Une « rencontre » avec quatre dignitaires de la franc-maçonnerie a été organisée le 8 janvier par le Conseil économique, social et environnemental pour les 185 membres de la Convention citoyenne sur la fin de vie. Ils leur ont martelé qu’il fallait légaliser l’euthanasie et le suicide assisté.
Quatre dignitaires de la franc-maçonnerie : c’est la « rencontre » qui a été organisée, le 8 janvier dernier, pour les 185 citoyens participant jusqu’à fin mars à la Convention sur la fin de vie. Au cours de leurs interventions, suivies de celles de deux philosophes défendant des positions très proches, ils ont appelé chacun leur tour à légaliser l’euthanasie et le suicide assisté, invoquant des arguments pratiquement identiques. Alors qu’un premier débat contradictoire de qualité avait été organisé la veille, les organisateurs de la Convention ont ainsi à nouveau donné prise au reproche qui leur a déjà été fait lors des précédentes sessions : l’organisation d’interventions réunissant des personnes défendant une position identique, et non de discussions entre positions différentes ou contradictoires afin de mettre en lumière les enjeux. Lors du premier week-end de la Convention, ses organisateurs avaient notamment déroulé une « table ronde » réunissant deux acteurs de l’euthanasie en Belgique et du suicide assisté en Suisse partageant une vision enthousiaste de leurs activités respectives sans aucune contradiction ni mise en débat.
Les Poings de la justice et de la concorde, également traduit par Poings d’harmonie et de justice ou Lutteurs pour la justice et la concorde ou la Milice de la justice et de la concorde étaient une société secrète chinoise, connue pour avoir déclenché l’épisode dit de la révolte des Boxers en 1899-1901.
Devenue un mouvement de masse comptant entre cinquante et cent mille membres, la société mena des actions xénophobes, d’abord hostiles à la dynastie mandchoue des Qing, puis anti-occidentales, anti-japonaises et anti-chrétiennes. Le mouvement fut progressivement utilisé et canalisé par l’Empire de Chine pour lutter contre l’influence des puissances étrangères. La société secrète est surtout connue en Occident sous le nom de Boxers (en français, Boxeurs), car les membres de ses milices pratiquaient le kung fu, dit « boxe chinoise »
Origines
Boxers représentés par Johannes Koekkoek, vers 1900.
La Chine a une longue tradition de sociétés secrètes. L’histoire politique de l’empire du milieu est parsemée de révoltes. Lorsqu’une crise agricole ne pouvait être gérée rapidement, des révoltes paysannes éclataient, souvent encadrées par des sectes et autres groupes clandestins.
Le mouvement des Boxers, qui s’inscrit aussi dans la tradition des sociétés secrètes en Chine, apparaît dans le Shandong au début des années 1890 et semble sortir tout droit du passé de la Chine: il descend sans doute de la rébellion des Huit Trigrammes (pinyin : Bāguà) de 1813, menée par la secte du même nom, causée par le mécontentement de la masse paysanne touchée par la crise économique survenue après l’augmentation de la population.
Ce mouvement, composite, se divise en plusieurs groupes. Chaque groupe a une unité de base, le tan (aire sacrée), qui représente à la fois l’autel, le quartier général et le territoire sur lequel est exercée l’autorité. Ce groupe est mené par un chef, qui commande entre vingt-cinq et cent hommes. En ordre de bataille, les Boxers sont, la plupart du temps, répartis en sous-groupes, de dix hommes environ, au sein desquels règne une discipline très stricte, « obéissance totale au chef, interdiction d’accepter des cadeaux, de piller, de voler ou molester les simples gens, d’avoir des relations avec les femmes, de manger de la viande et de boire du thé ». Animés de superstitions, les Boxers étaient persuadés de leur force surhumaine et de leur invulnérabilité, liées à une pratique rituelle d’arts martiaux chinois.
La composition de ce mouvement est populaire, au départ composé essentiellement d’ouvriers agricoles, auxquels s’ajoutent, au fil du temps, des bateliers, des porteurs, des artisans ruinés… Leur position dans leurs actions est donc plus radicale, par leur statut dans la société. De plus ce mouvement fait partie de ces sectes à caractère fortement xénophobe.
Dessin représentant Cao Futian, l’un des chefs des Boxers.
Dans un contexte d’invasion militaire étrangère, de la défaite chinoise dans les deux guerres de l’opium, de la mise en place des traités inégaux, et devant l’impuissance du gouvernement impérial de la Dynastie Qing à endiguer ce fléau, les boxeurs décidèrent de faire justice par eux-mêmes.
Ces milices furent initialement opposées à la dynastie impériale Qing, mais leur développement dut beaucoup aux excès des missionnaires. Les membres pratiquent des rituels les rendant selon la tradition invincibles aux balles. La société des Boxers recrutait parmi les errants des campagnes, la plèbe urbaine, et les notables touchés par la pauvreté. Une grande partie des Boxers, initialement hostiles à la dynastie Qing, la dynastie des Mandchous, s’y rallient ensuite, et soutiennent l’impératrice douairière Cixi, elle-même hostile aux étrangers.
Conflit
En mars 1898, les Boxers commencèrent à prêcher ouvertement dans les rues sous le slogan « Renversons les Qing, détruisons les étrangers ».
L’une des bannières militaires utilisées par les Yihetuan (Poings de la Justice et de la concorde, ou « Boxers »). Image basée sur une photo publiée dans le livre « Histoire et civilisation de Chine » (Éditions Zhong Yang Wen, Pékin, 2006).
Après un accrochage avec les troupes impériales en octobre 1899, l’activité des Boxers se concentra contre les missionnaires et leurs convertis, considérés comme des agents à la solde des « diables étrangers ». Les autorités chinoises se divisèrent au sujet du mouvement, mais les éléments les plus conservateurs de la cour leur apportèrent leur soutien et le Prince Duan organisa une rencontre entre l’impératrice douairière Cixi et Cao Futian, l’un des chefs Boxers de Tianjin.
Début juin, près de 450 hommes, appartenant aux contingents occidentaux, pénétrèrent dans la capitale chinoise pour protéger les délégations étrangères. La révolte atteignit son paroxysme : les insurgés, désormais soutenus par des éléments de l’armée, changèrent leur slogan en « Soutenons les Qing, détruisons les étrangers ».
Un Boxer photographié en 1900 durant la révolte.
Les Boxers multiplièrent meurtres et exactions contre les étrangers et les Chinois chrétiens. À Pékin, les groupes de Boxers furent placés officiellement sous le commandement de membres de la cour, le Prince Duan notamment. L’assassinat du ministre japonais Sugiyama le 10 juin 1900, puis de l’ambassadeur allemand Clemens von Ketteler le 20 juin, mirent le feu aux poudres, l’épisode culminant par le siège des légations étrangères (épisode dit des 55 jours de Pékin) et le conflit ouvert entre l’Alliance des huit nations d’une part, les Boxers et l’armée impériale chinoise de l’autre. Les Boxers, qui affrontaient souvent à l’arme blanche des troupes régulières munies d’armes à feu, furent anéantis lors du conflit. Sur ordre de l’impératrice Cixi qui souhaitait apaiser les puissances étrangères, les troupes impériales chinoises participèrent à la répression du mouvement.
Dans la culture populaire
La révolte des Boxers est évoquée au cinéma dans les films Les 55 Jours de Pékin, de Nicholas Ray (États-Unis, 1963) et La Colère des Boxers (ou La Révolte des Boxers), de Chang Cheh (Hong Kong / Taïwan, 1976). Ce dernier film, raconté d’un point de vue chinois, dépeint avec sympathie les motivations nationalistes des Boxers, mais représente leurs chefs comme des charlatans, prêts à envoyer leurs troupes à la mort
Du think tank jean-jaures.org – Par François Kraus, Helen Lee Bouygues, Rudy Reichstadt
À l’heure où TikTok s’impose comme le réseau social préféré des jeunes français, que sait-on de l’impact de cette plateforme sur ses utilisateurs, qui sont de plus en plus nombreux à l’utiliser pour se divertir, mais aussi pour s’informer ? François Kraus livre son analyse d’une enquête qui fait le point sur le sujet ; elle est suivie des points de vue de Rudy Reichstadt et de Helen Lee Bouygues.
Alors que la crise sanitaire a été un terreau propice à l’essor des théories complotistes dans un contexte de défiance généralisée envers les autorités, la Fondation Reboot et la Fondation Jean-Jaurès ont commandé à l’Ifop une enquête auprès des jeunes visant à mesurer leur porosité aux contre-vérités scientifiques et ceci au regard de leur usage des réseaux sociaux. Entre platisme, astrologie, créationnisme, sorcellerie et vaccinophobie, cette étude montre la sécession d’une partie de la jeunesse avec le consensus scientifique : les adeptes des thèses conspirationnistes et plus généralement des croyances irrationnelles sont particulièrement nombreux chez les jeunes, notamment chez ceux qui utilisent beaucoup les réseaux sociaux.
Les jeunes affichent une posture nettement plus critique que dans le passé à l’égard de la science
La défiance croissante de la jeunesse française à l’égard de la science est loin d’être une illusion d’optique si l’on en juge par le faible nombre de jeunes qui perçoivent aujourd’hui positivement ses bienfaits pour l’humanité : à peine un jeune sur trois (33%) a aujourd’hui l’impression que « la science apporte à l’homme plus de bien que de mal » alors qu’ils étaient une majorité à le penser il y a cinquante ans (55% en 1972). À l’inverse, la proportion de jeunes estimant que son apport à l’humanité est plus nocif que positif a triplé, passant de 6% en 1972 à 17% en 2022, tandis que l’idée selon laquelle son impact est neutre progressait plus légèrement (41%, +3 points).
S’il ne faut pas pour autant adopter une grille de lecture trop alarmiste des rapports entre les sciences et la société, force est de constater que les effets bénéfiques de la recherche scientifique sur la société sont de moins en moins bien perçus, notamment par ceux qui peuvent voir dans la science une menace sur leur métier (par exemple : 29% des ouvriers) ou sur leurs dogmes religieux (par exemple : 27% des musulmans, 24% des protestants et évangéliques).
Focus sur le profil des jeunes pour qui la science apporte « plus de mal que de bien »
La sécession d’une partie de la jeunesse avec le consensus scientifique et médiatique
Loin d’être le fruit d’un réflexe « antiscience » isolé, cette défiance à l’égard des bienfaits de la science va de pair avec une vision du monde (« Weltanschauung ») de moins en moins soumise au cadre intellectuel imposé par les vérités scientifiques établies. Dans la mesure où la « recherche académique est aujourd’hui incapable de fournir une estimation précise de la part de la désinformation sur […] Internet1», l’Ifop a tenté de le mesurer empiriquement en évaluant leur degré de croyance à des « vérités alternatives » très significatives du rejet des théories étayées scientifiquement, sachant que si certaines sont récentes (par exemple le climato-scepticisme, le vaccino-scepticisme…), d’autres sont des grands classiques de l’antiscience (le platisme, le créationnisme…). Or, à la lecture des résultats, l’ampleur de l’adhésion des jeunes à ces thèses confirme bien le constat de précédents travaux qui déploraient « la sécession d’une partie importante de la population avec le consensus scientifique et, plus largement, la subordination de son rapport à la réalité à ses convictions politiques ou philosophiques2 ».
Platisme et créationnisme : des thèses dont l’écho est loin d’être marginal dans la jeunesse française…
Pour une étude menée de ce côté de l’Atlantique, la contestation de l’évolutionnisme par plus d’un jeune sur quatre (27%) est probablement l’enseignement le plus surprenant de l’enquête, sachant qu’il est difficile de ne pas y voir le fruit d’une rupture générationnelle : l’idée selon laquelle « les êtres humains ne sont pas le fruit d’une longue évolution d’autres espèces […] mais ont été créés par une force spirituelle (ex : Dieu) » ayant deux fois plus d’adeptes chez ces jeunes (27%) que chez les seniors (18%). Et très logiquement, le créationnisme se retrouve soutenu en masse par les sondés se disant « religieux » (60%), les minorités religieuses les plus attachées à une vision littérale des textes (71% des musulmans) et, dans une moindre mesure, les catégories populaires au regard de leur CSP (38% des ouvriers), de leur revenu (36%) ou de leur lieu de résidence (41% dans les banlieues pauvres).
Alors qu’elle reste marginale chez les seniors (3%), l’idée que la Terre puisse être plate plutôt que ronde recueille un assentiment non négligeable de la part des 18-24 ans (16%, -2 points depuis 2017), chiffre remarquables’agissant d’une cohorte sortant tout juste de l’école… Présentant sensiblement les mêmes caractéristiques socio-culturelles que les adeptes du créationnisme, ceux qui suspectent qu’on nous ment sur la forme de la Terre se retrouvent naturellement surreprésentés chez les jeunes potentiellement les plus exposés à ces thèses sur Internet, à savoir les gros utilisateurs de services de vidéos en ligne comme YouTube (21%), d’applications de messagerie comme Telegram (28%) ou de TikTok comme moteur de recherche (29%). En dépit des évidences scientifiques, le contre-discours tenu depuis des années sur Internet semble donc toujours porter ses fruits, en particulier auprès de ceux qui s’informent beaucoup sur les réseaux sociaux.
… tout comme des contre-vérités historiques telles que l’« Alien Theory » ou le « Moon Hoax »
Reposant sur l’idée que des extraterrestres auraient joué un rôle primordial dans l’apparition des premières civilisations, l’Alien Theory a elle aussi un nombre minoritaire, mais significatif, d’adeptes : 19% des jeunes âgés de dix-huit à vingt-quatre ans souscrivent par exemple à l’idée que « […] les pyramides égyptiennes ont été bâties par des extraterrestres », soit un taux trois fois plus élevé que ce que l’on mesure chez les seniors (5%). Moins liée à l’emprise du religieux sur les esprits, l’adhésion à cette théorie pseudo-scientifique s’avère avant tout corrélée au niveau de diplôme des jeunes (par exemple 26% chez les jeunes sortis de l’école sans diplôme ou avec juste le BEPC), sachant que cet « effet » tient peut-être au fait que cette théorie ufologique a été popularisée pendant des années grâce à une série diffusée à la télévision (sur RMC Découverte) et usurpant les codes du documentaire.
Faisant référence à un événement beaucoup plus contemporain (la mission Apollo), la théorie du Moon Hoax (« canular lunaire ») semble quant à elle avoir une audience de plus en plus forte chez les jeunes : 20% des jeunes estiment désormais que «les Américains ne sont jamais allés sur la Lune », soit une proportion en nette hausse (+5 points depuis 2017) et largement supérieure à celle observée chez les seniors (6%). Et comme la plupart des théories du complot prennent le contrepied des informations officielles (gouvernements, organismes publics…), cette thèse s’avère particulièrement populaire chez les jeunes se disant « musulmans » (46%) ou d’extrême droite (26% des sympathisants lepénistes), deux catégories de la population dont un certain antiaméricanisme n’est peut-être pas étranger à leur refus de reconnaître l’exploit américain de 1969.
Dans un contexte post-Covid, les fake news médicales nocives trouvent aussi un public chez les jeunes
En confrontant brutalement le grand public à l’étendue des incertitudes des chercheurs et des médecins, la crise liée à la pandémie de Covid-19 a fragilisé la confiance du public à l’égard de la communauté scientifique. Et si l’enquête montre que ces convictions restent un phénomène minoritaire, ce dernier n’en reste pas moins préoccupant au regard de leur potentielle nocivité sur leur santé…
En dépit de l’absence d’indices probants et notamment de confirmation scientifique des thèses de Didier Raoult, l’efficacité de l’hydroxychloroquine comme traitement de la Covid-19 est ainsi aujourd’hui reconnue par un quart des jeunes de dix-huit à vingt-quatre ans (25%). Et les jeunes interrogés sont encore plus nombreux (32%) à partager l’idée selon laquelle « les vaccins à ARNm […] génèrent des protéines toxiques qui causent des dommages irréversibles dans les organes vitaux des enfants », signe de l’impact qu’ont pu avoir les discours vaccino-sceptiques depuis l’apparition de la Covid-19.
À l’heure où des réseaux sociaux comme TikTok sont accusés de faire la promotion de remèdes à base de plantes (par exemple l’armoise) pour avorter alors même qu’ils n’ont pas été vérifiés, cette enquête mesure pour la première fois l’impact de la désinformation en la matière. Or, il s’avère que l’idée selon laquelle « on peut avorter sans risque avec des produits à base de plantes » est partagée par un quart des jeunes (25%) et jusqu’à plus d’un tiers (36%) des utilisateurs pluriquotidiens des réseaux sociaux de microblogging (36%). Dans le contexte de confusion consécutif à l’actualité américaine sur le sujet, cette mésinformation peut donc entraîner des conséquences gravissimes sur la santé des jeunes filles, notamment les utilisatrices de Telegram, qui y croient à hauteur de 48%.
Des jeunes plus sensibles que les seniors au récit poutinien sur la crise ukrainienne ou aux thèses trumpistes sur la vie politique américaine
Dans le brouillard informationnel « post-Covid » des plus propices à l’essor des théories complotistes, une part significative de jeunes semble perméable au récit poutinien sur la guerre en Ukraine : plus d’un jeune sur quatre (26%) estime ainsi que « […] le massacre de civils à Boutcha était une mise en scène des autorités ukrainiennes », soit une proportion plus de deux fois plus forte que ce que l’Ifop mesure chez les seniors de soixante-cinq ans et plus (11%). Et dans le même registre complotiste, ils sont près d’un sur trois (31%) à estimer que « le résultat de l’élection présidentielle américaine de 2020 a été faussé aux dépens de Donald Trump ». La thèse selon laquelle « l’assaut du Capitole en janvier 2021 a été mis en scène pour accuser les partisans de Donald Trump » a sensiblement moins d’adeptes (24%, soit à peu près le même taux chez les seniors), mais elle est loin d’être négligeable chez les utilisateurs pluriquotidiens de TikTok (29%, contre 19% chez les non-utilisateurs).
Alertant sur la sécession d’une fraction importante de la jeunesse avec le consensus médiatique, ces chiffres pour le moins élevés tiennent donc beaucoup au mode d’information des jeunes et plus particulièrement à leur usage des réseaux sociaux de microblogging (par exemple Twitter) ou de partage de vidéos (par exemple TikTok). Certes, leurs utilisateurs n’en ont pas l’apanage, mais force est de constater que les faits signalés dans l’étude NewsGuard ne sont pas sans effets3.
Au total, deux jeunes sur trois croient à au moins une de ces contre-vérités
Si l’adhésion à chacune de ces « vérités alternatives » reste à chaque fois minoritaire chez les jeunes, rares sont ceux qui rejettent l’intégralité de ces thèses pourtant en rupture avec le discours dominant dans les milieux scientifiques ou médiatiques : 31% seulement des jeunes de dix-huit à vingt-quatre ans rejettent toutes ces thèses, contre 69% qui croient à au moins une de ces affirmations. Et très logiquement, c’est dans les rangs des utilisateurs pluriquotidiens des réseaux sociaux de microblogging que le taux de pénétration de ces fake news est le plus élevé : 81%, contre 68% chez les non-utilisateurs de ces plateformes.
Malgré les « effets de lissage » de certaines variables, l’observation de leurs caractéristiques permet de dégager trois grandes variables pouvant jouer dans leur sécession avec le consensus scientifique.
D’abord, l’analyse du profil sociologique des jeunes adhérant à au moins une contre-vérité scientifique confirme le constat du rapport Bronner, selon lequel ces théories prospèrent sous l’effet de conditions sociales défavorables, constat établi à partir d’études qui signalent un « niveau de complotisme en moyenne plus élevé dans les pays au sein desquels les gens se sentent socialement menacés (taux de chômage élevé, par exemple)4 ».
Ensuite, le degré d’importance donnée à la religion pour expliquer le monde pèse beaucoup dans l’adhésion à ces théories en rupture avec le consensus scientifique, les personnes se disant « croyantes et religieuses » étant nettement plus nombreuses (85%) à croire à au moins une de ces contre-vérités que les personnes se disant athées (62%). Et si cette proportion atteint un pic chez les musulmans (82%) – qui attachent généralement plus d’importance à la religion que le reste des Français –, elle reste quasiment aussi élevée chez les catholiques (75%).
Enfin, c’est chez les utilisateurs très réguliers des réseaux sociaux que l’on observe le plus d’adeptes à ces vérités alternatives, réseaux où leurs partisans trouvent une grande liberté pour populariser leurs thèses. Ainsi, la proportion de jeunes adhérant à au moins une de ces contre-vérités atteint des sommets chez les utilisateurs pluriquotidiens de réseaux sociaux de microblogging (81%) en général, et de TikTok en particulier (74%), avec un pic chez les Tiktokeurs utilisant le réseau chinois quotidiennement comme moteur de recherche (79%).
Les jeunes se montrent plus sensibles qu’avant aux parasciences et à l’occultisme
L’autre enseignement de cette enquête est que la tendance au « désenchantement du monde »5 – caractérisant le développement de la science au détriment du religieux et autres disciplines de mancie – semble s’inverser : les jeunes adhérent davantage à ces pseudo-sciences qui leur donnent une vision enchantée et simplifiée du monde.
En effet, la porosité des jeunes à des « méthodes scientifiques » pourtant infondées semble prendre de l’ampleur au fil des ans. Ainsi, 49% des jeunes estiment aujourd’hui que « l’astrologie est une science », contre 43% en 1999. Et sur d’autres croyances occultes, cette tendance est encore plus nette si l’on en juge par la proportion de jeunes qui croient par exemple aux esprits (48%, +8 points depuis 2004) ou en la réincarnation : 35% en 2022, soit une hausse de 15 points en seize ans.
Les jeunes d’aujourd’hui s’avèrent nettement plus superstitieux que leurs aînés…
Les jeunes d’aujourd’hui apparaissent globalement bien plus ouverts aux parasciences que les seniors. Alors que près des deux tiers des jeunes (61%) croient en au moins une discipline de mancie, ils sont seulement 39% parmi les seniors. Et cet écart global se retrouve dans toutes les disciplines testées : la croyance dans l’explication des caractères par les signes astrologiques (50%, contre 37% chez les seniors), dans les prédictions des voyants (38%, contre 12% des seniors), mais aussi dans les envoûtements et la sorcellerie (36%, contre 20% parmi les personnes âgées de plus de soixante-cinq ans).
De même, les jeunes se montrent nettement plus sensibles que leurs aînés à des superstitions à caractère occulte. Globalement, 59% croient en au moins une d’entre elles, contre 21% des plus âgés, soit un écart de 38 points ! Et ce clivage générationnel se retrouve sur toutes les croyances, qu’il s’agisse du mauvais œil (44%, contre 10% des plus vieux), dans les fantômes (23%, contre 4%), les démons (19% chez les plus jeunes, 8% chez les plus vieux) ou bien encore dans les marabouts (13% des 18-24 ans, contre 4% des soixante-cinq ans et plus). Les croyances relevant du paranormal sont donc nettement plus implantées dans les esprits des plus jeunes.
Mais alors la question se pose de savoir s’il s’agit d’un effet d’âge – qui peut s’estomper avec le temps – ou d’un effet de génération qui a vocation à durer… En l’état, il est difficile d’y répondre, mais les études menées depuis des décennies sur le rapport à la science montraient déjà qu’avant l’ère du numérique, les jeunes étaient plus sensibles à ces croyances. En 1986, Daniel Boy supposait par ailleurs que, chez les jeunes, « l’adhésion à ces systèmes de pensée a valeur de refuge ou de substitut idéologique pour des classes d’âge dont l’intégration sociale n’est pas achevée (statut conjugal, professionnel, social)6 ».Notre hypothèse serait donc plutôt qu’il s’agit à la fois d’un effet de génération et d’un effet d’âge, les désordres informationnels de l’ère Internet venant sans doute accentuer la perméabilité traditionnelle des jeunes générations à ces croyances surnaturelles.
… tout particulièrement dans les rangs des minorités religieuses et des minorités de genre…
Si les jeunes se montrent très sensibles à ces pseudo-sciences, tous ne le sont pas au même degré. Ainsi, plusieurs catégories se distinguent par leur adhésion à ces croyances plus importantes, comme l’avait déjà souligné Daniel Boy il y a vingt ans7 ou Louise Jussian plus récemment8.
Les femmes, par exemple, se montrent plus réceptives que les hommes : 53% estiment que « l’astrologie est une science », contre 44% des hommes. 71% croient en au moins une discipline de mancie, contre 50% des hommes. Dans le détail, par exemple, 43% estiment que les envoûtements et la sorcellerie sont fondés, alors que seuls 29% des hommes le pensent. Les données sont semblables en ce qui concerne les croyances occultes : 68% des femmes y croient, contre 49% des hommes. L’intérêt pour ces disciplines peut se voir comme une façon de sortir des croyances plus traditionnelles, souvent patriarcales9.
La religion apparaît aussi comme un facteur déterminant dans ces croyances. Par exemple, 67% des musulmans et 69% des catholiques adhèrent à au moins une discipline de mancie, contre 53% des athées. Les personnes de confession musulmane y semblent particulièrement perméables : 62% croient par exemple en la sorcellerie, contre 27% des athées. Le constat est encore plus fort sur les superstitions à caractère occulte : 31% des musulmans croient dans les marabouts, contre 14% des catholiques et 8% des athées. Comme l’avaient montré Daniel Boy et Guy Michelat il y a quarante ans10, il ne faut donc pas opposer les croyances dans les grandes religions à celles dans les parasciences. Au contraire, les deux partagent une vision non rationnelle du monde qui rend plus perméables à ces formes de spiritualité alternative.
… mais surtout des jeunes ayant un usage intensif des réseaux sociaux
Mais le facteur nouveau jouant dans l’adhésion en ces thèses est l’utilisation – qui plus est si elle est intensive – des réseaux sociaux. 65% des Tiktokeurs pluriquotidiens adhèrent à au moins une discipline de mancie, contre 52% des jeunes n’utilisant pas l’application chinoise. 36% des utilisateurs pluriquotidiens de TikTok croient en les lignes de la main, contre 26% de ceux ne s’en servant pas.
Le bilan en ce qui concerne les superstitions occultes est même exacerbé : 67% des utilisateurs pluriquotidiens adhèrent à au moins une superstition, contre 42% de celles et ceux ne l’utilisant pas. 56% de ceux appartenant à la première catégorie croient en les esprits, contre 36% de ceux étant dans la seconde, soit un écart de 20 points. Il est donc difficile de ne pas en déduire que ces réseaux contribuent à ce phénomène, car ils ne nécessitent que peu de réflexion pour s’en servir11. En effet, le contenu arrive directement devant les yeux des plus jeunes, et il n’est pas mis à disposition une contextualisation scientifique permettant de démêler le vrai du faux. Le « scroll » permet aux jeunes d’accéder à des contenus massivement, sans pour autant que la qualité ne soit au rendez-vous.
Les jeunes sont loin d’être critiques sur la qualité du contenu informatif présent sur les réseaux sociaux
Enfin, ces deux tendances – rejet des vérités scientifiques et croyances dans le paranormal – doivent être inscrites dans le cadre d’une révolution informative majeure : l’usage croissant des réseaux sociaux pour s’informer et l’absence de défiance d’une partie de la jeunesse à l’égard des contenus qu’ils trouvent, notamment s’ils proviennent d’« influenceurs populaires ».
L’usage d’Internet pour s’informer est devenu la norme chez les jeunes…
L’ensemble des jeunes âgés de onze à vingt-quatre ans, nés à une époque où l’usage d’Internet puis des smartphones est devenu la norme, ne s’informent pas comme leurs parents (voire leurs grands-parents), en écoutant la radio ou en attendant la grand-messe du 20 heures. Une précédente étude pour la Fondation Reboot12 montrait que les jeunes de dix-huit à vingt-quatre ans ont largement délaissé la télévision pour se porter massivement sur Internet : 64% d’entre eux utilisent Internet comme source principale d’information, soit trois fois plus qu’en 2009 (24%). Or, cette nouvelle étude révèle que les réseaux sociaux de partage y sont désormais largement plébiscités : 69% des jeunes les consultent, 59% utilisent les moteurs de recherche en ligne et 58% les services de vidéos en ligne. À l’inverse, les JT sont à la peine, n’ayant été suivi par 23% des personnes de cette génération au cours du dernier mois.
Or, le risque dans la pratique informative sur les réseaux sociaux est le « biais de confirmation » des croyances, les algorithmes mettant en avant des publications et du contenu qui vont plaire à l’utilisateur et qui correspondent à ce qu’il apprécie, ne remettant donc pas en cause ce qu’il pense.
… alors même que près d’un tiers ont confiance dans ce qu’ils peuvent lire sur les réseaux sociaux
La question de la crédibilité donnée à ces réseaux sociaux est centrale, car ils peuvent largement influencer les jeunes. Ainsi, un tiers des jeunes (33%) affirment avoir confiance dans ces réseaux sociaux de partage de photos et de vidéos. Force est de constater que le lien entre cette confiance et la croyance en des éléments infondés est réel. Ainsi, 37% de ceux qui adhérent à au moins une contre-vérité scientifique leur font confiance, et 44% de ceux croyant en au moins une discipline de mancie. Les réseaux sociaux, largement porteurs de fake news13 apparaissent donc au cœur des raisons expliquant l’adhésion à des croyances irrationnelles et à des idées non scientifiques du monde.
Plus de 40% des utilisateurs de TikTok ont confiance dans le contenu des influenceurs s’ils ont beaucoup d’abonnés
Alors que l’application TikTok est utilisée par beaucoup de jeunes comme un moteur de recherche à part entière, les influenceurs représentent un canal privilégié pour faire circuler des informations, qu’elles soient vraies ou fausses14. Chiffre alarmant, 41% des jeunes qui utilisent TikTok comme un moteur de recherche adhèrent à l’affirmation selon laquelle un influenceur qui a un nombre important d’abonnés a tendance à être une source fiable. On peut y voir un effet de notoriété : la parole d’une personne n’est pas remise en cause ni questionnée car celle-ci est suivie par de nombreux utilisateurs du réseau social. Ainsi, l’aura suffit à se mettre en position de sachant, sans que cela ne choque de nombreux jeunes. Et ce sont les jeunes les plus modestes (les ouvriers à 52%, les plus pauvres à 44%) qui prennent le plus en compte ce critère pour juger de la crédibilité des influenceurs et créateurs de contenus.
Le point de vue de Rudy Reichstadt
Une étude publiée dans la revue Science Advances il y a quatre ans, en janvier 2019, révélait que les Américains de plus de soixante-cinq ans partageaient environ sept fois plus de fausses nouvelles que les jeunes – en tout cas sur Facebook et pendant la campagne présidentielle de 2016 opposant Donald Trump à Hillary Clinton. Dans le même temps, plusieurs enquêtes d’opinion, en France et à l’international, montraient que les jeunes adhéraient significativement plus que leurs aînés aux théories du complot.
Si ces résultats peuvent en apparence sembler contradictoires, c’est parce que l’objet des études concernées n’était pas tout à fait le même. La première nous renseigne en effet sur ce que les utilisateurs relaient sur les réseaux sociaux (et l’on sait qu’une part très substantielle de ce qui y est partagé n’est pas préalablement consulté), tandis que les secondes s’intéressent à ce que les sondés ont dans la tête.
C’est ce que fait la présente étude de l’Ifop pour la Fondation Reboot et la Fondation Jean-Jaurès. Elle vient étayer l’hypothèse selon laquelle les personnes qui ont été socialisées politiquement au cours des deux dernières décennies sont nettement plus perméables au complotisme – et en général aux pseudo-sciences – que les générations qui les ont précédées. Elle confirme également la corrélation déjà observée entre l’adhésion conspirationniste et des usages informationnels privilégiant les réseaux sociaux comme mode d’accès à l’information et à la connaissance.
Au-delà des données quantitatives disponibles, on ne compte plus les reportages et les témoignages attestant de la banalisation contemporaine des croyances complotistes dans les salles de classe et les copies des élèves du secondaire et du supérieur.
Si cette tendance ne s’infléchit pas, on ne voit pas ce qui pourrait empêcher notre société de devenir à moyen terme, par « remplacement générationnel », une société plus perméable à l’imaginaire complotiste et à l’irrationnel qu’aujourd’hui – avec toutes les régressions potentielles que cela implique (extrémisme, obscurantisme…).
Le point de vue d’Helen Lee Bouygues
Toutes les études que nous menons, que ce soit en France comme aux États-Unis, confirment la mission que nous avons souhaité donner à la Fondation Reboot : offrir aux plus jeunes les clés du raisonnement critique, afin de lutter contre la désinformation.
Les résultats de cette dernière étude, réalisée avec la Fondation Jean-Jaurès et l’Ifop, fait particulièrement écho à celle que nous avons menée aux États-Unis en 2022, mettant en lumière un décalage entre la perception qu’ont les jeunes de leur capacité à identifier une fake news et leur capacité réelle à le faire. Tout comme le fait que peu importe l’âge, le niveau d’éducation, l’affiliation politique, plus on consulte les réseaux sociaux, plus le jugement est altéré.
Aux États-Unis, la désinformation a de longue date des implications très concrètes dans le champ politique : le site spécialisé FiveThirtyEight a relevé que 199 candidats républicains aux midterms de novembre dernier avaient explicitement nié la légitimité du résultat de l’élection de 2020. Là-bas comme en France, nos études identifient très clairement le rôle des réseaux sociaux dans la dispersion et la conviction des fausses informations : il devient urgent d’armer nos jeunes face à cette bombe à retardement civique.
À la lecture de cette enquête, on le comprend : les jeunes n’ont pas les armes pour lutter contre la désinformation et les contre-vérités scientifiques propagées sur les réseaux sociaux. Comment les outiller ? La Fondation Reboot recommande depuis sa création la formation des enseignants au raisonnement critique, et la mise en place de modules ad hoc pour donner aux plus jeunes les clés de cette méthode : il faut que les futurs citoyens apprennent à considérer plusieurs points de vue, et à les confronter pour se faire une opinion basée sur des faits, et uniquement des faits.
C’est aussi pour ces raisons qu’outre le renforcement de l’enseignement critique, la Fondation Reboot plaide pour un meilleur contrôle des plateformes : devoir de transparence concernant le développement et le déploiement des algorithmes, et notamment des recommandations de contenus qui sont faites, interdiction de la sponsorisation de la désinformation, voire une restriction d’âge sont autant de pistes qui doivent nous permettre de lutter contre la désinformation.
Il y a seulement quelques mois, le rapport de la commission menée par Gerald Bronner formulait plusieurs recommandations pertinentes pour enfin se saisir de cet enjeu primordial pour les prochaines générations : il pourrait être bon de le relire, avant qu’il ne soit trop tard.
Gérald Bronner (dir.), Les Lumières à l’ère numérique, Paris, Presses universitaires de France, 2022. Jean-Philippe Dubrulle, Quand la défiance supplante la science, Fondation Jean-Jaurès, 1er 2. février 2021.
Jack Brewster et al., « Attention au “Nouveau Google” : le moteur de recherche de TikTok abreuve ses jeunes utilisateurs de mésinformation toxique », NewsGuard, septembre 2022.
Gérald Bronner (dir.), Les Lumières à l’ère numérique, op. cit., 2022, p. 19.
Max Weber, L’Éthique protestante et l’Esprit du capitalisme, Paris, Plon, 1967 [1905].
Daniel Boy et Guy Michelat, « Croyances aux parasciences : dimensions sociales et culturelles », Revue française de sociologie, vol. 27, n°2, 1986, pp. 175-204.
Daniel Boy, « Les Français et les para-sciences : vingt ans de mesures », Revue française de sociologie, vol. 43, n°1, 2002, pp. 35-45.
Louise Jussian, La vérité est ailleurs ? Voyance, sorcellerie, astrologie, Fondation Jean-Jaurès, 3 décembre 2020.
Pauline Machado, « Pourquoi l’astrologie est-elle redevenue hype ? », Terra Femina, 10 septembre 2020.
Daniel Boy et Guy Michelat, « Croyances aux parasciences : dimensions sociales et culturelles », op. cit., 1986, pp. 175-204.
Aliette de Crozet, « TikTok : Pourquoi les jeunes adorent ? », Capital, 12 janvier 2021.
« Observatoire Reboot de l’information et du raisonnement critique – volet 2 : l’élection présidentielle et les pratiques des Français en matière d’information et de raisonnement critique », Ifop, 19 avril 2022.
Stéphane Loignon, « TikTok, la porte d’entrée des jeunes dans l’info… et l’intox », Les Échos, 21 novembre 2022.
Rachel Rodrigues, « Comment l’application TikTok échoue à protéger ses jeunes utilisateurs de la désinformation », France info, 26 novembre 2022.
La franc-maçonnerie est une ancienne organisation fraternelle qui existe depuis des siècles. On pense qu’elle est née à la fin des années 1600 à Londres, en Angleterre, lorsque quatre loges se sont réunies pour former la première Grande Loge. Depuis lors, la franc-maçonnerie est devenue une fraternité mondiale avec des millions de membres dans le monde. Son but est de rassembler des hommes d’horizons différents en leur enseignant des valeurs morales, en encourageant le civisme et en proposant des activités sociales à ses membres.
Le but de cet article est de fournir des informations sur la franc-maçonnerie et d’expliquer comment devenir franc-maçon. Nous discuterons des recherches nécessaires pour comprendre la franc-maçonnerie, comment rejoindre une loge maçonnique, participer à des événements et activités, nouer des relations avec d’autres maçons, apprendre la loi et l’ordre maçonniques et explorer la franc-maçonnerie dans la société d’aujourd’hui.
Recherche sur la franc-maçonnerie
Avant de rejoindre la franc-maçonnerie, il est important de comprendre son histoire et sa philosophie. Les principes de base de la franc-maçonnerie sont basés sur des principes moraux tels que l’amour fraternel, le soulagement et la vérité. Il existe également de nombreux rituels et symboles associés à la franc-maçonnerie, qui se sont transmis de génération en génération. Ces rituels et symboles sont destinés à enseigner des leçons sur la moralité, l’éthique et la justice.
En plus de rechercher l’histoire et la philosophie de la franc-maçonnerie, il est également important de comprendre les rituels et les symboles associés à l’organisation. Beaucoup de ces rituels et symboles sont des secrets bien gardés, mais certains sont accessibles au public. Par exemple, l’équerre et le compas, qui est l’un des symboles les plus reconnaissables de la franc-maçonnerie, est une représentation de l’éthique et de la morale.
Rejoindre une loge
Une fois que vous avez fait vos recherches et que vous vous sentez à l’aise pour rejoindre la franc-maçonnerie, la prochaine étape consiste à localiser une loge maçonnique. La plupart des grandes villes ont au moins une loge maçonnique, et elles peuvent généralement être trouvées dans les annuaires locaux ou en ligne. Il est important de noter que toutes les loges ne sont pas ouvertes au public, il est donc préférable de contacter une loge avant de visiter.
Une fois que vous avez localisé une loge maçonnique, la prochaine étape consiste à assister aux réunions et à connaître les membres. C’est un excellent moyen d’en savoir plus sur la franc-maçonnerie et d’établir des liens avec des personnes partageant les mêmes idées. La plupart des loges organisent des réunions et des événements réguliers, il est donc important de rester informé des activités à venir.
Participer à des événements et activités
En plus d’assister à des réunions, il existe de nombreuses autres façons de participer à la franc-maçonnerie. L’une des activités les plus populaires consiste à assister à des événements maçonniques tels que des dîners, des danses et d’autres fonctions sociales. Ces événements sont un excellent moyen de rencontrer d’autres maçons et de nouer des relations.
Une autre façon de s’impliquer dans la franc-maçonnerie est de participer à des œuvres caritatives. De nombreuses loges organisent des collectes de fonds et des opportunités de bénévolat au profit de leurs communautés. Des exemples de ces activités comprennent les collectes de sang, les garde-manger et les programmes éducatifs. Participer à ces événements est un excellent moyen de redonner à votre communauté et de montrer votre engagement envers la franc-maçonnerie.
Développer des relations
L’un des aspects clés de la franc-maçonnerie est de développer des relations avec d’autres maçons. Cela comprend le réseautage avec d’autres membres, ainsi que l’établissement d’amitiés. Le réseautage peut vous aider à trouver des opportunités de mentorat et à accéder à des ressources qui ne sont peut-être pas accessibles au grand public. L’établissement d’amitiés avec d’autres maçons aide à créer un sentiment d’unité au sein de l’organisation et renforce les liens de fraternité.
Apprendre la loi et l’ordre maçonniques
Apprendre la loi et l’ordre maçonniques
Afin de devenir un vrai maçon, il est important de comprendre les principes de la loi maçonnique. Selon la Grande Loge Unie d’Angleterre, « la loi maçonnique est basée sur les Anciens Monuments, les Constitutions et Règlements de la Grande Loge Unie d’Angleterre, et les Règlements des Loges individuelles. » En plus de comprendre les lois, il est important de comprendre les obligations des membres maçonniques. Cela implique d’être honnête et droit dans toutes les transactions, de traiter les autres avec respect et de respecter les principes de la franc-maçonnerie.
Explorer la franc-maçonnerie dans la société d’aujourd’hui
La franc-maçonnerie est toujours pertinente et active dans la société d’aujourd’hui. L’organisation est connue pour ses œuvres caritatives, telles que le soutien aux hôpitaux, aux orphelinats et aux écoles. La franc-maçonnerie joue également un rôle important dans la promotion de la sensibilisation et de la compréhension culturelles. En rassemblant les gens et en favorisant le respect et la compréhension entre les cultures, la franc-maçonnerie peut aider à combler le fossé et à promouvoir la paix.
Conclusion
Devenir franc-maçon est une expérience enrichissante qui peut procurer de nombreux avantages personnels et professionnels. Grâce à la recherche et à la participation à des événements et activités, les membres peuvent acquérir une meilleure compréhension de la franc-maçonnerie, de son histoire et de son rôle actuel dans la société. En nouant des relations avec d’autres maçons et en apprenant la loi et l’ordre maçonniques, les membres peuvent acquérir une appréciation plus profonde de l’organisation et de ses principes.
En prenant le temps de se renseigner sur la franc-maçonnerie et son histoire, les membres peuvent devenir des participants actifs dans l’organisation et récolter les bénéfices de faire partie d’une fraternité mondiale. La franc-maçonnerie est une tradition ancienne qui continue de prospérer dans la société d’aujourd’hui, et ses membres continuent de lutter pour le bien de l’humanité.
La Confédération de la franc-maçonnerie symbolique du Brésil (CMSB) a publié, ce lundi (9), une note de répudiation des attaques menées par des putschistes contre les institutions de l’État de droit démocratique dans le pays.
Dans la note signée par 25 des 27 grandes loges maçonniques du Brésil, la CMSB déplore « la destruction du patrimoine public et historique appartenant au peuple brésilien » et qualifie l’épisode de « vandalisme déplorable ».
« Les actes publics, qu’ils trouvent leur origine dans l’expression populaire ou dans la genèse des institutions républicaines, doivent être invariablement fondés sur la démocratie, la constitutionnalité et le respect, avec une conduite pacifique et ordonnée pour encourager la liberté d’expression« , a déclaré l’institution maçonnique.
Les francs-maçons, cependant, prétendaient faire confiance à la maturité du Brésil et à la solidité des institutions de la République, pour garantir la prévalence absolue de l’ordre démocratique.
« Ils espèrent que le dialogue, le débat d’idées et la fraternité cordiale prévaudront parmi le peuple brésilien, qui identifiera et répudiera également les actions motivées par l’ignorance et l’intolérance« , a conclu l’institution.
Seuls les grandes loges du Ceará et du Pará n’ont pas signé le document publié par la confédération. Les grands maîtres de toutes les autres unités de la fédération ont signé la note, y compris le représentant de Bahia, Arlindo Alves Pereira Nloges
Les médias ont qualifié les mémoires de Mgr Georg Gänswein de « livre révélateur ». En fait, le livre s’avère plus inoffensif que prévu. Néanmoins, une partie du contenu est explosive. Gänswein suggère ainsi une proximité particulière entre les francs-maçons et le pape François.
Selon votre point de vue, le moment était misérable – ou peut-être choisi de manière optimale : le pape émérite Benoît XVI. (1927-2022) n’était pas encore enterré lorsque les premiers extraits des mémoires du secrétaire privé de longue date Georg Gänswein parurent dans les médias italiens.
Cardinaux : Gänswein devrait se taire
Le journal Il Messaggero, par exemple, a décrit les publications préliminaires comme « l’attaque de George contre Bergoglio ». Plusieurs cardinaux et archevêques ont alors averti dans des interviews que Gänswein devait se taire.
On dit même qu’il y a eu des efforts pour arrêter la publication. Cependant, la capacité du Saint-Siège à influencer l’une des plus grandes maisons d’édition italiennes s’est avérée limitée. Ainsi, dans la semaine qui a suivi les funérailles du pape, beaucoup attendaient la publication officielle du livre ce jeudi matin. Pourtant, les preuves circulaient déjà à la Curie vaticane et chez les « Vaticanistes » à Rome.
Proche des francs-maçons ?
Après avoir lu l’ouvrage de 336 pages, on comprend après seulement quelques pages quelle est l’explosivité réelle de ces mémoires – pour lesquelles le secrétaire particulier a évidemment pris et évalué de nombreuses notes précises il y a plusieurs années.
Gänswein rapporte les félicitations du chef de la plus grande loge maçonnique d’Italie après l’élection papale du cardinal Jorge Bergoglio en mars 2013. Contrairement à huit ans plus tôt, elles sont très cordiales et presque exubérantes. Comme si l’auteur voulait dire : Les francs-maçons (les ennemis de l’Église) aimaient le nouveau Pape ; ils n’aimaient pas l’ancien, ce qui, selon lui, est une sorte de sceau d’approbation pour le second.
Animosités entre Josef Clemens et Georg Gänswein
Le livre décrit trois phases de la vie du défunt pape : son passage en tant que préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi (1982-2005), son pontificat (2005-2013) et les presque dix années en tant que « papa émérite » ( 2013-2022). Gänswein a accompagné le personnage principal du livre dans les trois phases en tant que secrétaire privé.
Cependant, Ratzinger ne l’a amené à ses côtés que vers la fin de son mandat de préfet. Le fait que le successeur provisoire ait ensuite été promu de manière inattendue au poste de secrétaire papal a été difficile à gérer pour le prédécesseur, Mgr Josef Clemens. L’animosité qui en résulte entre prédécesseur et successeur est également un sujet dans le livre de Gänswein.
Ultras catholiques traditionnels
Mais contrairement à ce clivage trop humain au second rang, que l’on retrouve pareillement dans chaque administration et dans chaque association, c’est avec le sujet principal du livre : il s’agit de la coexistence et côte à côte d’un émérite et d’un titulaire le pape. Et c’est pourquoi, en plus des différences et des tensions personnelles, les aspects politiques, canoniques et dogmatiques y jouent un rôle important.
Gänswein se bat sur plusieurs fronts. D’une part, il essaie de priver tous ces ultras catholiques traditionnels de la base de leurs arguments, ce qui signifie que la démission de Benoît était irrégulière et donc l’élection de François n’était pas valide.
Adresses d’allégeance de l’ancien au nouveau Pape
À la manière des citoyens du Reich allemand, ils contestent la légalité de la direction actuelle de l’Église et de ses résolutions ; à leurs yeux la chaire de Pierre est vacante. C’est pourquoi Gänswein décrit exactement comment il y a eu quelques petites erreurs et lapsus dans l’annonce de la démission de Benoît XVI et dans le discours d’adieu, que ces théoriciens du complot aiment utiliser comme « preuve » pour leurs thèses confuses.
Sur un autre front, Gänswein tente de réfuter l’affirmation selon laquelle l’ex-pape « a jeté à plusieurs reprises des matraques entre les jambes de son successeur » et a dirigé une sorte d’opposition conservatrice. Depuis le jour de l’élection, il décrit en détail les adresses de dévotion de l’ancien au nouveau pape, les rencontres cordiales entre les deux, l’échange de bonbons en guise de cadeaux et bien plus encore.
Benoît XVI ne voulait pas entendre de plaintes à propos de Francis
Surtout, il souligne une déclaration que François a également confirmée publiquement : que l’ancien pape a fait sortir de son salon tous ceux qui venaient le voir pour se plaindre du nouveau pape.
Malgré de nombreuses anecdotes sur l’harmonie, Gänswein ne cache pas le fait qu’il y a eu des frictions et des divergences d’opinion tangibles à quelques reprises au cours des presque dix années de « cohabitation ». L’une d’entre elles a immédiatement eu un impact sur la propre position de Gänswein « à la cour » du pape régnant : l’affaire entourant la publication d’un livre du cardinal conservateur Robert Sarah.
Un «papa émérite» parlant ou écrivant est un danger
Il a utilisé une contribution invitée de l’ancien pape contre une libéralisation du célibat sacerdotal pour revendiquer la co-écriture Benoît/Sarah d’un livre aux thèses théologiques strictement conservatrices. Parce que Gänswein n’a pas pu empêcher cette manœuvre, le pape lui a dit qu’il ne devait désormais s’occuper que du pape alors âgé de 92 ans et renoncer à son rôle de représentant à la grande cour papale.
Au-delà de l’injure personnelle que François lui a infligée, l’épisode montre exactement le point « délicat » d’une coexistence de deux hommes en blanc au Vatican, que de nombreux ecclésiastiques de haut rang au Vatican pointent désormais du doigt – jusqu’au cardinal secrétaire d’État : Tant que le « Papa émérite » est encore capable de parler ou d’écrire, il risque d’être exploité par ceux qui continuent à s’accrocher à sa ligne théologique et sont étrangers à celle du nouveau pape.
Tensions, polémiques, divisions
De telles fissures capillaires au sommet de l’église, que Gänswein décrit de manière vivante dans son livre, ont ce qu’il faut, selon le tempérament des protagonistes, pour dégénérer en tension, en polémiques et finalement aussi en divisions. C’est la principale raison pour laquelle le livre fait tant de bruit au Vatican. La seconde est l’impression que quelqu’un a divulgué une quantité excessive d’informations énigmatiques et personnelles – et au mauvais moment. (cic)
Le mot fenêtre se dit en latin fenestra, signifiant la voie, l’ouverture mais aussi l’issue.En tant qu’ouverture sur l’air et la lumière, la fenêtre symbolise la réceptivité.La fenêtre est souvent composée d’une base carrée surmontée d’un arc de cercle, représentant le passage du plan terrestre au plan céleste. Si l’ouverture est ronde, la réceptivité est de même nature que celle de l’œil ou de la conscience. Si l’ouverture est rectangulaire, elle induit une réceptivité de l’ordre terrestre.
Dans l’iconographie du vitrail, la fenêtre carrée ou rectangulaire contient des messages de nature humaine, alors que les fenêtres de forme circulaire véhiculent des messages divins. Il est montré alors le symbolisme du nombre quatre (4) de nature terrestre et celui du cercle symbole de la voûte de nature céleste c’est-à-dire divine ; la liaison étant, respectivement, avec l’équerre et le compas.
Sur le tapis de loge (au premier et deuxième degré de certains rites), sont représentées des fenêtres grillagées, exprimant la possibilité de faire entrer de la lumière, ou pour les membres autorisés de la loge de regarder au-dehors. Les tapis de loge font figurer ces fenêtres à l’Orient, au Midi et à l’Occident. Elles donnent notamment la marche du Soleil: celle de l’Orient indique le lever du Soleil, celle du Midi le milieu du jour et celle de l’Occident le coucher du Soleil ; elles sont des polarisations différentes de la lumière unique. Par celle du Midi parvient le feu purificateur et régénérant. Par celle d’occident sont perçus les rayons déclinant du soleil, annonçant la limitation de la vie terrestre. Par celle de l’Orient, la lumière se lève à nouveau, indiquant la participation de l’initié au cycle cosmique.
On n’en trouve pas au Nord car il n’y a pas de lumière, c’est la colonne des apprentis qui se trouve dans le froid et l’obscurité, ne recevant la lumière que par le reflet de la lune. Selon la plupart des manuels des apprentis, ces derniers se trouvent dans la zone supposée être la moins éclairée de la loge. On peut considérer au contraire que, placés au nord, ils reçoivent l’intensité la plus vive de la lumière de la fenêtre sud qui leur fait face et les éclaire.
L’orientation de la loge est-ouest vient du temps où le monde connu se limitait à la Méditerranée. L’ouest était cette partie au-delà des colonnes d’Hercule, c’est à dire le monde humide au-delà duquel il n’y avait que de l’eau. L’est, par opposition, était le côté sec et chaud d’où venait la lumière avec le lever du soleil, le lever de Dieu. Le sud était le côté de l’air chaud, des vents venant d’Afrique, à une époque où le vent était la parole de Dieu. Le nord était symbole du froid, c’est pour cela qu’aucune lumière, aucune chaleur ne venant de ce côté, il n’y a pas de fenêtres. Cette disposition était celle des ouvertures lumineuses des logesopératives, ateliers des maçons francs et des œuvriers travaillant sur le chantier des cathédrales. En effet, les loges, à l’abri du regard des profanes, étaient accolées contre le mur sud de la cathédrale, donc privées de la lumière du nord. D’ailleurs dans les régions froides, le côté Nord des églises ne comporte que peu de fenêtres, voire pas du tout.
Les fenêtres grillagées, dont l’une est à l’Orient, ont une forme de maillage qui peut être aussi bien en losange qu’en carré et, au lever du soleil, l’ombre du grillage projette une Planche à tracer sur le tapis de loge. Sur la Planche à tracer sont indiqués les schémas qui constituent la clé de l’alphabet maçonnique ; ils pourraient être considérés comme l’ombre de grillage de fenêtres pour en faire le lieu de l’écriture structurée par la lumière. Le symbolisme maçonnique fait que le papier sur lequel on écrit est appelé «planche à tracer» et que le verbe «écrire» est remplacé par l’expression «tracer une planche». À partir de cette remarque, le rôle de la planche à tracer n’est pas d’écrire un texte ou un discours, mais de découvrir les traces de la lumière autour de nous et en nous. La planche à tracer invite à apprendre à recevoir la lumière, ce qui nécessite une démarche totalement opposée à celle de l’élaboration d’un discours.
Dans I, Rois 6,4 il est rapporté que Le Roi [Salomon] fit à la Maison [de l’Éternel] des fenêtres solidement grillagées. Le talmud explique que les fenêtres du Temple, à la différence de toutes les autres fenêtres qui font entrer la lumière, étaient conçues à l’inverse pour permettre de la diffuser de l’intérieur vers l’extérieur. N’est-ce pas aussi ce que le rituel permet par une « alchimisation » de la lumière profane en lumière spirituelle et fraternelle ? Alors n’oublions pas de porter au-dehors l’œuvre commencée dans nos temples.
De notre confrère midilibre.fr – Par Vincent Coste
Une enquête de l’Ifop pour les fondations Reboot et Jean-Jaurès étudie la porosité des jeunes aux contre-vérités scientifiques à l’heure d’un usage massif des réseaux sociaux.
Les jeunes de 18 à 24 ans, en France, sont 19 % à penser que « les pyramides égyptiennes ont été bâties par des extraterrestres », 20 % à assurer que « les Américains ne sont jamais allés sur la lune », 25 % à estimer qu’on « peut avorter sans risque avec des produits à base de plantes », 31 % à affirmer que « le résultat de l’élection américaine de 2020 a été faussé aux dépens de Donald Trump ».
Tels sont quelques-uns des constats les plus surprenants relevés en consultant l’enquête de l’Ifop pour les fondations Reboot et Jean-Jaurès qui étudie la porosité de cette population jeune aux contre-vérités scientifiques, et ce à l’heure d’un usage massif des réseaux sociaux.
Une enquête dont l’enseignement principal montre que dans cette tranche d’âge, « à peine un jeune sur trois (33 %) a aujourd’hui l’impression que la science apporte à l’homme plus de bien que de mal, alors qu’ils étaient une majorité à le penser il y a cinquante ans (55 % en 1972) » rapportent les enquêteurs.
Fake news médicales nocives
Qui pointent également, « une sécession de la jeunesse avec le consensus scientifique et médiatique », que des thèses comme le platisme ou le créationnisme rencontrent désormais « un écho loin d’être marginal dans la jeunesse française », et que dans un « contexte post-Covid, les fake news médicales nocives trouvent aussi un public chez les jeunes ».
Jeunes qui, relève encore l’Ifop « plus sensibles que les seniors au récit poutinien sur la crise ukrainienne ou aux thèses trumpistes sur la vie politique américaine », et « plus sensibles qu’avant aux parasciences et à l’occultisme ».
« Confiance accordée aux réseaux sociaux »
Ces tendances « s’inscrivent plus largement dans le cadre d’une révolution informative majeure. En l’absence de déviance à l’égard des contenus qu’ils trouvent, les réseaux sociaux constituent une source d’information importante pour une partie des jeunes » constate encore l’Ifop dans sa note d’analyse.
Et de préciser : « Le rejet des vérités scientifiques et des croyances dans le paranormal semble alors corrélé avec la confiance accordée aux réseaux sociaux. Ainsi, 37 % de ceux qui adhèrent à au moins une contre-vérité scientifique leur font confiance, et 44 % de ceux croyant en au moins une discipline de mancie (tout ce qui est en rapport avec les arts divinatoires, ou les prédictions, l’occultisme, etc., NDLR). La confiance en l’information sur les réseaux sociaux se voit même exacerber si elle est produite par un influenceur. En effet, plus de 40% des utilisateurs de TikTok estiment que le nombre d’abonnés est un marqueur de fiabilité de l’information ».
De notre confrère les lesechos.fr – Par Corinne Dillenseger
Cette pâtissière de 24 ans gère la Maison de Rodez, un lieu de vie et de formation pour 85 itinérants compagnons du Devoir qui font leur Tour de France. Une responsabilité plutôt rare pour une jeune femme, dans cette institution communautaire ancestrale qui ouvre ses centres ce week-end partout en France.
Léa Langereau est la benjamine des treize femmes chargées de diriger une des soixante-deux maisons communautaires des Compagnons du Devoir. Ce poste de prévôt, elle l’a voulu, qui plus est dans une ville – Rodez – et un département – l’Aveyron – qu’elle ne connaissait pas. Un vrai défi pour cette vingtenaire qui bâtit depuis toujours son parcours professionnel avec discernement.
Native d’Angers, cette fille d’une agricultrice et d’un paysagiste s’est très tôt prise de passion pour l’alimentaire et la pâtisserie en particulier. « J’aime mettre en valeur les produits, transformer la matière pour en faire quelque chose de beau et de bon, procurer du plaisir aux gens, de l’émotion », argumente-t-elle. Mais avant de mettre la main à la pâte, elle décide d’abord d’« acquérir des compétences en management ». Elle passe un bac techno hôtellerie-restauration à Saint-Nazaire et enchaîne avec un BTS cuisine à La Rochelle.
Une histoire familiale
La pâtisserie, elle choisit de s’y former dans une école bien particulière. « Mon oncle compagnon mécanicien m’a beaucoup parlé du compagnonnage fondé sur l’apprentissage d’un métier, la communauté et le voyage. Ça m’a plu », se souvient Léa. Cette passionnée de badminton et de randonnées ressentait surtout « le besoin d’appartenir à un groupe, voire une famille avec des valeurs de générosité et d’entraide », ces valeurs qui lui ont manqué pendant son parcours scolaire classique, avoue-t-elle. En entrant chez les Compagnons du Devoir, elle sent qu’elle y trouvera sa place et qu’elle pourra « [s]’épanouir dans [s] on métier et avec les autres ».
Comme Léa, ce sont 11.000 jeunes (dont 14 % de filles) qui se forment chaque année à l’un des trente métiers manuels proposés par l’organisme, que ce soit dans le bâtiment, l’industrie (carrosserie, fonderie, mécanique…), les matériaux souples (cordonnerie, maroquinerie…) ou la filière du goût. Dès la fin de la troisième, on peut y suivre un cursus allant du CAP à la licence professionnelle en passant par la formation continue réservée aux plus de 25 ans désireux de monter en compétences ou de se reconvertir . La formation se fait toujours en alternance grâce à un partenariat avec plus de 28.000 entreprises.
Logo Les Compagnons du Devoir et du Tour de France.
Sur les routes pour apprendre le métier
Pour perfectionner leur métier, les jeunes partent sur les routes de France et/ou à l’étranger pendant trois à cinq ans. « C’est une aventure humaine et professionnelle unique », s’exclame Léa qui a sillonné le pays de 2018 à 2022, en changeant de ville et d’entreprise tous les ans. « J’ai découvert de nouvelles techniques et savoir-faire. » Et au passage décrocher un CAP Boulangerie, un CAP Pâtissier et la Mention Complémentaire Pâtisserie !
La jeune femme a posé successivement ses bagages à Paris, Pau et Strasbourg pour travailler dans des boulangeries-pâtisseries de renom, comme L’Essentiel créée par le compagnon Anthony Bosson primé pour la qualité de ses pains, ou la pâtisserie-chocolaterie Gross, un établissement séculaire alsacien. C’est d’ailleurs à Strasbourg que Léa a réalisé son « chef-d’oeuvre ou travail de réception », une épreuve incontournable « pour prouver qu’on connaît notre métier » et prétendre au titre de compagnon.
« J’ai réalisé un brunch pour une centaine de personnes, avec une cinquantaine de produits différents : du salé, de la viennoiserie, de la confiserie, du chocolat… et une touche artistique », énumère-t-elle avec fierté. Un travail qui lui a demandé six semaines de préparation « sur mon temps personnel, en parallèle de mon travail dans l’entreprise », tient-elle à préciser.
Animer un lieu de vie intergénérationnel
Nourrie par cette expérience, la jeune compagnon pâtissière décide de rester au sein de l’association. Elle se porte volontaire pour un poste à responsabilité salarié. A 24 ans, elle devient prévôt de la Maison de Rodez et ses six sites secondaires dans l’Aveyron, la Lozère, le Cantal et le Lot. « Mon rôle n’est pas de manager, avertit-elle d’emblée. Il est de mettre en avant le meilleur de chacun, d’accompagner et de favoriser les liens et la transmission des valeurs de solidarité et de générosité entre les générations qui se côtoient au sein de la Maison. » Un état d’esprit qui fait toute la force du compagnonnage inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco depuis 2010.
La Maison, nichée dans un ancien hôtel particulier du XVIe siècle près de la cathédrale Notre-Dame, s’inscrit entièrement dans cette tradition. Elle offre le gîte et le couvert à 65 itinérants de ce qu’ils appellent le Tour de France, pratiquant une dizaine de métiers : menuisiers, mécaniciens agricoles, selliers, maçons, plombiers , couvreurs… Elle accueille également une vingtaine de jeunes préparant le Brevet Technique des Métiers Supérieurs de Tailleur de Pierre, un diplôme dispensé uniquement dans l’Institut de la Pierre de Rodez, proche de la Maison. « Je m’occupe aussi des partenariats avec les entreprises locales qui prennent ces jeunes en alternance », rajoute Léa.
Maison de Compagnons, Rodez (Aveyron).
Proximité et ouverture
L’ambiance se veut rassurante et conviviale pour ces itinérants qui pour la plupart ont quitté leurs parents et se retrouvent seuls loin de chez eux. La prévôt s’y applique avec bienveillance. Elle organise des sorties, « des causeries (soirées à thème NDLR) » et veut favoriser les actions d’ouvertures aux autres. Comme, ces journées Portes Ouvertes prévues ce week-end. « Nous espérons la venue de 300 personnes et au moins 30 préinscriptions », évalue Léa.
Logeant sur place, la jeune femme tient à laisser la porte de son bureau ouverte et à participer aux repas collectifs. Et l’environnement à majorité masculine (trois quarts des itinérants sont des hommes) ne lui pose aucun problème. « Je suis parfaitement à l’aise. C’est plus une question de caractère que de sexe », assure-t-elle.
Dans ses missions, elle peut compter sur son binôme, « la maîtresse de maison », une travailleuse sociale et femme de compagnon chargée de l’hébergement, de la restauration et du bien-être des jeunes. Une « fonction maternelle » présente dans toutes les maisons de l’institution et occupée par des femmes, contrairement au poste de prévôt, masculin à 80 %. « Le compagnonnage était à l’origine uniquement réservé aux hommes, rappelle Léa. Il ne s’est ouvert aux femmes qu’en 2004 et elles y prennent petit à petit leur place. »
La jeune compagnon gérera sa prévôté pendant trois ans. En parallèle, elle compte obtenir son BTM Pâtissier (brevet technique des métiers), le sésame « pour devenir un jour mon propre patron ». Un choix entrepreneurial qu’adopte un Compagnon du Devoir sur deux.
Présentation de l’association Bioéthique et Liberté
L’Association Bioéthique et Liberté est née de la volonté, encouragée et soutenue par le Conseil de l’Ordre, d’un groupe de frères et de sœurs de la Grande Loge Mixte de France de réfléchir en maçons aux évolutions de notre société sur tout ce qui touche aux sciences du vivant.
L’idée de mettre sur pied une association loi 1901 s’est imposée rapidement afin de garantir l’autonomie de nos travaux, tandis que, d’autre part, une convention signée avec la Grande Loge Mixte de France témoigne du lien fort qui nous unit. Pourquoi Bio éthique et liberté ?
Blason GLMF
Parce que ce qui touche aux sciences du vivant a des conséquences directes sur nos libertés et la Liberté, que ce soit pour augmenter nos libertés, nos choix ou pour les réduire.
De la naissance à la fin de vie, du brevetage du vivant à l’intelligence artificielle, de l’expérimentation médicale aux manipulations génétiques … Le champ de l’éthique du vivant est large et nous concerne tous.
Ce champ n’appartient pas aux seuls médecins, biologistes ou généticiens, il est celui des philosophes, des juristes, des sociologues et … Le nôtre ! Notre association est ouverte à tous, frères et sœurs de la Grande Loge Mixte de France qui souhaitent contribuer à la réflexion (Site officiel).
Michel Baron
*Michel BARON, conférencier d’un soir, est un Frère sachant archi diplômé – entre autres, DEA des Sciences Sociales du Travail, DESS de Gestion du Personnel, DEA de Sciences Religieuses, DEA en Psychanalyse, DEA d’études théâtrales et cinématographiques, diplôme d’Études Supérieures en Économie Sociale, certificat de Patristique, certificat de Spiritualité, diplôme Supérieur de Théologie, diplôme postdoctoral en philosophie, etc.
Auteur de « Le concept de symbolisme entre psychanalyse et religion » (L’Harmattan, 2017), il est un contributeur régulier des « Cahiers de Villard de Honnecourt », revue trimestrielle de Loge Nationale de Recherche de la Grande Loge Nationale Française et, par ailleurs, auteur du très beau texte sur ‘’Le sacré’’ du « Livre d’heures du Parfait Maçon-Guide en 12 points de l’initiation maçonnique régulière » (GLNF, 2022).