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Expo « Noir Vivant » au musée du Compagnonne de Romanèche-Thorins (71)

Le musée du Compagnonnage, site culturel du département de Saône-et-Loire, met à l’honneur un enfant du pays, le Mâconnais Pierre Sommereux (1962-2017).

Fils d’un dessinateur industriel, Pierre Sommereux a fait ses armes à l’école des Beaux-Arts de Lyon. Navigant entre post-punk et new wave, cet artiste contemporain influencé par les courants artistiques des années 80 réinvente le noir qui se révèle à la lumière. Il semble chercher désespérément la couleur, exprime ses émotions avec force « en représentant des formes croisées, des assemblages imposants, des constructions qui flottent dans l’espace ». Il travaille sur de grands formats, de vieilles planches, des portes récupérées ou du métal rouillé qui constituent la première couche d’une narration bien plus complexe qu’il n’y paraît. Une première couche sur laquelle se superposent différentes approches de matière qu’il travaille à coups de collages, de papiers froissés, de cendres, de charbon, de goudron, mais aussi cet isolement noir et brillant qu’il trouve dans les tranchées de canalisation et qu’il broie. « Les volumes qu’il peint entrent en stade nymphal, signe d’une métamorphose ».

Un questionnement sans cesse remis sur le plan de travail. Curieux, avide d’expériences nouvelles, Pierre Sommereux s’installe à Paris, non loin du cimetière du Père-Lachaise, en 1986, puis à Saint-Ouen et Asnières avant de revenir au pays, à Charnay-lès-Mâcon, dans la maison que lui laisse sa grand-mère. L’atelier qu’il installe dans le garage, sous la maison, permet de continuer les grands formats. Il renoue le contact avec « les gens d’ici « qui lui permet une suite d’expositions dans la région : Chardonnay, Saint-Jean-des-Vignes, Mâcon entre 1996 et 1998, et là s’amorce un changement dans la peinture de Pierre Sommereux. En 1998, il s’installe à Tourrettes-sur-Loup, un village de l’arrière-pays niçois, avec sa compagne Véronique et leurs trois enfants. C’est là qu’il entamera sa dernière série, Les lunes, avant de s’éteindre en décembre 2017, à la suite d’une chute accidentelle dans son dernier domicile, à Saint-Jeannet.

Il laisse derrière lui une œuvre profonde qui mélange mystère, introspection et émotions brutes sur fondS de formes épurées.

« Pierre Sommereux les fait se croiser en des volumes apparemment lourds, mais flottant dans l’espace […] Il perce le réel pour emmener le regardeur vers l’infini », explique le catalogue de l’exposition.

Infos pratiques : Tous les jours de 14 heures à 18 heures, jusqu’au 31 mai au Musée départemental du compagnonnage, 98 rue Pierre-François Guillon Romanèche-Thorins. Tel : 03.85.35.22.02.

Courriel : museecompagonnage@saoneetloire71.fr

Entrée 4 €, gratuit pour les – de 18 ans.

Le musée départemental du compagnonnage est situé sur la commune de Romanèche-Thorins en Saône-et-Loire. Il est accessible depuis l’autoroute A6 sortie Mâcon sud (à 20 km) ou par l’autoroute A6 sortie Belleville-sur-Saône (à 12 km).

Grands Maîtres du passé : Gabriel Magnien 

Gabriel Adolphe Magnien, né le 5 janvier 1836 à Chalon-sur-Saône et mort le 8 septembre 1914 à Plottes, est un homme politique français, député de Saône-et-Loire.

Avocat, puis avoué à Autun, il est maire de la ville de 1876 à 1879 et conseiller général à partir de 1878. Il est député de Saône-et-Loire de 1885 à 1898, siégeant à la gauche radicale. Il s’occupe d’organisation judiciaire, et préside la commission spéciale sur la loi de réorganisation du Conseil d’État. Sénateur de 1898 à 1914, il siège à la Gauche démocratique, et s’investit dans la commission des pétitions, qu’il préside à partir de 1900.

Il est membre des loges maçonniques « Les Arts réunis » et « Cosmos n°288 » de la Grande Loge de France dont il est le grand-maître de 1895 à 1898.

Député depuis 1885, il est né à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) le 5 janvier 1836. Il se fit inscrire au barreau d’Antun, puis il servit comme volontaire pendant la guerre de 1870 dans l’armée de Garibaldi, qui le nomma ensuite Président de la cour martiale. Ensuite, il acheta une étude d’avoué à Autun, dont il devint maire de 1876 à 1879. Puis il devint Conseiller général d’Autun en 1878, Président de la Société de Secours Mutuel. Il fut porté aux élections du 14 octobre 1885 sur la liste radicale de Saône-et-Loire. Il fut élu au second tour, le 9e et dernier, par 79293 voix sur 140 510 votants et 174 124 inscrits.

Il fit partie de la gauche radicale et de l’extrême gauche, vota avec ce groupe, fut membre de plusieurs commissions, et s’occupa surtout des questions d’organisation judiciaire. II se prononça pour l’expulsion des princes, et, dans la dernière session, pour le rétablissement du scrutin d’arrondissement (11 février 1889), contre l’ajournement indéfini de la revision de la Constitution, pour les poursuites contre trois députés membres de la Ligue des patriotes. Il fut contre le projet de loi Lisbonne restreignant la liberté de la presse, pour les poursuites contre le général Boulanger.

Gabriel Magnien épousa Mademoiselle Gudin du Pavillon, fille de l’ancien député de la Nièvre  

René Guénon et aperçus sur l’initiation

Entretien avec Jean-Marc Vivenza, sur une idée originale de Daniel Robin.

Ce nouvel entretien avec Jean-Marc Vivenza fait partie intégrante de la nouvelle série intitulée « Les Voies de l’Esprit » (Des expériences et des traditions pour notre temps) dont l’objectif est de faire découvrir à nos adhérents la richesse des traditions et des expériences spirituelles de l’Humanité.

La tradition initiatique occidentale est une « Voie de l’Esprit » à part entière qui conduit aux plus hautes réalisations spirituelles. Nous ne saurions comprendre cette tradition initiatique occidentale sans nous plonger dans l’œuvre de René Guénon et en particulier dans deux de ses ouvrages majeurs : « Aperçus sur l’Initiation » (1946) et « Initiation et réalisation spirituelle » (1952, œuvre posthume).

C’est toujours un moment fort que d’être en présence de Jean-Marc Vivenza qui est sans aucun doute l’un des meilleurs connaisseurs de l’œuvre de René Guénon aujourd’hui. Avec sa verve habituelle, il tente de nous faire approcher les mystères de l’initiation (dans le sens guénonien du terme) qui peuvent apporter à notre époque troublée les « lumières spirituelles » dont nous avons tant besoin.

Masonica Lille : Retour sur une belle et grande fraternité

De l’avis de tous – organisateurs, exposants, éditeurs, auteurs –, ce fut un franc succès pour cette édition 2023, 9e du nom, du Salon du Livre et de la Culture qui s’est tenu au sein de la Maison des Associations à Ronchin, du 12 au 14 mai derniers.

Inauguration par M. Patrick KANNER, Sénateur du Nord (Hauts-de-France).

Dès le vendredi 12 au soir avec une remarquable soirée – une grande première organisée par François Morel et Philippe Benhamou – « Humour et poésie » où la solidarité, grâce à la générosité des participants, a mis à l’honneur Mathusalem.

Une association d’entraide maçonnique dont le slogan est « J’ai été ce que vous êtes, vous serez ce que je suis » et qui agit au-delà des Rites ou des Obédiences.

Soirée de bienfaisance, Grand Temple, photo Philippe Benhamou.

C’est, au total, plus de 2000 visites sur les stands et près de 1400 initiés ou non qui assistèrent aux divers ateliers, débats, conférences dans le Grand Temple.

Les Éditions Cépaduès, venues de Toulouse, nous ont confié être enchantées tant de la fréquentation que de la rencontre du public venu à la rencontre des auteurs présents sur le stand en les personnes de Michel König Michel et Daniel de Maisonneuve.

Éric Algrain.

Quant à Éric Algrain, il s’exprime à la fois en tant que Secrétaire Général de l’Institut Maçonnique de France (IMF) – dont les flyers du salon portant mention du soutien de l’IMF – et en qualité de directeur général des éditions Conform.

En sa qualité de Secrétaire Général de l’IMF, Éric Algrain est ravi de la qualité d’organisation de ce salon maçonnique du livre qui est et reste un événement culturel majeur attirant un large public.

Avec sa casquette de DG des éditions Conform, et notamment éditeur délégué des principales obédiences et juridictions de la franc-maçonnerie française (GODF, GLFF, GLMF, …), il constate que ce salon est un modèle de cohésion maçonnique régionale. Avec un accueil chaleureux qui accompagne, avec efficacité, la promotion de la franc-maçonnerie par des tables rondes de très bon niveau en direction du monde profane mais aussi du monde maçonnique.

Personnellement, nous avons noté la présence de très nombreux frères et sœurs belges.

Georges Komar.

Le Président d’honneur, Georges Komar – rescapé de la rafle de Lille Fives du 11 septembre 1942 – remercie dans un premier temps les différentes obédiences qui ont participé au 9e salon Masonica qui ont toutes lieu de se réjouir de ce succès. C’est grâce à elles, grâce à tous les bénévoles qui, sous la présidence d‘Alain-Noël Dubart et du Secrétaire Général Patrick Weslinck, ont œuvré à la réalisation de cette belle manifestation. Il remercie aussi les différents intervenants qui se sont succédés à l’occasion des conférences, débats ou ateliers et qui se sont employé à mettre leur expérience et leur savoir au service du plus grand nombre. Il en profite aussi pour remercier les éditeurs, les auteurs, les libraires qui, à chaque salon, leur font l’amitié de leurs participations.

Il conclut ses propos en développant ce qu’il entend par le chantier de la liberté, de l’égalité, de la fraternité de la justice et de l’amour entre tous les hommes. Il réclame moins de parole et plus d’actes. Notre démarche n’a de sens que par la démonstration de son pouvoir d’agir en vue du perfectionnement de l’humanité et de l’amélioration constante de la condition humaine, c’est alors qu’elle méritera d’être amitié initiatique

Des paroles de sagesse qui reçurent, en retour, de chaleureux et nourris applaudissements !

Franck Fouqueray interviewé par Franco Huard, animateur de l’émission Sous le Bandeau et Grand Maître de la Grande Loge ANI du Canada.

450.fm remercie les très nombreux maçons venus nous rendre une fraternelle visite.

Photos Yonnel Ghernaouti, YG.

Stand de la librairie DETRAD
Grand Temple de la Maison des Associations.

Conférence anniversaire de la maçonnerie du Paraguay

De notre confrère du Paraguay lanacion.com.py

Ce mardi 9 mai, à 19h00, dans la salle Río Apa de l’hôtel Sheraton, a eu lieu la conférence « Parlons de la franc-maçonnerie, démantèlement des mythes et des tabous« . Ce que vous avez toujours voulu savoir, qui a été confié à la grande institution de l’Ordre mixte du Paraguay, Manuela de la Cruz Rolón, dans le cadre du 16e anniversaire de l’Ordre maçonnique mixte du Paraguay.

« L’objectif a été de partager les valeurs et les principes qui régissent la franc-maçonnerie, en démantelant mythes et tabous. Une occasion spéciale d’en savoir plus sur un sujet qui, pendant des siècles, a généré toutes sortes de légendes autour de lui. Détesté par beaucoup, craint par beaucoup, aimé par quelques-uns et respecté par tous », expliquent les responsables de l’événement.

Cette activité était ouverte au grand public et l’admission s’est fait sur inscription préalable. L’accès était libre et gratuit et les places étaient limitées.

Dans le même contexte, le mercredi 10 mai, la « Conversation maçonnique » a eu lieu au temple Julio Ramón Duarte. Franc-maçonnerie psychographique et spirituelle. « La franc-maçonnerie opérative aujourd’hui ». Les intervenants annoncés sont M:.M:. REA José Usher et M:.M:. REA Ramón Cañete. Cette activité est réservée aux initiés et l’admission se fait uniquement sur invitation. Les organisateurs annoncent la présence d’invités importants et de dignitaires de diverses puissances nationales et internationales.

Enfin, dans le cadre de la clôture des activités, la philanthropie pour les peuples autochtones a eu lieu dans sa deuxième édition.

L’Ordre maçonnique mixte du Paraguay est une institution initiatique, philosophique et philanthropique qui œuvre pour la construction personnelle et le progrès de l’humanité. Pour atteindre cet objectif, ses membres doivent poursuivre l’amélioration morale et intellectuelle à travers la méthode maçonnique.

Le tétramorphe, une allégorie spirituelle maçonnique

Du grec tétra, quatre et morphé, la forme, le tétramorphe montre quatre formes allégoriques : l’humain, le lion, le bœuf et l’aigle. On le trouve dans diverses civilisations de l’Antiquité. 

Son origine remonte à la nuit des temps. À Babylone, il représentait quatre divinités secondaires, il figurait les quatre points cardinaux et en astrologie, science inventée par les civilisations mésopotamiennes, il symbolisait les quatre signes fixes du zodiaque.

Les quatre bannières représentant un bœuf, un homme, un lion, un aigle, étendards de tête des quatre divisions de l’armée d’Israël, ont une signification universelle. Elles ont inspiré les armoiries de toutes les plus grandes familles en Europe.

 

On ne peut manquer la référence  à la vision du prophète Isaïe, dans cette célèbre théophanie où les anges, au milieu des cercles de feu, présentent quatre faces : une face d’homme, celle d’un taureau, celle d’un aigle, et celle d’un lion. Ces quatre symboles se retrouvent présents, non sans raisons, en Franc-maçonnerie dans les armoiries de la Grande Loge des Anciens et sont donc toujours en bonne place dans les armoiries de la Grande Loge unie d’Angleterre. Le taureau ou le bœuf est symbole de sacrifice et de fertilité. On sait que dans le pays de Canaan, celui de Melkisédeq vraisemblablement, Dieu était El, représenté par le taureau de la fertilité, encore appelé le Compatissant. Le bœuf Apis a le même rôle dans la mythologie égyptienne. Éphraïm est de même un symbole de fertilité. L’aigle avec son œil qui voit évoque le prophétisme. L’aigle représente la tribu de Dan, qui veut dire juge. Les Juges, comme les Prophètes sont en communication directe avec Dieu ; l’aigle exprime la rapidité et la promptitude avec lesquelles les volontés de Dieu sont exécutées. L’homme est dans la plénitude de ses pouvoirs adamiques : royal, prophétique et sacerdotal. Il peut parfois se présenter comme un ange. Mais, l’homme est au-dessus des anges, car il a son libre arbitre. Il est ainsi représenté comme Ruben, dans toute son humanité, dans sa grandeur comme dans sa petitesse. Le lion couché est l’emblème de la tribu princière de Juda, de la lignée royale de David et donc du Christ. Dans le Degré de Chevalier de l’Épée, attenant à l’Arche Royale, citons le rêve de Cyrus : Dans mon rêve, j’ai vu un lion prêt à m’attaquer et à me dévorer et à quelques pas de là Nabuchodonosor et Beltshazzar se tenaient enchaînés. Ils étaient comme frappés d’admiration devant une Gloire évoquant la splendeur du mot sacré que les maçons donnent au Grand Architecte de l’Univers. Dans les cieux, apparut un aigle tenant dans ses serres un ordre : ”Rends la liberté aux captifs sinon tu perdras ton trône.” Cette association de l’aigle et du lion peut être sujet de réflexion. Le lion est le symbole de Babylone, mais aussi des Perses. La louve romaine, le coq gaulois, le léopard normand sont des restes de ces attributs.

À Babylone, comme à Persépolis, les représentations des lions, taureaux, aigles, etc… sont multiples, associant souvent celles-ci en des animaux mythiques, sphinx, griffons, licornes. Les Assyriens, grands astronomes, symbolisaient les quatre points cardinaux par quatre divinités astrales : Mardouk le taureau ailé, Nébo à figure humaine, Nergal le lion, ailé lui aussi, et Ninourta l’aigle. Les Chérubins qui gardent l’entrée du Jardin d’Éden sont parfois représentés sous forme de taureaux ailés. Les Égyptiens eux-mêmes présentent leurs dieux avec des têtes d’animaux. Si, effectivement, le lion représente la royauté; le taureau, exprimant la fertilité comme animal de sacrifice, représente le sacerdoce; l’aigle, indiquant la volonté divine, représente le prophète. Alors, ces trois animaux évoquent les dignités vers lesquelles devrait tendre l’humanité. Ainsi le tétramorphe peut être considéré, dès les anciens temps, comme la représentation d’une spiritualité universelle ou œcuménique.

Le tétramorphe ce sont les 4 créatures qui se trouvent aux 4 coins de la carte du Tarot «Le Monde». Lorsque cette carte s’interprète au plan alchimique comme la 5ème essence, la « quintessence », les créatures racontent l’intégration et la transformation des 4 énergies : du feu, de l’air, de l’eau et de la terre.

Les quatre icônes zodiacales associées aux quatre Évangiles chrétiens canoniques constituent collectivement un des plus anciens et plus compacts symboles en occultisme. Ils prennent naissance  dans les époques primitives du développement humain et trouvent leur forme la plus puissante dans le Sphinx égyptien.

Le choix de quatre évangiles canoniques semble inspiré des quatre vivants d’Ézéchiel et de l’Apocalypse. Le tétramorphe, ou les «quatre vivants», ou encore les «quatre êtres vivants», représente les quatre animaux ailés (les khayoth) tirant le char de la vision d’Ezéchiel (Ez 1, 1-14). Une analyse plus avancée est à suivre dans Petits et Grands Mystères de la Kabbale d’André Benzimra. Les séraphins apparaît dans la Bible comme ayant six ailes, deux pour voler, deux pour se voiler la face parce qu’ils sont tellement proches de Dieu qu’ils se protègent de la lumière, et deux ailes pour se couvrir les pieds pour protéger les anges qui les suivent de la lumière qu’eux-mêmes dégagent.

On les retrouve avec St Jean dans l’Apocalypse 4,7 «Et le premier animal est semblable à un lion; et le second animal, semblable à un veau; et le troisième animal a la face comme d’un homme; et le quatrième animal est semblable à un aigle volant».

Dès le IIe siècle,  Saint Irénée de Lyon a été le premier à identifier ces quatre vivants aux quatre Évangélistes ; au IVe siècle, saint Jérôme de Stridon remarque que la première page de leur texte donne la clé de l’attribution des quatre vivants à chacun des quatre évangélistes :

  • Matthieu et l’homme (l’enfant) : son évangile débute par la généalogie humaine de Jésus.
  • Marc et le lion : dans les premières lignes de son évangile, Jean-Baptiste crie dans le désert
  • Luc et le bœuf : aux premiers versets de son évangile, il fait allusion à Zacharie qui offre un sacrifice à Dieu, or dans le bestiaire traditionnel, le bœuf est signe de sacrifice.
  • Jean et l’aigle : son évangile commence par le mystère céleste.

Ces figures des Quatre Animaux, en raison de leur localisation particulière entre nef et chœur, entre ciel et terre, revêtaient sans aucun doute une forte charge symbolique dans le microcosme que constitue l’église.

Lorsqu’ils symbolisent l’histoire du salut, les quatre vivants se trouvent précisément placés dans cet ordre retenu pour le canon des Écritures.

https://youtu.be/y0qw3ndP2Mg

Le tétramorphe évoquerait les vertus de l’adoration de Dieu : de toute ton âme (aigle), de toute ta force (taureau), de tout ton cœur (lion), de tout ton esprit (homme).

Dans le tétramorphe apparaît la figuration de Jésus dans le tétragramme (יהוה).  L’aigle est le Yod, le père ; le taureau est le premier Hé, l’esprit du père, ou la mère ; le lion est le second Hé, l’esprit du fils, ou la fille ; l’enfant est le Vav, le fils. Le tétramorphe a pu représenter aussi les quatre moments essentiels de la vie du Christ.

Le tétramorphe apparaît sur the arms of most ancient & honorable fraternity of free and accepted masons tel que retenu pour Ahiman Rezon .

« Les «4 Vivants» sont les 4 grands mystères par lesquels l’Esprit s’incarne en moi, tissant mon «corps spirituel. Retiens Chevalier, que l’Homme nouveau est celui en qui s’établit la voix solaire. La base de la vie sur terre, à savoir les 4 éléments que je voyais déjà comme les 4 formes de l’expression de l’énergie divine ou autre, le Tétramorphe ou son équivalent, représente l’Information que nous recevons avec laquelle il faut se mettre en relation non pas purifications pour se nettoyer mais se mettre en état de recevoir par la présence… On doit donc transmuter ces énergies pour devenir soi, c’est à dire s’incarner, s’enraciner réellement pour se spiritualiser et trouver la lumière blanche énergie de l’amour, «l’âme aour», pour devenir enfin la synthèse, le chevalier de la lumière« . 

Au Rite Écossais Rectifié, dans les rituels de J. B. Willermoz, lors de la cérémonie de Maître écossais de Saint-André, un tableau est présenté au candidat, figurant un lion couché dans une grotte, jouant avec des instruments d’architecture sous un ciel d’orage. Cette référence au lion est donc une constante caractéristique du candidat sur le chemin de la redécouverte de la parole perdue.

Le CLIPSAS est-il en danger à Istanbul ?

Istanbul, 15 mai 2023 – Alors que le président Ivan Herrera Michel et le Bureau du CLIPSAS préparent la prochaine Assemblée Générale du 17 au 21 mai 2023, à Istanbul, des craintes se sont accumulées au sein de multiples Obédiences. Ces inquiétudes ne semblent pas trouver d’écho auprès des dirigeants du CLIPSAS, suscitant ainsi des interrogations quant à la sécurité de l’événement à venir.

La situation en Turquie est déjà tendue en raison de la présidentielle en cours. Le chef de l’État sortant, Recep Tayyip Erdogan, a remporté le premier tour du scrutin le dimanche 14 mai 2023, mais avec un score inférieur à 50% des voix. Il devra maintenant affronter Kemal Kiliçdaroglu lors d’un second tour qui se déroulera le 28 mai prochain.

Cependant, les propos tenus par certains acteurs politiques ne font qu’ajouter à l’inquiétude. Notre confrère Le Figaro rapporte les déclarations de Devlet Bahçeli, dirigeant d’extrême droite, qui a menacé Kemal Kiliçdaroglu et son alliance d’opposition en déclarant : « Une fin douloureuse les attend le 14 mai. Ces traîtres recevront soit une peine de prison à perpétuité, soit des balles dans le corps ! » (source : Le Figaro).

Face à cette montée de tensions et aux actes de violence qui ont été commis lors des élections précédentes à travers le pays, notamment à Istanbul.

On se demande quelles mesures la Grande Loge Libérale de Turquie (organisateur de l’Assemblée Générale 2023) prendra pour assurer la protection de ses membres ?

Il est crucial de se poser cette question, compte tenu de la situation actuelle.

L’historique des élections en Turquie révèle une période marquée par des manifestations et des actes de violence. Les élections passées ont été le théâtre de multiples affrontements entre les partisans de différents candidats, engendrant ainsi une atmosphère tendue et imprévisible. Istanbul, en particulier, a été le théâtre de nombreux incidents.

Il est donc primordial pour le CLIPSAS, le bureau et la Grande Loge Libérale de Turquie de prendre en compte ces éléments et d’évaluer les risques potentiels liés à l’organisation de l’Assemblée Générale à Istanbul. La sécurité des participants et la préservation des valeurs maçonniques doivent être au cœur des préoccupations.

Le CLIPSAS devrait être attentif aux craintes exprimées par les Obédiences et œuvrer activement à la mise en place de mesures de sécurité appropriées, en coopération avec les autorités compétentes et les organisations maçonniques locales. L’objectif est de garantir un environnement sûr et propice aux échanges et débats qui caractérisent l’Assemblée Générale du CLIPSAS.

Il reste à espérer que les préoccupations seront entendues et que des mesures adéquates seront prises pour assurer le bon déroulement de cet événement majeur pour la communauté maçonnique internationale. Le CLIPSAS doit être vigilant et proactif dans sa volonté de préserver la sécurité et la sérénité de ses membres

Le New Age fait son grand retour aux USA… et ailleurs

De notre confrère belge rtbf.be

À travers un documentaire intitulé « Sorcellerie New Age : les nouveaux gourous des USA », les réalisateurs Flora Desponts et Gary Grabli interrogent le retour en force des philosophies New Age aux États-Unis et mettent en évidence les dérives de celles-ci. À (re)découvrir ce dimanche 7 mai sur La Trois pour les belge (car les autres n’y ont pas accès). Pour tous, nous avons sélectionné un reportage intégral de la RTS suisse.

Face aux bouleversements écologiques, économiques et politiques auxquels l’humanité fait face ces dernières années, beaucoup cherchent un réconfort à travers la spiritualité. Livres de développement personnel, cours de yoga ou cristaux magiques : tous les moyens sont bons pour atteindre le bonheur, ce saint graal des temps modernes.

Ainsi, on a pu voir récemment une véritable résurgence du mouvement New Age. Mais cette nouvelle tendance est-elle véritablement bénéfique pour notre santé mentale ? Ou au contraire, ne fait-elle que maquiller, voire envenimer un problème plus profond ?

Les sept chakras dans la représentation du New Age.

Le New Age, c’est quoi ?

Née vers la fin des années 60, la philosophie new age est un courant de pensée occidental axé sur la spiritualité et le bien-être, dont une grande partie des principes proviennent de religions orientales et hindouistes.

Elle apparaît tandis que la société de consommation se développe, en réaction à l’industrialisation et au productivisme, et se caractérise par la recherche d’un éveil spirituel ou religieux.

Cette quête peut prendre des formes très variées, aussi le mouvement new age est-il assez difficile à définir, tant les pratiques qu’il recouvre sont nombreuses. Certains se contentent de lire des livres écrits par des psychologues pour apprendre à mieux se connaître, d’autres prennent du LSD pour explorer leur moi intérieur et rejoignent des communautés de hippies vivant à l’écart du monde extérieur.

Le 21e siècle : l’âge d’or des sorcières ?

Alors que le New Age déclinait depuis les années 80, suite aux espoirs déçus de ses adeptes, on assiste aujourd’hui à un véritable regain d’intérêt pour ce mouvement. Les festivals, séminaires et stages de méditation qui pullulent à travers les États-Unis montrent bien, en effet, quelle importance a pris le développement personnel dans notre société depuis quelques années.

Rassemblement « Rainbow Gathering » (« rassemblement arc-en-ciel »), en Bosnie en 2007.

Une résurgence d’autant plus forte à l’ère des réseaux sociaux, où on peut voir nombre d’influenceurs et influenceuses s’adonner à ces pratiques. Tirages de cartes en live, séance de spiritisme sur Youtube, tuto pour réaliser une posture de yoga en story Instagram : l’éveil spirituel est désormais un sujet comme un autre sur internet, et tend à se démocratiser chez les adolescents et jeunes adultes.

Et si certains demeurent sceptiques face aux croyances de leur youtubeur ou youtubeuse favori, dans bien des cas les discours tenus restent inoffensifs et sans danger pour la communauté de celui-ci.

L’envers du décor

D’autres cas, en revanche, sont plus préoccupants. En effet, ce nouvel âge d’or de la sorcellerie peut également donner lieu à de nouvelles arnaques, ou même à des dérives sectaires.

Ainsi, certains gourous exercent une véritable emprise sur leurs victimes afin de leur extorquer de l’argent, voire d’abuser d’eux ou de les inciter au suicide.

En 2011, le coach de développement personnel adepte de la loi de l’attraction James Arthur Ray avait par exemple été reconnu coupable d’homicide par négligence sur trois de ses adeptes. Ceux-ci avaient péri à la suite d’un exercice prescrit par leur coach, consistant à passer de nombreuses heures dans une tente de sudation sans boire…

« Sorcellerie New Age : les nouveaux gourous des USA« , à voir ce dimanche 7 mai à 21h30 sur La Trois et disponible en streaming pendant 3 mois sur Auvio.

24/05/23 : « Spiritualité et Démocratie » par Éric Vinson chez D&DF

Présidée par Perry Wiley, Dialogue et démocratie française (D&DF), association essentiellement constituée de francs-maçons, frères et sœurs de toutes obédiences et de tous grades (ce qui la différencie des fraternelles) poursuit ses diners-débat dans les salons du Sénat.

Mercredi 24 mai 2023 sera traité de l’apport de la spiritualité pour la vitalité de la démocratie. Un sujet rarement abordé ! Vous pouvez vous inscrire dès maintenant.

L’invité est Éric Vinson*, docteur en science politique, enseignant, spécialisé sur le fait religieux, la laïcité, le rapport spiritualité/politique.

Auteur de nombreux livres sur ces sujets, il vient de co-dirigé avec Claude Le Fustec, Myriam Watthee-Delmotte et Xavier Gravend-Tirole un ouvrage collectif Le spirituel : un concept opératoire en sciences humaines et sociales (Presses Universitaires de Louvain, dans coll. Religio, 2022).

Il développe l’idée qu’en tant que catégorie de l’expérience humaine, le spirituel se doit d’être pensé dans sa spécificité. Or le spirituel n’est pas tant une activité (en particulier religieuse) que la manière d’accomplir cette activité (religieuse ou non) en y attachant une quête de sens qui déborde les réponses matérialistes.

Éric Vinson, en 2022.

Après les récents échanges houleux et les invectives des représentants de la Nation, il sera intéressant d’échanger avec Éric Vinson, pour étudier comment la prise en compte d’une forme de spiritualité (à définir) permet d’élever les débats pour un dialogue constructif.

Outre votre participation au diner-débat, vous pourrez indiquer si vous souhaiter acquérir sur place le dernier livre de Monsieur Éric Vinson, qui vous le dédicacera.

Vous pourrez, aussi si vous ne l’avez pas encore fait, adhérer à notre association et ainsi de profiter des avantages qui en découlent. (Participer aux diners-débat, d’inviter des profanes amis, et participer aux groupes de réflexion sur les sujets de votre choix).

D&DF vous espère très nombreux pour cette nouvelle et belle soirée.

Dans l’attente de nous retrouver le 24 mai 2023, nous vous prions de croire à l’expression de nos sentiments sincères et dévoués.

Perry Wiley

*Éric Vinson, né le 28 janvier 1971 à Montpellier, est un enseignant, chercheur et journaliste français spécialisé sur le religieux, le spirituel et la laïcité.

Il est docteur en science politique, chercheur associé au laboratoire Groupe Sociétés, Religions, Laïcités de l’École pratique des hautes études et du Centre national de la recherche scientifique2, et a enseigné notamment à l’Institut d’études politiques de Paris, à l’université Paris-Dauphine, à l’Institut catholique de Paris et à l’Institut d’études bouddhiques.

Sa spiritualité

Éric Vinson a reçu une éducation marquée par le catholicisme (sous l’influence de sa mère, originaire du Massif Central), et par le bouddhisme tibétain (sous celle de son père, originaire de la Réunion) ; ce qui l’amena à rencontrer le 16e karmapa et Kalou Rinpoché dans son enfance.

Ses autres publications

Tulkou. Autobiographie d’un lama réincarné en Occident de Elijah Ary, préface du 14e dalaï-lama, Philippe Rey, (ISBN 2848767065 et 9782848767062)

Mandela Gandhi : la sagesse peut-elle changer le monde ?, avec Sophie Viguier-Vinson, Albin Michel, 2018.

Jaurès le prophète, Mystique et politique d’un combattant républicain, avec Sophie Viguier-Vinson, Albin Michel, 2014, prix « Humanisme » de l’Institut Maçonnique de France 2014.

Judaïsme, christianisme, islam : les textes fondateurs commentés, avec Jean Delumeau, Régis Debray, Malek Chebel, Armand Abécassis, Taillandier, 2005.

Avec ou sans Dieu, le philosophe et le théologien, avec Régis Debray et Claude Geffré, Bayard, 2006.

Les religions d’Asie : Hindouisme, bouddhisme et taoïsme : les textes fondamentaux commentés, avec Catherine Golliau, Stéphane Feuillas et Romain Graziani, Taillandier, 2006.

L’Ésotérisme : les textes fondamentaux commentés, avec Catherine Golliau, Olivier Souan et Xavier Accart, Taillandier, 2007.

Grandir avec l’engagement, avec Michel Dubost, éd. Pygmalion, 2012.

Infos pratiques : Palais du Luxembourg – Restaurant du Sénat, 15ter rue de Vaugirard – 75006 Paris

Restaurant du Sénat, peu d’avis mais noté 4/5

Mot du mois : « Jour »

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Bonjour !

Le jour ? Une évidence, tant dans la mesure du temps qui passe que dans le vocabulaire quotidien.

Il y a le jour et sa lumière fluctuante, le jour et la date qu’il marque dans le calendrier. On est di-manche, ou lun-di, mar-di, etc., la syllabe –di- étant issue du sémantisme très ancien *dei-, qui désigne l’idée de briller. Avec risques collatéraux…

La majeure partie des langues indo-européennes en donnent un avatar. *Deva  en sanskrit nomme le démon, qui peut dorer ou brûler.  *Dios en grec se trouve dans Zeus, brandissant la foudre, et Dionysos, assorti de sa folie et de son ivresse…

Le latin exprime la même idée dans le très vaste champ lexical du divin, *deus, *divus, *divinus. Ce qui concerne la divinité ou est inspiré par elle. Chez les Romains, Jupiter, *dius pater, père divin parce que lumineux,est le maître du ciel en pleine lumière. Diane, déesse elle aussi lumineuse, inspire la diane, cette sonnerie qui, à la pointe du jour, réveillera les soldats.

On encense la diva, au point de la déifier, la révérer comme une déesse. Le devin est celui qui devine, au travers de la divination, les intentions cachées des dieux.

Et la richesse, parce qu’elle est accordée par les dieux, se nomme *divitiae, au pluriel.

*Dies, c’est le jour en pleine lumière diurne, à midi, la pause méridienne, en regard de la nuit. C’est l’évolution phonétique du mot diurne qui contribue à la formation du jour. La journée désigne ensuite l’espace de temps dans sa durée, le quotidien, aujourd’hui, puis une durée illimitée, toujours, sans précision. On ajourne à une triade (3), une ennéade (9) ou une décade (10) la rencontre prévue. Diariste, on écrit son journal intime.

Le jour est la référence triviale, pourrait-on dire, profane. Mais on ne saurait l’écarter de sa contingence initiale, qui ressortit au divin. Même dans des sociétés qui se considéreraient débarrassées, à tort, de ce lien.

Dieu ? Vaste programme ! Objet de toutes les préoccupations, de toutes les conjectures polythéistes, monothéistes, païennes, athées, etc. On en prononce le mot à tout propos, en le déformant pour ne pas être sacrilège. Pardi, morbleu, parbleu, sacrebleu, par la mort de Dieu, sacré Dieu. Palsembleu, par le sang de Dieu, le juron animait l’ordinaire langagier des aristocrates et fomentait l’image d’un sang noble qui serait bleu. D’où la stupéfaction de bon nombre de gens du peuple, qui découvrirent, devant leurs têtes coupées sur l’échafaud, que le rouge sanguin se moquait des subtilités hiérarchiques !

Impossible de séparer l’idée du divin de celle de la création, de l’immortalité, de l’éternité. Est immortel celui qui n’a plus à mesurer le temps à partir du jour de sa naissance, éternel celui dont le temps n’a ni commencement ni fin. Et la grande question a toujours été de décider du commencement des choses. Premier jour ou première nuit ? La Genèse pose la première nuit comme prélude au déroulement du temps. Les Physiciens philosophes du monde antique font émerger le monde progressivement organisé de la séparation entre la lumière et l’obscurité. Les Gaulois comptent en nuits et non pas en jours, contrairement aux sociétés plus contemporaines.

Si intrigante, voire inquiétante est l’impalpabilité du temps, dépassé à peine est-il vécu, vers un futur indécidable. Tant qu’à faire, on préfère le vivre en pleine lumière, se bercer de l’illusion fallacieuse qu’au moins on le voit passer. Et on noie dans des flots de lumière artificielle cette ténèbre dangereuse.

Ainsi, la fée électricité fut longtemps interdite dans les monastères, même après sa banalisation, car elle contrevenait à l’alternance régulière du jour et de la nuit, qui réglait les travaux journaliers. Au même titre, d’ailleurs, que le chauffage central qui rompait le rythme des saisons.

Ecoutons donc la sagesse du proverbe sanskrit :

 » Hier n’est qu’un rêve et demain une vision. Mais, bien vécu, l’aujourd’hui fait de chaque hier un rêve de bonheur et de chaque demain, une vision d’espoir. Prends donc bien soin d’aujourd’hui. »

Annick DROGOU

Il fait jour. Petit jour, c’est le jour naissant, le jour qui se lève, associé à tous les commencements, à toute la création. Depuis ce premier temps où tu es venu au jour. C’est aussi parfois dans ta vie le grand jour, ce “jour J“ qui te marque et transforme ta vie. Le jour comme révélation de la lumière dans sa pureté originelle. N’est-ce pas cela voir le jour, venir au monde et naître à toute lumière. Comme la vérité percée à jour, de celle qui se fait jour.

Le jour toujours recommencé est le temps où nous pouvons œuvrer. Mais depuis l’apparition de la fée (sorcière ?) électricité tout a changé, la nuit a disparu, le temps de l’ouvrage et du travail s’est allongé. Artificiellement. Tous nos rythmes de vie millénaires en ont été bouleversés. La nuit était le temps du silence comme le jour celui de la parole. Désormais, nous ne sommes que dans le temps permanent du bruit. Silence perdu, parole perdue, quand il nous faudrait savoir nous orienter vers le jour naissant, là où paraît la grande lumière.

Pas d’opposition entre le jour et la nuit, rien de contraire, seulement une succession toujours recommencée, le rythme fondamental, la respiration universelle. Où est le vide, où est le plein ? Le jour comme le vide dans la broderie, la dentelle qui laisse passer la lumière, jour de Calais ou d’ailleurs. Plénitude de lumière.

Oublie le jour comme unité de temps de 24 heures. Ce n’est qu’un artifice, une convention, un calcul certes précis et utile, mais qui ne te fera jamais vibrer dans la réalité de la lumière. Le jour n’est pas le temps qui s’écoule, c’est toujours le temps de la rencontre, de la vie toujours renouvelée. Belle comme le jour. Ne crains rien, sois patient, confiant. Demain, il fera jour et, qui sait, un jour peut-être….

Jean DUMONTEIL