J’étais parti pour pour vous écrire un papier sur un sujet humoristique, le tout bien réfléchit. Donc impeccable, content, bien dans mes baskets, profitant de la détente du « Ya pu qu’à » pour finaliser mon article. Mais il n’en a pas été ainsi suite à ma visite dans une loge à l’étranger, j’ai opté pour un autre sujet humoristique en rapport avec mon déplacement. Une fois n’est pas coutume.
Certes en Italie nous sommes de proches cousins mais de facto frères de toutes façons.
Une fois passé le barrage de la langue, les robinets ouverts, on est vite dans le bain.
Pour trouver l’adresse, comme d’habitude sans être accompagné d’un frère ou d’une soeur qui s’y rend, pas simple tu peux toujours chercher, le GPS ne te donnant que les grandes indications.
Demeure une part de mystère pour découvrir l’entrée de notre lieu de travail. Nous sommes restés très joueur,façon à la recherche du temple perdu. Il reste à quitter le monde profane.
Après avoir frappé comme il se doit, une fois que la porte s’ouvre nous voilà rassurés, je me sens un peu comme chez moi. Je retrouve les mêmes rituels de bienvenue, puis ce sera la soirée qui débutera et qui se déroulera dans son rituel comme nous avons l’habitude de procéder.
Je vous fais grâce de tous les détails du déroulement de ce type de soirée intellectuelle que vous connaissez et que vous pratiquez régulièrement.
En tant qu’invité, le contexte est différent, d’autant plus à l’étranger. C’est l’occasion d’être plus observateur, plus attentif. Vous finissez au bout d’un moment par avoir du recul.
En tout cas c’est ce qui s’est produit chez moi. Malgré les nombreuses tenues auxquelles j’ai participé depuis plus de trente ans, je reste toujours aussi découvreur. Allez je vais tenter cette comparaison, c’est un peu ce que disent les artistes quand ils jouent le même spectacle depuis des années. « C’est pour moi comme pour la première fois, une émotion nouvelle » Je le crois assez volontiers car c’est déjà ce que je vis et que je pratique comme artiste avec mes spectacles…
Ressentir, être sincère et ce en s’appuyant sur des bases solides, avec discipline et rigueur comme pour nos tenues et de plus à l’étranger, nous apportent la preuve que cela fonctionne.
C’est à ce moment, au cours de notre réunion, que j’ai ressenti que je vivais un moment unique et universel comme souvent en visitant des loges de pays étrangers.
Mais ce qui m’a encore plus interpellé, c’est cette familiarité, c’est le fait de me retrouver comme chez moi, de ne pas être dépaysé.
Et au risque d’apparaitre ridicule j’ai pensé que nous usions des mêmes concepts que ces chaines d’hôtels qui fidélisent leur clientèle. Dans chaque structure, partout dans le monde, vous avez l’impression d’être chez vous, car vous retrouvez vos marques chères à votre vie.
Tout comme eux, nous nous retrouvons partout chez nous grâce à nos rituels similaires à l’étranger pour vivre des moments de fraternité et d’échange, qui nous aident à progresser dans la tolérance mais aussi pour aller plus loin dans notre notre perfectionnement.
Et à la différence, par rapport à ces groupes hôteliers, pour l’instant nous ne parlons pas encore de marketing, packaging et autres termes qui nous conduiraient vers la french-maçonnering !
Vous ne connaissez peut-être pas BitChute qui est un service internet de partage de vidéos lancé en janvier 2017. Il se présente comme une alternative à YouTube, afin de contourner la censure. Son hébergement est basé sur l’utilisation du protocole WebTorrent. Aujourd’hui dans le journal GPTV, les deux invités Jean-Maxime Corneille et Adrien Abauzit s’affrontent sur le thème de la Franc-maçonnerie contre le catholicisme durant 2:10.
L’association Georges Troispoints Clermont Auvergne organise le jeudi 23 mai 2024 un café maçonnique de 18h30 à 20h00 au bar Le Saintonge situé au 32 Rue Lucas à Vichy.
Devenir Franc-Maçon aujourd’hui?
Devenir Franc-Maçon en 2024, qu’est ce que cela signifie? Que recherche-t-on ? Voilà la question que les bénévoles de l’association Georges Troispoints Clermont-Auvergne aborderont à nouveau avec le public. Le public pourra lors de cet échange essayer de comprendre quel est l’intérêt de la démarche initiatique, quelle est sa portée, parce qu’entrer en franc-maçonnerie est aussi un engagement.
Un café maçonnique ?
Un café maçonnique, kezako ? Et bien, c’est un temps d’échanges entre un public profane et des francs-maçons qui ont choisi de communiquer sur leur expérience de la Franc-Maçonnerie. Un café maçonnique c’est une occasion d’aborder toutes les questions qui peuvent émerger. Il n’est pas question de trahir un quelconque secret mais bien de partager ce qui nous a motivé et ce qui nous motive encore dans notre cheminement initiatique. Le café maçonnique c’est aussi l’occasion de corriger certains a priori qui circulent : les francs-Maçons dirigent-ils le monde ? Les francs-Maçons pratiquent-ils des rituels sataniques ?
Et ça se passe comment ?
Il suffit de venir le 23 mai, à 18h30 à Vichy. L’entrée est libre et gratuite. Vous vous installez, et vous posez les questions qui vous viennent à l’esprit ou qui vous taraudent depuis un moment. Les membres de Georges troispoints vous répondront de la manière la plus authentique possible. Il n’y a pas de question ou de thème interdit. Ca n’engage à rien, par contre il s’agit clairement d’un moment agréable et instructif.
Et c’est qui Georges Troispoints ?
Georges Troispoints Clermont-Auvergne est une association composée de Francs-Maçons initiés au Droit Humain. Georges Troispoints informe, écoute, débat, échange, organise des évènements sur la franc-maçonnerie et les grandes questions philosophiques et sociétales. Georges Troispoints se propose d’être une fenêtre ouverte sur la richesse et l’originalité de la démarche maçonnique telle que pratiquée dans la mixité. Notre objectif est d’aller à la rencontre du public profane afin de dire ce que ce nous faisons, mais aussi ce que nous ne faisons pas dans les loges. Bref, l’idée est simple : nous faire connaitre et faire savoir ce qu’est réellement la franc-Maçonnerie.
A force de ne pas bien « nommer » les noms attribués aux « sauvages américains de l’Amérique Septentrionale » les savants érudits du dernier XIX e siècle et du début du XXe siècle ont décidé d’établir un ordre laborieux dans les innombrables publications, rapports et écrits existant depuis la conquête du Nouveau Monde.
Ce sont ces raisons qui ont conduit l’auteur de ce DICTIONNAIRE à rassembler les savoirs de Jacques Cartier, Samuel de Champlain, Marc Lescarbot, Louis Hennepin ainsi que dans les lettres et ouvrages du Baron de Lahontan, Baqueville de la Potherie, dans les relations des jésuites qui ont inspiré la philosophie des Lumières avec Montesquieu, Rousseau, Voltaire… et suivants. Un travail qui s’est exercé sur 30 ans .
L’auteur :
Daniel Dubois est écrivain, historien et spécialiste des Indiens d’Amérique depuis plus de 60 ans. Connu pour ses diverses collections, notamment pour ses très rares ouvrages français des XVII et XVIII e siècles qui traitent de la Nouvelle France ou de la seule Louisianne Française. Sa première publication consacrée aux Indiens d’Amérique du Nord : les Indiens des plaines est parue en 1978
Dans un monde professionnel de plus en plus mondialisé, la diversité culturelle et religieuse est devenue une réalité quotidienne. Cette diversité peut être source de richesse et d’innovation, mais elle peut également engendrer des tensions et des conflits. Le fait religieux en entreprise est un sujet sensible et complexe, qui peut susciter des débats passionnés.
Faits religieux et travail-Éclairage des sciences sociales et de la médiation de Guillaume Depincé* explore les défis et les enjeux de la gestion du fait religieux en entreprise. Il s’appuie sur des recherches en sciences sociales et sur son expérience de consultant ergonome et médiateur pour proposer une analyse approfondie et des solutions innovantes.
L’auteur montre que la gestion du fait religieux en entreprise ne peut pas se faire de manière simpliste. Il est nécessaire de prendre en compte la diversité des situations et des expériences, et de s’adapter à chaque cas particulier. La médiation apparaît comme un outil précieux pour gérer les conflits et les tensions liés au fait religieux.
L’ouvrage s’ouvre avec, en épigraphe, la citation de George Orwell (1903-1950) « La dictature s’épanouit sur le terreau de l’ignorance », révélant une vérité profonde. En effet, cette phrase souligne que les régimes autoritaires prospèrent toujours lorsque les citoyens manquent d’information et de compréhension.
Cette épigraphe sous-entend également que la connaissance et la sensibilisation aux questions religieuses sont cruciales pour maintenir un environnement de travail respectueux et inclusif, et pour éviter des pratiques de gestion qui excluent ou discriminent, volontairement ou non, sur la base de la religion. Elle invite déjà le lecteur à réfléchir sur l’importance de l’éducation et de l’ouverture d’esprit comme antidotes à la rigidité et à l’intolérance dans la gestion des affaires religieuses en entreprise, et par extension, dans la société en général.
Dès l’introduction, Guillaume Depincé dépose le lecteur au coeur du sujet : l’affaire de la crèche Baby Loup, en 2008, où un conflit a éclaté après le licenciement d’une employée, Fatima Afif, pour avoir porté un voile islamique au travail, ce qui était contraire au règlement intérieur de la crèche qui imposait le respect des principes de laïcité et de neutralité. L’affaire a suscité un vif débat en France sur la laïcité et les libertés individuelles, conduisant à une longue bataille judiciaire (2010, Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) ; même année, conseil de prud’hommes a donné raison à la direction de la crèche en 2010 ; 2011, Cour d’appel de Versailles ; 2013, Chambre sociale de la Cour de cassation ; 2018, Comité des droits de l’homme de l’ONU). Cette affaire est un exemple de la tension entre les principes de laïcité en France et les droits individuels de liberté d’expression religieuse, soulignant les défis d’appliquer ces principes dans des contextes privés et associatifs.
L’ouvrage est structuré en neuf chapitres. À commencer par la gestion du fait religieux en entreprise. Faut-il rappeler que l’entreprise a une finalité économique mais elle est également un lieu de socialisation, de discussions, d’interactions, voire parfois de confrontation puisque le salarié y est aussi un individu avec son histoire, ses convictions, sa culture, ses croyances ou sa non-croyance ? La gestion du fait religieux en entreprise est donc un sujet complexe qui soulève de nombreux défis (Diversité des croyances, liberté religieuse vs. laïcité, gestion des conflits, droits fondamentaux, etc.). Pas facile donc de trouver un équilibre entre les intérêts individuels et collectifs (respect, compréhension mutuelle, recherches de solutions) qui est un défi permanent.
De la méthodologie, Guillaume Depincé y consacrent huit pages, nous explique quelles sont les disciplines mobilisées pour mener ses recherches.
Abd al Malik, en 2015
Quant au chapitre sur « Les faits religieux », il les définit les faits religieux et donne des exemples de situations concrètes. Puis c’est avec la belle définition sur la laïcité de l’artiste engagé Abd al Malik (officier de l’ordre des Arts et des Lettres et chevalier de la Légion d’honneur) dont le parcours atypique et la réflexion sur la laïcité font écho dans ses œuvres, sa voix résonnant dans le paysage culturel français, mêlant poésie, musique et convictions , que l’auteur explore cette notion essentielle et son application en France et en entreprise.
« Identité, culture & religion » permet d’en analyser les notions – surtout celle d’identité culturelle – et de mieux comprendre les liens entre identité, culture et religion.
Le chapitre sur « Les mécanismes qui conduisent au fait religieux » explore les facteurs qui peuvent conduire à l’expression du fait religieux en entreprise.
Guillaume Depincé consacre les autres chapitres aux réponses aux faits religieux et à leurs limites, ainsi qu’à la médiation, posant la question de savoir si elle est une réponse ad hoc…
L’auteur explore différentes options, notamment la loi, la position stratégique et l’organisation du travail, la culture d’entreprise, le management et la formation. Il conclut en affirmant que la médiation est un outil précieux pour gérer les conflits et les tensions liés au fait religieux.
L’ouvrage est riche en informations et en réflexions. Il propose une analyse nuancée et éclairante d’un sujet complexe et sensible. Il est un outil précieux pour les dirigeants, les responsables des ressources humaines et tous ceux qui sont confrontés à la gestion du fait religieux en entreprise.
De cet ouvrage sur un sujet difficile et d’une actualité brûlante, nous relevons plusieurs points forts telles l’analyse approfondie et nuancée du fait religieux en entreprise, les propositions de solutions innovantes. Il est un outil précieux pour les dirigeants, les responsables des ressources humaines et salariés. E, somme, tous ceux qui sont confrontés à la gestion du fait religieux en entreprise.
Il est également un outil fort utile pour les chercheurs en sciences sociales et pour les étudiants en gestion des ressources humaines.
Guillaume Depincé
*Guillaume Depincé est ergonome à la RATP qui se distingue également par ses rôles de délégué syndical CFDT et de vice-président de l’Agence régionale pour l’amélioration des conditions de travail (Aract) en Île-de-France. Issu d’une famille où son père était également ergonome, Guillaume n’avait pas initialement envisagé de poursuivre dans ce domaine. Après un début de carrière dans le commerce suite à ses études en école de commerce, il s’est finalement orienté vers l’ergonomie et la défense des droits des travailleurs.
En tant que délégué syndical, il œuvre activement à améliorer le quotidien des employés en promouvant de meilleures conditions de travail. Sa position de vice-président de l’Aract lui offre une plateforme pour influencer positivement la qualité de vie au travail en cherchant des solutions novatrices. Guillaume Depincé est reconnu pour son engagement profond et efficace dans l’amélioration des conditions de travail, impactant positivement la vie des travailleurs.
Faits religieux et travail-Éclairage des sciences sociales et de la médiation
La maison d’édition Vérone : Avec plusieurs centaines d’auteurs au catalogue, les Éditions Vérone sont en constante évolution. Dans un souci de modernité, notre maison d’édition a fait le pari en 2013 de proposer une alternative aux éditeurs traditionnels. En effet, ces derniers reçoivent de nombreux manuscrits chaque jour, se trouvant ainsi dans l’incapacité de publier tous ceux qui mériteraient de l’être. C’est pour remédier à ce déséquilibre que les Éditions Vérone ont été créées, pour donner un nom aux auteurs méconnus, pour donner une chance de montrer son travail. Notre maison d’édition est donc une alternative aux chemins classiques de l’édition, toujours à la recherche de textes nouveaux et originaux. Le site.
La franc-maçonnerie, institution de plusieurs siècles, créée par des hommes, s’est développée à une époque où, principalement, les sociétés étaient largement dominées par les hommes. La progression de la franc-maçonnerie s’est initialement faite exclusivement dans un contexte masculin, mais avec le temps, les choses évoluent… Dans la vie profane et en franc-maçonnerie…
La fraternité et la sororité sont des mots métaphores, qui désignent le plus souvent ce qui excède le cadre de la famille. Universelle ou choisie, cette solidarité horizontale occupe une place fondamentale dans l’histoire militante et littéraire contemporaine.
Avec :
Alexandre de Vitry Maître de conférences en littérature française du XXe et du XXIe siècles à la Faculté des Lettres de Sorbonne Université
Florence Rochefort Chercheuse au CNRS, spécialiste d’histoire des féminismes, des femmes et du genre
Fraternité et sororité sont les vedettes du jour. Tant et tant de mains qui se serrent, de franches poignées, ou, main dans la main pour former une immense ronde qui pourquoi pas ferait le tour du monde ; ou alors posée sur l’épaule, la main amicale, celle de l’accolade. Comment représenter la fraternité ? Comment représenter la sororité ? L’un est omniprésent dans notre univers, par la devise officielle et par ses mentions dans la littérature. L’autre est sans doute plus rare, mais tous les deux racontent une histoire, celle d’un sentiment d’affection qui a tellement évolué : frères de plume et sœurs de lutte, l’amitié comme étendard.
Fraternité et sororité, des notions anciennes
Dès l’Antiquité gréco-romaine, le lien fraternel sert de métaphore pour désigner un idéal relationnel entre les membres d’une société plus large que celle de la famille. Le terme devient synonyme de relations solidaires, bienveillantes et harmonieuses, qui seraient constitutives d’une cité idéale. Cet usage profondément métaphorique s’accentue encore à l’ère du christianisme, où le mot « fraternité » se pare d’une dimension sacrée et mystique. Alexandre de Vitry, chercheur en littérature, remonte aux origines du mot latin frater, dérivé d’une racine indo-européenne, brater, qui a donné bruder en allemand ou brother en anglais : « Ce brater ne désigne pas ce que nous appellerions des frères et sœurs de sang ou d’un parent commun, mais une fraternité du clan, d’un groupe spirituel étendu. » Ce sens est antérieur à l’apparition d’une signification du mot « fraternité » plus resserrée et circonscrite à la famille. Pour le chercheur, « il y a une sorte de virtualité ouverte dans ce vocabulaire qui vient du fond des âges. »
De la même façon, le concept de sororité a une vraie place dans la pensée et la littérature du Moyen Âge et de la Renaissance, de la Cité des dames de Christine de Pizan, où des femmes, réelles ou imaginaires, se coupent du monde pour s’assurer une existence paisible et protégée, à Rabelais qui utilise le mot sorores pour désigner la « communauté des femmes », dans un moment où l’humanisme repense profondément l’idée d’universel.
Où sont les femmes dans la fraternité ?
La Révolution fait de la fraternité un idéal politique. Cependant, le mot de Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort, « sois mon frère ou je te tue », s’avère prophétique : l’idéal d’une fraternité émancipée de la verticalité d’Ancien Régime dégénère rapidement en un fratricide violent lors de la Terreur : choisir ses frères, c’est aussi désigner un ennemi, un non-frère.
Il faut attendre 1848 pour que la fraternité revienne au premier plan des discours et des pratiques de la vie politique. La proclamation de la Deuxième République marque la victoire théorique d’une fraternité entre ouvriers et bourgeois, catholiques et républicains. Là encore, cette fraternité idéale s’avère imparfaite et les répressions du mois de juin 1848 marquent un nouvel échec. De plus, la mise en place d’un suffrage universel réservé aux hommes coupe les femmes de la communauté politique et annonce une nouvelle exclusion au sein de la communauté nationale. En réaction à cette injustice, les militantes féministes commencent à se penser et à se désigner comme des « sœurs ». L’historienne Florence Rochefort insiste sur l’idée de ce lien, qui ne serait pas familial, mais politique, avant même que le mot sororité ne se répande. Ce serait « l’idée d’une communauté imaginaire qui permettrait aux femmes de s’exprimer par rapport aux frères qui monopolisent la parole, les droits et qui conçoivent les liens politiques sans les femmes, avec des universaux qui les effacent. » Pour l’historienne des féminismes, ces femmes réagissent à l’exclusion en même temps qu’elles redécouvrent et mettent en valeur un lien susceptible de les unir.
Le féminisme s’internationalise et s’inspire des modèles syndicaux de la lutte ouvrière naissante. L’idée que des droits ne peuvent être obtenus que par l’avènement d’une lutte collective et d’une solidarité horizontale entre toutes les femmes se fait de plus en plus présente.
Un concept militant
Durant les années 1970 et 1980, la sororité occupe une place centrale dans les luttes et les discours féministes. Inspiré du terme anglais sisterhood, popularisé par l’ouvrage de Robin Morgan, Sisterhood is Powerful, publié en 1970, la sororité est au centre des logiques du Mouvement de libération des femmes (MLF). Le terme devient synonyme d’expériences communes et de moyen de s’émanciper de la sphère domestique par l’action collective. La sororité se fait le mot d’ordre pour une action commune et pour un dépassement des rivalités féminines, jugées contre-productives.
Ainsi, les concepts de fraternité et de sororité ont essuyé bien des critiques. Faut-il penser une sororité ou une fraternité universelles, ou au contraire choisir ses camarades de lutte ? Désigner des frères et des sœurs, n’est-ce pas toujours en exclure d’autres ?
Pour en savoir plus
Alexandre de Vitry est maître de conférences en littérature française du 20e et du 21e siècles à la Faculté des Lettres de Sorbonne Université. Il a notamment publié :
Le Droit de choisir ses frères ? Une histoire de la fraternité, Gallimard, 2023
Sous les pavés, la droite, Desclée De Brouwer, 2018
Conspirations d’un solitaire : l’individualisme civique de Charles Péguy, Les Belles Lettres, 2015
La Conquête de l’Alsace, Lattès, 2014
Florence Rochefort est chercheuse au CNRS, spécialiste de l’histoire des féminismes, des femmes et du genre. Elle a notamment publié :
Histoire mondiale des féminismes, Que sais-je ?, Presses universitaires de France, 2022
Ne nous libérez pas, on s’en charge. Une histoire des féminismes de 1789 à nos jours, codirigé Bibia Pavard et Michelle Zancarini-Fournel, La Découverte, 2020
Les Lois Veil. Contraception 1974, IVG 1975, codirigé Bibia Pavard et Michelle Zancarini-Fournel, Armand Colin, 2012
Références sonores
Archive d’André Malraux, Ocora, 1967
Lecture par Jeanne Coppey d’un extrait de La Cité des dames de Christine de Pizan, 1405
Extrait de la série documentaire Révolution ! de Hugo Nancy et Jacques Malaterre, écrite par Adila Bennedjaï-Zou et Hugo Nancy, France Télévisions, 2021
Chanson Abel et Caïn de Léo Ferré, d’après le poème de Charles Baudelaire, 1967
Extrait du film Les Misérables de Robert Hossein, 1982
Lecture par Daniel Kenigsberg de « Fraternité » de Victor Hugo, L’Art d’être grand-père, 1877
Musique du générique : Gendèr par Makoto San, 2020
Déjà à l’époque, Parménide d’Élée (vi-ve avant j-c) se demande si le monde est une perfection, un « ordo ab chaos » ou l’homme joue un rôle de co-gérant, ou si le cosmos reste un abominable « tohu bohu » aux mains de la nature face à un homme impuissant dont la seule « sagesse » serait de se soumettre à ses diktats ?
« Au centre est la divinité qui gouverne tout, car en tout elle est le principe du redoutable enfantement et de l’union envoyant la femelle s’unir au mâle et en retour aussi le mâle à la femelle, le premier de tous les dieux, c’est Eros qu’elle conçut » (Parménide)
Notre réflexion débutera par cette étrange et contradictoire déclaration de Parménide : au centre, se tiendrait une divinité qui assurerait un ordre reposant notamment sur l’union du mâle et de la femelle. Cette union serait animée par le dieu Eros qui, comme nous le savons, est par excellence le dieu du chaos amoureux, du désordre des sens et du bon sens ! Le philosophe prend ainsi conscience que l’ordre, intellectuel et collectif par nature, se trouve vaincu par l’anarchie du sentiment et de l’instinct sexuel qu’il a lui-même mis en œuvre en créant Eros comme le dieu qui met en miettes la belle ordonnance des choses. Nous assistons là à la mise en place d’une double monarchie : ordo et chaos s’affrontent mais aucun ne gagne !
Parménide voit le jour dans la cité d’Elée, appartenant à la « Grande Grèce » (Sicile et Italie du sud) vers le VIe siècle avant J.C. Cette ville se situe à quelques jours de marche de Pompéi. Elée sera le berceau d’une école philosophique dite « Eléatique » où figureront, entre autres, Parménide, Xénophane et Zenon. Ces « Eléates » seront englobés dans ce que nous appellerons par la suite les « Présocratiques » (Entre les VIIe et IVe siècles), débordant donc sur la période où Socrate et Platon vivaient. Ce sont ces différentes écoles présocratiques, fondées par Thalès de Milet, Pythagore de Samos et Parménide d’Elée qui vont profondément avoir de l’influence sur la pensée socratique et platonicienne en autorisant la liberté d’exposer l’entendement spéculatif sur la nature du monde physique et la création d’un espace métaphysique sans avoir recours à l’intervention d’une justice divine, selon la complexité des mythes religieux. Parménide fut le premier à affirmer que la terre avait une forme sphérique et qu’elle occupait le centre du monde, nous apprend Diogène Laërce. Conception que l’Église adoptera et défendra durant un très long temps, au prix de persécutions nombreuses (l’affaire Galilée par exemple)
Il va ouvrir un espace dans le monde des connaissances et des passions humaines à travers son poème « De la Nature » et va proposer un enseignement dans une approche philosophique à l’image de la Renommée d’une déesse ou de celle du pouvoir issue de la richesse de l’enseignement grec qui repose sur le questionnement de la perfection par rapport à soi. La tradition philosophique considère Parménide comme le père fondateur de la métaphysique par son affirmation de la réalité d’un Être, ainsi que de l’inséparabilité entre cet Être, la pensée et l’agir. Platon se réclamera de cette conception de Parménide, et c’est ce qui amènera l’idée qu’en philosophie, il y a un avant et un après Parménide (1). Lui-même fut influencé par Anaximandre de Milet, mais il ira beaucoup plus loin que lui dans le symbolisme et la poétique pour définir la nature du sujet.
A la différence de la philosophie d’Anaximandre où la nature serait l’ « Arché », l’origine de tout, et qui soulève l’image d’un langage infranchissable dont la nature seule possède la clef de l’idée de la perfection (« la parole perdue »), Parménide, lui, prend l’initiative de nous resituer dans un monde immanent, en greffant dans le volume de notre univers, l’idée de sa sacralisation par l’action et les pensées de l’Être dans sa permanence, dans le dévoilement de la vérité donnée aux conceptions humaines dans la recherche de ce qui peut être juste en révélations de sa liberté soutenue par les désirs de son amour du ciel et de la terre, un juste milieu, le monde de l’Eros.
Dans cette approche, les vertus comme la justice, le courage, la prudence et la tempérance sont les seules sources de la vérité et elles représentent l’opposition entre la renommée de la divinité, ayant créé le dialogue de l’Eros, en ouvrant d’une certaine manière le bonheur du voyage terrestre et du céleste ouvert à tous comme la perfection en soi à s’identifier à la Renommée elle-même, comme dévoilement initiatique de la vie. Parménide veut rompre l’ultime cercle d’une dimension abstraite, en ramenant la clef de l’idée de la perfection du monde au monde des idées dans des devoirs comme la source réelle de la perfection du monde, des hommes et de la nature, et ce, à-travers les mondes souterrains, terrestres et célestes. Dans ce sens, il renforce la notion d’Être et ce qui en découle comme source d’inspiration en de multiples voyages initiatiques dans la pensée, à-travers des vérités et des opinions plurielles baignant dans une lumière venue d’ailleurs, comme une grâce, comme un éclair vivifiant la nature du combat du « bien être » ou de la tentation de ne « plus être ».
temple du Parthénon
Parménide ne cherche pas la nature physique du Principe mais il expose le Principe comme idée intelligible, une et plurielle. Il veut franchir les limites du langage, dans la transmission de vérités dont la principale seraient le sens et la réalité à donner au mot « Être », en utilisant une correspondance avec penser et agir comme seules réalités de la perfection du monde des hommes qui tentent de vivre une expérience collective et individuelle qui les font participer à l’idée de l’existence d’une source in-engendrée et présente en toute chose. Il s’agit de réveiller les muses de l’âme, de libérer les corps, en faisant de chaque quête, « une résonance du coeur de l’universel », comme l’écrit Parménide dans une formulation de voyage initiatique et poétique dans « De la Nature », s’adressant à l’apaisement du pouvoir des sens : « Les cavales m’ont conduit aussi loin que mon coeur pouvait le désirer puisqu’elles m’ont entraîné sur la route abondantes en révélations de la divinité, qui franchissent toutes cités, porte l’homme qui sait. Il faut que tu sois instruit de tout, sans tremblement de la vérité. Apprends aussi comment la diversité qui fait montre d’elle-même devait déployer une présence digne d’être reçue, étendant son règne à travers toutes choses ». Notons que le mot cavales est employé dans le sens de l’inconscient dont la force dépasse toute contrainte.
Parménide, au-delà du temps passé, nous adresse une réflexion au présent sur ce qui est mesurable, en traçant un horizon sous forme d’une divinité métaphysique afin d’exalter la diversité des connaissances et des désirs pour établir et déployer la stature de la liberté et de la noblesse qui se donne de l’ UN dans l’être, non pas absolu, mais double par sa filiation d’Être au sens de l’ UN ! Pour lui, cette divinité est notre liberté de penser par des opinions et des vérités spéculatives liées aux apparences et qui donnent ainsi au paraître la forme géométrique d’une spirale sans fin (Le « Tout ce qui monte converge » de Pierre Teilhard de Chardin), sans exigence absolue. Elle symbolise un monde d’idées et d’illusions sur notre devenir, à l’image d’un temple inachevé. Cette divinité ressemblerait assez à ce que nous entendrions du concept de « Grand Architecte de l’Univers ». Ce que le philosophe veut démontrer, ce n’est pas l’indiscrétion de la question posée à l’adresse de la divinité (ou de la déesse !), mais les révélations que l’on attend sur l’indiscrétion de sa propre nature et qui viendrait déstabiliser la question du miroir aveugle comme une divinité en soi. En fait, la renommée de la divinité, ne serait que le reflet de notre propre désir d’être et notamment du vécu des désirs impérieux. D’une certaine manière, le raisonnement dissous en nous une conception de la pensée unique, comme vérité et seule perfection du monde et nous projette dans un au-delà de visions utopiques, en soulignant l’harmonie entre les connaissances de la nature terrestre et célestes, en donnant naissance à « ce qui est juste ».
Parménide, d’une certaine façon, est proche d’une pensée maçonnique.Un certain nombre de ses idées nous sont communes :
– L’acceptation d’un Principe de régulation du Cosmos dans lequel nous pouvons vivre notre croyance, en lui laissant le champ de la liberté de conscience d’une évolution possible et sans doute souhaitable, y compris celle de ne plus croire. Un Être qui ne réclame pas une théologie, ni même une philosophie, mais relève plutôt de l’ « Apeiron » (2) : l’illimité, l’indéfini, l’indéterminé, à la manière de la définition du Tao chez Lao-Tseu. Il est le principe et l’élément de tout ce qui existe.
– La volonté de ne pas imaginer que l’homme peut bâtir l’immuable (la construction et les deux démolitions du temple de Jérusalem sont là pour nous le rappeler !) : tout devient parce que tout coule (Le « Panta Rhei » d’Héraclite), d’où l’abandon au dynamisme cosmique comme le « Wou Wei », s’abandonner, taoïste ou le « Gelassenheit », le « laisser tomber » de Maître Eckhart. Seul l’Être existe, donc il serait la seule réalité intelligible. Mais est-il en concept ou l’image de l’immense dynamisme permanent de la nature dans lequel nous sommes partie-prenante ? Donc, notre vie-même ne ferait-elle pas de nous des dieux ?
– Pas de catéchisme, juste des questions. La foi réside en l’abandon au réel pour Parménide et à l’acception de la question comme destin de l’homme. En cela, existe un parallèle avec Hérodote (-484,-425 avant J-C) quand il écrit : « La connaissance humaine, semble t-il, est semblable à une toile d’araignée : chaque fil que nous filons, chaque parcelle que nous découvrons, n’est qu’une partie d’un tout que nous ne pouvons jamais embrasser dans sa totalité ». Humilité qu’un Maçon partage sur le chantier de sa vie personnelle et collective.
Cet aléatoire, ce va et vient entre raison et désirs, entre ordre et désordre, ne peut nous conduire qu’à la tolérance qui n’est qu’un partage de l’égalité devant l’incertitude Et, si on veut, aller même jusqu’à la fraternité comme conséquence de notre liberté métaphysique trouvée ou retrouvée…
Tiens, on va même, au-delà des siècles, inclure Parménide dans notre chaîne d’union !
NOTES
– (1) Platon : Le Parménide in « Oeuvres complètes » . Paris. Ed. Flammarion. 2011. (pages 1105 à 1170)
– (2) Apeiron : Concept présenté par Anaximandre au VIe siècle avant J.C, pour désigner ce principe originel que recherchaient les tenants de l’école milésienne.
BIBLIOGRAPHIE
– Balaudé Jean-François : Le vocabulaire des Présocratiques. Paris. Ed. Ellipses. 2011.
– Bloch Raymond : La divination dans l’Antiquité. Paris. PUF. 1984.
– Bruit Zaidman et Schmitt Pantel Pauline : La religion grecque. Paris. Ed. Armand Colin. 1989.
– De Romilly Jacqueline:La Grèce antique à la découverte de la liberté. Paris. Ed. De Fallois.1989.
« Liberté, égalité, fraternité » est la devise républicaine de la France, symbolisant les valeurs fondamentales sur lesquelles repose notre République.
Source, site de la Présidence de la République
Ces trois mots incarnent les idéaux révolutionnaires et ont été adoptés au fil du temps pour représenter les principes directeurs de la nation. À ces trois notions, les français ajoutent, bien volontiers, ceux de laïcité et solidarité, qui sont également des valeurs profondément ancrées dans la société française et qui complètent l’idéal républicain.
Nous en voulons pour preuve l’action récente du maire d’Étampes. Une démarche symboliquement forte, mettant en avant l’importance de la laïcité comme pilier de la société française, en particulier dans le contexte éducatif. La décision de marquer physiquement les espaces éducatifs avec le principe de laïcité réaffirme l’engagement de la ville envers la neutralité religieuse et le respect de toutes les croyances dans l’espace public, en accord avec les lois françaises sur la laïcité.
La mise en avant de la laïcité devant les écoles souligne l’importance de transmettre aux jeunes générations les valeurs de la République française, incluant la liberté de conscience et le principe selon lequel l’école publique doit rester neutre en matière religieuse. Cette initiative peut être vue comme une extension de l’engagement de la République envers la protection de l’espace public contre les influences partisanes et en faveur de la promotion d’un environnement éducatif inclusif et respectueux de la diversité.
L’ajout du terme laïcité à la devise républicaine par le maire d’Étampes a suscité des discussions et des débats, reflétant la place centrale et parfois contestée de la laïcité dans la société française. Elle rappelle que la laïcité est à la fois un principe de liberté, permettant à chacun de vivre selon ses convictions, et un principe de vivre-ensemble, garantissant que l’espace public reste un lieu de neutralité et de respect mutuel.
Revenons aussi sur ces différentes notions :
La liberté fait référence à la liberté individuelle et collective, permettant aux citoyens de vivre selon leurs choix, tant que cela ne nuit pas aux autres. Cela englobe la liberté d’expression, la liberté de religion, et la liberté de pensée ;
L’égalité concerne l’égalité devant la loi pour tous les citoyens, sans discrimination basée sur l’origine, la race, le genre, ou toute autre caractéristique personnelle. Cela vise à garantir les mêmes droits pour tous et à promouvoir une justice équitable ;
La fraternité encourage le sentiment de solidarité et de soutien mutuel entre les citoyens, promouvant une communauté unie où chacun contribue au bien-être collectif et se préoccupe du sort des autres.
Quant à la laïcité, c’est un principe clé de la République française, établi par la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État. La laïcité garantit la liberté de conscience, permet à chacun de pratiquer sa religion ou de ne pas en pratiquer, et assure la neutralité de l’État vis-à-vis de toutes les croyances religieuses. Cela crée un espace public où toutes les croyances sont respectées et où l’État ne favorise ni ne discrimine aucune religion.
Quant à la solidarité, elle renforce l’idée de soutien mutuel et de responsabilité partagée au sein de la société. Cela se manifeste par des systèmes de protection sociale, des initiatives communautaires, et un engagement envers les plus vulnérables. La solidarité est fondamentale pour construire une société plus inclusive et résiliente.
Ensemble, ces valeurs forment un socle éthique et moral qui guide le fonctionnement de la société française et exprime son idéal de vivre ensemble. Elles sont essentielles à la cohésion sociale, à la justice, et à la liberté dans le pays, reflétant l’aspiration à un équilibre entre les droits individuels et le bien-être collectif.
Après avoir clairement défini ces cinq notions, concepts ou principes, nous développerons ce que le travail de réflexion du franc-maçon dans le temple et dans la cité peut apporter à la société française sur ces thématiques.
Le travail de réflexion du franc-maçon, tant dans le temple maçonnique que dans la société (la cité), offre une perspective unique sur l’interprétation et l’application des valeurs républicaines de la France : liberté, égalité, fraternité, laïcité, et solidarité. La franc-maçonnerie, avec ses idéaux de perfectionnement de l’individu, de quête de la vérité, et d’engagement envers le bien commun, peut jouer un rôle significatif dans la promotion et la réalisation de ces principes fondamentaux. Voici comment :
Liberté, Égalité, Fraternité
La liberté
Les francs-maçons valorisent la liberté de pensée et d’expression comme un droit fondamental de l’être humain, ce qui résonne avec la notion républicaine de liberté. Dans leurs loges, ils encouragent le dialogue et l’échange d’idées dans un esprit d’ouverture et de respect mutuel. En dehors du temple, ils peuvent agir en faveur de la liberté en défendant les droits individuels, en soutenant les initiatives qui promeuvent la liberté d’expression, et en luttant contre toutes les formes de censure et de discrimination. Leur engagement pour la liberté contribue à maintenir un espace public vibrant et diversifié, essentiel au fonctionnement démocratique de la société.
L’égalité
L’égalité est au cœur des valeurs maçonniques, avec un accent particulier sur l’égalité des chances et le mérite individuel. En interne, les francs-maçons pratiquent l’égalité en traitant tous les membres avec le même respect, indépendamment de leur statut social, de leur race, ou de leur religion. Cette pratique renforce le principe d’égalité dans la cité en inspirant des actions qui visent à réduire les inégalités sociales et économiques, et à promouvoir l’accès égal aux opportunités pour tous. Les francs-maçons peuvent s’engager dans des initiatives éducatives et sociales qui favorisent l’inclusion et l’équité, contribuant ainsi à une société plus juste.
La fraternité
La fraternité est l’une des pierres angulaires de la franc-maçonnerie, se manifestant par une forte solidarité entre ses membres et un engagement envers le bien-être de la communauté. Cette valeur trouve un écho dans la notion républicaine de fraternité, qui appelle à une solidarité plus large entre tous les citoyens. En pratiquant la bienveillance et le soutien mutuel, les francs-maçons peuvent inspirer des actions concrètes pour renforcer le tissu social, en aidant les plus vulnérables et en promouvant un esprit de coopération et de soutien communautaire.
La laïcité
La laïcité, principe fondamental de la République française, trouve une résonance particulière dans la franc-maçonnerie, qui prône la liberté de conscience et la séparation des églises et de l’État. Les francs-maçons travaillent à promouvoir un espace public neutre, où toutes les croyances sont respectées et où l’État agit de manière impartiale envers toutes les religions. En soutenant la laïcité, les francs-maçons contribuent à maintenir un équilibre délicat entre liberté de religion et préservation de l’espace public comme lieu de rencontre pour tous, indépendamment des croyances individuelles.
La solidarité
La solidarité est profondément ancrée dans les pratiques maçonniques, qui encouragent l’aide et le soutien aux membres de la loge ainsi qu’à la communauté élargie. Cela complète la vision républicaine de la solidarité comme fondement d’une société cohésive et résiliente. Par leur engagement social et caritatif, les francs-maçons peuvent apporter une contribution significative à la construction d’une société où le soutien mutuel et la responsabilité partagée sont valorisés et pratiqués.
En résumé, le travail de réflexion et d’action des francs-maçons, dans le temple comme dans la cité, enrichit et approfondit l’application des valeurs républicaines. Leur engagement envers ces principes contribue non seulement à leur réalisation concrète dans la société française, mais aussi à la promotion d’un idéal de vivre ensemble qui est à la fois respectueux des différences individuelles et engagé envers le bien commun.
Les valeurs de la République à l’école
La vison d’une sœur sur ces 5 principes…
Une franc-maçonne peut apporter une réflexion profonde sur la liberté, non seulement en termes de liberté individuelle mais aussi en matière de libération des stéréotypes de genre. En mettant l’accent sur la liberté de choix et d’expression pour tous, y compris les femmes et les minorités, elle peut contribuer à élargir la compréhension et l’application de cette valeur dans tous les aspects de la société.
L’égalité est un domaine où la vision féminine est particulièrement cruciale. Les femmes franc-maçonnes, confrontées aux défis de l’égalité de genre au sein et en dehors de la loge, peuvent promouvoir des politiques et des pratiques qui visent à réduire les inégalités sous toutes leurs formes. Leur expérience unique peut éclairer les discussions sur l’égalité des chances, l’équité salariale et la lutte contre la discrimination.
Bien que traditionnellement exprimée en termes masculins, la notion de fraternité bénéficie grandement d’une interprétation inclusive qui embrasse la sororité. Une franc-maçonne peut réinterpréter cette valeur pour souligner l’importance des liens de solidarité et de soutien entre toutes les personnes, indépendamment de leur sexe, en promouvant un sens élargi de la communauté et de l’entraide.
La solidarité, vue à travers les yeux d’une femme franc-maçonne, englobe une sensibilité accrue aux questions de justice sociale, notamment en ce qui concerne les droits des femmes, des enfants et des familles. Par leur engagement dans des œuvres caritatives et sociales, elles peuvent mettre en lumière des aspects de la solidarité souvent négligés, comme le soutien aux victimes de violence domestique ou la promotion de l’éducation pour les filles.
La perspective féminine peut également enrichir la compréhension et l’application de la laïcité. Les femmes, y compris celles qui sont franc-maçonnes, ont souvent une approche nuancée de la religion et de la spiritualité. En promouvant une interprétation de la laïcité qui respecte la liberté de conscience tout en maintenant la neutralité de l’espace public, elles peuvent contribuer à un dialogue constructif sur la coexistence pacifique des diverses croyances et convictions dans une société pluraliste.
Une vision féminine, en général, et d’une franc-maçonne, en particulier, sur les valeurs de liberté, égalité, fraternité, solidarité et laïcité peut catalyser l’évolution de ces principes vers une application plus inclusive et équitable. Cette perspective peut aider à remettre en question les normes établies, à promouvoir une plus grande empathie et compréhension mutuelle, et à enrichir le tissu social en intégrant les voix et expériences de toutes les parties de la société.À mes sœurs, le combat pour l’égalité et la justice continue, inlassablement. Il ne s’est jamais vraiment interrompu; il se réinvente, se transforme et gagne en force à chaque étape franchie. Ensemble, nous avons traversé des tempêtes, fait face à des défis immenses, et pourtant, notre détermination reste indéfectible. Ce chemin que nous parcourons ensemble est pavé de solidarité, d’espoir et d’une résilience qui nous est propre. N’oublions jamais la puissance de notre union et la force qui réside en chacune de nous. Debout, le combat continue, et c’est ensemble que nous ferons face aux obstacles, avec la conviction profonde que notre cause est juste et notre victoire inévitable.
Pour les maçons ou nos amis(ies) non initiés(iès) ne pratiquant pas le Rite Anglais de Style Émulation, faisons un bref rappel historique.
Le Rite Émulation, également connu sous le nom de Rite Anglais de Style Émulation ou Rite d’Union, dit Émulation ou encore Emulation Working a été constitué par la Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA) – mère de toutes les grandes loges dites « régulières et de tradition » – entre 1813 et 1816. Cette formation est le fruit d’un effort pour unifier les pratiques maçonniques sous une seule autorité après des années de division et de diversité dans les rituels. L’unification a été achevée avec la fusion des deux Grandes Loges concurrentes – les « Anciens » et les « Modernes » – en Angleterre, marquant une étape significative dans l’histoire de la Franc-Maçonnerie.
Le Rite Émulation est reconnu pour son approche strictement structurée et codifiée de la cérémonie maçonnique, mettant l’accent sur la mémorisation précise et la récitation exacte des rituels. Ce rite ne prescrit pas seulement les mots et les gestes, mais aussi le ton et le rythme de la parole, ce qui le distingue d’autres pratiques maçonniques où une plus grande liberté peut être accordée aux membres dans l’exécution des rituels.
Colonnettes terrestre et céleste
Ce rite met en avant l’importance de l’éducation et de la formation morale des francs-maçons, en utilisant les outils et symboles de la maçonnerie – le Craft, le Métier – comme métaphores pour des leçons de vie. L’objectif est d’inciter chaque membre à l’amélioration personnelle et à la recherche de la vertu, en s’appuyant sur le mimétisme et l’émulation des qualités respectables. La structure formelle et le sérieux avec lequel le Rite Émulation aborde l’enseignement de ses valeurs attirent de nombreux membres qui cherchent une expérience maçonnique plus formelle et disciplinée.
Le Rite Émulation joue un rôle crucial dans le paysage maçonnique, non seulement en conservant les traditions mais aussi en mettant l’accent sur une pratique rigoureuse et méthodique. Du par cœur par le cœur !
Gérard Mayau explore en profondeur le rituel d’Émulation au sein de la Franc-Maçonnerie. Il apporte une expertise unique en abordant la pratique maçonnique à travers un prisme à la fois historique et contemporain.
DETRAD – Tablier d’apprenti
Dans son avertissement, l’auteur rappelle que l’historien, tout comme le juriste – qu’il est d’ailleurs –, travaille sur des documents qu’il convient de comprendre puis d’interpréter. Il rappelle aussi comment la maçonnerie est née à Londres au début du XVIIIe siècle. Mais c’est dans son avant-propos « Franc-maçonnerie et spiritualité » qu’il précise que le modèle Émulation organise le premier pas régulier en franc-maçonnerie. Un rite placé sous l’emblème de cette valeur cardinale au premier grade qu’est la force, établissant ainsi les fondations d’une construction qui conduira l’initié jusqu’au 3e degré. Gérard Mayau rappelle aussi que « la Maçonnerie devient le centre de l’Union et le moyen de promouvoir la véritable Amitié entre des Personnes qui eussent dû en rester perpétuellement séparées », reprenant l’article 1er des Constitutions dites d’Anderson de 1723. Il n’hésite pas à mettre en avant la phrase Goethe, initié en 1780, qui écrivait « le but, c’est le chemin » dont l’idée encapsule la notion que la poursuite d’un objectif est aussi important que l’atteinte de l’objectif final. Cela reflète l’enseignement maçonnique selon lequel le voyage personnel de chaque individu—son perfectionnement, son éducation et son développement moral et spirituel—est crucial. En franc-maçonnerie, ce cheminement est symbolisé par les divers degrés d’initiation et les rituels qui marquent le passage et la croissance de ses membres.
La louve – Suisse, 1420 ; louve : instrument de levage des pierres taillées Site francmaconcollection.fr
Cet ouvrage commence donc par le premier garde…
Le livre se divise en deux parties principales. La première partie se concentre sur la « Loge Émulation », traitant de son histoire, de son importance pour les initiés, des officiants, et surtout des symboles, éléments clés de l’identité maçonnique. Ces chapitres détaillent comment les symboles et les rôles au sein de la loge contribuent à l’éducation morale et spirituelle des membres.
La seconde partie est dédiée à « L‘initiation au premier degré », décrivant minutieusement le chemin vers l’initiation et le processus d’apprentissage qui s’ensuit. Gérard Mayau met en lumière les étapes spécifiques de l’initiation, enrichies par des « Emulation Lectures » qui approfondissent la compréhension et l’engagement des nouveaux membres.
Rudyard Kipling Lodge – Le mot Lewis ou Louve signifie « Force »
L’ouvrage se distingue par sa capacité à lier les racines historiques de l’art royal, notamment ses fondations chrétiennes et ses influences des Lumières, à des applications modernes qui restent pertinentes dans le monde actuel. Gérard Mayau argumente que malgré les changements séculaires, les principes de base de la franc-maçonnerie et particulièrement du rituel d’Émulation restent vitaux pour fournir un cadre de paix et d’harmonie.
En somme, ce dernier opus de Gérard Mayau est une lecture essentielle pour ceux qui s’intéressent non seulement à la pratique maçonnique spécifique de l’Émulation, mais aussi à l’évolution de la franc-maçonnerie à travers les siècles. L’ouvrage sert de guide pour comprendre comment les traditions anciennes peuvent toujours servir de fondations solides à la croissance personnelle et collective dans le contexte moderne.
Gérard Mayau offre un ouvrage à la fois riche en enseignements et accessible, indispensable pour les maçons cherchant à approfondir leur compréhension et pratique du premier degré.
Gérard Mayau
1Sur le plan académique, Gérard Mayau possède un parcours multidisciplinaire remarquable. Après avoir complété un deuxième cycle en histoire, il a poursuivi ses études dans plusieurs domaines spécialisés, obtenant des diplômes de troisième cycle en droit, en sciences économiques, en sciences politiques, et en criminologie. Cette formation éclectique lui a fourni une base solide pour naviguer dans divers secteurs professionnels.
Sa carrière professionnelle est tout aussi impressionnante et variée. Gérard a débuté comme directeur juridique et des affaires immobilières pour la ville nouvelle de Marne-la-Vallée, où il a acquis une expertise significative en gestion immobilière et juridique. Il a ensuite rejoint Cogedim, une société de développement immobilier, où il a occupé les postes de Secrétaire Général, de Président de filiales régionales et de directeur général adjoint. Sa trajectoire ascendante l’a conduit au Groupe Ribourel, où il a assumé la fonction de Président Directeur Général, avant de prendre des responsabilités encore plus étendues chez Dumez Immobilier et Dumez Real Estate North America, où il a servi en tant que Président Directeur Général et Chairman CEO, respectivement. Plus récemment, il a été Président de la Compagnie Générale d’Engineering Immobilier, consolidant ainsi sa réputation dans le secteur de l’immobilier et de l’ingénierie.
Gérard Mayau se distingue par sa capacité à allier expertise juridique, gestion d’entreprise et leadership, ce qui fait de lui une figure de proue dans son domaine, tout en conservant un engagement profond envers les principes éthiques et éducatifs de la franc-maçonnerie.
Disponible dans toutes les bonnes librairies de France et de Navarre. Achetez dans votre zone, chez votre libraire préféré, pour qu’il continue à vous conseiller, à vous inspirer, à vous faire rêver et, surtout, à animer votre quartier !