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Enquêtes préliminaires en Franc-maçonnerie

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C’est aujourd’hui que j’ai mon premier rendez-vous d’enquête, ce que ne sait pas le profane en face de moi, c’est que moi aussi je suis impressionné d’être chez lui.

« VOUS NOUS AVEZ DÉCLARÉ VOULOIR RENTRER EN FRANC-MAÇONNERIE POUR… »

Il va falloir que je rentre dans son intimité avec courtoisie sans trop jouer au psychanalyste afin de repartir avec des informations qui nous aideront à mieux le cerner. Alors s’installe un climat de confiance entre nous mais je suis un peu comme un intrus dans cet appartement plutôt confortable. Il faut se détendre pour passer à la discussion.

 Des banalités on passe aux thèmes plus profonds. L’atmosphère est plutôt constructive, les prises de notes tranquilles pour moi, on avance dans ce passage obligé. Je lui pose quelques questions  par rapport à son choix de vouloir rentrer en Franc-maçonnerie, sur sa vie de famille, sa vie professionnelle, ses passions dans la vie, le tout avec un peu d’humour dans les propos pour l’aider à mieux se livrer.

 C’est parti, petit à petit les bons codes se mettent en place, la porte s’ouvre et livre ses informations. Je repars avec suffisamment d’éléments. Le futur frère, en ouvrant le coffre qui contient les clefs de sa vie, est heureux de me léguer une partie de son magot 

 Je vais rentrer  ensuite faire le résumé de cet entretien pour la loge… 

21/06/24 – Participez à la « Solsticiale de La Voûte Etoilée » : un moment unique à vivre

L’an dernier, 350 participants… le record sera-t-il battu cette année ?

Venez vivre en direct l’édition 2024

Ce 21 juin, La Voûte Etoilée te propose de vivre un moment d’exception. Nous te proposons une Solsticiale blanche au sein du domaine du Chant d’Eole à la frontière franco-belge (près de la Ville de Mons en Belgique).

Accueil des SS∴ et FF∴ et de leurs accompagnants en fin d’après-midi vers 17h30-18h.

18h-19h – Un apéritif en terrasse au champagne (deux coupes), pour débuter les festivités. Un quatuor de cornemuses nous accompagnera.  

19h – Banquet 3 services
Le Rituel de table a été revu … SURPRISE
La salle de réception propose des tables de 10 ou 12 personnes. Si vous souhaitez rester en groupe, il est important de nous indiquer clairement lors de ta réservation les personnes qui t’accompagnent afin que nous puissions vous mettre à la même table.

Le menu proposé sera unique et composé d’un Assortiment de zakouski, une entrée, un plat, un dessert et le café. Les eaux à table, les vins blanc et rouge sélectionnés en fonction du menu seront servis à discrétion pendant le repas. Le Chant d’Eole, un restaurant qui vient de recevoir sa PREMIERE ETOILE

LE MENU 2024 EST EN COURS D’ELABORATION,
A TITRE D’EXEMPLE, VOICI LE MENU PROPOSÉ en 2023.
Assortiment de zakouski
En entrée :
 Les Noix de St-Jacques rôties à la Fleur de Sel, Risotto de Céleri-Rave et Roquette Piquante.
En plat : L’Emincé de Magret de Canard rôti, Tartelette de Jeune Navet au Comté, Sauce à la Moutarde de Violette.
En dessert : La Crème Brûlée à la Vanille Givrée.

22h – Un rituel de la Saint-Jean sera organisé dans le  domaine (très proche) autour d’un bûcher dressé pour l’occasion. Lors des déambulations des officiers nous tracerons et illuminerons l’Etoile flamboyante au sol. Tout est mis en œuvre pour le confort des SS:. et FF:. ayant quelques difficultés pour marcher (voiturette à disposition). Des chaises sont prévues pour éviter que certain(e)s ne doivent rester trop longtemps debout. Une chaîne d’union fraternelle nous unira en fraternité à l’issue du rituel du feu de la Saint-Jean.
23h-1h – Le bar est à disposition (hors forfait). Les dernières discussions et l’ambiance musicale clôtureront cette soirée

La Solsticiale sera BLANCHE (conjoints et profanes dont tu réponds sont les bienvenus parmi nous) et NOUS POUVONS ACCUEILLIR 350 personnes pour cet extraordinaire évènement. Pour les SS∴ et FF∴ qui viendront de loin (Marseille, Paris, …) nous pouvons indiquer des solutions d’hébergement dans la région.

La Scénographie de table ainsi que l’exécution du Rituel du feu de la Saint-Jean seront réalisés tout comme l’année dernière par NTCF Eddy Caek∴ passé GM adjoint du GOB et ses officiers. Nul doute qu’ils nous offrirons un aussi beau spectacle que celui de l’année dernière. 

Pour y participer :

Le prix de cette fin d’après-midi, soirée est de 105 € / personne, qui comprend :
– L’apéritif (deux coupes de champagne sur la terrasse)
– Le repas (entrée, plat, dessert, vin), orchestré par le restaurant du Chant d’Eole. Nous vous informerons prochainement des choix de menus.
– Le rituel de table. Moments magiques, moments surprises.
– Le quatuor de cornemuses et l’ambiance musicale de la soirée.
– Le Rituel de la Saint-Jean autour d’un grand bûcher.

Le tout comme toujours, avec comme objectif, la fraternité qui nous réunit, toutes et tous. Une occasion de fraterniser avec des SS∴ et des FF∴ venus d’un peu partout (France, Belgique, Suisse et …).

2 étapes importantes pour réserver :

1) Virement de 105 € par personne à effectuer sur le compte.

Compte : BE52 7506 0672 0109
Code BIC : AXABBE22
Titulaire du compte : Olivier Picard
Communication : ton nom, et prénom ou le nom du groupe

2) Nous envoyer un mail à : reservationsolstice2024@gmail.com en nous indiquant :

Ton nom et prénom, un numéro de téléphone pour te joindre, le nombre de personnes pour qui  tu as réservé ainsi que leurs noms et prénoms et leur qualité (Sœurs/Frères ou profane dont tu réponds).

ATTENTION :  Le versement et l’envoi du mail sont tous deux indispensables pour qu’une réservation soit validée.

ATTENTION : Le nombre de places par table est de 10 ou 12 maximum.

SI VOUS SOUHAITEZ FORMER UN GROUPE DE 4, 5, 6, 7 ou 12 personnes maximum, nous te demandons un paiement global du titulaire de la table.

La table portera alors le nom de celui ou celle qui a réservé pour le groupe.
Si tu ne fais pas partie d’un groupe, les places seront attribuées Fraternellement.

Découvrir le lieu de l’évènement. Domaine du chant d’Eole : www.chantdeole.be

Découvrir La Voûte Etoilée

La Voûte Étoilée te propose chaque mois (Voir menu “Activités”)

  • Accès à 4 à 6 conférences en direct
  • Accès aux REPLAYS des conférences & des débats.
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  • Accès au PodCast vidéos illustré
  • Accès à la bibliothèque ésotérique & symbolique
  • Accès au Fichier des relais de la fraternité 
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– Pour participer à la Solsticiale de La Voûte Etoilée

Interview du TRF Thierry Zaveroni, Grand Maître de la Grande Loge de France, concernant les 3e Entretiens Pic de la Mirandole

Aujourd’hui, 450fm a l’honneur d’accueillir une figure emblématique de la franc-maçonnerie française, le Très Respectable Frère Thierry Zaveroni, Grand Maître de la Grande Loge de France.

Dans cet entretien exclusif, nous allons revenir sur les 3e Entretiens Pic de la Mirandole, un événement phare coorganisé avec la Grande Loge Nationale Française, qui s’est tenu le 25 avril 2024, sur le thème de « L’Être humain est-il maître de son destin ? ».

Ces Entretiens, qui rassemblent des penseurs, des philosophes et des Maçons, sont l’occasion de réfléchir ensemble sur les grandes questions de notre temps et d’explorer les façons dont la franc-maçonnerie peut contribuer à notre société.

Avec Thierry Zaveroni, nous aborderons les thèmes discutés lors de cet événement, l’importance de la collaboration entre différentes Obédiences, et les perspectives pour la Grande Loge de France dans un contexte social et politique en constante évolution.

Thierry Zaveroni, Grand Maître de la Grande Loge de France. © Grande Loge de France

450.fm : Thierry Zaveroni, pourriez-vous partager vos réflexions personnelles sur les thèmes abordés lors des Entretiens Pic de la Mirandole 2024 ?

Thierry Zaveroni : Après avoir travaillé sur « Le temps de l’Homme, le temps de la Nature » lors de la première édition, puis « Les temps de la Renaissance » lors du deuxième rendez-vous, nous avons souhaité réfléchir, cette année, sur les temps futurs, autour de la question : « L’être humain est-il encore maître de son destin ? ». Nous avons ajouté un sous-titre important : « Le futur de la Science et l’avenir de la spiritualité ». En effet, il est rappelé dans le 1er chapitre de notre Constitution que les Frères de la Grande Loge de France travaillent à l’amélioration constante de la condition humaine, tant sur le plan spirituel que sur le plan du bien-être matériel. Il est donc naturel que nous nous interrogions sur le destin de l’homme en prenant en compte les facteurs scientifiques et spirituels.

Nous avons invité deux conférenciers, Messieurs David Rabouin et Bruno Bachimont qui sont à la fois philosophes et scientifiques, pour nous présenter leurs analyses sur cette thématique, et ainsi enrichir nos propres réflexions.

De plus, ce questionnement fait écho au sujet que j’ai proposé cette année à la Question à l’Étude des Loges portant sur « L’intelligence artificielle ». Quelles peuvent être les transformations qui vont l’accompagner ? Est-elle un outil accessible à tous ou bien réservé à une élite ? Ce qui nous conduit à nous interroger sur les sens mêmes des notions de bonheur et d’émancipation de l’Humanité.

Temple Pierre Brossolette, Grand Temple de la Grande Loge de France.
Temple Pierre Brossolette, Grand Temple de la Grande Loge de France.

450.fm : Quelle est l’importance de la collaboration entre la Grande Loge de France et la Grande Loge Nationale Française dans l’organisation de ces Entretiens ? Voyez-vous cette coopération évoluer dans les années à venir ?

T. Z. : Depuis le début, les équipes de nos deux Obédiences travaillent en étroite collaboration et en parfaite harmonie pour la mise en œuvre de ces rencontres. Déjà à l’origine, se mettre sous les auspices de Pic de la Mirandole pour nos rencontres a été immédiat et naturel. Les notions de dignité de la personne humaine, de capacité à s’améliorer, de perfectionnement et d’élévation spirituelle, sont communes à nos deux Obédiences.

En outre, nos rencontres sont organisées alternativement par chacune de nos deux Obédiences, avec un thème principal proposé qui est toujours accepté sans réserve. Chaque Obédience choisit les conférenciers qui lui semblent le mieux convenir pour alimenter nos réflexions dans une complémentarité enrichissante.

450.fm : Voyez-vous cette coopération évoluer dans les années à venir ?

T. Z. : Bien sûr, nous avons beaucoup à partager et ce rendez-vous, en particulier, continuera de s’inscrire dans le temps. Les sujets abordés chaque année et la qualité des échanges ont contribué au succès de ces Entretiens qui sont attendus et rencontrent un public plus nombreux à chaque nouvelle édition. Je pense que c’est notamment sous l’angle culturel que cette coopération s’intensifiera et qu’elle donnera lieu à d’autres événements où nous pourrons exprimer nos valeurs communes et nos sensibilités. Au travers de ces rencontres, nous nous enrichissons mutuellement ; c’est ce que nous venons chercher en Maçonnerie et c’est le signe d’une Fraternité qui fonctionne bien.

450.fm : Comment évaluez-vous l’impact de cet événement sur la perception publique de la franc-maçonnerie en France ?

T. Z. : Le paysage maçonnique en France est très varié. Chaque Obédience a sa propre histoire et ses propres spécificités. Il peut être utile de montrer que celles qui ont les mêmes fondamentaux – la Tradition, l’Humanisme et la Spiritualité – se rencontrent pour travailler ponctuellement sur un chantier commun.

450.fm : Quels sont, selon vous, les défis contemporains les plus significatifs auxquels la franc-maçonnerie doit faire face aujourd’hui ?

T. Z. : La Franc-maçonnerie est mal comprise, quelquefois décriée. C’est parce qu’elle est mal connue. Un défi important est de se faire connaître pour ce que nous sommes vraiment. Ne laissons pas ceux que ne sont jamais entrés dans nos temples diffuser des contrevérités. C’est pourquoi, partout en France, nous organisons des conférences publiques, au cours desquelles nous expliquons notre démarche. Elles permettent également un temps d’échange avec le public.

À cette occasion, nous rencontrons beaucoup de jeunes qui expriment leur besoin d’une quête de sens, et leur souillât de trouver un lieu d’écoute entre hommes libres, de toutes nationalités et de toutes croyances. Un lieu où l’être prime sur l’avoir.

450.fm : De quelle manière les discussions tenues aujourd’hui influenceront-elles les enseignements et les pratiques au sein de la Grande Loge de France ?

T. Z. : La Grande Loge de France est un ordre initiatique traditionnel et universel fondé sur la Fraternité. Elle est riche d’une histoire de plus de 300 ans. Elle pratique le Rite Écossais Ancien et Accepté, rite immuable dans ses formes essentielles, qui est un support indispensable à la progression de chaque Frère. Mais notre Obédience n’est pas tournée vers le passé. Entrer en Grande Loge de France, c’est entamer une démarche de Tradition, certes, mais au cœur des enjeux contemporains. Ainsi toutes les réflexions générées lors de nos travaux en Loge, ou lors de conférences, sont autant d’aides à des actions dans la cité.

450.fm : Quelles initiatives ou quels projets la Grande Loge de France envisage-t-elle de mettre en place pour continuer à promouvoir les valeurs maçonniques dans un contexte social et politique en mutation ?

T. Z. : Vous le savez, la Grande Loge de France en tant qu’institution n’intervient pas directement dans les sujets dits de société. En revanche, elle peut se prononcer sur des sujets qui concernent la dignité de la personne. Je l’ai déjà évoqué précédemment, c’est ce que nous faisons au travers des Questions à l’Étude des Loges. Nous sommes souvent interrogés par les autorités publiques. Cette année, par exemple, nous avons été auditionnés à deux reprises sur le problème de la fin de vie. La réponse de la Grande Loge de France, synthèse des réflexions des Loges, a été communiquée dans un livre blanc que nous avons transmis aux législateurs et publié sur notre site Internet. Ces Questions à l’Étude des Loges sont une ouverture sur le monde, car elles nous permettent d’apporter notre contribution à des problématiques actuelles, tout en respectant notre « ADN » d’Obédience « traditionnelle ». Il s’agit plutôt, pour nous, de faire passer des messages, de donner des orientations, mais nous n’affirmons pas de positions fermes et définitives, car ce serait contraire à notre mode de fonctionnement. Après l’intelligence artificielle, nous traiterons l’année prochaine de la planète et de l’environnement.

Il y a le volet solidarité que nous développons grâce à notre fonds de dotation Fraternité & Humanisme. Nous avons mis en œuvre des actions concrètes et fortes en faveur des populations de l’Ukraine, du Maroc, de la Turquie, de la Syrie, mais aussi de l’Arménie. J’ajoute au sujet du Maroc que ce projet a été porté avec la Grande Loge Unie du Maroc. Cette fraternité entre Obédiences au-delà des frontières est un message d’espoir dans un monde où les tensions s’accentuent. C’est là aussi que le rôle de la Grande Chancellerie prend toute sa dimension. Notre présence dans certains pays est fondamentale, car elle nous permet de mieux comprendre ces mutations. C’est le cas, notamment en Afrique.

Enfin, il y a les projets culturels que nous portons et qui, à mon sens, ont une importance capitale, car la culture est ce qui fait lien entre les Hommes. Elle est fédératrice et ouvre des perspectives larges sur le monde et sur nous-mêmes.

Grande Loge de France (GLDF), rue Louis Puteaux, Paris 17e arr.
Hôtel de la Grande Loge de France (GLDF), rue Louis Puteaux, Paris 17e arr.

450.fm : Comment voyez-vous le rôle de la franc-maçonnerie dans la société française actuelle et son évolution à l’avenir, et en particulier le rôle de la Grande Loge de France ?

T. Z. : La Franc-maçonnerie joue un rôle essentiel dans notre société et plus encore aujourd’hui dans un contexte où les tensions s’exacerbent. Nous sommes un rempart face aux extrémismes et aux populismes de tous bords. Ce que nous incarnons au travers de nos valeurs humanistes, notre capacité d’écoute et le respect de la parole en Loge sont aux antipodes des discours haineux qui se propagent, notamment sur les réseaux sociaux.

Cette conception du vivre-ensemble et notre volonté de voir appliquer le principe de laïcité doivent être préservées. Nous avions abordé ce thème lorsque le Président du Sénat, monsieur Gérard Larcher, m’avait invité pour évoquer précisément le sujet.

La Grande Loge de France, comme d’autres Obédiences maçonniques, entend poursuivre cet engagement républicain ; elle est fidèle à sa devise : « Liberté, Égalité, Fraternité ». Chaque Frère de notre Obédience, au fil de sa démarche, apprend à mieux se connaître, se perfectionne, s’enrichit par la méthode maçonnique et peut ensuite agir dans la cité, avec opportunité dans son domaine de compétence. De nombreux exemples de Frères de la Grande Loge de France connus, comme Gustave Mesureur, Pierre Simon, etc ., ou des Frères anonymes ont œuvré pour « l’amélioration constante de la condition humaine ».

Thierry Zaveroni, Grand Maître de la Grande Loge de France © GLDF

Au terme de notre entrevue avec le TRF Thierry Zaveroni, Grand Maître de la Grande Loge de France, nous tenons à le remercier chaleureusement pour cet échange enrichissant et pour le temps qu’il nous a accordé. Les perspectives et les réflexions partagées aujourd’hui nous offrent une vision profonde des engagements et des défis de la franc-maçonnerie, en général, et de la Grande Loge de France, en particulier.

Légende photo du bandeau : de gauche à droite : Éric Schmidt, Grand Orateur de Grande Loge de France – Perry Wiley, Grand Maître honoris causa de la Grande Loge de France – Thierry Zaveroni, Grand Maître de la Grande Loge de France – Jean-Pierre Rollet, Grand Maître de la Grande Loge Nationale Française – Bruno Bachimont, professeur à l’université de technologie de Compiègne – Bruno Pinchard, écrivain, philosophe, doyen honoraire de la faculté de philosophie de Lyon III. © Grande Loge de France

(Dés)illusions en franc-maçonnerie ?

Dans Franc-maçonnerie, la grande (dés)illusion-Ou les tribulations d’Antoine en Loges Wilson Evans nous emmène dans les profondeurs mystérieuses des loges maçonniques, où loyauté et trahison se côtoient, et où chaque pas peut mener à la lumière… ou à l’obscurité.

Ancien cadre supérieur ayant passé plus de quinze ans dans le monde maçonnique, Wilson Evans livre un témoignage captivant, mêlant intrigue, mystère et réflexion.

L’atmosphère est plantée dès le début du livre. Dans une ruelle sombre, des silhouettes éthérées émergent du brouillard pour se diriger vers une gigantesque porte en bois. Trois coups, un judas qui s’ouvre lentement, et une voix d’outre-tombe réclamant le mot de passe. La scène est digne d’un film noir, créant une tension palpable et un mystère autour du secret maçonnique. Une fois entrées, les silhouettes repartent à minuit, chargées d’un secret indicible. Le décor est posé pour un récit empreint de suspense.

L’auteur ne s’arrête pas à une simple description des rituels et des coutumes des loges. Il explore également les relations complexes et parfois contradictoires qui unissent les membres de cette société secrète. Derrière les façades respectables se cachent des conflits de pouvoir, des intrigues politiques et des trahisons. Wilson Evans brosse un tableau fascinant, mais également troublant, de cet univers où la frontière entre la lumière et l’obscurité est souvent floue.

Il nous invite à remettre en question les idées reçues sur la franc-maçonnerie. À travers son expérience personnelle, il dévoile un monde où la quête de la vérité et de la fraternité se heurte souvent aux ambitions personnelles et aux luttes d’influence. Les loges, supposées être des sanctuaires de loyauté et de fraternité, deviennent le théâtre de jeux de pouvoir et de manipulation.

Ce témoignage nous éclaire également sur les raisons pour lesquelles tant d’hommes et de femmes sont attirés par la franc-maçonnerie. Pour certains, c’est la promesse de secrets anciens et de sagesse ésotérique ; pour d’autres, c’est l’espoir d’un réseau social puissant. Mais Wilson Evans souligne également les dangers de cet attrait, mettant en lumière la désillusion qui attend certains initiés.

En conclusion, Franc-maçonnerie, la grande (dés)illusion est un livre captivant qui offre une perspective unique sur la franc-maçonnerie. Wilson Evans, avec son style narratif envoûtant, nous guide à travers les couloirs sombres des loges maçonniques, révélant un monde où les apparences sont trompeuses et où chaque pas peut être lourd de conséquences. Un livre à lire pour tous ceux qui s’intéressent à la franc-maçonnerie ou aux sociétés secrètes en général.

La première de couverture a aussi retenu notre attention. La gare de Limoges-Bénédictins, symbole de la ville, est un chef-d’œuvre architectural et reste une des gares les plus emblématiques de France…

Depuis sa construction en 1929, elle a survécu aux défis du temps, des incendies et des rénovations pour rester un témoignage vivant du riche passé de Limoges et de son ouverture sur le monde. Un peu comme la maçonnerie, non ?

Et puis Limoges-Bénédictins est un nœud ferroviaire majeur et un point névralgique du réseau ferroviaire du centre de la France.

Un nœud ? Un peu comme la maçonnerie, non ? Le nœud est un symbole riche et polyvalent, chargé de significations positives – union, connexion, continuité et éternité – et négatives – enchevêtrement, confusion, complexité des relations, blocage et contrainte – dans différentes cultures, religions et contextes historiques.

Franc-maçonnerie, la grande (dés)illusionOu les tribulations d’Antoine en Loges 

Wilson EvansMaïa Éditions, Coll. Symboles, 2024, 154 pages, 19 €

Le site de l’éditeur.

30/05/24 : GODF, colloque sur les loges maçonniques face à la répression du service des sociétés secrètes (SSS)

Rappelons que le service des sociétés secrètes (SSS) est un organisme de l’État français ayant existé de 1941 à 1944 et chargé de ficher les francs-maçons.

Pour qui s’intéresse à l’histoire, cette journée d’étude de clôture du projet STACEI1 : « Saisir et transmettre les archives courantes des ennemis idéologiques : le cas des « Sociétés secrètes » en France et en Espagne de 1940 à nos jours du Labex Les Passés dans le Présent » se tiendra au Grand Orient de France le jeudi 30 mai 2024.

Le programme :

8h45-9h15 Accueil des participants

9h15-9h30 Mot d’accueil de Pierre Mollier (Grand Orient de France)

9h30-9h45 Mot introductif de Ghislaine Glasson-Deschaumes (Labex Les Passés dans le Présent)

Pierre Mollier

1re session : Retour aux sources – Présidence : Yann Potin (Archives nationales/Université Paris-Nord – Pléade)

9h45-10h15 « Retracer l’existence d’un service dont les archives ont disparu, au regard des dossiers judiciaires

et policiers dans les fonds des Archives nationales » par Gérald Monpas et Pascal Raimbault (département de la Justice et de l’Intérieur, Archives nationales)

10h15-10h45 « Le rôle du service des domaines dans la saisie des archives maçonniques » par Frédéric Quéguineur (Centre des archives économiques et financières, ministère de l’Économie, des finances et de la relance)

10h45-11h Discussions – 11h-11h15 Pause

2e session : Des images et des mots – Présidence : Yann Potin

11h15-11h45 « Dévoiler l’archive : de la spoliation aux Documents maçonniques » par Aurore Duvoisin* (Institut d’histoire du temps présent (IHTP, archiviste du Grand Orient de France)

11h45-12h15 « Un vocable ambigu ? L’utilisation du terme de « société secrète », sous le régime de Vichy, pour catégoriser des ennemis idéologiques » par Emmanuel Kreis (IHTP-Labex Les passés dans le présent)

12h15-12h30 Discussions – 12h30-14h Déjeuner

3e session : Décentrer le regard sur l’histoire des spoliations maçonniques – Présidence : Antoine Rivière (IHTP)

Javier Domínguez Arribas

14h-14h30 « « À vendre, bel immeuble, rue de l’Orient » La spoliation du Grand Orient de Toulouse durant l’Occupation » par Tristan Rouquet (Musée départemental de la Résistance et de la Déportation de la Haute-Garonne)

14h30-15h « Les organismes franquistes de saisie de documents et les antimaçons français (1936-1944) » par Javier Domínguez Arribas (Université Sorbonne Paris Nord – Pléiade)

15h-15h15 Discussions – 15h40-16h00 Pause

4e session : Les interlocuteurs du Service des sociétés secrètes

Laurent Joly

Présidence : Laurent Joly (Centre de recherches historiques)

16h00-16h30 « Le centre d’histoire contemporaine de la Bibliothèque nationale par ses archives » par Anne Leblay-Kinoshita (Bibliothèque nationale de France)

16h30-17h30 « Le SSS et la Justice » par Jean-Paul Jean (président de chambre honoraire à la Cour de cassation et vice-président de l’Association française pour l’histoire de la justice) et Alain Bancaud (IHTP)

Hôtel du Grand Orient de France (GODF), rue Cadet, Paris 9e - Photo YG.
Hôtel du Grand Orient de France (GODF), rue Cadet, Paris 9e – Photo YG.

17h-17h15 Discussions

17h15-17h30 Conclusion par Julian Jackson, professeur d’histoire à Queen Mary University of London, membre de la British Academy et de la Royal Historical Society

Pour des raisons de place limitée et de sécurité du bâtiment, nous prions les participants de bien vouloir s’inscrire avant le 26 mai 2024, minuit, à l’adresse suivante :

https://my.weezevent.com/au-risque-des-archives-les-loges-maconniques-face-a-la-repression-des-societ

Contact : projetstacei@gmail.com

Aurore Duvoisin – Source Baglis TV

*Rencontrée et sollicitée à plusieurs reprises à la bibliothèque du GODF, nous souhaitons mettre en lumière Aurore Duvoisin, licenciée en Cinéma parcours images d’archive (Paris III – Sorbonne Nouvelle) et en Histoire de l’art, spécialité images d’archive (Paris I – Panthéon Sorbonne).

Elle a ensuite poursuivi un Master de recherche en Histoire et Civilisations à l’EHESS lors duquel elle a rédigé un mémoire sur les premiers usages des photographies de la Shoah. Elle est actuellement (2024) en Doctorat, Histoire et Civilisations, à Paris 8 et rédige une thèse sur les usages de la photographie dans l’œuvre structurale de Lévi-Strauss.

Le service Bibliothèque Archives Musée (BAM) du Grand Orient de France.
Le service Bibliothèque Archives Musée (BAM) du Grand Orient de France.

Elle participe, au projet STACEI en tant que responsable des archives du Grand Orient de France. Elle a ainsi participé à plusieurs projets autour de la question des archives  :

Colloque  « Les dossiers personnels : la personne, les archivistes et les chercheurs », Paris 8/archives nationales, communication intitulée « Par-delà la transmission, le dossier personnel comme écriture syntaxique : autour des papiers personnels du fonds Claude Lévi-Strauss conservé à la BnF » (2023)

Colloque « Mouvements philosophiques et religieux pendant les années noires », dans le cadre de la commémoration de la rafle du 25 novembre 1943 à l’Université de Clermont Auvergne, communication portant sur les archives du Grand Orient saisies par le Service des Sociétés Secrètes pendant la Seconde Guerre mondiale. (2023)

Journée d’étude « Quelle(s) subjectivité(s) transnationale(s) ? La question des sources », Université Paris Nanterre, communication intitulée « Tous Indiens désormais : Claude Lévi-Strauss à l’épreuve de l’altérité (1935-1939) », autour des fonds photographiques de Lévi-Strauss, conservés à la BnF et du Musée du Quai Branly-Jacques Chirac (2022)

Emmanuel Kreis

Rappelons qu’avec Emmanuel Kreis, elle a créé un séminaire à l’Institut d’histoire du temps présent (Université Paris 8) dans le cadre du projet STACEI. Il s’intitule « Mémoire(s) confisquée(s), mémoire(s) retrouvée(s) : les “sociétés secrètes” à l’épreuve de la Seconde Guerre mondiale »

Elle est par ailleurs l’auteure de plusieurs textes dans La Chaîne d’Union, revue trimestrielle d’études maçonniques, philosophiques et symboliques du Grand Orient de France créée en 1864 à Londres par des francs-maçons français exilés, fuyant le régime autoritaire de Napoléon III.

1Le projet STACEI avait pour objet de retracer, dans le prolongement du projet de recherche ProMéTEUS, déjà financé par le Labex PdP, l’histoire et les politiques des Archives nationales et de la Bibliothèque nationale entre 1940 et 1944, à partir de la problématique de la saisie d’archives des ennemis idéologiques.

Bien que les ennemis désignés soient, après les Juifs, les francs-maçons et les communistes, voire les protestants, le projet s’est limité à la question des archives maçonniques à la croisée des fonds conservés par les deux institutions depuis la Seconde guerre mondiale ou l’immédiat après-guerre (fonds maçonnique pour la Bibliothèque nationale de France, archives du service des sociétés secrètes pour les Archives nationales, saisies dans le cadre des procès d’épurations). L’objectif initial était de comprendre les processus de spoliation, le parcours des acteurs de l’antimaçonnisme pendant l’Occupation en lien avec le projet « le dossier et sa personne » porté par l’Institut d’histoire du temps présent et « l’héritage » dans le temps long des institutions patrimoniales, en dialogue avec le musée de la franc-maçonnerie et la bibliothèque du Grand Orient de France, et de comparer, dans la mesure du possible, les processus en œuvre en France avec la situation espagnole.

Écrire à un ami franc-maçon

Le monde de la franc-maçonnerie est constitué d’expressions typiques et de mots qui, sortis de leur contexte, n’ont pas toujours le sens qu’il convient de leur donner. Il n’est pas d’usage de les articuler dans une discussion profane, mais un frère ou une sœur peut écrire à celui ou celle qu’il/elle reconnaîtra comme tel (le) qui comprendra ses mots.

MTCF, Voilà presque 6000 ans que je ne t’ai pas croisé sur les colonnes ! Es-tu en congés ? J’imagine que tu concoctes des barriques en essayant de tracer quelques pierres angulaires à nos problèmes ? Te connaissant, sachant que tu sais tenir le secret (d’ailleurs je suis sûre que même la DGSP ou la CIA ne saurait t’extraire des infos) je me dis que tu n’auras pas à pleurer des secrets révélés à couvert, ou pas, que je vais te confier. Non, je te rassure, quoique cela ne se rapporte pas, je vais te raconter la dernière tenue à laquelle j’ai assisté en visite dans ton atelier. J’étais très intéressée par les travaux et le passage sous le bandeau. Nous avons été un peu bousculés dès l’entrée (difficile de faire silence sur les parvis surtout quand la sœur secrétaire s’empressait de faire signer le registre des présents retardataires, qui n’ont pas eu besoin de faire les pas, pour le coup), avec quelques accolades un peu trop bruyantes à mon sens. S’en est suivi un petit cafouillage de noms, avec déchirure d’attributs par l’expert (pétrifié de sa bourde) à l’entrée des dignitaires. Inutile de te dire que cela a jeté un froid, nous étions d’ailleurs déjà un peu transis, le chauffage du temple étant en panne ! Quelques hauts grades, reconnaissables par leur charisme, comme tu peux l’imaginer, étaient présents pour l’impétrant, qui, finalement devrait rester profane puisqu’il a été black-boulé. Peut-être trop hésitant dans ses réponses ou trop tranché dans d’autres avis sur la question, je pense toutefois qu’en préférant le vin d’ici à l’idée qu’il pouvait se faire de l’au-delà, il aurait pu servir habilement le maître des banquets. La tenue s’est très bien déroulée si je passe sur le messager qui est parti sinistrorsum, de midi à minuit et l’hospitalière qui grimaçait pour quelques métaux qu’elle aurait pu récolter en plus quand elle a soupesé le tronc ne contenant que de menues pierres plates et à peine plus de fragments ! Malgré ces petits couacs, l’égrégore était si puissant que l’on se serait cru, sous la voûte, transportés dans un monde parallèle ! Enfin, contre triangle correct, les agapes étaient copieuses et animées. Nous sommes partis assez tard et au réveil, ce matin, gueule de bois oblige, je me suis dit qu’aligner 3 canons aurait été largement suffisant ! Voilà, MTCF, un petit tour d’horizon en espérant recevoir de tes nouvelles d’orient, d’occident, du septentrion, du midi enfin, d’où tu te trouves … Des BBB en souhaitant que le GADLU veille sur toi.

Taylor Swift au cœur d’une théorie du complot

De notre confrère conspiracywatch.info

Agent du Pentagone, rituels sataniques, Illuminati… Taylor Swift au cœur de théories du complot.

Taylor Swift est à Paris pour une série de concerts du 9 au 12 mai. À seulement 34 ans, la pop star devient la première artiste milliardaire uniquement grâce aux revenus de sa musique. Une notoriété qui n’est pas sans conséquence pour l’icône pop devenue la cible de fake news, de deepfakes et de théories conspirationnistes.

L’événement est tel qu’il a même fait planter la billetterie sur Internet, incapable de gérer l’afflux des fans : Taylor Swift débarque en France avec sa tournée « The Eras Tour » pour une série de concerts à la Défense Arena à Paris, du 9 au 12 mai prochain. À peine sorti, son 11e album a encore une fois explosé tous les records. Taylor Swift remplit les stades du monde entier et inspire les théories du complot en tout genre.

À quelques mois de la présidentielle américaine 2024, une théorie complotiste circule aux Etats-Unis, lancée par des figures d’extrême droite sur des médias conservateurs, accusant la chanteuse pop d’être partie prenante dans une opération de déstabilisation psychologique destinée à truquer la prochaine élection présidentielle et à faire réélire Joe Biden. « Le ministère américain de la Défense aurait recruté la chanteuse en vue d’inciter les gens à voter pour Joe Biden, c’est de la pure affabulation, note Rudy Reichstadt, mais ça a eu un tel retentissement que la porte-parole du Pentagone a dû démentir (…) On voit bien qu’encore une fois, on peut fabriquer une théorie du complot à partir de presque rien. » 

Un Américain sur cinq estime que Taylor Swift fait partie d’un complot visant à faire réélire Joe Biden

Pourtant, cette théorie est tenace : un sondage révèle que près d’un Américain sur cinq adhère à cette théorie du complot, selon une étude publiée le 14 février par une université du New Jersey. Elle a d’ailleurs été renforcée par la victoire des Kansas City Chiefs au Super Bowl : le compagnon de Taylor Swift, Travis Kelce, joueur des Kansas City Chiefs, a lui-même été visé par la complosphère américaine parce qu’il avait participé à une pub pour les vaccins Pfizer contre le Covid-19. Joe Biden avait d’ailleurs réagi sur les réseaux sociaux en ironisant : « Exactement comme nous l’avions prévu. »

Pourquoi est-ce que les complotistes s’attaquent à Taylor Swift spécifiquement ? « Parce qu’elle est puissante, répond Sébastien Paour, correspondant de Radio France aux Etats-Unis. C’est un couple qui pèse lourd. Elle a dépassé le milliard de dollars sur cette tournée qu’elle est en train de faire en ce moment partout sur la planète. Elle cause des tremblements de terre pendant ses concerts et son poids politique potentiel et lui aussi dragué par les deux camps de l’échiquier politique qui vont s’affronter en novembre à la présidentielle. »

« Elle a des millions et des millions de followers, les Swifties, qui viennent à tous ses concerts aux États-Unis, mais pas seulement, qui vont potentiellement suivre son avis sur la campagne électorale et voter pour le candidat qu’elle appellera à soutenir. »Sébastien Paour, correspondant de Radio France aux Etats-Unis

Pour Rudy Reichstadt, « Taylor Swift est aussi devenue une cible de l’extrême droite américaine depuis qu’elle a affiché son soutien au droit à l’avortement et qu’elle a critiqué Donald Trump. Pourquoi ? Parce que ses prises de position sont vécues par beaucoup d’électeurs républicains comme une trahison. »

Accusée de réaliser des rituels sataniques sur scène

Sur les réseaux sociaux, une autre théorie du complot circule : Taylor Swift exécuterait des rituels sataniques sur scène pendant ses concerts. « C’est un grand classique », estime Tristan Mendès France, pour qui l’idée est « quelque chose de très populaire dans la complosphère ». Selon lui, les complotistes « vont essayer de trouver des signaux dans les vidéos ou les concerts qui feraient le lien entre ce satanisme fantasmé et les artistes qu’ils ciblent ». Taylor Swift a notamment été visée pour le clip de sa chanson Karma.

Illuminatis, théorie autour du nombre 13, nombre fétiche de la chanteuse… On n’en a pas terminé avec les théories autour de Taylor Swift. « Peu de doute que lorsque Taylor Swift se prononcera pour novembre, la machine à complot va se rallumer, note Tristan Mendès France. Et vu son poids politique grandissant, elle va être une cible de choix pour la complosphère pro-Trump… En attendant son passage en France, qui pourrait réactiver une partie de la complosphère française. »

« Taylor Swift au cœur de théories du complot », c’est le 67e épisode de Complorama avec Rudy Reichstadt, directeur de Conspiracy Watch, et Tristan Mendès France, maître de conférences et membre de l’observatoire du conspirationnisme, spécialiste des cultures numériques. Un podcast à retrouver sur le site de franceinfo, l’application Radio France et plusieurs autres plateformes comme Apple podcastsPodcast AddictSpotify, ou Deezer.

L’amour est enfant de bohème et n’a jamais connu de lois ! ah bon ?…

« Nous appelons amour ce qui nous lie à certains êtres qui par référence à une façon de voir collective et dont les livres et les légendes sont responsables. Mais de l’amour, je ne connais que ce mélange de désir, de tendresse et d’intelligence qui le lie à tel être. Ce composé n’est pas le même pour tel autre. Je n’ai pas le droit de recouvrir toutes ces expériences du même nom. Cela dispense de les mener des mêmes gestes. Il n’y a d’amour généreux que celui qui se sait en même temps passager et singulier » Albert Camus (Le mythe de Sisyphe. 1942)

En Maçonnerie, nous sommes submergés d’amour, un vrai tsunami où nous pourrions avoir l’impression de « boire la tasse » et d’être dans une défaillance lamentable pour y répondre, venant en loge avec le monde profane accroché aux basques ! Pascal Quignard lance d’ailleurs l’alarme (1) : « Il y a un extraordinaire élan au fond de l’amour, qui décompose entièrement l’état ancien et qui est si puissant qu’il parvient à dévaster la mémoire de l’enfance » A longueur de rituels, comme un leitmotiv cette « orientation amoureuse » apparaît presque comme un impératif kantien du devoir, avec sans doute le désir de contrebalancer aussi la violence qui est bien présente aussi dans les rituels et où la menace de nous faire trancher la gorge, arracher le coeur, et d’ être éviscéré au final modère notre mouvement vers un très franciscain « Amour Universel » ! N’en reste pas moins que le terme « amour » mérite une petite réflexion.

Un Frère, récemment, me demandait à quel texte je ferai référence pour le mieux parler d’amour. Avec facilité, je le lui donnais en resituant le contexte : Louise-Henriette, dite Sophie Volland meurt le 22 février 1784, Denis Diderot la rejoint le 31 juillet de la même année. Ils se rencontrent en 1754 et auront une « liaison douce » durant trente ans. A l’époque où ils se rencontrent, l’un et l’autre sont ou furent mariés, et ont des enfants. Sophie Volland et le grand animateur de l’ « Encyclopédie » vont vivre une aventure amoureuse intellectuelle et tendre plus que charnelle car souvent éloignés l’un de l’autre par leurs activités. Ils vont entreprendre une correspondance qui sera la plus célèbre de la période des Lumières, document inestimable, littéraire et philosophique. Et dans l’une de ces lettres à Sophie Volland, celle du 15 octobre1759, Denis Diderot lui fait, à-travers un développement « philosophique », une déclaration d’une tendresse et d’une profondeur inoubliables (2) : « Ceux qui se sont aimés pendant leur vie et qui se font inhumer l’un à côté de l’autre ne sont peut-être pas si fous qu’on pense.. Peut-être leurs cendres se pressent, se mêlent et s’unissent. Que sais-je ? Peut-être n’ont-elles pas perdu tout sentiment, toute mémoire de leur premier état. Peut-être ont-elles un reste de chaleur et de vie dont elles jouissent à leur manière au fond de l’urne qui les renferme. Nous jugeons de la vie des éléments par la vie des masses grossières. Peut-être sont-ce des choses bien diverses. On croit qu’il n’y a qu’un polype ; et pourquoi la nature entière ne serait-elle pas du même ordre ? Lorsque le polype est divisé en cent mille parties, l’animal primitif et générateur, n’est plus, mais tous ses principes sont vivants.

 Ô ma Sophie, il me resterait donc un espoir de vous toucher, de vous sentir, de vous aimer, de vous chercher, de m’unir, de me confondre avec vous, quand nous ne serons plus. S’il y avait dans nos principes une loi d’affinité, s’il nous était réservé de composer un être commun ; si je devais dans la suite refaire un tout avec vous ; si les molécules de votre amant dissous venaient à s’agiter, à se mouvoir et à rechercher les vôtres éparses dans la nature ! Laissez-moi cette chimère. Elle m’est douce. Elle m’assurerait l’éternité en vous et avec vous »… Texte étonnant de la part d’un ancien élève des Jésuites à Langres, athée notoire et engagé ! Le matérialisme affiché de l’auteur du « Rêve de d’Alembert », du « Neveu de Rameau », de « La religieuse » ou de « Jacques le fataliste », nous conduit à une spiritualité issue de la matière et qui nous ouvre des perspectives insoupçonnées sur ce que serait l’amour transcendé, échappant à la fonction naturelle de la reproduction et du piège de l’érotisme qu’elle met en place pour atteindre ce but.

Couple et amour

Expliquons-nous : dans sa lutte pour sa survie, la nature et les espèces qui la composent mettent, comme une obligation absolue le fait de générer une descendance et pour rendre ce processus, qui met en concurrence Eros et Thanatos, d’utiliser le premier élément pour contrer le second. Le plaisir escompté devenant le moteur de l’Eros faisant barrage à Thanatos qui serait le retour à l’immobilisme, sorte de non-être sans tension. Tentation permanente chez l’homme que cet état de tranquillité, « instinct de mort », finalement rebaptisé « principe de Nirvana » (3) chez Freud. Ce dernier, dans l’un de ses ouvrages (4) développe que la sexualité, produite par les « Triebe », les instincts, conduit à une tension interne très douloureuse et anxiogène par la peur de ne pas trouver une décharge à cette tension et donne priorité à la recherche d’un objet qui va l’apaiser momentanément. Trois cas de réponses se présentent :

– l’objet choisi répond positivement à ma demande (et à la sienne, ce qui équilibre le troc !) et apaise la tension physiologique. Naît alors ce qu’on appelle l’amour qui est une gratitude pour la cessation d’une tension et l’attachement à cet objet que l’on suppose dans la pérennité d’une réponse au rétablissement de mon calme intérieur. C’est, malheureusement, nous dit Freud, la sortie la plus difficile.

– Si la réponse à notre attente ne se réalise pas, la gestion d’une frustration,

que l’on espère provisoire, se met en place. Parfois avec des épisodes dépressifs conséquents où le sujet se sent « vidé », alors qu’en réalité il est « plein » et que la force pulsionnelle s’installe sur son propre corps dans une sorte d’auto-décharge permanente qui parfois peut conduire le sujet au suicide quand il ne retrouve pas d’exutoire à sa tension. Cette période dépressive, nous pouvons aussi, les uns et les autres, la vivre momentanément quand, inconsciemment, nous désinvestissons l’attachement pour certains objets et que nous sommes en voie d’en investir d’autres. Une sorte de passage provisoire en Thanatos, où l’on se sent mal sans raisons apparentes, avant la « résurrection » dans un nouvel investissement que nous jugeons salvateur.

l’Amour universel par Serge Toussaint

– La troisième réponse est la mise en place d’un processus de sublimation qui est un glissement sémantique vers quelque chose qui remplacerait la décharge initiale, « comme si », en apportant la même satisfaction. D’où la même reconnaissance pour l’objet transitoire, avec les mêmes changements se produisant avec un sujet, si la fonction d’apaisement et donc de reconnaissance ne fonctionne plus ou mal. Pour Freud, la sublimation est, dans beaucoup de cas, la meilleure solution, mais n’est qu’accessible à une minorité de façon durable, en fonction d’orientations personnelles. Freud, voit dans la sublimation une combinaison névrotique nécessaire pour se mettre en attente de la relation d’objet réelle. Mais pour lui, certains sujets restent dans la sublimation faute de pouvoir la mettre en place et cela devient alors un montage pathologique et non une situation d’attente. Les sublimations sont multiples et varient avec le besoin ou l’interdit du sujet de vivre ses vrais désirs : l’art, la religion, la politique, le sport, la Franc-Maçonnerie par exemple ! Elle est une réussite quand elle met en place une solution d’ « attente-Ersatz » ou qu’elle permette de juguler certaines tendances en mettant en place son contraire : par exemple un engagement forcené au service de l’autre alors que la personne peut-être dans une détestation de ces mêmes autres ou de vivre des tendances homosexuelles en toute fraternité sans les reconnaître ou les vivre « dans le réel » à plus forte raison !

Statut de Platon en marbre blanc
Statut de Platon assis en marbre blanc devant un chapiteau de Temple

Evidemment, dès l’Antiquité, la problématique de l’amour est soulevée. Le best-seller en sera bien sur « Le Banquet » de Platon (5) sous-titré, comme il se doit « De l’amour ; genre éthique ». Ouvrage singulier où l’homme se vit comme coupé en deux et, avant toute recherche érotique, veut désespérément se reconnecter pour vivre son unité dont l’a privé les dieux cruels. L’idéal serait donc l’hermaphrodite, étranger à toute altérité, un aimant le un. Comble de l’idéal narcissique. L’amour devient alors une tentative de raccommodage de deux entités déchirées. Mais cela ne marche guère et la ronde insatisfaisante des objets va se succéder, dans l’espoir que le deux va se transformer en un. Nostalgie, précisément, où tout en étant deux nous étions un dans le ventre de la mère. Lost paradise avec la coupure du cordon ombilical !

Mais revenons à la maison maçonnique ! Pour cela, ayons recours à Jacques Lacan qui, dans son séminaire sur « L’éthique de la psychanalyse », écrit (6) : « Je recule à aimer mon prochain comme moi-même, pour autant qu’à cet horizon il y a quelque chose qui participe de je ne sais quelle intolérable cruauté. Dans cette direction, aimer mon prochain peut être la voie la plus cruelle ». Ça commence mal ! Mais Lacan veut dire par là que cela serait une hypocrisie d’ampleur de prétendre aimer mon prochain en général parce qu’il serait mon prochain « comme moi-même » comme nous dit le catéchisme, alors que, cruellement précisément, je sais que l’autre n’est pas comme moi-même. Tout l’effort va consister à faire cohabiter, tant bien que mal, la différence par la tolérance, mais la tolérance relève-t-elle de l’amour ou de la tentative de ne pas déclencher la haine ? Nous sommes en tout cas loin de l’idéal ricoeurien du « Soi-même comme un autre », mais proche d’une forme d’humanisme qui garde les yeux ouverts et accepte le discernement concernant la distance entre idéal religieux ou non et nos limites dans nos « choix d’objets » limités, ceux principalement qui nous amènent, dans un inter-échange, à l’apaisement de nos tensions pulsionnelles.

Colombe de la paix qui s'envole
Colombe de la paix qui s’envole

La Franc-Maçonnerie est un véritable laboratoire en la matière : bien entendu qu’il y a des Sœurs et des Frères que nous détestons et d’autres que nous adorons ! La question n’est pas là mais se trouve dans l’alchimie de gérer les contraires de façon satisfaisante, sans mettre en œuvre quelque action d’aller vers la sainteté ! D’ailleurs ça ne marche pas. Saint Augustin, lui-même, dans ses « Confessions » (7) écrit : « Ainsi la faiblesse du corps est innocente chez l’enfant mais pas son âme. J’ai vu et observé un petit enfant jaloux : il ne parlait pas encore et il regardait, tout pâle et l’œil mauvais, son frère de lait ». Bien entendu, l’enfant observé était Saint-Augustin lui-même ! Il constate la concurrence première dans l’affection des parents et des conséquences que cela aura dans l’avenir de l’adulte : la volonté d’entériner un choix réel ou imaginaire quoi qu’il arrive ou le rattrapage, la réparation, d’un manque initial jamais comblé car trop béant. La Maçonnerie, dans son symbolisme même ne peut que déclencher une série de réactions géniales ou insatisfaisantes : la famille « reconstituée » avec les Frères et les Sœurs , la Veuve dont nous sommes les enfants sans concurrence avec le père substitué dans le provisoire rôle du Vénérable Maître. Incontestablement, on vit en famille ! Avec, en toile de fond inconsciente l’idée d’un « Eden » que l’on voudrait tant retrouver et où l’amour n’est qu’un, imaginairement, « en attendant ». La loge, dans sa fonction de sublimation devient alors la « salle d’attente », où nous sommes en quête d’un impossible retour et où, avec philosophie dans le meilleur des cas, nous nous contentons de ce qui n’est pas si mal que çà, un truc qui s’appelle l’amour et où l’on dit à quelqu’un que c’est bien qu’il vive ou que, à la Denis Diderot, mort, il soit encore si tellement vivant en nous…

Pas de soucis, les amis, on s’aime beaucoup !

   NOTES

– (1) Quignard Pascal : L’amour, la mer. Paris. Editions Gallimard. 2022. (page 30).

– (2) Diderot Denis : Lettres à Sophie Volland. Paris. Editions Gallimard. 1984. (pages 90-91).

– (3) Laplanche Jean et Pontalis J.-B. : Vocabulaire de la psychanalyse. Paris. PUF. 1988. (pages 331-332).

Principe de Nirvana : « Le terme « Nirvâna » répandu en occident par Schopenhauer, est tiré de la religion bouddhique où il désigne l’ « extinction » du désir humain, l’anéantissement de l’individualité qui se fond dans l’âme collective, un état de quiétude et de bonheur parfait.

Dans « Au-delà du principe de plaisir » (1920), Freud, reprenant l’expression proposée par la psychanalyste anglaise Barbara Low, énonce le principe de Nirvâna comme « tendance à la réduction, à la constance, à la suppression de la tension d’excitation interne ». Cette formulation est identique à celle que Freud donne dans le même texte, du principe de constance, et comporte donc l’ambiguïté de tenir pour équivalentes la tendance à maintenir constant un certain niveau et la tendance à réduire à zéro toute excitation… Freud trouve une correspondance avec la pulsion de mort. Dans cette mesure le « principe de Nirvâna » désigne autre chose qu’une loi de constance ou d’homéostase : la tendance radicale à ramener l’excitation au niveau zéro, telle que Freud l’avait jadis énoncée sous le terme de « principe d’inertie ». D’autre part le terme de Nirvâna suggère une liaison profonde entre le plaisir et l’anéantissement, liaison qui est restée pour Freud problématique ».

– (4) Freud Sigmund : Métapsychologie. Paris. Editions Gallimard. 1968.

Chapitre : « Pulsions et destin des pulsions » (pages 11 à 43).

– (5) Platon : Oeuvres complètes. Le Banquet. Paris. Editions Flammarion. 2011 (pages 103 à 158).

– (6) Lacan Jacques : L’éthique de la psychanalyse. Paris. Editions du Seuil. 1986. (page 229).

– (7) Saint-Augustin : Les Confessions. Paris. Editions Flammarion. 1954. (page 22).

   BIBLIOGRAPHIE

– Freud Sigmund et Pfister Oskar : Correspondance de Sigmund Freud avec le pasteur Pfister (1909-1939). Paris. Editions Gallimard. 1966.

– Freud Sigmund : L’avenir d’une illusion. Paris. PUF. 1971.

– Freud Sigmund : Malaise dans la civilisation. Paris. PUF. 1971.

– Freud Sigmund : Trois essais sur la théorie sexuelle. Paris. Editions Gallimard. 1987.

– Ricoeur Paul : Soi-même comme un autre. Paris. Editions du Seuil.1990.

– Trousson Raymond : Denis Diderot ou le vrai Prométhée. Paris. Editions Tallandier. 2005.

La Franc-maçonnerie est-elle capable de regarder la Russie autrement ?

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Nombre de maçons se forgent une opinion sur la Russie à l’aune des informations mainstream diffusées quotidiennement par nos grands médias. Une fois n’est pas coutume, 450fm apporte un éclairage différent donné, par un spécialiste de la question. L’Art Royal ne se nourrit-il pas de nos divergences d’opinions ?

L’histoire littéraire de la Russie, si riche en écrivains et en poètes,  pourrait-elle éclairer l’avenir qui attend le monde ? Une lecture de la pensée russe à travers les principaux écrivains qui ont marqué les trois derniers siècles. Un ouvrage qui se veut un examen libre de tout parti pris politique, un éclairage sur le tropisme occidental et le panslavisme à teinture de religion orthodoxe. Une conclusion qui souhaite offrir des voies d’espérance face aux enjeux redoutables d’un monde en complet bouleversement.

Gilles Cosson est venu à la littérature après une belle carrière dans les milieux industriels et économiques et un goût prononcé pour les espaces vierges. Il a publié une vingtaine d’ouvrages dont :

  • Les taureaux de Khorsobad – Ed Plon 2024
  • Cinq femmes – Ed Pierre Guillaume de Paris 2019
  • Et Rome s’enfonça dans la nuit – Ed de Paris 2017
  • Debout citoyens contre la décadence – Ed Fauves 2015

Il réalise également de nombreuses conférences dont

  • De la chute de Rome aux angoisses occidentales d’aujourd’hui

Au cœur de la franc-maçonnerie limousine : Le mystère de la loge d’Uzerche décodé !

Il est toujours agréable de se plonger dans l’histoire de sa région d’origine. En tant que membre d’une famille issue de Brive-la-Gaillarde, en Corrèze, et plus largement du Limousin, c’est un véritable plaisir pour moi de résumer cet ouvrage consacré à Uzerche et à sa loge maçonnique, « L’Heureuse Alliance ». Se plonger dans cette histoire locale, c’est un peu comme renouer avec ses racines et découvrir des aspects méconnus de son patrimoine.

Mais abordons, dans un premier temps, la symbolique du nom de loge « L’Heureuse Alliance » qui peut être interprété de plusieurs façons, en fonction des connotations symboliques et historiques liées à la franc-maçonnerie.

Dans l’art royal, les alliances symbolisent souvent l’union, la fraternité et la solidarité entre les membres. Le terme heureuse renforce l’idée d’une alliance bénéfique et positive, suggérant que la loge vise à promouvoir une coopération harmonieuse et fructueuse entre ses membres. « L’Heureuse Alliance, Perle du Limousin à l’Orient d’Uzerche » qui est issu de l’ancienne « Loge de Saint-Jean l’Heureuse Alliance.» peut également évoquer l’engagement des membres de la loge à poursuivre des idéaux élevés de moralité et de développement spirituel. Cette interprétation souligne le désir de créer un environnement où les valeurs maçonniques de vérité, de charité et de respect mutuel sont cultivées et valorisées.

Blason de la ville d’Uzerche

Dans le contexte du siècle des Lumières, période à laquelle de nombreuses loges maçonniques ont vu le jour dont celle d’Uzerche,  l’expression pourrait aussi refléter l’enthousiasme de l’époque pour les idées de progrès, d’unité et de réforme sociale. Les loges étaient souvent des lieux où les intellectuels et les influents pouvaient se rencontrer pour discuter et promouvoir des changements sociétaux.

Ce titre distinctif symbolise l’union de diverses traditions, croyances ou pratiques au sein de la loge, illustrant l’acceptation et l’intégration de divers points de vue et de différentes manières de penser au sein de la fraternité, mais qui, pour nous maçons du XXIe siècle, indique aussi un engagement envers la communauté locale ou plus largement souligne le rôle de la loge dans le soutien et l’amélioration de la société environnante.

Ce nom d’« Heureuse Alliance » est donc bien chargé de positivité et de promesse, suggérant un engagement profond des membres envers les principes maçonniques de fraternité, de développement personnel et d’amélioration communautaire.

Dans Loge de Saint-Jean-L’heureuse alliance à l’Orient d’Uzerche, Jean-Louis Troncard offre une plongée inédite dans l’histoire d’une loge maçonnique méconnue, située à Uzerche, en Corrèze, au siècle des Lumières. Uzerche, ville tranquille et authentique, qui, en raison de son charme pittoresque et de son patrimoine historique – la ville a conservé de nombreuses maisons médiévales et de la Renaissance – est effectivement appelée la perle du Limousin.

Ce livre de 118 pages, publié aux éditions Maïa, se présente comme un travail exhaustif et documenté ».

L’auteur propose ainsi un ouvrage minutieux en plusieurs chapitres, articulant des thèmes variés et abordant la loge maçonnique d’Uzerche sous différents angles.

À commencer par l’histoire de la ville et de la loge, dont il reconnaît qu’il n’est pas le premier à s’y être intéressé. Des frères de Brive, Tulle et Limoges l’ayant déjà abordée.

Jean-Louis Troncard a puisé aux meilleures sources, dont les travaux de l’abbé Louis Pérouas, directeur de recherche au CNRS. Il retrace donc l’histoire de « L’heureuse alliance », mettant en lumière son rôle et son influence dans la vie uzerchoise du XVIIIe siècle. Il s’appuie sur des documents inédits, découverts récemment, pour reconstituer son parcours.

L’auteur détaille la composition de la loge, en insistant sur l’importance professionnelle et sociale de ses membres, ce qui éclaire le statut particulier de la loge dans la société de l’époque.

L’ouvrage aborde des zones d’ombre et des affirmations non vérifiées, en proposant des analyses basées sur des documents jusqu’alors méconnus, offrant ainsi un nouvel éclairage sur la loge.

Jean-Louis Troncard explore le contexte de la franc-maçonnerie corrézienne et uzerchoise, soulignant la spécificité de la loge par rapport aux autres structures maçonniques locales.

Il inclut, en fin d’ouvrage, un document fort intéressant , le « Rituel dit d’Uzerche » – 79 questions et réponses –, du « Régulateur du maçon-Catéchisme d’apprenti.1785/1801 », des « Conversations allégoriques du Frère Pincemaille. 1763 », du « Rite Écossais Philosophique. 1774 » et d’autres documents, ainsi qu’ un lexique des termes et abréviations maçonniques utilisés dans l’ouvrage, rendant le livre accessible même aux non-initiés.

Lune et Soleil
Lune et Soleil

Jean-Louis Troncard, lui-même originaire d’Uzerche et ayant une passion pour l’histoire locale, propose un travail approfondi, détaillé et richement documenté.

L’auteur utilise un style accessible, rendant le livre agréable à lire, même pour les lecteurs qui ne sont pas familiers avec la franc-maçonnerie.

Loge de Saint-Jean – L’heureuse alliance à l’Orient d’Uzerche est une lecture indispensable pour les passionnés d’histoire locale, les francs-maçons du Limousin, et tous ceux qui s’intéressent à la franc-maçonnerie en général. Jean-Louis Troncard réussit le pari de rendre accessible une partie méconnue de l’histoire uzerchoise, tout en offrant une analyse approfondie et documentée de la loge « L’heureuse alliance ».

La biographie de l’auteur

Né en 1946 à Uzerche, Jean-Louis Troncard, féru d’histoire, a occupé diverses fonctions dans le bâtiment, puis il a terminé sa carrière à la SNCF comme technicien en télécommunications. Aujourd’hui à la retraite, il occupe son temps à fabriquer des cannes à mouche en bambou refendu. Ses passe-temps favoris sont la pêche et le rugby – heureux homme !

Loge de Saint-Jean – L’heureuse alliance à l’Orient d’Uzerche

Jean-Louis TroncardÉditions Maïa, Coll. Notre histoire, 2024, 118 pages, 20 €

En savoir plus : https://www.editions-maia.com/

https://www.facebook.com/EditionsMaia/
panorama d’Uzerche – Source Wikimedia Commons