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Illuminer le monde :  »Le triomphe des Lumières », à travers l »’Encyclopédie » de Diderot et d’Alembert

Avant d’aborder l’ouvrage de Gerhardt Stenger Le triomphe des Lumières – L’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, publié en 2024 chez Perrin, un département de Place des Éditeurs. il nous faut aborder la vie et l’œuvre de Denis Diderot (1713-1784), écrivain, philosophe et encyclopédiste, figure majeure des Lumières et le mathématicien, physicien, philosophe Jean le Rond d’Alembert (1717-1783) – membre de la loge des « Neuf Sœurs » –, coéditeur de ladite Encyclopédie avec Denis Diderot.

Né à Langres dans une famille de couteliers, Denis Diderot montre très tôt un vif intérêt pour les lettres et la philosophie. Après des études au collège jésuite de Langres, il se rend à Paris pour poursuivre sa formation. Il y mène une vie de bohème intellectuelle, se consacrant à l’écriture et à la réflexion philosophique. Il fréquente d’autres intellectuels de son temps, dont Jean-Jacques Rousseau avec qui il entretiendra une amitié complexe et tumultueuse.

L’œuvre de Denis Diderot est diverse et influente. Parmi ses écrits, on compte des romans, des essais philosophiques, des pièces de théâtre, et des critiques d’art. Ses œuvres les plus célèbres incluent Jacques le Fataliste, Le Neveu de Rameau et La Religieuse. Diderot se distingue par son style d’écriture, son esprit critique et sa capacité à explorer les profondeurs de la psyché humaine et les contradictions de la société.

L’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, co-dirigée avec Jean le Rond d’Alembert, est son œuvre majeure. Projet monumental – de 1751 à 1772 – en 35 volumes, l’Encyclopédie ambitionne de rassembler et de diffuser le savoir de son temps. Elle inclut des contributions de nombreux écrivains et savants de l’époque des Lumières. Le projet est marqué par des controverses, notamment en raison de sa critique de la monarchie absolue et de l’Église. L’Encyclopédie est censurée et interdite à plusieurs reprises, mais continue d’être publiée et diffusée clandestinement, devenant un symbole de la lutte pour la liberté d’expression et le progrès intellectuel.

Diderot par Louis-Michel van Loo en 1767.

Diderot est mort en 1784, laissant derrière lui un héritage intellectuel considérable. Sa pensée a influencé de nombreux domaines, de la philosophie à la littérature, en passant par les sciences et les arts. L’Encyclopédie reste une réalisation emblématique de l’esprit des Lumières, symbolisant la foi dans le pouvoir de la raison et du savoir partagé.

Diderot est aujourd’hui reconnu non seulement pour ses contributions spécifiques à la littérature et à la philosophie, mais aussi comme un esprit libre et critique, dont les idées continuent d’inspirer les débats sur la liberté, l’éducation, et le rôle de la science et de la culture dans la société.

Quant à Jean le Rond d’Alembert (1717-1783), lui aussi figure éminente du siècle des Lumières, d’Alembert a apporté des contributions significatives dans plusieurs domaines de la connaissance et a joué un rôle crucial dans la diffusion des idées scientifiques et philosophiques de son temps.

Jean le Rond d’Alembert, portrait par Quentin de La Tour (1753).

Né à Paris, d’Alembert est le fils illégitime de la marquise de Tencin et du chevalier Destouches. Abandonné à sa naissance sur les marches de l’église Saint-Jean-le-Rond, d’où il tire son prénom, il est adopté par la femme d’un vitrier, Madame Rousseau, qui l’élève comme son propre fils.

Nouvelles expériences sur la résistance des fluides, 1777.

D’Alembert fait preuve d’une intelligence remarquable dès son plus jeune âge, étudiant au Collège des Quatre-Nations (aujourd’hui l’Institut de France), où il excelle en mathématiques. D’Alembert, surtout connu pour ses travaux en mathématiques et en physique,  contribue de manière significative à la théorie des équations différentielles et à la mécanique. Son Traité de dynamique (1743) énonce le principe de d’Alembert, fondamental en mécanique classique. Il travaille également sur la théorie des fluides et est l’un des premiers à appliquer les méthodes mathématiques à la musique et à l’acoustique.

Outre ses contributions scientifiques, d’Alembert joue un rôle majeur dans le projet de l’Encyclopédie. En tant que directeur de la publication et auteur de son célèbre « Discours préliminaire », il établit le cadre conceptuel de l’œuvre et défend l’importance de la science et de la raison.

Son implication dans l’Encyclopédie, de 1751 jusqu’à son retrait en 1758, est cruciale pour son succès initial. Sous sa direction, l’Encyclopédie se veut un grand rassemblement du savoir de l’époque, accessible au public. Elle cherche à promouvoir les idées des Lumières, mettant l’accent sur le progrès, la critique de l’autoritarisme et l’importance de la connaissance empirique.

D’Alembert meurt en 1783, laissant derrière lui un héritage riche dans les domaines des sciences et des lettres. Sa vie et son œuvre symbolisent l’esprit des Lumières, caractérisé par la foi dans la raison, l’exploration scientifique et la volonté d’émancipation intellectuelle de l’humanité. Sa contribution à l’Encyclopédie, en particulier, demeure une réalisation majeure, marquant l’histoire de la pensée occidentale.

Marcus Terentius Varro.

Le livre de Gerhardt Stenger, maître de conférences émérite à Nantes Université, représente une contribution significative à l’étude de l’Encyclopédie, ce monument de l’esprit des Lumières.  Fort de 446 pages, il plonge le lecteur dans les coulisses de la création et de la diffusion de l’Encyclopédie, qui fut à la fois une somme de connaissances et un instrument de combat intellectuel et philosophique contre l’obscurantisme. Et l’auteur de débuter avec les précurseurs de l’Encyclopédie avec Marcus Terentius Varro (116 av. J.-C. et mort en .), souvent désigné comme Varron, dont l’œuvre couvre un spectre incroyablement large de disciplines, allant de la linguistique à l’agriculture, en passant par la religion et la philosophie. En tant qu’érudit, ses contributions ont posé les fondations de nombreux champs du savoir et influencent encore aujourd’hui notre compréhension de la culture et de la société romaines,

Frontispice. Gravure de la dernière édition (1772) de l’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers par Benoît Louis Prévost d’après une esquisse originale de Charles-Nicolas Cochin exécutée en 1764.

dans son chapitre « D’une Encyclopédie à l’autre », l’auteur passe en revue, avant la publication de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, plusieurs autres œuvres encyclopédiques avaient marqué le paysage intellectuel européen. Ces œuvres visaient à rassembler et à systématiser le savoir disponible à leur époque. Dont celle de Johann Heinrich Alsted (1588-1638), théologien et érudit allemand, qui a publié son Encyclopædia, œuvre monumentale en sept volumes, en 1630.

 Pierre Bayle.

Puis celle du philosophe et écrivain Pierre Bayle (1647-1706), son Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (1697), qui n’était pas une encyclopédie au sens moderne, mais qui a joué un rôle crucial dans l’évolution du genre encyclopédique. Il traite aussi du Dictionnaire universel des arts et des sciences, publié en 1694, de Thomas Corneille (1625-1709), écrivain et lexicographe et frère cadet du célèbre dramaturge Pierre Corneille, Thomas Corneille était également un écrivain et un lexicographe. Corédigé avec Jean Richer, il est une des premières tentatives d’élaborer un dictionnaire encyclopédique en langue française. Sans oublier le célèbre Dictionnaire universel des arts et des sciences d’Antoine Furetière (1619-1688) était un écrivain, poète et académicien français, connu surtout pour son travail de lexicographe. Commencé dès 1670, ce dictionnaire allait devenir l’une des œuvres lexicographiques les plus importantes du XVIIe siècle.

Puis Gerhardt Stenger nous présente la première équipe de l’Encyclopédie, constituée d’une constellation de penseurs, de savants et d’artistes du XVIIIe siècle.

Le lecteur aura l’occasion de découvrir le « Discours préliminaire » de l’Encyclopédie, écrit par Jean le Rond d’Alembert. Publié en 1751, ce texte sert d’introduction à l’ensemble du projet encyclopédique et est considéré comme un manifeste des Lumières. Il expose les principes, les objectifs et la méthodologie de l’Encyclopédie, reflétant l’esprit de rationalité, de progrès et d’optimisme qui caractérise cette période.

Mais aussi du Prospectus de Denis Diderot, un document préliminaire rédigé en vue de la publication de l’Encyclopédie. Publié en 1750, le Prospectus servait d’introduction au projet monumental de l’Encyclopédie et avait pour but d’en expliquer les principes, les objectifs et l’organisation. Ce document était destiné à informer le public et à susciter l’intérêt des souscripteurs potentiels.

Tant le Prospectus de Diderot, ainsi que le « Discours préliminaire » rédigé plus tard par Jean le Rond d’Alembert, constituent des textes fondamentaux pour comprendre les ambitions intellectuelles et les défis méthodologiques du projet encyclopédique. Ils mettent en lumière les idéaux des Lumières qui animaient les encyclopédistes et leur désir de contribuer à l’éducation de l’humanité.

L’auteur situe l’Encyclopédie dans son contexte historique et philosophique. Elle naît au cœur du siècle des Lumières, une période où la raison, le savoir et l’esprit critique sont érigés en valeurs centrales de la société. Dans ce contexte, Diderot, d’Alembert et leurs collaborateurs se lancent dans un projet éditorial sans précédent : compiler et diffuser l’ensemble des connaissances de leur époque pour éclairer le monde et le libérer des préjugés.

L’ouvrage de Gerhardt Stenger met en lumière les innovations apportées par l’Encyclopédie, notamment l’utilisation de gravures détaillées pour illustrer les articles, ce qui constituait une révolution dans le domaine de la publication. Il souligne également les défis rencontrés par les éditeurs, depuis les attaques des autorités religieuses et royales jusqu’aux difficultés techniques et financières.

Gerhardt Stenger analyse aussi l’impact considérable de l’Encyclopédie sur la société française et européenne. L’œuvre a contribué à diffuser les idées des Lumières, à encourager le questionnement et le débat intellectuel, et à préparer le terrain pour les révolutions sociales et politiques à venir. Elle a également joué un rôle crucial dans la valorisation du savoir empirique et scientifique, marquant une étape décisive dans l’évolution de la pensée occidentale.

En explorant les réactions contemporaines à l’Encyclopédie, l’auteur montre comment l’œuvre a polarisé l’opinion, suscitant à la fois admiration et hostilité. L’auteur n’élude pas les critiques adressées à l’Encyclopédie, notamment celles concernant son caractère jugé parfois trop radical ou irrévérencieux.

Le triomphe des Lumières de Gerhardt Stenger est un travail d’érudition profond qui enrichit notre compréhension de l’Encyclopédie et de son époque. En retraçant l’histoire de cet ouvrage monumental, Stenger ne se contente pas de narrer les faits ; il invite à réfléchir sur l’importance du savoir et de l’esprit critique dans la construction d’une société éclairée. Sa recherche approfondie et son analyse détaillée font de ce livre un incontournable pour quiconque s’intéresse à l’histoire des idées, à la philosophie des Lumières et à l’évolution du concept d’encyclopédie.

Le triomphe des Lumières – L’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert 

Gerhardt StengerPerrin, 2024, 446 pages, 25 €

Disponible chez DETRAD.

Le Dessin de… Jissey « Défilés et décors »

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Certaines obédiences défilent par soucis de transparence, avec ou sans décors. C’est d’ailleurs souvent le cas en Amérique. La question des décors soulève bien des commentaires et parfois même quelques brins d’ironie. JISSEY a traité malicieusement, à sa façon, ce sujet.

Samedi 16/03 : Les loges maçonniques de Saint-Quentin-en-Yvelines défendent la République

Une conférence publique se tiendra, le samedi 16 mars à 15h30, dans la salle du Trait D’union, 26 rue des écoles Jean Baudin, 78114 Magny-les-Hameaux. Organisée par les loges maçonniques de Saint-Quentin-en-Yvelines, elle aura pour thème « La République jusqu’au bout ». Les intervenants seront : Nadia GEERTS, essayiste belge et Samuel MAYOL, Maître de conférences à l’IUT de Saint-Denis (93).

Cette rencontre se déroule dans le cadre des manifestations « Utopia Masonica » promues
sur le plan national par le Grand Orient de France (godf.org). En cette année d’élections
européennes et de commémoration de la Libération, l’évènement invite les loges
maçonniques françaises à s’ouvrir localement au public pour échanger. Il sera ainsi possible
de découvrir la franc-maçonnerie et de poser des questions aux francs-maçons sur les sujets qui façonnent l’avenir de notre Cité.

Le Grand Orient de France est aujourd’hui la première obédience maçonnique en France, avec plus de 52 000 membres et 1 389 loges. Il est un compagnon indéfectible de la République. Sa devise est Liberté, Egalité, Fraternité. Directement issu du siècle des Lumières, cet ordre initiatique et émancipateur, produit une réflexion prospective. Depuis 1877, la liberté de conscience est l’un de ses piliers fondamentaux.

Contact : Comité Utopia 78 – utopia.masonica78@orange.fr
Julien Renier (06.07.01.59.80) et Hervé Demarcq (06.11.64.00.84)

Droits et devoirs des maîtres maçons lors des élections

De notre confrère brotherallatt.substack.com – Par Darren Allattdarren Allatt

Au cours de notre parcours en tant que francs-maçons, nous sommes confrontés à de nombreux moments cruciaux qui nous invitent à réfléchir sur notre identité collective et nos rôles au sein de notre institution ancienne et honorable. Un moment clé est une pierre angulaire de notre structure maçonnique, qui définit non seulement la direction mais aussi l’intégrité du bâtiment dans son ensemble. Une telle pierre angulaire est l’élection de nos dirigeants maçonniques.

Nous, en tant que Maîtres Maçons, sommes chargés de l’obligation de participer à l’élection de ceux qui nous président, que ce soit le Vénérable Maître de notre Loge ou le Grand Maître de toutes les Loges.

Alors que de nombreuses Grandes Loges se dirigent vers une élection du Grand Maître, je souhaite mettre un accent particulier sur qui doit porter le poids de toutes les Loges et, en vertu de tous les Maçons.

Mais il est tout aussi important que vous considériez cela chaque année dans votre propre loge lorsque vous élirez votre Vénérable Maître.

Alors, pourquoi, pourrait-on se demander, l’élection d’un Grand Maître nous importe-t-elle, surtout lorsque nous sommes fiers de l’autonomie de nos loges « privées » ?

La réponse réside dans le fondement même de notre existence en tant que maçons.

Chaque loge fonctionne sous un mandat ou une charte, témoignage de notre légitimité et de notre droit de nous rassembler, émis par la Grande Loge et accordé au nom du Grand Maître.

Cela souligne l’importance du rôle de la Grande Loge et des Grands Maîtres, non seulement en tant que figure de proue, mais en tant que pilier central soutenant l’intégrité, la vitalité et la validité des loges mêmes que nous appelons les nôtres.

L’élection de n’importe quel dirigeant, du Vénérable Maître au Grand Maître, n’est pas simplement une transition cérémoniale de leadership ; c’est une réaffirmation de nos valeurs et de notre dévouement aux principes du métier.

En tant que Grand Maître, il préside nos loges avec l’autorité de guider, d’influencer et de faire respecter les normes qui nous définissent.

Ce rôle, profondément ancré dans notre constitution et nos traditions, met l’accent sur la responsabilité collective que nous partageons dans la sélection d’un leader qui incarne les vertus et les idéaux de la franc-maçonnerie.

Notre système de gouvernance est démocratique, reflet de notre croyance en l’égalité de tous les hommes, tout en reconnaissant que les distinctions de rang visent à préserver l’ordre et l’autorité qui leur sont dus.

Chaque maître maçon détient le droit et le privilège de voter et cela s’accompagne également de la responsabilité et du devoir de garantir que notre leadership est aussi solide que les fondations sur lesquelles repose notre entrée dans la franc-maçonnerie, témoignage de notre engagement en faveur d’un leadership participatif.

Cette obligation, qui nous pousse à nous engager activement dans l’élaboration de l’orientation future de notre fraternité, remet en question toute notion d’apathie, nous rappelant que le succès de la franc-maçonnerie ne repose pas sur les épaules d’un seul, mais sur la volonté collective et la sagesse de ses membres.

Pourtant, il est crucial de reconnaître que ce privilège de participation s’étend exclusivement aux maîtres maçons.

Cette distinction souligne la progression et l’approfondissement de l’engagement requis pour s’engager pleinement dans la gouvernance et le voyage spirituel au sein de la franc-maçonnerie.

C’est un rappel de la responsabilité qui accompagne le diplôme de Maître Maçon, un appel au leadership et à une implication active dans les décisions qui façonnent notre voie à suivre.

A l’approche de l’élection de votre Vénérable Maître ou de votre Grand Maître, réfléchissons sur la signification de ce moment.

C’est l’occasion de réaffirmer notre attachement aux principes qui nous lient, de contribuer à la sagesse collective qui guide nos loges et d’assurer le dynamisme et l’intégrité de la franc-maçonnerie pour les générations à venir.

Il ne s’agit pas seulement d’élections ; mais reflet de notre engagement envers le métier, un moment pour être ensemble et façonner l’avenir de la franc-maçonnerie avec conviction, respect et amour fraternel. Assumons ce devoir avec le sérieux qu’il mérite.

En participant à toute élection d’un dirigeant maçonnique, nous exerçons non seulement nos droits mais affirmons également notre croyance dans les valeurs et l’avenir de la franc-maçonnerie.

C’est un appel à l’action qui résonne au cœur de notre identité en tant que francs-maçons, nous exhortant à contribuer à la prospérité et au succès de notre fraternité.

Ce faisant, nous honorons l’héritage de ceux qui nous ont précédés et posons les bases de ceux qui nous suivront, en veillant à ce que la lumière de la franc-maçonnerie continue de briller de mille feux.

02/03/24 à Ronchin : programme en 3 saisons : « le vivant », « Orient-Occident » et « Spiritualité XXI »

Le collectif Dialogue des spiritualités, initié par la loge Averroès (GLDF) met en place un programme en 3 saisons : « le vivant », « Orient-Occident » et « Spiritualité XXI ». La conférence publique inaugurale  donnera la parole à Eric Vinson, chercheur de référence sur le champ de la spiritualité.

Elle a lieu le samedi 2 mars de 9 heures à 12 heures au Grand Temple à Ronchin  

Elle est ouverte aux FF et SS de toutes obédiences et aux profanes invités

« Par spiritualités(s) entend une pluralité de voies, articulées à des religions ou non, qui relèvent d’une expérience intérieure, et qui propose une prise en charge de deux sentiments majeurs : le rapport à la mort, l’admiration-effroi devant l’univers. A l’heure de la mondialisation, nous observons d’une part une ouverture aux spiritualités de toute nature ( ce qui va avec une forme de marchandisation) , d’autre part un besoin de spiritualité face aux désordres du monde.

Les grandes transformations en cours, climatiques, numérique, économique, sociale et anthropologiques bouleversent les cadres de perfection du réel, font craindre la catastrophe et demandent des réponses inédites.

Si la crise actuelle prend sa source dans l’économie productiviste qui va dans le mur, il faut interroger les fondamentaux de l’ubris, de l’exploitation du vivant et de l’avoir plutôt que l’être

Sobriété, juste milieu, être plutôt qu’avoir, responsabilité vis-à-vis des générations futures, respect de la dignité inconditionnelle de chaque être humain, refus de la violence, tout ce travail de soi sur soi appelle des ressources spirituelles dans leur diversité. C’est le sens de notre projet « dialogue des spiritualités »

Pour contact : dialogue.spiritualites@gmail.com

Sous l’influence de la franc-maçonnerie, l’Equateur légalise l’euthanasie

Du site non sympathisant de la FM medias-presse.info – Par  Joaquim De Alburquerque 

Une fois de plus, le pouvoir judiciaire d’un pays d’Amérique Latine a usurpé les fonctions du pouvoir législatif et, conformément au plan de la Franc-Maçonnerie et du Nouvel Ordre Mondial, a déclaré légal un crime contre la vie.

Il est bien loin, le temps de Garcia Moreno

Paola Roldán, une femme de 42 ans atteinte de sclérose latérale amyotrophique (SLA), a réussi à faire légaliser l’euthanasie en Équateur par un arrêt rendu mercredi dernier par la Cour constitutionnelle. Le jugement affirme reconnaître le « droit à une mort digne ». Il est bien loin, le temps de Garcia Moreno.

Le plus haut tribunal de l’Équateur a déclaré en partie inconstitutionnel l’article 144 du code pénal, qui punit de dix à treize ans de prison « celui qui tue autrui », évoquant une « constitutionnalité conditionnelle ».

Par sept voix sur les neuf juges, la Cour a déterminé que l’euthanasie sera légale à condition  qu’un médecin accepte la demande d’euthanasie active d’un patient de manière libre, informée et sans équivoque, en raison des souffrances. blessures intenses causées par une lésion corporelle grave et irréversible ou d’une maladie grave et incurable.

Le jugement a également révoqué l’article 90 du Code d’éthique médicale, qui établit que « le médecin n’est pas autorisé à abréger la vie du patient » et que « sa mission fondamentale contre « une maladie incurable sera assurée par les ressources thérapeutiques ».

Pour permettre à Paola Roldán d’accéder à l’euthanasie, la Cour constitutionnelle a ordonné l’élaboration d’une loi qui réglemente la procédure, tâche qui incombera au Bureau du Défenseur du peuple et à l’Assemblée nationale. Le ministère de la Santé publique élabore un règlement.

Le Bureau du Médiateur disposera d’un délai maximum de six mois pour préparer le projet, le ministre devra donc préparer le règlement en deux mois. Pour sa part, l’Assemblée disposera d’un an à compter de la présentation de l’initiative législative pour débattre et rédigera l’organisme de régulation.

Les juges au service de la politique mortifère

Cette décision rejoint d’autres de même nature émanant des Cours suprêmes et constitutionnelles des pays d’Amérique latine. Les deux derniers cas ont eu lieu en Colombie et au Mexique.

Conseil à un jeune franc-maçon

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Rentrer en Franc-maçonnerie est un sacré parcours, mais y rester peut en être un autre…

Nous avons tous en franc-maçonnerie attendu pour rentrer dans cette grande famille. Tous ces moments d’attente nous ont donnés de la joie et du bonheur qui sont toujours présents en nous.

Serait-ce le syndrome de l’élève qui dépasse le maître qui pousse parfois le franc-mâcon à se poser des questions et quelques fois à vouloir déménager  en quelque sorte, ou serait -ce tout simplement d’autres préoccupations.

Remarquez comme franc-maçon il vaut mieux si possible emménager dans une grande maison. Déjà pour ranger tous ses outils, un véritable atelier s’impose. 

Important la pierre brute, ne pas négliger son volume, son poids, sa consistance. Attention si vous choisissez du marbre par exemple il va falloir les bons ciseaux adaptées, normal, et prévoir plus d’heures pour maitriser le savoir-faire. Fil à plomb, niveau, équerre, compas il faut en profiter pour envisager de construire une maison, c’est le moment de voir le maçon au pied du mur. 

C’est aussi le moment d’initier le partage avec les autres frères et soeurs pour mettre en place des travaux dits « opératifs » comme des aménagements  intérieurs de votre maison afin de se rapprocher de l’esprit du compagnonnage.

Prévoir une grande salle pour organiser des agapes généreuses pour clôturer ces travaux pratiques initiatiques.

Il vous faut aussi prévoir un espace lecture pour accueillir de nouveaux ouvrages et de vous installer avec concentration avec d’autres personnes pour approfondir de nouveaux sujets et voire même préparer de nouvelles planches. 

Nouvellement initié,  vous arrivez dans une nouvelle vie, de nouveaux amis, de nouveaux frères et de nouvelles sœurs .

Votre carnet d’adresses s’agrandit et en même temps de vieilles pages usées disparaissent pour laisser place aux nouvelles recrues. Ainsi va la vie…

On peut voir dans ce schéma comme une similitude avec le mariage, au niveau symbolisme avec toute ses variantes  que l’on pourrait qualifier de mariage avec ou sans contrat, union libre, pacsé ou pas, bref on part pour une nouvelle vie où l’on découvre  petit à petit sa nouvelle famille. Il va falloir  se montrer sous ses meilleurs jours mais également ne pas avoir peur de dévoiler sa personnalité sous tous ses aspects  divers. 

C’est une période où  l’on va découvrir les autres et c’est aussi  le début d’une grande séduction avec les autres. Nous traversons des moments intenses  dans notre évolution spirituelle et sociale dûs à cet échange avec nos nouveaux proches. Nous sommes dans l’état d’esprit que résume l’expression « Que du bonheur! »

Nous sommes aussi un peu dans la reconstruction.

Encore une fois on ne peut s’empêcher de voir des similitudes avec les moments de la vie ou nous rencontrons l’amour, j’exagère un peu certes mais l’initiation en franc-maçonnerie est un passage  intense qui provoque des changements dans notre relation avec le monde qui nous entoure, il va falloir du temps pour que s’installe la réflexion et la prise de nouvelles décisions et d’orientations dans notre vie qui est en pleine évolution. Et comme disait mon grand père ancré dans le monde de la terre « Ah mon gars, c’est pas une petite affaire! »

Alors évidemment si nous nous appuyons sur ces constatations nous sommes dans le schéma  classique du chemin de la vie qui n’est pas toujours un long fleuve tranquille.

Nous n’avons pas oublié  que nous portons serment quand nous rentrons en franc-maçonnerie, nous sommes liés et reliés avec cette nouvelle fratrie toujours en pleine évolution.

Pas étonnant que nous soyons soumis aux vicissitudes de la vie car la vie profane continue intimement liée à notre parcours maçonnique. Ce même parcours qui évolue et qui fait  que nous découvrons le monde maçonnique avec toutes ses facettes et aussi toutes ses contradictions qui nous font douter et remettre en question nos choix.

Il est dit que la franc-maçonnerie est universelle, par conséquent  rien de plus normal et logique que de découvrir par exemple d’autres rites et voir aussi d’autres obédiences maçonniques.

Ainsi va la vie,  la franc-maçonnerie est certainement un lieu de rencontres extraordinaires qui favorise l’enrichissement  intellectuel. Certes avec le temps nous nous réunissons souvent et l’habitude fait que nous installons une sorte de normalité à toutes nos rencontres. Nous parlons avec nostalgie de ces premières années de vie maçonnique. Ce sont nos années d’apprentissage et elles nous marquent car elles sont les bases de notre fondement.

Donner des conseils pourquoi pas mais se faire sa propre expérience est plus logique.

Par conséquent au risque de tomber dans des banalités du style: un maçon  se construit, je terminerai par une autre banalité: laissons ces jeunes apprentis voler de leurs propres ailes, ils ont le temps de se les bruler…

Francs-maçons et politique : les dessous d’un système opaque

De notre confrère entreprendre.fr – Par Alexandre Bodkine

Loin des clichés et des fantasmes, la franc-maçonnerie française tisse sa toile dans les arcanes du pouvoir. De la politique aux affaires en passant par les médias, ses membres, discrets mais influents, cultivent le secret et prônent l’amélioration de l’homme. Mais quelle est l’étendue de leur influence réelle sur la société française ?

En France, la franc-maçonnerie n’est pas une, mais multiple. Divisée en une vingtaine d’obédiences aux rites et traditions variés, elle rassemble environ 180 000 membres, dont une majorité d’hommes.
Discrets sur leur appartenance, les francs-maçons se retrouvent dans des loges, officiellement pour se perfectionner moralement et intellectuellement, selon les principes de l’ordre.

Des francs-maçons aux portes du pouvoir

Depuis des siècles, la franc-maçonnerie entretient des liens étroits avec le monde politique. De nombreux hommes d’Etat français, de Jules Ferry à François Mitterrand, ont été initiés à ses secrets. Aujourd’hui encore, la présence de « frères trois points » dans les cabinets ministériels et les instances de décision est loin d’être anecdotique.

L’exemple Macron : soutien maçonnique et désillusion

Emmanuel Macron, bien qu’il ne soit pas franc-maçon lui-même, a bénéficié du soutien de plusieurs figures influentes de la franc-maçonnerie lors de son élection. Des ministres comme Gérard Collomb ou Jean-Yves Le Drian, ainsi que d’autres personnalités proches du pouvoir, comme Richard Ferrand, font ouvertement état de leur appartenance à une loge.
Cette proximité avec les réseaux maçonniques a valu à Macron l’accusation de composer avec un « pouvoir occulte », alimentant les suspicions d’entrisme et de favoritisme.

Bras de fer dans le monde des affaires : les réseaux à l’œuvre

L’influence de la franc-maçonnerie ne se limite pas à la sphère politique. Dans le monde des affaires, les réseaux maçonniques jouent un rôle important, parfois au détriment de la transparence et de l’égalité des chances.

L’affaire Cédric Lewandowski, ancien directeur de cabinet de Jean-Yves Le Drian, en est un exemple illustratif. Evincé de son poste après avoir été pressenti pour prendre la tête de la DGSE, il a été accusé par certains de ses anciens « frères » d’avoir abusé de ses réseaux maçonniques pour obtenir des promotions et des avantages indus .

Un « Etat maçonnique » ? Mythe ou réalité ?

L’omniprésence des francs-maçons dans les sphères du pouvoir alimente les fantasmes d’un « Etat maçonnique » où les décisions se prendraient en loge et non dans les institutions républicaines. Si l’influence de la franc-maçonnerie est indéniable, il est difficile de déterminer son ampleur et ses ramifications réelles. La culture du secret qui entoure l’organisation et l’absence de transparence sur ses membres et ses activités nourrissent les suspicions et les accusations de favoritisme.

Secret et opacité des francs-maçons : les ferments de la méfiance

Le secret qui entoure la franc-maçonnerie est l’une des principales sources de méfiance à son égard. Ses rituels initiatiques, ses symboles et ses mots de passe font l’objet de fantasmes et de spéculations, alimentant l’idée d’une société occulte qui manipule les institutions démocratiques.

Vers une nécessaire transparence de l’influence des francs-maçons ?

Face aux accusations et aux suspicions, de nombreuses voix s’élèvent pour exiger une plus grande transparence de la part de la franc-maçonnerie. La publication des noms de ses membres, l’ouverture de ses loges au public et la clarification de ses liens avec le monde politique et économique pourraient contribuer à dissiper les doutes et à apaiser les tensions.

Francs-maçons en France : un débat nécessaire

La question du rôle de la franc-maçonnerie dans la société française est loin d’être close. Si ses membres prônent des valeurs humanistes et fraternelles, leur influence sur les décisions politiques et économiques soulève des questions de démocratie et de transparence.

Alexandre Bodkine

Avec les Bons Cousins Charbonniers (B.˙.C.˙.C.˙.), promenons-nous dans les bois !

Écrivain et illustrateur reconnu pour son expertise dans les domaines des arts populaires, Daniel Boucard, avec son dernier opus Les Bons Cousins Charbonniers – Organisation et rituels forestiers, une franc-maçonnerie des bois, nous transporte dans la magie des forêts, avec ses légendes, mythes et traditions, qui tient, encore maintenant, une place si particulière dans l’imaginaire collectif à travers le monde.

Les forêts ont toujours été perçues comme des lieux de mystère et de pouvoir, où la nature est à la fois belle et impénétrable, abritant des forces surnaturelles et des créatures mythiques. Et peuplées de personnages étranges tels les nains, les trolls, les lutins, les fées et les elfes ou encore les dryades et tant d’autres créatures (les esprits de la nature, les géants, les sorcières et les animaux parlants ou magiques…).

Les charbonniers seraient-ils de ceux-là ? Et ce dès la légende illustrant un exemple fascinant de la manière dont les récits peuvent se tisser autour de figures historiques importantes comme François Ier, roi de France de 1515 à 1547, surtout connu pour son mécénat des arts et des lettres ainsi que pour son rôle dans le développement de la Renaissance française. Cette belle anecdote met en lumière non seulement l’existence des communautés et des traditions corporatives au sein des métiers médiévaux et de la Renaissance, mais aussi le respect mutuel possible entre la royauté et ces communautés, malgré les vastes différences de statut social.

La légende décrit une rencontre fortuite entre François Ier et un groupe de charbonniers lors d’une de ses parties de chasse, loisir aristocratique par excellence. Le fait que le roi demande à subir les épreuves pour être admis parmi eux, et qu’il respecte les us et coutumes des Charbonniers au point d’accepter d’être délogé de sa place, souligne une forme de reconnaissance royale de l’autonomie et de l’importance des métiers et de leurs traditions.

Photo © Yonnel Ghernaouti, YG.
Photo © Yonnel Ghernaouti, YG.

Le proverbe « Charbonnier est maître chez lui » – que l’auteur ne manque pas de relater et commenter, dans son premier chapitre –, symbolise la souveraineté de chaque individu et de chaque profession sur son propre domaine d’expertise et de vie, un concept profondément ancré dans la culture française qui valorise l’autonomie et le respect mutuel.

Quant à l’habitude du roi d’appeler ses proches « mon Bon Cousin » ou « ma Bonne Cousine », cela pourrait refléter une approche plus personnelle et familiale dans ses relations, peut-être inspirée par cette expérience d’égalité et de fraternité vécue avec les Charbonniers. Cela montre un aspect de la personnalité de François Ier souvent oublié : sa capacité à se connecter avec des gens de tous les horizons, pas seulement avec la noblesse ou les intellectuels de la Renaissance.

Cette légende, au-delà de son aspect anecdotique, met en lumière l’importance des traditions corporatives et des métiers dans l’organisation sociale de la France pré-moderne. Elle rappelle que ces groupes possédaient leurs propres rites, leur autonomie et une certaine forme de pouvoir ou de respect au sein de la société, même face à la royauté. Cependant, il n’existe pas de récits ou de documents historiques bien connus qui détaillent une relation directe ou spécifique entre François Ier et les charbonniers en tant que groupe.

Photo © Yonnel Ghernaouti, YG.

Mais revenons l’ouvrage qui fait vraiment œuvre utile car rares sont les écrits sur la charbonnerie. D’autant que les charbonniers sont des artisans essentiels à l’économie, responsables de la production de charbon de bois, un combustible crucial pour la métallurgie, la cuisine et le chauffage, depuis des temps immémoriaux.

L’ouvrage Les Bons Cousins Charbonniers – Organisation et rituels forestiers, une franc-maçonnerie des bois comble donc une lacune importante dans l’historiographie et la compréhension des métiers traditionnels et de leurs cultures associées. La charbonnerie, en tant que métier et communauté, a souvent été négligée dans les études historiques et culturelles qui privilégient les activités plus documentées ou considérées comme plus influentes sur le cours de l’histoire. Merci M. Boucard !

Photo © Yonnel Ghernaouti, YG.

Il a commencé par nous décrire, dans son premier chapitre, « L’importance du charbon de bois et du charbonnier autrefois ». Le charbon de bois et les charbonniers ayant joué un rôle crucial dans l’économie et la société à travers l’histoire, en particulier avant l’avènement de l’ère industrielle et la généralisation de l’utilisation des combustibles fossiles comme le charbon minéral et le pétrole. Le charbon de bois était essentiel dans divers secteurs (métallurgie, cuisine et chauffage, production de verre et de céramique, agriculture), reflétant l’importance de cette ressource et des artisans qui la produisaient.

Quant au travail charbonnier, il est physiquement exigeant et nécessite une connaissance approfondie des forêts, des types de bois et des techniques de carbonisation.

Daniel Boucard nous écrit ensuite « Les confréries des Bons Cousins Charbonniers – Leurs rites et leur importance politique de la moitié du XVIIe siècle jusqu’à la fin du XIXe siècle », un métier qui a développé des rites spécifiques et joué un rôle qui dépasse la simple production de charbon de bois, touchant à des aspects sociaux et parfois politiques. Les Bons Cousins Charbonniers (B.˙.C.˙.C.˙.) formaient une confrérie ou une société secrète organisée autour du métier de charbonnier, avec des rituels d’initiation, des codes de conduite et un langage symbolique propres. Leurs rites s’inspiraient souvent de la franc-maçonnerie, avec des degrés d’initiation, des serments de fidélité et des rencontres régulières appelées ventes, tenues dans des lieux discrets, souvent en forêt, en lien avec leur activité professionnelle.

Photo © Yonnel Ghernaouti, YG.

Ces rituels et cette organisation témoignent d’une forte cohésion au sein du groupe, renforcée par une culture et une identité communes. Ils servaient non seulement à transmettre des connaissances techniques sur la production de charbon de bois mais aussi à maintenir un réseau de soutien mutuel parmi les membres. Sur le plan politique, les confréries ont pu servir de cadre à l’organisation de résistances ou de contestations face aux injustices sociales, aux pressions économiques ou aux transformations industrielles qui menaçaient leur mode de vie.

Daniel Boucard ne peut faire l’impasse sur le carbonarisme en Italie, mouvement secret et révolutionnaire qui a pris forme au début du XIXe siècle, influencé par les idéaux de la Révolution française et par les sociétés secrètes comme la franc-maçonnerie. Les Carbonari (charbonniers en italien) cherchaient à promouvoir des changements politiques et sociaux, notamment l’instauration d’une constitution, la lutte pour l’indépendance et l’unification de l’Italie, ainsi que la fin de la domination étrangère et des pouvoirs absolutistes des États italiens d’alors, principalement sous le contrôle des Habsbourg et des Bourbons.

Dans son ouvrage Les Bons Cousins Charbonniers – Organisation et rituels forestiers, une franc-maçonnerie des bois, Daniel Boucard plonge le lecteur dans le monde méconnu et fascinant des charbonniers, ces artisans de l’ombre dont le travail et les traditions se sont perpétués à travers les siècles. À travers une exploration détaillée de leur organisation, de leurs rituels et de leur culture, Boucard révèle la richesse d’une confrérie qui, bien que fonctionnant en marge de la société, a joué un rôle crucial dans l’histoire économique et sociale de nos forêts.

Photo © Yonnel Ghernaouti, YG.

L’ouvrage met en lumière la complexité d’une société secrète qui, à bien des égards, préfigure les mouvements ouvriers organisés et les luttes sociales qui émergeront plus tard dans l’histoire européenne. Les Bons Cousins Charbonniers (B.˙.C.˙.C.˙.), avec leur structure hiérarchisée, leurs codes de conduite, et leurs cérémonies initiatiques, incarnent une forme de résilience face aux défis économiques et sociaux de leur époque. Leurs pratiques, empreintes d’une profonde spiritualité liée à la forêt, témoignent d’une harmonie entre l’homme et la nature, rarement égalée dans les sociétés industrielles.

Ce livre est également un hommage à ces hommes de l’ombre, qui ont su créer une communauté solidaire et respectueuse des savoirs ancestraux, tout en s’adaptant aux changements de leur environnement. La transmission des connaissances, la solidarité fraternelle, et le respect profond pour la forêt sont des valeurs que les Bons Cousins Charbonniers partagent avec les mouvements écologistes contemporains, faisant de leur histoire un sujet d’étude pertinent pour notre époque.

Photo © Yonnel Ghernaouti, YG.

Enfin, Les Bons Cousins Charbonniers n’est pas seulement un travail de documentation historique ; c’est une invitation à réfléchir sur notre relation avec la nature et sur les modèles de communauté et de travail que nous voulons promouvoir. Dans une époque marquée par la quête de sens et par l’urgence écologique, les leçons tirées de la vie et des pratiques des charbonniers peuvent inspirer une nouvelle réflexion sur la façon dont nous interagissons avec notre environnement et sur les valeurs que nous souhaitons transmettre aux générations futures.

Daniel Boucard offre ainsi une contribution précieuse à notre compréhension du patrimoine culturel et environnemental, tout en posant les bases pour un dialogue entre passé et présent, entre tradition et modernité. Traitant même dans sa troisième et dernière partie du renouveau des rites forestiers et des bonnes cousines. Son ouvrage est une fenêtre ouverte sur un monde presque oublié, dont les échos résonnent encore aujourd’hui dans nos quêtes de durabilité et de communauté.

Daniel Boucard, photo Babelio.

*Né le 6 août 1947 à Lizy-sur-Ourcq en Seine-et-Marne, Daniel Boucard est un écrivain et illustrateur français reconnu pour son expertise dans les domaines des arts populaires. Sa contribution significative à la documentation et à la préservation des savoir-faire traditionnels se reflète à travers ses ouvrages détaillés qui explorent les outils, les métiers et le vocabulaire des arts populaires du Moyen Âge à 1914.

1re de couv., détail.

Sa biographie : Né dans un contexte d’après-guerre, Daniel Boucard a grandi dans une France où les métiers et les traditions manuelles tenaient encore une place importante dans la société. Cette période a probablement influencé son intérêt pour les arts populaires et les techniques artisanales ancestrales. Au fil des années, il s’est dédié à l’étude et à la conservation de ces savoirs, devenant un spécialiste reconnu dans ce domaine.

Ses principales œuvres sont le Dictionnaire des outils et instruments pour la plupart des métiers (Jean-Cyrille Godefroy, 2006), un ouvrage de référence de 740 pages, enrichi de trente-deux planches, est un travail exhaustif qui répertorie les outils utilisés dans divers métiers, offrant un aperçu fascinant de l’ingéniosité humaine à travers les âges, son Dictionnaire illustré et anthologie des métiers du Moyen Âge à 1914 (Jean-Cyrille Godefroy, 2008), un exceptionnel dictionnaire de 676 pages, complété par trente-deux planches, présente un panorama des métiers traditionnels, enrichi d’illustrations et d’analyses détaillées. L’ouvrage a été récompensé par le Prix Alfred-Verdaguer 2009 de l’Académie française, soulignant son importance dans la documentation des métiers anciens. Sans oublier le Vocabulaire illustré des arts populaires (Eyrolles, 2014) et ses 320 pages fournissant un glossaire détaillé des termes liés aux arts populaires, accompagné d’illustrations. Il s’agit d’une ressource précieuse pour les amateurs d’histoire, les artisans, et toute personne intéressée par le patrimoine culturel matériel.

À travers ses recherches et ses publications, Daniel Boucard joue un rôle crucial dans la préservation de la mémoire des métiers et des traditions qui façonnent le patrimoine culturel. Ses livres servent non seulement de référence académique pour les chercheurs et les historiens mais aussi d’inspiration pour les artisans qui cherchent à redécouvrir et à perpétuer les techniques traditionnelles. Sa démarche contribue à valoriser l’histoire sociale et culturelle des métiers et à sensibiliser le public à l’importance de sauvegarder ces aspects souvent négligés du patrimoine.

Les Bons Cousins Charbonniers – Organisation et rituels forestiers, une franc-maçonnerie des bois Daniel Boucard – Éditions Dervy, 2024, 160 pages, 18 €

Illustrations ci-dessous : randojp.free.fr – Charbonnière en Provence

La Loge maçonnique d’Albert Lea fait don de nouveaux kits de sauvetage

De notre confrère albertleatribune.com – Par Ayanna Eckblad

Les députés peuvent utiliser les kits avant l’arrivée des pompiers

Les membres de la loge maçonnique n°26 Albert Lea Western Star et des forces de l’ordre du comté de Freeborn se sont réunis mardi après-midi au centre d’application de la loi du comté de Freeborn pour une petite cérémonie au cours de laquelle la loge a remis au bureau du shérif 10 kits d’extinction d’incendie.

Le grand intendant junior de la Grande Loge du Minnesota, Gregory Vokovan, a brièvement expliqué ce que sont les kits d’extinction d’incendie et comment les utiliser. Inscription à la newsletter par e-mail Inscrivez-vous à notre newsletter quotidienne par e-mail Les kits sont des dispositifs aérosols compacts qui aident à éteindre les incendies dans les espaces clos et à abaisser la température de l’enceinte.

Ils visent à réduire les incendies et les dégâts des eaux lors d’un incendie de maison ou de bâtiment, ainsi qu’à accroître la sécurité des personnes à l’intérieur du bâtiment avant et pendant l’arrivée des pompiers. Le shérif du comté de Freeborn, Ryan Shea, a déclaré que les kits avaient été donnés au bureau du shérif, car les agents chargés de l’application des lois sont souvent les premiers à arriver sur les lieux d’un incendie. Lorsqu’ils ne sont pas utilisés, les appareils sont suffisamment petits pour être rangés dans le coffre des voitures de police.

Shea a déclaré qu’il était humiliant d’être sur les lieux d’un incendie dans une maison et de ne pas pouvoir aider autrement que d’enregistrer ce qui se passe. Les kits d’extinction d’incendie permettront aux députés d’être proactifs jusqu’à ce que les services d’urgence puissent arriver sur le site. Les kits ont été présentés par le maitre de la loge, Jon Asplund. Suite à la présentation, les membres de la loge et quelques députés sont restés pour répondre aux questions.

« Ces appareils contribueront à sauver des vies », a déclaré le trésorier du lodge, Mark Harig. « La Loge maçonnique est fière de faire don de ces éléments pour contribuer à faire de notre communauté un endroit plus sûr. » Shea a déclaré qu’il espère que le bureau du shérif du comté de Freeborn n’aura jamais aucune raison d’utiliser les dispositifs d’extinction d’incendie, mais il est ravi que les adjoints aient désormais une nouvelle opportunité d’aider à lutter contre les incendies locaux, si le besoin s’en fait sentir.

Il a également déclaré qu’il était intéressé de voir comment ces kits changeraient la façon dont le comté envisage et combat les incendies de bâtiments. Les francs-maçons du Minnesota sont au service de l’État depuis plus de 165 ans. Le Western Star Lodge No. 26 fait des dons à des causes dans la région d’Albert Lea depuis de nombreuses années. Certains des bénéficiaires de dons les plus récents sont l’Armée du Salut, l’Ecumenical Food Shelf et l’Albert Lea Inclusive Playground. Ils ont déjà travaillé avec Shea en présentant un don au programme d’éducation sur la sécurité des enfants et la prévention de la toxicomanie des forces de l’ordre du comté de Freeborn.