mar 23 avril 2024 - 17:04

À la table des grands initiés : Secrets et bienfaits des Agapes révélés par Franc-Maçonnerie magazine

Franc-Maçonnerie magazine(FM mag) publie, en ce printemps 2024, un remarquable Hors-série consacré entièrement aux Agapes.

Franc-Maçonnerie Magazine explore en profondeur les Agapes, examinant histoire, symbolisme, et manière dont elles sont pratiquées et vécues dans différentes sociétés et civilisations ainsi que le contexte contemporain de la franc-maçonnerie.

Nous vous présentons un court extrait de l’éditorial de Jean-Marc Vésinet, rédacteur en chef : « S’il est un moment apprécié des maçons, c’est bien celui des agapes, qui viennent clore les travaux maçonniques. Convivialité et fraternité y sont de mise et rappellent l’agapè des premiers chrétiens unis par l’amitié autour d’un repas fraternel. Ce plaisir d’être ensemble ne doit pas masquer une dimension plus sacralisée sinon ritualisée des agapes. Dès les temps les plus anciens, que ce soit en Égypte ou bien en Mésopotamie, les dieux participent au repas et on peut affirmer que le banquet se situe à la confluence du domaine sacré et du domaine profane… »

Musée de la franc-maçonnerie, au premier plan le service de Moustiers aux 25 symboles.

Alors, Agape, Agapes ou Banquet ?

Revenons sur quelques définitions :

  • Agape : originellement, dans l’Antiquité chrétienne, l’agape est un repas pris en commun qui a une dimension religieuse. Il relève d’une forme de partage et de fraternité parmi les premiers chrétiens, souvent associé à la célébration de l’Eucharistie. L’agape est à la fois une pratique sociale et un rite sacré ;
  • Agapes : une évidence, c’est le pluriel de l’agape qui se réfère généralement aux repas communautaires ou aux festivités qui suivent une cérémonie ou une réunion formelle. Dans un contexte maçonnique, les agapes font suite aux travaux en loge et sont un temps de partage, de convivialité et de discussion hors du cadre formel des rituels. C’est un moment où les membres peuvent approfondir les liens de fraternité et d’égalité.
  • Banquet : un banquet est une grande réception avec un repas, souvent liée à des célébrations, des cérémonies ou des occasions spéciales. En franc-maçonnerie, le terme peut être utilisé de manière interchangeable avec agapes pour décrire le repas fraternel qui suit les réunions maçonniques. Cependant, un banquet peut être plus formel et cérémoniel, parfois accompagné de toasts et de discours. C’est le terme employé au Rite Français avec un « B » majuscule.
Musée de la franc-maçonnerie
Musée de la franc-maçonnerie

L’éditorial rédigé par Jean-Marc Vésinet célèbre un moment précieux dans la tradition maçonnique : les Agapes qui suivent les travaux maçonniques.

Hors-série N°10, le sommaire :

  • Éditorial par Jean-Marc Vésinet
  • Rites
    Le banquet sacré en ancienne Égypte par Jean Iozia-Marietti – p. 06
  • Des saveurs au savoir
    L’apprenti ou la tentation des hors-d’œuvre par Blandine Vié – p. 14
    Le compagnon ou la convivialité du pot-au-feu par Blandine Vié – p. 48
    Le maître ou l’agrément d’un dessert par Blandine Vié – p. 74
  • Le zoom sur
    Fraternité maçonnique et fourchettes par Pierre-Yves Beaurepaire – p. 16

. Symbole
Armez vos canons par Pierre-Yves Beaurepaire – p. 24. Une belle étude de la symbolique des toasts et des célèbres verres, entre autres. Ces verres maçonniques, « le canon » ou « firing glass », conçu pour les santés car il a la particularité d’avoir un pied épais et solide pour pouvoir être reposé sur la table en y étant tapé avec vigueur. Et les rituels aussi, en nous livrant un petit lexique qui accompagne les repas maçonniques, révélant comment les pratiques alimentaires, anciens et actuelles, s’inscrivent dans un cadre symbolique bien défini.

Musée de la franc-maçonnerie – Photo YG
Musée de la franc-maçonnerie – Photo YG
  • Sur les traces
    Banque d’Ayamarca Inca des Morts par Laurent Segalini – p. 26
  • Transmission
    Des saisons et des fêtes par Marie-Dominique Massoni – p. 34
  • Portrait
    Alexis Soyer un chef cuisinier hors norme par Nathalie Kaufmann – p. 42
  • Arts
    Les agapes dans l’art des anciens Pays-Bas par Thomas Grison – p. 50
  • D’hier à aujourd’hui
    Haut les armes par Denis Lefebvre – p. 58. Nous retiendrons quelques exemples de menus – de 1780 à 1909 – révélateurs de l’appétit (pantagruéliques) des maçons.
  • Traditions et croyances
    La table des soufis et des guildes de métiers musulmans par Thierry Zarcone – p. 66. L’auteur examine l’importance des repas dans le soufisme et d’autres traditions islamiques, où le partage de la nourriture est souvent lié à la spiritualité et à la communauté. Nous retenons surtout la formule ancienne « peu parler, peu manger, peu dormir » ainsi que l’encadré sur « Le repas fraternel de la bouillie dite ashura (dix) ». Le repas fraternel de la bouillie dite Ashura (aussi orthographié Aşure ou Achoura) est une tradition riche en symbolisme et en partage, célébrée principalement par les musulmans de diverses cultures à travers le monde. Ashura, qui signifie littéralement “dix” en arabe, fait référence au dixième jour du mois de Muharram, le premier mois du calendrier islamique. Ce jour est marqué par des événements historiques et religieux significatifs dans l’islam, mais les pratiques et les significations associées varient entre les communautés sunnites et chiites. La bouillie d’Ashura est un plat particulier préparé lors de cette journée. Elle est composée de divers ingrédients, dont les grains (comme le blé ou l’orge), les légumineuses, les fruits secs, et parfois même des noix et des épices. Chaque ingrédient de la bouillie d’Ashura est chargé de symbolisme, représentant l’abondance, la diversité de la création et la gratitude envers Dieu pour Ses bienfaits. La préparation et le partage de la bouillie d’Ashura sont des actes qui renforcent les liens de fraternité et de solidarité au sein de la communauté. Ce repas est souvent partagé avec des voisins, des amis et des membres de la famille, mais aussi avec les pauvres et les nécessiteux, soulignant l’importance de la charité et du soutien mutuel. Pour les musulmans chiites, Ashura est un jour de deuil, marquant le martyre de l’Imam Hussein, petit-fils du Prophète Muhammad, à la bataille de Karbala. La bouillie d’Ashura, dans ce contexte, est aussi un symbole de partage dans le souvenir et le respect de l’Imam Hussein et de ses compagnons, rappelant leur sacrifice et leur dévouement. Pour les musulmans sunnites, Ashura peut également commémorer le jour où Dieu a sauvé le Prophète Moïse et les Enfants d’Israël de Pharaon. La consommation de la bouillie d’Ashura est vue comme un acte de gratitude pour le salut et la miséricorde divine. Bien que profondément ancrée dans la tradition islamique, la pratique de partager la bouillie d’Ashura transcende les frontières religieuses et culturelles, reflétant un message universel d’espoir, de partage et de fraternité. Cette tradition illustre comment un simple repas peut devenir un puissant véhicule de valeurs spirituelles et de cohésion sociale.
Thomas Grison
  • Décryptage
    Petite séance de savoir-vivre par Thomas Grison – p. 76. Thomas Grison, après avoir défini l’agape(s) présente les normes et les règles de bienséance qui régissent les agapes maçonniques. Les codes de comportement, l’étiquette à table, le service et l’art de la conversation pourraient être des éléments clés pour comprendre comment les agapes renforcent les valeurs maçonniques de respect, de tempérance et d’harmonie, mais aussi en nous facilitant notre approche de l’agape en donnant 9 questions à QCM, pour soutenir la réflexion du lecteur.
  • Regards sur les croisés
    Festin des dieux, fêtes des hommes par Francis Moray – p. 82
  • Entretien
    Éric Trochon : la passion du goût par Hélène Cuny – p. 90
Éric Trochon

L’interview par la directrice de publication, Hélène Cuny, d’Éric Trochon – par ailleurs contact GITE –, offre, après l’énoncé de son parcours, une perspective contemporaine, centrée sur la gastronomie et son rôle dans les expériences partagées, notamment avec l’art royal. Éric Trochon est reconnu pour ses multiples casquettes dans le monde culinaire. Son titre de Meilleur Ouvrier de France 2011 souligne l’excellence de son savoir-faire et sa maîtrise de l’art culinaire. En tant que professeur à l’école Ferrandi, établissement parisien renommé pour ses programmes en hôtellerie et gastronomie, il partage sa passion et son expertise avec les jeunes cuisiniers, influençant ainsi la prochaine vague de talents dans l’industrie.

Sa philosophie de cuisine, axée sur la clarté, la contemporanéité et la proximité avec les produits, indique une préférence pour les ingrédients de qualité et des plats qui mettent en valeur leur fraîcheur et leur saveur naturelle. Cette approche reflète une tendance de la gastronomie moderne où la simplicité et le respect du produit sont primordiaux.

Le GITE 2024

L’association avec sa compagne Mijin Ryu et leur établissement situé dans le 5e  arrondissement de Paris suggère une fusion des cultures et des goûts, où il est possible que l’influence coréenne de sa partenaire se mêle avec son propre style culinaire. Leur choix d’un emplacement paisible pour leur restaurant pourrait aussi indiquer une préférence pour une expérience culinaire plus intime et personnalisée.

En tant qu’artisan, le terme évoque un engagement envers les méthodes traditionnelles et un travail manuel de qualité, ce qui laisse penser qu’Éric Trochon met l’accent sur la technique et l’authenticité dans sa cuisine. Son travail pour la maison Hermès, une marque synonyme de luxe et d’excellence, renforce son image de chef qui opère à un niveau élevé de raffinement et de sophistication.

Procession d’Ashura, Téhéran, 2016
  • Sélection des livres
    par Denis Lefebvre – p. 92
  • À noter
    Principales obédiences – p. 94
  • Le saviez-vous ?
    Les plus anciennes santés maçonniques par Hervé Hoint-Lecoq – p. 98

Ce sommaire dévoile une riche variété d’articles qui explorent les aspects historiques, symboliques, artistiques et culturels des agapes au sein de la franc-maçonnerie et au-delà, dans des contextes historiques et géographiques variés.

Ce hors-série, dont nous recommandons la lecture à tous maçons, nous amène à travers l’histoire et la tradition de ces moments de convivialité qui suivent les tenues et que nous nommons Agape(s). Il permet aussi de savoir s’il existe une étiquette spécifique liée à cette convivialité et des règles détaillées régissant la manière de servir les plats, de porter un toast, ou de mener des conversations. Des protocoles aidant, quand même, à maintenir l’ordre et le respect au sein du groupe, reflétant toujours les valeurs maçonniques de discipline, de respect mutuel et de dignité. Mais l’Agape, dans la vie de la loge, ne sert-elle pas de pont entre les travaux formels en loge et la vie ‘’sociale’’ des membres. Ce sont des occasions pour les francs-maçons de discuter des sujets abordés en loge de manière plus détendue, de réfléchir ensemble sur des thèmes maçonniques ou de simplement renforcer leur camaraderie.

Mais l’essentiel n’est-il pas aussi dans le partage de la nourriture considéré comme acte fraternel ? Et puis, nous en apprenons beaucoup de la métaphore culinaire. Après tout, la progression à travers les différents grades en franc-maçonnerie n’est-elle pas parfois comparée à une expérience culinaire, allant des hors-d’œuvre au plat principal jusqu’au dessert, représentant l’approfondissement des connaissances et l’évolution spirituelle du membre de la fraternité ?

Révélant leur importance spirituelle et leur impact sur les initiés, ce numéro vous fera plonger dans l’univers ésotérique des agapes. Une lecture enrichissante pour ceux qui cherchent à approfondir leur compréhension de la franc-maçonnerie.

Franc-Maçonnerie magazine – Hors-Série N°10

Secrets et bienfaits des Agapes

FM magazine, Hors-Série N°10, Printemps 2024, 98 pages, 8,90 €

Franc-Maçonnerie magazine , le site.

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Yonnel Ghernaouti
Yonnel Ghernaouti
Yonnel Ghernaouti est directeur de la rédaction de 450.fm. Il a fait l’essentiel de sa carrière dans une grande banque ancrée dans nos territoires. Petit-fils du Compagnon de l’Union Compagnonnique des Compagnons du Tour de France des Devoirs Unis (UC) Pierre Reynal, dit « Corrézien la Fraternité », il s’est engagé depuis fort longtemps sur le sentier des sciences traditionnelles et des sociétés initiatiques. Chroniqueur littéraire, membre du bureau de l'Institut Maçonnique de France (IMF) et médiateur culturel au musée de la franc-maçonnerie (Musée de France), il collabore à de nombreux ouvrages liés à l’Art Royal et rédige des notes de lecture pour plusieurs revues obédientielles dont « La Chaîne d’Union » du Grand Orient de France et « Perspectives » de la Fédération française de l’Ordre Mixte International Le Droit Humain ou encore « Le Compagnonnage » de l’UC. Initiateur des Estivales Maçonniques en Pays de Luchon, il en a été le commissaire général. En 2023, il est fait membre d'honneur des Imaginales Maçonniques & Ésotériques d'Épinal (IM&EE).

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