sam 20 avril 2024 - 06:04

Décodage ésotérique, alchimique et géobiologique de Saint Merry

Pourquoi Saint-Merry ?

Les noms des rues que l’on emprunte finissent par être réduits à un simple moyen d’identification géographique alors qu’ils peuvent être le témoignage d’un riche passé. Il en va ainsi des rues «du temple», et «vieille du temple»  faisant référence à l’ancienne implantation de la plus grande commanderie templière d’Europe.

A l’identique, les rues «Nicolas Flamel» et «Pernelle», évoquent le célèbre alchimiste du 14ème siècle et son épouse.

C’est au cœur de ce quartier, dit «du marais», que se dresse l’église Saint Merry dont la construction initiale remonte au premier millénaire de notre ère, mais qui s’est vue ornementée d’une façade occidentale en art gothique flamboyant au XVIème siècle ; autant dire que «l’argotique y flamboie».

Cet «argotique» doit s’entendre comme un argot et en l’espèce on retiendra la «langue des oiseaux[1]», langage de plume, qui permettait aux illettrés d’entendre «au lit on dort» lorsqu’ils voyaient l’enseigne d’un hôtel «Au lion d’or».

Tout cela pourrait suffire à justifier l’intérêt que peut susciter Saint Merry, mais, en plus, elle pâtit généralement d’un décryptage symbolique aussi réducteur qu’erroné.

En effet, les guides qui présentent l’édifice aux touristes, ainsi que la rare littérature qui lui est consacrée, se cantonnent le plus souvent à ne retenir de l’ensemble de la façade occidentale que le «Baphomet» qui surplombe le portail central, également nommé «grotesque à figure de diable».

Qui dit «Baphomet» dit «templier» et l’on dérive rapidement sur la commanderie qui était proche et par analogie sur l’histoire de l’Ordre du Temple et son tragique destin…

Quand aux escargots, salamandres, dragons, grenouilles, chimères, chiens, écrevisse et autre scarabée qui figurent en bonne place sur cette façade, ils sont rapidement regroupés sous le terme générique de «bestiaire» voire, pour englober les végétaux également représentés, «animaux et feuillage», sans plus d’explication.

Comme j’ai trouvé ces raccourcis injustes pour ceux qui se sont donnés la peine d’écrire de tels livres de pierre, je me suis attelé à la tâche en m’associant quelques éminents spécialistes…

Il en découle une approche pluraliste où le symbolisme, l’art royal, l’alchimie, et la géobiologie ont été associés pour fournir une approche aussi fidèle que possible de la lecture qui peut être faite de ces pages sculptées.

La transcription qui en découle ne correspond vraisemblablement pas, dans sa forme, au message tel que le concevaient leurs auteurs mais il y a fort à parier que l’idée qui a présidé à cette écriture a, elle, bien été perçue.

De ce fait trois approches successives, inégales dans leur développement mais néanmoins très complémentaires, seront développées ci-après ; le symbolisme spirituel général avec des éléments de géométrie sacrée, l’approche alchimique et enfin le ressenti géobiologique.

L’absence d’un condensé historique sur l’édifice est volontaire du fait que la présente étude vise à décrypter un message spirituel, par nature intemporel.

Cependant, pour les inconditionnels de l’histoire, ils peuvent se référer à l’article de wikipédia voire à cette adresse : http://saintmerry.org/leglise-saint-merry/ où ils devraient trouver matière à satisfaire leurs besoins de savoir.

La lecture Symbolique

Avant toute approche des détails, il suffit de lever les yeux pour comprendre à quelle démarche l’impétrant dans le monde du symbolisme va être invité.

Au sud, la bâtisse est surmontée d’une tour carrée, au centre le sommet est triangulaire et au nord, une tour octogonale est érigée.

Se succèdent donc des constructions avec quatre, trois, puis huit côtés, ce qui renvoie au symbolisme de ces nombres.

De façon très abrégée, le quaternaire représente la matière, le manifesté ce qui est palpable.

Le ternaire évoque pour sa part la spiritualité dans de nombreuses traditions, on le retrouve ainsi dans la trinité chrétienne (Père, Fils et Saint-Esprit) dans la trilmûrti indienne (Brahmâ, Vishnou et Shiva) ou dans la kabbale hébraîque (En, En-Sof, En-Sof-Aour ).

Le huit enfin est représentatif à la fois de l’éternité (8 «debout») et de l’infini (∞ «couché» ou lemniscate») ce qui place l’octogone dans la représentation simultanée de ces deux notions.

 Il est également possible de décliner ces trois approches numériques par «le corps, l’âme et l’esprit» voire «soma, psyché et pneuma», comme il convient à chacun de l’interpréter.

L’essentiel est dans l’idée qui est derrière cette construction, à savoir que l’on propose de passer de la matière (quatre) à l’Esprit Universel ou Divin (huit) par l’entremise du ternaire, donc de «lire» la façade de droite à gauche.

A noter que ce symbolisme architectural n’est pas l’apanage de cette église, il se retrouve chez ses consœurs, ainsi que dans les cathédrales, avec un quatre (associé parfois à un deux) un trois et un huit différemment agencés mais néanmoins présents.

Il en va de même au niveau des gargouilles, celle de la tour carrée présente un personnage grossier, tassé sur lui-même et dominé par un dragon qui semble lui appuyer sur la tête.

A l’inverse, celle proche de la tour octogonale montre un personnage féminin beaucoup plus élaboré qui prend appui de ses deux mains sur le dragon comme pour le fixer au sol.

Comme la démarche consiste nécessairement à partir du matériel pour aller vers le spirituel, ces premiers éléments  invitent à «lire» le symbolisme de la façade en allant du sud au nord.

Le portail sud

On observe que la voussure principale est ornée de part et d’autre de son sommet d’un ourson à gauche et d’un lièvre à droite.

Il semble que l’ourson ne souffre pas de plusieurs interprétations ; c’est un petit ours.

La petite ourse est une constellation dont l’étoile la plus brillante est l’étoile polaire et, justement, ce petit ourson est situé au nord.

Etant dans les constellations, celle du lièvre est dans l’hémisphère sud, ce qui semble cohérent.

A la base du piédroit de droite, celui le plus au sud, est représenté un personnage visiblement écrasé (par la matière), alors qu’à la base du piédroit nord un personnage, à la tête couverte d’une sorte de chapeau (signe de maîtrise), est porteur d’un vase signe qu’il serait en passe de devenir un verseau, or le verseau symbolise l’idée d’éclaireur, de celui qui apporte la connaissance.

Au dessus de ce personnage, un escargot semble se diriger vers la porte.

Il serait présomptueux de vouloir ici analyser chaque symbole dans toutes ses acceptions, mais, comme cet animal apparaitra à plusieurs reprises, il convient de s’attarder sur son symbolisme initiatique global pour écarter d’emblée toute ambiguïté que quelques symbolistes de bazar ont pu semer sur la toile.

La langue des oiseaux (qui sera très présente dans ce développement) nous fait entendre «est-ce qu’argot ?» ce qui, déjà, renforce le flamboyant de l’argot déjà mentionné : la langue des oiseaux.

Il n’est pas nécessaire d’inventorier son symbolisme dans toutes les cultures puisque nous sommes ici en présence d’une représentation liée au symbolisme des bâtisseurs ou des alchimistes.

Pour ce qui concerne les bâtisseurs, on retiendra globalement qu’il est la représentation d’un savoir initiatique car sa présence sur un édifice indique que ce dernier est porteur d’un message dissimulé, à décrypter.

Bien sûr la spirale de sa coquille évoque le nombre d’or (1,632) proportion naturelle qui évoque l’harmonie, chère aux bâtisseurs de cathédrales et nous aurons l’occasion de revenir sur ce nombre particulier.

Ce qui importe, à ce stade; c’est que la seule présence de ce gastéropode est une indication que l’édifice (et en l’occurrence la façade ouest où nous nous trouvons) est  le support d’un message «caché».

Au dessus du porche on observe trois statues en pied.

Celle de gauche représente un ange porteur d’un violon. Symboliquement le violon, qui peut inspirer aussi bien la gaité que la mélancolie, évoque les émotions. Et comme on entend bien que c’est «en je», il nous est signifié qu’en moi (l’initié qui débute son chemin) se trouve une vibration «matérielle» ; l’émotionnel.

Celle de droite est également à l’image d’un ange qui semble lire un parchemin. S’agissant d’un lecture «directe» sur un parchemin déplié, par opposition à un livre qui peut être ouvert ou fermé, il acquiert vraisemblablement du «ça voir[2]» et selon le processus appliqué au précédent, «ange savoir» s’entend comme «en je ça voir» donc en moi se trouve le savoir acquis.

Ces deux statues reposent sur un socle qui peut être vu comme triangulaire, ce qui renverrait à l’idée du ternaire déjà évoquée. Cependant, une autre perspective peut leur attribuer une forme carrée, ce qui évoquerait alors la matière, l’homme, dominé par ses émotions et son savoir ; l’émotionnel et l’ego.

La statue centrale, au dessus des deux autres (leurs positions respectives formant un triangle pointe en haut dit «triangle de feu») est celle d’une sainte (auréole), qui semble prier, et son socle étant octogonale on est nécessairement dans l’esprit.

On peut entendre ici que l’association de l’émotion et du savoir doit être dominé par quelque chose de féminin qui prie; ce qui évoque fortement la foi, voire l’espérance.

Il y a bien une sainte Foi, et une sainte Espérance et la légende qui les unit est intéressante. Les saintes Foi, Espérance et Charité sont des martyres appelées en grec Pistis, Elpis et Agapé, toutes trois filles de Sophia, la sagesse, elle-même étant une sainte : Sainte Sophie.

De ce fait, Sagesse, Foi, Espérance et Charité peuvent être assimilées aux facettes de l’inspiration qui devra compléter le viatique de celui qui entreprend un chemin initiatique.

Plus haut encore, sur la frise, sur laquelle nous reviendrons pour un décryptage alchimique, on notera simplement la présence d’un deuxième escargot.

A ce stade, si l’on récapitule l’ensemble du message symbolique délivré par ce porche on comprend que l’initié, au sens d’initialisé dans une quête spirituelle, devra progresser entre le nord et le sud, donc vers l’est, vers l’orient – l’or riant, la Lumière – en sachant qu’il est porteur de savoir et d’émotions, et en étant inspiré par la Sagesse, la Foi, l’Espérance et la Charité.

Il devra éviter l’écrasement de la matière pour accéder à la connaissance.

Le Portail Central

On a compris que le message invite l’initié à s’orienter (donc à se diriger vers le soleil levant, l’est, l’orient, la Lumière) mais que la lecture du message de la façade se fait du carré vers l’octogone, soit en allant de droite à gauche, du sud vers le nord. Ce qui amène à nous intéresser ensuite au portail central. Ce dernier, ainsi que la frise supérieure, étant clairement porteur d’un message essentiellement alchimique, beaucoup de détails ne seront abordés que dans la partie se référant à cet art. Cependant quelques éléments symboliques sont éminemment intéressants. D’évidence les sculptures de ce portail sont réparties en deux «phases» dont le point d’orgue est le personnage central improprement assimilé à un Baphomet. De ce fait nous observerons tout d’abord la partie droite, puis la gauche avant de terminer au centre qui synthétise l’ensemble.

Partie droite

Le piédroit sud met «en avant» Saint Jacques le majeur, aisément reconnaissable aux coquilles qu’il porte autour du cou. Cela est en concordance avec l’idée du début d’un chemin initiatique (Compostelle) et, si l’on en doutait, un rappel en est fait sous…Saint Philippe, par un cartouche représentant un homme porteur d’un livre, qu’il tient pas le bas, sur la couverture duquel figurent trois coquilles Saint Jacques.

A noter que les statues des apôtres ayant été détruites à la Révolution, celles-ci on été remplacées au XIXème siècle, ce qui pourrait expliquer pourquoi c’est Saint Philippe et non Saint Jacques qui se trouve placé au dessus des trois coquilles…

Dans cette même conception de progression initiatique, on notera que la partie droite supporte trois salamandres montant sur l’extérieur des voussures et trois escargots (un sous la salamandre la plus haute et deux sur la partie supérieure).

La répétition de ces ternaires évoque, pour l’initié, le stade de l’apprenti, donc de début d’une quête, d’un pèlerinage ; ce qui est tout à fait en phase avec Saint Jacques. Trois coquilles pourrait bien indiquer trois « pas sages », trois étapes initiatiques.

Par ailleurs, les deux voussures internes présentent des personnages qui semblent méditatifs, plusieurs détiennent des livres qu’ils tiennent fermés, et tous semblent réfléchir ou méditer ; en pleine introspection.

L’œil exercé peut également apercevoir une petite grenouille placée tout en haut du montant oblique de droite. Cet animal symbolise la démarche spirituelle et plus précisément la métamorphose, ce qui vient encore conforter les premières approches.

La métamorphose est  ici «petite», et elle n’intervient «qu’au bout», «tout en haut» de l’évolution ternaire, mais elle est présente !

A droite du batracien et à hauteur de la frise apparait une écrevisse.

La particularité de cet animal est, comme chacun sait, de se déplacer…à reculons.

Sa présence (à hauteur de la frise) semble suggérer qu’à ce niveau il faut lire à contresens (donc de gauche à droite et non de droite à gauche comme on l’a fait jusque là).

Partie gauche

La partie gauche expose cinq escargots, un au dessus et un au dessous de la grenouille, un troisième à sa droite sur la voussure interne, un quatrième sur le rampant tout en haut et le cinquième qui passe de la voussure extérieure au socle de la statue en bas de la voussure intérieure. Peu importe le sens de leur énumération, l’important est qu’ils sont CINQ.

Le nombre cinq représente un initié plus avancé, un Compagnon, donc un initié qui a déjà bien progressé comme en atteste ici la grenouille dont la taille évoque une importante métamorphose !

Un peu plus bas que la grenouille précitée, et sur la première voussure, se trouve un scarabée.

Pour les égyptiens, déjà, cet animal représentait la victoire de la vie sur la mort, la résurrection.

Ce symbolisme fut vraisemblablement repris par les pères de l’église qui comparèrent le Christ à un scarabée. En effet lesdits pères de l’église (Saint Augustin, Saint Ambroise…) associaient le bois et la croix et de ce fait ils lièrent le Christ au scarabée dans la traduction grecque de la bible  pour Habacuc 2.11 «le scarabée dans le bois».

Ce qui nous intéresse au plan symbolique est que l’importante métamorphose extérieure de l’initié ( escargot et grenouille) induit à l’intérieur une capacité de victoire de la vie sur la mort (scarabée).

Après l’épreuve ternaire, l’épreuve quinaire amène donc à une «résurrection» par le huit (3+5).

De ce fait 3,5,8 figurent (notamment, car nous y reviendrons avec la géométrie sacrée…) trois «pas sages», tel que nous en avait averti les trois coquilles Saint Jacques…

La majorité des personnages de cette partie gauche sont occupés à lire. Les livres qui étaient fermés, hermétiques, sont ouverts, accessibles. Cela peut donc s’entendre comme l’acquisition d’une connaissance qui était jusque là cachée.

Comme pour le piédroit sud, le piédroit nord porte un cartouche représentant à nouveau un homme porteur d’un livre, qu’il tient cette fois pas le haut, et la couverture de ce dernier supporte trois cercles, eux-mêmes composés de trois cercles concentriques.

Symboliquement cela renvoi au nonaire, au nombre neuf, symbole qui, comme beaucoup d’autres, mériterait un ample développement. Pour simplifier, on retiendra qu’il peut être entendu comme la globalité de ce que peut acquérir un être humain sur les trois plans, corps, âme et esprit  puisque le dix, qui le suit, induit immanquablement un changement d’état.

Ce nonaire est vraisemblablement à rapprocher de Saint Jean qui se trouve à gauche, imberbe et avec un aigle à ses pieds (l’aigle de Patmos). En effet, Saint Jean est notamment l’auteur de l’Apocalypse (étymologiquement «le dévoilement») qui est une vision totalement «spirituelle» (au sens de «vue par l’Esprit») Comme pour Saint Jacques, il est possible, que le repositionnement des statues des apôtres au XIXème siècle ait conduit à un déplacement de Saint Jean, qui semblerait plus à sa place au-dessus des trois cercles précités.

Partie Centrale

Et voici enfin le personnage central qui s’est vu affubler de tous les vices par les plus ignorants, prompts à colporter n’importe quoi pour diaboliser le sujet.

Petit aparté à partir du mot diable en opposition au mot symbole.

Que l’on remonte aux racines grecques ou latines, la signification ne change pas, le préfixe «di» définit ce qui sépare, tandis que le préfixe «sy» introduit la notion de réunion. Pour ceux qui en douteraient, les diastoles et les systoles des battements cardiaques en attestent.       

Le symbole réunit, le diabole sépare ; et ici l’on a bien un personnage qui réunit plusieurs composantes. Il est androgyne puisqu’il porte moustache, barbe et seins, il est à la fois stable sur terre et apte à s’élever au moyen de ses ailes. Il porte des cornes, qui sont un symbole de puissance, il est entouré de raisins figurant le spirituel et, bouche ouverte, il semble s’adresser aux oiseaux qui l’entourent (dans leur langage ?).

C’est un symbole qui rassemble les éléments épars des deux côtés du portail, pour les initiés c’est le représentant de «la voie du milieu», et le nom de «nature double», ou «Rebis», sous lequel nous le retrouverons dans l’approche alchimique, lui convient incontestablement mieux que celui de «Baphomet». 

Si cela était encore nécessaire, une colombe, symbole de paix, mais aussi de l’Esprit Saint, se trouve juste sous son socle, ce qui colle mal à un diable !                                    

Globalement, le message indique donc qu’il faut parvenir à la voie du milieu en associant les éléments présents des deux côtés du portail, les épreuves ternaire et quinaire.

Dans la symbolique chrétienne on associe le ternaire à la divinité (la trinité père-fils-saint-esprit) et le quinaire à l’homme, ce qui conduit à attribuer le nombre huit au Dieu fait Homme : le Christ.

Dans la majeure partie des édifices catholiques c’est bien le Christ qui se trouve à cette place, ce qui a pu laisser à penser, à ceux qui occultaient tous les éléments symboliques qui l’entourent, qu’une simple idée blasphématoire avait présidé à l’élaboration de ce personnage.

Nous avons vu qu’il n’en est rien et qu’il ne représente effectivement qu’une synthèse d’éléments épars, constituant les composantes d’une quête spirituelle dont on devrait avoir l’aboutissement sous la tour octogonale, au portail nord.

Dernier élément à remarquer, quatre «dragons» orientés vers le sol ornent le bas des voussures.

Ces derniers peuvent peut-être être rapprochés du message alchimique, mais aussi, plus vraisemblablement, de vouivres dans l’approche géobiologique.

Le Portail Nord

Si l’on se réfère à la promesse initiale, après avoir vu le chemin que l’initié devait parcourir dans l’esprit ternaire depuis le quaternaire, le porche nord, placé sous la domination de l’octogone, devrait nous fournir une image de ce à quoi peut parvenir un initié accompli.

En laissant l’étude de la frise à l’art de l’alchimie, nous retrouvons trois personnages placés en triangle, comme sur le portail sud.

Le plus à gauche représente un être ailé porteur de ce qui ressemble à un bâton et ayant derrière lui un chien. C’est ainsi qu’est représenté l’archange Raphael, l’un des trois archanges reconnus par l’église catholique avec Michel et Gabriel. Son nom signifie «dieu guérit» ce qui fait de lui le guérisseur des corps et des âmes en référence au livre de Tobit[3] selon lequel il a été envoyé auprès de Tobit avec le fils duquel il entreprit un voyage pour récupérer une dette et Tobit (le fils) ne se déplaçait jamais sans son chien. («Le garçon est parti. Et l’ange avec lui. Et le chien aussi est parti» -TOBIT 6-1-) Le bâton court qu’il tient en main, évoque aussi bien le bâton d’Esculape ou la baguette d’Hermès (symbole guérisseur), que l’attribut des marcheurs, puisque Raphael est également le protecteur des voyageurs, et plus particulièrement des pèlerins, donc de ceux qui mènent une quête spirituelle.

Le personnage de droite est ainsi aisément identifiable avec son épée flamboyante ; c’est l’archange Saint Michel. Bien sûr, étant accoutumé à le voir brandir son épée pour maitriser la matière comme au Mont Saint Michel ou à la Fontaine de la Place du même nom, on pourrait s’étonner de sa posture méditative, en état de veille. Mais à ce stade, dans le monde de l’Esprit, il est évident que la matière a été pleinement dominée et il en est donc réduit à veiller à ce qu’elle ne se manifeste pas de nouveau. C’est donc un veilleur et si, il «est veilleur», il «éveilleur» et a donc la double fonction de veille et d’éveil. Parallèlement à cet état de veille, peut-être médite-t-il sur le sens de son propre nom  :«qui est comme Dieu ?»

Selon le même processus que pour le portail sud, ces deux représentations sont des «arcs en je». L’initié représenté à ce stade a fait le lien entre sa nature terrestre et sa nature céleste (l’arc), il demeure un veilleur mais n’a plus à dominer sa propre matière, il est devenu un guérisseur pour les corps et les âmes et se doit donc d’éveiller les consciences.

Ces capacités, pour ne pas dire ces vertus, sont réunies dans le personnage central, et, pour compléter la trilogie des archanges reconnus par le catholicisme, on devrait trouver à cette place l’archange Gabriel, celui-ci étant voué à être le messager de Dieu à l’instar d’Hermès (ou Mercure).

Il est en fait représenté par un Initié (au sens d’Homme accompli) sous l’apparence d’un homme à la tête couverte (un Maître) et auréolée ; ce qui fait de lui un saint !

Il est porteur en main droite d’un livre qu’il  possède sans le regarder (la con-essence). Ce livre étant fermé il est «hermétique» il maîtrise donc l’hermétisme, ce qui conforte l’idée d’Hermès comme messager des Dieux, fonction remplie habituellement par l’archange Gabriel.

En main gauche il porte une un petit coffre, or, en latin, coffre se dit «arca», mot qui a donné le mot arche, comme l’arche de Noé ou l’arche d’alliance…

Saint Jacques présidait au début du parcours initiatique au portail sud, ici c’est Saint Jean l’évangéliste qui est son pendant dans le domaine spirituel.

Or, nous l’avons vu, c’est à Saint Jean qu’est attribuée la rédaction de l’Apocalypse, qui relate l’avènement de la Jérusalem Nouvelle (ou Céleste) décrite comme étant la ville spirituelle par excellence, la demeure de Dieu et, par extension, le Tabernacle[4].

Ici, la tenue de ce coffre-tabernacle, au niveau du cœur, renvoie à la notion de charité chrétienne, à l’agapè grec, l’Amour dans sa dimension la plus universelle.

Le message est donc assez simple, l’Initié qui a conquis son essence spirituelle, est à la fois un veilleur, un éveilleur et un guérisseur ; un «aimant» en capacité de maitriser la connaissance (con- essence) et de «faire descendre la Jérusalem Céleste» sur terre, ce qui le place en position de médiateur entre le ciel et la terre.

Maître, Saint, Hermétiste, Veilleur, Eveilleur, Médiateur, Aimant, Guérisseur, toutes qualités qui définissent parfaitement un Initié Parfait, un Saint, non de ceux canonisés par l’église, mais au sens du mot hébreu «kadosh» comme évoqué dans la bible par YHWH parlant à Moïse «Parle à tout Israël, Vous serez saints, Je suis YHWH votre Dieu, Je suis saint» (Lévitique 19-1,2).

Dernier élément de ce portail nord, le piédroit gauche est porteur d’une sculpture représentant une vouivre, sorte de serpent symbolisant les énergies terrestres, ce que nous étudierons plus avant par le biais de la géobiologie.

Eléments de Géométrie Sacrée

Depuis le début de notre décryptage symbolique, nous avons rencontré dix escargots dont la répartition ne semble rien devoir au «hasard»[5].

Récapitulons en procédant à un comptage par partie et par portail :

Un sur le piédroit nord du portail sud, (1)

Un au centre de la frise en haut du portail sud, (1)

Donc deux sur l’ensemble du portail sud, (2)

Trois sur la partie droite du portail central, (3)

Cinq sur la partie gauche du portail central, (5)

Donc huit sur l’ensemble du portail central. (8)

Comme le «hasard» fait bien les choses !

1,1,2,3,5,8, cette suite de nombres n’est rien d’autre que la suite dite «de Fibonnaci».

Léonard Fibonnaci dit Léonard de Pise, (1175-1240),  est un mathématicien italien qui a découvert cette suite aux propriétés très particulières en calculant la croissance d’un couple de lapins ! (Combien de couples obtient-on en un an si chaque couple engendre un nouveau couple à compter de son troisième mois d’existence ?…)

Parmi ces propriétés, celle qui nous intéresse plus particulièrement découle de son lien étroit avec le nombre d’or déjà évoqué.

Ce nombre d’or, dit aussi «section dorée», «proportion dorée» ou «divine proportion» et égal à 1 + √5 : 2 = 1,618 , est une proportion dite «d’extrême et de moyenne raison», selon laquelle le rapport entre deux longueurs est égal au rapport entre leur somme et la plus grande d’entre elles.

Cette valeur se retrouve naturellement dans bien des domaines tels les spirales de la fleur de tournesol, de la pomme de pin, du chou fleur, de l’ananas, de la coquille du nautile ( et de l’escargot !) ou encore dans les proportions du corps humain, et, de Léonard de Vinci à Botticelli ou Le Corbusier voire à la pyramide de Chéops (ou celle du Louvre!), elle a inspiré bien des œuvres humaines ; son histoire se perdant dans la nuit des temps.

Cela n’a pas échappé aux Maîtres Bâtisseurs du fait que cette proportion, dans laquelle les anciens voyaient une trace du divin, offre à l’œil une vision harmonieuse (et naturelle !).

Et il se trouve que la suite de Fibonnaci offre la meilleure approximation mathématique de ce nombre, sans calcul compliqué !

Ce pourquoi les Compagnons qui ont œuvré, ont vraisemblablement choisi de faire figurer en bonne place cet élément fondamental de la Géométrie Sacrée sur une façade symbolique !

La lecture alchimique

L’alchimie est en général un domaine relativement abscons, destiné avant tout à ceux souhaitant pratiquer cet art.

De ce fait, décrypter des messages alchimiques, sans être soi-même un adepte de cette discipline, conduit à se mettre en position de commettre des erreurs d’interprétation.

Ce pourquoi ce qui va suivre sera une compilation d’indications données par un alchimiste reconnu : Patrick BURENSTEINAS.

Compilation car, au regard de la lecture «linéaire» faite au sens symbolique, la lecture alchimique semble plus «globale», des étapes étant présentées sans être nécessairement ordonnées dans la même logique que la lecture symbolique.

II semble que l’essence du grand œuvre soit essentiellement détaillée au travers du porche central et de la frise supérieur, nonobstant quelques indications périphériques.

Sauf explications spécifiques à l’art de la transmutation, l’idée qui sous-tend la lecture globale est en accord celle développée avec la lecture symbolique, il s’agit bien évidemment d’une démarche spirituelle visant à transmuter l’homme en Homme.

Hormis quelques indications qui ne seront pas en italiques, je laisse la parole à Patrick BURENSTEINAS.

A noter qu’il s’agit de la parole au sens propre, puisque Patrick ayant effectué ce décryptage de vive voix devant l’édifice, je ne fais que rapporter ses propos, sans les ordonner plus avant, de crainte de les trahir, ce qui rend nécessairement la lecture plus ardue que l’écoute sur site.

Globalement : « ll y a trois personnages sur des octogones, (la femme qui prie au portail sud, le rebis du portail central et l’Initié du portail nord tels que définis dans le précédent chapitre) trois messages donnés différemment, la matière par le carré, le feu par le triangle, donc tu passeras de la matière au feu par trois étapes que l’on voit ici sur les trois constructions extérieures (Carré, triangle et octogone). Au niveau des gargouilles, la partie subtile est féminine alors qu’à droite on a un personnage masculin et épais donc on passera entre le subtil et l’épais.»

Le portail sud

         « Ici on a le violon qui va être volatil par opposition au personnage qui lit et lie ; c’est lier et relier. Il y a des livres partout, (sur le portail central) on nous dit lie, lie et relie comme il est marqué pas loin d’ici sur la maison de Nicolas Flamel.

         Et donc on va lier le violon à la lecture, c’est à dire la spiritualité à la matière. Le violon c’est effectivement l’émotion, mais c’est un son, alors que de l’autre côté c’est de l’écrit.(Les personnages au dessus du portail central)

         On va relier le vibratoire au matériel.

         La disposition des statues est un triangle du feu avec deux personnages en bas et la teinture en haut.

         Le lièvre fait des galeries, c’est celui qui perce la pierre et on le retrouve à Notre Dame dans la même acception, action de percer la pierre, persévérer.

Porte d’entrée du travail avec les deux personnages qui sortent, un peu comme Flammarion qui sort sous les étoiles. (https://fr.wikipedia.org/wiki/Gravure_sur_bois_de_Flammarion)

Le personnage de gauche (en bas du piédroit nord) est bien comme le verseau, à la fois l’eau qui est en bas et l’eau qui est en haut, mais c’est parce que tout ce qui est en bas est comme ce qui est en haut : il faut entendre eau par haut.

Donc on va relier les deux en faisant des trous dans la matière au septentrion comme l’indiquent le lièvre et l’ourson.

A ce moment là on trouvera la voie du milieu figurée par le personnage ayant les mains jointes, lequel va associer les deux natures.

Il y a des acanthes qui indiquent qu’il y a une recherche, un travail intellectuel à avoir, et donc avant de travailler sur la matière, on va travailler sur l’esprit, c’est à dire que l’on doit comprendre la philosophie de l’œuvre avant de se mettre au creuset.

Sur ce portail, on parle donc de philosophie, on ne parle pas de mode d’emploi qui effectivement sera là-haut, sur la frise.

En arrivant ici, il faut essayer de comprendre ce qui se passe.

Comme à Notre Dame ou à Amiens, ce sera toujours sur le portail de droite, dit « des alchimistes » que tout est révélé, le portail de gauche étant celui de la spiritualité, de l’esprit.»

Le portail central

« Les trois coquilles Saint Jacques sont évidemment les trois pas sages qu’on va avoir ici avec Saint Jacques le Majeur et ses coquilles. »

 De plus, outre cet aspect de pèlerinage, le supplice qu’il a subi est intéressant puisqu’on lui a coupé la tête.

Mais ce n’est pas tellement qu’on lui ait coupé la tête qui est intéressant, c’est que quand nous allons aller chercher quelque chose à Saint Jacques, on va, nous aussi, couper la tête de la matière.

C’est la purification.

C’est à dire que l’on va prendre la matière et on va l’écumer, c’est pour cela que l’on parle de la coquille St Jacques avec Vénus qui sort de la coquille du même nom.

Au-dessus; on va avoir des glands, les glands c’est les chênes, donc par trois fois on va dé-chaîner et on va prendre dans le chêne quelque chose de particulier qui sont les fruits du chêne; la pomme du chêne qui est l’acide gallique.

La partie droite est donc particulièrement représentative de cette purification.

On voit deux feux qui sont fixés en bas (deux de part et d’autre du vantail central, en bas) tout ce qui est en bas vise à fixer le volatil puis, au fur et à mesure on va s’élever vers le sommet jusqu’au volatil fixé en haut. Et ça va être tout le travail de l’alchimiste qui est « est-ce que l’on va pouvoir fixer le volatil et non pas volatiliser le fixe ?»

Parce que si l’on volatilise le fixe, tout est perdu.  

Les fruits de droite sont des chardons, mais il faut aussi entendre «charbon».

Parce qu’une des matières premières de l’œuvre, est de l’antimoine, et l’antimoine c’est ce qui est figuré dans les livres fermés donc on a vraiment cette notion : « tu vas séparer le subtil de l’épais … »

Cependant, quand on prend de l’antimoine natif dans la nature, il ressemble à un hérisson, ça fait des piques partout, d’où le chardon. C’est pour cela que l’on dit au commencement de l’œuvre : « qui s’y frotte, s’y pique ».

Ce qui explique la présence de plantes piquantes.

Evidemment charbon et chardon étant très proches, c’est grâce au charbon que l’on va faire fondre le chardon, que l’on va l’ouvrir.  Et c’est le char aussi, le chardon va donner le char triomphant de l’antimoine qui va permettre de passer de trois pas sages de l’intérieur vers l’extérieur par les coquilles depuis l’intérieur.

Le personnage central n’est pas un Baphomet mais une nature double, à la fois fixe et volatile.

Les cornes c’est l’arc. C’est aussi la musique, le son, c’est le triton, les trois sons à trouver, les trois couleurs. C’est pour ça qu’on va avoir trois parties avec les couleurs : le noir, le blanc, le rouge qui va vers l’intérieur, qui va du formel vers l’extérieur à l’informel vers l’intérieur.  

Puis, on va rentrer vers l’intérieur et on va voir ici le fixe et le volatil, toujours de la même manière, donc avec les dragons qui vont vers le bas, le feu qui va vers le bas.

Il y en a un qui monte (un dragon ou une salamandre sur la voussure interne) mais c’est normal car il est très haut déjà. L’idée c’est de rassembler les deux par le volatil.                   

La colombe en majesté va réunir par le feu (on dit « faire les colombes », « faire l’aigle » ou « couper la tête du corbeau ») et on va réunir toute la partie distillation, c’est pour cela qu’il y a du raisin. Ici, la fixation, on va sublimer et on va fixer. Et quand on va réussir à rassembler les deux on va avoir la nature double qui est à la fois fixe et volatile.

L’antimoine est ce qui est figuré dans les livres fermés donc; on a vraiment cette notion : « tu vas séparer le subtil de l’épais … »

Ensuite, on voit les étapes de l’œuvre, avec les deux parties et la centrale. C’est des opérations qu’on va avoir, la plus importante est la centrale, c’est là où cela se finit.

On a les quatre anges qui sont autour, deux ont un encensoir, parce que c’est volatil. La gestuelle est importante, on va la retrouver au palais Lallemant (Bourges). Leurs positions indiquent une direction, ceux qui ont les deux mains l’une en dessous de l’autre indiquent la direction verticale, c’est le nitre, c’est à dire l’esprit, et celui qui est en dessous représente le sel. Associer les deux, fait le thélème (quintessence) qui est la croix, le sel et le nitre, et la pierre finie évidemment c’est une croix à l’intérieur d’un cercle.

Matière et spiritualité, le sel et le nitre représentés dans l’action alors que les anges sont représentés dans la réflexion, donc quand on va associer les deux, c’est à dire l’action et la réflexion, le soufre et le mercure, on va trouver le sel au milieu.

Le sel au milieu c’est aussi notre nature double parce que c’est lui qui scelle au sens de rassembler les deux côtés.

C’est pour cela qu’il est à la fois fixe et volatile. De plus, il est dans une position de scribe. Il va représenter le sel, le sel des philosophes. C’est le plus important parce que la pierre finalement, c’est la pierre qui fixe le volatil. Et dans le sel qui fixe le volatil on va avoir les oiseaux sur du raisin, et le raisin représente toujours le volatil, la distillation.

L’autre va représenter le fixe parce que l’on va utiliser le chêne. Le fait qu’ils soient inversés est normal, on monte et on descend, on fait cela en permanence, donc on va avoir une inversion avec tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas.

C’est pour cela que l’on va avoir un phénomène de miroir et le miroir c’est le mercure parce qu’on l’entend; c’est la mère cure.

Pourquoi des glands et des chênes? Parce que l’on va utiliser le bois de chêne qu’on va brûler pour récupérer un sel qui est à l’intérieur, et c’est ce sel qui va être très fixe. Ce sel, on va l’utiliser et on va le mettre en déliquescence à la lune pour récupérer le feu de la lune.

De l’autre côté, on va récupérer le feu du soleil. On va avoir les dragons qui sont plus vulgaires. Seul celui qui est en haut, tourné vers le haut, ramène le feu du soleil. (extérieur des voussures)

A gauche, on va avoir une énergie beaucoup plus subtile par distillation et on va rassembler les deux.

L’alchimie, c’est rassembler ces deux énergies dans des mêmes proportions. Le problème est que ces énergies sont partout ici, mais on n’en connaît pas les proportions. Le premier travail c’est de savoir où l’on peut les capturer. C’est marqué ici, c’est à dire que quand le livre est ouvert ( Cf. les personnages sous les deux voussures) il capture quelque chose, quand il est fermé, il l’enferme à l’intérieur. Il lie et relie. Il va falloir trouver cette matière et comment aller chercher à l’intérieur, l’énergie double.

Quand j’aurai trouvé cette énergie double, je n’en connaitrai toujours pas les proportions. La pierre philosophale c’est rassembler deux énergies dans les mêmes proportions. Donc, une fois que j’ai récupéré ce que l’on appelle le mercure animé, cette eau qui ne mouille pas les mains, il va falloir que je le sépare en deux parties. C’est ce que l’on voit ici: une nature lunaire et une nature solaire.

Partout, on a des charbons ardents, ce qui signifie que cela va se passer sur le feu.

Quelque soit le sens dans lequel on lit, c’est ici que ça se passe. (sur le portail central)

L’écrevisse signifie que l’on parle de l’envers. Mais l’envers, c’est l’envers de l’endroit.

Ce qui veut dire qu’il n’y a pas de sens de lecture.

C’est ainsi que ça monte, avec le point d’orgue au centre. On est comme à l’intérieur d’un chaudron avec les charbons ardents, au milieu, la pierre qui est représentée par la nature double accomplie. Tout va converger vers le haut, c’est l’opération alchimique où on va fixer le volatil.

C’est comme si on avait récupéré la lune d’un côté, le soleil de l’autre; le labor et l’oratoire que l’on va rassembler pour avoir la pierre.

L’inversion montre que tout doit être pris à l’envers, comme si on voyait dans un miroir.

En réalité, ce que l’on voit ici, n’est pas l’endroit: c’est l’envers.

On est dans l’état de ce qui est rectifié, on voit l’envers, qui devient le nouvel endroit.

Cela s’est inversé mais en réalité rien ne s’est inversé, c’est l’opérateur qui a changé de vision.

D’un côté, on regarde le monde naturel, de l’autre, on regarde le monde surnaturel.

Evidemment, à l’envers le secret est révélé, on peut même dire qu’il est percé, car un secret ne se trouve jamais, il se perce ou il se dévoile.

De ce fait, on a ici le voile qui se lève et tout va converger vers ce point unique. En remontant on arrive là où les deux montants vont se croiser.

Tout est basé ici sur la voie du milieu. Par trois pas sage je vais me trouver tout en haut, c’est à dire au dessus du triangle, où je vais avoir cette forme qui représente les quatre feux et qui va manifester la quintessence.

Parce que pour l’alchimiste, les quatre éléments n’en sont qu’un, à des états d’agitation différents.

Il faut s’entendre sur ce que l’on appelle l’air, l’eau, le feu et la terre. La glace pour l’alchimiste c’est de la terre, la lave pour l’alchimiste c’est de l’eau. C’est la nature, c’est l’état des matériaux plus que du feu, de l’air, de l’eau et de la terre.

En gros, l’élément va dépendre de la quantité de soufre qu’il y a à l’intérieur. S’il n’y en a pas beaucoup c’est de la terre. S’il y en a un peu plus, ça fond: c’est de l’eau. Si je ramène un peu plus d’énergie l’eau se volatilise: c’est de l’air. Si je prends cet air et que j’amène un peu plus d’énergie ça s’illumine, ça devient du feu.

Cela revient à dire que l’on passe vraiment du matériel au spiritus. 

 Le scarabée représente aussi la matière première mais c’est effectivement le scarabée égyptien qui porte le soleil. Cela veut dire que c’est le régul, Régul c’est le « petit roi », le régulus. Il représente la matière en devenir, on le retrouve au Palais Lallemant où l’on peut le voir dans une coquille Saint Jacques. Ce qui veut dire que c’est là qu’il faut aller chercher cette matière qui porte le soleil en elle.

La grenouille c’est la reinette qui renforce l’idée de capter le feu de la lune, parce que la reinette est verte, donc elle voit de l’autre côté, c’est une petite reine, le pendant du régul. Il va falloir associer la reinette et le régul.

Association du petit roi et de la petite reine que l’on a renforcé dans les contes de fées : embrasser la grenouille fait un beau prince charmant. La grenouille va chercher le spiritus, elle saute à la lune.

Comme on l’a vu, charbon et chardon étant très proches, c’est grâce au charbon que l’on va faire fondre le chardon. On va l’ouvrir et c’est le char aussi, le chardon va donner le char triomphant de l’antimoine (qui est un texte).

Ainsi les trois cercles qui font le pendant aux trois coquilles représentent évidemment le neuf, mais ils représentent aussi les trois opérations, trois fois trois opérations que l’on va faire et l’on pourra constater que c’est l’œuf coupé en tranches.

En coupe, c’est l’œuf alchimique dans lequel on aura fait trois parties, avec son sel, son soufre et son mercure. C’est pour cela que l’on voit ce symbole dans le Mutus Liber où il est représenté à côté de l’athanor, avec la goutte, c’est à dire avec le creuset luté ; c’est le creuset en coupe qui est représenté. »

Le Portail Nord

 « Pour le personnage de gauche, Raphaël c’est celui qui guérit mais aussi celui qui guide. Raphaël est représenté surtout en tenant un enfant par la main. C’est à dire que c’est celui qui guide l’enfant sur le chemin.

Saint Michel est le gardien de la voie du milieu, donc ici, si l’on veut trouver, il faut suivre le chemin de la voie du milieu et réfléchir. Re-fléchir renforce encore l’effet de la voie du milieu.

Le personnage central porte un livre, mais c’est un livre avec des sceaux, peut-être le livre aux sept sceaux qui montre les sept pas sages. Effectivement, les sept pas sages montent vers le haut, la Jérusalem céleste, entre le bas et le haut. A travers le livre, quand on aura trouvé les sept sceaux, on pourra trouver le lien entre le haut et le bas.

Il a trouvé, parce qu’il est coiffé: c’est un Maître. Ici c’est la quête du chemin, c’est à dire comment trouver le chemin par la voie du milieu.

Dans ce personnage (celui de gauche) il ne faut pas seulement voir Raphaël, même si ici c’est un archange. Cela fait allusion à Dominique, parce ce dernier est toujours associé à un chien. Il y a une raison à cela, et une raison alchimique qui va nous intéresser.  Avant qu’il ne devienne Saint Dominique, sa mère avait rêvé d’un chien qui tenait un flambeau dans la gueule et qui allait porter la parole par le feu et par le monde.

D’ailleurs dans la langue des oiseaux le chien de Dominique a donné dominicanis, les dominicains.

En conséquence à chaque fois que l’on va voir un chien derrière un archange ou derrière un saint, il représente un feu.

Et il représente un feu pour aller porter la parole par le monde: c’est donc le feu du verbe.

Globalement, nous sommes sur ce portail, face à une promesse de ce que l’on peut obtenir dans l’Esprit, par opposition à ce que l’on peut obtenir dans la matière au portail de droite.»

La Frise

La frise gauche

« On est dans la purification de la matière, c’est un portail spirituel.

A gauche, le chien avec les fesses à l’extérieur, c’est la purification. Il nous est dit « tu laisseras les crottes du chien à l’extérieur du temple». Cela aurait pu être un ouroboros, mais on a mis un chien ou un animal qui a le train arrière vers l’extérieur, donc ça nous indique forcément la purification. C’est la purification par les aigles, le chien c’est la matière première.

On prend la matière, on va séparer le volatil, et l’on voit ce volatile qui se lève mais qui redescend, symbolisant les aigles. Ce que l’on traduit par aigles, ce sont en réalité des distillations successives.

La salamandre représente le feu, et non le soufre, donc « par le feu tu purifieras la matière par des aigles successifs. »

C’est la manière de purifier la matière.»

La frise centrale

«Là on repart avec du feu, tant par la salamandre que par le chardon et l’on retrouve ensuite la matière première, le chien ou l’animal qui y ressemble, également entourée de chardons.

On utilisera donc le feu sur la matière première jusqu’à l’obtention de trois éléments séparés qui sont vraisemblablement figurés par le personnage à tête humaine avec des ailes et des pattes d’amphibiens : sel, soufre et mercure.

Mais c’est aussi la bête, elle nous trompe car elle nous attire du mauvais côté du volatil.

Pour arriver à ses fins, l’adepte, le personnage avec un boisseau de bois, nourrit le feu (le dragon) d’esprit , de spiritus, spiritueux, figuré ici par le raisin ; c’est le symbole de la sublimation.»

La frise droite

«La phase suivante est un chien apaisé c’est à dire qu’il est purifié, c’est comme s’il sommeillait. Cela nous dit textuellement qu’une fois que l’on a purifié la matière, on va la laisser reposer.

L’escargot c’est l’escargal, « escar » c’est feu et « gal » c’est la pierre, donc la pierre de feu, la pierre philosophale. Il est normal que l’on ait un escargot ici qui est sous forme de spirale et qui va vers le centre.

Ensuite le volatil est fixé. Sur la frise de gauche on était dans la phase très volatile, ici on est dans la phase très matérielle.

On arrive enfin à une chimère qui représente la teinture. Le premier travail consistait à séparer le subtil de l’épais, trouver le sel, le soufre et le mercure. Ici, la chimère représente la teinture, c’est à dire la manière par laquelle deux choses éparses doivent être rassemblées. Par le feu la teinture est faite, c’est à dire ingérer ce feu à l’intérieur parce que dans la voie sèche, la teinture c’est le feu et c’est bien ce qui est représenté: la chimère mord la salamandre. La teinture c’est le feu, en réalité c’est deux feux. Un feu qui est de l’extérieur et un feu qui est à l’intérieur. On va rassembler ces deux feux pour faire une teinture par le feu. Et c’est par cette teinture que l’on va rassembler ce qui est épars…

Alors maintenant en observant les deux frises, on voit à gauche le spiritus où l’on a séparé le subtil de l’épais, et ici on fait la noce chymique où on les rassemble.

Maintenant il ne reste plus qu’à fixer le volatil c’est à dire que cette teinture il va falloir la mettre dans le sel et c’est au centre que cela va se passer, avec la nature double.»

L’approche Géobiologique

La géobiologie consiste, notamment, à s’intéresser aux lieux sur lesquels ont été érigées les chapelles, églises et cathédrales.

Dans la majorité des cas, ces constructions ont été réalisées sur des lieux de culte païens.

Habitué à se rendre sur un lieu sacré, le peuple continuait à le fréquenter une fois l’édifice en place et cela drainait naturellement les conversions tout en occultant les rites et croyances qui avaient prévalu à la particularité de l’emplacement.

Cependant, les «païens» n’étaient pas des incultes et s’ils avaient sacralisé ces lieux ce n’étaient pas par hasard, tous se trouvaient être des zones d’influences vibratoires ressenties comme particulières, voire bénéfiques.

Les constructeurs n’étaient pas non plus totalement incultes dans cet art vibratoire et de ce fait l’usage des lignes énergétiques (telluriques, cosmiques…) ainsi que des cours d’eau souterrains, concrétisaient des emplacements et des cheminements plus ou moins énergétiques, alternant des influences positives et négatives pour mieux «recharger» le moine, le paroissien ou le malade.

Il en va également ainsi des «pierres de décharge» et des dolmens, menhirs, sources sacrées, qui sont autant de lieux qui pouvaient être utilisés pour leurs fonctions thérapeutiques.

Bien évidemment, au fil du temps, les édifices comme Saint Merry ont nécessairement été également chargés par l’influence sacrée du rituel, mais aussi perturbés par les constructions environnantes ainsi que les pollutions qui en découlent (modifications environnementales, pollution par les ondes électriques, magnétiques, téléphoniques, wi.fi…).

Reste que certains «courants» perdurent nécessairement et que leurs influences peuvent encore offrir quelques clés de compréhension.

Cette approche spécifique est liée à la présence de la vouivre située à la base du piédroit de gauche du portail nord, élément «décoratif» désignant la présence d’une «onde» spécifique, pouvant être de l’eau ou un courant tellurique.

Les quatre dragons qui ornent la base des voussures du portail central pourraient également s’inscrire dans cette conception de «vouivre» et indiquer des courants d’une autre nature (cosmiques ?).

Comme pour l’alchimie, je laisse la parole à  Alain LENORMAND, passionné de géobiologie qui, sans être exhaustif dans son étude du lieu, a pu déterminer quelques éléments énergétiques propres à justifier la présence des vouivres.

Pour les éventuels sceptiques au regard de la géobiologie, je les invite à s’interroger sur la façon dont, encore actuellement, les emplacements de forage des puits sont déterminés dans les propriétés privées…

LA GEOBIOLOGIE SACREE (par Alain LENORMAND)

La géobiologie est la discipline qui traite des relations de l’environnement, des constructions et du mode de vie avec le vivant.(source: confédération de la géobiologie).

Le géobiologue détermine les caractéristiques du lieu, les facteurs ayant une influence sur le bien-être et la santé et formule des recommandations.
    Pour cela, il utilise des outils que sont l’enquête, l’observation, l’entretien, la détection et la mesure (source: confédération de la géobiologie). La géobiologie sacrée a pour objectif d’essayer de comprendre la contribution des phénomènes géobiologiques comme les courants telluriques et cosmiques ou les rivières souterraines et les failles qui se croisent sous certaines parties des lieux sacrés.

Il en existe beaucoup d’autres qui participent à la réalisation d’un lieu sacré.

Basée sur l’utilisation de la radiesthésie et du ressenti pour la détection de ces phénomènes, ce n’est pas une science «exacte» mais les renseignements qu’elle permet de collationner ouvrent souvent sur des vérifications avérées par d’autres biais, historiques ou scientifiques.

Elle cherche à établir les liens entre la symbolique des nombres, la géométrie sacrée, les formes données aux pierres et aux autres créations artistiques utilisées pour la construction du lieu Sacré.

Pour essayer de comprendre un lieu sacré, il est nécessaire de connaître un peu son histoire et de le situer parmi les grandes croyances de l’époque de sa réalisation.

Cela permet d’essayer de répondre, par exemple, aux points suivants :



Qu’elle est la  destination du lieu ?

Par exemple la pose d’un menhir au bon endroit peut ré-harmoniser une région, comme l’action des aiguilles d’acupuncture. Une église bâtie pour honorer un Saint homme renommé pour ses dons de guérisseur comme Saint Médéric n’aura pas les mêmes caractéristiques qu’une abbatiale ou une cathédrale. 



Comment a été choisi cet endroit ?

Il s’agit souvent d’un ancien lieu sacré, comme un temple romain ou celtique. Parfois de vieilles églises ou de sources sacrées. Il n’est pas rare qu’il y ait eu plusieurs églises au même endroit. Il peut également être placé sur un haut lieu vibratoire thérapeutique comme d’anciens lieux de pèlerinage dans l’antiquité.


La plupart des lieux sacrés émettant un certain niveau vibratoire sont situés sur un  croisement d’eau ou de faille. S’ils se situent sur un croisement de lignes négatives, il se crée une zone pathogène. La pose d’une pierre d’une certaine taille dessus, peut la rendre positive, grâce à l’apport d’énergie cosmique.

Les lieux sacrés celtiques se trouvaient toujours, près d’une source, de pierres sacrées (menhirs) et de dolmens. Aujourd’hui, en Bretagne, on remarque de nombreuses chapelles romanes sur d’anciens sites druidiques (La chapelle remplace le dolmen). Il y a un calvaire (à la place du menhir) placé sur un croisement d’eau et parfois le nombre de marches du calvaire indique le nombre de courants souterrains passant dessous.

Lors de nos fréquents voyages d’études il nous est souvent arrivé de rencontrer sur place des groupes participants à une cérémonie d’activation de sources ayant des propriétés thérapeutiques et de voir certains adeptes s’y baigner.



Comment a été choisie la date ?

Il est fort probable que le rapport au temps des bâtisseurs n’était pas le même que le nôtre.

Une période de temps n’était pas interchangeable. Selon la destination du lieu, il était parfois possible d’attendre plusieurs années pour obtenir le moment où la conjonction des astres serait la plus favorable. 
Souvent pour une église dédiée à un Saint Homme, c’est la date de sa naissance à une vie nouvelle qui était utilisée (en fait il s’agit de sa date de renaissance à une vie nouvelle, soit celle de son décès terrestre.)  D’où l’importance de bien connaître l’histoire du lieu si l’on veut en déchiffrer une partie. Dans un lieu sacré, les bâtisseurs avaient à cœur de mettre tous leurs talents, tout leur savoir. Ils utilisaient beaucoup les symboles, connaissaient parfaitement la bible et ses grands mythes, pratiquaient probablement l’alchimie et l’astrologie, mais ne connaissaient pas les mathématiques, ni les logarithmes, ni la trigonométrie; pour eux tout était proportions.

Et de ces proportions naissaient les formes.  C’était à leurs yeux l’ouvrage d’une vie pour l’être le plus important : Dieu.



Le choix de la matière :

En général peu de métal. Surtout du bois pour les charpentes (qui ressemblent aux nefs des bateaux) et de la pierre. Celle-ci, lorsqu’elle est  mise sous tension, a des  capacités vibratoires, de stockage de la chaleur et de l’énergie. Elle peut, sous certaines conditions, amplifier l’énergie tellurique ou cosmique (dolmen, église,) et les amener vers le cœur du lieu sacré. Ces énergies sont contenues et concentrées par les ondes de formes issues des colonnes, des arcs et des voûtes.

Certaines lignes telluriques, comme le réseau Hartman, ont été démultipliées et repoussées dans les murs de certains lieux sacrés, où chaque ligne tellurique supplémentaire augmente son niveau vibratoire. Le lieu, lorsqu’il est activé par les rituels, par les chants, les prières et la ferveur des participants, entre en résonance et l’ensemble s’élève, pour se rapprocher un peu plus du « ciel ». (en terme de vibration)

Les phénomènes Géobiologiques naturels sont utilisés dans les lieux sacrés depuis au moins 5 à 7000 ans.
  

Les bâtisseurs connaissaient parfaitement  l’utilisation de ces énergies naturelles. Elles sont souvent représentées dans les statutaires, par exemple l’Archange Saint Michel symbole de la lumière (l’énergie cosmique) que l’on le voit souvent terrassant le dragon ou la vouivre symbole chthonien (l’énergie tellurique). On remarquera que Saint Michel ne tue pas la vouivre, il la contrôle, pour maintenir l’équilibre entre ces deux énergies complémentaires de la nature. L’une ne peut exister sans l’autre; tout est une question d’équilibre.
 Souvent les bâtisseurs usaient de symboles, parfois complexes, pour montrer aux initiés certains aspects de leurs connaissances utilisés dans la construction et «qu’il ne faut pas mettre entre toutes les mains». En revanche, certains sont à la portée de tous. Ainsi, on voit dans certaines églises une information sur l’eau (poisson ou sirène) située souvent dans le premier tiers de l’église symbolisant le Jourdain.


Les courants telluriques sont marqués par une vouivre ou un dragon.

Sur le portail principal de Saint Merry il y a quatre dragons ce qui signifie qu’il y a un courant ou des courants telluriques qui sont à détecter. Ces courants telluriques parcourent la planète un peu comme les fleuves et les rivières. Si l’on est un peu réceptif, on peut sentir dans quel sens ils vont et le rythme de leurs vibrations. Ils traversent pratiquement tous les lieux sacrés et étaient utilisés par les Druides à des fins thérapeutiques.


- Le cheminement dans un lieu de culte

Chaque site à un parcours qui lui est propre selon sa destination. En règle général il y a au départ un point de décharge. Tout au long du parcours il y  aura alternance de points positifs et négatifs, et, petit a petit, le rapport cosmo-tellurique s’inverse. Il va passer progressivement d’un fort niveau tellurique à un fort niveau cosmique au niveau du chœur. A la fin du parcours, le niveau vibratoire de celui qui l’aura emprunté correctement aura progressé d’une façon significative et selon son niveau de spiritualité.

Pour Saint Merry, l’étude précise est assez difficile du fait de la fréquentation régulière  des  paroissiens et des touristes, cependant, plusieurs visites ont permis de cibler assez précisément quelques éléments commentés et schématisés  ci-après.

Dans la nef se trouve un courant tellurique (vouivre) qui semble être alimenté par deux courants distincts en provenance du Nord-Est et du Sud-Est.

Dans le chœur : une cheminée cosmotellurique  située aux croisements de lignes Hartmann et de courants d’eau souterrains.

Réseau sacré : Au départ du chœur il y a probablement un lien vers Notre Dame.

La croisée du transept : Il y a un autre centre énergétique  et  présence également d’une cheminée et d’un croisement d’eau.

Entrée nord : Il y a un lieu fort vibratoire qui pourrait être un ancien lieu sacré thérapeutique. A noter que cet emplacement correspond à la crypte de l’édifice.


A l’origine cette église aurait pu être conçue pour développer les capacités spirituelles du clergé. C’est un endroit très riche en vibrations qui méritera une étude beaucoup plus approfondie. »

Conclusion

Comme énoncé en introduction, le décryptage de la façade de ce bel édifice ne pouvait espérer approcher de l’idée qui lui a donné naissance sans puiser dans diverses traditions qui, d’évidence, y trouvent matière à «lire» des indications très précises.

Différentes grilles de lecture dont le point commun évident est un message spirituel (dans le sens d’élévation de l’esprit) à l’écart du courant de pensée religieux pour lequel l’édifice a été construit.

Au plan symbolique, les « cherchants » sauront trouver, en filigrane, d’autres éléments évocateurs de leur tradition avec laquelle de nombreux liens ont été explicités.

Au plan alchimique, les adeptes sauront sans doute ordonner les éléments de décryptage fournis.

Quand à ce qui relève du vibratoire, les spécialistes pourront être tentés de conforter et d’enrichir cette première approche.

Bien évidemment, nul ne peut prétendre se mettre à la place de ceux qui ont réalisé cet ouvrage et il serait présomptueux de prétendre avoir offert une lecture exhaustive des messages dont il est porteur.

Ce n’était toutefois pas le but.

Ce dernier a été atteint par le simple fait que ces différents «calques» de lecture étayent l’idée que la présentation de la façade de cette église ne saurait se résumer à un simple «Baphomet».

La richesse de l’ensemble parait avoir été suffisamment démontrée, et d’autres «lecteurs» pourront peut-être encore préciser et enrichir cet ensemble, pour que plus jamais on ne réduise cette belle expression de «l’argotique» à une simple représentation plus ou moins diabolique !

D’autant que l’intérieur de l’édifice renferme encore bien d’autres éléments méritant d’être étudiés, tels les frises intérieures qui rappellent le message alchimique de la façade,

certains éléments du pavage,

ou encore le pentagramme inversé du vitrail de la porte nord…

Légère digression sur ce dernier point qui peut relever d’une « facétie » compagnonique pour ceux qui se sont essayés à un tracé de cette figure sans aucune mesure. Ce qui est représenté est par nature apparent, en opposition à ce qui est caché, et ce qui est caché est bien souvent le cœur. En l’espèce, le visible montre donc une étoile à cinq branches inversée, mais, le pentagramme du centre renferme bien l’étoile, invisible, qui servait déjà aux pythagoriciens ! « On ne voit bien qu’avec le cœur … » si l’on en croit Saint Exupéry.

De plus cette étoile renvoie au parcours de Vénus autour du soleil en cinq périodes synodiques de huit ans, Vénus, déesse de l’amour bien sûr, mais également projection d’Isis, de la Vierge, du principe féminin et par extension de la terre mère…est-ce un hasard si la pointe de cette étoile est dirigée vers…la crypte ?

            L’étude géobiologique peut également être menée davantage dans le détail…

Gardons à l’esprit que si la lecture de la présente étude est aisée, l’écriture, dans la pierre, a nécessité considérablement plus d’efforts et qu’elle n’était vraisemblablement pas dictée par une simple envie de décoration ou de blasphème.


[1] A noter que ce langage, souvent attribué aux alchimistes qui en ont largement fait usage, plonge ses racines à l’origine même du langage. Par exemple, le jeu avec les mots, les lettres, mais aussi les nombres, est largement utilisé par les cabalistes…

[2] Le « ça voir » est ce qui est observable à l’aide de nos sens usuels, ce que l’on peut apprendre, mémoriser, à l’inverse de la « con essence » qui renvoie à une notion de perception beaucoup plus fine.

[3] Ou Tobias, selon les traductions…

[4] Outre le fait de conserver les hosties, le Tabernacle est représentatif de la présence divine, en référence à « la tente de la rencontre » ou « de la convocation » (Exode 33 -7 ), c’est un peu l’équivalent de la « shékinah » des hébreux.

[5] Encore que selon l’expression attribuée à Einstein : « Le hasard est le visage que prend Dieu lorsqu’il veut passer inaperçu ! »

4 Commentaires

  1. Fabuleux dans tous les sens !!! Je fais un travail… décryptage similaire chez un écrivain du 19e siècle, sans en avoir vos compétences. Vous serait-il possible de me contacter pour que nous puissions en parler ?
    J’en serais ravie.

    FRANCE-JOSÉ ALBER – UTOPIALAND

  2. Très belle interprétation symbolique de cette magnifique église. On lit cela avec beaucoup de plaisir. Bravo

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Philippe Roux
Philippe Rouxhttps://3soterik.com
Eveilleur en symbolisme (nombres, tarots...) et au domaine intuitif qui en découle

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