. Terminer par du profane, et les assistants retourneront dans les préoccupations profanes. Cette lecture peut être faite après l’ouverture : les planches officielles, les invitations, les messages de l’obédience… peuvent être regroupés à ce moment. Car le climat, légèrement détérioré, peut se refaire avec la suite de la tenue. On m’a dit grand bien d’une Loge de province qui traite tout le courrier et les informations diverses, avant l’ouverture rituelle de la tenue. Mais je ne puis me prononcer, car je n’en ai pas l’expérience directe.

     En revanche, le jeune Rite opératif de Salomon déploie un arcane à l’ouverture, comme à la fermeture. C’est la chaîne d’union, qui délivre un des messages les plus forts de l’Ordre ; universel de surcroît. La chaîne d’union se confond souvent avec la corde aux lacs d’amour, ce qui est significatif de la similitude de la lecture : la fraternité universelle dans le temps comme dans l’espace. La chaîne institue une atmosphère délibérément affective et sacré. Parce qu’elle est un arcane triple : symbole, puisque les adeptes se tiennent la main, comme les anneaux d’une chaîne sont soudés entre eux. Mythe, puisqu’elle évoque la concorde universelle dans le mythe si maçonnique de la « fratrie bienheureuse ». Ritème enfin, puisqu’elle réclame que chacun se lève et se déplace puis, c’est là l’essentiel, prenne les mains des autres, à ses côtés. Le toucher est un sens, qui revient d’actualité, avec des expériences qui commencent à se succéder[5]. On mesure sa puissance, dans certaines situations, plus élevée que ce que feraient la vue et l’ouïe. Le rituel maçonnique ne mise pratiquement pas sur le sens di toucher ; raison de plus pour repérer toutes les occasions qui se prêtent à cela. Une chaîne d’union à l’ouverture et une autre à la fermeture sacralise indéniablement la tenue. Nous pouvons aller plus loin, en rebouclant sur un usage maçonnique ancien : chanter tous et toutes ensemble, pendant la chaîne de fermeture. Et en profiter, pour mettre à l’unisson les voix et le cœur avec « Auld Lang Syne », nom originel du « Ce n’est qu’un au-revoir, mes Frères ». Je te garantis que la vibration sonore et affective transporte les maillons de la chaîne. En quelques notes, nous devenons, par l’ouïe, la vue et le toucher, des maillons indissolublement liés, au delà des différences individuelles.

     Revenons au jeune Rite opératif de Salomon, très (trop ?) traditionnel parfois, mais qui sait aussi anticiper, avec enthousiasme et conviction, l’avenir rituel dans les Loges de style français. Mon analyse m’amène en effet, à considérer que la lecture de planches écrites, a fortiori impersonnelles, sera bientôt une pratique révolue. Et grand bien en sortira. Car la lecture d’une planche va à l’encontre même, des principes fondamentaux de l’Ordre. A savoir le primat des émotions et les relations spéculaires qui en découlent, pour que les cœurs se bonifient, les uns et les autres s‘entraidant. La lecture n’affiche, dans le meilleur des cas, que des émotions factices. Elles ne peuvent servir, à cause de leur artificialité même, que le renforcement d’un schéma magistral, imprimé dans nos têtes depuis l’enfance. Tout particulièrement dans le pays de Molière, où tout le monde naît professeur. A un point tel que l’intérêt d’une planche, dans l’optique de la quête spirituelle, ne se révèle qu’après, quand les Sœurs, les Frères demandent la parole et délivrent leur message. Alors, dans ces conditions, autant démarrer fort : que l’on intervienne, debout entre les colonnes, sans texte, et en toute spontanéité. Cela fait travailler cet Art de la mémoire, si honoré à la Renaissance, et dont nous avons une trace dans les « Statuts Schaw » écossais de 1598, un des textes repères de la naissance de notre Franc-maçonnerie. Ce n’est pourtant pas le plus important. Si tu admets que la démarche en miroir, caractéristique de notre Voie, doit sans cesse être renforcée, alors tu conviendras, je crois, que l’expression strictement orale est celle qui laisse filtrer le plus d’émotions, pierres brutes de l’édification du temple. De loin ! Mon appartenance de plus de 25 ans à l’OITAR[6], qui pratique le Rite opératif de Salomon, me prouve que l’avenir de la Voie maçonnique se joue avec cette pratique.

     Évidemment si le thème est profane, sociétal, comme dans la majorité des Loges de Grand Orient et du Droit Humain, l’oralité n’est pas de mise. Nous sommes dans le scenario classique du professeur d’université, qui lit son cours, et répond ensuite aux questions de l’auditoire. Mais, et je crois que je suis clair sur ce point, un sujet tel « Le danger terroriste s’abat sur l’Occident » fait faire de tout petits pas initiatiques et spirituels. Une conférence sur un thème maçonnique le peut mieux. A mon sens, les sujets sociétaux, politiques, économiques ne sont pas à refuser, mais doivent être déplacés dans les tenues de comité[7].

Le dispositif, en tenue de Loge, compte, entre l’ouverture et la fermeture, trois moments : le message symbolique, le thème et l’expression initiatique. Toute prise de parole se déroule en toute spontanéité orale. L’unisson sacré, l’égrégore se densifie avec les deux chaînes d’union chantées.


[1] « Arcanes » – Voir le glossaire.

[2] « Message » – Voir le glossaire.

[3] « Émotion » – voir le glossaire.

[4] Les Loges, les rites ont leur usage particulier. Parfois le courrier est lu en début de tenue, parfois à la fin.

[5] Voir Cerveau et Psycho – n° 74 – février 2016.

[6] « OITAR » (Ordre Initiatique et Traditionnel de l’Art Royal) fut créé en 1973, au Grand Orient de France.

[7] « Tenue de comité » – Voir glossaire.

Les Francs-maçons de Rancaguina ont distingué huit professeurs éminents de la ville

De notre confrère chilien elrancaguino.cl

Lors d’une cérémonie solennelle tenue au Centre culturel d’Almarza, la franc-maçonnerie de Rancaguina a rendu hommage à d’éminents professeurs et professeurs de la ville. L’activité, encadrée dans une initiative nationale promue par la Grande Loge du Chili, avait pour objectif de mettre en évidence les valeurs de ceux qui enseignent et de souligner le rôle qu’ils ont dans l’éducation des enfants et des adolescents.

Ricardo Bocaz, intervenant lors de la journée de célébration du travail pédagogique, a souligné dans son allocution que « la franc-maçonnerie est une institution d’enseignement, dont l’objectif est l’amélioration de l’homme et de l’humanité, elle promeut chez ceux qui appartiennent à notre institution, la recherche incessante de la vérité , connaissance de soi et de l’Homme dans le milieu dans lequel il vit et coexiste ; dans le but d’atteindre la fraternité universelle du genre humain. Projetant sur la société les valeurs et les idéaux qu’elle soutient, exaltant la vertu de tolérance, rejetant ainsi toutes les affirmations dogmatiques et tout fanatisme ».

« Il n’y a pas de profession plus significative que celle de ceux qui libèrent les consciences avec l’amour de la connaissance pour toute une vie. Toute la civilisation a l’enseignement comme pierre fondamentale, et les professeurs et les professeurs sont ceux qui, par amour pour l’humanité et donnant l’exemple de la philanthropie, aident à la maintenir debout, semant chez les étudiants la graine de l’amour pour la connaissance », a souligné Bocaz en allusion au rôle des enseignants dans la société.

Au cours de la cérémonie, présidée par le Vénérable Maître Luis Pizarro Bassa de la Loge Rancagua n° 133, les professeurs Aníbal Rubio Azúa, du Lycée de Filles ; Silvana Navarro Flores, de l’école Moises Mussa ; Carmen Valenzuela Sánchez, de l’école España ; Débora Jara Varas, de l’école Manuel Rodriguez ; Claudia Leyton Valdez, de l’école Duende Melodía ; Angie Contreras Ibarra, de l’école Manuel Rojas ; Gonzalo Pérez Becerra, du Collège Pdte. Jose M. Balmaceda et Patricia Valenzuela Vásquez, de l’école Benjamin Vicuña Mackenna.

Claudia Leyton Valdez, a souligné que l’hommage était « très, très excitant, car je termine une étape de ma vie professionnelle. Je n’aurais jamais pensé qu’ils faisaient cette cérémonie si belle et si significative, car on a eu l’occasion de voir d’autres cérémonies ».

Eduardo Castro Rodriguez, directeur de la division de l’éducation de la municipalité de Rancagua, a déclaré que « nous sommes honorés que la franc-maçonnerie reconnaisse dans nos enseignants leur travail d’abnégation, silencieux et honnête, où chacun de ces enseignants partage les valeurs qui La franc-maçonnerie elle-même promeut ».

Enfin, Patricio Olavarría, Représentant du Grand Maître dans la ville de Rancagua et Rengo, a souligné que l’activité « est quelque chose qui est encadrée au niveau national par mandat de la Grande Loge du Chili et de notre Grand Maître Sebastián Jans Pérez. Cela se fait dans tout le pays et depuis plusieurs années maintenant, et il est toujours pertinent de pouvoir rendre visible dans notre société un travail aussi transcendantal pour notre pays que celui de former des citoyens ».

Au cours de l’activité, il y a eu un moment d’émotion dédié aux arts avec la présence de l’orchestre de chambre du Liceo Oscar Castro, dirigé par le professeur Marcial Pino, qui a interprété deux morceaux de musique pour le plus grand plaisir des personnes présentes.

Aveyron. Le « Tour du Larzac Templier Hospitalier » sera-t-il le GR préféré des Français ?

De notre confrère leprogresstaffricain.fr

Le « Tour du Larzac Templier Hospitalier », GR® 71 C et D, sera-t-il le sentier de grande randonnée préféré des Français pour 2023 ? Les votes en ligne sont ouverts.

Le concours est lancé pour la saison 6 du GR® préféré des Français ! Qui va succéder cette année au GR® 340 – Tour de Belle-Île-en-Mer (Morbihan), élu GR® préféré des Français 2022 ?

Mon GR® préféré c’est quoi ?

L’objectif est, chaque année, de proposer une sélection variée de sentiers de grande randonnée (GR®) qui montre la richesse des territoires et terrains de pratique de la randonnée itinérante dans les différentes régions de France.

Les 8 GR® candidats de cette saison 6 : le GR® 120 sur la côte du Pas-de-Calais, GR® de Pays Tour de la Suisse Normande (Calvados), le GR® 35 Vallée du Loir, le GR® 59 Des Vosges du Sud aux contreforts du Jura, le GR® 93 de la Drôme au Vaucluse, le GR®69 la Routo en Provence-Alpes-Côte d’Azur, le GR®78 itinéraire vers Saint- Jacques-de-Compostelle dans les Pyrénées-Atlantiques et le GR® 71 C et D Tour du Larzac Templier Hospitalier.

Pour chaque GR®, un reportage vidéo présente une partie du GR® correspondant à 4 jours de randonnées consécutives. L’équipe de David Genestal de Carnet Rando était en tournage en juin dernier sur l’itinéraire GR71 C et D pour concevoir la vidéo d’illustration, en étroite collaboration avec le Département à travers l’Agence départementale de l’attractivité et du tourisme, l’Office de tourisme Larzac Vallées et le Comité départemental de randonnée pédestre de l’Aveyron.

Le Tour du Larzac GR71C et D Templier

Vitrine essentielle de la randonnée en Aveyron, le GR® 71 C et D Tour du Larzac Templier Hospitalier permet de comprendre son environnement naturel, son patrimoine bâti, agropastoral, l’art de vire, l’histoire des Templiers et Hospitaliers avec ses cinq trésors architecturaux : La Cavalerie, Sainte-Eulalie-de-Cernon, Le Viala-du-Pas-de- Jaux, Saint-Jean-d’Alcas et La Couvertoirade.

Il est promu dans le cadre du Topo Guide Le tour du Larzac Templier Hospitalier, édité par la FFRP, en collaboration avec le Comité départemental de randonnée pédestre de l’Aveyron et l’Office de Tourisme Larzac et Vallées. Retrouvez également l’itinéraire et les informations pratiques du Tour du Larzac sur www.tourdularzac.com.

Le Coup de cœur du jury !

Comme les années précédentes, un jury composé d’experts de l’univers du sport, du tourisme et des médias, vient de dévoiler son coup de cœur pour l’un des GR® en compétition : il s’agit du GR71 C&D – Tour du Larzac pour son « bel équilibre entre nature et patrimoine, sur un itinéraire complet et sauvage ». Ce dernier se verra donc crédité d’un coup de pouce de 20 % de voix supplémentaires aux votes du public à l’issue de cette 6e saison. Verdict le 1er décembre !

Aveyronnais(e)s ou fans de l’Aveyron, à vos votes !

Le scrutin en ligne est ouvert à tous pendant 3 semaines, du 10 au 30 novembre 2022, avec la possibilité de voter chaque jour du concours. Passionnés de randonnée et de beaux paysages, ou souhaitant simplement défendre les richesses de l’Aveyron, votez pour le GR® 71 C et D Tour du Larzac Templier Hospitalier sur le site : www.mongr.fr

L’œil qui voit d’Oskar Kokoschka (1886- 1980)

Exposition au Musée d’Art Moderne de Paris jusqu’au 12 février 2023

« Je crois que la seule issue à la catastrophe où nous a plongés la civilisation techniciste est d’apprendre à voir, au lieu d’adopter la position fataliste de spectateur ».  Ainsi  se confiait l’artiste peintre autrichien Oskar Kokoschka à qui actuellement le Musée d’Art Moderne de Paris consacre une remarquable exposition.  Celle-ci est riche autant en peintures, en dessins, en affiches, en lithographies, qu’en vidéo- interviews et documents… En tout 150 œuvres choisies dont au moins 75 tableaux majeurs et très significatifs des années et des tragédies de la fin du XXe siècle.

Rappelons ici : né à Pöchlarn, en Basse-Autriche, dans un milieu modeste, Oskar Kokoschka a étudié l’art et vécu à Vienne, mais aussi à Dresde, Berlin, Prague, Paris et Londres, où il s’est exilé en 1938, s’engageant contre la montée des fascismes en Europe et le pouvoir nazi, voyageant en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, un parcours présenté chronologiquement.

Les médias du jour donnent à juste titre, un écho à cette très belle rétrospective qui nous permet d’avoir un formidable coup d’œil sur l’histoire récente d’une Europe tourmentée, mais aussi conservatrice et repliée sur une certaine satifaction d’elle-même et, sur les positions et les œuvres d’un artiste engagé et singulier !

Ainsi le Journal Le Point voit en Kokoschka « un punk avant l’heure » et doit faire frémir ses lecteurs en lui précisant que la vie de l’artiste est celle d’un «  rebelle » : «  Dès 1908, il fait scandale. Ses « Garçons qui rêvent », poème illustré sur l’éveil à la sexualité, révulse la bourgeoisie viennoise. Rejeté, « il se rase le crâne et se représente en repris de justice »…  Il récidive aussitôt après avec une pièce de théâtre, « Meurtrier, espoir des femmes », qui évoque le poids de cette société bourgeoise, catholique, sur les relations humaines et entre les sexes.

Quant au Journal des Échos, il donne à l’exposition un avertissement sans ambiguïté : « Kokoschka, le grand art de la grimace » et le journal ne manque pas de rappeler qu’à la suite d’une grande déception amoureuse, le peintre, également surnommé « Kokoschka le fou », avait entretenu une relation tourmentée entre 1912 et 1914 avec un des mythes féminins du début du XXe siècle, la musicienne et « serial lover » Alma Mahler.

 

Le tableau « La Tempête ou La Fiancée du vent » (1913) relate cet épisode de vie et cet écart dans les sentiments  amoureux entre les protagonistes : il s’y voit un couple proche au creux d’une nuit et d’une vague au bleu glacé, vague inserrée entre des cimes noires voire menaçantes : la femme dort tranquille alors que l’homme, les yeux éveillés, apparaît dans une intranquillité que l’on perçoit persistante voire obsédante …

 

Effectivement Alma Malher quitta cet amoureux transi et terriblement jaloux ; elle le pressa même de partir à la guerre ! Au sortir de la guerre, ce fou amoureux était tellement désespéré de la rupture, qu’il commanda à une marionnettiste une poupée à taille humaine qui reprenait la morphologie de son ex-maîtresse. Bien qu’il fût relativement déçu par le résultat, il arriva qu’il la sorte à l’opéra, l’habille, s’enferme avec elle et reçoive en sa compagnie. Alma commentera dans son journal : « Il m’avait à sa disposition, selon son bon plaisir. »

La fin de la poupée eut une fin drôlatique : après une nuit bien arrosée avec ses amis, la poupée de Kokoschka fut retrouvée au petit matin décapitée dans le jardin et fort malmenée au point que les voisins avertirent la police tant ils étaient persuadés que gisait là un cadavre dans les parterres du jardin de l’artiste ! Après constat, la police amusée par ce qui était un malentendu, verbalisa quand même l’artiste pour « atteinte à l’ordre public » !

 Par la critique de son époque, le sulfureux Oskar Kokoschka était aussi désigné comme « le plus sauvage d’entre tous » (« Oberwidling » en allemand). Son « Tigron » (1926), mi-tigre mi-lion, dévorant une gazelle, présenté aussi au Musée d’Art Moderne, en est une parfaite illustration. Tout comme le sous-titre de l’exposition du MMA : « Un fauve à Vienne ».

                                          Oskar Kokoschka | Musée d’Art Moderne de Paris

Mais précisons : un fauve dont les productions restent étonnantes, la pensée forte et ses convictions sur l’art dit « expressionniste » bien arrêtées. Ainsi en 1964, à 78 ans Kokoschka affirmait- il : «L’humain c’est un rayonnement, ce n’est pas la surface, l’uniformité dans le monde. Je ne peux peindre une ville que lorsqu’elle est organique, je pourrais voir l’être humain sous sa peau. Seul un peintre peut faire cela, c’est pour cela que je suis en rébellion permanente« 

L’exposition au Musée d’art Moderne a commencé le 23 septembre  et se clôtura le 12 février 2023.  Un conseil pressant : « Allez- y ! »  Prenez du temps pour voir et lire. Comme les explications écrites sur les œuvres et en proximité, sont en menus caractères, n’oubliez pas (éventuellement) vos lunettes ! Par ailleurs, choisissez plutôt les heures creuses pour faire la visite au Musée pour éviter les contemplatifs courbés longuement sur ces affligeantes notices (du fait de leur petite taille) apposées par le MMA !

Lieu symbolique : Notre-Dame du Temple à Pléboulle (Côtes d’Armor)

Sur la route reliant Montbran à Matignon, dans département des Côtes d’Armor (22), à environ 25 km à l’ouest de Dinard, commune de Pléboulle, se trouve le village du temple, où est érigée la superbe chapelle Notre-Dame.

Ce chef-d’œuvre architectural daterait, selon certaines sources, de l’époque des templiers, au XIIe siècle. Haut-lieu de l’histoire religieuse et patrimoniale de la commune, la chapelle Notre-Dame-du-Temple est majestueuse. Les Templiers possédaient aussi une maladrerie à côté de la chapelle, dont il ne reste malheureusement rien.

La chapelle Notre-Dame du Temple, ou encore chapelle de Sainte-Croix, de Pléboulle est l’un des trois vestiges templiers situé à l’entrée de la presqu’île du cap Fréhel, avec la Tour de Montbran et l’église de Plurien qui auraient été fondés par les Templiers de la grande commanderie de Lannouée près d’Yvignac. On ne connait pas la date de la création de la maison de Lannouée. Elle apparait cependant pour la première fois dans une charte datée de 1182 dans laquelle les Templiers se voient confirmer la perception d’une aumône à « Lanhoë ».

Toutefois peu d’éléments objectifs entérinent officiellement la thèse de l’édification templière quant à la chapelle… Notre-Dame du Temple.

En revanche, il est avéré que la chapelle originelle fut considérablement agrandie et rénovée au milieu du XIVe, une expertise du conseil du patrimoine religieux confirmant les gros travaux. L’édifice appartenait alors aux seigneurs de Plancoët et la restauration fut l’œuvre de la famille du Guesclin. Le porche d’entrée est de style ogival et élégamment sculpté. Il est constitué d’une triple voussure terminée de pieds droits, ornés chacun de quatre colonnettes à chapiteau mouluré. Bertrand du Guesclin fit alors graver les armoiries familiales au-dessus du portail d’entrée.

L’écu des Du Guesclin

Deux symboles l’attestent : une targe (bouclier en usage au Moyen Âge) surmontée d’un heaume portant l’aigle à deux têtes de l’écu des du Guesclin*. Le second symbole est le sceau de l’ordre : deux cavaliers sur la même monture. Les vitraux, aux tons chauds et lumineux, sont l’œuvre du maître-verrier de Quintin (Côtes-d’Armor) Hubert de Sainte-Marie (1923-1991), petit-neveu du maréchal Lyautey (1854-1934), premier résident général du protectorat français au Maroc en 1912, ministre de la Guerre lors de la Première Guerre mondiale, puis maréchal de France en 1921, académicien et président d’honneur des trois fédérations des Scouts de France.

Remise de l’épée de connétable à Bertrand du Guesclin. Miniature des Grandes Chroniques de France attribuée à Jean Fouquet, vers 1455-1460, BnF, Fr.6465.

Ce site très prisé des estivants par sa beauté et sa connotation historique possède sur son mur nord un Christ en bois très expressif provenant du calvaire de Rocheaulan. Une statuette en bois peint appelée « Notre-Dame-du-Temple » représente la légende de la bataille de Saint-Cast. Elle est située dans une niche protégée. Ce chef-d’œuvre architectural religieux, remarquable d’authenticité, fait la fierté des Pléboullais.

Gisant de Bertrand du Guesclin à la basilique Saint-Denis

Une association culturelle fait revivre chaque été le site en y dispensant des concerts (musique baroque, celtique, etc.). Les acoustiques y sont remarquables. C’est un magnifique lieu de mémoire collective. Ce pan de l’histoire de la cité perdure grâce à l’engagement désintéressé de bénévoles.

Sources : ouest-france.fr ; www.templiers.org – Le site du Projet Beaucéant/Images © Yonnel Ghernaouti ; montage vidéo Jean-Luc Bergonzi/Musique © Freddy Petit ; CD en vente sur https://bit.ly/3fXmnat

*Blason de Bertrand du Guesclin (v. 1320 – 13 juillet 1380), connétable de France et de Castille. Blasonnement : d’argent à l’aigle bicéphale éployée de sable becquée et membrée de gueules, à la cotice du même brochant sur le tout. 

Grande Loge de France, l’actu de novembre

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Pourquoi Devenir Franc-maçon ?

Comment devient-on franc-maçon ? Qu’apporte la démarche maçonnique en Grande Loge de France ? Nous aide-t-elle à mieux comprendre le monde qui nous entoure ?

Théo, 25 ans, & Jean-François, 92 ans, nous livrent  leur regard et leur expérience sur la Franc-maçonnerie en Grande Loge de France. Une interview intergénérationnelle à découvrir absolument !

Conférence Publique du Cercle Condorcet Brossolette

Approche de l’initiation en Grande Loge de France
Avec ? Jean-Christophe Cabotte, ancien Vénérable Maître de la Loge Papus
Quand ? Samedi 19 novembre 2022 à 14h30
Où ? Hôtel de la Grande Loge de France – Grand Temple Pierre Brossolette – 8, rue Puteaux – 75017 Paris
Inscriptions obligatoires :  

Conférence Publiques en Province

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la Franc-maçonnerie
Avec ? Robert de Rosa, ancien directeur de la rédaction de Points de Vue Initiatiques 
Quand ? Samedi 19 novembre 2022 à 14h30
Où ? Maison du temps libre – 60, bd de Nomazy – 03000 Moulins

La grotte Cosquer révélée

La cavité engloutie des Calanques de Marseille, de la découverte à la réplique
À l’initiative de la Loge Saint Jean d’Écosse 
Avec ? Pedro Lima, journaliste scientifique et auteur spécialiste de la préhistoire
Au programme ? Conférence, exposition de panneaux explicatifs richement illustrés et séance de dédicaces de l’ouvrage La Grotte Cosquer révéléeLes secrets du sanctuaire préhistorique englouti (Synops, 2021)
Quand ? Samedi 12 novembre 2022 à 17 heures
Où ? Château Saint-Antoine – 10, bd Jules Sebastianelli – 13011 Marseille

Sur les Ondes : Divers Aspects de la pensée contemporaine

Retenez la date ! Dimanche 20 novembre 2022, Thierry Zaveroni, nouveau Grand Maître de la Grande Loge de France, sera l’invité de l’émission « Divers aspects de la pensée contemporaine »​ sur France Culture, présentée par  Perry Wiley, Grand Maître honoris causa de notre Obédience.
Quand ? De 9h42 à 10 heures
Sujet ? Actions et projets pour la Grande Loge de France
Replay ? (Re)écouter la dernière émission sur la communication de la Grande Loge de France avec Frédéric Pesquier, Grand Officier à la communication :

FRATERNITE EN ACTION

La Grande Loge de France vous propose une soirée Sidaction exceptionnelle le jeudi 1er décembre 2022. Inscrivez vous dès à présent !
Avec : Florence Thune, directrice de l’association Sidaction – Thierry Zaveroni, Grand Maître de la Grande Loge de France – Philippe Mondon, président du Congrès Ile-de-France – Félicien Brut et Bruno Maman, artistes animateurs de la soirée
En vidéo : Professeur Jean-Philippe Spano et Enrico Macias
Quand ? Jeudi 1er décembre 2022 à 20 heures
Où ? Hôtel de la Grande Loge de France – 8, rue Puteaux – 75017 Paris

POINTS DE VUE INITIATIQUES

Ne manquez pas le dernier numéro de la revue de la Grande Loge de France,
Un collector sur le thème de l’universalisme

La Maçonnerie se définit universelle, comme le rappelle le premier chapitre de la Constitution de la Grande Loge de France. Sommes-nous confortables avec cette identité ? Savons-nous dire ce qu’elle est ?

Ce numéro 205 de Points de Vue Initiatiques, qui complète le précédent sur l’humanisme, en explore quelques contours pour tenter d’y répondre.

Vous pouvez encore le recevoir si vous vous abonnez maintenant. Comment ? En flashant le QR code ci-dessus.

La présentation, ici-même, de ce numéro, en date du 17 octobre dernier https://450.fm/2022/10/17/points-de-vue-initiatiques-pour-un-universalisme-du-xxie-siecle/

Retrouvez nous sur les réseaux sociaux de PVI :

La France en héritage-Ce que la France a apporté au monde

André Larané – Éd. du Toucan – L’Artilleur/Hérodote.net, 2022, 416 pages, 22 €

Dans un premier temps, intéressons-nous à l’ingénieur et journaliste André Larané qui, passionné par l’Histoire depuis l’enfance, est connu pour être le fondateur du fameux site Herodote.net (du nom de l’historien grec Hérodote), site Web consacré à l’Histoire universelle.

Il a suivi une maîtrise à Toulouse-Le Mirail en parallèle avec des études d’ingénieur à l’École centrale de Lyon (1976) et a pour devise une formule que l’on prête à Guillaume le Taciturne, fondateur des Pays-Bas indépendants : « Il n’est point besoin d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer. » Connaissant sa position quant à Internet, déclarant « Par sa souplesse et sa convivialité, Internet est un outil de communication extraordinaire. À la différence de l’imprimé, il se prête à des corrections et des enrichissements sans fin. Mais c’est aussi un excellent outil de sensibilisation à l’écrit. Il permet à des néophytes de s’initier à un sujet avant de l’approfondir à travers un livre », pas étonnant qu’ André Larané utilise ce médias pour transmettre sa passion. Rappelons que le site s’est doté d’une lettre hebdomadaire Les Chroniques d’Herodote.net.

Dans la série ‘’ce que la France doit…’’, comment ne pas penser à Ce que la France doit aux Francs-Maçons-Et ce qu’elle ne leur doit pas (First, 2012) de Laurent Kupferman, consultant en communication, et Emmanuel Pierrat, avocat au barreau de Paris, et à Ce que la République doit aux francs-maçons (First, 2021) – deux ouvrages préfacés par Pierre Mollier, directeur de la bibliothèque du Grand Orient de France et conservateur du musée de la franc-maçonnerie, ou encore au seul texte de Laurent Kupferman Ce que la république doit aux francs-maçons sur le site de la Bibliothèque nationale de France à l’occasion de la grande exposition de 2016 sur la franc-maçonnerie https://bit.ly/3hDdPG0

André Larané

L’ouvrage d’André Larané est préfacé par l’universitaire et historien Jean Tulard, ancien professeur à la Sorbonne et à Sciences Po et membre de l’Institut, et considéré comme l’un des meilleurs spécialistes de Napoléon Ier et de l’époque napoléonienne (Directoire, Consulat et Premier Empire).

Il faut dire, et c’est la phrase introductive de la quatrième de couverture, que « Le monde d’aujourd’hui ne serait pas le même sans la France ». Et dans tous les domaines : sciences, sciences de l’économie, sciences sociales et morales, culture, mœurs, droit, politique, commerce, puissance militaire, etc.

Jean Tulard, membre de l’Institut

La « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen » du 26 août 1789 vaut à la France d’être considérée comme la patrie des droits de l’homme. Mais aussi, pour combattre l’obscurantisme et les superstitions des siècles passés, les philosophes des Lumières ont voulu, à la mort de Louis XIV, renouveler le savoir par l’utilisation de la raison. La France est donc aussi le pays des Lumières !

Tout d’abord, rendons grâce aux éditeurs d’utiliser une police de caractère permettant aux personnes âges de mieux pourvoir accéder à une lecture aisée de l’ouvrage – à ce jour, chez les plus de 60 ans, plus de 60 % d’entre eux sont déficientes visuelles.

L’auteur voyage dans le temps, des origines – Un artiste nommé Cro-Magnon – à « L’unification du monde » – septième et dernière partie.

En reproduisant un schéma de lecture du style frise chronologique, André Larané restitue un excellent et utile outil accessible à tous. Nous visualisons ainsi les étapes les plus importantes de notre Histoire. Avec des jalons précis.

Nous aimons tout particulièrement le choix du nom des titres comme « Les Gaulois entre dans la mondialisation », « Les Gallo-Romains préfèrent le pantalon », « Paysans et seigneurs solidaires envers et contre tout », « L’amour courtois libère la femme » – précurseur de l’émancipation des femmes ? – , « Les évêques et les abbés se convertissent au style gothique », « Les savants font leur Révolution », « Séparation des Églises et de l’État, une première mondiale ! » et son corollaire la laïcité, « En France, on a des idées ! »…

Plutôt qu’un enseignement de l’Histoire, l’ouvrage offre à l’l’histoire, la nôtre qui plus est, un enseignement. Tout ce que notre pays a apporté à tous les continents.

Paraphrasant Liberté de Paul Éluard, nous proclamons, haut et fort, France j’écris ton nom !

Soyons fier de notre histoire. Soyons fier de ce nous avons fait au cours des vingt siècles précédents – même s’il nous faut compter parfois des périodes troubles, sombres et non reluisantes que nous devons assumer et regarder en face.

Sans doute est-il désormais bien loin, dans le contexte actuel, le temps où l’Europe parlait français. Comme au XVIIIe siècle, où la langue de Voltaire était la langue de la communication internationale à la place du latin. Sans doute, nous faut-il œuvrer afin que notre belle langue ne devienne pas langue morte pour le reste du monde

Découvrir les bonnes feuilles du livre https://bit.ly/3huCpJ7

Source : André Larané, fondateur de Herodote.net, d’après une interview de Francopholistes

Martín Fierro, José Hernández et la franc-maçonnerie argentine

De notre confrère argentin eltribuno.com

« Frères soyez unis, car c’est la première loi, ayez une véritable union, à tout moment, car s’ils se battent entre eux, ils seront dévorés par des étrangers. » Lorsque, enfants, l’enseignante nous faisait mémoriser ces versets, peut-être même qu’elle n’était pas consciente de la quantité de lecture symbolique qui s’y cachait.

« C’est un quatrain qui, dans la franc-maçonnerie argentine, est utilisé tel qu’écrit pour eux par leur distingué frère », écrit le journaliste Marcelo O’Connor dans un article de SymbolNet (n° 56, novembre 2006), l’organe électronique officiel de la Grande Loge. de l’Argentine.

Et il ajoute: « Les proverbes soi-disant gauchos de Martín Fierro, selon les analystes littéraires, sont tirés de l’Ancien Testament, des Évangiles, du Coran, de Confucius et de l’épithète. Hernández était, comme il se doit, un homme de culture universelle ».

José Hernández (1834/1886), neveu de Juan Martín de Pueyrredón (remarquable Maître Maçon initié à Cadix, Espagne et déjà membre de la première Loge Lautaro à Buenos Aires), son affiliation maçonnique est très peu connue, sans laquelle, très probablement , Martín Fierro aurait été écrit d’une autre manière ou, peut-être, n’aurait jamais vu le jour.

Hernández a subi le rituel d’initiation, indispensable pour entrer dans la franc-maçonnerie, le 3 mars 1865 dans la Loge Asilo del Litoral n ° 18 (à Paraná, Entre Ríos) où après un an il était déjà secrétaire. Le fragment d’un discours offert par le poète dans cette loge est resté de ces jours.

« …prêchant l’égalité, l’harmonie et la concorde ; apprenant aux hommes à défendre la justice, la morale et les intérêts de la société ; enseignant l’humanité dans la prospérité, la résignation dans le malheur et la persévérance dans les affaires que la prudence a commencées, dirigeant sagement toutes les passions humaines, en un mot , encourageant les hommes à remplir tous les devoirs qu’ils ont envers Dieu, envers leurs semblables et envers eux-mêmes. C’est la Maçonnerie révélée par ses faits ».

Au milieu de 1867, Hernández participe à la réorganisation de la Loge Constante Unión Nº 23, qui travaillait dans la ville de Corrientes, étant élu au poste de Président (dans une loge maçonnique, on l’appelle ainsi non à ceux qui sont qualifiés pour offrir les meilleurs discours), mais au Frère qui interprète et administre les lois) qu’il occupe pendant plusieurs années pour finalement être élu Vénérable Maître (c’est-à-dire qui préside la loge) pour la période 1868/69.

Hernandez a également travaillé maçonniquement dans la ville de Buenos Aires. Le 30 décembre 1879, il est affilié à la Loge d’obéissance à la loi n° 13, à laquelle il continuera à participer jusqu’à sa mort.

José Hernández dans sa carrière maçonnique a atteint le 32ème Degré Rappelons que le point culminant de ce parcours initiatique (appelé par certains « l’Université de la Franc-Maçonnerie ») est le 33ème Degré.

En outre, il a occupé des postes au sein du gouvernement de la Grande Loge de la franc-maçonnerie argentine, le plus important étant celui de la période 1880/81 au cours de laquelle il a été élu Grand Premier Surveillant (ce qui doit être compris comme Second Vice-Président.)

Peut-être que l’affiliation maçonnique de l’auteur de Martín Fierro peut être surprenante tout en sachant qu’il a consacré beaucoup de temps et d’efforts à travailler dans cet Ordre.

De plus, nous devons souligner qu’il n’était pas le seul.

Des écrivains, des intellectuels, des poètes et des personnalités culturelles qui étaient également francs-maçons étaient, entre autres, Hilario Ascasubi, Estanislao del Campo, Eduardo Wilde, Olegario V. Andrade, José Mármol, José María Ramos Mejía, Eugenio Cambaceres, Joaquín V. González, Agustín Alvarez, Leopoldo Lugones, Alejandro Korn, José Ingenieros, Esteban Echeverría, Miguel Cané et Juan J. García Velloso.

(*) Antonio Las Heras est docteur en psychologie sociale. Son livre « Sociétés secrètes » a remporté le prix national de la ceinture d’honneur dans le genre de l’essai décerné par la Société argentine des écrivains (Sade).