Note de la Rédaction : Initié en 1984, à la Grande Loge de France (GLDF), Alain Graesel en fut le Grand Maître, de 2006 à 2009. C’est au fil d’une conversation avec Franck Fouqueray, le directeur de publication de 450fm, lors d’un récent salon du livre maçonnique, qu’a germé le projet d’accueillir, dans cette rubrique : « Miroir de spiritualités », une chronique mensuelle de l’auteur du « Que sais-je ? » relatif à cette même Obédience, dans l’idée d’égrener, de manière aussi sobre qu’apéritive, des jalons symboliques relatifs au Rite Écossais Ancien et Accepté, qui fait précisément référence rue Puteaux. Il va de soi que la Rédaction étudiera volontiers des propositions du même ordre concernant d’autres rites. (Christian Roblin)
Question : comment comprendre la formule V.I.T.R.I.O.L. que le candidat à l’initiation peut lire sur le mur du cabinet de réflexion avant la cérémonie ?
Réponse :
Cet acronyme signifie en latin “Visita Interiora Terrae Rectificandoque Invenies Occultum Lapidem” soit dans la traduction française : « Visite l’intérieur de la terre et en te rectifiant tu trouveras la pierre cachée ». De quoi s’agit-il ? C’est une injonction fraternelle, formulée sur le mode impératif, qui invite et incite à l’action.
« L’intérieur de la terre » est une allégorie de la matière physique, dont nous sommes tous composés, notre corps mais aussi notre psychisme – conscient et non conscient – un agrégat difficile à appréhender et à comprendre et qui pourtant nous détermine, souvent s’impose à nous, qu’il faut explorer pour en comprendre la structure, les lignes de forces et les clivages, afin de surmonter ses éventuelles contradictions. Le parallélisme symbolique est évident. Visiter l’intérieur de la terre est une exploration. Visiter l’intérieur de notre psychisme – pour autant que cela soit absolument possible de s’observer soi-même comme un objet d’étude – en est une également. Mais c’est un pari qui mérite d’être tenté.
L’idée de se “rectifier” – comme on peut le dire d’un alcool que l’on distille plusieurs fois pour le rendre plus pur, plus concentré, renvoie à la nécessité pour chacun de mettre de l’ordre dans son propre désordre et fait déjà signe vers la devise du REAA “Ordo ab Chao”. Il s’agit d’entrer dans une ascèse initiatique – qui n’a évidemment rien à voir avec une entrée dans un ordre monacal – dans une exigence personnelle de mise en ordre de sa propre existence, une mise à l’équerre de soi-même, dont la symbolique se dévoilera dans le cours du rituel d’initiation qui va suivre.
Quant à l’idée de « trouver la pierre cachée », elle est une invitation à découvrir en soi l’ensemble des richesses dont nous sommes tous porteurs, de ces potentialités dont la vision est souvent brouillée par le brouhaha quotidien de nos existences, de nos préjugés, de nos certitudes et de ces déterminismes qui nous tirent généralement à hue et à dia.
Ce passage dans le cabinet de réflexion est en somme une invitation à opérer un retour sur notre existence, à la passer à la paille de fer pour en éliminer les aspérités et les irrégularités et travailler sa pierre brute pour en faire – grâce aux outils que sont le maillet et le ciseau et à cet instrument de mesure qu’est l’équerre – progressivement et symboliquement une pierre dégrossie d’abord et taillée ensuite que l’on pourra ajuster aux autres dans la construction d’un édifice.
Les Obédiences tissent des relations et des accords qui permettent ainsi les visites, les reconnaissances et parfois les doubles appartenances entre-elles. Il s’agit en quelque sorte, d’un moyen pour légitimer les petites afin de profiter des grandes. Les grandes quant à elles, signent aussi ces accords, mais il s’agit plus d’un traité de paix qu’un désir de croissance lorsque les forces en présence sont de même nature.
Lorsqu’on sait que 85% de la Franc-maçonnerie française se résume aux 8 plus grandes OBéDIENCES réunies, on comprend aisément la situation monopolistique.
Il suffit de rappeler que le GODF à lui seul, représente 33% des effectifs des « big height ». On voit ainsi qui est le patron en France et qui donne le tempo.
Pour paraphraser un ministre de la IIIe république en 1968 :
« Quand le GODF tousse, c’est toute la maçonnerie qui s’enrhume ! »
Mais voilà, cette logique de traités entre Obédiences est plus complexe qu’il n’y parait. Car le traité peut s’accompagner parfois d’un accord pour une patente de Rite. Ce point mérite un léger décodage afin de permettre une meilleur compréhension du système.
Lorsque le fondateur d’un Rite disparait, une structure maçonnique pérenne doit pouvoir en devenir le gardien pour les siècles à venir afin d’assurer la survie et la transmission. Les maçons disparaissent, alors que les Obédiences sont censées rester longtemps. C’est un moyen de protéger le Rite et de s’assurer qu’il ne sera pas exploité par des structures maçonniques sectaires ou malveillantes. Nous le comprenons, tout cela part d’un très bon sentiment.
Ce principe de fonctionnement serait juste et parfait, puisqu’il existe depuis des siècles… si les Obédiences ne s’étaient pas impliquées dans des investissements immobiliers pour financer les Temples. En effet, lorsqu’une Obédience est à la fois propriétaire du Rite par la patente et propriétaire du Temple qui engendre des revenus immobiliers pour autofinancer cesdits temples, on comprend rapidement le conflit d’intérêts. On serait en droit de penser que les Obédiences sont impartiales et respectent des règles éthiques, mais comment maintenir ces bonnes intentions lorsque des crises financières ou des bulles immobilières à répétitions viennent perturber la vie initiatique de nos Temples ?
Revenons aux traités d’amitié avec un exemple concret, qui pourrait s’apparenter à un abus de pouvoir ou de petits arrangements entre amis avec un cas concret :
Lors du Conseil de l’Ordre de la Séance plénière des 30 novembre et 1er décembre 2018 du GODF, sous la direction du Grand Maître Jean-Philippe HUBSCH, le conseil de l’Ordre entreprend une démarche de suspension des traités avec quelques Obédiences « amies », en les personnes de :
la Grande Loge des Cultures et de la Spiritualité (GLCS),
la Grande Loge Mixte de Memphis Misraïm (GLMMM). Les trois sont accusées des mêmes maux. On leur reproche un manque de stabilité. Ainsi, les trois traités avec ces 3 Obédiences amies finissent par être suspendus.
Le cas de la troisième Obédience (GLMMM) est particulier et mérite d’être souligné.
Une guerre interne durant l’année 2018 et 2019 va conduire cette dernière à se vider de 80 % de ses effectifs. De surcroit, une des Loges restantes est gérée par un Vénérable Maître qui avait été radié du GODF 24 ans plus tôt pour trafic d’influence et faux et usage de faux avec condamnation de 4 ans de prison (Jean-Michel Boucheron) et qui le 30 janvier 2018, avait été rejugé pour fraude fiscale, mais aussi pour organisation d’insolvabilité. Venait d’être à nouveau condamné le 27 mars 2018, à 18 mois de prison avec sursis, 20 000 € d’amende et la privation de ses droits civils, civiques et familiaux durant 3 ans. Par conséquent, son Obédience devait l’exclure et en aucun cas le GODF ne devait maintenir un traité d’amitié dans ces conditions. Un proche du dossier nous confirme d’ailleurs que l’intégralité des pièces avait été remise en mains propres au F∴ Michel KUNTZ ex Grand Orateur de l’époque pour être transmis au Grand Maître. Le GODF n’a jamais tenu compte de ces éléments.
A la surprise générale, quelques mois plus tard, sur les 3 traités en question, 2 étaient toujours en instance de traitement, celui de la micro Obédience GLMMM avec ses quelques dizaines de membres avec un VM privé de ses droits civiques étaient quant à lui rétabli. On pourrait penser que cela vient de l’administration HUBSCH.
Que nenni, car 5 ans plus tard, notre rédaction a fait un état des lieux et la situation ne s’est pas améliorée loin s’en faut. La rédaction a contacté les 2 Obédiences en suspens.
La GLMN : aucune nouvelle, le traité n’a jamais été résilié, mais il n’a jamais été rétabli. Depuis 2 Grands Maîtres se sont succédés, aucune affaire fâcheuse n’est venue entacher l’image de cette Obédience, pourtant, le traité est toujours en attente de rétablissement.
La GLCS : Même traitement pour cette Obédience, le Grand Maître vient d’être remplacé, l’Obédience continue sa route sans ternir sa réputation. Pourtant, aucune nouvelle du GODF pour le rétablissement du traité malgré le souhait du nouveau Grand Maître Pierre Lacagne qui dit vouloir relancer prochainement les discussions à ce propos.
La GLMMM : Autre son de cloche du côté de cette énigmatique maison. Il est en effet difficile de nommer cette micro structure une Obédience. En effet, il y a quelques semaines, le mercredi 11 octobre dernier, notre confrère Hiram.be titrait dans ses colonnes : GLMMM – le GM sortant seul candidat… pour un 5e mandat ! Il informait ses lecteurs que le Grand Maitre en place depuis 5 ans avait éliminé son opposant au printemps dernier pour rester seul en course, comme il a coutume de le faire depuis son arrivée. Le confrère concluait son papier par la question : « Que se passera-t-il quand il ne restera plus que le Grand Maître ?… »
Tout cela n’est qu’anecdotique pour la Franc-maçonnerie. Ce qui est plus inquiétant, c’est que le GODF maintient ses liens avec cette maison devenue douteuse pour ne pas dire sulfureuse.
La rédaction de 450fm a contacté les services de communication du GODF afin de comprendre. A l’heure où cet article parait, le GODF n’a pas souhaité apporter de réponse aux questions de la rédaction.
Avec ce dernier opus, l’historien des religions Francesco Massa* enrichit la magnifique collection « Mondes anciens », dirigée par Jean-Michel David – historien français, spécialiste de l’histoire politique, sociale et culturelle de la République romaine – et François de Polignac – ancien élève de l’École normale supérieure, ancien membre de l’École française de Rome et chargé de recherches au CNRS. Pour ladite collection, l’histoire de l’Antiquité est fondatrice.
Elle se présente ainsi : « Les grands moments que l’on en retient, l’Égypte, les empires de Mésopotamie, les cités grecques et les monarchies hellénistiques, la République romaine et l’Empire, sont ceux au cours desquels se sont structurés des modes de représentation du monde qui nous inspirent encore aujourd’hui : la Bible, la Démocratie, le Droit pour ne citer qu’eux. L’étude en requiert de la rigueur et de la précision, tant les sources sont rares et sujettes à interprétation. L’érudition pourtant ne peut suffire. Il faut aussi donner un sens aux événements que l’on reconstitue.
La collection Mondes anciens de monographies d’histoire et d’anthropologie de l’Antiquité s’inscrit dans une perspective à la fois savante et réfléchie qui permet, sans oublier non plus les questions d’historiographie, d’analyser les mécanismes qui régulaient les sociétés et en déterminaient les représentations. »
L’ouvrage débute avec des « Remerciements » qui sont comme une sorte d’avant-propos puisque Francesco Massa y expose la genèse du livre, fruit de trois projets menés à Paris, Genève et Fribourg, le conduisant à s’imprégner des discours et des pratiques des mystères de l’Antiquité.
Le Telesterion à Éleusis.
Francesco Massa, en dix chapitres, nous plongent donc dans les cultes à mystères. Mais pour bien les comprendre, il faut savoir ce que les mystères représentent pour les historiens, notamment les historiens des religions, mais aussi pour les théologiens. Contextualisant toujours ses écrits et avant d’entrer dans le vif du sujet, il a semblé utile à l’auteur de donner un aperçu du vocabulaire employé dans l’Antiquité. Puis il commence la description et l’analyse des cultes à mystères avec ceux l’Asie mineure au IIe siècle.
Mais qu’est-ce qu’un culte à mystères ? Tout simplement une forme de culte religieux qui était populaire dans certaines sociétés anciennes, notamment en Grèce et à Rome. Cultes caractérisés par des cérémonies secrètes, des initiations devant révélées de grandes connaissances cachées… Et, bien évidemment, uniquement réservées aux seuls initiés.
Parmi les cultes à mystère les plus célèbres, nous trouvons les mystères d’Éleusis en Grèce, centrés sur les déesses Déméter et Perséphone, les mystères de Mithra, qui étaient populaires dans l’armée romaine, et le culte d’Isis, qui venait de l’Égypte mais s’est étendu à travers l’empire romain.
Clément d’Alexandrie.
S’appuyant sur les écrits du théologien et philosophe chrétien Clément d’Alexandrie (c.150 ap. J.-C.-c. 215 ap. J.-C.). Pour mémoire, dans son ouvrage le plus connu, Stromates, Clément parle directement des cultes à mystères antiques. Il critiquait ces cultes pour ce qu’il percevait comme leur secret ostentatoire et leurs pratiques déroutantes, tout en suggérant que les mystères promis par ces cultes n’étaient que des imitations de la véritable révélation fournie par le Christ. Clément affirmait que les mystères chrétiens étaient supérieurs parce qu’ils étaient basés sur la vérité divine plutôt que sur des rituels secrets. Clément utilisait l’allegoria, l’interprétation allégorique, pour interpréter les Écritures, cherchant à révéler des vérités cachées derrière les textes sacrés, une méthode qui avait des parallèles avec la recherche d’une compréhension cachée ou ésotérique de la réalité, comme celle qui était recherchée dans les cultes à mystères…
L’ouvrage nous éclaire quant à l’historien, biographe et philosophe grec vivant à la charnière du Ier et du IIe siècle après J.-C. Plutarque, auteur antique qui a discuté des cultes à mystères, bien que lui-même ne soit pas un adepte desdits cultes. Il est connu pour avoir écrit sur les Mystères d’Éleusis, l’un des cultes à mystères les plus célèbres de l’antiquité. Bien que les détails des rites d’initiation aux Mystères d’Éleusis aient été tenus secrets par les initiés, dans son œuvre De Iside et Osiride, Plutarque révèle certains aspects de ces pratiques et offre une interprétation allégorique des mythes liés à Osiris et à Isis, qui ont des parallèles avec les croyances grecques autour de la mort et de la renaissance, thèmes centraux des Mystères d’Éleusis.
Mystères d’Éleusis.
Francesco Massa s’intéresse aussi à l’érudit et rhéteur grec du IIe siècle après J.-C. Julius Pollux, connu principalement pour son œuvre Onomasticon, une sorte de lexique ou d’encyclopédie en dix volumes qui répertorie et définit divers termes classés par sujet. Un travail précieux qui recèle aussi des informations sur les pratiques religieuses, y compris les cultes à mystères.
Rappelons aussi que l’Empire romain a connu plusieurs phases, dont le Haut-Empire (27 av. J.-C. – 284 ap. J.-C.) et le Bas-Empire (284 ap. J.-C. – 476 ap. J.-C. pour la partie occidentale (jusqu’en 1453 ap. J.-C. pour la partie orientale, également connue sous le nom d’Empire byzantin). L’auteur couvre une période allant jusqu’à la fin du IVe siècle.
L’ouvrage analyse l’ensemble des cultes à mystères sous l’Empire romain dont essentiellement ceux :
–d’Éleusis, l’un des plus anciens et des plus célèbres cultes à mystères, centré autour de Déméter et de sa fille Perséphone. Les initiés participaient à des rituels secrets qui promettaient des bénéfices dans l’au-delà. Souvenons-nous qu’Éleusis n’est pas le nom d’une personne – malentendu courant –, mais celui d’une ville, une ancienne cité grecque située à environ 20 kilomètres à l’ouest d’Athènes. Son sanctuaire porte le nom de Telesterion ;
Culte de Mithra.
-de Mithra. D’origine persane, le mithraïsme était populaire parmi les soldats romains. Il impliquait un système graduel d’initiation, avec des rituels souterrains souvent pratiqués dans des mithraea (sanctuaires dédiés) ;
-d’Isis. Originaire d’Égypte, ce culte a vénéré la déesse Isis et son mari Osiris. Il offrait une promesse de renouveau et de renaissance à travers des rites d’initiation ;
-de Cybèle et Attis. Cybèle, la Grande Mère, Mère des dieux, Mater Magna était une déesse originaire d’Anatolie. Les rites associés à son culte étaient spectaculaires, avec de la musique, des danses et parfois des actes d’automutilation par ses prêtres, les Galli ;
Dionysos, musée du Louvre.
-de Dionysos. Bien que Dionysos soit principalement associé à la Grèce, son culte a également été pratiqué dans l’Empire romain. Ses mystères tournaient autour de thèmes de la résurrection et de la transformation ;
-d’Orphée. Centré autour des mythes et des enseignements attribués à Orphée, ce culte promettait à ses initiés une vie après la mort meilleure grâce à des rites et des chants secrets.
L’auteur pose la question, et c’est d’ailleurs son sous-titre « Païens et chrétiens en compétition », de savoir quelle a été la ‘’cohabitation’’ entre cultes à mystères et christianisme. Lesdits cultes ont commencé à décliner avec la montée du christianisme, qui est devenu la religion dominante de l’empire romain au IVe siècle après J.-C.
Chrisme, avec l’alpha et l’oméga.
Néanmoins, leur influence a été longue et certaines de leurs idées et pratiques ont été intégrées dans les traditions ésotériques et occultes ultérieures. Peut-être encore aujourd’hui ? Mis à mesure que le christianisme gagnait en popularité, il entrait souvent en conflit avec les cultes à mystères. Les deux offraient des expériences spirituelles profondes et des promesses de vie après la mort. Cependant, les chrétiens critiquaient souvent les cultes à mystères pour leur immoralité et leurs pratiques païennes. En retour, les païens accusaient parfois les chrétiens de subversion ou d’athéisme, car ces derniers refusaient de vénérer les dieux de l’État…
Plan d’Éleusis.
Le très sérieux ouvrage, qui pourrait sembler accessible qu’aux seuls érudits est en réalité abordable par tout cherchant et curieux de nature. Comme une enquête aux sources même de traditions initiatiques connues depuis des temps immémoriaux.
Il se termine avec une liste d’images et d’abréviations, une très riche et imposante bibliographie de 55 pages, suivie d’un index des sources épigraphes (par corpus), des sources littéraires et d’un index rerum, c’est-à-dire par thème.
*Francesco Massa est historien des religions, spécialiste des interactions religieuses dans la Méditerranée antique et tardo-antique. Après une formation en sciences de l’Antiquité à l’Université de Pavie et en histoire des religions à l’École pratique des hautes études de Paris, il a exercé en France (Paris, Aix-Marseille, Toulouse) et en Suisse (Genève, Fribourg). Il est actuellement professeur assistant au Département d’études historiques de l’Université de Turin.
Il travaille notamment sur les transformations religieuses à l’époque de l’Empire romain et les cohabitations entre païens et chrétiens aux IIe-IVe siècles et s’intéresse également à la construction des notions religieuses (paganisme, mystères, religion, hérésie), par les auteurs chrétiens des premiers siècles de notre ère. Il est actuellement professeur assistant au Département d’études historiques de l’Université de Turin. Francesco Massa est aussi l’un des éditeurs d’Asdiwal, une revue genevoise d’histoire des religions, et de Mythos, rivista di storia delle religioni, et il est membre du comité de rédaction de SemiticaetClassica, revue internationale d’études orientales et méditerranéennes.
Les Cultes à mystères dans l’Empire romain–Païens et chrétiens en compétition
Francesco Massa– Les Belles Lettres, Coll. Mondes anciens, 2023, 432 pages, 33 €
Alors que le tourisme noir et que les attractions hantées sont en plein essor, le site Holidu s’est intéressé aux destinations les plus terrifiantes de France. Sur les 10 lieux répertoriés, un se trouve en région Auvergne-Rhône-Alpes à environ 2h de Lyon.
Holidu, le moteur de recherche de locations de vacances, a dressé une liste des attractions touristiques hantées les plus populaires de France. Notre région semble être propice au grand frisson avec un château qui figure sur la liste : le château de Veauce.
Le château est bâti à mi-pente d’un vallon, au pied de la forêt des Colettes, sur la petite commune de Veauce, dans le département de l’Allier en région Auvergne-Rhône-Alpes.
Le château fort des xie et xiiie siècles, composé de plusieurs bâtiments qui s’organise autour d’une cour d’honneur, a été largement remanié au milieu du xixe siècle. Il comporte un chemin de ronde couvert reliant les tours.
Les trois tours datent des xiiie et xive siècles. Au xve siècle, au nord, une partie des fortifications a été abattue pour faire place à un logis en bordure du ravin. Flanqué de deux tours, il a conservé son aspect médiéval d’origine. Ses fenêtres sont à croisées de pierre et il comporte une tourelle d’escalier. Le tournebride nommé aussi le manoir des noix date de la même époque et constitue un château miniature. Au xviie ou xviiie siècle, une terrasse hors des fortifications vient prolonger le château, et au xixe siècle un corps de logis avec porterie remplace un autre bâtiment.
À l’origine, un premier château fort fut probablement construit vers l’an 808, au moment où Charlemagne marqua les frontières du royaume d’Aquitaine. À cette époque, le sire de Veauce possédait un droit de justice sur un territoire assez vaste (Ébreuil et le hameau du Mercurol, Vicq, Lalizolle)3. Il fut reconstruit au xie siècle et encore remanié au xiiie.
Il est au xiie siècle la propriété des Bourbons.
En 1400, la seigneurie de Veauce est érigée en baronnie par Louis II de Bourbon en faveur de Robert Dauphin, chevalier, seigneur de Royne et de Veauce. À la suite de la mort du connétable Charles III de Bourbon en 1527, le château de Veauce relève alors directement de la Couronne. Plusieurs familles illustres s’y sont succédé de 1700 à 1970 : Chauvigny de Blot, Le Loup, Du Buysson, les Cadier de Veauce (une des plus anciennes familles du Bourbonnais)3 qui le conserveront jusqu’au milieu du xxe siècle.
Au milieu du xixe siècle, alors que le château est très mauvais état, le baron de Veauce, Charles de Cadier de Veauce (1820-1884), député de l’Allier de 1852 à 1870, ami du duc de Morny, fait réaliser d’importants travaux de rénovation entre 1841 et 1846, lui donnant l’aspect que l’on connaît aujourd’hui. En 1973, le baron Eugène de Cadier de Veauce le vend à Ephraïm Tagori de la Tour, un ingénieur en armement et officier de l’armée britannique, né à Jérusalem, vétéran de la bataille de Stalingrad et de la guerre des Six Jours.
À la mort d’Ephraïm Tagori en 1998, le château se dégrade rapidement et est finalement acheté en 2002 par une citoyenne britannique, Elisabeth Mincer. En 2015 naît le fonds de dotation Calligramme – Elisabeth Mincer, qui est le nouveau propriétaire du château ; sans but lucratif, il a pour objectif de sauvegarder le château et d’en faire un centre de tourisme culturel et de la nature « accessible à tous ».
Légende du fantôme de Lucie
D’après la légende, Lucie, une belle et jeune domestique d’à peine 18 ans (issue d’une famille noble désargentée) fut courtisée par le baron de l’époque, Guy de Daillon (vers 1560), qui était déjà marié à Jacqueline de La Fayette. Alors que ce dernier était parti guerroyer, la baronne, jalouse, en profita pour jeter Lucie dans la prison de la tour de l’Horloge, située au saillant sud-est de la forteresse. La jeune fille y mourut de faim, de froid et de peur, malgré les observations des villageois impuissants. Depuis, elle reviendrait certaines nuits errer sur le chemin de ronde6.
L’engouement pour les phénomènes de châteaux hantés durant les années 1980 amena de nombreux curieux, ce dont Tagori tira profit en faisant sortir de l’ombre le fantôme de Lucie qu’il prétend voir tous les soirs, sur les douze coups de minuit, se promener sur les courtines.
Durant la nuit du 4 août 1984, une équipe de France Inter dirigée par le journaliste Jean-Yves Casgha, spécialiste des reportages sur le paranormal, y consacra entièrement son émission « Boulevard de l’étrange ». Accompagnée du médium Raymond Réant et de sa petite-fille Aurore (alors âgée d’une dizaine d’années), l’équipe aurait été témoin de l’apparition du fantôme de Lucie (ou de la dame blanche) dans les hauteurs du château et aurait même conservé des traces tangibles de sa rencontre avec Lucie : une photographie et des enregistrements sonores (qui n’ont pu trouver à ce jour d’explication scientifique).
Et même si en janvier 2012 José da Cruz Policarpo, archevêque de Lisbonne, dénonçait l’influence maçonnique, cela n’a pas empêché un groupe de frères de projeter la création d’une loge francophone au sein de la capitale du Portugal, Lisbonne.
Elle aura pour nom Marianne. Un nom, ô combien, symbolique. En effet, la première allégorie de la République sous les traits d’une femme coiffée d’un bonnet phrygien remonte à la Révolution française : ce bonnet porté par les esclaves affranchis en Grèce et à Rome, apprécié des marins et des galériens de la Méditerranée, est fièrement repris par les révolutionnaires venus du Midi comme emblème de la liberté.
Marianne étant un des prénoms les plus répandus du XVIIIe siècle, il est employé pour personnifier le peuple, et parfois la République, notamment dans la bouche de ses détracteurs. Sous la IIIe République, les statues et surtout les bustes de Marianne se multiplient, en particulier dans les mairies, parfois privée de leur bonnet phrygien jugé trop séditieux au profit d’un diadème ou une couronne. Au fil des années, Marianne prend le visage des Françaises de son temps, Brigitte Bardot, Michèle Morgan, Mireille Mathieu, Catherine Deneuve, Inès de la Fressange, Laetitia Casta, Evelyne Thomas. Elle orne les timbres-poste, inspire les artistes, et incarne aux yeux de tous la beauté et la vitalité de la République éternelle.
Marianne existera donc désormais en terre lusitanienne. Son obédience future sera le Grande Oriente Lusitano (GOL). Le Grand Orient lusitanien, créé en 1802, est la première obédience maçonnique fondée au Portugal. Elle s’inscrit dans le courant adogmatique et libéral de la franc-maçonnerie. Elle porte le nom de Grand Orient du Portugal entre 1849 et 1867. Elle connait diverses périodes de développement et d’interdiction en lien avec l’histoire politique du pays, dans laquelle elle est parfois impliquée.
Voici le beau projet de création de ma loge francophone Marianne, à l’orient de Lisbonne :
« Le projet Marianne est celui de la création d’une loge portugaise du Grand Orient Lusitanien (GOL) dont le français est la langue de travail et dont le nom sera Marianne. Elle sera à l’orient de Lisbonne. Ce projet de création de loge est parrainé par la RL Delta, loge du même GOL à Lisbonne.
L’allumage des feux est prévu vers Juin 2024.
Il ne s’agit pas d’une loge de français au Portugal, mais bien d’une loge portugaise constituée de Frères (et dès que possible de Sœurs) francophones de toutes nationalités. De nombreux portugais, français et belges bien sûr seront représentés, mais notre projet s’inscrit dans une démarche universaliste et nous espérons la présence de nombreuses autres nationalités.
La future loge travaillera au Rite Français, selon le Rituel de Référence du GOL, traduit en français. Lui-même inspiré du Rituel de Référence du Rite Français du GOdF, dit Groussier.
Le projet est mixte, mais la future loge ne sera pas mixte lors de l’allumage des feux car la constitution du GOL ne le permet pas aujourd’hui. Les débats actuels au sein du GOL permettent de penser que l’obédience pourrait autoriser les loges mixtes fin 2024. Dès que cette décision du GOL sera officielle, la future loge Marianne deviendrait mixte.
En attendant l’allumage des feux, la loge Delta, « incubatrice » de la future Marianne, fait œuvre de grande solidarité et fraternité avec ce projet en organisant tous les deux mois des tenues supplémentaires en français, une langue qui n’est pas la sienne.
Nous invitons tous les portugais et les résidents étrangers au Portugal qui souhaiteraient travailler en français à nous rejoindre.
Dans le Maine-et-Loire, en région Pays de la Loire, Cholet est la deuxième plus grande ville du département. Une ville très dynamique aussi côté GODF !
Après quatre ans d’absence – la dernière édition du banquet laïque et républicain a eu lieu en novembre 2019 –, le samedi 2 décembre prochain verra se tenir le troisième banquet laïque et républicain. Une belle fête par le Foyer laïque de Cholet et le Grand Orient de France. Avec comme thème, cette année, la Fraternité.
Le discours de 2018
Nous reproduisons le discours lors du banquet laïque et républicain du samedi 8 décembre 2018 prononcé par M. Pascal Levron :
« Mesdames, Messieurs, Mes amis.
En qualité de président du cercle choletais des Francs-Maçons du Grand Orient de France (GODF), il me revient aujourd’hui le plaisir et l’honneur de prononcer quelques mots d’accueil au nom de notre Loge maçonnique, Harmonie-Évolution, et plus largement du GODF dont nous faisons partie.
Page Facebook
Je tiens d’abord à remercier toutes les personnes présentes aujourd’hui, connues ou inconnues, sans lesquelles ce premier banquet Laïque et Républicain n’aurait pas de sens et n’aurait simplement pas eu lieu ….
– Les membres du Foyer Laïque choletais avec qui nous sommes associés dans l’organisation de cette manifestation.
– Les Sœurs et les Frères du GODF qui, à des degrés divers, ont participé et soutenu ce projet.
– Tous les citoyens sensibles à ce thème qui sont aujourd’hui attablés ici.
Que dire pour introduire le sujet et justifier l’initiative d’aujourd’hui ?
– D’abord que la constitution du Grand Orient De France affirme dans son article 1er que les Francs-maçons de notre obédience « attachent une importance fondamentale à la Laïcité » et que la Franc-maçonnerie a pour devise « Liberté, Égalité, Fraternité ».
A la veille de la journée nationale de la Laïcité, il est donc naturel que les SS et les FF de Cholet et d’ailleurs s’investissent pour célébrer la Laïcité et la République, dans un évènement qui se veut rassembleur et convivial.
– On pourrait ensuite se contenter de penser qu’inscrire la Laïcité dans le marbre de notre législation suffit à en garantir l’effectivité.
La salle de banquet du Foyer laïque de Cholet.
– En effet tout en haut de la hiérarchie du droit, l’art 1er de la Constitution du 4 octobre 1958 énonce solennellement que : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. … »
– La loi du 9 décembre 1905 et ses 44 articles institue la séparation des Églises et de l’État :
– Le 9 décembre est désormais inscrit dans nos calendriers comme journée nationale de célébration de la Laïcité.
– Bien d’autres textes particuliers concernant l’espace public (l’école, la voie publique …) existent mais le but n’est pas de dresser une revue du droit existant.
On le voit, beaucoup de bonnes intentions dans toutes ces normes …
Mais, si le principe est affirmé avec énergie et gravité, il faudrait être aveugle et sourd pour ne pas constater et ne pas s’indigner devant les nombreuses atteintes qui ponctuent l’actualité nationale ou locale, qu’elles émanent d’initiatives individuelles ou d’instances officielles.
Panneau liberté égalité fraternité de la République Française
Je répugne à en dresser une liste à la Prévert qui ne serait pas forcément représentative ni exhaustive, mais parmi les exemples récents les plus significatifs, on peut citer :
– Les prières de rue à Barbés et ailleurs ;
– Les barbecues Allal de la PJ parisienne ;
– L’ONU qui fustige notre intolérance à la burqa ;
– Le Conseil d’État qui condamne les menus uniques dans les cantines de l’Éducation nationale ;
– Les velléités confuses de notre gouvernement d’adapter la loi de 1905 aux particularités, pour ne pas dire aux exigences, des différentes pratiques confessionnelles ;
– Les évolutions sémantiques ambigües dans les textes officiels (Assimilation ; Intégration ; Inclusion). http://www.education.gouv.fr/…/ensemble-pour-l-ecole…
Au niveau local il m’a également été rapporté quelques épisodes qui peuvent faire débat et que nous pourrons évoquer au fil des interventions.
Le Franc-maçon, citoyen dans la cité, voit et entend cela et ne peut pas être indifférent à ces petits arrangements ou à ces entorses avérées.
Victor Hugo avait résumé le principe de Laïcité dans ces quelques mots « L’Église chez elle, l’État chez lui ».
Or, se comporter dans l’espace public conformément aux prescriptions de sa foi constitue l’expression d’une religion et donc une transgression, volontaire ou inconsciente à la Laïcité.
Accepter et banaliser cela, c’est fragiliser la République car, c’est ignorer que la Laïcité est à la fois le bouclier et le substrat des autres principes Républicains, desquels elle est indissociable.
Liberté, Égalité, Fraternité
La Laïcité c’est la condition de la Liberté, de l’Égalité et de la Fraternité
En garantissant à tous la liberté de croire ou pas, elle nous permet de nous extraire d’un héritage culturel auquel on n’adhère pas ou bien d’embrasser des convictions spirituelles qui nous habitent.
En évitant l’expression de ses singularités dans la sphère publique, elle limite les risques de conflit. Elle assure la paix sociale et l’unité nationale. La Laïcité c’est le ciment de la société.
Des groupes culturels juxtaposés et divisés ou des citoyens unis et soumis aux mêmes règles ?
C’est finalement tout l’enjeu et la question du modèle de société que nous voulons pour aujourd’hui et pour l’avenir.
La Laïcité, en permettant un échange apaisé est un puissant facteur de progrès individuel et collectif car, sans plagier St Exupéry, c’est de la rencontre et de la découverte de l’autre que nait la richesse et la tolérance.
Jeudi soir j’assistais à Nantes à une conférence sur le même thème.
J’emprunterais ma conclusion aux paroles d’un citoyen de confession musulmane qui, dans la salle a prononcé ces mots : ‘’Les français ne se rendent pas compte de la chance qu’ils ont, d’avoir la Laïcité inscrite dans leur constitution.’’
Souvenons-nous de ces sages paroles et restons vigilant. Je vous souhaite à tous une excellente journée. Gourmande bien sûr autour de ces plantureuses agapes, mais surtout chaleureuse et constructive. Pascal Levron. »
Nous attendons, avec impatience, le discours 2023 ! Alors, nous vous souhaitons de beaux et bons banquets laïques et républicains dans toute la France et outre-mer. À Cholet, on ne sort plus cet emblème du territoire que sont les mouchoirs, et dont la célébrité a, de fil en aiguille, traversé les siècles,mais les serviettes !
Infos pratiques :
Foyer Laïque Cholet 16 Rue François de la Rochefoucauld, 49300 Cholet
Téléphone : 02 41 71 87 48/Rendez-vous à partir de 12h – Renseignements et inscriptions (30 €) : banquetrepublicain2023@gmail.com
Les Frangins sont pas tous gâteux… mais y’en a ! Episode numéro 5 consacré aujourd’hui à la question : Doit-on améliorer la Franc-Maçonnerie ?
En voilà un titre provocateur pour ce cinquième épisode du Podcast Les Frangins sont pas tous gâteux… Bah oui, mais il faut aussi parfois poser les bonnes questions ! Lorsqu’on est une société initiatique vieille de plusieurs siècles, on court peut-être le risque de devenir obsolète si l’on ne prend pas soin d’évoluer avec son temps. Et puis si on n’a pas besoin de s’améliorer, c’est qu’on est déjà parfait, non ? Alors, la Maçonnerie est-elle parfaite ? C’est ce dont nous allons parler dans cet épisode !
Comme d’habitude, vous pouvez vous abonner au podcast sur : Apple Podcast Spotify
« Senghor et les arts-Réinventer l’universel » met en perspective les réflexions et réalisations dans le domaine culturel de l’intellectuel et homme d’État sénégalais, président du Sénégal de 1960 à 1980, Léopold Sédar Senghor (1909-2001).
Pionnier de la Négritude, mouvement politique et littéraire initié avec Aimé Césaire, Léon-Gontran Damas, Suzanne Césaire, Jane et Paulette Nardal, Senghor a défendu l’idée d’une civilisation de l’universel, façonnée par le « rendez-vous du donner et du recevoir ». Sous cette métaphore de l’échange, du « métissage culturel », il manifeste l’espoir d’unir les traditions et d’engager « le dialogue des cultures ». En réinventant et en désoccidentalisant la notion d’universel, il affirme le rôle de l’Afrique dans l’écriture de son histoire.
L’oiseau mystique de Modou Niang.
L’exposition revient sur la politique et la diplomatie culturelle sénégalaise au lendemain de l’indépendance, ses réalisations majeures dans le domaine des arts plastiques et arts vivants, mais aussi ses limites. La pensée de Senghor n’a pas laissé indifférentes les générations nées au lendemain des indépendances ; elle a été largement discutée, critiquée et commentée au fil des relectures successives.
Cette exposition est réalisée grâce au soutien de Marc Ladreit de Lacharrière.
Les commissaires :Mamadou Diouf, Professeur d’études africaines et d’histoire aux départements des Études sur le Moyen Orient, de l’Asie du Sud et de l’Afrique (MESAAS) et d’Histoire de l’Université de Columbia, New- York (États-Unis) ; Sarah Ligner, Responsable des collections mondialisation historique et contemporaine, musée du quai Branly-Jacques Chirac, Paris ; Sarah Frioux-Salgas, Responsable des archives et de la documentation des collections à la médiathèque, musée du quai Branly-Jacques Chirac, Paris. Avec une scénographie que nous devons à Marc Vallet.
Sans titre de Chérif Thiam, 1973, encre sur papier.
Infos pratiques : Musée du quai Branly – Jacques Chirac 37 Quai Branly, 75007 Paris.
Lieu : Galerie Marc Ladreit de Lacharrière/Jusqu’au dimanche 19 novembre 2023
Fermeture le lundi mardi, mercredi, vendredi, samedi, dimanche : 10h30-19h00
[NDLR : Léopold Sédar Senghor, poète, philosophe et premier président du Sénégal, est l’une des figures emblématiques du mouvement de la Négritude. Ce concept, qu’il a développé avec le poète, dramaturge, essayiste et homme politique martiniquais de renommée mondiale Aimé Césaire (1913-2008), figure majeure du XXe siècle dans les champs de la littérature et de la politique, et le poète, homme politique Léon-Gontran Damas (1912-1978) qui joua un rôle crucial dans la mise en lumière des cultures africaines et afro-descendantes, est un courant littéraire et idéologique né dans les années 1930 qui valorise l’héritage culturel, historique et spirituel des Noirs d’Afrique et de la diaspora.
La Négritude, pour Senghor, était une réaction contre le colonialisme et une affirmation de l’identité noire, de la fierté et de la solidarité. Elle se caractérise par la célébration de l’« être noir », de la culture africaine et de ses valeurs, souvent en opposition à la culture et à l’impérialisme européens. Senghor promouvait l’idée d’une spécificité africaine, mettant en avant des concepts comme l’émotion, la rythmicité et la communion avec la nature, qu’il considérait comme des attributs fondamentaux de l’identité africaine.
Senghor a utilisé la poésie et d’autres formes d’expression artistique pour explorer et communiquer ses idées sur la Négritude, en insistant sur la richesse et la diversité des traditions africaines. Il a également œuvré pour le dialogue et la coopération entre les cultures, prônant un universalisme qui reconnaît et célèbre les différences.
La reine de Saba.
Dans cette magnifique expo, retenons de Senghor son « Élégie pour la reine de Saba » et un hommage à Martin Luther King, une toile d’Alfred Manessier.
Hommage à Martin Luther King, avril 1968.
Sans oublier le très beau poème qui résonne encore plus en nous à quelques jours du 11 novembre, sur « Aux tirailleurs sénégalais morts pour la France », in Hosties noires (Paris, Seuil, 1948). Entendre la voie de Senghor… séquence émotion ! Dans quelques jours, nous vous offrirons le diaporama de cette exposition. C’est l’esprit qui anime 450.fm : partage et transmission. Pour tous nos frères et sœurs non parisiens ou franciliens répandus sur toute la surface de la terre, en métropole et en outre-mer.]
Le samedi 18 novembre 2023, la librairie DETRAD accueillera les deux célèbres auteurs de « L’Épopée de la franc-maçonnerie ».
À partir de 15h, Pierre Boisserie et Didier Convard seront présents pour échanger avec vous sur une remarquable bande dessinée qui nous conte l’histoire et les légendes de l’art royal. Venez vivre une exceptionnelle rencontre !
Venez aussi passer un moment fraternel et convivial comme DETRAD sait les organiser.
Pierre Boisserie est scénariste de bande dessinée, originaire du sud-ouest de la France et qui vit dans la vallée de Chevreuse. Ancien kinésithérapeute, il devient scénariste à temps plein l’année de ses quarante ans. Il a été l’un des organisateurs du festival de Buc, une ville très bédéphile !
Le Tome 9, la dernière parution.
Didier Convard est scénariste et dessinateur de bandes dessinées et également auteur de littérature de jeunesse. Après une école d’arts appliqués graphiques et quatre années d’enseignement de la publicité, il rejoint le monde de la bande dessinée en 1972
Avec DETRAD, vous pouvez aussi bénéficier de leur service « Dédicace en ligne ».
Infos pratiques : Samedi 18 novembre 2023, à partir de 15h
DETRAD – Fabricant Décors Bijoux Accessoires maçonniques Editeur et Libraire
18, rue Cadet, Paris IX – Téléphone : 01 47 70 38 32
C’est le mardi 31 octobre, jour d’Halloween que notre rédaction a reçu cet ouvrage des Éditions Sciences Humaines. Hasard ou divine providence ? Qui sait ?
Et si cette fête celtique d’origine irlandaise prit naissance, il y a environ 3000 ans, l’ouvrage dirigé par Jean-François Dortier* revendique dans son sous-titre, le fait de nous conter 30 000 ans d’histoire. D’histoire de magie en quatre chapitres, d’histoire de sorcellerie, en un chapitre, menant du chamanisme à Harry Potter.
D’entrée, Jean-François Dortier* indique que « La magie est toujours là… », abordant le monde la magie sous de multiples visages.
Bien sûr, que définir magie et sorcellerie n’a jamais été facile, car ces termes ont été utilisés de différentes manières à travers l’histoire et les cultures.
Cependant la magie se réfère à l’art d’influencer ou de prédire des événements, des situations ou des comportements par des moyens surnaturels ou occultes. C’est souvent une série de rites, de formules, de symboles et d’actions destinés à provoquer des changements dans la réalité physique ou spirituelle. Mais prenons garde à ne pas nous tromper de voies. La magie peut être divisée en plusieurs types, comme la magie blanche (intentions bénéfiques), la magie noire (intentions malveillantes), la magie rituelle, magie sexuelle, etc. Et quid, au fil des siècles, des magiciens qui, selon les cultures et les époques, peuvent être chamans, druides, mages, etc.
Quant au terme de sorcellerie, historiquement il a souvent une connotation négative, en particulier dans les contextes chrétiens, où elle était associée à l’hérésie ou au mal. Du reste, sorcières et sorciers, en tant que praticiens, ont souvent été persécutés, surtout pendant les périodes de chasse aux sorcières en Europe et en Amérique.
Magie et sorcellerie relèvent, pour beaucoup, toujours de pratiques occultes…
Fort justement, Jean-François Dortier pose la question, ou plutôt dix, sur la magie. De son universalité, de la différence avec la sorcellerie mais aussi de comment la pratiquer. Voire comment faire pour devenir sorcier avant de nous parler des chamans ainsi que du temps des mages – détenteurs de connaissances ésotériques –, des grands prêtres et de quelques oracles ou autres astrologues et voyants, etc.
Il se demande même s’il faut croire au devin et relève aussi que l’occultisme et son histoire sont encore et toujours présents qui semble faire partie d’une grande tradition cachée. Il nous dresse ensuite une histoire très détaillée de la magie en général, commençant par la gréco-romaine. Une magie qui est un phénomène social difficile cependant à définir nous parlant de magie médicale et de protection, de l’envoûtement, des superstitions, de divination et d’astrologie.
Puis dans sa troisième partie, c’est un tableau des relations entre religion, science et magie qui nous est proposé. Il n’hésite pas à traiter cependant de la magie chrétienne mais aussi de celle connue dans le judaïsme et l’islam. Ainsi que dans le monde asiatique. Alors l’un des ouisme est le taoïsme. Le curieux de nature s’intéressera à son passage sur l’alchimie entre magie et science.
Nous devons à l’historienne Nicole Edelmann le chapitre sur le renouveau des sciences occultes, terme classé comme oxymore par l’auteure. Illustré par Franz Anton Mesmer, créateur de la théorie du magnétisme animal, il permet au lecteur de se familiariser avec le somnambulisme, le spiritisme et la théosophie. Le chapitre sur « Le maraboutage commence ça marche » pourrait prêter à sourire, mais il nous éclaire quant au rôle et à la mission de cette figure religieuse et spirituelle en Afrique de l’Ouest qu’est le marabout, guide spirituel, guérisseur et intermédiaire entre les individus et le divin.
Jean-François Dortier confirme bien que sorciers et sorcières existent bien aujourd’hui, au vingt-et-unième siècle. Citant comme exemple la chanteuse Beyoncé, accusée de sorcellerie par une ex-musicienne de son groupe. L’ouvrage s’achève avec un état des lieux des chamans, devins, enchanteurs, ensorceleurs et autres magiciens et sorciers de nos jours. Il nous rappelle les dernières enquêtes des années 70 sur la sorcellerie dans le bocage.
Magie noire…
Enfin, il aborde le mouvement witch englobant une variété de pratiques, de croyances et de cultures centrées autour de la magie, du paganisme et de l’empowerment féminin – un retour au Féminin Sacré ?
Nous aimons tout particulièrement le format de l’ouvrage ainsi de sa couleur dont l’orangé – couleur citrouille (symbole emblématique d’Halloween) ? – est dominant. Évoquant des images automnales, en particulier celles associées à Halloween et à la récolte.
Source Rendez-vous d’Histoire de Blois.
*Jean-François Dortier est humanologue, fondateur des revues Sciences Humaines et L’Humanologue. Sociologue de formation, il est éclectique et encyclopédiste par vocation. Il a rédigé de nombreux articles, dossiers, ouvrages de synthèses sur de nombreux thèmes : de la philosophie aux sciences cognitives, de l’évolution du travail aux origines de l’homme. Ses domaines de prédilection : les origines de l’homme, le cerveau et la pensée, les métamorphoses du travail et des organisations, l’évolution des idées contemporaines et la course à pied. Il a dirigé de nombreux ouvrages encyclopédiques et des ouvrages de synthèse, dont Les Religions des origines au 3e millénaire, 2017, Révolution dans nos origines, 2015, Le Cerveau et la Pensée-Le nouvel âge des sciences cognitives, 2014. Il est l’auteur notamment de Les Sciences humaines-Panorama des connaissances, 2015, L’Homme, cet étrange animal, 2012, Les Humains-Mode d’emploi, 2009. Il intervient aussi comme conférencier et à la radio.
Magie et sorcelleriecomprenant les contributions de : Hugues Berton, Julien Bondaz, François Bordes, Gaëlle Cap-Jedikian, Rémi David, Nicole Edelman, Christelle Imbert, Denise Lombardi, Michaël Martin, Carole Millon.
Alchimie sur la table de l’alchimiste
L’ouvrage a été conçu à partir des Grands Dossiers de Sciences Humaines, numéro 60, septembre -octobre – novembre 2020 et d’autres articles parus dans le magazine L’Humanologue, magazine où Jean-François Dortier s’interroge sur ce qu’est l’humain, à travers une nouvelle discipline : l’humanologie.
Les Éditions Sciences Humaines publient des livres offrant aux lecteurs un état des connaissances dans les différentes disciplines qui forment les « sciences humaines » – la psychologie, la communication, la philosophie, la sociologie, l’histoire, l’anthropologie, l’ethnologie, l’éducation et la formation, la science politique… ainsi que sur les différents thèmes y afférant : les organisations, le cerveau, la religion, la sexualité, la démocratie, l’individu, l’adolescence, le pouvoir, l’éducation … Des livres disponibles en version papier ainsi qu’aux différents formats numériques (PDF, epub).
Magie et sorcellerie – Du Chamanisme à Harry Potter 30 000 ans d’histoire