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Lieu symbolique : Les loges de Chinon (Indre-et-Loire)

Chinon, commune située dans le département d’Indre-et-Loire, en région Centre-Val de Loire, est surtout connue pour son château, qui a été construit au Xe siècle et a été la résidence de plusieurs rois de France, dont Henri II et Richard Cœur de Lion. Le château est également l’endroit où Jeanne d’Arc a rencontré le Roi Charles VII en 1429.

La ville, médiévale et viticole, est située dans le Val de Loire, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Outre son château et ses vins, Chinon abrite également un certain nombre d’autres monuments historiques, dont l’église Saint-Mexme, le couvent des Cordeliers et la maison natale de Rabelais – la Devinière, aujourd’hui musée abritant des expositions retraçant sa vie et son œuvre – et le temple maçonnique…

La loge de Chinon

Elle est située au 62 rue Haute Saint-Maurice, dans un très bel hôtel particulier du XVe siècle, restauré et modernisé au XIXe.

L’ouverture au public est assez rare mais une fois par an, en général, elle offre une belle et bonne idée de visite et de découverte, qui permet de démystifiée éventuellement la franc-maçonnerie. Elle est dans son jus de 1880 et est une des plus ancienne de Touraine après celle de Tours. Une curiosité et visite intéressante quels que soient les opinions politique, religieuse et philosophique d’autant que cet hôtel particulier est très bien entretenu.

Portrait anonyme de Rabelais exposé au château de Versailles.

La franc-maçonnerie est une société initiatique qui encourage le développement personnel et spirituel de ses membres à travers des rituels et des valeurs humanistes. Les loges maçonniques sont des lieux de rencontre où les membres partagent leurs connaissances, leurs expériences et leurs idées dans un cadre de fraternité et de respect mutuel.

Loge de Chinon.

Comme toute loge du courant libéral, progressiste et adogamtique – courant majoritaire en rance –, celle de Chinon offre un espace de réflexion et de dialogue où les membres peuvent discuter de sujets variés tels que la philosophie, la morale, l’éthique et les questions sociétales. Les membres sont encouragés à poursuivre leur quête de connaissance et de vérité, ainsi qu’à travailler sur eux-mêmes pour devenir de meilleures personnes et contribuer positivement à la société.

Les rituels maçonniques, parfois un peu étranges pour les non-initiés, jouent un rôle central dans les activités de la loge. Ils sont conçus pour enseigner des leçons symboliques et spirituelles aux membres, les incitant à réfléchir sur leur propre existence, leur relation avec les autres et leur place dans l’univers. Les francs-maçons utilisent des symboles et des rituels empruntés à la tradition des constructeurs de cathédrales médiévales pour illustrer leurs enseignements.

La loge maçonnique à Chinon accueille des hommes et des femmes de divers horizons et de différentes convictions religieuses. Elle prône la tolérance, le respect des différences et la recherche de l’harmonie entre les individus. Les membres sont encouragés à travailler ensemble pour le bien de l’humanité, en soutenant des causes philanthropiques et en s’engageant dans des actions de solidarité.

Il est possible de les contacter ici : secretariat.pcm37@gmail.com

Les Enfants de Rabelais, à l’orient de Chinon

Ce qu’en disait La Nouvelle République, en février 2021

« Plus ancienne loge d’Indre-et-Loire derrière le Temple des Démophiles à Tours, les Enfants de Rabelais sont devenus mixtes en décembre 2020dernier, après dix ans de gestation.

Temple des Démophiles à Tours.

Cela peut sembler être un petit pas pour certains, mais c’est un grand pas pour les francs-maçons chinonais. Les Enfants de Rabelais, loge historique de Chinon, basée rue Haute-Saint-Maurice depuis 1880, ont voté la parité hommes-femmes et la mixité à la majorité en décembre dernier. « Le Grand Orient est une obédience masculine qui autorisait déjà la mixité depuis dix ans, mais ça ne se fait pas du jour au lendemain, sourit Luis Lima, vénérable maître de la loge qui comprend une quarantaine de membres. Ça correspond à une évolution des jeunes membres qui arrivent par rapport à des anciens plus proches de la tradition. On ne peut pas arriver et tout bouleverser au détriment de certains qui le prendraient mal parce qu’ils ne comprennent pas que la société est mixte. En franc-maçonnerie, on nous apprend à avancer petit pas par petit pas, au risque de créer quelques chimères peu glorieuses. »

« On veut montrer qu’on est des gens comme tout le monde ».

En 2015, déjà, la franc-maçonnerie chinonaise avait fait un premier pas vers la mixité en créant la loge Les Pierres vives du Droit humain, première et jusque-là seule loge mixte à Chinon. « On l’a créée en ce sens, explique Hélène Massias, à l’origine avec Luis Lima de cette loge mixte qui comprend une vingtaine de femmes et une dizaine d’hommes. La maçonnerie vit avec son temps. »

Avec désormais deux loges mixtes, les francs-maçons chinonais veulent montrer leur volonté de « suivre le rythme de la société et rappeler que l’on n’est pas des manipulateurs ni des complotistes ». Pour Luis Lima, également médecin généraliste à Restigné, le passage des Enfants de Rabelais à la mixité sonne aussi comme une suite logique. « Les Enfants de Rabelais a été la première loge en France à accueillir les femmes en visite dans le Grand Orient de France alors que le Grand Orient l’interdisait. » Une forme de rébellion que l’intéressé assume, au risque de se faire taper sur les doigts. « On n’est pas près des étoiles, on veut montrer qu’on est des gens comme tout le monde. »

Des premières demandes Une façon de casser les préjugés qui collent encore et toujours à la peau de la communauté. Avant de s’ouvrir à la mixité des sexes, les francs-maçons chinonais avaient déjà fait un pas dans leur volonté d’ouverture aux autres avec la création en 2015 de Patrimoine et culture maçonnique en Chinonais (PCMC), une association de francs-maçons toutes loges confondues. « L’idée de départ était une extériorisation de nos loges, faire en sorte que les francs-maçons de Chinon se connaissent et travaillent ensemble », explique Hélène Massias, parmi les membres fondateurs de ce collectif qui compte une cinquantaine de membres.

L’ouverture des Enfants de Rabelais aux femmes et la banalisation progressive de la mixité pourrait prochainement venir grossir les troupes.

« J’ai déjà reçu deux demandes de femmes, confie Luis Lima. Mais il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué… »

Nous voudrions, ici et maintenant, remercier notre très chère sœur Isabelle Cordier, vénérable maître de la loge « FAY CE QUE VOULDRAS », à l’orient de Chinon. Loge mixte du Grand Orient de France, « FAY CE QUE VOULDRAS » vit le jour en 2021, après que la loge « Les Enfants de Rabelais » ait voté contre la mixité… Vote sur lequel les membres reviendront ensuite.

Rappelons que la dynamique loge « FAY CE QUE VOULDRAS » est déjà forte de 25 membres maçonnant en toute fraternité au Rite Français Philosophique, dernier Rite Français né au sein du Grand Orient de France et adopté par le conseil de l’ordre du Grand Orient de France en janvier 2002.

Pour mémoire, le Rite Français Philosophique a été conçu et réalisé au sein d’une petite Loge du Grand Orient de France, la loge Tolérance, fondée à Paris, rue Cadet, en 1950. À l’époque, une idée habitait l’esprit des Frères, celle de travailler à un rituel, qui leur serait particulier. Cette idée était surtout soutenue par le frère André Grancoing, initié avant la Guerre, ancien déporté à Dachau et membre fondateur de la loge.

Par ailleurs, la loge organise une exposition sur la laïcité de 1905 à nos jours, les 16 et 17 mars prochains à la mairie de Chinon (Pl. du Général de Gaulle).

Sources : chinoncity.com ; Wikimedia Commons ; lanouvellerepublique.fr ; loge « FAY CE QUE VOULDRAS »

08/03/24 : Communiqué de la Fédération Française du DROIT HUMAIN pour la journée internationale des Droits des Femmes

Une seule journée pour célébrer l’autre moitié de l’Humanité,
365 jours où, partout dans le monde, des femmes luttent pour exister

EXISTER

En criant leur désespoir et leur colère contre ceux qui continuent de penser que les femmes ne sont qu’ignorance, servitude, obéissance, créatures écervelées, citoyennes de seconde zone.

PARTOUT DANS LE MONDE

  • Premières victimes des guerres, brutalisées pour neutraliser leur foyer et pays,
  • Victimes d’agression sur la place publique
  • Victimes de féminicides
  • Victimes de harcèlement sur les réseaux sociaux
  • Victimes d’exploitation sur les affiches publicitaires
  • Victimes des réseaux de prostitution
  • Victimes de lois misogynes
  • Victimes économiques
  • Victimes d’un silence assourdissant.

Des femmes, des citoyennes, des citoyens se mobilisent pour dénoncer, soutenir, engager des actions, réclamer la justice.

Nous nous devons de soutenir ces femmes qui revendiquent le droit à la vie, le droit à l’égalité, à la liberté d’être et de penser. Elles dénoncent, elles hurlent, elles chantent et elles meurent pour qu’aucune femme, aucun homme ici ou ailleurs ne puisse dire « nous ne savions pas » ou, pire encore, garde les yeux fermés.

Francs-Maçons de l’Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN nous nous joignons à tous les combats, à toutes les voix qui réclament avec force un monde équitable et une humanité apaisée où chaque HUMAIN peut exercer ses droits fondamentaux sans entrave ni violence.

Répétons avec Christiane Taubira :

« Nous, les femmes, nous sommes la moitié du ciel et même un peu plus. Nous entendons être la moitié de tout, pas vos moitiés, la moitié de tout. Et surtout, surtout être au moins la moitié partout où se prennent les décisions » (8.3.20219).

Et Maria Deraismes :

« L’infériorité des femmes n’est pas un fait de la nature, nous le répétons, c’est une invention humaine, c’est une fiction sociale ».

Un vent d’émancipation et de développement souffle sur les 32ème REHFRAM

L’Harmattan, ce vent chaud venu du sahel, aura accompagné les pas des participants des Rencontres Humanistes et Fraternelles d’Afrique et de Madagascar (REHFRAM) qui se déroulaient cette année à Lomé, capitale du Togo du 9 au 10 février 2024. A cette période de l’année, il est particulièrement présent dans la sous-région et il offre au visiteur des paysages légèrement voilés par le sable qui reste en suspension dans l’atmosphère.

Le Togo est un pays d’Afrique de l’Ouest voisin du Ghana, du Bénin et du Burkina Faso, et qui dispose d’une côte sur le Golfe de Guinée. Il est membre de l’ONU, de l’Union Africaine, de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest, de l’Organisation de la Conférence Islamique et depuis 2022, il a rejoint, comme le Gabon, le Commonwealth. Ce pays qualifié de « petite Suisse » dans les années 1980 au regard de la prospérité qui l’animait alors, garde toujours un lien certain avec notre pays. Les traditions y sont préservées et la diversité culturelle perdure. Il règne le soir dans le centre-ville de Lomé, un certain calme et une atmosphère apaisée que l’on peut comparer dans une certaine mesure avec l’ambiance qui règne dans nos propres rues. Ici aussi, à l’image de beaucoup de pays d’Afrique, nous sommes à la veille d’un fort développement économique. C’est perceptible, et les constructions en cours sont assez nombreuses pour nous en apporter la preuve.

C’est par des « Bonne arrivée ! » très fraternelles que les participants de la CPMAM (Conférence des Puissances Maçonniques d’Afrique et de Madagascar) et des REHFRAM ont été accueillis par nos hôtes togolais. L’Assemblée générale a été présidée par le Grand Maître Mohamed Zorkot de la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique d’Afrique. Ce dernier a ensuite passé le relais pour les deux prochaines année à Maïmouna Keïta, Grande Maîtresse de la Fédération Ouest Africaine du Droit Humain. Cette édition 2024 a été préparée avec la majorité des obédiences présentes dans la sous-région. Un beau succès de coopération, au regard des difficultés matérielles que peut représenter nécessairement un événement maçonnique de cette ampleur. Il s’agit en effet d’accueillir des représentants de toute l’Afrique, mais aussi d’autres continents. L’Europe y est largement représentée avec, notamment, la présence de plusieurs représentants et délégations d’obédiences.

Allocution du Grand Maître du Grand Orient de Suisse, Christophe Ravel

Le Grand Orient de Suisse participe également à cet événement, par l’entremise de son Grand Maître Christophe Ravel, pour la deuxième année consécutive. A cette occasion, deux discours auront été prononcés, l’un à l’occasion de l’Assemblée générale du CPMAN et l’autre lors de l’Assemblée Générale des REHFRAM. Le Grand Orient de Suisse y a exprimé toute sa fraternité et sa volonté d’ouverture en direction des obédiences du Sud. « Le Grand Orient de Suisse n’a aucun projet de création de loge sur le continent, mais simplement le désir de développer des relations saines, fraternelles et équilibrées ». Le Grand Maître précise le sens de sa présence à cet événement : « Il s’agit simplement d’aller à la rencontre de l’altérité et de nourrir les réflexions au sein de notre obédience. Le Grand Orient de Suisse est de plus en plus dynamique et les travaux dans nos loges reflètent aussi les nuances que le monde nous offre ». C’était déjà animé de ce même esprit que le Grand Maître avait signé l’année dernière à l’occasion du Convent 2023 à Zürich un Traité d’Amitié avec le Grand Maître des Grands Orients et Loges associées du Congo (GOLAC). De nombreux échanges ont encore eu lieu cette année, et le travail engagé se matérialisera dans l’avenir sans doute par des visites et de nouveaux Traités d’Amitié.

Place de l’Indépendance à Lomé

Cette année, les participants des REHFRAM étaient invités à travailler sur le thème suivant :

« Comment la Franc-maçonnerie peut-elle accompagner l’émancipation et le développement de l’Afrique et de Madagascar ? ».

Il s’agissait de déterminer comment la franc-maçonnerie, riche de ses valeurs universelles, peut accompagner le processus engagé d’affranchissement des tutelles qui sont restées encore prégnantes malgré les indépendances des années 1960. Après un état des lieux sans complaisance sur l’état de l’Afrique, que cela soit pour des raisons endogènes ou exogènes, les participants ont souligné l’importance de faire connaître l’idéal maçonnique au grand public en éliminant la discrétion trop importante qui entoure leurs travaux. « Les valeurs de vertu et de fraternité qui caractérisent l’action des francs-maçons doivent, en s’appuyant sur les valeurs et réalités endogènes africaines et malgaches, pouvoir aider au développement et à l’émancipation du continent ». Le continent doit trouver sa propre trajectoire, son propre modèle de développement. De nombreuses propositions sont apportées pour matérialiser cette pensée et aider à l’épanouissement dans de nombreux domaines. Les acteurs appellent de leurs vœux davantage de coopération entre obédiences du Sud et des rapports équilibrés avec les obédiences du Nord.

Notons qu’à cette occasion, la thématique de la résolution des conflits est à nouveau approchée. L’année dernière déjà, ce sujet avait été abordé en commission et l’idée de la création d’une Charte maçonnique de règlement des conflits avait été proposée par le Grand Maître du Grand Orient de Suisse. Cette idée semble ne pas avoir abouti, mais tout le monde s’accorde sur le fait que la franc-maçonnerie doit essayer d’apporter des solutions également dans ce domaine. Il y aura sans doute dans l’avenir, là aussi, une matérialisation des volontés exprimées.

Nous avons trouvé à Lomé une franc-maçonnerie africaine dynamique, qui souhaite exister par elle-même. Le choix du thème de cette édition des REHFRAM n’était sans doute pas un hasard, il faisait nécessairement écho à l’actualité du continent. Les temps changent et l’Harmattan souffle sur de nouvelles aspirations qui répondent à nos idéaux de Liberté, d’Égalité et de Fraternité.

L’étoile de David

L’étoile de David est le symbole du judaïsme. Deux triangles imbriqués la compose, l’un disposé vers le haut, l’autre vers le bas. Cette figure constitue un hexagramme, autrement dit une étoile à six pointes.

 En hébreu, elle se nomme depuis le XIVème siècle – à la naissance de la Kabbale – Maguen David, que l’on peut traduire littéralement par « Bouclier de David » (en latin, scrutum davidis.).

 Il s’agit en fait du fils de David : le rapprochement du nom et de l’astre provient d’une prophétie annonçant qu’un Roi-messie doit venir (Un astre se lèvera de Jacob et un homme surgira d’Israël).

 Le « Bouclier de David » trouve également un sens dans une légende : Lorsque David, recherché par Saül, se cache dans une grotte, une araignée tisse sa toile en forme d’une étoile à six branches au dessus de lui. Il est ainsi préservé de la vue des soldats, qui ne le trouvent pas. Les six points aux extrémités de l’étoile et les six points d’intersection des triangles représentent aussi la disposition des douze tribus d’Israël unifiées sous la royauté de David, sur la Terre d’Israël autour de Jérusalem.

 Cette étoile est considérée comme le sceau magique du roi Salomon (en latin, sigillum Salomonis). Ce symbole est très ancien : il aurait été retrouvé à Sidon (capitale de la Phénicie dans l’antiquité) sur un sceau datant du VIIème siècle avant Jésus-Christ.

 C’est un sigle magique au Moyen Age et un symbole alchimique indiquant la complémentarité des principes contraires, tels l’eau et le feu, le haut et le bas.

 L’étoile à 6 pointes décore le drapeau d’Israël (étoile bleue stylisée sur fond blanc). Cette étoile symbolise également les six jours de la semaine, le septième jour étant représenté par le centre de l’étoile. Elle a connu une large diffusion grâce à l’invention de l’imprimerie. A partir du XVIIème siècle, la communauté juive de Hollande en fit son symbole qui se répandit ensuite dans les communautés juives du monde entier.

 Imposé aux Juifs par le régime nazi dans les territoires qu’il occupait, lors de la dernière guerre mondiale – sous forme d’une étoile jaune en tissu cousue sur leurs vêtements – ce symbole est devenu synonyme de souffrance et d’horreur.

 Comme la croix pour les chrétiens, l’étoile de David est aussi à considérer avec une vision religieuse d’espérance. C’est bien ce sens, que la tradition chrétienne donne à l’étoile qui guide les trois rois mages, Melchior, Balthazar et Gaspard, vers Bethléem, pour aller y rendre hommage à l’enfant Jésus dans sa crèche.

 Il existe aujourd’hui nombre de loges maçonniques en Israël. L’emblème de l’équerre et du compas y côtoie l’étoile de David. Celle-ci, serait semblable au sceau de Salomon, lequel selon la légende, avec deux triangles inversés dans un cercle, représentait exactement l’hexagramme actuel.

Le même sujet décliné par Solange Sudarskis

Mot du mois : « Délicatesse »

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Etrange mot, dont l’ambiguïté apparaît dans les acceptions si diverses qu’il suscite !

Il y a la délicatesse d’une carnation, des traits d’un visage représenté sur une délicate miniature peinte ou émaillée, dont on admirera le tracé fin et délié. Une délicatesse souvent associée au féminin voire à l’efféminé.

Finesse du toucher sous les doigts du pianiste, dans l’exécution d’une peinture, précision dans le geste.

L’intelligence d’une rencontre suppose de faire preuve de tact dans le jugement, l’écoute, le silence ou les mots employés.

Les délices de Capoue, devenus métaphore du plaisir raffiné, du repos du guerrier, coûtèrent à Hannibal, en 215 avant JC., la victoire définitive sur les Romains. Il est vrai que ses soldats étaient harassés par une chevauchée éléphantine autour de la Méditerranée occidentale et à travers les Alpes, assortie de quelques batailles au passage, et rêvaient de délier leurs corps courbatus. Thermes, sauna de l’époque, et plaisirs de la chair et de la bonne chère, comment résister ?

Hannibal céda, les Carthaginois se ramollirent dans ce piège de la douceur. Les Romains, quant à eux, se refirent une santé militaire…

Le latin *delicatus, d’origine douteuse, exprime l’ambivalence du mot. C’est à la fois la finesse du mignon, le raffinement de la volupté jusqu’à la mollesse du tendre. Les délices manifestent ce relâchement, qui se défait de ses liens, *lax, le lacet, d’où les lacs d’amour si présents dans l’amour courtois. Plaisir et séduction perverse !

Le grec use des mots de la douceur sucrée, de la suavité associée à la mollesse qui tend à la fragilité, la faiblesse, ou encore la finesse ingénieuse et rusée.

De là à y percevoir une ruse difficile à déjouer…

Être en délicatesse dans une situation ou une rencontre ne relève pas d’un plaisir épanoui, tant une affaire délicate risque de mobiliser beaucoup d’énergie et de subtilité diplomate pour en délier les imbrications et les pièges.

D’où la réelle difficulté de traduire le mot en autre langue. Parlez de Delikatessen à un Allemand, il vous offrira des gâteaux, des saveurs de bouche !

En nos époques tourmentées de violences, la délicatesse n’est plus guère au programme des réjouissances et le mot entre en déshérence…

Annick DROGOU

Rien de mièvre ni de mou dans la délicatesse. Il faut prendre ce mot au sérieux comme on prend un oiseau dans le creux de la main et sentir ce qui palpite dans la fragilité de la vie, toucher sans forcer.  Avec délicatesse : tout est affaire de tact, ne pas blesser, agir avec pudeur. Ce qui est délicat est sensible et mobilise tous nos sens.

C’est cela la délicatesse, le contraire de la cognée du bûcheron. Aucune crispation de peur, toujours la souplesse d’une paix d’harmonie. Il y a pourtant une force dans la délicatesse, c’est la force de l’amour. On ne tue pas avec délicatesse, on ne peut qu’aimer.

La délicatesse est une légèreté qui ne s’exprime pas à la légère. C’est une légèreté attentionnée. Avec délicatesse. Action et contemplation. La délicatesse est une action née de la contemplation, qui en garde la trace et voudrait la prolonger ; et si parfois on est en délicatesse avec quelqu’un ou quelque chose, c’est qu’on n’a pas su en saisir le mystère. Mais tout reste encore possible, fragile porcelaine de nos vies. Aimer, seulement aimer.

Jean DUMONTEIL

Héritage commun et voyage spirituel, le message des prophètes

Le livre Les Prophètes à la lumière du Coran et de la Bible écrit par Reem Yasmina Laghrari1 et préfacé par Éric de Kermel2, offre une exploration profonde et riche de la vie et des enseignements de vingt-cinq prophètes qui ont marqué tant le Coran que la Bible.

Cette œuvre propose une perspective unique en abordant ces figures spirituelles d’une manière qui transcende les frontières religieuses traditionnelles, en cherchant à dévoiler les messages universels qu’ils peuvent offrir à l’humanité contemporaine.

L’approche chronologique adoptée par l’auteure permet de suivre l’évolution de la pensée et de la spiritualité à travers les âges, en partant d’Adam et en se concluant avec Muhammad (Mahomet), le dernier prophète selon la tradition islamique.

Michelangelo, création d’Adam.

Commençons par Adam, considéré comme le premier homme dans les traditions juive, chrétienne et musulmane. Il occupe une place fondamentale dans les textes sacrés de ces trois grandes religions monothéistes. Dans la Bible, plus précisément dans le livre de la Genèse, qui fait partie du Tanakh juif et de l’Ancien Testament chrétien, Adam est créé par Dieu à partir de la poussière de la terre. Il est placé dans le jardin d’Éden pour le cultiver et le garder, et c’est là qu’il reçoit l’interdiction de manger le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. La désobéissance d’Adam et d’Ève, sa compagne créée à partir de sa côte, entraîne leur expulsion du jardin d’Éden, un événement souvent interprété comme l’origine du péché originel dans la tradition chrétienne.

Bible de Gutenberg.

Dans le Coran, Adam est également présenté comme le premier homme et le premier prophète, créé par Dieu à partir d’argile. Sa création est suivie de son habitation au Paradis avec sa femme, jusqu’à leur chute causée par leur désobéissance à l’ordre divin de ne pas s’approcher d’un certain arbre, poussés par Satan. Cependant, la notion de péché originel telle qu’entendue dans la tradition chrétienne n’est pas présente en islam ; Adam et Ève sont pardonnés par Dieu après leur repentir.

Mamluk era Quran, c. 1380, open to sura 16.

La figure d’Adam dans ces traditions souligne des thèmes universels tels que la création de l’humanité, la tentation, la chute, le pardon, et la relation entre l’homme et son créateur. Sa longévité, mentionnée dans la Genèse comme s’élevant à 930 ans, reflète les âges bibliques souvent très élevés attribués aux premières générations humaines, signifiant peut-être leur proximité particulière avec le divin ou une autre manière de comprendre le temps et la vie dans ces récits anciens.

Mahomet représenté sur une illustration ottomane datant du XVIIe siècle… (Wikimedia Commons).

Quant à Muhammad – achevant la liste des 25 prophètes de l’ouvrage –, connu en Occident sous le nom de Mahomet, il est donc reconnu comme le dernier prophète de l’islam selon la tradition musulmane. De son nom complet Abū al-Qāsim Muḥammad ibn ʿAbd Allāh ibn ʿAbd al-Muṭṭalib ibn Hāshim, il est issu de la tribu de Quraych, une des plus importantes tribus de La Mecque, centre religieux et commercial de l’Arabie préislamique. Sa vie se divise en plusieurs phases importantes : sa naissance à La Mecque, sa révélation en tant que prophète à l’âge de 40 ans, la période de prédication à La Mecque où il a rencontré de l’opposition, et l’Hégire, son émigration vers Médine en 622, qui marque le début du calendrier musulman. À Médine, il a établi une communauté musulmane unie et a acquis une influence considérable, tant sur le plan religieux que politique et militaire. Les dernières années de sa vie ont été consacrées à l’expansion de l’islam dans la péninsule arabique.

Muhammad est considéré par les musulmans comme le « Sceau des prophètes » (Khatam an-Nabiyyin), ce qui signifie qu’il est le dernier des prophètes envoyés par Dieu pour guider l’humanité. Les enseignements qu’il a reçus, qu’il a prêchés et qui ont été ultérieurement consignés dans le Coran, ainsi que sa vie et ses actes (la Sunna), recueillis dans les Hadiths, constituent la base de la foi et de la pratique islamique.

L’auteure, puisant aux meilleurs versets de la Bible ou sourates du Coran, n’hésitant à les citer, analyse pourquoi et comment il bénéficie, à juste titre, du qualificatif de prophète. Rappelons que les qualificatifs utilisés pour décrire les prophètes dans la Bible et le Coran reflètent les différentes perspectives théologiques de chaque religion.

Tel Aviv, Torah, Am Yisrael Foundation.

Dans la Bible, un prophète est un homme choisi par Dieu pour transmettre sa parole au peuple – à ne pas confondre avec un voyant, un homme de Dieu, un serviteur ou encore un messager.

Dans le Coran, le nabi est un prophète qui reçoit une révélation de Dieu mais peut, selon les circonstances avoir plusieurs autres acceptions : rasul, messager de Dieu qui est envoyé à un peuple spécifique ; mursal, prophète qui est envoyé à une communauté.

Par ailleurs, la Bible utilise une variété de termes pour décrire les prophètes, tandis que le Coran utilise une terminologie plus précise. Le Volume de la Loi Sacrée – terme usité par pour le maçon dit « régulier et de tradition pour désigner la Bible – , met l’accent sur le rôle du prophète comme guide moral (Moïse : « un prophète comme moi » (Deutéronome 18:18) ; Élie : « un homme de Dieu » (1 Rois 17:1) ; Jean-Baptiste : « un prophète et plus qu’un prophète » (Matthieu 11:9)), tandis que le Coran met l’accent sur son rôle de messager de Dieu (Adam : « le premier prophète » (Sourate 2:31) ; Noé : « un messager de Dieu » (Sourate 7:59) ; Abraham : « un ami de Dieu » (Sourate 4:125) ; Jésus : « un messager de Dieu et sa parole » (Sourate 4:171)).

Noé, mosaïque.

Entre les deux, Reem Yasmina Laghrarien mentionne 23 autres, reconnaissables comme prophètes mentionnés dans les traditions islamiques et judéo-chrétiennes. Prenons-en quelques-un… Idrîs est connu dans la tradition judéo-chrétienne sous le nom d’Énoch, Idrîs est mentionné dans le Coran comme un prophète sage et véridique. Selon les croyances islamiques, il a été élevé à un haut rang par Dieu. Nûh, qui correspond au Noé biblique, est un prophète majeur dans les traditions islamiques, chrétiennes et juives. Nûh est le protagoniste de l’histoire du Déluge, où, sur l’ordre de Dieu, il construit une arche pour sauver sa famille et des couples de chaque espèce animale d’un déluge dévastateur envoyé comme punition pour l’humanité corrompue. Le même Noé est une figure centrale de la Genèse dans la Bible, connu pour son obéissance à Dieu face à la corruption du monde. Loth est connu dans la Bible sous le nom de Lot, il est le neveu d’Abraham. Loth est principalement connu pour son histoire liée aux villes de Sodome et Gomorrhe. Dans le Coran, il est également un prophète envoyé pour avertir ces villes de leur comportement immoral.

Moïse brisant les Tables de la Loi, huile sur toile de Rembrandt, 1659, Gemäldegalerie, Berlin.

Moïse reste l’une des figures majeures dans le judaïsme, le christianisme, et l’islam, Moïse est connu pour avoir conduit les Israélites hors d’Égypte et pour avoir reçu les Dix Commandements de Dieu sur le mont Sinaï.  Élie est un prophète important de l’Ancien Testament, connu pour ses miracles et sa lutte contre le culte de Baal en Israël.

La Vierge de l’Annonciation, par Antonello de Messine, palais Abatellis, Palerme.

L’auteure mentionne aussi Marie, sœur d’Aaron, faisant ainsi référence à un passage du Coran où Marie (Maryam en arabe), la mère de Jésus (Isa), est appelée « sœur d’Aaron » (Maryam 19:28). Mais aussi, Jésus où, dans l’islam, il est connu sous le nom d’Issa (parfois écrit Isa) et est considéré comme l’un des prophètes majeurs, mais pas comme le fils de Dieu, comme le croient les chrétiens. La tradition musulmane reconnaît Jésus (Issa) comme un messager envoyé par Dieu (Allah), qui a été conçu miraculeusement dans le ventre de sa mère vierge, Marie (Maryam en arabe), par l’ordre de Dieu.

Le Coran (arabe : القرآن ; al Qur’ān, « la récitation ») est le livre sacré de l’islam, la parole de Dieu. Dans l’Islam le Coran est considéré comme inimitable dans la beauté et dans les idées.

Le Coran mentionne Jésus (Issa) à plusieurs reprises, soulignant son rôle de prophète et le confirmant comme le messie. Cependant, il rejette l’idée de la divinité de Jésus et de la Trinité, qui sont des croyances fondamentales dans le christianisme. Le Coran met également en avant les miracles de Jésus, comme la guérison des malades et la résurrection des morts, tout en insistant sur le fait qu’il accomplissait ces miracles par la volonté et le pouvoir de Dieu. L’islam enseigne que Jésus (Issa) n’a pas été crucifié, mais qu’il a été élevé au ciel par Dieu et qu’il reviendra sur terre avant le Jour du Jugement pour restaurer la justice et vaincre l’antéchrist. Sa seconde venue est un élément important de la croyance islamique concernant les signes de la fin des temps. Ainsi, Jésus est profondément respecté dans l’islam comme un prophète important, dont la vie et les enseignements sont considérés avec une grande vénération, même si la compréhension de sa nature et de son rôle diffère significativement de celle du christianisme.

 
Fresque du IIIe siècle dans la catacombe de Saint-Calixte à Rome, représentant Jésus de Nazareth en Bon Pasteur criophore.

En mettant en parallèle les récits du Coran et de la Bible, le livre vise à mettre en lumière les points communs et les différences dans la manière dont ces figures sont représentées et les leçons qu’elles incarnent.

Les références historiques, scientifiques, et archéologiques enrichissent la narration en apportant un contexte tangible aux récits spirituels et mystiques, offrant ainsi une lecture à la fois éducative et inspirante. Cette approche multidimensionnelle pourrait non seulement intéresser les lecteurs cherchant à approfondir leur connaissance des textes sacrés, mais aussi ceux en quête de compréhension des fondements communs et des divergences entre l’islam et le christianisme.

Les thèmes de la bienveillance, de l’amour, de la patience, de l’humilité, de la joie, et de la gratitude, tels qu’enseignés par ces prophètes, sont présentés comme essentiels pour naviguer dans l’existence. Ces valeurs universelles résonnent avec les défis contemporains, soulignant l’importance de se tourner vers ces enseignements ancestraux pour trouver orientation et inspiration dans notre monde moderne.

Les Prophètes à la lumière du Coran et de la Bible se présente donc comme une invitation à redécouvrir ces figures emblématiques sous un jour nouveau, encourageant une réflexion sur la manière dont leur héritage spirituel peut éclairer les parcours individuels et collectifs dans un monde en quête de sens.

Reem Yasmina Lagharari.

1Reem Yasmina Laghrari, docteur en pharmacie, est un exemple intéressant de parcours professionnel et personnel transnational. Née aux États-Unis, elle a choisi de vivre et de travailler au Maroc, illustrant ainsi un pont entre deux cultures et systèmes de santé différents. Son parcours peut mettre en lumière les échanges de connaissances et compétences entre les pays, ainsi que les défis et opportunités que rencontrent les professionnels de la santé qui choisissent de travailler loin de leur pays d’origine. La décision de Reem Yasmina Laghrari de travailler au Maroc, malgré une formation aux États-Unis, peut également refléter un engagement envers le développement de la santé publique dans des contextes moins favorisés ou un désir de contribuer à la société marocaine avec les compétences et connaissances acquises à l’étranger.

Éric de Kermel.

2Éric de Kermel est un écrivain et éditeur français, connu pour ses œuvres littéraires qui explorent souvent des thèmes liés à la nature, à l’environnement et à la quête de sens dans la vie moderne. Il a un parcours professionnel varié qui l’a également vu s’engager dans le monde de l’édition, où il a contribué à la promotion de livres engagés sur des sujets environnementaux et de développement personnel. Ses écrits reflètent une profonde connexion avec la nature et une réflexion sur la place de l’humain dans le monde. Éric de Kermel partage à travers ses livres une vision du monde qui encourage le lecteur à se reconnecter avec l’environnement et à trouver un équilibre dans sa vie personnelle. Sa passion pour l’écologie et le bien-être se traduit dans son approche littéraire, faisant de lui une voix importante dans le paysage littéraire contemporain français sur ces thématiques.

Le Relié est une marque d’édition appartenant au Groupe Guy Trédaniel, un éditeur français reconnu pour sa publication d’ouvrages dans les domaines de la santé, du bien-être, de l’ésotérisme, du développement personnel, et de la spiritualité. Le Groupe Guy Trédaniel se distingue par sa spécialisation dans les livres qui promeuvent une approche holistique de la vie, offrant des perspectives alternatives et complémentaires aux approches conventionnelles de la médecine, de la santé mentale et du développement personnel.

Le Relié, en tant que marque de ce groupe, suit cette ligne éditoriale en proposant des ouvrages qui encouragent la réflexion intérieure, la croissance personnelle, et une meilleure compréhension de soi et du monde. Les publications du Relié peuvent inclure des textes sur la méditation, la philosophie, la psychologie transpersonnelle, ainsi que des écrits inspirés par des traditions spirituelles du monde entier. Le but de Le Relié est de fournir des ressources qui soutiennent le cheminement personnel des lecteurs vers une plus grande conscience et un équilibre de vie.

Le Groupe Guy Trédaniel, grâce à des marques comme Le Relié, joue un rôle important dans la diffusion de connaissances et de pratiques liées au bien-être et à la spiritualité, contribuant ainsi à l’enrichissement culturel et spirituel de ses lecteurs.

Les Prophètes à la lumière du Coran et de la Bible

Reem Yasmina Laghrari – Préface de Éric de Kermel

Le Relié, 2024, 600 pages, 23,90 €

Disponible à compter du 14 mars prochain dans toutes les bonnes librairies de France et de Navarre. Achetez dans votre zone, chez votre libraire préféré, pour qu’il continue à vous conseiller, à vous inspirer, à vous faire rêver et, surtout, à animer votre quartier !  

La « Fédération Nationale de la Libre Pensée » règle ses comptes avec la GLNF

Dans un article du 3 mars dernier, les Frères de la Libre Pensée se sont fâchés contre la Grande Loge Nationale Française pour son mépris et son manque de soutien suite aux agressions de l’extrême-droite et des catholiques intégristes, dont elle a fait l’objet. Nous allons vous livrer tel quel l’article de son site et attendons la réaction de Jean-Pierre Rollet, le Grand-Maitre de la GLNF qui, nous en sommes certains, ne manquera pas de réagir, comme à son habitude.

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De l’art de prendre les Francs-Maçons pour des imbéciles

Comme chacun le sait, la Librairie de la Libre Pensée a été agressée à plusieurs reprises par l’extrême-droite et les catholiques intégristes.

La Fédération nationale de la Libre Pensée s’est adressée à l’ensemble du mouvement laïque, démocratique, ouvrier et aux Obédiences maçonniques pour leur demander leur soutien et leur solidarité contre ces agressions.

De très nombreuses organisations et associations de toutes natures ont manifesté leur soutien à cette occasion. Les Obédiences et Associations maçonniques suivantes aussi :

  • Grand Orient de France
  • Le Droit Humain
  • Grande Loge Mixte de France
  • Cercle Philosophique et Culturel 1623 LE DROIT HUMAIN » Vitry le François (51300)
  • Criticia Masonica
  • Hiram.be
  • GADLU INFO
  • La Maçonne
  • FM 450
  • Le Blog des Spiritualités de Jean-Laurent Turbet

La Libre Pensée a contacté à plusieurs reprises la Grande Loge Nationale Française pour la solliciter, elle a obstinément refusé. Voici sa réponse qu’il a été difficile d’obtenir, mais avec persévérance, nous avons reçu celle-ci :

Cher Monsieur,

La GLNF étant une obédience régulière se conformant scrupuleusement aux Landmark de la Franc-Maçonnerie ne peut en aucun cas prendre une position à caractère politique ou religieux. Notre domaine se limite strictement à la spiritualité.

Cordialement

Grand Secrétaire

La Libre Pensée a répondu :

Monsieur, mon TCF,

En quoi la marque d’une solidarité entreFF est la marque d’un « caractère politique ou religieux » ?

En tout cas, merci d’avoir répondu quand même

Fraternellement

Christian Eyschen

Ainsi donc, pour la GLNF apporter son soutien à la Libre Pensée, association réputée assez proche de la Franc-Maçonnerie, attaquée comme elle par l’extrême-droite et les catholiquesintégristes, serait « faire de la politique », et cela serait interdit à la GLNF, ce qui expliquerait alors le refus de toute solidarité et soutien.

Mais alors, comment comprendre ?

Le Canard enchaîné du 21 février 2024 informe que Jordan Bardella, Président de l’organisation politique d’extrême-droite Rassemblement national a été invité à déjeuner dans un cadre somptueux à la GLNF à 85€ le couvert, menu ouvrier (opératif ou spéculatif ?) sans doute. (Voir article joint)

Et cela ne serait donc pas « faire de la politique » ?

De qui se moque-t-on ?

A moins que cela soit là la véritable explication : quand on fréquente l’extrême-droite qui agresse la Libre Pensée, il est difficile de condamner la même extrême-droite avec qui on fait force ripaille.

Cela serait-il la même explication pour l’actuel Grand Maitre passant de la Grande Loge de France qui, contrairement à tous ses prédécesseurs, a lui aussi refusé de soutenir les Sœurs et les Frères de la Libre Pensée ?

Alors, bon appétit, Francs-Maçons intègres

Christian Eyschen

Vénérable Maitre d’Honneur de la RL L’Homme libre (Rite Français) – G.O.D.F.

Souverain Grand Inspecteur Général (33e Grade du REAA) – C.G.R.E. du GODF

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A propos de Jean Calvin… Grandeur et faiblesse d’un homme

Il est bien difficile de distinguer l’homme d’église Jean Calvin, de l’homme tout court ! C’est bien le même homme, le théologien, qui, conduit (aveuglé ?) par sa foi, participa en 1534 à « l’affaire des Placards », à savoir l’attaque violente, à Paris et à Amboise, par voie d’affiche (placard) de la religion catholique (jusqu’à la porte de la chambre royale !) et…. de la religion luthérienne.

Même si l’affaire a été menée par le pasteur Antoine Marcourt, elle était pilotée par Jean Calvin dans son but de réforme. En 1553, toujours conduit par une foi exclusive, il faisait brûler vif le théologien Michel Servet !

Certes, chacun a sa part d’ombre, cette zone opaque en nous-mêmes où siègent notre intuition, nos croyances et non-croyances, c’est à dire l’incertitude qui y devient certitude ! Lorsque cette alchimie personnelle n’est pas contenue, contrôlée, par définition elle déborde, et peut gravement entamer la raison !

Jean Calvin n’a pas été à l’abri de ce processus banalement humain : puisque nous ne connaissons pas notre origine (le premier homme n’avait pas nombril, nous montre les gravures religieuses !) notre cerveau compense grâce à notre imaginaire… grand producteur de mythes et de légendes. Ainsi avons-nous inventé les dieux puis Dieu ! Ainsi avons-nous inventé les religions ! Ainsi les religions ont-elles depuis toujours nié leurs « concurrentes » ! Ainsi sont nés les bûchers, les guerres…

Le mérite de Calvin « l’humaniste », comme celui de tous les croyants voulant améliorer la condition humaine, a été de tenter de faire cohabiter sa foi et sa raison, au profit de l’homme et non de la seule adoration de Dieu. Il déboucha ainsi sur une éthique « économique » (sa morale personnelle) à double intention : la glorification du travail (les francs-maçons se reconnaissent ici !) et l’instauration du prêt bancaire (reprise des méthodes templières).

On peut ainsi dire que Calvin a été associé à l’essor du capitalisme (le bien ou le mal de l’homme, selon les points de vue !) et partant, au développement d’une « démocratie croyante » et de la culture…donc sur fond de protestantisme (le principe de laïcité n’existant pas encore). A preuve, les divisions qui s’opérèrent dès lors dans son mouvement (arminiens et gomaristes) et qui débouchèrent sur le presbytérianisme, en Angleterre et en Ecosse (Anderson était presbytérien). Il y aurait aujourd’hui 45 millions de Calvinistes dans le monde (dont 450 000 en France).

HEL219079 Portrait of John Calvin (1509-64) (oil on panel) by Swiss School, (16th century) oil on panel 41.5×28 Bibliotheque Publique et Universitaire, Geneva, Switzerland © Held Collection Swiss, out of copyright

Il n’a jamais été dit que Calvin avait joué la carte de l’enrichissement personnel : il a toujours privilégié l’intérêt général à l’intérêt particulier. Mais en favorisant le système capitaliste, il est bien normal, que l’argent ait « imprégné » son mouvement, comme il imprègne encore aujourd’hui tous les cultes ! C’est une raison, entre autres, qui motiverait le catholicisme à maintenir le célibat des prêtres, leur mariage et donc la multiplication des familles qui coûterait soi-disant trop cher au Vatican…et risquerait de voir éparpiller ses biens !!).

Reste à savoir si la foi a été un moteur ou un frein sur le parcours de Jean Calvin. Ne serait-il pas parvenu à ces mêmes progrès sociaux, s’il avait été athée ? La même question se pose pour les « grands hommes » qui ont été ou sont animés par « la foi maçonnique » : Fleming n’aurait-il pas découvert la pénicilline, s’il n’avait pas été franc-maçon ?

Foi et raison : un bon sujet de réflexion sur les grandeurs et misères humaines! La franc-maçonnerie nous donne cette chance de pouvoir voyager sur les sentiers de l’intelligence collective !

Le doute est la certitude du maçon.

C’est la diversité des fleurs qui fait la beauté d’un jardin !

Comment décoder un portail d’église romane : par Laurent Ridel

Du site de Laurent Ridel decoder-eglises-chateaux.fr

Vous avez en nombre réagi sur ma dernière infolettre portant notamment sur les danses macabres. Vous m’en avez dénichés dans des endroits que je ne connaissais pas. Par exemple dans la chapelle Notre-Dame-des-Neiges à Avrieux, en Savoie ou dans la basilique Sainte-Trinité de Cherbourg. Encore merci ! C’est la force d’une communauté. Une mention spéciale à Aïda d’Hazebrouck qui m’a indiqué une danse macabre moulée sur une cloche ! A voir dans l’église Saint-Martin de Boeschèpe (Nord).

Plusieurs abonnés m’ont rapporté des danses macabres qui se révèlent en fait des « dits des trois morts et des trois vifs« . Le message est le même : avertir les vivants de l’imminence de leur mort. Mais dans le cas dudit, les squelettes ne dansent pas avec les vivants et ces « vifs » sont tous de jeunes nobles. Exemple ci-dessous à la Ferté-Loupière (qui montre aussi une danse macabre). 

Autre événement de la semaine : j’ai publié une nouvelle vidéo sur ma chaîne Youtube après plusieurs mois d’arrêt. Je vous emmène à Vézelay (Bourgogne) pour vous décoder ce que l’historien Michel Pastoureau met au rang des chefs-d’œuvre de l’art roman : le portail intérieur de la basilique. Grâce au téléobjectif de mon appareil-photo, vous en apercevrez mieux les détails curieux. 

Antigone des assos : quand Montpellier fait (encore) la promo d’associations douteuses

De notre confrère lepoing.net

Le Poing avait déjà interpellé la Ville de Montpellier (sans réponse) en octobre dernier sur le choix des intervenants à l’Antigone des associations 2023 à propos d’entrepreneuses de l’ésotérisme. Le mouvement Kaya Team Universe, accusé de dérives sectaires et sur lequel nous avons récemment enquêté, figure également sur le site de l’évènement.

Au risque de se répéter, Montpellier est-elle en train de devenir la capitale de l’ésotérisme new-age à défaut d’être celle de la culture ? En octobre dernier, nous révélions que des entrepreneuses “médiums”, et autres pratiquantes de « rituels de dégagement énergétique par le plomb » étaient présentes à l’Antigone des associations 2023, journée organisée par la Ville de Montpellier pour promouvoir les associations sportives et culturelles du Clapas. La publicité affichée sur leurs stands pour des prestations payantes nous avait alors étonné, et la mairie n’avait pas répondu à nos questions.

Nous avions également alerté sur la présence sur l’annuaire des associations en ligne de la Ville de l’association de développement de l’anthroposophie. Mouvement spirituel pseudo-scientifique fondé au début du XXe siècle par l’occultiste autrichien Rudolph Steinner, l’anthroposophie est souvent identifiée par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires comme pouvant présenter des risques pour la santé des personnes. Cette page avait été supprimée par la Ville après publication de notre article.

Kaya Team Universe présent également

Et la semaine dernière, nous avons publié une enquête sur Kaya Team Universe, un mouvement implanté à Pérols et crée par Pierre Lassalle, suivi par les autorités travaillant sur les dérives sectaires depuis la fin des années 90, et accusé d’avoir indirectement poussé une de ses adeptes au suicide.

Sauf que Kaya Team, par sa branche “event”, est affiché sur le portail de l’Antigone des associations 2023. Le contact de l’association renvoie vers une certaine Laurence Henck, naturopathe, qui organise le weekend du 17 février 2024 un évènement “semences pour un nouveau monde”, au siège de Kaya Team Universe, à Pérols.

Capture d’écran du site de l’Antigone des assos 2023, prise le 16 février 2024.

Quelques recherches rapides (ça nous a pris environ un quart d’heure au moment de l’enquête) permettraient de remonter jusqu’à Pierre Lassalle, et donc de se poser quelques questions sur la probité de cette association. Que fait le service vie associative de la Ville de Montpellier ? Y-a-t-il un contrôle à priori sur les associations répertoriées à l’Antigone des associations ? Si oui, comment fonctionne-t-il ? Si non, ne serait-ce pas pertinent d’en effectuer, surtout à l’heure où l’Assemblée nationale se penche sur un projet de loi visant à lutter contre les dérives sectaires, notamment en ce qui concerne la santé ?

Contactée, la mairie n’a (encore une fois) pas répondu à nos questions.