Accueil Blog Page 535

Mot du mois : « Jour »

0

Bonjour !

Le jour ? Une évidence, tant dans la mesure du temps qui passe que dans le vocabulaire quotidien.

Il y a le jour et sa lumière fluctuante, le jour et la date qu’il marque dans le calendrier. On est di-manche, ou lun-di, mar-di, etc., la syllabe –di- étant issue du sémantisme très ancien *dei-, qui désigne l’idée de briller. Avec risques collatéraux…

La majeure partie des langues indo-européennes en donnent un avatar. *Deva  en sanskrit nomme le démon, qui peut dorer ou brûler.  *Dios en grec se trouve dans Zeus, brandissant la foudre, et Dionysos, assorti de sa folie et de son ivresse…

Le latin exprime la même idée dans le très vaste champ lexical du divin, *deus, *divus, *divinus. Ce qui concerne la divinité ou est inspiré par elle. Chez les Romains, Jupiter, *dius pater, père divin parce que lumineux,est le maître du ciel en pleine lumière. Diane, déesse elle aussi lumineuse, inspire la diane, cette sonnerie qui, à la pointe du jour, réveillera les soldats.

On encense la diva, au point de la déifier, la révérer comme une déesse. Le devin est celui qui devine, au travers de la divination, les intentions cachées des dieux.

Et la richesse, parce qu’elle est accordée par les dieux, se nomme *divitiae, au pluriel.

*Dies, c’est le jour en pleine lumière diurne, à midi, la pause méridienne, en regard de la nuit. C’est l’évolution phonétique du mot diurne qui contribue à la formation du jour. La journée désigne ensuite l’espace de temps dans sa durée, le quotidien, aujourd’hui, puis une durée illimitée, toujours, sans précision. On ajourne à une triade (3), une ennéade (9) ou une décade (10) la rencontre prévue. Diariste, on écrit son journal intime.

Le jour est la référence triviale, pourrait-on dire, profane. Mais on ne saurait l’écarter de sa contingence initiale, qui ressortit au divin. Même dans des sociétés qui se considéreraient débarrassées, à tort, de ce lien.

Dieu ? Vaste programme ! Objet de toutes les préoccupations, de toutes les conjectures polythéistes, monothéistes, païennes, athées, etc. On en prononce le mot à tout propos, en le déformant pour ne pas être sacrilège. Pardi, morbleu, parbleu, sacrebleu, par la mort de Dieu, sacré Dieu. Palsembleu, par le sang de Dieu, le juron animait l’ordinaire langagier des aristocrates et fomentait l’image d’un sang noble qui serait bleu. D’où la stupéfaction de bon nombre de gens du peuple, qui découvrirent, devant leurs têtes coupées sur l’échafaud, que le rouge sanguin se moquait des subtilités hiérarchiques !

Impossible de séparer l’idée du divin de celle de la création, de l’immortalité, de l’éternité. Est immortel celui qui n’a plus à mesurer le temps à partir du jour de sa naissance, éternel celui dont le temps n’a ni commencement ni fin. Et la grande question a toujours été de décider du commencement des choses. Premier jour ou première nuit ? La Genèse pose la première nuit comme prélude au déroulement du temps. Les Physiciens philosophes du monde antique font émerger le monde progressivement organisé de la séparation entre la lumière et l’obscurité. Les Gaulois comptent en nuits et non pas en jours, contrairement aux sociétés plus contemporaines.

Si intrigante, voire inquiétante est l’impalpabilité du temps, dépassé à peine est-il vécu, vers un futur indécidable. Tant qu’à faire, on préfère le vivre en pleine lumière, se bercer de l’illusion fallacieuse qu’au moins on le voit passer. Et on noie dans des flots de lumière artificielle cette ténèbre dangereuse.

Ainsi, la fée électricité fut longtemps interdite dans les monastères, même après sa banalisation, car elle contrevenait à l’alternance régulière du jour et de la nuit, qui réglait les travaux journaliers. Au même titre, d’ailleurs, que le chauffage central qui rompait le rythme des saisons.

Ecoutons donc la sagesse du proverbe sanskrit :

 » Hier n’est qu’un rêve et demain une vision. Mais, bien vécu, l’aujourd’hui fait de chaque hier un rêve de bonheur et de chaque demain, une vision d’espoir. Prends donc bien soin d’aujourd’hui. »

Annick DROGOU

Il fait jour. Petit jour, c’est le jour naissant, le jour qui se lève, associé à tous les commencements, à toute la création. Depuis ce premier temps où tu es venu au jour. C’est aussi parfois dans ta vie le grand jour, ce “jour J“ qui te marque et transforme ta vie. Le jour comme révélation de la lumière dans sa pureté originelle. N’est-ce pas cela voir le jour, venir au monde et naître à toute lumière. Comme la vérité percée à jour, de celle qui se fait jour.

Le jour toujours recommencé est le temps où nous pouvons œuvrer. Mais depuis l’apparition de la fée (sorcière ?) électricité tout a changé, la nuit a disparu, le temps de l’ouvrage et du travail s’est allongé. Artificiellement. Tous nos rythmes de vie millénaires en ont été bouleversés. La nuit était le temps du silence comme le jour celui de la parole. Désormais, nous ne sommes que dans le temps permanent du bruit. Silence perdu, parole perdue, quand il nous faudrait savoir nous orienter vers le jour naissant, là où paraît la grande lumière.

Pas d’opposition entre le jour et la nuit, rien de contraire, seulement une succession toujours recommencée, le rythme fondamental, la respiration universelle. Où est le vide, où est le plein ? Le jour comme le vide dans la broderie, la dentelle qui laisse passer la lumière, jour de Calais ou d’ailleurs. Plénitude de lumière.

Oublie le jour comme unité de temps de 24 heures. Ce n’est qu’un artifice, une convention, un calcul certes précis et utile, mais qui ne te fera jamais vibrer dans la réalité de la lumière. Le jour n’est pas le temps qui s’écoule, c’est toujours le temps de la rencontre, de la vie toujours renouvelée. Belle comme le jour. Ne crains rien, sois patient, confiant. Demain, il fera jour et, qui sait, un jour peut-être….

Jean DUMONTEIL

Le dessin de… Jissey : « Amalgame »

0

Si l’article de Gil Garibal du 8 mai indique que « le cerveau est un mystérieux continent« , on comprend que celui d’un franc-maçon puisse rester une énigme pour un religieux susceptible d’en faire un « amalgame ». Notre ami Jissey a bondi sur l’occasion… (et Judith Ravar a tout traduit pour nos amis anglo-saxons)

Ce point intermédiaire des relations qu’on peut appeler le point de pudeur

2

(Les « éditos » de Christian Roblin paraissent les 1er et 15 de chaque mois.)

La Franc-maçonnerie nous enjoint de « fuir le vice et de pratiquer la vertu[1] ». Le vice, nous connaissons, inutile de détailler ; mais, la vertu… Le vice, vaste programme[2], en effet ! Quant à la vertu, un austère défi aux allures de face Nord ? Et, pourtant, il existe une vertu tranquille quoique volontiers primesautière, discrète et guillerette, tout à la fois, bienveillante et persistante par nature ; une vertu qui s’accommode avec autrui, non point par résignation ou par opportunisme, mais par une sorte de mitoyenneté morale visant à la joie de vivre ; une belle et bonne vertu qui, sans tapage, entraîne aux rencontres heureuses, suivant les règles élémentaires d’un « savoir-vivre » philanthropique. Sans grande audace, certains y voient déjà, plus que l’amorce, le véhicule de la fraternité…

Cette vertu-là a renoncé à la force pour répandre sa puissance[3]. Elle est « virtuelle ». Elle repose dans nos intentions comme dans nos actes ou plutôt celles-là et ceux-ci reposent sur elle. Elle accueille la vie comme on accueille le jour, à ceci-près qu’elle loge de petits soleils dans la nuit. On la dirait « libidinale », tant elle s’investit avec légèreté un peu partout. Mais sa légèreté ne se confond pas avec l’insouciance – en revanche, elle est bien innocente. Au sens propre : elle ne nuit pas.

C’est l’œuvre fluide d’une conscience vive et pacifique qui sait ce qu’elle s’autorise sans empêcher autrui, une énergie psychique vitale qui, dans son simple accomplissement, manifeste un respect spontané pour tous les êtres, une inclination « naturelle » et générale qui aménage un vide à remplir doucement ensemble, un amour en creux au plan humain, un espace accueillant, propice au confort commun comme à la liberté de chacun. Dépourvue d’ostentation et de vanité, elle nourrit avec sincérité la confiance qui débouche sur l’intérêt mutuel.

Oh ! Je sais bien que cette vertu-là peut paraître de guimauve, un peu mièvre, tout juste bonne pour celui qui croit vivre au pays des bisounours : une vertu douceâtre de papy-boomers qui n’ont jamais connu de guerre ni d’autres violences que des harangues  le plus souvent audiovisuelles. Certes, je ne renvoie pas à cette « vertu de pointe » qui culmine dans l’ultime sacrifice du « héros d’un instant », tel que Vladimir Jankélévitch en évoque la figure[4], sachant que ce maître de philosophie morale distingue, dénombre et classe, avec une infinie subtilité, des vertus, en définitive, aussi nombreuses que les vices[5]. Le courant qui m’inspire incorporerait plutôt la gamme des « vertus de l’intervalle » où l’auteur du Traité des vertus  réunissait la fidélité, la patience, la modestie et l’amitié. Elles offrent, en effet, plus de facilité que d’autres à se diffuser et à se conserver, à condition, toutefois, de ne pas avoir la faiblesse de les imiter, car elles prêtent insensiblement le flanc à la complaisance et à l’hypocrisie.

Parmi ceux que la vertu semblait passagèrement préoccuper, j’en ai connu certains dont j’eusse aimé qu’elle les occupât foncièrement davantage. Ils discouraient d’elle avec la même aisance qu’ils s’en détachaient. Dieu merci, j’en ai croisé d’autres dont les œuvres parlaient pour eux. Eux-mêmes ne disaient rien. À la moindre allusion qu’on y faisait, ils regrettaient de ne pouvoir en faire plus. C’est pour eux que je tiens cette plume. Tout doit garder ses proportions. L’encre n’est pas le sang. Je n’ai pas cette prétention. Cependant, si nous convenons que faire la leçon n’a jamais guère mené à grand-chose,  nous ne pouvons que nous en rapporter… aux leçons de choses. De même, si nous croyons profondément que l’honneur et l’honnêteté ont partie liée dans notre idéal, nous ne pouvons que nous attacher à ce que leur duo fasse cause commune, chaque jour, dans notre action. En y ajoutant une petite attention aux vastes effets, en veillant constamment à un point d’équilibre qui est le gage d’un épanouissement durable : en plaçant au cœur de la délicatesse des mœurs ce point intermédiaire des relations qu’on peut appeler le point de pudeur.


[1] Comme rappelé dans un édito précédent : cliquez ici.

[2] Petit clin d’œil historique : en découvrant le 24 août 1944 une inscription : « Mort aux cons », le général de Gaulle se serait exclamé : « Vaste programme ! ». Pour des détails circonstanciés sur cette anecdote, cliquez ici.

[3] Sous l’angle de la vertu comme force morale, on pourra lire le récent essai de Jean Dumonteil, paru le 28 février 2023, aux éditions Numérilivre, sous le titre : Que la force le soutienne et l’achève (126 p., 20 €).

[4] Dans un éditorial précédent, mis en ligne le 1er février 2023, intitulé : « La vertu des pairs » (pour y accéder, cliquez ici), était évoqué en note 5 l’ouvrage auquel il est fait référence ici et ce, dans les termes suivants :

On ne saurait, non plus, passer sous silence le Traité des vertus de Vladimir Jankélévitch (Flammarion, coll. : Champs essais) qui comporte trois tomes respectivement sous-titrés : Le Sérieux de l’intentionLes Vertus et l’AmourL’Innocence et la Méchanceté.

Commencée quinze ans avant sa parution en 1949, la rédaction de cette œuvre exigeante et subtile traverse la Seconde Guerre mondiale et sa publication attendra encore de longues années avant de connaître le succès.

Dans le tome II qui comporte deux volumes (« Parties »), l’auteur s’élance dans ses descriptions, depuis la vertu du commencement (le courage) jusqu’à celle de la terminaison (la charité), en passant par celles de la continuation et de la conservation (la fidélité, la justice). Il met en perspective les vertus dites « de l’intervalle » (fidélité, patience, modestie, amitié), que l’homme peut posséder mais non sans risque de complaisance et d’hypocrisie, et les vertus qu’il appelle « de pointe » (humilité, générosité, sacrifice) que l’homme ne possède jamais et qu’il parvient seulement à effleurer.

Philosophe engagé, notamment dans la Résistance, l’auteur délaisse les voies de la morale spéculative et s’interroge, au fur et à mesure de ses distinctions, sur l’intérêt que représente le « rentier de la vertu » par rapport au « vertueux gredin », voire au statut fugace du « héros d’un instant ». Mais c’est un autre point d’orgue qui, en définitive, va retenir son attention ; en effet, la grande équation de l’homme lui permettant de s’élever partiellement au-dessus de cette casuistique demeure l’amour, qui détient les principales clés de la joie et du bonheur. De là, le titre du tome II : Les Vertus et l’Amour.

[5] Comme l’observe Érik Orsenna au sujet de Paul Morand qui « n’a pas pris le loisir de s’apercevoir que la famille Vertu a autant de rejetons que la famille Vice ». Dans son « Discours sur la Vertu », prononcé au palais de l’Institut, lors de la séance publique annuelle de l’Académie française, le 30 novembre 2000 (accessible en ligne en cliquant ici), l’académicien occupant du fauteuil numéro 17, à qui incombait l’exercice pour ce millésime, glissa cette confidence : « Combien de fois, affronté à des douleurs ou à des bonheurs trop vastes, ne me suis-je plongé et replongé dans cette mine d’or qu’est le Traité des Vertus ? »

Quant à François Sureau, nouvel occupant du fauteuil numéro 24, il se livrera à la même pratique rituelle, le 1er décembre 2022, choisissant comme thème le courage moral incarné par quatre figures fort différentes : Thomas More, Auguste Scheurer-Kestner, André Gide et Jean Cavaillès, faisant ainsi revivre des événements oubliés (pour accéder au discours, cliquez ici).

Il n’est pas jusqu’à Manuel Valls qui n’ait pris, cette saison, son courage à deux mains pour évoquer douze destins remarquables : Charb, Sébastien Castellion, Georges Clemenceau, Louise Michel, Nadejda et Ossip Mandelstam, André Malraux, Charles de Gaulle, Winston Churchill, Albert Camus, les 343 femmes pour le droit à l’avortement, Willy Brandt, Jean-Marie Tjibaou, Jean Moulin… (Manuel Valls, Le courage guidait leurs pas: 12 destins face à l’Histoire,  Tallandier,  23 mars 2023, 224 p.)

Ajoutons qu’Alain Finkielkraut recevait, ce samedi 13 mai 2023, dans son émission : « Répliques », sur France-Culture, précisément François Sureau et Manuel Valls, sur le thème : « La vertu du courage » (à écouter ou à télécharger, en cliquant ici).

Aussi bien, Alain Finkielkraut, élu au fauteuil 21, qui ne pouvait esquiver le morceau d’éloquence qui résonne, chaque fin d’année, sous la Coupole, se porta volontaire et prononça son « Discours sur la Vertu », le 12 décembre 2019, observant, dans la veine qu’on lui connaît : « Notre temps, délesté de la sagesse des Anciens, ne reconnaît d’autre loi que son élan compassionnel. Religion de la sortie du christianisme, l’humanité occupe seule désormais l’espace que se partageaient autrefois les vertus cardinales et les vertus théologales. » Il conclut par un vibrant appel à ce « que nous trouvions en nous la ressource, c’est-à-dire la vertu, de résister au sens de l’Histoire ». Ce qui, chez d’aucuns, aurait passé pour un aveu, chez lui, sans surprise, tourne en revendication (consultable, en cliquant ici).

 

Antimaçonnisme suisse : « La suisse franc-maçonne réhabilite ses sorcières et refuse les exorcismes »

De notre confrère profidecatholica.com – Par Laurentcatho

L’évêque de Coire (Suisse), Mgr Joseph Bonnemain refuse de nommer à nouveau, un prêtre exorciste dans son diocèse. Quoi de plus normal pour ce clerc de la secte maçonnique et satanique de Vatican 2. Il est d’ailleurs à rappeler que depuis Vatican 2 la démonologie n’est plus enseignée, et que Paul 6 fut intronisé « pape » aussi par ses frères satanistes lors d’une messe noire à la chapelle Pauline en avril 1963, où il y eut sur l’autel recouvert de tenture noire le viol d’une enfant par deux évêques, et sous les yeux de son père. Tout cela est raconté par l’auteur de la « Maison battue par les vents », le P. Malachi Martin, très certainement assassiné.

Il n’est pas étonnant que la Suisse entreprenne la réhabilitation de ses sorcières. La dernière “sorcière” à avoir été exécutée en Suisse et en Europe fut Anna Göldi, dans le canton de Glaris, en 1782. Elle a été décapitée en place publique. Qu’avait-elle fait ? Avait-elle fait bouillir des enfants pour invoquer des esprits malins ? Bien sûr, nul ne vous le dira, et encore moins Bonnemain. Elle a également été la première à être réhabilitée en Suisse, étant “exonérée” à titre posthume par le Parlement du canton de Glaris, en 2008, une annexe des loges. Comme quoi les frères maçons tiennent aussi à leurs sorcières. Cette procédure me rappelle les déclarations du représentant de l’ordre des Druides au Québec qui affirmait que la franc-maçonnerie repose sur les rituels druidiques. Ces mêmes druides qui pratiquaient le cannibalisme en Irlande notamment avant la conversion de l’île par St Patrick.

Plusieurs autres cantons suisses, notamment en Suisse romande où les persécutions étaient les plus graves, ont également pris des mesures similaires au cours des quinze dernières années, dont Fribourg et Genève, indique Ostorero. Dans le canton de Vaud, une plaque a même été érigée, il y a un peu plus d’un an, au château d’Ouchy, dans la capitale cantonale de Lausanne, à la mémoire de la sorcière Jacquette de Clause. C’est au château d’Ouchy, au bord du lac Léman, qu’elle fut emprisonnée. Selon Ostorero, qui a été consultée sur cette initiative, celle-ci s’inscrit dans une démarche des autorités lausannoises visant à dédier davantage de rues et d’espaces publics aux femmes.

Le prêtre qui exerçait cette fonction est décédé en 2020, à l’âge de 76 ans, et n’aura donc pas de successeur. Les personnes « en détresse psychique » doivent « trouver des solutions médicales ou psychothérapeutiques », estime-t-il.

Mal-aimés francs-maçons - Le Courrier

Avant d’être évêque, Mgr Bonnemain était en effet médecin, et certainement un médecin très mauvais, tant il n’a jamais soufflé mot contre le vaxxin. Il a notamment expliqué son positionnement à ce sujet à l’antenne d’une radio régionale suisse. « Nous sommes tous des êtres humains qui portons en nous des forces et des faiblesses », a-t-il déclaré. « Toute personne confrontée à des situations sociales, professionnelles ou de santé difficile peut se faire soigner », selon le prélat. Convaincu qu’il « n’est pas nécessaire de vouloir trouver des causes mystérieuses » à l’éventualité d’un cas de possession, le prélat cite ensuite des solutions « classiques », c’est-à-dire « médicales, psychologiques, psychothérapeutiques ». Bien entendu, nous serions intéressés que cet « évêque » nous parle de la franc-maçonnerie, et notamment qu’il réponde à l’existence de lien avec cette secte pédocriminelle. Gageons qu’il y a de forte chance qu’il demeure muet.

Ajoutons qu’en Suisse plus qu’ailleurs, le silence envers cet ordre satanique qu’est la franc-maçonnerie, est une mode. Rappelons que Blocher fut plusieurs fois invité et se rendit au Bilderberg. En clair, on fait semblant. Donc, cette secte peut continuer librement ses entreprises.

Quoi qu’il en soit, bien avant de conseiller un exorcisme, il faut remédier à une pratique sérieuse et soignée de la religion catholique traditionnelle. Et, nous pouvons aussi conseiller la pratique journalière des chapelets, celui de notre sainte Mère et celui de saint Michel en complément, auquel aucun mal ne résiste.

L’importance de la pensée pour déterminer l’action

De notre confrère italien expartibus.it – Par Chrétien de Rosemunda

Soyez toujours en guerre avec vos vices, en paix avec vos voisins, et laissez chaque année de meilleures personnes vous découvrir.
Benjamin Franklin

La franc-maçonnerie est un Ordre universel initiatique à caractère traditionnel et symbolique. Ses buts sont l’amélioration et l’élévation de l’individu et de toute la famille humaine. Ses membres sont également appelés francs-maçons et libres penseurs.

La pensée franc-maçonnerie, par la réflexion et l’apprentissage, se forge à partir de ces principes. Pour cela, il faut parfois une prédisposition humaine et intellectuelle innée.

L’Institution embrasse des principes universels qu’elle choisit comme guide d’action. Ils travaillent à l’amélioration de soi et, par conséquent, de l’humanité avec laquelle ils entrent inévitablement en contact.

Les principes sont : liberté, égalité, fraternité. La franc-maçonnerie s’efforce de familiariser ses adeptes avec ces idées, les élevant au-dessus des pensées et des idées préconçues héritées du monde profane.

La beauté de la franc-maçonnerie, c’est aussi la beauté de la vie : savoir que l’on est toujours à l’affût, seul et en partenariat avec d’autres hommes libres. C’est pourquoi il est nécessaire de se montrer tel que l’on est, en créant des occasions de rencontres et de poursuivre, sans s’arrêter, son travail.

La franc-maçonnerie a une vision précise du monde, qui éduque à agir et à vivre en relation avec l’autre. La confrontation constante entre frères est une incitation continue à s’améliorer, à abandonner « les vices » et à élever « des temples aux vertus ».

Les francs-maçons, surtout les jeunes, peuvent apprendre des Frères qui nous ont précédés l’importance de la curiosité intellectuelle, l’engagement à s’améliorer, approfondir la notion de science et de pratique du dialogue. 

Des enseignements qui renforcent la volonté de travailler au service des droits humains et qui nous rendent libres de pouvoir agir.

Penser d’une certaine manière ne signifie pas que se développe une sorte de philosophie maçonnique, mais un ensemble de principes qui dérivent de tous les domaines de la connaissance et qui se combinent pour former une seule dimension.

La franc-maçonnerie s’oppose à l’hypostasie d’une voie préétablie ; ce n’est pas « la voie » ni même « une voie » : elle la dépasse. Il n’y a pas de méthode ou de méthodologie, cela nous permet constamment de « Penser », en évitant la cristallisation des connaissances et des connaissances, qui est souvent confondue avec la Vérité.

La pensée maçonnique ne peut pas se placer dans cet espace d’autocensure, au contraire, elle doit avoir le courage d’aller plus loin, sinon elle ne se distinguerait pas de la pensée scientifique ou religieuse et ne se définirait pas, précisément, comme libre pensée.

La franc-maçonnerie est autre chose ; elle a la nécessité de combiner le discours sur la matière et la surmatière, c’est-à-dire la pensée sur la structure matérielle et sur la superstructure spirituelle.

Transformer la pensée en action : nous écoutons notre voix intérieure, qui gagne de plus en plus en conscience et en force à mesure que nous nous débarrassons des poids inutiles. Nous apprenons à penser comme des francs-maçons.

Pour retrouver nos pensées les plus pures, celles capables de déterminer l’action, nous devons entrer en contact avec notre force intérieure.
Nous ne devons pas avoir peur de penser.

La pensée libre conduit à une action réfléchie et raisonnée, sans contraintes.
N’oublions pas que nous sommes nés « libres et de bonne moralité », et c’est cette liberté de pensée qui nous permet de mener à bien un certain type d’action.

Cela nous rend différents, cela nous rend merveilleusement uniques, cela fait de nous des francs-maçons.

La franc-maçonnerie est ma façon d’appréhender les choses. Dans mes luttes les plus difficiles et mes efforts les plus sombres, la franc-maçonnerie est ma façon de prendre les choses de ce monde et de les connecter. Elle est le contrepoint de mes actions, le diapason de mes réflexions. C’est pourquoi j’en parle si souvent.
Pierre Simon

Première discussion sur la franc-maçonnerie à Asunción (Paraguay)

De l’Ordre maçonnique mixte du Paraguay, ils organiseront la première discussion totalement gratuite intitulée « Parlons de la franc-maçonnerie », qui aura lieu à l’hôtel Sheraton d’Asunción. L’activité se déroulera dans le cadre des 16 ans et ce sera la première fois que l’ordre ouvrira ses portes au public, pour partager ses valeurs et ses principes.

Selon Manuela de la Cruz Rolón, le Grand Maître le plus serein de l’ordre, ouvrir les portes de la franc-maçonnerie est tout un défi et que l’idée de la congrégation est de partager des valeurs et des principes, en plus de rompre avec certains mythes et tabous . « Nous allons commencer mardi par une discussion ouverte au public », a-t-il déclaré dans une interview à La Nación/Nación Media.

Temple de l’Orden Masónica Mixta del Paraguay.

Il a souligné que ce jour-là sera développé le thème « Parlons franc-maçonnerie, démontons les mythes et les tabous », un événement destiné aux profanes ou au grand public. « Nous sommes très surpris car nous avons plus de 300 personnes inscrites, intéressées à en savoir plus sur l’ordre maçonnique. Nous allons continuer à nous inscrire, mais nous confirmerons qui pourra participer », a-t-il souligné.

Il a assuré que ce sera une occasion spéciale d’en savoir plus sur un sujet qui, depuis des siècles, a généré toutes sortes de légendes autour de la franc-maçonnerie. « Pour le mercredi 10, l’événement sera clôturé sur invitation, uniquement pour les initiés de diverses puissances et aura la présence de deux intervenants de luxe. Aussi, d’importants dignitaires de diverses puissances nationales et internationales seront invités », a-t-il souligné.

Manuela a affirmé que les activités se termineront le samedi 13, avec Philanthropie pour les peuples autochtones dans sa deuxième édition. Les événements auront lieu du mercredi 9 mai au samedi 13 mai, à 19h00. L’entrée est gratuite, mais l’inscription préalable doit être faite, au vu des places limitées . Les personnes qui souhaitent participer peuvent s’inscrire à ommpy.org@gmail.com ou sur le compte Facebook Mixed Masonic Order of Paraguay.

La première conversation ouverte au public.  Photo: courtoisie
La première conversation ouverte au public. Photo: courtoisie

L’éthique maçonnique et la biologie du cerveau : Comment les concilier ?

Bien que tous les francs-maçons et toutes les francs-maçonnes n’aient pas forcément la même conception d’une éthique maçonnique, on peut lister certains éléments qui devraient faire consensus :

  • La Fraternité : l’amitié, l’entraide et la coopération solidaire.
  • La Tolérance, le respect mutuel dans le cadre de la liberté de conscience.
  • L’intégrité et l’honnêteté.
  • Le perfectionnement moral, ce qui implique le travail et la recherche.
  • La philanthropie avec la propension à aider son prochain.
  • La discrétion avec l’absence de prosélytisme et l’humilité.

La Franc-Maçonnerie se veut être une société qui permet de rassembler les êtres humains possédant ces hautes valeurs morales.

Mais c’est aussi un espace où il est dit que l’on apprend à s’améliorer et à devenir « meilleur » !

On pourrait voir une contradiction entre ces deux propositions car si on doit s’améliorer au fil du temps maçonnique, cela ne sous-entend il pas que nous n’étions pas si parfaits que cela avant d’être initié ?

Tout se complique lorsqu’on prend conscience des découvertes scientifiques et en particulier de l’action des neurotransmetteurs biochimiques dans le fonctionnement cérébral.

Aujourd’hui, il n’est plus possible de croire que le respect d’une éthique, qu’elle soit maçonnique ou d’une autre nature, est uniquement une affaire de volonté et de choix.

Notre fonctionnement cérébral et donc notre pensée est aussi sous l’influence d’un certain nombre de molécules biochimiques que l’on appelle les neuromédiateurs ;  je me permets de rappeler les plus importants !

Les principaux neurotransmetteurs sont au nombre de sept :

L’acétylcholine :

Découverte en 1914 par le physiologiste anglais Henry Hallett Dale, son rôle de neuromédiateur fut explicité en 1921 par le pharmacologiste allemand Otto Loewi.

L’acétylcholine est synthétisée dans les terminaisons des axones à partir de la choline et de l’acétylcoenzyme A. Ce dernier provient notamment de la dégradation du glucose stocké dans l’organisme. La choline provient de l’alimentation, les aliments qui en contiennent le plus sont les oeufs suivis par la viande (le foie en particulier) et le poisson. La choline provient aussi de la dégradation de l’acétylcholine dans le cerveau.

On la retrouve aussi bien au niveau du cerveau que dans les communications entre les nerfs périphériques.

L’acétylcholine joue un rôle dans la régulation de l’attention, de l’apprentissage, de la mémoire et de la motricité.

On la retrouve aussi pour le fonctionnement du système nerveux parasympathique. A ce titre, l’acétylcholine participe à ce que l’on appelle le « malaise vagal » qui survient en particulier dans des circonstances liées au stress !

Les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et de la maladie de Parkinson ont tendance à avoir de faibles niveaux d’acétylcholine.

La dopamine :

Son rôle a été découvert en 1958 par deux chercheurs suédois, Arvid Carlsson et Nils-Ake Hillarp. Elle est synthétisée dans les neurones à partir d’un acide aminé, la tyrosine.

La dopamine est associée à la motivation, au plaisir, à la récompense et à la régulation des mouvements.

Un taux insuffisant de dopamine joue un rôle dans la maladie de Parkinson alors que l’inverse s’observe dans la schizophrénie.

La noradrénaline  :

C’est grâce à plusieurs chercheurs (et en particulier John Abel en 1899 ; Jokichi Takamine en 1901 et von Euler en 1946) que furent découvertes les propriétés de l’adrénaline et de la noradrénaline qui appartiennent au groupe des catécholamines.

La noradrénaline est impliquée dans l’éveil, l’attention, la vigilance, la gestion du stress et la réponse « combat ou fuite ».

Elle joue également un rôle dans la régulation de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque.

La sérotonine :

On doit au pharmacologue italien Vittorio Erspamer (1909-1999), en 1946, et à l’américain Maurice M. Rapport, en 1948, d’avoir mis en évidence les propriétés de la sérotonine.

Elle est souvent appelée l’hormone du bonheur en raison de son rôle dans la régulation de l’humeur, de l’appétit, du sommeil et de la température corporelle.

Des déséquilibres de la sérotonine sont impliqués dans des troubles tels que la dépression et le trouble obsessionnel-compulsif (TOC).

Le glutamate :

C’est le glutamate exauceur de goût qui a été découvert en 1908 par le professeur Kikunae Ikeda.

Aujourd’hui on parle de système glutamatergique dans la mesure où de nombreuses molécules interviennent.

Le glutamate est le principal neurotransmetteur excitateur du cerveau et joue un rôle crucial dans l’apprentissage, la mémoire et la plasticité synaptique.

Des niveaux élevés de glutamate peuvent provoquer une surstimulation des neurones, ce qui peut entraîner des lésions cérébrales.

L’acide gamma-aminobutyrique :

On doit au neurobiologiste américain Eugene Roberts (1920-2016), en 1950, d’avoir découvert le principal neuromédiateur inhibiteur chez les mammifères.

Le GABA contribue à la régulation de l’excitabilité des neurones.

Il joue un rôle dans la réduction de l’anxiété et la promotion de la relaxation.

Des niveaux insuffisants de GABA peuvent contribuer à des troubles tels que l’anxiété et l’épilepsie.

Les endorphines :

Elles ont été découvertes par deux scientifiques anglais, John Hughes et Hans Kosterlitz, dans les années 1978.

Les endorphines sont des peptides qui agissent comme des analgésiques naturels et sont libérés en réponse à la douleur, au stress ou à l’exercice physique.

Elles sont impliquées dans la régulation de l’humeur et du plaisir.

L’éthique maçonnique dans le fonctionnement cérébral

Sachant le rôle que jouent les neuromédiateurs dans le fonctionnement de notre cerveau, il peut être tentant de savoir si ces neurotransmetteurs interviennent dans ce que l’on pourrait appeler « l’éthique maçonnique » !

On sait aujourd’hui que plusieurs régions du cerveau et des processus neurobiologiques spécifiques sont impliqués dans la prise de décision morale et le comportement éthique :

1.           Le lobe frontal, en particulier le cortex préfrontal, est responsable des fonctions exécutives telles que la résolution de problèmes, la prise de décision, la planification, l’inhibition des impulsions et la régulation des émotions. Ces fonctions sont essentielles pour peser les conséquences morales de nos actions, contrôler nos impulsions et prendre des décisions éthiques.

2.           L’amygdale, une structure située dans le système limbique, est impliquée dans la régulation des émotions et la formation de la mémoire émotionnelle. Les réponses émotionnelles, comme la compassion, l’empathie ou la culpabilité, sont des éléments clés de la prise de décision morale.

3.           Le cortex cingulaire antérieur est impliquée dans la résolution de conflits et la prise de décision. Elle joue un rôle dans la prise en compte des différentes options morales et dans la sélection de la meilleure option possible.

4.           Les neurones miroirs sont des cellules nerveuses qui s’activent à la fois lorsque nous effectuons une action et lorsque nous observons quelqu’un d’autre effectuer la même action. Ces neurones sont impliqués dans l’apprentissage par imitation et sont essentiels à l’empathie, à la compréhension des intentions d’autrui et à la prise de décision morale fondée sur l’impact de nos actions sur les autres.

Tout cela explique que les « bonnes intentions » ne suffisent pas toujours à vouloir être « meilleur » et que nous devons composer avec ce que nous sommes dans notre intimité biologique !

Deux situations particulières montrent que l’éthique maçonnique n’est peut-être pas en cohésion avec notre fonctionnement cérébral !

La personnalité perverse narcissique (aussi appelée NPD pour NARCISSISTIC PERSONALITY DISORDER)

C’est un des troubles de la personnalité qui perturbe les relations sociales ; il est caractérisé par :

– un sentiment exagéré de sa propre importance,

– un besoin constant d’admiration,

– un manque d’empathie

– et des relations interpersonnelles difficiles.

Les travaux de recherche ont permis de retrouver un certain nombre de particularités :  

1.           Des anomalies dans le cortex préfrontal, impliqué dans la régulation des émotions, la prise de décision, la planification et l’empathie.

2.           Une activité réduite dans l’insula lorsqu’il s’agit de tâches impliquant la compréhension des émotions.

3.           Une sensibilité accrue du système de récompense qui peut contribuer à leur besoin constant d’admiration et de validation.

4.           Une activité amygdalienne accrue lorsqu’elles sont confrontées à des stimuli émotionnels qui peut être lié à une hypersensibilité aux critiques.

Le problème de l’âge et du déclin cognitif

Bien que nous ayons gardé un vocabulaire gratifiant les personnes âgées, la réalité biologique montre que l’âge représente une difficulté réelle pour participer aux travaux maçonniques :

  • L’existence d’handicaps variés et évolutifs,
  • Le déclin cognitif lié à l’âge, tel que la diminution de la mémoire de travail et de la vitesse de traitement, peut affecter la capacité à résoudre des problèmes complexes et à prendre des décisions morales.
  • Les peurs multiples liées aux possibles accidents de la vie quotidienne,
  • Certaines personnes peuvent devenir plus rigides dans leurs croyances et leurs attitudes morales à mesure qu’elles vieillissent, ce qui peut les rendre moins ouvertes à des perspectives différentes et à l’évolution des normes sociales et culturelles.
  • Les changements biologiques liés à l’âge, tels que les fluctuations hormonales et la dégradation des neurotransmetteurs, peuvent également influencer la moralité en affectant l’humeur, la cognition et les comportements sociaux.

Quelles conclusions pour la démarche maçonnique ?

On ne peut naturellement pas résumer le comportement à l’activité des neuromédiateurs cérébraux.

Mais il serait déraisonnable de penser que la simple motivation et le désir pourraient suffire à acquérir des principes moraux favorisant la fraternité universelle et la bienveillance.

Notre fonctionnement biologique est à la fois une des causes de notre équilibre psychologique et en même temps il est sous la dépendance d’un certain nombre de contraintes !

Dans la vie quotidienne le plus grand risque de perturbation de notre activité cérébrale se retrouve dans la dépendance aux addictions ; que cela soit le tabagisme, la consommation de drogues, les addictions alimentaires  ou l’alcoolisme chronique, tout cela provoque des troubles mentaux indéniables qui contrarient le processus initiatique et favorise les dérives morales bien connues que sont la velléité, la procrastination, la mythomanie et l’égoïsme.

Pour « optimiser » le fonctionnement des neuromédiateurs cérébraux on retrouve un certain nombre de principes :

  • Une alimentation réduite pour préserver un indice de masse corporelle adapté,
  • L’absence de toute pratique addictive toxique,
  • Une activité physique quotidienne,
  • Un sommeil naturel, sans somnifères et/ou tranquillisants,
  • Une activité cognitive quotidienne,
  • Et une exposition au stress la plus limitée possible !

J’ai dit !

Les francs-maçons et le vin

De notre confrère larvf.com – Par Jean-Moïse Braitberg

S’ils cultivent le goût du secret, les francs-maçons apprécient la convivialité et les symboles associés au vin. Un plongeon dans les antres de cette société discrète nous a permis de mieux comprendre la place spéciale qu’y occupent la vigne et le vin.

Vin et franc-maçonnerie : « agapes » en Bourgogne…

Début juin 2009, dans son restaurant le Pré aux Clercs à Dijon, le chef Jean-Pierre Billoux reçoit quarante convives pour un dîner particulier.
Autour de la table, une majorité d’hommes. C’est la soirée fraternelle des Amis du vin de la Grande Bourgogne. Dans le vocabulaire des francs-maçons, entendez « la soirée amicale des francs-maçons bourguignons travaillant dans le vin ».

Malgré ses fresques italianisantes, la salle tient plutôt de l’auberge espagnole, car tout ce que l’on boit vient soit de la production de chacun des convives, soit de sa cave. Pour l’apéritif, il y a d’abord les bulles d’une “sœur” champenoise. Puis, pour débuter le repas, un frère sert son modeste mâcon-cruzille, prélude à deux magnums d’une fameuse propriété de Chablis. Soudain, c’est la grande parade : un gevrey-chambertin dont l’étiquette triangulaire complète l’allusive mention “franc de pied”, puis des magnums de richebourg, mazis-chambertin, échezeaux et volnay-santenots…

Jean-Pierre Billoux n’a jamais fait mystère de son appartenance à la franc-maçonnerie. En Bourgogne comme à Bordeaux, nous ne pouvons pas en dire autant de tous. « Tout le monde sait que je suis franc-maçon, sans trop savoir ce que cela veut dire. Mais de là à m’exposer dans une revue comme la vôtre… Je travaille beaucoup avec la Belgique où les “cathos” nous perçoivent encore comme des anticléricaux enragés. Si je dévoile mon appartenance, je risque de perdre des marchés. »

Ces mots sont ceux d’un célèbre propriétaire d’un cru bourgeois du Médoc septentrionnal qui tient à son anonymat. Un paradoxe quand on sait qu’il figure en bonne place dans le livre de Magali Aimé, « Les Vignes de la franc-maçonnerie », en vente dans toutes les librairies. Cet ouvrage cite une trentaine de producteurs. Mais bien que l’appartenance maçonnique de telle célébrité de Sancerre, de tel propriétaire d’un fameux cru de Saint-Estèphe ou de tel “châtelain” d’un grand cru de Saint-Émilion soit localement notoire, pas un de ceux dont le nom apparaît dans ce livre n’a souhaité être cité dans La RVF.

Vin et franc-maçonnerie : la recherche de la Vérité…

Alors pourquoi tant de mystères ? La franc-maçonnerie, qui se définit comme une institution « philanthropique, philosophique et progressive », est née en Angleterre à la fin du XVIIe siècle. Elle a, entre autres, pour but la « recherche de la Vérité ».

Une profession de foi admissible pour les protestants adeptes du libre examen, les juifs et les musulmans émancipés de tout dogme, mais inadmissible pour la frange conservatrice de l’Église catholique qui prétend incarner la “Vérité” par la bouche de son pape.

Au XXe siècle, le nazisme, Vichy, puis le communisme ont persécuté les francs-maçons assimilés à des suppôts du libéralisme et à des agents du complot « judéo-maçonnique ».

Pour beaucoup de francs-maçons, ces persécutions justifient la permanence du secret. Mais il ne s’agit là que d’une raison mineure. Car le mystère qui entoure la franc-maçonnerie tient à sa substance même : celle d’une société initiatique dont le sens ne peut être compris qu’à travers règles et rites permettant d’atteindre la chose la plus secrète au monde : la connaissance de soi. Et le vin dans tout ça ? Il fait partie du parcours maçonnique : symboliquement, comme dans le verre…

Au commencement était la terre. L’initiation maçonnique, qui se déroule en quatre étapes, débute par un passage dans le “cabinet de réflexion”. Un “caveau” qui symbolise la mort à l’ancienne vie et le renouveau à une vie nouvelle par le passage en terre. Une symbolique à laquelle n’importe quel vigneron est sensible. Bien des frères ont glosé sur cette symbolique durant leurs “tenues”. Certains, mêlant allègrement Dionysos, Noé, le Christ, Rabelais, la Kabbale, les Templiers en un douteux breuvage philosophico-ésotérico-religieux souvent indigeste, mais ayant la vertu de donner soif. Une prime vertu lorsque l’on sait que la symbolique du “Vin de la Connaissance” passe forcément par la connaissance profane du vin.

Vin et franc-maçonnerie : des crus « de gauche »…

Rien d’étonnant, donc, qu’après Paris, ce soit à Bordeaux qu’aient vu le jour les premières loges maçonniques de France au XVIIIe siècle.

Une de ces loges, l’Anglaise 204, créée en 1732, existe toujours. Ce fut à l’origine une loge de négociants voyageurs irlandais, partisans de Jacques II, le dernier roi catholique d’Angleterre. Mais aujourd’hui, c’est dans les cercles “laïcards” ou dans les crus bourgeois “de gauche”  (lire notre article « Crus bourgeois 2009 : saint-Julien absent« ) qu’il faut chercher l’influence de la franc-maçonnerie en Bordelais.

Une présence difficile à mesurer. Car le Bordelais est fort divers. Si le Blayais et le pays de Sainte-Foy-la-Grande ont une tradition républicaine et laïque, le Sauternais et Saint-Émilion sont plus cléricaux et conservateurs. Le Médoc est à la fois l’un et l’autre, et a surtout la religion des affaires…
C’est pourquoi on trouve une loge du Grand-Orient de France plutôt de gauche et laïque à Pauillac, tandis qu’un “temple” de la très traditionaliste Grande Loge Nationale de France est installé dans la splendide chartreuse du XVIIIe siècle du château Balac, à Saint-Laurent-du-Médoc.

Il existe même, à Gornac, petit village de l’Entre-deux-Mers, un temple maçonnique au domicile d’un ancien viticulteur sympathisant socialiste qui a créé son obédience : la discrète et influente Grande Loge Mixte Souveraine.

La Gironde possède aussi le seul temple maçonnique classé monument historique dans une salle du beau château de Montgenan, près de Langon. L’occasion pour la propriétaire des lieux, en rien franc-maçonne, d’écouler auprès des frères son bordeaux supérieur dont l’étiquette ornée de signes maçonniques discrets prend de ce fait une plus-value… toute symbolique, bien sûr.

Vin et franc-maçonnerie : petites affaires entre frères…

L’étiquette maçonnique. Voilà une pratique ancienne fort répandue chez les vignerons “francs-macs”. Le plus fameux d’entre eux, aujourd’hui « passé à l’Orient éternel », comme disent les “frangins”, possédait près de Sauternes un domaine au nom fabuleux : le domaine de la Gauche. Une mine pour ce viticulteur qui produisait un sauternes médiocre mais fraternellement acheté dans les loges pour ses étiquettes frappées de l’équerre et du compas.

La maçonnerie serait-elle  pour certains “francs-vignerons” l’occasion de faire de bons coups en francs-tireurs ? Serge Playa, propriétaire du château d’Esteau en Haut-Médoc, se targue de fournir le restaurant du Grand-Orient de France, rue Cadet à Paris. Ses étiquettes représentent un temple antique encadré par la lune et le soleil. « Dans ma loge, à Pauillac, on ne sert que du château d’Esteau », proclame ce Médocain chaleureux qui ne fait pas mystère de son appartenance… ni de son sens des affaires.

Jean-Claude Bernous, propriétaire près de Sainte-Foy-la-Grande, a eu moins de succès. Pionnier de la viticulture “bio” et un brin “anar”, il est membre du Grand-Orient, mais son vin n’y a connu qu’un succès éphémère. « J’ai vendu une palette de ma production au restaurant du Grand-Orient. Mais on ne m’en a pas repris. On m’a dit : “Tu n’es pas le seul à faire du vin, il faut que ça tourne”. » La généreuse vertu fraternelle s’altérerait-elle sous l’effet de l’esprit de lucre ?

Un haut dignitaire maçonnique, aujourd’hui disparu, a dit : « Les francs-maçons s’embrassent beaucoup, mais s’aiment peu ». Ce n’est pas tout à fait faux. Ils sont nombreux, ces frères, à avoir dû passer, comme Jean-Claude Bernous, par la justice maçonnique et même ordinaire pour se faire payer par d’autres frères. « La seule fois où j’ai manqué de me faire rouler, c’était par un frangin, courtier à Bordeaux, qui voulait me laisser sur le carreau avec 60 000 € de vin. » Eh oui, si la franc-maçonnerie possède sa justice de paix, c’est sans doute que la fraternité est à géométrie variable. N’en déplaise au Grand Architecte…

En principe, un franc-maçon doit « laisser ses métaux à la porte du temple ». Traduisez : tous les frères sont égaux en loge. Les affaires, l’argent, le rang social, que symbolise le métal, ne doivent pas compter durant les travaux maçonniques. Beau principe. Seulement, après les “tenues”, il y a les “agapes” que l’on prend en “salle humide”, entre autres termes du vocabulaire des francs-maçons. Et là, les métaux déposés à la porte du temple se mettent à sonner dans un assourdissant bruit de ferraille. Bref, le vin favorise l’amitié et l’amitié aide aux affaires.

Vin et franc-maçonnerie : entraide et solidarité…

Pourquoi, en effet, ne pas se servir de ses relations quand celles-ci permettent de trouver plus vite la bonne porte pour obtenir un service ? Les réseaux familiaux, d’anciens élèves ne fonctionnent pas autrement. Sauf qu’en maçonnerie, l’entraide et la solidarité sont des vertus cardinales. Alors, comme le dit un petit négociant bourguignon : « Si j’ai le choix entre faire travailler un frère et un profane, à compétence égale, je vais choisir le frère ».


Assez souvent, c’est aussi l’inverse qui se produit. On « fait rentrer » un frère parce qu’il occupe une place élevée dans le “monde profane”.

Un ancien responsable de l’Association des sommeliers de Paris raconte : « Un jour, un copain m’a demandé d’organiser un week-end dans le Bordelais pour un groupe de ses amis. J’ai préparé une visite dans le Médoc et ils m’ont invité. Au retour, ils m’ont proposé de rentrer à la Grande Loge Nationale de France. Le jour de mon initiation, j’ai été étonné de voir tous ces sommeliers et restaurateurs que je connaissais. Ça a changé nos rapports. Nous sommes devenus plus proches et humbles. J’ai vu Joël Robuchon quand il était apprenti à la Loge l’Olivier. Il n’a jamais joué de sa célébrité et ne s’est pas servi de la franc-maçonnerie pour réussir. Tout comme Bernard Loiseau ».

Vin et franc-maçonnerie : négociants, sommeliers…

Mais tout le monde n’est pas comme ça. On cite tel restaurateur de Barbizon qui vit de la franc-maçonnerie. Comme il occupe un rang important à la Grande Loge Nationale de France, il s’arrange pour que les banquets aient lieu dans son restaurant ou chez son fils. Il y a aussi cet Aveyronnais, propriétaire de dix-huit brasseries parisiennes, qui organise des raouts fantastiques chez lui à Chaudes-Aigues.

Il invite jusqu’à quatre-vingt frères, tous frais payés, et leur offre un Laguiole décoré de symboles maçonniques. « Je ne crois pas qu’il fasse ça pour rien… », commente un de ses frères mais néanmoins concurrent. On cite encore une “loge d’affaires” de Bordeaux dont les membres sont tellement clients ou fournisseurs les uns des autres que si l’un d’eux « mange la grenouille », tous les autres boivent le bouillon…

Alimentaire, la franc-maçonnerie ? Sans doute. Mais pour qui et à quelle échelle dans le monde du vin ? Difficile à évaluer. Il existe bien un organisme, le Groupement interprofessionnel de tourisme et d’entraide (Gite) qui édite un annuaire recensant les francs-maçons. Un précieux outil relationnel dans lequel on ne trouve qu’une petite quinzaine de vignerons, également cités dans l’ouvrage « Les vignes de la franc-maçonnerie ». En revanche, les restaurateurs, limonadiers, négociants, cavistes et sommeliers y sont légion.

Vin et franc-maçonnerie : exit les Wine Brothers…

Et puis il y a les “fraternelles”, ces associations où les francs-maçons se retrouvent par affinité professionnelle. « Il faut être honnête, on y a fait du business », admet un franc-maçon bordelais travaillant dans la tonnellerie. Pendant des années, il a appartenu aux Wine Brothers, une fraternelle de gens du vin qui recrutait dans toute la France.

Chaque année, ses membres tenaient leur assemblée générale à Vinexpo (voir notre article : « La RVF à Vinexpo« ) ou au Salon des vins de Loire. « Nous nous y retrouvions entre copains. Nous buvions, mais nous parlions aussi affaires. Jusqu’au jour où il y a eu un gros problème entre un gars de Reuilly et un collègue des Coteaux du Giennois. Et la fraternelle s’est mise en sommeil », raconte Gérard, caviste parisien et ancien membre.

Du coup, notre tonnelier bordelais a créé une autre association élitiste, dans laquelle on ne rentre que sur vote avec boule. Comme pour une admission en loge. Une boule blanche, le candidat est admis. Une boule noire, il est “blackboulé”, dans le vocabulaire des francs-maçons. « Le but de la manœuvre est clair, tempête un vigneron de l’Entre-deux-Mers et membre du Grand-Orient. On veut donner l’impression à celui qui est admis qu’on lui a fait une fleur afin qu’il se sente redevable… »

Certains des plus grands noms du Bordelais et de la vallée du Rhône feraient partie de ce petit cercle. Impossible pourtant d’obtenir des noms… Discrétion oblige.

Vin et franc-maçonnerie : une quête spirituelle…

Mais ne caricaturons pas. Pour les vignerons qui n’ont pas fait d’études, la franc-maçonnerie permet un enrichissement intellectuel plus que financier.

« J’ai mis du temps à comprendre que certains de mes copains étaient francs-maçons, raconte Jean-Louis Huguenot, exubérant vigneron, aujourd’hui retraité, de Marsannay en Bourgogne. Je ne me doutais de rien, jusqu’au jour où l’un d’entre eux m’a proposé de rentrer. J’ai réfléchi six ans avant d’accepter. Quand on est vigneron, on n’a guère de temps pour philosopher. J’ai finalement accepté, car je ressentais le besoin de me perfectionner, de rencontrer des têtes nouvelles… La maçonnerie m’a fait comprendre ma vigne. J’ai saisi la relation entre ce qui vient d’en bas pour aller vers le haut, la symbolique des éléments. J’ai mieux compris le cycle de la vie et le respect de la nature. »

Vin et franc-maçonnerie : biodynamie et maçonnerie…

Marc Kreydenweiss, pionnier de la biodynamie (lire notre article : « Bio et biodynamie : des vins labellisés ») en Alsace et propriétaire en Costières de Nîmes, ne dit pas autre chose. Sauf que ce n’est pas, dit-il, la franc-maçonnerie qui l’a amené à la biodynamie, mais l’inverse.

« Quand on m’a proposé de devenir franc-maçon, j’avais déjà longuement réfléchi aux équilibres naturels, à la relation spirituelle entre l’homme et son environnement. La franc-maçonnerie m’a permis de mieux comprendre ma démarche. À ce propos, il m’est arrivé une histoire extraordinaire. Chaque année, à Strasbourg, pour notre banquet fraternel, le maître des banquets avait l’habitude d’acheter le vin au supermarché. Pour le même budget, je lui ai proposé mon pinot blanc et mon costières-de-nîmes. Au début, les “frangins” n’ont rien remarqué. Puis certains ont commencé à poser des questions. Au bout du compte, on a tout bu. Les gars étaient gais tout en restant maîtres d’eux-mêmes. Et j’ai compris que les effets de l’alcool sont une adéquation entre la qualité du vin et celle de ceux qui le boivent. Le vin n’est pas fait pour la soif. Il est fait pour enrichir l’homme sur le plan spirituel dans son rapport avec l’harmonie universelle. »

Marc Kreydenweiss (photo ci-contre) exprime ici une réflexion philosophique que partagent beaucoup de francs-maçons du vin.

Alain Querre, de la Grande Loge de France, ancien propriétaire du château Monbousquet à Saint-Émilion, parle en philosophe lorsqu’il écrit dans une de ses “planches” : « Le vigneron, dans l’exercice de son art, n’a pas de dogmes à imposer. Il invite au contraire à les dépasser, à admettre que la véritable pensée est créative et n’a pas de limite… Mon cuvier m’a toujours servi de “pensoir” en me fournissant la correspondance matérielle et physique à ce qui était intraduisible en moi. Les raisins et leur transformation m’ont montré certaines lois de la vie psychique et spirituelle ».

Vin et franc-maçonnerie : le profane et le sacré…

Fin de ce récit en Bourgogne, où un vigneron de Ladoix-Serrigny nous fait entrevoir la symbolique profonde qui relie vin et franc-maçonnerie.
« Voici quelques années, la cérémonie d’“allumage des feux”, c’est-à-dire la création d’une loge, s’est faite chez moi. J’avais aménagé ma cave en temple maçonnique. À la fin de la cérémonie, j’ai ouvert une bouteille et commenté le vin de manière symbolique. Le profane et le sacré se rejoignaient dans un verre de vin, ouvrant la voie à la Vérité qui n’est rien d’autre que le partage des mots. Le vin réjouit les cœurs et rapproche les hommes dans la joie de la Fraternité. Ce secret qui loge dans une bouteille est de même nature que celui des francs-maçons : la connaissance de soi acquise dans le partage. »

Appel important pour diffuser la mission des femmes dans la franc-maçonnerie argentine

De notre confrère argentin diarioepoca.com

La conversation a été développée dans le cadre du plan d’activités programmé par la Loge Irupé afin de faire connaître le travail réalisé par les francs-maçons de l’atelier, les objectifs proposés et la mission qu’ils accomplissent en tant qu’organisation philosophique laïque.

Samedi dernier s’est tenu le débat public ouvert « Les femmes dans la franc-maçonnerie », qui comprenait la visite de la présidente de la Grande Loge des femmes argentines, le Dr María Elena Castillo, parrainée par la Loge Irupé de Corrientes , membre de la Grande Loge des femmes d’Argentine et ses autorités.

La conversation a été développée dans le cadre du plan d’activités programmé par la Loge Irupé afin de faire connaître le travail réalisé par les francs-maçons de l’atelier, les objectifs proposés et la mission qu’ils accomplissent en tant qu’organisation philosophique laïque.

Dans un souci de co-construction, cet espace favorise une réflexion sociale ouverte et participative pour accompagner en tant que société, sous les principes de sagesse, d’union, de force, de résilience, de travail et d’utilité.

Le Musée hollandais de la franc-maçonnerie, un patrimoine sans pareil

De notre confrère arthist.net – Par Andrea Kroon , Kroon & Wagtberg Hansen

« Une collection patrimoniale, sans précédent dans le monde »: une introduction au Musée néerlandais de la franc-maçonnerie

Pourquoi cette conférence ?

La franc-maçonnerie est l’un des plus anciens réseaux sociaux au monde. Elle est active aux Pays-Bas depuis 1721 et se distingue par une remarquable tradition rituelle. Pendant plus de trois siècles, la société initiatique a produit un patrimoine culturel impressionnant. Grâce à une politique de collecte stricte, celle-ci a obtenu un statut de musée au milieu du XIXe siècle sous le règne du Grand Maître Prince Frederick (1797-1881) et est ensuite devenue une collection patrimoniale d’importance (inter)nationale. Le musée Vrijmetselarij ou musée néerlandais de la franc-maçonnerie est situé à La Haye.

Le musée se compose de trois collections interdépendantes : archives historiques, bibliothèque scientifique (y compris la célèbre collection Kloss acquise par le prince Frederick) et objets historiques. La collection ne reflète pas seulement le développement de la franc-maçonnerie, ses idées tolérantes et sa tradition rituelle. Il documente également 300 ans d’histoire sociale, politique et culturelle des Pays-Bas et de ses contacts internationaux, ainsi que la vie et les œuvres de 70 000 membres. De l’histoire de l’expansion occidentale à l’émancipation des femmes, de l’histoire de l’art aux études de genre, la collection est une mine d’or pour les chercheurs de toutes les disciplines des sciences humaines.

Le Musée néerlandais de la franc-maçonnerie est donc reconnu internationalement parmi les chercheurs universitaires, bien qu’il soit moins connu du grand public néerlandais. Une raison suffisante pour mettre ce « secret » le mieux gardé de La Haye sous les feux de la rampe lors d’une conférence internationale. Des experts de différents pays et disciplines discuteront de la fondation de la collection et de sa pertinence en tant que patrimoine de calibre international (conférences en anglais). Un conférencier invité spécial d’Amérique (via Zoom) est émérite. prof. dr. Margaret Jacob, auteur de The Radical Enlightenment et Living the Enlightenment. Elle a consulté les archives de la loge hollandaise pour ses recherches révolutionnaires. Cette conférence offre une introduction unique à une collection conservée à La Haye depuis plus de 150 ans et qui devrait continuer à être chérie à l’avenir.

Programme préliminaire de la conférence (09h30-18h00)
– Ouverture par Vera Carasso, directeur Association néerlandaise des musées
– « Le Musée néerlandais de la franc-maçonnerie et de l’étude des sciences humaines » (via Zoom), emerit.prof.dr. Margaret C. Jacob, professeur de recherche émérite, Département d’histoire, UCLA (États-Unis)
– « Des archives de club du XVIIIe siècle au patrimoine national : le Musée néerlandais de la franc-maçonnerie », dr. Andréa Kroon, Kroon & Wagtberg Hansen / Commissaire invitée Vrijmetselarij Museum, La Haye (Pays-Bas)
– « La bibliothèque Kloss, une mine d’or pour les chercheurs », prof.dr. Jan Snoek, professeur d’études rituelles et religieuses, Université de Heidelberg (Allemagne)
– « Archive, bibliothèque, objets. La nature hybride unique des collections maçonniques », Martin Cherry,
– « L’ésotérisme occidental et le Musée néerlandais de la franc-maçonnerie » (via Zoom), prof.dr. Henrik Bogdan, professeur d’études religieuses, Département de littérature, histoire des idées et religion, Université de Göteborg (Suède)
– « Égyptologie et franc-maçonnerie : un exemple d’opportunités de recherche interdisciplinaire », emerit.prof.dr. Eugène Warmenbol, professeur au Dépt. d’Histoire, d’Art et d’Archéologie (Belgique)
– « La franc-maçonnerie et l’étude de la religion. Opportunités de collaboration », prof.dr. Ab de Jong, directeur scientifique du Centre de sciences religieuses de Leiden (Pays-Bas)
– « Des collections privées aux collections publiques. L’avenir des musées maçonniques »,
prof.dr. Andrew Prescott, Département des humanités numériques, Université de Glasgow (Royaume-Uni)

Lieu
L’événement aura lieu à l’hôtel Carlton Ambassador à La Haye, qui est idéalement situé à proximité du Musée néerlandais de la franc-maçonnerie, et un autre lieu important : les salles de loge conçues par Karel de Bazel en 1916. Ces salles, qui ont été créées par l’. architecte de renom, franc-maçon et théosophe, sont maintenant un monument protégé et font partie du complexe de bâtiments Beeld & Geluid Den Haag. Des visites guidées du musée et des chambres de la loge seront organisées pour les participants.

Inscription
La conférence est ouverte aux étudiants, chercheurs et professionnels du patrimoine, ainsi qu’aux membres de la loge et à toute personne passionnée par l’histoire ou le patrimoine culturel. L’inscription préalable est obligatoire.
Frais de participation : 75 € tarif normal / 50 € donateurs OVN / 35 € étudiants (veuillez joindre une copie de votre carte d’étudiant). Les frais couvrent le café, le thé et les boissons à la réception par la suite, ainsi qu’un exemplaire de la publication de la conférence. De plus, les visites sont incluses; cependant, la disponibilité est limitée.
Pour vous inscrire, veuillez envoyer un courriel à info @stichtingovn.nl. Après avoir envoyé votre e-mail, vous recevrez un formulaire d’inscription et des informations complémentaires. Les places seront attribuées selon le principe du premier arrivé, premier servi et ne seront confirmées qu’à réception du paiement.

Référence :
CONF : Le Musée hollandais de la franc-maçonnerie, patrimoine sans pareil (La Haye, 25 mai 23). Dans : ArtHist.net, 6 mai 2023 (consulté le 9 mai 2023), https://arthist.net/archive/39218.