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Le temps des défilés maçonniques reviendrait-il aux USA ?

Et si le cœur vous en dit, vous pouvez toujours paraphraser la chanson « Le temps des cathédrales ? », de Luc Plamondon composée pour la comédie musicale Notre-Dame de Paris – dont nous reparlerons dans notre rubrique « Lieu symbolique » du 12 avril prochain.

C’est le Facebook « Masons of California », qui nous présente le défilé de la « Prince Hall Lodge de Wiley L Kimbrough » #91 lors du Orange County Black History Parade & Unity Festival, à Irvine ce mardi 6 février.

Une bel événement festif

Le texte accompagnant ces photos de franc-maçon joyeux et heureux de vivre leur maçonnerie, dans le temple et au dehors. Ça, c’est de la communication. ET à visage découvert !

«  Joyeux mardi ! Nous sommes ravis d’avoir eu l’occasion de soutenir nos frères de la Princehall Lodge de Wiley L Kimbrough #91 lors du Orange County Black History Parade & Unity Festival de cette année @orangecountyheritagecouncil.

Ce fut une journée incroyable de célébration de la riche culture et de l’histoire de la communauté noire, et nous avons été honorés d’en faire partie. Nous remercions tous ceux qui sont venus défiler à nos côtés et nous nous réjouissons de continuer à soutenir et à élever notre communauté ensemble. »

Seal of Irvine, California.

Irvine en Californie, États-Unis d’Amérique

Irvine est une municipalité du comté d’Orange, en Californie, se situant dans la banlieue sud de Los Angeles. Planifiée dans les années 60 par la Irvine Company, une société privée américaine spécialisée dans le développement immobilier, la ville est un centre en développement des industries du commerce et de la technologie. Plusieurs compagnies y ont leur siège social, dont les divisions américaines de Toshiba, Archos, Blizzard Entertainment et Broadcom. On peut citer aussi d’autres entreprises comme les bureaux de Ford, Mazda, également l’entreprise Inamorata, les chaînes de restauration rapide In-N-Out Burger et Taco Bell. Les deux premiers employeurs de la ville sont l’université de Californie à Irvine et Verizon Wireless.

La franc-maçonnerie Prince Hall aux États-Unis

Elle représente une branche importante de la franc-maçonnerie mondiale, distincte par son histoire, sa culture et son engagement envers les communautés afro-américaines. Elle tire son nom de Prince Hall, un Afro-Américain qui fut l’un des premiers initiés et plus tard leader de la franc-maçonnerie parmi les Noirs américains à la fin du 18ème siècle.

Son histoire

Prince Hall était un homme libre de Boston qui, avec quatorze autres hommes noirs, fut initié à la franc-maçonnerie dans une loge militaire britannique (Lodge No. 441 of the Irish Registry) le 6 mars 1775, pendant la guerre d’indépendance américaine. En 1784, ils reçurent une charte de l’Angleterre formant la Loge africaine n°1 de Boston, marquant le début officiel de la franc-maçonnerie Prince Hall.

Ces loges Prince Hall se sont multipliées au fil des ans, devenant un réseau national de loges maçonniques qui servaient la communauté afro-américaine à une époque où les Noirs étaient largement exclus des loges maçonniques « mainstream » en raison de la ségrégation et du racisme.

Le rôle de Prince Hall

Les loges Prince Hall ont joué un rôle crucial dans le soutien des communautés noires, offrant non seulement un espace de fraternité et d’entraide mais aussi en s’engageant dans l’éducation, les droits civiques et le bien-être social. Elles ont servi de plateforme pour le leadership et l’activisme afro-américain.

La reconnaissance mutuelle entre les loges Prince Hall et les Grandes Loges « « mainstream » a été un sujet complexe et parfois controversé. Au fil des décennies, de nombreuses Grandes Loges ont reconnu les loges Prince Hall, marquant des progrès significatifs vers l’intégration et l’égalité au sein de la communauté maçonnique plus large

La franc-maçonnerie Prince Hall est profondément enracinée dans l’histoire et la culture afro-américaines, reflétant les luttes, les espoirs et les réalisations de la communauté noire aux États-Unis. Elle continue de jouer un rôle essentiel dans le tissu social et culturel de la communauté afro-américaine.

Les loges Prince Hall sont engagées dans de nombreuses activités charitables et éducatives, y compris la fourniture de bourses d’études, le soutien aux écoles, et la participation à des projets de service communautaire.

La franc-maçonnerie Prince Hall est un pilier de l’histoire et de la culture afro-américaine, représentant une tradition de fraternité, d’entraide et d’engagement civique qui continue d’influencer positivement les vies. Son héritage et son impact vont bien au-delà de ses membres, touchant les communautés à travers les États-Unis et enrichissant le paysage maçonnique global.

Avec « Qui sont les francs-maçons de Prince Hall ? L’histoire d’une organisation fraternelle noire à Sacramento », nous avions déjà consacré un article à Prince Hall en Calofornie.

Et le Orange County Black History Parade & Unity Festival

Le Orange County Black History Parade & Unity Festival est un événement annuel célébré à Irvine, en Californie, ainsi que dans d’autres localités du comté d’Orange, destiné à honorer et à célébrer l’histoire, la culture, et les contributions des Afro-Américains. Cet événement, l’un des plus anciens et des plus importants du genre dans la région, rassemble des membres de la communauté de tout le comté pour une journée de défilé, de musique, de danse, de nourriture, et d’activités éducatives.

L’événement met en lumière les réalisations des Afro-Américains dans l’histoire, la culture, les arts, la politique, et d’autres domaines. Il vise à éduquer le public sur l’importante contribution des Noirs américains au tissu social et culturel des États-Unis.

Le festival encourage l’unité et la solidarité au sein de la communauté diverse du comté d’Orange, mettant en avant les valeurs de compréhension mutuelle et de respect entre les différents groupes ethniques et culturels.

Le défilé est accompagné de performances musicales et de danse, d’expositions d’art, de stands de nourriture offrant des spécialités culinaires afro-américaines et d’autres cuisines, ainsi que de stands informatifs et éducatifs sur l’histoire et la culture noire. Les maçons de la « Prince Hall Lodge de Wiley L Kimbrough » #91 y participent régulièrement.

L’événement offre également une plateforme pour les organisations locales, les entreprises et les groupes communautaires pour se présenter et s’engager avec le public, promouvant ainsi les services, l’éducation et les opportunités d’engagement civique.

Le Orange County Black History Parade & Unity Festival joue un rôle crucial dans la reconnaissance et la célébration de la diversité culturelle et historique du comté d’Orange.

Il fournit un espace inclusif pour la réflexion, l’apprentissage et la célébration, contribuant à renforcer les liens communautaires et à promouvoir une société plus inclusive et unie. En mettant en avant la richesse de l’histoire et de la culture afro-américaine, cet événement contribue à combattre les stéréotypes et les préjugés, encourageant une meilleure compréhension et appréciation de la diversité culturelle parmi les résidents de toutes origines.

Bien que spécifiquement dédié à la communauté afro-américaine, le Orange County Black History Parade & Unity Festival à Irvine est un événement qui célèbre la diversité et l’unité de l’ensemble de la communauté du comté d’Orange. Par ses activités éducatives et festives, il joue un rôle important dans le renforcement du tissu social et culturel de la région, favorisant la compréhension et l’appréciation de toutes les cultures qui composent la société américaine.

Prince Hall, en déclin elle-aussi ? Comme la maçonnerie blanche mainstream ?

Analyser l’état actuel et les tendances de croissance ou de déclin de la franc-maçonnerie Prince Hall par rapport aux loges maçonniques mainstream (souvent désignées comme « blanches » en raison de leur histoire de ségrégation) dite « régulières et de tradition » nécessite une considération de plusieurs facteurs, y compris l’adhésion, l’engagement communautaire et la visibilité culturelle.

Historiquement, de nombreuses grandes loges, tant Prince Hall que la « mainstream », ont connu un déclin de l’adhésion au cours des dernières décennies. Ce phénomène est souvent attribué à des changements dans les intérêts sociaux, les modes de vie et les priorités des générations plus jeunes, qui peuvent être moins enclins à rejoindre des sociétés fraternelles traditionnelles.

Nous notons cependant que la reconnaissance mutuelle entre les loges Prince Hall et les grandes loges mainstream s’est améliorée au fil du temps, avec de nombreuses juridictions reconnaissant officiellement les unes les autres. Cette reconnaissance peut contribuer à une perception plus positive de la maçonnerie dans son ensemble, favorisant potentiellement l’intérêt et l’adhésion dans les deux branches.

Dans le Sud notamment, il reste malheureusement de gros progrès à réaliser. La question des relations raciales et du racisme au sein de la franc-maçonnerie aux États-Unis est complexe et chargée d’histoire. Historiquement, la franc-maçonnerie américaine a reflété les tensions et les divisions raciales présentes dans la société américaine…

Mais ceci est une autre histoire, une autre histoire de frères. Toutefois, un jour, nous y reviendrons…

Prince Hall

Quid de Prince Hall en France ?

Il est vrai qu’en février 2019, un ancien Grand Chancelier de la Grande Loge de France (GLDF) avait déclaré que cette dernière avait favorisé et reconnu, dans leurs locaux, à Lille, Prince Hall, installé en France pour des frères d’origine africaine.

À ce jour, nous trouvons, inscrit sous l‘identifiant dans le Répertoire National des Associations (RNA) : W595002984, la GRANDE LOGE PRINCE HALL FRANCE (PRINCE HALL FRANCE) dont l’activité est « L’étude des sciences traditionnelles, ésotériques et initiatiques dans leurs globalité. L’amélioration matérielle et morale, le perfectionnement intellectuel et social de l’humanité. Le maintien entre ses membres des liens d’amitié et de sympathie », déclarée dans la commune de Sailly-lez-Lannoy (59390), dont les évènements marquants de l’association sont : 30/06/2005 – Création de l’association – 30/07/2005 – Publication JO de l’avis de création de l’association – 11/11/2020 – Dernière déclaration en date de l’association – 13/05/2021. En savoir +, sur leur site.

Sur le territoire métropolitain, nous trouvons aussi « LIBERTY LODGE » N° 1 dont l’objet social est de « Créer un rapprochement avec les Grandes Loges Prince Hall Affiliated ainsi qu’avec toutes les Grandes Loges souveraines afin de permettre à leurs membres de partager mutuellement les bienfaits de la Fraternité initiatique, d’élever la conscience spirituelle, Ésotérique et sociale de ses membres, promouvoir les droits de l’homme et la solidarité effective entre ses membres, soutenir la promotion de la diversité, accueillir les personnes de toutes origines et de toutes confessions religieuses défendant ces valeurs et favoriser le rapprochement avec les autres fraternelles Maçonniques, organiser des événements spirituels et culturels qui lui sont propres afin de promouvoir les valeurs universelles de fraternité, d’égalité et de liberté dans le strict respect des lois de la République ». Une association créée en juillet 2015 et domiciliée aux Ulis, dans l’Essonne.

Mais notre tour d’horizon ne serait être complet si nous n’évoquions pas la GRANDE LOGE PRINCE HALL DU CONGO, domiciliée dans le Loiret, à Orléans. Déclarée un 2 juillet 2018. Son but est la « recherche et études des anciennes écoles culturelles du Congo et d’ailleurs ». Et ce n’est pas une rumeur… La franc-maçonnerie à Orléans offre donc un aperçu de la diversité et de la richesse de la tradition maçonnique en France.

De plus, la Grande Loge Traditionnelle de France (GLTF), scission de la Grande Loge Nationale Française (GLNF) en 2013, poursuivant son développement à travers le monde, a assisté à un grand rassemblement, cet été, des cinquante-et-une Grandes Loges Prince Hall des États Unis, à Raleigh en Caroline du Nord.

Mario Piromalli, grand maître de la Grande Loge Traditionnelle de France (GLTF)

L’occasion pour le Grand Maître de la Grande Loge Traditionnelle de France (GLTF) Mario Piromalli, ainsi que le Grand Surintendant du District international d’Afrique de la GLTF, de signer un traité de reconnaissance réciproque et d’amitié qui lie dorénavant les deux obédiences. C’est un événement majeur et exceptionnel dans le monde maçonnique car les maçons Prince Hall n’avaient jusqu’alors établi de traité de reconnaissance et d’amitié qu’avec une obédience au Brésil, avec laquelle la GLTF a d’ailleurs déjà créé les mêmes liens. Ainsi la GLTF est une des rares obédiences en Europe à signer avec les frères de Prince Hall un tel traité (Source : Communiqué de la Grande Loge Traditionnelle de France, août 2203).

Pour conclure, je persiste et signe. Nous habitons tous le même monde, partageons le même ciel et marchons sur la même terre. Ce qui est international transcende les frontières et devient nôtre, enrichissant notre humanité commune par chaque culture, chaque innovation et chaque rêve partagé.

Illustrations : Facebook « Masons of California | Official Profile | San Francisco CAMasons of California », Wikimedia Commons

L’avenir de la société humaine – Deux propositions

L’avenir est inéluctable et tout le monde est d’accord qu’elles qu’en soient les variantes supposées. Il n’est pas question de se demander le type d’avenir qui adviendra dans tel ou tel domaine : l’économie, la politique, les valeurs. Il faut remonter aux racines. Nous savons que l’humanité va de plus en plus mal et que le grand « effondrement » est annoncé depuis près de 60 ans.  Nous commençons à le vivre, à nos dépens, avec le dérèglement climatique qui aligne les bouillonnements trempés et les platitudes poussiéreuses.

            A cause de quoi, A cause de qui ? De nous tous, les humains qui ne cessent de polluer l’atmosphère et d’écraser la biodiversité, avec l’âpreté de la recherche effrénée de la richesse et de l’exploitation goinfre des quelques ressources fossiles et autres. Notre anthropomorphisme, qui nous assure que nous sommes les maîtres du monde, nous pousse désormais vers les substitutions folles du numérique, de l’intelligence artificielle et autres abracadantesques techniques qui se profilent ; tout cela dans le mépris de l’environnement et les bégaiements d’une écologie qui se pare des vêtements de la vertu. Le GIEC nous avertit : il et quasiment trop tard pour respecter l’influence néfaste des gaz délétères que nous produisons, en chantant les louanges de la sobriété, en imposant aux pays pauvres notre modèle social sidérant de l’hyper-capitalisme.

            Sait-on qu’il faudrait 2,7 planètes pour nourrir les 9 milliards d’animaux humains ? Car la surpopulation est le grand fléau qui bousille les promesses d’un avenir soyeux. Il n’empêche que montent désormais les cris plaintifs : la dénatalité, qui n’est qu’une loi de la nature, nous menacerait. Maints pays clament qu’il faut se reproduire pour endiguer cette évolution.

            Cet « effondrement » commence sous nos yeux, dans le regard indifférent et blasé des riches capitalistes, dans l’hypocrisie camouflée. Nous alignons de-ci de-là, des mesurettes environnementales qui, nous nous en doutons bien, se résument à de petits filets de protection des plus riches. Ce n’est pas l’avenir de ceux et celles qui sont loin du système de l’hypercapitalisme acide et rongeur. Ne nous attardons donc pas sur ce qui fait la société humaine actuelle, infiltrée de violences, de tueries et de massacres, conséquences inévitables de la surpopulation. Laissons les dés de la prospérité des nantis et renversons les tables de jeux actuels, avec ses cortèges d’affamés, au giron accueillant des milliardaires

            L’avenir, ce ne sont pas les systèmes sociaux, les politiques d’entraide, les associations humanitaires qui clament des réformettes, comme notre Franc-maçonnerie. Tout cela ne sont que titubations aveugles parées de gilets de sauvetage. L’avenir de l’humanité, l’authentique, s’efforcerait de traiter les deux grands fléaux qui commencent dès maintenant : la surpopulation qui surexploite et la violence nichée et ricanante en chacun d’entre nous. La dénatalité qui pointe ça et là, on s’en moque malgré les cris d’orfraie devant les risques réels d’appauvrissement des rayons des supermarchés. Au contraire, il est urgent de restreindre drastiquement la reproduction bénie de la meute humaine. Par la persuasion et non par les contraintes sexuelles. L’objectif ? Deux, trois milliards d’humanimaux comme l’écrivit joliment Daniel Beresniak

            Et l’autre immense chantier, celui de la mise sous le boisseau des violences meurtrières et toujours justifiées. Non ! Fouillons en nous pour découvrir les racines psychiques de notre propension à la domination et à la tuerie. Et cela dès le plus jeune âge : au lieu des connaissances, des savoirs cache-sexes diffusés par les écoles, amenons les gosses à s’interroger entre eux : « Qu’est-ce qui m’a poussé à être violent dans telles situations ? » et « Pourquoi ai-je répondu sourdement animé par l’éviction de l’autre ? ». C’est ce que je me suis efforcé de faire quand j’étais professeur ; avec le succès fréquent auprès des enfants et l’admiration maintes fois déclarée des parents. Les premiers maîtrisaient mieux leur appétence pour la violences ; les seconds, pas tous, se réjouissaient de la paix qui gagnait le cercle familial.

            Mais foin de témoignages ! Il y en a des flopées silencieuses et résumons, en quelques mots ce que pourraient être, à mes yeux, les leviers de l’avenir d’une humanité qui commence à exploser : dénatalité progressive et acceptée d’une part et maitrise de sa violence par descente en soi. Rien à faire de discours du genre : « En 2030, le PIB sera équilibré ». Que se lèvent à la place : « Moins nous serons, plus nous serons heureux et dégagés des sourdes envies de destruction ! » Ce jour-là, dans ce délire paradisiaque, 10 000 enfants ne mourront pas, par jour, de faim ou de malnutrition, comme c’est le cas aujourd’hui. Et nous nous embrasserons en toute fraternité.

Résonances sacrées,  »La Chaîne d’Union » N° 107 explore les batteries maçonniques et vous plonge au cœur du symbolisme sonore en loge

Le dernier numéro de La Chaîne d’Union offre un remarquable dossier intitulé « Batteries et symbolisme sonore en loge ».

La Chaîne d’Union, la plus ancienne revue maçonnique de France

La Chaîne d’Union est une revue emblématique dans le paysage des publications maçonniques et philosophiques en France, reflétant l’histoire riche et parfois tumultueuse de la franc-maçonnerie française. Fondée en 1864 par des francs-maçons français exilés à Londres pour échapper au régime autoritaire de Napoléon III, elle marque un acte de résistance intellectuelle et spirituelle face à l’oppression politique de l’époque. Sa création dans un contexte d’exil souligne l’importance de la liberté de pensée et d’expression au sein de la franc-maçonnerie, principes qui sont au cœur de l’identité de la revue.

Au fil des décennies, La Chaîne d’Union a su évoluer tout en restant fidèle à une conception libérale et adogmatique de la franc-maçonnerie. Cela signifie qu’elle promeut une approche de la maçonnerie qui valorise la liberté individuelle, l’esprit critique, et qui est ouverte à une diversité de croyances et de perspectives, sans se fixer sur des dogmes rigides. Cette orientation éditoriale reflète l’esprit du Grand Orient de France, obédience maçonnique connue pour son attachement aux valeurs de laïcité, de liberté de conscience et d’engagement social.

Le nom de la revue, La Chaîne d’Union, est empreint de symbolisme maçonnique. Il fait référence à la pratique rituelle par laquelle les francs-maçons forment un cercle en se tenant par la main, symbolisant l’unité, la solidarité et la fraternité qui les lient au-delà de leurs différences individuelles. Cette image de la chaîne d’union incarne l’idéal d’une humanité unie par des valeurs partagées et un engagement commun envers le progrès moral et intellectuel.

Tubalcain Dialectis-Pietro, Ispano, sciences sacrées et d’arts libéraux, triomphe de saint Thomas d’Aquin, fresque de Andrea di Buonaiuto, – BnF – Gallica.

Malgré plusieurs interruptions dans sa parution, La Chaîne d’Union a réussi à perdurer et à maintenir sa position comme la plus ancienne revue maçonnique encore en circulation en 2015, témoignant de sa résilience et de sa capacité à rester pertinente à travers les époques. Sous la direction de Jacques Garat, son rédacteur en chef à cette époque, la revue continue d’explorer les thèmes maçonniques, philosophiques et symboliques, contribuant ainsi au débat intellectuel et à l’enrichissement de la tradition maçonnique.

La Chaîne d’Union illustre la manière dont la franc-maçonnerie peut agir comme un vecteur de pensée critique et de dialogue dans la société, en encourageant la réflexion sur des questions éthiques, spirituelles et sociales. Elle représente un exemple de la contribution de la franc-maçonnerie à la culture et à l’histoire intellectuelle, non seulement en France mais aussi au niveau international, grâce à son origine exilique et à son rayonnement.

Triomphe de saint Thomas d’Aquin, détail : les arts libéraux / Andrea di Firenze – Source BnF – Gallica

Revenons sur le dossier « Batteries et symbolisme sonore en loge »

Il se penche sur un aspect fascinant et moins exploré de la franc-maçonnerie : l’usage et la signification des sons, notamment à travers les batteries ou séquences rythmiques, dans le contexte rituel des loges maçonniques. Cette analyse s’adresse à la fois aux profanes, c’est-à-dire à ceux qui ne sont pas initiés aux mystères de la franc-maçonnerie, et aux francs-maçons eux-mêmes, en offrant une perspective enrichissante sur la dimension sonore de leurs rituels.

Les batteries maçonniques sont des ensembles de coups frappés, souvent avec les mains ou des maillets sur une table, qui possèdent une signification symbolique profonde et sont utilisés pour marquer des moments clés des cérémonies maçonniques. Ces séquences rythmiques servent non seulement de signaux de communication au sein de la loge mais incarnent également des véhicules de transmission de l’énergie spirituelle et de l’harmonie entre les membres.

L’analyse de ces pratiques révèle comment le symbolisme sonore en loge fonctionne sur plusieurs niveaux. D’un côté, il renforce la cohésion et l’unité du groupe en créant un langage commun non-verbal qui transcende les barrières linguistiques et culturelles. De l’autre, il agit comme un moyen de méditation et de focalisation spirituelle, aidant les participants à se préparer mentalement et émotionnellement aux travaux de la loge.

Pour les profanes, ce dossier offre une fenêtre sur l’intériorité de la franc-maçonnerie, montrant comment les sons et les rythmes contribuent à la création d’un espace sacré et à l’élévation spirituelle.

Pour les francs-maçons, il peut approfondir la compréhension et l’appréciation des éléments rituels familiers, en révélant des couches supplémentaires de signification qui peuvent enrichir leur expérience maçonnique.

Le sommaire :

ÉDITORIAL Jacques Garat

MATIÈRE À DÉBATS

– Suivez le guide par Jacques Garat

– De Saint-Pétersbourg à Vilnius, en passant par Paris et Berlin par Jacques Garat

– Une vie de voyages par Naudot Taskin

– Naudot du musicien des villes au compositeur des champs par Naudot Taskin

CHRONIQUE INACTUELLE

– Freud et le B’nai B’rith : un voyage spirituel à travers l’initiation et la fraternité juive

par Daniel Beaune

DOSSIER : DES BATTERIES ET DU SYMBOLISME SONORE

Laurent Segalini

– Le Tonnerre du Verbe par Laurent Segalini

– Météorologie initiatique par Eugène Hortulain

– Symboles celtiques – Digressions sur un statère par Baïocasse Toncatos

– Les Batteries par René Perinelli

ÉTUDES ET RECHERCHES

– Wolfgang Amadeus Mozart, un long chemin vers la Lumière par Thierry Geffrotin

– L’Apocalypse de Jean : imprécation et politique par Jean-marc Berlioux

NOTES DE LECTURE

– Jacques Garat

– Yonnel Ghernaouti

– Laurent Segalini

Couverture 3D – Conform édition.

En somme, tant pour nos amis(ies) profanes que pour les francs-maçons, « Batteries et symbolisme sonore en loge » s’avère être une exploration captivante de l’aspect sonore des rituels maçonniques, mettant en lumière l’importance des sons dans la construction d’expériences rituelles uniques et la facilitation d’une communion spirituelle. Ce dossier illustre la richesse du patrimoine symbolique et rituel de la franc-maçonnerie, soulignant sa capacité à intégrer diverses formes d’expression dans son chemin vers la lumière.

La Chaîne d’Union – « Batteries et symbolisme sonore en loge »

Collectif – Conform édition, N° 107, janvier 2024, 96 pages, 13 €/15 €, port inclus, en 24h (prix spécial découverte)

À commander chez Conform édition ou en vente chez DETRAD.

Du libre devoir à la pensée libre

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 « Il n’y a qu’un seul devoir : se rendre heureux » avance le philosophe Denis Diderot. A l’inverse de cette obligation, en quelque sorte, « de se tourner vers soi d’abord » qui peut sembler égoïste, en tout cas vraiment « autocentrée », il est intéressant d’observer ici qu’un autre philosophe des Lumières, Emmanuel Kant, lui, suggère sa notion de « pensée élargie ». Partant, Il s’impose en effet une forme de devoir qui littéralement l’extériorise : nous la nommons aujourd’hui « empathie ». Etre empathique, c’est sortir de moi-même, c’est grandir, c’est élargir mon humanité en allant vers l’autre. En m’identifiant à lui, jusqu’à ressentir ce qu’il ressent !

 Ces deux attitudes nous indiquent que mot « devoir » dont il est question, a plusieurs définitions, qu’il est bon de rappeler. Du devoir d’écolier de notre enfance, au devoir comme dette à payer. Du devoir en tant que sentiment ou obligation morale, au devoir imposé par une déontologie. Et encore, du devoir de réserve, que nous avons ici même en maçonnerie, par notre serment même, au devoir civique, dans la Cité, le parvis du Temple franchi.

En ce sens de bonne pratique citoyenne, il est judicieux de nous remémorer la Déclaration des Devoirs de L’Homme et du Citoyen, rédigée par notre Frère François Boissy d’Anglas et votée par la Convention en 1793. Même si elle n’a pas connu le succès de la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789, et c’est bien dommage, elle reste pourtant d’une grande pertinence aujourd’hui, à une époque, il faut en convenir, bien plus souvent axée sur les droits, davantage que sur les devoirs !

En franc-maçonnerie, notre Devoir, donc notre engagement, nous le savons, c’est, rituellement dit : la quête de la Parole perdue. Et que notre Larousse traduit par la recherche de la vérité. Pratiquement, cette recherche, c’est bel et bien l’amélioration de la condition humaine.

 Autrement dit encore, dans le droit fil de notre chère légende d’Hiram, chacun d’entre nous a la tâche – avec son honnêteté et son courage, son aptitude à l’analyse et à l’interrogation – de dénoncer et lutter contre le mensonge, cette parole substituée, devenue sport national ! N’en avons-nous, à longueur de journaux, la scandaleuse illustration avec les faux discours et les agissements frauduleux de certains politiciens, fonctionnaires, industriels, sportifs, même ?! Ce comportement déviant ne peut que nous interpeller, nous interroger, éveiller notre méfiance. La tricherie est le contraire même du devoir. Quand le doute, lui, est la certitude du maçon !

 La clé – à l’extrémité de certains « cordons » dont nous nous parons – selon nos rites – symbole d’ouverture et de fermeture, ne dit pas autre chose lorsqu’entre autres évocations, elle renvoie à la bouche, avec, selon l’expression, l’image d’une langue bien pendue. Pour parler aisément et franchement : OUI. Pour bavarder et répandre des inexactitudes ; NON ! Mieux vaut alors fermer sa « serrure buccale » et se taire !

Aller plus loin

Le drame des hommes, c’est l’incompréhension mutuelle. D’où, depuis la perte de ce sésame qu’est cette fameuse « parole perdue,» les querelles, les confusions et les malentendus. Ici se rencontrent la légende d’Hiram et celle de la Tour de Babel ! Remarquons, tant dans l’histoire maçonnique, avec ses scissions obédientielles, que dans la vie de la cité, avec ses divisions sociales et politiques, c’est un fait récurrent : Cette parole perdue et réinventée, est sans cesse, celle des uns contre les autres.

Dès lors, que peut effectuer le franc-maçon, la franc-maçonne, qui avancent la main sur le cœur et le cœur sur la main ? D’entrée, ils peuvent, éclairés qu’ils sont – notamment lors des échanges inter-fraternels, s’appliquer à redonner leur vrai sens aux mots et aux choses. Déjà, chaque jour dans la cité, avec ces simples locutions bienveillantes de « présence à l’autre » à réactualiser, dire avec le sourire : bonjour, bonsoir, pardon, merci, au revoir, autant de paroles perdues aujourd’hui dans la cité ! Les mots sont des caresses ou des projectiles. Tout dépend de l’intention qu’on leur prête et de l’usage qu’on en fait !

La liberté, et en particulier la liberté de penser, s’exercent bien entendu, dans nos rangs même. Nous aurons réalisé une bonne avancée sur le chemin de la bienveillance (mot que je préfère à la tolérance), quand nous conviendrons, sans acrimonie que :

Le Grand Architecte de l’Univers, expression poétique moyenâgeuse popularisée par l’architecte Philibert de L’Orme, relève d’un caractère symbolique. Mais il peut certes, être vu par d’autres comme une entité divine révélée.

La spiritualité désigne, par sa racine même, le souffle, la vie de l’esprit, donc la conscience d’être. Alors que pour d’autres, elle nomme l’ensemble des philosophies et croyances cultuelles.

La tradition signifie une coutume mouvante, c’est à dire une suite de progrès qui s’est imposée. Tandis que pour certains, parée d’une majuscule, elle figure une doctrine primordiale, soit la cause première même.

Le rite maçonnique et ses rituels correspondent à une articulation d’un ensemble de règles morales. Dans d’autres obédiences, il est assimilé à une véritable liturgie.

Le symbole est une représentation d’une chose par une autre, à figures multiples. Certains veulent y voir une vérité à figure unique.

L’initiation, enfin, (nommée « réception » par les Anglais, inventeurs de la franc-maçonnerie), veut dire le commencement d’une recherche, une nouvelle façon d’être et de penser, d’accueillir et voir le monde. Ce qui n’empêche pas qu’elle puisse être vécue par certains, comme la réception d’une grâce.

A chacun, à chacune, sa liberté de pensée. Et de penser. De la sorte, acceptons, avec ces signifiants aux divers signifiés, que la franc-maçonnerie apparaisse tel un vaste bouquet de fleurs multicolores dont la fraternité est le lien. Comme serait triste un monde disposant d’une seule variété florale ?!

Avec cette énumération, à « définitions ouvertes », revient cette notion kantienne de « pensée élargie ». En amplifiant, en augmentant mon humanité, mon humanitude, même, pour reprendre l’expression du généticien Albert Jacquard, c’est à dire en m’ouvrant à d’autres cultures, d’autres langues, d’autres méthodes, d’autres interprétations, d’autres personnes différentes de moi, je n’altère en rien ma liberté individuelle. Bien au contraire, j’élargis cette liberté d’être et de faire.

Grâce à la franc-maçonnerie, en soi grand carrefour de la pensée à entrées et sorties multiples, je peux au gré de ma curiosité, emprunter les diverses routes à même d’enrichir mon savoir et mes connaissances. J’agrandis ainsi mon territoire d’évolution. La spiritualité laïque, définition même de la philosophie, m’entraîne si je le désire, vers ces sciences humaines, en constants progrès. De ladite philosophie à l’anthropologie, de la linguistique à la poésie et à la musique, de la littérature aux diverses formes de la psychologie humaine. Je suis bien ici, en même temps, dans l’idée « d’aller plus loin », tel que nous le recommandent Anderson et Désaguliers dans leurs Constitutions, qui nous structurent et guident encore aujourd’hui. La vérité n’existe pas pour le cerveau de l’homo sapiens d’aujourd’hui…ce qui ne nous empêche pas de la rechercher !

La liberté : du mot à la chose

Je ne me leurre pas sur le sens de la liberté que je viens d’aborder, ni sur la portée de ma liberté individuelle. « Liberté » est un mot magnifique qui orne les façades publiques et résonne dans nos loges. C’est aussi un mot qui se traduit en moi, pratiquement comme un besoin physiologique, un désir permanent d’exercer sans entraves ma volonté, d’évoluer à ma guise. Mais du mot à la chose, il y a une grande distance. Je sais bien que ma liberté de citoyen, certes inscrite dans la Déclaration des Droits de L’Homme précitée – notamment en termes de liberté de conscience, d’opinion et de communication – je sais bien qu’elle est soumise aux déterminismes de la condition humaine (biologiques psychologiques, sociaux).

 La liberté peut se définir comme l’obéissance aux contraintes que l’on s’est choisies. Pour ma part, je pense que ma vraie liberté se situe dans les espaces que me laisse mes contraintes ! Et c’est bien dans l’un de ces espaces que je place le devoir de recherche et d’entretien de ce qui me semble relever de la vérité. Car ce devoir est une liberté en soi. Cette liberté de réflexion de mon Homme intérieur, précisément nommée « la liberté de penser ».

Penser. Du bas latin, « pensare », peser.

L’étymologie du verbe « penser » nous indique d’entrée, une notion d’évaluation, d’appréciation, de jugement. Nous pouvons ainsi définir l’acte de penser comme la disposition de l’esprit à former et combiner des idées, à comparer, à peser les choses, à la balance de la raison. Grâce à cette faculté de former des représentations mentales, l’homme peut aussi, en lui-même et pour lui-même, se souvenir, imaginer, spéculer, méditer, réfléchir, juger, décider. Apparaît ici l’état d’indépendance qui caractérise l’intellect individuel. C’est cette spécificité, qui permet d’évoquer judicieusement, « la liberté de penser », déjà traitée dans des articles précédents. Mais dont les diverses facettes, mouvantes selon les évènements et les interprétations du monde, méritent d’être souvent « remises sur le métier » !

Depuis notre naissance et nos premiers rapports gestuels et verbaux avec nos parents ou substituts, la fratrie éventuelle et l’entourage familial, amical et éducatif qui s’agrandit au fil des rencontres, nous ne cessons, grâce à elles, d’enrichir nos sens, notre bagage culturel, notre vocabulaire et donc notre pensée. Celle-ci est en permanence alimentée par le stock d’images et de mots sans cesse appris et engrangés. Ils nous permettent la formation et l’expression de nos idées à des interlocuteurs qui deviennent des émetteurs-récepteurs, en retour. C’est donc par le biais des échanges, du « frottement aux autres », librement consentis, que nous nous pensons nous-mêmes et que nous pensons ces autres et le monde.

Sans cet acquis qu’est l’interaction préalable, sans son entretien ensuite et sans, en même temps, la possibilité pour l’Homme de se mouvoir et d’agir, la liberté de pensée précitée, n’est qu’une expression vide de sens. La condition humaine impose en effet l’apprentissage par le groupe, si je puis dire, du « métier d’Homme », avant son exercice autonome. Pour marcher, il faut des jambes, pour penser, il faut un cerveau préparé puis de la « matière à penser ». Celle-ci, pour se constituer, a besoin d’un ferment, né du dialogue initial, comme le boulanger a besoin du levain pour fabriquer sa pâte à pain.

Toutefois, parce que l’évolution n’a pas encore doté mon cerveau émotionnel d’un « centre de l’amour », comme il a un centre de la respiration ou de la toux, l’homo sapiens que je suis, conserve, blotti dans son cerveau reptilien, un instinct à la fois auto-protecteur et belliqueux.

Il s’agit pourtant de cohabiter avec l’autre, cet autre moi-même, ce semblable, ce même. Mais comme ce même a les mêmes désirs que moi, il peut devenir mon rival, m’emplir de jalousie, ce sentiment rongeur élaboré très tôt dans la fratrie et la camaraderie !

Contrairement à une idée reçue, c’est bien davantage la ressemblance, non la différence, qui crée la violence. C’est mon double qui m’inspire la plus grande crainte ! L’ennemi est souvent au bout du jardin ou de l’autre côté de la rue. D’où les bandes qui s’affrontent dans toutes les villes du monde pour préserver leur territoire ! C’est toujours un voisin, un frontalier, que l’on hait. Ainsi commencent les guerres ! L’actualité nous les donnent à voir sans répit !

De la liberté à la liberté de penser

Pourtant, l’Homme est aussi doté de cette forme de « bon sens » qu’on nomme la raison. Cette raison devenue un credo maçonnique depuis l’époque des Lumières. Mais les francs-maçons, les franc-maçonnes que nous sommes, le savent aussi : la raison n’est pas forcément toujours raisonnable. Chacun de nous est en fait pris dans cette contradiction humaine, trop humaine, qui veut qu’il soit indépendant par nature mais dépendant, par nécessité vitale ! Ma liberté de penser, expression même de mon indépendance, voudrait que je n’obéisse qu’à ma raison personnelle, à ma conscience et à ma logique. Une conception égotique qui peine à prendre en compte que la raison n’est pas ma seule propriété, mais celle de la communauté.

Ainsi ma liberté de penser, mais aussi d’être et de faire, qui relève intensément du « principe de plaisir », voire même du bonheur, cette liberté n’est rien, si l’autre ne l’a pas, ne la vit pas. J’ai donc tout intérêt à ce que l’autre soit heureux pour être vraiment heureux moi-même, avec pour chacun, bien sûr, sa conception du bonheur. Bref, j’ai besoin d’autrui, comme il a besoin de moi. A quoi me servirait mon téléphone portable, si l’autre n’en a pas un !

 C’est clair, il n’est d’Homme qu’en relation. Mais en dehors du cadre communautaire, la liberté de réflexion peut aussi, évidemment, s’exercer dans l’intimité, dans le silence même de la pensée individuelle. De la sorte, l’accomplissement du devoir, par exemple version patriotique, loin d’altérer notre liberté de pensée, la renforce même, quand il s’agit de se taire, pour une cause noble. C’est là un choix calculé, raisonné. A l’image de ces résistants capturés par les nazis, pendant la dernière guerre mondiale, qui ont refusé de livrer leurs camarades, et après d’affreuses tortures, sont morts fusillés.

A noter, c’est important, qu’il a fallu un long chemin, dans l’histoire de l’Homme, avant qu’il ne passe de la « pensée imposée » par les idées reçues et les croyances vaniteuses, à la « pensée autonome ». Cette acquisition libératrice est assez récente, puisque c’est seulement entre le 16ème et 20ème siècle, que la science lui a démontré, au prix de trois blessures narcissiques :

  • Par Nicolas Copernic, que la terre n’est pas le centre de l’univers.
  • Par Charles Darwin, que l’homme est le fruit de l’évolution et un animal comme les autres.
  • Et enfin par Sigmund Freud, que l’Homme n’est pas maître absolu de ses pulsions.

Autrement dit, ce n’est pas lui le rameur qui mène sa barque, mais un passager clandestin : l’inconscient.

Il est de bon ton en France de brocarder régulièrement la psychanalyse freudienne, voire de la condamner au bûcher et son concepteur avec, par magazines et pamphlets interposés ! Faut-il rappeler que les nazis ont brûlé en place publique en mai 1933 à Berlin, avec ceux de Karl Marx et de Stephan Zweig, les livres de Sigmund Freud ?! Doit-on souligner que les franquistes ont également brûlé les livres de Gorki, Lamartine, Rousseau et Voltaire, puis à nouveau ceux de Freud, en mai 1939 à Madrid ?!

Comme par hasard, la poésie et la philosophie, c’est à dire l’imaginaire et la raison, ces deux formes d’expression de la liberté, ont aussi été bannies par le feu ! Comme par hasard, la toute jeune psychanalyse, avec sa dimension libératrice, faisait donc déjà peur aux bien-pensants!

Ce n’est d’ailleurs pas une coïncidence si la psychanalyse, comme la franc-maçonnerie, sont encore pourchassées ou carrément interdites dans les pays totalitaires. Bien entendu parce que le but de l’une et l’autre est la liberté de penser et d’agir de chacun. C’est en visitant les ruines de Pompeï, la ville ensevelie, que Freud s’est représenté l’inconscient, imaginé comme des couches superposées « d’éléments psychiques ». La franc-maçonnerie et la psychanalyse sont ainsi nées du même « principe d’élévation » et de la même matière « métaphorisée » : la pierre. Avec la même idée noble : permettre à l’homme de grandir, en toute liberté ! C’est à dire savoir dire non, si besoin ! Ne plus accepter aujourd’hui sans contrôle le prêt à penser médiatique, politique, confessionnel et populaire. Et prendre soin de passer les idées circulantes au crible de mon jugement, avant réexpression. Ainsi penser par moi-même revient à raisonner plutôt qu’avoir raison. Ainsi puis-je être un Homme libre !

De la lumière à la lucidité

Les déterminismes de la condition humaine, évoqués plus haut, pourraient nous faire craindre que, de fait, il nous reste bien peu d’espaces pour vivre une liberté quelconque ! Certes, ces « choses de la vie » qui jalonnent nos chemins individuels ne dépendent pas toujours de notre volonté : la santé, le travail, les rencontres, l’amour, l’argent, la chance, etc. Même si comme l’assure le poète : « Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous ». C’est bien pourquoi des millions de gens fréquentent ces « marchands d’avenir » que sont les voyants et autres pythonisses ! Combien se « croient » libres, alors qu’ils sont cramponnés de la sorte aux barreaux de ce verbe « croire » qui les encerclent ! Lorsque la raison n’est plus au volant, c’est le GPS des illusions qui indique le chemin !

Ces fausses libertés ne doivent pas nous faire oublier les vraies ! Celles qui, précisément, peuvent nous faire dépasser ces fameux déterminismes. Notamment, notre liberté de réflexion qui se déploie dans ladite Déclaration des Droits de l’Homme et à laquelle j’ose ajouter, pour mon humble part, la liberté d’apprendre, au vrai, la joie d’apprendre. Notamment en embrassant ce « bouquet de savoirs » constitué par les arts et les sciences humaines, dans le cadre même du concept kantien de « pensée élargie », plus haut cité. Celle-là même qui peut nous convaincre que s’enrichir l’esprit pour mieux vivre est un devoir !

Nous l’avons dite précédemment mais la réitérons à dessein. Combien de fois entendons-nous cette affirmation définitive : « la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres ! » ?! Une lecture attentive la rend pourtant irrecevable ! Précisément par son caractère compétiteur, hégémonique ! Elle signifierait, en effet, que j’ai le loisir d’agrandir mon lieu de vie, en empiétant sans vergogne sur celui de mon voisin. L’idée kantienne de « pensée élargie » ne signifie pas élargir mon territoire au détriment de celui d’autrui, tel qu’un grand pays européen le prétend aujourd’hui.

Tout au contraire, en termes de voisinage, il s’agit de m’identifier à lui avec générosité pour mieux comprendre son point de vue. C’est en sortant de mon ego que je peux vraiment rencontrer mes égaux ! Encore faut-il que ma liberté de penser ne me cantonne pas aux belles promesses du discours mais m’engage du projet au devoir. Du dire au faire. La loge est un cercle de raison, où chaque frère vient chercher son centre de rayonnement. Il s’agit pour moi, à la sortie du Temple, de mettre le symbole en œuvre. De passer de la lumière à la lucidité. D’amplifier ainsi mon humanité dans la cité, cette loge sans les murs. Pour rencontrer et aimer. Davantage et mieux, en être éclairé. C’est mon devoir même !

De la fiction, la réalité

Quelle est ma vision du monde à travers le prisme maçonnique ? A la trilogie questionnante des philosophes anciens, Qui suis-je ? D’où viens-je ? Où vais-je ? j’oserai ajouter un « pourquoi ?». N’est-il spécifique à la franc-maçonnerie qui pose des questions quand les religions, elles, apportent des réponses ! Ce « pourquoi », c’est notre spécificité humaine. Entre notre naissance et notre mort, nous jalonnons notre trajectoire de « pourquoi » vu que, dans la foulée de notre interrogation, nous voulons obstinément donner du sens, tant à la vie, qu’à notre vie personnelle.

Comment se construit, se développe le sens, la signification que nous donnons aux circonstances ? Reliés les uns aux autres par le langage, et parce que nous aimons raconter, c’est par le récit, répété, augmenté, renouvelé, que nous tentons d’apporter sans cesse de la signifiance à la vie, à notre vie. Comme l’Homme ne s’est pas fabriqué lui-même, il s’est inventé une origine, des cieux et des Dieux, puis un dieu et un diable, un paradis et un enfer. Sont ainsi entrés en scène, mythe et allégories, contes et légendes, paraboles et symboles. Et bien sûr, à nous occidentaux, s’est imposée la Bible, riche mélange de réalités magnifiées et de constructions imaginaires. A y regarder de près, on peut même dire que le récit, sous toutes ses formes, a sauvé l’espèce humaine, en renforçant son « vouloir vivre », cet impérieux besoin de sens. Parce que l’homo sapiens que nous sommes, devant le mystère de l’univers, a pris une liberté vitale première : celle d’accréditer progressivement ses fables qu’il a métaphorisées en précieuses conduites de vie !

Comme nous nommons les choses par des mots et que nous ne pouvons expliquer les mots que par d’autres mots, nous devons être conscients que nous vivons dans une fiction circulaire permanente. Elle est , sinon le réel, notre réalité. Avec cette fiction, donc du mensonge accepté, nous fabriquons de la vérité humaine. Dans les bons récits – telles nos mythes et légendes maçonniques ce n’est pas tant le bien et le mal, souvent simplistes et moralisateurs, qui sont mis en avant. Mais plus finement, remarquons-le, le profitable et le détestable, l’acceptable et l’intolérable. Bref, le positif et le négatif.

Ce n’est pas un hasard si la symbolique du prestigieux Temple de Salomon, unit tous les francs-maçons du monde. Cette épopée de pierres, invention ou réalité – que nous pouvons penser en toute liberté !- nous permet encore et toujours, de réfléchir de manière constructive, au rythme de notre sablier temporel. Parce que de la fiction, ou si l’on préfère, de la rêverie – peuvent surgir sans cesse de nouveaux horizons maçonniques, périodiquement actualisés et à visée créative. Ne nous cachons pas cette évidence : En demande de vérité, nous quêtons désespérément du sens dans une vie qui, au vrai, pour notre esprit humain, n’en a pas !

Sauf à penser – non sans raison matérialiste et respectable – que le sens consiste aujourd’hui, pour vivre et être « reconnu » socialement, en la possession d’un toit, d’un emploi et bien entendu d’un compte en banque !

A moins de nous évader dans la poésie de Charlie Chaplin et de penser avec lui « Pourquoi veux-tu du sens ? La vie est un désir, pas un sens ! »

« Être franc-maçon, c’est être libre-penseur. Cela suscite parfois des réactions de haine »

De notre confrère news.dayfr.com – Par Carolyn

Monsieur, en tant que franc-maçon, pouvez-vous nous expliquer pourquoi tant de secret entoure vos activités ?

« Je n’utiliserais pas le mot « secret », mais plutôt « discret ». Le seul secret que nous cultivons est l’appartenance à la Franc-Maçonnerie. Je peux dire que je suis franc-maçon, mais je ne peux pas dire que quelqu’un d’autre l’est.

Regard sur la franc-maçonnerie, lors d’une rare conférence ce 17 février à Thuin : « une manière de répondre aux fantasmes et aux complots »

Pour quoi ?

« De nombreux temples maçonniques ont subi de nouveaux dégâts ces derniers temps en France. Les gens pensent que les francs-maçons complotent et partagent le pouvoir. Cela suscite parfois des réactions de haine. Durant la dernière guerre mondiale, nous avons déporté, proportionnellement, autant de francs-maçons que d’Israélites. Tout franc-maçon ayant un rôle actif dans une loge était expulsé. Compte tenu de la tendance actuelle, le souci de discrétion est justifié… »

Quel est le but de la franc-maçonnerie ?

«C’est un groupe de réflexion. Nous organisons des conférences sur la philosophie, sur des questions sociétales ou encore sur des questions politiques, d’enseignement, de justice. Nous invitons des personnes de qualité, des spécialistes et le plus souvent des francs-maçons eux-mêmes, qui viennent exposer sur un thème. Nous n’avons aucune activité de terrain, sauf au travers d’associations à but non lucratif qui nous permettent de récolter des fonds. Les bénéfices obtenus nous permettent d’aider des personnes en difficulté ou des causes spécifiques, de manière discrète et avec la règle que tout l’argent obtenu doit être redistribué. Nous ne voulons pas que les gens sachent que c’est une loge maçonnique qui les aide, pour qu’ils ne se sentent redevables de rien.»

Mais s’il ne s’agit que d’organiser des conférences, ce secret… pardon, cette discrétion, n’est-il pas contre-productif et propice à bien des fantasmes sur la Franc-maçonnerie ?

« Nous ne nous cachons pas. A Marbaix-la-Tour, le temple est sur la place ! A Mariembourg et Thuin, ils sont à proximité de la gare. Nous ne pouvons pas dire que nous fuyons les gens. On n’y va pas non plus masqués ou cachés : le quartier peut nous voir. Mais comme dans toute association, les non-membres ne participent pas à nos activités… »

Franc-maçonnerie : secrets, symboles et influence actuelle

A quoi ça sert d’être franc-maçon ? Il y a beaucoup de conférences ailleurs…

« C’est une expérience personnelle de « tailler sa pierre ». En principe, chacun est là dans un but d’élévation, dans l’espoir de faire avancer l’humanité. Le but est de réaliser un travail sur soi. Nous sommes contre les dogmes et pour une remise en question permanente.»

Libres penseurs…

“Exactement. En réfléchissant, nous pouvons toujours le faire. C’est un fondement de l’Homme et d’une civilisation. Mais la réflexion doit évoluer.

Les francs-maçons sont souvent considérés comme un réseau. Puissant, même…

« On ne connaît pas exactement les origines de la franc-maçonnerie, qui remonte à loin (la plus ancienne loge belge, à Mons, date de 1721). Le fonctionnement s’inspire un peu de celui des corps de métiers du Moyen Âge. Chez nous, tout est basé sur la fraternité. Nous avons l’obligation morale de nous entraider, par exemple lorsque quelqu’un souffre. Il ne s’agit pas de charité mais de soutien fraternel.

La franc-maçonnerie est souvent opposée à l’Église. Faut-il être athée pour être franc-maçon ?

« Un peu comme chez les catholiques, les protestants et les orthodoxes parmi les chrétiens, il existe plusieurs obédiences, différentes manières de voir les choses chez les francs-maçons. Mais nous nous côtoyons tous, en toute fraternité. La Grande Loge Régulière, par exemple, est déiste. Pour devenir membre, il faut croire en un dieu. J’ai dit un dieu et non pas Dieu. Vous pouvez croire en la nature ou en votre chat. Mais vous prêtez serment sur la Bible, en Beaucoup de gens confondent l’athéisme, qui est un rejet de toute religion, avec la laïcité, qui considère que chacun est libre d’avoir ou non une religion, du moment qu’elle n’empiète pas sur les autres. , nous sommes laïcs.

Mais d’où vient alors cette opposition à l’Église ?

« Cette opposition vient de l’Église. Tout ce qui remet en cause le dogme de l’Église est considéré comme un ennemi de l’Église. Une bulle papale interdit également aux francs-maçons de se marier à l’église et même de communier… »

Ce qui est difficile à vérifier, on en convient, considérant que l’appartenance à une loge reste secrète…

“Absolument. Et d’autant plus que nous avons des prêtres parmi nos membres !

Rites, costumes, symboles

Comment devient-on franc-maçon ?

“De deux façons. Certains nous envoient une candidature spontanée. D’autres sont parrainés par un autre franc-maçon. Une enquête est alors menée sur le candidat. Des fiches sont affichées dans tous les temples, avec photo et coordonnées, pour recueillir le plus d’informations possibles sur l’individu, sur son intégrité. A partir de là, un avis favorable ou non est donné à son entrée dans la fraternité. Il devient alors apprenti. Au bout d’un an environ, il deviendra un compagnon. Au bout de deux ans, il sera maître. Ces passages nécessitent la présentation d’une œuvre, où il partage avec l’assemblée son ressenti au sein de la loge. Il existe également un test d’initiation, que je ne vais pas dévoiler. Mais ne vous inquiétez pas, nous n’y abattons aucun animal (rires) !

11/03/24 :  »Philippe le Bel et les Templiers », par le médiéviste Alain Plouviez, à Anet (Eure-et-Loir)

Ce sont nos confères de L’Écho Républicain, quotidien départemental publié dans le département d’Eure-et-Loir et le sud du département des Yvelines dont le siège est basé à Chartres, qui nous révèle le programme 2024 des Amis d’Anet.

Attention : Initialement programmée pour le 18, la conférence est avancée au 11 mars.

Les Amis d’Anet, une asso créée en 1914 !

Son domaine d’activité est tant l’histoire locale explorant toutes les périodes chronologiques – chronologiquement parlant : Préhistoire-Protohistoire, Antiquité, Moyen Âge, Moderne, Contemporain-Temps présent – que la protection et la valorisation du patrimoine.

Danièle Devillard, secrétaire de l’association

Présentation de cette ancienne société d’histoire

Fondée en 1914 pour exploiter un legs de Monsieur Désiré Roussel, l’Association des Amis d’Anet est une société savante qui publie les écrits de ses membres fondateurs dans un bulletin annuel dont la tradition s’est perpétuée jusqu’à nos jours. Monsieur Charles de Yturbe ayant pris la décision d’ouvrir son château à la visite Les Amis d’Anet commence un long parcours de promotion touristique consacré au château d’Anet et élargi son action au cours des années aux bourgs environnants.

En 1960 l’Association des Amis d’Anet devient Amis d’Anet et syndicat d’initiative. Classé Office de tourisme à la demande de sa Présidente Elyane Lang (2004) la raison sociale devient alors Office de tourisme Amis d’Anet. Enfin Office de tourisme de la Communauté de communes Val d’Eure et Vesgre à la création de cette nouvelle collectivité, l’Office s’engage totalement dans la promotion de ce nouveau territoire qui s’étend sur les deux rives de l’Eure tout en conservant ses traditions culturelles.

Lundi 5 février dernier, après une conférence dédiée à la poésie, l’association avait convié Bernard Vasseur, ancien directeur de la Maison Elsa Triolet-Aragon et auteur de nombreux ouvrages à parler de la vie du poète, Louis Aragon.

Alain Plouviez, dit Alan le Boiteux, médiéviste.

Un premier rendez-vous réussi qui en annonce d’autres au fil des mois.

Lundi 18 mars prochain, l’association plus que centenaire reçoit Alain Plouviez pour une conférence sur « Philippe le Bel et les Templiers ». Alain Plouviez, dit Alan le Boiteux, médiéviste, reconstituteur est un guide conférencier hors-pair.

Puis, le samedi 23 mars, un concert conférence sur l’orgue à l’église d’Anet en compagnie de Jean-François Colson », suivi, le jeudi 28 mars, d’une sortie au Musée de la Batellerie de Poses (Eure ; Normadie) qui est dédié à l’histoire et à la culture de la navigation fluviale.

Le site d‘Alain Plouviez.

De la préhistoire à la Renaissance

En avril, l’association propose ensuite, le 13, une conférence sur la bataille d’Ivry, qui a eu lieu le 14 mars 1590, un des affrontements les plus célèbres des guerres de Religion en France qui a opposé les forces royalistes fidèles au roi Henri IV, alors chef du parti protestant (Huguenot), aux troupes de la Ligue catholique, commandées par Charles de Lorraine, duc de Mayenne.

Le lundi 27 mai, Les Amis d’Anet seront de sortie au Fort Harrouard, un site préhistorique situé sur la commune de Sorel-Moussel, dans la forêt de Dreux. Puis, le jeudi 6 juin, une sortie au château de Gaillon, édifice de la Renaissance dans l’Eure, et une conférence sur l’origine des contes de fées, le mardi 18 juin. 

Gisant de Philippe le Bel, Saint-Denis, détail

[NDLR : Une conférence qui ne manquera pas de nous instruire quand aux relations entre le roi de France et le grand maître de l’ordre du Temple.

Ce que nous pouvons déjà noter, c’est que Philippe IV, surnommé « le Bel » pour son apparence, fut roi de France de 1285 à 1314. Son règne est marqué par de nombreux conflits politiques et financiers, mais c’est surtout sa lutte contre l’Ordre du Temple, ou les Templiers, qui reste l’un des épisodes les plus célèbres et controversés de son règne.

De Molay.

Les Templiers étaient un ordre religieux et militaire chrétien fondé au XIIe siècle, au lendemain de la première croisade, avec pour mission initiale de protéger les pèlerins se rendant en Terre Sainte. Au fil des années, l’ordre s’est enrichi et a acquis un pouvoir considérable, devenant un acteur financier majeur en Europe, ce qui a fini par susciter des jalousies et des convoitises, notamment de la part des monarques et de l’Église.

couronne royale.

La chute des Templiers commence véritablement le vendredi 13 octobre 1307, date à laquelle Philippe IV ordonne l’arrestation de tous les Templiers de France. Les accusations portées contre eux sont graves : hérésie, idolâtrie, corruption, et pratiques immorales, entre autres. Ces accusations étaient largement infondées ou exagérées, mais elles ont servi de prétexte à Philippe IV pour s’emparer des richesses de l’ordre et éliminer un pouvoir concurrent.

Les Templiers sont soumis à des procès iniques, où la torture est utilisée pour extorquer des « aveux ». Jacques de Molay, le dernier grand maître de l’Ordre, est brûlé vif en 1314, marquant la fin tragique de l’Ordre du Temple. Le pape Clément V, sous la pression de Philippe IV, prononce la dissolution officielle de l’ordre en 1312 lors du concile de Vienne.

L’affaire des Templiers est emblématique des tensions entre le pouvoir temporel des rois et le pouvoir spirituel de l’Église au Moyen Âge. Elle reflète également la volonté des rois capétiens d’affirmer leur autorité sur tous les aspects de la vie en France, y compris les puissantes institutions religieuses et militaires. La légende noire de Philippe IV « le Bel » et la tragédie des Templiers continuent de fasciner et de susciter des débats parmi les historiens et le grand public.]

Les conférences sont gratuites, avec une participation pour les sorties.

Tél. 02.37.64.24.15. ou 06.86.10.44.48.

Suivre Alain Plouviez sur son site – Suivre Les Amis d’Anet sur Facebook

Source : L’Écho Républicain, site d’Alain Plouviez

Bouddhisme Theravada et l’école de la forêt

Il me semblait intéressant de faire une présentation même succinte du bouddhisme Theravada de l’Asie du Sud-Est, assez peu connu, et de sa branche « l’école de la forêt ».

Le Theravada (en pali: Theravada) prend sa source à Ceylan ( aujourd’hui le Sri-Lanka), où des moines, confrontés à une grande famine mettant en péril l’existence de la communauté, se sont donnés pour mission la préservation des enseignements du Bouddha, et plus particulièrement celle du canon pāli : un corpus de textes anciens rédigés en langue pāli, véritable « bible des Theravadins ».

Le Theravada est aujourd’hui essentiellement implanté en Asie du Sud Est et parvient en Europe sous l’influence d’une de ses écoles thaïlandaises, l’école de la foret, promue par Ajahn Chah.

Il repose sur 3 piliers : la générosité, la discipline, la culture mentale.

Le Theravada (Theravāda en langue Palie), littéralement « la Parole des Anciens », est la seule école des premiers temps du développement du bouddhisme à s’être maintenue. Ce terme désigne actuellement la forme primitive du bouddhisme, transmise par les moines les plus anciens de la Communauté originelle (les thera), jusqu’à nos jours. Il est parfois nommé bouddhisme du Sud ou bouddhisme pāli ; le terme Hīnayāna, « Petit Véhicule » ou « Véhicule de qualité inférieure », est à proscrire pour désigner cette tradition, car trop anachronique et péjoratif.

LA TRANSMISSION ET LES CONCILES

Le Bouddha n’a jamais rien écrit ; ses disciples, en fonction de leurs talents respectifs, ont mémorisé ses paroles et les ont transmises oralement.

Sur les propositions de Kassapa, l’un des disciples majeurs du Bouddha, un premier Concile se tint pendant la saison des pluies à Raajagaha, trois mois après la mort du Bouddha (pendant le règne du roi Ajâtassatu). Il réunit cinq cents arahā. Ananda (celui qui avait suivi le Bouddha toute sa vie, son assistant en quelque sorte) a récité la Doctrine (Dhamma) et Upaali, la Discipline (Vinaya). Le premier Concile a compilé et arrangé le Canon pāli, le Tipiṭaka, dans pratiquement sa forme actuelle.

Les deux autres Conciles d’arahā furent réunis respectivement 100 et 236 ans plus tard pour à nouveau réciter la Parole du Bouddha. Le deuxième fut réuni pour intervenir à la suite de l’indiscipline d’un groupe de moines (connus plus tard sous le nom Mahâsânghika), en quelque sorte les instigateurs du premier schisme. Le troisième Concile eut lieu pendant le règne de l’empereur Ashoka (IIIe siècle avant J. C.). A cette époque il semble que les différences au sein du Saṅgha étaient irréconciliables car ce Concile ne comprenait que des moines du Theravāda. Plusieurs années plus tard de nombreux bhikkhu « déviants » quittèrent l’état monastique. L’harmonie du Saṅgha retrouvée, le Dhamma-Vinaya fut à nouveau récité comme lors des deux Conciles précédents.

L’empereur Ashoka envoya de nombreux moines dans diverses directions, à l’intérieur et à l’extérieur de ses frontières. Le groupe envoyé à Sri Lanka sous la direction de Mahinda, fils d’Ashoka, et de Sanghamittâ, sa fille, connut un grand succès.

Le bouddhisme a disparu graduellement de l’Inde du Nord pour diverses raisons, internes et externes. En Inde du Sud il demeura solide pendant plusieurs siècles, aidé en cela par l’influence de Sri Lanka.
Il est très difficile de démêler l’histoire des différents Conciles (toujours entre légende et Histoire). D’autres grands rassemblements du Saṅgha monastique ont eu lieu par la suite, jusqu’au XXe siècle : le 4e Concile au Sri Lanka, quelques années avant notre ère ; à cette occasion une nouvelle assemblée d’arahā se tint et le Tipiṭaka entier ainsi que les commentaires furent récités et consignés par écrit pour la première fois. C’est sous cette forme qu’il nous est parvenu. Le 5e à Mandalay en Birmanie en 1871 ; le Canon pāli fut à cette occasion sculpté sur des plaques de marbre. Le 6e de 1954 à 1956 à Rangoon, Birmanie.

LE THERAVĀDA EN FRANCE

On pourrait supposer que les liens avec ce qui fut l’Indochine sont demeurés importants et que les français sont plus au fait du bouddhisme Theravāda en raison de la présence sur notre sol d’importantes communautés issues du Laos et du Cambodge, mais il n’en est rien. Les (relativement) nombreux centres créés par des asiatiques fonctionnent pour la plupart en cercle fermé, un nombre infime de français les fréquentent. Ces « pagodes » ne sont souvent que des lieux de rencontres sociales, des endroits où se déroulent les cérémonies, où les rituels tiennent une place prépondérante et parfois même l’on consulte les esprits et tirent les horoscopes ! En fait peu proposent une réelle pratique. Parmi ces derniers on peut citer, en région parisienne, le Centre Bouddhique International au Bourget, centre Sri Lankais dirigé par le Vénérable Chandaratana, et le Vat Khemararam à Créteil, centre cambodgien dirigé par le Vénérable Bour Kry. Le monastère Bodhinyaanarama à Tournon sur Rhône, bien que d’approche plus difficile, est également un endroit intéressant. Il existe d’autres centres Theravada offrant des possibilités diverses.

Le nombre de moines et de nonnes en France (mis à part les enseignants les plus connus, dont le nombre ne doit pas excéder une demi-douzaine) est très difficile à déterminer. Beaucoup de centres ne communiquent pas facilement ni leurs activités ni la composition de leur communauté.

Si l’on se réfère aux conditions traditionnellement énoncées dans les Écritures bouddhiques pour que le Dhamma soit véritablement établi dans un pays – c’est-à-dire, entre autres, qu’il existe une communauté importante de moines autochtones – on ne peut pas vraiment considérer que l’influence du Dhamma en France soit importante.

Plusieurs moines français sont (ou ont été) résidents en France. Le Vénérable Anigho, au Vat Khemararam ; le Vénérable Dhammavicayo, ex-résident au Vat Khemararam, est actuellement en Belgique dans une filiale de ce monastère ; le Vénérable Sâsana et le Vénérable Dhamma Sami, à la pagode du Bourget puis à celle de Bagneux ; le Vénérable Ñânaloka (plusieurs années à Sri Lanka et en Birmanie) a quitté l’Ordre et vit à Grenoble ; un autre français, le Vénérable Dhammapâlita (Paul de Meershmann), moine pendant plusieurs années (principalement à Sri Lanka et en Birmanie), a quitté l’Ordre peu après son retour en France et est retourné par la suite en Asie du Sud-est où plusieurs moines français résident ou ont résidé, en particulier le Vénérable Tithiñâno, moine dans la lignée d’Ajahn Chah.

D’autres membres français du Saṅgha monastique résident en Angleterre, au sein de la communauté dirigée par Ajahn Sumedho ; dont le monastère est Amarāvatī, au Nord-Ouest de Londres.

La voix du bouddhisme ancien, le Theravāda, ne se fait guère entendre en France, pour diverses raisons, internes et externes : faiblesse de sa représentation, en quantité comme en qualité, difficulté générale de communication, absence d’une structure éditrice organisée, repli sur soi de certaines communautés, ostracisme des médias vis-à-vis d’une forme de bouddhisme non spectaculaire et réputée austère et élitiste, volonté d’hégémonie de certains groupes ou personnes appartenant à d’autres traditions, intérêt du public potentiel pour des doctrines plus confortables.

Le mot d’Ida 

Cette tradition bien que réputée austère et élitiste, ne l’est pas tant que cela.

Le reproche d’austérité viendrait, il me semble, d’un manque de rituels si habituels dans la lignée tibétaine ou japonaise. Le principal dans le Theravada et surtout dans l’Ecole de la Forêt est la pratique de la méditation, des enseignements également sont dispensés par des nonnes et des moines occidentaux venus principalement du monastère Amaravati.

Le reproche d’élitiste vient, il me semble, du fait que certains pourraient penser et je l’ai entendu dire à maintes reprises que dans le theravada la pratique est faite pour soi et non pour les autres. Ce qui n’est pas vraiment exact puisqu’il y a entre autre un texte qui s’appelle « les attitudes sublimes » que l’on peut répéter à chaque pratique :

  • que je sois heureux
  • que je sois libéré de la douleur et du stress
  • que je sois libéré de l’animosité
  • que je sois libéré de l’oppression
  • que je sois libéré des ennuis
  • que je prenne soin de moi aisément
  • que tous les êtres vivants soient heureux
  • que tous les êtres vivants soient libérés de l’animosité
  • que tous les êtres vivants soient libérés de l’oppression
  • que tous les êtres vivants soient libérés des ennuis
  • Puissent tous les êtres vivants prendre soin d’eux-mêmes aisément 
  • Puissent tous les êtres vivants ne pas être privés des bonnes fortunes acquises
  • Tous les êtres vivants sont propriétaires de leurs actions, héritiers de leurs actions, nés de leurs actions et vivent dépendants de leurs actions
  • Quoiqu’ils fassent, en bien ou en mal, ils en hériteront

Les quatre attitudes sublimes étant :

  • – L’Amour bienveillant (mettâ)
    – La Compassion (karunâ)
    – La Sympathie joyeuse (muditâ)
    – L’Equanimité (upekkhâ)

Le bouddhisme me paraît toujours aussi intéressant après un certain nombre d’années de pratique et d’enseignement car il nous aide à vivre de l’intérieur des états que nous n’avons pas l’habitude de « fréquenter » souvent.

La pratique régulière de la méditation m’apporte une certaine tranquillité et me permet de vivre différemment les évènements de la vie. Nous ne pouvons pas prévoir ce qu’il va nous arriver mais nous pouvons changer notre état intérieur pour les accueillir. Et c’est par un entrainement régulier que cela est possible.

Ce texte a été publié dans La Lettre Des Deux Voies pour favoriser des échanges et des liens entre Francs-Maçon (nes) qui sont déjà dans une démarche bouddhiste ou qui souhaite connaître un peu mieux le bouddhisme.

La lettre est trimestrielle et gratuite, on peut s’y inscrire en précisant son nom, prénom, tél, Ob., sa L. et la Ville de résidence à ce mail : lesdeuxvoies@orange.fr

« Imaginaires prophétiques et barbares – Aux sources du nazisme », le dernier Lauric Guillaud

Lauric Guillaud, né à Nantes le 17 juin 1949, est un essayiste et universitaire français qui a apporté une contribution significative au domaine des études littéraires, notamment dans les sphères de l’imaginaire et du roman d’aventure.

Son expertise est particulièrement reconnue dans le domaine des mondes perdus, thème central de son doctorat d’État qui se concentrait sur les mondes perdus dans la littérature anglo-saxonne. Le parcours académique de Guillaud l’a vu enseigner à l’Université de Nantes avant de rejoindre l’Université d’Angers en 2009, où il a enseigné la littérature anglaise et américaine. Professeur émérite, il coule désormais une paisible retraite en Pays de la Loire.

Lauric Guillaud.

Son travail et ses contributions à la littérature ont été reconnus en 2019, lorsqu’il a reçu le prix littéraire de l’Institut Maçonnique de France (IMF) dans la catégorie « Essais ».

Cette distinction lui a été décernée pour son œuvre Le sacre du noir – Imaginaire gothique, imaginaire maçonnique lors du Salon Maçonnique du Livre de Paris. Ce prix souligne l’exploration impactante de Guillaud des intersections entre les imaginaires gothique et maçonnique, mettant en lumière sa profonde compréhension et son analyse des thèmes littéraires qui plongent dans les sphères complexes et souvent mystiques de la pensée et de la culture humaines.

Guillaume Dreidemie.

Son dernier opus, préfacé par le philosophe, professeur et poète Guillaume Dreidemie qui le qualifie de « bel ouvrage sur les ‘’arrières-fables nazisme’’ », nous transporte dans l’univers sombre de l’occultisme nazi.

En vérité, nous nous posons, d’entrée, la question : pourquoi les sources du nazisme fascinent-elles encore et toujours ? Un domaine d’étude touchant à la fois à l’histoire, la psychologie sociale, la philosophie, et la politique, de la montée du nazisme dans l’Allemagne de l’entre-deux-guerres alimentée par un mélange de facteurs économiques, sociaux, et politiques, l’humiliation du traité de Versailles, la crise économique de 1929, ainsi que le sentiment de désarroi et de recherche d’identité nationale ont créé ce terreau fertile pour l’idéologie nazie.

Sans doute aussi, la culture populaire allemande renforce cet intérêt pour les sources du nazisme se portant sur son esthétique, l’utilisation de symboles, la mythologie, et le recours à l’antiquité pour légitimer ses actions et sa vision du monde. Cette culture populaire englobant un large champ traditionnel, allant de l’art aux goûts, aux préoccupations et aux valeurs de ladite société. Imaginaires prophétiques et barbares – Aux sources du nazisme est une œuvre audacieuse qui se penche sur les racines culturelles et imaginaires du nazisme, un sujet souvent traité sous l’angle des facteurs sociopolitiques et économiques. Lauric Guillaud propose une perspective innovante en explorant comment un imaginaire fantastique et irrationnel a préparé le terrain et influencé la montée du nazisme en Allemagne.

Mythologie germanique, Idunn et les pommes de jouvence.

L’ouvrage se distingue par son approche multidisciplinaire, combinant histoire, littérature, et anthropologie pour dévoiler comment des éléments d’imaginaire fantastique ont pu s’entremêler avec les idéologies politiques et sociales pour former la base idéologique du nazisme. Lauric Guillaud s’appuie sur des travaux de recherche antérieurs, notamment ceux de la critique de cinéma et historienne du cinéma allemande Lotte Eisner (1896-1983),

Nosferatu.

connue pour son livre L’Écran démoniaque (The Haunted Screen), publié pour la première fois en 1952, dans lequel elle explore le cinéma expressionniste allemand, analysant des films comme « Le Cabinet du docteur Caligari » (1920), « Nosferatu » (1922), « Metropolis » (1927), et d’autres œuvres clés de cette époque. Son travail a été fondamental pour comprendre les thèmes, les techniques esthétiques, et l’impact culturel du cinéma expressionniste, mettant en lumière comment ces films reflétaient les angoisses sociales et les tumultes politiques de l’Allemagne d’après-guerre. Ou encore ceux de Georges Mosse (1918-1999), historien renommé, spécialisé dans l’étude de l’Europe moderne, notamment l’Allemagne nazie, le fascisme, et les questions de nationalisme, racisme, et sexualité, ou de l’historien américain spécialisé dans l’histoire de l’Allemagne moderne, avec un intérêt particulier pour le nazisme, l’occultisme et les croyances surnaturelles Éric Kurlander, qui ont établi des liens entre l’essor du nazisme et la montée de l’irrationnel dans la culture populaire allemande.

L’auteur argumente que le nazisme ne peut être pleinement compris sans examiner son substrat culturel et imaginaire. Ce substrat inclut des croyances en des mythes anciens, des théories occultes, et une fascination pour le surnaturel, qui ont contribué à façonner l’identité et les politiques du Troisième Reich. Lauric Guillaud entreprend une archéologie littéraire pour explorer ces influences, mettant en lumière comment divers auteurs, parfois bien avant l’avènement du nazisme, ont capté et exprimé dans leurs œuvres des éléments qui résonneraient plus tard avec l’idéologie nazie.

Le livre met en avant la littérature de l’imaginaire comme un prisme à travers lequel observer les courants sous-jacents qui ont alimenté le nazisme. Des auteurs comme Jules Verne, Jack London, et H.R. Haggard, entre autres, sont cités comme des prospecteurs de l’irréel dont les œuvres, par leur exploration de thèmes fantastiques et prophétiques, ont préfiguré ou même influencé les idéologies et les événements historiques. Cette idée suggère que la fiction peut agir comme un miroir anticipant ou reflétant les mouvements profonds au sein des sociétés.

L’ouvrage de Guillaud invite à une réflexion profonde sur la manière dont les mythes, les croyances irrationnelles, et les imaginaires collectifs façonnent les mouvements politiques et sociaux. En se concentrant sur l’imaginaire lié au nazisme, il révèle comment des idées et des motifs fantastiques ont été intégrés à une idéologie destructrice, soulignant la puissance de l’imaginaire dans la formation des idéologies politiques.

L’ouvrage offre une contribution significative à la compréhension du nazisme en dévoilant ses racines dans l’imaginaire culturel et littéraire. Guillaud nous rappelle que l’histoire est non seulement façonnée par des forces économiques, politiques, et sociales, mais aussi par des courants de pensée et des croyances profondément ancrés dans l’imaginaire collectif. Cette approche enrichit notre compréhension du passé et souligne l’importance de surveiller les imaginaires culturels comme facteurs influençant les directions futures des sociétés.

Horace Vernet, par Nadar, 1858.

Nous avons particulièrement aimé, en début d’ouvrage – ce qui est que très rarement fait –, l’explication symbolique de l’œuvre figurant en première de couverture, « La Ballade de Lénore ou les morts vont vite », tableau d’Horace Vernet (1789-1863), peint en 1839. Il s’agit d’une huile sur toile représentant une scène de la ballade de Gottfried August Bürger Lenore. Le tableau représente une jeune femme, Lénore, chevauchant avec son amant mort, Wilhelm. Wilhelm a été tué au combat et est revenu sur terre pour emmener Lénore avec lui dans l’au-delà. Le tableau est peint dans un style romantique, avec des couleurs sombres et dramatiques.

Lénore est représentée vêtue de blanc, ce qui symbolise sa pureté et son innocence. Wilhelm est vêtu d’une armure noire, ce qui symbolise sa mort. Le couple est entouré de squelettes et d’autres figures macabres, qui symbolisent les dangers de la mort. « La Ballade de Lénore ou les morts vont vite »,  exemple frappant du style romantique et une œuvre importante de l’art français, est un tableau puissant et évocateur qui explore les thèmes de l’amour, de la mort et du surnaturel.

En fin d’ouvrage, la présence d’une bibliographie étendue incluant à la fois des documents critiques et des documents relevant de l’imaginaire souligne la profondeur et la richesse de la recherche effectuée par l’auteur. Pour aller plus loin…

Imaginaires prophétiques et barbares – Aux sources du nazisme

Lauric Guillaud – Préface de Guillaume DreidemieÉditions du Cosmogone, 2024, 274 pages, 28 €. Disponible au Cosmogone.

Le Dessin de… Jissey « Biens culturels »

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En apprenant que : La lutte contre le pillage, le vol et le trafic illicite de biens culturels est un enjeu majeur de notre époque, notre humoriste JISSEY vient de comprendre pourquoi depuis bientôt 5 ans, il n’y a plus aucun salon du livre maçonnique à Paris. Probablement pour se protéger des « PILLEURS » de biens culturels !

23/03/24 : Hommage à René Guilly, la journée d’étude de la Fédération LNF, à Lagord (17) près La Rochelle

Organisée par la loge Saint Martin N° 1 de la Fédération LNF*, cette journée d’étude se présente de la manière suivante :

Le programme détaillé est au bas de notre article.

Cette journée hommage représente notamment une occasion propice pour mieux connaitre cet éminent franc-maçon qu’était René Guilly, dont le nom de plume était René Désaguliers.

Revenons sur son étonnante et passionnante biographie

Né en 1921 à Paris, René Guilly était un intellectuel français aux multiples talents.

Il était à la fois journaliste, historien de l’art, critique d’art, conservateur de musée, franc-maçon, maçonnologue et martiniste. Il a marqué son époque par ses contributions dans divers domaines, laissant un héritage riche et stimulant.

Ses contributions

Journaliste et critique d’art: Guilly a collaboré à plusieurs journaux et revues, où il a exprimé ses opinions sur l’art et la société.

Historien de l’art et conservateur de musée: Il a occupé des postes importants au sein de musées français, contribuant à la diffusion et à la préservation du patrimoine artistique.

Franc-maçon et maçonnologue: Guilly était un membre actif de la franc-maçonnerie, et a consacré de nombreux travaux à l’étude de ses rites et de son histoire.

Martiniste: Il était également membre de l’Ordre martiniste, une organisation initiatique inspirée par la pensée de Martinez de Pasqually.

Son influence

Les travaux de Guilly ont exercé une influence considérable sur la compréhension de la franc-maçonnerie, de ses liens avec l’art et la littérature, et de son importance dans l’histoire des idées.

Son engagement dans la franc-maçonnerie l’a amené à explorer les dimensions symboliques et spirituelles de l’existence, contribuant à une vision du monde ouverte et humaniste.

Un héritage précieux

René Guilly est décédé en 1992, laissant derrière lui une œuvre riche et variée qui continue d’inspirer les chercheurs et les passionnés d’histoire, d’art et de spiritualité.

Ses écrits et ses réflexions constituent un héritage précieux pour quiconque souhaite explorer les profondeurs de l’âme humaine et les secrets de la tradition maçonnique.

René Guilly reste une figure incontournable du paysage intellectuel français en général et maçonnique du XXe siècle, en particulier. Son héritage continue d’enrichir notre compréhension du monde et de nous inspirer à cheminer vers la lumière.

*La Fédération LNF est la continuation de la Loge Nationale Française (LNF) créée le 26 avril 1968 à l’initiative de René Guilly. Cette institution se caractérisait par une structure fédérative la plus simple possible, laissant toute liberté à chacune de ses loges de pouvoir poursuivre un travail initiatique sans surcharges administratives. La LNF était également, à l’image de son fondateur, un lieu de recherche et d’étude avec la plus grande rigueur historique pour une maçonnerie conforme à ses principes d’origine. Enfin, elle fonctionnait dans la plus grande humilité, sans titres ronflants, ni même un grand maître. Ces principes ayant été abandonnés, pour la plupart, en 2018, lors du regroupement d’une partie de cette LNF avec la LNMF pour constituer les LNFU, nous avons décidé de nous retirer de cette nouvelle obédience afin de rester fidèle à l’esprit qui nous animait, comme il animait son fondateur René Guilly.

La Fédération Loge Nationale Française, continuité de la LNF branche historique (appellation protégée par un enregistrement à l’INPI) est une Fédération de loges regroupées en association et se satisfaisant d’une administration minimale. Elle s’appuie sur la Charte de la Maçonnerie Traditionnelle Libre adoptée en 1969.

Fidèle à ses sources, elle reçoit les loges qui pratiquent principalement, mais sans exclusive, trois rites traditionnels tels que définis à son origine, à savoir : le Rite Français Traditionnel, le Rite Écossais Rectifié et le Rite Anglais style Émulation.

Ces trois systèmes, de valeur initiatique équivalente, permettent de rassembler la quasi-totalité de la tradition maçonnique.

Cette Fédération a pour vocation de rassembler tous ceux qui désirent travailler à une maçonnerie traditionnelle, par son étude en profondeur. En conséquence, elle ne recherche pas le nombre, mais soutient le profond désir de ses membres de se consacrer à cet objectif.

Infos pratiques : FLNF, le site

Journée consacrée à René Guilly – Son apport à la franc-maçonnerie traditionnelle

Samedi 23 mars 2024 à 9h – Cercle Latomia – ZAC Les Greffières, rue Gustave Eiffel – 17140 LAGORD

LE NOMBRE DE PLACES ÉTANT LIMITÉ – PRÉ-INSCRIVEZ-VOUS PAR UN COURRIEL (date limite 29 février)Le formulaire d’inscription

Sources : Site FNLF, photo René Guilly Wikimedia Commons