Le 5 février à 18h30, Stanislas Berton, Philippe Herlin, Olivier Piacentini et Jean-Maxime Corneille seront nos invités, en direct sur Géopolitique Profonde. Stanislas Berton est un ancien chef d’entreprise, aujourd’hui auteur, qui se consacre à l’analyse économique et à la gestion des risques systémiques. Il a récemment publié son nouvel ouvrage, L’Homme et la Cité : Volume III.
Philippe Herlin est un économiste et essayiste, spécialiste des questions monétaires et des cryptomonnaies. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont “L’or, un placement d’avenir” et “La révolution du bitcoin et des monnaies complémentaires”.
Olivier Piacentini est un essayiste, diplômé de l’Institut d’Études politiques de Paris, spécialisé dans les questions de mondialisation et de géopolitique. Il a publié plusieurs ouvrages, dont « Vers la chute de l’Empire occidental », « La mondialisation totalitaire », « Le mirage mondialiste » et plus récemment « La chute finale : l’Occident survivra-t-il ? ».
Jean-Maxime Corneille est un juriste et écrivain, spécialisé dans les questions de géopolitique, de terrorisme et de renseignement. Il a notamment traduit l’ouvrage « Le charme discret du djihad: L’instrumentalisation géopolitique de l’islam radical ».
Qu’est-ce que le projet mondialiste imposé progressivement en France ?
Quels sont les acteurs et les objectifs de ce processus qui bouleverse les équilibres géopolitiques, économiques, culturels et spirituels du monde ?
Comment résister à l’empire du mensonge et à la dictature du politiquement correct qui imposent une pensée unique et uniforme ?
Quelles sont les alternatives possibles pour retrouver la souveraineté, l’identité et la foi de la France ?
Ces questions brûlantes seront au cœur de notre prochain entretien en direct, qui réunira un plateau exceptionnel pour traiter ce sujet fondamental.
Ils nous feront part de leurs analyses, de leurs témoignages et de leurs propositions pour comprendre et combattre le mondialisme, ce projet totalitaire qui vise à détruire les nations, les cultures et les religions au profit d’une élite oligarchique.
À travers cet entretien, vous découvrirez notamment :
Comment le mondialisme s’appuie sur des réseaux occultes, des lobbies puissants et des technologies de pointe pour imposer son agenda global.
Comment le mondialisme utilise la manipulation médiatique, la désinformation, la censure et la cancel culture pour étouffer toute contestation et toute critique.
Comment le mondialisme promeut une idéologie néo-païenne, anti-chrétienne et anti-humaine, qui nie la transcendance, la morale et la dignité de la personne.
Comment le mondialisme prépare une fusion du numérique, du biologique et du médical, qui pourrait aboutir à la création d’un homme augmenté, voire d’un homme nouveau.
Ne manquez pas ce rendez-vous exceptionnel, qui vous permettra de vous informer, de vous former et de vous mobiliser face à l’un des plus grands défis de notre époque.
Tous les articles, la tribune libre et commentaires sont sous la responsabilité de leurs auteurs. Les Moutons Enragés ne sauraient être tenus responsables de leur contenu ou orientation.
L’analyse du Discours de la servitude volontaire d’Étienne de La Boétie nécessite une plongée dans un texte fondateur de la pensée politique moderne.
« Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. »
Cette citation reflète une idée centrale du Discours de la servitude volontaire d’Étienne de La Boétie au XVIe siècle. Le concept qu’elle résume met en lumière la pensée de La Boétie sur le pouvoir et la soumission.
La maison d’Étienne de La Boétie.
Étienne de La Boétie, écrivain, poète et magistrat
Surtout connu pour son traité Discours de la servitude volontaire ou Le Contr’un, Étienne de La Boétie (1530-1563),né dans une famille de la petite noblesse en Périgord, fit des études de droit à l’Université d’Orléans, où il reçut une formation humaniste, s’inscrivant pleinement dans le mouvement intellectuel de la Renaissance.
Premier folio du Ms de Mesmes du Discours (Source Gallica – BnF).
Le titre Le Contr’un peut être interprété de différentes manières, mais il reflète essentiellement les thèmes de contradiction et d’opposition qui traversent l’œuvre. Contr’un est une contraction de l’expression contre un, qui peut signifier contre un seul ou contre un tyran, soulignant l’idée que le discours est dirigé contre la domination d’un seul individu sur les autres, c’est-à-dire contre la tyrannie.
Le Discours de la servitude volontaire
Rédigé probablement en 1549, alors que La Boétie n’avait que dix-huit ou dix-neuf ans, le Discours de la servitude volontaire constitue une réflexion profonde sur les fondements de l’autorité politique et la nature de la soumission des peuples aux tyrans. Dans ce texte, La Boétie s’interroge sur les raisons pour lesquelles les hommes consentent à leur propre asservissement, soulignant que toute tyrannie repose essentiellement sur le consentement des gouvernés. Il avance que si les peuples refusaient de se soumettre, aucun tyran ne pourrait avoir de pouvoir sur eux. Cette œuvre est considérée comme un plaidoyer précoce pour la liberté individuelle et la responsabilité civique, influençant de nombreux penseurs politiques après lui.
La Boétie entra au service du roi de France en tant que conseiller au parlement de Bordeaux en 1553. Il y fit la rencontre de Michel de Montaigne, avec qui il développa une amitié profonde et influente, Montaigne lui dédiant plus tard l’essai « De l’amitié » dans ses célèbres Essais. La relation entre La Boétie et Montaigne est souvent citée comme un exemple remarquable d’amitié intellectuelle et personnelle.
Contre la tirannie et tirans, La Servitude Volontaire(f1).
Outre son célèbre discours, La Boétie a également écrit des poèmes et traduit des classiques, notamment des œuvres de Plutarque et de Xénophon, reflétant son érudition et son engagement dans l’humanisme de la Renaissance. Bien que son œuvre littéraire soit relativement limitée, son influence dépasse largement le cadre de son époque, notamment à travers le Discours de la servitude volontaire qui est devenu un texte de référence dans les études politiques et philosophiques sur la liberté et la tyrannie.
La Boétie est mort prématurément en 1563 à l’âge de 32 ans, laissant derrière lui un héritage intellectuel important qui continue d’inspirer les débats sur la liberté, la souveraineté, et la résistance civile. Son interrogation sur les raisons de la soumission volontaire à l’autorité reste d’une brûlante actualité, faisant de lui une figure emblématique de la pensée politique occidentale.
L’analyse du Discours de la servitude volontaire
Ce traité est un plaidoyer pour la liberté individuelle et un examen critique des fondements de la tyrannie et de la domination. Voici quelques points clés pour analyser cet œuvre :
Le contexte historique
L’époque de rédaction est celle de la Renaissance, période marquée par un renouveau intellectuel et artistique, ainsi que par des questionnements sur le pouvoir et l’autorité.
Étienne de La Boétie, humaniste et juriste, s’interroge sur les raisons qui poussent les hommes à se soumettre volontairement à un seul homme (le tyran).
Les thèses principales : servitude volontaire ; force du nombre ; habituation à la servitude
La Boétie s’interroge sur le paradoxe de la servitude volontaire, c’est-à-dire pourquoi les peuples choisissent de rester soumis à un tyran plutôt que de revendiquer leur liberté.
La Boétie souligne que le pouvoir d’un seul homme repose entièrement sur le consentement des gouvernés. Sans leur soutien, le tyran est impuissant.
La Boétie analyse comment les peuples en viennent à accepter leur condition par habitude et par peur des conséquences de la rébellion.
L’argumentation de la Boétie
La Boétie utilise une démarche logique et des arguments rationnels pour déconstruire les mécanismes de la servitude. Et son texte est marqué par une grande qualité littéraire, utilisant des exemples historiques, des maximes et une rhétorique persuasive pour convaincre le lecteur.
Servitude Volontaire, Genève 2007.
L’influence du Discours de la servitude volontaire
Ce discours est considéré comme précurseur des théories sur la souveraineté populaire et l’anti-autoritarisme qui émergeront plus tard, notamment chez des penseurs comme Rousseau.
La réflexion sur la servitude volontaire reste d’actualité dans les débats sur l’autorité, la liberté individuelle et la résistance civile.
Le Discours de la servitude volontaire d’Étienne de La Boétie demeure une œuvre majeure pour comprendre les dynamiques de pouvoir et de soumission. Il interroge de manière profonde les fondements de la liberté et de l’autonomie individuelle, invitant à une réflexion toujours pertinente sur les conditions de notre propre liberté.
Le YouTube de Corentin de Salle
Né le 21 mars 1972 à Bruxelles (Belgique), Corentin de Salle est directeur du Centre Jean Gol, le bureau d’étude du Mouvement Réformateur (MR), MR), parti politique francophone belge de centre-droit à droite, d’inspiration libérale et conservatrice. Il est professeur à l’École Pratique des Hautes Etudes Commerciales (EPHEC) et assistant à l’Université Libre de Bruxelles (ULB).
Dans cette séquence vidéo, Corentin de Salle expose les raisons pour lesquelles on obéit à un tyran. Pour ce faire, il s’appuie sur la pensée d’Étienne de la Boétie qui a montré le poids de la tradition pour expliquer l’état de servitude, ainsi que la lâcheté. La servitude est avant tout volontaire et il suffit que le peuple cesse de servir le tyran pour être libre.
Nous vous rappelons l’édition du texte intégral, en février 2023, du Discours de la servitude volontaire publié chez J’ai Lu, collection Librio, à 3 €…
Statue d’Étienne de La Boétie à Sarlat-la-Canéda (Dordogne).
Après plusieurs semaines d’attente, Jacques Denis Tsanga a été officiellement installé à la tête de la Grande Loge du Gabon (GLG) au cours d’une cérémonie solennelle qui s’est déroulée ce samedi 10 février 2024 à la salle Marcel Mouloungui à Libreville, selon L’Aube. Ainsi, l’indéboulonnable gouverneur de la province du Haut-Ogooué succède à ce grade le président déchu Ali Bongo Ondimba qui n’aura pas résisté au vent du changement opéré le 30 août 2023 même au sein de cette fraternité des lumières.
Selon l’hebdomadaire L’Aube de ce lundi 12 février 2024, c’est en présence des Grands maîtres du Mali, de Côte d’Ivoire, de Guinée-Conakry, du Burkina Faso, du Maroc, de Russie, mais surtout du Grand maire de la loge nationale française, Jean-Pierre Rollet que s’est déroulé cette cérémonie d’intronisation. Une consécration pour Jacques Denis Tsanga qui dans le monde profane aura occupé la fonction de ministre des Eaux et forêts, mais surtout de gouverneur indétrônable de la province du Haut-Ogooué.
Jacques Denis Tsanga nouveau Grand maître de la la GLG
Désormais à la tête de la Grande Loge du Gabon, l’ancien membre du gouvernement qui siège désormais à l’Orient, symbole du lever du Soleil, aura la lourde tâche de présider à la gestion de la loge. Il a le pouvoir final de décision concernant toutes les actions de la loge, dirige les travaux et préside l’attribution des degrés.
Il faut dire qu’à l’issue de cette intronisation présidée de main de maître par Jean Pierre Rollet, le nouveau Grand maître de la GLG a nommé entre autres son député grand-maître Pierre Reteno Ndiaye, les assistants Grand maître Léon Paul Ngoulakia, Francis Codjie respectivement en charge des affaires intérieures et du Grand secrétariat, le Grand chancelier Yann Franck Koubdje, le Grand garde des sceaux Minko Mi Etoua et les chargés de missions Jean François Ndongou, Guy Bertrand Mapangou et Toussaint Grégoire Moukala.
(Les « éditos » de Christian Roblin paraissent le 1er et le 15 de chaque mois.)
Il y a bien longtemps que je suis passé sous le bandeau, cette expression désignant l’audition où, les yeux recouverts d’un masque de sommeil, on entre en Loge pour la première fois, en profane, en se courbant en deux, avant d’être conduit à une chaise et de s’y assoir pour répondre avec sincérité aux questions que souhaitent poser au candidat les Frères ou les Sœurs de l’Atelier auquel il a adressé sa demande d’initiation et ce, afin de mieux cerner le contexte et l’état d’esprit dans lesquels prend place la quête qu’il espère engager.
Je me souviens encore que j’avais été amené à dire qu’idéalement, j’aurais aimé regarder mon prochain comme s’il portait sur le front cette étiquette : « Attention Fragile ». Me remémorant cet épisode bien des années plus tard et m’interrogeant à nouveau, dans un même esprit lapidaire, j’avais suppléé cette mention par la simple indication : « Précieux », non point que l’Homme me parût désormais moins fragile, mais qu’il représentait pour moi une richesse dont j’aspirais à me nourrir perpétuellement. Aujourd’hui, après quelques décennies, je ne sais pas si je pourrais me satisfaire d’une unique épithète, ayant éprouvé tant de fois les vertiges effroyables autant que merveilleux dont l’être humain remplit constamment l’Histoire.
Il me vient alors cette pensée que la vie pourrait au mieux s’assimiler à un sacrifice, non point en y voyant d’abord une notion d’abandon ou de renoncement ni même en y adjoignant une quelconque connotation d’offrande à une divinité, mais bien en gorgeant pleinement le mot de son sens étymologique : sacer facere, rendre sacré – la conscience que l’Homme a de la mort, ne serait-ce que comme simple terminaison, l’enjoignant à aimer la vie et à l’aimer par nature non pour soi seul mais dans un désir d’harmonie et, si possible, dans un bonheur partagé, ce qui constitue déjà une grande œuvre de sagesse. L’Homme sanctifierait ainsi son expérience, répondant au mystère de l’existence avec joie, au lieu d’y apposer sa propre énigme avec orgueil. Et si souvent jusqu’à l’absurde et à l’épouvante.
Son malheur n’est sans doute pas étranger au fait que, dans une acception triviale, on sacrifie plus volontiers autrui qu’on ne se sacrifie soi-même (sans, d’ailleurs, recommander a priori une telle perspective), les victimes s’imposant généralement au nom d’intérêts aveugles. Bref, il faudrait redonner au sacrifice sa lumineuse nécessité : rendre sacré le temps humain, en abolissant ses contingences barbares : s’en prendre à tout propos funestement à la vie. Je conviens qu’un tel dépassement ferait triompher la grâce sur les pesanteurs, ce qui relève, je l’avoue tout aussi bien, d’un rêve à voix haute. Mais, songez-y, qui peut nier que l’exhortation passe par la prière, quand on veut que l’action passe par l’espoir ?
Au bout du compte, livré aux profondeurs de sa conscience et consentant, par là même, si intimement au silence, au silence où tournoient le vide et l’immensité, l’initié avance de plus en plus nu… comme un démuni aux mains d’or.
Admiratifs devant les églises, en particulier les cathédrales, nous sommes parfois perméables à certaines affirmations douteuses quant à leur édification. Préparez-vous à déconstruire quelques légendes sur la main-d’œuvre, l’avancée des chantiers, les matériaux et les techniques de construction.
Pensez-vous que :
les grandes églises sont construites d’un seul jet ?
elles sont toujours en pierre ?
elles ont été bâties par une main-d’œuvre bénévole ?
les bâtisseurs employaient des outils ingénieux comme la corde à 13 nœuds et la quine ?
nous serions aujourd’hui incapables de construire une cathédrale ?
Démystifions ces croyances erronées ou à moitié vraies.
Chantier de construction. Vitrail de la cathédrale de Chartres (XIIIe siècle)
Idée 1 : Les grandes églises étaient construites d’un seul jet
Aujourd’hui nos gratte-ciel ou nos zéniths surgissent ainsi de terre. Au Moyen Âge, il faut souvent diviser le chantier en plusieurs campagnes de travaux pour construire l’intégralité de l’église. Déjà parce que le financement, insuffisant, n’offre de perspectives que pour quelques années. Ensuite advienne que pourra. Prudemment, les commanditaires, en collaboration avec les architectes, procèdent donc partie par partie. Par exemple, d’abord le chœur, puis la nef, enfin la façade. Parfois s’écoulent plusieurs générations entre les phases. Pire, certains monuments restent inachevés à l’exemple de la cathédrale de Narbonne, réduite à son chœur et à son transept.
Au premier plan, l’église est bâtie par module. Le chœur est debout tandis que le transept et la nef sont en cours de construction. Enluminure du Roman de Girart de Roussillon Cod. 2549, fol. 164r: Vienne. Österreichische Nationalbibliothek
En lisant les murs, vous vous rendrez parfois compte de ces étapes de construction. Par exemple, le style architectural de la nef diffère de celui du chœur. Observez notamment la décoration des chapiteaux, le tracé des arcs, le remplage des fenêtres… L’histoire du chantier se dévoile sous vos yeux.
Ces deux travées de la cathédrale de Lisieux appartiennent chacune à une phase de construction. Même si l’organisation générale est conservée (les 3 niveaux), on distingue des différences dans les détails.
Souvent l’ancienne église est remplacée par la nouvelle construction sur le même site. Dans ce cas, l’échelonnement est encore plus nécessaire : les bâtisseurs essaient le plus longtemps possible de conserver l’ancienne église afin de maintenir le culte le temps des travaux. Un casse-tête logistique.
Dans ce cas, les bâtisseurs optent souvent pour une stratégie ingénieuse : l’enveloppement. Le nouvel édifice, plus imposant, est construit autour de l’ancien jusqu’à sa nécessaire démolition. Ainsi se sont déroulés les chantiers de la cathédrale d’Elne et de l’abbatiale romane de Paray-le-Monial.
Sauf quelques monuments rondement menés, les cathédrales avaient donc l’apparence de monuments inachevés et composites pendant une large partie du Moyen Âge.
Depuis quelques dizaines d’années, les archéologues du bâti nous fournissent des informations encore plus précises sur l’avancée des chantiers. Au lieu de fouiller le sol, ils étudient chaque pierre ; ils sondent les mortiers ; ils repèrent chaque rupture dans les appareils. Tout ça pour en tirer une conclusion nouvelle : les bâtisseurs ne progressent pas toujours travée par travée (une travée consiste en l’espace entre deux piliers). Ils choisissent aussi la construction par niveau : on commence par les grandes arcades du rez-de-chaussée, puis, faute de financement, on ajoute un toit provisoire. Toit qu’on enlèvera quand on sera prêt à ajouter le deuxième niveau.
Lors de la phase B2 vers 1260-1265, la cathédrale de Metz ne s’élève qu’au niveau des grandes arcades, sauf le départ d’une tour (Dessin d’Alain Villes)
En réalité, les phases sont plus compliquées (désolé !). Elles associent avancement par travées, par niveau et par enveloppement
Sur ce plan au sol et en élévation de l’abbatiale de Paray-le-Monial (Saône-et-Loire), les phases de construction se distinguent par une couleur différente. Remarquez les changements d’un pan de mur à l’autre et d’un étage à l’autre (panneau dans le cloître)
Les archéologues du bâti sont face à des Tetris de pierre. Ces complications n’ont peut-être qu’une seule raison, déjà évoquée : le souhait de maintenir l’ancienne église le plus longtemps possible.
Non, je ne vais pas vous retourner le cerveau : cette affirmation est très largement vraie. Cependant, la brique, plus économique, lui fait parfois concurrence. En Occitanie, elle règne en maîtresse. Malgré son importance, la cathédrale d’Albi n’a pas dérogé à ce principe de construction régional.
Ne croyez pas que la brique soit une nouveauté dans le monde de la construction. Bien au contraire ! Déjà Rome appréciait ce matériau léger, facile à mettre en œuvre et résistant au temps. Elle ne craignait pas de l’utiliser pour des édifices prestigieux comme le Panthéon ou le forum de Trajan.
La brique ne s’arrête pas aux frontières de la France. Non, elle a conquis des régions pauvres en pierres calcaires : de la Belgique à la Pologne en passant par les Pays-Bas, le Danemark, le nord de l’Allemagne, sans oublier la plaine du Pô en Italie… En dépit de son impossibilité à être sculptée, les architectes allemands ont réussi à l’adapter à l’architecture gothique.
L’église de Sainte-Marie de Prenzlau (Allemagne) est un bel exemple de Backsteingotik (gothique de brique)
Le bois, matériau du pauvre, ne bénéficie pas d’une telle marque d’intérêt chez les bâtisseurs d’églises, sauf pour composer les charpentes. De toute façon, personne ne les voit, cachées sous les toits. Curieusement, en Champagne, entre Troyes et Saint-Dizier, se concentrent des églises à pan de bois. Caractéristique originale que n’ont pourtant pas suivi des régions à la tradition charpentée plus affirmée comme la Normandie et l’Alsace.
Idée 3 : Les cathédrales furent édifiées dans un grand élan populaire
« Dans mon diocèse [Avranches], c’est un spectacle extraordinaire, tout le monde, chevaliers, bourgeois et paysans, court à Chartres pour avoir l’honneur de travailler pour Notre-Dame [la cathédrale] », s’enthousiasme l’abbé Robert de Torigni au XIIe siècle.
On imagine des foules chantantes convergeant vers les villes, les bras chargés de pierres. L’image est belle, n’est-ce pas ?
S’il y a un grand engouement populaire pour construire les cathédrales, il est forcément limité dans le temps et dans les tâches. De tels chantiers nécessitent des compétences rares. Un paysan ne s’improvise pas tailleur de pierre ; le chevalier maîtrise sûrement beaucoup mieux le combat à l’épée que l’assemblage d’une charpente.
La construction d’une cathédrale est une affaire de professionnels, qu’on paie d’ailleurs assez bien pour ce travail : de l’architecte au fabricant de mortier, en passant par les maçons, les tailleurs de pierre ou les maîtres-verriers.
Des saints et des rois mettent la main à la pâte pour maçonner, mesurer, vérifier l’aplomb, poser des vitraux et faire du mortier. Enluminure du Miroir historial de Vincent de Beauvais, traduit par Jean du Vignay, manuscrit Français 50, fol.1r, Gallica/Bibliothèque nationale de France
Alors, oui, peut-être que quelques bras vaillants, sans qualification, se sont joints à l’effort collectif, portant les matériaux ou creusant les fondations. Mais pour la plupart, ce travail était rémunéré. Eh oui, il fallait bien manger !
Les cathédrales sont davantage le fruit d’un travail d’experts que d’un élan populaire.
Idée 4 : Les bâtisseurs utilisaient des outils ingénieux comme la corde à 13 nœuds et la quine
J’avoue m’être fait prendre jusqu’à ce que Jean-Michel Mathonière, spécialiste des compagnonnages, me reprenne (gentiment).
Sur les chantiers de restauration historique, ou sur les reconstitutions d’ateliers, vous apercevrez parfois :
Une quine, c’est-à-dire une sorte de règle divisée en 5 unités anthropiques : la paume, la palme, l’empan, le pied et la coudée. Ce qui est fascinant avec ce système de mesure c’est qu’on passe de l’une à l’autre en multipliant par le nombre d’or (environ 1,618) et qu’en additionnant deux unités consécutives, on obtient la suivante.
Appelée aussi pige, la quine est graduée de plusieurs mesures correspondant à des parties du corps de plus en plus petites (Martouf/wikimedia commons).
Une corde à 13 nœuds. Grâce à ses nœuds régulièrement espacés, on obtient facilement des tracés d’angle droit, des arcs (plein cintre ou brisés). Voyez son fonctionnement en vidéo sur la chaîne Youtube du château de Guédelon.
Dans cet atelier reconstitué, ne serait-ce pas une corde à 13 nœuds qui traîne sur la table ?
À travers ces deux outils, opère la magie des mathématiques et de la géométrie. Le problème, relevé par Nicolas Gasseau, c’est l’absence de preuves anciennes de leur utilisation. On n’en voit jamais représentées sur les enluminures médiévales au contraire du compas, de l’équerre, de la règle et du fil à plomb (cherchez-les dans la miniature du Miroir historial, quelques paragraphes plus haut). L’idée d’une corde à 13 nœuds n’est avancée qu’à l’époque où on invente à peu près les premiers avions, c’est-à-dire en 1900 !
Jean-Michel Mathonière renchérit en pointant l’imprécision de la corde à nœuds (selon l’humidité, elle s’allonge ou se rétrécit. Autant utiliser un compas) et le manque de praticité de la quine (ses unités de mesure ne correspondaient pas aux mesures de longueur employées à l’époque, d’où la nécessité d’une conversion).
Les artisans d’aujourd’hui s’illusionnent parfois sur leurs outils qu’ils pensent remonter à un temps immémorial.
Idée 5 : On ne saurait plus construire de cathédrales aujourd’hui
C’est la petite phrase que j’entends chez certains touristes émerveillés par ces monuments qui défient le ciel.
Soyez rassurés : les compétences des maçons, des tailleurs de pierre, des charpentiers du Moyen Âge ne se sont pas évanouies dans les brumes du temps. Car depuis l’âge d’or — le fameux temps des cathédrales -, on n’a jamais complètement arrêté d’en construire ou d’en reconstruire.
Pensez à la cathédrale d’Orléans. Pendant les guerres de Religion, les protestants la laissent en ruines après l’avoir minée à l’explosif. Mais au lieu de baisser les bras, les bâtisseurs du XVIIe siècle relèvent le défi, reprenant les principes de l’architecture gothique pour reconstruire l’édifice dans toute sa splendeur. Et le résultat est là, sous nos yeux ébahis : une cathédrale qui semble tout droit sortie du Moyen Âge, mais qui a été façonnée à une époque où on construisait et agrandissait le château de Versailles.
Intérieur de la cathédrale d’Orléans (Selbymay/Wikimedia Commons)
Pensez également aux restaurations menées au XIXe siècle par l’architecte Viollet-le-Duc. À Notre-Dame de Paris, à la Sainte-Chapelle, à Clermont-Ferrand, il a démontré le maintien des savoir-faire.
Et aujourd’hui, que reste-t-il de cet héritage millénaire ? Le chantier de restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris (2019-2024) démontre que nous n’avons pas à nous lamenter. Non seulement les artisans ont réussi à recomposer la voûte crevée par la chute de la flèche mais ils ont recomposé la charpente en reprenant les techniques médiévales. Les compétences sont toujours là, enseignées chez les compagnons du Devoir, dans les lycées professionnels ou les écoles de formation. L’architecture médiévale, loin d’être un savoir perdu, est une tradition qui se perpétue.
Dites-moi en commentaire si vous étiez sensibles à l’une des 5 idées reçues. Les questions sont bienvenues.
« Nous ne sommes pas sur cette terre pour filtrer des boissons et faire cuire des aliments, mais pour contribuer au perfectionnement de notre âme »
Sénèque
Cette phrase de Sénèque, nous plonge, mine de rien, directement dans la « tambouille philosophique » ! En effet, elle nous met dans la contradiction de deux courants qui vont traverser toute l’histoire de la philosophie mondiale depuis la nuit des temps : l’immersion dans le réel nous conduit-elle à une spiritualité (Y compris sans Dieu) où convient-il de maîtriser le réel pour entrer dans une transcendance qui conduit à la rencontre d’un Principe ?
La philosophie orientale, notamment celle qui relève du taoïsme, du chan ou du bouddhisme Zen est nettement orientée vers le courant de l’implication dans le réel le plus commun, comme accès au « Tout ». Mais, incroyablement vastes sont les manifestations de la Réalité cosmique, dont les pulsations, « vers l’extérieur » révèlent l’immensité sans borne et les pulsations « vers l’intérieur », manifestent son éternelle unité. Partant du centre qui est partout, vers la circonférence qui est nulle part, et revenant de la multitude à l’unité, l’énergie du Tout oscille donnant, par son rythme la vacuité au mouvement du cosmos. D’où la sacralité de la matière elle-même et des conséquences spirituelles d’un vécu qui pourrait apparaître comme banal, mais déjà inclus dans la dimension d’un sacré sans Dieu. Nous connaissons tous, par exemple, l’implication spirituelle de la fameuse cérémonie du thé au japon. A titre indicatif, prenons un poème chinois à la fête de la naissance du Bouddha, dans la cellule de maître Shan Wing qui l’illustre :
« Après le repas une tasse de thé, à peine remplie dans le vent frais un lit vaut mille onces d’or mon ventre rythme mon ronflement, dans la cour les pétales des fleurs tombent. Je dors à en assouvir mon cœur, toute ma vie jamais il n’en fut rassasié »
Se servir de la matière comme accès à la spiritualité, peut aller jusqu’à l’utilisation de ce qui, en règle générale, amène la réprobation. Par exemple, le vin dont nous parle le poète Hsui Tao Yong :
« La poudre est légère et parfumée, le son de la source léger un vent fougueux et une pluie cinglante se lèvent avec la fumée du poêle une tasse dégrise de l’ivresse dans la montagne on se sent aussitôt le corps léger, prêt à monter au ciel ».
Mais, en l’occurrence, Sénèque n’interpelle pas les philosophes asiatiques qu’il ne connaît pas, mais s’en prend plutôt à Epicure, dont la philosophie, athée (ou interprétable comme panthéiste à la rigueur) donne toute priorité au plaisir d’être, dans ce que Heidegger nommera le « Da Sein », le « Ce qui est », sans aucun dépassement vers le métaphysique, sans aucune « Weltanschauung », d’une visée, d’un destin. « Circulez, il n’y a rien à voir au-delà du réel ! ». Pour Epicure, cette spiritualité du mouvement permanent et de l’ataraxie durement conquise et menant au plaisir ne peut que prendre racine dans la banalité d’un quotidien qui est à l’abri de toutes perturbations. Il écrit (1) : « Il est doux, quand sur la grande mer les vents bouleversent les eaux, de contempler de la terre les grandes épreuves d’autrui. Non point que la souffrance de l’homme soit un plaisir, mais parce qu’il est doux de voir à quels maux on échappe soi-même. »
En fait, Sénèque pointe la différence fondamentale qui peut exister entre une spiritualité qui transcende l’existant vers une autre dimension créatrice du cosmos ou une sagesse qui, d’une certaine manière, déifie le réel de la matière. Cela nous amène, à travers l’histoire des idées, à se poser la question si la Maçonnerie relève d’une spiritualité ou d’une sagesse ? … Il est amusant d’ailleurs que, dans la publication de deux textes célèbres de Sénèque (La « vita beata », la vie brève et la « brevitate vitae », de la brièveté de la vie), le traducteur des deux œuvres en latin, François Rosso, écrive, en 4em de couverture : « Ceux qui lisent Sénèque s’apparentent à une franc-maçonnerie dont quelques membre se reconnaissent, en catimini, comme s’ils tâchaient de ne pas ébruiter l’affaire. Sénèque est providentiellement moderne. Sur l’inconstance des princes, l’inutilité de l’affairement, la vanité du spectacle politique, il a tout dit. A le fréquenter, on s’épargne bien des agacements et bien des déplaisirs ». Cette remarque nous amène à nous poser la deuxième question que Sénèque développe, à la fois dans sa vie et dans son œuvre (principalement dans les célèbres lettres à Lucilius, écrite à la fin de sa vie, en bout de course) : le philosophe ou le sage doivent-ils se mêler des affaires de la cité ou, comme Epicure cultiver l’amitié et la philosophie, protégés par de hauts murs à l’intérieur du fameux jardin, sorte de paradis recrée d’où les dieux seraient absents ? Pour être heureux faut-il vivre caché ou, comme nous le dit Sénèque dans la phrase de notre réflexion faut-il « aller à la soupe » des honneurs illusoires quitte à y laisser son âme ?
Cette question sera essentielle pour Sénèque, car il a mauvaise réputation : il fut ministre de Néron, aussi longtemps que Néron fut tolérable et se retirera quand le temps sera venu, mais il était trop tard et la réputation du tyran ternit la sienne. Mêlé à la vie politique de très près, il eut le souci de maintenir en lui-même et chez ceux qu’il aimait le sens de la liberté intérieure. Il en découvrit le moyen en adoptant la doctrine stoïcienne, qui comptait à Rome de nombreux adeptes, lui qui avait reçu l’enseignement du pythagoricien Soton. Tout en restant fidèle aux pères fondateurs grecs du « Stoa », le portique d’Athènes(Zénon de Kition, Panétios, et Posidonias), il va donner une orientation très romaine à la doctrine : pointer les implications pour chacun de nous dans la cité, dans la vie personnelle et dans les remèdes qu’elle apporte à la condition humaine mais reprendre également les thèmes classiques comme la recherche de l’ « Apathéia », le détachement vis-à-vis de ce qui ne dépend pas de nous et fait barrage à la maîtrise de la tempérance et du « lâcher prise ». Donc, une plus grande traduction du stoïcisme dans le social et le politique. Il vise à une incarnation de l’idée et la sortie de l’abstraction pure. Être et vivre sont deux choses différentes. Il écrit (2) : « Ne va donc pas croire que des cheveux blancs et des rides prouvent qu’un homme à longtemps vécu : il n’a pas longtemps vécu, il a longtemps été » ! …
Un autre reproche sera fait à Sénèque : quand on est immensément riche et au sommet du pouvoir, comment peut-on prétendre au détachement ? La fortune ne conduit-elle pas à l’incompréhension du prochain ? Aux yeux des philosophes, la vie d’Epictète était le vrai modèle du stoïcisme : comment comparer le destin de cet ancien esclave libéré et celui d’un Sénèque ou d’un Marc-Aurèle ? Sénèque répondra que le destin commun auquel aucun homme n’échappe est sa disparition, sa liquéfaction dans l’océan du temps et que la vraie question est l’acceptation de ce statut d’ « Être pour la mort », selon la formule que reprendra Heidegger à partir du stoïcisme. Etrangement, l’histoire des idées épargnera Platon et l’aisance acquise en étant au service de dictateurs en Sicile, dont le célèbre Denys qui enfermait ses adversaires dans une caverne que l’on visite encore et d’où Platon disait dans « La République » que peu en sortaient faute de sagesse, préférant conserver leurs chaînes ! … C’est aussi une question qui s’adresse à nous : sommes-nous encore capables, nous qui cultivons la préservation d’un petit monde favorisé et qui se coopte («Mes Frères me reconnaissent comme tel » !), reconnaître l’altérité de l’autre à qui nous proposons une philosophie qui n’est pas la sienne, alors que la personne ne tient pas à se vivre comme un objet de soins particuliers et n’est pas demandeuse de leçons ! Ce que nous appelons la philosophie maçonnique s’accomplit seulement avec moi et l’autre, en toute discrétion, dans un destin commun où, séparés, nous vivons quand même ensemble dans l’absolu de l’éternité. Ce qui demande, à minima, une « discreta caritas », une charité qui discerne.
Epicure et Sénèque ont le même but : atteindre l’ « Eudémonia », le bonheur, par l’ « Apatheia », la fin des passions, le calme intérieur. Mais bien que ressemblantes, les deux philosophies ont une différence fondamentale : Sénèque inscrit sa démarche dans une rencontre avec un Principe, tandis que Epicure l’inscrit dans l’absolu de la matière. Examinons rapidement ce qu’il en est de cette croyance au Principe chez Sénèque, celle qui donnerait un sens à la pesanteur du réel. Au centre de la philosophie de Sénèque, comme à celui du stoïcisme classique, se trouve l’idée de nature, mais l’univers, Être total qui embrasse tout ce qui existe est-il ce que nous appelons Dieu ? Le cosmos possède des lois strictes qui sont celles de l’Être même. C’est la raison en acte et par conséquent, le hasard ne peut exister. Il n’existe que des séries causales qui s’entrecroisent selon une nécessité inéluctable. Sénèque écrit : « Tout ce qui arrive est le signe de quelque chose qui arrivera ». Il se plaît à répéter que le « fatum », le destin, ou d’autres mots similaires ne sont que des noms donnés à Jupiter, au Dieu suprême. Cela nous pose, d’ailleurs, le problème de la liberté humaine et celui même de la philosophie souligne Sénèque : « Que soient les destins qui nous enserrent dans leur loi inexorable, que ce soit un Dieu souverain maître du monde qui ait établi l’ordre de toute chose, que ce soit le hasard qui entraîne et tiraille sans ordre les choses humaines, la philosophie doit nous protéger ».
Il y a dans la création un déterminisme total qui fait qu’il n’y a rien de gratuit car la création n’est que la pensée de Dieu. Dans cette perspective, la souffrance humaine, les injustices, la mort des sages et de ceux qui ne le sont pas, tout cela cesse d’être un scandale : ce sont des éléments qui, en eux-mêmes, sont dépourvus de valeur, par rapport à l’harmonie du monde. Si l’on parvient à se situer face à ces choses, à se séparer d’elles, au lieu de les ressentir négativement dans sa sensibilité, on en découvre la signification aux yeux d’un dieu. Cela est possible parce que nous sommes, rigoureusement, partie intégrante de Lui, car dans la mesure où notre corps et notre âme existent, ils sont des éléments de cet Être universel, ce « Grand Architecte de l’Univers ». Contrairement à Epicure qui considère les dieux comme des « Eidôla », des idoles, des simulacres, Sénèque y voit la Réalité des réalités. Mais alors qui est le sage stoïcien et qu’elle est sa place dans un monde qui lui échappe, où tout est Dieu ?
Pour Sénèque et les stoïciens en général, le sage agit au moins autant par la parole que par l’exemple. La philosophie est plus qu’une activité de la pensée, elle est un mode de vie. Il écrit à Lucilius : « La parole vivante et la vie en commun te seront plus utiles que le discours ». Le sage est immobile en face de Dieu : le monde n’est qu’un ensemble d’objets transitoires, mais les valeurs véritables, au contraire sont immuables. Tout, y compris les dieux particuliers sont entraînés dans la permanence du devenir, ils mourront et se fondront dans l’Être, comme tout ce qui existe. Seule la raison, avec ses caractères propres de cohérence demeurera toujours. Le sage, plutôt qu’il n’obéit à Dieu, participe à sa volonté et décide en même temps que lui ; par la même intuition totale et en quelque sorte simultanée de l’univers. Cela suppose que l’âme doit être en mouvement car Dieu se définit comme une dynamique. Rien, dans l’univers n’est loin de l’âme, bien qu’elle ne soit pas totalement divine, étant encombrée par les pesanteurs de notre propre animalité. La sagesse est une harmonie intérieure qui tente de rejoindre et s’abandonner à l’harmonie préexistante du monde. Mais le monde lui-même ne peut-il pas écraser celui qui se veut sage ? En 65 à Rome, Sénèque s’ouvre les veines sous la pression de Néron qui le hait. Le suicide est-il l’ultime défi au destin, une sorte de « pied de nez », ou la résistance jusqu’au bout à la tyrannie est-elle une participation à la justice du Principe ?
Cet acte individuel de Sénèque n’efface pas la démarche stoïcienne : avec peine et angoisse, le philosophe tente de transcender sa vie, en prenant distance avec la pesanteur de l’histoire et de son histoire, en pensant que l’évolution doit se soumettre au transcendant ; afin que s’opère la rencontre de l’être participé montant et de l’Être imparticipé auquel il retourne…
NOTES
– (1) Nizan Paul : Les matérialistes de l’antiquité. Paris. Ed. Maspéro. 1979. (page 107).
– (2) Sénèque : La vie heureuse. Paris. Ed . Arléa. 1995. (page 108).
BIBLIOGRAPHIE
– Duhot Jean-Noël : Epictète et la sagesse stoïcienne. Paris Ed. Albin-Michel.1996.
– Epictète : Ce qui dépend de nous. Paris. Ed. Arléa. 1995.
– Epictète : Du contentement intérieur. Paris. Ed. Gallimard. 1991.
– Grimal Pierre : Marc Aurèle. Paris. Ed. Fayard. 1991.
– Lucrèce : De la nature. Paris. Ed. Flammarion 1997.
– Marc-Aurèle : Pensées. Paris. Ed. Jean de Bonnot . 1969.
– Nizan Paul : Les matérialistes de l’antiquité. Paris. Ed. Maspéro. 1979.
La population âgée du Suffolk rural commencera à se sentir plus connectée, grâce à une subvention de 15 000 £ des francs-maçons du Suffolk à la Rural Coffee Caravan (RCC). Cette subvention substantielle vise à résoudre le problème croissant de l’isolement rural des personnes de plus de 65 ans dans le Suffolk, où la diminution des services, le manque de transports publics et l’accès limité à Internet exacerbent le problème.
La carte Age UK Loneliness met en évidence des poches de risque de solitude élevé et très élevé dans le Suffolk, soulignant le besoin urgent d’initiatives comme celle menée par le RCC. L’approche innovante de l’organisation implique un café communautaire mobile et un centre d’information, gérés par une caravane itinérante et trois camping-cars, où ils peuvent atteindre les communautés isolées. Le RCC propose du thé et des gâteaux, une atmosphère chaleureuse et conviviale et une signalisation précieuse vers les services de soutien. De plus, le RCC favorise les liens communautaires grâce à des initiatives telles que « More Than A Shop », encourageant les magasins locaux à devenir des centres d’amitié et de connexion. Il est important de noter que le RCC veille à ce que ces événements soient accessibles à tous, en les proposant gratuitement pour encourager une large participation.
En 2022, le RCC a effectué plus de 200 visites de villages dans tout le Suffolk, accueillant plus de 5 000 visiteurs. Malgré les défis posés par la pandémie, leur initiative « Meet Up Mondays » a atteint un nombre impressionnant de 20 000 participants. Le cœur du succès du RCC réside dans les relations significatives qu’il entretient entre les résidents ruraux. En novembre 2023, le RCC a remporté un prix européen des services sociaux pour la prestation de services. Le thème des prix cette année était « Soins centrés sur la personne ». Seule organisation britannique présélectionnée dans cette catégorie, le RCC a pu présenter son travail démontrant que de simples actes de gentillesse se sont transformés en réseaux sociaux solides, transformant ces zones rurales en communautés dynamiques et connectées. La subvention des francs-maçons du Suffolk provient de la Masonic Charitable Foundation, financée par les francs-maçons, leurs familles et leurs amis de toute l’Angleterre, du Pays de Galles et des îles anglo-normandes.
Ann Osborn du RCC a déclaré : « Grâce au soutien généreux des francs-maçons du Suffolk, nous sommes en mesure de continuer à lutter contre l’isolement dans les zones rurales du Suffolk et d’aider les personnes âgées à se connecter les unes aux autres. Nous savons à quel point notre communauté bénéficie de nos services, et nous sommes impatients de soutenir les gens dans les années à venir.
Jon Neill des francs-maçons du Suffolk : « Je suis très heureux que nous puissions aider le RCC et soutenir le travail important qu’il accomplit pour les personnes âgées du Suffolk. Leur approche apporte un soutien indispensable aux personnes âgées qui se sentent isolées de leur communauté et contribue à les rassembler.
Plus d’informations sur l’association caritative peuvent être trouvées sur www.ruralcoffeecaravan.org.uk
Cela faisait quelques semaines que la rédaction vous avait épargné, dans la rubrique humour, des farfelus de toute espèce. L’élu de la semaine est un cas assez gravement atteint. Nous sommes certains qu’il saura vous convaincre. La seule question qu’il convient de se poser est : Croit-il lui même à ses délires ?
Guillaume Trichard, Grand Maître du Grand Orient de France (GODF) séjourne à Lomé depuis lundi, afin d’échanger avec ses frères des loges du Togo. Le Grand Orient de France est la première obédience maçonnique libérale et adogmatique au monde. Les premières loges ont été créées en 1728. Aujourd’hui, le Grand Orient rassemble plus de 54.000 membres inscrits dans 1 391 Loges. Et le Togo est le premier pays d’Afrique ayant 6 loges.
Face aux professionnels des médias ce vendredi, M.Trichard a mis l’accent sur l’objet de sa visite au Togo, les activités menées et les personnalités togolaises rencontrées. Il a également échangé avec les professionnels sur plusieurs aspects liés à la Franc-maçonnerie.
« Mon voyage au Togo s’inscrit dans une série de visites en Afrique. C’est très important que le Grand Orient de France puisse être présent à un moment où il y a un ensemble de défis à relever en Afrique. Le Togo est le premier pays d’Afrique dans lequel nous avons 6 loges. C’est important que le Grand Maître puisse aller à la rencontre des frères de ses loges. C’est mon devoir d’échanger avec eux, recenser leurs difficultés et voir comment faire à notre niveau pour que les choses s’améliorent », a-t-il souligné.
« Nous sommes un ordre initiatique où des hommes et des femmes s’engagent pour travailler ensemble, réfléchir sur le sens de leur vie, leur rapport avec la société et surtout l’engagement de la faire progresser, de l’améliorer et d’en faire une société plus juste et plus éclairée », a-t-il précisé.
M.Trichard a rencontré le Premier ministre Mme Victoire Tomégah-Dogbé, avec qui il a abordé plusieurs sujets.
« Nous avons échangé sur nos préoccupations respectives. Nous avons des points de vue communs sur plusieurs préoccupations, par exemple l’éducation de la jeunesse, les projets humanitaires, les projets d’aide au développement, la préservation des cultures… Ce fut un échange riche. C’est très intéressant pour moi d’avoir ce niveau d’échange, qui m’a aussi permis d’expliquer ce qu’est la franc-maçonnerie libérale et adogmatique et ce qu’elle n’est pas », a indiqué M.Trichard.
Le Grand Maître du Grand Orient de France s’est également rendu à Aného (environ 45 km à l’est de Lomé) où il a échangé avec le maire des Lacs 1. Il a aussi rencontré le prince régent des trois royaumes de cette commune.
« Je suis allé également à l’entrée de la forêt sacrée. J’ai appris beaucoup de choses sur la ville d’Aného, j’ai rencontré les élus locaux et j’ai pu découvrir aussi les cultures et les traditions du pays », s’est-t-il réjoui.
M.Trichard quittera le Togo dimanche pour le Bénin. C’est son troisième déplacement en Afrique depuis son élection en août 2023. Diplômé de l’Institut Mines Telecom Business School, M.Trichard (47 ans) succède à Georges Serignac.
Et si le cœur vous en dit, vous pouvez toujours paraphraser la chanson « Le temps des cathédrales ? », de Luc Plamondon composée pour la comédie musicale Notre-Dame de Paris – dont nous reparlerons dans notre rubrique « Lieu symbolique » du 12 avril prochain.
C’est le Facebook « Masons of California », qui nous présente le défilé de la « Prince Hall Lodge de Wiley L Kimbrough » #91 lors du Orange County Black History Parade & Unity Festival, à Irvine ce mardi 6 février.
Une bel événement festif
Le texte accompagnant ces photos de franc-maçon joyeux et heureux de vivre leur maçonnerie, dans le temple et au dehors. Ça, c’est de la communication. ET à visage découvert !
« Joyeux mardi ! Nous sommes ravis d’avoir eu l’occasion de soutenir nos frères de la Princehall Lodge de Wiley L Kimbrough #91 lors du Orange County Black History Parade & Unity Festival de cette année @orangecountyheritagecouncil.
Ce fut une journée incroyable de célébration de la riche culture et de l’histoire de la communauté noire, et nous avons été honorés d’en faire partie. Nous remercions tous ceux qui sont venus défiler à nos côtés et nous nous réjouissons de continuer à soutenir et à élever notre communauté ensemble. »
Seal of Irvine, California.
Irvine en Californie, États-Unis d’Amérique
Irvine est une municipalité du comté d’Orange, en Californie, se situant dans la banlieue sud de Los Angeles. Planifiée dans les années 60 par la Irvine Company, une société privée américaine spécialisée dans le développement immobilier, la ville est un centre en développement des industries du commerce et de la technologie. Plusieurs compagnies y ont leur siège social, dont les divisions américaines de Toshiba, Archos, Blizzard Entertainment et Broadcom. On peut citer aussi d’autres entreprises comme les bureaux de Ford, Mazda, également l’entreprise Inamorata, les chaînes de restauration rapide In-N-Out Burger et Taco Bell. Les deux premiers employeurs de la ville sont l’université de Californie à Irvine et Verizon Wireless.
La franc-maçonnerie Prince Hall aux États-Unis
Elle représente une branche importante de la franc-maçonnerie mondiale, distincte par son histoire, sa culture et son engagement envers les communautés afro-américaines. Elle tire son nom de Prince Hall, un Afro-Américain qui fut l’un des premiers initiés et plus tard leader de la franc-maçonnerie parmi les Noirs américains à la fin du 18ème siècle.
Son histoire
Prince Hall était un homme libre de Boston qui, avec quatorze autres hommes noirs, fut initié à la franc-maçonnerie dans une loge militaire britannique (Lodge No. 441 of the Irish Registry) le 6 mars 1775, pendant la guerre d’indépendance américaine. En 1784, ils reçurent une charte de l’Angleterre formant la Loge africaine n°1 de Boston, marquant le début officiel de la franc-maçonnerie Prince Hall.
Ces loges Prince Hall se sont multipliées au fil des ans, devenant un réseau national de loges maçonniques qui servaient la communauté afro-américaine à une époque où les Noirs étaient largement exclus des loges maçonniques « mainstream » en raison de la ségrégation et du racisme.
Le rôle de Prince Hall
Les loges Prince Hall ont joué un rôle crucial dans le soutien des communautés noires, offrant non seulement un espace de fraternité et d’entraide mais aussi en s’engageant dans l’éducation, les droits civiques et le bien-être social. Elles ont servi de plateforme pour le leadership et l’activisme afro-américain.
La reconnaissance mutuelle entre les loges Prince Hall et les Grandes Loges « « mainstream » a été un sujet complexe et parfois controversé. Au fil des décennies, de nombreuses Grandes Loges ont reconnu les loges Prince Hall, marquant des progrès significatifs vers l’intégration et l’égalité au sein de la communauté maçonnique plus large
La franc-maçonnerie Prince Hall est profondément enracinée dans l’histoire et la culture afro-américaines, reflétant les luttes, les espoirs et les réalisations de la communauté noire aux États-Unis. Elle continue de jouer un rôle essentiel dans le tissu social et culturel de la communauté afro-américaine.
Les loges Prince Hall sont engagées dans de nombreuses activités charitables et éducatives, y compris la fourniture de bourses d’études, le soutien aux écoles, et la participation à des projets de service communautaire.
La franc-maçonnerie Prince Hall est un pilier de l’histoire et de la culture afro-américaine, représentant une tradition de fraternité, d’entraide et d’engagement civique qui continue d’influencer positivement les vies. Son héritage et son impact vont bien au-delà de ses membres, touchant les communautés à travers les États-Unis et enrichissant le paysage maçonnique global.
Avec « Qui sont les francs-maçons de Prince Hall ? L’histoire d’une organisation fraternelle noire à Sacramento », nous avions déjà consacré un article à Prince Hall en Calofornie.
Et le Orange County Black History Parade & Unity Festival
Le Orange County Black History Parade & Unity Festival est un événement annuel célébré à Irvine, en Californie, ainsi que dans d’autres localités du comté d’Orange, destiné à honorer et à célébrer l’histoire, la culture, et les contributions des Afro-Américains. Cet événement, l’un des plus anciens et des plus importants du genre dans la région, rassemble des membres de la communauté de tout le comté pour une journée de défilé, de musique, de danse, de nourriture, et d’activités éducatives.
L’événement met en lumière les réalisations des Afro-Américains dans l’histoire, la culture, les arts, la politique, et d’autres domaines. Il vise à éduquer le public sur l’importante contribution des Noirs américains au tissu social et culturel des États-Unis.
Le festival encourage l’unité et la solidarité au sein de la communauté diverse du comté d’Orange, mettant en avant les valeurs de compréhension mutuelle et de respect entre les différents groupes ethniques et culturels.
Le défilé est accompagné de performances musicales et de danse, d’expositions d’art, de stands de nourriture offrant des spécialités culinaires afro-américaines et d’autres cuisines, ainsi que de stands informatifs et éducatifs sur l’histoire et la culture noire. Les maçons de la « Prince Hall Lodge de Wiley L Kimbrough » #91 y participent régulièrement.
L’événement offre également une plateforme pour les organisations locales, les entreprises et les groupes communautaires pour se présenter et s’engager avec le public, promouvant ainsi les services, l’éducation et les opportunités d’engagement civique.
Le Orange County Black History Parade & Unity Festival joue un rôle crucial dans la reconnaissance et la célébration de la diversité culturelle et historique du comté d’Orange.
Il fournit un espace inclusif pour la réflexion, l’apprentissage et la célébration, contribuant à renforcer les liens communautaires et à promouvoir une société plus inclusive et unie. En mettant en avant la richesse de l’histoire et de la culture afro-américaine, cet événement contribue à combattre les stéréotypes et les préjugés, encourageant une meilleure compréhension et appréciation de la diversité culturelle parmi les résidents de toutes origines.
Bien que spécifiquement dédié à la communauté afro-américaine, le Orange County Black History Parade & Unity Festival à Irvine est un événement qui célèbre la diversité et l’unité de l’ensemble de la communauté du comté d’Orange. Par ses activités éducatives et festives, il joue un rôle important dans le renforcement du tissu social et culturel de la région, favorisant la compréhension et l’appréciation de toutes les cultures qui composent la société américaine.
Prince Hall, en déclin elle-aussi ? Comme la maçonnerie blanche mainstream ?
Analyser l’état actuel et les tendances de croissance ou de déclin de la franc-maçonnerie Prince Hall par rapport aux loges maçonniques mainstream (souvent désignées comme « blanches » en raison de leur histoire de ségrégation) dite « régulières et de tradition » nécessite une considération de plusieurs facteurs, y compris l’adhésion, l’engagement communautaire et la visibilité culturelle.
Historiquement, de nombreuses grandes loges, tant Prince Hall que la « mainstream », ont connu un déclin de l’adhésion au cours des dernières décennies. Ce phénomène est souvent attribué à des changements dans les intérêts sociaux, les modes de vie et les priorités des générations plus jeunes, qui peuvent être moins enclins à rejoindre des sociétés fraternelles traditionnelles.
Nous notons cependant que la reconnaissance mutuelle entre les loges Prince Hall et les grandes loges mainstream s’est améliorée au fil du temps, avec de nombreuses juridictions reconnaissant officiellement les unes les autres. Cette reconnaissance peut contribuer à une perception plus positive de la maçonnerie dans son ensemble, favorisant potentiellement l’intérêt et l’adhésion dans les deux branches.
Dans le Sud notamment, il reste malheureusement de gros progrès à réaliser. La question des relations raciales et du racisme au sein de la franc-maçonnerie aux États-Unis est complexe et chargée d’histoire. Historiquement, la franc-maçonnerie américaine a reflété les tensions et les divisions raciales présentes dans la société américaine…
Mais ceci est une autre histoire, une autre histoire de frères. Toutefois, un jour, nous y reviendrons…
Prince Hall
Quid de Prince Hall en France ?
Il est vrai qu’en février 2019, un ancien Grand Chancelier de la Grande Loge de France (GLDF) avait déclaré que cette dernière avait favorisé et reconnu, dans leurs locaux, à Lille, Prince Hall, installé en France pour des frères d’origine africaine.
À ce jour, nous trouvons, inscrit sous l‘identifiant dans le Répertoire National des Associations (RNA) : W595002984, la GRANDE LOGE PRINCE HALL FRANCE (PRINCE HALL FRANCE) dont l’activité est « L’étude des sciences traditionnelles, ésotériques et initiatiques dans leurs globalité. L’amélioration matérielle et morale, le perfectionnement intellectuel et social de l’humanité. Le maintien entre ses membres des liens d’amitié et de sympathie », déclarée dans la commune de Sailly-lez-Lannoy (59390), dont les évènements marquants de l’association sont : 30/06/2005 – Création de l’association – 30/07/2005 – Publication JO de l’avis de création de l’association – 11/11/2020 – Dernière déclaration en date de l’association – 13/05/2021.En savoir +, sur leur site.
Sur le territoire métropolitain, nous trouvons aussi « LIBERTY LODGE » N° 1 dont l’objet social est de « Créer un rapprochement avec les Grandes Loges Prince Hall Affiliated ainsi qu’avec toutes les Grandes Loges souveraines afin de permettre à leurs membres de partager mutuellement les bienfaits de la Fraternité initiatique, d’élever la conscience spirituelle, Ésotérique et sociale de ses membres, promouvoir les droits de l’homme et la solidarité effective entre ses membres, soutenir la promotion de la diversité, accueillir les personnes de toutes origines et de toutes confessions religieuses défendant ces valeurs et favoriser le rapprochement avec les autres fraternelles Maçonniques, organiser des événements spirituels et culturels qui lui sont propres afin de promouvoir les valeurs universelles de fraternité, d’égalité et de liberté dans le strict respect des lois de la République ». Une association créée en juillet 2015 et domiciliée aux Ulis, dans l’Essonne.
Mais notre tour d’horizon ne serait être complet si nous n’évoquions pas la GRANDE LOGE PRINCE HALL DU CONGO, domiciliée dans le Loiret, à Orléans. Déclarée un 2 juillet 2018. Son but est la « recherche et études des anciennes écoles culturelles du Congo et d’ailleurs ». Et ce n’est pas une rumeur… La franc-maçonnerie à Orléans offre donc un aperçu de la diversité et de la richesse de la tradition maçonnique en France.
De plus, la Grande Loge Traditionnelle de France (GLTF), scission de la Grande Loge Nationale Française (GLNF) en 2013, poursuivant son développement à travers le monde, a assisté à un grand rassemblement, cet été, des cinquante-et-une Grandes Loges Prince Hall des États Unis, à Raleigh en Caroline du Nord.
Mario Piromalli, grand maître de la Grande Loge Traditionnelle de France (GLTF)
L’occasion pour le Grand Maître de la Grande Loge Traditionnelle de France (GLTF) Mario Piromalli, ainsi que le Grand Surintendant du District international d’Afrique de la GLTF, de signer un traité de reconnaissance réciproque et d’amitié qui lie dorénavant les deux obédiences. C’est un événement majeur et exceptionnel dans le monde maçonnique car les maçons Prince Hall n’avaient jusqu’alors établi de traité de reconnaissance et d’amitié qu’avec une obédience au Brésil, avec laquelle la GLTF a d’ailleurs déjà créé les mêmes liens. Ainsi la GLTF est une des rares obédiences en Europe à signer avec les frères de Prince Hall un tel traité (Source : Communiqué de la Grande Loge Traditionnelle de France, août 2203).
Pour conclure, je persiste et signe. Nous habitons tous le même monde, partageons le même ciel et marchons sur la même terre. Ce qui est international transcende les frontières et devient nôtre, enrichissant notre humanité commune par chaque culture, chaque innovation et chaque rêve partagé.
Illustrations : Facebook « Masons of California | Official Profile | San Francisco CAMasons of California », Wikimedia Commons