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Le tsunami et la boussole

La vague des algorithmes intrusifs sera suivie d’un tsunami basé sur l’Intelligence Artificielle. Pour y résister, utilisons notre boussole maçonnique de pensée indépendante.

Enfants des Lumières nous sommes. Que cherchaient nos lumineux guides ? la Liberté. Faut dire que nos dirigeants d’alors s’y entendaient pour maintenir le vulgum pecus sous la botte, à l’aide du sabre comme du goupillon. Ces deux accessoires étaient en fait intimidants car appuyés sur une force narrative très convaincante. Aujourd’hui on appellerait cela un storytelling réussi. Mais il y avait peu de propositions alternatives : les choix étaient très contraints.

A part Machiavel, ce sont surtout les chercheurs en marketing américains qui ont théorisé la chose. Liberté et commerce ont souvent fait bon ménage, souvenez-vous du « doux commerce » de notre frère Montesquieu (initié le 12 mai 1730, à Londres, dans la Horn Tavern Lodge, 2 mois après le chevalier de Ramsay ). Là où les dominants cherchent le contrôle à tout prix, dans la crainte de perdre le pouvoir, les commerçants offrent à leurs clients la liberté de choix. Le choix effectué de manière apparemment libre crée dans le cerveau de celui qui obtient le produit ou service désiré un shoot de dopamine, plaisir délicieux mais addictif. En passant, ce mécanisme joue probablement un important rôle dans le succès mondial du système libéral (et capitaliste). Il suffit de voir dans quel sens se dirigent les flux migratoires.

La liberté de choix en matière de communication est récente.

Pour faire court, mentionnons la progression journaux-radios-télévisions-internet-smartphones, et nous voilà tous connectés H24.

Nos chers commerçants ont vite repéré la corrélation entre le temps que nous passons sur les écrans et leur foutu chiffre d’affaires. Cela leur a fait développer une science, ou au moins une technique : la captologie. C’est, au départ de la connaissance du cerveau et de ses biais, la mise au point des méthodes permettant de retenir l’attention au maximum. Premier gain direct : infuser plein de pubs qui pousseront à l’acte d’achat.  Mais aussi enregistrer plein de traces informatiques qui donnent compréhension des préférences de l’individu, qui ensuite permettront des pubs ciblées, bien plus efficaces. Tout ceci peut également être utilisé par des acteurs politiques pour influencer opinions et votes. Mais aussi par des agences étrangères pour par exemple affaiblir le moral du pays.

L’efficacité de toutes ces techniques est renforcée si l’individu roule sans réfléchir , sous le coup de l’émotion plutôt qu’avec la raison aux commandes. Les algorithmes qui pilotent tout cela favorisent donc les réactions émotionnelles, avec comme chouchou l’indignation ( Stéphane Hessel, si tu nous regardes…). Bruno Patino, auteur d’une trilogie qui se termine par « Submersion », indique que nos démocraties peuvent maintenant être qualifiées d’émocraties, tant la dictature des émotions a envahi le paysage. Nous en sommes là, assaillis en permanence de notifications mélangeant l’important et l’accessoire, lequel est lui aussi présenté comme urgent. Alors nous essayons de choisir. Oui mais pour choisir il faut évaluer les différentes options possibles, et pour cela il faut aller chercher l’info. Et en plus, il faut s’assurer qu’elle est digne de confiance.

Tout cela prend une énergie invraisemblable.

Ceci à l’heure où plein d’autres choses sont à faire, des importantes, pas très marrantes, et d’autres que notre envie de plaisir et détente nous suggère : zut encore un choix à faire. Bon les plateformes nous « aident » :  par défaut l’épisode suivant s’enquille automatiquement après le précédent. Ah, là nous avons délégué le choix à celui à qui le « crime » profite ! Eh oui, on déléguerait bien le choix à un tiers de confiance, mais notre société clivée a sapé toute la crédibilité que nous accordions auparavant aux institutions. Les fermes à trolls de Poutine y sont sans doute pour quelque chose, mais la négativité a conquis pas mal de terrain. Il suffit de voir toute la liste des populistes au pouvoir ; et chez nous aussi ils attendent au portillon pour goûter à la bonne soupe.

Résumons-nous. L’offre, sur internet, est gigantesque, et nous sommes déjà épuisés à force d’essayer de choisir à tout bout de champ. De plus, une petite voix, grandissante, nous signale le côté « déjà vu » de beaucoup de produits. Ben oui, dès qu’un produit ou une idée marche, les copieurs se mettent en devoir de pondre d’innombrables clones. Et dès qu’on a acheté un produit, les algorithmes nous bombardent d’autres offres, jusqu’à la nausée. La liberté de choix est devenue encombrante au possible. Et on voit bien que plein de gens sont prêts à la sacrifier pour que la pluie s’arrête. Oui, mais la pluie c’est déjà pas terrible, elle cause parfois des inondations. Dès maintenant, il nous arrive d’avoir un sentiment de malaise à devoir convaincre une machine que nous sommes humains.

Hélas, il y a pire :  c’est le tsunami, qui va nous noyer pour de bon.

Ce tsunami s’appelle Intelligence Artificielle. Rapidement, elle va surclasser les talents humains dans plein de domaines ; nous connaissons déjà la liste des activités, pour ne pas dire des métiers, directement menacés d’obsolescence.

Qu’avons-nous comme boussole pour nous guider ?

Face à cette submersion annoncée, nous les maçons, qui avons conservé une relative indépendance de pensée, avons des cartes à jouer. Primo, développer notre économie du choix. Pour faire de bons choix sans y cramer toute notre énergie, il nous faut trouver à qui déléguer. Pour cela, il faut d’abord stopper la dégradation générale de la confiance. Quitte à investir plus de temps à les sélectionner, les tiers de confiance nous sont indispensables. Cela va des enseignants lors de l’enfance jusqu’aux soignants pour les plus âgés. Cela inclut les médias, les organisations et institutions. L’indépendance doit être impitoyablement scrutée, vis-à-vis des conflits d’intérêt classiques (commerce-idéologies-religions…). Mais de nouveaux aspects peuvent se rajouter. Par exemple, dans un certain nombre de domaines, nous voulons une certification du caractère réel ou « non-simulacre ». En effet, les simulacres profonds (deep fakes) seront rapidement indétectables, donnant lieu à une explosion de dérives possibles.

Philosophiquement, nous devrons toujours nous efforcer de distinguer la limite entre l’humain, capable de sortir des sentiers battus ou de s’adapter à un cas sans précédent, et les machines qui resteront dans la simple extrapolation de l’existant … enfin, je nous le souhaite, mes frangines et frangins. Gardez jalousement votre liberté de choix. Et dormez bien quand même !

27/01/24 : « De la culture de la guerre à la culture de la paix », une conférence de la Grande Loge Mixte Universelle à Montreuil (93)

L’événement organisé par la Grande Loge Mixte Universelle (GLMU) pour célébrer son 50e anniversaire est une initiative enrichissante et importante.

Les tables rondes prévues aborderont des thèmes pertinents et actuels, reflétant l’engagement de la GLMU dans des discussions sociétales et culturelles significatives. Voici un aperçu des sujets et des participants de chaque table ronde :

1. Le Bien Commun

Participants : Patrice Bessac, Maire de Montreuil, et Bernard Chevassus-au-Louis, Président d’Humanité et Biodiversité.

Thème : Cette table ronde se penchera sur l’importance du bien commun dans la société, explorant comment les actions individuelles et collectives peuvent contribuer au bien-être général de la communauté.

Bernard Dekoker-Suarez
Grand Maître, Grande Loge Mixte Universelle.

2. La laïcité, facteur de Paix

Participants : Martine Cerf, Secrétaire Générale d’Egale; Anne-Marie Harster, Présidente de Solidarité Laïque ; Pierre Ouzoulias, Sénateur ; et Corine Marcien, Conseillère de l’Ordres de la GLMU, DDEN.

Thème : Cette discussion se focalisera sur le rôle de la laïcité comme instrument de paix. Elle examinera comment la séparation de l’État et des institutions religieuses peut contribuer à l’harmonie sociale et au respect mutuel entre différentes croyances et opinions.

3. De la culture de la guerre à la culture de la paix

Participants : Patrick Le Hyaric, Député européen de 2009 à 2019, et David Adams, ancien directeur à l’Unesco.

Thème : Cette table ronde traitera de la transition d’une culture dominée par les conflits et la guerre vers une culture axée sur la paix et la compréhension mutuelle. Les discussions pourraient aborder des sujets tels que l’éducation, les politiques internationales, et le rôle des organisations internationales dans la promotion de la paix.

[NDLR : Bon & joyeux anniversaire à la GLMU ! Nous relevons l’importance de ce bel événement. Nous notons aussi que ces tables rondes offriront des opportunités de réflexion et d’échange sur des sujets cruciaux qui touchent à la fois la société en général et la communauté maçonnique.

Pierre Ouzoulias.

Cette manifestation, en présence du sénateur des Hauts-de-Seine Pierre Ouzoulias, petit-fils de résistant, œuvre depuis des années pour la reconnaissance du poète, syndicaliste et journaliste, fusillé en 1944 au Mont-Valérien (Suresnes), et de son épouse, agente de liaison pendant la guerre et est à l’initiative de la panthéonisation des résistants Missak et Mélinée Manouchian au Panthéon, souligne l’engagement de la GLMU envers des questions sociétales importantes, démontrant sa volonté de participer activement aux débats publics et de contribuer à la construction d’un monde plus pacifique et harmonieux.

Cet après-midi de discussions et d’échanges promet d’être un moment de dialogue fructueux et éclairant, rassemblant des perspectives diverses pour aborder des enjeux essentiels à notre société contemporaine.]

GLMU, le site.

Infos pratiques : GLMU, le site

Samedi 27 janvier 2024 de 14h à 19h

École Louise Michel, 31 Bd Jeanne d’Arc 93100 Montreuil

Le Cénacle… Que de belles lueurs d’espoir !

Vous avez dit Cénacle ? Un terme qui peut avoir plusieurs significations, en fonction du contexte dans lequel il est utilisé… Dans le contexte historique et biblique, il fait référence à la salle du dernier repas de Jésus avec ses disciples, connu comme la Cène, avant sa crucifixion.

Ce mot vient du latin cena qui signifie repas. Le Cénacle est souvent associé à un lieu saint dans la tradition chrétienne. En revanche, dans le domaine des arts en général et de la littérature en particulier, un cénacle désigne également un groupe de personnes, souvent des intellectuels, des artistes ou des écrivains, qui se réunissent régulièrement pour discuter et partager des idées. Dans ce contexte, un cénacle est similaire à un salon littéraire ou à un cercle intellectuel. Il s’agit d’un lieu de rencontre pour stimuler la créativité, l’inspiration et le débat.

Et dans l’art royal ? Dans ce contexte, Cénacle désigne, bien évidemment, un groupe de maçons – frères et sœurs – qui se réunissent pour étudier, discuter et approfondir leurs connaissances des rituels, des symboles et de la philosophie. Des réunions sont souvent caractérisées par un engagement profond envers l’étude et la réflexion intellectuelle. Et fécondes en matière de propositions. Tel ce numéro 2 des Cahiers, fruit de ce cercle d’études qui se veut l’héritier du célèbre Cercle de Tübingen regroupant intellectuels et penseurs allemands associés à l’Université de Tübingen, en particulier au cours du XVIIIe et du XIXe siècle et était connu pour ses contributions significatives dans divers domaines, notamment la théologie, la philosophie, la poésie et la littérature.

Avec pour titre Le Cénacle-Des raisons d’espérer, ce Cénacle maçonnique a pour but principal l’approfondissement des connaissances et la compréhension personnelle des enseignements maçonniques.

Encouragée par l’échange d’idées et de perspectives, la publication des travaux permet aux lecteurs de réfléchir sur des questions morales, spirituelles, et philosophiques d’une manière plus profonde. Comme une continuation logique de ceux suivis en loges…

Des thèmes abordés peuvent varier largement, allant de l’interprétation de symboles spécifiques à des discussions sur des sujets contemporains vus à travers le prisme des principes maçonniques.

Cette réflexion, dans la perpétuation et l’exploration des idéaux humanistes, en s’inspirant des traditions de la Renaissance, s’intitule « Des raisons d’espérer » et aborde divers aspects de la franc-maçonnerie contemporaine et son évolution dans le contexte du XXIe siècle.

Claude Delbos.

C’est ainsi que Claude Delbos*, Président du Cénacle, fournit une définition et une vision de l’avenir de la Franc-maçonnerie reflétant à la fois ses traditions historiques et les défis contemporains et mettant en lumière l’importance de l’initiation dans cette tradition. De son côté,  Ysabeau Tay Botner, artiste peintre, souligne la manière dont la méthode maçonnique faisant référence à une approche distinctive adoptée par la franc-maçonnerie dans son enseignement et ses pratiques et favorisant le développement personnel qui, à son tour, influence le collectif. Quant à Jean-François Delbos, il explore l’initiation et le progrès sous les angles psychologique et cognitif alors que Maixent Lequain, Secrétaire du Cénacle, discute de l’individualisme technologique actuel, le qualifiant de « métamorphoses de Narcisse », ce qui pourrait impliquer une critique de l’autocentrisme dans la société moderne.

La question du secret maçonnique est abordée par Françoise Bort, maître de conférences en retraite, tout en tentant de répondre aux critiques et sceptiques actuels de la Franc-maçonnerie.

Alain de Keghel.

Diplomate de carrière ayant occupé notamment les fonctions de consul général de France à Tokyo puis à Washington après avoir dirigé la sous-direction de l’information du quai d’Orsay, Alain de Keghel pose la question « Vous avez dit ‘’universalisme ?’’ Parlons-en ». Et d’y répondre en rappelant que l’universalisme maçonnique est un principe clé de la franc-maçonnerie, prônant l’unité et la fraternité au-delà des différences de race, de religion, de nationalité, de statut social ou d’opinions politiques. Enfin, Charles Susanne propose de nouvelles approches théoriques pour intégrer une éthique environnementale dans le processus initiatique, mettant l’accent sur le respect du « Vivant ».

Ces contributions indiquent une volonté du Cénacle de dialoguer avec les enjeux contemporains, en intégrant des perspectives modernes dans le cadre traditionnel de la Franc-maçonnerie. Leur focus sur l’innovation, l’éthique environnementale et la critique de l’individualisme technologique suggère une recherche d’équilibre entre les valeurs anciennes et les défis actuels.

Un très beau partage !

*Claude Delbos a servi en Algérie en Allemagne avant d’être instructeur dans une promotion de Saint-cyriens à l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr à Coëtquidan, puis de commander une batterie du 35e Régiment d’artillerie parachutiste à Tarbes.

En 1981, il était affecté à l’État-major de l’Armée de terre, à Paris. À partir d’août 1987 il exerçait la fonction de général adjoint au Commandant de l’artillerie du 1er Corps d’Armée à Metz, et il était nommé général de brigade le 1er septembre 1988.

35e RAP, Tarbes.

De 1990 à 1996, il était chargé de cours à la faculté des lettres et sciences humaines de l’université de Metz, dans le cadre d’un diplôme d’études supérieures spécialisées “ Aménagement et Défense ”. Dans le même temps, il était Secrétaire général de « La Saint-Cyrienne ».

Il est président du « Souvenir Vendéen de Clemenceau » et président de la section de Paris de l’« Association des Membres de la Légion d’Honneur Décorés au Péril de Leur Vie ».

Franc-maçon du Grand Orient de France, Claude Delbos est originaire du Périgord, mais partage désormais son temps entre Paris et la Vendée. Il a déjà écrit de nombreux romans historiques et maçonniques.

Le Cénacle-Des raisons d’espérer

Les Cahiers du Cénacle N° 2-Réflexions sur la Franc-Maçonnerie

CollectifNumérilivre, 2023, 156 pages, 20 €

À commander chez Numérilivre.

Carton préparatoire pour l’École d’Athènes de Raphaël conservé à la Pinacoteca Ambrosiana de Milan.

Notre frère Percy John Harvey est passé à l’Orient Éternel

C’est avec une profonde et grande tristesse que nous venons d’apprendre le passage à l’Orient Éternel de notre très cher frère Percy John Harvey.

De culture franco-britannique, Percy John Harvey a été professionnellement ingénieur dans le domaine aéronautique et spatial. Il a effectué des recherches informatiques appliquées à l’exploration fonctionnelle en hémodynamique.

Né le 5 juillet 1935, notre frère Percy John Harvey est décédé à l’âge de 88 ans et six mois. Il avait été initié à 44 ans, le 27 avril 1980 au sein de la respectable loge « La Tradition Écossaise – Raoul Delage », à l’orient de Bordeaux. Passé compagnon le 26 juin 1983 et élevé à la maîtrise le 2 mai 1984, il en était toujours membre. C’est une grande perte pour l’art royal en général et pour la Grande Loge de France (GLDF) en particulier.

Notre frère Percy John Harvey était donc un membre éminent de notre fraternité, reconnu pour son engagement profond envers les valeurs maçonniques et pour sa contribution significative à la littérature maçonnique. Ses écrits, publiés chez Maison de Vie (collection « Les symboles maçonniques ») et chez Cépaduès, ont éclairé le chemin de nombreux frères et sœurs sur la voie de la connaissance et de la sagesse.

Nous rendons hommage à sa mémoire et à son héritage, qui continueront de vivre dans les cœurs et les esprits de tous ceux qui ont eu le privilège de le connaître et de travailler avec lui. Notre frère Percy John Harvey était un exemple de dévouement et de fraternité, et son absence sera profondément ressentie par tous.

Personnellement, nous gardons des Rendez-vous Maçonnique de Blois 2019 un souvenir impérissable de la présence lumineuse et rayonnante de notre très cher et bien-aimé frère Percy John Harvey.

Que la Grande Lumière l’accueille dans son vaste empire et que son âme repose dans la paix éternelle.

450.fm présente ses plus sincères condoléances à sa famille, à ses proches, à ses amis(ies) et à ses frères et sœurs.

Source : LE BLOG DES SPIRITUALITÉS de Jean-Laurent Turbet

Existe-t-il une culture maçonnique ?

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Je me pose cette question – qui revient régulièrement comme les saisons – après avoir entendu récemment dans un Congrès le discours fleuve d’un Grand Maître d’une Obédience, contenant 42 citations d’auteurs célèbres ! J’avoue que ce sont leurs successions à un rythme rapproché qui m’a incité à les compter ! Certes, les propos développés ne manquaient pas d’intérêt, mais, noyés dans les aphorismes et autres préceptes, ils devenaient une liste de prescriptions qui, au total et au final, avaient perdu, à mes yeux, toute couleur maçonnique !

Il y a tout de même quelque paradoxe à entendre en loge que « nous ne sommes plus dans le monde profane » et constater qu’un franc-maçon s’empresse d’y puiser une enfilade d’adages divers, certes tous pertinents. Et à même de créer, en l’occurrence, un joli collier de perles, pour enjoliver un discours !

Une citation, rappelons-le sans prétention aucune, peut enrichir la conclusion d’une idée dans une planche, mais pas la précéder jusqu’à en constituer le corps du raisonnement, paragraphes après paragraphes !

Un foyer de sens

Souvenons-nous du « point de départ » de la franc-maçonnerie spéculative au 17ème siècle. Elle trouve son origine, non dans les mots, mais dans la symbolique. Avec l’idée géniale de donner une signification positive à la douzaine d’outils usuels de la construction (toujours opérationnels aujourd’hui). Au vrai, un « foyer de sens », constitué par la variété de qualités morales à entretenir ou acquérir par l’Homme pour devenir meilleur !

Parmi les autres, L’équerre (du latin norma, modèle) représentant, avec la matière, la droiture, et la rectitude couplé avec le compas (du latin compasser, mesurer avec le pas) lequel figurant, avec l’esprit, la recherche et la perfection. Le premier, statique, et le second, mobile, évoquant ainsi la construction de l’homme, sont devenus l’emblème caractéristique de la franc-maçonnerie mondiale. Leur entrelacement graphique, du plus bel effet, n’est pas sans évoquer, en termes esthétiques et sensibles, une forme de poésie muette !

Dans l’esprit des créateurs, cette harmonie d’outils du bâtiment n’est toutefois pas suffisante pour structurer une société de pensée et de perfectionnement de l’Homme. Il convient alors de lui donner vie en la parant d’une histoire. A l’époque où s’impose en France une chrétienté qui guide fermement les âmes, il n’est qu’à ouvrir la Bible pour trouver le narratif (comme on dit aujourd’hui) adéquat. Il s’impose, sous la forme d’un extrait « adapté » qui devient une légende. A la fois, avec un tondeur de laine, Hiram Abif, accessoirement bronzier, métamorphosé pour la circonstance en architecte, et un édifice prestigieux, le Temple de Salomon, qui est choisi comme base centrale du récit. Lequel, remarquons-le, s’est déplacé géographiquement : de l’Europe des cathédrales, nous voici en Judée, terre du patriarche Abraham et des rois successifs y régnant. C’est elle qui est choisie pour lieu de la dramaturgie, indispensable à toute légende, avec la mort tragique d’un homme : Surgissent parmi les ouvriers bâtisseurs du Temple, trois mauvais Compagnons – symboles de l’ignorance, du fanatisme et de l’ambition démesurée – qui vont assassiner ledit architecte.

De la légende au mythe

Ainsi, avec ce support fictif, est élaboré dans le cadre dudit Temple lui-même en construction, un premier rite, conducteur cérémoniel, incluant symboliquement et progressivement les trois premiers degrés inspirés de ceux du bâtiment, Apprenti, Compagnon, Maître. La légende ayant une fin – ici la mort d’Hiram – l’histoire, si elle convient aux roturiers, apparaît toutefois un peu courte à certains membres « distingués » de la franc-maçonnerie spéculative débutante. Notamment à la gente nobiliaire et libérale qui demande pour sa part, un prolongement à ladite histoire. De la sorte, naissent au fil du temps, les Hauts Grades Maçonniques, du 4ème au 33ème degré du rite le plus important (Rite Ecossais Ancien et Accepté) pour lui donner, d’après eux, plus de consistance, plus de « corps » aussi. Mais le rite est comme le vin : ce n’est pas le degré qui fait le nectar ! Pourquoi 33 degrés ? Parce que ce nombre signifie selon les rédacteurs, soit l’âge de la mort du Christ, soit le nombre de vertèbres du corps humain.

Quoi qu’il en soit, la légende ayant une fin devient ainsi mythe (celui-ci se caractérisant par une « fin ouverte », donc extensible à volonté selon les plumes inventives). Le principe sera imité et pas moins de 150 rites (jusqu’à 99 degrés pour le Rite de Memphis Misraïm) verront le jour dans la sphère maçonnique européenne foisonnante du XVIIIème siècle ! Partant, mort au 3ème degré, l’architecte Hiram va ainsi renaître sous les traits de différents personnages au gré de cette aventure à rallonges, pour se retrouver dans l’armure de vaillants Chevaliers.

Les Croisades, un désastre politico-ecclésial

Ce sont les Croisades qui vont fournir le théâtre opérationnel à ces nouveaux acteurs. Les concepteurs de degrés des rites s’évertueront à leur donner, par le biais fictionnel, des rôles pacificateurs et non conquérants. Donc avec l’habileté de s’écarter des faits historiques au vrai peu glorieux qu’ont été en réalité ces 12 Croisades (qualifiées de désastre politico-ecclésial par les historiens !) au prétexte de défendre le tombeau du Christ ! Les règles de la Chevalerie sont la bravoure, la loyauté, la générosité, le dévouement, le courage, la courtoisie, la protection de faibles : autant de qualités que les Chevaliers en cause qu’ils soient, Croisés, Templiers, ou Teutoniques n’ont pas toujours montrées, loin de là, dans leurs expéditions guerrières (plus conquérantes que bienfaisantes !) ! Autant de vertus – quand elles sont vraiment à l’œuvre – dans lesquelles peuvent se reconnaître francs-maçons et franc-maçonnes.

Et si, justement, lesdites vertus étaient constitutives de cette « culture maçonnique » ? Non par quelque effet de miroir livresque mais dans ce don de soi – démultiplié en actions altruistes effectives – qui me fait « considérer » l’autre, non comme un rival, (donc un adversaire, un concurrent !) mais comme une partie de moi-même !

Examen et concours

A noter, pour rappel, que les Hauts Grades Maçonniques, inspirés par l’authentique Chevalerie (non dévoyée !) sont vus en Angleterre, – conceptrice de la franc-maçonnerie – comme un cheminement « à côté » (« in side degree ») des trois premiers degrés, alors qu’ils sont généralement considérés en Europe, comme une échelle hiérarchique du rite considéré à gravir, sans d’ailleurs aucune certitude d’atteindre les degrés sommitaux, pour qui le souhaite. Ce qui n’est pas sans créer d’éventuels conflits entre les Obédiences (gestionnaire des trois premiers degrés) et les Juridictions (administratrices desdits Hauts Grades). Eternelle opposition de l’examen pour les premières et du concours pour les secondes ! A chacun sa définition de la culture : Certains y entendent l’érudition, d’autres l’humanitude (chère au philosophe Albert Jacquard) .

En tout cas, la culture dite maçonnique ne devrait pas être synonyme de « frustration » dans un lieu où est portée en gloire la magnifique trilogie « Liberté-Egalité-Fraternité » ! Elle pourrait être complétée par l’humilité : Le tablier ne fait pas le tailleur de pierres ni la panoplie le Chevalier !

A chaque pays sa vision de la franc-maçonnerie depuis sa naissance. Ainsi la France est l’un des seuls où se multiplient, encore aujourd’hui, les Obédiences et Juridictions maçonniques. 180 000 membres environ se répartiraient dans une cinquantaine d’organisations, d’après un récent recensement. Sans compter les loges dites « libres » (encore parfois dénommées péjorativement « loges sauvages » !), c’est à dire indépendantes et n’appartenant donc pas à une fédération de loges.

Régularité et reconnaissance

On peut voir dans ce déploiement de l’Art Royal sur le territoire, l’expression même d’une heureuse liberté d’exercice, ce qui n’est pas le cas dans certains pays dictatoriaux ! Mais il est juste de rappeler aussi que nombre de ces obédiences sont le résultat de scissions successives dans les mouvements existants. Les plus grandes Obédiences françaises en sont l’exemple, à partir de la première qui s’est installée sur notre sol ! Théisme, Déisme, athéisme, symbolisme, humanisme, ésotérisme, solidarisme, autant de « ismes », autant de nobles thèmes identitaires choisis, autant d’obédiences …et de motifs de séparations, pour affirmer une singularité. Sans parler de :

  • La mixité, pas encore totalement effective, dans le cadre associatif.
  • La politique, qui pose plus ou moins ses étiquettes de tendance « droite » ou gauche » sur les obédiences.
  • La « régularité », notion initiale anglaise, basée sur la croyance obligatoire en Dieu…qui institue de facto « l’irrégularité » pour les loges « athéistes ». Et donc une entrave à la liberté de conscience !
  • La « reconnaissance », directement issue de la précédente, qui introduit les notions de dogmatisme, et d’adogmatisme. « Etre reconnu » ou pas, se traduit dans les loges en France, notamment, par la permission ou l’interdiction d’inter-visites des membres ! Dans cet esprit, les loges indépendantes, non reconnues par les obédiences, n’y ont évidemment pas accès. C’est regrettable !

 Des faits et des réserves qui montrent que la maçonnerie, cette respectable institution de plus de trois siècles…n’a pas encore atteint sa maturité ! Tant mieux, il reste du travail à faire ! Certes, il peut ainsi être dit que ces notions « disciplinaires » de régularité et de reconnaissance – en soi une double équivoque dans un mouvement qui vante « un maçon libre dans une loge libre » – sont dues à la démultiplication des Grandes Loges, alors que la maçonnerie anglaise fondatrice n’en voulait qu’une, certes avec des « succursales », mais bâties sur son modèle !

 A cette objection, une autre : Si la nature n’avait produit qu’une seule sorte de fleur (par exemple, la rose qui nous est si chère !) nous ne pourrions pas bénéficier des variétés de cette « plante-cadeau », dont les formes, les couleurs et les parfums nous réjouissent tout à la fois l’œil, l’odorat et le cœur !

D’une culture, les cultures maçonniques

 L’horticulture ornementale nous ramène ici à la culture, maçonnique, en l’occurrence. Qui dit cœur, dit émotion et sentiment. Là, dans notre ressenti même, est sans doute cette fameuse « culture maçonnique » ! Qu’est-ce qu’une loge, sinon un jardin dont chacun, chacune de nous est précisément une fleur différente ?! Autrement dit, pour filer la métaphore avec une autre image, nous sommes une réunion de « romans vivants », dont chacun, chacune devient un volume, qui en feuillette et raconte une ou plusieurs pages, en s’exprimant en tenue.

Nous pensons que la raison conduit notre parole, alors que c’est fréquemment notre histoire, voire notre « mythologie personnelle », qui nous la dicte. Selon les circonstances qui nous ont formés, c’est, si je puis dire, le produit d’une culture autodidacte, générale, philosophique, littéraire, scientifique, artistique, ou encore tout simplement classique que nous verbalisons sous forme d’une planche ou d’un avis, lors du débat. Aux auditeurs, aux auditrices, de les accueillir et assimiler à leur propre histoire pour les interpréter. Au frère Orateur, à la sœur Oratrice, de synthétiser et symboliser les pensées développées et entendues au final.

 Ainsi, nous pouvons dire qu’il n’y a pas une culture mais des cultures maçonniques. C’est précisément cette pluralité d’expressions orales qui, filtrées par la triangulation et la concentration terminale, permet de transformer les opinions – lesquelles ne seraient que jaillissements provisoires – en idées construites, solides et profitables.

 Dans notre monde profane trop souvent influencé par le déversoir des premières à jet continu sur les réseaux sociaux, c’est des secondes, réfléchies et posées, dont nous avons tant besoin !

Les francs-maçons proposent le Revenu Universel Inconditionnel pour lutter contre l’extrême pauvreté : qu’en pensez-vous ?

Quelle que soit l’obédience, il y a dans l’ADN du franc-maçon (ou de la franc-maçonne) un « gène » caritatif qui s’exprime par une action sociale en faveur de celles et ceux qui souffrent. Cela peut s’exprimer au niveau individuel ou au niveau collectif de différentes manières.

La pauvreté fait partie de nos préoccupations. L’extrême pauvreté affecte aussi bien les pays dits riches que les pays en voie de développement.

Une des solutions préconisées par certains philosophes et économistes a trait à l’instauration d’un revenu universel inconditionnel.

Yoland Bresson (1942-2014) économiste et membre du GODF fut un des défenseurs de cette proposition.

Lire aussi l’article « Le revenu universel inconditionnel, un espoir pour lutter contre la pauvreté ! »

Aujourd’hui, pour différentes raisons, cette proposition fait débat y compris parmi les francs-maçons.

Pour mieux connaître les arguments des uns et des autres nous vous proposons ce questionnaire anonyme qui vous permettra d’exprimer votre opinion.

Merci d’avance d’y consacrer un peu de votre temps ! Cela nous permettra de mieux prendre en compte vos opinions pour élaborer des propositions plus consensuelles.

Pour aller plus loin dans l’étude de cette problématique de la pauvreté dans les différents pays du Monde :

Pour réfléchir en maçon – Le Revenu Universel Inconditionnel : une brochure disponible sur  https://www.conform-edit.com/nouveautes-livres-maconniques/revues-maconniques/revenu-universel-detail.html

Pour ne pas mourir idiot, j’aimerais qu’on m’explique un truc à propos du temple de Salomon…

Incontestablement, les Francs-Maçons souffrent d’un syndrome quasiment inguérissable : la « Templo-Mania ». Cette pathologie se caractérise par faire d’un lieu imaginaire (Et largement endommagé !) un lieu de rassemblement, de désespoir nostalgique du temps passé, mais aussi d’idéal de reconstruction spirituelle de l’homme et de finalité à sa dispersion. Comme si le temple devenait l’incarnation de Dieu lui-même en l’enfermant et en se le gardant pour soi. Bon d’accord, mais Dieu aurait-il besoin des hommes pour le reconstruire si besoin était. Belle visée anthropomorphique !

Lecteur assez assidu de la Bible, le doute s’insinua sournoisement en nous (tel le coup du serpent de l’Eden tentant de jouer les séducteurs avec la bonne madame Eve !). Et ce, à la lecture d’un passage du livre de l’Exode 20 (versets 22 à 26) concernant la construction d’un lieu d’adoration,qui vient juste après l’énoncé des dix commandements, un peu comme si cela en était un onzième. Dieu s’adresse à Moïse et lui dit : « Tu parleras ainsi aux enfants d’Israël . Vous avez vu que je vous ai parlé depuis les cieux. Vous ne ferez point des dieux d’argent et des dieux d’or, pour me les associer ; vous ne vous en ferez point. Tu m’élèveras un autel de pierre, sur lequel tu offriras tes holocaustes et tes sacrifices d’actions de grâces, tes brebis et tes bœufs. Partout où je rappellerai mon nom, je viendrai à toi, et je te bénirai. Si tu m’élèves un autel de pierre, tu ne le bâtiras point en pierres taillées ; car en passant ton ciseau sur la pierre, tu la profanerais. Tu ne monteras point à mon autel par degrés, afin que ta nudité ne soit pas découverte. »

Apparemment, en lisant ces versets qui succèdent d’emblée aux dix commandements, nous nous apercevons que Dieu est écolo : il veut bien que nous lui rendions grâce, mais en n’utilisant pas la forme habituelle des dévotions païennes comme la construction de temples qui représentent des images ou représentations des dieux, et ainsi les capturent. Le Dieu de la Bible se veut libre et maître de son univers créé par lui-même. Légèrement puritain aussi, quand on lit le dernier verset d’Exode 20, verset 26, « cachez cette nudité que je ne saurais voir » !

 Dès lors, toute création de temple devient une tentative d’emprisonnement et donc de réduction de sa puissance. D’où cette interdiction à l’édification, même en son honneur qui le ferait ressembler aux dieux païens qu’il exèdre ! Mais naturellement, le peuple d’éleveurs une fois installé après l’errance va se transformer en agriculteurs, commerçants citadins et instituer une véritable théocratie, doublée d’une dérive monarchique à partir de David et Salomon et ce, malgré les remontrances des prophètes qui ne cesseront de leur répéter que, face à la puissance du dieu unique, ils ressemblent à des parvenus, imitant leurs proches voisins plus riches et plus puissants. Nous connaissons la fin de l’histoire : les dérives païennes de Salomon, L’incursion de Nabuchodonosor et la destruction du Temple suivie de la captivité à Babylone, la reconstruction du temple et la réinstallation autorisées par Cyrus, malgré l’interdit cité plus tôt dans Exode, et le remake de Vespasien et des Romains, montrant la fragilité d’un édifice qui se doit d’être intérieur et non exposé aux aléas de l’histoire et de ses variations. La foi ne redevient pure que lorsqu’elle retrouve le désert qui laisse deviner et parfois entrevoir de manière symbolique (Le buisson ardent et la présence au Sinaï, par exemple) l’existence théorique du Principe. Le judaïsme, d’une certaine manière, trahit l’errance du désert et du contact avec le Principe, par une installation plus ou moins factice et copiée du voisinage. Ce que nous rappelle Madame le Rabbin Delphine Horvilleur, quand elle évoque la figure d’Abraham (1) : « La fidélité à une mise en route, la fidélité à une infidélité fondatrice qui dit à chacun de nous : « Si tu veux rester, casse-toi » au sens littéral du terme, c’est-à-dire : « Vis avec la fracture, la cassure qui t’emmène ailleurs, hors de la maison, qui fait et qui défait le sens de ton identité pour que tu restes en vie et en chemin, et qu’en cela tu restes un Hébreu. »

Répondre à cette réflexion, ne peut que déboucher en faisant appel à l’archéologie et à l’épigraphie modernes qui nous serons d’un grand secours et nous aiderons à comprendre la transgression de l’interdit de l’édification du temple de Jérusalem. Ce que ces disciplines nous montrent des relations entre Salomon et Hiram 1er de Tyr, ce sont l’importance des contacts diplomatiques pour mettre en place des alliances de deux pays liliputiens face à d’énormes empires, mais surtout commerciaux entre les deux pays. La Bible est l’une des sources de documentation, mais non la seule. Elle décrit, au 10eme siècle avant notre ère, les contacts établis, d’abord avec David, puis avec son fils Salomon. Le dossier des relations peut se résumer dans les rubriques suivantes :

-1 : La fourniture de bois de cèdre par Hiram à David pour la construction de son palais et de cadres techniques et d’ouvriers pour cette même construction, car les juifs, peuple d’éleveurs, ne maîtrisaient pas l’architecture, malgré leur présence en Egypte. Dans la Bible ces épisodes sont évoqués dans : II Samuel,V,2 ; Chroniques XXII, 4 (qui n’évoque pas Hiram, mais les Sidoniens et les Tyriens). En II Chroniques, II, 2, il y a une allusion aux fournitures dans un message que Salomon avait fait parvenir à Hiram. Il est question aussi dans I Rois, V, 15, d’une amitié que Hiram avait pour David.

-2 : Une correspondance existe entre Hiram et Salomon dans laquelle le roi de Tyr promet de fournir du bois de construction au roi d’Israel, tandis que ce dernier s’engageait à approvisionner Hiram en vivres. Dans I Rois V, 15-25 ; I Rois IX, 11 ; I Rois V, 32, on parle de maçons d’Hiram travaillant à Jérusalem et dans I Rois VII, 13-14, le commentateur évoque un bronzier tyrien, du nom d’Hiram, venu effectuer des travaux dans la capitale juive. Toutes les notices sont amalgamées dans II Chroniques, II, 2-15, où nous trouvons un certaine nombre de variantes en ce qui concerne les quantités de vivres fournis par Salomon (verset 9 : 20.000 kors de blé, 20.000 kors d’orge, 20.000 baths de vin, 20.000 baths, 20.000 baths d’huile au lieu de 20.000, au lieu de 20 kors d’huile selon I Rois, V, 25). La mention de Jaffa comme port de destination du bois livré par Hiram est donnée (dans Esdras, III, 7 est confirmé que c’est bien à Jaffa que le bois est débarqué). C’est toujours dans Esdras qu’est reprécisé le nom du bronzier Hiram, qui devient Houram-Abi, sans doute pour le distinguer du roi de Tyr.

– 3 : la conclusion d’un accord officiel entre Hiram et Salomon dans I Rois, V, 26.

– 4 : L’organisation conjointe par Hiram et Salomon de différentes expéditions maritimes (Voyage vers Ophir : I Rois, IX, 26-28, XII ; II Chroniques, VIII, 17-18 qui transforme en 450 talents d’or les 420 talents ramenés d’Ophir selon I Rois, X, 22 et IX, 10. Nous pouvons rapprocher d’ailleurs ce texte de I Rois, X, 22, relatif au voyage d’Hiram et Salomon.

Tous ces textes sont difficiles à apprécier en matière d’ancienneté et de valeur historique, mis à part la notice de III Samuel, V, II, car elles figurent toutes dans les livres des Rois et dans ceux des Chroniques qui ne donnent pas d’informations différentes de ceux des Rois. La rédaction finale de ces derniers, rédigés en plusieurs temps, furent inspirés par le Deutéronome et la réforme de Josias en -622. Les textes relatifs à Hiram dateraient donc au plus tôt du dernier quart du VIIe siècle, mais les livres des Rois, n’ayant sans doute été achevés que pendant l’Exil ou plus tard. A cela, il faut ajouter un grand nombre d’hésitations sur les sources qui ont servi à la rédaction du livre des Rois. L’accent est trop souvent mis sur la « sagesse » de Salomon, avec la primauté de la construction du Temple, malgré l’interdit d’origine, ou à sa grande fortune personnelle. En fait, nous pouvons considérer que l’histoire de Salomon et d’Hiram s’inscrit dans un arrière-plan institutionnel de pratiques en vigueur dans les relations internationales du Proche-Orient. Dans son étude : « The treaty between Israelites and Tyrians », le chercheur Fensham estime que le traité conclu par Hiram et David, renouvelé par Salomon, aurait réglé non seulement les fournitures tyriennes de matériaux et d’artisans pour les constructions, mais aussi la collaboration économique dans la réalisation d’une flotte qui aurait navigué en Mer Rouge. Mais, le texte essentiel des relations ne concerne que Salomon. Relisons le texte : « Javhé avait donné la sagesse à Salomon, ainsi qu’il le lui avait dit, il y eut la paix entre Hiram et Salomon ; ils conclurent un berit entre les deux » (I Rois, V,26). La difficulté de ce passage réside dans la traduction du mot « Berit ». En effet, une distinction s ‘impose entre « Alliance » et « traité » car ces deux sortes d’accords sont de portée différente. Par alliance, nous pouvons entendre un accord assez vague entre deux puissances pour instaurer un climat de bonne volonté mutuelle, alors qu’un traité est une sorte de contrat international bien défini et clairement spécifié dans un acte. Dans ce sens, le témoignage de I Rois, V, 26, est-il un traité entre Hiram et Salomon ? Le mot « Berit », et là sa difficulté apparaît souvent pour désigner l’alliance de Dieu et de son peuple. Mais quand il est appliqué entre deux rois il peut se traduire par un traité. Il est donc difficile de savoir dans quelle mesure, l’auteur qui parlait de « Berit » à propos d’Hiram et Salomon songeait à un traité. Le traité devait donc être, avant-tout un pacte de paix entre les deux rois et la construction du temple n’est qu’un des aspects à une collaboration tyro-israélienne.

Ayant appris que Salomon avait succédé à son père David sur le trône d’Israël, Hiram lui envoie des messages en disant qu’il a toujours été l’ « aimant » de son père David. Nous avons là à faire avec un langage diplomatique classique : le verbe « aimer » (en accadien « Râmu ») est souvent utilisé pour marquer les relations qui unissaient deux rois amis. Les nouvelles relations vont s’inscrire comme des relations économiques avant tout : les cadeaux de salutation (en accadien « Sulmônu ») sont un troc pour entrer en matière. Ce n’est jamais un signe d’amitié au sens où nous l’entendons aujourd’hui : l’absence de réciprocité dans l’échange de cadeaux est moins considérée comme un délit d’ordre économique ou comme une rupture de contrat que comme un manquement à l’étiquette. Les princes se faisaient honneur en s’envoyant mutuellement des cadeaux et une défaillance de l’un d’eux était prise comme une offense plutôt que comme une malhonnêteté. Salomon et Hiram entrent donc aussi dans une relation d’échange en tous points semblables à celle qui liait les rois du IIe millénaire. La conséquence va en être la cession de villes à Hiram et la fourniture de matériaux et de cadres pour la construction du temple, et la mise en place d’une flotte commune (les pilotes des bateaux étant de Tyr), afin de trouver de l’or dans d’autres pays ou d’établir des comptoirs commerciaux. Il est donc très hasardeux d’expliquer les relations d’Hiram et de Salomon comme la Bible nous les décrit, comme l’application précise des termes d’un traité. Il s’agit plûtot d’une collaboration se développant au fil des ans, sans plans préconçus et reliée à la situation internationale du temps : Tyr et Israël sont, avant-tout, deux petits états qui cherchent une alliance par rapport au géants de l’époque. Salomon est « sage », car il est partisan de ce que nous pourrions appeler une « realpolitic » !

Cette bonne entente, née au temps de David, se serait poursuivie à l’époque de Salomon et aurait pris la forme d’une suite d’échanges de cadeaux. Un autre élément de bonne entente pourrait être la présence de sidoniennes dans le harem de Salomon et l’adoration de la divinité sidonienne Astarté par Salomon lui-même. Les mariages dynastiques et l’adoration de divinités étrangères font partie, comme les échanges de cadeaux, des « politesses » que se rendaient les souverains associés par des liens de bon vouloir mutuel. Il n’est pas impossible que Salomon, pour resserer les bonnes relations avec Hiram, ait fait entrer le culte d’Astarté à Jérusalem, au sein même du temple. Ce qui est un étrange retournement historique : les fouilles archéologiques récentes démontrent que les premiers habitants d’Israël étaient des agriculteurs cananéens, fuyant l’influence des cités-états (2) et pratiquant des cultes dédiés aux déesses-mères (3), dont l’emplacement du temple de Jérusalem était l’un des hauts-lieux, avant la construction du temple salomonien. Naturellement, la Bible condamnera durement Salomon, celui qui se voulait puissant et sage à la place de Dieu. Elle le renvoie au néant : « L’Eternel fut irrité contre Salomon, parce qu’il avait détourné son coeur de l’Eternel, le Dieu d’Israël, celui qui lui était apparu deux fois. Il lui avait à cet égard défendu d’aller après d’autres dieux ; mais Salomon n’observa pas les ordres de l’Eternel. Et l’Eternel dit à Salomon : « puisque tu as agi de la sorte, et que tu n’as point observé mon alliance et mes lois que je t’avais prescrites, je déchirerai le royaume de dessus toi et je le donnerai à ton serviteur » (I Rois 11, 9-11).

Bravant l’interdit, ne tenant pas compte de la transgression de Salomon, l’histoire va se répéter : au retour de l’exil babylonien, Zorobabel fait appel de nouveau aux Tyriens et aux Sidoniens. Ce n’est qu’au cours de la troisième reconstruction par Hérode que les juifs ne firent plus appel aux alliés de Tyr et de Sidon. Mais ceux-ci avaient disparu dans l’Empire romain et le nouveau découpage des provinces. A Jérusalem même, un temple fut dédié à Jupiter protecteur de la cité sur l’emplacement du second temple ; on y édifia également au nord-ouest un sanctuaire à la gloire de Vénus ! Et puis, définitivement, le temple fut détruit comme nous le savons, résultat d’un « peuple à la nuque raide » (Exode 32,9)

Les affaires de famille sont toujours compliquées et elles amènent des héritages lourds à porter. Ainsi, la construction du temple de Jérusalem par Salomon, objet résultant des accords politico-commerciaux avec Hiram, se trouvait justifiée par le souhait de son père David, lequel commençait déjà à mettre en place le désir d’être un royaume comme les autres, quittant l’élevage et l’errance du désert pour l’agriculture, la ville au lieu de la tente, le temple au lieu du tabernacle, le commerce au lieu du troc, des rois au lieu d’une théocratie prophétique. Mais on oublie que Dieu, avait réitéré son interdit à David devant l’idée de la construction d’un édifice à sa gloire : « La nuit suivante, la parole de l’Eternel fut adressée à Nathan : Va dire à mon serviteur David : Ainsi parle l’Eternel : Est-ce toi qui me bâtiras une maison pour que j’en fasse ma demeure ? Mais je n’ai point habité dans une maison depuis le jour où j’ai fait monter les enfants d’Israël hors d’Egypte jusqu’à ce jour ; j’ai voyagé sous une tente et dans un tabernacle » (2 Samuel, 7- 4 à 6). Dieu fera la vague promesse à David que son fils Salomon pourra édifier une « Maison » pour lui. Nous connaissons le résultat, par deux fois, de l’interdit premier. Retour à la case-départ !

Bon, on en vient aux Francs-Maçons ! A chaque tenue nous avons sous les yeux le symbole de la double destruction de ce qui se voulait l’imitation, la mode du monde ambiant, souvent avec la mise en place d’une pensée hypocrite qu’à longueur de Bible les prophètes dénoncent. Et nous qui avons le désir et la prétention de reconstruire quelque chose de vain, de factice, de toc, amené à être de nouveau détruit, de participer, en fait,à l’illusion salomonienne ! Le temple n’est pas le lieu de « Je suis celui qui suis » (Exode 3, 14). Si on le cherche (ou autre chose à sa place), on ne peut le trouver que dans la solitude et le silence du désert, et après en rendre grâce dans son temple personnel intérieur.

Vais-je mourir idiot ?!

    NOTES

– (1) Horvilleur Delphine : Le Rabbin et le psychanalyste. Paris. Ed. Hermann. 2020. (Page 37).

– (2) Article du journal Le Monde du mercredi 4 mai 2005 par Stéphane Foucart : Enquête archéologique aux racines d’Israël ».

– (3) Dever G. William : Aux origines d’Israël. Paris. Ed.Bayard. 2005.

    BIBLIOGRAPHIE

– Baron S.W. : Histoire d’Israël (3 tomes). Paris. PUF. 1957.

– Bonnes Jean-Paul : David et les Psaumes. Paris. Ed. Du Seuil. 1963.

– Collectif : Dictionnaire archéologique de la Bible. Paris. Ed. Fernand-Hazan. 1970.

– Epstein Isidore : Le judaïsme-Origine et histoire. Paris. Ed. Payot. 1959

– Feuillet Robert : Introduction à la Bible. Belgique. Tournai. Ed. Desclée. 1959.

– Jacob Edmond : L’Ancien Testament. Paris. PUF. 1977.

– Lafon Guy : Abraham ou l’invention de la foi. Paris. Ed.du Seuil. 1996.

– Nahon Gérard : Les Hebreux. Paris. Ed. Du Seuil.1963.

31/01/24 : « Paroles de jeunes initiés », LA grande soirée événement de PVI, le journal de la GLDF !

Le mercredi 31 janvier 2024, à 20 heures, la Grande Loge de France (GLDF) vous accueille en présentiel et en webinaire pour une belle soirée ayant pour thème « Paroles de jeunes initiés »

Blason de la GLDF.
PVI # 210
PVI, N° 210.

L’initiation en Grande Loge de France en 2024 !

Dans le prolongement du n° 210 de Points de Vue Initiatiques paru en décembre 2023 sur le thème « Paroles de jeunes initiés », à l’initiative du Grand Maître Thierry Zaveroni, – qui réunit pour la première fois 28 témoignages de Frères initiés il y a moins de cinq ans, venant de tous les horizons géographiques, professionnels et familiaux – nous vous proposons une soirée événement autour de ces paroles d’initiés plus qu’enthousiastes et déjà si mûres.

Thierry Zaveroni, Grand Maître de la Grande Loge de France ©GLDF

Retrouvez notre recension du dernier Points de Vue Initiatiques (PVI), du 23 décembre 2023 « Grande Loge de France : Le № 210 de PVI donne la parole aux jeunes initiés ».

Infos pratiques

Mercredi 31 janvier 2024 – 20 heures/« Paroles de jeunes initiés »

En présentiel GLDF, 8 rue louis Puteaux 75017 PARIS

Et en webinaire, s’inscrire.

30/01/24 : D&DF invite Christian Charrière-Bournazel sur « Liberté d’expression, justice et fraternité »

Le mot du président de Dialogue & Démocratie Française (D&DF), Perry Wiley

« Nous poursuivons nos diners-débats dans les salons du Sénat le mardi 30 janvier 2024 autour d’un sujet nouveau : liberté d’expression, justice et fraternité.

Nous avons invité Monsieur le Bâtonnier Christian Charrière-Bournazel*, ancien Président du Conseil National des Barreaux.

Ce grand avocat, praticien de la propriété littéraire, du droit de la presse, du droit pénal des affaires, est également observateur judiciaire pour la Fédération Internationale des Droits de l’Homme.

Nous débattrons avec lui du rôle de la Justice, de son efficacité et de ses dysfonctionnements. Il nous montrera qu’elle est un des piliers de la Démocratie.

Vous pourrez aussi adhérer à notre association pour l’année 2024 afin de profiter des avantages qui en découlent. (Inviter des profanes amis, et participer aux groupes de réflexion sur les sujets de votre choix, revoir les anciens débats)

Dans l’attente de nous retrouver le mardi 30 janvier 2024, nous vous souhaitons de passer de chaleureuses fêtes de fin d’année. »

*Christian Charrière-Bournazel est un avocat français, né le 2 juin 1946 à Limoges. Il est bâtonnier de l’Ordre des avocats du barreau de Paris, du 1er janvier 2008 au 1er janvier 2010, puis il est président du Conseil national des barreaux de 2012 à 2014.

Un avocat engagé

  • Engagement associatif :

Observateur judiciaire pour la Fédération internationale des droits de l’homme depuis 1981, Christian Charrière-Bournazel a également été président, de 2002 à 2008, de la fédération de Paris de la LICRA, au comité directeur de laquelle il appartient depuis 1987 et dont il est un des avocats. Au sein du barreau, il est membre de l’Association des juristes berbères et de l’Association des juristes juifs.

  • Les affaires Barbie et Papon

Aux côtés de plusieurs avocats au nombre desquels Roland Dumas et Serge Klarsfeld, mais également d’Alain Jakubowicz ou Joë Nordmann, il participe, au nom de la LICRA au procès de Klaus Barbie pour Crimes contre l’humanité en 1987 devant la Cour d’assises du Rhône, à Lyon.

Il retrouve ses confrères Alain Jakubowicz et Joë Nordmann, ainsi que Gérard Boulanger et d’autres pour le procès de Maurice Papon, en 1997, devant la Cour d’assises de la Gironde en 1997 à Bordeaux.

  • Autres engagements

Le 1er mai 2017, il signe l’appel d’avocats se prononçant en faveur du vote pour Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle de 2017.

[NDLR : La liberté d’expression, la justice et la fraternité sont des principes fondamentaux qui forment le socle de nombreuses démocraties modernes. Et du franc-maçon d’aujourd’hui.

Ces valeurs, souvent inscrites dans les constitutions et les déclarations des droits de l’homme, jouent un rôle crucial dans le fonctionnement des sociétés, en promouvant l’égalité, la tolérance et le respect mutuel.

Nous vous invitons à visiter chacune de ces valeurs et leur interrelation :

Liberté d’expression : La liberté d’expression est le droit de chaque individu de communiquer ses pensées, opinions et croyances sans crainte de censure ou de représailles par le gouvernement ou d’autres entités. C’est un pilier essentiel de la démocratie, car elle permet le débat public, la critique constructive des autorités et l’émergence de diverses opinions et idées. Cependant, cette liberté n’est pas absolue ; elle peut être soumise à certaines restrictions pour protéger des intérêts tels que la sécurité nationale, l’ordre public et les droits d’autrui, notamment pour prévenir les discours de haine ou la diffamation.

Justice : La justice englobe l’idée d’équité, d’impartialité et de droit à un procès équitable, garantissant que les individus reçoivent un traitement équitable devant la loi, sans discrimination. Elle est essentielle pour maintenir l’ordre social et pour que les citoyens aient confiance dans les institutions gouvernementales et judiciaires. La justice inclut aussi la notion de justice sociale, qui vise à équilibrer les déséquilibres économiques et sociaux, promouvant l’égalité des chances pour tous.

Fraternité : La fraternité renvoie au sentiment de camaraderie, de solidarité et de respect mutuel entre les personnes, au-delà de leurs différences. Elle souligne l’importance de vivre ensemble dans la paix et l’harmonie, favorisant l’entraide et le soutien mutuel. Dans le contexte social et politique, la fraternité peut se manifester par des politiques inclusives, le respect de la diversité culturelle et la promotion de l’intégration sociale.

Interrelation : Ces trois principes sont interdépendants et se renforcent mutuellement. La liberté d’expression permet le dialogue et le débat nécessaires à la réalisation de la justice sociale et légale. En retour, un système judiciaire équitable protège les droits et libertés individuelles, y compris la liberté d’expression. La fraternité, quant à elle, est le lien qui unit les individus au sein de la société, encourageant le respect et la compréhension mutuels, essentiels pour exercer librement la liberté d’expression et bénéficier d’une justice équitable. Belle conférence à toutes et à tous !]

Infos pratiques : Restaurant du Sénat 15 ter rue de Vaugirard – 75006 Paris

À 19h. Se munir obligatoirement d’une pièce d’identité. L’accueil ne sera plus autorisé après 19h45. Inscription OBLIGATOIRE et NOMINATIVE POUR TOUS en cliquant sur le lien suivant :

D&DF
D&DF

Recherche d’identité ?

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Jacque Bonnefay, ami d’enfance de Martin Lequel lui adresse des courriers mystérieux qui semblent indiquer un besoin de « disparaître ». Une enquête sociale, quasi policière et peut-être aussi ésotérique va transformer ce roman en énigme. Qui sont ces hommes de l’entre-deux à la recherche de leur identité. Quelles injustices humaines et géopolitiques les ont marqués à vie ? Faut-il se détruire pour renaître à soi-même ? L’absurdité des religions qui divisent peut-elle se compenser par la spiritualité à construire ?

Martin Lequel, né au Maroc, a connu une vie de déplacements fréquents qui ont créé, chez lui, un besoin de racines. Etudes scientifiques en France, carrière dans l’industrie qui l’on conduit du Maghreb aux USA.De retour en France, l’auteur a voulu, à partir de ses observations, témoigner de son temps et explorer la question majeure de l’identité.La géopolitique mondiale en cours replace ses interrogations dans une actualité brûlante.