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La Loge maçonnique d’Albert Lea fait don de nouveaux kits de sauvetage

De notre confrère albertleatribune.com – Par Ayanna Eckblad

Les députés peuvent utiliser les kits avant l’arrivée des pompiers

Les membres de la loge maçonnique n°26 Albert Lea Western Star et des forces de l’ordre du comté de Freeborn se sont réunis mardi après-midi au centre d’application de la loi du comté de Freeborn pour une petite cérémonie au cours de laquelle la loge a remis au bureau du shérif 10 kits d’extinction d’incendie.

Le grand intendant junior de la Grande Loge du Minnesota, Gregory Vokovan, a brièvement expliqué ce que sont les kits d’extinction d’incendie et comment les utiliser. Inscription à la newsletter par e-mail Inscrivez-vous à notre newsletter quotidienne par e-mail Les kits sont des dispositifs aérosols compacts qui aident à éteindre les incendies dans les espaces clos et à abaisser la température de l’enceinte.

Ils visent à réduire les incendies et les dégâts des eaux lors d’un incendie de maison ou de bâtiment, ainsi qu’à accroître la sécurité des personnes à l’intérieur du bâtiment avant et pendant l’arrivée des pompiers. Le shérif du comté de Freeborn, Ryan Shea, a déclaré que les kits avaient été donnés au bureau du shérif, car les agents chargés de l’application des lois sont souvent les premiers à arriver sur les lieux d’un incendie. Lorsqu’ils ne sont pas utilisés, les appareils sont suffisamment petits pour être rangés dans le coffre des voitures de police.

Shea a déclaré qu’il était humiliant d’être sur les lieux d’un incendie dans une maison et de ne pas pouvoir aider autrement que d’enregistrer ce qui se passe. Les kits d’extinction d’incendie permettront aux députés d’être proactifs jusqu’à ce que les services d’urgence puissent arriver sur le site. Les kits ont été présentés par le maitre de la loge, Jon Asplund. Suite à la présentation, les membres de la loge et quelques députés sont restés pour répondre aux questions.

« Ces appareils contribueront à sauver des vies », a déclaré le trésorier du lodge, Mark Harig. « La Loge maçonnique est fière de faire don de ces éléments pour contribuer à faire de notre communauté un endroit plus sûr. » Shea a déclaré qu’il espère que le bureau du shérif du comté de Freeborn n’aura jamais aucune raison d’utiliser les dispositifs d’extinction d’incendie, mais il est ravi que les adjoints aient désormais une nouvelle opportunité d’aider à lutter contre les incendies locaux, si le besoin s’en fait sentir.

Il a également déclaré qu’il était intéressé de voir comment ces kits changeraient la façon dont le comté envisage et combat les incendies de bâtiments. Les francs-maçons du Minnesota sont au service de l’État depuis plus de 165 ans. Le Western Star Lodge No. 26 fait des dons à des causes dans la région d’Albert Lea depuis de nombreuses années. Certains des bénéficiaires de dons les plus récents sont l’Armée du Salut, l’Ecumenical Food Shelf et l’Albert Lea Inclusive Playground. Ils ont déjà travaillé avec Shea en présentant un don au programme d’éducation sur la sécurité des enfants et la prévention de la toxicomanie des forces de l’ordre du comté de Freeborn.

17/04/24 : « La franc-maçonnerie dévoilée. Une passion écossaise », à Brec’h (Morbihan)

Brec’h, commune située dans le département du Morbihan en région Bretagne accueille la 4e édition des Rencontres maçonniques de Kerdréan.

Blason de Brec’h.

Organisées par l’association « Les Mégalithes », le thème en sera « La franc-maçonnerie dévoilée, une passion écossaise » et se tiendront le mercredi 17 avril 2024, Salles de la Z.A. du Mané Salut de 10h à 17h.

Le programme :

10h : Les Racines de la genèse d’une passion écossaise par Angel Fajardo y Sorribes*.

11h : Découvrir et pratiquer le Rite Écossais Ancien et Accepté comme support d’une ascèse par Pierre Coïc.

Pause déjeuner

14h30 : Les Sources et les Spécificités du Rite Écossais Rectifié par Jean-Claude Sitbon**.

15h30 : La Loge Écossaise, creuset des fraternités par Jean Hanry.

Clôture à 17h.

Les ‘’Rencontres maçonniques de Kerdréan’’ doivent leur nom au fait que les précédentes Rencontres se tenaient au manoir de Kerdréan – du mot Kerdérian qui signifie en breton le château de la pierre.

Situé au fond de la baie qui porte le même nom, près de la rivière d’Auray dans le golfe du Morbihan, ce lieu remarquable est désormais définitivement fermé.

*Angel Fajardo y Sorribes est l’auteur de Les racines du rite Écossais Ancien et accepté (Éditions CoolLibri.com, 2023).

 ** Jean-Claude Sitbon a publié en 2023, chez La Tarente, Voyages dans la symbolique maçonnique en loge bleue. Il est auteur et conférencier, spécialiste reconnu du Rite Écossais Rectifié qu’il pratique depuis plus de vingt années.

En 2009, il fonde et depuis anime le Cercle d’Études et de Recherches sur le Rite Écossais Rectifié (CERRER), situé à Marseille, dont les travaux visent à approfondir l’histoire des origines, de la structuration et de l’évolution de ce rite maçonnique ainsi que l’étude de sa symbolique.

J.-C. Sitbon est l’auteur de L’aventure du Rite Écossais Rectifié qui est le titre générique de ses deux premiers ouvrages publiés fin 2012 et début 2013. Il pratique le rite écossais rectifié au sein d’une loge de la grande loge traditionnelle et symbolique opéra, à l’Orient de Marseille. Depuis plus de trente ans . Par ailleurs, il dispose d’un site Internet http://rite-ecossais-rectifie.com/

contenant aujourd’hui près de 150 à caractère maçonnique dont il est l’auteur. Depuis 2015, il a donné plus d’une centaine de conférences maçonniques partout en France, en Europe, en Belgique, en Suisse. Auteur également des revues consacrées à la franc-maçonnerie , il fait partie des Membres fondateurs de la loge de recherche Héritage, numéro 2 de la GLTSO. La Collection Héritage Willermoz est une référence pour qui s’intéressent ou mieux encore, pratiquent, le Rite/Régime Écossais Rectifié (RER).

Info pratiques

Tarifs : Conférences seules : 10€ (Tarif unique) – Conférences et repas tout compris : 25 € – Réservations obligatoires. Clôture des inscriptions le 10 avril 2024.

Bulletin d’inscription sur simple demande à rencontresmaconniqueskerdrean@gmail.com

Mercredi 17 avril 2024, de 10h à 17h, 56400 Brec’h – Salles de la Z.A. du Mané Salut.

La maturité en franc-maçonnerie…

Les femmes et les hommes francs-maçons ayant atteint la moitié de leur carrière, le midi de leur vie, (c’est-à-dire, à l’âge mûr) œuvrent dès cet instant et sans relâche, au bonheur commun…

L’amitié peut-elle émanciper ?

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De notre confrère Radio-France

L’amitié peut-elle être investie de telle manière à favoriser des relations égalitaires et bienveillantes, plus que le couple monogame ? Des réseaux affinitaires peuvent-ils supplanter les obligations salariales et familiales qui, parfois, pèsent trop pour certains ?

Avec Alice Raybaud Journaliste éducation au Monde

Il y a dans l’existence deux A majuscules, disent certain. L’amour. Et l’amitié.

Le premier est partout : dans les films et les essais, dans les têtes et dans les rêves. L’autre, l’amitié, semble beaucoup plus absent, en retrait passé un certain âge, moins pensé, pour le moins, par nos écrivaines et nos auteurs et moins raconté, pour sûr, par les sciences sociales. Pourtant : assiste-t-on aujourd’hui a un renouveau des cadres amicaux ? Que se passe-t-il en leur sein ? Sont-ils la voie véritable de l’émancipation ?

Une définition fluctuante de l’amitié

Alice Raybaud, autrice de Nos Puissantes Amitiés, explique : « Je ne me risque pas, au sein de l’ouvrage, à donner une définition très nette de l’amitié parce que ce dont je me suis rendu compte, c’est à quel point le mot ‘ami’ est justement extrêmement mince, extrêmement petit pour définir une quantité de modalités relationnelles qui sont extrêmement différentes. Il y a les amis auxquels on parle tous les jours, les amis d’enfance qu’on connaît depuis des années, ceux qu’on rencontre seulement tous les 2-3 mois pour faire un ciné, pour prendre un café, mais qui sont tous aussi importants. Dans l’ouvrage, je pars plutôt pour définir les amitiés, des pratiques. »

« Je suis allée à la rencontre de nombreuses personnes un peu partout en France qui décident de revendiquer et puis de s’investir pleinement dans leurs liens d’amitié. Et c’est de cette manière-là que je raconte plutôt les relations amicales. C’est à partir de ce qu’eux, ils défrichent aussi une forme d’amour amical et ce qu’eux, ils en font à la fois dans la manière dont ils prennent soin les uns des autres et puis dans tout ce qu’ils découvrent de force aussi dans ces liens intimes« .

« J’ai rencontré des personnes qui ne veulent plus du tout se contenter de cette place secondaire que l’on réserve à nos amitiés, qui décident d’investir, de prendre soin de ces autres liens d’intimité, parfois plus multis, parfois plus émancipateurs aussi, qui décident pour certains par exemple d’habiter entre amis, de repenser à l’échelle du cercle amical le soin aux enfants, ou encore par exemple d’organiser leurs vieux jours ensemble. »

Dans son ouvrage, Nos Puissantes Amitiés, Alice Raybaud note l’envie de plus en plus affirmée par une partie de la jeunesse de faire sauter les hiérarchies relationnelles, d’interroger la prééminence donnée à l’amour romantique, d’assumer un rapport plus distancié avec la sexualité, de repenser la manière de vivre d’autres liens d’intimité.

À lire aussi : Comment naît l’amitié ?

L’amitié au détriment de l’amour

L’amitié, ici, est aussi liée à l’interrogation autour du modèle du couple hétérosexuel classique, avec ce que de nombreuses femmes peuvent aussi avoir à perdre. L’auteure ajoute : « Je crois que toutes ces interrogations-là ont créé de nouvelles aspirations aussi au sein d’une jeune génération, qui reprend à son compte les interrogations qui en sont nées et qui décide de se dire : ‘je ne suis pas forcément obligée d’attendre le grand amour romantique pour commencer à construire des projets de long terme. Je ne suis pas non plus obligée forcément de ne me projeter que dans cette quête de trouver quelqu’un pour être absolument complet. Et je peux m’autoriser à créer des constellations plus vastes autour de moi.' »

Est-ce que les relations amicales ne sont pas elles aussi, imprégnées de relations de pouvoir néanmoins ? « C’est vrai que prendre au sérieux les relations amicales telles que j’appelle à le faire dans l’ouvrage, c’est aussi s’interroger sur les dynamiques néfastes qui peuvent aussi s’y insérer, les dynamiques de domination, tout ce qui peut s’y retrouver aussi, d’une forme de jalousie par exemple qu’on peut avoir intégrée, des dynamiques de pouvoir qui s’y retrouvent aussi. Je pense notamment à ces cellules des boys clubs, telles que l’a étudiée la chercheuse Martine Delvaux, qui sont ces groupes serrés d’amis hommes qui se protègent entre eux, qui montrent aussi que l’amitié n’est pas qu’une source d’émancipation. »

« Mais malgré tout, je pense que l’amitié est un espace qui est beaucoup moins agi et travaillé par une forme de culture de domination, mais aussi de culture de sacrifice de soi côté féminin. C’est aussi un espace qui a un cadre beaucoup moins corseté. Le cadre peut être renégocié en permanence. Il y a des scripts beaucoup moins serrés, ce qui fait qu’on peut être beaucoup plus imaginatif. Et je crois qu’il peut en ressortir quelque chose de vraiment émancipateur. »

Le mythe immortel : Voyage au cœur des « Protocoles des Sages de Sion »

Le philosophe, politologue et historien des idées Pierre-André Taguieff*, chercheur honoraire au CNRS, dont le vaste champ d’études couvre de nombreux sujets, dont l’analyse du racisme, de l’antisémitisme, du populisme, ainsi que des théories du complot et de l’extrême droite en Europe, nous livre une remarquable analyse de ce faux document qui prétend décrire un complot juif pour dominer le monde que sont Les Protocoles des Sages de Sion.

L’ouvrage s’intitule, très exactement Les Protocoles des Sages de Sion – Des origines à nos jours – Entretien avec Roman Bornstein

Ancien journaliste à France Culture, Roman Bornstein est directeur des études à la Fondation Jean-Jaurés, think tank politique français qui se consacre à l’étude et à la promotion des idées de gauche, à travers la recherche, les débats, et la publication d’analyses sur divers sujets tels que la politique, l’économie, la société, et l’éducation.

Nous relevons aussi que l’expression « Des origines à nos jours » est utilisée à dessein pour justifier une exploration exhaustive de ce toujours mystérieux sujet à travers l’histoire, dès son apparition,

Édition russe par Sergueï Nilus de 1905.

des Protocoles des Sages de Sion. Une analyse détaillée et chronologique, offrant aux lecteurs une perspective globale sur son évolution.

Et de commencer par définir ce que sont Les Protocoles des Sages de Sion.

Les Protocoles des Sages de Sion est un faux document qui prétend décrire un complot juif pour dominer le monde. Publié pour la première fois en Russie en 1903 au début du XXe siècle, il a été démasqué comme une fraude peu après. Le texte prétend donc être un plan secret des Juifs pour conquérir le monde et a été utilisé pour justifier la violence et la discrimination et la haine contre les Juifs tout au long du siècle dernier, notamment par les membres du Parti national-socialiste des travailleurs allemands, les nazis, parti promouvant une idéologie basée sur le nationalisme extrême, le racisme, l’antisémitisme, et l’anticommunisme, combinés à une volonté de réviser l’ordre mondial à travers l’expansion territoriale.

Roman Bornstein.

« À l’origine de cet ouvrage se trouve un entretien réalisé par le journaliste Roman Bornstein pour France Culture en juin 2020 : « Les Protocoles des Sages de Sion, le complot centenaire

» (« Mécaniques du complotisme », saison 9), 3 septembre 2020 » nous confie Pierre-André Taguieff

Ce qui, en soi, est déjà une exploration critique de l’histoire et de l’impact durable des Protocoles jusqu’à nos jours. Un travail qui visait déjà à démystifier les origines du document, examiner comment et pourquoi il continue d’être utilisé dans divers contextes politiques et sociaux contemporains, et discuter des moyens de lutter contre de telles formes de désinformation et de préjugés.

Un sujet vraiment sensible, dont il nous faut relater les faits avec un grand soi et prudence, en soulignant la nature fallacieuse des Protocoles et en mettant en lumière les dangers de l’antisémitisme et de toute forme de haine basée sur des mensonges et des stéréotypes.

Couverture de la quatrième édition du Protocole des Sages de Sion (aussi intitulée Il est proche, à la porte) par Nilus (1917).

L’ouvrage explore en profondeur le contexte politique et social de la Russie tsariste au début du XXe siècle, terreau fertile pour l’émergence de l’antisémitisme moderne. Il examine aussi les motivations des auteurs des Protocoles, en s’attardant sur leurs objectifs et les influences idéologiques qui les ont guidés. Pierre-André Taguieff analyse le lien entre les Protocoles et les mouvements nationalistes et anti-modernistes de l’époque, soulignant leur instrumentalisation de l’antijudaïsme pour asseoir leur agenda politique. Le livre décortique en détail, et en 17 chapitres, Les Protocoles, exposant leur structure narrative et les thèmes récurrents qui les traversent. Pierre-André Taguieff analyse les techniques de persuasion employées et les références historiques manipulées pour donner une apparence de crédibilité au faux, tout en mettant en lumière les contradictions et les incohérences du texte, démontrant son caractère fictif et frauduleux.

1912, éd. TheProtocols par Nilus.

Quant à la diffusion et l’impact des Protocoles à travers le monde, l’ouvrage en retrace la propagande faite autour des Protocoles dans différents pays et continents, soulignant leur influence sur les mouvements d’extrême droite et antisémites. L’auteur offre aux lecteurs un panorama complet de l’utilisation des Protocoles par les nazis et d’autres régimes totalitaires pour justifier la persécution des Juifs et d’autres groupes minoritaires. Par ailleurs, il analyse la résurgence du faux dans le monde contemporain, notamment sur internet et dans les milieux conspirationnistes, et explore les moyens de le combattre. Quant aux enjeux et les implications de la persistance des Protocoles, l’ouvrage met en garde contre les dangers de la propagation de ce faux document, soulignant son potentiel à alimenter l’intolérance, la haine et la violence. Pierre-André Taguieff souligne l’importance de l’éducation et de la recherche pour contrer l’influence des Protocoles et promouvoir le dialogue interreligieux et interculturel et propose des pistes de réflexion pour une meilleure compréhension des mécanismes de l’antisémitisme et des moyens de le combattre efficacement.

Le Serpent symbolique du troisième protocole, dessin paru en France, environ 1920.

En plus de l’analyse approfondie fournie, l’ouvrage propose une très belle bibliographie qualifiée de sommaire – toutefois complète avec ses 35 pages – pour des recherches plus approfondies, en y intégrant une filmographie.

Rappelons que cet ouvrage est publié dans la collection « Questions sensibles », une collection

fondée et dirigée par Céline Masson, Docteur de psychopathologie fondamentale et psychanalyse de l’Université Paris Cité (mention très honorable avec les félicitations du jury), Professeure des universités (Université de Picardie Jules Verne) – psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent -, psychologue au centre médico-social de l’OSE et analyse des pratiques MECS Saint-Germain-en-Laye et par la professeure agrégée de philosophie, Isabelle de Mecquenem, enseignante à l’INSPE de l’université de Champagne-Ardenne et membre du Conseil des sages de la laïcité et référent Laïcité, Racisme et Antisémitisme de l’URCA (Université de Reims Champagne Ardenne).

Preuve que les protocoles juifs ont été falsifiés, éd. du 4 sept. 1921 du NYT.

La collection « Questions sensibles » de l’éditeur Hermann se distingue par son engagement à explorer des sujets complexes et souvent controversés qui touchent à des domaines variés tels que la société, la politique, la philosophie, et l’éthique. Hermann est une maison d’édition reconnue pour son sérieux et sa contribution significative au monde académique et intellectuel, notamment dans les sciences humaines. La collection vise à stimuler la réflexion critique,  fournir des analyses approfondies et promouvoir le dialogue. En abordant des sujets sensibles, la collection cherche à ouvrir des espaces de débat, contribuant ainsi à une meilleure compréhension des enjeux sociétaux. Ses points forts sont la diversité des thèmes, la qualité des contributions, mais aussi son accessibilité à un très large public.

Cette collection est une ressource précieuse pour ceux qui s’intéressent à une compréhension approfondie des défis contemporains.

Pierre-André Taguieff.

*Né le 4 août 1946 à Paris, Pierre-André Taguieff est une figure éminente dans le champ de la philosophie, de la science politique et de l’histoire des idées en France. Né le 4 août 1946 à Paris, sa carrière s’est principalement développée au sein du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), où il a acquis le statut de chercheur honoraire.

Son travail est vaste et couvre de nombreux sujets, dont l’analyse du racisme, de l’antisémitisme, du populisme, ainsi que des théories du complot et de l’extrême droite en Europe. Pierre-André Taguieff est particulièrement reconnu pour ses contributions à la compréhension des dynamiques du discours raciste et antiraciste, et pour ses analyses critiques sur les politiques de l’identité et le multiculturalisme.

Il a également écrit de manière approfondie sur Les Protocoles des Sages de Sion, démontrant comment ce faux document a été et continue d’être utilisé dans divers contextes pour alimenter l’antisémitisme. Ses recherches sur ce sujet, ainsi que sur d’autres formes de préjugés et de théories du complot, sont considérées comme des références dans le domaine.

Pierre-André Taguieff a publié de nombreux ouvrages influents qui explorent ces thématiques, contribuant significativement au débat intellectuel et public sur ces questions critiques. Sa capacité à analyser des sujets complexes avec clarté et profondeur fait de lui une voix importante dans les études contemporaines sur le racisme, l’antisémitisme et les mouvements politiques extrémistes.

1930, l’édition espagnole.

Pierre-André Taguieff a joué un rôle majeur dans l’étude de l’antisémitisme et de la judéophobie, en s’appuyant sur une approche historique et conceptuelle rigoureuse pour analyser leurs manifestations à travers l’histoire. Son œuvre se distingue par une tentative de comprendre et de catégoriser les différentes formes que la haine des Juifs a prises au fil du temps, en partant de l’antijudaïsme antique et médiéval jusqu’à l’antisionisme radical de la fin du XXe siècle. La distinction que Pierre-André Taguieff fait entre différentes formes de judéophobie est cruciale pour comprendre la complexité et l’évolution de l’antisémitisme. En choisissant d’utiliser le terme judéophobie comme un terme générique, il souligne la continuité historique de la haine envers les Juifs, tout en reconnaissant les spécificités de chaque période : l’antijudaïsme antique et médiéval, souvent fondé sur des bases religieuses ; la judéophobie sécularisée des Lumières, où les critiques envers les Juifs commencent à se déplacer vers des arguments plus sociaux et économiques ; la forme nationaliste et raciste de la judéophobie au XIXe siècle, marquée notamment par l’apparition de l’antisémitisme racial ; l’antisionisme radical, qui, vers la fin du XXe siècle, a souvent été critiqué pour son chevauchement avec l’antisémitisme, en particulier lorsque la critique d’Israël sert de couverture à des attitudes antijuives. Dans La Judéophobie des modernes, Pierre-André Taguieff propose une anthologie exhaustive qui explore ces transformations, offrant une perspective éclairée sur les nuances et les complexités de la haine antijuive. Il souligne que, bien que le terme antisémitisme soit souvent utilisé de manière générale, il choisit de l’employer de façon plus restreinte pour désigner spécifiquement la forme racialiste de la judéophobie.

Cette approche permet de mieux saisir la persistance et les mutations de l’antisémitisme, en reconnaissant que, malgré la défaite idéologique du nazisme et la fin officielle des politiques antisémites d’État après la Seconde Guerre mondiale, des formes de judéophobie continuent d’exister et de se manifester dans la société contemporaine, y compris à travers des groupes extrémistes comme les néonazis et les skinheads.

Le travail de Pierre-André Taguieff, en poursuivant celui de son prédécesseur Léon Poliakov, offre ainsi une ressource précieuse pour quiconque cherche à comprendre les racines profondes et les manifestations actuelles de l’antisémitisme, ainsi que les défis que cela représente pour la société moderne.

Les Protocoles des Sages de Sion – Des origines à nos jours – Entretien avec Roman Bornstein

Pierre-André TaguieffHermann, 2024, 174 pages, 15 € – Format Kindle 9,99 €

Le mot du mois : « Norme »

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Sans équivalent étymologique dans le fonds indo-européen, le latin *norma ressortit au vocabulaire technique et désigne l’équerre, la règle pour établir le tracé d’un plan et construire un édifice solide. Avec une probable parenté avec le grec *gnômôn, qui nomme ainsi l’équerre, la règle, l’aiguille du cadran solaire, le cadran lui-même, une mesure mathématique chez Aristote ou Euclide.

La norme technique assure la stabilité de l’édifice à construire. Sociale, elle autorise le bon fonctionnement d’un groupe qui s’y reconnaît dans le consensus. Politique, elle sera le garant de la sérénité des peuples.

Le paronyme *forma, par un même cheminement sémantique, désigne la forme adéquate, donc la beauté équilibrée. L’île de Formose, actuelle Taïwan, ne fut-elle pas ainsi nommée par les Portugais, que séduisait sa luxuriance au 16e siècle ?

L’énorme, *ex-normis, est l’irrégulier qui fausse le tracé de l’équerre. A l’énorme répond l’informe, qui n’entrent pas dans l’équilibre convenable.

Pour dire la norme, Grecs puis Latins, avant tout soucieux d’équilibre et de mesure, ont donné libre cours à une profusion de termes issus de l’indo-européen *ar-, « ajustement harmonieux », ce qui met d’équerre, rend juste et exact. L’art, – et le rite, de la même racine -, y désigne l’« ordre » comme adaptation harmonieuse des parties d’un tout, notion cardinale de l’univers juridique, religieux et moral des Indo-Européens. Ordonnance de l’univers, mouvement des astres, périodicité des saisons et des années, donc rapports des hommes entre eux. Sinon, tout retournerait au chaos.

Dans ce vaste champ, le feu d’artifice côtoie l’arithmétique et l’armée, la sphère armillaire dans son armoire, l’armateur en alarme qui fait l’article devant l’inertie des aristocrates.De quoi jouer de l’harmonica avec les orteils, eh oui!

Dans la Grèce antique, l’idéal moral et social « médèn agân, rien de trop » n’est pas synonyme de médiocrité réductrice, mais d’un idéal de mesure et de convenance, dont la loi, *nomos, donne la teneur précise. Au sens premier de « partage » de la terre à cultiver, du pacage des troupeaux. De ce fait, la loi assure la répartition judicieuse et équilibrée des richesses, de la nourriture, des objets divers. Etablie selon l’usage ou la convenance, elle est l’arrangement en conformité avec une vérité reconnue de tous. Et les Grecs, même très jaloux de leur indépendance, ont placé cette allégeance à la loi, et à une norme librement consentie, en miroir de leur non moins grande allergie à toute forme d’arbitraire et d’autocratie. Seul le consentement initial à la norme donne corps, rôle et pouvoir à cette convention et ce consensus, implicites et explicites, politiques et sociaux. L’harmonie de la communauté familiale, morale, ethnique, est à ce prix. Par la coutume et l’éducation, même soumises à variations multiples au gré de la versatilité des époques et des sociétés, on édictera les normes de l’admissible et de l’inadmissible. Avec leur lot de sacrilèges féconds, scientifiques entre autres, de transgressions nécessaires à la vitalité des évolutions, envers et contre la rigidité peut-être stérilisante des conservatismes obsolètes, des contre-vérités véhiculées par la rumeur et porteuses de tant de violences et d’anathèmes.

Face aux préjugés, reste à savoir qui décide légitimement du risque de leur outrepassement…

Qui décrète la normalité, ou l’anormalité qui menacerait la pureté présumée du groupe ? La conformité à une prétendue conscience collective, autoproclamée par ceux qui s’arrogent ce formidable outil de pouvoir ?

Il est urgent de se poser ces questions.

Annick DROGOU

Normal ou énorme, qui choisit ? Normes morales, qui régulent la vie sociale, et normes techniques, qui envahissent nos sociétés de modernité tardive ? Il est piquant de constater que ces dernières se font de plus en plus inquisitoriales et prescriptives dans les moindres détails, quand les premières deviennent floues et sont de plus en plus bousculées et remises en cause.

Les normes techniques s’imposent dans tous les domaines de la vie, comme standards de sécurité dans la production de marchandises ou de services. Nos contemporains avides de sécurité et de prévisibilité redemandent à la puissance publique toujours plus de normes qui limitent les risques, quitte à ce que trop de normes se contredisent entre elles. Les normes techniques remplacent progressivement l’esprit de responsabilité, abdication des libertés devant la toute-puissance du pilotage automatique logarithmique de nos sociétés. Les normes sont autant de rails qui enserrent et tracent le chemin d’un bien-être qu’on confond trop souvent avec le bonheur. Cette limitation des risques fait le plus souvent consensus et nos contemporains en redemandent toujours plus à ceux qui les gouvernent.

Tout autre est la norme morale qui repose sur l’adhésion à des principes supérieurs et appelle à la reconnaissance de vertus qu’il ne faut pas confondre avec les valeurs, notion chaque jour plus fluctuante à la bourse de l’opinion. Hélas, on oublie que la seule morale qui vaille ne se comprend pas sans le dépassement. Le risque est aujourd’hui de réduire la norme morale à un bain tiède où barbotent des foules désorientées bien que rassurées par les normes techniques. Antigone, reviens vite nous montrer ce qu’est la norme morale, la seule, l’énorme, qui va avec l’honneur et dignité !

Jean DUMONTEIL

La franc-maçonnerie mixte : une famille recomposée ?

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« Le fantasme de la toute-puissance infantile s’alimente, se nourrit paradoxalement de la déception de n’être pas l’Autre, celui qui n’a besoin de personne, d’aucun parce que, en lui-même il l’est. Et de cette déception orgueilleuse de n’être pas le corps même de la parole, naîtra le regard qui tue »

Denis Vasse – (Inceste et jalousie)

Quand on évoque la mixité, il faut bien avouer qu’il y a un petit côté « bien-pensant » qui peut nous agacer : serait réactionnaire qui prônerait un retour à une séparation des sexes. Et de rappeler les grandes luttes et les grands ancêtres de la cause : Olympe de Gouges, Maria Deraisme et le docteur Georges Martin, Annie Besant, etc.

Loin de nous l’idée de nier ou se moquer d’une démarche historique et idéologique enthousiasmante, mais nous ne pouvons pas nous empêcher de penser que cela, récité comme une prière ou une action de grâce, sert à camoufler d’autres problématiques inconscientes qui touchent le sujet plus profondément qu’un simple exposé sur une orientation politique et qui ne devient qu’une sorte de « cache-sexe », si vous me permettez l’expression !

La mixité ne s’inscrit pas uniquement dans la politique, mais soulève des problématiques beaucoup plus fondamentales qui interpellent directement les sujets : la bisexualité, la symbolisation de la maternité, la recréation de la famille comme utopie.

Risquons l’aventure de nous y pencher !…

I- du côté du Ying et du Yang.

Depuis les années 70, avec les modes orientalistes, une figure nous était devenue familière : celle de la représentation du Ying et du Yang, qui se veut le juste milieu de la sagesse et où figure une petite partie de la moitié de l’autre figure dans sa représentation, signifiant ainsi que la vérité n’est jamais « Toute », mais influencée, ou déjà pénétrée par son contraire. Outre l’aspect philosophique que revêt cette figure, elle illustre ce qu’il en est de la bisexualité chez le sujet.

Mais il y avait belle lurette que l’Antiquité nous avait fait le coup ! Dans « Le Banquet », pour ne citer que lui, Platon nous en resitue la problématique : au commencement du monde existaient des mâles et des femelles et une troisième catégorie : les androgynes qui participaient des deux précédents. Les deux précédents, monstrueusement bâtis, protestèrent auprès de Zeus qui décida de couper les hommes et les femmes en deux. Quand la nature de l’homme eut été dédoublée, chaque moitié regrettait sa propre moitié et s’accouplait à elle. Mécontent, Zeus opéra encore d’autres transformations, mais la problématique humaine demeurait : rejoindre l’aimé, se fondre en lui et elle et ainsi de deux êtres qu’ils étaient, en devenir un seul. Platon écrit (1) : « En voilà effectivement la raison : notre antique nature était celle que j’ai dite, et nous étions d’une seule pièce ! Aussi bien est-ce au désir et à la recherche de cette nature d’une seule pièce, qu’on donne le nom d’amour ». Le destin humain est désormais de rassembler ce qui est épars, pour reconstituer une unité perdue. Mais, dans la composante de l’homme, au gré des rafistolages de Zeus, les éléments se sont mélangés et demeurent des parties de l’autre sexe. Finalement, les deux sexes se retrouvent physiquement et psychologiquement dans ce qui était la troisième représentation de la nature humaine : l’hermaphrodite qui avait pour vocation de tenter de résoudre l’antagonisme entre les femmes et les hommes, fauteurs de trouble et menace permanente de mettre la cité en péril par l’ « Ubris », la démesure conduisant à la folie. L’hermaphrodite serait cet être qui ne dépendrait de personne et serait ainsi l’idéal de la sexualité. La légende nous dit qu’il était l’un des fils d’Aphrodite et d’Hermès et qu’il avait été élevé par les nymphes dans les forêts de l’Iola, en Phrygie. Il était beau et grand et, quand il eut 15 ans, il commença à courir le monde. Il voyagea à-travers l’Asie mineure et un jour qu’il se trouvait en Carie, il parvint sur les bords d’un lac d’une beauté merveilleuse où vivait une nymphe appelée Solmacis, qui en devint amoureuse, mais le jeune homme repoussa ses avances. Alors, elle fit semblant de se résigner, mais se dissimula, alors que le jeune homme se baignait dans le lac. Elle le rejoignit et s’attacha à lui. Il tenta de s’en débarrasser mais n’y parvint pas car la nymphe adressa aux dieux une prière, leur demandant de faire que leurs deux corps ne soient jamais séparés. Les dieux l’exaucèrent et les unirent dans un être nouveau à la double nature. Mais de son côté, Hermaphrodite obtint du ciel que quiconque se baignerait dans les eaux du lac de Solmacis perdrait sa virilité…

Cette histoire nous révèle que les Grecs percevaient la bisexualité de l’être humain. L’autre nous est indispensable malgré que nous ayons un peu de lui, mais pas suffisamment pour nous en passer ! L’autre nous met devant notre incomplétude, donc devant dépendance et, loin d’aspirer à cette « douceur de la complémentarité » chère aux romantiques, nous n’en gardons qu’une amertume qu’un « rien » peut transformer en agressivité. La concurrence pour l’obtention du phallus mythique (ce qui serait l’idéal de l’hermaphrodite) amène à la « guerre des sexes ». Ce qui amenait Jacques Lacan à dire : « L’amour, c’est vouloir donner ce que je n’ai pas, à quelqu’un qui n’en veut pas » !

Cette notion de bisexualité qui était présente à nouveau dans la philosophie et la psychiatrie des années 1890, c’est à Fliess à qui revient le mérite de l’avoir présenté à Freud qui va l’intégrer dans la théorie analytique. Pour Fliess, la bisexualité est un phénomène universel qui ne se limite pas à l’orientation homosexuelle (paradoxalement d’ailleurs, elle est dans la non-acceptation de la bisexualité, se voulant dans ses fonctionnements érotico-imaginaires, ou « tout homme » ou « toute femme », sans mélanges). Elle entraîne des conséquences psychologiques essentielles dont le refoulement, qui serait un conflit existant chez chaque individu entre les tendances masculines et féminines. Freud résume l’interprétation de Fliess en écrivant : « Le sexe dominant dans la personne aurait refoulé dans l’inconscient la représentation du sexe vaincu ». Il veut dire par là qu’il n’y a pas acceptation d’une part de l’autre en soi. Donc un rejet d’une partie « infamante » de l’autre et l’accentuation, jusqu’à la caricature, de traits majoritaires qu’ils soient de l’ordre de la virilité ou de la féminité.

La fameuse « guerre des sexes » se déroule déjà à l’intérieur de la personne qui veut vaincre cette part de l’autre qu’il fait tenir en lisière sans pouvoir s’en débarrasser et être un homme ou une femme « pour de vrai ». Ce combat intérieur se double naturellement de la relation à l’autre qui ravive le conflit : le partenaire est alors celui qui souligne, de par son être même, l’ambivalence. Il est celui qui aurait un plus de ce que nous avons en moins ! Et naturellement, cela circule dans les deux sens…

L’autre est ce quelqu’un qui serait un voleur en puissance, un voleur de puissance phallique et donc un danger de castration. La prévalence du phallus jouant pour l’un et l’autre sexe, hommes et femmes sont condamnés à jouer pour l’éternité ce « couple infernal » où, prêts à défendre âprement leur biens, les sujets pensent posséder ce qu’ils n’ont pas et craignent que l’autre ne vienne leur dérober.

En revanche, la bisexualité acceptée est un facteur d’équilibre, comme nous le rappelle le psychanalyste Claude Sylvestre (2) : « Ainsi on peut voir qu’en fait, la double polarité, dans son jeu pulsionnel le plus fluide possible, loin d’être une division, renforce, au contraire l’unité du sujet avec son sexe et son histoire libidinale. »

Mais la mixité nous réserve d’autres interrogations…

Ii- et si on jouait au papa et à la maman…

En Maçonnerie, comme dans le regard que nous pouvons porter sur d’autres cultures, nous constatons l’importance des rituels d’initiation comme intégration au groupe environnant. Mais force est de constater que le processus d’initiation est fait, ou fut conçu, par des hommes qui donnaient naissance à des hommes nouveaux, se réappropriant symboliquement la fonction maternelle. Quand les rituels deviennent propriétés des femmes, nous assistons au même phénomène inversé : elles récupèrent une fonction naturelle où le géniteur en serait absent. La cohabitation entre l’homme et la femme repose sur la problématique d’une immense différence : qui tient le pouvoir de la maternité et donc de la prolongation de la vie ? La femme évidemment. D’où sa déification dès les premières civilisations. L’homme protège et détruit, la femme prolonge le vivant. Elle est du côté d’éros alors que l’homme s’inscrirait assez souvent du côté de thanatos. Nous pourrions même avancer l’idée, comme le pense un certain nombre de psychanalystes, que le progrès scientifique, géré par les hommes en excluant au maximum les femmes (Voir les saga de Marie Curie ou Françoise Dolto !) serait une manière de « donner naissance à », donc, de prendre la place, symboliquement, de ce qui est du principe naturel, irremplaçable encore, malgré tous les efforts pour contourner scientifiquement le processus de la conception ! Ce que nous dit l’écrivaine Alice Fernay, auteure de « l’intimité », chez Actes Sud en 2020 (3) : « La sexualité met en jeu des forces capables de nous dépasser. La sexualité est prédation…Un autre thème brûlant est celui de la distinction entre père et mère. Les expériences et observations révèlent que le nourrisson reconnaît la différence sexuelle et recherche d’abord un visage féminin. Mais je fais aussi dire à mon personnage féministe que « l’instinct maternel latent existe chez le mâle », une observation faite par Darwin. »

Le judéo-christianisme a imposé son sceau à notre civilisation et à notre manière d’appréhender le réel de manière révolutionnaire : imposition d’une Loi symbolique, un sens à l’histoire, la différence marquée des sexes sur la base entre relation divine et relations humaines, l’inscription en négatif du monde comparé au ciel. Théorie que développera avec insistance St. Augustin dans son opposition entre la « Jérusalem céleste » et la « Jérusalem terrestre ». Mais avant le judéo-christianisme qui était le patron au ciel ?

Répondre à cette question ne couvre qu’une ridicule période de 2000 ans par rapport à l’histoire de l’homo sapiens sapiens. Avant le judaïsme, le monde vit dans un panthéon féminin. La femme est la première religion de l’homme : les premières représentations du divin sont les déesses de la fécondité. La première adorée est la terre, la mère du blé, elle incarne la maternité spontanée, la vitalité. En Crète, elle est la montagne-mère émergeant du chaos, maîtresse des bêtes sauvages et des serpents. Elle porte la lance et le sceptre et un adorateur masculin se trouve en prosternation à ses pieds. Pour les Grecs, elle est Gaïa qui donne naissance au ciel du début des temps. Pour Homère, elle est la « Mère universelle, aux assises solides, aïeule vénérable qui nourrit sur le sol tout ce qui existe » (4). D’elle-même, elle tire les hommes de son ventre. Sans l’aide d’aucun mâle elle a donné toutes les formes de vie et c’est elle qui provoque l’éclosion des fœtus dans le ventre des femmes. Les enfants ne viennent pas des hommes mais seulement de la « materia », et c’est après qu’elle les a conçus qu’ils prennent place dans la matrice des mères. Indifféremment, elle produit des fruits ou des enfants et est aussi la reine du ciel par qui les dieux sont engendrés (C’est l’exemple de la déesse Noût en Egypte). Elle est aussi la lune fertile, mère des herbes et maîtresse des femmes. Avec Isis, nous assisterons à l’élaboration d’un véritable monothéisme féminin. Plutarque écrit (5) : « Isis est dans la nature comme la nature femelle, comme l’épouse qui reçoit tous les germes productifs. Platon dit qu’elle est le récipient universel, la nourrice de tous les êtres. Plus communément on l’appelle Myrionyme, pour que la raison divine la rende capable de prendre toutes sortes de formes ». Dans cette vision, l’enfant n’est que le fruit de sa mère. Mircea Eliade explique (6) que les enfants ne sont pas conçus par le père mais que, à un stade plus ou moins développé de leur avancement, ils viennent prendre place dans le ventre maternel à la suite d’un contact entre la femme et un objet ou un animal du milieu cosmique environnent. Mais, à la base, l’enfant reste le fruit d’un contact entre le divin et le féminin. L’importance des cultes des déesses-mères dans l’Antiquité permettra sur un plan politique l’exercice du pouvoir par les femmes : par exemple le règne de la reine Hatchepsout, « le plus grand des pharaons » ou celui de Cléopâtre.

Symboliquement, c’est le péché lié à la connaissance qui va mettre fin au règne du principe féminin. Cela va se mettre très tardivement en place par l’importance que les hommes, relégués hors de la sphère spirituelle, vont donner à l’imaginaire de la toute-puissance du phallus. L’idée d’un dieu « masculin » tout-puissant va commencer à prendre forme et, au lieu d’établir un partage de la fécondation avec les femmes, les hommes vont revendiquer peu à peu la procréation comme totalement masculine : par exemple, Zeus procrée Athéna sans l’aide d’aucune femme et Yavhe non seulement n’a pas d’épouse, mais donne naissance au cosmos. Il va même jusqu’à comparer l’accouchement comme une concurrence qui mérite punition (Genèse 3, 15) : « J’augmenterai la souffrance de tes grossesses, tu enfanteras avec douleur et tes désirs te porteront vers ton mari, mais il dominera sur toi ». La résistance au patriarcat ne cessera jamais soit de manière souterraine comme dans la sorcellerie ou de manière religieuse dans le culte mariale par exemple : « Je vous salue Marie, mère de Dieu ». Il est évident qu’une telle histoire laisse des traces mnésiques !

La loi de l’homme sur la femme est récente et jamais assurée. Il est menacé que la femme rêve de cet ancien royaume où elle était déesse et reine. Freud posait cette fameuse question : « Mais que veut la femme ? ». Peut-être le retour à cet âge d’or où elle faisait des enfants sans hommes…

En Maçonnerie, inconsciemment, à-travers la question capitale de l’initiation se poursuit cette interrogation : « Qui donne naissance à qui et qui possède donc la clef du pouvoir symbolique ? »

Mais parler de la conception en revient à parler du vécu familial symbolique qu’amène la mixité maçonnique.

Iii – la loge, lieu d’échange symbolique ou lieu de réparation ?

Désormais, cela fait un peu « tarte à la crème » de dire que dans énormément de cas, au-delà de l’idéologie énoncée, le sujet vise à la reconstitution d’une famille symbolique, qui serait la réparation de la sienne propre, souvent insatisfaisante, qu’elle soit celle de l’enfance ou l’actuelle. D’où l’investissement massif dans des attentes auquel le groupe n’est pas en mesure de répondre et donc la déception qui aboutit à l’acceptation de son passé et de son imperfection ou le départ vers d’autres utopies réparatrices. Le groupe qui vit la mixité est plus l’objet de projections multiples directes dans ce domaine que d’autres, où une mise en scène inconsciente est plus compliquée à mettre en place. Dans un groupe mixte, l’inconscient « ça parle » !

Le nouvel initié, à qui on redonne, « avant la lumière », le cheminement du fœtus se retrouve « à neuf » dans une nouvelle famille où il doit grandir, mais dans un grand moment de dépendance vis-à-vis de cette famille, privé de la parole, et placé dans l’alternative d’être le plus gentil possible pour survivre, comme l’enfant. Puis, il pourra parler un peu plus tard. Mais, cette parole que l’on veut sincère, vraie, nous nous apercevons que nous ne la maîtrisons pas, ni nos actions. C’est ce que constate l’apôtre Paul quand il écrit dans l’Epître aux Romains, chapitre 7 (Versets 15 à 25) : « Effectivement, je ne comprends rien à ce que je fais : ce que je veux, je ne le fais pas, mais ce que hais, je le fais. Or si ce que je ne veux pas, je le fais, je suis d’accord avec la loi et reconnais qu’elle est bonne, ce n’est donc pas moi qui agis ainsi, mais le péché qui habite en moi. Car je sais qu’en moi-je veux dire dans ma chair-ce bien n’habite pas : vouloir le bien est à ma portée ; mais non pas de l’accomplir, puisque le bien que je veux faire, je ne le fais pas et le mal que je ne veux pas, je le fais ». Cette pensée paulinienne est un rude coup pour le libre-arbitre ! Mais c’est surtout le constat, avant la lettre, de l’existence de l’inconscient d’un au-delà de la volonté de bien faire qui divise le sujet…

Sujet partagé, clivé par excellence, entre son conscient et son inconscient, entre ses pulsions et les interdits nécessaires à la survie de toute société, l’homme va demander au groupe, dans ses désirs sublimés, la restauration d’une unité imaginaire qu’il n’a connu que dans le liquide amniotique, où tout était chaleur, absence de tensions et de désirs, dans ce temps où il ne faisait qu’un avec la mère. Le Nirvana quoi ! Cette vision régressive du groupe comme principe maternel supposerait que le sujet soit neutre, mais sa sexuation, surtout dans un milieu mixte, le conduit sans repos à la contradiction de sa nature et d’un idéal fusionnel, toujours remis en cause. Cela peut aller jusqu’à la négation de la différence sexuelle : « L’homme et la femme s’uniront et ne formeront plus qu’une seule chair », idéal biblique bien loin de la réalité !

La loge est aussi le lieu où l’on se sert de l’autre pour dire quelque chose de non-résolu à des personnages de son enfance, que cela soit sous forme d’aveux ou de règlement de compte. Être initié, ne signifie pas « remettre le compteur à zéro » : le groupe, au contraire, va faciliter le « retour du refoulé ». Dans une loge, nous sommes beaucoup plus nombreux que les présents : les fantômes familiaux que nous trimballons dans nos têtes sont également présents, ça fait du monde ! L’autre devient souvent un écran sur lequel je projette un film qui n’est que le reflet de ma propre histoire. Est-ce l’autre, le frère ou la sœur que j’aime ou hais ou des représentations ? Comme le dit Jean-Claude Lavie dans son ouvrage, avec humour (7) : « Et à quoi s’expose-t-on quand on aime ? Au pire évidemment ! De l’autre comme de soi ». Sortir de l’ambivalence de la projection sur l’autre suppose l’intégration en soi du concept d’altérité et accepter que le prochain ne sera jamais moi, qu’il est un au-delà de toutes mes comparaisons et avec lequel je dois vivre tant bien que mal.

De par sa mixité, une loge devient alors une alchimie, où après l’œuvre au noir, les participants attendent de voir apparaître de l’or ou que tout parte en fumée…

Iv-conclusions : la maçonnerie mixte, ce labo de l’impensable.

Avec ses frères et ses sœurs, ses figures symboliques du Vénérable paternel ou maternel, ses lois morales édictées dans les rituels, une loge mixte est une famille reconstituée dans son fonctionnement. Elle est signe d’un espoir en « quelque chose de mieux », mais aussi parfois un lieu de tension lié à une réalité ou un imaginaire qui sont la confrontation à des dimensions qui frisent parfois l’insupportable. Ce que nous dit Paul Ricoeur (8) : « Les expériences que nous conduisons dans le grand laboratoire de l’imaginaire sont aussi des explorations menées dans le royaume du bien et du mal. Transvaluer, voire dévaluer, c’est encore évaluer. Le jugement moral n’est pas aboli, il est plutôt lui-même soumis aux variations imaginatives propres à la fiction »… le philosophe nous dit indirectement que toute construction imaginaire, et la Maçonnerie en est une, n’échappe pas à l’éthique.

La Franc-Maçonnerie mixte, dimension essentielle de ce mouvement de pensée philosophique, « joue gros » en expérimentant « in vivo » des concepts capitaux pour l’avenir de la société : comment travailler et donner sens, par l’insertion dans le symbolique, à des demi-sœurs et des demi-frères en dépassant l’imaginaire par l’acceptation de l’altérité.

Dans le fond, tenter que la mixité, loin des clivages culturels ou sexués, soit l’image même de la laïcité !

 Notes.

– (1) Platon : Le Banquet. Paris. Ed. Gallimard. 1967. (Page 192).

– (2) Sylvestre Claude : La part féminine chez l’homme. Paris. Revue Topique N° 40. 1987. (Page 88).

– (3) Fernay Alice : L’heureuse ambivalence de l’intime. Paris. Revue Etudes. Décembre 2020. (Pages 101 et 102).

– (4) Homère : Hymne à Déméter. Paris. Ed. Les Belles Lettres. 1951. (Traduction de J. Humbert).

– (5) Plutarque : Traité d’Isis et d’Osiris. Paris. Ed. Sand. 1995. (Page 56).

– (6) Eliade Mircea : Traité d’histoire des religions. Paris. Ed. Payot. 1964.

– (7) Lavie Jean-Claude : L’amour est un crime parfait. Paris. Ed. Gallimard. 1997.

– (8) Ricoeur Paul : Soi-même comme un autre. Paris. Ed. Du Seuil. 1997. (Page 194).

Lieu symbolique : Masgot (Creuse), un exemple fascinant de l’art brut grâce à François Michaud, tailleur de pierre

Masgot, un hameau de la commune de Fransèches dans le département de la Creuse, en Nouvelle-Aquitaine, offre un exemple fascinant de l’art brut en France, principalement grâce à l’œuvre d’un homme : François Michaud (1810-1890).

Masgot, hameau de la commune de Fransèches (Creuse).

Au XIXe siècle, cet autodidacte a transformé le village en un musée à ciel ouvert, parsemant les jardins, les façades des maisons et les rues de sculptures surprenantes. Ces œuvres, taillées directement dans la pierre, représentent des figures humaines, des animaux et des motifs décoratifs, témoignant de la créativité et de la vision unique de Michaud.

Seule représentation connue de François Michaud.

Ce qui rend Masgot particulièrement intéressant, c’est que François Michaud est considéré comme un pionnier de l’art brut en France, un genre artistique caractérisé par des œuvres créées en dehors des traditions académiques, souvent par des autodidactes ou des artistes marginaux.

Par sa pratique d’autodidacte inspiré, François Michaud peut être considéré comme l’un des premiers représentants connus de l’art brut, avant l’abbé Fouré, créateur des rochers sculptés de Rothéneuf, ou le facteur Cheval, auteur du Palais idéal d’Hauterives.

Son travail à Masgot précède et annonce des mouvements artistiques qui n’ont été reconnus qu’au milieu du XXe siècle, grâce à des figures comme le peintre, sculpteur et plasticien Jean Dubuffet (1901-1985), premier théoricien d’un style d’art auquel il a donné le nom d’« art brut ».

Aujourd’hui, Masgot attire les visiteurs intéressés par l’art, l’histoire et la culture rurale française. Le village offre non seulement un aperçu de l’ingéniosité artistique de Michaud mais sert aussi de rappel puissant de la manière dont l’art peut imprégner et transformer la vie quotidienne, même dans les endroits les plus inattendus. Les efforts de conservation et de mise en valeur de Masgot permettent de préserver cet héritage unique et de continuer à inspirer les générations futures par l’exemple remarquable de François Michaud.

François Michaud, tailleur de pierre et sculpteur

François Michaud, tailleur de pierre originaire de la Creuse, a laissé une empreinte indélébile dans le paysage artistique français, en particulier à travers son œuvre au hameau de Masgot.

Maison de François Michaud.

Issu d’une famille de paysans, paysan lui-même, Michaud exerçait également le métier de tailleur de pierre, une compétence relativement courante dans cette région rurale de France, réputée pour ses traditions de travail de la pierre. Il restera toute sa vie durant dans son village à exercer et perfectionner sa maîtrise de la sculpture du granit.

Ce qui distingue François Michaud des autres tailleurs de pierre, c’est sa démarche artistique unique, qui l’a poussé à transformer son village natal en une galerie d’art à ciel ouvert. Sans formation artistique formelle, Michaud a commencé à sculpter des pierres autour de sa maison et dans le village, créant des œuvres qui reflétaient à la fois son imagination débordante et son profond enracinement dans la culture et l’environnement de la Creuse.

Ses sculptures varient des représentations figuratives d’êtres humains et d’animaux à des motifs ornementaux et des symboles. Ces œuvres, réalisées avec une grande maîtrise technique et une sensibilité artistique instinctive, sont considérées aujourd’hui comme des exemples précoces d’art brut en France. Il orne donc les maisons du village de petites statues naïves qu’il nomme ses « marmots » et se distingue également par son souci du confort et de l’aspect pratique de l’aménagement.

L’art de Michaud a été largement ignoré de son vivant, et c’est seulement après sa mort que l’importance de son travail a été reconnue. Le hameau de Masgot, grâce aux efforts de conservation et de valorisation, est devenu un site d’intérêt culturel et historique, attirant des visiteurs fascinés par l’histoire de cet artiste autodidacte et par ses créations.

L’œuvre de François Michaud à Masgot reste un témoignage éloquent de la capacité de l’art à transcender les frontières de la formation académique et à s’exprimer de manière profondément personnelle et authentique. Sa contribution à l’art brut et au patrimoine culturel de la Creuse fait de lui une figure emblématique, célébrée pour avoir révélé la beauté et l’expressivité du travail de la pierre à travers un prisme entièrement original.

Retour sur la légende du maçon creusois

Le maçon creusois fait référence à une tradition spécifique de migration professionnelle qui a marqué l’histoire de la Creuse, un département rural. Cette tradition remonte au XVIIe siècle et s’est prolongée jusqu’au XXe siècle, période durant laquelle de nombreux habitants de la Creuse, principalement des hommes, ont quitté leur terre natale pour travailler comme maçons et ouvriers du bâtiment dans les grandes villes de France, notamment à Paris.

La tradition du maçon creusois trouve son origine dans la pauvreté et le manque de terres agricoles fertiles dans la Creuse, qui ont poussé les habitants à chercher du travail ailleurs pour subvenir aux besoins de leurs familles. La maçonnerie était un métier de choix, car il ne nécessitait pas un capital important pour débuter et exploitait les compétences en travail de la pierre que beaucoup d’hommes de la région possédaient déjà.

Communiqué de presse du C.L.I.P.S.A.S suite au REHFRAM

CENTRE DE LIAISON ET D’INFORMATION DES PUISSANCES MAÇONNIQUES SIGNATAIRES DE L’APPEL DE STRASBOURG C.L.I.P.S.A.S

Orient de Barranquilla, République de Colombie, 24 Janvier 2024, Illustre Sœur Maïmouna KEITA, Présidente de la Fédération Ouest Africaine de l’Ordre Maçonnique Mixte International «Le Droit Humain».

Illustres Grands Maîtres, Grandes Maîtresses, Délégués Officiels et mes Chers Sœurs et Frères réunis au CPMAM et au REHFRAM

Personnellement, j’apprécie l’invitation qui m’a été adressée par l’Illustre Sœur Maïmouna KEITA, à être présent aux événements très importants qui se tiendront à Lomé du 6 au 10 février 2024 èv.

Malheureusement, je ne pourrai pas assister à vos Assemblées, mais j’ai demandé à notre Sœur Marie-Thérèse BESSON, Vice-Présidente du CLIPSAS, chargée de l’Observatoire de la Dignité Humaine et du Comité d’Éthique, de s’adresser à vous pour
reconnaître et célébrer les efforts continus de la Franc-Maçonnerie Africaine pour promouvoir la paix, la prospérité et la coopération entre les peuples.

J’ai le plaisir, au nom du CLIPSAS, d’adresser mes salutations les plus respectueuses et fraternelles à tous les distingués dirigeants maçonniques et représentants de l’Afrique réunis en cette occasion historique à Lomé, République Togolaise. C’est un honneur de m’adresser à une Assemblée qui représente la diversité et les idéaux d’unité de la Franc-maçonnerie africaine.

En ce moment crucial de l’histoire, où les défis et opportunités s’entremêlent, il est essentiel de renforcer la collaboration et de favoriser le dialogue et la compréhension mutuelle entre la Franc-maçonnerie et la société autour des principes de fraternité, d’égalité et de liberté.

Nous, en tant que francs-maçons, soutenons les valeurs universelles de justice, de tolérance et de solidarité. Nous croyons en l’importance de travailler ensemble pour surmonter les obstacles auxquels l’humanité est confrontée, et construire un avenir meilleur pour les générations à venir. Le REHFRAM et le CPMAM jouent un rôle clé dans la
recherche de solutions aux problèmes qui touchent la région, et donc, le monde dans son ensemble.

Dans notre travail quotidien, nous nous efforçons de contribuer au bien-être de la société et de promouvoir la compréhension entre tous, sans aucune distinction et dans le respect le plus absolu des droits de l’homme. Nous admirons donc les efforts du REHFRAM et du CPMAM pour construire des ponts, surmonter les divisions et favoriser la collaboration pour le bénéfice commun.

Puisse cette réunion témoigner de la détermination commune des Francs-maçons africains à avancer vers un avenir de paix, de prospérité et d’harmonie ! Le CLIPSAS vous rejoint dans un esprit fraternel et offre son soutien continu aux nobles objectifs de la Franc-Maçonnerie Africaine.

Que la lumière de la sagesse guide vos délibérations et que l’esprit de fraternité inspire vos actions !

Avec le plus grand respect fraternel,
Iván HERRERA MICHEL
Président du CLIPSAS

Véga vous propose des clés ancestrales pour voyager au cœur des secrets des symboles

Avec Signes et symboles de nos ancêtres – Des messages vivants pour aujourd’hui de Coline Béry, les Éditions Véga, vous invite, au-delà des signes, non seulement de réveiller en nous des sagesses oubliées inspirantes pour le présent mais d’éclairer notre futur.

Un livre qui joue sur la curiosité, l’aspect mystérieux ou l’universalité des symboles et leur pertinence intemporelle. De quoi susciter chez le lecteur un intérêt certain, pour ne pas dire un certain intérêt !

Signes et symboles de nos ancêtres – Des messages vivants pour aujourd’hui évoque l’exploration des significations profondes et des enseignements que contiennent les symboles et signes laissés par nos ancêtres. Ces éléments peuvent se retrouver dans l’art, les rituels, les monuments, les écrits et d’autres formes de communication ou d’expression culturelle. Ils représentent souvent des concepts universels, des croyances spirituelles, des vérités fondamentales sur l’existence, ou des principes de vie importants qui ont traversé le temps pour nous parvenir.

Dans de nombreuses cultures, les symboles et signes sont considérés comme des ponts entre le monde matériel et le spirituel, offrant différentes notions sur la cosmologie, la philosophie, et la psychologie des peuples qui les ont créés. Ils peuvent inclure des éléments naturels (comme le soleil, la lune, l’eau, le feu), des figures géométriques (cercles, spirales, carrés), des animaux totems, ou des motifs abstraits.

L’étude de ces signes et symboles peut offrir des perspectives enrichissantes sur la façon dont nos ancêtres percevaient le monde, leurs méthodes pour comprendre et naviguer dans la complexité de l’existence, ainsi que sur leur quête de sens et de connexion avec le cosmos. Elle peut également nous inspirer à réfléchir sur notre propre place dans l’univers, sur nos croyances et nos valeurs, et sur la manière dont nous communiquons nos expériences et nos savoirs essentiels aux générations futures.

Cet intérêt pour les signes et symboles anciens se manifeste dans divers domaines, tels que l’archéologie, l’anthropologie, l’histoire de l’art, la psychologie des profondeurs, et les études culturelles, chacun apportant son propre éclairage sur leur signification et leur pertinence dans le contexte contemporain. En revisitant ces messages de nos ancêtres, nous pouvons découvrir des voies de sagesse et d’inspiration applicables à nos défis actuels et futurs.

Photo holliessence.com

Ici, Coline Béry, plasticienne, nous amène au pays des chamanes.

Revenons que le chamanisme qui est une pratique spirituelle ancienne existant dans de nombreuses cultures à travers le monde, depuis des millénaires. Il repose sur la croyance que le monde est peuplé d’esprits et que certaines personnes, les chamanes, ont la capacité de communiquer avec ces esprits pour guider, soigner, protéger leur communauté, et agir comme médiateurs entre le monde spirituel et le monde physique. Il enseigne que tout dans l’univers est connecté, et que chaque élément de la nature possède une essence spirituelle. Le rôle des chamanes agissant comme des intermédiaires entre les humains et les esprits de la nature, des ancêtres, ou d’autres entités non physiques, des guérisseurs utilisant des connaissances et des pouvoirs spirituels pour soigner les maladies et les déséquilibres et des gardiens des traditions, détenant et transmettant les connaissances ancestrales, les mythes, les chants, et les rituels de leur culture.

Khakasse, alphabet usité en 1934.

L’auteure nous conduit au cœur de la culture Okuniev, ancienne culture archéologique souvent associée à la région de la Sibérie méridionale, en particulier autour du bassin de la rivière Yenisei, datant approximativement du début du 2e millénaire av. J.-C. Elle est connue pour ses remarquables stèles de pierre, ses pétroglyphes, ses kourganes (tumulus funéraires), et ses objets d’art reflétant des croyances chamaniques. Cette culture a joué un rôle significatif dans l’étude des peuples anciens de Sibérie et de leurs migrations, langues, et pratiques culturelles.

Une Khakasse.

Le peuple Khakasse, quant à lui, il est un groupe ethnique turc vivant principalement dans la République de Khakassie, en Russie. Ils sont les descendants des peuples turcs, des tribus samoyèdes, et probablement des groupes liés à la culture Okunev. La culture, la langue, et l’histoire khakasses sont profondément enracinées dans la région de la Sibérie, avec des traditions qui reflètent un mélange d’influences nomades, de l’élevage, de l’agriculture, et d’une forte connexion spirituelle avec la nature.

Le livre de Coline Béry se propose comme une exploration profonde et originale des symboles anciens qui ont traversé le temps pour parvenir jusqu’à nous. Cet ouvrage se place à l’intersection de l’archéologie et du développement personnel, offrant une perspective unique sur notre héritage culturel et spirituel.

L’auteure s’attache à la signification et à l’importance des premiers symboles gravés par l’humanité, tels que le point, le cercle, la spirale, l’onde, le rayon, la croix, les parallèles, et le carré. Ces motifs, bien qu’universellement répandus et fondamentaux pour l’imaginaire humain, restent difficiles à dater précisément. Coline Béry argumente que ces symboles ne sont pas de simples vestiges d’un passé lointain, mais plutôt des outils de communication intemporels, conçus par nos ancêtres pour transmettre des messages à travers les âges.

En détaillant onze symboles clés, le livre offre non seulement une exploration de leur origine et de leur signification, mais il encourage également le lecteur à interagir avec ces symboles de manière personnelle et pratique. Par des rituels spécifiques, l’auteure invite à intégrer ces symboles dans la vie quotidienne, suggérant qu’ils peuvent offrir des insights, de l’inspiration et une connexion plus profonde avec le monde qui nous entoure.

Cette démarche de réappropriation des symboles anciens pour un usage contemporain souligne une croyance en la puissance des formes et des motifs comme vecteurs de sens, capables de nourrir l’esprit et d’orienter le développement personnel. Signes et symboles de nos ancêtres s’avère être une lecture enrichissante pour quiconque s’intéresse à l’archéologie, à la spiritualité, au développement personnel, ou simplement à la manière dont les cultures anciennes continuent d’influencer et d’enrichir notre existence moderne.

Photo chamanisme, site CesHum.

Nous avons tout particulièrement apprécié son approche méthodologique illustrant une démarche à la fois structurée et approfondie dans l’étude des symboles anciens et de leur signification à travers différentes cultures, y compris l’interprétation spécifique du peuple Khakasse. Cette méthode se décompose en plusieurs étapes clés qui permettent au lecteur de comprendre non seulement la forme et l’apparence des symboles mais aussi leur sens profond et leur manifestation à travers le monde.

Coline Béry présente le symbole, par exemple mathématique comme le point, le cercle, la spirale, etc. Cette étape initiale introduit le symbole en question, en décrivant ses caractéristiques physiques et géométriques. Cela peut inclure des explications sur la géométrie sacrée, les propriétés mathématiques, et la signification de base des formes comme le point (l’unité, le commencement), le cercle (l’infini, la perfection, le cycle éternel), la spirale (la croissance, l’évolution), et d’autres formes symboliques.

Puis l’auteur détaille l‘esprit dudit symbole explorant la dimension spirituelle et métaphysique du symbole, expliquant comment il est perçu et utilisé dans des contextes spirituels ou rituels. Cette section aborde les croyances, les mythes, et les philosophies associés au symbole, soulignant son importance dans la connexion entre l’humain et le divin, le matériel et l’immatériel.

Enfin, elle aborde un panorama du symbole dans le monde, agrémenté de photos en noir et blanc. Cette partie présente une analyse comparative, montrant comment le symbole est apparu et a été utilisé dans différentes cultures et civilisations à travers le monde. L’inclusion de photographies en noir et blanc offre une dimension visuelle à l’analyse, permettant aux lecteurs de voir directement les variations et les constantes dans la représentation du symbole à travers les âges et les sociétés. En se penchant, fort intelligemment et justement , sur l’interprétation et la signification du symbole dans la culture Khakasse. Cette section offre un aperçu précieux sur la manière dont un peuple spécifique, avec ses propres traditions spirituelles et culturelles, comprend et utilise le symbole. Elle permet de contextualiser le symbole dans la vie quotidienne, les pratiques rituelles, et la cosmologie du peuple Khakasse. En suivant cette méthode pour chaque symbole étudié, l’auteure fournit une exploration riche et multidimensionnelle des signes et symboles anciens. Le lecteur comprendra donc mieux leur signification universelle mais aussi de saisir leurs spécificités culturelles et régionales, offrant ainsi une perspective globale et approfondie sur le langage symbolique de l’humanité.

L’épigraphe, courte citation placé en début d’ouvrage, est « Si tu le décides, tous les signes te sont favorables » d’Épictète (c. 50 – 135 apr. J.-C.), philosophe stoïcien de l’Antiquité, qui fut d’abord esclave avant de devenir un enseignant de philosophie éminent après avoir obtenu sa liberté, nous montre le chemin. Une épigraphe incroyablement libératrice, offrant déjà une voie vers le bonheur et la tranquillité d’esprit…

Un livre très intéressant contribuant à établir des liens entre le passé et le présent, montrant comment les anciens symboles continuent d’influencer et d’inspirer les sociétés contemporaines.

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Véga propose un large éventail de livres qui explorent les connaissances ésotériques, les pratiques spirituelles de différentes cultures, l’astrologie, la méditation, la divination, ainsi que les philosophies et sagesses du monde. Leur catalogue vise à offrir aux lecteurs des outils pour l’exploration de soi, la compréhension des mystères de l’univers, et la quête de sens au-delà du matérialisme moderne.

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Signes et symboles de nos ancêtres – Des messages vivants pour aujourd’hui

Coline BéryÉditions Véga, 2024, 192 pages, 17 €