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La franc-maçonnerie et les Illuminati

De notre confrère thesquaremagazine.com

La franc-maçonnerie et les Illuminati sont deux sociétés distinctes qui ont capturé l’imagination du public pendant des siècles. Les deux organisations ont fait l’objet de nombreuses théories du complot, de nombreuses personnes pensant qu’elles font partie d’une cabale obscure qui contrôle les événements mondiaux.

Mais quelle est la vérité derrière ces groupes ? Sont-ils réels ou ne sont-ils que des mythes et des légendes ? Dans cet article, nous allons explorer l’histoire de la franc-maçonnerie et des Illuminati, et séparer les faits de la fiction.

L’histoire de la franc-maçonnerie

La franc-maçonnerie est une organisation fraternelle qui existe depuis des siècles. Ses origines sont entourées de mystère, mais la plupart des historiens s’accordent à dire qu’elle est apparue à la fin du XVIe ou au début du XVIIe siècle. L’organisation est basée sur les principes de fraternité, de charité et de vérité, et ses membres sont connus sous le nom de francs-maçons.

Les premiers maçons étaient des artisans qui travaillaient la pierre, tels que des tailleurs de pierre, des architectes et des ingénieurs. Ils ont formé des guildes ou des groupes pour partager leurs connaissances et leurs compétences et pour réglementer leur commerce. Au fur et à mesure que l’organisation grandissait, elle élargissait ses effectifs pour inclure des non-artisans et elle devenait une société sociale et philanthropique.

Aujourd’hui, la franc-maçonnerie est une organisation mondiale avec des millions de membres. Ses loges se trouvent dans presque tous les pays du monde et ses membres comprennent des personnes de tous horizons, y compris des politiciens, des célébrités et des chefs d’entreprise.

Les origines des Illuminati

Les Illuminati ont été fondés en Bavière, en Allemagne, en mai 1776. Son fondateur, Adam Weishaupt, qui était professeur de droit canonique à l’Université d’Ingolstadt. Weishaupt était un ardent critique de l’Église catholique et du gouvernement bavarois au pouvoir, et il croyait que les sociétés secrètes étaient la clé pour renverser ces institutions.

JOHANN ADAM WEISHAUPT A FONDÉ LES « ILLUMINATI » EN 1776, DANS L’ÉLECTORAT DE BAVIÈRE. INITIALEMENT, L’ILLUMINATION A ÉTÉ DÉSIGNÉE POUR UN GROUPE D’INDIVIDUS EXCEPTIONNELS ET ÉCLAIRÉS DANS LA SOCIÉTÉ. EN EFFET, LE MOT A ÉTÉ ADAPTÉ D’UNE RACINE LATINE, ILUMINATUS, QUI SE TRADUIT DIRECTEMENT PAR « ÉCLAIRÉ ».
IMAGE LIÉE : WIKIMEDIA ATTRIBUTION 4.0 INTERNATIONAL (CC BY 4.0)

Les objectifs des Illuminati étaient ambitieux. Weishaupt voulait créer une société exempte de religion et de superstition, basée sur la raison et la science. Il croyait que les Illuminati pourraient aider à créer un nouvel ordre mondial, dans lequel les dirigeants seraient éclairés et le peuple serait libre.

Les Illuminati ont d’abord réussi à attirer des membres, et ils sont rapidement devenus une organisation puissante. Ses membres comprenaient d’éminents politiciens, écrivains et scientifiques, et il avait des succursales dans plusieurs pays européens. Cependant, le succès des Illuminati fut de courte durée. En 1784, le gouvernement bavarois découvre l’existence de l’organisation et celle-ci est interdite.

La franc-maçonnerie et les Illuminati : connexions et différences

LES ILLUMINATI – TEMPLE SECRET
CRÉDIT D’IMAGE : LA COLLECTION NUMÉRIQUE DU MAGAZINE SQUARE

Les liens entre la franc-maçonnerie et les Illuminati font l’objet de nombreux débats. Certains théoriciens du complot pensent que les Illuminati ont infiltré la franc-maçonnerie et que les deux organisations font partie d’un complot plus large visant à contrôler les événements mondiaux. Cependant, il y a peu ou pas de preuves pour étayer ces affirmations.

Bien qu’il y ait eu un certain chevauchement entre les deux organisations dans le passé, la franc-maçonnerie et les Illuminati sont fondamentalement différents.

La franc-maçonnerie est une organisation fraternelle basée sur les principes de fraternité, de charité et de vérité. Ses membres sont connus sous le nom de francs-maçons et ils ont juré de garder le secret sur leurs activités.

Les Illuminati, d’autre part, étaient une société secrète qui se consacrait au renversement de la classe dirigeante et à l’établissement d’un nouvel ordre mondial. Ses membres étaient connus sous le nom d’Illuminati et ils ont juré de garder le secret sur leurs activités. Les objectifs des Illuminati étaient bien plus ambitieux que ceux de la franc-maçonnerie, et ses méthodes étaient bien plus radicales.

Les théories du complot Illuminati

LES ILLUMINATI – TEMPLE SECRET
CRÉDIT D’IMAGE : LA COLLECTION NUMÉRIQUE DU MAGAZINE SQUARE

Malgré le manque de preuves liant la franc-maçonnerie et les Illuminati, les deux organisations ont fait l’objet de nombreuses théories du complot. Beaucoup de gens croient que les Illuminati existent toujours et qu’ils contrôlent secrètement les événements mondiaux.

L’une des théories du complot Illuminati les plus populaires est que l’organisation était responsable de la Révolution française. Selon cette théorie, les Illuminati ont infiltré les francs-maçons en France et ont utilisé leur influence pour fomenter la révolution.

Les Illuminati auraient voulu créer le chaos en Europe, afin qu’ils puissent prendre le relais et établir leur nouvel ordre mondial.

Il y a peu de preuves pour soutenir cette théorie, cependant. Alors que certains révolutionnaires français ont pu être influencés par les idées des Illuminati, la révolution a été principalement motivée par des facteurs politiques et économiques, et non par des sociétés secrètes.

Une autre théorie du complot Illuminati populaire est que l’organisation était responsable de l’assassinat du président John F. Kennedy. Selon cette théorie, les Illuminati voulaient empêcher Kennedy d’interférer avec leurs plans de domination mondiale. La théorie est basée sur un certain nombre de symboles supposés et de connexions qui relient l’assassinat de Kennedy aux Illuminati.

Encore une fois, il y a peu de preuves pour soutenir cette théorie. Bien qu’il soit possible que l’assassinat de Kennedy fasse partie d’un complot plus vaste, il n’y a aucune preuve concluante que les Illuminati étaient impliqués.

La franc-maçonnerie moderne et les Illuminati

Aujourd’hui, la franc-maçonnerie et les Illuminati sont des organisations très différentes de ce qu’elles étaient dans le passé. La franc-maçonnerie est une organisation légale et reconnue, et ses membres sont ouverts quant à leur adhésion.

L’organisation est devenue une société sociale et philanthropique, et ses membres travaillent pour soutenir des causes caritatives et promouvoir le bien-être social.

Les Illuminati, d’autre part, sont une organisation largement disparue. Bien qu’il existe encore des groupes qui prétendent être les Illuminati, rien ne prouve qu’ils soient liés à l’organisation d’origine. Les objectifs de domination mondiale et d’établissement d’un nouvel ordre mondial des Illuminati sont largement considérés comme irréalistes et déconnectés de la réalité moderne.

Conclusion

LES ILLUMINATI – TEMPLE SECRET
CRÉDIT D’IMAGE : LA COLLECTION NUMÉRIQUE DU MAGAZINE SQUARE

La franc-maçonnerie et les Illuminati sont deux sociétés complètement distinctes qui ont capturé l’imagination du public pendant des siècles. Alors que les deux organisations ont fait l’objet de nombreuses théories du complot, il n’y a aucune preuve pour étayer les affirmations selon lesquelles elles font partie d’un complot plus large visant à contrôler les événements mondiaux.

La franc-maçonnerie est une organisation fraternelle basée sur les principes de fraternité, de charité et de vérité. L’organisation est devenue une société sociale et philanthropique, et ses membres travaillent pour soutenir des causes caritatives et promouvoir le bien-être social.

Les Illuminati, d’autre part, étaient une société secrète qui se consacrait au renversement de la classe dirigeante et à l’établissement d’un nouvel ordre mondial. Alors que l’organisation a réussi à attirer des membres dans le passé, elle a finalement été interdite par le gouvernement bavarois.

Bien que l’histoire de la franc-maçonnerie et des Illuminati soit fascinante, il est important de séparer les faits de la fiction. Les organisations sont fondamentalement différentes et il y a peu de preuves pour étayer les affirmations des théoriciens du complot.

LES ILLUMINATI – TEMPLE SECRET
CRÉDIT D’IMAGE : LA COLLECTION NUMÉRIQUE DU MAGAZINE SQUARE

LES ILLUMINATI BAVAROIS :
L’ASCENSION ET LA CHUTE DE LA SOCIÉTÉ LA PLUS SECRÈTE DU MONDE

By: René Le Forestier (Author), Jon E. Graham (Translator)

L’histoire définitive de l’Ordre bavarois des Illuminati et de son fondateur, Adam Weishaupt

• Détaille l’ascension et la chute de cet ordre célèbre et infâme, y compris sa pénétration de la société bavaroise et sa destruction par le gouvernement bavarois

• Explique les grades, les rituels, les cérémonies et les philosophies fondamentales des Illuminati bavarois et examine les dirigeants de l’Ordre

• Contient le seul enregistrement survivant de documents qui ont été détruits pendant les deux guerres mondiales

L’Ordre bavarois des Illuminati est la société secrète la plus célèbre au monde. Bien qu’ils ne durent officiellement que 11 ans, le puissant sortilège et l’ombre jetés par les Illuminati se profilent encore de nos jours, où son influence peut être vue dans les croyances actuelles en matière de complot et les actions d’individus puissants travaillant dans l’ombre.

L’ordre original des Illuminati a été fondé par le professeur bavarois Adam Weishaupt en 1776. Bien que l’ordre ait été interdit et renversé par l’électeur bavarois en 1787, lorsqu’il a pris conscience de l’étendue de son infiltration dans les tribunaux, les écoles et ses propre administration – sa légende et sa profonde influence perdurent encore aujourd’hui.

Retraçant l’ascension et la chute de cet ordre infâme, ce livre – publié pour la première fois en français en 1915 et jamais disponible en anglais auparavant – reste l’histoire définitive de l’Ordre des Illuminati bavarois.

Il offre également un regard révélateur sur le monde qui l’a engendré et façonné : un ferment incessant d’idées révolutionnaires et occultes et les tentatives incessantes de la couronne et de l’église pour les supprimer.

Parmi les autres sociétés secrètes qui ont partagé la scène avec les Illuminati au cours de ces années, citons la Stricte Observance des Templiers, la franc-maçonnerie templière de von Hund et d’autres loges maçonniques que les Illuminati visaient à subvertir à leurs propres fins.

De nombreux documents que l’auteur a consultés pour la rédaction de ce livre ont été détruits pendant les deux guerres mondiales, faisant de ce livre le seul enregistrement survivant de nombreux secrets de l’ordre.

L’auteur explique les grades, les rituels et les cérémonies des Illuminati bavarois ainsi que leurs philosophies fondamentales.

Il peint des portraits saisissants des dirigeants de l’ordre, dont Weishaupt, le baron Knigge et Xavier von Zwack. Il révèle comment Weishaupt a décidé très tôt de renverser la Loge Franc-Maçonne Allemande existante comme un raccourci pour gagner l’hégémonie ésotérique sur le monde occulte, tout cela afin d’étendre l’influence des Illuminati dans la société en général et le gouvernement.

L’auteur fournit également de nombreux détails sur la destruction éventuelle de l’ordre par le gouvernement bavarois.

En plus de sa révélation des secrets peu connus de l’Ordre Illuminati, l’auteur jette également un nouvel éclairage sur une grande partie de la vie occulte de cette époque, y compris les activités de personnages tels que Cagliostro et Mirabeau et d’autres groupes actifs tels que les chapitres francs-maçons, les Rose-Croix et les Martinistes.

LES ILLUMINATI BAVAROIS EN AMÉRIQUE : LA PEUR DU COMPLOT DE LA NOUVELLE-ANGLETERRE, 1798

Par : de Vernon Stauffer (Auteur)

Une théorie du complot a prospéré en Nouvelle-Angleterre en 1798, détruisant des réputations et des vies, mais peu ont jamais entendu l’histoire. Ce livre captivant relate la montée de l’Ordre bavarois des illuministes, examinant l’atmosphère politique, sociale et religieuse tumultueuse qui a permis à l’organisation de prendre racine aux États-Unis.

L’auteur Vernon Stauffer caractérise l’ambiance en Nouvelle-Angleterre après la guerre d’indépendance, une atmosphère de désaffection religieuse et de confusion politique qui a favorisé le développement et la propagation de la panique et de l’hystérie.

Stauffer retrace les débuts européens de l’Ordre bavarois des Illuministes et la transmission de sa légende outre-Atlantique, culminant dans les effets de l’agitation Illuminati en Nouvelle-Angleterre.

Ce récit strictement factuel n’incorpore aucune conjecture et est enrichi de nombreuses notes de bas de page. Ouvrage convaincant sur l’histoire oubliée, c’est une ressource essentielle pour les lecteurs intéressés par les origines de la théorie du complot dans la pensée sociale et politique américaine.

ILLUMINÉ

ILLUMINATED expose la vérité derrière la société secrète la plus controversée au monde, les Illuminati. Écrit et réalisé par Johnny Royal (« 33 ans et au-delà »), ILLUMINATED révèle les origines, les documents, les rituels et les cérémonies de diplômes des Illuminati, jamais vus auparavant par le public.

le Grand Orient de France s’expose à Maurice

De notre confrère defimedia.info – Par Patrick Hilbert et Marjoreland Pothiah

Plus ancienne obédience maçonnique française, le Grand Orient de France, qui a vu le jour sous cette appellation en 1773 et qui fête donc ses 250 ans, a fait l’objet d’une exposition il y a deux semaines, au Caudan Arts Centre, à Port-Louis. Il s’agissait notamment de faire découvrir la franc-maçonnerie à ceux qui n’en ont qu’une vague idée ou qui souhaitent en savoir davantage, mais aussi d’évoquer son ancrage à Maurice.

Le célèbre corsaire français Robert Surcouf a été initié à la Loge La Triple Espérance, le 22 mai 1776.
Le célèbre corsaire français Robert Surcouf a été initié à la Loge La Triple Espérance, le 22 mai 1776.

« Le Grand Orient de France accorde des patentes à des loges dans plusieurs pays. Maurice, qui se trouvent dans la région 3, compte huit loges du Grand Orient de France, contre une vingtaine à La Réunion. Les membres se rencontrent en principe deux fois par mois », explique un responsable de l’exposition.

La première loge de cette obédience à avoir opéré à Maurice est La Triple Esperance qui a été créée en 1776. Celle-ci est la plus ancienne de la région. À Maurice, l’on compte environ 1 200 francs-maçons, dont approximativement 250 sont membres des loges affiliées au Grand Orient de France.

L’ancien Premier ministre, sir Seewoosagur Ramgoolam a été initié le 5 janvier 1938 à la Loge La Bienfaisance, du Grand Orient de France. En 1975, il s’affilia à la Loge Mozart, à L’Orient de Paris. Le 1er avril 1976, il s’affilia à la Loge La Triple Espérance. Une loge du Grand Orient de France porte son nom.
L’ancien Premier ministre, sir Seewoosagur Ramgoolam a été initié le 5 janvier 1938 à la Loge La Bienfaisance, du Grand Orient de France. En 1975, il s’affilia à la Loge Mozart, à L’Orient de Paris. Le 1er avril 1976, il s’affilia à la Loge La Triple Espérance. Une loge du Grand Orient de France porte son nom.

Samedi, lors d’une conférence publique à laquelle ont assisté environ 250 personnes, Jacques Helary, Grand Maître Adjoint Maçonnisme et Juridiction du Grand Orient de France, et Pierre Mollier, Historien et Conservateur du Musée de la franc-maçonnerie, ont pris la parole.

Vue d’intérieur du Temple de La Triple Esperance durant les années 1900, situé à la rue La Corderie à Port-Louis

De la culture de Vinča à la franc-maçonnerie

De notre confrère thesquaremagazine.com – Par Alex Lishanin

Le lien surprenant entre les techniques de construction anciennes et la philosophie maçonnique moderne.

De temps en temps, nous rencontrions tous un mot que nous n’avions pas entendu depuis longtemps. Récemment, j’ai regardé un documentaire où un vieux mot serbe était utilisé. Le mot « shestarenye » ​​(en caractères latins serbes : šestarenje et en cyrillique serbe : шестарење) se traduit par « encercler » ou « circumnavigation » en anglais. Bien que le mot disparaisse de l’usage courant, il est encore parfois entendu dans la conversation.

Par exemple, on dit parfois qu’un aigle volant haut dans le ciel et faisant des cercles fait « shestarenye », comme le ferait un lutteur libre faisant le tour du monde avec son corps tout en gardant la tête fermement centrée sur le sol.

La forme nominale « shestarenye » ​​se traduit littéralement en anglais par « un sixing ».

La racine du mot « shestarenye » ​​est « shest », qui se traduit par « six » en anglais. Cela devient significatif lorsque nous examinons la signification de « shestar », le mot serbe pour compas.

« Shestar » a aussi ses racines dans « shest », et il se traduit par « un sixer » en anglais (quelque chose qui exécute ou fait six).

Cela soulève la question de savoir comment la langue serbe en est venue à utiliser « sixer » pour décrire un instrument comme des boussoles qui sont utilisées pour dessiner des cercles.

Compas
CRÉDIT IMAGE : ALEX LISHANIN

Pour découvrir la réponse, nous devons revenir 7 500 ans en arrière à l’ère néolithique et à l’aube de la culture Vincha (Vinča – Винча), une civilisation concentrée autour du Danube qui s’est répandue dans la Serbie d’aujourd’hui.

La culture Vincha, qui a succédé à son prédécesseur, la culture Starchevo (Starčevo – Старчево), est considérée comme la première et la plus ancienne civilisation urbaine d’Europe, datant de 5500 avant notre ère.

Les premières colonies de Vincha, à la fois rurales et urbaines, étaient caractérisées par des maisons à fosse circulaire et des maisons à plancher en contrebas.

Les raisons pour lesquelles la culture Vincha a choisi de construire des maisons de forme circulaire font toujours l’objet de débats.

Certaines théories suggèrent que la forme circulaire représentait la nature cyclique de la vie, tandis que d’autres proposent qu’il s’agissait d’une forme plus facile à construire ou qui offrait une meilleure ventilation et isolation.

Il peut s’agir simplement d’une question de préférence culturelle et de la valeur accordée aux qualités esthétiques et symboliques.

Dans tous les cas, il est clair que l’utilisation des formes circulaires par la culture Vincha a influencé la langue serbe et a conduit à l’utilisation de « shestar » et « shestarenye » en serbe moderne.

Les habitants de Vincha étaient habiles à construire des maisons circulaires à fosse et à plancher creux, ce qui suggère qu’ils avaient une bonne compréhension des formes et des mesures circulaires.

Leur maîtrise de la géométrie peut également être vue dans les motifs trouvés sur leurs poteries et autres artefacts.

La connaissance des relations mathématiques entre le diamètre et la circonférence des cercles était essentielle à la construction de telles maisons.

L’un des éléments de preuve les plus importants de leur compréhension de ces mesures et calculs mathématiques est l’outil connu sous le nom de « sixer » (boussoles) et l’activité connue sous le nom de « sixing » (contournement et utilisation du diamètre du cercle pour diviser le cercle en son égal). pièces), qui à leur époque n’étaient rien de plus que deux bâtons et un bout de ficelle.

À GAUCHE : FAIRE UN CERCLE (L’AUTEUR UTILISE DES BÂTONS ET UNE CORDE – LES COMPAS ORIGINAUX)
À DROITE : DIVISER LE CERCLE
CRÉDIT IMAGE : ALEX LISHANIN

Avec l’avancement de leur civilisation, la culture Vincha a vu l’émergence de maisons de forme trapézoïdale, qui ont été construites dans diverses colonies et se caractérisaient par une urbanisation, un commerce et un développement technologique accrus, y compris l’utilisation de la métallurgie du cuivre.

Lepenski Vir est l’une des célèbres colonies qui se sont chevauchées de Starchevo à la culture Vincha. La société Vincha était harmonieuse et a existé pendant une longue période de paix, car il n’y avait pas de fortifications ou de mécanisme de défense autour de leurs colonies.

Ils étaient basés sur des principes égalitaires où les membres étaient traités de manière égale. Cependant, les développements sociaux, commerciaux et technologiques ont apporté une nouvelle compréhension de la propriété, qui a conduit à un changement croissant de l’égalitarisme vers des concepts de propriété et de contrôle.

Les maisons de forme trapézoïdale construites dans les zones urbaines représentaient le lien avec le monde naturel.

La fonctionnalité suggérée des maisons de forme trapézoïdale était liée à l’organisation sociale et à la construction communautaire.

La standardisation de la taille et de la forme des maisons a permis une utilisation plus organisée et efficace de l’espace, ce qui a facilité les conditions de vie et les interactions sociales.

L’uniformité des maisons renforçait les normes sociales et les valeurs partagées au sein de la communauté. Les maisons de forme trapézoïdale de la culture Vincha avaient de multiples fonctions symboliques et pratiques qui contribuaient à l’organisation et à l’harmonie globales de la société en préservant les idées et les valeurs égalitaires.

SITE ARCHÉOLOGIQUE DE LEPENSKI VIR
CRÉDIT IMAGE : M. AZDEJKOVIC

Selon le Dr Dragoslav Srejović, professeur agrégé d’archéologie à l’Université de Belgrade, les maisons de forme trapézoïdale trouvées dans la culture Vincha étaient des segments découpés dans un cercle, en particulier un sixième de cercle.

Dans son article « Lepenski Vir, la première colonie planifiée en Europe » (Source : Ekistiks, novembre 1974, vol. 38, n° 228) ; Le Dr Srejović décrit les fondations de toutes les maisons de la colonie de Lepenski Vir comme formant « le secteur d’un cercle avec un angle sous-tendu de 60⁰ ».

Il va expliquer que cette forme peut être établie en utilisant uniquement un système de triangulation, et que le triangle isocèle est perceptible dans les fondations de toutes les maisons qui ont été découvertes.

À GAUCHE : PHOTOGRAPHIE D’UN PLAN DE MAISON MONTRANT LA DISPOSITION DES OBJETS DR SREJOVIC
À DROITE : PRÉSENTATION SCHÉMATIQUE D’UNE MAISON TYPIQUE DR SREJOVIC
CRÉDIT IMAGE : EKISTIKS, NOVEMBRE 1974, VOL. 38, N° 228

Le Dr Srejović explique en outre que « pour des raisons pratiques, la pointe du triangle à l’arrière de la maison est coupée et la façade de la maison est toujours prolongée par un arc.

Ces modifications n’ont pas été effectuées de manière arbitraire. L’arrière a été raccourci d’exactement un quart de la hauteur d’un triangle primaire, et la façade s’est prolongée en dessinant un arc à partir du sommet arrière avec un rayon égal à la traverse de la façade.

Il note que les supports des étais principaux de la structure du toit ont été placés de sorte que si des lignes les reliant étaient tracées, un triangle isocèle serait également formé.

Le point central de ce triangle interne coïncide avec le point central du triangle d’origine, de sorte que la fondation de la maison peut être considérée comme une zone tétraédrique développée avec un triangle tronqué à l’arrière.

Cette découverte met en lumière les connaissances avancées en géométrie possédées par le peuple Vincha, ainsi que leur habileté à utiliser ces connaissances pour construire leurs maisons.

En plus des merveilles architecturales fascinantes des colonies de Vincha, une autre découverte intrigante a été faite dans leurs pratiques funéraires.

Les archéologues ont mis au jour des sépultures où les défunts ont été retrouvés assis, les jambes croisées, ce qui a conduit les experts à suggérer que cela avait une signification importante pour les peuples de cette culture ancienne.

Certains ont émis l’hypothèse que la position assise aurait pu être un symbole de renaissance ou de renouveau, représentant un nouveau départ pour l’âme dans l’au-delà.

De plus, l’incorporation de la forme humaine dans la conception des bâtiments, comme suggéré par le Dr Srejović, met davantage en évidence la nature complexe et réfléchie de leur architecture.

SITE ARCHÉOLOGIQUE DE LEPENSKI VIR, SQUELETTE EN POSITION JAMBES CROISÉES.
CRÉDIT IMAGE : M. AZDEJKOVIC
GAUCHE : SQUELETTE EN POSITION JAMBES CROISÉES DR SREJOVIC
DROITE : PRÉSENTATION SCHÉMATIQUE D’UNE MAISON TYPIQUE DR SREJOVIC
CRÉDIT IMAGE : EKISTIKS, NOVEMBRE 1974, VOL. 38, N° 228

Il est fascinant de voir comment les peuples de la culture Vincha ont utilisé leurs connaissances en géométrie pour construire leurs maisons circulaires et trapézoïdales.

L’utilisation de cercles et de triangles dans leur architecture révèle une profonde compréhension des principes mathématiques et une appréciation du monde naturel.

Cette connaissance de la géométrie a été transmise à travers l’histoire et elle est encore utilisée aujourd’hui dans le domaine de la taille de pierre.

De plus, les principes de géométrie et de symbolisme dans l’architecture de la culture Vincha peuvent également être attribués à la franc-maçonnerie.

À GAUCHE : FAIRE UN TRIANGLE (L’AUTEUR UTILISE DES BÂTONS ET UNE CORDE)
À DROITE : TRIANGLE ÉQUILATÉRAL – BASE POUR LES FONDATIONS DE LA MAISON
CRÉDIT IMAGE : ALEX LISHANIN

L’utilisation de cercles, de triangles et d’autres formes dans l’architecture et la maçonnerie, ainsi que leur incorporation dans les enseignements de la franc-maçonnerie, souligne l’importance durable de la géométrie et du symbolisme dans la culture humaine.

Ces principes continuent de nous inspirer à ce jour, nous rappelant la puissance du monde naturel et l’héritage durable des connaissances et de la sagesse anciennes.

De plus, la vision égalitaire du peuple Vincha se reflète également dans la franc-maçonnerie. La croyance de la franc-maçonnerie en l’égalité de tous les hommes, quel que soit leur statut social, est évidente dans ses pratiques et ses symboles.

Le triangle équilatéral représente l’équilibre, l’harmonie et la stabilité, ainsi que les trois principes fondamentaux de la franc-maçonnerie : l’amour fraternel, le soulagement et la vérité. Ces valeurs font partie intégrante de la franc-maçonnerie, et le triangle rappelle l’importance de les respecter.

De plus, les trois degrés d’initiation à la franc-maçonnerie, qui sont représentés par le triangle équilatéral, mettent l’accent sur l’idée de croissance et d’amélioration continues.

L’héritage durable de l’utilisation par la culture Vincha du triangle équilatéral pour leurs maisons de forme trapézoïdale témoigne de l’importance durable des formes géométriques de la nature dans la société humaine.

En conclusion, l’utilisation de cercles et de triangles dans la construction a une riche histoire qui remonte à des milliers d’années, de la conception innovante des maisons de forme trapézoïdale dans la culture Vincha à l’incorporation de ces formes dans l’architecture et le symbolisme de la taille de pierre et franc-maçonnerie.

Il est fascinant de voir comment ces concepts anciens résonnent encore en nous aujourd’hui, nous rappelant l’ingéniosité et la créativité de nos ancêtres.

AIGLE ENCERCLANT LE CIEL
CRÉDIT IMAGE : ALEX LISHANIN

Maintenant, chaque fois que je regarde dans le ciel et que je vois un aigle tourner en rond, je me souviens du mot « shestarenye » ​​qui me ramène dans le temps près de 8 millénaires lorsque nos ancêtres, les premiers constructeurs d’Europe, utilisaient un simple bâton et une corde pour concevoir des maisons complexes. en utilisant la connaissance des méthodes géométriques connues sous le nom de « sixing » ou division d’un cercle en ses six parties triangulaires égales.

C’est un témoignage de la sagesse et de la beauté intemporelles de ces formes, et du désir humain de comprendre et de créer de la beauté dans le monde qui nous entoure.

M. Mecanik et les templiers : un film d’aventure à la “Indiana Jones” à découvrir en famille sur Netflix

Quoi de plus fédérateur qu’un bon film d’aventure pour bien commencer les vacances d’été en famille ? Avec M. Mecanik et les templiers, nouveau né Netflix, petits et grands pourront se lancer dans une incroyable chasse aux trésors qui n’est pas sans nous évoquer les périples d’Harrison Ford dans Indiana Jones, les frasques et gadgets d’un certain agent 007 dans James Bond ou encore les recherches de Tom Hanks dans Da Vinci Code. Car oui, avec cette fiction tout droit venue de Pologne, les mystères ne demandent qu’une chose : être exposés au grand jour. 

UNE CHASSE AU TRÉSOR CAPTIVANTE

Adapté du roman éponyme de Zbigniew Nienacki, ce film vous happera grâce à son sujet qui passionne toujours autant : les Templiers et ses multiples secrets mais aussi grâce à son style vintage très 70’s.  Fidèle au récit original, le synopsis de M. Mecanik et les templiers se lit comme suit :

Ayant trouvé une ancienne croix de templier, un spécialiste de l’histoire de l’art doit faire équipe avec un improbable groupe d’aventuriers pour percer les secrets de la relique.

Côté distribution, outre le personnage principal interprété par Mateusz Janicki, les amateurs de productions polonaises reconnaîtront sans doute des visages familiers de la plateforme au N rouge comme Sandra Drzymalska (Sexify), Jacek Beler (Le Fléau de Breslau), Maria Debska ou Anna Dymna (La Crue).

QUAND SORTIRA “M. MECANIK ET LES TEMPLIERS” SUR NETFLIX ? 

Ce long métrage d’1h50 min réalisé par Antoni Nykowski est disponible en exclusivité sur Netflix depuis le mercredi 12 juillet 2023. A ce jour, le film remporte un franc succès et se classe à la cinquième place du classement des films les plus populaires de la plateforme de streaming

https://youtu.be/JtBGQZvhno4

Lieu symbolique : Paris, ses quais et ses bouquinistes !

Paris « Ville Lumière » – sans doute reviendrons-nous en son temps sur l’origine de ce surnom –, ses quais, nous invitant à de si belles ballades romantiques – du pont Alexandre III à celui de Bercy – et ses bouquinistes… inscrits au patrimoine culturel immatériel français.

Les bouquinistes et Paris, histoire d’Amour en capitales

Lettre par lettre, mot par mot, remontez le fil de l’histoire des bouquinistes et de la plus grande librairie à ciel ouvert de Paris. Et puis partez à leur rencontre sur les quais : passion et expertise seront au rendez-vous. À ce jour, tous les emplacements ont été attribués.

Bouquiniste, milieu XIXe siècle.

Vous avez dit bouquin ?

À l’origine des bouquinistes, il y a le mot bouquin, forme familière de livre. Imprimé pour la première fois en 1459, il est nommé alors « boucquain » et devient « bouquin » vers la fin du XVIe siècle. Il est issu du mot flamand « boeckin » signifiant petit livre (au sens de livre de peu de valeur ou peu estimé), dérivé lui-même du moyen néerlandais médiéval « boek » : livre.

La première apparition du terme « bouquiniste » est relevée dans le Dictionnaire de Trévoux en 1752, avec cette définition : « Qui se dit des vendeurs de vieux livres, de bouquins. » L’exercice de la profession est alors majoritairement masculin. Mais le terme « bouquiniste » apparaît sous les deux genres dans la 8e édition du dictionnaire de l’Académie française, en 1932.

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Le bouquiniste et l’« ouvre-boîte »

Le bouquiniste est bien plus qu’un « ouvre-boite », terme qui dans leur jargon désigne les salariés des bouquinistes qui ne sont pas vraiment du métier. Néanmoins, la boîte, si caractéristique de la profession, est au cœur du métier et a évolué au fil du temps. Les boîtes actuelles sont officialisées en 1891, lorsqu’un arrêté municipal autorise les bouquinistes à laisser leur marchandise la nuit sur le lieu de vente qui leur est concédé. Jusque-là, les livres étaient proposés dans de petites caisses en bois manipulables facilement.

Vers 1900, il est requis que les boîtes doivent toutes être de la même couleur dite « vert wagon », à l’image du premier métropolitain, des fontaines Wallace et des colonnes Morris. Par ailleurs, le couvercle relevé ne doit pas dépasser 2,10 m au-dessus du sol, afin de ne pas boucher la vue.

Et l’Unesco dans tout cela ?

Depuis 1991, les bouquinistes étaient, à tort, associés à l’inscription des Rives de la Seine au patrimoine mondial de l’Unesco. En 2019, Jérôme Callais, président de l’Association culturelle des bouquinistes de Paris, lui-même bouquiniste passionné, lance une campagne qui permet aux « traditions et savoir-faire des bouquinistes des quais » de faire leur entrée au Patrimoine culturel immatériel français (PCI).

Simone Signoret, en 1955.

Quais de Seine ou quai de scène ?

Dès le XVIe siècle, les ancêtres des bouquinistes, colporteurs et « estaleurs » sont à l’œuvre. Le colporteur vend ses livres dans un panier porté au col ou en bandoulière. L’estaleur plus sédentaire vend des livres présentés sur des tréteaux ou à même le sol sur une toile et exerce son métier sur les quelques quais alors maçonnés – quai des Grands-Augustins, incluant celui de Conti, pour la rive gauche et quais de Gesvres et de la Mégisserie pour la rive droite – et, à partir de son achèvement en 1606, sur le pont Neuf.

Jean-Paul Belmondo.

Mais en 1649, sous la pression des libraires, un règlement interdit l’étalage de livres sur le pont. C’est aussi là que se vendait le plus de pamphlets politiques et religieux et autres gazettes à scandales…

Grandes armes de Paris.

La condition des bouquinistes évolue avec le Premier Empire et les évolutions urbanistiques de la capitale. Les quais sont alors pour la plupart maçonnés et les bouquinistes sont définis et reconnus par l’administration qui les assimile aux commerçants publics de la Ville de Paris. Le 10 octobre 1859 est édicté le premier règlement spécifique aux bouquinistes, mais il ne leur est pas encore permis de laisser la marchandise sur le lieu de vente la nuit. Ils doivent remiser chaque soir leurs livres.

Bouquinistes, une union à leur façon

L’Association culturelle des bouquinistes de Paris (ACBP) à la tête de laquelle on retrouve Jérôme Callais est une association créée en 2009. C’est la seule association de promotion et de valorisation des bouquinistes des quais de Paris aujourd’hui active. Elle a porté avec succès l’inscription au Patrimoine culturel immatériel français et compte reprendre prochainement le dossier pour obtenir l’inscription de la corporation au Patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. Dans l’association, bénévoles et bouquinistes de profession aident à orienter les adhérents, s’ils en expriment le besoin, vers diverses formations, proposent des visites d’initiation au métier de bouquiniste à des groupes de scolaires franciliens.

Bouquinistes, on commence par où ?

C’est bien à un itinéraire au cœur de Paris que nous invitent les bouquinistes. Lors de l’exposition universelle de 1900, on dénombre déjà 200 bouquinistes sur les quais de la Seine. Aujourd’hui, ce sont 3 km de livres anciens ou contemporains, gravures, timbres et autres revues que l’on peut arpenter. Le tout installé sur les parapets des quais hauts des deux rives de la Seine enserrant les îles de la Cité et Saint-Louis :

– Rive droite: du pont Marie au pont des Arts (du quai de l’Hôtel de Ville au quai du Louvre)

– Rive Gauche: du pont Sully au pont Royal (du quai de la Tournelle au quai Voltaire)

Carte des bouquinistes à Paris

En se promenant près des bouquinistes on peut aussi contempler le Louvre, l’Institut de France, l’hôtel de la Monnaie, la fontaine Saint-Michel, le pont des Arts, l’île de la Cité, la cathédrale Notre-Dame, l’Hôtel de Ville, la Conciergerie, etc.

Déjà sous Napoléon III…

En 1866, les bouquinistes font intervenir Paul Lacroix, plus connu dans l’univers de l’érudition et de la bibliophilie sous le pseudonyme du Bibliophile Jacob (ou P. L. Jacob) auprès de l’empereur Napoléon III. Sa mission est de le persuader de faire renoncer le baron Haussmann à son idée de leur faire quitter les rives de la Seine.

… Succès, ils restent

Les bouquinistes sont autorisés à rester et les boîtes actuelles sont officialisées en 1891, lorsqu’un arrêté municipal autorise les bouquinistes à laisser leur marchandise la nuit sur le lieu de vente qui leur est concédé. Ils peuvent alors exploiter 10 mètres de quai. Mais le 27 janvier 1943, un décret du préfet de la Seine ramène la longueur d’exploitation des quais à 8 mètres.

Une institution

Les bouquinistes ne payent ni taxe ni loyer mais doivent respecter un règlement strict concernant leur commerce. Les emplacements vacants sont attribués et réglementés par la Ville de Paris. Les autorisations d’occupation sont d’une durée de 5 ans. Les bouquinistes doivent ouvrir leur emplacement au moins quatre jours par semaine sauf intempéries. C’est au bouquiniste d’entretenir les quatre boîtes qu’il peut exploiter. Le seul commerce autorisé est celui des vieux livres, livres d’occasion, vieux papiers, gravures. Accessoirement et à l’intérieur d’une seule boîte, il peut vendre des monnaies, des médailles, des timbres anciens, des cartes postales, des objets de petites brocantes ou des souvenirs de Paris. On peut ici rappeler que le credo du bouquiniste qui « est et doit rester fondamentalement un libraire».

Les bouquinistes font le show

Pour sa collection automne-hiver 2018-2019, Karl Lagerfeld (1933-2019), directeur artistique de la maison Chanel et grand amateur de littérature, fait reconstituer sous la verrière du Grand Palais, cadre habituel de ses défilés, la façade de l’Académie française et sa fameuse coupole. Des stands de bouquinistes sont aussi créés, le long desquels défilent les mannequins. Les tailleurs sont gris comme l’asphalte ou les toits en zinc et le final fait apparaître une mariée « académicienne » vêtue d’une veste et d’une longue jupe fendue couleur vert d’eau et ornée de broderies de feuilles d’olivier. Bouquiniste, un métier comme un autre ?

On devient bouquiniste par passion, car les conditions de travail sont plutôt précaires. Les bouquinistes sont ainsi souvent des experts dans leurs domaines. On trouve par exemple des spécialistes du roman policier, de la bande dessinée, de la science-fiction, des arts culinaires mais aussi des arts du livre, de la philosophie, de l’histoire ou des affiches anciennes. C’est donc à une rencontre avec de vraies personnalités que sont invités ceux qui déambulent le long des boîtes et la discussion avec les bouquinistes est souvent passionnante.

Face aux difficultés rencontrés par les bouquinistes du fait de la crise sanitaire et pour leur assurer des ventes, un site internet a été créé. Il est exclusivement réservé et totalement gratuit pour les bouquinistes. Il n’y a pas de transaction en ligne : vous envoyez par mail un bon de commande au bouquiniste qui prendra ensuite contact pour finaliser votre achat, avec accord sur les frais de port et les conditions de règlement.

Les bouquinistes des quais de Seine, maintes fois copiés, jamais égalés !

De nombreux projets de bouquinistes ont émergé dans des villes du monde entier. Aucun n’a jamais eu la pérennité des quais de Seine de Paris. La seule chose que l’histoire est incapable d’expliquer…

Dessin de Bernard Boutet de Monvel. 1930.

Été 2024, les Jeux olympiques sont, hélas, sujet à conflit entre bouquinistes et Mairie de Paris. Ils refusent le déplacement de leurs boîtes l’occasion de ce grand événement sportif. Le très sérieux quotidien Le Monde a même consacré un bel article à la question dans son édition datée du 25 juillet dernier. Article signée Nicole Vulser. Par ailleurs, Hubert Bouccara, de la librairie La Rose de Java à Paris a lancé une pétition le 26 juillet dernier « pour la sauvegarde des bouquinistes ». Près d’une semaine après, elle est à quelques encablures des 50.000 signatures. Le libraire est formel : « Avec l’arrivée des Jeux olympiques, les bouquinistes des quais de la Seine sont directement mis en danger. » Il pointe le manque de garanties de « remontages et de restaurations des boîtes », pour ces « libraires à ciel ouvert » qui ont ce seul emploi et donc cette seule source de revenus. Et d’ajouter : « Il est difficile d’imaginer les quais de la Seine sans bouquinistes, ça revient à détruire l’âme de Paris. » Pour une signataire, « Paris sans les bouquinistes ce ne serait plus Paris », quand une autre rappelle qu’ils « étaient installés bien avant les Jeux olympiques modernes ». Nous comprenons tous nos amis bouquinistes et, à titre personnel, je salue tous ceux que je côtoie régulièrement.

S. Hessel,2012.

« Créer, c’est résister, résister, c’est créer ». Une phrase venant d’un appel solennel lancé par des membres du Conseil national de la résistance. Des paroles de lumière aux heures les plus sombres de notre histoire. Elle a été reprise par le diplomate, résistant, écrivain et militant politique Stéphane Hessel (1917-2013) dans son très célèbre Indignez-vous ! (Montpellier, Indigène éditions, Coll. « Ceux qui marchent contre le vent », 2010).

Sources: paris.fr, Actu.fr

Les bouquinistes
Le cygne meurt en chantant et chante en mourant. Pas la mouette dont la signification spirituelle représente l’adaptabilité et la débrouillardise ainsi que des opportunités et des circonstances favorables.

Loges mixtes plus intelligentes ? La science répond !

La loge n’est en aucune manière un centre d’entrainement social et encore moins thérapeutique. Pourtant, on peut se demander si on travaille plus efficacement sa spiritualité et sa fraternité dans une loge monogenre ou dans une loge mixte. Il est évident qu’aucune étude sociologique sérieuse n’a été réalisée dans les diverses obédiences connues. Qui accepterait d’accueillir dans ses locaux des chercheurs pour confirmer ou infirmer un tel postulat ?

Pourtant, le célèbre MIT de Boston (USA) a mis au point un test QI qui permet désormais d’évaluer l’intelligence des groupes. Jusqu’à présent le résultat de ces recherches semble faire autorité. Il serait donc logique de conclure qu’un groupe est plus intelligent qu’un individu et surtout, tous les résultats confirment que la présence de femmes rend le groupe nettement plus intelligent.

La question qu’il convient donc de poser est :

« Le travail est-il de meilleur qualité dans une Loge mixte que dans une Loge monogenre ? »

Nous vous laissons regarder ce reportage ci-dessous proposé par la chaine Arte qui confirme avec certitude que les groupes ne suivent pas forcément les plus intelligents mais ceux qui parlent le plus fort. Comme cela est étrange !

Il reste maintenant à transposer avec le monde maçonnique (avant d’essayer avec celui de la politique) pour confirmer cette question de la mixité.

Sur les traces des Templiers… en Camping-Car

De notre confrère camping-car.com

Nous voici en plein cœur du Larzac, sur les anciennes terres des Templiers et des Hospitaliers. Les moines soldats n’y protègent plus les pèlerins, terrorisés par quelques brigands, lors de leur traversée du causse. Mais leur présence reste ancrée dans l’architecture des villages. Voire dans le rapport entre les hommes et cet environnement de rocailles.

Le village de La Couvertoirade reste marqué par son passé médiéval. Les remparts, construits par les Hospitaliers au XVe siècle, lorsque la région était plongée dans l’insécurité, affrontent depuis cette époque, les assauts des vents, du froid et autres caprices climatiques qui balayent cette région rocailleuse. Dès nos premiers pas, nous la découvrons avec sa richesse architecturale et son site naturel.

Après une courte et intéressante première traversée du village, nous en ressortons pour mieux découvrir l’écrin primitif qui l’abrite. Nous gravissons une piste en pente douce, facile à arpenter, en direction du plateau. Bientôt, nous marchons sur le causse du Larzac, nos yeux tentant de percer l’horizon de cette immense surface karstique ouverte à tous les vents. En marchant dans ce décor aride où les roches dominent une végétation rase, constituée de buis, d’herbes et d’arbustes battus par les courants d’air et le soleil, l’esprit s’évade aussi loin que se porte le regard. Posé sur cette immensité lunaire, le moulin de Redounel déploie des ailes fières, prêtes à affronter les fureurs d’Eole.

Rapidement, nous croisons un troupeau de brebis Lacaune, race typique des lieux. A partir de leur lait, on produit le roquefort, le célèbre fromage à pâte persillée élevé dans les caves naturellement ventilées, situées non loin de là.

Les lavognes et les toits citernes qui ponctuent notre circuit, témoignent aussi de l’activité pastorale du Larzac, héritage vivant des siècles de culture agricole, et aujourd’hui classé au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Dans le chemin creux que nous empruntons, il fait bon marcher, même quand les rayons du soleil commencent à irradier notre balade matinale. Ce sentier nous ramène au pied des remparts. L’on ne peut s’empêcher de penser aux “Routiers”, ses bandes organisées qui terrorisaient la région, au XVe siècle. Notre époque est nettement plus calme, même si le causse fut, il y a un demi-siècle, le théâtre d’un soulèvement paysan. On se souvient de la lutte du Larzac dans les années 70 et de celle de 2003 avec le démontage d’un fast-food par José Bové et ses camarades de la Confédération paysanne.

Une visite plus approfondie de La Couvertoirade, avec son château, ses églises et surtout son ambiance générale, s’impose au retour. Juste avant de déguster quelques morceaux de roquefort, étalés sur une bonne tranche de pain de campagne. Une bonne façon de terminer la randonnée et de se plonger encore mieux dans l’esprit des lieux

STATIONNER EN CAMPING-CAR A LA COUVERTOIRADE

Parking La Couvertoirade. Aire très bien située, à l’entrée du village et au départ de la randonnée. Nuitée possible, mais sans service. Toilettes, poubelles.

Tarif : 4 €/24 heures. Accessible du 1er avril au 12 novembre.

Adresse : Route du Caylar à Nant. GPS : (N) 43°54’39”/(E) 3°18’48.744”

14-15/10/23 : Biennale Culturelle et Maçonnique de Bordeaux, le plus info !

Le 11 juillet dernier, nous titrions « 14-15/10/23 : Biennale Culturelle et Maçonnique de Bordeaux ». Cette année, le Comité Programmatique de la Biennale réunit les représentants de 10 obédiences maçonniques : GODF, DH, GLDF, GLFF, GLTSO, GLFMM, OITAR, GLMF, GL-AMF, FLNF.

Aujourd’hui, la dynamique équipe de la Biennale nous transmet un complément d’informations que nous partageons avec le plus grand plaisir.

Nous vous rappelons donc ce rendez-vous INCONTOURNABLE des 14 et 15 octobre 2023.

Le programme

Un stand de la très réputée librairie Mollat – librairie depuis 1896 – proposera les dernières parutions, des auteurs seront là pour dédicacer leurs œuvres et un artisan proposera des bijoux maçonniques

et Lune et Soleil Diffusion, fabriquant et négociant en décors maçonniques, cadeaux maçonniques et accessoires de loge tous rites depuis 15 ans, sera aussi présent. Un week-end qui sera agrémentée d’animations théâtrales et musicales présentées par des acteurs locaux.

Bien évidemment, les conférenciers – Christiane Vienne, Frédéric Péloquin, Timothée Duverger et Jean Peaux – dédicaceront leurs ouvrages, mais en plus, trois auteurs ont confirmé leur présence : Dominique Segalen, Pierre Jacquemin et Yves Mur.

Une présentation à retrouver sur le site de l’IMAQ :

Frédéric Ploquin/Christiane Vienne/Timothée Duverger/Jean Petaux/Dominique Segalen/Pierre Jacquemin/Yves Mur.

Pour mémoire, l’IMAQ, déclaré en juin 2017, est l’Institut d’Aquitaine/Humanisme et culture d’Aquitaine, dont l’ancien titre n’était autre que l’Institut maçonnique d’Aquitaine.

Dominique Segalen, Prix littéraire IMF 2016, catégorie ‘’Histoire’’.

Son nouvel objet est l’organisation d’une « Biennale Culturelle Maçonnique de Bordeaux » qui constitue une section de l’association et dont le fonctionnement est régi par un règlement intérieur particulier voté par le conseil d’administration de l’association et plus généralement toute activité culturelle ayant un lien avec les valeurs humanistes défendues par la franc-maçonnerie (biennale dans un autre lieu géographique, conférences, congrès, expositions, salons, colloques, spectacles, club d’activités, éditions littéraires, etc…), qui peuvent être organisées en section de l’association selon les modalités de l’article 16 des présents statuts. Toutes ces manifestations sont ouvertes à tout public sans exclusive.

V° Biennale Culturelle Maçonnique de Bordeaux, la cagnotte

Bienvenue sur cette cagnotte ! Après une trop longue interruption, la Biennale Culturelle Maçonnique de Bordeaux revient les 14 et 15 octobre 2023 au Campus Atlantica de Artigues-près-Bordeaux.

Participez en un clic, 2 petits € CHACUN, c’est un grand soutien pour la Biennale. Tous les paiements sont sécurisés. Merci à tous.

Infos pratiques : Entrée libre et gratuite

Campus Atlantica | Centre de séminaires et congrès proche de Bordeaux

Adresse : 24 Av. Virecourt, 33370 Artigues-près-Bordeaux/Tél 05 56 77 33 33

Arche Royale dévoilée : Le 4e degré

De notre confrère thesquaremagazine.com

L’Arc Royal se dresse comme l’arc-en-ciel de la promesse dans le Rituel ; il se présente comme la promesse de la résurrection ; de ce qui a été perdu et qu’il sera récupéré. La question se pose de savoir si la Parole du Maître a été initialement communiquée au Troisième Degré ?

Le quatrième degré
William F. Kuhn, PGHP du Missouri
Publié dans The Builder, Vol. 2, 1915

Sur ce point, il y a une certaine diversité d’opinions. Dans notre présent Rituel du Troisième Degré, la Parole du Maître est perdue.

Le Dr Oliver, un historien maçonnique réputé, déclare :

« Le vrai mot n’a jamais été perdu mais transféré à l’arche royale »,

et pour corroborer cette déclaration dit en outre :

« J’ai sous les yeux une ancienne gravure française des travaux de fond de la loge du maître, datée de 1740, contenant les emblèmes habituels et sur le cercueil se trouve le » vrai mot « en majuscules romaines. »

Cela tendrait à prouver qu’avant que la légende d’Hiram Abiff ne soit introduite dans le Master, la Parole Vraie était communiquée dans le Master et non une Parole de Substitut.

Il s’ensuit nécessairement que lorsque la légende d’Hiram est devenue une partie du Rituel de ce degré, la « perte » de la « Parole » a suivi, car la « perte » fait partie de la légende Hiramique.

Mais la « perte » sans « reprise » serait une absurdité ; pour compléter la symbolique de la franc-maçonnerie, la « Parole » doit être récupérée, d’où la nécessité d’un Quatrième Degré, l’Arc Royal.

En 1738, ou avant, l’histoire de la perte de la Parole et la nouvelle légende, l’Arche Royale, furent progressivement introduites dans les loges, et lorsque la division se produisit, (1751) divisant la franc-maçonnerie d’Angleterre en « Modernes » et « Anciens », ces derniers organisèrent une Grande Loge et adoptèrent un Rituel des Quatre Degrés, le quatrième étant l’Arche Royale.

La Grande Loge des « Modernes » a évidemment continué à utiliser l’ancien Rituel, sans la légende d’Hiram Abiff, tandis que la Grande Loge des « Anciens » a utilisé le nouveau Rituel contenant la légende Hiramique et le Quatrième Degré, jusqu’en 1813, lorsque le deux Grandes Loges se sont unies et ont formé l’actuelle Grande Loge d’Angleterre, connue sous le nom de Grande Loge Unie d’Angleterre.

C’est donc à la Grande Loge des Anciens que nous devons le diplôme de Maître tel qu’on le trouve dans notre Rituel et aussi la préservation du Diplôme de l’Arche Royale.

L’un des articles d’union des deux Grandes Loges d’Angleterre en 1813 était le maintien des diplômes tels que formulés par la Grande Loge des «Anciens»; par conséquent, parmi les articles d’accord de cette union, nous trouvons la seule déclaration faite n’importe où ou à n’importe quel moment quant à ce qui constitue la «maçonnerie artisanale ancienne».

Cet article déclare que :

La maçonnerie artisanale comprendra les diplômes d’apprenti inscrit, de camaraderie et de maître maçon, ainsi que la Sainte Arche Royale.

Nous voyons donc que l’Arche Royale n’est que l’évolution d’une vérité contenue au début du Troisième Degré.

Il ne s’agit pas d’un « Diplôme supérieur », mais du dernier tome de la série d’une histoire sublime révélée par le symbolisme.

Le Master sans l’Arche Royale est une histoire à moitié racontée, une chanson méconnue et une promesse non tenue.

Le candidat est promis qu’il devrait recevoir, mais est renvoyé avec un « Suppléant ».

Il est laissé dans les ténèbres, dans le doute, et pour celui qui réfléchit, dans un état de déception. Pourtant, il y a un but derrière cette tromperie apparente. La Lumière et la Vérité révélée ne viennent que par le labeur et le service volontaire.

Cette leçon doit être apprise avant qu’un Maçon soit qualifié pour connaître et apprécier la Vérité, la Parole du Maître.

Il est peut-être regrettable que le diplôme Royal Arch ait été séparé des «degrés bleus»; mais qu’il soit chanceux ou malheureux, l’Arche Royale est le dernier des diplômes de l’Ancient Craft Masonry.

C’est le sommet et aucun Maître Maçon n’est en possession de tout ce que la Franc-Maçonnerie enseigne sans l’Arche Royale.

La série de quatre degrés a continué à être conférée en vertu d’une charte de loge jusqu’en 1750 environ, du moins en Amérique.

L’histoire la plus ancienne que nous ayons de l’Arche Royale dans ce pays remonte à 1758, lorsqu’elle a été conférée en vertu d’une charte de loge à Philadelphie.

Il a été introduit à New York à peu près au même moment par une loge militaire anglaise, dans le Massachusetts en 1869, où il a été conféré par St. Andrew’s Lodge.

Depuis ce temps, le Royal Arch Degree est resté en sécurité à sa place supérieure. «Le terme Royal Arch Lodge a été remplacé par Chapter et Royal Arch Chapter.

Le mot chapitre a été utilisé dans le Connecticut dès le 5 septembre 1783 ; en Pennsylvanie, le 5 septembre 1789, à New York, le 29 avril 1791 ; dans le Massachusetts, le 19 décembre 1794.

Le mot Chapitre a pris la place de Loge en Angleterre, pour la première fois, le 29 avril 1768. Le mot Compagnon, utilisé dans le Chapitre à la place de Frère, a été utilisé pour la première fois en Angleterre en 1778.

Ces termes, Chapitre et Compagnon, furent bientôt transportés en Amérique où ils fleurissent en tant qu’éléments du système capitulaire de degrés.

Telle est, en bref, l’histoire du Royal Arch Degree; sa filiation est aussi légitime que n’importe lequel des degrés de l’Ancient Craft Masonry; elle est née de l’introduction de la franc-maçonnerie spéculative dans la maçonnerie opérative, fruit du symbolisme et de l’allégorie.

Être maître maçon est le degré le plus élevé et le plus honorable qu’un homme puisse atteindre ; elle lui donne tous les droits et privilèges du Métier ; tous les diplômes dits supérieurs accumulés n’ajoutent rien à sa stature maçonnique.

L’Arche Royale fait partie du Master – le sommet de son excellence. C’est le privilège et devrait être le devoir du Maître Maçon de compléter l’histoire maçonnique, racontée en allégorie et révélée en symbolisme en recevant l’Arche Royale.

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Le Master Mark

Les diplômes du Chapitre sont : Mark Master, Past Master, Most Excellent Master et Royal Arch. L’origine du Mark Degree est voilée dans l’obscurité, comme tous les degrés maçonniques, mais, comme les autres, elle a vu le jour dans la période antérieure de la franc-maçonnerie spéculative.

Il était d’usage pour les maçons opératifs de choisir pour eux-mêmes une marque, à apposer sur chaque pièce de travail forgée par eux.

Cela a été fait afin de contrôler le travail de chaque opérateur par les surveillants et de faciliter le paiement des salaires.

Chaque marque était distinctive et la même marque descendait fréquemment de père en fils à travers plusieurs générations.

Ces marques peuvent être vues aujourd’hui sur les pierres des anciennes cathédrales d’Europe. Des copies en fac-similé sont reproduites dans toutes les histoires maçonniques.

En Écosse, le maçon opératif était tenu d’enregistrer sa marque par les statuts de Shaw publiés en 1598. De cette exigence d’enregistrement de la marque, le diplôme a évidemment évolué.

Le premier enregistrement du diplôme Mark conféré en Écosse porte la date du 7 janvier 1778. Pourtant, cela ne prouve pas que le diplôme n’a pas été conféré à une date beaucoup plus ancienne.

Ces dossiers contiennent également l’information que le Mark Degree ne pouvait être conféré à personne n’ayant pas reçu le diplôme de Fellowcraft et Master.

Un rapport fait à la Grande Loge de Mark Master Masons of England déclare:

« Il n’y a probablement aucun diplôme en franc-maçonnerie qui puisse prétendre à une plus grande antiquité que ceux de Mark Man ou Mark Mason et Mark Master Mason. »

Le diplôme a été conféré en Nouvelle-Écosse en 1784; dans le Connecticut en 1791 ; à New York en 1791 et à Boston en 1793. Comme l’Arc Royal, le Mark Degree était à l’origine conféré dans la Loge.

Aux États-Unis, le Grand Chapitre général, RAM, a émis des chartes Mark Lodge jusqu’en 1853, date à laquelle cela a été interdit et le diplôme passé sous le contrôle du chapitre.

En Angleterre, le diplôme est sous le contrôle de la Grande Loge de Mark Masons ; au Canada et en Écosse, le contrôle est exercé comme aux États-Unis.

Les leçons du diplôme sont intensément pratiques, mettant l’accent sur la grande exigence de la vie, à savoir : la qualification et le service.

Le diplôme d’ancien maître

L’utilisation générale du terme, Past Master, par le Craft, signifie celui qui a été élu, installé et servi pendant douze mois dans une Loge régulière.

L’utilisation générale du terme n’implique pas un diplôme distinct, bien que dans de nombreuses loges et autrefois dans le Missouri, le grade honorifique d’ancien maître soit conféré aux maîtres élus dans le cadre de la cérémonie d’installation. Ce grade ou diplôme a été ou est conféré uniquement en présence d’anciens maîtres.

Le diplôme est le deuxième de la série du Chapitre; de là sont nés les termes, Actuel Past Master et Virtual Past Master, ce dernier signifiant celui qui avait reçu le diplôme dans un Chapitre mais qui n’avait pas été élu ou servi comme Maître sur une Loge.

Un ancien maître virtuel n’a pas le droit d’être reconnu par la Grande Loge en tant qu’ancien maître.

Le diplôme est ancien. Nous retrouvons l’expression de Past Master utilisée en 1771 et sous-entendue comme quelqu’un qui « ayant passé la Chaire à travers une cérémonie ».

La Constitution de la Grande Loge d’Angleterre, 1723, parle du Maître installé passant par certaines « cérémonies importantes ».

Il ne peut y avoir aucun doute quant à l’ancienneté du diplôme. Elle date de la naissance de la franc-maçonnerie spéculative.

L’introduction du diplôme dans la Maçonnerie Capitulaire repose sur le fait qu’à l’origine, l’Arche Royale n’était conférée qu’à ceux qui avaient été élus et présidaient une Loge en tant que Maître, mais il était manifestement injuste pour une grande partie des frères d’avoir une telle restriction imposée à eux et à l’Arche Royale;

la loi suivante de 1789 illustre ce fait :

« Aucun frère ne peut être exalté avant d’avoir été au moins trois ans maître maçon et d’avoir présidé six mois en tant que maître d’une loge régulière garantie ou d’avoir passé la chaire de dispensation. »

Cette loi montre l’ancienne restriction et la modification qui prenait forme, permettant à d’autres que les vrais anciens maîtres de recevoir l’Arche Royale.

Une ancienne loi trouvée dans Harmony Lodge, n ° 52, Philadelphie, 1799, stipule:

« Que chaque frère qui n’a pas passé la chaire paiera quatorze dollars, sur lesquels la dispense sera payée ; s’il a passé le fauteuil pour être exalté, huit dollars.

C’est-à-dire qu’un ancien maître réel pourrait recevoir le diplôme de l’arche royale pour huit dollars, mais celui qui n’a pas reçu le diplôme de l’ancien maître doit obtenir une dispense du grand maître pour le recevoir avant de pouvoir être nommé maçon de l’arche royale et cela coûte quatorze dollars.

Lorsque le diplôme de l’Arche Royale est passé du contrôle de la Loge et est devenu un système distinct, connu sous le nom de Chapitre, la condition préalable à l’Arche Royale est restée, à savoir : le diplôme de maîtrise passé.

Le Virtual Past Master Degree est devenu une partie de la série Chapter. La raison de cette condition préalable devient apparente lorsque les leçons de ce degré dont on abuse, mais qui est magnifique, sont étudiées et comprises.

La leçon d’obéissance à l’autorité est à l’épreuve de l’anarchie, et celui qui veut enseigner doit d’abord apprendre à obéir.

Meilleur diplôme de Master

Un mensonge bien dit et répété devient constamment une vérité pour les gens crédules. Cela s’applique à la déclaration souvent répétée selon laquelle Thomas Smith Webb a fabriqué le système américain des degrés capitulaires et les ordres de la commanderie des Templiers .

Tout homme ayant une once d’intelligence, et utilisera cette once, trouvera que les degrés du Chapitre et les ordres de la Commanderie existaient et conférés près de cinquante ans avant la naissance de Webb.

Le plus excellent est souvent crédité à son cerveau fertile, et ainsi déclaré par certains écrivains maçonniques, mais heureusement, il y a dans les archives du Massachusetts et de New York la date de naissance de Webb et les dates auxquelles il a reçu tous les diplômes maçonniques.

Les dates montrent que le plus excellent était connu et conféré avant que Webb ne devienne un Royal Arch Mason.

La seconde moitié du XVIIIe siècle a été prolifique en degrés maçonniques en France et en Angleterre.

Les diplômes de tous les Rites peuvent dater leur naissance de 1723 à 1760, et dans le dédale des noms et titres de diplômes on trouve une véritable jungle.

Dans cette période, nous trouvons le système irlandais embrassé The Chair, The Excellent, The Super Excellent, The Royal Arch, The Knight Templar et le Prince Rose Croix.

Le système écossais comprenait : le Mark Master, le Past Master, l’Excellent Master et le Royal Arch. Le chapitre St. Andrew’s, Boston, a travaillé le système irlandais, à l’exception de The Chair, de 1769 à 1797.

Après 1799, la marque, le passé, le plus excellent et l’arc royal ont été conférés. Un éminent écrivain maçonnique dit du changement :

« Cette transition indique et suggère que le degré super excellent contenait la moelle et quelque chose de l’os du degré le plus excellent. »

À partir de 1791, le plus excellent était un diplôme bien connu et faisait partie du système capitulaire. Le Super Excellent de cette période ne doit pas être pris pour le Super Excellent dépendant du Conseil des Maîtres Royaux et Sélects d’aujourd’hui.

Le diplôme le plus excellent est un prélude approprié à l’Arc Royal, l’un des diplômes les plus impressionnants dans ses cérémonies et sublimement spirituel dans son symbolisme.

Qu’en est-il de l’Heure ?

Qu’en est-il de l’heure en franc-maçonnerie ? Plus lumineux, plus fort, plus clair.

Nous sommes souvent découragés et enclins au pessimisme ; mais au milieu de toutes les erreurs et trébuchements, un jour meilleur se lève, où nous verrons les travaux bienfaisants de la franc-maçonnerie briller d’une splendeur éclatante.

La franc-maçonnerie gagne en puissance et en bienfaisance. Au fur et à mesure que ses principes immortels s’enracinent dans le sol en friche du cœur et de l’esprit humains, il bourgeonne et s’épanouit dans le feuillage de la bonté et le fruit hespéridéen de la charité envers toute l’humanité.

Alors que le clochard maçonnique peut être vu sur la belle autoroute de la franc-maçonnerie, il y en a beaucoup plus aujourd’hui que jamais, qui peinent dans l’esprit et le cœur dans les mines parsemées de trésors du royaume de la franc-maçonnerie.

La franc-maçonnerie signifie aujourd’hui plus que des applaudissements négatifs et des principes négatifs ; mais elle se tient avant tout comme une puissance vivante, croissante et irrésistible, dont la fin et le but sont l’exaltation de l’homme et la gloire du « Je suis ce que je suis ».

Nos anciens frères ont voyagé de Babylone à Jérusalem – de la servitude à la liberté – avec un objectif fort en vue. Quel était le désir si prééminent dans leurs cœurs ?

Quel était le fondement du zèle qui les a poussés à subir les épreuves et les difficultés de ce voyage fatigant ?

Laissez-les parler : « Pour aider à la noble et glorieuse œuvre de reconstruction de notre Cité et Temple du Seigneur. C’était Travail, Travail, Travail. Pas l’oisiveté et la facilité. »

Article de William F. Kuhn

Le Dr William Frederick Kuhn (1849-1924) était médecin et neurologue.

Frère Kuhn, était une figure éminente de la franc-maçonnerie. Il a été élevé au Belle Center Lodge n ° 347 dans l’Ohio en 1877.

Tout au long de son parcours maçonnique, il a servi dans diverses loges et chapitres, devenant maître et grand maître de plusieurs d’entre eux.

Il a joué un rôle important dans le Grand Chapitre général, RAM, et est l’auteur d’ouvrages sur la franc-maçonnerie. De plus, il a occupé des postes dans différentes commanderies et a reçu de hautes distinctions, telles que le 32° REAA (SJ) et la Grand-Croix de l’ordre.

Entre chien et loup (… Fin)

(Une nouvelle de Gilbert Garibal – Partie 3/3)  (Lire la partie 2)

Ce soir, dîner de travail chez notre Vénérable Maîtresse. Certaines disent « Vénérable Maître » Pas de querelle de vocabulaire ! Mon mari ; lui, profite de mon absence, pour regarder le foot à la télé ! C’est ma troisième réunion du genre, à domicile. J’arrive, un peu en retard, taxi impose, avec mon bouquet de fleurs, dans un pavillon de Levallois-Perret, où m’accueille une assemblée de visages connus et sympathiques. La maîtresse de maison, qui porte doublement son titre, la première surveillante, chargée de l’instruction des apprenties, et mes « jumelles de promotion ».

Six femmes qui ne se seraient pas rencontrées, sans la franc-maçonnerie ! Chacune rappelle son métier, pendant l’apéritif : notre hôte, Claudine, est professeur des écoles, notre instructrice, Liliane, est contrôleur des impôts, deux apprenties, Amalia et Sandrine sont commerçantes, en alimentation et lingerie – une autre, Françoise, est fonctionnaire de police et moi, Sylviane, « femme-taxi », ce qui continue d’interpeller mes sœurs ! En fait, je crois qu’elles pensent à ma fatigue, aux risques d’agression, mais ces inconvénients existent dans bien d’autres métiers, la police entre autres. Elles ne se doutent pas de mon souci actuel, auquel je pense sans cesse, et que j’estime bien pire qu’une agression éventuelle. La vie d’un enfant est en jeu, et je suis directement impliquée…

J’aime bien la mentalité de notre loge. De notre « atelier », j’entends dire aussi, les deux mots sont synonymes. Je sens une bonne équipe, je suis bien tombée ! Nous veillons aux Droits de la Femme mais sans revendiquer un féminisme à outrance. Nous recevons des maçons en visite pour participer à nos travaux, et je sais que la réciproque n’est pas vraie : des obédiences masculines ne reçoivent pas les maçonnes. Ce qui me paraît totalement injuste, intolérant, et pour le coup, nous avons là à défendre les Droits de la Femme ! Dans notre communauté même !

Les apprenties n’ont pas le droit de donner un avis en loge, mais elles peuvent se rattraper en réunion extérieure. Je ne me gêne pas pour m’exprimer sur la mixité, et mes jumelles non plus ! Notre Vénérable est plus nuancée que nous, en pensant qu’il existe une diversité d’opinions à ce sujet et que nous devons la respecter. Il y a des loges masculines, féminines et mixtes. Il est bon qu’il y ait ce choix, pour la liberté de chacun et chacune, souligne-t-elle. A méditer. En revanche, elle n’apprécie pas que des loges féminines ou masculines refusent respectivement hommes et femmes en visite. Je souscris d’emblée à ce dernier point qui me paraît juste. D’équerre, si je puis dire !

La réunion de ce soir a pour objet central, fixé par Claudine, de parler de l’accueil des nouvelles sœurs par les anciennes, compagnonnes et maîtresses. Après un bon pot au feu, nous attaquons le sujet. Très « jeune » encore pour être objective dans la pratique de « l’Art Royal », très préoccupée aussi dans « le monde profane », je ne suis pourtant pas seule à l’avoir remarqué : cette « hiérarchie » maçonnique donne parfois lieu à des attitudes particulières de ses pratiquants. Un usage qui date des bâtisseurs de cathédrales veut que les apprentis (ies) préparent l’atelier pour les « tenues » et rangent le matériel à la fin. Ils confectionnent aussi les repas et font la vaisselle dans les loges de banlieue et de province. C’est l’application même de l’humilité et je m’y plie de bonne grâce, avec les nouvelles. Il n’est pas question de bizutage, certes, mais ça y ressemble ! Quelques soeurs, qui ont oublié leurs débuts, oublient aussi de saluer les apprenties, à l’arrivée et au départ ! Des mots simples comme « bonjour », « pardon », « merci », « au revoir » peuvent se perdre également en maçonnerie ! Il est temps de les réapprendre, nous dit la Vénérable, qui va réunir compagnonnes et maîtresses, à cet effet. Une loge, comme une chaîne, ne tient que par la solidité de ses maillons. C’est à dire leur bonne soudure ! J’aime beaucoup ces réunions externes, très formatrices, qui permettent une libre parole. Elles prolongent très bien les cérémonies en loge.

Il fait beau aujourd’hui, juste un petit vent frais de septembre. Au soleil doux de fin d’après-midi, la rue de la Gaîté est beaucoup plus avenante. Les restaurants chinois, japonais, grecs, tiennent portes ouvertes et grands menus aguichants sur le trottoir, pour aspirer les files de touristes. Une façon de rivaliser avec les vitrines prometteuses et colorées des multiples sex-shops. Les trois clochards en faction près de l’Hôtel Mercure ont le boniment et le litron de rouge joyeux. Pendant que, au coin de la rue Vandamme, le joueur de bonneteau jongle avec ses trois cartes menteuses, sur un vieux carton d’emballage. Entre deux rondes du car de police, vite fait bien fait, il soulage de leurs euros, les badauds trop naïfs !

J’ai de la chance, j’ai pu garer mon taxi, après deux courses en banlieue proche, juste devant l’entrée du psy. Dans la salle d’attente, m’accueille la senteur d’eau de toilette, que je connais bien, maintenant. Sur le divan, allongée et tendue comme à chaque fois, je peine encore à parler en début de séance. Et je redoute comme je souhaite les relances du « maître » pour traquer mes non-dits. J’espère en récompense de mes élans verbaux, ses interprétations toujours imprévues et pertinentes. J’en ai assez de parler de mon enfance !

Qu’est-ce qui vous rendrait heureuse en ce moment ?

La question m’irrite. Je réalise que je ne connais même pas le prénom de cet enfant, dont je souhaite tant le retour à la vie. Heureuse ? Existe-t-il une définition du bonheur ? C’est savoir se contenter de ce que l’on vit, sans doute. Et moi, je ne m’en contente pas, en ce moment ! Je sens une colère monter en moi, contre l’analyste…Je l’entends respirer derrière ma tête. Je me demande ce qu’il fait pendant trois quart d’heure, ses ongles, peut être ! S’il souhaite m’agacer, c’est réussi. Le transfert, clé de l’analyse, est en train d’opérer, sans doute. Il doit être content… Pourtant, je le sais bien, je le ressens, chez lui, pendant ma halte, je suis à l’abri. Loin des autres et de leurs griffes, en cette période où l’agressivité, la menace, sont partout. J’aime cette heure rare, ocrée, qui efface lentement, très lentement le jour. Et mon anxiété. Entre chien et loup.

Alors que le psy me raccompagne, je remarque un long parapluie à jolis carreaux verts et jaunes, dans la jarre en grès, près de la porte. Le patient avant moi a dû l’oublier, sans doute. En traversant la courette, je croise un homme rond et chauve, lunettes d’écaille, au pas rapide, qui me salue poliment. Blazer bleu marine, une gabardine sur un bras, une grosse mallette à soufflets dans l’autre main, il entre dans le pavillon.

A l’instant où j’enlève la housse de mon enseigne, sur le toit de ma voiture, une voix me questionne, dans mon dos.

 – Madame, vous êtes libre ?

Je me retourne, surprise. Rapide calcul, je suis bonne pour une gare ! Je finis à 21 heures, allez ça marche ! L’homme a enfilé sa gabardine, il porte la grosse mallette et le parapluie écossais. A carreaux verts et jaunes. C’est lui, l’homme à l’épinglette !!

– Oui, je suis libre, vous allez où ?

– à Roissy, c’est possible ?!

– Montez !

Boulevard Montparnasse, Porte d’Orléans, périphérique sud. Je ne suis pas repassée sur ce trajet depuis l’accident, un frisson me parcourt. Je sens que l’homme me fixe, coup d’œil au rétroviseur. Un flash me renvoie au miroir, le soir de mon initiation…Sa voix m’interpelle :

Sans indiscrétion, qu’est-ce que c’est, cette broche piquée sur votre tableau de bord ?

 Je le regarde dans le rétro, embarrassée.

Je ne sais pas, Monsieur, je l’ai trouvée !

Demi-mensonge. Ainsi, je transporte le possesseur du petit bijou, le franc-maçon. Je fais diversion :

-Vous pouvez fumer, si vous voulez !

-Je n’ai jamais fumé une cigarette de ma vie, chère Madame !

Image de la salle d’attente du psy. La cigarette écrasée dans le cendrier, ce n’est donc pas lui ! Brutal ralentissement. Travaux, circulation sur une file, déviation, il faut sortir porte de Saint-Cloud. Je transpire soudain. Je suis obligée de faire le tour de la place et rattraper le périph’ Porte d’Auteuil. Pas d’autre chemin. Je passe devant la brasserie Le Cardinal…le pavé est sec cette fois…c’est plus fort que moi, je freine brutalement, je serre le volant, et mon passager bascule en avant, sa mallette et son parapluie tombent du siège ! Je regarde instinctivement les clients dans la brasserie…

-Mais que se passe-t-il ?

-Je suis désolée, Monsieur, ce n’est rien, excusez-moi… un trou dans la chaussée !…

Nouvel échange de regards par rétroviseur interposé. Mon passager n’est pas rassuré, son œil devient suspect ! Les miens se brouillent deux secondes. Je respire, je souffle discrètement. C’est passé…J’appuie à nouveau, prudemment, sur l’accélérateur. Nous reprenons le boulevard périphérique vers le nord, circulation fluide, porte de la Muette, porte de Clignancourt, porte de la Chapelle, direction Roissy. Dehors, une lumière rosée danse sur la banlieue, dans la voiture, flotte la senteur de citron-orange, de patchouli peut-être, ce mélange que je connais bien. Mon passager, sa mallette sur les genoux, cherche à nouveau mon regard dans le rétro. Puis il fixe encore l’épinglette, sous le GPS.

-Vous prenez l’avion je suppose, quelle destination ?

-Je vais à Londres…attendez je regarde mon billet, Terminal…

-Je connais, ne vous inquiétez pas ! Vous êtes prévoyant avec votre parapluie !

-Je suis toujours très pratique !

Bretelle de Roissy, escalade de la rampe d’accès, arrivée devant l’aérogare, porte B. 60 euros, pourboire, une belle course ! Nous sortons ensemble de la voiture, sur le trottoir. Je me lance :

– Tenez monsieur, pour me faire pardonner mon coup de frein brutal, Porte de Saint-Cloud, permettez-moi de vous offrir l’épinglette, elle a l’air de vous plaire !

Une intimité nous lie, il sait et moi aussi, que nous fréquentons le même psychanalyste. Il est tout surpris, un sourire attendri éclaire son visage poupin.

– Oui… oh, merci, c’est très aimable à vous ! Pour tout vous dire, ma fille collectionne ces pin’s ! Une équerre et un compas… ça c’est un insigne maçonnique, je pense. Je lui donnerai à mon retour, elle sera ravie ! Voici ma carte ! On se reverra peut-être…

– Peut-être…

– Je viens régulièrement chez Pierre, je suis médecin comme lui, c’est un ami, et nous venons d’écrire ensemble un livre médical. Je vais justement à Londres pour le présenter dans le cadre d’un Congrès professionnel. Au revoir, madame, à bientôt, qui sait !

– Au revoir, Docteur !

Poignée de mains, chaleureuse. Je m’assois sur mon siège, les coudes sur le volant, étonnée il y a de quoi, toute songeuse ! Moi qui le prenais pour un patient…Je l’observe à l’arrière de la voiture, dans le rétroviseur extérieur. Mallette posée à terre, gabardine sur un bras, parapluie accroché à l’autre et l’épinglette, toujours au bout des doigts, comme une fleur. Embarrassant, mon cadeau ! Il la pique enfin au revers de son veston, prend sa mallette, et s’engouffre dans le tambour de la porte B, aspiré avec d’autres voyageurs et leurs valises à roulettes. Lui aussi sait mentir ! Coup d’œil au bristol, gardé dans ma main : Professeur Patrice Gandais, gynécologue-obstétricien. Je démarre vers Paris.

Nous regardons le journal de 20heures à la télé, mon mari très attentif, moi toujours « en retrait », trop sensible aux images violentes. La sonnerie du téléphone me sort des catastrophes du jour et du canapé. Jean-Charles coupe le son. Coup d’œil au cadran du récepteur, non, ce n’est pas « allo taxi » ! Non, ce n’est pas ma mère ! Non, ce n’est pas la Vénérable. Un numéro masqué. Allo, oui… Je reconnais la voix, c’est mon avocat, il a l’air joyeux, j’ai le cœur qui cogne…il m’annonce que le petit garçon est sorti du coma depuis trois jours. Il est sauvé, tout est normal, il va sortir de l’hôpital, il va vivre ! J’éclate en sanglots dans les bras de Jean-Charles…

Lève-toi et marche…Pourquoi me vient cette phrase biblique qui me fait sourire, en quittant le divan du psy ?! Une séance légère, bleue, comme le ciel de ce début d’après-midi. Je viens de terminer LEUR ouvrage dans la salle d’attente. Un livre passionnant et plein d’espoir du Professeur Gandais et du Docteur Hamon, sur les récentes avancées médicales et psychologiques de la procréation assistée, que j’ai acheté par l’Internet. Je félicite mon analyste, tout étonné.

C’est dans ma voiture, avant de tourner la clé de contact, que la pulsion s’impose, impérieuse. Que l’espoir d’enfanter renaît en moi. Sur mon portable, je pianote le numéro du gynécologue. Mon frère !

Fin