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L’interview exclusive du vénérable frère Pierre Lucet, Grand Maître de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française, dite L’Alliance

« Le vénérable frère Pierre Lucet, nouveau Grand Maître de L’Alliance », tel était le titre de notre article consacré à l’élection de Pierre Lucet en qualité de Grand Maître de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française (GL-AMF), dite L’Alliance, 5e obédience française.

Pierre Lucet, Grand Maître de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française.

Aujourd’hui, après son installation le 6 janvier dernier, nous sommes honorés d’annoncer une interview exclusive avec le vénérable frère Pierre Lucet, qui occupe la charge de Grand Maître de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française, également connue sous le nom de L’Alliance, la cinquième obédience maçonnique en France.

Cette entrevue promet d’offrir des perspectives uniques et des éclaircissements sur les pratiques et les contributions de L’Alliance dans le paysage maçonnique contemporain. La Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française, s’inscrivant dans la fidélité à la grande Tradition initiatique occidentale et reconnue pour son engagement envers les valeurs de fraternité entre ses membres et envers tous les Humains, joue un rôle crucial dans la perpétuation du devoir de transmission aux nouveaux initiés ; dans le cadre d’une chaîne séculaire ininterrompue. Tout en relevant les défis du 21e siècle.

Le frère Pierre Lucet partage ses réflexions sur le rôle de la franc-maçonnerie dans notre société moderne, l’importance de la spiritualité dans la vie quotidienne et la manière dont L’Alliance œuvre pour le progrès tout en irriguant le grand fleuve de la transmission initiatique de ses membres.

Ne manquez pas cette opportunité unique de plonger dans l’univers fascinant de la franc-maçonnerie à travers les mots d’un de ses éminents représentants. Une interview exceptionnelle !

450.fm : Qu’est-ce qui vous a initialement attiré vers la franc-maçonnerie et comment avez-vous commencé votre parcours au sein de l’ordre ?

Pierre Lucet : En premier lieu, je voudrais saluer vos lecteurs et vous remercier de cette interview.  Sur le plan personnel je suis un jeune retraité de 64 ans, j’ai deux enfants et suis un heureux grand-père. Mon épouse est une sœur qui travaille dans une Loge au Droit Humain. En ce qui concerne la Franc-Maçonnerie, j’ai été initié au Grand Orient de France à l’âge de 30 ans en 1989, j’ai ensuite intégré la Grande Loge Nationale Française en 2006 avant d’être présent le 28 avril 2012 à Tours lors de la Tenue de consécration de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française.

450.fm : En tant que nouveau Grand Maître, quelle est votre vision pour la franc-maçonnerie et quelles sont les responsabilités qui accompagnent ce rôle ? Comment voyez-vous l’évolution de la franc-maçonnerie dans le contexte social et culturel actuel ?

PL : N’oublions pas que la Franc-maçonnerie est née dans une période de grandes turbulences (sociales, économiques, politiques, religieuses) au XVIIe siècle et en Grande Bretagne. C’est la naissance de la civilisation moderne dont nous sommes peut-être l’achèvement. Elle avait pour objectif de dépasser ce qui divise et réunir ce qui est épars en se fondant sur une nouvelle conception de l’homme.

Nous sommes aujourd’hui dans une situation similaire. Dans la période de grands changements que nous vivons, il est capital de définir ce qui est immuable. Ce qui est immuable et qui constitue notre Tradition, c’est la part éternelle de l’humain, la capacité de vivre autrement le temps, la capacité de l’imaginaire, la capacité de vaincre les passions tristes. C’est savoir que le grand mystère de la vie, c’est la vie elle-même. C’est ce trésor de la Tradition maçonnique que nous avons le devoir de transmettre.

Dans la société fracturée qui est la nôtre, que l’on dit en archipel, nous avons aussi la responsabilité historique de relier les hommes. L’initié est celui qui, sans renier ses appartenances liées à son identité, à son histoire, est capable de les dépasser pour rencontrer les autres sur des appartenances plus hautes, liée justement à la part éternelle de l’homme. Dans la recherche de la vérité, le Franc-maçon est celui que sait que le contraire de la vérité n’est pas l’erreur mais le mensonge. Le premier degré de la vérité, c’est ce qui bâtit la confiance en l’autre. C’est une fraternité de chantier, un travail permanent dans la recherche du centre de l’union. C’est ce qu’a très bien résumé Antoine de Saint-Exupéry quand il écrivait : « On est frère en quelque chose et non frère tout court. Le partage n’assure pas la fraternité. […] Elle se noue dans le don commun à plus vaste que soi. »

450.fm : Quels sont, selon vous, les plus grands défis auxquels la franc-maçonnerie en général et L’Alliance en particulier est confrontée aujourd’hui ?

PL : Le grand défi de la Franc-maçonnerie est d’être capable de se réinventer et de ne pas aller chercher des solutions à nos problèmes parmi les éléments de la vie moderne qui les ont causés. À problèmes nouveaux, solutions nouvelles.

Il faut prendre la Franc-maçonnerie au sérieux. Elle n’est ni un club-service d’aimable sociabilité, ni un cercle politico-philosophique, et encore moins une officine de développement personnel. De même une Grande Loge n’est pas une entreprise à succursales multiples, seulement gestionnaire de temples et uniquement guidée par le marketing de ses recrutements. Une Grande Loge se définit d’abord par une notion d’ordre et d’idéal de fraternité. À ce titre, elle fait vivre et prospérer la fraternité qui réunit ses membres dans leur quête initiatique et elle participe à la promotion de la fraternité universelle comme idéal de civilisation.

On dit souvent qu’il s’agit de réenchanter le monde. Cette expression à connotation magique ne me semble pas adaptée, même si tant de nos contemporains se disent désenchantés. En fait, notre grand défi est de ré-aminer le monde, c’est-à-dire de redonner son âme au monde. Et l’âme du monde, c’est l’amour. Pas une vague sentimentalité mais bien la force d’aimer.

Pierre Lucet.

L’Alliance est à la fois ancrée dans son temps pour répondre aux défis qui se posent aux hommes d’aujourd’hui et fidèle à la Tradition pour mieux y répondre. Pour nous, à L’Alliance, il n’y a pas de maçonnerie sans “monde d’en haut“, mais ce “monde d’en-haut“ se trouve tout simplement dans la profondeur du monde d’en bas. Il est surtout dans l’au-delà du monde des apparences et ce “monde d’en haut“ n’est bien évidement pas forcément celui des religions.

L’Alliance entre dans sa treizième année ; c’est l’âge auquel l’humain sort de l’enfance pour se diriger vers plus de maturité. Pour notre Grande, c’est l’âge auquel nous devons sortir de la construction, nos racines sont maintenant solides, pour amplifier nos actions vers l’âge de la floraison et de l’épanouissement, avec toujours un même objectif : la transmission de ce trésor initiatique dont nous avons la responsabilité de faire découvrir aux générations présentes et futures.

Pour cette transmission, nous devons rester fidèles au message originel de L’Alliance. Dès notre création, nous avons su débarrasser nos Rites du décorum qui les dénaturait. La simplicité et l’authenticité de nos cérémonies nous permettent de tendre à travailler vers la vraie maçonnerie, celle où l’homme dépouillé de tous ses artifices est à même de mettre en lumière le divin qui est en lui.

450.fm : Comment conciliez-vous la tradition du secret dans la Franc-maçonnerie avec la demande croissante de transparence dans la société moderne ?

PL : Dans l’actuel contexte de transparence généralisée, les Francs-maçons ont bien du mal à justifier encore le secret. D’autant plus qu’aujourd’hui, le soupçon et le complotisme prennent de nouvelles formes. La pop-culture américaine, jointe à la puissance d’Internet charrie un torrent de fake news, a renouvelé le terreau toujours fertile de l’antimaçonnisme. Tous les ingrédients sont mobilisés et le secret en reste le principal excipient : Pouvoir occulte, gouvernement mondial, crimes rituels et satanisme. La société française est très perméable aux thèses complotistes.

Nous devons être très vigilants. Je n’oublie pas que pendant la crise des Gilets jaunes, un temple maçonnique à Tarbes a été saccagé par des manifestants, que des graffiti et des messages haineux ont fleuri sur les ronds-points, que des Temples et même des sièges d’Obédiences ont été tagués ! Une parole haineuse s’est libérée contre les Francs-maçons en France. En période de crise, on cherche toujours des boucs-émissaires et l’histoire nous a appris hélas que les Francs-maçons qui sont victimes de toutes sortes de fantasmes complotistes constituent une cible idéale.

Nous devons donc expliquer que le secret n’était pas synonyme d’obscurantisme, c’est une autre façon de transmettre. Il y a d’abord le secret d’appartenance qui concerne chaque personne initiée et devenue membre d’une obédience maçonnique. Il y a surtout le « secret par nature », l’expérience intime de l’initiation qui est incommunicable. Le secret n’est pas le mutisme, puisque le propre de la Franc-maçonnerie est la transmission qui va avec la tradition, au sens étymologique de ce mot, c’est-à-dire faire passer ce qu’on a appris à une autre génération sans trahir. Dès lors le secret n’est pas là pour enfermer, pour interdire, mais pour préserver.

450.fm : Comment l’histoire et la culture de L’Alliance influencent-elles vos décisions en votre qualité de Grand Maître ?

PL : Nous avons la chance de pouvoir connaitre et de travailler dans les sept principaux Rites. Ces Rites sont autant de chemins pour tenter d’arriver au sommet, chacun de ces Rites porte sa propre spiritualité mais c’est tous ensemble que nous devons construire ce centre de l’union qu’est le regroupement de nos spiritualités.

450.fm : Quelle est votre vision pour l’avenir de la Franc-maçonnerie et comment prévoyez-vous de l’atteindre ?

PL : Notre premier devoir, c’est la manifestation concrète de notre idéal de Fraternité.

Aimer nos Frères, aimer nos semblables sans exclusive, aider à construire un monde de paix, répandre la joie dans les cœurs. Tous ces mots admirables de nos rituels ne sont que des astres morts si nous ne travaillons pas à leur donner vie à chaque matin. Chacun à notre office, chacun sur nos chantiers, nous avons à faire vivre, à vivre notre idéal maçonnique, forts de la Sagesse de notre Tradition, de la beauté de nos rites et, surtout, de cette force d’âme qu’on appelle le courage.

La Fraternité, c’est sortir d’un individualisme, de l’ego pour comprendre que nous sommes reliés. C’est une fraternité de liberté où nous voulons le meilleur pour tous nos frères, fraternité assise sur la qualité de la relation entre les frères, faite d’amour et de bienveillance, d’empathie, d’écoute, de compréhension et d’émulation mutuelle pour progresser.

450.fm : Quelles sont vos aspirations pour l’avenir de L’Alliance, tant en France qu’à l’échelle internationale

PL : Ce n’est que depuis quelques années que nous avons entrepris de nous engager dans le développement à l’échelle internationale de relations d’amitié avec des Grandes Loges qui portent et respectent les mêmes valeurs de régularité que nous.

Est-il nécessaire de rappeler la régularité d’origine de L’Alliance dont la création s’inscrit dans le respect des pratiques et anciens usages. Ainsi, trois loges historiques, toutes nées avant la renaissance de la maçonnerie régulière en France en 1913 ont procédé à sa création. Ces trois loges sont toujours fédérées à l’Alliance.

Cette légitimité associée à notre dimension a conduit à une volonté réciproque avec de Grandes Loges Étrangères (en Europe, en Afrique, en Amérique latine) à nous rapprocher. Souvent ces Grandes Loges ont une histoire proche de la nôtre.

Dans ce contexte, nous avons été conduits, en 2022, à nous fédérer dans le cadre d’une Confédération des Grandes Loges Indépendantes et Régulières (C.I.G.L.I.R.).

Nous nous sommes réunis autour d’un Charte de la Franc-Maçonnerie Régulière, tous s’engageant à veiller à la pérennité de nos principes et valeurs traditionnels, au respect de la pratique authentique de nos rituels et sans jamais perdre de vue notre rôle dans le monde maçonnique. Chacun s’engageant à écouter les différences de l’autre et ainsi s’enrichir des particularités et objectifs qui animent chaque Grande Loge prise dans son contexte particulier ?

Cette Charte répond en tout point à notre Déclaration de Principes et témoigne de notre volonté de faire prévaloir dans le Monde une Franc-Maçonnerie Initiatique de Tradition et de Spiritualité, indépendante.

Il est important de relever, que cette Confédération porte dans ses gènes le refus de toute volonté hégémonique d’un de ses membres. Nos rapports sont basés sur l’égalité et la confiance, sans certains clivages que nous connaissons, c’est-à-dire sans assujettissement à une institution centrale, sans numerus clausus territorial. 

Nous aspirons bien sûr à étendre le nombre d’adhérents à cette Confédération, mais au-delà de cet aspect numérique, il nous apparait bien plus important de transformer en réalité vivante pour nos loges et nos frères les accords passés.

C’est par le développement de conférences internationales entre nous, d’études et de recherches communes que la Confédération vivra, c’est par l’encouragement à créer des liens de jumelage, il en existe déjà, entre les loges des différentes Grandes Loges que nos frères prendront conscience de notre réalité internationale. 

450.fm : Comment décrivez-vous les relations actuelles entre votre obédience et les autres obédiences maçonniques en France ?

PL : Nous entretenons des relations avec de nombreuses obédiences françaises, qu’elles soient de reconnaissance et d’amitié ou simplement administratives pour celles qui ne s’inscrivent pas dans ce que nous considérons comme nos fondamentaux.

De plus nous participons régulièrement aux rencontres qui réunissent les Grands Maîtres et Grandes Maîtresses des principales obédiences françaises.

Même si nos usages ne nous permettent pas toujours de nous recevoir dans des travaux rituels il serait absurde et contre-productif de s’ignorer.

Bien entendu nous entretenons des relations étroites et régulières avec les Grandes Loges qui ont la même origine que nous, je veux citer, la Grande Loge Indépendante de France (GLIF), la Grande Loge Moderne et Traditionnelle de France (GLTMF), la Grande Loge Traditionnelle de France (GLTF) sans oublier, la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra (GLTSO).

Nous nous rencontrons régulièrement afin d’évoquer nos problématiques communes, de favoriser nos échanges, d’envisager des actions concertées de communication vers un public élargi.

Dans la même optique je voudrais encore rappeler les excellentes relations que nous avons toujours entretenues avec la Grande Loge de France et même si nous ne partageons nos travaux rituels; il est important de noter que

même s’il ne s’agit pas de Grandes Loges je me dois de saluer la collaboration étroite et harmonieuse qui a été instaurée avec les juridictions des sept rites actuellement pratiqués à l’Alliance dans ces grades symboliques. Dans l’indépendance et la souveraineté de chaque structure il nous apparait comme important de pouvoir offrir et faciliter, aux frères qui le souhaitent, un parcours cohérent entre les différents degrés de son rite.

450.fm : Face aux défis contemporains, y a-t-il des problématiques communes où les différentes obédiences travaillent ensemble pour trouver des solutions ?

PL : A ma connaissance pas encore, mais la question est certainement importante, et des initiatives devraient être prises pour cela. Nous ne pouvons pas nous reposer et nous satisfaire de communiqués, même révoltés, de circonstances.

Les idéaux qui nous animent ne peuvent que nous porter à être des acteurs à la réparation d’un monde trop souvent affligeant. Les exemples ne manquent pas, conflits entre les peuples, écosophie, etc.

À L’Alliance nous avons créé un fond de dotation destiné à soutenir dans le monde le projet lié à l’éducation. Ce qui à notre sens reste la clef d’une meilleure écoute et compréhension entre chacun.

Nous ne sommes pas la seule Grande Loge française à avoir pris ce type d’initiative, une concertation, une coordination de nos efforts pourrait être une idée pour une meilleure efficacité et visibilité de nos actions.   

450.fm : Y a-t-il des échanges culturels ou éducatifs entre les membres des différentes obédiences ?

PL : À la demande de certaines obédiences étrangères, généralement de jeunes Grandes Loges, nous les accompagnons dans leur volonté de pouvoir proposer à leurs frères la pratique de nouveaux rites. Cet accompagnement se traduit bien sûr par une patente qui permet la mise à disposition et l’utilisation de nos rituels, et surtout par un support ‘’ pédagogique’’ de notre part conduisant à une pratique authentique et une compréhension profonde du rite.

Des Grandes Loges étrangères inscrivant leurs sources dans des cultures et des traditions différentes de nos fondamentaux traditionnels peuvent intervenir auprès des frères de L’Alliance afin d’exposer les liens qui peuvent exister avec leurs propres traditions et la Franc-Maçonnerie. De telles actions peuvent contribuer à illustrer le caractère Universel que veut incarner la Franc-Maçonnerie.

450.fm : Comment voyez-vous l’avenir des relations entre les différentes obédiences en France ? Y a-t-il une vision pour une unité ou une collaboration accrue ?

PL : À la naissance de L’Alliance, avec d’autres Grandes Loges Françaises, nous avons été à l’initiative d’un projet de création de la Confédération Maçonnique de France. Cette Confédération, voulue dans un contexte et avec des objectifs qui ne sont plus ceux d’aujourd’hui, n’a pas abouti.

Pour autant, avec des ambitions à redéfinir avec nos Grande Loges amies françaises inscrivant leur démarche dans le cadre d’une maçonnerie initiatique de tradition, il y a sans doute une place pour le développement d’un ‘’Pôle Tradition’’ que portait déjà le projet de Confédération.

Sur ce sujet, il semble important que les Grandes Loges qui portent le message de la Franc-Maçonnerie Initiatique de Tradition puissent, aussi souvent que nécessaire, se faire entendre d’une seule voix.   

Un de mes vœux pour cette mandature est que toutes ces Grandes Loges travaillent conjointement afin de redonner à la Franc-Maçonnerie spirituelle et de tradition la place qui est la sienne dans le paysage maçonnique français.

450.fm : Votre obédience participe-t-elle à des événements (salons du livre, etc.) ? Si oui, lesquels ?

PL : La richesse de nos auteurs et de nos publications fait que nous sommes présents dans nombre de salons du livre. C’est une action que nous comptons amplifier dans les années à venir. A ce titre je suis heureux de vous informer que nous allons créer, en collaboration avec Masonica et avec les autres Obédiences, un salon du livre à Tours. La première édition de ce salon est prévue les 1er et 2 juin de cette année. Nous espérons vous y rencontrer.

450.fm : Universalité et Fraternité Comment commémorerez-vous les Jeux olympiques de Paris 2024 (conférences, tenues communes avec les pays participants, etc.) ?

PL : Si vous me le permettez, nous répondrons à cette question en temps voulu. Nous vous donnons donc rendez-vous à cette période.

450.fm remercie Pierre Lucet, Grand Maître de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française, dite L’Alliance.

450.fm, votre source d’informations privilégiée sur la franc-maçonnerie et ses multiples dimensions.

L’Alliance, le site. Illustrations extraites du site de L’Alliance.

Moi vs Moi : Analyse d’une double nature (Part 2)

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Bienvenue dans le voyage introspectif de “Moi vs Moi”. Dans cette deuxième partie, nous plongeons profondément dans une exploration multidimensionnelle, où l’analyse de soi transcende les frontières personnelles pour embrasser une diversité culturelle riche et complexe.

Aliénation ou Divinité – La Nature de l’Être Double (Lire la Partie n°1)

Entre aliénation et divinité, où réside la vérité de notre être double ? C’est une question qui nous plonge au cœur même de notre existence, soulignant les aspects complexes et parfois contradictoires qui forment notre nature humaine. D’un côté, l’aliénation suggère une séparation, une dissonance entre notre moi intérieur authentique et le monde qui nous entoure. D’un autre côté, la divinité évoque la transcendance, la possibilité d’atteindre des hauteurs spirituelles et de se connecter à quelque chose de plus grand que soi.

Des récits personnels viennent illuminer la dualité qui réside en chacun de nous. Ces histoires, peut-être les vôtres ou celles d’autres personnes, servent de miroir réfléchissant, capturant les moments où l’aliénation ou la divinité ont laissé leur empreinte. Des expériences vécues deviennent des fenêtres ouvertes sur des vérités profondes, des moments de désespoir ou de transcendance qui ont façonné notre compréhension de nous-mêmes.

Imaginons notre existence comme une toile complexe tissée de fils d’aliénation et de divinité, chacun contribuant à la richesse et à la complexité de l’œuvre totale ; et par leur pouvoir évocateur, nous permettent de saisir ces concepts abstraits d’une manière plus concrète et accessible.

Des exemples culturels, puisés dans la littérature, l’art, la musique et d’autres expressions artistiques, sont des guides précieux dans cette exploration. Les mythes, les symboles et les créations culturelles ont souvent capturé la dualité humaine de manière poignante, offrant des perspectives uniques et des échos de vérités universelles. Ces exemples culturels servent d’ancres culturelles, ancrant nos pensées dans le contexte global de l’expérience humaine.

Dualité de l’être et Corps – Âme – Esprit ?

La dualité de l’être et le concept corps-âme-esprit sont deux idées philosophiques distinctes, mais qui ont des similitudes. La dualité de l’être suggère que chaque être humain est composé de deux parties distinctes, l’une physique et l’autre spirituelle. Le concept corps-âme-esprit, quant à lui, suggère que chaque être humain est composé de trois parties distinctes, le corps, l’âme et l’esprit. Bien que ces deux idées soient différentes, elles partagent toutes deux l’idée que chaque être humain est plus qu’un simple corps physique.

La dualité de l’être se concentre sur la distinction entre le physique et le spirituel, tandis que le concept corps-âme-esprit se concentre sur la distinction entre le corps, l’âme et l’esprit.

Cette dualité de l’être est souvent associée à la philosophie de René Descartes, tandis que le concept corps-âme-esprit est souvent associé à la philosophie d’Aristote. Tandis que concept corps-âme-esprit, nous permets de mieux comprendre la nature physique de l’homme et comment cela peut influencer notre compréhension de nous-mêmes et de notre place dans le monde. Nous pouvons également mieux comprendre la nature spirituelle de l’homme et comment cela peut influencer notre compréhension de nous-mêmes et du monde qui nous entoure.

Le yin et le Yang représentent la dualité inhérente à toutes choses

Le concept du yin et du yang dans la philosophie chinoise représente la dualité et l’interdépendance des forces opposées mais complémentaires dans l’univers. Ces forces sont souvent symbolisées par le yin, associé à des qualités telles que l’obscurité, la passivité, la féminité et la réception, et le yang, associé à la lumière, l’activité, la masculinité et l’émission.

Le yin et le yang sont souvent représentés comme deux parties d’un cercle, indiquant que chaque aspect contient une part de l’autre. Par exemple, la nuit (yin) contient en elle-même la possibilité du jour (yang), et vice versa. Cette dualité est considérée comme une caractéristique fondamentale de l’existence, et l’équilibre entre le yin et le yang est perçu comme essentiel pour maintenir l’harmonie dans la nature et dans la vie quotidienne.

Le concept du yin et du yang est largement utilisé dans divers domaines tels que la médecine chinoise, la philosophie, la cosmologie et les arts martiaux, et il offre une perspective holistique sur la nature de la réalité. Ces deux forces opposées mais complémentaires forment un équilibre dynamique, jouant un rôle essentiel dans la compréhension de la nature et de la réalité.

L’origine du yin et du yang est souvent associée au « Yijing » ou « I Ching », un ancien texte chinois de divination. Dans ce contexte, le yin est souvent associé à la ligne brisée et le yang à la ligne pleine.

Le yin et le yang représentent les forces opposées mais complémentaires de la réalité. Ils ne sont pas statiques, mais en perpétuel mouvement, formant un cycle éternel. Dans la nature, le yin peut être associé à des éléments tels que l’eau, la lune, l’obscurité et le repos. Le yang, quant à lui, peut être associé au feu, au soleil, à la lumière et à l’activité.

Le yin et le yang peuvent également être appliqués aux aspects de la vie quotidienne, tels que le travail et le repos, l’activité physique et le repos mental, la socialisation et la solitude. Ils offrent une perspective holistique de l’univers, encourageant la compréhension de l’interconnexion et de l’interdépendance des opposés. Il s’agit d’un concept profondément enraciné dans la pensée chinoise traditionnelle, influençant de nombreux aspects de la vie quotidienne, de la médecine à la spiritualité.

Le yin et le yang peuvent être considérés comme les deux facettes de notre être, dans la mesure où ils expriment les différentes dimensions de notre personnalité, de notre identité, de notre humanité. Nous avons tous en nous un côté yin et un côté yang, qui peuvent varier selon les situations, les émotions, les relations. L’important est de trouver un équilibre entre ces deux aspects, sans les opposer ni les nier, mais en les acceptant et en les intégrant. Ainsi, nous pouvons développer une harmonie intérieure et extérieure, et mieux comprendre notre propre nature et celle des autres.

Cohabitation de l’Être Double – Une Réflexion Approfondie

Dans cette étape, attardons-nous sur les ramifications pratiques de cohabiter avec notre être double. Il s’agit d’une introspection profonde sur la manière dont cette dualité se manifeste dans nos actions quotidiennes, relations et prises de décision. Comment concilier ces deux aspects de soi-même pour créer une harmonie équilibrée ?

La cohabitation de l’être double ne se limite pas à la compréhension intellectuelle ; elle nécessite une intégration active dans chaque aspect de votre vie quotidienne. Cela pourrait être la clé pour débloquer une richesse intérieure et exploiter pleinement votre potentiel. Ce paragraphe vise à fournir des outils pratiques pour que cette dualité devienne une force motrice positive, plutôt qu’une source de conflit interne.

Vivre sa vie de tous les jours en pleine conscience de son moi intérieur, c’est être attentif à ce qui se passe en nous et autour de nous, sans jugement ni distraction. C’est apprendre à savourer l’instant présent, à accueillir nos émotions et nos pensées avec bienveillance, et à agir en accord avec nos valeurs et nos besoins. C’est aussi une façon de réduire le stress, de renforcer notre confiance en nous et de développer notre compassion.


Pour vivre en pleine conscience, il existe plusieurs pratiques que l’on peut intégrer dans notre quotidien, comme la méditation, la respiration, la marche, ou encore l’écoute. Voici quelques exemples concrets de la vie de tous les jours :

La méditation est une pratique de pleine conscience qui consiste à s’asseoir confortablement, à fermer les yeux et à porter son attention sur sa respiration. En observant les sensations dans son corps et les bruits autour de soi, on peut se concentrer sur le moment présent et se libérer des pensées qui perturbent l’esprit.

La méditation peut être pratiquée à tout moment de la journée, que ce soit le matin au réveil, le soir avant de dormir ou à tout moment où l’on ressent le besoin de se recentrer. Il est recommandé de méditer quelques minutes par jour pour instiller une sensation de calme et de clarté qui perdure tout au long de la journée.

Lorsque des pensées surgissent, il est important de les laisser passer sans s’y attacher et de revenir à sa respiration. Cette pratique permet de développer une plus grande conscience de soi et de se libérer des pensées négatives qui peuvent perturber l’esprit.

Cette pratique simple mais puissante peut aider à réduire le stress, à améliorer la concentration et à favoriser une plus grande conscience de soi. Elle peut être pratiquée à tout moment de la journée et ne nécessite aucun équipement spécial.

La respiration est un processus naturel qui peut être utilisé pour se calmer et se détendre. Pour pratiquer la respiration consciente, il suffit de prendre conscience de sa respiration, en sentant l’air entrer et sortir de ses narines, en gonflant son ventre à l’inspiration et en le rentrant à l’expiration.

La respiration profonde est une technique de respiration qui peut aider à réduire le stress et l’anxiété. Pour pratiquer la respiration profonde, il suffit de respirer lentement et profondément, en utilisant l’abdomen plutôt que la poitrine. Cette technique de respiration peut être pratiquée plusieurs fois par jour, lorsque l’on se sent stressé, anxieux ou énervé.

Il existe de nombreux bienfaits à la respiration profonde, notamment la réduction du stress, de l’anxiété et de la tension artérielle. La respiration profonde peut également aider à améliorer la qualité du sommeil et à renforcer le système immunitaire.

La respiration consciente et la respiration profonde sont des techniques simples mais efficaces pour se calmer et se détendre. Elles peuvent être pratiquées à tout moment de la journée et ne nécessitent aucun équipement spécial.

La marche en pleine conscience est une pratique de pleine conscience qui consiste à marcher lentement, en portant son attention sur ses pas, sur le contact de ses pieds avec le sol, sur le mouvement de ses jambes et de ses bras. Cette pratique peut être effectuée n’importe où, que ce soit en se rendant au travail, en faisant ses courses ou en se promenant dans la nature.

Lorsque l’on pratique la marche en pleine conscience, on peut également observer ce qui nous entoure, les couleurs, les formes, les odeurs et les sons. Cette pratique permet de se connecter à l’environnement qui nous entoure et de vivre pleinement l’instant présent.

La marche en pleine conscience peut aider à réduire le stress et l’anxiété, à améliorer la concentration et à favoriser une plus grande conscience de soi. Elle peut être pratiquée à tout moment de la journée et ne nécessite aucun équipement spécial.

Cela reste une pratique simple mais efficace pour se connecter à l’environnement qui nous entoure et vivre pleinement l’instant présent.

L’écoute en pleine conscience est une pratique de pleine conscience qui consiste à écouter attentivement ce que l’on entend, que ce soit les paroles d’une personne, le chant d’un oiseau ou le bruit d’une voiture. On peut aussi écouter ce que l’on ressent, ses émotions, ses sensations et ses envies.

Lorsque l’on pratique l’écoute en pleine conscience, on se concentre sur l’instant présent et on laisse les pensées et les distractions extérieures s’évanouir. Cette pratique peut être effectuée à tout moment de la journée, que ce soit en conversant avec quelqu’un, en écoutant de la musique ou en se posant des questions.

L’écoute en pleine conscience peut aider à améliorer la communication, à renforcer les relations et à favoriser une plus grande conscience de soi. Elle peut également aider à réduire le stress et l’anxiété en permettant de se concentrer sur l’instant présent plutôt que sur les préoccupations passées ou futures.

Elle est d’une pratique simple mais efficace pour améliorer la communication, renforcer les relations et favoriser une plus grande conscience de soi.

Ces différentes pratiques sont des moyens de vivre en pleine conscience, mais elles ne sont pas les seules. On peut aussi vivre en pleine conscience quand on mange, quand on lit, quand on écrit, quand on joue, quand on crée, quand on aime… L’essentiel est de se focaliser sur ce que l’on fait, de le faire avec intention et attention, et de le faire avec plaisir et gratitude.

Psychanalyse et dualité font-ils bon ménage ?

La psychanalyse et la dualité de l’être sont deux concepts différents, mais il est possible de faire un parallèle entre eux. La psychanalyse peut être considérée comme une tentative de comprendre la dualité de l’être humain en explorant les processus mentaux inconscients qui influencent le comportement humain. En effet, la psychanalyse peut aider à résoudre les conflits internes qui peuvent survenir lorsque les deux entités de l’être humain sont en désaccord.

Et que dit la science ?

Il y a plusieurs théories qui tentent d’expliquer cette dualité, mais il n’y a pas de consensus scientifique sur sa nature profonde.

Cela dit, il y a une dualité fonctionnelle dans la parole intérieure qui fait d’elle à la fois l’agent du collectif (par l’emploi de la langue commune et de son répertoire culturel) et le vecteur de l’individuel (autonomie du regard, voix intime et porte-parole du moi). La linguiste Hélène Lœvenbruck explique que la voix intérieure est l’acte, volontaire ou non, de se parler mentalement, appelé l’endophasie. Les tests psycholinguistiques et l’électromyographie suggèrent qu’il s’agit bien d’une simulation de la parole. La neuro-imagerie confirme que les réseaux langagiers de l’hémisphère gauche sont activés, tout comme le cortex préfrontal qui est, lui, impliqué dans l’inhibition. La parole est donc produite en pensée, mais le processus d’articulation est interrompu !

Du point de vue des sciences naturelles, la dualité de l’être peut être comprise comme la distinction entre la matière et l’énergie, qui sont les deux formes fondamentales de la réalité physique. Selon la célèbre équation d’Einstein, E = mc2, la matière et l’énergie sont équivalentes et peuvent se transformer l’une en l’autre. La matière est constituée d’atomes, qui sont eux-mêmes composés de particules élémentaires, comme les protons, les neutrons et les électrons. L’énergie est la capacité d’un système à produire un travail, comme la chaleur, la lumière ou le mouvement. La matière et l’énergie sont soumises aux lois de la physique, qui décrivent les interactions entre les forces et les champs.

L’être humain est un être matériel, qui possède une masse, une forme et une structure. Il est composé de molécules organiques, qui forment les cellules, les tissus, les organes et les systèmes. Il est doté d’un métabolisme, qui assure les fonctions vitales, comme la respiration, la digestion ou la circulation. Il est également un être énergétique, qui consomme et produit de l’énergie. Il utilise l’énergie chimique des aliments pour alimenter ses activités physiques et mentales. Il émet de l’énergie thermique, qui régule sa température corporelle. Il reçoit et transmet de l’énergie électromagnétique, qui lui permet de percevoir et de communiquer.

Pour la science, Le corps est l’ensemble des caractéristiques physiques et biologiques de l’individu, qui le distinguent des autres êtres vivants. L’esprit est l’ensemble des facultés mentales et cognitives de l’individu, qui lui confèrent une conscience, une pensée et une volonté.

Que nous apporte la dualité de l’être en fin de compte ?

La dualité de l’être est un concept qui désigne le fait que nous avons en nous deux aspects, deux dimensions, deux pôles, qui peuvent être complémentaires ou contradictoires. Nous pouvons être rationnels et émotionnels, altruistes et égoïstes, optimistes et pessimistes, etc. Ces dualités peuvent être source de conflit, de confusion, de doute, mais aussi de richesse, de diversité, de créativité.

Peut-elle être considérée comme une véritable opportunité pour l’être humain de mieux comprendre sa propre nature et celle des autres. En explorant nos dualités, nous pouvons découvrir nos forces et nos faiblesses, nos motivations et nos freins, nos valeurs et nos limites. Nous pouvons aussi apprendre à accepter et à intégrer nos différentes facettes, sans les nier ni les rejeter. Nous pouvons ainsi développer une identité plus cohérente, plus authentique, plus épanouie.

En ce qui concerne l’avenir de l’homme, il est vrai qu’elle jouera un rôle primordial. En prenant le temps de réfléchir sur nous-mêmes, nous pouvons mieux comprendre nos propres besoins et désirs, ainsi que ceux de tous les Hommes. Nous pouvons ainsi reconnaître et respecter la diversité des points de vue, des opinions, des croyances, des cultures, qui existent dans le monde. Nous pouvons aussi développer notre empathie, notre compassion, notre solidarité, envers ceux qui souffrent, qui sont opprimés, qui sont marginalisés. Nous pouvons ainsi être conscient de notre existence et de notre monde, de notre responsabilité et de notre impact, de notre potentiel et de notre devoir.

La communication et l’écoute sont des compétences fondamentales pour vivre en harmonie avec soi-même et avec les autres. Elles nous permettent de partager nos idées, nos sentiments, nos expériences, mais aussi de recevoir celles des autres, de les comprendre, de les respecter. Elles nous aident à créer des liens, à résoudre des conflits, à coopérer, à innover. Elles sont essentielles pour construire un avenir meilleur, un avenir où nous sommes conscients de notre impact sur le monde, où nous agissons avec responsabilité et solidarité, où nous cherchons à améliorer les conditions de vie de tous les êtres.

La dualité de l’être nous invite à reconnaître et à accepter les différentes facettes de notre personnalité, de notre identité, de notre humanité. Elle nous montre que nous ne sommes pas figés, mais en constante évolution, en fonction de nos contextes, de nos émotions, de nos relations. Elle nous révèle que nous avons en nous des potentialités infinies, des talents cachés, des ressources insoupçonnées. Elle nous encourage à nous remettre en question, à nous dépasser, à nous transformer.

Est-ce donc un concept concret, bien réel, qui nous concerne tous ? Elle n’est pas une source de division, mais d’union. Elle n’est pas un problème, mais une solution. Elle n’est pas une faiblesse, mais une force. Profitons-en tous ensemble, en apprenant à mieux communiquer avec soi, et enfin écouter l’autre… tous les autres ! C’est uniquement de cette façon que nous pourrons réaliser notre potentiel individuel et collectif, et créer un avenir meilleur pour nous-mêmes et pour le monde.

Alain Bourguignon / Janvier 2024

Pénétrez les mystères de l’« Initiation au Ier degré du Rite Écossais Ancien et Accepté »

Cette collaboration unique entre deux frères que sont Michel Gerhart* et Alain Graesel** est une belle alliance riche de diversités, d’expériences et de passions.

De plus, elle est interactive car centrée autour d’une question posée concernant des sujets variés tels que la philosophie, la spiritualité, l’histoire, ou les pratiques de l’organisation.

Et des réponses fournies par les coauteurs, éminents spécialistes du Rite Écossais Ancien et Accepté.

Chaque auteur prépare sa réponse ou pas, mais toute réponse prend la forme d’une réflexion approfondie, d’une analyse ou d’une interprétation personnelle de la question. Cette étape implique recherche, réflexion personnelle, et éventuellement une discussion entre les auteurs pour affiner leur compréhension.

Une manière d’avancer et de (re)vivre l’initiation au Ier degré du R.É.A.A.

Bien sûr que décrire en détail les étapes de l’initiation au premier degré du Rite Écossais Ancien et Accepté pourrait enfreindre les principes de confidentialité et de discrétion associés à nos pratiques. Mais les rites maçonniques en général, y compris ceux du R.É.A.A. en particulier, sont traditionnellement gardés secrets et ne sont révélés qu’aux initiés. Cette confidentialité fait partie intégrante de l’expérience maçonnique et est respectée par ses membres. Reconnaissons donc que nos amis profanes doivent, afin de vivre au mieux cette magnifique renaissance, prendre connaissance du contenu de l’ouvrage qu’après leur initiation.

Pour les jeunes initiés, cet ouvrage est d’un grand et très utile apport ! Une véritable aide dans sa quête du sacré.

Après avoir défini l’initiation maçonnique comme processus et comme fin, les auteurs donnent un aperçu général de ce à quoi l’on vit lors de la cérémonie d’initiation.

Du cabinet de réflexion à la préparation du candidat et à son introduction dans le temple, où se déroule la cérémonie. De la prestation de serment sur un livre sacré à la transmission de la Lumière, cette étape symbolique importante où le candidat reçoit la « lumière », souvent accompagnée de l’explication de certains symboles et outils maçonniques, nous en comprenons mieux tous les aspects y compris lorsque le candidat devenu frère reçoit des enseignements sur les valeurs, les principes et les symboles du premier degré.

Michel Gerhart et Alain Graesel décrivent les quatre épreuves symboliques de la Terre, de l’Air, de l’Eau et du Feu, éléments clés dans le riche processus initiatique du Rite Écossais Ancien et Accepté. Des épreuves conçues pour représenter des étapes de purification et de transformation spirituelle et morale. Elles sont souvent incorporées dans les cérémonies d’initiation et les rituels associés à différents degrés du rite.


Dieu, Grand Architecte de l’Univers, dans une enluminure médiévale (c. 1250).

Les auteurs font aussi référence à la déclaration de principes émise par le Convent de Lausanne en 1875, qui est un événement important dans l’histoire du R.É.A.A. Cette réunion de hauts grades avait pour but de standardiser les rituels et d’établir des lignes directrices importantes pour le fonctionnement et l’organisation du REAA, tout en contribuant à une plus grande cohérence et uniformité à travers les différentes juridictions maçonniques dans le monde.

Elle a souligné l’importance de la fraternité, de la tolérance, et de l’engagement envers des valeurs humanistes et éthiques. De plus, elle a peut-être abordé des questions de gouvernance et d’administration du rite, ainsi que des principes fondamentaux liés à la spiritualité et à la symbolique maçonnique.

Répondant toujours aux questions du frère apprenti, les auteurs abordent le Suprême Conseil de France (SCDF).  Fondé au début du XIXe siècle, il est chargé de la gestion des hauts grades dudit Rite, qui vont du 4e au 33e degré et qui utilisent un riche symbolisme et des rituels pour enseigner des principes moraux et philosophiques. Son rôle inclut aussi la préservation de la tradition, de l’intégrité des rituels du R.É.A.A. ainsi que la promotion notamment des valeurs de fraternité, de tolérance.

Thierry Zaveroni, Grand Maître de la GLDF
Thierry Zaveroni, Grand Maître de la GLDF

Initié à la GLDF en 1985 à l’orient de Marseille au sein de la loge « Stella Maris », Thierry Zaveroni, Grand Maître de la Grande Loge de France, signe la préface rappelant surtout le réel partage autour des fondamentaux du Rite que procure l’ouvrage. Pour lui, c’est comme cela que doit se faire la transmission de la Tradition : l’expérience des plus anciens mise au service des plus jeunes. Une belle façon d’éclairer le chemin qui s’offre aux nouveaux initiés.

Étroite collaboration, communication continue, échange des connaissances, ce livre donne non seulement des réponses approfondies et diversifiées aux questions bien naturelles de tout apprenti, mais servira aussi, pour beaucoup, de guide. Un indispensable.

Michel Gerhart.

*Michel Gerhart, né en 1947, gynécologue-obstétricien, a été initié en 1974 au sein de la GLDF dans la Respectable Loge Erwin de Steinbach à Strasbourg en Alsace. Devenu VM de sa Loge puis député il a été également membre fondateur de la Respectable Loge Lumière et Amour à Strasbourg et Vénérable Maître fondateur de la Loge La Rosace Initiatique toujours à Strasbourg.

Erwin de Steinbach travaillant sur son œuvre.

Il en est toujours le député. Élu au Conseil fédéral pour la première fois en 1997, devenu Grand Expert adjoint cette même année, il a été Grand Expert de 1998 à 2000. Il redeviendra Grand Expert adjoint en juin 2006 puis sera élu Grand Expert de juin 2007 à juin 2009 lors du mandat d’Alain Graesel. Il est membre de le Respectable Loge de recherche nationale Marquis de La Fayette à Paris.

Auteur de nombreux ouvrages sur les Rituels et l’histoire des Rituels, il fut membre permanent de la Commission paritaire de l’harmonisation des Rituels de septembre 2009 à juin 2017.

Alain Graesel.

**Alain Graesel, né en 1949, a été professeur des universités associé dans une Grande École Nationale d’ingénieurs et conseil dans l’industrie. Initié en 1984 dans la Loge Alliance et Humanisme en Lorraine, il en est devenu VM puis député et a créé la première Journée d’études maçonniques de sa région en 1995.

Élu au Conseil fédéral pour la première fois en 1996, Grand-Maître adjoint à trois reprises, il sera Grand-Maître de la GLDF de 2006 à 2009. Il deviendra ensuite Président de la Confédération Internationale des Grandes Loges Unies (2010 à 2020). En 2004 il a été nommé Président des « Journées de ROYAUMONT – Pierre SIMON » à l’initiative du Grand-Maître Pierre SIMON (1925 – 2008), leur Président fondateur.

Auteur de La Grande Loge de France (Trois éditions dans la collection « Que sais-je ? » aux PUF) il est également auteur de nombreux articles dans PVI, la revue de la GLDF. Il a donné près de 260 conférences publiques. Alain Graesel est aussi contributeur à 450.fm, en charge de la rubrique « Miroir des spiritualités ».

Initiation au Ier degré du Rite Écossais Ancien et Accepté

Michel Gerhart-Alain GraeselPréface de Thierry Zaveroni, Grand Maître de la Grande Loge de FranceÉditions Numérilivre, 2023, 144 pages, 20 €

À commander, en ligne, chez Numérilivre

Contact : Tel. 01.39.57.00.23 6 Courriel : numerilivre@numerilivre.fr

Pourquoi la dernière condamnation pontificale de la franc-maçonnerie ?

Mais quelle mouche a donc piqué le pape François pour approuver, le 13 novembre 2023, les conclusions du dicastère pour la doctrine de la foi* rappelant une interdiction vieille de plus de trois siècles, à savoir l’incompatibilité absolue entre le fait d’être catholique et celui d’appartenir à la franc-maçonnerie ?

Siège du Dicastère pour la Doctrine de la foi

À l’heure où la situation militaire et diplomatique est particulièrement tendue dans le monde, où le réchauffement climatique menace certaines zones géographiques parmi les plus fragiles, où les fondamentalismes communautaristes gangrènent la société, on se demande, en effet, s’il n’y avait rien de mieux à faire que ce rappel anachronique, sorti comme un diable de sa boîte, nous renvoyant à l’anticléricalisme et, son jumeau, l’antimaçonnisme, des beaux jours de la III° République !

Le pape François pense-t-il sincèrement que la franc-maçonnerie est toujours la synagogue de Satan ? Et que ses membres n’ont rien de mieux à faire qu’à conspirer contre l’Église de Rome ? Même son prédécesseur, le pourtant très conservateur Benoît XVI n’avait pas osé prendre une telle position sur le sujet, estimant, sans doute, en son for intérieur, qu’il était plus sage de se taire que de feindre ignorer que la franc-maçonnerie est, d’abord, une spiritualité aussi honorable que les autres et que, à ce titre, elle respecte toutes les spiritualités, tout en interdisant formellement, du moins au sein de la Grande Loge de France à laquelle appartient l’auteur de ces lignes, les discussions politiques et religieuses dans ses loges.

Chacun le sait, non seulement la franc-maçonnerie est d’origine chrétienne, fut-elle fortement teintée de judaïsme et plus encore de protestantisme, mais encore que nombre de ses membres sont chrétiens, croyants ou pratiquants et parfois les deux. Il existe une franc-maçonnerie imposant à ses membres la croyance en Dieu et en l’immortalité de l’âme et une autre leur demandant seulement d’accepter le concept d’un Grand Architecte de l’Univers dans lequel chacun met ce qu’il veut, son Dieu s’il en a un, le principe de son choix s’il n’en a pas. De surcroît, en ce qui concerne la Grande Loge de France, il y a beau temps que des contacts, souvent fructueux, ont été noués entre autorités catholiques et dirigeants de l’Obédience, parmi lesquels, dans les années 1970, Mgr Pézéril, évêque auxiliaire de Paris, reçu solennellement rue Puteaux, à qui le Grand-Maître Pierre Simon, lança ce mot qui fit date : les francs-maçons souhaitent qu’avec l’Église catholique romaine, de même qu’avec les autres églises, les autres confessions, les autres philosophies, tous les hommes de raison véritable s’enrôlent dans le parti du sens contre celui de l’absurde, ce qui revient à dire, dans notre langage maçonnique, travailler à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers.

Le pape François se situe-t-il sur la même ligne que Pie XII, à qui les écrivains Albert Lantoine et Oswald Wirth, dignitaires de la Grande Loge de France, avaient adressé, en 1937 une lettre publique lui demandant d’unifier derrière lui toutes les spiritualités, qu’elles fussent religieuses ou maçonniques, contre les dictatures nazies, fascistes et staliniennes, et qui, pourtant, n’avait pas cru bon de leur répondre ? Ce même Oswald Wirth, encore, à qui Jules Romains, l’ayant pris comme modèle pour camper le personnage du franc-maçon Lengnau, dans le tome VI de ses Hommes de Bonne Volonté, lui fait dire, dans un audacieux parallèle entre catholiques et francs-maçons : nous sommes, eux et nous les soldats de l’universel et aussi du spirituel… Les différences métaphysiques peuvent s’arranger. Pourquoi leur Dieu ne pourrait-il pas tolérer notre jeune Architecte ? Il n’a qu’à lui laisser ce monde-ci et garder pour lui l’autre monde 

En lisant les termes du rappel récemment approuvé par Rome, on se perd en conjectures quant à la finalité de cette décision. À moins de tenter une explication qui nous permettra, peut-être, de la comprendre. Le pape François est un jésuite, hériter d’une tradition propre à son ordre, c’est son droit. Et quels ont été, dans le passé, les plus grands ennemis des jésuites sinon les jansénistes ? Ces jansénistes particulièrement attachés, depuis Port-Royal, au gallicanisme, c’est à dire à l’organisation d’un clergé national indépendant, et parfois hostile, à l’autorité pontificale. Or les petits-fils des Jansénistes du règne de Louis XIV ont été les francs-maçons de celui de Louis XV, plus particulièrement au sein du Parlement de Paris, qui refusa d’enregistrer la bulle In Eminenti Apostoletus Speculata, fulminée par Clément XII, le 28 avril 1738, première d’une très longue série condamnant la franc-maçonnerie et la rendant, de ce fait, inopérante en France. Ceux-là même, encore, que le cardinal de Fleury confondait avec les francs-maçons et qui, négocièrent avec le principal ministre, Choiseul, l’acceptation de sa politique, à la condition … d’expulser les jésuites de France, ce qui fut fait. De surcroît, ce qu’il restait des jansénistes, à la fin du XVIII° siècle, a approuvé la constitution civile du clergé, car justement conforme à la tradition gallicane. De là, l’idée, émise par l’abbé Augustin Barruel, franc-maçon repenti mais vrai jésuite, d’attribuer aux francs-maçons un complot ayant fomenté la Révolution, dans ses célèbres Mémoires pour servir l’Histoire du Jacobinisme, édités de 1797 à 1799, à laquelle les esprits faibles continuent de croire les yeux fermés, même si elle est, non seulement infondée, mais encore absurde, puisqu’il y eut autant de francs-maçons du côté de la Révolution que de la contre-révolution, que la franc-maçonnerie n’y joua pratiquement aucun rôle et que même, elle dut cesser ses travaux sous la terreur.

La énième condamnation pontificale de 2023 serait-elle, tout simplement, l’ultime règlement de compte entre les jésuites et les jansénistes, à l’heure où on croyait ce genre de querelle éteinte ? Le lecteur tranchera. En attendant, aucune Obédience maçonnique n’interdira à ses membres d’être catholiques, en vertu de ce qu’on appelle la tolérance, un principe, semble-t-il, toujours inconnu au sein de l’Église catholique et apostolique romaine.

Jean-Pierre Thomas

Víctor Manuel Fernández Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi

**Le Dicastère pour la Doctrine de la foi ou DDF (auparavant Congrégation pour la Doctrine de la foi) est l’une des neuf congrégations actuelles de la Curie romaine. Il a remplacé en 1965 la Sacrée congrégation du Saint-Office, qui a elle-même succédé à l’Inquisition romaine (de son nom complet « Sacrée Congrégation de l’Inquisition romaine et universelle ») instaurée initialement pour combattre les hérésies et les apostasies. Il possède un rôle fondamental au sein de l’Église catholique avec pour mission de « promouvoir et de protéger la doctrine et les mœurs conformes à la foi dans tout le monde catholique ».

Lieu symbolique : « Lo llevo bien », Plaza de España à Santa Cruz de Tenerife (Îles Canaries)

« Je vais bien », telle est la traduction de « Lo llevo bien », une sculpture de Julio Nieto. Qui peut aussi se traduire par « Je m’en sors bien », « Je me porte bien » ou encore « Je m’en sors bien ».

Créée en 2014, elle est dans le style expressionniste. Un style généralement compris comme la déformation de la réalité pour exprimer la nature et l’être humain d’une manière plus subjective , en donnant la primauté à l’expression des sentiments plutôt qu’à la description objective de la réalité. Ainsi compris, l’expressionnisme peut être extrapolé à n’importe quelle période et n’importe quel espace géographique.

« Je vais bien » est le nom d’une sculpture de l’artiste basque basé à Tenerife , Julio Nieto, située sur la Plaza de España à Santa Cruz de Tenerife* (îles Canaries**). Il s’agit d’une pièce à l’apparence d’un homme en forme d’arbre qui symbolise « l’optimisme de l’être humain, qui, malgré toutes ses pensées, s’entend bien ».

Son histoire

Il s’agit d’une pièce en acier inoxydable. En métallurgie, l’acier inoxydable est défini comme un alliage d’acier contenant au minimum 10 à 12 % de chrome en masse, mais peut également contenir d’autres métaux , tels que le molybdène , le nickel et le tungstène.

De cinq mètres de haut et pesant 450 kilos, la sculpture a été initialement exposée provisoirement autour de la Plaza de España dans la capitale de Tenerife en 2014, lors d’une exposition de rue.​ Au cours de celle-ci, de nombreux citoyens ont exprimé leur souhait que la sculpture reste définitivement dans la ville. En fait, les habitants de Santa Cruz ont commencé à collecter des fonds, via une plateforme Facebook , pour pouvoir l’acheter et le laisser dans la ville. L’objectif n’a cependant pas été atteint et la sculpture a quitté Santa Cruz de Tenerife et a été déplacée dans plusieurs galeries d’art dans différentes villes du monde comme Madrid, Barcelone, Baltimore, Miami, Krefeld et New York.

Plus tard, le fils du pilote automobile Juan Fernández García , étroitement lié à Tenerife , a acquis la sculpture et en a fait don à la ville en mémoire de son père décédé. La sculpture « Je me porte bien » a de nouveau été installée au centre de la Plaza de España à côté de son lac artificiel en décembre 2021, et a été inaugurée le 15 du même mois. Depuis lors, elle est devenue l’une des icônes les plus reconnues autour de la Plaza de España et de la ville de Santa Cruz de Tenerife elle-même.

Son symbolisme

La sculpture, en forme d’arbre humanisé, est une réinterprétation contemporaine de l’idée de l’ Atlas , mais soutenant le monde des pensées humaines, représenté par les 21 reflets situés dans les branches de l’arbre. À la base de la sculpture se trouvent les noms des citoyens qui ont contribué par leurs dons pour que l’œuvre reste dans la ville. De plus, au pied du monument se trouve du sable provenant de l’ éruption volcanique de La Palma de 2021. Selon les mots de l’auteur de l’autre : ― «J’ai rempli la base de l’arbre de pyroclastes poussant parmi la lave et cela veut être un geste d’espoir et d’encouragement pour les palmiers ».

Julio Nieto, une œuvre, un artiste

Né en 1964, à Durango en Bizcay (Espagne), Julio Nieto est un artiste aux multiples facettes, dont les talents divers comprennent la poésie, la performance, l’installation et le design, qui semblent culminer dans ses sculptures théâtrales en acier à grande échelle. Nieto est un conteur qui a de sages messages à partager. Ses sculptures sont son véhicule, évoquant un esprit de découverte et d’illumination magique. Les œuvres de Nieto ont été installées sur les places publiques de plusieurs villes espagnoles et ont reçu un accueil très favorable.

Julio Nieto

L’artiste, né au Pays basque et résidant aujourd’hui à Ténériffe, a exposé dans de nombreuses galeries et foires d’art en Europe et aux États-Unis. Après avoir reçu la distinction honorifique de Puerto de la Cruz, il a été choisi pour représenter les îles Canaries à l’Expo 2008 de Saragosse. Plusieurs prix d’art et de design ont ensuite été décernés.

La stimulation de l’imagination du public, la communication et le dialogue au sein d’un large échantillon de la société sont au cœur d’une grande partie de l’art de Nieto, comme avec son projet « Metal Skin, Street Sculpture », une collection de sept immenses sculptures extérieures qui ont parcouru l’Espagne dans le but de réinventer les espaces publics. Il s’agit d’un cadre idéal pour promouvoir la coexistence multiculturelle et la conversation entre les habitants.

Escudo de Santa Cruz de Tenerife

*Santa Cruz de Tenerife est une ville et une municipalité d’Espagne, capitale de la province du même nom , de l’île de Tenerife et de la communauté autonome des îles Canaries (avec Las Palmas de Gran Canaria). Elle compte, en 2023, 209 395 habitants et est située au nord-est de l’île de Tenerife.

Fondée le 3 mai 1494 comme royale de conquête, elle fut entre 1833 et 1927 de jure la seule capitale des îles Canaries (étant ainsi la seule ville canarienne à détenir officiellement ce titre), jusqu’à ce qu’en 1927 un décret établisse que la capitale de l’archipel est partagée avec Las Palmas de Gran Canaria. En 1803, Carlos IV signa le décret royal par lequel le privilège de Villa Exenta fut conféré et les titres furent modifiés en utilisant les formules « Très Noble » et « Invicta ». Dans l’ensemble, la ville est devenue la « Villa, Port et Place Très Noble, Loyale et Invicta de Santa Cruz de Santiago de Tenerife ».

Escudo de Canarias.

**Les îles Canaries sont un archipel espagnol au large de la côte nord-ouest de l’Afrique. Des îles volcaniques au relief escarpé connues pour leurs plages de sable noir et de sable blanc. Tenerife, la plus grande île, est dominée par le pic du Teide, volcan encore actif et parfois enneigé, qui possède son propre observatoire astronomique et appartient au parc national du Teide. C’est à Santa Cruz de Tenerife, la capitale, qu’a lieu un grand carnaval qui précède le carême.

Sculpture « Lo llevo bien » – Photos © Yonnel Ghernaouti, YG

L’histoire de l’ingénieux chevalier sans armure

Que l’on soit initié ou que l’on prenne une charge en franc-maçonnerie, si on sait des choses parce qu’on a lu ou que l’on s’est renseigné, il n’en demeure pas moins qu’on ne « connait » encore rien à l’affaire. Là réside le Secret de l’Œuvre : sortir de sa zone ce confort et entrer dans l’âge du « faire » car pour forger son « Art-mûre » l’Initié devra suivre la « Voi(e)(x) » de l’inconnu et explorer ses dimensions jusqu’à son « épis-centre » devenant l’unité, l’échelle, le cartographe, la mémoire et l’explorateur de son territoire.

« Gloire au Travail ! » nous scandent certains Rituels. Certes, cette injonction glorifie le Travail mais on peut aussi entendre que lorsque nous agissons c’est la « Gloire qui est au Travail ». Ceci sous-entend peut-être de notre part une certaine confiance dans l’inconnu, « l’Un-pensé de la Voi(e)(x) Initiatique » elle-même. Dans cet aiôn qu’est la Vie, si nous lui donnons de ce que nous avons peut-être de plus précieux : notre Temps (chronos), elle nous répond parfois en nous offrant des Moments (kaïros) à l’intérieur de nos vies « urbi et orbi ».

Les ordres d'architecture par Stefan von Nemau
Les ordres d’architecture – Aquarelle, encre et collage sur papier – 36 x 51 cm – Novembre 2020 – Stefan von Nemau

L’union fait la Force

Il y a six hivers, débutait ma prise en charge de l’éveil des Compagnons. Cependant, il y avait un symbole de ce Degré dont je n’avais pas encore perçu la dimension ésotérique : les ordres d’architecture. Afin de pallier à ce sentiment d’illégitimité (comment prétendre enseigner si on ne sait pas tout ?) j’ai choisi de travailler ce sujet avec eux, à six on va plus loin que tout seul. C’est grâce à eux que j’ai découvert que la « trans-mission » n’est pas un « en-saignement » mais la révélation d’une connaissance.

Je me suis rendu compte que nos symboles nous sont présentés dans un certain ordre lors de nos cérémonies. Cependant nous sommes des altérités en rencontre. Aussi, pour que chacun y puise ce dont il a besoin peut-être était-il possible de les combiner, les assembler dans une sorte de Codex que nous pourrions saisir et manipuler afin de trouver notre propre Chemin vers la Lumière dans la Loge d’abord puis se mettre en capacité de recevoir au dehors la Lumière sacrée de la Vie ?

Le codex de l’ingénieux Chevalier (détail) – Stefan von Nemau

L’ingénieux chevalier

Au Rite Écossais Ancien et Accepté un des Voyages est consacré aux 5 ordres d’architecture. De prime abord nous pourrions simplement penser que la Franc-maçonnerie ayant pour imaginaire une filiation directe avec les bâtisseurs de cathédrale c’est pour leur rendre hommage et célébrer leur travail que ces symboles seraient là.

A l’intérieur de nos Loges nous avons trois colonnettes supportant nos Étoiles. Oswald Wirth et Jules Boucher n’étant pas d’accord sur l’ordre architectural a attribué sur chaque colonnette, je pense qu’il est important de bien connaître les usages de son rite afin d’éventuellement pouvoir développer et argumenter une réflexion personnelle à ce sujet, un « Secret se cherche ».

Pour ma part, le fait qu’ils évacuent d’un revers de phrase deux ordres sur les cinq présentés m’invite à trouver mon propre chemin.

Ainsi, en observant les cinq compagnons que j’avais en charge, j’ai remarqué que s’ils se rassemblaient autour d’une réflexion commune avec la même méthode ils n’en étaient pas moins tous différents. Leurs tessitures, leurs besoins, leurs envies, leurs appétences n’étaient pas les mêmes. Mes questionnements devaient donc être adaptés à chacun afin que, futurs Maîtres, ils puissent trouver leurs propres voix et continuer d’enrichir la Loge de leurs différences.

L'ingénieux chevalier par Stefan von Nemau
L’ingénieux Chevalier – Aquarelle, encre et collage sur papier – 36 x 51 cm – Octobre 2022 – Stefan von Nemau

De là m’est venu l’axe central de mon « pas-de-côté » : l’intuition de sortir de la doxa du rituel commun qu’ils venaient de vivre et qui sert de base à tous pour leur proposer des ouvertures en associant tel symbole avec tel autre pour l’un et en agissant ainsi différemment pour chacun. C’est ainsi que selon les appétences de chacun leurs savoirs se sont étendus. Charge à eux de ramener au centre du Tapis de Loge ce qu’ils avaient trouvé et de partager dans un élan commun ces connaissances devenant « Co-naissance ».

Ainsi s’adapter, c’est répondre à l’appel de la liberté de re-création de chacun dans un cadre commun. La rencontre de ces « ça-voir » a permis d’élargir les connaissances de tous, y compris les miennes. Les critiques constructives qui suivirent permirent à chacun de trouver son centre de gravité, de se rassurer, de s’entre-aider, de vivre une altérité adogmatique apaisée en « deux-venant ».

Si la Voie Initiatique est une démarche individuelle, elle prend tout son sens dans la rencontre de l’altérité, sortir du « même », de soi, pour aller vers l’autre, le différent, « l’étrange étranger » qui pourtant s’assoit à côté de moi durant la Tenue mais aussi celui du dehors.

Freidrich Nietzsche

Orbi : fragment d’un journal initiatique

Durant cet hiver-là, j’ai rencontré des jours sombres comme des nuits. De ces journées où l’on a besoin de changer d’univers après avoir écouté les malheurs du monde. Je me suis rendu dans la librairie que je préfère. Elle ne présente pas d’ouvrage maçonnique certes, mais elle est un athanor de la pensée où l’altérité se rencontre. Dans cet athanor où les arts libéraux s’expriment librement tous mes sens sont en éveil. Dans cet égrégore, les « lignes ancrées » dans le papiers deviennent des murmures, des tracés et des couleurs que je peux invisiblement percevoir. Ce sont des sources d’apaisement pour mes sens surréalistes toujours en éveil, mes « hasards objectifs » créateurs « dit-mages ».

Ce jour là, une des libraires m’a souri. Un vrai sourire d’humain à humain, sans geste commercial assorti… et ce sourire m’a touché… sourire Lumière au travers du sténopé de mon regard… un « Sourire-Rencontre », une altérité touchant mon humanité. Ce jour là j’avais vraiment besoin de cela et la Voie Initiatique, par cette Lumière de « l’une », me l’a donné… si suivant l’adage populaire « on est riche de ce que l’on donne » alors le Don est Transmission et la Transmission devient abondance.

Contre l’instinct de mort, la pulsion de Vie

Ainsi l’ordre de présentation de nos symboles n’est que proposition. Il forme un abécédaire du Chemin Initiatique. Il appartient à chacun de s’en saisir et d’écrire ses mots, ses propres mots ramenés de l’ambre de l’oubli. Ces mots qui retrouvés et rassemblés vaincront les maux j’en suis convaincu, je l’ai vécu.

Par le Travail l’épure se forme et nous pouvons les conjuguer avec la pulsion de Vie, celle qui réunit l’intérieur et l’extérieur, l’élan de la re-création. Un pas après l’autre nous devenons des ingénieux chevaliers dont les armures ne rouillent que si on ne s’en sert pas mais qu’il convient toutefois d’enlever de temps en temps, au cœur de cet endroit sûr et sacré, cet endroit où parfois rayonne la Gloire.

Initiare, transmettre la Lumière – Photoplastique – Tirage argentique – 40 x 30 cm – Edition de 30 – 2017 – Stefan von Nemau (La verticalité profonde de la murène, l’horizontalité de la nage du manchot, les deux impétrants recevant la Lumière donnée par l’hippocampe, les Lumières de l’accompli et de l’inaccompli)…

Six hivers plus tard : le vide-plein de l’ingénieux chevalier dans l’Art-mûre

Six hivers plus tard, je suis Vénérable Maître de ma Loge. Si je tire ma légitimité d’une élection dont le score ferait pâlir de jalousie un certain Vladimir, je marche dans et vers l’inconnu. Et même si je ne suis pas solitaire car l’ensemble fait corps et les anciens m’aident et me soutiennent, je suis le seul à porter, utiliser et servir l’Épée Flamboyante.

Il y a peu j’ai transmis la Lumière. Ce soir d’hiver-là, durant cet aiôn qu’est la traversée des Fleuves, j’ai été transpercé par la Lumière: celle que l’on perçoit, celle que l’on reçoit, celle que l’on donne, celle que l’on transmet ; celle qui transmute le Néant insondable du Cœur de la Nuit en une Aube radieuse, en Espérance immanente et transcendante dans le regard du nouvel Initié.

L’expérience de la Gloire du « vide-plein » fût pour moi aussi une Initiation. Je me suis senti à la fois corpuscule et vibration… et, dans ce cantique du quantique, pour une fois, les mots me manquent. Le « Secret se taire »« l’armure s’éthère » dans la « Voie de l’Art-mûre ».

William Blake – Mariage du ciel et de l’enfer

Six hivers plus tard, orbi : fragment d’un journal initiatique…

Quelques jours après cette Épreuve, je suis retourné dans ma « librairie-athanor ». La « libre-ère » avait réussi à me trouver un livre sur William Blake que l’on m’assurait épuisé. Dans le message téléphonique qu’elle m’avait laissé je n’avais pas saisi son prénom, aussi osais-le lui demander pour la toute première fois depuis six ans. Elle m’a répondu « Ma mère m’a toujours dit : demander n’est pas voler. Mon prénom est rare, dans ma langue il signifie Gloire au sens spirituel du mot ». Je ne vous le communiquerai pas par délicatesse et parce que… le Secret « se rend-contre »

Dans ce cantique du quantique qu’est cette traversée de la fente de Young, durant ce moment « numineux », par la Parole de « Lune » l’Initié et l’Ignitié furent ainsi rassemblés, corpuscule et vibration.

Au moment de clore ce fragment d’un journal initiatique, une dernière boucle temporelle s’ouvre devant moi et je choisis de la partager avec vous car elle a éclairé mon chemin depuis 30 ans. J’ai repensé à mes jeunes années de policier, la nuit, dans les bas-fonds du 19° arrondissement de Paris. Nous connaissions une jeune femme toxicomane de mon âge environ. Elle dépérissait à vue d’œil et se prostituait pour pouvoir acheter ses doses. Un soir qu’elle errait en quête d’une dose de crack avec une lampe frontale trop grosse pour elle allumée sur son front, et parce que je lui demandais la raison de cette lampe, elle a répondu : « Oh… tu sais… je touche le fond alors autant avoir un peu de lumière ».

Avec le recul du temps et de la Voie parcourue, je vois là aussi, une manifestation de la Gloire au Travail. J’avais une vingtaine d’années et même si mon histoire particulière m’avait déjà donné une vision symbolique de l’invisible, je n’étais pas en capacité de « perce-voir » ce moment de Gloire au cœur de la nuit de la tragédie humaine. Le « Secret est Grâce, il se révèle ».

François Cheng – Enfin le Royaume

De retour en Ithaque…

Au sortir de cette aventure l’armure de l’ingénieux chevalier s’est éthérée en me confirmant que si l’usage assène l’injonction « Gloire au travail ! » il faut aussi entendre : « Façonne-toi, marche, explore, libère-toi, rectifie et vérifie, c’est ainsi que la Gloire est au Travail, c’est ainsi que l’armure devient Art-mûre ».

Entre le Sublime de la Chute et l’horizontalité de la Beauté il appartient à chacun de trouver son architecture, son altitude, son expérience, son « Se-crée » et d’explorer les arcanes du vaste Monde, à la mesure de ses ailes. Le « Secret relève et élève ».

William Blake
L’Ancien des Jours – Urizen – Eau forte et aquarelle – 23,3 x 16,8 cm – 1794 – William Blake

Lire aussi:

Cantique du Quantique pour un franc-maçon par Solange Sudarskis

Moi vs Moi : Analyse d’une double nature (Part 1)

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Bienvenue dans le voyage introspectif de « Moi vs Moi ». Imaginez un monde où votre existence est une danse délicate entre votre être intérieur et extérieur. Cette dualité, à la fois fascinante et mystérieuse, forme le fondement de notre exploration. Découvrons ensemble les dimensions cachées de notre être.

Nous avons tous, à un moment ou à un autre de notre vie, vécu cette prise de conscience de notre moi intérieur. De cette possibilité de parler, chanter, crier en soi-même, sans que personne ne nous entende ni ne nous réponde. Pourtant, elle est bien là, cette pensée qui nous anime, qui est en harmonie avec les sons qui sortent de notre bouche, avec notre corps, et qui parfois se décale de nos actes. Ce que je dis et fais n’est pas ce que je pense. Alors, ai-je une double personnalité ? Suis-je un être intérieur et un autre extérieur qui cohabitent ? Suis-je un être double ? Autant de questions qui suscitent bien des réponses, qui varient selon les perspectives psychologiques, philosophiques ou spirituelles.

Qu’est-ce qui fait que nous avons cette impression de dualité entre notre pensée et notre expression ? Est-ce le résultat de notre éducation, de notre culture, de notre environnement ? Est-ce une façon de nous protéger, de nous adapter, de nous conformer ? Est-ce une source de conflit, de frustration, de mal-être ? Ou au contraire, est-ce une richesse, une diversité, une créativité ?

Peut-être que nous ne sommes pas vraiment doubles, mais multiples. Peut-être que nous avons en nous plusieurs facettes, plusieurs voix, plusieurs identités, qui s’expriment selon les situations, les émotions, les relations. Peut-être que nous pouvons apprendre à les reconnaître, à les écouter, à les harmoniser. Peut-être que nous pouvons être nous-mêmes, tout en étant différents.

Dans ce voyage introspectif, je vous convie à une exploration, une quête qui transcende les frontières entre notre moi intérieur et extérieur. L’image de cette existence comme une danse évoque une harmonie en constante évolution entre nos pensées, nos émotions, et le monde qui nous entoure. Cette dualité constitue la toile de fond de cette aventure, un terrain fertile où naissent les questions essentielles sur la nature de notre existence.

Les Fondements Philosophiques de la Dualité :

Immergeons-nous profondément dans l’immensité des pensées émanant de philosophes éminents et d’autres figures marquantes de la pensée humaine, qui, au cours des siècles ont décortiqués les intrications de leurs visions complexes, jetant ainsi les fondations pour notre propre quête intellectuelle.

Les pythagoriciens, qui sont peut-être les plus anciens philosophes d’Occident, sont les premiers qui ont pu être appelés dualistes. Ils ont enseigné que toutes choses sont composées de contraires, et ont distingué l’âme du corps, comme le montre leur théorie de la métempsycose et la formule qui leur est attribuée aussi bien qu’aux orphiques : « Le corps est un tombeau. »

Faisons ici un survol philosophique de la Dualité d’Héraclite à Tollé, de 500 avant J.C. à aujourd’hui :

Héraclite (550 / 480 av. J.C.) Philosophe grec du VIe siècle av. J.-C., a écrit sur la dualité de l’être. Il a proposé que toutes choses sont en constante évolution et que le changement est la seule constante dans l’univers. Héraclite a également exploré la tension entre les contraires, affirmant que les contraires sont complémentaires et interdépendants. Par exemple, il a proposé que la vie et la mort sont deux aspects d’un même phénomène.

Il a également écrit sur la façon dont les contraires peuvent se transformer en leur contraire, créant ainsi une synthèse nouvelle et plus complexe. Cette synthèse est alors à son tour confrontée à une nouvelle contradiction, et le processus se répète. Selon Héraclite, ce processus dialectique est à l’œuvre dans tous les aspects de la vie, de la nature à la culture en passant par la politique.

Aristote (384 / 3332 av. J.C.) a proposé que l’âme et le corps sont deux aspects d’une même substance. Il a écrit sur la façon dont l’âme et le corps interagissent pour créer l’expérience humaine. Aristote a également exploré la distinction entre l’être en tant qu’être et les sciences particulières qui portent sur un genre particulier de l’être. Il a proposé que la sagesse est la science de l’être en tant qu’être, c’est-à-dire de l’être envisagé par où il est être et seulement être, et non « nombre, ligne ou feu ».

Aristote a également écrit sur la puissance et l’acte, affirmant que l’acte est la réalisation de la puissance.

Platon (428 / 347 av. J.C.) Philosophe emblématique de l’Antiquité, a exploré en profondeur la complexité et la dualité intrinsèque de l’âme et du corps dans ses écrits. Il conceptualise le corps comme une entité physique, tangible et mortelle, soumise aux lois de la nature et aux désirs terrestres. En contraste, l’âme est envisagée comme immortelle, éthérée et intangible. Selon Platon, l’âme est prisonnière du corps mais aspire à atteindre un état de pureté et de connaissance supérieure.

Dans cette quête d’élévation spirituelle, l’âme cherche à transcender les limites physiques et temporelles imposées par le corps. Elle s’efforce d’accéder à un monde des idées où règnent vérité absolue et connaissance universelle. Cette dualité entre l’âme aspirant à la liberté et le corps ancré dans le monde matériel crée une tension dynamique qui traverse les œuvres platoniciennes.

Pour Platon, la philosophie devient un outil permettant à l’âme de se libérer des chaînes du corps pour atteindre une illumination spirituelle. À travers la raison, la réflexion critique et le dialogue philosophique socratique, il croit que l’individu peut purifier son âme des impuretés terrestres pour accéder au monde transcendantal des formes parfaites.

René Descartes (1596 / 1650) Philosophe français, a écrit sur la distinction entre l’esprit et le corps et sur la façon dont ces deux éléments interagissent. Dans ses écrits, Descartes propose que l’esprit et le corps sont deux entités distinctes, mais qu’ils interagissent pour créer l’expérience humaine.

Le philosophe a conceptualisé le corps comme une entité physique, tangible et soumise aux lois de la nature. En contraste, l’esprit est envisagé comme immatériel, intangible et capable de pensée. Selon Descartes, l’esprit est la source de la conscience, de la pensée et de la raison, tandis que le corps est responsable des sensations physiques et des mouvements.

Descartes a également écrit sur la façon dont l’esprit et le corps interagissent pour créer l’expérience humaine. Il propose que l’esprit et le corps sont connectés par la glande pinéale, une petite glande située dans le cerveau. Cette glande permet à l’esprit et au corps de communiquer et de coordonner leurs actions.

Baruch Spinoza (1632 / 1677) Philosophe hollandais, est célèbre pour sa philosophie panthéiste qui propose une vision intégrée et unifiée de l’existence. Dans cette perspective, il n’y a pas de séparation stricte entre le divin et le terrestre ; tout est interconnecté dans un tout harmonieux. L’individu n’est pas isolé mais fait partie intégrante de l’univers, participant à son ordre et à sa beauté.

Spinoza nous entraîne dans une contemplation sur la connexion intime entre l’individu et l’univers. Sa vision invite à transcender les frontières traditionnelles entre le divin et le terrestre, offrant une perspective holistique sur la place de l’homme dans l’ensemble de l’existence. Cette vision transcende les limites de la pensée dualiste, où le monde est divisé en deux parties distinctes et séparées. Au lieu de cela, Spinoza propose une vision intégrée de l’existence, où tout est connecté et interdépendant.

Georg Wilhelm Friedrich Hegel (1770 / 1831) Philosophe allemand du XIXe siècle, nous convie à une vision dialectique, où le “Moi” et le “Non-Moi” s’entrelacent dans une danse perpétuelle. À travers cette dialectique complexe, nous naviguons entre les dualités, explorant comment ces forces contraires façonnent notre compréhension du monde et de notre identité individuelle.

Il propose que la dialectique soit un processus de développement continu, où les contradictions sont résolues par la synthèse d’une nouvelle idée. Dans cette vision, le “Moi” et le “Non-Moi” sont deux forces opposées qui s’entrelacent, créant ainsi une tension dynamique. Cette tension est essentielle pour la compréhension de soi et du monde, car elle permet de naviguer entre les dualités et de trouver un équilibre entre les forces opposées.

Hegel a également écrit sur la façon dont les forces opposées peuvent se transformer en leur contraire, créant ainsi une synthèse nouvelle et plus complexe. Cette synthèse est alors à son tour confrontée à une nouvelle contradiction, et le processus se répète. Ce processus dialectique est à l’œuvre dans tous les aspects de la vie, de la nature à la culture en passant par la politique.

Ludwig Feuerbach (1804 / 1872) Philosophe allemand, est reconnu pour avoir initié la théorie de l’aliénation. Sa philosophie nous guide dans une réflexion profonde sur la manière dont la société peut, parfois, éloigner l’individu de son essence authentique. Feuerbach expose les mécanismes par lesquels les structures sociales influent sur notre perception de soi, invitant à une exploration des profondeurs de la condition humaine.

Le philosophe propose que les structures sociales, bien qu’essentielles à l’ordre social, peuvent parfois servir d’entraves à notre réalisation personnelle. Sa philosophie se penche sur les mécanismes complexes par lesquels nous sommes amenés à nous éloigner de notre essence authentique. Il explore comment les normes et attentes sociétales peuvent infiltrer notre conscience, modifiant ainsi nos croyances fondamentales et nos valeurs personnelles.

Feuerbach invite ses lecteurs à une introspection profonde pour dévoiler les couches d’identité superposées par la société. Il encourage une réévaluation des convictions intériorisées afin de se reconnecter avec son soi authentique – un état d’être non altéré par des influences extérieures.

Friedrich Nietzsche (1844 / 1900) Philosophe allemand, a écrit sur la dualité de l’homme et la façon dont les gens peuvent transcender leur nature humaine. Dans ses écrits, Nietzsche a exploré la tension entre l’apollinien et le dionysiaque, deux forces opposées qui coexistent en chaque être humain. L’apollinien représente la raison, la clarté et la mesure, tandis que le dionysiaque représente l’instinct, l’émotion et l’irrationnel. Nietzsche a proposé que la véritable nature de l’homme réside dans la tension entre ces deux forces, et que la transcendance de soi implique de trouver un équilibre entre elles.

Il a également écrit sur la façon dont les gens peuvent transcender leur nature humaine en embrassant leur propre volonté de puissance. Selon lui, la volonté de puissance est la force fondamentale qui anime tous les êtres vivants, et la transcendance de soi implique de reconnaître cette force et de l’utiliser pour atteindre ses objectifs. En embrassant leur propre volonté de puissance, les gens peuvent transcender les limites de leur nature humaine et atteindre des niveaux de créativité, de passion et de réalisation de soi qui étaient auparavant inaccessibles.

Karl Jung (1875 / 1961) quant à lui, a développé la théorie de l’inconscient collectif, qui inclut l’idée d’un “soi” intérieur et extérieur. Selon Jung, l’inconscient collectif est une couche profonde de l’esprit qui contient des archétypes universels et des symboles communs à toutes les cultures. Le “soi” intérieur et extérieur est un concept clé de la psychologie jungienne, qui décrit la relation entre l’individu et l’inconscient collectif.

Jean-Paul Sartre (1905 / 1980) Philosophe existentialiste renommé, a exploré en profondeur la nature complexe de l’existence humaine. Dans ses écrits, il se penche sur la conscience de soi et la perception des autres. Sartre propose que les individus soient constamment en train de se définir et d’être définis par les autres, créant ainsi une tension entre l’existence authentique et les attentes sociales. Il a également écrit sur la liberté et la responsabilité, affirmant que les gens sont libres de choisir leur propre destinée, mais qu’ils doivent également assumer la responsabilité de leurs choix.

Sartre a cherché à comprendre la condition humaine dans toute sa complexité, en explorant les thèmes de la liberté, de la responsabilité et de la conscience de soi. L’existence précède l’essence, ce qui signifie que les individus ne sont pas définis par une essence fixe ou une nature humaine, mais plutôt par leurs choix et leurs actions. Cette idée est au cœur de la philosophie existentialiste de Sartre, qui affirme que les individus sont libres de créer leur propre destinée.

Albert Camus (1913 / 1960) Philosophe et écrivain français, a écrit sur la dualité de l’existence humaine et sur la façon dont les gens peuvent trouver un sens dans un monde absurde. Dans ses écrits, Camus explore la tension entre l’absurdité de la vie et la nécessité de trouver un sens dans cette absurdité.

Camus propose que la vie est absurde, car elle n’a pas de sens intrinsèque. Cependant, il affirme que les gens peuvent trouver un sens dans cette absurdité en embrassant leur propre liberté et en créant leur propre signification. Selon Camus, la vie est pleine de choix, et c’est à chaque individu de décider comment donner un sens à sa propre vie.

Albert Camus a également écrit sur la façon dont les gens peuvent trouver un sens dans la solidarité et la communauté. Il affirme que les gens peuvent transcender leur propre absurdité en se connectant avec les autres et en travaillant ensemble pour créer un monde meilleur. Pour Camus, la solidarité est une réponse à l’absurdité de la vie, car elle permet aux gens de trouver un sens dans leur propre existence en aidant les autres.

Eckhart Tollé, (né en 1945) Guide spirituel contemporain qui éclaire la voie vers la conscience présente. À travers ses enseignements, nous explorons la nécessité de s’éveiller au moment présent, dépassant les tourments de l’esprit pour atteindre une paix intérieure profonde.

Tollé propose que la conscience présente est la clé de la paix intérieure et de la réalisation de soi. Il invite ses lecteurs à se libérer des tourments de l’esprit en se concentrant sur le moment présent, plutôt que de se perdre dans les regrets du passé ou les inquiétudes de l’avenir. En se connectant à la conscience présente, les gens peuvent transcender les limites de leur ego et trouver une paix intérieure profonde.

Pour illustrer cela, voici un exemple pratiqué par Tollé de la conscience présente :

Asseyez-vous confortablement et fermez les yeux. Prenez quelques respirations profondes et concentrez-vous sur votre respiration. Laissez vos pensées passer sans y prêter attention. Concentrez-vous sur les sensations de votre corps et de votre respiration. Si votre esprit commence à errer, ramenez-le doucement à votre respiration. Restez dans cet état de conscience présente aussi longtemps que vous le souhaitez.

D’autres s’y sont approchés tels que :

Martin Heidegger a écrit sur la façon dont les gens se rapportent à leur propre existence et à celle des autres.

Michel Foucault a écrit sur la façon dont les gens sont façonnés par les normes sociales et les structures de pouvoir.

Emmanuel Levinas a écrit sur la façon dont les gens se rapportent à l’autre et sur la façon dont l’autre peut influencer leur propre identité.

Ralph Waldo Emerson a écrit sur la façon dont les gens peuvent trouver leur véritable moi intérieur en se connectant à la nature.

• Søren Kierkegaard a écrit sur la façon dont les gens peuvent trouver leur véritable moi en faisant face à l’angoisse et à l’incertitude.

Cela illustre que ce concept a toujours été un sujet de préoccupation pour les philosophes et les penseurs, qui ont apporté leur propre vision sur ce thème. Les différentes perspectives proposées par ces hommes ont contribué à enrichir notre compréhension de la nature complexe de l’existence humaine et ont permis de développer des approches novatrices pour aborder les questions fondamentales de la vie.

La dualité de l’être est un thème universel qui a inspiré des générations de penseurs à travers les siècles et qui continue de susciter l’intérêt et la curiosité des esprits les plus brillants de notre temps.

> A suivre… partie 2 avec une approche analytique.

Alain Bourguignon / Janvier 2024

08/02/24 : « Enjeux et Perspectives » (GLDF) avec Jean Birnbaum, directeur du « Monde des livres », à Ronchin (59)

Les Rencontres « Enjeux et Perspectives » de la Grande Loge de France (GLDF) sont l’occasion pour les francs-maçons, leurs familles et leurs proches mais aussi tous les amis(ies) profanes d’écouter des invités non-maçons, experts dans leur domaine, partageant leurs savoirs et points de vue sur des sujets variés.

En conférence publique et gratuite, la GLDF vous invite à venir à la rencontre de Jean Birnbaum*, journaliste, essayiste et directeur du « Monde des Livres » –Le #MondeDesLivres, en kiosque chaque semaine avec le quotidien daté du vendredi et chaque jour sur @lemondefr.

Il interviendra sur « Le courage de la nuance », le jeudi 8 février 2024 à 19 h 30 à Ronchin, dans le département du Nord, en région Hauts-de-France, une ville faisant partie de la Métropole européenne de Lille.

*Jean Birnbaum, né en 1974, est un journaliste et essayiste français. Il dirige depuis 2011 Le Monde des livres, supplément hebdomadaire du journal Le Monde.

Il est l’auteur de plusieurs essais, dont deux sont consacrés à la transmission politique entre les générations : Leur jeunesse et la nôtre : l’espérance révolutionnaire au fil des générations, qui étudie le milieu trotskiste et Les Maoccidents : un néoconservatisme à la française, qui porte sur l’évolution d’anciens militants maoïstes vers diverses formes de néoconservatisme. Il a également réalisé le dernier entretien avec le philosophe Jacques Derrida, Apprendre à vivre enfin, publié en 2005.

X, anciennement Twitter Le Monde des livres.

Depuis 2016, Jean Birnbaum dirige Le Monde des livres. Il est aussi l’auteur de plusieurs essais, et notamment d’Un silence religieux-La gauche face au djihadisme (2016, prix Aujourd’hui) dans lequel il dénonce l’attitude d’une partie de la gauche vis-à-vis du terrorisme islamiste.

Il souligne notamment l’absence de réflexion de la gauche sur le religieux, qui lui ôte la possibilité de comprendre le djihadisme d’organisations comme l’État islamique, et son refus de nommer l’adversaire tout en continuant à expliquer le terrorisme « par la misère sociale » et La Religion des faibles-Ce que le djihadisme dit de nous (2018, prix Montaigne).

X, anciennement Twitter Le Monde des livres.

Pour Philippe Foussier, Jean Birnbaum qui « appartient à ce camp – la gauche– », fournit « un constat cruel qui lui vaudra peut-être de rejoindre la catégorie des « pseudo-intellectuels », celle qui se situe juste avant les « néo-réacs », tant il est vrai qu’il est bien vu dans certains milieux de gauche d’exprimer un faible pour le fondamentalisme musulman ». En 2021, il publie Le Courage de la nuance (SEUIL ; POINTS, poche, 2022), un essai visant à réhabiliter la nuance dans le débat politique.

Avec ce livre, Jean Birnbaum veut apporter du réconfort à toutes les femmes, tous les hommes qui refusent la «brutalisation» de notre débat public et qui veulent préserver l’espace d’une discussion aussi franche qu’argumentée. Pour cela, il relit les textes de quelques intellectuels et écrivains qui ne se sont jamais contentés d’opposer l’idéologie à l’idéologie, les slogans aux slogans. Renouer avec Albert Camus, George Orwell, Hannah Arendt, Raymond Aron, Georges Bernanos, Germaine Tillion ou encore Roland Barthes, ce n’est pas seulement trouver refuge auprès de figures aimées, qui permettent de tenir bon, de se tenir bien. C’est surtout retrouver l’espoir et la capacité de proclamer ceci : dans le brouhaha des évidences, il n’y a pas plus radical que la nuance.

[NDLR : Les Rencontres « Enjeux et Perspectives » de la Grande Loge de France (GLDF) sont des événements ou/et des conférences organisés par l’une des principales obédiences maçonniques en France. Elle est connue pour son approche philosophique et spirituelle de la franc-maçonnerie de tradition. Ces rencontres abordent divers sujets d’actualité, des questions philosophiques, éthiques, sociales, ou même politiques, tout en restant dans le cadre de la discrétion et des principes maçonniques.

Grand Temple, Occident, détail.
« Enjeux et Perspectives » rencontrent toujours un énorme succès !

Ici, il s’agit du dernier ouvrage de Jean Birnbaum Le Courage de la nuance, un titre suggérant l’importance de reconnaître, d’apprécier et de défendre la complexité et les subtilités dans divers contextes, qu’ils soient politiques, sociaux, culturels ou intellectuels. Ce concept met en valeur l’idée que dans un monde souvent polarisé où les opinions extrêmes ont tendance à dominer, il est courageux et nécessaire de chercher, de comprendre et de communiquer les nuances et les détails fins qui composent la réalité. Une très belle conférence en perspective. La GLDF vous y attend aussi nombreux que des épis de blé !]

Infos pratiques

Maison des Associations, 3 rond-point des acacias – 59790 RONCHIN

Inscription obligatoire

Site de la Grande Loge de France, Ronchin (Nord)
Site de la Grande Loge de France, Ronchin (Nord)

Alchimie et Diplomatie

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Fulcanelli reste de nos jours l’alchimiste le plus lu, et certainement le moins compris. Ses œuvres, Le Mystère des cathédrales et Les Demeures philosophales, portant sur plus de 800 pages s’ingénient à présenter l’hermétisme du Grand Œuvre. Mais qu’entend-il par là ?

Pourquoi l’architecture est-elle, pour lui, un pré-requis pour décoder les pierres ? Pourquoi les pierres seraient-elles « polyglottes » ? Pourquoi la Cabbale serait une langue universelle utilisée par les alchimistes ? De quelle manière l’art de la diplomatie est un préalable à toute recherche alchimique ?

L’ouvrage répond à ces questions.

Grégoire Brissé a été confronté à l’alchimie opérative dès 1974. Ses expériences réalisées, non sans succès, il laisse le laboratoire pour se consacrer, par la suite, à l’étude des Grands Anciens. Plusieurs traités d’alchimie sont issus de ses recherches, tels que François Cambriel, un alchimiste méconnu du XIXe siècle , les Alchimistes anglais du XVIIe siècle et la naissance de l’empire britannique.

[NDLR : Fulcanelli est un pseudonyme adopté par une figure mystérieuse et toujours non identifiée, largement considérée comme un alchimiste et auteur ésotérique français du début du 20ème siècle. L’identité réelle de Fulcanelli n’a jamais été établie de manière concluante. Fulcanelli est surtout connu pour ses deux livres sur l’alchimie, Le Mystère des Cathédrales publié en 1926 et Les Demeures Philosophales publié en 1930.

Ces livres discutent en profondeur de l’alchimie médiévale, de l’architecture et du symbolisme. Ils sont considérés comme des classiques de la littérature ésotérique. Le travail de Fulcanelli est entouré de mystère, non seulement en raison de sa nature anonyme, mais aussi en raison de la complexité et de l’énigmatisme des sujets qu’il a abordés. Ses écrits suggèrent une compréhension profonde du symbolisme hermétique et alchimique, et ils ont été une source de fascination pour ceux qui s’intéressent à ces sujets.

Il existe de nombreuses théories sur l’identité de Fulcanelli, allant de l’hypothèse qu’il s’agissait d’un individu unique à celle d’un pseudonyme collectif utilisé par un groupe de savants. Malgré de nombreuses enquêtes et spéculations, la véritable identité de Fulcanelli reste l’un des mystères persistants dans le domaine de l’ésotérisme.

Le Mystère des Cathédrales et Les Demeures Philosophales totalisent près de 800 pages et explorent l’hermétisme et le Grand Œuvre, c’est-à-dire la quête de la pierre philosophale et la transformation spirituelle et matérielle.

Dans ses écrits, Fulcanelli suggère que l’architecture médiévale et de la Renaissance, notamment celle des cathédrales, contient un langage codé, à la fois exotérique (ouvert à tous) et ésotérique (secret, accessible seulement aux initiés). Selon lui, ces structures « parlent » et révèlent des vérités cachées sur l’alchimie.

Alchimiste qui tient une fiole dans sa main
La pierre philosophale ?

L’alchimie de Fulcanelli ne se limite pas à la recherche de la pierre philosophale (ou Élixir) ; elle inclut aussi une dimension linguistique et diplomatique, qu’il appelle la « langue des diplomates ». Cette dimension semble liée à une forme de diplomatie secrète ou de sociétés secrètes, comme la franc-maçonnerie internationale.

Grégoire Brissé, son dernier opus, chez DERVY, une marque du Groupe Guy Trédaniel.

Fulcanelli suggère que l’alchimie, au-delà de ses aspects métaphysiques et chimiques, joue un rôle politique et diplomatique, particulièrement en ce qui concerne les enjeux de son époque, notamment la guerre et les troubles politiques en France au début du XXe siècle. Il voit dans l’alchimie un moyen de restaurer un certain ordre du monde qu’il perçoit comme menacé.

Grégoire Brissé est déjà connu pour nous avoir offert un très beau Traité de la voie sèche-Alchimie (Le Mercure Dauphinois, 2016). L’auteur a été dès 1974 alors banal étudiant en faculté, confronté à l’âpre pratique du laboratoire et a pu dès 1976, formuler les prémices de sa vision théorique de l’alchimie. Pendant trente années il a vérifié la coïncidence de ses découvertes avec celles de la tradition alchimique jusqu’à ce qu’il réalise qu’il n’avait rien inventé mais simplement accédé, un jour, à sa vraie définition.  Plusieurs traités d’alchimie sont issus de ses recherches, tels que François Cambriel, un alchimiste méconnu du XIXe siècle (Éd. du Cosmogone, 2021) ou encore Les Alchimistes anglais du XVIIe siècle et la naissance de l’Empire britannique (DERVY, 2023).]

La GLUA déboutée de sa demande de remboursement de TVA pour 2,83 millions de £

De notre confrère Accountancy Daily

Les francs-maçons dits « réguliers et de tradition » de la Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA) perdent une affaire de TVA de 2,8 millions de livres sterling. En effet, la plus ancienne Grande Loge des francs-maçons du monde a été déboutée de sa demande de remboursement de la TVA pour un montant de 2,83 millions de livres sterling au titre des frais d’adhésion, l’objectif premier n’étant pas philanthropique.

La Grande Loge a un revenu annuel d’environ 13 millions de livres, dont 9 millions proviennent des cotisations des membres et de la location de salles. Les deux réclamations portent sur les années 2014 et 2018 et totalisent 2,83 millions de livres sterling en remboursement de la TVA sur les cotisations des membres.

La Grande Loge, fondée en 1717, est le plus grand organe représentatif de la franc-maçonnerie au Royaume-Uni avec 175 000 membres. Elle dispose d’un actif net de 70 millions de livres sterling et emploie 90 personnes, en tant qu’organisation à but non lucratif.

À l’origine, la Grande Loge a fait appel auprès du First Tier Tribunal (FTT) en faisant valoir que l’organisation était exonérée des charges de TVA en vertu de l’article 132(1)(1) de la directive du Conseil 2006/112/VAT (PVD). Cette exonération s’applique aux organisations dont les objectifs sont de nature philosophique, philanthropique ou civique.

Le tribunal a rejeté les deux demandes pour les périodes de TVA 06/10-03/18, déclarant que l’organisation avait plus d’un « objectif principal » et n’était pas uniquement philanthropique.

La TTF a déclaré : « Il importe peu que l’octroi d’une aide soit considéré comme ayant deux objectifs, l’un philanthropique et l’autre non philanthropique, ou, au contraire, comme un objectif unique qui est un mélange d’activités philanthropiques et non philanthropiques. Dans les deux cas, j’estime que l’UGLE avait un objectif principal qui n’était pas « philanthropique » au sens de l’article 132, paragraphe 1, point l).

Devant l’Upper Tribunal, les juges ont déclaré que « la FTT s’est trompée en droit en n’appliquant pas le sens ordinaire du mot et en adoptant à la place un sens trop étroit du terme « philanthropique » ».

Grand Temple, Freemason’s Hall.

La Grande Loge a affirmé que son objectif principal était philosophique et que tous les autres objectifs devaient être considérés comme étant « au service de cet objectif ». Owain Thomas KC a fait valoir que « l’aide fait partie intégrante de l’objectif philosophique ».

En réponse, le HMRC a fait valoir ce qui suit : Bien que l’appelant ait affirmé dans son argumentation devant la TTF que son objectif philosophique était plus important que tout autre, il s’agissait d’une affirmation de fait et non d’une affirmation de droit. L’affaire plaidée dans ses motifs d’appel réamendés était le contraire ».

L’UT a décidé que si, entre 2010 et 2018, la Loge avait un objectif principal consistant à être philosophique, philanthropique et civique, l’affaire irait en faveur de la Loge. Dans le cas contraire, la décision irait dans l’autre sens.

L’appel a été rejeté par l’Upper Tribunal, qui a conclu : Nous considérons qu’il existe une différence qualitative entre les organisations qui collectent et distribuent des fonds pour des groupes de personnes identifiés et une organisation qui collecte des fonds auprès des membres qui constituent cette organisation dans le but de redistribuer une grande partie des fonds (par le biais d’avantages procurés par eux) à certains de ces membres et aux personnes à charge de ces membres.

Cela ne peut être considéré comme de la philanthropie au sens de la bienveillance envers le monde en général, de l’amour de l’humanité, etc. Nous rejetons donc l’argument selon lequel la TTF a appliqué une interprétation trop étroite du terme « philanthropique ».

Un porte-parole du HMRC a déclaré : « Nous nous félicitons de la décision de l’Upper Tribunal selon laquelle les revenus des membres de la Grande Loge Unie d’Angleterre sont considérés comme normaux aux fins de la TVA.

[NDLR : Avec un euro à 1,17 les 2,83 millions de £ représentent 3 300 000 euros. Mais revenons sur l’histoire de la Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA), institution clé dans l’histoire de la franc-maçonnerie.

La franc-maçonnerie, sous sa forme organisée, remonte au début du XVIIIe siècle en Angleterre. Les premières loges maçonniques étaient souvent des assemblées informelles de maçons opératifs (les bâtisseurs de l’époque). Au fil du temps, ces loges ont commencé à accepter des membres qui n’étaient pas des maçons de métier, appelés « maçons acceptés » ou « spéculatifs ».

Auberge Goose and Gridiron « L'Oie et le Grill »
Auberge Goose and Gridiron, « L’Oie et le Grill ».

En 1717, quatre loges de Londres se sont réunies pour former ce qui est souvent considéré comme la première Grande Loge du monde, la Grande Loge de Londres et de Westminster, plus tard connue sous le nom de Grande Loge d’Angleterre. Cette étape marque le début de la franc-maçonnerie moderne.

Au XVIIIe siècle, la franc-maçonnerie s’est rapidement répandue en Europe et en Amérique. La Grande Loge d’Angleterre a joué un rôle central dans cette expansion, notamment en établissant des loges dans diverses colonies et pays.

Le siècle des Lumières a vu également des schismes au sein de la franc-maçonnerie. En 1751, une rivalité a conduit à la formation de la « Grande Loge des Anciens », en opposition à la « Grande Loge des Modernes » (la Grande Loge originale). Ces deux groupes avaient des différences rituelles et organisationnelles.

Temple de la Grande Loge Unie d’Angleterre, détail – Plafond.

En 1813, après des années de rivalité et de négociations, la Grande Loge des Anciens et la Grande Loge des Modernes se sont unifiées pour former la Grande Loge Unie d’Angleterre. Cette unification est un événement majeur dans l’histoire de la franc-maçonnerie, et la GLUA est aujourd’hui reconnue comme une des plus influentes et respectées des obédiences maçonniques.

La GLUA continue de jouer un rôle important dans la franc-maçonnerie internationale. Elle est considérée comme la gardienne des traditions maçonniques et a une influence significative sur les pratiques et les standards maçonniques à travers le monde.

En 1929, la Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA) a établi un ensemble de principes fondamentaux connus sous le nom de « Basic Principles for Grand Lodge Recognition » (Principes de base pour la reconnaissance des Grandes Loges). Ces principes étaient destinés à établir des critères clairs pour la reconnaissance mutuelle entre les différentes obédiences maçonniques.]

Source : https://www.accountancydaily.co/