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Un franc-maçon dans le monde profane

De notre confrère italien expartibus.it – Par Chrétien de Rosemunda

Les francs-maçons sont toujours appelés à « rendre compte » du « travail » qui anime leur existence et cela se produit, en premier lieu, tout au long de la vie elle-même. Il ne s’agit pas d' »adapter » l’attitude maçonnique au monde profane et à ses perspectives, mais d’agir dans le monde à partir de la lumière, de la force et de la sérénité qui viennent d’être libres penseurs.

L’expérience quotidienne de travailler sur soi et pour le bien du pays et de l’humanité, en communion avec les autres, peut transformer le cosmos en une fraternité qui chemine ensemble dans l’espoir de « nouveaux cieux et d’une nouvelle terre ».

Devenir franc-maçon est une façon unique de se connaître et de connaître la réalité qui nous entourait jusqu’à ce moment : une perspective qui aboutit au blasphème, mais qui, en même temps, ouvre un horizon vers le haut et une vie bien remplie.

De toute évidence, ce point de vue particulier n’élimine pas comme par magie la souffrance et les échecs, la douleur et la mort, mais parvient à guider et à donner confiance pour les affronter avec une approche différente et avec une vision renouvelée.

Alors que signifie être franc-maçon dans la vie profane ?

Les attitudes acquises au Temple peuvent être obtenues progressivement et absorbées par le milieu familial et par le lieu où nous grandissons et vivons, provoquant des transformations profondes comme une véritable « conversion ».

Pour un franc-maçon, il est crucial de reconnaître et d’accepter le changement qui s’est produit en lui-même comme un bouleversement positif dans sa vie.

La profession de franc-maçon, pas seulement en Loge, est le centre qui unit les Frères, au-delà des formes diverses et infinies de vivre concrètement l’Institution, qui dépendent souvent de contextes disparates.

L’admettre, c’est s’engager, exprimer une décision qui distingue le rapport à soi et à la création, un choix qui engage donc sa conscience et sa praxis.

Se reconnaître dans l’Atelier et s’y confier ne sont pas seulement des actions abstraites, mais se déroulent en rapport étroit avec le profane. Il ne s’agit pas seulement d’honorer un serment, mais c’est un authentique acte de confiance, vécu concrètement, à l’intérieur et à l’extérieur du Temple.

Si, donc, la vie maçonnique est menée quotidiennement avec un œil vers le GADLU, suivant les enseignements des Maîtres qui nous ont précédés, exerçant aussi avec force le travail sur la Pierre brute, celui fait sur nous-mêmes, alors, aussi le contexte social , familial, professionnel, économique, politique, religieux et culturel devient une occasion d’exprimer la responsabilité d’être franc-maçon.

Alors la franc-maçonnerie nous aide-t-elle à mieux vivre le blasphème ?

Notre connaissance maçonnique et notre confiance dans ce que nous faisons réellement dans le Temple nous stimulent à libérer des énergies, des synergies et des attitudes pour une autre réalité.

L’identité du Frère se construit aussi à travers le comportement maçonnique. Des situations se présentent toujours où vous devez décider, une fois de plus, si vous voulez suivre votre cœur ; ce sont des moments où la tentation et la révélation sont très proches.

Dans ces cas, l’appartenance à une institution initiatique telle que la franc-maçonnerie peut être un critère pour évaluer si notre « foi » est vivante ou non.

Élargir nos connaissances maçonniques, c’est en quelque sorte faire confiance à une Obédience considérée comme obsolète dans notre monde actuel, mais qui, en même temps, est moderne et extrêmement actuelle.

Être franc-maçon, c’est stimuler et libérer des énergies qu’on ne pensait pas avoir, vers une nouvelle vie, modifier ces comportements qui, jusqu’à la veille, nous semblaient justes, pour découvrir ensuite qu’il faut tout changer, abandonner même les certitudes plus ancrées en nous-mêmes.

Le résultat de l’érosion progressive de la sphère du sacré, est aujourd’hui comparable à ce que Nietzsche appelait l’invité dérangeant, le nihilisme : le but manque, la réponse au pourquoi manque, tout est dévalorisé, tandis que la résignation et le désengagement dominent.

La seule valeur de plus en plus idolâtrée est celle du dieu de l’argent et son corrélat naturel, le consumérisme, est appelé à combler les lacunes existentielles et culturelles qui ont émergé avec force ces derniers temps.

Être francs-maçons dans le monde profane signifie qu’il existe une petite minorité qui, insatisfaite de cette situation sordide, parce qu’elle sent ou perçoit intuitivement un vide, choisit librement.

C’est une dimension distincte et complètement différente de celle triviale de la routine , qui exprime le rapport de l’homme à l’absolu ; c’est l’orientation vers l’inconditionné.

Je trouve éclairant les paroles prononcées par un frère bien connu, John Fitzgerald Kennedy, à la fin de son discours d’investiture, après avoir prêté serment en tant que 35e président des États-Unis :

Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays !

Dans cette phrase la clef de voûte… le franc-maçon, dans le monde profane, se demande chaque jour ce qu’il peut faire pour son pays et, chaque jour, il travaille à rendre le monde meilleur.

Que la force le soutienne

1

La force dont parle cet ouvrage concerne essentiellement la force morale. Une force qui aide à vaincre les passions tristes, encourage au travail et rallume celle du cœur. Ne confondons pas la force et la puissance. Le contraire de la force n’est pas la faiblesse mais la lâcheté. La force qui soutient l’édifice est le courage. Elle l’achève grâce à cet élan chevaleresque du cœur qui révèle le sixième sens de l’initié : le sens de dedans ou sens ésotérique. Le sens qui révèle la Sagesse et la Beauté dans l’amour fraternel.

Le libre arbitre du maçon (2)

Suite et fin de l’article n°1 de notre confrère folhadolitoral.com.br

Si vous n’avez pas lu la première partie, nous vous invitons à la découvrir sur ce lien.

Malgré les différences conceptuelles, il est possible d’affirmer que la question du libre arbitre est directement liée à notre compréhension de la nature humaine et des conséquences de nos choix.

Nous avons vu la semaine dernière que le concept philosophique de libre arbitre fait l’objet d’investigations depuis l’Antiquité, évoluant au fil des siècles, sans forcément faire consensus aujourd’hui. Malgré les différences conceptuelles, il est possible d’affirmer que la question du libre arbitre est directement liée à notre compréhension de la nature humaine et des conséquences de nos choix. 

A titre d’exemple, imaginons qu’une personne s’engage personnellement à être végétarienne, sentant qu’elle a pris une décision consciente et autonome et que, par conséquent, elle exerce son libre arbitre. Il faut cependant s’attendre à ce que ce choix soit le résultat d’autres choix antérieurs, pour des raisons environnementales, éthiques ou sanitaires, qui fixent déjà en eux-mêmes les contours et les limites de la liberté de choix individuelle. 

Cette même personne végétarienne peut, à un moment donné après son libre choix d’être végétarienne, se retrouver dans la situation sociale d’être avec d’autres personnes, comme lors d’une fête de famille ou d’un dîner d’affaires, où elle peut ressentir une pression pour manger de la viande, soit pour ne pas paraître impoli ou pour ne pas causer de remous dans la situation sociale, surtout si d’autres personnes autour de vous mangent de la viande. S’il reste ferme dans son engagement végétarien, cela démontrera que sa décision initiale a été influencée uniquement par ses convictions personnelles et non par la pression sociale. En revanche, si vous cédez, vous aurez paradoxalement exercé votre liberté de choix, votre libre arbitre de changer d’avis, mais cette fois avec de nouvelles prémisses incompatibles avec les précédentes.

Cet exemple illustre comment les engagements sociaux et éthiques peuvent influencer le libre arbitre d’un individu dans des situations spécifiques. Bien que la pression sociale puisse être forte, l’individu a toujours la capacité de prendre une décision autonome et de suivre ses valeurs et principes personnels, ou, au contraire, d’exercer également le libre arbitre de revoir ses concepts, en passant simplement par un moment une déviation de conduite ou même l’abandon définitif de son engagement éthique. 

La responsabilité et les implications éthiques du libre arbitre soulignent l’importance de la réflexion et de la conscience dans la prise de décision libre, en supposant que l’individu a la capacité de choisir librement entre différentes options et est également capable de peser les conséquences de ses choix, y compris les pressions sociales .

La franc-maçonnerie est une organisation fraternelle qui n’a pas de position officielle sur le libre arbitre, reconnaissant que ses membres peuvent avoir des points de vue différents sur ce concept et d’autres questions philosophiques et religieuses. Cependant, en valorisant la liberté de pensée et l’individualité, l’Ordre soutient généralement l’idée que chaque individu a le droit de choisir son propre chemin dans la vie et de prendre ses propres décisions.

Cependant, la franc-maçonnerie encourage ses membres à respecter un ensemble de hautes valeurs morales et éthiques, y compris la responsabilité personnelle et l’obligation d’agir pour le bien de l’humanité dans son ensemble. Puisque les francs-maçons sont incités à agir conformément à ces valeurs et à considérer les conséquences de leurs choix, on peut comprendre qu’il n’y a pas de libre arbitre absolu, mais une limitation soulignée par l’importance de la responsabilité personnelle et du service à l’humanité. .

En résumé, si la franc-maçonnerie respecte la liberté individuelle de ses membres et n’impose pas de vision particulière sur les questions philosophiques, elle encourage ses membres à agir conformément à cet attachement initialement pris à l’ensemble des valeurs éthiques et morales qui finalement balisent la libre prise de décision qui vous amène à rester ou non vraiment franc-maçon.

Basé sur openai.com, plato.stanford.edu, wikipedia.org et les travaux de JM Fischer, R. Kane, T.Pink et S.Nichols/G.Caruso.

Responsable : Perseverança Masonic Lodge – Paranaguá – PR ( loja159@fgsia.com ) 

06/04/1943 : « Le Petit Prince » d’Antoine de Saint-Exupéry voit le jour à New York

Quatre-vingts ans, quel bel âge ! Le Petit Prince, écrit à New York pendant la Seconde Guerre mondiale et illustré avec les propres aquarelles d’Antoine de Saint-Exupéry, est publié en 1943 à New York, puis en France chez Gallimard en 1946, à titre posthume. Ce conte philosophique, empreint à la fois de légèreté et de pessimisme vis-à-vis de la nature humaine, devient très vite un immense succès mondial.

Traduit en cinq cent trente-cinq langues et dialectes différents, Le Petit Prince est l’ouvrage le plus traduit au monde après la Bible. Il s’en est vendu plus de 200 millions d’exemplaires à travers le monde. Succès planétaire !

À date anniversaire, revenons sur la publication de Le Petit Prince et l’Astronome Turc de Francesco Palla, illustré par Sylvie Duvernoy, que vous pouvez suivre sur Instagram. Nous devons la traduction à Arianne Palla.

Le Petit Prince et l’Astronome Turc

Francesco Palla

Francesco Palla était un spécialiste en astrophysique de la faculté de physique de l’Université La Sapienza de Rome. Il a travaillé dès 1980, avec le professeur Franco Pacini, à l’Observatoire d’Arcetri (Osservatorio Astrofisico di Arcetri), observatoire astronomique professionnel italien appartenant à l’Istituto nazionale di astrofisica, situé à Arcetri, à l’orée de la ville de Florence, en Italie, le quartier même de la maison de réclusion de Galilée (Villa le Gioiello).

Instagram Sylvie Duvernoy.

Ces recherches ont embrassé divers domaines de la formation et de l’évolution stellaire, la physique et la chimie de la matière interstellaire, la cosmologie et la formation stellaire dans l’univers primordial. Il est l’auteur de plus d’une centaine de travaux publiés dans des revues professionnelles spécialisées. De 2005 à 2011, il est le directeur de cet observatoire.


Instagram Sylvie Duvernoy.

Alors qu’il devait être nommé président de la European Astronomical Society, il décède en 2016. Outre son travail de scientifique, Francesco Palla consacre beaucoup de temps à la vulgarisation de la connaissance en astrophysique auprès d’un grand public et des écoliers. À ce titre, il a reçu, à titre posthume, le prix Gulio Preti, décerné par la Toscane aux grands vulgarisateurs scientifiques. L’International Astronomical Union a rebaptisé l’astéroïde 296928, découvert en Italie en 1994, en (296928) Francescopalla.

Francesco Palla nous explique dans son introduction qu’il avait eu une expérience extraordinaire à la lecture du livre de Saint-Exupéry. Il a ressenti chez le Petit Prince, cet « extraterrestre », un réel émerveillement pour le ciel, que ce soient les astéroïdes ou les étoiles. À travers le texte et les illustrations, le guide choisi par l’auteur pour nous faire revivre cette belle expérience n’est autre qu’un astronome turc.

Il apparaît d’ailleurs dans Le Petit Prince de la manière suivante :

« Que regarde l ’astronome dans sa lorgnette ? Une étoile, malencontreusement absente de l’édition française. Et que dire des écritures de l’homme d’affaires et des formules inscrites sur le tableau de l’astronome; elles n’ont rien en commun, assurément. […] Cet astéroïde n’a été aperçu qu’une fois au télescope, en 1909, par un astronome turc… »

Un Astronome Turc qui avait donc observé sans doute l’astéroïde B 612, planète d’où venait le Petit Prince…

Cet astronome est le fil rouge du roman de Palla qui nous conduit à la découverte du ciel comme avec ces deux brillantes étoiles que sont Castor et Pollux – dans la mythologie grecque, fils jumeaux de Zeus et de Léda. Et d’expliquer pourquoi on les a appelés les Gémeaux. La découverte de notre univers étant tellement immense qu’il nous faut bien accepter pour guide cet Astronome Turc. Car la planète, d’où vient le petit prince est riche en surprise. Le maçon y retrouvera ses repères en allant de haut en bas.

Le zénith, point imaginaire le plus élevé surplombant l’observateur à la verticale au nadir, point imaginaire situé le plus bas. Une verticalité descendante répondant à celle ascendante.


Instagram Sylvie Duvernoy.

Mais notre guide ne peut faire l’impasse sur le règne animal. C’est pourquoi Francesco Palla nous fait croiser le serpent, nous décrit ce qu’est une hydre, d’après la légende d’Hercule. Tuer l’hydre de Lerne est, en vérité, le deuxième travail que dut accomplir Hercule/Héraclès, héros de la mythologie gréco-romaine. Il s’agissait d’un énorme dragon au corps de reptile qui possédait neuf têtes. Elle vivait dans le sombre marais de Lerne. Il nous parle aussi des qualités du renard, cet animal très intelligent.


Instagram Sylvie Duvernoy.

Ce conte que nous devons à Palla sera pour le lecteur l’occasion de redécouvrir notre voûte céleste, avec ses constellations et ses nébuleuses.

Après tout, le maçon ne travaille-t-il pas sous la voûte étoilée ? Une voûte lumineuse et impénétrable…. À la fois source de beauté mais aussi d’émotion et interrogation. Devant le macrocosme, nous prenons conscience de notre juste place.

Grâce à Francesco Palla et son conte philosophique, nous ne regarderons plus les étoiles de la même façon. Victor Hugo n’écrivait-il pas  : « on regarde une étoile pour deux motifs, parce qu’elle est lumineuse et impénétrable ».

Devenons cette étoile, pour mieux rayonner de par le monde !

Hubert Reeves, en 2010.

Notons une quatrième de couverture de la main du célèbre astrophysicien et militant écologiste Hubert Reeves.

Nous laissons à votre méditation sans doute les plus belles citations du Petit Prince

Photo prise à l’Hôtel de ville de Montréal, détail.

« On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. »/« C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante. »/« C’est véritablement utile puisque c’est joli. »/« Toutes les grandes personnes ont d’abord été des enfants, mais peu d’entre elles s’en souviennent. »/« Faites que le rêve dévore votre vie afin que la vie ne dévore pas votre rêve. » Antoine de Saint-Exupéry

Bandeau Facebook Z4 Éditions.

Dirigée par Daniel Ziv, Z4 Éditions est une maison d’édition indépendante qui publie les livres qu’elle juge importants, quels que soient la langue, le pays tant qu’ils vont dans un sens humaniste. Ses champs d’activité sont vastes, politique, philosophie, littérature, poésie, astrophysique, mathématiques, photographies et tant d’autres. Z4 Éditions a déjà publié plusieurs ouvrages écrits par des Frères.

Logo Facebook Z4 Éditions.

Le Petit Prince et l’Astronome Turc

Francesco Palla – Sylvie Duvernoy (Illustrateur) – Arianne Palla (Traducteur)

Z4 Éditions, 2022, 106 pages, 14 €

Sources : Wikipédia, Wikimedia Commons, Z4 Éditions

Certains oublient que l’unification de l’Italie est l’oeuvre de Francs-maçons

De notre confrère italien adhocnews.it – Par Carlotta Andrea Buracchi Bresciani

Cela fait sincèrement sourire avec combien de zèle certaines forces politiques, hier, ont travaillé pour célébrer l’anniversaire de l’unification de l’Italie, sanctionnée par un acte réglementaire le 17 mars 1861. Cela fait sourire parce que ce sont les mêmes qui envisagent l’interdiction d’affiliation à la franc-maçonnerie dans leurs statuts ou, qui il y a quelques semaines à peine, ont en fait sanctionné l’incompatibilité entre affiliation maçonnique et administration locale dans un communiqué.

Peut-être serait-il utile de leur rappeler, si effrayés par la « perception qu’il est possible d’agir selon la logique de petits groupes », que l’engagement politique, l’héritage des valeurs, ce que certains appellent avec mépris « l’ingérence dans l’exercice de les fonctions des administrations publiques » de la franc-maçonnerie cela n’a pas toujours été mauvais pour ce pays.

Il faut rappeler que l’unification italienne – résultat d’un long et laborieux processus diplomatique mis en œuvre par la classe politique de l’époque, héritière de la tradition du Risorgimento – a vu un apport fondamental de la franc-maçonnerie, protagoniste d’abord des luttes du Risorgimento, puis de l’indéniable progrès social, civil, politique de la nouvelle Italie. Cette franc-maçonnerie qui, dans l’État unitaire naissant, n’était plus le lieu privilégié de l’aristocratie du XVIIIe siècle mais un point de rassemblement de la classe dirigeante libérale-progressiste, de la gauche constitutionnelle de Depretis et de Crispi, de la composante radicale de Bertani. 

Dans ces années-là, une très grande partie des députés de la gauche libérale présents au Parlement étaient membres de la franc-maçonnerie et ne s’en cachaient certainement pas : la franc-maçonnerie italienne renaissante retrouvait cette « nouvelle Italie » d’origine bourgeoise qui depuis les émeutes du 20- 21 avait regardé avec optimisme et espoir en un avenir unifié, on respirait ici des valeurs laïques, libérales, progressistes, plutôt que démocratiques, républicaines, radicales.

Cela aiderait à évoquer non pas tant la figure de Garibaldi – élu Grand Maître du Grand Orient d’Italie en 1864 et seulement le plus célèbre des célèbres francs-maçons italiens -, mais plutôt les nombreuses réformes que le nouvel État a mises en place pour provoquer un changement d’époque de l’entreprise à la fois au niveau national et local. Des réformes menées par les francs-maçons et délibérément inspirées des valeurs fondatrices de la franc-maçonnerie universelle : l’école gratuite, obligatoire et laïque voulue par Coppino en 1877, le premier code de la santé visant à améliorer la santé publique par Crispi en 1888 mais aussi les nombreux combats pour la laïcité , l’autonomisation des femmes, la légalisation de la crémation et nous pourrions continuer.

Peut-être serait-il utile de rappeler les mots employés par Costantino Nigra, ambassadeur du Royaume d’Italie à Paris, collaborateur de l’homme d’État et plus Cavourien parmi les Cavouriens, dans la lettre avec laquelle en 1861, il accepta la nomination de Grand Maître : « Il ne doit pas oublier que l’Association , en plus de son but général, doit avoir celui d’aider le mouvement politique de l’Italie et de tout autre pays tendant d’une part à l’unité nationale et à l’indépendance et d’autre part à l’égalité et à la liberté des ordres politiques, religieux et sociaux […] ¹, signifiant en cela le progrès d’une nation naissante encore loin de l’achèvement de l’unité.

Ou peut-être le fameux discours (unique) prononcé le 16 mai 1925 par Antonio Gramsci, alors Député du Royaume pour le Parti Communiste d’Italie, dans une Chambre des Députés qui s’apprêtait à instituer la mise hors la loi des activités des Loges et des associations populaires : « […]  compte tenu de la faiblesse initiale de la bourgeoisie capitaliste italienne, la franc-maçonnerie a été le seul parti réel et efficace que la classe bourgeoise ait eu pendant longtemps »².

Mais peut-être, malgré les valeurs professées être universellement partagées, dans ce climat de mystification continue de l’histoire perpétrée principalement par ceux qui ont le devoir d’informer de manière non partisane, suffirait-il de s’inspirer de cette citation, à vrai dire plutôt abusé dans le milieu politique, qui se lit comme suit : « Le seul danger social, c’est l’ignorance ».

Pour ceux qui veulent en savoir plus :• « 

Histoire de la franc-maçonnerie en Italie. De 1717 à 2018. Trois siècles d’ordre initiatique « , Aldo Alessandro Mola, Bompiani-Giunti, Florence-Milan, 2018• « 

La franc-maçonnerie et l’unification de l’Italie. La franc-maçonnerie et la construction de la nation », édité par Marco Novarino et Fulvio Conti• « 

Histoire de la franc-maçonnerie italienne. Du Risorgimento au fascisme « , Fulvio Conti, Il Mulino, Bologne, 2003•  » 

La franc-maçonnerie et la sphère publique dans l’Italie libérale, 1859-1914  » par Fulvio Conti dans  » 

Franc-maçonnerie « , édité par GM Cazzaniga, Turin, Einaudi, 2006•  » 

Pour l’histoire de la franc-maçonnerie dans le Risorgimento italien  » dans  » 

Revue historique du Risorgimento « , 1914/1, Adolfo Colombo• « 

L’Italie des francs-maçons. Petites biographies de francs-maçons célèbres « , Vittorio Gnocchini, Mimesis, Rome, 2005• “ 

A l’Est de Turin. La renaissance de la franc-maçonnerie italienne entre modératisme cavourien et  révolutionnisme garibaldien », Marco Novarino, Bibliothèque Chiari, Florence, 2003• «

 La libération de l’Italie dans l’œuvre de la franc-maçonnerie » édité par Aldo A. Mola, Foggia, Bastogi, 1990.• « 

Frères d’Italie. Mémoire des relations entre la franc-maçonnerie et le Risorgimento à l’occasion du 150e anniversaire de l’unification de l’Italie (1861-2011) » édité par Maurizio Del Maschio, Stefano Momentè, Claudio Nobbio, Foggia, Bastogi, 2011.


¹ Revue historique du Risorgimento, Ans I – LXXXVIII (1914-2001), disponible au lien suivant : http://www.risorgimento.it/rassegna/index.php?id=73&ricerca_inizio=0&ricerca_query=&ricerca_ordine=DESC&ricerca_libera=

² A. Gramsci, Actes parlementaires, Chambre des députés, XXVIIe législature, vol. IV, Débats, p.365

Bahia organise une cérémonie pour les Ateliers de Perfection

De notre confrère brésilien ubatanoticias.com.br

Samedi 25 mars , la Loge de Perfection Noé Bonfim a organisé un cocktail pour honorer l’initiation de 16 membres à un degré supérieur de franc-maçonnerie. La Loge a été fondée en 1990 par Antônio Cláudio Ribeiro (Kaká); elle est actuellement présidée par Genildo Florentino Arruda et a comme maître dirigeant Gutemberg Nascimento Lobo. Il a d’ailleurs remercié pour le soutien de la loge maçonnique Acácia Ubatense, dont le vénérable maître est Gutemberg Nascimento Lobo. La cérémonie a eu lieu dans la salle noble « Jeová Amaro Benjoino ».

— Photo : Divulgation

L’initiation à un degré supérieur de franc-maçonnerie est un moment important dans la vie d’un franc-maçon, et l’événement a été marqué par beaucoup d’émotion et de solennité. Au cours de la cérémonie, les nouveaux membres ont été reçus avec les honneurs et ont reçu des conseils à suivre dans leur parcours en franc-maçonnerie. (Nouvelles d’Ubata)

Les maçons sardes se rebellent contre la gestion du Grand Maître Fabio Venzi

De notre confrère italien lanuovasardegna.it – Par Roberto Petretto

Des lettres de critiques ont entraîné la fermeture de loges et l’expulsion de membres

Le monde de la franc-maçonnerie sarde est en ébullition. Une polémique très dure secoue la Grande Loge Régulière d’Italie : les associés se rebellent et attaquent par une série de lettres la direction du Grand Maître Fabio Venzi. Ils contestent sa gestion caractérisée par de mauvaises relations avec la Grande Loge Unie d’Angleterre qui aurait conduit à l’octroi de la « reconnaissance anglaise » au Grand Orient. 

La Grande Loge régulière d’Italie s’est séparée du Goi en 1993 et ​​a obtenu la reconnaissance anglaise tandis que le Goi (la loge la plus nombreuse et la plus connue d’Italie) ne l’a reçue que cette année. La nouveauté offre aux loges sardes affiliées à la Glri l’opportunité d’adresser de vives critiques au Grand Maître Venzi, en poste depuis 22 ans. L’une des lettres a été envoyée par la Grande Loge régionale de Sardaigne-Loggia San Giorgio 262 de Cagliari. Il est demandé au Grand Maître de rendre compte des émoluments reçus au cours de ses vingt-deux années ininterrompues de mandat.

«Dans les longues et interminables 22 années de votre Grande Maestranza – écrivent les francs-maçons sardes -, une lente et continue détérioration de votre image en Italie et à l’étranger. Avant votre avènement, la Gliri était le fer de lance de la franc-maçonnerie anglaise, elle participait aux manifestations maçonniques internationales, mais le silence est tombé avec vous. Vous vous êtes perché sur Rome et avez gouverné de manière totalement arbitraire».

Critique ensuite la gestion économique, l’organisation des réunions et même la politique envers les associés : « Le Glri ressemblait à un hôtel avec une porte tournante à l’entrée : des profanes entrant et des maçons sortant. Environ 11 000 sont entrés et environ 9 000 sont partis, avec un solde actuel d’environ 2 000. C’est un échec total. »

Les lettres ont été divulguées le jour même où les dirigeants nationaux de la Grande Loge régulière se sont réunis à Rome. Et il semble qu’ils aient provoqué une réaction très dure avec la fermeture des loges (« démolition » serait le terme exact) et l’expulsion des membres. La bataille ne fait que commencer.

Société secrète…  La Mano Negra

La Mano Negra (« La Main Noire » en espagnol) est une prétendue organisation anarchiste secrète et violente, qui aurait agi en Andalousie à la fin du xixe siècle et à laquelle on attribua des assassinats ainsi que des incendies de récoltes ou de bâtiments.

Lida Clara Eugenia, La Mano Negra – Anarchisme rural, sociétés clandestines et répression en Andalousie (1870-1888), (L’Échappée, coll. « Dans le feu de l’action », 2011).

Histoire

Des pressions furent exercées sur plusieurs témoins, qui firent des aveux impliquant les inculpés. On considéra comme preuve valable un bout de papier trouvé au milieu des montagnes avec la liste des membres supposés de la Mano Negra. En dépit de l’absence de preuves formelles et du fait que les groupes anarchistes de la zone aient affirmé n’avoir aucun lien avec cette organisation, les forces de l’ordre espagnoles menèrent une répression féroce motivée par quatre crimes commis entre la fin de 1882 et le début de 1883 qui déboucha sur la condamnation à mort de quinze paysans ; sept d’entre eux furent exécutés sur la Place du Marché de Jerez de la Frontera le 14 juin 1884.

L’existence de cette organisation a été remise en question dès l’éclatement de l’affaire et n’a toujours pas reçu d’éclairage satisfaisant. Des études continuent d’être menées sur ce thème ; une théorie très diffusée dans les milieux académiques suggère une invention dans le style des opérations sous fausse bannière ou une manipulation du gouvernement de Sagasta pour réprimer les révoltes paysannes du sud de l’Espagne, comme cela fut déjà insinué par Vicente Blasco Ibáñez dans son roman sociologique de 1905 La Bodega. Néanmoins, Clara E. Lida remet en cause ces théories. Elle suggère notamment que l’existence réelle de la Mano Negra ne doit pas être discutée sur la période 1882-1883, pendant laquelle elle n’existe peut-être plus et sert effectivement de justification à la répression policière, mais plutôt dans une période antérieure (à partir de 1874) pendant laquelle la FTRE et le mouvement anarchiste espagnol étaient contraints à la clandestinité

Jerez de la Frontera – Sentence du procès pour l’assassinat de Bartolomé Gago y Campos dit « el Blanco de Benaocaz », également connu sous le nom de « procès de la Mano Negra » – gravure de Juan Comba, 22 juin 1883.

Antimaçonnisme : Francs-maçons – humanistes ou adorateurs du diable ?

De notre confrère allemand deutsche-stimme.de – de Sascha von Aichfriede

La connexion entre les Templiers et les francs-maçons fascine les gens, mais ce qui semble au premier abord divertissant et excitant est en fait une menace pour tous les peuples de la terre. Alors posons-nous la question de savoir à quel point les francs-maçons sont vraiment philanthropes. C’est une question pertinente, car la transformation du monde occidental en confédérations de plus en plus nombreuses est la réalisation de ce pour quoi les francs-maçons se sont toujours battus. Et l’origine de cette mission remonte à Jérusalem via les Templiers.

Dans l’article précédent, nous avons discuté des Jacobins et de la signification de leur nom 1. C’est là que les Templiers et les Francs-maçons sont entrés en jeu. En aparté, nous avons mentionné ce que la franc-maçonnerie vise, pourquoi elle utilise l’allégorie maçonnique et ce que représente le Temple de Salomon. Nous allons maintenant aborder cela un peu plus en détail.

La couverture d’une association caritative

Les maçons aiment se présenter comme des humanitaires et des organismes caritatifs, mais pourquoi des siècles de secret ? Bien sûr, on pourrait concéder que tout le vermillon, le secret et le mysticisme cultuels ne servaient qu’à donner un air d’élu et d’exclusivité afin d’attirer des membres d’élite (et donc aisés).

Cependant, les francs-maçons étaient trop présents sur la scène politique et les traces de leur idéologie trop claires pour être une charité, puisque leur conception de l’État comme une construction contractuelle impersonnelle et accidentelle prévaut partout, dont les membres sont caractérisés par une volonté et pas par descendance. L’actuelle ministre fédérale de l’intérieur Faeser confirme exactement cette attitude avec sa réinterprétation du concept de loge . Le but est l’État mondial, pour lequel les nations et les peuples doivent mourir pour ne faire qu’un. Dans celui-ci, « l’Allemagne » ou « l’Autriche » ou « l’Italie » n’est qu’un terme administratif. La franc-maçonnerie y a contribué constamment et au fil des générations.

Conformité culturelle, étatique et raciale comme programme

A première vue (ou première audition), les buts maçonniques semblent presque sympathiques : cosmopolitisme, liberté, tolérance, connaissance. Mais seulement au début. Au deuxième coup d’œil, cela semble différent. Regardons les deux allégories centrales de la franc-maçonnerie – d’abord sous forme de tableau, puis en détail :

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Franc-maçonnerie : murs et taillage des pierres brutesLa pierre brute représente les gens bruts et naturels du monde, pas seulement un nouveau maçon, l’apprenti maçon. Les pierres brutes doivent être taillées jusqu’à ce qu’elles soient uniformes. Il s’agit d’une conformité culturelle, étatique et raciale de tous les peuples. Cette humanité alignée correspond alors à la pierre taillée.
Temple de SalomonQue faire des pierres taillées ? Vous en construisez un temple. Un temple symbolique, celui de Salomon. Le Temple de Salomon a plusieurs significations symboliques :
1. Le Temple de Salomon est une référence commune pour le Judaïsme, pour les Francs-Maçons et aussi pour les Templiers 3: Les Templiers étaient appelés en forme longue : Pauvre Chevalerie du Christ du Temple de Salomon.
2. C’est aussi une allégorie de l’humanité mondiale : les peuples du monde alignés, les pierres taillées, sont réunis pour former un tout harmonieux.
3. Il est aussi un symbole de la domination mondiale d’une religion judéo-maçonnienne centrée sur Lucifer (alias ABaW alias YHWH alias Baphomet). L’humanité mondiale mise au pas lui sert d’édifice symbolique dans lequel il s’assied pour régner.

3  Pour le lien entre franc-maçonnerie et judaïsme, voir les propos du rabbin Isaac Wise cités dans Samuel Oppenheim, The Jews and Masonry in the United States before 1810, Publications of the American Jewish Historical Society , n° 19 (1910), pp. – 94 et aussi le livre The Study of Freemasonry and its Original History du rabbin Isaac Borchardt de 1869. Pour l’importance du temple de Salomon, voir Guy L. Beck, Celestial Lodge Above: The Temple of Solomon in Jerusalem as a Religious Symbol in Freemasonry, Nova Religio, Le Journal des religions alternatives et émergentes , Vol. 1 (octobre 2000), p. 28-51.

Maintenant les points en détail :

1) Travailler la « pierre brute »… la paralysie des tendances naturelles

Pour la franc-maçonnerie, le développement de ses membres et de toute l’humanité, c’est comme travailler sur la « pierre brute ». Au début, les gens sont bruts et non polis, avec des coins et des bords. Cela inclut également les caractéristiques culturelles et ethniques. Ce n’est que par le traitement de la maçonnerie, le « battage », que l’ébauche devient un bloc de construction parfait. Il en va de même pour l’être humain : à travers la formation maçonnique, il devient une partie fonctionnelle du grand tout, s’intègre. Il ne s’agit de rien de plus que d’une conformité globale.

2) Temple de Salomon

Quelle est la grande image? Le Temple de Salomon. Ça a l’air bien? Tant pis. La franc-maçonnerie en tant que pouvoir supranational réduit les gens, les transforme en citoyens uniformes du monde qui peuvent être insérés dans le bâtiment du temple en tant que pierres appropriées. Ils s’unissent pour former le temple mondial de l’humanité. Il n’y a là rien d’humanitaire, car cette maçonnerie détruit les dispositions naturelles de la personnalité, la dépouille de toute particularité individuelle, ethnique ou nationale. Au lieu de promouvoir, il est coupé. C’est ce que l’on entend par travail de la pierre brute et non un caractère ou un raffinement pédagogique.

En tant que société secrète, la franc-maçonnerie utilise des images, c’est-à-dire des métaphores. Le Temple de Salomon ne représente donc pas un édifice en béton à construire, mais l’humanité mondiale, dans la construction de laquelle la franc-maçonnerie joue un rôle de premier plan. Le fait que le temple de Salomon soit utilisé comme terme révèle également par qui et d’où l’humanité sera conduite dans ce monde. Pour des raisons juridiques, on ne peut pas en dire plus.

3) Compas et équerres… mesurer avec des étalons doubles

Le symbole le plus connu des francs-maçons est l’œil qui voit tout, le compas et l’équerre. Les francs-maçons eux-mêmes n’expliquent pas toujours leurs symboles de manière cohérente, mais celui que l’on entend le plus souvent est celui-ci : l’angle représente la droite, donc un angle droit. Il est immuable et identique pour tous. Cependant, il faut toujours appliquer la loi ou la loi dans son contexte. La boussole, qui est variable dans sa mesure, représente l’application mesurée et sur mesure de la loi.

Cela semble bien au premier abord, mais : La politique élitiste du personnel de la franc-maçonnerie en a fait une construction qui favorise le réseautage, les cliques et la pensée de classe. Bien qu’elle soit attachée à la citoyenneté mondiale, cela ne signifie pas que tout le monde est de facto égal, car même dans le paradis humanitaire maçonnique, certains sont plus égaux que d’autres. Ainsi l’angle représente la loi générale et le compas la loi adaptée pour les membres et les amis. Il est mesuré avec des normes doubles.

Et il en est exactement de même dans les États dont la fondation a été façonnée par les idéaux maçonniques. Comme les anciennes colonies anglo-saxonnes ou les républiques sud-américaines comme l’Argentine ou le Brésil. En fait des républiques ou des états dans lesquels la même loi s’applique à tout le monde, mais au final c’est la bourse qui décide qui a raison. En d’autres termes : des ploutocraties et donc un règne des riches. L’État mondial maçonnique est une entité du néo-féodalisme, dans laquelle une oligarchie en réseau mondial règne sur son personnel coupé de toute racine confessionnelle, nationale et raciale.

Pour que cette « population » ne devienne pas folle, qui n’a plus d’ancrages identitaires de stabilité, il ne reste plus que le parc humain construit sous l’idéal d’humanité, dans lequel les gens peuvent se perdre dans de nouvelles identités de genre et préférences sexuelles . Un « raclage domestique » (Konrad Lorenz) de l’homme est opéré, afin qu’il puisse se vautrer dans sa propre boue dans une pseudo-liberté moralement bas. Le contrat entre l’oligarchie et son personnel est très simple : le personnel accepte la domination de l’oligarchie ; l’oligarchie ne s’immisce pas dans la vie privée du personnel. En tout cas, c’est précisément ce repli dans la sphère privée que l’on observe déjà dans la société d’aujourd’hui et qui va continuer à s’amplifier. Tout se passe comme prévu pour l’élite.

4) S’efforcer d’acquérir des connaissances… à travers Lucifer

Incidemment, l’angle du symbole maçonnique est également valable comme Lucifer – il est « l’homme de l’angle ». Il représente les lois immuables et impitoyables du monde physique-matériel qu’il a créé. Les francs-maçons ne peuvent pas se débarrasser de l’accusation de culte du diable et cela remonte aux débuts de la franc-maçonnerie, qui remonte aux templiers via l’infiltration des guildes et des cabanes de constructeurs.

Cela tient aussi aux francs-maçons eux-mêmes : ils n’aiment pas en parler, mais Lucifer est une figure clé de leur enseignement. Non pas comme un monstre cornu, mais comme une force positive qui gouverne le monde matériel (autre que le monde spirituel, l’au-delà). C’est aussi ce que dit la Bible : alors que Jésus était dans le désert pendant quarante jours et était interpellé dans la foi, Lucifer (le diable) lui a offert la domination sur le monde (cf. Mt 4,1-11). Bien sûr, il n’a pu faire cette offre que parce qu’il domine vraiment ce monde. Le message caché de la Bible est là : Dans le désert, Jésus devait choisir entre croire au Dieu (plutôt un démon du désert) de l’Ancien Testament – Yahweh – ou emprunter une autre voie. Il a suivi un chemin différent.

Toujours dans l’histoire d’Adam et Eve, dans le jardin d’Eden, Lucifer sous la forme du serpent est une figure ambivalente qui apporte la connaissance – en soi une expérience positive. Et l’aspiration à la connaissance est très élémentaire pour les francs-maçons, où Lucifer devient un « partenaire ». Donc, la réalisation de la façon de gouverner le monde. Parce que la franc-maçonnerie est non confessionnelle, ils utilisent également un métadieu, l’ABaW 5. Lucifer ou Yahweh peuvent facilement être remis à sa place, même si les francs-maçons aiment le nier ou l’obscurcir. Ainsi, le temple érigé de Salomon est également destiné à être une habitation pour Lucifer – mais cela ne signifie pas un bâtiment, mais l’humanité mondiale. Et ces vies humaines mondiales taillées maçonniquement dans un état mondial. En cela, il sert Lucifer 6.

Bien sûr, cela n’a rien à voir avec le satanisme vulgaire ou la magie noire, et pourtant l’idée du culte de Lucifer devrait causer des problèmes à la plupart des gens. Par conséquent, cette partie de l’enseignement maçonnique est également gardée secrète, car la personne normale la comprendrait mal.

Cependant, ce culte de Lucifer est problématique car il représente un tournant vers le matérialisme. C’est la connaissance de l’assujettissement du monde qui doit être atteinte. Le franc-maçon place sa propre nature au-dessus de tout le reste ; le maximum d’utilisation matérielle et sensuelle doit être extrait de la vie terrestre. Ainsi, l’étoile à cinq branches (pentagramme) – elle orne de plus en plus les drapeaux de ce monde – est le symbole de l’homme (la tête et les extrémités tendues s’y inscrivent) et sa surélévation, qui contraste avec la croix, le symbole de l’humilité et la volonté de faire des sacrifices l’est.

Le monde maçonnique est un monde sans âme sans véritables idéaux. De plus, la philosophie maçonnique ignore toute loi raciale-biologique, menaçant une humanité de base et non noble. C’est un monde profondément laid. Et c’est précisément là que cette règle échouera : le maçon, tout en voulant se délecter du matériel, crée racialement une humanité incapable de productivité matérielle. Il ne peut résoudre ce problème qu’en laissant l’oligarchie profiter exclusivement du peu que produit cette humanité improductive, tandis que la majorité meurt de faim. Mais là réside le germe d’une révolte et donc de la chute de ce pouvoir.

Soit dit en passant, non seulement le culte de Lucifer est un acte hérétique, mais aussi la construction du temple de Salomon, c’est-à-dire la métaphore de l’établissement d’une humanité unie et de l’État mondial sous la direction de Lucifer. La réalisation de l’Etat mondial n’est rien d’autre que la construction de la tour de Babel.

En savoir plus à ce sujet dans le numéro de janvier de la Voix allemande dans l’article « La Bible : Plaidoyer pour les peuples » :

5) Adorer le diable et se détourner de Jésus-Christ

C’est précisément cet aspect du culte de Lucifer qui alimente la théorie du complot ; c’est aussi un trait d’union entre la franc-maçonnerie et les templiers. Lorsque les Templiers ont été jugés vers 1300, l’une des principales allégations était qu’ils se sont détournés de Jésus-Christ et se sont tournés vers un démon, à savoir Baphomet, que nous pouvons assimiler à Lucifer, Yahweh, etc.

L’allégation était peut-être correcte. Il n’est pas si improbable que les Templiers de la Terre Promise aient commencé à avoir des doutes sur les dogmes chrétiens de l’immaculée conception de Marie, etc. Les chevaliers rencontrèrent en Terre Sainte des érudits musulmans et juifs qui avaient accès au savoir de l’antiquité, au savoir des Romains et des Grecs, des Babyloniens, des Égyptiens 7. Il sera assez vite apparu aux Templiers qu’ils avaient affaire à des gens bien plus savants qu’eux… La confrontation avec l’islam et le judaïsme, conjuguée aux incohérences de l’histoire de Jésus, a certainement alimenté les doutes.

Dans l’islam et aussi dans le judaïsme, Jésus-Christ joue un rôle différent de celui du christianisme. Dans le judaïsme traditionnel, selon des sources talmudiques et rabbiniques, Jésus-Christ est un sorcier, un fauteur de troubles et un séducteur, ce qui rend son exécution justifiable ; dans l’Islam, il est (uniquement) l’un des nombreux prophètes. On peut imaginer comment les Templiers étaient en conversation avec les érudits de l’Orient et se sentaient de plus en plus gênés par la question : « Croyez-vous vraiment en l’Immaculée Conception ? » Le Coran le contient également dans la sourate 4, versets 156-158, n’est pas mort sur la croix et qu’il était un enfant illégitime de Marie.

Les Templiers ont peut-être également été confrontés à l’ancien pamphlet antichrétien True Doctrine of the Greek Kelsos, qui a exposé Jésus comme un fils illégitime de Marie et un soldat romain nommé Panthera, c’est pourquoi Joseph a rejeté Marie et elle a erré et Jésus était né dans une écurie. Pour dissimuler cela, Jésus l’a transformé plus tard en une histoire de conception miraculeuse. La même trompette (avec quelques variantes) a ensuite été soufflée par le traité juif Toledot Yeshu . Et lorsque les doutes sur la doctrine chrétienne ont lentement augmenté et que les conflits de pouvoir avec le pape et le roi de France ont augmenté, le terrain a été préparé pour les graines que les érudits ont plantées en « Terre Sainte ».

L’offre aux Templiers était de devenir un initié d’une doctrine secrète et de recevoir un siège à la table des dirigeants du monde, aux côtés du peuple élu, tandis que les peuples de la terre devaient être lentement alignés et finalement réduits en esclavage. Enfin, les Templiers, avec leur organisation supranationale, étaient un allié intéressant. Cependant, le pape et le roi de France l’ont découvert et, par conséquent, l’une des principales accusations portées contre les Templiers était leur quête d’expansion de pouvoir.

C’est l’interprétation de l’histoire qui a conduit à la persécution de la franc-maçonnerie dans l’Allemagne nazie également. Mais l’Église catholique a également interdit à ses membres d’appartenir aux loges sous peine d’excommunication.

6) Les francs-maçons en tant qu’organisation succédant aux templiers

Comme déjà expliqué dans notre « article jacobin », les Templiers poursuivaient leur mission dans l’organisation camouflée des huttes de construction (à partir desquelles s’est développée la franc-maçonnerie), dans le but d’établir une domination mondiale judéo-maçonnique, comme l’insinuent notamment des historiens de droite. Les envies de pouvoir, les pensées d’être élu et les sentiments de vengeance contre l’église et la monarchie alimentaient des activités animées.

7) Le secret maçonnique

Ce secret de la franc-maçonnerie, son cheminement de 33 degrés (selon les systèmes), prend tout son sens quand on sait que le frère s’initie à ce qu’on appellerait généralement l’enseignement hérétique et complotiste. Ce serait beaucoup moins risqué aujourd’hui, mais ce système s’est développé à une époque où les « révélations » maçonniques signifiaient la prison, l’ostracisme social et la peine de mort.

Bien sûr, passer par les nombreux degrés sert non seulement à aboutir à une « réalisation choquante » (Lucifer est le dieu), mais aussi à observer le candidat. Les francs-maçons ne veulent pas confier leur secret (leur hérésie) à qui que ce soit qui pourrait s’en servir plus tard pour travailler contre eux. Vous ne recevez que de petites bouchées lors d’un long voyage où vous êtes étroitement surveillé.

Et pourtant les francs-maçons anciens et actifs osent parler clairement : l’ancien franc-maçon Maurice Caillet est souvent cité ; Dans son livre « Sociétés secrètes 3 », Jan van Helsing laisse un franc-maçon révéler ses secrets. Ce qui est important, c’est qu’il y a peu de francs-maçons de haut niveau qui sont vraiment allés au cœur même de leur (propre) vérité et que beaucoup de francs-maçons de niveau inférieur ne savent même pas quelle association ils servent, même en croyant au conte de fées des « humaniste », ligue » qui ne fait que forger le caractère, opère et fait la charité. Incidemment, le secret était également l’un des principaux chefs d’accusation dans les procès des Templiers.

La franc-maçonnerie a-t-elle encore de l’importance aujourd’hui ?

Non. À la fin du 20e siècle, les francs-maçons actifs avaient de plus en plus imprégné les centres de pouvoir du monde occidental. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Et pourtant, elle détermine la politique de l’Occident, car ses idées sont aujourd’hui courantes. Actuellement, vous n’avez pas besoin d’être franc-maçon pour pratiquer la franc-maçonnerie – il suffit de nager avec le courant : en tant que bon électeur des partis de quartier allemands, en tant que top manager cosmopolite, en tant que membre d’un programme d’échange international ou à travers la vie en tant que migrant.

Les francs-maçons d’aujourd’hui peuvent s’asseoir et regarder émerger un monde à leur goût. Cela viendra peut-être, cela viendra probablement, mais à la fin cela échouera à cause de ses contradictions et de son injustice inhérente.

Conclusion

En tout cas, les francs-maçons ont eu une influence sur l’histoire – ils ont eu et ont encore des membres jusqu’aux plus hautes sphères. « L’heure fatidique ne souffle pas sur les batailles et les conférences, les incendies et les extinctions, mais sur la baraque de construction », aurait déclaré le frère de la loge du B’nai B’rith, Walther Rathenau. Et l’ancien Premier ministre britannique Benjamin Disraeli a souligné : « Une grande partie de l’Europe [est] couverte d’un réseau [de] sociétés secrètes, tout comme les surfaces de la terre sont maintenant couvertes de chemins de fer. Et quels sont leurs objectifs ? […]Ils ne veulent pas de gouvernement constitutionnel; ils ne veulent pas d’institutions améliorées ; ils ne veulent ni conseils provinciaux ni scrutins ; — ils veulent changer les conditions foncières, chasser les propriétaires actuels et mettre fin aux institutions ecclésiastiques. » 8

Avouons-le : les francs-maçons ne sont pas des humanitaires. Leur image cosmopolite et ploutocratique de la société voit l’objectif d’un État mondial hiérarchisé, totalement gouverné par une petite élite recrutée parmi eux et une certaine ethnoreligion dont le nom ne peut être nommé pour des raisons juridiques. Cependant, leur programme est maintenant suivi par d’innombrables organisations apparentées et est principalement devenu le courant social dominant en Occident.

Les francs-maçons d’aujourd’hui sont essentiellement les intendants d’un mémorial du travail réussi de la franc-maçonnerie avec et depuis les Lumières. Néanmoins, la franc-maçonnerie active est aussi détentrice d’une idée fausse qui détruit les peuples et les nations, et qui la rend automatiquement dangereuse. Et nos descendants nous maudiront de n’avoir rien fait à ce sujet.


1   https://deutsche-stimme.de/templer-freimaurer-und-woher-die-jakobiner-ihren-namen-haben/ (consulté le 17 mars 2023).

2   https://www.mdr.de/nachrichten/deutschland/panorama/nancy-faeser-heimat-umdeuten-100.html (consulté le 13 juin 2022).

4   https://freimaurer-wiki.de/index.php/Luzifer_/_Lucifer (consulté : 14 juin 2022).

5  ABaW = Constructeur tout-puissant de tous les mondes.

6  La source en est, entre autres, l’entretien que Jan van Helsing et Stefan Erdmann ont réalisé avec le franc-maçon Wolfgang Stark, disponible sur : https://www.youtube.com/watch?v=u3Uk7W8d_W0 (consulté le : 14 juin , 2022).

7  Une bibliographie sur les interactions entre les religions et les cultures dans les États croisés peut être trouvée ici : https://glasgow.rl.talis.com/lists/BF989769-C27C-CBC1-37E0-37C5A749A081/bibliography.pdf?style= acm -sig-actes (accès : 13/03/2023).

8   https://hansard.parliament.uk/Commons/1856-07-14/debates/747bc932-8f2d-4765-a8ad-660bddb61d24/CommonsChamber (consulté le : 17.03.2023).

DETRAD : Le top des nouveautés d’avril 2023

C’est en  nous proposant deux panoramiques que la librairie DETRAD nous informe de leurs deux parutions de ce mois d’avril.

La première dans sa « Collection EnQuête Initiatique »

Pannoia-Le secret de la sixième croisade de Christophe Lassagne.

Sur fond d’espionnage international, l’auteur nous plonge dans une aventure palpitante ou il mêle avec brio, intelligence artificielle et secret multiséculaire. Une histoire captivante à travers les symboles et leur langage.

La seconde dans sa « Collection Rencontres »

L’humanisme en tablier vert-L’écologie est-elle une question maçonnique ?

Actuellement en souscription avec une parution fin avril.

Un ouvrage de Pierre Gandonnière, journaliste, auteur et universitaire qui travaillent sur les questions d’écologie depuis le début des années 90. Il a été l’un des responsables régionaux des Verts pendant 13 ans. Membre du Grand Orient de France et du Grand Chapitre Général Rite Français, il participe aux travaux de la Commission sur le Développement Durable et aussi contribué à plusieurs ouvrages collectifs du GO, dont République et Écologie, en 2021.

À paraitre prochainement et actuellement en souscription à prix préférentiel.

À MASONICA Lille, 9e Salon Du Livre et de la Culture, le samedi 13 mai prochain, Pierre Gandonnière sera en conférence-débat, notamment avec Christian Huglo et Corinne Lepage sur « Le défi écologique ».

Librairie DETRAD, intérieur.

DETRAD est située au 18 de la rue Cadet, à Paris, dans le 9e. Un arrondissement situé au centre de Paris, près des Grands Boulevards qui  offrent un lieu d’animation, de divertissement, d’histoire et de culture.

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