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12/10/23 : Philippe Benhamou en dédicace chez DETRAD

La librairie DETRAD accueillera, ce jeudi 12 octobre 2023 à partir de 17h, Philippe Benhamou.

Venez passer un moment fraternel et convivial comme DETRAD sait les organiser.

Philippe Benhamou dédicacera, entre autres ses deux dernier opus :

La Franc-maçonnerie pour les nuls (retrouvez ICI notre note de lecture ;

Tamino et Pamina-Les fiancés des Buttes-Chaumont- Inspiré de la Flûte enchantée.

Mais aussi, édité par DETRAD, L’a-peu-près, dictionnaire de la fran-maçonnerie: à l’usage des ignorants des pissefroids et des nantis, coécrit avec Jean-Laurent Turbet.

Sa bio

Initié en 1990 à la Grande Loge de France, Philippe Benhamou, docteur en sciences des organisations est romancier, essayiste et auteur d’ouvrages généraux sur la franc-maçonnerie et l’aviation. Cocréateur de la webradio RadioDelta, il anime l’émission 123 Soleil. Connu, entre autres,  pour son Cahier de Brouillon Pour Francs-Maçons s’ennuyant en Loge (Éditions Numérilivre – Éd. des bords de Seine, 2021), coécrit avec Clara Pragman pour les illustrations, ou encore son Madame Hiramabbi-La concierge de la rue des trois-frères (DERVY, 2014), Prix Cadet Roussel 2014 (Imaginales Maçonniques & Ésotériques d’Épinal), nous lui devons récemment Tamino et Pamina-Les fiancés des Buttes-Chaumont- Inspiré de la Flûte enchantée (CODE 9, 2023).

Avec DETRAD, vous pouvez bénéficier de leur service « Dédicace en ligne ».

Infos pratiques :

Jeudi 12 octobre 2023, à partir de 17 heures

DETRAD – Fabricant Décors Bijoux Accessoires maçonniques Editeur et Libraire

18, rue Cadet, Paris IX – Téléphone : 01 47 70 38 32

Les origines anglaises de la franc-maçonnerie moderne – Au cœur de la galaxie hétérodoxe

La locution adverbiale ‘’au cœur de’’, débutant le sous-titre, l’énonce clairement. Nous sommes en plein dans ce que Richard Bordes, maçon du Grand Orient de France depuis plus de vingt ans, nomme la galaxie hétérodoxe, terme antonyme d’orthodoxe.

Et donc qui ne se conforme pas aux opinions, aux idées traditionnelles ou communément admises dans un domaine donné, ici, celui des origines anglaises de la franc-maçonnerie moderne, dite spéculative. Nous sommes prévenus. Dès le départ.

Il faut dire que livres et écrits sur les origines anglaises de la franc-maçonnerie sont légion. Google même restituent 98 000 résultats…

De ces maçons de métier de l’époque médiévale, de cette « maçonnerie opérative » en Grande-Bretagne à l’acte fondateur de la franc-maçonnerie moderne du 24 juin 1717 – ou selon certains historiens en 1721 – Richard Bordes nous livre sa vision des origines anglaises de cette institution philanthropique et société de pensée qu’est la franc-maçonnerie universelle.

« Lugate Hill, London » de Gustave Doré (BnF-Gallica).

Après l’illustration de 1872 du « Lugate Hill, London » de Gustave Doré (BnF-Gallica) et les remerciements adressés aux souscripteurs, à tous les membres de l’Aréopage de Recherches Sources qui dépend du Suprême Conseil du Grand Collège du Rite Écossais Ancien Accepté du Grand Orient de France, aux frères de sa loge à l’orient de Périgueux ainsi qu’à « Pierre Mollier, historien de la franc-maçonnerie, directeur du service Bibliothèque-Archives et du Musée de la Franc-Maçonnerie du Grand Orient de France » qui signe la préface, nous plongeons immédiatement dans la question des origines qui occupe encore beaucoup les historiens maçonniques depuis quelques décennies mais aussi tous les cherchants.

Richard Bordes porte un regard nouveau sur cette recherche dans la droite ligne des travaux d’érudits tels Andrew Prescott , professeur en humanités numériques à l’University of Glasgow, Susan Snell et le Dr Richard (Ric) Berman, titulaire d’une maîtrise en économie de l’université de Cambridge et d’un doctorat en histoire de l’université d’Exeter.

En gardant à l’esprit que nous devons ce renouveau aux recherches de David Stevenson qui, dès les années 80, renouvela la connaissance de l’apparition, dans l’Écosse du XVIIe siècle, des « gentlemen masons ».

Car c’est bien en Écosse puis en Angleterre, que les loges « opératives » s’ouvrent à des notables, sans rapport avec le craft, le métier. Échange, partage, réflexion, un lieu où aristocrates et bourgeois viennent découvrir cette nouvelle sociabilité, devenant ainsi des « maçons acceptés » ou « libres », soit en anglais « gentlemen masons » ou « free masons ».

Il suffit de se reporter à la table des matières que nous publions ci-dessous pour s’apercevoir que l’auteur traite, d’une façon éclairante, les origines anglaises de l’apparition de la franc-maçonnerie moderne, dite spéculative. Le grand intérêt est bien évidemment qu’il contextualise l’émergence de cette nouvelle sociabilité au début du XVIIIe siècle en s’attachant à développer les relations entre l’État et l’Église en Angleterre, pays à majorité protestante, au cours des deux siècles précédents.

Portrait of John Locke, by Sir Godfrey Kneller, 1779.

Du philosophe John Locke (1632-1704) à cette figure emblématique des sciences qu’est Isaac Newton (1642-1727), Richard Bordes précise, contrairement à ce que nous pouvons parfois lire, qu’ils ne furent pas reçus maçons mais que l’art royal a incontestablement évolué sous l’influence de leurs travaux. Par la suite, l’auteur abordant aussi tout l’aspect et le contexte philosophique et scientifique, éclairant aussi la pensée dans sa dimension culturelle et historique.

John-Theophilus-Desaguliers
John-Theophilus-Desaguliers

Le lecteur découvrira ensuite la famille Désaguliers, père et fils dont ce dernier sera « un personnage clé de cette nouvelle franc-maçonnerie et de la Grande Loge d’Angleterre, son organe administratif ».

Il nous décrit vraiment ce qu’est le paysage maçonnique moderne avant de remarquablement traiter le sujet d’Anderson et de Désaguliers, auteurs des Constitutions. L’auteur voit se dessiner deux grands axes majeurs de cette franc-maçonnerie moderne. C’est-à-dire une tradition qui s’ancre dans un passé historique mythique et un attrait marqué et rationnel pour la science newtonienne et le latitudinarisme religieux, un système d’après lequel chacun est libre de choisir la religion qui lui plaît. Richard Bordes décortique ensuite lesdites Constitutions, traitant de ces quatre parties d’importance inégales, à savoir l’histoire, les obligations du franc-maçon, les règlements généraux et le recueil de chansons maçonnique. Parler de l’athée et du libertin donnent l’occasion à l’auteur de revenir sur des définitions dix-huitièmiste de ces termes.

Cet ouvrage, pour qui veut se pénétrer de l’esprit régnant à l’époque et des premières Constitutions, celles de 1723, est très bien conçu. Pédagogique et argumenté, il puise aux meilleures sources et livre de très nombreuses références que le lecteur qui souhaite aller plus avant ne manquera pas de consulter.

La table des matières (la mise en gars du terme Constituions est due à l’auteur)

Remerciements

Préface

Une nouvelle approche des débuts de la franc-maçonnerie

Introduction

I – L’État et l’Église en Angleterre entre 1550 et 1750

II – Locke et Newton n’ont pas été « faits » maçons

III – Désaguliers père et fils

IV – La diaspora huguenote

V – Les coffee-houses : lieux de sociabilité et de fraternité

VI – La Royal Society de Londres (Royal Society)

VII – La franc-maçonnerie moderne

VIII – Anderson, Désaguliers auteurs des Constitutions

IX – L’assise juridique des Constitutions

X – Le contexte philosophique et scientifique

XI – Les francs-maçons déistes ?

XII – Philip duc de Wharton : Grand Maître de la Grande Loge de Londres, libertin, fantasque, blasphémateur et Martin Folkes (1690-1754) : Député Grand Maître, libertin, libre-penseur, athée, président de la Royal Society.

Conclusion

Bibliographie

Index

Les origines anglaises de la franc-maçonnerie moderne

Au cœur de la galaxie hétérodoxe

Richard Bordes – Préface de Pierre MollierÉditions Maïa, 2022, 232 pages, 20 €

Les Éditions Maïa qui publient des livres sont éthiques et durables, c’est-à-dire économes en papier et en encre mais aussi conçus et imprimés en France.

Les Éditions Maïa définissent leurs valeurs ainsi :

Notre ambition : Faire de chaque livre une graine qui s’enracine dans l’esprit

Un engagement : Surprendre nos lecteurs par une sélection rigoureuse

Notre ligne éditoriale : Une maison d’édition à taille humaine pour créer des œuvres d’exception

Notre philosophie : Pour déployer tout son potentiel, un livre doit être promu au long cours

Notre concept : Accompagner nos auteurs à chaque moment de la vie de leur livre

13/10/23 : Conférence – « L’Europe, un espace de débat et d’action pour la Citoyenneté »

Djémila BOULASHA est une praticienne expérimentée des milieux. C’est une juriste expérimentée spécialisée en droit communautaire. Djémila a été détachée en tant qu’expert auprès du Comité Européens des Régions. Elle a été également responsable des affaires publiques européenne à ENEDIS et RTE. Elle est très attachée à la devise de l’Union « Unis dans la diversité ». Sa Conférence portera sur « L’Europe, un espace de débat et d’action pour la citoyenneté ».

Podcast et humour avec : « Les Frangins ne sont pas tous gâteux »

De notre Frère Ludo est fondateur de lesfranginssontpastousgateux

Ludo a été initié au Grand Orient de France en 2011, il a récemment rejoint le Grand Orient du Québec. Les frangins ne sont pas tous gâteux est un podcast semi-maçonnique, semi-intellectuel, 100% humoristique.

Son message :

« Salut à toi, auditrices et auditeurs de l’Internet : oui, je suis Franc-Maçon. C’est-à-dire que deux fois par mois, je retrouve mes sœurs et mes frères de loges pour aller méditer sur les colonnes de mon temple, en attendant d’aller déguster du saucisson avec un verre de vin de qualité discutable.
Les Frangins sont pas tous gâteux, c’est un nouveau podcast pour tous, sous forme de chroniques plus ou moins profondes, dans lesquelles je partagerai mon expérience de maçon, mes réflexions, mes humeurs. Et cet épisode, c’est l’épisode des grands débuts.
»

Histoire du Rite français

Le Rite français, ou Rite français moderne, ou encore Rite moderne est un rite maçonnique constitué et codifié par le Grand Orient de France en 1783-1786 sous le nom de « Rit en 7 grades suivant le Régime du Grand Orient de France ». Consubstantiel à la naissance du Grand Orient de France, il est son rite de fondation créé en vue d’unifier les pratiques de ses loges.

Descendant en droite ligne des usages premiers de la franc-maçonnerie spéculative ; il contient et véhicule les plus anciennes traditions rituelles et initiatiques de la franc-maçonnerie nées en Écosse, puis en Angleterre. La codification du xviiie siècle le structure en deux composantes graduelles, une symbolique en trois grades et une philosophique qui prend le nom au xxe siècle d’« Ordres de Sagesse », en quatre ordres. Un cinquième ordre, administratif et conservatoire, clôture cette codification.

Publié en 1801 sous le titre de Régulateur du Maçon, il est depuis cette date son rite officiel et reste intimement lié à la naissance de la franc-maçonnerie continentale notamment en France. Au cours de l’histoire, il évolue vers des versions qui accompagnent souvent les évolutions que connait la société française. Sa diffusion en Europe et dans le monde s’accompagne parfois d’un retour aux pratiques originelles réactivées en France à compter de la seconde moitié du xxe siècle. Le Rite français est au xxie siècle pratiqué sous différentes formes par plusieurs obédiences maçonniques françaises, européennes et latino-américaines.

Histoire

Au tout début du xviiie siècle, les francs-maçons britanniques présents en France y importent le « rite des Moderns » qui est ensuite traduit en français. Le contexte et les raisons qui conduisent quelques décennies plus tard à proposer une version officielle de ce rite, sont liées à la création du Grand Orient de France en 1773. Celui-ci se saisit de l’importante question des rituels et il faut une douzaine d’années pour « fixer » les grades symboliques, selon la triple nécessité de conserver sa tradition, de clarifier et de moderniser ses règles administratives, et d’unifier ses usages

Codification

Tablier de maître du xixe siècle. Ji-Elle — Travail personnel

Afin de donner à la franc-maçonnerie une dimension nationale, le Grand Orient de France (GODF) organise l’uniformisation des rites « modernes » en France. En 1783, la chambre des grades, créée en janvier 1782 sous l’impulsion notamment d’Alexandre Roëttiers de Montaleau, reprend en intégralité ce chantier débuté dix ans plus tôt. Après un examen méthodique et des débats d’une grande richesse, elle fixe le modèle pour les trois premiers grades (loge bleue) qui sont définitivement validés lors de la 149e assemblée plénière du Grand Orient, les 15 et 19 juillet et le 12 août 1785. Les textes adoptés restent fidèles aux plus anciens textes maçonniques connus et aux rituels en français des années 1740-1750. Le travail de la chambre des grades s’étant concentré sur leur mise en forme, l’introduction du rituel présente ainsi cette codification : « Le Grand Orient de France s’est enfin occupé de la rédaction d’un protocole d’initiation […] Il a cru devoir ramener la Maçonnerie à ses usages anciens, que quelques novateurs ont essayé d’altérer, et rétablir ces premières et importantes initiations dans leur antique et respectable pureté. ».

La chambre des grades crée également le « Grand Chapitre général de France » en février 1784 qui agrège et codifie-les « Ordres de Sagesse » selon les mêmes principes. L’intégration du Grand Chapitre général et des Ordres de Sagesse au sein du Grand Orient est actée le 17 février 1786, constituant ainsi un système cohérent en trois grades « bleus » : « apprenti », « compagnon » et « maître ». Les deux premiers sont fondés sur l’approche symbolique, le grade de maître constituant la charnière avec des grades philosophiques organisés en ordre.

En 1801, un imprimeur peu scrupuleux diffuse le rite sous les titres Le Régulateur du Maçon et Le Régulateur des Chevaliers Maçons, fac-similés des cahiers officiels du G.O.D.F, qui étaient uniquement délivrés aux loges de l’obédience qui en faisaient la demande par écrit, contre rémunération. Le Régulateur du Maçon est considéré depuis cette date comme le rite officiel du Grand Orient de France. Consubstantiel à celui-ci, il va accompagner son évolution, marquée par l’histoire politique, sociale et religieuse du pays. C’est à cette époque qu’il prend le nom de « Rite français », la nécessité venant de le différencier par un vocabulaire spécifique d’autres rites, notamment avec l’arrivée en 1804 du Rite écossais ancien et accepté.

Évolution idéologique

Tablier de vénérable au Rite français moderne (régulateur 1801). Kagaoua — Travail personnel

Au sortir de la Révolution française, le Régulateur du Maçon mis au point par le Grand Orient de France sert de base et de référence aux loges du Premier Empire. Cette première moitié du xixe siècle voit Nicolas Charles des Étangs, « héros de la Bastille », introduire des variations aux influences déistes et parfois orientalisantes. Ces rituels diffusés en 1825 et réédités jusqu’en 1848 ont influencé beaucoup de loges. Même s’ils conservent la structure traditionnelle du Rite français, ils rajoutent un caractère déiste qui aspire à atteindre une religion universelle, où le comportement éthique et la réflexion priment sur la croyance. Il en est de même des rituels et des ouvrages de Jean-Marie Ragon qui se place dans la recherche d’une religion naturelle, universelle et morale. La formule Liberté, Égalité, Fraternité commence alors à être utilisée dans les travaux des loges.

Louis Amiable.

En 1858 s’impose le Rite français dit « Murat », qui revient aux fondements des Constitutions d’Anderson, sans pour autant transformer durablement le rite, car le texte est peu différent de celui du Régulateur du Maçon. Cette réforme du rite vise surtout, en pleine période « autoritaire » du Second Empire, à instaurer un encadrement idéologique strict, pour essayer de contrôler une institution dont le pouvoir impérial se méfie, mais qu’il croit pouvoir surveiller et utiliser comme relais d’influence.

Avec la « Querelle du Grand Architecte de l’Univers » et la rupture de 1877, le Grand Orient de France prend le tournant de la « liberté absolue de conscience ». Celle-ci sera concrétisée en 1879, lorsque sont évincées du Rite français les formules à connotations religieuses, dont principalement les devoirs envers Dieu. La référence au Grand Architecte de l’Univers reste tolérée dans les travaux des loges qui le souhaitent, mais disparaît des rituels de référence. La commission dirigée par Louis Amiable, avocat et conseiller de l’ordre, établi définitivement en 1886 la forme adogmatique du rite, en lui donnant une teinte positiviste. Cette commission, au motif que le symbolisme doit être « sobre, clair et absolument neutre », tourne le dos à certains traits importants du Rite français. Tout en conférant un contenu moral et laïque nouveau, elle s’appuie sur la résolution de 1877 et accompagne ce mouvement en supprimant du rite tout ce qui relève de la corporalité ou de la manifestation émotionnelle, au profit d’une doctrine rationaliste. Après cette date, il prend le nom de Rite français dit « Amiable ».

Réforme

Alexandre Louis Roëttiers de Montaleau. Jean-François Garneray —

Le Rite français connaît quelques rectifications en 1907 et en 1922. En 1907, sous l’influence du Dr Antoine Blatin, le rituel voit une accentuation de sa teinte positiviste. Dans le même temps, les élections et l’installation du collège des officiers, les consécrations de temples et les créations de loges, les cérémonies d’adoption ou de reconnaissance, les tenues blanches ou encore les pompes funèbres se voient dotées sur son initiative de leurs rituels respectifs. En 1922, une nouvelle version du Rite français, réalisée sous la présidence du frère (et Général) Gérard prolonge et aggrave cette tendance. Cette version voit quasiment disparaître toute évocation du symbolisme maçonnique classique. La volonté de faire un cérémonial rationaliste transparaît fortement, les dernières formules traditionnelles et les reliquats de théâtralité disparaissent du rite. La version « Amiable » se vide ainsi de sa substance maçonnique, aboutissant à des tenues sans décors et quasiment sans rituel. Le Rite français reste ensuite inchangé jusqu’en 1938.

Arthur Groussier, grand maître du Grand Orient de France
Arthur Groussier, grand maître du Grand Orient de France

À l’instigation du grand maître du Grand Orient de France, Arthur Groussier, une nouvelle réforme du rite voit le jour. Groussier est le maître d’œuvre d’un changement de cap : il s’agit d’une volonté de régénération du Rite français, après une quantité de rajouts et de suppressions qui l’avaient rendu à peu près illisible, au mouvement de simplification engagé depuis les années 1880, succède une attention renouvelée à l’égard des sources maçonniques anciennes. En 1925 le conseil de l’ordre décide une refonte des rituels. Le frère Armand Bédarride présente en septembre 1931, un rapport qui débute par un constat sévère : « les rituels sont défectueux et insuffisamment initiatiques » et propose : « un retour aux pures traditions dans un langage de notre temps ». Ses rapports de 1932 et 1933 sur les grades de compagnon et de maître invitent également à restituer au Rite français son caractère symbolique et initiatique. Arthur Groussier suit de près ces réflexions et prend en compte la majorité des remarques exprimées. Sous sa présidence, au terme d’une gestation qui a duré sept années, le conseil de l’ordre adopte en avril 1938 les nouveaux rituels des trois premiers grades du Rite français. Cette réforme marque un retour du symbolisme dans le rituel de référence du Grand Orient de France.

À cause de la guerre, en 1939, peu de loges ont le temps de s’habituer à cet outil qui, après le Régulateur du Maçon, constitue la seconde étape décisive de l’histoire du Rite français. Après une réédition en 1946, la version définitive du Rite français dit « Groussier » est achevée avec plusieurs retouches en 1955, sous l’autorité de Paul Chevallier. Cette version est toujours largement diffusée dans les loges du Grand Orient de France et elle est connue sous le nom de « Rite français – Groussier ».

Ordres de Sagesse

Les Ordres de Sagesse est le nom contemporain donné aux hauts grades maçonniques du Rite français. Ils se nomment à l’origine simplement « ordres supérieurs » et sont publiés en 1801 dans un recueil intitulé : Le Régulateur des Chevaliers maçons ou les Quatre ordres supérieurs, suivant le régime du Grand Orient. Codifiés par la chambre des grades et le Grand Chapitre général de France entre 1783 et 1785 sous l’impulsion d’Alexandre Roëttiers de Montaleau, ils sont intégrés au Grand Orient de France le 17 février 1786.

Transformation

Avers d’un bijou du 4e Ordre du Rite français moderne (Régulateur 1801). Kagaoua — Travail personnel

Ces hauts grades se placent dans la continuité du grade de « maître » et sont pratiqués par tous les chapitres du Grand Orient. Cependant, le Rite écossais ancien et accepté (REAA) et sa graduation maçonnique en 33 degrés, introduit des Amériques au début du xixe siècle (1804), est intégré sous la houlette de Jean-Jacques-Régis de Cambacérès qui prend la direction des affaires du Grand Orient de France. Cette graduation va progressivement supplanter le Rite français dans ce domaine, au point d’entraîner la mise en sommeil en 1862 des Ordres dit de Sagesse sous leur forme originelle.

Cette transformation se fait sans heurt et sans révolte, les grades écossais ayant intégré dans leur régime les quatre ordres du Rite français. Le Ve Ordre du Rite français n’avait quant à lui jamais véritablement trouvé son rôle, d’autant que l’attirance des 32e et 33e du Rite écossais, « grades blancs » perçus comme « ultimes », était devenue particulièrement forte lorsqu’ils furent conférés, à partir de 1805, à des dignitaires impériaux. Les chapitres du Rite français avaient alors sollicité le cumul des rites afin de pouvoir utiliser également les hauts grades du R.E.A.A. Dès lors les chapitres ne pratiquèrent plus les trois premiers ordres correspondant aux 9e, 14e et 15e de l’échelle du R.E.A.A. Ils débutaient le parcours au IVe ordre, correspondant au 18e degré du R.E.A.A et le poursuivaient avec les 30e (Chevalier Kadosh, 32e et 33e comme grades ultimes de ce « nouveau » régime, qui restait malgré tout en sept degrés.

En 1858 le « Rituel Murat » prend acte de cette situation installée depuis vingt ou trente ans, en plaçant dans les rituels et à la suite des trois premiers grades les « nouveaux » hauts grades, finalisant la transformation des Ordres de Sagesse du Rite français, sans présenter la chose comme un changement de rite, mais comme l’accession à un complément.

Renouveau

Tablier du 4e ordre du Rite français moderne. Kagaoua — Travail personnel

Dans les années 1960-1970, plusieurs maçons — dont René Guilly — en quête de la lettre originelle du rite, opèrent une nouvelle tentative afin de réanimer le caractère initiatique et symbolique de celui-ci, guidés par la volonté de pratiquer ses rituels sans aucun « ajout » ultérieur, sans modifications ni influences externes. Les ordres du Rite français moderne originel, qui ne sont plus pratiqués dans leur entièreté en France depuis 1862, sont réactivés pour la première fois le 30 novembre 1963. René Guilly et douze autres maçons créèrent le chapitre « Jean-Théophile Desaguliers » à Neuilly sur Seine.

En 1970, Roger d’Almeras, qui succède à René Guilly à la tête du chapitre « Jean-Théophile Desaguliers », constitue le chapitre inter-obédientiel « La Chaine d’Union », qui installe en 1977 à Lille, dans la perspective de transmettre les quatre ordres du Rite français, le « Grand Chapitre magistral du Grand Globe français ». En 1979 ce dernier, sous l’impulsion de plusieurs maçons revêtus des quatre ordres du Rite français (dont Jean Abeille, Albert Rouyat,Raymond Bouscarle, René Calaman et René Bianco, constitue-le « Grand Chapitre de Provence », qui installe le 22 octobre 1986 à Cabriès en Provence le chapitre « Lou Calen ». Dans la perspective d’une réintégration au GODF, le chapitre « Lou Calen » et les dix chapitres qui suivent sa création signent une demande d’intégration au « Grand Collège des Rites », s’engageant à ne regrouper à l’avenir que des loges du G.O.D.F, et participent le 25 mars 1995 à Lyon à la fondation du « Grand Chapitre général de Rite français », au sein du « Grand Collège des Rites du Grand Orient de France », débutant ainsi le renouveau du Rite français en trois grades et quatre ordres dans le G.O.D.F.

La refondation d’une juridiction indépendante par le G.O.D.F est actée le 17 mai 1999 et le 3 septembre 1999 l’assemblée plénière du G.O.D.F donne délégation au Grand Chapitre général pour administrer et gérer de manière autonome les chapitres du Rite français, il prend le nom de « Grand Chapitre général du G.O.D.F – Rite français ». Alors qu’elle n’avait pas cours aux xviiie et xixe siècles, celui-ci ne faisant pas partie du « phylum » de la transmission du Rite français à l’origine, la pratique d’un cinquième ordre est officiellement constituée le 24 septembre 1999.

D’autres chapitres souhaitant rester indépendants de toute obédience réactivent le 15 janvier 1994 à Cagnes-sur-Mer le « Grand Chapitre général de France » selon l’appellation datant de 1784. Tandis que les recherches d’autres maçons, notamment Roger Girard et Edmond Mazet, appartenant à la Grande Loge nationale française, les conduisent au Brésil où le 17 août 1989 le « Suprême Conseil du Rite moderne pour le Brésil » leur a accordé une patente, afin d’établir le « Grand Chapitre Français » (GCF).

Système du rite

Le système du Rite français est un régime qui se structure en trois grades et quatre ordres :

  • en « loge bleue » :
    • 1er grade : apprenti,
    • 2e grade : compagnon,
    • 3e grade : maître ;
  • en « chapitre » :
    • Ier ordre : Élu secret,
    • IIe ordre : Grand élu écossais,
    • IIIe ordre : Chevalier d’Orient,
    • IVe ordre : Chevalier de l’Aigle, Parfait Maçon libre sous le nom de Rose-Croix.

Il existe un Ve ordre, prévu dès l’origine du rite. Non compris dans l’échelle des sept grades du rite français, le caractère non-graduel, administratif et conservatoire de cet ordre est précisé dans les premiers statuts et règlements généraux du Grand Chapitre général (1784). Cet ordre propose, dès l’origine, l’étude de tous les grades physiques et métaphysiques de tous les rituels maçonniques en vigueur. Cet ensemble représente la totalité de la tradition maçonnique française de 1784, soit au total 81 grades.

Fondamentaux du rite

Tableau de loge d’apprenti selon une reconstitution personnelle et issue du Régulateur du Maçon édité en 1801. Kagaoua — Travail personnel

Héritier des plus vieilles traditions des « Rites modernes », le Rite français, malgré les réformes successives qui l’ont parfois éloigné puis parfois restitué dans sa tradition, a gardé encore au xxie siècle et dans ses différentes variantes les caractéristiques fondamentales qui le rattachent aux plus vieilles traditions de la maçonnerie spéculative. Le tableau ou le tapis de loge, la disposition des chandeliers autour de celui-ci, la position des colonnes « J » et « B » et celles des surveillants, les batteries en « deux coups brefs et un plus long », le port de l’épée, l’entame du pied droit, toutes choses que la Grande Loge des anciens changea par la suite. Le plus emblématique de ces fondamentaux reste encore aujourd’hui le tableau (ou tapis) de loge.

Le tableau ou tapis de loge est le symbole et « l’outil » le plus caractéristique du rite des modernes et du Rite français. Son usage est attesté dans les plus vieux procès-verbaux des loges maçonniques d’Angleterre entre 1738 et 1787 ou encore dans le texte des « trois coups distincts » (« Three Distinct Knocks ») de 1760 où l’on peut lire : « le plan est dessiné sur le plancher de l’est à l’ouest, le Maître se tient à l’est avec l’équerre au col […] ce tableau est généralement fait de craie et de charbon… ». Si l’usage le plus ancien consiste à dessiner le tableau de loge et à l’effacer ensuite, la pratique en est arrivée rapidement à faire des « tableaux permanents ». On trouve en Angleterre en 1736, la plus ancienne mention d’une toile peinte représentant « les diverses formes d’une loge de maçon ».

Il sert de modèle et de source qui se décline sur toutes sortes de supports. Fonctionnant comme un « aide-mémoire », il permet également d’effectuer un travail didactique, notamment avec les nouveaux arrivants, et engage plus particulièrement dans la tradition française à un travail de réflexion intellectuelle qui prend diverses formes selon les lieux et les époques, et que l’on qualifie souvent de « symbolisme ». Chaque grade est doté de son tableau de loge qui résume, au travers des symboles tracés ou peints, l’essentiel de l’enseignement contenu dans celui-ci.

La composition visuelle décrite dans le Régulateur du maçon présente pour le 1er grade (apprenti) par exemple : une perspective orientée partant d’un seuil délimité par les deux colonnes, « J » au nord et « B » au sud, précédées de marches et passant par un « pavé mosaïque » amenant le regard vers le fronton du Temple. Dans cet espace ainsi délimité sont disposés, avec une rigoureuse logique spatiale, des pierres, des outils, un niveau et une perpendiculaire au nord et au sud, une équerre et un compas à l’est et à l’ouest, trois fenêtres, une planche à tracer, le tout inclus dans une composition avec le soleil et la lune, qui est parfois représentée au milieu d’étoiles. Cette composition rectangulaire est parfois bordée d’une « houppe dentelée ».

Formes du rite

Au gré de son histoire et de ses évolutions, le Rite français se présente au xxie siècle sous différentes formes.

Rite français moderne

Tablier de maître brodé du xixe siècle. Ji-Elle — Travail personnel

Le « Rite français moderne » est en fait le plus fidèle à celui de la Grande Loge de Londres, rite fondateur de la franc-maçonnerie spéculative. Il en perpétue notamment les aspects fondamentaux. Ce rite en sept grades a été constitué et mis au point par la chambre des grades du Grand Orient de France (1783), puis reconnu définitivement en 1785-1786 comme rite de fondation de l’obédience. C’est le rite du Régulateur du Maçon de 1801, version imprimée de la codification établie de 1783 à 1786.

Il est la forme première du rite du GODF jusqu’en 1862, date à laquelle il se transforme officiellement, supplanté par le système de hauts grades du Rite écossais ancien et accepté (REAA) d’une part et par la « réforme Murat » d’autre part. Après plus d’une centaine d’années pendant lesquelles il n’est plus pratiqué sous sa forme originelle, il est réactivé en 1979 au sein du GODF avec la création de la loge « Esclarmonde » à Cabriès en Provence, dans la périphérie d’Aix-en-Provence.

La même année, des francs-maçons de la GLNF, refusant de laisser ce rite historique au seul monopole du GODF, créent les premières loges travaillant au Rite français moderne dans leur obédience : « Les Anciens Devoirs » et « St.-Jean Chrisostome » à Neuilly.

Rite français (Groussier)

Le « Rite français dit Groussier » est souvent considéré comme le rite maçonnique le plus « laïque ». Il est le rite de référence et administratif de toutes les loges du Grand Orient de France. Celles pratiquant un autre rite, ou une version spécifique du Rite français, bénéficient d’une double patente.

Rite français traditionnel

Le « Rite français traditionnel » qui porte à l’origine le nom de « Rite français moderne rétabli » est une variante de la famille des rites français. Ce « nouveau » rituel traditionnel, mis en usage dans les années 1960, s’inspire en particulier :

  • du Régulateur du Maçon de 1801 ;
  • des travaux de René Guilly et de la loge « Du Devoir et de la Raison », du GODF.

Il cherche à dégager le Rite français originel, dit des « Modernes », des modifications qu’il a connu au cours des xixe et xxe siècles, en particulier au sein du Grand Orient de France. Son caractère composite fait qu’il en existe de nombreuses versions suivant les obédiences, voire les loges.

Rite français de tradition

Le « Rite français de tradition » (parfois désigné comme « Rite franco-belge ») est une variante de la famille des rites français.

Héritier des rituels « français » publiés par le GODF en 1786, il est passé à Louvain dans les Flandres sous l’Empire (loge « La Constance », composée alors en majorité d’officiers français et de Belges francophones, ce qui lui a valu parfois le surnom de « Rite franco-belge ». Par la suite, ce rite est revenu de Belgique en France, transmis par la loge régulière « La Constance » (Orient de Louvain) à la loge « La Parfaite Union » en Cévennes (Orient du Vigan) qui, à son tour, l’a transmis à plusieurs autres loges françaises. Le rite français de tradition se caractérise notamment par la prééminence de la « Beauté » dans la trilogie « Sagesse, Force, Beauté » et par la sobriété de ses décors.

Rite français philosophique

Le « Rite français philosophique » est le dernier rite français né au sein du Grand Orient de France. Son élaboration a débuté dans les années 1969-1970 au sein de la loge « Tolérance » à l’Orient de Paris et a duré 33 ans, jusqu’à son adoption par le conseil de l’ordre du Grand Orient de France en janvier 2002. Il reprend les symboles véhiculés par la maçonnerie libérale et adogmatique mais les présente sous un autre éclairage, leur donnant un relief différent.

Diffusion du rite

Diffusion au sein du GODF

Le Rite français reste le rite majoritaire du Grand Orient de France. Ce sont environ 900 loges qui le pratiquent sous ses diverses formes (pour la plupart le « Rite français (Groussier) »).

En France, hors du GODF

En France, le Rite français est pratiqué au sein de nombreuses autres obédiences maçonniques où on le trouve de façon plus ou moins importante sous ses diverses dénominations et rituels.

En 1973, le GODF remet la patente du Rite français à la « Grande Loge féminine de France ». Cette obédience féminine développe ensuite une version du Rite français en plusieurs styles. En 1999, il lui remet la patente des Ordres de Sagesse et en 2001 est créé le « Grand Chapitre général féminin de France ». Cette même année des sœurs et des frères du Droit humain avec l’aide de frères du GODF créent la première obédience mixte travaillant au Rite français, la Grande Loge mixte universelle, et reçoivent officiellement la patente au Rite français.

En 1989 une patente des Ordres de Sagesse du Rite français est accordée à des frères de la « Grande Loge nationale française » par le « Suprême Conseil du Rite moderne pour le Brésil » leur permettant ainsi l’établissement du « Grand Chapitre Français » (GCF).

En 2001 le GODF remet la patente des Ordres de Sagesse à la « Grande Loge mixte de France », qui constitue en février 2002 le « Grand Chapitre général mixte » de cette obédience.

Le 18 mai 2013 à Boulogne-sur-Mer le « Sublime Conseil féminin du Rite moderne pour la France », créé la même année par des membres dissidents du « Grand Chapitre général féminin de France », reçoit une patente des Ordres de Sagesse du « Sublime Conseil du Grand Chapitre général mixte de Belgique » (UMURM).

Le 21 mai 2015 le Grand Chapitre général du GODF – Rite français et le Grand Chapitre français — Suprême conseil du Rite moderne pour la France de la GLNF signent un traité d’amitié.

Hors de France

Hors de France, le Rite français est diffusé essentiellement en Europe de l’Ouest et en Amérique du Sud et de façon minoritaire dans d’autres régions du monde, comme l’Amérique du Nord. Diverses juridictions, qui ne se reconnaissent pas entre elles, délivrent dans le monde des patentes des ordres capitulaires. Les principales sont le GODF, créateur et fondateur du Rite français, le « Suprême conseil du Rite moderne » (Brésil), fondé en 1842 et qui affirme en avoir maintenu la pratique sans interruption, et l’« Union maçonnique universelle du Rite moderne » (UMURM), fondée par ce dernier en 2011.

Source Wikipedia

France Culture : Fraternité, ce mot le plus obscur de la devise républicaine

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De notre confrère radiofrance.fr

« Liberté, égalité, fraternité ». Si nous connaissons par cœur la devise française, sommes-nous vraiment capables d’appréhender ce que recouvre le dernier terme ? Comment faire face aux diverses interprétations qui existent parfois contradictoires ?

Avec

  • Alexandre de Vitry Chercheur en littérature
  • Réjane Sénac Directrice de recherche au CNRS, enseignante à Sciences Po au centre de recherches politiques (Cevipof),autrice de « Radicales et fluides : les mobilisations contemporaines » (Presses de Sciences Po, octobre 2021).
  • Jean-Claude Caron Professeur à l’université de Clermont Ferrand, Membre de l’Institut universitaire de France.

Avec Philosophie consacre cette série d’émissions aux fraternités et sororités. Dans ce deuxième épisode, Géraldine Muhlmann et ses invités analysent la notion de « fraternité », présente dans notre devise républicaine.

La méfiance envers la fraternité : une vieille préoccupation ?

Si la notion de fraternité est la plus obscure de notre devise française, c’est parce que ce mot apparaît plus tardivement que les autres. Ainsi, “dans la Déclaration des droits de l’homme de 1789, ce mot n’apparaît pas”, souligne Jean-Claude Caron. Il ajoute : “on se focalise beaucoup plus sur ce couple antinomique qu’on essaye d’accorder : liberté et égalité”. Il a fallu attendre 1848 pour que “liberté, égalité, fraternité” devienne officiellement la devise de la République française.

Autour de 1830, la notion de fraternité est discutée et débattue. En 1848, “les femmes se sont emparées de cet enjeu” indique Jean-Claude Caron : “cela relève bien d’une volonté de globalisation”. En 1850, Karl Marx dénonce également l’hypocrisie de cette notion ne servant qu’à masquer des injustices sociales.

Une notion excluante dès sa conception

Le droit de vote tardif pour les femmes et l’expérience de la colonisation ne révèlent-ils pas les limites du concept de fraternité ? Pour Réjane Sénac, il y a une exclusion “non dans la mise en œuvre, mais dans la conceptualisation même”. Ainsi, Jean-Jacques Rousseau, comme d’autres, théorise une “fraternité exclusive d’emblée”.

Il y a eu des tentatives d’inclusion qui n’ont pas pu toujours aboutir du fait d’un rapport de force inégal. “Cet héritage permet de comprendre pourquoi aujourd’hui, il y a autant de discrimination entre les frères et les non-frères” explique Réjane Sénac.

À réécouter : Fraternité : pas si simple

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59 min

Désigner un frère, c’est aussi désigner un non-frère

Les limites de ce concept tiennent également de la nature même de ce dernier. Pour Alexandre de Vitry“on ne cesse de faire l’expérience d’abord de la limite qu’on dessine dès qu’on forme un groupe fraternel”. Autrement dit, désigner un frère, c’est aussi désigner un non-frère.

La conception qu’a Baudelaire de la fraternité permet d’illustrer cette contradiction. Le poète plaide pour le “droit de choisir ses frères, contre la fraternité biologique et familiale”, mais également contre la “fraternité universelle”.

Cette frontière entre frères et non-frères est instable. D’ailleurs, Alexandre de Vitry ajoute que “le mot frère aujourd’hui désigne de manière privilégiée le non-frère d’hier ”.

🎧 L’émission est à écouter dans son entièreté en cliquant sur le haut de la page.

Pour en parler

Réjane Sénac, directrice de recherche au CNRS et enseignante à Sciences Po au centre de recherches politiques (Cevipof). Parmi ses travaux, on trouve :

  • Les non-frères au pays de l’égalité, Presses de Sciences Po, 2017.

Alexandre de Vitry, maître de conférences en littérature française à La Sorbonne. Il a écrit :

  • Le Droit de choisir ses frères ? Une histoire de la fraternité, Gallimard, 2023.

Jean-Claude Caron, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université de Clermont-Auvergne. Il est l’auteur de :

  • Frères de sang – La guerre civile en France au XIXe siècle, Champ Vallon, 2009.

Pour aller plus loin

Nous vous conseillons ce livre pour celles et ceux qui veulent aller plus loin :

  • Michel Borgetto, Que sais-je ? La devise « Liberté, Egalité, Fraternité, PUF, 1997.

Références sonores

  • Lecture par Anna Pheulpin d’un extrait de Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l’économie politique, 1755.
  • Lecture par Riyad Cairat d’un extrait de Karl Marx, Les luttes de classes en France, 1850.
  • Lecture par Riyad Cairat d’un extrait de Victor Hugo, Les Misérables, Victor Hugo, 1862.
  • Extrait de l’entretien avec Cédric Herrou, dans L’invité du jour, France 24.
  • Chanson en fin d’émission : « Des bisoux » de Philippe Katerine (2010).

Magie et sorcellerie : connaissez-vous Samhain, la fête celtique et païenne des sorcières ?

De notre confrère voici.fr – Par Églantine Werner

Un éclairage aux bougies, des déguisements pour chasser les esprits malfaisants, et des rituels de purification… Voilà le programme idéal d’un Samhain réussi ! On vous explique tout !

Avec la célébration de Samhain, on troque les toiles d’araignées pour des rituels de divination, et les bonbons contre un festin où les morts et les vivants sont conviés ! Cette fête, ancêtre d’Halloween, est d’ailleurs destinée à chasser les mauvais esprits… Prêts à vous lancer dans cette aventure magique ?

Qu’est-ce que la fête celtique de Samhain ?

Il s’agit d’une des quatre fêtes celtiques parmi les plus importantes, avec Imbolc, Beltaine et Lugnasad. Selon la croyance, Samhain est le symbole de la fin des récoltes, et le début de la période d’obscurité, dédiée au culte des morts et des esprits. Durant Samhain, plusieurs rituels peuvent être organisés, afin de prédire l’avenir, de communiquer avec l’au-delà, et purifier sa maison des esprits malveillants. Aujourd’hui, Samhain est associé à la religion Wicca, et est fêté par des milliers de personnes à travers le monde.

Comment fêter le Samhain ?

Il existe de nombreuses manières de fêter Samhain : vous pouvez, par exemple, allumer un feu afin d’honorer la fin de la période des récoltes, et pour purifier votre espace de vie (attention cependant à réaliser ce rituel de manière sécurisée !). Aussi, les personnes fêtant Samhain pensent que la nuit de cette soirée si spéciale le voile entre notre monde et celui des esprits est particulièrement fin. Il s’agit du moment idéal pour tirer les cartes du Tarot ou réaliser des rites de divination avec un pendule. Rassurez-vous cependant, à Samhain, aucun démon n’est invoqué : il s’agit davantage d’un moment convivial, qui permet des réunions entre amis et en famille autour d’un repas copieux.

Quelle est la fête païenne à l’origine d’Halloween ?

La fête païenne de Samhain (dont la prononciation est sow-een) est en réalité l’ancêtre de notre Halloween actuelle ! On retrouve d’ailleurs de grandes similarités entre ces deux fêtes, car lors de la soirée de Samhain, il est de coutume de se déguiser afin de faire fuir les mauvais esprits, et de décorer son intérieur afin d’accueillir comme il se doit les ancêtres disparus.

Quand se déroule Samhain ?

Samhain se déroule dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre de chaque année, qui marque littéralement l’avènement de mois plus sombres, dédiés à l’introspection et à la spiritualité.

Histoire de la Grande Loge de Russie

La Grande Loge de Russie (GLR) est une obédience maçonnique qui étend sa juridiction sur le territoire de la fédération de Russie. Elle a été fondée le 24 juin 1995 par la Grande Loge nationale française, réunissant d’abord quatre loges russes travaillant à l’époque sous la juridiction de la GLNF, fondées entre 1992 et 1994. Elle est reconnue par la Grande Loge unie d’Angleterre et se classe dans les obédience dites : « régulière ». Elle est reconnue en cette qualité par plus de cent grandes loges à travers le monde.

Lord Lovell, le Grand Maître de l’époque à la Grande Loge de Londres, nomme d’un certain John Philips comme grand maître provincial pour la Russie. Il ne s’agit ici en aucun cas de la création des loges russes, tout au plus on pourrait supposer l’existence des groupements ou des loges de voyage réunissant des ressortissants anglais.

Vers la fin xviiie siècle, le système suédois est devenu dominant. Les hauts grades ont commencé à être créés. En même temps, le centre de la vie maçonnique du pays se déplace de Saint-Pétersbourg vers Moscou. On peut noter comme personnalités les plus marquantes de la franc-maçonnerie russe de l’époque Nicolas Novikov et Ivan Schwartz (ru), le premier s’occupant surtout des hauts grades templiers, le second étant dirigeant les chapitres des Rose-Croix issus du système de Berlin.

De nombreuses personnalités russes de l’époque ont fait partie des loges, on peut noter entre autres le prince Koutouzov, le Tsar Paul 1er, mais aussi Pouchkine et Griboedov. Le travail des loges russes continuait jusqu’en 1822, l’année où tout travail maçonnique était interdit dans le pays.

Le coup d’état bolchévik en octobre 1917 et la guerre civile qui l’a suivi ont rapidement mis fin à l’existence des groupes de pensée indépendants, dont la franc-maçonnerie. Quelques loges ont subsisté en émigration, surtout en France. La renaissance de la franc-maçonnerie en Russie a naturellement commencé à partir des loges parisiennes, dont Astrée № 100, faisant partie de la GLNF, fondée à Paris en 1965.

La création des premières loges de la nouvelle Russie, à partir de 1992 a rapidement été suivie par la consécration, en 1995, de la Grande Loge de Russie fondée par la Grande Loge nationale française, juridiction maçonnique indépendante et régulière, reconnue par la Grande Loge unie d’Angleterre4 et depuis par la majorité des grandes loges « régulière » du monde.

Comme tout jeune système, la franc-maçonnerie russe a connu quelques difficultés de croissance. Quelques scissions ont eu lieu, dont la plus importante date de 2008, elle a donné naissance à une obédience, dite la Grande Loge unie de Russie, reconnue par la Grande Loge de France.

Après une courte période d’instabilité qui a suivi, la Grande Loge de Russie a repris son fonctionnement normal. Elle compte quelques centaines de membres actifs et continue à se développer.

Son actuel grand maître, élu en 2007, est Andreï Bogdanov (2007-…)

Une loge maçonnique mise sous protection de l’Etat

De notre confrère arcinfo.ch – Par DAVID MACCABEZ

La loge Les Vrais frères unis fait partie des bâtiments d’importance de la Mère-Commune. Le Conseil d’Etat a décidé de le mettre sous protection. Le Conseil d’État a mis sous protection la loge maçonnique Les Vrais frères unis sise rue des Envers 37 au Locle, apprend-on ce jeudi 17 août. Le bâtiment a été commandité en 1829 par Edouard Courvoisier, Henri Matthey et Ami J.-J. Landry, et inauguré l’année suivante.

La loge maçonnique Les Vrais frères unis a acheté l’édifice en 1832, l’a agrandi en 1835, aménagé une entrée particulière pour ses membres en 1842 puis construit une adjonction à l’ouest en 1844-1845 et aménagé en 1846-1847 la salle des banquets.

Francesco Coppa, d’Alessandria, installé à La Chaux-de-Fonds, a signé les remarquables décors en trompe-l’œil de la salle des fêtes en 1898 et du temple en 1908.

L’intérieur de la loge, avec ses peintures murales. Photo: SP – Etat de Neuchâtel

L’humilité maçonnique

De notre confrère brésilien folhadolitoral.com.br

Le franc-maçon doit comprendre en son cœur que l’apprentissage dans la vie est éternel, que ce soit en Loge ou en société. Conscient de son insignifiance devant l’univers entier et de la nécessité continue du polissage de la Pierre Brute, l’Initié doit donc être continuellement humble face à tous les aspects possibles.


La franc-maçonnerie rassemble dans ses colonnes des frères de toutes convictions religieuses et politiques, conscients que les différences rendent l’humanité plus forte. Face à cela, il faut coexister, respecter les différences, même sans abandonner ses convictions, qui ne doivent jamais être fondées sur le fanatisme et l’ignorance. Exercer ce respect est aussi un exercice d’humilité maçonnique. 

Un autre point essentiel est qu’il ne faut pas utiliser l’Ordre comme un moyen de se vanter, de prétendre être supérieur à qui que ce soit. En effet, le franc-maçon doit être conscient que sa responsabilité est immense, car sa conduite sociale doit être exemplaire, dans le respect des lois en vigueur et de la tolérance, et ne peut être un mauvais exemple en tant que citoyen, mari, père, fils et professionnel. 

La Franc-Maçonnerie n’est pas secrète, mais discrète, permettant de s’identifier en tant que membre de l’Ordre, que ce soit sur des autocollants, des posts ou des événements ouverts, mais le tout dans le cadre des lois maçonniques en vigueur. Par conséquent, lorsque vous vous identifiez comme membre de cet Ordre laïc, ainsi que toute personne, lorsque vous réalisez que vous parlez ou observez un franc-maçon, dans ce scénario, ce qu’il faut voir est une conduite humble et respectueuse envers la société, quelque chose de nécessaire. pour tous, initiés ou non.