Comme chaque année, la loge de Lorient « La Solidarité Bretonne » de la Grande Loge de France – une obédience maçonnique traditionnelle et spiritualiste suivant une démarche de tradition au cœur des enjeux contemporains –, organise sa tenue d’été la veille de l’ouverture du Festival Interceltique de Lorient1 (FIL). Cette année, le festival a lieu officiellement du 12 au 18 août.
Blason de la loge « LaSolidarité Bretonne »
En 2023, la thématique de la loge était « Quel drapeau et emblème pour la Bretagne ? »
2024 verra « LaSolidarité Bretonne », une loge fondée à la veille de la Première Guerre mondiale, traiter de « Le Matriarcat breton, mythe ou réalité ?2 »
En ce qui concerne la tenue d’une loge de la Grande Loge de France, il est rappelé que les sœurs ne sont pas admises. Quant aux frères désirant y assister, la convocation indique clairement le dresse code : « Une tenue correcte est requise, comprenant une chemise et un pantalon léger, des chaussures fermées, ainsi que des gants blancs, tabliers et décors. »
L’occasion aussi pour nous de rappeler le dynamisme de la Grande Loge de France en Bretagne en général et à Lorient (Morbihan, région Bretagne) en particulier avec « L’Union Juste et Parfaite » créée il y trente-deux ans et la plus récente « Les Mégalithes ».
1Le Festival Interceltique de Lorient (FIL)
Événement annuel incontournable en Bretagne, il incarne la fusion vibrante des cultures celtiques du monde entier. Depuis sa fondation en 1971, il se déroule chaque mois d’août, attirant des centaines de milliers de visiteurs venus célébrer la richesse et la diversité des traditions celtiques.
Pendant dix jours, la ville de Lorient se métamorphose en un carrefour culturel où la musique, la danse, l’art et la gastronomie tissent des liens entre les nations celtiques. La ville résonne au son des cornemuses, des harpes et des violons, tandis que les voix des chanteurs et les pas des danseurs animent les rues et les places. Les concerts, qu’ils soient intimistes ou grandioses, mêlent des airs traditionnels à des compositions contemporaines, révélant l’âme éternelle et toujours renouvelée des peuples celtes.
Les parades colorées et festives, où se côtoient costumes traditionnels et instruments ancestraux, offrent un spectacle éblouissant aux spectateurs émerveillés. La Grande Parade des Nations Celtes est sans doute le point culminant de ces célébrations, un défilé majestueux où chaque région affirme son identité tout en s’unissant sous la bannière d’une culture commune.
Les ateliers et les expositions permettent aux visiteurs de s’initier aux danses celtiques, de découvrir l’artisanat local et de plonger dans l’histoire fascinante de ces peuples. Les concours de cornemuses et de harpes témoignent de l’excellence et de la passion des artistes, tandis que les pavillons des nations celtes présentent des trésors culturels et des innovations contemporaines.
La gastronomie n’est pas en reste, avec des stands proposant des délices culinaires tels que les crêpes bretonnes, les ragoûts irlandais et les fruits de mer galiciens. Ces saveurs authentiques ravissent les papilles et racontent, elles aussi, une histoire de terroirs et de traditions.
Le Festival Interceltique de Lorient est bien plus qu’un simple événement. Il est un hommage vivant et vibrant à une culture riche et diverse, un pont entre le passé et le présent, une célébration de l’unité dans la diversité. Chaque année, il renforce les liens entre les nations celtes, tout en accueillant avec chaleur et ouverture les curieux et les passionnés du monde entier.
Ce festival est une fête de l’âme, un voyage au cœur des légendes et des mélodies qui ont traversé les âges. Il rappelle que, malgré les océans et les frontières, les peuples celtes partagent une histoire commune et un patrimoine culturel précieux, à la fois ancien et résolument tourné vers l’avenir.
Rendez-vous du 12 au 18 août 2024 pour la 53e édition du Festival Interceltique. La jeunesse celte sera à l’honneur !
2Le matriarcat breton
Souvent évoqué dans les discussions sur les structures sociales traditionnelles de la Bretagne, c’est un sujet fascinant qui oscille entre mythe et réalité. Pour comprendre cette notion, il est essentiel d’examiner les éléments historiques, culturels et sociologiques qui l’entourent.
La Bretagne, région imprégnée de légendes et de traditions uniques, a longtemps été perçue comme une société où les femmes occupaient une place centrale. Cette perception est alimentée par diverses sources, y compris la littérature, les récits oraux et certains aspects de l’organisation sociale bretonne.
Historiquement, la société bretonne a présenté des caractéristiques matrifocales, c’est-à-dire centrées sur la femme, mais sans véritablement constituer un matriarcat au sens strict du terme. Dans un véritable matriarcat, les femmes détiendraient le pouvoir politique et social, et la descendance se transmettrait par la lignée maternelle. En Bretagne, bien que les femmes aient eu un rôle prépondérant dans la gestion de la famille et de la communauté, le pouvoir politique et les droits de succession étaient majoritairement patriarcaux.
Cependant, la place des femmes en Bretagne ne peut être sous-estimée. Elles étaient souvent les gardiennes des traditions et des coutumes, jouant un rôle clé dans la transmission des savoirs et des pratiques culturelles. Les femmes bretonnes géraient fréquemment les affaires domestiques et agricoles, surtout en l’absence des hommes partis en mer ou à la guerre. Cette gestion quotidienne leur conférait une autorité et une autonomie considérables au sein du foyer.
De plus, certaines études ethnographiques et historiques suggèrent que les femmes bretonnes jouissaient d’une relative indépendance par rapport à d’autres régions de France. Elles pouvaient posséder des biens, diriger des entreprises familiales et participer activement aux affaires communautaires. La figure emblématique de l’Ankou, la personnification de la mort en Bretagne, est parfois représentée comme féminine, reflétant peut-être une reconnaissance symbolique du pouvoir féminin.
Gwenn ha Du
Néanmoins, il est crucial de distinguer entre la réalité historique et les projections romantiques ou idéalisées. Le concept de matriarcat breton peut parfois être amplifié par la nostalgie et le désir de retrouver un âge d’or où les femmes auraient dominé. En réalité, la société bretonne, comme beaucoup d’autres, était complexe et stratifiée, avec des dynamiques de pouvoir qui n’étaient pas exclusivement centrées sur le genre.
En conclusion, le matriarcat breton est davantage un mythe qu’une réalité historique strictement définie. Cependant, ce mythe repose sur des éléments de vérité concernant l’importance et l’influence des femmes dans la société bretonne. Il reflète une reconnaissance culturelle de la valeur et de la force des femmes, même si le pouvoir politique et légal restait largement aux mains des hommes. Cette dualité entre mythe et réalité continue de nourrir les discussions et les recherches, enrichissant notre compréhension de la société bretonne à travers les âges.
Infos pratiques
Vendredi 9 août à 19h30
Tenue estivale de « LaSolidarité Bretonne » de la Grande Loge de France à Lorient
Après nos lectures estivales, nous sommes ravis de reprendre le cours normal de nos partages littéraires, comme annoncé dans notre dernière rencontre. Nous espérons que vos vacances ont été enrichissantes et que vous avez découvert de nouveaux horizons littéraires. C’est avec enthousiasme que nous nous retrouvons pour continuer à explorer ensemble le monde fascinant des livres et des idées. Bienvenue à tous pour cette nouvelle saison de discussions et de découvertes littéraires !
L’ouvrageÊtre citoyen en France au XXIe siècle d’Édith Jacquemot se présente comme une réflexion critique et profonde sur la citoyenneté française contemporaine. Le texte, sous forme d’essai, aborde la nécessité de redéfinir ce que signifie être citoyen dans un contexte marqué par une multitude de crises et de transformations sociétales.
L’introduction commence par rappeler les craintes et les espoirs qui entouraient l’entrée dans le XXIe siècle, telles que la fin du monde ou un retour au spirituel, qui ne se sont finalement pas concrétisés. Au lieu de cela, la société française est confrontée à une montée de la violence et à une perte des valeurs républicaines et morales. L’auteure observe que de nombreux adultes et jeunes expriment des angoisses et une perte de repères.
Édith Jacquemot propose de faire le bilan de cette situation pour comprendre les raisons de cette dérive et trouver des solutions pour redresser la situation en France. Elle souligne l’importance de redéfinir la citoyenneté en s’inspirant des valeurs et de la logique héritées des générations précédentes. L’ouvrage se veut à la fois critique et porteur d’espoir, en appelant chaque individu à devenir acteur du changement plutôt que simple spectateur. L’auteure invite les lecteurs à réfléchir ensemble pour préparer un avenir meilleur pour les générations futures.
Dessinée par Eugène Grasset, la Semeuse soufflant sur une fleur de pissenlit
Les premiers chapitres se concentrent sur des définitions essentielles pour comprendre le propos. Édith Jacquemot insiste sur l’importance des mots et des définitions précises, en se référant aux dictionnaires Larousse, une maison pionnière dans l’édition de dictionnaires et d’ouvrages de référence, et Le Robert, une maison fondée en 1951 par Paul Robert sous le nom de Société du nouveau Littré (SNL). Notons que Paul Robert s’inspire de l’œuvre de d’Émile Littré, qui fut initié en franc-maçonnerie le 8 juillet 1875 dans la loge « La Clémente Amitié », le même jour que Jules Ferry.
Édith Jacquemot met en évidence des divergences dans les définitions de termes clés comme pays, nation, peuple et citoyen, soulignant ainsi la complexité et l’importance de ces concepts.
Image générée par Intelligence Artificielle (IA)
Le constat sur l’état actuel de la France est sans équivoque : la société française est en souffrance. L’auteure dresse un tableau sombre des défis physiques (climatiques), économiques (faillites d’entreprises, crises agricoles), sociaux (chômage, précarité) et politiques (crise de gouvernance). Elle évoque également la montée des violences et le désespoir ressenti par de nombreux citoyens.
Les causes de cette situation sont explorées en profondeur. Édith Jacquemot analyse les transformations sociétales du siècle dernier, de l’industrialisation et de l’exode rural à l’indépendance des femmes, et leurs répercussions sur la structure familiale et les liens intergénérationnels. Elle critique la consommation de substances illicites, l’isolement causé par les avancées technologiques, et la montée de l’individualisme au détriment des valeurs collectives.
Édith Jacquemot appelle à un retour aux valeurs républicaines et morales, telles que définies dans la Constitution française et les textes fondateurs comme la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Elle insiste sur la nécessité de connaître et de respecter les lois, et sur l’importance des valeurs morales pour vivre en harmonie avec ses concitoyens.
Enfin, l’auteure critique l’organisation des collectivités territoriales en France, proposant des réformes pour simplifier et améliorer l’efficacité administrative. Elle suggère, par exemple, de réduire le nombre de communes et de rationaliser les strates administratives pour mieux répondre aux besoins des citoyens.
Édith Jacquemot, la bio
Édith Édith Jacquemot est une essayiste française engagée, connue pour ses réflexions profondes sur la société et la citoyenneté. Ayant consacré une grande partie de sa carrière à l’étude des dynamiques sociales et politiques, Édith Édith Jacquemot combine dans ses écrits une rigueur académique avec une passion pour l’engagement civique. Ses travaux explorent souvent les tensions entre les valeurs traditionnelles et les évolutions contemporaines, cherchant à offrir des solutions constructives pour l’avenir de la société française.
BoD – Books on Demand, l’éditeur
BoD – Books on Demand est une maison d’édition spécialisée dans l’édition à la demande. Située en Allemagne, elle permet aux auteurs de publier leurs ouvrages de manière indépendante, offrant des services de publication, d’impression et de distribution. BoD se distingue par sa flexibilité et son approche centrée sur les besoins des auteurs, facilitant ainsi l’accès à la publication pour un large éventail de créateurs de contenu. Elle joue un rôle crucial dans la démocratisation de l’édition, permettant à des voix diversifiées de se faire entendre sur le marché littéraire.
En Franc-maçonnerie il existe plusieurs types d’étoiles. Si les plus connues s’inscrivent dans un cercle, elles se différencient par le nombre de leurs branches et leur forme. Ainsi le même objet céleste désigné par le mot « é-toile » devient porteur de sens symboliques différents. Ici je vais évoquer L’Étoile Flamboyante, symbole numineux dans le dais céleste du deuxième Degré de la Franc-maçonnerie.
Lors de mes voyages j’ai pu remarquer qu’au Rite Écossais Rectifié on retrouve l’Étoile Flamboyante sur le Tapis de Loge du 1er Degré. Sachant que je n’ai pas observé de Delta lumineux dans ce rite, je pense voir dans cette absence la présence d’un autre point de vue que celui qui m’est habituel.
Au Rite Opératif de Salomon, on la retrouve blanche immaculée sur le Tapis de Loge du 1er Degré et c’est au 2ème Degré que ses couleurs et la lettre G seront dévoilées.
De retour en Ithaque, au Rite Écossais Ancien et Accepté, l’Étoile Flamboyante n’est visible qu’au 2ème Degré. Lors de la cérémonie nommée « augmentation de salaire » elle est présentée au récipiendaire après les 5 Voyages. D’après le texte du Rituel actuel de la Grande Loge de France elle symbolise l’infini du Logos, le Ternaire, s’exprimant dans le fini de la Matière, le Binaire. Elle est intimement reliée au chiffre 5 par le nombre de ses branches. Cependant, l’angle aigu formé par une branche est de 72° ou 288° ; l’angle obtus formé par la base des branches est de 108° ou 252°. Elle s’inscrit dans un cercle de 360° (voir fig 3). Si l’on ajoute ces nombres (7+2 ; 2+8+8 ; 1+0+8 ; 2+5+2 ; 3+6) on retrouve toujours 9, le « n-œuf » et sa spirale descendante.
Hors de l’habitus de la Loge, pour évoquer un symbole, il convient de préciser d’où on l’observe car selon les différents rites et rituels on ne la retrouve pas toujours au même endroit sur les cartes et dans le territoire. L’universalité n’est pas dans l’énumération du « même » mais dans la rencontre avec « l’autre » à mon sens. Franc-maçon initié à la Grande Loge de France, c’est à partir du Rite Écossais Ancien et Accepté en cours dans cette obédience que je m’exprime ici dans une Géométrie construite à l’aide d’un outil cependant commun aux Loges Bleues opératives et spéculatives : la Corde à Nœuds. En plus de la présente introduction j’évoquerai ce symbole par le ternaire « Macrocosme Microcosme Flamboyance » ce qui, avec la conclusion vérifiera le Quinaire de l’âge du Compagnon.
Dans le Macrocosme : « sic transit gloria mundi »i
Au Rite Écossais Ancien et Accepté donc, la première fois que le récipiendaire rencontre l’Étoile Flamboyante c’est après avoir effectué ses 5 Voyages : les 5 Sens, les 5 Ordres d’architecture, le quadrivium et le trivium des Arts Libéraux, les 5 Grands Initiés dont Jésus, et la Glorification du Travail. Tout comme l’Étoile du berger a guidé les pas des trois rois mages vers le lieu consacré par la naissance du Nouveau Né. Cette Étoile guide l’initié sur l’orbite de son écliptique qui le ramène en son Centre G. De Girations en Générations son Voyage révèle en lui « l’être en G », ce « Je » que l’on pensait en « Autre ».
Aux quatre Éléments alchimiques contenus dans les quatre branches formant les jambes et les bras de l’Étoile Flamboyante vient s’ajouter un cinquième nommé Éther contenue dans la branche dans laquelle prend place la tête de l’homme. Corporellement complet il est ainsi symbolisé par l’Étoile à 5 branches.
Ces 5 Éléments rassemblés au cœur de l’Athanor secret, le pentacle microcosmique contenu au Centre de l’Étoile première est formé. Il est ceint par les limites reliant les extrémités de ses branches. Le tout formant un pentagone contenant un pentagramme. Ces limites enracinent ainsi l’Étoile Flamboyante macrocosmique dans une dimension fractale qui dépasse, par sa manifestation, sa simple dimension formelle
A la pointe de ses branches s’exprime le Thanatos de la dissipation incontrôlée des Passions éphémères et parfois assassines, tandis qu’au Cœur de l’Étoile se trouve l’exaltation de l’Éros générateur de ces mêmes Passions. C’est dans le maelstrom créé par la friction de ces courants ambivalents que naît la Pulsion de Vie Originelle, la Flamboyance de l’exaltation de la Vie Humaine, dualité « deux venues » oxymore : la pulsation (fig 5)
Peut-être est-ce de cet Athanor que nous vient le symbole du Grand Initié « ignitié » : Jésustranscendé en Christ. En effet, dans la statuaire de la tradition chrétienne c’est son Cœur consacré par le Feu intérieur qu’il désigne en lui, c’est à dire en nous. Il nous montre la Voi(e)(x) du Cœur, celle de l’Amour inconditionnel. En nous invitant à passer du Macrocosme (le Corps) au Microcosme (l’Âme) il nous révèle le Chemin de la Lumière (l’Esprit). Ce Chemin mène de la dissipation à la concentration ; de l’expansion vers la compression ; de la diastole à la systole dans une alternance qui trouvera sa finitude apparente dans le changement de tessiture de sa prochaine transmutation… « Ordo ab Chao »
Peut-être est-ce ainsi que nous devrions appréhender l’Étoile Flamboyante : par le flux « sans gain » apparent qu’elle nous propose.
« Si tu te préoccupes uniquement de ce qui est visible et matériel tu passeras à côté des véritables richesses de l’âme. La superficialité des biens extérieurs ne doit pas détourner de la quête intérieure de la sagesse et de la vertu. »
L’Étoile Flamboyante que l’on trace, ici avec la Corde à Nœuds est circonscrite dans un pentagramme « pointe en haut » lui-même contenu dans un cercle macrocosmique. Les bases de ses 5 branches centrifuges prennent racine sur le cercle microcosmique contenu dans le noyau de l’Étoile Flamboyante. Les 5 enracinements centrifuges forment un pentagramme « pointe en bas » contenant l’Étoile Flamboyante microcosmique à la Giration centripète.
Cette Étoile Flamboyante est inversée par rapport à la première. Si l’Étoile « pointe en haut » symbolise traditionnellement l’humain, celle « pointe en bas » symbolise généralement « Baphomet ». Par la réunification des Dualités vécues en opposition chacun trouve sa place, sa Géométrie ; ainsi, rajouter une branche à l’Étoile serait une solution d’équilibre possible par delà le Bien et le Mal, l’Ordre et le Chaos, le masculin et le féminin par exemples.
L’Étoile à 5 branches ainsi dessinée étant tracée dans un cercle, la prédominance d’un côté de la Dualité dépend du sens dans lequel nous la contemplons. Peut-être que cette Géométrie symbolique fractale nous invite à vérifier par elle nos choix dans la façon dont nous vivons notre vie et distillons sa quintessence : notre Connaissance.
En attendant, « ce qui est en haut [étant] comme ce qui est en bas » c’est par la Table d’Émeraude que la dualité Macrocosme/Microcosme se relie au Ternaire pour former le Quinaire transcendant le primate, faisant face au monolithe noir, en « homo sapiens sapiens ». Cette préhension du monde, cet état « d’Être humain », se trouve relié par cet « ombilic serpent vert » qu’il parcourt, au centre de la Loge. Il marche sur ce Fil reliant l’Étoile exogène au Plomb endogène.
Devenir Compagnon c’est sortir de « Taire » en retrouvant son horizontalité grâce au Niveau ; la verticalité de la marche ayant été réapprise par l’exploration de la Gravité du Zénith au Nadir… Cette Gravité maîtrisée, peut-être que retrouver le Centre de l’Architecture « Unie vers celle » est devenu une destination envisageable.
Si le ou la funambule marche sur le fil reliant ces deux Étoiles, l’Initié ignitié est le Fil d’Ariane « incandescent/Un quand décent/Un quand descend » reliant le Ternaire, formé par les deux Étoiles et le Feu consacré du Chemin, au Binaire du balancier du funambule portant ses Dualités en « bas lanciers » à bouts de bras. Cet Initié est toujours en « deux venir ». J’écris « deux venir » car c’est de l’alchimique transmutation du Savoir et de l’Expérience que naît la Lumière qui guide l’Initié ignitié hors des Ténèbres de l’Ignorance en « Paix naître en » son Cœur de la Flamboyance de sa « Con naissance. »
C’est par le Feu éclairant de son Ignition que l’initié sortira de « l’amertume/l’amer t’hume/l’amer tue-me » de « l’Ignorance/l’ignore rance » en se désaltérant de cette part des anges recueillie dans le Graal de la Connaissance, distillations après distillations.
« Nul ne peut atteindre l’aube sans passer par le Chemin de la nuit »
Par delà la nuit du Temps la Flamboyance : « Memento mori »iii
Dans l’Égypte ancienne et selon la Bible en Job 36-39, l’Ibis et l’Étoile Flamboyante annonçaient les crues du Nil comme le Coq annonçait le jour à la fin de la nuit.Il se peut que contrairement à la lumière aveuglante du soleil trop longtemps fixée à l’œil nu, la Flamboyance de l’Étoile, comme les crues du Nil, fertilisent la « terre/Taire » en guidant l’Initié vers l’aube, ultime étape sur le chemin de sa Nuit dont le Coq sonne le glas.
Ce Flamboiement c’est la partie visible de la révélation du Kaïros, cette dimension où le temps est dissout « dans/par » le Moment. Dans l’instant décisif de l’Instant « l’Un se tend ». Il me semble que ce Flamboiement est provoqué par la friction de ses deux roues du Temps : le Chronos centrifuge du funambule, cette temporalité qui toujours lui échappe ; et le Kaïros centripète de l’Initié ignitié. Ces deux roues gigognes tournant en sens contraires elles illuminent, par leur friction, cet Aiôn qui les contient. L’Aiôn c’est la Destinée, la Génération, l’Ère.
De cet Ère à l’Éther il n’y a peut-être qu’une ultime calcination de plus dans le Flamboiement de la Connaissance, de la Vie, au gré du Flux « sans gain » entre un cœur « gauche », immanent, et un cœur « a droit » transcendant. La Flamboyance serait alors la purification par le Feu secret initiatique de la « Co nnaissance » auquel le « Mal a-droit ».
Il résulte un rayonnement de cette purification. Peut-être est-ce ce cinquième élément qui s’exprime ici. A cet âge je dirai avec conviction que ce rayonnement c’est la Gloire qui entoure l’Initié ignitié, cet Initié Enluminé. C’est par son Travail Herculéen que le Compagnon transmute cette Gloire en Levier de sa propre transmutation tandis que le Flamboiement de l’Étoile le guide dans sa course vers « l’Or riant », son Grand-Œuvre. Il ne faut pas oublier que du lieu où le récipiendaire est l’Étoile est présentée à l’Orient, devant le Vénérable Maître. Il y a donc bien là une « Orient ation » à suivre. C’est par le Travail que la Gloire opère et que « l’Étole Flamboyante » constellée d’étoiles se tisse.
L’Étoile Flamboyante : clef de sol de la musique des Sphères ancrée dans la Taire
En conclusion je dirais que l’Étoile Flamboyante est la clef de sol de la musique des Sphèresterrestres et célestes. Elle s’ancre dans la Taire afin de nous laisser nous élever en sécurité dans la Voûte Étoilée.
Elle a ses multiples comme dans les dimensions quantiques. Ainsi, travailler sur l’Étoile du Macrocosme, c’est œuvrer sur celle du Microcosme et inversement. Ces Étoiles quantiques aux dimensions et états épars ne forment qu’un unique symbole indivisible et multiple : l’Étoile Flamboyante.
Dans le labyrinthe des univers imbriqués, elles sont toutes reliées entre elles par un Fil d’Ariane sur lequel chemine, dans sa marche « chant scellante », l’Initié. C’est dans le cheminement et le mouvement qu’il trouve son équilibre et c’est le doute infécond qui lui fait perdre son inertie et le transforme en statue de « sel/scelle ». Méduse l’avait compris, celui qui doute sans questionner sa Connaissance, le vol des oiseaux dans les auspices, en restant sourd à son intuition, sans utiliser en premier lieu tous les Arts Libéraux mis à sa disposition, celui qui se sclérose dans sa pensée ou dans le doute donc, est celui qui s’ancre dans un « pas sait » qui n’est plus ou un « à venir » qui n’a pas encore éclos.
La démarche initiatique c’est lâcher prise en suivant le courant du Kaïros sans jamais le retenir car comme l’eau, il file entre nos doigts. Entre passé et avenir l’Étoile Flamboyante est une clef, l’Éternel Présent est la porte qu’elle ouvre et nous sommes notre seule serrure.
L’Étoile Flamboyante du Macrocosme brûle du Feu sacré des potentialités infinies. De ce Feu sacré naît le Fil d’Ariane sur lequel s’initie, à chaque pas, le funambule.
Derrière lui se trouve l’Étoile Flamboyante du Microcosme dont le Feu sacré calcine le fil du « pas sait ». Ce « pas qui sait » est à la fois le pas qui a révélé la Connaissance mais aussi ce qui reste à appréhender du Chemin : l’inconnu et son cortège d’illusions imaginaires éphémères.
Il reste une troisième Étoile Flamboyante à trouver, car en Franc-maçonnerie il faut un troisième pour exalter la quintessence de « l’homme matière », cet « homme binaire ».
Ce troisième, cette Étoile Flamboyante « Un connue » c’est l’initié lui-même. Il flamboie quand il vit pleinement son humanité duelle incarnée, lorsqu’il avance un pas après l’autre. Quand il joue ainsi de la lyre à Cerbère, seul sur son chemin de crête, il contient alors en lui toutes les étoiles fraternelles de « l’Uni vers ».
C’est lorsqu’il succombe au piège de l’immobilisme, quand il confond équilibre et immobilité mortifère, quand la peur du « pas de plus » lui fait perdre la Joie de l’Instant que son propre feu le consume. Alors il ne peut plus que « des cendres » encore une fois dans la « Taire » au cœur de sa déchéance initiale et traverser à nouveau « les preuves de la Terre » se convaincant et se félicitant de l’inéluctabilité, pourtant illusoire, de sa Chute, de sa Malédiction réalisée par la « mal diction » d’un simple mot de passe pour franchir ce gué qui sépare et réunit tout autant. C’est ainsi que « l’Un Possible » est transmuté en Impossible Étoile et c’est par le Chemin du Cœur Sacré qu’il retrouvera la Voi(e)(x) consacrée de l’Art Royal véritable.
La Joie est le Chemin du lâcher-prise sur ses certitudes et ses espérances qui seront toujours les « espère rances » du « pas d’avant ». L’Étoile Flamboyante est un des symboles de l’Espérance de l’Envol dans la Chute, le symbole de l’Éternelle Présence à l’Aube du Monde, un symbole d’Amour inconditionnel mais à hauteur d’homme !
L’Étoile Flamboyante est un symbole multiple et unique car, pour synthétiser ce qui précède, elle relie entre eux le monde intelligible inaccessible avec le monde sensible de l’être humain. Elle représente ainsi une porte ouvrant sur le monde imaginal, cet « antre-monde » rempli d’autres étoiles.
Je pense que L’Étoile Flamboyante n’est qu’une étape dans l’ascension de la spirale car ses angles renvoient au chiffre 9. La forme du chiffre 9 m’évoque une descente à partir de l’œuf primordial. Pour commencer l’ascension vers l’affranchissement il faudrait transmuter en le retournant le 9 en 6 avec sa spirale ascendante, je pense ici à un kaïros particulier marquant la fin du Degré au Rite Opératif de Salomon.
Pour exprimer le 6 je pense aux 6 branches du Sceau de Salomon dont les deux triangles qui la composent s’équilibrent en hexagone dont les angles intérieurs de 120° ramènent au 3 et les angles extérieurs de 240 ramènent au 6.
C’est aussi par la transmutation du 5 en 7 par le 6, en transmutant sa Dualité en Ternaire, que l’humain peut atteindre les rives de la sagesse salomonienne. Il devient alors sa propre Loge. Il peut alors s’affranchir de sa Loge mère et de ses Frères : ses pairs.
Doit-il aller jusqu’au meurtre du Pair pour gagner sa liberté ? L’homme est-il le gardien de son pair ? Sa liberté individuelle vaut-elle le prix de la Fraternité qui l’a vu le reconnaître ? Peut-être que d’autres étoiles de la voûte céleste pourraient nous aider à retrouver nos réponses lorsque nous sommes perdus au cœur du dais étoilé.
Communiqué rectificatif officiel du Cercle Giordano BRUNO du 31 Juillet 2024.
Le cercle GB tient à préciser que, bien qu’il entretienne de très bonnes relations avec la GL-AMF, il n’est en aucune manière rattaché à cette dernière. Un raccourci malencontreux de plusieurs articles de presse a abouti à une information erronée et incomplète. Le cercle GB est régi par une association loi 1901 qui a pour objet la gestion de locaux associatifs, destiné principalement à des loges maçonniques. Composé exclusivement de membres FM de tous horizons, l’association est dissociée de toute Obédience. Sa philosophie est de rassembler, au sein des locaux qu’elle gère, nombre de loges de différentes Obédiences et/ou Ordres Maçonniques. Actuellement, elle reçoit mensuellement 19 loges représentatives de 13 Obédiences et Ordres différents dont la GL-AMF.
À Cenon*, objectif zéro déchet pour le nouveau restaurant, la Maison Blackwood
C’est un endroit étonnant, niché au fond d’une petite cour… cours de Verdun. Encore plus niché en ce moment avec les lourds travaux que connaît la rue. En 2006, l’architecte Christian François rachète la parcelle contenant une maison, un commerce et un garage. Il y déploie neuf appartements et son bureau.
L’homme est franc-maçon et quand, en 2012, la Grande loge nationale de France [NDLR : Comprendre la Grande Loge Nationale Française (GLNF)] implose, la Grande loge de l’alliance maçonnique française (GLAMF), née de la scission, cherche des locaux, il crée l’association Giordano-Bruno. La friche automobile est progressivement réhabilitée (« sept ans entre copains et avec de la récup ») pour donner naissance à un temple écossais et à un restaurant.
Ce dernier, sous bail commercial de l’association, est mis à disposition de la Grande Poste (Bordeaux centre) qui y développait depuis janvier 2020 l’enseigne Goûtez et partagez, ouverte le midi au grand public, réservée le soir au centre maçonnique doté en 2017 d’un deuxième temple, français celui-là.
« Dix-neuf loges utilisent aujourd’hui les lieux qui comprennent aussi une bibliothèque et des bureaux, complète Christian François. L’influence maçonnique est aussi dans la salle de restaurant, les béotiens du midi admirant bas et hauts-reliefs en métal et résine de Yoann Pérard, les initiés du soir y retrouvant parcours initiatique et outils de symbolisme.
En mars, la Grande Poste a arrêté l’exploitation du restaurant. « On s’est dit qu’on pourrait peut-être gérer directement », raconte l’hyperactif qui, non content d’être architecte, a eu aussi trois restaurants dans la métropole. Il rallie à sa cause deux amis, Cécile Jourde-Laclavetine et Jacques Pinet ; décroche le permis d’exploiter et la formation HACCP (système d’analyse des risques et de maîtrise des points critiques), et le trio fonde une Société par actions simplifiées (SAS), reprend trois des quatre membres du personnel (la quatrième s’est reconvertie) avec un projet en phase avec les enjeux environnementaux : un restaurant le plus neutre possible, sans obérer la qualité, avec un objectif final de zéro déchet.
« À chaque étape, sur chaque produit, nous réfléchissons à la solution la plus vertueuse », explique l’architecte. Et de décliner les exemples autour de la formule buffet à 23,90€ proposée depuis le 3juin et toujours le midi à la Maison Blackwood et ses 82 couverts : l’huile de friture récupérée (à vélo) et recyclée par l’entreprise Ecovadim, le verre des bières Mascaret lavée et réutilisée, le compost géré sur place (avec les locataires des neuf appartements) par la société Vert de terre à Bordeaux-Bastide (à vélo toujours) et le circuit court en maître-mot des produits proposés.
On retrouve entre autres les sirops Meneau de Saint-Loubès, les viandes régionales de Beauvallet, les légumes de L’Eau à la bouche – exploitation en aquaponie située au Pout –, du caviar et des filets d’esturgeons arrivant de Biganos. « Saint-Géron en Auvergne pour l’eau minérale », note Christian François. « Mais le propriétaire de la société habite dans l’Entre-deux-Mers et nous livre. » Côté vins, la maison Dubard de Dordogne assure variété et découverte.
Et au fait, pourquoi Blackwood ? « C’est le nom d’une forêt en Écosse, menacée par les promoteurs et dont le propriétaire a lancé une vente dissuasive via de minuscules parcelles par des acheteurs du monde entier désireux de préserver cette zone naturelle », explique Cécile Joudre-Laclavetine. « Nous y avons participé tous les trois, et vous pouvez m’appeler Lady Blackwood. » Pas la moins savoureuse anecdote pour cet endroit aux multiples histoires.
*Cenon, commune du Sud-Ouest de la France située dans le département de la Gironde, en région Nouvelle-Aquitaine faisant partie de Bordeaux Métropole.
Notre exploration de la modernité des Vertus nous a conduits à revisiter les vertus cardinales classiques et à questionner l’actualité des vertus théologales. La Franc-maçonnerie, enracinée dans une tradition judéo-chrétienne, particulièrement protestante, a hérité de ces vertus et les a conservées symboliquement. Inspirée par la philosophie des Lumières, elle a réformé notre vision de l’Homme vis-à-vis de Dieu et de la société, en prônant l’universalisme de la raison, l’égalité des droits et l’Humanisme.
Qu’en est-il aujourd’hui, dans nos conditions psycho-sociales contemporaines ? Que pouvons-nous espérer dans le cadre de nos valeurs éthiques et sociétales ? Quelle foi pour l’Homme d’aujourd’hui ?
Le docteur Jean Furtos
Le docteur Jean Furtos, l’intervenant d’un soir !
Le Dr. Jean Furtos est psychiatre honoraire des Hôpitaux et ancien chef de service de Psychiatrie au Centre Hospitalier de Lyon-Bron. Il est reconnu pour son expertise et ses contributions significatives dans le domaine de la psychiatrie, notamment en tant que fondateur de l’Observatoire National de Santé mentale et Précarité et de la revue “Rhizome“, Bulletin National Santé mentale et Précarité.
Ses travaux de recherche se concentrent principalement sur le lien entre précarité, isolement social et troubles psychiques, offrant une perspective approfondie sur les impacts psychologiques de la marginalisation et de l’exclusion sociale.
Clinique du Château de la Chavannerie
Actuellement, le DrFurtos exerce en tant que psychiatre à la Clinique du Château de la Chavannerie, au cœur du village de Chaponost, sur une des collines de Lyon à 9 Km du centre-ville. Un établissement de psychiatrie générale accueillant des patients adultes, dans le cadre d’une hospitalisation libre, pour assurer le suivi psychiatrique et le traitement psychothérapeutique des maladies psychiques telles que des épisodes dépressifs et dépressions sévères, la schizophrénie et/ou dépendance à l’alcool.
En parallèle, il est membre permanent de l’Association Mondiale de Psychiatrie Sociale (WASP), où il continue à influencer le domaine de la psychiatrie sociale.
Depuis 2016, il codirige avec François Laplantine, Professeur d’anthropologie à Lyon 2, un séminaire universitaire de recherche sur la pensée métisse dans la mondialisation, contribuant à l’exploration des interactions culturelles et de leurs effets sur la santé mentale.
Ses publications principales sont La santé mentale en actes (Éd. Erès, 2005), coécrit avec Christian Laval, Les cliniques de la précarité (Éd. Masson, 2008), De la précarité à l’auto-exclusion (Éd. Rue d’ULM, 2009) et Pandémie et Biopouvoir, la nouvelle précarité contemporaine (Éd. Rue d’ULM, 2021).
Les contributions du Dr Jean Furtos à la psychiatrie et à la compréhension des dynamiques socio-psychologiques sont vastes et profondément influentes, faisant de lui une figure incontournable dans le domaine de la santé mentale et de la précarité.
Les modérateurs :
– Corinne Gurtner : Docteur en Médecine, ancienne cheffe de service du Département d’Anesthésie et Réanimation du CH du Valais, Grande Loge Féminine de Suisse
– Bertrand Zuindeau : Docteur en Économie (Environnement), ancien Maître de conférences à Lille1, Conseiller technique au sein de la Région Hauts de France, Grande Loge de France
Les organisateurs :
– Alain-Noël Dubart, Ancien Grand Maître, Grande Loge de France
– Marie-Thérèse Besson, Ancienne Grande Maîtresse, Grande Loge Féminine de France
Le Collège Maçonnique nous annonce que le jeudi 8 août à 19h30 accueillera Michèle Vianès, Présidente de l’association Regards de Femmes sur « Combattre pour les droits des Femmes : La Persévérance en action »
Infos pratiques
Entretiens d’Été du Collège Maçonnique sur le thème 2024 « Quelle modernité pour les Vertus ? » – Jeudi 1 Août 2024 à 19h30/Inscription obligatoire sur le site. Toutes les conférences sont gratuites, ouvertes à tous, enregistrées et disponibles sur le site du Collège Maçonnique.
En ce milieu de l’été, nous clôturons notre série de lectures estivales avec une œuvre captivante qui nous plonge au cœur de la Venise du XVIIIe siècle. Casanova de Edouardo Rescigno, publié par les Éditions Skira dans la collection SkiraMiniARTbooks, est bien plus qu’une simple biographie. Cet ouvrage se présente comme un guide artistique de poche, idéal pour les passionnés d’histoire et d’art.
Giacomo Casanova, l’un des Vénitiens les plus célèbres de son époque, est ici dépeint non seulement comme le libertin notoire, mais aussi comme un aventurier, écrivain et agent secret. Ce livre nous offre une vision complète de cet homme complexe, dont la vie fut aussi riche que mouvementée. À travers des illustrations soigneusement choisies, Edouardo Rescigno nous transporte dans l’univers de Casanova, dévoilant les multiples facettes de sa personnalité et de ses exploits. L’ouvrage se distingue par sa biographie illustrée, où chaque page est enrichie de visuels en couleur – dont une d’un magnifique tablier maçonnique de la fin du XVIIIe siècle. Cela permet au lecteur d’apprécier pleinement le contexte historique et culturel dans lequel évoluait Casanova. Cette dimension visuelle est particulièrement appréciable dans une série comme SkiraMiniARTbooks, conçue pour offrir des contenus à la fois scientifiquement corrects et esthétiquement plaisants.
Les dernières sections du livre, comprenant des fiches techniques des œuvres et une table chronologique, ajoutent une dimension pédagogique à l’ouvrage. Elles permettent de situer les événements marquants de la vie de Casanova dans un contexte plus large, enrichissant ainsi notre compréhension de l’époque. L’auteur ne se contente pas de retracer la vie de Casanova, mais explore également son impact sur la littérature, le cinéma et la musique. Cette approche multidisciplinaire montre à quel point Casanova a marqué les esprits, bien au-delà de son temps.
Sceau de Salomon
Nous avons particulièrement apprécié. La séance de guérison qu’il proposa au grand chambellan, le comte de la tour d’Auvergne, l’auteur nous précise qu’« armé d’un pinceau trempé dans une mystérieuse substance, il traça une croix de Salomon sur la cuisse du malade en prononçant des phrases tout aussi mystérieuses… »
Transmutations mystiques sur l’autel de l’adepte hermétique
On nous entretient aussi, trop peu du reste, d’alchimie et de sciences magiques, ainsi que d’une autres séance de guérison où l’on plonge, à Marseille, la patiente à demi-nue une dans une baignoire…
Pour ceux qui souhaitent approfondir leur connaissance de Casanova et de son époque, l’ouvrage propose une section de conseils bibliographiques. Cette sélection d’ouvrages permet de prolonger la découverte et d’explorer d’autres aspects de la vie et de l’œuvre de Casanova. Edouardo Rescigno, spécialiste reconnu de l’histoire vénitienne, nous livre ici une œuvre à la fois concise et richement documentée. Son approche rigoureuse et son style fluide rendent la lecture agréable et instructive. Rescigno a su capturer l’essence de Casanova, offrant au lecteur une immersion totale dans la Venise du XVIIIe siècle.
Revenons sur le parcours de Giacomo Casanova
Giacomo Casanova, ce célèbre aventurier et séducteur vénitien, qui n’est pas seulement connu pour ses exploits amoureux et ses escapades rocambolesques, l’est également pour son engagement dans la franc-maçonnerie.
Né en 1725 à Venise, Casanova a mené une vie riche en rebondissements. Après une jeunesse tumultueuse marquée par des études de droit et une carrière ecclésiastique avortée, il commence à voyager à travers l’Europe, se mêlant aux cercles les plus influents de son temps. C’est en 1750, à Lyon, qu’il est initié à la franc-maçonnerie, une étape qui marquera le début d’une nouvelle dimension dans son existence.
La franc-maçonnerie, avec ses idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité, trouve en Casanova un adepte enthousiaste. Il fréquente les loges maçonniques de nombreuses villes européennes, y compris Paris, où il noue des relations avec des personnages influents et puissants. Pour Casanova, la franc-maçonnerie n’est pas seulement une fraternité mais aussi une porte d’accès aux cercles de pouvoir et un réseau qui facilite ses aventures.
Ses écrits, notamment ses célèbres mémoires Histoire de ma vie, témoignent de l’importance de la franc-maçonnerie dans son parcours. Il y décrit ses interactions avec d’autres maçons, ses participations aux rites et cérémonies, et les bénéfices qu’il tire de cette appartenance. La franc-maçonnerie lui offre un cadre de valeurs et un réseau de soutien qui l’accompagnent tout au long de ses pérégrinations.
Casanova est également connu pour avoir été un défenseur des idées des Lumières, une période où la franc-maçonnerie joue un rôle crucial dans la diffusion des idées progressistes. Son engagement dans la franc-maçonnerie reflète son esprit curieux et son désir de comprendre et de participer aux grandes transformations de son époque.
Malgré ses exploits souvent controversés, Casanova reste fidèle aux principes maçonniques de liberté et de recherche de la vérité. Son appartenance à la franc-maçonnerie ajoute une dimension supplémentaire à sa personnalité complexe, celle d’un homme en quête de connaissance et de perfectionnement personnel.
Giacomo Casanova, au-delà de son image de séducteur légendaire, demeure une figure fascinante, à la fois pour ses aventures romanesques et pour son engagement dans les courants intellectuels et spirituels de son temps.
La toile « Jeune fille dans son lit, faisant danser son
chien »
La toile « Jeune fille dans son lit, faisant danser son chien » du peintre Jean-Honoré Fragonard (1732-1806) – peintre d’histoire, de genre et de paysages, il se spécialise assez rapidement dans le genre libertin et les scènes galantes – choisie pour la couverture de l’ouvrage consacré à Casanova tisse un lien subtil mais profond avec la figure emblématique du libertin vénitien. Casanova, célèbre pour ses innombrables aventures amoureuses et sa vie de séducteur, incarne une quête incessante de plaisir et de conquêtes, souvent décrite avec une grande délicatesse et un sens aigu du détail dans ses mémoires. De même, la peinture de Fragonard capture une scène intime et légère, où la jeune fille joue avec son chien dans un cadre privé. Cette scène renvoie à l’univers sensuel et hédoniste que Casanova a traversé et décrit dans ses écrits.
Jeune fille et son chien, Jean-Honoré Fragonard,HUW 35, Alte Pinakothek Munich
L’intimité et la sensualité présentes dans la peinture de Fragonard rappellent les nombreuses scènes décrites par Casanova, où l’intimité et les plaisirs secrets sont au cœur de ses récits. Le lit, symbole de la sphère privée, évoque les multiples aventures de Casanova qui se déroulent dans des chambres à coucher, des lieux de confidences et de plaisirs. La jeune fille de la toile, avec son attitude ludique et innocente, incarne une jeunesse qui pourrait séduire et être séduite. Casanova, lui-même, était souvent attiré par la jeunesse et la beauté, et ses aventures impliquaient fréquemment des jeunes femmes dont l’innocence apparente cachait une sensualité plus profonde. La scène de Fragonard capture ce moment de transition entre l’innocence et l’éveil des désirs, un thème récurrent dans la vie de Casanova.
Jean-Honoré Fragonard, autoportrait
Le ton léger et espiègle de la toile reflète l’esprit du libertinage du XVIIIe siècle, dont Casanova est l’un des symboles les plus emblématiques. La scène n’est pas simplement une représentation de la vie quotidienne, mais une allégorie de la liberté des mœurs et du plaisir sans contrainte, des idées chères à Casanova. Le style rococo de Fragonard, avec ses lignes courbes, ses couleurs douces et ses thèmes légers, est emblématique de l’époque de Casanova. Ce style artistique, qui met l’accent sur la beauté, la frivolité et le plaisir, est parfaitement en phase avec l’univers de Casanova, où l’esthétique et le raffinement jouent un rôle central.
Ainsi, la toile de Fragonard et la vie de Casanova sont liées par leur exploration commune de la sensualité, de l’intimité et du plaisir. Le choix de cette œuvre pour la couverture de l’ouvrage sur Casanova est donc hautement symbolique, évoquant non seulement le contexte historique et culturel de l’époque, mais aussi les thèmes centraux de la vie et des récits de Casanova. Elle capture l’essence d’un homme pour qui chaque rencontre était une danse délicate entre l’innocence et le désir, reflétée dans le jeu léger et intime entre la jeune fille et son chien.
Les Éditions Skira Paris, renommées pour leurs livres d’art, monographies d’artistes et catalogues d’expositions, ajoutent ici une perle à leur collection avec la série SkiraMiniARTbooks. Ces ouvrages de poche, entièrement illustrés en couleur, sont parfaits pour les voyageurs et les curieux désirant une lecture enrichissante et accessible.
Avec Casanova de Edouardo Rescigno, nous terminons notre série de lectures estivales sur une note des plus raffinées et instructives. Nous reprendrons prochainement le cours normal de nos actualités littéraires maçonniques, enrichis de cette plongée fascinante dans l’histoire et l’art vénitiens.
Pour ceux intéressés par cette série, les SkiraMiniARTbooks offrent une gamme variée de sujets, allant des artistes individuels aux mouvements artistiques, en passant par l’architecture et les arts décoratifs. Chaque volume, compact et économique, promet une lecture agréable et informative, parfaite pour les passionnés d’art et de culture.
Portrait de Casanova vêtu d’une culotte et d’une redingote de velours outremer, d’un gilet de brocart doré et d’un jabot de dentelle et tenant un livre ouvert – (Anton Raphaël Mengs, c. 1760)
erasmo, la revue mensuelle du Grand Orient d’Italie (GOI), s’affirme comme une pierre angulaire de la communication et de la culture maçonnique en Italie. Sous la direction de Stefano Bisi et avec la précieuse collaboration de Velia Iacovino, cette publication offre chaque mois un reflet fidèle de l’actualité, de l’histoire et des perspectives de la franc-maçonnerie italienne. Publiée par l’Association Grande Oriente d’Italia à Rome, et imprimée par Consorzio Grafico srl à Castel Madama, erasmo se distingue par la richesse et la diversité de son contenu.
Chaque édition débute par une allocution ou un éditorial signé par le grand maître ou d’autres dignitaires, apportant des réflexions éclairées sur les événements contemporains, les orientations de la franc-maçonnerie ou des rappels historiques marquants. Ce préambule sert de guide moral et intellectuel, orientant les lecteurs à travers les thèmes du numéro.
La revue plonge ensuite ses lecteurs dans des articles historiques détaillés, mettant en lumière des figures emblématiques de la franc-maçonnerie. Par exemple, le numéro dédié à Ernesto Nathan explore avec profondeur sa vie, son œuvre et ses contributions majeures en tant que maire de Rome et grand maître du GOI. Nathan, avec sa vision progressiste et ses actions déterminantes, incarne les idéaux maçonniques de liberté, d’égalité et de fraternité. Son héritage est minutieusement retracé, illustrant comment ses initiatives ont façonné la Rome moderne tout en soulignant les valeurs de la franc-maçonnerie.
Blason du GOI
erasmo se fait également l’écho des nouvelles de la grande loge, relatant avec précision les événements récents, les assemblées importantes, les commémorations et les visites officielles du Grand Maître, tant en Italie qu’à l’étranger. Chaque événement est décrit avec une attention particulière aux détails, offrant aux lecteurs une compréhension claire des activités et des initiatives en cours.
Stefano Bisi, directeur de publication
La revue offre également une rubrique intitulée « Rencontre avec l’auteur », où sont présentées des œuvres littéraires et leurs auteurs, souvent en lien avec la franc-maçonnerie. Cette section permet aux lecteurs de découvrir des publications pertinentes, enrichissant ainsi leur culture maçonnique et intellectuelle.
L’une des parties les plus captivantes d’erasmo est sans doute celle qui explore les relations complexes entre la franc-maçonnerie et les régimes politiques historiques, comme le fascisme en Italie. À travers des analyses critiques et des perspectives historiques, cette rubrique éclaire des aspects souvent méconnus ou mal compris de l’histoire maçonnique, offrant une profondeur de réflexion sur les défis et les résiliences de l’ordre maçonnique face aux bouleversements politiques.
La revue ne se limite pas aux sujets nationaux et historiques ; elle s’intéresse également aux initiatives locales et aux activités spécifiques à diverses régions d’Italie. Des articles sur les événements à Livourne, Bagheria, Maida et Trieste illustrent l’engagement régional de la franc-maçonnerie. Les projets locaux, les commémorations et les célébrations sont décrits avec une vivacité qui fait écho à l’esprit communautaire et solidaire de la franc-maçonnerie.
Dans chaque numéro, une section est consacrée aux critiques littéraires, aux nouvelles variées et aux annonces importantes pour la communauté maçonnique. Ces sections regroupent des informations pratiques, des mises à jour sur les activités de la Fondation Grande Oriente d’Italia ONLUS, et des perspectives géopolitiques, offrant ainsi une vue d’ensemble complète et cohérente des sujets d’intérêt pour les frères maçons.
Le numéro de juillet 2024, consacré à Ernesto Nathan, est emblématique de cette diversité et de cette richesse de contenu. La couverture met en avant un hommage à Nathan, avec un buste en bronze offert à la commune de Livourne, soulignant ainsi la continuité de son héritage. Les articles principaux détaillent ses réalisations et son impact, tandis que des événements commémoratifs et des discours du Grand Maître Antonio Seminario ajoutent une dimension vivante et actuelle à son souvenir.
erasmo n’est pas simplement une revue mensuelle ; c’est un lien vivant et vibrant entre les membres du Grand Orient d’Italie, un espace de partage de connaissances, de célébration de l’héritage maçonnique et de renforcement des liens fraternels. À travers ses pages, la franc-maçonnerie italienne se dévoile, se célèbre et se projette vers l’avenir, fidèle à ses idéaux et à son histoire.
D’ailleurs, certaines revues de grandes loges qui ne tirent bien souvent qu’une fois l’an et qu’à la seule gloire de leur « Lider maximo » ferait bien de s’en inspirer…
Ernesto Nathan, politicien et franc-maçon
Ernesto Nathan, figure éminente de la politique italienne et de la franc-maçonnerie, est né à Londres le 5 octobre 1845. Issu d’une famille juive nombreuse, il est le cinquième des douze enfants de Moses Nathan, un agent de change anglais d’origine allemande, et de Sara Levi Nathan, une fervente partisane des idéaux républicains de Giuseppe Mazzini. Son enfance est marquée par l’influence de Mazzini, ami intime de la famille lors de leur séjour à Londres. Cette influence façonne profondément ses convictions politiques et culturelles.
Ernesto Nathan
Après la mort de son père en 1859, Ernesto, alors âgé de 14 ans, quitte Londres pour l’Italie. Il passe son adolescence entre Florence, Milan, la Sardaigne et la Suisse, à Lugano. Ce périple à travers l’Italie et la Suisse, régions alors en plein essor révolutionnaire et culturel, enrichit sa formation intellectuelle et politique. En 1870, à 25 ans, il s’établit à Rome, où il devient administrateur du journal mazziniste La Roma del Popolo. Sa carrière politique débute alors véritablement, marquée par un engagement laïque et anticlérical fort.
En 1888, Nathan obtient la nationalité italienne, un jalon crucial dans sa carrière politique. Dès 1887, il est membre du Grand Orient d’Italie, une organisation maçonnique influente, et il en devient le grand maître en 1899, puis de nouveau en 1917. Son rôle au sein de la franc-maçonnerie est déterminant, il s’emploie à promouvoir les idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité.
Ernesto Nathan rejoint l’extrême gauche historique en 1879, puis le Parti radical historique en 1904. Son engagement politique le conduit à être élu conseiller municipal de Rome en 1898. En 1907, il devient maire de Rome, un poste qu’il occupe jusqu’en 1913. Il est le premier maire de Rome à ne pas être issu de la classe des propriétaires fonciers. Son élection, qui peut sembler surprenante pour l’époque, s’explique par sa réputation d’honnêteté stricte et de sens des affaires, qualités reconnues même par ses opposants.
Monument à Victor-Emmanuel II
Lors de ses mandats, Ernesto Nathan doit gérer une ville en pleine expansion. Rome, devenue capitale du Royaume d’Italie en 1870, voit sa population doubler, passant de 230 000 à plus de 500 000 habitants. Confronté à des défis urbains considérables, il s’attaque à la spéculation immobilière et lance une série de grands travaux publics. Parmi ses réalisations notables figurent le monument à Victor-Emmanuel II, le palais de justice, le Stade national (à l’emplacement de l’actuel stade Flaminio), ainsi que la promenade archéologique sur l’Aventin et le mont Cælius. Ces projets ambitieux suscitent des controverses, certains accusant Nathan de défigurer la ville historique de Rome.
Parallèlement, Nathan œuvre pour l’éducation. Il fait ouvrir 150 écoles maternelles, un chiffre impressionnant à l’époque, surtout dans une ville où l’éducation était traditionnellement sous la coupe de l’Église catholique. Il promeut une éducation laïque, ce qui provoque une vive opposition du Saint-Siège. Ernesto Nathan développe également la formation professionnelle, améliore les infrastructures de transport public et crée une compagnie de distribution de l’énergie.
En 1915, malgré son âge avancé, Nathan s’engage volontairement dans l’armée italienne à 70 ans, servant comme lieutenant d’infanterie. Cet acte de bravoure démontre une fois de plus son dévouement envers l’Italie. En 1917, il est réélu grand maître du Grand Orient d’Italie, une position qu’il occupe jusqu’en 1919. Durant cette période, il guide l’organisation à travers les tumultes de la Première Guerre mondiale.
Ernesto Nathan meurt à Rome le 9 avril 1921. Son décès marque la fin d’une carrière dédiée à la politique, à la franc-maçonnerie et à l’amélioration de la société italienne. Il est enterré au cimetière de Campo Verano, près du Panthéon des grands maîtres et des grands dignitaires du Grand Orient d’Italie. Son héritage perdure à travers ses nombreuses contributions à la ville de Rome et à la franc-maçonnerie italienne, symbolisé par la Casa Nathan, siège du Grand Orient d’Italie à Rome, qui porte son nom en hommage à ses réalisations et à ses idéaux.
L’héritage de Nathan est également célébré par le Grand Orient d’Italie à travers des commémorations et des honneurs posthumes. Le 19 juillet 2024, un buste en bronze de Nathan est offert à la ville de Livourne par le Grand Maître Honoraire Massimo Bianchi, marquant ainsi un hommage durable à son influence et à son rôle historique. La cérémonie de dévoilement du buste souligne les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité incarnées par Nathan tout au long de sa vie.
Malgré la présence d’un gouvernement italien qualifié d’extrême droite, erasmo se présente comme une revue totalement décomplexée, accessible au grand public sans aucune forme de censure ou de secret. Les noms et prénoms des contributeurs et des figures mises en avant sont publiés sans réserve, en toute transparence, démontrant ainsi un engagement envers la liberté d’expression et un bel esprit d’ouverture.
Je suis heureux de porter à votre connaissance que votre candidature a été retenue, compte tenu du reconfinement nous allons donc procéder à votre initiation en distanciel.
Tout d’abord, vous allez vous enfermer dans les WC en ayant soin de prendre avec vous une Bible, un crâne humain (facilement trouvable sur EBay) une salière, du poivre faisant office de soufre et de quoi écrire. Je vous enverrai par e-mail en PJ la photo d’un coq et quelques inscriptions que vous collerez au mur. Vous resterez enfermé et éclairé seulement par votre iPhone 10 (Évitez le mode stroboscopique) . Vous suivrez ensuite mes instructions après avoir rempli votre testament (il est inutile de faire un legs à vos enfants)
… Au sortir des toilettes, retirez votre gourmette et votre Swatch et mettez-les dans la coupe à fruits, ensuite déshabillez-vous à moitié dans la salle à manger, retroussez la jambe droite de votre pantalon et mettez une charentaise à votre pied gauche. Dégrafez votre chemise pour laisser votre torse nu surtout du côté gauche. Mettez le masque Air-France que vous avez piqué en passant dans les business lors de vos dernières vacances en Martinique. Bien sûr, il est possible que votre entourage vous pose des questions embarrassantes, mais restez dans un mutisme absolu. Vous pourriez malencontreusement livrer des secrets dont vous n’avez pas encore pris connaissance (…) Si toute fois le Samu venait précipitamment, nous serions dans l’obligation d’ajourner la cérémonie. Vous allez maintenant suivre nos instructions sur votre téléphone portable et répondre haut et fort aux questions qui vous seront posées.
Dans un article de samedi, notre consœur La Maçonne dénonçait, preuves à l’appui, « la plus grosse supercherie de la décennie ? » concernant la Grande Loge Mixte de Memphis Misraïm (GLMMM) et du couple Moumdjian qui la contrôle d’une main de fer non gantée. Cette Obédience est encore reconnue par une majorité de grandes maisons maçonniques françaises. Cette légitimité a permis au Grand Maître Moumdjian de s’afficher dans la presse aux côtés des Grands Maîtres officiels durant les récentes cérémonies et autres défilés depuis le début de l’année.
Lire aussi la suite de l’article de la Maçonne en bas de cette page
Ces accords en question avaient été signés par les fondateurs dans les années 2000, l’époque où cette petite obédience monorite égyptien avait le vent en poupe.
Mais voilà, depuis quelques années le Grand Maître Moumdjian, élu il y a 6 ans, dont l’autorité est devenue fortement discutable, a fait passer cette maison maçonnique autrefois respectable avec ses 500 membres et son Rite Unique à une structure de moins de 100 membres suite à la fuite de dizaines de Loges… et de tous les fondateurs qui pleurent encore cet exil.
La Rédaction s’est penchée sur ce dossier qui avait déjà fait l’objet d’un article en novembre dernier. La question du cautionnement des grandes Obédiences face à des dérives qui peuvent parfois devenir sectaires se pose effectivement. Il est inutile de rappeler que nos Grandes Loges sont garantes du sérieux, de l’honnêteté et de la crédibilité des Obédiences reconnues par elles. C’est pourquoi la question du lien de confiance devient cruciale lorsqu’il existe des dérives de toute nature.
Comme elle le rappelle, les points de confiance de toute structure maçonnique reposent essentiellement sur les critères suivants :
Séparation des pouvoirs entre le législatif, l’exécutif et la « justice maçonnique », des élections démocratiques,
Séparation entre le caractère associatif de l’obédience et l’initiatique qui ne regarde ni l’exécutif, ni le législatif, mais est uniquement un travail de transmission interne à la loge,
Respect des individus que ce soit dans leur intégrité physique comme morale, membres de l’obédience, …
et enfin… Respect du rituel.
La GLMMM semble ne plus répondre à tous ces critères.
Par conséquent, il devient dangereux pour les Francs-maçons membres : GODF, GLDF, DH , GLFF, GLMU… et tous les autres, d’être mis en relation avec une micro structure bénéficiant d’un crédit de confiance, dont les dirigeants deviennent fortement discutables. C’est précisément le cas en l’espèce !
Notre rédaction a donc contacté les Grands Maîtres des grandes Obédiences « amies », afin de mieux comprendre la situation et surtout d’envisager l’avenir de cette relation trouble. Ils se sont majoritairement prêtés au jeu en répondant rapidement aux questions que nous leur avons posées sur ce sujet délicat.
Le journaliste chargé de ce dossier à pris contact avec les Grands Maîtres du GODF, GLDF, DH, GLFF, GLMU.
Les 2 questions posées étaient :
1°) Avez-vous connaissance de dysfonctionnements au sein de la GLMMM dont le GM est en poste depuis 6 ans ?
2°) Votre Obédience envisage-t-elle prochainement de remettre en question le Traité d’amitié ?
GODF : Guillaume Trichard.
Il est a noter que nous avions proposé un article la semaine dernière sur « les Grands Maîtres les plus communicants de France». Nous avions attribué une mauvaise note à Guillaume Trichard. Nous devons reconnaitre que cette fois, il a été très collaboratif. Malgré un deuil dans sa famille proche, nous aurions compris et accepté qu’il nous fasse patienter quelques jours. Il fut pourtant très présent et nous l’en remercions vivement. La rédaction lui présente ses condoleances.
Sa réponse est la suivante :
« Merci de m’avoir questionné sur cette affaire. Nous ignorions totalement la réalité des faits et nous découvrons les éléments fournis dans l’article de la Maçonne. Nous en prenons acte. Comme vous le savez, le GODF est une vieille institution qui avec ses processus prend le temps de l’analyse. Pour le moment notre priorité c’est le Convent des 22 et 23 août prochain à Lille. Cependant, j’ai demandé à ce que ce dossier soit ressorti. Une chose est certaine, si la GLMMM a modifié les Rituels qui sont l’objet de la Patente que nous leur avons accordée, cela est un motif de suspension de nos accords. Tout cela va être étudié de très près vous pouvez me faire confiance. »
Il est certain que modifier les Rituels sans en référer au GODF n’est probablement qu’un détail pour JJ Moumdjian et son épouse l’artisan de cette modification, mais pour Guillaume Trichard et le Président de la Commission des Rituels, c’est une condition immédiate de suspension.
Un ancien conseiller de l’ordre nous a confié qu’il suffisait de quelques secondes au Grand Maître pour rajouter un thème supplémentaire à l’ordre du jour du dernier Conseil de l’Ordre d’août avant le Convent. Ainsi, nous savons que le Grand Maître a maintenant le pouvoir de faire suspendre le traité d’amitié dans l’attente d’un éclaircissement de cette affaire. Il en devient le comptable. Il lui reste trois semaines avant le Convent. Il y a donc fort à parier que Guillaume Trichard prendra les mesures utiles avant sa descente de charge. Cette affaire devient une épine dans le pied du GODF bien coûteuse pour un rendement très faible.
GLDF : Thierry Zaveroni
Très réactif le Grand Maître Zaveroni nous a aussitôt adressé sa réponse :
Thierry Zaveroni, Grand Maître de la GLDF
« Je confirme que la Grande Loge de France entretient des rapports fraternels avec cette Obédience. De longue date, notre Obédience est conviée à la Cérémonie de clôture de leur Convent et nous les invitons également à la nôtre. Nos rapports s’arrêtent pourtant là, s’agissant d’une Obédience mixte, nous ne pouvons avoir de Traité d’amitié. Pour rappel, à ce jour, la seule Obédience française avec laquelle nous avons signé un Traité d’amitié est la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française. Pour compléter la réponse, une Convention administrative et judiciaire a été signée entre nos deux Obédiences comme avec d’autres. Mais ce n’est en aucune façon un Traité d’amitié. Comme vous le savez probablement, il s’agit d’échange d’informations administratives utiles entre Obédiences. Est-ce suffisant pour dire que nos deux Obédiences sont amies ? Je pense qu’il y a confusion entre Traité et Convention.Pour finir, dans le cadre du caractère limité de nos relations avec cette Obédience, je ne vois pas comment répondre à la question d’un éventuel dysfonctionnement constaté au sein de la GLMMM. »
Nous pouvons donc conclure qu’entre la GLDF et la GLMMM le courant passe encore, mais qu’elle n’a pas connaissance des faits dont la maçonne se fait l’écho. C’est désormais chose faite. Il sera donc utile de rester attentif sur la future prise de position de la GLDF.
Droit Humain : Sylvain Zeghni
Selon son habitude, le Grand Maître du Droit Humain fut très réactif. Nous vous livrons sa réponse :
« Nous connaissons bien entendu les problèmes de gouvernance de la GLMMM et les départs nombreux de l’obédience. Nous verrons comment évolue la situation interne lors du convent d’octobre de cette Obédience. »
Cette réponse démontre clairement une inquiétude et la question semble être d’actualité.Il y a fort à parier qu’en cas d’action des autres Obédiences, le DH suivra le mouvement en écartant la GLMMM afin de rester dans l’esprit de respect des valeurs républicaines si chères au Droit Humain.
GLFF : Liliane Mirville
Liliane Mirville – Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France.
Nous avons contacté la nouvelle Grande Maîtresse afin de recueillir son avis sur la situation. Nous étions assez inquiets, compte tenu de laproximité de JJ Moumdjian et C. Lyautey sur la photo officielle de la GLFF lors du 1er mai dernier(voir ci-dessous). Le silence de la GLFFpouvait laisser penser qu’il valait pour accord.
Or, il n’en est rien. Nous avons pu échanger quelques mots avec Liliane Mirville. Cette dernière a été frappée ces jours derniers par un double décès en 24h. Elle vient de perdre des êtres très chers et très proches. La rédaction lui présente ses plus sincères condoléances. L’heure n’est donc pas à la Franc-maçonnerie pour elle. Elle nous a cependant confirmé qu’elle allait mettre ce dossier sur le dessus de la pile, afin de prendre les décisions qui s’imposent au vu des éléments.
GLMU : Bernard Dekoker-Suarez
Très rapidement, nous avons obtenu réponse du Grand Maître de la GLMU :
« Nous n’avons pas connaissance de dysfonctionnements au sein de cette obédience. Nous avons un traité d’amitié qui date de 2014 et nous ne pensons pas remettre en question ce dernier.En fait nous n’avons pas beaucoup d’échanges avec cette Obédience, parce que nous ne pratiquons pas le rite de Memphis Misraïm.Nous nous rencontrons seulement lors des clôtures des convents d’obédiences amies. »
Conclusion de la rédaction :
Crédit photo : Grande Loge Fémine de France – 1er plan de gauche à droite : JJ Moumdjian GLMMM- Catherine Lyautey GLFF – Bernard Dekoker-Suarez GLMU
Les Grandes Obédiences ne semblaient pas avoir connaissance de l’ampleur de cette affaire et de la récente irrégularité de la GLMMM. Nous savons que l’ex Grand Maître de la GLMF Christiane Vienne s’est très justement opposée à l’entrée de la GLMMM dans un groupe auquel son Obédience participait. Il faut dire que la GLMF, très avisée, a été la seule pour le moment à rompre définitivement son traité d’amitié il y a 6 ans (2018).
A cette même époque, le traité avec le GODF était d’ailleurs suspendu, depuis qu’une guerre interne au sein de la GLMMM avait éclaté… avant d’être rétabli quelques mois plus tard pour des raisons que l’actuel Grand Maître Trichard à promis de découvrir.
Compte tenu de ces informations nouvelles et de la situation assez intenable, Jean-Jacques Moudmjian devra :
Soit garder le maillet pour une septième année, ce qui sonnera de facto le glas de ses précieux traités d’amitiés, car plus aucune Obédience ne pourra décemment le soutenir.
Soit trouver un remplaçant crédible… et surtout assez docile pour exécuter les ordres du vrai décideur de la maison. Car il est peu probable que le Maître lâche les rênes de la GLMMM.
Les centaines de démissionnaires de la GLMMM depuis les 8 dernières années en sont témoins, la seule solution envisageable serait que JJ Moumdjian quitte définitivement l’Obédience afin de laisser un réel pouvoir démocratique digne de la Franc-maçonnerie se mettre en place.
La balle est maintenant dans le camps des Obédiences qui donnent légitimité à cette structure atypique. Le jour où les traités seront suspendus ou annulés, la centaine de membres restant quittera aussitôt cette micro Obédience grande comme une Loge, faute de reconnaissance. Cela permettra sans aucun doute un assainissement du paysage maçonnique. En attendant, la caution Obédientielle nuit à la cause maçonnique par une exemplarité désastreuse.
A bon entendeur… car plus personne ne pourra dire, nous ne savions pas.
La suite de la Maçonne… Ce lundi soir 29 juillet, la Maçonne vient d’envoyer à tous ses abonnés (dont nous faisons partie), la suite de son article de samedi dernier. Nous vous invitons à la découvrir…
Ne vous méprenez pas. L’invention de reliques ne signifie pas la création de reliques de toutes pièces. Inventer, ça veut aussi dire « trouver, découvrir une chose qui existe, mais jusque-là inconnue ». On invente des trésors, au sens où on les découvre. Pour les reliques c’est pareil : à la faveur de travaux dans les églises, ou grâce à un signe du ciel, on tombe parfois sur des tombeaux et donc des restes de saints. Comme en l’an 386, quand l’évêque de Milan Ambroise met au jour les corps de martyrs Gervais et Protais, apparemment parfaitement conservés (mais un peu pâlots).
Cependant le Moyen Âge invente bien des reliques au sens premier du terme. Autrement dit, il y a des fraudes. Les croyants, qu’ils soient hommes du peuple, hommes d’Église ou rois, recherchent tellement les reliques que des escrocs trouvent leur vocation. Le moine Raoul Glaber raconte l’histoire d’un homme qui ouvrait les vieilles sépultures pour en retirer les os, les placer dans des reliquaires et les vendre comme reliques de saints, martyrs ou confesseurs. Les clercs ne sont pas toujours dupes. Guibert de Nogent (1053-1124) est par exemple sceptique sur l’authenticité des reliques de la cathédrale de Laon, en particulier le « lait de la Vierge ». A-t-on vraiment pu en recueillir quelques gouttes ? Le reliquaire montrait une sorte de poudre blanche. Plutôt que du lait en poudre, n’était-ce pas un peu de calcaire gratté dans une grotte de Bethléem ? Le même Guibert s’interroge sur les reliques de saint Jean-Baptiste. Étant donné qu’à son époque, la possession de sa tête est revendiquée à la fois par Constantinople et Saint-Jean-d’Angély, faut-il conclure que le saint était bicéphale ? Bref, le clergé se méfiait de certaines découvertes. Et les fidèles ? Ils adoptaient probablement une attitude pragmatique. Si les reliques avaient réputation d’avoir guéri, c’est qu’elles devaient être vraies. On était alors prêt à visiter les églises qui les abritaient.
Les pièges dans les sculptures
Je reprends ma série sur ces images religieuses qui trompent les visiteurs. Saurez-vous bien les interpréter ? J’avoue m’être parfois fait piéger. En entrant dans la cathédrale de Chartres par le portail nord, vous êtes accueillis par la Vierge et l’Enfant Jésus.
Que nenni ! Dès qu’on voit une femme tenant un bébé dans ses bras, on a le réflexe d’y voir Marie et Jésus. Mais cette interprétation facile ne marche pas toujours. À Chartres, c’est sainte Anne, la mère de Marie, qui vous accueille. Marie joue donc ici le rôle du bébé. La perte de sa tête ne nous aide pas à identifier son sexe aujourd’hui.
Tout aussi trompeur est ce groupe sculpté.
Œuvre du XVIe siècle, il se trouve dans la cathédrale de Nevers. Ce n’est pas la Vierge et l’Enfant. Alors sainte Anne et Marie ? Encore perdu. Je suis diabolique aujourd’hui.
La cathédrale de Nevers est dédiée à saint Cyr et sainte Julitte. Il fallait donc s’attendre à une mise en valeur de ce duo dans l’église. Comme la Vierge et l’Enfant, Julitte et Cyr sont mère et fils. La posture et les visages avenants de la sculpture ne laissent pas soupçonner leur histoire tragique. Sous l’Empire romain, Julitte et son fils furent arrêtés comme d’autres chrétiens et amenés devant le juge.
Pendant l’interrogatoire de sa mère, le jeune Cyr, âge de 3 à 5 ans selon les sources, s’exclama courageusement : « Moi aussi, je suis chrétien ». Cette déclaration mit le juge Alexandre dans une colère noire. Il tenta alors de faire taire l’enfant, mais celui-ci continua à proclamer sa foi. Fou de rage, le juge saisit violemment l’enfant par les pieds et le projeta contre les marches du tribunal. Cyr mourut sur le coup. Après avoir assisté à la mort brutale de son fils, Julitte fut à son tour torturée et martyrisée. Leur histoire a profondément marqué la chrétienté, faisant de saint Cyr l’un des plus jeunes martyrs chrétiens.
Au final, vous devriez rarement confondre les couples Cyr-Julitte et Marie-Jésus. Les premiers sont beaucoup moins figurés que les Vierges à l’Enfant. Surtout, dans les représentations que je connais, saint Cyr n’est jamais dans les bras de sa mère comme l’est Jésus. Il est debout.
Terminons par une image encore destinée à vous égarer. Vous allez me détester.
Dans ce bas-relief exposé au musée des Beaux-Arts de Lille, le repas est présidé par le Christ, reconnaissable à son visage barbu, son geste de bénédiction et son auréole timbrée d’une croix. Avant la lecture de cette infolettre, beaucoup d’entre vous auraient identifié la Cène, le dernier repas du Christ. Certes, le nombre d’apôtres n’y est pas, mais faute de place, les sculpteurs ne les représentent pas toujours au complet. À bien y regarder, il y a cependant trois intrus. Déjà les chiens qui s’amusent autour d’un os (mais ils n’ont aucune utilité dans notre essai d’interprétation). Ensuite une femme parmi les convives. Enfin une seconde au pied de la table. C’est elle qui est la clé de la scène.
Elle essuie les pieds du Christ avec ses cheveux. Ce qui renvoie à un épisode de l’Évangile de Jean : « Six jours avant la Pâque, Jésus arriva à Béthanie, où était Lazare, qu’il avait ressuscité des morts. Là, on lui fit un souper ; Marthe servait, et Lazare était un de ceux qui se trouvaient à table avec lui.Marie, ayant pris une livre d’un parfum de nard pur de grand prix, oignit les pieds de Jésus, et elle lui essuya les pieds avec ses cheveux ; et la maison fut remplie de l’odeur du parfum ». Vous ne regardez donc pas la Cène mais un épisode moins connu du Nouveau Testament : le repas chez Lazare. La femme nommée Marie est souvent assimilée à Marie-Madeleine en dépit de l’absence de liens. Avec ces quelques exemples, je vous ai rendu sûrement plus prudent sur l’interprétation des saints et des scènes. Heureusement, la plupart du temps, vous tomberez sur des cas plus évidents. Ne soyez donc pas découragé.
Le livre « Décoder les abbayes et monastères de France »
Il y a deux mois, je vous informais de mon projet d’écrire un livre numérique sur les abbayes. Sa rédaction a pris du retard, car j’ai dû revoir ma copie. En effet, dans mon dernier sondage, vous avez choisi en majorité d’avoir un livre plus infographique que narratif. Le deuxième chapitre est presque terminé. 12 d’entre vous sont actuellement en train de relire le premier chapitre. La machine est bien lancée pour que le travail soit terminé le mois prochain. Je réitère mon appel : si vous connaissez des romans ou des films qui se déroulent largement dans des monastères ou des abbayes, je les insérerai dans la bibliographie.
Passez un bon état. A dimanche prochain
Laurent Ridel, le décodeur d’églises et de châteaux