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Des temples au Temple et du Temple au temple maçonnique

Templum signifiait le secteur du ciel observé par l’augure qui délimitait ainsi une surface bien déterminée. Puis le mot a désigné le lieu (ou l’édifice) à partir duquel on pratiquait l’observation du ciel.

Les mots «temple» comme «temps» ont tous deux la même étymologie indo-européenne tem (en grec τεμνω) qui veut dire couper. Le temps est en effet une coupe (un espace) dans la durée ; le temple était dans les sociétés occidentales antiques, une coupe (clairière naturelle ou travaillée) dans la forêt, où se tenaient des rituels sacrés ; cette coupe correspondait à une division délimitée à l’aide d’un bâton ou d’un sceptre ; une façon de séparer du monde naturel un espace et un moment, par un procédé de sacralisation. Le mot temple dérive, plus probablement, de la racine sanscrite temp (étendue, espace) qui donna le latin templum, un espace confiné normalement dessiné dans l’espace par le bâton de l’augure ou aruspice, prêtre qui en interprétant les présages (représentés par des phénomènes naturels tels le vol des oiseaux, la lecture d’organes d’animaux sacrifiés, etc) et prévoyait l’avenir. D’où le terme latin de contemplor (contempler), regarder le ciel, pour éventuellement en chercher des présages. Il s’agit donc d’un volume d’espace ouvert entre ciel et terre d’où l’une des raisons qui explique pourquoi le plafond du temple maçonnique est étoilé.

Le temple est donc entendu ici au sens le plus large comme centre du monde, distribuant l’espace entre les sphères du sacré et du profane, et comme construction figurant le parcours initiatique de l’homme. Mais une place privilégiée est faite au Temple de Salomon, archétype du lieu sacré repris comme modèle dans toute la civilisation judéo-chrétienne, et dont la Franc-maçonnerie utilise encore aujourd’hui la symbolique.

Le temple peut être considéré sous plusieurs angles, il est à apprécier comme :

Lieu secret. Le temple égyptien, entouré d’une enceinte qui interdit l’accès de l’édifice au profane, n’est pas comparable à une église où le public et les fidèles sont librement admis. Le temple abrite la puissance créatrice qui organise les mondes. Une telle énergie ne saurait être approchée que par des spécialistes avec à leur tête pharaon. C’est pourquoi, la structure du temple est un axe qui part de l’extérieur, de la lumière apparente, pour aboutir jusqu’au cœur  du sanctuaire, siège de la lumière secrète, celle du divin. La puissance divine n’est pas seulement cantonnée au Ciel ou à l’au-delà. Sa présence se manifeste aussi sur Terre parmi les humains. Les temples, pour les dieux, et les nécropoles, pour les ancêtres, sont des lieux où les prêtres exercent leurs rôles de médiateur entre le genre humain et les forces de l’invisible. Ce sont des lieux à part, tenus à l’écart de la majorité des vivants, leur accès étant soumis à des restrictions de toutes sortes comme la pureté corporelle, le jeûne, l’obligation de silence.

Lieu sacré. Dans la Grèce antique, tout lieu peut revêtir un caractère sacré à condition qu’un dieu s’y soit manifesté ou qu’un héros y soit mort. Le terme grec désignant l’espace sacré, temenos, s’applique aussi bien à un modeste autel, simple monticule de terre ou espace sacré placé près d’une rivière ou au cœur d’un bois, qu’au vaste édifice entouré d’une colonnade érigé en l’honneur d’un des grands dieux de l’Olympe. À l’origine, le temple est simplement l’espace du ciel délimité par les augures pour y observer le vol des oiseaux. Par la suite il est devenu l’édifice lui-même, à partir duquel, selon des règles strictes, s’effectuait cette observation. Fermé à la population il abrite la statue de la divinité et son trésor.

Lieu central. Le Temple de Salomon, construit au 1er millénaire avant notre ère, formait probablement une série de cours communicantes s’inspirant des formules architecturales des temples syriens. Le Saint des saints, le sanctuaire central était si sacré que seul le grand prêtre pouvait y pénétrer. Là se trouvait l’Arche d’Alliance, contenant les tables de loi données à Moïse par le Dieu des Hébreux. Après sa destruction, il demeure une centralité pour le judaïsme, les croyants se tournant dans sa direction pour leurs prières. Les musulmans le considèrent comme un de leurs hauts lieux de pèlerinage.

Observatoire céleste. Il semble évident que certains sites mégalithiques aient été à la fois temples et observatoires astronomiques. C’est le cas du cercle de mégalithes de Stonehenge en Angleterre. Ce temple solaire et lunaire était probablement dédié au cosmos.

Réplique du cosmos. Les textes sacrés égyptiens expliquent que le temple est à l’image du cosmos : en pénétrant dans le naos, le pharaon franchit les «portes du ciel». La très vieille conception du temple comme l’imago mundi, l’idée que le sanctuaire reproduit l’univers dans son essence, s’est transmise à l’architecture sacrée de l’Europe chrétienne : la basilique des premiers siècles de notre ère, comme la cathédrale du Moyen Âge, reproduit symboliquement la Jérusalem terrestre.

Le temple maçonnique peut-être perçu comme un syncrétisme de tous ces aspects, à la fois sacré, central, cosmique et spirituel auquel s’ajoute l’idée que le temple c’est lorsque les francs-maçons sont rassemblés (ce n’est pas l’endroit qui honore l’homme, c’est l’homme qui honore le temple). Le temple est la réalisation et la figure du règne hiérarchique de la vérité et de la raison sur terre.

Dans les rites de la Franc-maçonnerie, inspirée par les bâtisseurs du Temple de Salomon, le temple adopte très clairement une dimension cosmique ; sa voûte est constellée d’étoiles, lune et soleil y sont présents, les références aux points cardinaux ordonnent l’espace du temple, les circulations se font par rapport au mouvement des planètes. L’espace initiatique, c’est-à-dire l’endroit où s’accomplissent les rites, est en opposition classique avec le village, lieu social, lieu culturel, habité par des humains. La construction mythique de la Franc-maçonnerie est une cosmogonie et ceci non seulement parce que le sanctuaire représente le monde et son archétype céleste, mais aussi parce que le temple permet de vivre les divers cycles temporels exprimés par les rites.

Remarquons que le Temple de Jérusalem n’a pas été construit pour être visité par des hommes comme le seraient une église, une synagogue ou une mosquée. Il est littéralement la Maison de D.ieu, un lieu pour Lui seul.

Consulter l’article de Gérard Foy, Une histoire du Temple, dans le n°4 de 2021 de la Revue L’Initiation, p.2.

Les Temples de Jérusalem

Lorsque le Temple fut construit à Jérusalem, il ne s’agissait que d’un lieu sacré parmi beaucoup d’autres, ce n’était pas le seul lieu de vénération pour YHVH Élohim. Les hauts lieux étaient tous envisagés comme légitimes en termes cultuels jusqu’à la réforme de Josias en 621. La multiplicité des sanctuaires était d’ailleurs expressément autorisée par la parole de Dieu[1] qui prescrit même la manière de construire un autel[2]. On trouve de nombreux textes dans notre sainte Bible qui illustrent de telles pratiques[3]. Jacob n’avait-il pas à Sichem bâti un autel[4] et élevé une pierre dressée à Béthel[5],  et c’est dans le même endroit, à Sichem que Josué avait élevé une grosse pierre sous un arbre justement ![6] (voir l’article Les hébreux ne furent pas toujours monothéistes).

Jérusalem ne fut pas choisi au hasard. Jonathan Smith résume les traditions juives et note :

  • C’est là que les eaux de la «Profondeur» furent bouchées au premier jour.
  • C’est la source de la première lumière de création.
  • Le site du Temple fut le premier lieu qui soit, et il est donc le «centre» du monde.
  • C’est de la que la poussière fut prise pour former Adam.
  • C’est le lieu du premier sacrifice d’Adam.
  • C’est le lieu du tombeau d’Adam.
  • C’est là que Caïn et Abel sacrifièrent, et la donc qu’Abel fut tué.
  • Le Déluge fut occasionne en soulevant la pierre de fondation du Temple et libérant les eaux de la Profondeur.
  • C’est sur le site du Temple que Noé sacrifia en premier après le Déluge.
  • C’est sur les lieux du Temple qu’Abraham fut circoncis.
  • C’est sur le site du Temple que se dressait l’autel de Melchisedech.
  • C’est sur ce site que se trouvait l’autel pour le sacrifice d’Isaac.
  • C’est sur le site du futur Temple, que Jacob eut sa vision de Béthel.
  • La Pierre de Fondation fut le rocher d’où Moise fit jaillir l’eau.
  • Yahve se tenait sur le site du Temple pour arrêter le fléau

Le Temple doit incarner la paix, le repos et la pérennité. Il est le service de D.ieu, l’une des trois enceintes, éléments du fondement des valeurs juives, avec la Thora dans le Saint des saints et la charité qui fait le lien au monde. Pour comprendre L’importance du temple :


Flavius Joseph dans Antiquités judaïques rapporte à propos du symbolisme du Temple de Jérusalem : «les trois parties du sanctuaire correspondent aux trois régions cosmiques (la cour représente la Mer – c’est-à-dire les régions inférieures- , la Sainte Maison figurant la Terre et le Saint des Saints le Ciel ; les 12 tranches qui se trouvent sur la table symbolisent les 12 mois de l’année ; le candélabre avec 70 branches représente les Décans (c’est-à-dire la division zodiacale des sept planètes en dizaines) – le chariot de l’âme, la Merkéva».

Le Temple n’était pas construit sur un terrain plat, mais par degrés successifs à flanc du mont Moriah (pour une histoire géologique de la construction du Temple de Jérusalem, monographie du Haram-ech-Chérif).

Lorsque Jérusalem est devenue une ville chrétienne, le site même du Temple, ruiné, fut laissé en l’état mais, selon certains (Anonyme de Plaisance, Cyrille de Scythopolis, Grégoire de Tours), une église, commémorant la présentation de Jésus au Temple, fut construite par Justinien, entre 531 et 543, au bord de l’esplanade, Sainte-Marie-la-Neuve ; elle sera détruite par les Perses lors du siège de Jérusalem en 614.

Selon le Coran, la construction du Temple fut commencée par le prophète Daoud (David) et terminée par son fils, Souleymane (Salomon). Souleymane l’aurait construit à l’aide des djinns qui étaient sous ses ordres. C’est en hommage à son père qu’il aurait fini les travaux.

Le Temple de Jérusalem fut tour à tour rempli et abandonné par la foule inconstante des Hébreux; un roi d’Égypte le pilla, un roi d’Israël trouvant que l’exemple méritait d’être suivi l’imita, un autre en ferma les portes et appela d’autres dieux sur d’autres autels. Ézéchias lui rendit un moment son éclat, mais son fils Manassé brisa le tabernacle de Jéhovah. Après quatre siècles d’existence et de fortunes diverses, il s’écroula dans l’incendie allumé par l’armée babylonienne. Rebâti après la captivité, devenu tout à la fois temple et forteresse, il fut renversé de fond en comble le 10 août 71 de l’ère chrétienne par l’armée de Titus. Sur ses ruines se sont élevés d’autres sanctuaires, tour à tour églises et mosquées, suivant que domine à Jérusalem la fortune de l’Orient ou celle de l’Occident.

Les destructions du temple annoncent les temps messianiques. Dans le fond, n’est-ce pas une idole qui fut détruite ?

Aujourd’hui, il ne reste  du Temple, comme vestiges, que les murs de soutènement de l’esplanade construite par Hérode et les restes des arches qui permettaient l’accès à l’esplanade. Pour Bob Cornuke, explorateur biblique, l’emplacement réel du Temple ne se situerait pas sur le mont (en fait emplacement de la garnison romaine)  mais en bas, plus au sud, dans la ville de David.

La mosquée Al-Aqsa, la lointaine, est l’un des principaux lieux saints de l’islam. Entre 1969 et 1983, le dôme de la mosquée Al-Aqsa était recouvert d’aluminium par anodisation, ce qui lui donnait un aspect argenté. En 1983, par souci d’authenticité, on lui a redonné son revêtement d’origine en plomb, de couleur gris foncé.

À Venise, chaque synagogue n’est qu’un substitut du Temple de Jérusalem détruit. Pour rappeler cette faille, elle comporte un signe d’imperfection tel un petit défaut dans son pavage noir et blanc pour le rappeler.

 Le Temple de Salomon

C’est le premier temple de pierre construit en l’honneur du Dieu des Hébreux. Avant la quatrième année du règne de Salomon, c’est en nomade que les Hébreux célébraient le culte de YHVH, dans une simple tente démontable et transportable, dans le Temple du désert pendant l’Exode, puis à Jérusalem en attendant la construction en dur (à Ælia Capitolina comme l’appela l’empereur romain Hadrien). Voir l’article Les résidences de l’Arche.

Selon Thomas Römer, ce sont les deutéromistes qui auraient inventé la construction rapportée dans la Bible. En fait, il considère d’après les sources, qu’il s’agirait d’une rénovation qui aurait été installée dans le temple d’une divinité solaire, une chapelle annexe pour le dieu tutélaire des rois hébreux.

Le temple agissait comme un foyer de la vie religieuse et culturelle, étant le lieu des sacrifices décrits dans la Torah sous le nom de korbanot. La date supposée de son achèvement se situerait aux alentours du Xe siècle av. J.-C., celle de sa destruction par les Babyloniens en -586 sous Nabuchodonosor.

Le Premier Temple ou Temple de Salomon a été construit, d’après la Bible, par le roi Salomon au Xe siècle av. J.-C. On le date d’après I rois, 6, 1 : «ce fut la 480ème année après la sortie des enfants d’Israël d’Égypte, la 4ème  année de son règne sur Israël, au mois de ziv, qui est le second mois, que Salomon commença à bâtir la maison de l’Éternel.» Diodore de Sicile, cependant, en attribue, de façon erronée, sa construction à Moïse («Cette colonie avait à sa tête celui qu’on appelle Moïse, homme très remarquable par sa sagesse et par son courage. Ce Moïse, ayant pris possession du pays, y fonda diverses villes et -en particulier- celle qui est aujourd’hui la plus célèbre et qu’on appelle Jérusalem. Il fonda aussi le temple qui est l’objet chez eux d’une très grande Vénération», livre I de la Bibliothèque historique de Diodore de Sicile).

Les ressemblances avec d’autres temples de la région apparaissent dans l’ornementation et la construction. D’inspiration phénicienne, moabite et syrienne, construit avec l’aide de Tyr, ce Temple atteste du syncrétisme et du cosmopolitisme du roi Salomon.

La vraie nature de l’édifice est avant tout d’ordre spirituel, l’art n’existe que pour traduire l’idée ; pour les deux civilisations, d’Israël et d’Égypte, on parle de sacralisation de l’art.

L’accès au Temple était réservé aux Cohen (les prêtres). Une structuration des autorisations d’accès de l’espace autour du temple était très stricte.

En voici une autre représentation de la structure de l’enceinte délimitant les zones d’accès.

http://fr.chabad.org/library/article_cdo/aid/3393923/jewish/Les-gardes-du-Temple-et-leur-signification-mystique.htm

À travers le Temple, Salomon veut édifier une société ouverte sur la transcendance. Il veut opérer une transformation spirituelle du monde, le mener vers la voie de la perfectibilité, transmuter l’humain en divin : le Temple doit être l’image symbolique de l’homme et du monde démontrant qu’il faut d’abord vivre en esprit, réaliser en soi même sa reconstruction afin d’accéder à la connaissance du temple céleste. «Le temple de Salomon n’était point simplement la reliure du livre  saint, il était le livre saint lui-même. Sur chacune de ses enceintes concentriques les prêtres pouvaient lire le verbe traduit et manifesté aux yeux, et ils suivaient ainsi ses transformations de sanctuaire en sanctuaire jusqu’à ce qu’ils le saisissent dans son dernier tabernacle sous sa forme la plus concrète, qui était encore de l’architecture l’arche. Ainsi le verbe était enfermé dons l’édifice, mais son image était sur son enveloppe comme la figure humaine sur le cercueil d’une momie.» (Victor Hugo, Notre dame de Paris, Livre V, Ceci tuera cela, 1865). L’entrée de l’édifice est à l’orient tandis que l’Arche d’Alliance est à l’occident (selon Ézéchiel, Ez 42,4 «La gloire de l’Éternel entra dans le temple par la porte qui est tournée du côté de l’Est». Cette orientation évoque le chemin qui provient de la lumière, chemin qui passe par une loi du devenir intérieur, par une transformation spirituelle, quête de l’intégrité personnelle

  Le Temple est le point de convergence entre Dieu et  sa création, entre la Jérusalem terrestre et la Jérusalem céleste.

 Les cabalistes se servent de la configuration du Temple pour y inscrire ce qu’ils appellent les quatre états de l’univers à travers quatre états de sacralisation. Partant des parvis on trouve ainsi :

  • Le monde de l’action : Asiah, le parvis.
  • Le monde des formes : Yetsira, lieu des émotions ; le vestibule ou oulam (A).
  • Le monde des idées : Briah, lieu des pensées intellectuelles ; le palais ou hekhal (B).
  • Le monde de l’émanation spirituelle : Atsilout, lieu des sentiments ; le debir, qui a la même racine sémantique que dabar, la parole en hébreu (C). L’obscurité du Saint des saints ne doit pas être entendue en tant qu’absence de lumière, mais comme son principe non manifesté, la source invisible à l’origine de son aspect manifesté ou visible.

Ces mondes représentent un itinéraire à parcourir en partant du  monde profane, visible, matériel, tangible vers un monde sacré, subtil, caché qui se dévoilera peu à peu  à celui qui aura su se mettre en route.

Dans les ouvrages religieux médiévaux, les représentations des chantiers d’église s’intitulent «construction de Temple de Salomon». La grande basilique Sainte-Sophie à Istanbul, le Dôme du Rocher à Jérusalem, le siège des Templiers et de nombreuses cathédrales médiévales furent tous conçus comme la réaffirmation symbolique de l’original.

Le Temple de Zorobabel

Le deuxième Temple, le Temple de Zorobabel,fut construit au retour de la captivité des Juifs à Babylone, vers 536 av. J.-C. Il fut terminé le 12 mars 515.Suite à la déclaration de Cyrus appelant Israël à revenir et à reconstruire la Maison de D.ieu à Jérusalem, la première chose que les Hébreux ont faite a été de construire l’autel de pierre, afin qu’ils puissent commencer à faire des offrandes le plus rapidement possible.

Le nouvel autel a été construit 52 ans après la destruction du premier temple, par Josué et Zorobabel à Jérusalem. Comme l’avait fait Salomon, les constructeurs louèrent les services de Sidoniens et de Tyriens pour apporter les bois du Liban. «C’est la seconde année de leur arrivée au Temple de Dieu à Jérusalem, le deuxième mois, que Zorobabel, fils de Shéaltiel, et Josué, fils de Yoçadaq, avec le reste de leurs frères, les prêtres, les lévites et tous les gens rentrés de captivité à Jérusalem,  commencèrent l’ouvrage, et ils confièrent aux lévites de vingt ans et au-dessus la direction des travaux du Temple de Yahvé» (Esd 3:8). Cependant on trouve en II Chroniques 34,12 c’est le roi Josias qui le rebâtit et que les travailleurs étaient sous la surveillance de Yahat et d’Obadyahou, Lévites de la famille des Merarites ; et Zacharie et Mechoullam de la famille des Kehatites chargés de les diriger.

Le second Temple ne pouvait avoir le lustre du premier. De plus, certains éléments avaient été définitivement détruits ou perdus, et ne purent être remplacés : l’Arche d’Alliance, les Ourim et Thoummim, l’huile sainte, le feu sacré, les tables du Décalogue, le pot de manne, et le bâton d’Aaron.

Il sera profané quand, sur ordre d’Antiochos IV, on dressera dans le Temple un autel dédié à Zeus et on force les Juifs à sacrifier de la viande de porc au dieu grec. Il sera reconsacré avec l’épisode de l’huille qui brûle 7 jours et qui donnera la fête de Hanoucca.

Le Temple d’Hérode

En l’an 37 avant notre ère, le sénat romain remet la couronne du Royaume de Judée à Hérode Ier le Grand qui retire le pouvoir politique aux prêtres. Le temple d’Hérode de Jérusalem est le nom donné aux extensions massives du Temple de Zorobabel et  aux rénovations du mont du Temple, réalisées par ce roi paranoïaque et sanguinaire. Ce projet débuta vers 19 av. J-C. Le bâtiment avait quarante-cinq mètres de haut et il fallut plus de quarante-six ans pour le construire (Jn 2, 20). Flavius Josèphe écrit que lorsque le soleil l’éclairait, on ne pouvait le fixer longtemps du regard tant on était ébloui par la blancheur de sa pierre et par l’or de ses décorations. La destruction de ce temple par les troupes romaines de Titus en 70 de l’ère chrétienne est relatée dans La Guerre des Juifs de Flavius Josèphe.

Temple de Jérusalem, période d’Hérode

Le temple d’Ézéchiel

 ‘Voici ce que je vis : un mur extérieur entourait le Temple de tous côtés, et l’homme tenait en main une règle d’arpenteur longue de six coudées, en prenant la coudée longue, un peu plus grande que la coudée ordinaire. Il mesura l’épaisseur des murs de cette construction : elle correspondait à la longueur de sa règle. Il trouva la même dimension pour la hauteur.» (Ézéchiel;40,5 ). Le temple de la vision d’Ézéchiel est celui de la Jérusalem céleste.

On trouve dans la vision d’Ézéchiel le tétramorphe qui fera l’objet d’un autre article.

Du Temple au temple maçonnique

En Franc-maçonnerie, on appelle temple le lieu où se tiennent les tenues. Comme les cathédrales et tous les temples dignes de ce nom, les temples maçonniques sont orientés, au moins symboliquement : selon l’orient d’abord, d’où vient la lumière, puis le midi, où brille le soleil, le septentrion, domaine de la lune, enfin l’occident, où se trouve la porte qui conduit à l’extérieur de l’espace sacré. C’est un champ sémantique de symboles où « tout en assumant une dimension esthétique, l’ornemental aurait une vocation épistémique ».

Les diverses sociétés de compagnonnage qui existent en France font remonter leur origine à la construction du Temple de Salomon ; la plupart d’entre elles ont adopté le mythe d’Hiram, bien qu’elles se donnent des chefs particuliers. Quelques-uns des tailleurs de pierre s’appellent enfants de maître Jacques, qui était sculpteur et architecte, collègue d’Hiram, et auquel la légende attribue une vie et une mort assez semblables à celles de ce dernier. Le père Soubise, également employé dans les travaux du temple, est le patron des charpentiers.

Le Temple apparaît pour la première fois en 1637 en Écosse, mentionné dans le Mot du maçon, dans le milieu calviniste presbytérien.

La présence du Temple de Salomon dans la légende maçonnique s’inscrit dans le cadre des énigmes non résolues. Des 150 versions manuscrites des Old Charges, deux seulement en parlent, le Régius, 1390, et le Cooke peu après. Pourquoi après un silence total qui dura 300 ans ?

Y a-t-il eu cause à effet de ce que, en 1665 à Londres, un rabbin juif espagnol, Jacob Jéhu de Léon, exposa, sur requête du roi Charles II, une fort jolie maquette du Temple de Salomon conçue en Hollande, qui attira une énorme attention, exposition qui se poursuivit avec le même succès jusqu’en 1765, soit pendant un siècle ? Ou par la parution en 1688 d’un ouvrage Le Temple de Salomon spiritualisé de l’écrivain anabaptiste John Bunyan, auteur connu et réputé ?

Desaguliers, en bon pasteur anglican pensa, peut-être, que les réunions des FM devaient se tenir dans un temple, pour promouvoir le déisme newtonien car la construction d’un nouveau temple sur un ancien est une pratique bien commune chaque fois qu’une « religion » prend le dessus sur une autre. Ainsi les temples des anciennes divinités sont détruits et ceux des nouvelles sont bâtis généralement en dessus, pour ensevelir l’erreur et rendre les archéologues heureux. Par exemple cela fut répétitivement le cas dans l’implantation de la religion catholique : la Basilique de Saint Pierre, à Rome, fut bâtie sur un ancien temple de Zeus ; l’église de Saint Nizier à Lyon sur un temple d’Attis ; le Saint Sépulcre à Jérusalem est bâti sur un temple de Jupiter que les Romains avaient construit sur le Golgotha et ainsi de suite, les exemples sont très nombreux et les raisons très simples. D’une part on voulait imposer la nouvelle religion sans laisser trace du lieu de vénération de la précédente et ensuite on savait que le lieu était sacré et il restait toujours un espace sacré. Mais quel temple choisir ? Forcément ce devait être un temple biblique, mais lequel choisir ? Le premier temple de Salomon, celui de Zorobabel ou celui d’Hérode ? Le premier, bien sûr, le seul dont les mesures sont si bien décrite dans plusieurs livres des Saintes Écritures.

Esquisse parfaite de l’univers pour Willermoz, hiéroglyphe universel pour Louis-Claude de Saint-Martin, le Temple de Salomon est au cœur de la Franc-maçonnerie lithocentriste. «La mesure mathématique de l’édifice dont il est dit qu’il est l’expression de la volonté divine exécutée par Salomon en regard des plans donnés à Moise par Dieu lui-même est à la base de toute recherche sur les lois fondamentales de l’univers. Cette relation directe entre la matière et la volonté divine ne pouvait qu’être une source et un modèle universel pour Newton. Ce modèle universel sera celui d’une spiritualité rationnelle rejetant le trinitarisme au profit du déisme, ce qui débouchera sur la recherche d’explications scientifiques et symboliques, établissant l’influence croisée entre l’homme et la grande nature en vue d’une nouvelle alliance.» Appelé aussi le Beth Hamikdach, la maison de la sanctification, le Temple de Salomon occupe une place prépondérante dans les rites de la Franc-maçonnerie comme toile de fond allégorique, symbolique et spirituel.

Le Temple maçonnique se veut être une image du cosmos ; de ce point de vue, le Temple de Salomon est l’Univers Solaire, et Hiram Abif, le Grand Maître bâtisseur du Temple, est le Soleil qui voyage à travers les douze signes du zodiaque, où il exécute le drame mystique de la légende maçonnique.

Il n’est pas sacré en lui-même, mais il le devient par la direction donnée à la pensée. Les francs-maçons viennent s’y parfaire par un travail sur soi, prenant comme modèle sa construction.

Pour le RER : D- Que représente la Loge ? R- Le temple de Salomon réédifié mystiquement par les francs-maçons.

Construit à l’image de l’homme et à l’image de l’univers, étudier les symboles du temple, c’est étudier l’un et l’autre (Willermoz). Une analyse des symboles du «temple» maçonnique est donnée par Rebold dans Histoire Générale De La Franc-Maçonnerie de 1850 (à partir de la p. 318).

Pour le REAA, le Temple maçonnique, à l’image de la Loge des Bâtisseurs de cathédrales, n’est pas le Temple lui-même dans lequel Dieu est censé venir résider selon la description qu’en donne le Livre des Rois, il est en construction à l’Occident et peut se confondre avec la cité.

Dans les rituels, par déformation, on emploie le mot temple de la même façon, alors qu’il ne devrait se rapporter qu’aux temples de la mythologie biblique et maçonnique (Temple de Salomon, d’Hérode, de Zorobabel, d’Énoch, etc.) Le terme juste est «loge» quand la loge est ouverte rituellement, «local de loge» ou «chambre de loge» quand il désigne le bâtiment (lodge room). En Écosse et en Irlande, on emploie aussi «chapelle» (chapel) et, bien souvent, cela en est une…Même si le décor du temple maçonnique évoque par certains aspects le Temple de Salomon, les travaux ne commencent ni se terminent dans le temple, mais dans la loge. L’espace dans lequel on représente les rituels n’est donc pas plus le Temple que la cathédrale ou la synagogue. Son apparence n’est qu’un paradigme soutenant le mythe, un décor de théâtre changeant avec les degrés des travaux, «un système de pensée complet et autonome, à l’intérieur de ses propres limites».

Le temple, en tant que local permanent consacré aux travaux maçonniques, fait l’objet d’une cérémonie de consécration spécifique.

RSE/RÉÉ. Le local, en tant que tel, distinctement de la loge (groupe humain), fait l’objet d’une cérémonie de consécration spécifique, de même pour le tablier du très Vénérable et de son collier (les deux étant transmis de successeur en successeur), ainsi que pour la Bible de la loge et, éventuellement, pour le glaive et la bannière.

Pour qu’il y ait œuvre d’architecture, il faut qu’il y ait conception.

Pour créer le temple maçonnique, il suffit que 7 maçons régulièrement initiés (il y a de nombreuses variantes pour en faire une juste et parfaite loge, (Voir l’article Singuliers pluriels) se réunissent sous la voute étoilée (l’édifice serait donc, plutôt, un hypèthre), tracent sur le sol le tableau de loge, matérialisent les colonnes, le soleil, la lune, l’équerre, le compas. Il n’est même pas nécessaire que le volume de la loi sacré soit là, il suffit que les présents le mentalisent, que ceux-ci se placent aux postes des offices et ouvrent les travaux pour que le temple existe et devienne cet endroit sacré qui disparaitra à la fermeture des travaux. En Franc-maçonnerie, il est entendu que le temple ne préexiste pas : ce sont les maçons qui l’édifient à la fois collectivement (temple humanitaire) et individuellement (personnalité humaine, pierre cubique dite philosophale en hermétisme). Le temple maçonnique est reconstruit à chaque ouverture des travaux et abattu à chaque fermeture de ceux-ci. La tenue est le lieu et le temps d’un chantier. Cette construction ne peut se réaliser que lorsque sont respectés et vérifiés, par les rituels sous forme de questions et réponses, les éléments d’espace, de temps et de qualité des participants : la loge couverte, l’âge des membres selon le degré d’ouverture. Les francs-maçons sont la présence du temple vivant, dont les édifices ne sont que les symboles. En ce temple vivant, anthropomorphisé, qui a son image en chacun des francs-maçons, s’accomplissent les vrais Mystères, autrement dit ceux de la vie. Le symbolisme du temple maçonnique est une incitation à élaborer notre propre projet, notre propre architecture, en nous rappelant toutefois que le temps du projet, celui de la réflexion et de la conception, est un préalable nécessaire à celui du chantier, qui est le temps de l’action et de la réalisation .

Comme l’écrivait Oswald Wirth : sachons nous transformer en temple et nous préserver de toute profanation afin que les Mystères qui s’accomplissent en nous soient ceux du véritable art royal ! C’est le pouvoir contemplatif qui construit le Temple, et le Temple, dressé dans l’imaginal, devient, ainsi, réelle Porte du Ciel (La pensée d’Henry Corbin et le temple maçonnique).

Les rituels peuvent-ils à eux seuls fabriquer cet espace sacré? Cette architecture-là, immatérielle par nature, reste à construire, ou plutôt à reconstruire à chaque Tenue, à la fois à l’extérieur du temple et à l’intérieur de soi (François Gruson).

[1] Exode (20 : 20) : Tu [Moïse] feras pour moi un autel de terre, sur lequel tu sacrifieras tes holocaustes et tes victimes rémunératoires, ton menu et ton gros bétail, en quelque lieu que je fasse invoquer mon nom, je viendrai à toi pour te bénir ; Ibidem (24 : 4) : Moïse écrivit toutes les paroles de l’Éternel. Le lendemain, de bonne heure, il érigea un autel au pied de la montagne; puis douze monuments, selon le nombre des tribus d’Israël.

[2] Exode (20 : 21) : Si toutefois tu m’ériges un autel de pierres, ne le construis pas en pierres de taille; car, en les touchant avec le fer, tu les as rendues profanes. Ibidem (20 : 22) Tu ne dois pas non plus monter sur mon autel à l’aide de degrés, afin que ta nudité ne s’y découvre point.

[3] Josué sur le mont Ébal (Jos 8:30-32), Gédéon à Ophra (Jug 6:11,24), Manoah à Tsoréa (Jug 13:15,20), Mica sur la montagne d’Éphraïm (Jug 17:5), Samuel à Mitspa (1Sa 7:9 et suivant) Samuel à Rama (1Sa 9:12-18 7:17), les Hébreux à Guilgal (1Sa 11:15), Samuel à Bethléhem (1Sa 16:5), David sur l’aire d’Arauna (2Sa 24:25), Salomon à Gabaon (1Ro 3:4), Élie sur le Carmel (1Ro 18:30 et suivants).

[4] Ge 33:20

[5] Ge 28:18 ; 35:14

[6] Jos, (24: 26) : Puis Josué consigna ces choses dans le livre de la loi divine; il prit aussi une grande pierre qu’il dressa en ce lieu, sous le chêne qui était dans le lieu consacré à l’Éternel.

Quand les élus revendent leurs décors

Lorsqu’on assiste aux querelles de pouvoir dans certains milieux, qu’ils soient maçonniques ou non, on se demande toujours si l’objet de cette bataille ne serait pas les cordons et autres décors. Le regretté Daniel Béresniak nommait d’ailleurs cette quête démesurée du pouvoir la « cratophilie ». Il semblerait que lesdits décors ne possèdent qu’une simple valeur symbolique, la preuve… les élus finissent par les revendre aux enchères !

La Rédaction a mené l’enquête auprès d’un site spécialisé dans la revente d’objets d’occasion. On n’y trouve des médailles du Sénat, de l’Assemblée Nationale, Des écharpes de Maire, des insignes de police… et même des décors de dignitaires de la Franc-maçonnerie et plus particulièrement de Grand Officier de la Grande Loge Nationale Française (GLNF), une structure administrative qui se déclare gardienne de la Règle – maçonnique ? La sienne ?

Ou encore sur le site Antikeo, la marketplace d’Antiquités en ligne, une très sérieuse boutique bien connue pour des achats auprès d’antiquaires professionnels, garantissant l’authenticité des objets…

Médaille Maçonnique – GLNF – Souverain Grand Comité – Grand Officier National – par Galerie Art-K-Typ, site Antikeo consulté ce mardi 24 janvier 2023

Une adresse précieuse pour tous amateurs, entre autres, d’œuvres d’art.

La médaille du Souverain Grand Comité de ladite obédience qui, selon Wikipédia, est une « … Obédience exclusivement masculine selon ses statuts, elle n’entretient pas d’accords formels de reconnaissance avec les autres obédiences françaises, tout en maintenant des relations amicales ou des rencontres occasionnelles, ainsi que certains liens administratifs avec la plupart de celles-ci… »

Lorsqu’on voit ces décors ou ces reliques vendus à l’encan, on se demande toujours ce qui justifie toute cette effervescence pour leur conquête ?

Cela nous amène à une petite histoire symbolique :

Cela se passait en Inde il y a longtemps. Comme chaque année des milliers de sâdhus (sage, saint homme) se retrouvent dans un lieu du pays pour leur convent annuel. Cette année, la rencontre a lieu en banlieue de Jamalpur une ville du nord de l’inde, au bord du Gange.

Des dizaines de personnes attendent au guichet pour acheter un billet de bateau pour traverser le fleuve. Lorsque soudain, un Sâdhu s’approche de la file d’attente et reconnait le Bouddha qui attendait son tour pour acheter son billet.

Il s’approche de lui et l’interroge :

« Maître que faites-vous là, vous n’allez tout de même pas acheter un billet ? Pourquoi ne faites-vous pas comme moi, c’est à dire traverser le fleuve en lévitation à un mètre au dessus ? »

Le Bouddha le remercie de sa sollicitude à son égard et curieux de ce procédé lui demande :

« Combien de temps, cela vous a t-il pris pour apprendre la lévitation au dessus du fleuve ? »

Très fier de l’intérêt qu’il avait suscité chez le Maître, il répondit :

« Plus de 40 ans de pratique assidue et quotidienne, à raison de 4 heures par jour »

Et soudainement, le Bouddha interrogatif demanda :

« Je me pose tout de même une question, n’avez-vous pas peur que passer presque 60 000 heures d’entrainement pour économiser 12 roupies soit un peu cher payé ? »

Cela nous ramène à nos décors et autres insignes. Lorsqu’on voit le prix de revente de ces objets, on se demande immanquablement si l’énergie dépensée en vaut réellement la peine ?

La Franc-maçonnerie au 19ème siècle au Mexique

De notre confrère mexicain razon.com.mx – Par Mauricio Leyva

La présence et l’influence de la franc-maçonnerie dans la vie politique du Mexique sont l’un des sujets de profond intérêt qui existent dans l’histoire nationale, en particulier tout au long du XIXe siècle et un peu plus de la moitié du siècle dernier où elle a joué un rôle fondamental dans les décisions qui définit le cours de la nation. Pourtant, le sujet a été abordé avec sérieux et objectivité dans peu d’ouvrages et dans la plupart des cas par des hommes qui ignorent le véritable fonctionnement d’une des institutions secrètes qui sont passées de la lumière à l’ombre et de l’ombre à la lumière pendant des centaines d’années.

La franc-maçonnerie a été fondamentale dans la cohésion et la direction idéologique et militaire lors d’événements importants tels que la Révolution française ou l’indépendance américaine et au Mexique, ce n’est pas l’exception.

Dans Franc-maçonnerie au 19ème siècle au Mexique, le lecteur découvrira le rôle dirigeant de l’une des institutions les plus puissantes et les plus controversées au monde ; dans ses pages, nous pourrons révéler les secrets des héros et la structure de ses chapitres, à partir d’aspects généraux tels que les origines de l’ordre initiatique en Amérique du Nord, en nous concentrant sur son développement fondamental dans la fondation des loges à Cuba , Veracruz et sa diffusion ultérieure dans le pays.

La franc-maçonnerie au XIXe siècle au Mexique est une étude de ma paternité publiée dans sa première édition par l’Institut « Belisario Domínguez » du Sénat de la République en août 2012 et qui raconte de manière opportune les liens entre les hommes et les femmes de la Lutte pour l’indépendance jusqu’à la guerre de trois ans ou de réforme, l’exécution de Maximilien de Habsbourg et la consolidation de la franc-maçonnerie mexicaine et du Porfiriato aboutissant à la mort du maître Ignacio Manuel Altamirano, qui était l’un des grands maîtres avec pouvoir et influence dans les loges de Central Amérique.

Dans ses passages, le lecteur découvrira les mouvements politiques, les causes et les motivations qui ont influencé certains des moments clés de la conformation de la nation mexicaine, ainsi que les idéaux et les principes d’hommes tels que Fray Servando Teresa de Mier, Guadalupe Victoria , Vicente Guerrero , Antonio López de Santa Anna, Nicolás Bravo, Ignacio Ramírez, Benito Juárez et même ceux qui sont venus d’autres puissances mondiales pour renforcer la lutte pour les idéaux libertaires de leurs coreligionnaires, comme ce fut le cas avec Xavier Mina.

Il faut préciser qu’un travail de cette nature est et doit être perfectible, et que le résultat d’années de recherche n’est pas typique d’une vérité définitive. Pour répondre à la question que représente chaque œuvre, quel est l’apport qu’elle apporte ? Celui-ci analyse le contexte et les événements qui ont marqué plus de cent années fondamentales de l’histoire avec des informations inconnues jusqu’à présent sur les motivations idéologiques de ceux qui ont construit le Mexique d’aujourd’hui à partir de leurs visions. La publication promue est la troisième édition et est disponible sur Amazon, en version imprimée et numérique, prête et ouverte au débat pour ceux qui aiment ces sujets qui nous attirent et révèlent des données précieuses et uniques.

Lee Bell Jr., Franc-maçon à Albuquerque affirme que Martin L. King luttait pour les défis environnementaux

De notre confrère américain (Nouveau Mexique) newmexicosun.com – Par Karen Kidd

Le franc-maçon d’Albuquerque loue les contributions de King dans son appel à lutter contre les défis environnementaux. Face aux défis posés par le changement climatique, le moment est venu pour l’unité communautaire, a déclaré un franc-maçon de la région d’Albuquerque lors d’un rassemblement local en l’honneur de la journée de Martin Luther King Jr. lundi.

Eddie Lee Bell Jr. de la plus vénérable grande loge des maçons de Prince Hall au Nouveau-Mexique et répertorié comme directeur principal sur le site Web de Mt. Everest Lodge No. 1 à Albuquerque, Nouveau-Mexique, faisait partie d’un rassemblement dans la ville lundi. Il a pris la parole devant les centaines de personnes qui se sont rassemblées sur l’avenue Martin Luther King Jr. et le boulevard University Northeast pour une marche de solidarité, comme le rapporte KOAT 7 ABC. 

« En sortant de ces problèmes environnementaux que nous avons eu au cours des deux dernières années, il est très important que nous ayons l’unité dans notre communauté, afin que nous ne fassions pas les mêmes erreurs que nous avons faites dans le passé », a déclaré Bell. « Grâce à l’unification et à la constitution de coalitions, nous pouvons honorer le rêve du Dr Martin Luther King. »


La vie et l’héritage du Dr Martin Luther King ont été honorés à Albuquerque le jour de son anniversaire lundi. | pix4free.org

Né à Atlanta en 1929, King était le fils d’un prédicateur baptiste et il a obtenu un doctorat en théologie avant 1955, lorsqu’il a organisé avec succès le boycott des bus de Montgomery. La politique de résistance non violente de King a été influencée par Mohandas Gandhi, qui a utilisé la même stratégie une génération auparavant dans une campagne finalement couronnée de succès pour obtenir l’indépendance de l’Inde vis-à-vis de la domination britannique.

King a utilisé à plusieurs reprises ses talents d’orateur talentueux, y compris l’un de ses discours les plus célèbres, mieux connu sous le nom de son discours « J’ai un rêve », prononcé sur les marches du Lincoln Memorial le 28 août 1963. Le 4 avril, En 1968, King était à Memphis, dans le Tennessee, pour soutenir les travailleurs sanitaires en grève lorsqu’il a été assassiné alors qu’il se tenait sur un balcon du Lorraine Motel. Il avait 39 ans.

Lundi, Laquinia Chenault s’est également adressée aux marcheurs de solidarité à Albuquerque, qui a évoqué l’héritage et l’influence de King sur le rassemblement de la journée.

« Nous ne verrions pas tous ces groupes de personnes rassemblés comme ça si ce n’était pas pour sa mission », a-t-elle déclaré, selon KOAT. « Je veux que les gens comprennent que l’éducation est la base de tout, et que la connaissance est le pouvoir. C’est une forme d’éducation alors que nous sommes encore capables de réciter les paroles de Martin Luther King ici aujourd’hui. Nous sommes fiers d’être ici et fiers de Support. »

Lena Celestine du Grand Chapter Order of the Eastern Star a également parlé de l’héritage de King.

« Le Dr King a fait beaucoup non seulement pour notre peuple, mais pour le monde entier en essayant de promouvoir la paix et l’unité », a déclaré Celestine. « En tant qu’individus, nous devons continuer à suivre ce rêve et essayer d’être à la hauteur. [Nous avons] fait quelques progrès, mais nous avons encore un long, très long chemin à parcourir. » 

Les francs-maçons du Somerset font un don à la Croix-Rouge pour aider l’Ukraine

De notre confrère anglais somersetcountygazette.co.uk – Par Amber Hill

Les francs-maçons du SOMERSET ont aidé à soutenir les familles ukrainiennes en collectant 100 000 £ pour faire un don à la Croix-Rouge britannique, aux côtés des francs-maçons à travers l’Angleterre et le Pays de Galles.

La subvention, qui a été collectée par l’intermédiaire de la Masonic Charitable Foundation, aidera les personnes en quête de sécurité au Royaume-Uni à retrouver leurs proches et à reprendre contact.

L’équipe internationale de recherche de la Croix-Rouge britannique peut aider les familles à comprendre le processus légal de réunification et offrir un soutien émotionnel si nécessaire.

Ceux qui recherchent des êtres chers peuvent également télécharger une photo d’eux-mêmes sur le site Web Trace the Face dans l’espoir que leur famille disparue les reconnaisse. 

Selon les statistiques gouvernementales recueillies en août 2022, il y a eu un total de 206 000 demandes reçues dans le cadre des programmes de visas ukrainiens, dont beaucoup étaient de jeunes familles essayant d’échapper au conflit.

La Croix-Rouge, qui réunit les familles depuis la Seconde Guerre mondiale, encourage les dons dans la mesure du possible. Cette dernière subvention de 100 000 £ des francs-maçons fait suite à une série de subventions précédentes totalisant plus d’un million de livres sterling pour aider les réfugiés ukrainiens, ainsi que ceux de Pologne, de Moldavie et d’autres pays voisins.

Alex Fraser, directeur britannique du soutien aux réfugiés et du rétablissement des liens familiaux pour la Croix-Rouge britannique, a déclaré : « Nous sommes très reconnaissants aux francs-maçons pour cette généreuse subvention que nous utiliserons pour réunir les familles déchirées par le conflit. Pour les personnes en quête de sécurité en cas de crise, perdre le contact avec les membres de leur famille ajoute une nouvelle couche de traumatisme, et bien que le conflit en Ukraine ait mis ce fait en évidence, c’est une situation à laquelle sont confrontés d’innombrables réfugiés et personnes en déplacement dans le monde entier.

« Rassembler les familles est un processus difficile et complexe, mais pour quelqu’un qui cherche son enfant, son conjoint ou son frère, cela signifie tout. La générosité des francs-maçons nous aidera à soutenir ces personnes, quelles qu’elles soient et quoi qu’elles aient vécu.

Graham Puddy, de Somerset Freemasons, a déclaré : « Je suis très heureux que nous ayons pu aider la Croix-Rouge britannique dans ce projet extrêmement important visant à réunir des familles qui ont souvent été dispersées à travers le continent. Je ne peux pas imaginer une meilleure façon pour les enfants ukrainiens de célébrer le Nouvel An que de ramener leurs familles dans un pays sûr loin de la violence.

Pour faire votre propre don à la Croix-Rouge, visitez leur site Web.

L’AMOUR, devoir ou vertu ?

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Eros, Philia, Agapè : Trois façons d’aimer

Les yeux d’un homme et d’une femme se rencontrent dans un wagon de métro. Leurs inconscients semblent communiquer aussitôt. Le même sourire en forme de promesse se dessine sur leurs lèvres. Ils vivent, ensemble, un bref instant de plénitude, de communion, d’unité même, simplement reliés par le fil de leur regard. La femme descend à la station, se retourne vers lui, l’homme la fixe, légèrement penché en avant, comme aimanté et figé à la fois. Nouveau regard, nouvelle seconde fusionnelle. Trop tard ! Les portes se referment. Le métro repart. Deux destins se séparent. Se recroiseront-ils ?

Qu’est-ce qu’aimer ?

Arrêt sur image. Ces quelques secondes hors du temps, cette fulgurance pour l’un, cet instant d’éternité pour l’autre, est-cela l’amour ? S’il est d’abord attirance, désir, dans sa spontanéité joyeuse, comme on vient de le voir, l’amour est tout sauf contrainte. Ici, dans son acception sensuelle, voire érotique, puisqu’il ne s’ordonne pas, ne se commande pas, il ne saurait donc être un devoir ! Même platonique, il est créativité mutuelle subite, c’est un repas fantasmatique furtivement partagé avec les mets que chacun offre. Permettez-moi ce jeu de mots, c’est l’expression même, fugace, de « l’art des mets » (l’art d’aimer !).

Il n’est pas inutile de s’interroger sur cette disponibilité de l’être humain à désirer l’autre, et à être désiré, pour comprendre le mécanisme de l’amour. Il convient de revenir à cet effet au « petit d’homme » que chacun de nous a été. Celui-ci naît dans un « monde de liens » préparé à l’accueillir spécifiquement. En cela il est unique. Pendant sa gestation, il est lié à l’organisme maternel qui va participer tout entier à l’élaboration de son architecture. La programmation du bébé est donc subordonnée à celle de la mère. Ainsi se forme un couple fonctionnel et non deux entités indépendantes. Ainsi la nature construit et lie en même temps la mère et l’enfant. De la sorte, le bébé n’est jamais seul, jusqu’au moment où sa naissance au monde l’individualise brusquement. Et qu’il distingue, puis voit sa maman, « de l’extérieur », au fil des jours.

On comprend mieux dès lors que ce « petit d’homme », enfant, adolescent, puis homme devenu, entreprenne, du moins caresse l’idée folle, inconsciemment ou non, de reformer le couple « bébé-maman ». De la même manière, il va rechercher un lien filial utopique avec le monde, et selon sa culture, au-delà de sa parentèle, il va s’inventer, faute de mieux – en plus de son père biologique visible, – je dirai « un père céleste », c’est-à-dire un dieu, pour s’en rapprocher et en demander une protection de substitution !

La naissance nous projette ainsi en même temps dans « le croire ». Aux francs-maçons, aux franc-maçonnes que nous sommes, je rappellerai ici pour faire image, celle du rapprochement par chacun des deux possesseurs, d’un morceau de la même pierre cassée, pour prouver leur propriété commune d’un bien. Nous le savons, les grecs anciens nommaient cet objet coupé en deux et parfaitement joint, le symbolon, « un signe de reconnaissance », que nous avons traduit en France par le mot « symbole ».

Autre représentation : Dans la pièce « le banquet de Platon », son auteur Aristophane introduit le mythe de l’être double. A savoir que les hommes et les femmes, à l’origine, n’étaient pas des êtres séparés comme aujourd’hui. Ils étaient accolés, fiers de l’être, et disposaient de deux têtes et huit membres, chacun mâles et femelles. Pour les punir de leur suffisance, Zeus les a coupés en deux dans le sens de la hauteur. De la sorte chaque nouvelle créature s’est trouvée subitement amputée de son autre partie, sans espoir aucun de la rejoindre et de s’y ressouder. Ce mythe exprime à la fois le deuil de la perte et le désir éperdu de chaque être de retrouver son double, si je puis dire, sa moitié d’œuf. Il répond à sa façon à la question « qu’est-ce qu’aimer ? Aimer, en l’occurrence, c’est désirer retrouver son intégrité originelle, pleine et entière ! »

 Notre inconscient est marqué à jamais par le lait, véritable dieu liquide, offert par le sein maternel ou le biberon. Cet être clandestin abrité en nous imposerait ainsi sa loi, pour ne pas dire son désir : retrouver la personne qui nous a donné notre bonheur premier, bien entendu, notre mère ou son substitut. Ce postulat de la psychanalyse fait dire que chacun, égoïstement, n’aime que soi, plus exactement en l’occurrence cette partie de soi en un temps gratifiée – que Freud nomme « le stade oral » – pendant lequel nous avons bénéficié de cette satisfaction inoubliable. Et où ne faisions qu’un avec notre mère ou son substitut.

Désir et plaisir

L’amour n’est donc pas complétude mais frustration, en ce qu’il est désir et que le désir, c’est l’attente, bref, c’est le manque, aux dires même de tous les philosophes de Platon à Comte-Sponville. C’est aussi une puissance, nous dit Spinoza. Mais c’est un manque, une puissance donc, qu’il faut entretenir, telle une force. C’est encore la fameuse « libido » de Freud, qui pour sa part, englobe sous ce vocable, l’ensemble des désirs, pas seulement le désir sexuel. Apparaît donc ici une notion générale « d’énergie » à ne pas gaspiller, à préserver, à prolonger. Ce qui fait dire par provocation à l’espiègle psychanalyste Lacan : L’amour, c’est donner ce qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas ! ». Pour signifier que tout en voulant montrer son meilleur, « l’être aimant » offre aussi ses faiblesses, ses failles, que « l’être aimé » n’accepte pas forcément.

 Ainsi l’amour, c’est la rencontre de deux désirs, avec leurs qualités et leurs défauts. Or, tout l’intérêt du désir est de ne pas l’assouvir pour le conserver en permanence. Il ne vaut que par le manque « prolongé » et non la satisfaction immédiate. Nous voici devant le célèbre complexe d’Œdipe freudien : mon premier amour est ma mère, amour que le désir me laisse espérer mais que l’interdit de l’inceste empêche, consciemment et inconsciemment. Si je suis dans ce désir-là – irréalisable – mon, ma partenaire refuse évidemment de jouer le rôle de ma mère et inversement.

Le précité Spinoza, pour lequel le désir signifie donc puissance, est rejoint par son collègue contemporain Gilles Deleuze, pour lequel le désir n’est pas manque non plus, mais au contraire, production, créativité. Il est vrai que son point de vue se vérifie dans l’art ou la littérature notamment : Le désir des peintres les plus prestigieux, de Michel Ange à Picasso, a pris forme sur leurs merveilleuses toiles, chacun avec leurs styles. Tout comme celui des grands écrivains, de Sophocle à Victor Hugo, nous a donné les meilleurs romans et pièces de théâtre. Ce qui ne les a pas empêchés d’aimer d’autres êtres d’ailleurs et même, pour les célébrités citées, d’avoir une vie sexuelle comblée !

 Nous voyons ici qu’amour, désir et plaisir, ne sont pas forcément synonymes. Par définition, même si je suis « multi-désirant » comme tout un chacun, je ne peux pas désirer ce que je ne connais pas. Mais je « désire » les personnes, les objets et les choses que j’aime, pas de la même façon, bien entendu, s’il s’agit d’une femme, d’un homme, amis ou amants, des membres de ma famille, d’un frère maçon, d’une sœur maçonne ou …d’un steak frites !! Et en matière de plaisir, de la jouissance à la réjouissance, la gamme est large. Il m’est aussi possible, par exemple, d’éprouver une satisfaction tactile avec l’utilisation des applications que me permettent mon dernier téléphone portable ou ma tablette numérique. Le spectre du « principe de plaisir » freudien est très large !

Nos besoins fondamentaux

Sur ce dernier point, je veux souligner ici, cette invention moderne basée sur la tentation humaine, qui est le marketing : les publicitaires, ces psychanalystes de l’éphémère, ont compris depuis longtemps, que l’on peut faire passer quelqu’un du sujet à l’objet avec les mêmes ressorts psychologiques et des mots choisis. Ainsi, sur un point de vente, déclencher l’amour du beau et le plaisir immédiat en jouant sur l’émotion, l’envie et le désir de posséder un produit, magnifié avec des mots-vendeurs. Le mot « nouveau », entre autres, n’a toujours pas perdu son pouvoir attractif et déclenche très souvent la fatale prise en main dudit produit, puis, au final, l’acte d’achat. Parce que, s’il est vrai que le mot n’est pas la chose, comme la carte n’est pas le territoire, ce vocable « nouveau », prononcé ou affiché, graphiquement enjolivé – en clair adressé à la pensée magique individuelle – demeure néanmoins fantasmatique : à noter au passage que les mots « aimants » et « amour » sont de la même famille !

Revenons de l’objet au sujet. Nous avons vu d’entrée que l’amour n’est pas un devoir. Je n’ai aucune obligation d’aimer quelqu’un, mais rien ne m’empêche – la curiosité n’étant pas toujours un vilain défaut – rien ne m’empêche de m’en approcher, chercher à le connaître, puis l’apprécier progressivement pour finir qui sait, par l’estimer et l’aimer vraiment. Et vice-versa. Je suis donc en train de dire que l’amour – lorsqu’il ne passe pas par la case « coup de foudre » comme mes deux voyageurs du métro – est une vertu. Et la vertu, de la politesse au courage, de la justice à la bienveillance en passant par l’amour, précisément, c’est une acquisition, en soi une qualité, une excellence, une manière d’être, une force qui s’acquiert, se conquiert, même ! C’est bien ce cheminement volontaire qui nous fait Homme, et nous confère notre humanitude, comme dit le philosophe Albert Jacquard.

De la sorte, réfléchir sur l’amour et les vertus, constitue une avancée, mais elle ne nous rend pas vertueux pour autant : encore faut-il passer à l’acte ! C’est bien pourquoi nous sommes francs-maçons, en quête obstinée de perfectibilité : à tous les degrés de tous les rites maçonniques. Sachant que la vertu est l’apogée, la cime de la montagne, nous demeurons toutefois des modestes grimpeurs, espérant seulement, à notre rythme, gagner le sommet. Ou plutôt, restons modestes, tenter de nous en approcher !

Nous sommes plus de sept milliards d’êtres humains sur cette fragile boule de porcelaine qu’est la terre. Et chacun de nous, s’il était soudain saisi d’une énorme boursouflure de l’ego ou d’un accès mystique de reliance ombilicale, aurait toutes les raisons de penser, dans son unicité et sa différence, qu’il est en lui-même le centre de l’univers. Et pourquoi pas le Grand Architecte de l’Univers en personne !

Pour assurer notre survie, nous devons pratiquer une forme d’égoïsme obligatoire, à même d’assurer notre fonctionnement corporel. Répondant ainsi à nos sollicitations organiques, nous pouvons constater que nous sommes bien des « êtres de désirs », sans cesse en demande. Nos trois besoins fondamentaux nous le rappellent avec la faim, la soif et la sexualité. Auxquels les anthropologues ont ajouté « le besoin de récits », (pour combler notre manque originel) à type de contes et légendes, ce qui ne peut que nous interpeller, en tant que francs-maçons et franc-maçonnes. Si nous pouvons généralement assouvir, dans une relative indépendance, faim, soif et récits, c’est-à-dire nous alimenter physiquement et intellectuellement, en revanche, la pulsion hormonale ou si l’on veut, le besoin de reproduction, impliquent d’évidence que nous communiquions ! Et c’est bien cette dépendance qui nous incite à l’approche et à l’amour d’autrui.

Le sens de la vie

Pour recevoir de l’amour, il faut aussi en donner. Après le « pourquoi », il est intéressant de s’arrêter sur le « comment » de l’amour. L’esprit humain appréciant les classements et les étiquettes, trois formes « d’amour social » ont été recensées chez les latins :

  1. L’amour captatif. « Libération » pour certains, l’amour peut être « prison » pour d’autres. Combien de partenaires s’estiment propriétaires, donc maîtres de l’autre qui subit davantage qu’il ne consent. Sans dériver vers les religions, à mon sens, le port de la burqa, imposée à certaines femmes, illustre bien ici mon propos.
  2. L’amour oblatif. L’oblativité (du latin oblatus, qui offre) entraîne un partenaire à se soumettre à l’autre, sans contrainte. C’est l’inverse du cas précédent. L’un sacrifie sa vie à celle de l’autre.La femme du Général de Gaulle, dévouée s’il en est à son illustre mari, me semble être un bon exemple de cette forme d’amour.
  3. L’amour communion. Pas de « domination », ni « soumission » ici. Mais « fusion », ce qui en fait la beauté. C’est la véritable « mise en commun ». Je prendrai pour exemple ici le célèbre couple de théâtre Jean-louis Barraut et Madeleine Renaud qui ont vécu leur passion à la ville comme la scène. Le « grand amour », ça existe !

En matière d’amour entre deux personnes, je pense au vrai, qu’il n’y a pas de recettes, sinon que l’égalité et la complémentarité paraissent être les critères de réussite des couples heureux. Sans aller jusqu’à affirmer, comme Paul Léautaud, qu’aimer c’est préférer l’autre à soi-même, mais plus simplement à penser que le véritable amour entre deux êtres, consiste à se réaliser ensemble.

En franc-maçonnerie, – inspirés qui sait par l’esprit métaphorique et ancestral méditerranéen – nous parlons beaucoup, autour des mythes et des légendes, du « sens » et de la « quête de sens ». Certains philosophes grecs ont précisément voulu voir du sens, c’est-à-dire de l’interprétation humaine » dans la nature, allant jusqu’à lui attribuer raison, bonté, harmonie, morale, pour en constituer un modèle à imiter. Nous pouvons vérifier chaque jour, ne serait-ce qu’avec le fonctionnement de ses quatre éléments, entre autres, son pouvoir de nuisance et de destruction…qui n’a pas de sens, sinon celui que nous lui donnons en la personnifiant et taxant de « cruelle ». Donc en continuant inconsciemment de lui attribuer une « supposée intelligence », à la manière antique. Si la nature a une intention envers les humains, ce n’est certainement pas en termes d’amour qu’il faut la chercher. Ce n’est pas le créationnisme religieux – confondant métaphores bibliques et réalités – qui nous donnera la juste réponse à notre éternelle trilogie questionnante (d’où viens-je ? qui suis-je ? où vais-je ?) mais bien, pour l’instant, l’évolutionnisme darwinien, qui, malgré ses tâtonnements comme toute science en recherche, a compris rationnellement que notre espèce, comme les autres, est bel et bien condamnée à disparaître à terme !

Ainsi, en demande permanente de consolation devant le triste sort de la condition humaine, nous vivons encore largement, poètes et « apprenants » que nous sommes, dans la pensée magique. En ce XXIème siècle débutant, lorsqu’on a exploré toutes les superstitions lorsqu’on a fait le tour de toutes les utopies, lorsqu’on a compris qu’il ne s’agit pas d’avoir raison mais de raisonner, il nous reste à penser avec cette raison que le sens de la vie, ce n’est pas de transformer la branche verticale de notre équerre en une improbable échelle galactique pour atteindre le nirvana des cieux. Mais bel et bien d’en suivre la branche horizontale, pour marcher devant nous sur la terre et prendre le chemin de l’autre, notre semblable.

Ainsi le sens de la vie, c’est bien d’aimer ! « Notre premier devoir » dit Albert Camus, qui avec ce mot interprète l’amour comme assistance à l’autre. Envers et contre toutes les évidences qui nous montrent que l’homme actuel – n’ayant pas de centre de l’amour dans le cerveau, comme il a un centre de la respiration ou de la toux – l’homme est fait pour détester son prochain, son concurrent naturel – et prendre si possible sa place ! Si elle n’a pas « d’intentions » (en termes humains) la nature à des lois, notamment celle qui veut que toute espèce vive aux dépens d’une autre.

Ainsi mes frères, mes sœurs, nous avions peu de chance de nous rencontrer les uns, les autres, mais grâce à la franc-maçonnerie, nous avons ce bonheur, au gré de nos loges, de nos écrits, de nos « voyages ». Bref de nos rencontres. Contrevenant à ces lois de la nature, et au lieu de nous entre-dévorer puisqu’en fait la fraternité est souvent une guerre – pensons ici à Abel et Caïn – la raison nous a recommandé de ne pas nous la faire ! Dans cet esprit, ce que j’appellerai « la prothèse maçonnique », celle-ci est une magnifique « occasion », dont nous ne mesurons peut-être pas assez la portée : c’est clair, elle nous permet d’aimer l’autre, cet autre moi, avec le concours de notre bon vouloir. C’est-à-dire que dans cet « espace d’entraînement » « ce gymnase de culturistes des émotions et sentiments » qu’est précisément la loge, l’amour est pour nous, non un devoir telle une contrainte, mais bien une vertu conquise et entretenue à longueur de tenue. Par notre travail d’assouplissement de ces muscles invisibles, que sont l’intelligence, et son comble, la bonté.

Si la franc-maçonnerie disparaît un jour, je veux penser que ce ne sera pas par « non évolution » ou faute de recrutement conséquent – mais bien, restons optimistes, parce que notre cerveau aura grossi et abritera enfin ce fameux centre de l’amour. Et nous serons alors devenus des apôtres inutiles pour susciter l’amour entre les êtres ! Ainsi après son cheminement progressif, à savoir : matière inerte, matière flottante, matière vivante, matière rampante, matière dressée, matière pensante, « l’homo super sapiens » deviendra enfin matière aimante, stade ultime de l’évolution humaine. On a bien le droit de rêver !

Ce n’est pas pour demain, mais dans cinquante mille ans, nous annoncent les paléontologues. Nous avons donc le temps de vivre une précieuse et riche vie d’initié parmi les Hommes et d’en initier d’autres pour le bien commun. Soyons patients, forts et confiants. Et en attendant de vraiment grandir – un sens tout personnel que je donne ici à la lettre G ! -, tâchons d’être heureux et d’aimer, en empruntant tout simplement le chemin… du bon sens !

 La trilogie hellénique

 J’ai sous-titré mon exposé : Eros, Philia, Agapè, trois façons d’aimer. Je pense en effet qu’après l’étude de l’amour sous la loupe latine, il est intéressant de le considérer à la lumière grecque, qui nous est également chère. Avouons-le en toute humilité, que serait en effet la pensée maçonnique contemporaine sans la manne qu’elle puise sans vergogne, mais avec perspicacité, dans le fonds helléniste antique. Un fonds devenu philosophie. Autant dire une science humaine, à qui nous devons largement notre existence et qui en 2500 ans, n’a pas pris une ride !

Je ne m’attarderai pas sur Eros, que j’ai déjà abordé à la mode latine, c’est-à-dire, sans le citer, sous les traits de Cupidon. Nous avons vu, sous l’angle du désir érotique qu’aimer, c’est vivre l’emprise d’une passion insatiable, c’est manquer sans cesse de ce que l’on aime et vouloir le posséder toujours ! Et il est vrai que cette possession, lorsqu’elle se concrétise sous forme de couple aimant, elle peut aussi y apporter l’ennui, à la longue, après l’inévitable retrait de ladite passion, ce ciment provisoire de l’érotisme. Les hommes, dit l’humoriste, meurent rarement d’amour, ils s’endorment avant ! Et, ajoute le médecin, les femmes meurent parfois de cet endormissement… Mais, transmetteurs de traditions et légendes méditerranéennes que nous sommes, nous ne devons jamais – au-delà de l’humour – oublier l’essentiel : Fils d’Aphrodite et d’Arès, et frère d’Antéros (l’amour réciproque) Eros est un élément primordial cosmogonique dans les mythes grecs. Engendré par le chaos initial, il symbolise la force attractive, ce désir même, qui assure la reproduction de l’espèce humaine.

Nous passons ainsi du principe de plaisir au principe de réalité, cher à Freud – peut être amant de sa belle-sœur, comme l’affirme gratuitement certaines biographies – mais avant tout amoureux de la civilisation grecque, qui a tant inspiré ses travaux d’archéologue de l’esprit, bénéfiques à l’humanité entière. Si donc le dieu Eros symbolise l’amour-passion, l’amour-possession et l’amour-manque selon Platon (finalement l’amour de soi à travers l’autre) Philia est pour sa part un substantif (né du verbe philein, aimer) mais qui introduit une autre forme d’amour que la seule passion narcissique. Philia, c’est tout à la fois l’amour durable entre mari et femme, c’est l’amour maternel et paternel, c’est l’amour filial et celui qui nous intéresse ici, l’amour fraternel (qu’il s’agisse de frères et de soeurs de sang ou de choix). Philia, c’est encore l’amour comme le bonheur d’être, comme l’allégresse partagée. C’est la bienveillance échangée, la confiance mutuelle. Bref, l’amour-joie, selon Aristote, qui dit « qu’aimer c’est se réjouir », sentiment aussi partagé par Spinoza.

Nous trouvons en Philia, tout ce qui compose cette forme d’amour et qui concerne le franc-maçon comme le profane, en termes de relation à l’autre : politesse, douceur, complicité, humour, fidélité, fragilité aussi. Autant « d’ingrédients » si je puis dire, qui engendre à leur tour, cette paix, cette lumière, cette étincelle dans le regard, productrices de vraie fraternité et d’humanité. Et qui devraient guider notre choix lorsque nous recrutons et de plus nous rassurer quand elles sont assorties, à bon escient, de la faculté de silence et d’écoute du recruté. Car, soit dit au passage, la vie, la survie même d’une loge, quelle que soit sa couleur symbolique (bleue, rouge, noire, blanche), c’est bien l’aptitude relationnelle de ses membres qui l’assure !

Nous le savons, de la qualité de chaque maillon, dépend la solidité de la chaîne. Philia, c’est donc l’amour-action, l’amour ouvert, qui permet les réalisations communes, contrairement à Eros, amour nécessaire certes, vital même, mais insuffisant car refermé sur lui-même : Etre amoureux est un état, aimer est un acte, dit l’écrivain suisse personnaliste Denis de Rougemont. Il différencie bien ici Eros de Philia. Du corps seul, nous sommes ainsi passés au corps-esprit. A cette conscience de soi, qui n’est autre que la spiritualité. Celle-ci, bien menée dans sa dimension réflexive, conduit elle-même à passer du « moi-je » au « nous ensemble ».

Après l’Eros (le manque), Philia (la joie) il y a donc, selon les grecs antiques, une troisième forme d’amour, supérieure aux précédentes :  Agapè. Disons d’emblée qu’elle a deux sens : l’agape, le repas pris en commun, avec ce qu’il comporte de partage et Agapè, en termes de charité, mot venant du latin médiéval caritas, et carus, signifiant respectivement « amour » et « cher », qui est aimé. Cette charité nous renvoie bien sûr aux trois vertus théologales, dont les deux premières, sachons-le, sont généralement refusées en tant que telles par les philosophes (Notamment, les contemporains Comte-Sponville et Ferry) Au motif que primo la foi, lorsqu’elle renvoie à Dieu, est une croyance, laquelle ne serait pas une vertu, puisque qui est en Dieu n’a plus besoin de croire. Secundo, l’espérance (à ne pas confondre avec l’espoir) évoque un autre monde, celui des morts, dans lequel il n’y a plus rien à espérer. Les mêmes philosophes préfèrent respectivement à leur place la bonne foi et le courage.

Certes, leurs opinions sont pertinentes et respectables. Mais l’on ne saurait écarter « l’Agapè-charité », dans sa dimension de compassion, d’amitié spontanée et d’offrande qui n’attend pas de retour. Ce n’est pas parce que les gens sont sympathiques que nous devons les aimer, c’est dans la mesure où nous les aimons qu’ils peuvent devenir sympathiques ! Il ne s’agit pas toutefois de se limiter à donner une pièce à un mendiant ou, régulièrement, ses vieux vêtements à la Croix-Rouge. Soulager sa conscience n’a rien à voir avec la volonté de remettre un homme ou une femme debout, en les réinsérant dans la société par les circuits sociaux.

Relever un être humain, c’est s’élever soi-même par un acte créatif et altruiste. Là est la véritable charité, là est le véritable amour : vouloir le bien de l’autre, qu’il soit notre ami ou notre ennemi ! Tâche difficile en vérité, mais possible aux « belles âmes ».

Comme nous le confirme le philosophe Alain : Aimer, c’est trouver sa richesse hors de soi.

Le dessin de Jissey : Fin de vie

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450FM a mis en avant le 18 janvier 2023 un article de « famille chrétienne » citant une rencontre entre deux philosophes, quatre dignitaires maçonniques et 185 citoyens participants à une convention sur la fin de vie. Il n’en fallait pas plus pour « émoustiller » l’imagination de notre ami JISSEY…

Cinéma antimaçonnique et de propagande

De notre confrère histoire-image.org – Auteur : Pierre-Yves BEAUREPAIRE

Vichy déclare la guerre aux « sociétés secrètes »

Dès le 13 août 1940, soit moins de deux mois après la fin dramatique de la campagne de France et l’armistice, le régime de Vichy promulgue une loi interdisant les sociétés secrètes. Le 12 novembre le maréchal Pétain confie à Bernard Faÿ, professeur au collège de France, récemment nommé administrateur de la Bibliothèque nationale, la direction du Service des Sociétés Secrètes, installé symboliquement dans l’hôtel du Grand Orient de France, rue Cadet à Paris.

En 1941, Faÿ demande à un ancien franc-maçon, Jean Marquès-Rivière, passé au Parti Populaire Français de Jacques Doriot, ultra-collaborationniste, de travailler au scenario d’un film anti-maçonnique. Ce sera Forces occultes, qui pour « faire vrai » sera tourné à la fois au Palais-Bourbon, puisque l’Assemblée nationale a été mise en congé par l’Etat français, et au siège du Grand Orient. La mise en scène revient à Paul Riche, également ancien maçon et membre du PPF. Avec la bénédiction des autorités d’occupation, le tournage débute le 4 septembre 1942. Les scènes qui ne sont pas tournées in situ, le sont dans les studios de Nova Films à Courbevoie où un temple est reconstitué d’après les photographies prises au Grand Orient. L’affiche est réalisée par les graphistes de Nova-Films sur une idée de Jean Marquès-Rivière.

Le héros du film est le député Avenel, qui naïf et sincère, a fait l’erreur d’accepter l’invitation des francs-maçons à les rejoindre. Quand il découvre que les francs-maçons ont trempé dans tous les malheurs que la France a traversés dans l’avant-guerre : Front populaire, scandale de l’affaire Stavisky, en association avec les juifs ou avec la finance anglo-saxonne, il décide de rompre le serment qui lui impose de taire le secret de l’ordre sous peine d’une mort atroce et de dénoncer les agissements criminels. Ses « frères » décident alors de l’éliminer. Il survit miraculeusement à cette tentative d’assassinat mais quand il se réveille sur son lit d’hôpital, il est trop tard, les conspirateurs de l’anti-France ont fait basculer le pays dans la tragédie de la guerre contre l’Allemagne, malgré l’impréparation des armées françaises.

Après sept mois de tournage et de post-production, le film est présenté au tout-Paris de la collaboration et aux journalistes le 9 mars 1943 en séance privée sur les Champs-Elysées, avant d’être diffusé dans les salles parisiennes et en province. Sorti tardivement, son succès est réel mais sa diffusion s’essouffle rapidement malgré les renforts de la propagande. En revanche, il connaît une deuxième vie à la fin du XXe siècle et jusqu’à aujourd’hui en raison de sa forte audience dans les milieux antimaçonniques et conspirationnistes, où il est présenté comme un « documentaire » et non comme une fiction.

ANALYSE DES IMAGES

L’affiche d’un film antimaçonnique et collaborationniste

L’affiche est riche en informations écrites qui occupent près de quarante pour cent de sa surface. L’accent est mis sur le producteur du film, Robert Muzard, et sur sa maison de production Nova-Films, très liés à la propagande nazie dans la France occupée, pour laquelle il réalise des documentaires. Les écrits de divulgation du XVIIIe siècle titraient sur « les secrets des francs-maçons dévoilés ». L’affiche recourt au même vocabulaire pour s’inscrire dans la tradition de l’antimaçonnisme. Mais elle met l’accent sur la nouveauté du support cinématographique : « les mystères de la Franc-maçonnerie dévoilés pour la première à l’écran ». Le titre renvoie à la dénonciation des forces de l’anti-France contre lesquelles combattent la Révolution nationale et le maréchal Pétain. Ce sont ces forces : parlementaires corrompus, « péril juif », francs-maçons vendus aux intérêts de la ploutocratie internationale qui ont précipité la France dans la guerre en 1939 et dans la défaite de 1940 en poussant à la guerre contre l’Allemagne.

Le visuel de l’affiche, comme le film lui-même, est sombre. La scène est issue de la cérémonie d’initiation du personnage central du film, le député Avenel. Deux francs-maçons revêtus de leur tablier de maître le maintiennent masqué, entravé et chemise ouverte, tandis que le troisième pointe sur lui une épée. A l’issue de sa prestation de serment, il sera lié pour la vie à l’ordre maçonnique, auquel il doit s’abandonner. Ses frères le protègeront, mais s’il tente de reprendre sa liberté, leur épée le transpercera. De fait, dans le film, lorsqu’Avenel décide de s’échapper et de dénoncer la conspiration maçonnique, deux « frères » le poursuivent dans la rue et le poignardent.

INTERPRÉTATION

Démasquer le complot judéo-maçonnique

Forces occultes entend dénoncer le péril maçonnique à l’origine de l’effondrement de 1940. Il s’appuie sur la force d’une fiction, dont le scénario met en scène des figures positives : la femme du héros, hostile aux francs-maçons ; le héros naïf et manipulable qui s’efforce de se racheter ; et des figures machiavéliques : les députés corrompus, les juifs – dans la personne notamment d’un ingénieur aéronautique va-t-en-guerre –, tous francs-maçons. L’affiche donne déjà un avant-goût de la tension dramatique. Le héros est sous la menace d’une épée. Ses yeux masqués ne peuvent évaluer la menace qui pèse sur lui, à l’image de la France de la IIIe République qui s’est précipitée dans une guerre qui n’était pas la sienne.

Présents sur l’affiche le compas et l’équerre entrecroisés, symboles classiques de la Franc-maçonnerie donnent également le ton du film : il s’agit de démasquer les forces occultes qui sont à l’œuvre. Au cas, où le public n’identifierait pas immédiatement les symboles, les trois points viennent rappeler que ce sont les « frères trois points », ces éternels comploteurs, qui sont à la manœuvre. La première image du film fait directement la liaison entre complots maçonnique et juif puisqu’une grosse araignée tout droit sortie du Péril juif s’abat sur la France qu’elle enserre dans sa toile malfaisante. Or, comme l’affiche, elle est frappée de l’équerre et du compas.

Présentation de l’auteur de cet article : Pierre-Yves Beaurepaire

Il est né le 9 février 1968. C’est un historien français, spécialisé en histoire culturelle de l’Europe et du monde au siècle des Lumières. Professeur d’histoire à l’Université de Nice, membre de l’Institut Universitaire de France. Coordinateur du programme national de recherche « Circulations, Territoires et Réseaux en Europe de l’Age classique aux Lumières ».

Il a étudié la franc-maçonnerie comme phénomène socio-culturel global au xviiie siècle, les sociabilités mondaines, savantes et culturelles, la transition entre les jeux d’adresse et le sport, les réseaux de correspondance et d’influence, les « ego-documents (de) », et développe de nouveaux outils de recherche : bases de données relationnelles, instrumentation électronique et cartographie dynamiques des réseaux. À partir de l’observatoire du Pacifique occidental, il s’oriente aujourd’hui vers une histoire du monde au siècle des Lumières attentive aux circulations extra-européennes.

RTL mène l’enquête : Pourquoi et comment l’astrologie s’impose chez les jeunes ?

De notre confrère RTL

Les jeunes raffolent d’astrologie. Les bureaux de tendances ont observé une passion chez les 12-25 ans pour l’ésotérisme. Sur Instagram et TikTok, les publications liées à l’astrologie dépassent les 12 millions dans le monde et génèrent des centaines de milliers de vues pour certaines.

La Gen Z, la génération qui vient après la génération Y, celles des 12- 25 ans, est passionnée d’ésotérisme en général et d’astrologie en particulier. Si vous tapez #astro sur Instagram ou TikTok, vous verrez apparaître près de 12 millions de publications d’influenceurs ou d’influenceuses astro qui vous donnent les grandes lignes de votre signe, vous disent quels sont les signes astrologiques qui vous correspondent le mieux ou vous indiquent comment gérer les astres, notamment la pleine lune. 

Pour confirmer cette tendance, nous sommes allés voir des personnes qui étudient les phénomènes qui apparaissent sur les réseaux sociaux. Ils travaillent pour des agences spécialisées dans la prospective, comme Vincent Grégoire, qui décortique ces nouveaux phénomènes pour l’agence Nelly Rodi : « Il y a une nouvelle tendance l’astrologie 3.0, surtout chez les plus jeunes. Ils ont un besoin de se rassurer car ils ne savent pas de quoi va être fait leur futur. Ils ont besoin d’un peu de magie, d’un peu d’irrationnel, d’un peu de merveilleux. Ça les aide à affronter ce quotidien qui, quelquefois, pourrait paraître un peu anxiogène« .

Des corners dans les magasins, des soirées spéciales

Arts libéraux

Mais attention, tout ne se passe pas sur le net. Certains grands magasins installent ponctuellement des corners « diseuses de bonne aventure«  pour attirer jeunes et moins jeunes. Il existe aussi des cafés ou des bars qui organisent des soirées ésotériques. 

RTL a rencontré Florence, qui est médium. Elle a rajeuni sa clientèle grâce à ses soirées : « Les jeunes viennent aujourd’hui de plus en plus. Ils attendent tous la même chose :  soit l’amour, soit une promotion, soit quelque chose qui va fonctionner. Les demandes sont extrêmement précises et il faut les rassurer pour tout, et notamment sur l’amour. Aujourd’hui on n’a plus honte d’aller voir un médium, une voyante, ou un astrologue« .

Des plénitudes au sacré maçonnique

La plénitude ! Voici ce qu’est capable de fournir la Voie maçonnique à celui qui parvient à se hisser, grâce à notre Voie, au sacré. La plénitude est l’intuition, la sensation intérieure. Elle vibre dans tous les esprits qui veulent y parvenir. Car tous les humanimaux (Daniel Béresniak) de notre meute pourraient l’atteindre, à force de travail et de nettoyage de leur petit moi. Oui, c’est proche de ce que Jung appelait l’inconscient collectif : Un vécu brumeux et vaporeux partagé par tous les humanimaux.

Il nous relie, dans nos chairs en fraternité de meute. Rien à voir avec les bien-être de nos façades, ignorantes, voire hypocrites, sans grande conscience de leur peinturlure. Une plénitude est cet état d’esprit, bien au-dessus de ces gags, appelés « conscience, raison, pensée » dont on sait depuis plus d’un siècle, qu’ils ne sont que valises creuses quand on les ouvre, dans des références humanistes obligées et dépassées.

 En fonction de la profonde croyance en ce que je résume en « Une spiritualité pour agir »., des Frères et des Sœurs, considèrent que ce ne sont que billevesées de bavardages et d’éruditions. Et pourtant, le sacré maçonnique se profile bien à l’horizon de la révélation spirituelle. Mais n’allons pas trop vite : Notre Voie fraie le chemin à quelques-unes de ce que les chercheurs patentés appellent effectivement les sept plénitudes. N’empêche, pour nous, Maçons, cela vaut vraiment le coup de se poser la question : Et si, effectivement, certaines conditions, sont en litanie, quelques plénitudes pourraient être matricées dans notre Voie. Je le crois. Mais avec un socle inébranlable, la fraternité, la vraie : celle qui relie les cœurs, certes mais, bien au-dessus et, au-delà, les esprits inconscients. Ce sont eux qui exhaussent certains humains les plus soucieux de vivre en silence leur condition enchâssée dans le grand vivant de la Nature. Dans l’accueil des « enfants de la Veuve » ? Pourquoi pas ? Mais qui est alors la Veuve. Une plénitude révèle.

 Les plénitudes humaines ne se déclinent pas toutes dans le rituel ; leur nombre laisse libre le choix du maçon. Les deux-trois plénitudes retenues par un initié sont aperçues émotionnellement mais restent vagues, intuitives, pour la plupart d’entre nous. Elles alimentent le désir sacré de la béatitude sans que nous y prenions une part consciente. . Elles sont peu vécues, ce sera pour plus tard peut être avec l’avènement de la Voie. Elles vêtent l’Un/Tout inaccessible dans la Voie, la béatitude fœtale, la toute réceptivité.

Gros plan sur les sept plénitudes humaines : La sécurité totale symbolisée par le Couvreur, la régression intra-utérine, la conjonction des opposés (l’androgynie est motivée par les deux colonnes, le soleil et la lune) ; le repos absolu assez proche de l’Orient –ou la Loge- éternel(le)., l’idéal du Moi, ou la légende personnelle ; les paradis perdus et l’ordre dans l’univers (La vision du monde), relatée dans la devise Ordo ab chao. (Voir article « méthodes, plénitudes, croyances ».) Voir Canaux, plénitudes, croyances

Prise de conscience, trames et scénarios.

Donc prise de conscience des émotions plus profondes associée à des comportements mis en scénarios. Les trames montent éventuellement à la conscience, uniquement par les sensations et l’affect, sans qu’il soit nécessaire de les identifier, les nommer comme on le fait dans les TCC, la psychanalyse…Demeurer au niveau de l’émotionnel traduit dans les scénarios. : ressentir et dire ce que l’on ressent, sans essayer de rationaliser. La rationalisation est le principal ennemi qui a envahi la conscience (le chapeau et le parapluie, avec Freud) Ce qui aurait pour effet de « geler » l’émotionnel… La Voie, avec une « spiritualité pour agir », débusque les bonnes raisons pour faire place aux vraies raisons : je déclare en tenue qu’il est insupportable que des enfants meurent de faim et je me trouve de bonnes raisons pour ne rien faire : c’est une goutte d’eau, cela ne sert à rien c’est le système capitaliste…

Ne pas dévoiler nos mystères

 C’est tout à fait ce que les Anciens appelaient, avec une grande justesse, nos « mystères ». Le travail maçonnique pourrait bien être « prends conscience de tes émotions, sensations…et ne te raconte pas d’histoires » car le rituel, particulièrement aux passages, amène à éprouver des sensations, émotions dans les scénarios rituels proposés. Il faut donc, à la fois, respecter le rituel pour les sensations-émotions qu’il procure et, en même temps le considérer comme un jeu, voire avec humour. C’est un des paradoxes de fond.

Qu’est-ce qu’un mystère (religieux, maçonnique) ? Un arcane dont on perçoit confusément les sensations-émotions que des scénarios et les trames qui leur servent de terreau génèrent. Et que l’on partage muettement avec les autres. L’initié-silence fait barrage, sur le mode : « tais-toi, ne cherche pas les mots, car la Parole est perdue et il ne s’agit surtout pas de la retrouver » … Or Freud nous amène à nommer le nom, les mots pour le dire. Alors le mystère est désacralisé. La réalité psychique est dépouillée de ses sensations-émotions. Point n’est besoin de constater, de lever l’écran des sensations-émotions. Parce qu’alors, je me prive d’une double jouissance fascinante, celle du

1) sacré

2)vécu ensemble (initié(e)-

La lucidité sur les émotions générées par les scénarios, mis en évidence dans le rituel et que je fais miennes à force de répétition du rituel, est requise. Puisque la conscience des bien-être est source de bonheur. La lucidité (des trames et des empreintes) peut tuer le sacré qui navigue dans l’émotionnel, par sa fascination, le désiré et l’interdit.

 Le sacré doit le rester

Le secret des mystères est bien celui que je suppose dans mon ouvrage Hiram et Freud. Je ne te le conseille pas parce que la dénonciation des tabous apporte le désenchantement ce qui fait l’atmosphère exceptionnelle d’une tenue réussie. La levée des tabous est dangereuse. « La lucidité est froide, les mystères sont chauds…le bonheur c’est chaleureux ». Il n’est même pas sûr que la lucidité entraîne une meilleure maîtrise de soi en tendue comme capacité à changer les trames, voire même les scénarios. Irais-je jusqu’à dire que parfois la lucidité est un boulet ; Ne déclenche-t-elle pas, selon les cas, le découragement plutôt que la toute-puissance, la culpabilité plutôt que la réparation, la sécheresse du constat plutôt que l’amour ?

            Le sacré est indicible ; il cache ce que l’on ne doit ni ne peut dire. Le sacré est lié au secret que l’initié-silence impose à celui qui s’auto-observe. Ce secret, c’est celui des trames sous-jacentes : l’inceste, l’homosexualité, l’homicide. Quel est le lien causal entre les trames et les personnages ? Les personnages laissent à chacun la possibilité de jouer son ou ses scénarios. C’est fondamentalement la liberté de conscience

En-haut, ce serait surtout les plaisirs extrêmes : la sécurité totale, la toute-puissance, le narcissisme, les soins accordés, la loi protectrice ; et en bas, les peurs terribles soi- l’agressivité, la culpabilité, l’angoisse, la dépression, l’ennui… Pour autant les plaisirs extrêmes s’ils sont trop accentués risquent l’addiction et par là, l’enfermement ; c’est leur aspect négatif du « trop » tandis que les peurs terribles, qui ont un aspect positif, peuvent si elles sont dépouillées de cet aspect (la restriction), rendre malade, les névroses. C’est le trop peu. Au milieu, c’est bien la fraternité, qui est facilement conscientisée et qui joue sur les deux registres : je l’aime et je le hais. Le chemin de l’Amour, omniprésent dans le voyage maçonnique croise le chemin de l’Œuvre. Soit les deux mythes recteurs de la fratrie bienheureuse- frérocité et des constructions-démolitions du temple. Ils sont l’expression de la spiritualité et de l’agir dans la devise « Une spiritualité pour agir ». La fraternité, elle, qui est la fondation de l’émergence des gratitudes envers autrui est le passage obligé pour aller plus haut. Les chercheurs ont bien mis cela en évidence De fait, nous pouvons tous améliorer l’égrégore de notre Loge, en cultivant avec désirs et applications, ces gratitudes. Essentielles dans la Voie maçonnique. Elles feront l’objet d’un autre article car, elles, sont à la portée de tout initié éveillé. Les gratitudes vont au-delà des théories du rituel, mâchonnées à chaque tenue, dans l’éveil morne de l’attention fugace…

En trois mots, pour moi, nous restons, pour la grande majorité des initiés, dans les méandres d’un Moi exploré à la va-vite. Au grand mieux dans la catharsis et la réalisation du Moi. Là quand enfin les plénitudes, chuchotent dans le silence bruyant des esprits avec les gratitudes comme de l’avancée spirituelle. Mais les maçons montent rarement dans le monde spirituel délétère ; en termes psychologiques, dans l’intégration du Soi. Il n’est pas sûr que la Voie y mène un jour. À cause du coude vers l’agir, dans la devise fondamentale de l’Ordre : « Une spiritualité pour agir ». Dans le grand projet partagé de la levée sagace des joies humaines.