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Un voyage épique de 7 000 milles pour collecter 100 000 £ pour une association caritative pour la santé mentale

De notre confrère anglais menafn.com

Chris Jones, aventurier inspirant et franc-maçon dévoué, s’est lancé dans un voyage remarquable le jour du Nouvel An, avec pour mission de parcourir 7 000 miles autour de tout le littoral de Grande Bretagne. Ce voyage ambitieux vise à collecter 100 000 £ pour une œuvre caritative afin de soutenir des initiatives en matière de santé mentale.

Le défi épique de M. Jones, d’une durée de 18 mois, s’étend sur les paysages pittoresques de la côte britannique. Tout au long de son parcours, il accueille les dons de généreux donateurs, soit en personne, soit par la vente d’un livre qu’il a l’intention d’écrire sur son parcours transformateur. Chris traverse actuellement le West Lancashire, et l’aventure entière devrait durer environ 18 mois.

Avec plus de cinq millions de pas, soit l’équivalent d’environ 2 150 miles parcourus, Chris a déjà collecté plus de 27 000 £. Franc-maçon de la Grande Loge Unie d’Angleterre (UGLE) depuis plus de 12 ans, Chris est déterminé et engagé à faire de cette collecte de fonds l’une des sommes les plus importantes jamais récoltées pour la Masonic Charitable Foundation (MCF), l’association caritative des francs-maçons, par un individu. L’argent récolté sera reversé à des établissements de santé mentale.

Chris a une ligne directrice unique pour son voyage : « Tant que je peux sentir la brise marine dans mon oreille droite, je saurai que je suis sur la bonne voie. » En tant que franc-maçon fidèle, Chris Jones attribue une grande partie de sa force et de sa détermination au soutien qu’il a reçu de ses amis franc-maçons. Cependant, son parcours n’est pas seulement une question de résilience personnelle ; il s’agit également de redonner à ceux qui l’ont aidé à traverser ses heures les plus sombres. .

Pendant une période de problèmes de santé mentale, Chris a contacté le MCF et sa ligne d’assistance téléphonique en matière de santé mentale. En réfléchissant à ce moment difficile, il a déclaré : « Je suis convaincu que MCF m’a sauvé la vie pendant ma crise de santé mentale. Je suis très ouvert sur ma lutte avec ma santé mentale, et c’est l’objectif principal de ce défi. J’ai souffert depuis environ 10 ans, et les points les plus bas m’ont coûté des jours et parfois des semaines de ma vie. »

Malgré des distances quotidiennes variables de 10 à 25 miles, en fonction de la météo et du terrain, Chris transporte sa maison dans un sac à dos de 30 kg, utilisant sa tente pendant 80 à 90 % de son voyage afin de minimiser les coûts. Son épouse, Michelle, le rejoint périodiquement pour lui apporter son soutien, et des personnes bienveillantes lui offrent parfois un lit pour la nuit, surtout lorsque le temps prend une tournure hostile. Il a suivi une formation minimale. Il se maintenait raisonnablement en forme en nageant, en marchant et en utilisant la salle de sport environ quatre fois par semaine. A part quelques petites balades pour vérifier l’ajustement de son kit, c’est tout.

« Je maîtrise mes coûts en vivant dans ma tente et en achetant des rations dans les magasins pendant mes voyages, mais le coût jusqu’à présent a largement dépassé ce à quoi je m’attendais. Mon objectif principal reste que les gens contribuent à la collecte de fonds, mais si quelqu’un souhaite m’aider personnellement avec mes dépenses quotidiennes, le lien « Achetez-moi un café » permet aux gens d’apporter une petite contribution. Cela m’aidera énormément à acheter de la nourriture et à réserver des emplacements dans des campings pour prendre une douche et laver mes vêtements. Je serais très reconnaissant. »

Les Hutchinson, directeur général de la Masonic Charitable Foundation, a déclaré : « Nous tous chez MCF sommes extrêmement impressionnés par les magnifiques réalisations de Chris jusqu’à présent au cours de son voyage épique. La santé mentale est une priorité clé pour nous et je suis ravi que chaque centime récolté par Chris aidera les gens à obtenir le soutien dont ils ont besoin. Nous lui souhaitons bonne chance pour la suite de son voyage.

Chris souligne : « J’encourage les autres à me rejoindre sur de courtes sections de la marche, d’abord pour leur montrer une partie de notre littoral, mais plus important encore, pour me parler de la façon dont ils battent leurs démons et contrôlent leurs problèmes de santé mentale. … Il s’agit d’eux et de leurs combats, pas de moi et du mien, qui, j’en suis sûr, auront un bénéfice mutuel. »

En planifiant quotidiennement son itinéraire à l’aide de cartes sur son téléphone ou son iPad, Chris reste en contact avec ses proches, qui suivent ses progrès et partagent son enthousiasme. Sa petite-fille, Ava, 10 ans, utilise le voyage comme un projet de géographie en direct, traçant son parcours scolaire avec ses camarades de classe.

Alors qu’il continue de parcourir la côte britannique, il inspire de nombreuses personnes à demander de l’aide en cas de besoin et à soutenir ceux qui luttent contre les problèmes de santé mentale.

Comment les gens peuvent aider

*Faites un don à la collecte de fonds MCF.

* Aidez Chris personnellement en lui offrant un café :

* Si vous habitez sur la côte et disposez d’un jardin ou d’un petit bout d’herbe, il pourra y planter sa tente pour lui éviter de devoir trouver des emplacements de camping sauvage. S’il y avait une douche qu’il pourrait utiliser, ce serait génial. La plupart des campings fermeront fin octobre et ne rouvriront qu’en avril 2024.

* Suivez son évolution sur les réseaux sociaux et sur son blog et faites passer le message :

* Blog :

À propos de Chris Jones En 1999, Chris a créé et dirigé une école indépendante offrant un enseignement aux jeunes de 13 à 16 ans de tout le Lincolnshire qui avaient été exclus de l’enseignement ordinaire. Il employait 30 à 40 personnes, dont beaucoup étaient d’anciens policiers, soldats et aviateurs. Ils se sont concentrés sur la formation professionnelle et, au cours des 19 à 20 années, ont aidé un peu moins de 5 000 jeunes de tout le Lincolnshire à entrer dans le monde du travail, beaucoup d’entre eux étant capables de réussir et de contribuer à la société après un mauvais départ et souvent après avoir été déçus. par un système éducatif non adapté à des jeunes qui ne convenaient tout simplement pas.

« Chaque jour, j’écrirai des histoires et, à la fin de la marche, j’espère que j’aurai suffisamment de contenu pour écrire au moins un livre. Peut-être deux ; Loges maçonniques sur le littoral de notre beau Royaume et comment marcher, parler et écouter peuvent aider à surmonter les difficultés causées par notre santé mentale.

Contact :

Shaun Butler, directeur des adhésions et des communications Grande Loge Unie d’Angleterre
Téléphone : +44 (0)20 7395 9282

À propos de la Grande Loge Unie d’Angleterre :

* La Première Grande Loge, devenue la Grande Loge Unie d’Angleterre, a été fondée au Goose and Gridiron Pub à Londres en 1717.
* Il compte 48 provinces à travers le pays et plus de 7 000 loges, les étudiants de plus de 18 ans pouvant rejoindre l’une des 85 loges du programme universitaire.
* Les francs-maçons utilisent quatre principes directeurs importants pour les aider à définir leur chemin de vie : l’intégrité, l’amitié, le respect et la charité.
* L’une des plus anciennes organisations sociales et caritatives au monde, les racines de la franc-maçonnerie résident dans les traditions des tailleurs de pierre médiévaux qui ont construit nos cathédrales et nos châteaux.
* L’adhésion est ouverte aux personnes de tous horizons et l’objectif de l’organisation est de donner aux membres les moyens de donner le meilleur d’eux-mêmes. Il s’agit de forger leur caractère, de soutenir les membres en tant qu’individus et de les aider à apporter une contribution positive à la société.
* La franc-maçonnerie est l’un des plus grands donateurs caritatifs du pays, contribuant plus de 51 £ à des causes méritoires rien qu’en 2020. Les francs-maçons ne donnent pas seulement de l’argent : plus de 18,5 millions d’heures de travail bénévole ont été entreprises par les francs-maçons en 2018.

Livia Ferreira
Grande Loge Unie d’Angleterre
+44 20 7395 9208

La mystérieuse Marianne noire convoquée par la Grande Loge Féminine de France 

Le 2 septembre dernier, nous titrions 01/10/23 : Marianne noire, l’invitée de la Grande Loge Féminine de France. Ce premier dimanche d’octobre a connu une météo plus que clémente avec près de 28° à Paris.

Du jamais vu ! Tout comme au sein du Temple Gisèle Faivre, Grand Temple de la Cité du Couvent de la Grande Loge Féminine de France – où les sœurs maçonnent depuis 1976 –, où le Congrès Régional d’Île-de-France de la GLFF nous invitait, dans cet ancien couvent des Bénédictines, à venir entendre deux exceptionnelles conférencières venues d’Occitanie, Jacqueline Fonvielle-Ferrasse et Monique Biasi. Deux des quatre auteurs de l’ouvrage La Marianne du Musée (cf. infra). Un dimanche matin radieux.

Sceau GLFF
Sceau GLFF

C’était sans compter sur la détermination de la Commission Régionale des Droits des Femmes et de la Commission Régionale de la Laïcité qui a su nous offrir une conférence de grande qualité. Avec la présence de Catherine Lyautey, Grande Maîtresse de la GLFF.

Pour l’auditoire, curieux d’en apprendre plus sur cette mystérieuse Marianne noire, il fut conquis et la pertinence des questions quand la parole circula en fut la preuve.

Carton plein donc pour cet événement qui a vu un Grand Temple archi bondé.

La Marianne noire, musée de la franc-maçonnerie au Morne Tartenson, Fort-de-France – © Radio France/Benjamin Regnier

Marianne, figure symbolique de la République française

La conférence de Jacqueline Ferrasse et Monique Biasi était accompagnée d’un diaporama, remarquable support, élément indispensable à la transmission, qui a capté l’attention des colonnes richement ornées. Elle s’est déroulée en trois parties :

  • L’histoire des Mariannes de la République. Une présentation fondée sur les écrits du spécialiste de l’histoire contemporaine de la France des XIXe et XXe siècles et professeur au Collège de France de 1986 à 1997 Maurice Agulhon (1926-2014). Ce dernier concentrant notamment ses premiers travaux sur les effigies et le mythe de la République en la figure de Marianne, y consacrant même trois ouvrages successifs : Marianne au combat, 1789-1880 ; Marianne au pouvoir, 1880-1914 et Métamorphoses de Marianne de 1914 à nos jours ;
  • Une histoire de la Marianne noire, exposée au musée départemental de la Résistance et de la Déportation (MDR&D) à Toulouse. Une statue qui n’aura plus de secret (histoire, parcours, symbolique, représentation de la Liberté, attributs maçonniques, etc.). Une Marianne noire représentant une esclave affranchie. Une création datant de 1848 et qui aurait été commandée par les frères des cinq loges toulousaines du Grand Orient de France quasiment à l’époque de la commission pour l’abolition de l’esclavage, dirigée par le franc-maçon Victor Schœlcher (1804-1893), initié au sein de la Loge parisienne « Les Amis de la Vérité » (GODF), sous-secrétaire de la marine et des colonies dans le gouvernement provisoire de 1848. Rappelons aussi que tous les membres de ladite commission étaient francs-maçons. Une Marianne qui porte un bonnet phrygien et l’habit des esclaves. Elle est à la fois esclave affranchie et femme libre. Plein de symboles sont visibles : tête de lion, Temple de Salomon, arche d’Alliance, étoile, éléphant, pyramide d’une mythique cité précolombienne , etc. ;
  • Différentes pistes et des pavés dans la marre. Les multiples facettes et aventures de cette Belle au musée dormant sont passées en revue.

Coût de projecteur sur La Marianne du Musée, le livre

Cet ouvrage publié en 2020 dans cette maison indépendante que sont les éditions Loubatières, dans sa collection ‘’Histoire’’, était épuisé.

Brigitte Plazas.

Notre sœur Brigitte Plazas en a, pour l’occasion, demandé une réimpression.

La « réédition » et « réimpression » sont des termes à ne pas confondre. La réédition (ou bien nouvelle édition) désigne une édition qui comporte une ou des modifications majeures par rapport à l’édition précédente. Par contre, la réimpression comprend seulement quelques modifications mineures, voire est publiée à l’identique. C’est le cas pour La Marianne du Musée, disponible à 14 €. Réimprimé à 100 exemplaires, il reste encore quelques volumes. Après, il n’y en aura plus… Si vous souhaitez en commander, vous pouvez contacter notre sœur Brigitte à brigitte.plazas@orange.fr

Crédit photos Yonnel Ghernaouti, YG.

Une des sept reproductions de la Marianne noire. Musée de la franc-maçonnerie (Musée de France), Hôtel du Grand Orient de France.

Lieu symbolique : La Maison carrée à Nîmes (Gard), 51e monument français classé au patrimoine mondial de l’UNESCO

La Maison carrée est un temple romain hexastyle achevé au début du Ier siècle apr. J.-C. à Nîmes, préfecture du département du Gard en région Occitanie.

Blason de la ville de Nîmes.

Lors de sa construction, la Maison carrée est dédiée pour Auguste à la gloire de ses deux petits-fils : les consuls et chefs militaires Lucius Caesar et Caius Julius Caesar. Au fil des siècles, le temple est notamment devenu une maison consulaire, une église puis un musée des arts antiques. Il s’agit aujourd’hui du temple romain le mieux conservé au monde.

La Maison carrée fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840 – répertorié dans la base Mérimée, base de données sur le patrimoine architectural français du ministère de la culture, sous la référence PA00103125.

Retour vers… le passé

La Maison carrée, temple du forum de la ville, était le second lieu dédié au culte impérial avec le sanctuaire de la Fontaine. Cet édifice a été bâti entre 10 av. J.-C. et 4 apr. J.-C., près du carrefour des deux voies principales, le cardo maximus et le decumanus maximus, à l’emplacement où s’élevait généralement le forum, sous le règne d’Auguste.

La Maison carrée avant sa restauration.

La place du forum où a été édifié le temple s’étendait sur 80 m de long et était encadrée par un double portique sur les côtés est et ouest. Au sud, la place était fermée par un mur aveugle orné de pilastres et au nord, par un bâtiment rectangulaire de 18 par 14 m, que l’on identifie aujourd’hui comme étant la Curie. Le temple s’inscrivait ainsi dans un péribole délimité par cette place3.

La Maison carrée est un édifice hexastyle corinthien et pseudo-périptère, qui mesure 13,54 m de large sur 26,42 m de long4. Trente colonnes de 9 m de haut chacune enserrant la structure intérieure. Celle-ci est formée d’une cella, de 10,50 m par 16 m5, précédée d’un pronaos dont le plafond est moderne. À l’origine, on devait pénétrer dans la cella par une grande porte de près de sept mètres de haut.

Illustration à la critique de Dissertation sur l’ancienne inscription de la Maison-Carrée de Nismes publiée sur les Acta Eruditorum, 1760.

Ce temple a été édifié sur un haut podium de 2,65 m lui donnant une position dominante sur son environnement. L’accès à la cella se fait par un escalier unique de quinze marches (le nombre de marches est toujours impair). Cet accès était réservé aux prêtres. La cella a pour fonction d’abriter la statue du ou des dieux honorés. Les cérémonies se déroulaient autour d’un autel placé devant l’entrée. Ces deux façons de faire sont directement issues de la tradition étrusque, encore présente à Rome et en Italie. La structure du plan et l’utilisation de l’ordre corinthien dénotent quant à eux une influence grecque. Enfin, la disposition pseudo-périptère, présente en Italie depuis le début du Ier siècle av. J.-C., permet d’animer et de rythmer la façade.

Agrippa.

Cette architecture s’inspire directement du temple d’Apollon à Rome, dont la Maison carrée se veut un modèle réduit. Le temple d’Auguste et de Livie à Vienne semble aussi être une variante de ce type d’organisation. Sa fonction religieuse était par ailleurs très comparable à celle de Nîmes, puisqu’on y célébrait aussi le culte impérial6. En ce qui concerne le décor, il est essentiellement formé par l’entablement et les chapiteaux des colonnes qui le soutiennent. Sa composition comprend une architrave divisée en trois bandeaux et ornée d’une frise à rinceaux. À l’intérieur, on n’a conservé aucune trace du décor d’origine, bien qu’il ait été reconstitué.

Le plan de l’ancien temple.

Construire un édifice cultuel suppose une autorisation du pouvoir, ici d’Auguste. Son exécution même si elle est confiée à des équipes régionales est strictement encadrée. Seuls les modèles inspirés des créations officielles de Rome pouvaient être édifiés. Le plan pseudo-périptère de la Maison Carré est analogue au temple d’Apollon au sud du champ de Mars à Rome. Le décor d’ordre corinthien de la colonnade engagé, les chapiteaux sont fidèles au modèle du temple de Mars Ultor à Rome. La frise est composée d’enroulement de rinceaux d’acanthe, elle imite la frise de l’Ara Pacis de Rome.

La Maison carrée, mais c’était avant…

Le temple portait sur son frontispice, inscrite en lettres de bronze scellées dans la pierre, une dédicace expliquant le rôle de l’édifice. Cette dédicace a aujourd’hui disparu, mais grâce à la disposition des trous de scellement encore visibles, le grand érudit nîmois Jean-François Séguier est parvenu en 1758 à recomposer le texte original : « À Caius Caesar consul et Lucius Caesar consul désigné, fils d’Auguste, princes de la jeunesse. » Le temple est dédié aux héritiers d’Auguste, Caius et Lucius Caesar, qui sont les petits-fils et héritiers désignés d’Auguste avant qu’ils ne meurent prématurément. Caius et Lucius sont les fils d’Agrippa et Julie (fille d’Auguste).

Plafond de la façade principale.

Agrippa fut le plus proche conseiller et auxiliaire d’Auguste. il est le patron de la ville de Nemausus : il est le défenseur officiel des intérêts de la cité et de la communauté des citoyens devant le Sénat de Rome. À sa mort, il transmet le patronage à son fils aîné Caius. À la mort de Caius et Lucius, les Nîmois avec l’accord du pouvoir à Rome décident de leur dédier ce temple. Grâce à la première ligne de cette dédicace, il est possible de dater l’achèvement de la Maison carrée entre les ans 2 et 3, d’après la date du consulat de Caius et Lucius. La seconde ligne, placée postérieurement, date des ans 4-5.

En cours de restauration.

Le temple, comme le sanctuaire de la fontaine, restera dédié à l’empereur en place bien des générations après la mort d’Auguste. Il en sera ainsi pour tous les temples impériaux gallo-romains de cette époque. Dans la réalité des faits, on continue de vénérer l’empereur de chaque époque sous le titre d’Auguste, ce qui permet de conserver l’idée de départ.

En 1993, l’architecte britannique Norman Foster construisit face à la Maison carrée un bâtiment appelé Carré d’Art, prévu pour accueillir un musée d’art contemporain, et pensé comme le pendant moderne de la Maison carrée. Il réaménagea également la place attenante afin d’assurer une harmonie entre les deux édifices.

Bâtiment appelé Carré d’Art.

En 2006-2007, la façade sud de la Maison carrée a bénéficié d’une rénovation qui lui permit de retrouver une blancheur parfois contestée (badigeon au lait de chaux afin de recréer un calcin sur la pierre et, donc, de mieux protéger celle-ci des agressions du temps). Ce long travail se poursuivit en 2007-2008 par la façade ouest, en 2008-2009 par la façade est et enfin, en 2009-2010 pour ce qui est de la façade principale, sur laquelle il fut envisagé de restituer les lettres de bronze de la dédicace originale.

Le 12 février 2011, la ville de Nîmes a fêté la fin de la restauration de la Maison carrée. Une exposition intitulée Maison carrée restaurée l’a relatée au Carré d’Art. Il aura fallu pas moins de quatre ans et plus de 44 000 heures de travail aux équipes de l’architecte des monuments historiques, Thierry Algrin, pour venir à bout de la restauration de ce patrimoine exceptionnel.

Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO

Choisie par la France pour être présentée au Comité du Patrimoine mondial en 2023, la candidature de la Maison Carrée est portée par la municipalité de Nîmes. Ayant franchi la totalité des étapes de validation, le dossier de candidature a été déposé, au nom de la France via le Ministère de la culture – Direction Générale des Patrimoines et de l’Architecture, par son excellence l’ambassadrice de France auprès de l’UNESCO, au Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO à Paris en janvier 2022. La candidature de la Maison Carrée de Nîmes sera examinée lors de la 45e session du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO qui s’est réunie à Riyad en Arabie Saoudite du 10 au 25 septembre 2023.

Mise en lumière.

D’avantage que sa beauté architecturale incontestable, la valeur de ce temple du culte impérial témoigne de ce moment de l’histoire qui vit avec l’avènement du premier empereur de Rome, la Pax Romana, une paix négociée qui durera plus de deux siècles.

Toute une ville…

La Maison Carrée de Nîmes est l’unique et plus ancien représentant de l’ordre corinthien Augustéen toujours en élévation, ayant conservé intact l’ensemble de son décor. Avec son exceptionnelle frise ornée d’enroulements de rinceaux de feuilles d’acanthe, elle est aussi avec le Panthéon à Rome, le temple le mieux conservé du monde romain constituant ainsi l’un des témoignages les plus importants de l’architecture et de la diffusion du culte impérial dans les provinces de l’Empire.

Après restauration.

La valeur universelle exceptionnelle du monument nîmois repose sur la démonstration que la Maison Carrée, édifiée du vivant de l’Empereur Auguste au premier siècle de notre ère, représente l’une des plus anciennes expressions, et des mieux conservées d’un temple romain consacré au culte impérial et qu’elle est un monument d’une qualité architecturale remarquable qui, par les circonstances historiques de sa création, par l’importance politique de sa consécration et des choix stylistiques qui ont présidé à son édification, témoigne des valeurs de paix durable, de concorde et de prospérité que promut et chercha à garantir l’Empire romain.

Logo de la ville de Nîmes.

La Maison carrée devient le 51e monument français à obtenir son classement au patrimoine mondial de l’UNESCO, le 18 septembre 2023.

Sources : Ministère de la Culture, Wikipédia, Wikimedia Commons, site officiel de la ville de Nîmes

06/10/1887 : Naissance de Le Corbusier, créateur du Modulor

Charles-Édouard Jeanneret-Gris, dit Le Corbusier, naît le 6 octobre 1887, dans le canton suisse de Neuchâtel. Suisse, il est naturalisé français. Il s’épanouit dans des domaines variés comme l’architecture, le design, la peinture et l’urbanisme.

Le Corbusier, en 1964 au Stedelijk Museum Sikkensprijzen, Amsterdam.

Il représente le mouvement moderne qui établit une architecture au décor minimal et aux formes géométriques épurées afin de rationaliser l’espace dédié aux logements. Il invente l’unité d’habitations, généralisée durant la période de reconstruction d’après-guerre. Il décède le 27 août 1965, à Roquebrune-Cap-Martin.

Tombe de Le Corbusier à Roquebrune.

Le Corbusier n’était pas maçon, mais son œuvre architecturale ne peut laisser les sœurs et les frères indifférents.

Inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO de l’Œuvre architecturale de Le Corbusier, une contribution exceptionnelle au Mouvement Moderne :

Choisis parmi l’œuvre de Le Corbusier, les dix-sept sites qui composent ce bien en série transnational, réparti sur sept pays, témoignent de l’invention d’un nouveau langage architectural en rupture avec le passé.

Ils ont été réalisés sur un demi-siècle, tout au long de ce que Le Corbusier a nommé une « recherche patiente ». Le Complexe du Capitole à Chandigarh (Inde), le Musée national des Beaux-arts de l’Occident à Tokyo (Japon), la Maison du Docteur Curutchet à La Plata (Argentine) reflètent les solutions que le Mouvement Moderne a cherché à apporter, au cours du XXe siècle, aux enjeux de renouvellement des techniques architecturales, afin de répondre aux besoins de la société. Ces chefs-d’œuvre du génie humain attestent également de l’internationalisation de la pratique architecturale à l’échelle de la planète.

La France compte six œuvres parmi les dix-sept :

Villa La Roche et et Jeanneret.

– Les maisons La Roche et Jeanneret, Paris, 16e arrondissement, 1923-1925

– Villa Savoye, Poissy (Yvelines), 1928

Vue aérienne de la Cité Radieuse située au 280 boulevard Michelet à Marseille 8e arr.

– Cité radieuse, Marseille (Bouches-du-Rhône), 1947

– Couvent de la Tourette, Éveux-sur-Arbresle  (Rhône), 1953

La Chapelle Notre-Dame-du-Haut, à Ronchamp en Haute-Saône.

– Chapelle Notre-Dame-du-Haut, Ronchamp (Haute-Saône), 1950-1955

– Firminy-Vert (Loire), 1958-62

Le Modulor, késako ?

Le Modulor est une notion architecturale inventée par Le Corbusier en 1945. Silhouette humaine standardisée (homme debout levant un bras) servant à concevoir la structure et la taille des unités d’habitation dessinées par l’architecte.

Pièce de 5 frs. suisse commémorant le Modulor.

« Modulor » est un mot-valise construit à partir de « module » et « nombre d’or » : les proportions fixées par le Modulor sont directement liées au nombre d’or. Par exemple, le rapport entre la taille (1,83 m) et la hauteur moyenne du nombril (1,13 m) est égal à 1,619, soit le nombre d’or à un millième près. La taille humaine standard de 1,83 mètre est fondée sur l’observation de l’architecture traditionnelle européenne et de l’utilisation des proportions de cette unité pour élaborer l’harmonie d’une architecture.

En bâtissant l’échelle humaine, le Corbusier rejoint notamment les architectes de la Grèce antique. Comme ceux-ci il aménage l’espace architectural pour que le corps s’y reconnaisse.

Sa réflexion sur le comportement de l’homme, sur l’équilibre des volumes, de leurs dimensions et proportions l’amène à établir une grille de mesures s’appuyant sur le « Nombre d’Or ». C’est avant tout la prise en compte de l’homme, « cet animal qui doit pouvoir s’ébrouer tout à son aise dans l’espace de sa maison », qui guide les choix architecturaux de Le Corbusier.

« La nature est mathématique, les chefs-d’œuvre de l’art sont en consonance avec la nature. Ils expriment les lois de la nature et ils s’en servent ». Voilà bien le credo sur lequel Le Corbusier fonde son action.

Au Modulor va s’ajouter un besoin de normalisation aussi bien en architecture qu’en construction mécanique. Cette normalisation s’impose esthétiquement, « pour plus d’harmonie » et économiquement dans cette phase de reconstruction urgente au lendemain de la guerre. La nécessité est la construction en masse de logements (le Corbusier va jusqu’à parler de « machine à habiter »). Le modulor est ainsi utilisé pour respecter l’échelle humaine. Il apparait aussi comme le moyen de dépasser les deux systèmes de mesure qui divisent la planète.

L’échelle du Modulor suit la progression de Fibonacci, suite qui tend vers le nombre d’or, principe qui va de soi puisque pour Le Corbusier l’ « on a démontré et principalement à la Renaissance que le corps humain obéit à la règle d’or ».

Une juxtaposition de carrés dont les côtés ont pour longueur des nombres successifs de la suite de Fibonacci 1, 1, 2, 3, 5, 8, 13 et 21.

Pour mémoire la suite de Fibonacci est une suite d’entiers dans laquelle chaque terme est la somme des deux termes qui le précèdent. Elle commence généralement par les termes 0 et 1 (parfois 1 et 1) et ses premiers termes sont : 0, 1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, 21, etc. (suite A000045 de l’OEIS). Elle doit son nom à Leonardo Fibonacci (v. 1175 – v. 1250), mathématicien italien, qui, dans un problème récréatif posé dans l’ouvrage « Liber abaci » publié en 1202, décrit la croissance d’une population de lapins. Cette suite est fortement liée au nombre d’or, φ (phi). Ce nombre intervient dans l’expression du terme général de la suite. Inversement, la suite de Fibonacci intervient dans l’écriture des réduites de l’expression de φ (phi) en fraction continue : les quotients de deux termes consécutifs de la suite de Fibonacci sont les meilleures approximations du nombre d’or.

Sources : – Dictionnaire encyclopédique de l’architecture moderne et contemporaine Cartonné – 1983 Vittorio Magnano LAMPUGNANI ‘Philippe SERS, 1983) ; Site UNESCO : Wikipédia

Firminy-Vert (Loire), le stade.
Façade sud du couvent Sainte-Marie de La Tourette.
Berlin, le Modulor.

Julius Rutherfoord conserve son contrat de nettoyage avec la GLUA

De notre confrère fmj.co.uk

L’un des plus grands entrepreneurs de nettoyage indépendants de Londres, Julius Rutherfoord, a conservé son contrat avec la United Grand Lodge of England (UGLE – GLUA).

JR&Co a entamé son partenariat avec l’UGLE, l’organe directeur de la franc-maçonnerie, en septembre 2016. La Première Grande Loge a été fondée à Londres en 1717 et est devenue la Grande Loge Unie d’Angleterre en 1813.

Avec un effectif mondial de 175 000 membres et plus de 7 000 Loges, l’UGLE occupe une place d’influence unique. 

Son siège social se trouve au Freemasons’ Hall, un superbe bâtiment Art déco classé Grade II* qui se dresse fièrement sur Great Queen Street à Covent Garden, Londres.

Le maintien du contrat permettra à JR&Co de continuer à fournir des services de nettoyage et de toilettes au point chaud de Covent Garden. Le renouvellement a été attribué en raison de la capacité de l’entreprise à offrir et à exceller en matière de service à la clientèle ; son approche proactive du nettoyage et la flexibilité dont elle fait preuve dans son offre de services au quotidien.

Richard Jewitt, directeur des services du bâtiment chez UGLE, a déclaré : « Nous sommes très heureux que JR&Co ait été reconduit dans nos fonctions de nettoyeur sous contrat. Au cours des sept dernières années, son équipe sur place a constamment respecté des normes très élevées pour nous, jour après jour, et a pris soin de notre bâtiment unique, afin qu’il soit toujours propre et toujours beau.

Le directeur général de JR&Co, Chris Jarvis, a déclaré : « La satisfaction du client compte beaucoup pour nous chez JR&Co. Nous nous sommes bâtis une réputation de leader sur le marché grâce à notre connaissance de nos clients, de leurs activités et de leurs besoins. Il n’y a pas de plus grand soutien de la part d’un client qu’une prolongation de contrat, car cela démontre la valeur qu’il nous accorde en tant que membre de sa propre équipe.

Musée du Compagnonnage : Ouverture de la nouvelle billetterie-boutique

La nouvelle billetterie-boutique du musée du Compagnonnage ouvre ses portes, rue Nationale à Tours (Indre-et-Loire).

Dans le cadre des travaux du haut de la rue Nationale, la boutique du musée du Compagnonnage est fermée depuis 2016 puis elle a détruite. De façon provisoire, l’accès au musée se faisait alors par la cour du cloître et les escaliers du parvis de l’église Saint-Julien.

Municipal et classé « Musée de France », le musée du Compagnonnage présente des collections exceptionnelles. Chefs-d’œuvre collectifs du 19e siècle, chefs-d’œuvre de patience, les chefs-d ‘œuvres qui sont exécutés en vue de la réception, mais aussi les attributs des Compagnons (cannes, gourdes, couleurs), des tableaux souvenirs, des outils, des archives, les traditions et les œuvres des Compagnons du tour de France, depuis leurs origines jusqu’à nos jours sont représentés.

Des animations périodiques, des expositions, des visites thématiques, des activités pour les enfants en font un lieu vivant. Les collections, notamment les œuvres contemporaines, sont souvent renouvelées.

Le Compagnonnage est inscrit par l’Unesco au patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

La toute nouvelle billetterie d’environ 100 mètres carrés

La reconstruction du linéaire du haut de la rue à compter de 2019, puis l’achat d’un local par la Ville, a permis d’entamer des travaux d’installation d’une toute nouvelle billetterie à l’emplacement de l’ancienne.

Le visiteur progresse vers le musée en passant par plusieurs espaces : la billetterie, la boutique puis une galerie vitrée qui abrite un espace d’attente et de mise en consigne des sacs, offrant en plus une vue saisissante sur l’abbaye Saint-Julien.

La boutique est lumineuse, épurée. De grandes voiles en châtaignier scandent l’espace pour rappeler la charpente médiévale de la grande salle d’exposition, et lui confère un aspect très chaleureux.

Le contenu de la boutique fait aussi en partie peau neuve : le musée s’inscrit dans une démarche de développement durable et de valorisation des savoir-faire en sélectionnant de nouveaux produits : produits artisanaux, fabriqués en France voire en Touraine, issus de matériaux de qualité, en circuit-courts…

Réalisé avec les Compagnons du Tour de France

Le musée et l’architecte se sont associés à la Fédération des Compagnons du Tour de France pour imaginer et réaliser un mobilier sur-mesure, en bois, qui est un beau clin d’œil aux savoir-faire mis en valeur dans le musée.

Ainsi, 4 Centres de formations et lycées de la Fédération ont participé à la conception et à la fabrication de la banque accueil, du meuble présentoir de la boutique, du meuble des casiers consignes et des bancs : Orléans, Limoges, Grenoble et Mouchard.

Une exposition photographique des chantiers dans ces 4 établissements sera présentée à partir du 14 octobre et durant quelques mois dans la nouvelle boutique.

En 2024, cet ensemble sera complété par une peinture murale réalisés par des compagnons peintres issus de l’Union Compagnonnique et de la Fédération des Compagnons du Tour de France.

Mme Virginie Tostain, photo®J-H.Machinal.

Retrouvez l' »Entretien exclusif avec Mme Virginie Tostain, directrice du musée du Compagnonnage de Tours » du 7 novembre 2022.

Sources : Mon Actu ; Agence de Presse APEI : Musée du Compagnonnage, Photos © Yonnel Ghernaouti, YG

Enseigne originelle du musée du Compagnonnage, réalisée par Pierre Reynal, dit « Corrézien la Fraternité » de l’Union Compagnonnique des Compagnons du Tour de France Des Devoirs Unis. Œuvre d’art volée au début des années 2000. 4e de couverture du guide du visiteur du musée.

Histoire du Rite écossais ancien et accepté

Le Rite écossais ancien et accepté (REAA) est un rite maçonnique fondé en 1801 à Charleston aux États-Unis sous l’impulsion des frères John Mitchell et Frederic Dalcho, sur la base des Grandes Constitutions de 1786, attribuées à Frédéric II de Prusse. Le rite ne comporte à l’origine que des hauts grades maçonniques.

Il est composé actuellement de 33 degrés et il est le plus souvent pratiqué dans le cadre de deux organismes complémentaires et distincts : une obédience maçonnique qui fédère des loges des trois premiers grades de la franc-maçonnerie et une « juridiction » des hauts grades maçonniques dirigée par un « Suprême Conseil », qui regroupe des ateliers du 4e au 33e degré.

Histoire

Premières références au degré de « Maître écossais »

Un modèle de tablier au grade de « maître » du Rite écossais ancien et accepté.

On trouve dès 1733 la trace d’une loge de Temple Bar, à Londres, ayant conféré le degré de « Maître écossais » (« Scots Master » ou « Scotch Master »). Il fut également conféré dans une loge de Bath en 1735 et dans la loge « française » « St George de l’Observance » no 49 de Covent Garden, en 1736.

Influence Jacobite : mythe ou réalité ?

La littérature maçonnique abonde en référence aux jacobites. Elles ont cependant l’inconvénient d’être contradictoires, en sorte que les opinions divergent. Tantôt on affirme que l’influence des jacobites sur la naissance des hauts grades est nulle, si bien qu’elle participe du mythe ; tantôt on la juge réelle, voire déterminante.

La cathédrale de rite écossais d’Indianapolis construite entre 1927 et 1929. Il s’agit du plus grand édifice maçonnique des États-Unis.

Les partisans de la thèse mythologique estiment que la source des malentendus réside dans une remarque imprudente faite par John Noorthouk en 1784 dans le livre des Constitutions de la première Grande Loge de Londres. Il y était déclaré sans preuve que le roi Charles II (frère aîné et prédécesseur de Jacques II) fut fait franc-maçon aux Provinces-Unies durant son exil (1649-1660). Il est aujourd’hui clair qu’à cette époque il n’existait pas encore de loges de francs-maçons sur le continent. Cette remarque visait certainement à flatter la fraternité par la revendication de l’appartenance d’un ancien monarque. Cette légende fut embellie par John Robison (1739–1805), professeur de philosophie à l’Université d’Édimbourg, dans un ouvrage antimaçonnique publié en 1797.

Il n’empêche qu’avant les déclarations de Noorthouk plusieurs allusions au rôle des jacobites se retrouvent dans les archives, et les plus importantes sont contenues dans la correspondance échangée entre 1777 et 1783 par le baron danois von Wachter et le prince Charles Édouard Stuart, fils de Jacques III Stuart, lui-même neveu de Charles II. Dans un mémoire rédigé le 21 septembre 1777 par Wachter et approuvé par Charles Édouard, celui-ci dit très clairement que « plusieurs hommes illustres de sa maison [comprendre : la maison des Stuart] ont été maçons ». À l’époque, la mission de Wachter est justement de savoir quelle est la part jouée par les jacobites dans la création de la franc-maçonnerie en général, et des hauts grades en particulier, surtout ceux à sensibilité « templière ». De la même façon, en 1767, un an après la mort de Jacques III survenue à Rome, le comte de Clermont, grand maître de la Grande Loge de France, reconnaît dans une lettre au marquis de Gages que Jacques III, qu’il appelle le « prince Édouard », selon une habitude acquise depuis le séjour de celui-ci à Saint-Germain-en-Laye, jusqu’en 1713, fut le principal dignitaire des hauts grades, et que la Royale Loge (sic) qui fonctionna longtemps en France le fut en référence à sa personne.

Au milieu du xixe siècle, le célèbre auteur maçonnique anglais George Oliver (1782-1867), dans son ouvrage Historical landmarks déclare que le roi Charles II assistait régulièrement à des tenues maçonniques. Il est possible d’en douter, bien que des auteurs maçonniques français le confirment, comme Jean-Marie Ragon (1781-1862) et Emmanuel Rebold, ce dernier imaginant même de toutes pièces une création des hauts grades au sein de la loge Canongate Kilwinning d’Edimbourg. Mais la réfutation de cette extrapolation est une chose ; autre chose est le fait que les premiers hauts grades se focalisent tout de même sur des références constantes aux Stuarts. Ainsi, celui de la Voûte Sacrée, qui correspond en version anglaise au Royal Arch, fait explicitement référence à Jacques Ier, père de Charles II.

Étienne Morin et son rite en 25 degrés

Un négociant français nommé Étienne Morin, qui avait été reçu dans la franc-maçonnerie des hauts grades depuis 1744, fonda une « Loge écossaise » au Cap Français, au nord de la colonie de Saint-Domingue. Le 27 août 1761, à Paris, Morin reçut une patente signée des officiers de la Grande Loge le nommant « Grand Inspecteur pour toutes les parties du Monde ». Des copies plus tardives de cette patente, qui ne visait probablement à l’origine que les loges symboliques, semblent avoir été embellies, peut-être par Morin lui-même, afin de mieux assurer sa prééminence sur les loges de hauts grades des Antilles.

Morin pratiquait un rite nommé « Rite du royal secret » en 25 degrés dont le plus haut se nommait « Sublime Prince du Royal Secret » et qui découlait peut-être lui-même du rite pratiqué à Paris par le « Conseil des Empereurs d’Orient et d’Occident ».

Morin retourne à Saint Domingue en 1762 ou 1763 et, grâce à sa patente, constitue progressivement des loges de tous grades à travers les Antilles et l’Amérique du Nord. Il crée en particulier en 1770 un « Grand Chapitre » de son rite à Kingston, Jamaïque, où il meurt en 1771.

Henry Andrew Francken et ses manuscrits

Manuscrit d’Henry Andrew Francken titré « À la Gloire du Grand Architecte de l’Univers ».

L’homme qui aida le plus Morin à diffuser son rite dans le Nouveau Monde fut un Hollandais naturalisé anglais nommé Henry Andrew Francken. Morin le nomma Député Grand Inspecteur Général dès son retour aux Antilles. Francken travaille en étroite collaboration avec lui et, en 1771, rédige un manuscrit contenant les rituels du 15e au 25e degré. Il rédige au moins deux autres manuscrits, le premier en 1783 et le second vers 1786, qui contiennent tous les degrés du 4e au 25e.

Une loge « Parfaits d’Écosse » fut créée le 12 avril 1764 à la Nouvelle Orléans. Ce fut le premier atelier de hauts grades sur le continent nord-américain. Son existence fut brève car le Traité de Paris avait cédé en 1763 la Nouvelle Orléans à l’Espagne catholique et hostile à la franc-maçonnerie : toute activité maçonnique semble cesser à la Nouvelle Orléans jusque dans les années 1790.

Francken s’installe à New York en 1767 où il reçoit une patente, datée du 26 décembre 1767, pour la formation d’une loge de Perfection à Albany, ce qui lui permet de conférer les degrés de perfection (du 4e au 14e) pour la première fois dans les treize colonies britanniques. Cette patente ainsi que les minutes des premiers travaux de cette loge sont actuellement dans les archives du Suprême Conseil de la Juridiction Nord des États-Unis6.

Pendant son séjour à New York, Francken communique aussi ces degrés à un homme d’affaires, Moses Michael Hays, qu’il nomme Inspecteur Général Adjoint (DIG: Deputy Inspector General). En 1781, Hays nomme à son tour huit autres Inspecteurs Généraux Adjoints, dont quatre jouèrent plus tard un rôle notable dans la fondation du Rite écossais ancien et accepté en Caroline du Sud :

  • Isaac Da Costa Sr., D.I.G. for South Carolina
  • Abraham Forst, D.I.G. for Virginia
  • Joseph M. Myers, D.I.G. for Maryland
  • Barend M. Spitzer, D.I.G. for Georgia

Da Costa retourna en février 1783 à Charleston, Caroline du Sud, et y établit une « Sublime Grande Loge de Perfection ». À sa mort, en novembre 1783, Hays nomma Myers son successeur. Rejoint par Forst et Spitzer, Myers créa huit degrés supplémentaires à Charleston.

Naissance du Rite écossais ancien et accepté

« House of the Temple », « Home of The Supreme Council, 33e » est la Maison du Temple de la Juridiction Sud du REAA, Washington D.C., États-Unis.

Bien que les trente-trois degrés aient été ainsi déjà créés, le Rite écossais ancien et accepté ne fut constitué qu’avec la fondation du premier Suprême Conseil, le Suprême Conseil de la Juridiction Sud à Charleston, en mai 1801, sous l’impulsion de John Mitchell et Frederic Dalcho.

C’est avec des patentes de ce premier Suprême Conseil que furent progressivement constitués tous les autres Suprêmes Conseils du monde, comme :

  • le Suprême Conseil du 33e degré en France (nom exact de l’organisme à l’époque), en 1804.
  • le Suprême Conseil de la Juridiction Nord des États-Unis, en 1813.
  • le Suprême Conseil d’Angleterre et du Pays de Galles, en 1845.

Albert Pike et le REAA aux États-Unis

Pike, revêtu des décors maçonniques de Grand Commandeur du Rite écossais ancien et accepté.

Né à Boston, dans le Massachusetts, le 29 décembre 1809, Albert Pike est souvent considéré aux États-Unis comme étant l’homme qui fit le plus pour le succès du REAA, le faisant passer du stade de rite maçonnique assez obscur au milieu du xixe siècle à la fraternité internationale qu’il est devenu. Pike reçut tous les grades du 4e au 32e de l’historien maçonnique américain Albert Mackey en mars 1853 à Charleston, Caroline du Sud et la même année fut nommé Inspecteur adjoint (Deputy Inspector) pour l’Arkansas.

À cette époque, les degrés étaient encore dans une forme rudimentaire et le plus souvent ne contenaient qu’une brève légende accompagnée de quelques détails, mais le plus souvent sans véritable rituel d’initiation. En 1855, le Suprême Conseil de la Juridiction Sud nomma un comité chargé de préparer des rituels complets du 4e au 32e degré. Ce comité fut composé d’Albert G. Mackey, John H. Honour, W. S. Rockwell, C. Samory et Albert Pike, mais c’est Albert Pike qui fit l’essentiel du travail.

En mars 1858, Pike fut élu membre du Suprême Conseil de la Juridiction Sud des États-Unis et devint son Grand Commandeur en janvier 1859. La guerre de Sécession interrompit son travail sur les rituels du rite écossais. Après la guerre, il partit pour Washington et en 1868 il termina son travail de révision des rituels.

Pike écrivit aussi des conférences pour l’ensemble des degrés qu’il publia en 1871 sous le titre Morales et Dogme du Rite écossais ancien et accepté.

Histoire du REAA en France

Le Rite écossais ancien et accepté est apparu en France grâce au frère Grasse-Tilly en 1804, alors qu’il revenait des « Isles d’Amérique ». Il fonda le premier Suprême Conseil en France cette même année.

Un traité d’union en décembre 1804 est signé entre le Grand Orient de France et le Suprême Conseil du 33e degré en France. Il est dit que « Le Grand Orient unit à lui » le Suprême Conseil de France. L’accord fut dans les faits appliqué jusqu’en 1814. Grâce à ce traité, le Grand Orient de France s’approprie le Rite écossais ancien et accepté.

De 1805 à 1814 le Grand Orient de France administre les 18 premiers degrés du rite, laissant au Suprême Conseil de France le soin d’administrer les 15 autres, du 19e au 33e. En 1815 cinq des dirigeants du Suprême Conseil fondent au Grand Orient de France le Suprême Conseil des Rites. Le premier Suprême Conseil en France tombe en sommeil de 1815 à 1821.

Le Suprême Conseil des Isles d’Amérique (fondé en 1802 par Grasse-Tilly, réveillé par Delahogue vers 1810) réveilla en 1821 le Suprême Conseil pour le 33e degré en France et ils fusionnèrent en une seule organisation : Le Suprême Conseil de France. Il s’érige en puissance maçonnique indépendante et souveraine. Il crée des loges symboliques (celles qui sont composées des trois premiers degrés et qui se fédèrent normalement au sein d’une Grande Loge ou d’un Grand Orient).

Bijou des Souverains Grands Inspecteurs Généraux du 33e et dernier degré du Suprême Conseil Grand Collège du Rite écossais ancien et accepté du Grand Orient de France.

En 1894, le Suprême Conseil de France créa la Grande Loge de France dont l’autonomie devient une complète indépendance en 1904 lorsque le Suprême Conseil de France renonce à délivrer les patentes constitutives des nouvelles loges. Le Suprême Conseil de France se considère cependant toujours comme gardien de la cohérence de l’ensemble des 33 degrés du Rite et les relations entre les deux structures restent étroites comme en témoignent les deux tenues communes qu’elles organisent chaque année.

En 1899 est créé un Suprême Conseil indépendant en réponse à l’aspiration de mixité en franc-maçonnerie. Cette organisation devient le Suprême Conseil Universel de l’Ordre maçonnique mixte international « le Droit humain » en 1901 après la transformation de la Grande Loge symbolique écossaise de France le Droit humain, elle-même fondée le 4 avril 1893 par Georges Martin et Maria Deraismes. Les principes et la méthode de travail adoptés par cette obédience correspondent aux « Grandes Constitutions Écossaises » de 1786, révisés par le convent des Suprêmes Conseils Écossais de différents pays réunis au Convent de Lausanne en 1875, et ont été adaptés au besoin de mixité du 1er au 33e degré.

En 1964, le Souverain Grand Commandeur Charles Riandey, accompagné de 400 à 500 membres de la juridiction, quitte le Suprême Conseil de France et rejoint la Grande Loge nationale française en estimant que, du fait de sa démission et bien que le Suprême Conseil de France ait continué à travailler sans lui, il n’existait plus de Suprême Conseil en France. Il se fait ensuite ré-initier à Amsterdam aux 33 degrés du rite puis fonde avec l’appui du Suprême Conseil de la Juridiction Sud des États-Unis un nouveau Suprême Conseil, dénommé « Suprême Conseil pour la France », seul à être reconnu par les Suprêmes Conseils des États-Unis après avoir été désigné au convent de Barranquilla (1970) comme seule autorité du Rite écossais pour la France par le plus vieux Suprême Conseil du monde : le Suprême Conseil de la Juridiction Sud des États-Unis.

Principaux Suprêmes Conseils présents en France en 2014 :

  • le Suprême Conseil de France (issu du Suprême Conseil de 1804 puis réveillé en 1821 par le Suprême Conseil dit « des Isles d’Amérique » fondé en 1802 à Saint-Domingue), souché sur la Grande Loge de France ;
  • le Suprême Conseil Grand Collège du Rite écossais ancien accepté (issu du Suprême Conseil de 1804, constitué en 1815), souché sur le Grand Orient de France ;
  • le Suprême Conseil pour la France (issu du Suprême Conseil des Pays-Bas, constitué en 1965), dont la quasi-totalité des membres sont issus de la Grande Loge nationale française et de la Grande Loge de l’Alliance maçonnique française ;
  • le Suprême Conseil National de France, constitué en 2014, souché sur la Grande Loge nationale française ;
  • le Suprême Conseil Universel de l’Ordre international maçonnique mixte « Le Droit Humain » créé en mai 1899 et qui prend son nom définitif en 1901. Son siège est situé à Paris.

Organisation

Le Rite écossais ancien et accepté est un rite comprenant 33 degrés. Les trois premiers sont administrés par les « loges bleues » ou « loges symboliques ». Ces ateliers sont de loin les plus nombreux. Les trente suivants (du 4e au 33e), les hauts grades – développement et complément des trois premiers – sont administrés par des « Suprêmes Conseils du 33e et dernier degré du Rite écossais ancien et accepté ».

Suprêmes Conseils du REAA

Le Rite écossais ancien et accepté est dirigé dans chaque pays par un Suprême Conseil (en théorie, il ne devrait y en avoir qu’un seul par pays, ce qui dans les faits n’est pas le cas. Ainsi, aux États-Unis il existe plusieurs suprêmes conseils reconnus dans la sphère anglo-saxonne). Il n’existe théoriquement pas de gouvernement mondial du REAA, chaque suprême conseil étant souverain dans sa juridiction. Cependant, certains suprêmes conseils ont une influence politique plus forte que d’autres.

En Europe, onze obédiences pratiquant les trois premiers degrés du Rite écossais ancien et accepté se sont associées au sein de la Confédération des grandes loges unies d’Europe.

Fondements constitutionnels

Les suprêmes conseils reposent sur les constitutions signées en Prusse et en France le 7 septembre de 1762 et les grandes constitutions de 1786. Ces textes fondateurs confèrent leurs caractéristiques et entité aux suprêmes conseils.

  • Les constitutions de Bordeaux de 1762 : elles structurent le système initiatique du « Rite du royal secret ». Le rite est divisé en 25 degrés et en 7 classes et comprend une répartition des pouvoirs visant à créer un centre souverain dont dépend tout le rite.
  • Les Grandes Constitutions de Berlin de 1786 : seules lois fondamentales, elles sont attribuées à Frédéric II de Prusse. Cet ensemble de prescriptions ordonne la hiérarchie en 33 degrés, affirme les valeurs essentielles du REAA et apporte la devise : « Ordo ab Chao, Deus Meumque Jus » – « l’Ordre naît du Désordre, Dieu et Mon Droit ». Tous les suprêmes conseils, régulièrement établis dans le monde, travaillent ainsi « À la Gloire du Grand Architecte de l’Univers ».

En 1875, les constitutions furent révisées lors du convent international des suprêmes conseils réunis à Lausanne.

33 degrés du REAA

Il n’existe pas en franc-maçonnerie de grade supérieur au troisième degré, celui de maître maçon. Un des principes fondamentaux de la « régularité maçonnique » est que tous les maîtres maçons soient placés sur un pied d’égalité, sans considération de position sociale ou d’appartenance à d’autres degrés maçonniques. C’est pourquoi les degrés d’un numéro supérieur au troisième doivent être considérés comme des degrés « latéraux » (side degrees des anglo-saxons), grades d’instruction ou de perfectionnement, et non pas comme des grades « supérieurs », c’est-à-dire impliquant un pouvoir particulier dont pourrait se prévaloir un maître maçon pour se prétendre au-dessus des autres.

Dans de nombreux pays, les trois premiers degrés peuvent être pratiqués à un autre rite que le REAA avant l’accès aux grades suivants de celui-ci.

Bijou maçonnique en argent et émail de Grand Inspecteur Inquisiteur Commandeur.
Diplôme de grade maçonnique
Bijou maçonnique du 18º, grade Souverain Prince Chevalier Rose + Croix
Degré n°TitreJur. Sud FranceBelgiqueAngleterreJur. Nord
1ApprentiLoge symbolique
(dans certains pays,
ces degrés sont pratiqués à un autre rite)
2Compagnon
3Maître
4Maître SecretLoge de Perfection (ateliers verts)ChapitreChapterLodge of Perfection
5Maître Parfait
6Secrétaire Intime
7Prévôt et Juge
8Intendant des Bâtiments
9Maître Élu des Neuf
10Illustre Élu des Quinze
11Sublime Chevalier Élu
12Grand Maître Architecte
13Chevalier de Royal Arche
14Grand Élu Parfait et Sublime maçon ou Grand Élu de la Voûte Sacrée
15Chevalier d’Orient ou de l’ÉpéeChapitre (ateliers rouges)Council
16Prince de Jérusalem
17Chevalier d’Orient et d’OccidentChapter
18Souverain Prince Chevalier Rose + Croix
19Grand PontifeAréopage ou Council (ateliers noirs)AréopageSupreme CouncilConsistory
20Maître Ad Vitam
21Chevalier Prussien
22Prince du Liban
23Chef du Tabernacle
24Prince du Tabernacle
25Chevalier du Serpent d’Airain
26Prince de Mercy
27Grand Commandeur du Temple
28Chevalier du Soleil
29Grand Écossais de Saint-André d’Écosse
30Chevalier Kadosh
31Grand Inspecteur InquisiteurSouverain tribunalConsistoire
32Sublime Prince du Royal SecretConsistoire
33Souverain Grand Inspecteur GénéralConseil suprêmeConseil suprêmeSupreme Council

Exceptions, particularités et désaccords

  • L’indépendance des grades symboliques (1er-3e) et des hauts grades (4e-33e) n’a pas toujours été aussi clairement établie qu’à l’heure actuelle, notamment en France et en Belgique, lorsque les loges symboliques pratiquent le Rite écossais ancien et accepté dès le premier degré. De nos jours, les rituels de certains hauts grades mentionnent encore l’existence de « prérogatives » datant de leur origine, donc antérieures à la constitution du Rite Écossais Ancien et Accepté.
  • Le nom même du REAA a parfois légèrement varié, certains auteurs ainsi que la Juridiction Nord des États-Unis utilisant parfois l’expression « Ancient Accepted Scottish Rite » (sans le and), traduite en français par « Rite écossais ancien accepté » avec l’idée d’une « ancienne acceptation » du rite.

Dans de nombreuses juridictions, il existe également des particularités, généralement minimes, mais parfois plus importantes. Elles concernent principalement les degrés qui sont réellement pratiqués, les autres degrés étant transmis par « communication », suivant l’usage fréquent du xviiie siècle, c’est-à-dire sans que le rituel du degré ne soit réellement pratiqué.

  • En Angleterre
    • Le rite s’appelle généralement « Rite ancien et accepté » (sans l’adjectif « écossais »). Il impose la pratique de la foi chrétienne (« must profess the Trinitarian Christian faith »). On le pratique seulement au 18e degré. Le 30e est réservé aux anciens présidents de chapitres. Les degrés au-delà du 30e ne sont conférés qu’à un très petit nombre de personnes. On compte 27 000 membres du Suprême Conseil sur les 400 000 membres de la Grande Loge unie d’Angleterre.
    • Le Rite écossais ancien et accepté est également pratiqué du 1er au 33e degré par le Droit humain du Royaume-Uni et du 1er degré au 3e degré par la loge masculine The White Swan, No 1348 de la Grande Loge de France à Londres ainsi que par la loge mixte Marco Polo de la Grande Loge d’Italie.
  • En Écosse, on pratique les 18e, 30e degrés. Au-delà, on procède comme en Angleterre.
  • En France et en Belgique, suivant les juridictions, on pratique et on initie généralement aux 4e, 9e, 12e, 13e, 14e, 15e, 17e, 18e, 22e, 26e, 28e, 30e, 31e, 32e et 33e degrés. Dans certaines juridictions belges, on initie également aux 5e et 29e degrés. Des différences quant au nombre de grades pratiqués existent d’une juridiction et d’un pays à l’autre. En règle générale, les juridictions françaises pratiquent moins de degrés d’aréopage que les juridictions belges et privilégient les degrés capitulaires.
  • Aux États-Unis, la Juridiction Nord a réformé ses pratiques de manière assez notable en 2004 et en 2006: le nom de 21 des 33 degrés, en particulier, a été changé. Par ailleurs, le système nord-américain est beaucoup plus rapide que dans d’autres pays, puisqu’il permet d’atteindre le 32e degré en très peu d’années alors qu’en Europe et en Amérique du Sud, une telle progression requiert une pratique assidue de plus d’une vingtaine d’années. Pour cette raison, plusieurs juridictions européennes et sud-américaines ne reconnaissent pas automatiquement les hauts grades reçus par leurs membres à l’occasion d’un séjour aux États-Unis.

Source Wikipedia

Conférence « Si tu veux la paix… » à Bourges le 11 novembre 2023

  • Les loges berruyères de la Fédération française de l’Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN organisent à une conférence-débat intitulée « Si tu veux la paix… » animée par Gabriel GALICE, président de la Fondation GIPRI, Institut International de Recherches pour la Paix de Genève.
  • Samedi 11 novembre 2023 dès 18 h – Archives Départementales –  Rue Heurtault de Lamerville – Bourges – Entrée libre et gratuite
  • Un verre de l’amitié sera servi à l’issu de la conférence. Possible visite du Musée de la Résistance et de la Déportation dès 17h15
  • En savoir plus via ce lien https://urlz.fr/nR4h

Une fin et un début de semaine très Grand Orient de France !

Si 356 km séparent Saint-Denis, sous-préfecture du département de la Seine-Saint-Denis, à Ancenis, une cité qui fait partie des Marches de Bretagne, à mi-chemin entre Angers et Nantes, c’est un bel et même esprit très GODF qui régnait en fin de semaine dernière !

Réunion GODF à Orée-d’Anjou (44) – Photo Guy

C’est ainsi que le 26 septembre, nous consacrions un article au Cercle Reconnaissance et Amitié, datant de 1803, sur 27/09/23 : « La franc-maçonnerie en Pays d’Ancenis », à Orée-d’Anjou (44)

Elle avait pour objet de mieux faire connaître la franc-maçonnerie en général et celle du Grand Orient de France en particulier. Il fallait jouer des coudes (photo à l’appui) pour trouver un siège… et assister à ce que tout le monde a reconnu pour être un franc succès.

Un GODF très dynamique dans cette belle région puisque déjà en 2022 nous avions consacré un article à Ancenis avec 6/04/22 : Conférence publique du GODF à Ancenis-Saint-Géréon (44). Cette fois-là, c’était Philippe Foussier, Grand Maître du Grand Orient de France (2017-2018), qui nous entretenait de « Face aux passions identitaires- l’idéal universaliste ».

Bourse du Travail, salle Marcel Paul.

À Saint-Denis, au cœur des Jeux olympiques et paralympiques de 2024,  la population dionysienne était venue en nombre pour écouter Georges Sérignac, Grand Maître du Grand Orient de France (2020-2023),qui, à peine descendu de charge, était toujours sur le chantier.

Une belle manière de (re)construire le Temple !

C’est au sein de la Bourse du Travail – salle Marcel Paul, syndicaliste, militant communiste et ministre du général de Gaulle en 1945 –, un bâtiment construit en 1983, que s’est tenue une grande conférence publique à l’occasion des 250 ans du Grand Orient de France.

« La franc-maçonnerie d’hier et d’aujourd’hui, entre tradition et modernité », c’est permettre d’explorer les racines historiques de la franc-maçonnerie et de découvrir comment elle se réinvente pour relever les défis du monde moderne.

Les loges du GODF à l’orient de Saint-Denis dont La Cité Nouvelle, créée en 1964, Les Compagnons Réunis, en 1980 et L’Union Philanthropique, fondée en 1839, représentées par leurs vénérables maîtres, ont magnifiquement œuvrées pour cette manifestation ouverte à tous puissent se tenir.

Mathieu Hanotin, en 2014.

En présence de Mathieu Hanotin qui, à l’issue des élections municipales de 2020, est élu maire de Saint-Denis et président de l’établissement public territorial Plaine Commune. Il prononça un très beau discours républicain, notamment sur les valeurs de notre devise « Liberté-Égalité-Fraternité », et la laïcité, fondement de notre droit mais aussi sur la transmission de ces valeurs (laïcité, citoyenneté,  lutte contre toutes les formes de discrimination, etc.).

Stéphane Peu (réseau social X, anciennement Twitter).

Quant à Stéphane Peu, député de la 2e circonscription de la Seine-Saint-Denis depuis 2017, sensible à l’honneur qui lui est fait de s’exprimer devant une si nombreuse assistance, à la fois comme parlementaire mais aussi comme militant communiste, nous parle de ce que les familles de pensée ( communiste et maçonnique) ont en commun reliant le mouvement des idées à celui de la transformation sociale. Il nous rappela les heures sombres de notre histoire et des fusillés du 2 octobre 1943 ou communistes et francs-maçons tombèrent sous les mêmes balles de l’occupant nazi. Puis nous entretient de tout un engament pour l’épanouissement humain. Un très beau discours à dominante historique et républicain.

Sceau du GODF.

Tout comme l’intervention du premier édile de Saint-Denis, celle du député fut chaleureusement applaudie.

Pierre Ouzoulias.

Nous notions, parmi le public, la présence du sénateur des Hauts-de-Seine Pierre Ouzoulias, petit-fils de résistant, qui est à l’origine de l’entrée des résistants Missak Manouchian poète, syndicaliste et journaliste, fusillé en 1944 au Mont-Valérien (Suresnes), et de son épouse Mélinée, agente de liaison pendant la guerre au Panthéon.

Philippe Guglielmi.

Ainsi que celle de Philippe Guglielmi, Grand Maître du Grand Orient de France de 1997 à 1999 et qui, depuis 2015, est élu à la tête du Grand Chapitre général – Rite Français du Grand Orient de France.

Georges Sérignac, très heureux d’être à Saint-Denis, note l’enjeu au sens noble et républicain du terme, celui aussi de l’avenir, que représente de la ville de Saint-Denis doit pouvoir faire que la franc-maçonnerie puisse jouer pleinement son rôle et occuper toute la place qui lui revient. Il souligne l’importance de telles conférences qui permettent d’échanger sur l’avenir, le rôle et la façon de faire de la franc-maçonnerie avec ceux qui ne sont pas francs-maçons mais aussi de mettre à mal toutes les balivernes qui sont répandues sur elle… Georges Sérignac précise qu’au Grand Orient de France, la franc-maçonnerie est une voie d’engagement. Ce n’est ni un loisir, ni un club service.

Georges Sérignac.

Il pose la question de savoir, entre tradition et modernité, si la franc-maçonnerie et ses valeurs sont-elles encore de notre temps.

Vous l’avez compris, Georges Sérignac devant réaliser un certain nombre de conférences dans les mois à venir partout dans l’hexagone – il sera le 14 octobre prochain au vauréal (95) sur « Citoyenneté : pourquoi les francs-maçons s’engagent-ils ? », nous ne déflorerons pas la thématique développées dans ses riches propos et nous vous invitons à venir l’entendre.

Pour un exposé, il fut brillant ! Photos Saint-Denis © Bruno Farat

Puis un dimanche 1er octobre, sur France culture dans l’excellente émission « Divers aspects de la pensée contemporaine », le Grand Maître Guillaume Trichard sur « Le Grand Orient de France, sentinelle de la République », avec Alexis Lacroix et Fabrice Million.

Le Grand Maître présente les objectifs de la principale obédience française, insistant sur le rôle de « vigie », mais aussi de « sentinelle » du GO… « Dans cette conversation, c’est une ligne programmatique résolument humaniste qu’il dessine – une ligne de résistance tant aux régressions identitaires qu’aux atteintes aux droits de l’homme ».

Pour (ré)écouter, c’est ICI.

Enfin, ce mardi 3 octobre, c’est sur X, nouveau nom de Twitter qui permet de suivre toute l’actualité en direct et d’être informé de toute l’info en continu, en images et en vidéos, que nous apprenons que Guillaume Trichard, grand maître du GODF était reçu au 57 de la rue de Varenne, dans le 7ᵉ arrondissement de Paris, en l’Hôtel de Matignon, résidence officielle du Premier ministre Mme Élisabeth Borne. À l’invitation de celle-ci, il a abordé les attentes des francs-maçons du GODF et renouvelé l’attachement de l’obédience à la République indivisible, laïque, démocratique et sociale.

Rappelons que la République indivisible, laïque, démocratique et sociale est une dénomination que nous trouvons au sein de l’article 1er de la Constitution du 4 octobre 1958.  Telle est l’affirmation solennelle qui, en une formule, résume les quatre piliers de l’esprit républicain. (Source photos @Elisabeth_Borne ou @GODFOfficiel).

Les Compagnons Réunis- YG
La Citée Nouvelle – YG.
L’Union Philanthropique – YG.

Les vacances d’automne au Friedenstein pour les amateurs de Franc-maçonnerie

De notre confrère allemand oscar-am-freitag.de

Concevoir des armoiries ou décrypter les mystères et symboles mystérieux des francs-maçons ?

Du 5 au 12 octobre 2023 au Château Friedenstein et au Musée Ducal Gotha.

Les vacances d’automne approchent à grands pas et avec elles un programme de vacances varié sur le Friedenstein : les jeunes visiteurs peuvent pratiquer l’héraldique, découvrir les mystères et les symboles mystérieux des francs-maçons ou découvrir le monde des dinosaures préhistoriques.

Joséphine Doege, médiatrice culturelle à Friedenstein, vous invite à explorer les mystères de l’Égypte et à aller au fond des symboles des Illuminati et des francs-maçons dans le cadre de l’exposition temporaire en cours. Que se cache-t-il derrière les signes et où les voyons-nous dans la vie de tous les jours aujourd’hui ? Nous concevrons et élaborerons également ensemble nos propres symboles (11 octobre, 10h à 11h30).

Dans le laboratoire BROMACKER, les miettes volent lorsque la préparatrice géologique Pia Kain découvre une découverte de dinosaure préhistorique avec un burin à air comprimé. En compagnie de la géologue Maria Schulz, les enfants âgés de cinq ans et plus peuvent voyager dans le temps jusqu’à l’époque du Permien, il y a 290 millions d’années, où ils deviennent eux-mêmes chercheurs. Ensuite, les participants à l’événement deviennent eux-mêmes actifs. Cette deuxième partie est adaptée aux enfants de 8 ans et plus (11 octobre, 10h à 12h).

Si vous avez toujours voulu découvrir de merveilleuses histoires sur une dalle de calcaire, alors l’événement pour enfants organisé par l’éducatrice du musée Heike Faber-Günther est fait pour vous. Avec elle, les jeunes invités examinent deux œuvres de grande qualité d’Andreas Pleininger, qui a enregistré ici des histoires bibliques il y a 400 ans. Après, il y a le bricolage. (12 octobre, 10h, participation aux frais : deux euros).

Pendant deux jours, l’accent est mis sur les armoiries de la cour et de la salle de bal du château de Friedenstein. Joséphine Doege examine les nombreuses armoiries colorées des enfants à partir de dix ans et va au fond des symboles, des couleurs et des formes. Dans le cadre du projet de deux jours, les participants s’activent eux-mêmes et conçoivent leurs propres armoiries (5 et 6 octobre, 10h à 14h).
L’éducateur du musée Heike Faber-Günther explore la ville de Friedenstein : Gotha avec des enfants de sept à douze ans à l’aide d’un modèle de grande ville. Les participants découvrent non seulement l’histoire de Gotha, mais aussi toutes sortes d’histoires. Pour faire briller l’automne à la maison, il y a une fiche de bricolage à emporter avec soi. (5 octobre, 10h, participation aux frais : deux euros).

Les personnes intéressées peuvent bien entendu également découvrir le château et les musées seules avec leurs parents pendant la période des vacances. Actuellement à l’affiche, outre le laboratoire BROMACKER et l’exposition interactive « Dans les coulisses » au Théâtre Ekhof, l’exposition spéciale « Francs-maçons et mystères de l’Égypte à Gotha » (jusqu’au 15 octobre). Les maisons sont ouvertes du mardi au dimanche de 10h à 17h.
Les enfants et les jeunes jusqu’à 18 ans ont une entrée gratuite.

Le programme des vacances d’automne peut être consulté sur www.stiftungfriedenstein.de/exhibitions-and-events/ferientipps.
Veuillez vous inscrire par e-mail à vwerbung@stiftung-friedenstein.de.

Le programme en un coup d’œil :

Jeudi 5 octobre 2023, 10h00
Château de Friedenstein
Animation pour enfants (de 7 à 12 ans)
Shining City – Gotha
Lorsque les jours raccourcissent et que les feuilles tombent des arbres, une nouvelle saison commence : l’automne. Promenons-nous ensemble dans Gotha (sur le modèle d’une grande ville) et apprenons toutes sortes d’histoires et d’histoires sur cette ville. Pour faire briller à nouveau Gotha, vous pouvez créer chez vous une feuille de bricolage avec des couleurs vives.
Participation aux frais : 2,00 euros
Heike Faber-Günther
L’inscription est obligatoire. / Point de rendez-vous : billetterie du château

Jeudi 5 octobre – 6 octobre 2023, de 10 h à 14 h
Château de Friedenstein
Animation pour enfants (offert à partir de 10 ans)
Un château sur toutes les lèvres – un aperçu de l’héraldique
Symboles, couleurs et formes dans l’héraldique – vous trouverez ici découvrir ce qu’il y a derrière. Ensemble, nous examinons les nombreuses armoiries colorées de la cour et de la salle de bal du château de Friedenstein. Dans le cadre de ce projet de deux jours, vous ferez preuve de créativité et concevrez vos propres armoiries.
Joséphine Doege
L’inscription est obligatoire. / Point de rendez-vous : Billetterie du Château / Entrée gratuite

Mercredi 11 octobre 2023, de 10h à 11h30
Musée Ducal
Animation enfants (adapté de 7 à 12 ans)
Mystères et symboles mystérieux
« Ici, tout est symbole ! annonce le rituel d’initiation à la Franc-Maçonnerie. Mais que se cache-t-il réellement derrière ces signes ? Nous allons au fond du symbolisme de la franc-maçonnerie et des Illuminati et explorons les mystères de l’Égypte. Où rencontrons-nous encore aujourd’hui des symboles dans la vie quotidienne ? Ensemble, nous concevons et concevons également nos propres symboles.
Joséphine Doege
L’inscription est obligatoire. / Point de rendez-vous : Musée Ducal / Entrée gratuite

Mercredi 11 octobre 2023, de 10h à 12h
Château de Friedenstein, salle d’exposition
Animation pour enfants exposition
taxidermie
Vous découvrirez en toute autonomie la préhistoire et pourrez regarder par-dessus l’épaule de notre taxidermiste son travail (à partir de cinq ans). Vous avez alors la possibilité de devenir vous-même taxidermiste. (2ème partie à partir de 8 ans)
Maria Schulz
Aucune inscription requise. / Point de rendez-vous : Bromacker Lab / Entrée gratuite

Jeudi 12 octobre 2023, 10 h
Animation pour enfants (de 7 à 12 ans)
Histoires sur des histoires
La Bible, également connue sous le nom de livre des livres, contient des histoires très passionnantes. De nombreux artistes les ont capturés dans leurs œuvres. L’un d’eux s’appelait Andreas Pleininger. Il y a plus de 400 ans, il a représenté deux merveilleuses histoires de ce livre sur des tables en pierre calcaire. Jetons un coup d’œil à ces œuvres de grande qualité de cet artiste et écoutons les deux histoires bibliques. Un petit travail de bricolage est prévu par la suite !
Participation aux frais : 2,00 euros
Point de rendez-vous : caisse du château
Heike Faber-Günther
L’inscription est obligatoire. / Point de rendez-vous : billetterie du château