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Passage à l’Orient Éternel du Très Illustre Frère Alain Bernheim

Nous apprenons ce jour 27 décembre, alors que nous fêtons saint Jean, le passage à l’Orient Éternel du Très Illustre Frère Alain Bernheim (1931-2022), pianiste français et éminent spécialiste de la Franc-Maçonnerie. Nous partageons, bien volontiers sa riche biographie.

Jeunesse et carrière musicale

À l’âge de 12 ans, Alain Bernheim est arrêté par la Gestapo et interné au Camp de Drancy. À 15 ans, il représente le lycée Janson-de-Sailly au Concours général de philosophie. Il étudie au Conservatoire de Paris. Il est l’un des premiers étudiants à bénéficier du programme Fulbright, qui lui permet de financer un séjour au New England Conservatory of Music de Boston. Il remporte le second prix, en compagnie de Vladimir Ashkenazy, au concours international de Bucarest de 1953. Il a donné environ 2 000 concerts jusqu’en 1980. Mais il doit arrêter sa carrière musicale pour des raisons de santé.

Son parcours maçonnique

Initié au Grand Orient de France en 1963 à la Loge Europa à l’Orient de Strasbourg, Alain est, un temps – au cours des années 70 –, membre de la Grande Loge Nationale Française au sein de la RL Carolus Magnus n° 128, toujours à l’Orient de Starsbourg, souhaitant bénéficier de la régularité et de la reconnaissance. Depuis, il appartient à la Grande Loge Suisse Alpina – Respectable Loge Maçonnerie Universelle n° 40 – et à la Grande Loge Régulière de Belgique, où il a été Vénérable Maître de la Loge de Recherche Ars Macionica n° 30. En 2010, il a été le premier Français élu membre actif de la Respectable Loge Quatuor Coronati no 2076 (Grande Loge Unie d’Angleterre) dont il a démissionné en 2014 alors qu’il en était Premier Surveillant. 33e du Suprême Conseil de la Juridiction Sud des États-Unis, Grand Capitulaire du Grand Prieuré de Belgique, membre de l’Ordre Royal d’Écosse, membre d’honneur et Grand Commandeur Honoris Causa du Suprême Conseil de France, il est un des rares auteurs à avoir reçu deux fois – usant d’un pseudonyme – le Norman Spencer Award de la Loge Quatuor Coronati no 2076 (1986 et 1993).

Il a reçu aussi de nombreuses distinctions ou prix : Certificate of Literature de la Philalethes Society (1997) ; Blue Friar (2007) ; Albert Gallatin Mackey Scholar Award for Lifetime Achievement, Scottish Rite Research Society (2009) ; Prix Caroubi du Suprême Conseil de France (2010) ; Prix littéraire de la Maçonnerie française pour Le rite en 33 grades De Frederick Dalcho à Charles Riandey (2011) ; Prix Spécial Acacia d’Or du Salon du Livre Maçonnique pour l’ensemble de son œuvre (2014).

Ses publications principales :

Introduction et Index pour la réimpression d’Histoire du Grand Orient de France (1865) de A.G. Jouaust, Paris, Télètes. 1989 ;

Introduction-Avertissement – Réimpression en fac-similé du Mémoire Justificatif de Brest De La Chaussée (1773) et de l’Histoire de la Fondation du Grand Orient de France (1812) de C.-A. Thory, Genève-Paris, Slatkine, 1992 ;

Préface à la traduction française de The Origins of Freemasonry – Scotland’s century 1590-1710, David Stevenson, Paris, Télètes, 1993 ;

Les débuts de la franc-maçonnerie à Genève et en Suisse. Avec un essai de répertoire et de généalogie des loges de Genève (1736-1994), Genève, Slatkine, 1994 ;

(en) Introduction and index to the reprint of Outline on the Rise and Progress of Freemasonry in Louisiana by James B. Scot, . Michael Poll Publishing, 1995 ;

(en)Heredom : The Transactions of the Scottish Rite Research Society, avec S. Brent Morris, W. Kirk MacNulty et William D Moore, 1996.

Collectif, (collaboration) Encyclopédie de la Franc-maçonnerie, Paris, Librairie générale française, Coll. Pochotèque, 2000 ;

Hommage à Jean Émile Daruty (préface à la seconde réimpression en fac-similé des Recherches sur le Rite Écossais Ancien et Accepté, 1879-1880), Paris, Télètes,  2001 ;

Collectif, (collaboration) Freemasonry in Context, Lexington Books, 2003 ;

Réalité Maçonnique, in Masonica, revue du Groupe de Recherche Alpina, Lausanne, 2007 ;

Une certaine idée de la franc-maçonnerie, préface d’Arturo de Hoyos, Éditions Dervy, Paris, 2008 ;

Les lectures incertaines de Charles Porset in Humanisme, Paris, octobre 2009, no 286, p. 104-109 ;

Le rite en 33 grades – De Frederick Dalcho à Charles Riandey, Éditions Dervy, Paris, 2011 ;

Ramsay et ses deux discours, Paris, Éditions Télètes, 2012 ;

Les deux plus anciens manuscrits des grades symboliques de la franc-maçonnerie de langue française, Pais, Éditions Dervy, 2013 ;

Régularité maçonnique, Paris, Télètes, 2015 ;

Freemasonry’s Royal Secret – The “Francken Manuscript” of the High Degrees. Introduction by Alain Bernheim, 33°, and Arturo de Hoyos, 33°, G.C. – The Scottish Rite Research Society (Washington, D.C.) ;

Préface pour De l’Écosse à l’Écossisme, de Louis Trébuchet. Éditions Ubik, 2015 ;

(en) Masoniuc Regularity. Westphalia Press (Washington, D.C.). (ISBN 9781-63391-408-7).

Une histoire secrète du Rite Écossais Rectifié, Éditions Slatkine, 2017 ;

Il est également auteur d’environ 150 publications en français, anglais et allemand dans la presse spécialisée consacrée à la franc-maçonnerie.

Alain Bernheim et Jacques Attali – SML 2014, GLDF – Photo © Yonnel Ghernaouti, YG

Mes TTCCSS & TTCCFF, tirons une batterie de deuil :

« Gémissons, Gémissons mais Espérons. »

Et couvrons cette batterie par une batterie d’Espérance :

« Espérons, Espérons en confiance, Espérons en confiance et en sérénité ! »

Puisse Dieu, l’Être Éternel, le Très Haut, Grand Architecte de l’Univers, accueillir ce digne Fils de la Lumière en Sa demeure céleste où, désormais, il résidera en paix.

Notre très cher Frère Alain nous a quitté, mais son souvenir ne s’effacera jamais !

Il est parti à 91 ans alors que nous le pensions immortel…

Sources : Wikipédia ; Heredom-Scottish Rite Research Society, vol. 20, 2012

Qui sont les scouts ? Et qu’est-ce que les maçons et les services spéciaux ont à voir là-dedans ?

Par Théories du complot adéquates – du site russe fraza.com

En décembre 2022, des éclaireurs ukrainiens, parodiant les traditions chrétiennes, ont remis une bougie appelée « Lumière du monde » à Volodymyr Zelensky. Fait intéressant, le président de l’Ukraine est-il conscient que le mouvement scout a été construit à l’origine comme des cellules / confréries mi-maçonniques, mi-révolutionnaires, à partir desquelles des partis et mouvements politiques semi-légaux ou complètement illégaux sont ensuite nés ?

Tout a commencé avec le fait qu’au tournant des 19e et 20e siècles, un officier anglais à la retraite, Robert Baden-Powell (membre de la loge maçonnique rituelle écossaise)*, a inventé un nouveau jeu et captivé la jeunesse anglaise. Son livre « Scouting for boys » est considéré à ce jour comme la « bible » du scoutisme.

Fait intéressant, plusieurs loges maçonniques portent le nom de Baden-Powell. Il est également significatif que certaines de ses idées s’inspirent des écrits de son ami, le célèbre franc-maçon et raciste Rudyard Kipling.

Un autre moment significatif. À la fin du XIXe siècle, le franc-maçon américain Daniel Carter Beard (Oncle Dan) a fondé un programme pour les garçons appelé la Société des fils de Daniel Boone. Ils devinrent plus tard des « garçons pionniers ». Baden-Powell a lu le programme américain de Byrd et y a emprunté certains de ses concepts pour une édition révisée de son livre en 1910.

De plus, il existe des structures scoutes qui sont, par essence, de la franc- maçonnerie pure . Par exemple – « l’Ordre de la Flèche », créé en 1915 par deux francs-maçons. L' »Ordre de la Flèche » se compose de trois degrés, comme les trois degrés maçonniques symboliques. Chaque degré a une touche, une poignée de main, un message d’accueil et un mot de passe. Dans l’OS, tout comme les maçons, ils subissent une initiation. 

Depuis la brumeuse Albion, le mouvement scout s’est rapidement répandu en Europe et dans le monde. Le jeu était intéressant, passionnant et avec une intention : éduquer la jeune génération « dans la bonne direction » dès l’enfance. Cela les rend plus faciles à manipuler par la suite.

La culture idéologique des futures élites commence avec le scoutisme. Les présidents et les banquiers du monde occidental, qui sont passés par des camps de scoutisme dans leur enfance, sont prêts à aider ce mouvement, obéissant à la devise « Scout un jour, scout toujours ».

Les Boy Scouts ont également une longue histoire de relations fructueuses avec les agences de renseignement. En 1971, une histoire a fait surface à Philadelphie selon laquelle le FBI encourageait l’utilisation d’éclaireurs comme informateurs : les enfants signalaient aux agents tout ce qu’ils voyaient de suspect dans leur quartier. Selon les estimations de 2007, 85% de tous les agents du FBI sont d’anciens scouts.

Et un autre instant. Le célèbre franc-maçon et homme politique ukrainien Pavlo Skoropadsky a également patronné les scouts (scouts), sous sa direction, ils ont lancé une activité très vigoureuse dans les villes. Certes, a-t-il terminé, Skoropadsky est triste…

*[NDLR : cf. notre article « 29/07/1907 : Naissance du scoutisme. Et la Franc-Maçonnerie dans tout cela ? » Lord Robert Stephenson Smith Baden-Powell of Gilwell, fondateur du mouvement scout, n’a jamais été Franc-Maçon.]

Georges Sérignac, grand maître du Grand Orient de France – Affaires publiques

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Georges SÉrignac, Grand maître du Grand Orient de France – Affaires publiques – Avec Alexis Lacroix

Est-il encore besoin de présenter le grand maître du GODF, notre Frère Georges Sérignac ?

Par contre, nos lecteurs ne connaissent peut-être pas encore le journaliste, éditorialiste politique, essayiste, germaniste et historien des idées français qu’est Alexis Lacroix.

Il a été directeur adjoint de la rédaction de l’hebdomadaire Marianne et responsable des Séminaires de La Règle du jeu (revue).

De novembre 2016 à septembre 2019, il est directeur délégué de la rédaction de l’Express, chargé de la culture (Livres, Arts-spectacles, « Styles de ») et des Idées.

Alexis Lacroix en 2014, par Hannah Assouline.

Il est le directeur des rédactions des radios Judaïques FM et Radio J, et de Studio Qualita (Jérusalem) et aussi directeur de publication de l’hebdomadaire Actualité juive.

Il présente Radio GO (Divers aspects de la pensée contemporaine, par ailleurs excellente émission) sur France Culture, le dimanche matin, et anime les séminaires de la Règle du Jeu. Il est l’un des cofondateurs, au Grand Orient de France, des Universités populaires maçonniques.

En avril 2021, ce proche de Manuel Valls signe, avec Régis Debray et Benjamin Stora, Penser les frontières (Bayard), et, avec l’académicien Pierre Nora et Benjamin Stora, Mémoires coloniales (Bayard). Conseiller de la Revue politique et parlementaire, dirigée par le politologue Arnaud Benedetti, il enseigne aussi la littérature française (département de Lettres modernes) à l’Université catholique de Lille.

Porter (ou pas) des gants blancs en Franc-maçonnerie ?

On peut caractériser une société traditionnelle par le fait que tous les individus de cette société s’y insèrent en une hiérarchie sociale harmonieuse qui permet de s’accomplir pleinement et de donner carrière aussi bien à l’exercice efficace d’un métier qu’à une réalisation spirituelle effective. La Franc-maçonnerie est une société traditionnelle, elle a conservé ces deux aspects du perfectionnement. Certains de ses rituels et symboles manifestent l’origine du métier de bâtisseur en même temps que les valeurs spirituelles sur lesquelles elle repose. Les gants sont un de ces symboles à la fois professionnels et gnostiques.

Dans l’histoire du costume, les gants sont, de prime abord, considérés comme symbole de déférence, de soumission, de loyauté en particulier. Dès les premiers temps du christianisme, il est d’usage de se déganter devant un supérieur. Cette exigence se retrouve tout au long des siècles : les juges royaux demeurent mains nues dans l’exercice de leurs fonctions, et on ôte ses gants pour entrer dans les Grandes et Petites Écuries du Roi-Soleil. On peut considérer que c’est sur ce registre de respect que le franc-maçon se dégante pour prêter ses serments.

En Occident, vers le VIIe siècle les gants deviennent des accessoires de luxe et donc de mode. Les comptes d’Isabeau de Bavière mentionnent en 1408 des gants «brodés tout autour», Montaigne ne s’en serait pas plus passé que de sa chemise et Catherine de Médicis les offre en cadeau très apprécié aux dames de la cour ; ils sont alors en soie ou en cuir, si fins qu’ils peuvent être roulés dans une coque de noix, usage qui persistera encore au XIXe siècle, en Angleterre surtout, où la noix est pendue ostensiblement à la taille pour bien marquer la faveur royale. Henri III et ses mignons les affectionnent pour la nuit, imprégnés de musc, d’ambre gris, de civette et de benjoin.

Au Moyen Âge, en acte de soumission le gant est offert au roi par ses villes vassales. Lors des cérémonies rituelles du couronnement en France, l’archevêque, en bénissant et en présentant une paire de gants au souverain, lui assure, par ce geste, possession de son domaine et loyauté de ses sujets.

Les gants blancs sont des masques des mains. Le directeur de la prison de la Force où était enfermé  Lacenaire en 1835 dit de son pensionnaire : «Ses actes comme sa personne étaient en contradiction perpétuelle, il était charitable et assassin, il aimait le sang et ses traits n’exprimaient que la douceur. Il n’était repoussant que par ses mains qu’il avait laides et difformes. C’est par là que j’avais deviné Lacenaire. Ainsi ce tigre cachait-il ses griffes sous ses gants»

Dans le clergé, les évêques, archevêques et papes portent des gants et seul le pape les porte blancs. Les gants liturgiques furent toujours à doigtiers distincts et non des mitaines. Chaque doigt relevant d’une symbolique planétaire particulière devait en effet conserver son indépendance pour laisser agir son rayonnement propre, son énergie : Vénus en pouce, Jupiter en index, Saturne pour le médium, le Soleil avec l’annulaire et Mercure, le petit messager, à l’auriculaire.

Les saint-cyriens en tenue d’apparat portent des gants blancs, symboles du savoir-vivre qui est savoir mourir, symboles d’une certaine société où honneur et panache sont inséparables.

Dès 1598, puis 1599, William Schaw, dans ses Statuts destinés à réglementer la pratique du métier de tailleur de pierre ou de maçon, évoque l’existence de gants[1] (sans précision de couleur) : « Il est ordonné que tous les compagnons paieront, le jour de leur réception, la somme de dix livres pour le banquet, plus dix shillings pour le prix des gants. » Il est une maladie professionnelle que l’on n’évoque guère, que l’on appelle la « gale des cimentiers ». Cet eczéma orthoergique[2] est dû à l’action caustique brûlante de la chaux alcaline. Pour cette raison, les responsables des chantiers achetaient régulièrement des gants pour les maçons, mais ceux-ci étaient en cuir très épais et souple comme celui du cerf.

Contrairement à la maçonnerie opérative, au XVIIIe siècle et début XIXe, le port des gants n’était pas encore envisagé dans la maçonnerie spéculative[3].

Dans la tradition compagnonnique, le « compagnon fini » recevait, avec ses gants de travail, une autre paire de gants blancs, surnommée la clandestine parce qu’elle était remise à la femme du récipiendaire « ou lui appartenir d’une autre façon ; on n’a point d’inquiétude là-dessus[4] ». Ce n’est qu’après le XVIIIe siècle, que la Franc-Maçonnerie spéculative reprendra cette tradition dès l’initiation. Combien de mères, d’épouses, de sœurs ou d’amantes reçurent cette manifestation d’amour. Goethe, en offrant à Mme de Staël cette seconde paire de gants, dira : « ce cadeau, infime en apparence, présente la particularité de ne pouvoir être offert par un homme qu’une fois dans sa vie[5]. » Cette tradition est actuellement souvent remplacée par une rose rouge.

La couleur blanche des gants est celle des initiés parce que l’homme qui diminue ses ombres pour suivre la lumière passe de l’état profane à celui d’initié, de pur ; il est, spirituellement, rénové. D’un point de vue initiatique, le blanc – synthèse des couleurs de l’arc-en-ciel – évoque la lumière spirituelle.

La couleur blanche des gants prend encore une autre signification au grade de Maître. Dans le Rituel de François Bonaventure Joseph du Mont, marquis de Gages (1763), on instruit le Maître : « Je vous donne ces gants qui, par leur blancheur, dénotent la candeur des Maîtres et que vous n’êtes du nombre de ceux qui ont trempé les mains dans le sang de l’innocent[6]. » L’examen des gants et du tablier viendra renforcer cette idée de suspicion, de trahison des engagements, et même de meurtre. C’est en souvenir de cela que les maçons portent des gants blancs malgré leur chagrin, afin de proclamer qu’ils sont innocents de la mort du Maître Hiram.

Les gants qui doivent être mis à l’entrée du temple, avant d’entrer en loge, ne doivent jamais être ôtés, sauf dans quelques cas particuliers :

  •  pour faire la Chaîne d’Union afin que toutes les énergies puissent passer ;
  •  lors de tout serment ou promesse ;
  •  au Rite Oriental et Primitif de Misraïm, la main gauche est dégantée au moment de donner son obole au Tronc de la Veuve (Isis), afin que son gant ne soit pas souillé par les vils métaux.

En fait, le port des gants blancs n’est pas obligatoire 

« Aux États-Unis, par exemple, ils sont pratiquement inconnus en loge bleue et que, lorsqu’on les porte, ils concernent surtout les officiers. En Angleterre, leur port n’est absolument pas obligatoire en loge – même s’il est très répandu. Aux termes des Constitutions anglaises, c’est un usage qui dépend, théoriquement, de la décision du Vénérable de chaque loge lequel, en pratique, suit la tradition locale et le sentiment majoritaire de ses Frères[7] ».

Au Rite Standard d’Écosse (ou Écossais d’Écosse), personne ne porte de gants, sauf le Très Vénérable Maître et ses Surveillants. Normalement, il n’y a pas de gants non plus à Émulation, cependant en France il y en a. Dans certaines Loges, tous les officiers portent des gants, pas les autres frères ; dans d’autres Loges personne n’en porte, pas même le Vénérable.

En Écosse -pays des plus anciennes Loges- et en France, dans les Loges qui en reprennent les rituels, la raison de cette exception au port des gants est donnée par des frères écossais eux-mêmes sous forme d’hypothèses :

  •  un opératif retire ses gants en quittant le chantier pour rentrer dans la loge (car le distinguo est très important dans ce pays et dans ces rituels) ;
  •  on n’a jamais vu un maçon accompli porter des gants, puisque, pour sculpter et graver, aucun artiste/artisan ne porte de gants ;
  •  les gants sont originaires des officiers en grande tenue de l’armée, des artilleurs ou de l’infanterie de marine ; or l’armée bien habillée, qui laissa de mauvais souvenirs en Écosse, est l’armée anglaise[8] !

Retenons tout de même que les gants blancs lissent l’identité commune des francs-maçons. Mettre des gants blancs, c’est glisser sa main dans un habit – un uniforme – de sérénité et d’égalité. c’est glisser sa main dans un athanor qui alchimise l’homme en être fraternel. Parce que ganté de blanc, le Franc-maçon n’est ni pouvoir ni violence mais fraternité; parce qu’il n’est pas fusion mais relation ; il se dégage d’une assemblée de francs-maçons une impression d’apaisement et de sérénité. On ne peut manquer d’associer les gants blancs au niveau du 1er surveillant dans l’analogie de leur symbolique. Le gant et le niveau invitent à inventer une reliance avec les autres, et c’est dans la chaîne d’union, parce qu’en enlaçant leurs mains dégantées, que les francs-maçons ouvrent aussi leurs cœurs. Ils ont quitté l’étui blanc de la conscience personnelle, l’athanor du gant n’est plus utile, le franc-maçon est devenu confiant et fraternel.


[1]Statuts Schaw, art. 10.

[2]. Réaction normale à une substance agressive.

[3]. Gravure de Pierre Audouin [?]: Moment important de la cérémonie d’initiation, le futur maçon découvre la lumière, XIXe siècle :

Voir également les gravures de Gabanon sur l’album des cérémonies maçonnique du XVIIIe siècle.

[4]. Gabriel-Louis Pérau (comme Louis Travenol, l’abbé Pérau veut faire croire qu’il s’est introduit frauduleusement en loge et qu’il livre au public des secrets puisés à bonne source, dans l’intention de s’amuser de la crédulité des gens), L’Ordre des francs-maçons trahi et le secret des Mopses révélé, p. 55.

[5]. Oswald Wirth, Les Mystère de l’Art Royal : Rituel de l’adepte, Dervy, 2012.

[6]Rituels du marquis de Gages, 1763, p. 54 :

[7]. Roger Dachez, sur son blog Pierres Vivantes, Avec ou sans gants ?, 6 avril 2014.

[8]. On consultera avec intérêt l’aperçu symbolique des Gants blancs.

 

L’engagement maçonnique

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Par la Bibliothèque nationale de France

Qu’est-ce que la franc-maçonnerie aujourd’hui en France ? Qui sont les francs-maçons ?
Et que recherchent-ils à travers leur engagement maçonnique ?

Roger Dachez, président de l’Institut Maçonnique de France, Yves Hivert-Messeca, historien et professeur honoraire, Jean-Pierre servel, Grand Maître de la Grande Loge Nationale Française, Daniel Keller, Grand Maître du Grand Orient de France, et Marie-Thérèse Besson, Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France, dressent le portrait des maçons et maçonnes d’aujourd’hui, et les diverses formes d’engagement qu’ils trouvent à travers la franc-maçonnerie : recherche de spiritualité et de perfectionnement de leur être à travers un chemin initiatique personnel, recherche du lien avec les autres et d’une reliance sociale et politique, ou encore participation aux débats sociétaux d’ordre bioéthique…

Retrouvez la vidéo sur les Essentiels de la BnF c.bnf.fr/QQj

Un don important fait aux banques alimentaires du Cambridgeshire pour aider les ménages en difficulté ce Noël

De notre confrère anglais cambridge-news.co.uk

Un total de 16 000 £ a été donné par les francs-maçons du Cambridgeshire – la plupart des fonds sont allés à des centres alimentaires, des banques alimentaires et des groupes proposant des déjeuners communautaires.

Un organisme de bienfaisance local a fait don de 16 000 £ aux banques alimentaires du comté pour aider les personnes dans le besoin pendant la saison des fêtes. Cela s’ensuit qu’une forte demande est attendue pour leurs services, certains ménages continuant de lutter contre la crise du coût de la vie.

Les dons ont été faits par les francs-maçons du Cambridgeshire, marquant la deuxième année où ils soutiennent les banques alimentaires à Noël . Les loges maçonniques d’Ely, de March et de Wisbech font partie des contributeurs au montant, qui a été partagé entre six sites.

La plupart des fonds sont allés à des carrefours alimentaires, des banques alimentaires et des groupes offrant des déjeuners communautaires. Ils comprennent Ely Foodbank, Ely Community Lunches, The Rosmini Centre, March Community Fridge, St Andrews Church Food Hub et Newmarket Open Door Food Hub.

Mark Upex, des francs-maçons du Cambridgeshire, a déclaré : « Je suis très heureux que nous ayons pu aider les banques alimentaires de tout le comté dans leur travail extrêmement important pendant la saison des fêtes. Nous avons été étonnés de voir à quel point il y avait de la demande lors de notre visite, avec des gens de tous horizons faisant la queue dans la neige devant l’église.

« Voir de première main comment nos dons aident les gens montre à quel point il est vital que nous continuions à soutenir nos communautés, pas seulement à Noël mais tout au long de l’année. »

Les dons aideront à soutenir les ménages aux prises avec la crise du coût de la vie ce Noël
Les dons aideront à soutenir les ménages aux prises avec la crise du coût de la vie ce Noël (Image: Cambridgeshire Freemasons)

Anita Grodkiewicz, responsable du centre communautaire du centre Rosmini, a déclaré : « Je voudrais dire un très grand merci pour les subventions que nous avons reçues et que nous utiliserons pour la collecte et la livraison de nourriture à redistribuer à tous ceux qui se retrouvent dans le besoin ou en crise.

« La subvention a été particulièrement utile en ce moment en raison du nombre élevé de personnes qui ont besoin d’aide et qui accèdent actuellement à nos services.« 

Plusieurs autres dons ont été faits récemment. Cela comprend le soutien aux enfants des départements A&E via Teddies for Loving Care, le programme Muddy Boots Farm à Highfield Ely Academy, March in Bloom, Reach à Haverhill et le Centre 33 à Cambridge.

Thuileur 1-33 – Rite Écossais Ancien et Accepté

Solis sacerdotibus, « aux prêtres seuls », ainsi débute l’ouvrage. Sans doute faut-il entendre le mot prêtre non pas comme un membre du clergé catholique mais plutôt comme un ministre d’une religion, dans une société quelconque… Et pourtant la Maçonnerie n’est pas une religion.

Un ministre donc, tel un guide qui pourrait conduire et montrer le chemin au cherchant dans son épanouissement spirituel, l’accompagner et surtout lui transmettre un enseignement, des principes et des valeurs. C’est justement ce que récapitule ce Thuileur.

Pascal Barbier – Éditions Emerek, 2022, 7e éd., 388 pages, 55 €

Tirer à 500 exemplaires, cet ouvrage, au format A4, met en exergue la phrase « Santé, Stabilité et Pouvoir. Allez dans le monde, seul, univers complet responsable devant votre conscience, riche de Connaissance et d’Amour. Nous n’avons pas d’ordre à vous donner tant que vous agirez en conformité avec nos principes, vous ne pourrez pas vous tromper… Vous êtes désormais le soldat de l’Universel et de l’Éternel ».

Alexandre François Auguste de Grasse, marquis de Tillly (1765-1845), premier Grand Commandeur du Suprême Conseil pour la France (1804-1806), premier Grand Commandeur du Suprême Conseil des Îles Françaises d’Amériques (1802-1818).

Universel s’entendant s’étend à toute la Terre, à l’univers entier et qui embrasse la totalité des êtres et des choses. Quant à Éternel, comprenons qui n’a pas eu de commencement et qui n’aura pas de fin. Et c’est ainsi qu’une représentation de ce symbole très ancien que l’on rencontre dans plusieurs cultures sur tous les continents, ce dragon qui se mord la queue, l’ouroboros figure en très bonne place, quasiment une des premières illutations dont ce livre recèle et qui sont toutes remarquablement reproduites.

Pascal Barbier

Pascal Barbier reprend la préface de 2019, réalisée par Jacques Mathieu, 33e, Très Puissant Souverain Grand Commandeur Honoraire du Suprême Conseil de Belgique. Celui-ci nous précise que ce Thuileur trouve une place unique en ce XXe siècle, par sa fidélité à la tradition et à la modernité des illustrations.

Quant à celle de 2016, réalisée par Noël Rousseau, 33e, se terminant par ars sine sciencia nihil, soit « l’art sans la science n’est rien », il souligne l’important travail réalisé par l’auteur en s’appuyant notamment sur l’importance du tableau de Loge. Rappelons que plus particulièrement dans les trois premiers degrés, il doit être impérativement tracé à l’ouverture des travaux et effacé à la clôture. Il nous parle essentiellement des traces géométrique : du principe, du point ; du céleste, le cercle et du terrestre, la droite. Mais que c’est à partir du centre que tout se développe.

Bannière SCDF

Passer l’avertissement de Pascal Barbier précisant toutefois qu’il ne s’agit pas d’un énième livre tentant d’expliquer les secrets maçonniques ou de donner des explications des différents symboles dans les divers degrés du Rite Écossais Ancien et Accepté. Un rite, qui propose une méthode et une voie à l’homme qui souhaite mieux se connaître, se découvrir et se « spiritualiser ». Cette dernière livraison nous permet d’approcher au plus près cette structuration progressive des nombreux degrés dont l’origine restent encore, pour certains, bien mystérieuses.

Jacques Rozen

D’entrée, nous aimons tout particulièrement le récapitulatif desdits degrés, la liste, agrémentée de portraits des Grands Maîtres de la Grande Loge de France ainsi que ceux des Souverains Grands Commandeurs du Suprême Conseil de France, du comte Auguste de Grasse, marquis de Tilly à Jacques Rozen en 2018.

En toute logique, l’auteur commence par la Loge symbolique, du premier au troisième degré, et propose « Les plans du Temple de l’Apprenti », puis du Compagnon et du Maître. Tout l’intérêt repose, au-delà des reproductions des tapis et tableaux de Loges, dans un récapitulatif des deux premiers grades, posant l’ouvrage comme un véritable thuileur ou manuel maçonnique. Rappelons que le tuileur est cet Officier en charge du tuilage – opération qui permet, par un jeu de questions-réponses, de s’assurer de la qualité du visiteur –, c’est à dire de la vérification de l’appartenance maçonnique des personnes qui pénètrent dans le temple ou la vérification de l’appartenance d’un frère à certains degrés.

Voici un livre décrivant avec grande précision l’organisation des décors, les signes, mots et attouchements d’un grade ou d’une série de grades. Quatre pages reprenant la légende, le tableau de Loge, l’instruction condensée, les tentures, le bijou, le tablier et le sautoir ou le baudrier mais aussi le plan de l’Atelier.

C’est ainsi que nous bénéficions d’un instructif tableau récapitulatif/comparatif du degré d’Apprenti et de Compagnon. Sous forme synthétique, nous trouvons : le nom du lieu, la Loge ; la décoration du Temple, tentures, sol, plafond ; la question d’ordre ; le mot de passe ; le mot sacré ; les colonnes ; l’âge maçonnique, les gants ; la position statique à l’ordre ; les signes de reconnaissance ; l’attouchement ; la marche ; la batterie ; l’heure de l’ouverture et de fermeture des travaux ; la circonstance de la réception, quelques points divers – travail, outils, Loge, nom – et la qualité du président.

Atelier de la Juridiction

Nous avons pour tous les autres degrés, page de gauche, la légende du grade, la description du degré selon la même approche, et, page de droite, les représentations graphiques y afférant. C’est ainsi que tous les degrés sont traités à travers la Loge de Perfection (4-14), le Souverain Chapitre (15-18), le Sublime Aéropage (19-30) ainsi que les Ultimes Vaillances (31-33), du Grand Inspecteur au Souverain Grand Inspecteur Général.

L’ouvrage s’achève avec les traditionnels remerciements, crédits photos, notes, bibliographie ainsi que table des matières.

Nous avons particulièrement apprécié la richesse et la qualité des croquis, dessins et illustrations qui fait de cet ouvrage un beau livre. À sa lecture, les Sœurs et Frères pratiquants ce rite ne pourront qu’en retirer une réel profit. Sans compter le plaisir d’avoir entre les mains quasiment un livre d’art… royal !

Il est dans la droite ligne, mais plus encore compte tenu des apports graphiques, d’un Tuileur de Claude-André Vuillaume publié pour le première fois en 1820, du Tuileur général de la franc-maçonnerie de Jean-Marie Ragon, du Thuileur Rite écossais ancien et accepté et rite moderne de de Grasse-Thilly ou encore du Thuileur des trente-trois degrés de l’Écossisme de Delaunay…

Ce sont les photos du Temple de Presles – décoré au 3e degré –, ville située dans le Val-d’Oise, en Île-de-France, et siège de l’association Emerek qui a pour objectif l’« Étude de la philosophie et des spiritualités ; la propagation de la morale ; l’exercice de la bienfaisance ; l’amitié et la solidarité de ses membres ». Mentionnons, car nous l’avons pour ainsi dire tous lu, qu’en 1985, Christian Jacq, célèbre aussi pour ses ouvrages romancés traitant d’égyptologie ou du Frère Mozart, publie Le Moine et le Vénérable, un best-seller, inspiré d’une histoire vraie dont le Vénérable Maître Édouard-José Laval est originaire de Presles, une rue portant d’ailleurs son nom.

Le suicide : la « solution » de l’initié ?

La réalité du suicide aujourd’hui

Selon l’observatoire national (français) du suicide, il y eut 9 300 décès par suicide en 2016 (soit environ 12 pour 100 000 habitants) en France métropolitaine et environ 200 000 tentatives de suicide.

Au niveau mondial on estime qu’en 2019, 703 000 personnes sont mortes par suicide. « Le taux de suicide mondial normalisé selon l’âge était de 9,0 pour 100 000 habitants pour 2019. Les taux variaient selon les pays, allant de moins de deux décès par suicide pour 100 000 à plus de 80 pour 100 000. Le taux mondial de suicide standardisé pour l’âge était plus élevé chez les hommes (12,6 pour 100 000) que chez les femmes (5,4 pour 100 000)» (sources : infosuicide).

Au niveau mondial, la grande majorité des suicides (près de 80 %) surviennent dans des pays pauvres ou à revenu intermédiaire ; le suicide est la 4ème cause de mort des 15-29 ans (cf schéma ci-dessous).

Les modes de suicides :

  • Pendaison
  • Ingestion de produits toxiques
  • Ingestion de médicaments
  • Armes à feu
  • Chute dans le vide (défénestration)
  • Accidents de voiture
  • Ecrasement par un train
  • Asphyxie (exposition à des gaz toxiques ou tête dans le sac)
  • Attentat-suicide
  • Suicide par le feu
  • Autres

Les principales causes du suicide

On imagine bien qu’il soit très difficile d’affirmer les raisons des suicides ; on a généralement tendance à évoquer les facteurs de risque suicidaire :

  • Les troubles mentaux (en particulier la dépression et les troubles liés à l’usage de l’alcool) dans les pays à revenu élevé
  • les conflits, les catastrophes, la violence, la maltraitance
  • un deuil, un sentiment d’isolement
  • les personnes confrontés à la discrimination, tels que les réfugiés et les migrants ;
  • les populations autochtones ; les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres ou intersexuées (LGBTI) ;
  • les prisonniers.
  • la fin de vie.

Suicide et religions

Pour l’ensemble des religions, le suicide est généralement prohibé avec toutefois des variations.

Les églises catholique et orthodoxe sont les plus catégoriques.  Pour l’église catholique cela date d’Augustin d’Hippone (354-430), auteur de la première dénonciation du suicide (Cité de Dieu 1,17-28).

Deux arguments sont généralement exposés pour justifier cette condamnation :

  • la théologie de la création : en attentant à ses jours, l’être humain dispose d’un bien qui ne lui appartient pas, mais qui lui a été confié sous forme de talents à faire fructifier, et sur quoi Dieu réclamera des comptes (Matthieu 25,14-30).
  • la théologie de la rédemption : comme le croyant vit et meurt pour le Seigneur et non pour lui-même (Romains 14,8), celui qui se retire volontairement la vie la vole à la mission qui lui a été confiée.

A partir du Concile d’Orléans, en 533, l’Église a refusé les obsèques religieuses aux suicidés.

Aujourd’hui le Catéchisme de l’Eglise Catholique dit :  » Lorsque des troubles psychologiques graves, l’angoisse ou la crainte grave de l’épreuve, de la souffrance ou de la torture sont en cause, la responsabilité du suicidaire est diminuée « . (CEC, 2282).

Les protestants et les bouddhistes ont une vision plus circonstanciée.

Les jaïnistes, en Inde, admettent le santhara, qui consiste à se laisser mourir par le jeûne à la fin de sa vie.

Dans la religion juive, certains rabbins autorisent les funérailles religieuses en prétextant que le suicidé avait regretté son acte (par exemple en cas d’ingestion de barbituriques).

Chez les musulmans, si l’opinion générale s’oppose à la permission de se tuer des fatwas justifient le suicide dans des circonstances données.

Suicide et philosophie

Depuis l’antiquité, les philosophes se partagent entre un refus et une acceptation du suicide !

On en trouve parmi les suicidés célèbres : Empédocle, philosophe grec du V e siècle av. J. -C, Sénèque, philosophe stoïcien du Ier siècle de l’ère chrétienne, Gilles Deleuze, (1925-1995), Arthur Koestler, romancier et philosophe (1905-1983).

Le suicide et l’euthanasie

Le mot euthanasie est utilisé pour désigner le déclenchement de la mort par l’autorité médicale pour une raison médicale, la plupart du temps, dans des circonstances où la personne concernée a perdu sa conscience.

On définit le suicide assisté comme la possibilité pour un-e patient-e de recevoir par l’autorité médicale une dose léthale (pouvant déclencher la mort) médicamenteuse que la personne s’administre lui-même (ou elle-même).

Les différentes formes de suicide

Le suicide dans un contexte dépressif : La dépression s’accompagne toujours d’une dévalorisation personnelle et d’une vision déformée de la réalité vécue ; le suicide est généralement considéré comme une alternative à l’incapacité à résoudre une problématique vécue comme essentielle.

Le suicide amoureux : Il s’agit d’un suicide déclenché par l’impossibilité à accéder à la « possession » d’un désir amoureux ; il peut aussi rentrer dans le cas du suicide dépressif.

Le suicide sacrificiel : certains exégètes bibliques considèrent que Jésus en fait partie : « Jésus, en envoyant Judas le dénoncer, ne s’est-il pas « suicidé par la main interposée des Romains, une euthanasie programmée pour le rachat des péchés de l’humanité ? », interroge Françoise Biotti-Mache (historienne du droit) ». Il est pratiqué par les extrémistes musulmans et bouddhistes.

Le suicide pour l’honneur : il est pratiqué lorsque le déshonneur (généralement public) affecte la réputation d’une personne qui ne le supportant pas choisi de se donner la mort. Au Japon, c’est le célèbre hara-kiri !

Le suicide libérateur : il est utilisé pour mettre fin à des souffrances extrêmes accompagnées ou non d’une déchéance physique et/ou intellectuelle.

Le suicide philosophique : on l’emploie pour désigner une mort choisie pour mettre fin à une vie considérée comme inutile et médiocre !

Le suicide par défi : C’est en particulier utilisé par les adolescents (cf aujourd’hui le “labellochallenge” Tiktok : Les jeunes appliquent du baume à lèvres ou coupent un morceau de leur baume lorsque leur journée ne s’est pas bien passée. Une fois le tube terminé, ils doivent mettre fin à leurs jours).

Le suicide par arrêt de l’alimentation : il concerne essentiellement les personnes âgées qui en viennent, consciemment ou inconsciemment, à refuser toute nourriture, ce qui abrègera la vie. On le voit aussi dans les grèves de la faim protestataires ayant dépassé un certain stade.

Les comportements suicidaires : tout se passe comme si les personnes qui les adoptent souhaitaient consciemment ou inconsciemment, abréger leur existence. Cela s’applique aux comportements à risques et aux addictions, en particulier le tabagisme et l’usage de drogues.

Les tentatives de suicide appartiennent à un autre chapitre car elles ne sont pas forcément liées à un réel désir de mort ; dans la plupart des cas il s’agit d’un appel à l’aide dans un langage corporel.

Suicide et franc-maçonnerie : le suicide, la « solution » de l’initié !

La franc-maçonne, ou le franc-maçon, se veut libre ! C’est au nom de cette liberté que la fin de vie peut (ou doit) être décidée par l’initié !

Notre premier suicide c’est celui de notre existence profane ; lorsque nous mourrons à la vie profane, n’en sommes nous pas les premiers responsables ?

Devenu initié, nous découvrons une autre dimension, d’autres exigences mais aussi un profond détachement ! L’humilité, le refus de l’ambition et du pouvoir, la quête de la vérité et de l’authenticité nous incitent au dépouillement !

Cette réflexion s’inscrit aussi dans l’imprégnation de la démarche maçonnique par la sémiologie de la mort, omniprésente symboliquement.

Refusant la soumission à l’âge, à la maladie, à d’autres concepts, la question émerge inévitablement : quelle mort désire-t-on ? La déchéance de la dépendance ou une fin digne ?

Jean-Pierre Villain, dans un article de « La chaîne d’union » 2016/2 (N° 76), intitulé « Le maçon, le désespoir et la mort, Une lecture kierkegaardienne du parcours maçonnique », précise « De ce point de vue, le chemin maçonnique nous apprend donc aussi cela : la vérité absolue de l’espérance suppose sa nécessaire humilité. Il ne saurait y avoir de vrai sage, de vrai maître qui croit à tout jamais en avoir fini avec les tentations du suicide, du meurtre et du désarroi. »

Le suicide du franc-maçon (de la franc-maçonne) peut s’assimiler à un suicide philosophique, un acte de liberté qui rejoint la revendication du droit de mourir dans la dignité !

Cet acte de liberté n’est pas contradictoire avec une croyance dans une « existence » post-mortem ! La sincérité de la motivation et la droiture de l’existence ne peuvent laisser le moindre doute sur la spiritualité d’un tel geste.

Pour les non-croyants fidèles à la fameuse devise « Ni Dieu, Ni Maître », le suicide est en complète cohérence avec leur engagement.*

Et vous, amie lectrice – ami lecteur, qu’en pensez-vous ? Est-ce une de vos préoccupations ?

D’autres réflexions sur le suicide

Le maçon, le désespoir et la mort – Une lecture kierkegaardienne du parcours maçonnique par Jean-Pierre Villain dans La chaîne d’union 2016/2 (N° 76), pages 50 à 59

Le temple maçonnique de Nancy-Une œuvre d’art dévoilée

André Rossinot signe l’avant-propos, de son simple nom, sans aucune autre qualité. Voilà qui caractérise bien la belle et grande humilité de ce « Franc-maçon initié au Grand Orient de France dont Wikipédia souligne, en rubrique « Autres activités », être aussi « Membre du club Le Siècle ».

André Rossinot

Ancien député, ancien ministre, ancien président du Parti radical, ancien maire de Nancy mais aussi président de la Métropole du Grand Nancy de 2001 à 2020, André Rossinot souligne que « la réhabilitation du Grand Temple a été le fruit de l’union de toutes les forces politiques institutionnelles, les pouvoirs publics, les représentants de l’État et les collectivités territoriales, la Région Lorraine, le Département et son regretté Michel Dinet et votre serviteur, le maire de Nancy. […] Le résultat culturel, scientifique et technique est maintenant salué par tous les amis qui fréquentent « la rue Drouin ». C’est une nouvelle étape de la vie du temple… »

Vous l’avez compris, l’union fait la force. En sagesse, ils ont donc tous donné, en le rénovant, la beauté à ce temple qui fait désormais aussi le bonheur des visiteurs lors des Journées Européennes du Patrimoine. les Journées européennes coordonnées par la Direction régionale des affaires culturelles du Grand Est (DRAC).

Rappelons aussi que nous devons au préfacier, avec la collaboration d’Emmanuel Haymann, d’un Stanislas, le roi philosophe (Michel Lafon, Coll. Un Maire – Une Ville – Un Personnage, 1999, réimpr. 2004, 2008) et un rapport sur La laïcité dans les services publics – en trois parties : La laïcité au cœur de la République, Agir pour consolider la laïcité dans les services publics, assurer l’adhésion durable de tous aux valeurs de la République –, remis à Nicolas Sarkozy le 20 septembre 2006.

Plus qu’un ouvrage, ce beau livre est publié sous l’égide de l’ILDERM (Institut Lorrain d’Études et de Recherche maçonniques), association interobédientielle elle qui s’est donnée comme projet de faire revivre la riche histoire de la Franc-maçonnerie en Lorraine. L’ILDERM déjà connu pour ses Chroniques d’histoire maçonnique Loraine ou encore, en novembre 2007, la parution d’une nouvelle revue maçonnique Le pied du mur dont le premier numéro s’inscrivait dans une problématique plus générale de « Poésie et Vérité », complément heureux des textes maçonniques qui concernent surtout le domaine du savoir dit « savant ».

Mais avant d’entrer dans le récit de cettte belle aventure que fut la rénovation de ce temple, sans doute l’un de plus beau de France, situons, à Nancy, au sein du département de Meurthe-et-Moselle, en région Lorraine, la rue, à quelques encablures de la cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation, qui porte le nom de la famille Drouin : Nicolas Drouin (1590-1649), auteur du tombeau du Charles de Lorraine dit le cardinal de Vaudémont aux Cordeliers ; Siméon Drouin, sculpteur et architecte, auteur du Vœu de Nancy, à l’église Notre-Dame-de-Bonsecours ; Jessé Drouin, sculpteur et Florent Drouin, né à Nancy, mort en 1612, auteur, entre autres, de la Cène de Saint-Epvre (1582).

Si au numéro 2 de ladite rue, nous trouvons la Maison du Peuple, c’est bien au 15 qu’il faut faire halte afin de découvrir un lieu encore insolite pour beaucoup, alimentant toujours secrets et fantasmes. Devant la porte, rien n’y parait. Mais une fois la porte franchie, c’est la découverte totale de cette maison partagée, le temple de la Loge Saint-Jean-de-Jérusalem. Michel Richalet retrace la journée du 27 janvier 2017 qui a vu la cérémonie inaugurale où tentures et voûte étoilée apparaissent dans leur splendeur d’antan.

C’est à la plume d’Émilie Checroun, mandataire du groupement de restaurateurs, de nous faire connaître ses impressions de restauration. Une belle occasion de travailler, avec son équipe sur un patrimoine assez peu connu du grand public mais aussi de la communauté scientifique du monde de la conservation-restauration. Quant à la petite histoire du temple, nous la devons à Jean-Claude Couturier qui nous conte comment l’immeuble où se situe le temple fut acheté en 1826 par le notaire Franc-Maçon Pierre François Marchal, un notable républicain qui marqua la vie politique de la ville. Présentant un style égypto-art nouveau, le chapitre sur le décor peint, que nous devons conservateur du patrimoine Stéphanie Cantin, ne manquera pas d’aiguiser la sagacité de l’amateur d’art. Retenant aussi toute notre attention, les écrits de l’historienne Roselyne Bouvier.  Un texte rehaussé par de très belles vues de l’intérieur du temple, avec moult détails.

Chaque symbole est décrypté : des signes du zodiaque au scarabée, du lotus au delta lumineux en son vitrail d’Orient – vitrail réalisé par Paul Nicolas, disciple d’Émile Gallé – jusqu’au décor de la porte d’Occident. Ainsi que les différentes allégories, seize au total dans leur niche, des vertus maçonniques telles que la charité, le courage, la force, l’espérance, la concorde , l’obéissance, la volonté, l’amour, la puissance ou encore la liberté. Sans oublier la chouette de la sagesse. Enfin, la magnifique voûte étoilée fait, elle aussi, l’objet d’une très belle étude. Imaginez une Tenue dans un tel lieu… De la belle ouvrage !

Par ailleurs, il est dans mes usages de présenter l’éditeur lorsque je chronique, pour la première fois, un de ses ouvrages.

Créé par François Baudin en 2013, Kaïros a toujours défendu une ligne éditoriale indépendante, humaniste et de progrès social. C’est ainsi que les éditions ont développé différentes collections : Philosophie, Témoignage, Poésie, Histoire, Questions humaines, Droit. Plus de soixante-quinze livres ont été édités en huit ans te de nombreuses conférences ont été organisées à travers la Lorraine, mais aussi des expositions, des actions culturelles diverses, des concerts, des débats, ainsi que la participation à de nombreux salons du livre.

Blason de la Lorraine

De plus, des partenariats ont été tissés au cours des années avec et différentes institutions : Université de Lorraine et Bourgogne Franche-Comté, Organismes de recherche, Conseil régional du Grand-Est et Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle, municipalités diverses…

Bas-relief du dieu Kairos par Lysippe, exemplaire de Trogir (Croatie).

Le kairos (καιρός) est un concept qui, adjoint à l’aiôn et au chronos, permet, sinon de définir le temps, du moins de situer les événements selon cette dimension. Faire le bon acte au bon moment participe au Kaïros. Pour ce qui est de la pensée occidentale, le concept de Kaïros apparaît chez les Grecs sous les traits d’un petit dieu ailé de l’opportunité, qu’il faut attraper quand il passe (saisir une opportunité).

Kairos a donné en latin opportunitas (opportunité, saisir l’occasion). Ainsi, dans le langage courant, Kairos évoque le point de basculement décisif, avec une notion d’un avant et d’un après. Le Kairos est donc « l’instant T » de l’opportunité : avant est trop tôt, et après trop tard.

Collectif – Avant-propos d’André Rossinot – Kaïros, 2022, 204 pages, 34 €

Le Dessin de Jissey : Corps & Esprit

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La lettre « G », un article très documenté de Solange Sudarskis paru le 20 décembre sur 450FM. Bien entendu le facétieux JISSEY en a profité pour faire du mauvais esprit sur les relations  corps et esprit.