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19/03/24 : Le Cercle Échange de Torcy organise une soirée “Échange et Partage” sur le thème : Que venons-nous faire en Loge ?

Du site de la blog-glif.fr

Les Cahiers Bleus de la Grande Loge indépendante de France sont reconnus pour leur pertinence, leur qualité et leur intérêt. Six de ses membres ont pour projet de réunir, en soirée, les Francs-Maçons réguliers à Torcy pour partager et approfondir une de ces publications.

Par le dialogue, le partage et l’inspiration de chacun pourra nourrir la perception de tous.

Le Cercle “Échange de Torcy” vous propose un premier rendez-vous le 19 mars 2024. Après l’ouverture de séance et l’appui du texte du cahier bleu

« Que venons-nous faire en Loge ? : Vaincre nos passions, soumettre nos volontés, faire de nouveaux progrès en maçonnerie »

la parole sera libre.

Chacun pourra s’exprimer et nourrir le sujet pendant 1h30.

Un verre de l’amitié clôturera la réunion.

Cercle Échange de Torcy, 10 Rue de la Mare aux Marchais – 77200 TORCY

• 19 mars 2024 – Accueil à partir de 19h30 – Début de séance 20h00 précise

• Pour confirmer votre présence, veuillez envoyer un eMail à cercletorcy@proton.me avec les informations suivantes : Nom + Prénom + Loge + Obédience + eMail

• Participation : 10€ pour la soirée.

La Franc-maçonnerie : un chemin de confiance contre l’incertain.

De notre confrère blog-glif.fr – Cahier Bleu n° 43

Depuis le big bang, tout provient d’imperfections fondamentales, d’asymétrie primordiale, d’accident cataclysmique, d’erreurs de duplications génétiques. Sans les imperfections, l’univers ne serait que rayonnement. Toute vie et plus encore la vie intelligente, est un accident rare et précieux. »  Marcelo Gleiser.[1]

L’incertain est consubstantiel à la vie. La vie est un cheminement dans et vers l’incertain, sinon elle ne serait pas, comme l’affirme la citation en introduction. Chacun, qui ouvre les yeux le matin et commence sa journée par mettre un pied devant l’autre, même si ce n’est pas pour sortir dans le vaste monde, sent, sait et imagine que c’est dans l’incertain qu’il va s’aventurer. Sauf à accepter une forme de vie qui le fait végéter à la surface de la terre ; et encore, car l’incertain est partout dans le temps et l’espace …

L’incertain n’est pas le risque. Le risque peut s’évaluer par le calcul des probabilités et donc « se gérer ».  L’incertain ne peut être évalué, il « tombe dessus » de manière imprévisible, tant sa probabilité de survenue que l’ampleur de ses conséquences ne peuvent donc être anticipées ni évaluées.

Il en résulte que l’incertain inquiète, il angoisse, il agit sur nous comme si, perdu dans le désert, nous constations tout d’un coup, que notre boussole s’est brutalement cassée, que nous n’avons plus d’eau dans notre gourde, alors qu’on pensait qu’il en restait encore, et que notre smartphone ou téléphone satellitaire, en qui nous mettions toute notre confiance pour demander de l’aide, ou ne fonctionne plus alors qu’il fonctionnait encore il y a peu …

Ainsi, dans les moments de crise grave ou de situations limites, il nous revient cet aphorisme de la Rome antique : « Mors certa, hora incerta » : « La mort est certaine, son heure ne l’est pas ». Il n’en reste pas moins que la mort est toujours au bout du chemin, quels que soient sa longueur et son tracé. 

Un combat permanent et dissymétrique contre l’incertain.

Tout un chacun est sans cesse engagé dans un conflit permanent entre des choix de pensée, de volonté pour préparer le passage à l’action et d’action, pour lesquels il se pense libre. Mais si l’on est sincère, nous devons avouer que nous ne savons pas avec certitude ce qui serait bien et ce qui ne le serait pas. Et pourtant nous vivons dans un cadre moral, construit progressivement dans le cœur de notre civilisation et dans les nôtres. Chacun peut hélas constater que ce cadre normatif, donc certain, se déconstruit, nous fait tâtonner dans le couloir obscur de l’incertain à chacun de nos pas.

L’évolution de la société, ne nous apporte guère de réconfort face à l’incertain. Elle nous égare par l’exaltation de tous les individualismes, « mon désir, c’est mon droit », ce que des structures publiques (exemple Conseil d’État) renforcent parfois en déconstruisant ce qui a été certain et donc rajoutent à l’incertain.

Où est donc passé le sens ?

L’impuissance de la science et de la philosophie face au poison mental de l’incertain.

La science et la philosophie ne concourent guère à nous mettre à l’abri de l’incertain. Alors que la religion nous avait fait croire que la terre était au centre de l’univers, que celui-ci était de dimension certes immense mais finie, et que l’homme était le roi de la Création, voilà que nous apprenons, siècle après siècle, que nous sommes, hommes et terre, minuscules, un point infime, perdu dans un univers, peut-être lui aussi perdu dans une multitude d’univers et que l’infiniment petit, que nous avions pensé être définitivement ou presque bien connu, a ouvert en grand les portes de l’incertain.

La philosophie nous désespère en abaissant notre grandeur présumée : « Le silence éternel des espaces infinis m’effraie[1]. » ; « l’homme n’est pas dans la Nature un empire dans un empire[2] ». Macrocosme et microcosme ne laissent pas de nous rejeter dans l’incertain. La réalité nous échappe au fur et à mesure que nous levons les bouts de voile qui la couvre ; elle se réduit à ce que nous pouvons percevoir par nos sens, penser découvrir dans le réel par notre raison et notre entendement, par le tâtonnement des expériences, et tenter de dépasser nos limites, notre finitude, par nos intuitions, si nous en sommes capables.

La Voix dans la Bible.

Face à l’incertain qui ronge nos vies, la Bible, tant décriée, moquée ou controuvée par certains pour faits d’incohérences historiques ou internes, nous fait entendre une voix cependant consolante.

Dans le Livre de l’Exode : « Ils me feront un sanctuaire et je résiderai au milieu d’eux » (Exode 25, 8). Parole entendue en temps et lieux pleinement incertains, puisqu’elle s’adresse à son Peuple Choisi, choisi pour répandre Sa parole parmi les hommes … mais en la circonstance particulière où son Peuple est complètement perdu dans le désert et sous l’emprise de l’angoisse après l’euphorie de sa sortie de l’esclavage en Égypte. Dieu ne dit pas « je résiderai au milieu du sanctuaire que vous me construirez » mais au milieu … des hommes. Et cela est naturellement totalement différent !

Le Rite et le Temple.

Sur la base de cette Parole, que peut donc nous apporter la Franc-maçonnerie dans ce monde de l’incertain, donc de l’angoisse, des ténèbres ou de son ignorance délibérée ? Justement la vertu de deux lumières : le rite et le Temple, un modèle de pensée de référence !

Le Rite est ce qui nous permet de nous extraire du temps qui passe et de nous évader un court moment hors de l’actualité, de l’immédiateté, de la perfusion technologique qui nous conditionne, et donc des ténèbres dans les affres de l’incertain. La Franc-maçonnerie, tous rites confondus, nous offre un modèle de référence unique : le Temple de Salomon à Jérusalem ; il fait écho au verset biblique susmentionné. Il est le lieu de la mise en œuvre du Rite.

La Franc-maçonnerie donne du sens à notre cheminement. Si notre venue sur cette terre a un caractère divin, comment la rendre cohérente ? Pour quelle mission, quels objectifs, pourquoi, comment, pour qui ? et ensuite … ?

Cette voix de la Divinité, qui s’est rapprochée de nous, assure que ce n’est pas vers l’incertain du ciel ni vers celui de la terre qu’il faut tourner nos regards, mais, le diriger avec assurance vers les hommes nos Frères. C’est là notre devoir de transmission pour accroitre et renforcer la vraie Maçonnerie dont les membres, tels des « apôtres » combattent, inspirent et inoculent, pas à pas, par leur exemple et leur disponibilité, la puissance du juste, du bien, du bonheur ; en quelque sorte un remède universel, à action progressive, graduelle (« les « grades » ou « degrés »), contre l’incertain.

Puisque ce Dieu est devenu si proche (cf. Moïse et le Buisson Ardent, Moïse et son dialogue avec Dieu sur la Montagne, Jésus-Christ et son sacrifice ultime pour l’humanité, etc.), écoutons ce qu’il nous dit. Il nous parle de demeure à Lui construire, d’hospitalité à Lui accorder pour construire en profondeur avec nous-mêmes (en solitaire) mais aussi avec autrui (en solidaire) une société fraternelle ; une véritable transformation des relations humaines. N’est-ce pas là précisément le but, la raison d’être de la Franc-maçonnerie : faire des Frères « une famille universelle unie par les mêmes pratiques et les mêmes lois. »

Dans ce XVIIe siècle qui vit s’étendre les influences de Tycho-Brahe, de Giordano Bruno, de Descartes, de Galilée, de Kepler, notamment, puis surtout ce XVIIIe siècles, siècle des « Lumières » par excellence, de la communication scientifique partout en Europe[3], les progrès déjà fulgurants de la science et de la philosophie, conduisirent des intellectuels à rejeter Dieu et la Bible au rang de contes pour enfants. Ils nous plongeaient ainsi dans les frayeurs de l’infini grand ou petit.

La Franc-maçonnerie spéculative naissante, par sa formidable puissance de fraternité, se présenta ainsi comme une puissante réponse aux angoisses de la solitude, de la désespérance, et de la désorientation (« l’Orient ») provoquée par l’incertain.

C’est ainsi que le Temple du Roi Salomon, modèle universel de la Franc-maçonnerie, les tableaux (« tapis ») de loge, l’ensemble des symboles, nous invitent à leur confier nos interrogations, à les laisser parler pour nous confier en retour leurs balises morales et spirituelles consolantes. La dynamique de groupe qu’engendre la mise en œuvre du Rite met les Frères Maçons en résonnance avec un temps et un espace qui ne doivent plus rien à l’incertain.

 « Si l’on entend bien l’Art », nous avons là, par le Rite et le Temple, un guide de vie, une lampe sur nos chemins, un bouclier vivant contre les méfaits psychologiques et sociétaux, une lumière d’espérance contre l’incertain.

Février 2024.

[1] Blaise Pascal, Pensées (B 206, L 201), ce qui a fait écrire à Victor Cousin (philosophe et homme politique français, 1792-1867) : « Cette ligne sinistre qu’on rencontre séparée de tout le reste, n’est-elle pas comme un cri lugubre sorti tout à coup des abîmes de l’âme, dans le désert d’un monde sans Dieu ! » Rapport à l’Académie (1843).

[2] Baruch Spinoza, Éthique, Préface de la troisième partie.

[3] Peut-être sur le modèle des « Collèges Invisibles » du mouvement rosicrucien de la Renaissance, lui-même à l’origine de la proto-Maçonnerie spéculative via les Collèges d’Oxford et de Cambridge, et les rosicruciens anglais et écossais.

[1] Physicien et astronome brésilien ; professeur de physique et d’astronomie au Dartmouth College (Grande-Bretagne).

Après l’autorisation de bénir les couples LGBT dans l’Église catholique, ils sont prêts à se réconcilier avec les francs-maçons

De notre confrère Russe radonezh.ru

Le cardinal, qui a participé vendredi 16 février 2024 à la réunion à huis clos « historique » entre les chefs des loges maçonniques d’Italie et les plus hauts hiérarques de l’Église catholique, a appelé à l’ouverture d’un dialogue « permanent » avec l’organisation secrète, malgré le fait que la franc-maçonnerie a longtemps été condamnée par l’Église, rapporte Sedmitsa.ru en référence au Registre national catholique.

Un document de 1983 de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi déclare que les principes maçonniques « ont toujours été considérés comme incompatibles avec la doctrine de l’Église ». Et en novembre dernier, le Dicastère pour la doctrine de la foi a confirmé cette position, citant un document de 1983 selon lequel « l’adhésion active à la franc-maçonnerie pour les fidèles est interdite en raison de l’incompatibilité entre la doctrine catholique et la franc-maçonnerie ».

S’exprimant lors d’une réunion à Milan sur « L’Église catholique et la franc-maçonnerie », le cardinal Francesco Coccopalmiero, 85 ans, aurait déclaré qu’il pensait qu’il y avait eu une « évolution de la compréhension » entre la franc-maçonnerie et l’Église au cours des 50 dernières années.

« Les choses avancent et j’espère que ces réunions ne s’arrêteront pas là », a déclaré le prélat italien à la retraite, rapporte Il Messaggero, citant des sources présentes à la réunion, fermée à la presse.

Le cardinal Coccopalmiero, qui a été évêque auxiliaire à Milan sous le cardinal Carlo Maria Martini (1927-2012), s’est demandé « si nous ne devrions pas penser à une discussion permanente, même au niveau officiel ».

Le cardinal Martini était connu pour être proche des francs-maçons, qui après sa mort lui rendirent un chaleureux hommage en le qualifiant d' »homme de dialogue ».

Selon des sources qui ont parlé à La Nuova Bussola Quotidiana, les trois Grands Maîtres des Loges italiennes – Stefano Bisi du Grand Oriental d’Italie, Luciano Romoli de la Grande Loge d’Italie et Fabio Venzi de la Grande Loge Régulière d’Italie – ont participé à la réunion. Deux d’entre eux ont rendu public leur discours.

« Avec des nuances différentes, ils ont tous défendu la compatibilité de la franc-maçonnerie avec la foi catholique », a déclaré Riccardo Cascioli, rédacteur en chef de La Nuova Bussola Quotidiana, qui s’est également entretenu avec les personnes présentes à la réunion à la Fondation culturelle Ambrosianium.

L’Église catholique, aux côtés du cardinal Coccopalmiero, était représentée par l’archevêque Mario Delpini de Milan, le théologien franciscain le révérend Zbigniew Suchecki et l’évêque Antonio Stagliano, président de l’Académie pontificale de théologie.

Bisi, qui a déclaré considérer la rencontre comme « très significative », a remercié l’Église pour son éducation en tant qu’homme issu d’une famille pauvre, et a expliqué que la réconciliation entre la franc-maçonnerie et l’Église était un de ses désirs de longue date. Il se souvient également avec tendresse du cardinal Martini, « qui était chez lui ici ».

Bisi a exprimé son appréciation pour le message du cardinal Gianfranco Ravasi aux francs-maçons, formulé dans une lettre ouverte de 2016 intitulée « Chers frères francs-maçons », mais a déploré le rythme du dialogue et de la réconciliation et s’est demandé pourquoi le pape François avait apparemment oublié les francs-maçons,  » ouvrant mes bras à tout le monde. » Il a critiqué le récent refus du Vatican d’accorder des lettres de créance à un ambassadeur maçonnique et a souligné une décision du Vatican de novembre dernier confirmant l’interdiction faite par l’Église aux catholiques d’adhérer à la franc-maçonnerie.

Le pape, selon Busy, « a fait la célèbre déclaration : « Qui suis-je pour juger ? » au début de son pontificat, en faisant appel aux homosexuels », puis « il a ouvert la porte aux divorcés », mais « il a oublié que parmi les maçons, il y a aussi beaucoup de catholiques qui sont empêchés de communier ».

Les francs-maçons se sont toujours vu refuser la sainte communion et ont été explicitement et automatiquement excommuniés jusqu’au Code de droit canonique de 1983.

Dans une ode à l’indifférentisme – la conviction que les différences religieuses n’ont pas d’importance et constituent un principe central de la franc-maçonnerie – Busi a déclaré que « chaque homme est le frère d’un autre » et que « les liens de fraternité sont indépendants de la foi. Il suffit de croire au « Grand Architecte de l’Univers ».

« Le ciel étoilé est le même pour les bouddhistes, pour les catholiques, pour les vaudois, pour les musulmans, pour tous ceux qui croient en un être suprême », a-t-il poursuivi, ajoutant : « Nous donnons à nos frères la liberté d’adhérer et de pratiquer n’importe quelle religion. Les vérités absolues et les murs de la raison ne nous appartiennent pas et, pour nous, il faut les abattre. »

En conclusion, Bisi a exprimé l’espoir qu' »un jour, le Pape et le Grand Maître pourront se rencontrer et parcourir ensemble une partie du chemin à la lumière du soleil ».

Par ailleurs, Riccardo Cascioli a déclaré que la contribution catholique globale à la réunion était « inquiétante ».

Mgr Delpini, arrivé avec 45 minutes de retard à la réunion, a ouvert la conférence en soulignant l’importance du dialogue avec la société secrète, car « tout le monde n’a peut-être pas abordé le sujet d’une organisation aussi ancienne et prestigieuse, toujours entourée d’une aura de mystère et suspicion.

L’évêque du plus grand diocèse d’Europe en nombre de prêtres et de laïcs a déclaré que l’organisateur de la conférence, le Groupe de recherche et d’information socio-religieuse, une association privée agréée par la conférence épiscopale italienne, poursuivait « les conversations et le dialogue » avec les loges maçonniques.

Mais il a ajouté que le but de cette démarche n’était pas « l’absolution des péchés ». Il s’agit plutôt, dit-il, de « faciliter le dialogue entre les gens pour connaître les points de vue de chacun, pour enregistrer leurs similitudes ou leurs distances ». Évidemment, a-t-il ajouté, « cette conférence ne se terminera pas par l’adoption d’un quelconque document final ».

Zbigniew Suchecki a produit un « compte rendu compétent » des nombreuses déclarations de l’Église contre la franc-maçonnerie, mais Cascioli a déclaré que sa contribution était « quelque peu négligée » par celle de Mgr Stagliano, « qui semble intolérant aux rappels de doctrine ».

Bien que l’évêque ait dû expliquer pourquoi la franc-maçonnerie était inconciliable avec l’Église, il a prononcé un « long discours » qui « a brisé l’approche doctrinale du côté catholique et a été pour l’essentiel d’accord avec les exigences des représentants de la franc-maçonnerie ».

Mgr Stagliano a déclaré qu’il était « intéressé par l’événement chrétien, pas par la doctrine », et a répété les commentaires qu’il avait faits le mois dernier dans le journal de la Conférence épiscopale italienne Avvenire à propos de la déclaration de bénédiction du Vatican pour ceux qui sont en union irrégulière, Fiducia Supplicans. Il a souligné que le Seigneur « est amour, seulement et toujours amour ».

Sa miséricorde, dit-il, précède le péché originel et « la pluie sur les justes et sur les injustes », c’est-à-dire sur tous. « Qui suis-je pour juger que la condition humaine est telle que la miséricorde de Dieu, répandue sur les justes et sur les injustes, ne les touche même pas de son humidité ? Parce que parfois l’humidité de l’eau de la miséricorde de Dieu suffit à raviver la vie.

Les paroles de Mgr Stagliano coïncidaient avec la plainte de Bisi selon laquelle les maçons devraient être librement admis à la Sainte Communion.

Ainsi, selon Cascioli, un élément de la manière de surmonter l’intransigeance avec la franc-maçonnerie est évident, et « une théologie spéciale est également en préparation ». En fait, a-t-il ajouté, Mgr Stagliano a critiqué la décision du Vatican de novembre dernier confirmant l’interdiction faite aux catholiques d’être francs-maçons, la qualifiant de « réductrice » et restant au niveau de la confrontation doctrinale.

Il convient de noter qu’en novembre dernier, dans les nouveaux statuts de l’Académie pontificale de théologie de Mgr Stagliano, le pape François a souligné de manière controversée l’importance d’une « théologie fondamentalement contextuelle » capable de « lire et interpréter l’Évangile dans les conditions dans lesquelles vivent les hommes et les femmes ». chaque jour, dans des environnements géographiques, sociaux et culturels différents. »

La théologie, dit la lettre apostolique, doit « se développer dans une culture de dialogue et de rencontre entre différentes traditions et différentes disciplines, entre différentes confessions chrétiennes et différentes religions ». Il doit interagir « ouvertement avec tous, croyants et non-croyants ».

Malgré leur enthousiasme apparent pour une éventuelle réconciliation, Cascioli a déclaré que l’évêque Stagliano et le cardinal Coccopalmiero semblaient vouloir paraître inexpérimentés en matière de franc-maçonnerie lors de la réunion, bien que Mgr Stagliano ait assisté à au moins une de ces réunions avec des francs-maçons en 2017, lorsqu’il était évêque de Noto. , Sicile.

En outre, a expliqué Cascioli, à son arrivée à la réunion de vendredi, Mgr Stagliano « a fait preuve d’une grande familiarité avec plusieurs représentants maçonniques » et sa croix pectorale était cachée – « une étrange façon de témoigner ».

Lieu symbolique : Auroville, ville internationale expérimentale ou foyer sectaire ?

Auroville, « la ville de Sri Aurobindo » mais aussi « la ville de l’Aurore », est une ville expérimentale fondée en 1968 avec l’appui du gouvernement indien et de l’UNESCO.

Elle est située près de Pondichéry, dans le sud de l’Inde, et a été conçue comme un lieu de vie communautaire, où les résidents cherchent à transcender les barrières sociales, culturelles, politiques et économiques pour créer une société harmonieuse basée sur les principes de paix, de développement durable et d’unité humaine.

Le nom « Auroville » fait référence à Sri Aurobindo, un philosophe, yogi et poète indien, dont les enseignements sur l’évolution de la conscience humaine et l’unité sont à la base de l’idéologie d’Auroville. Le terme aurore symbolise également un nouveau commencement, une nouvelle vision de la vie et de la société qui se veut être un espoir pour l’avenir.

La structure de gouvernance d’Auroville est unique en ce sens qu’elle est non hiérarchique et cherche à impliquer tous les résidents dans le processus décisionnel. Les Auroviliens, comme on appelle les résidents, travaillent ensemble dans divers domaines tels que l’éducation, l’écologie, l’agriculture durable et les technologies vertes, ainsi que dans des projets artistiques et culturels.

Logo d’Auroville

Le Matrimandir, situé au centre d’Auroville, est une grande sphère dorée entourée de douze jardins représentant les qualités de la vie souhaitées dans Auroville. Il est considéré comme l’âme de la ville et est un lieu de méditation et de paix intérieure, ouvert à tous quelle que soit leur origine ou leur croyance.

Bien que confrontée à divers défis et parfois à des critiques, Auroville continue d’être une expérience sociale vivante et un modèle pour ceux qui recherchent des alternatives aux structures sociales traditionnelles, en mettant en pratique des idées avant-gardistes sur l’harmonie sociale, l’égalité et l’intégration spirituelle.

Auroville, quelle vision pour l’avenir ?

Auroville continue d’expérimenter et d’innover dans le domaine de la vie communautaire durable et de la spiritualité intégrale, dans l’espoir de servir de modèle pour la société future. Sa vision à long terme est de devenir une ville de 50 000 habitants, vivant dans un équilibre entre progrès spirituel et matériel, tout en contribuant positivement aux défis globaux de l’humanité.

Auroville représente un effort unique de réalisation d’une utopie concrète, où les idéaux de paix, d’harmonie, de développement durable et d’unité humaine sont explorés et mis en pratique au quotidien.

Qui était Sri Aurobindo ?

Sri Aurobindo Ghose (1872–1950) était un philosophe, yogi, gourou, poète et nationaliste indien qui a exercé une influence profonde sur la pensée spirituelle et la culture indiennes. Né à Calcutta (aujourd’hui Kolkata), il a été éduqué en Angleterre et est retourné en Inde en 1893. Il a d’abord été impliqué dans le mouvement pour l’indépendance de l’Inde, mais après une série d’expériences spirituelles intenses, il s’est retiré de la politique et s’est concentré sur le développement de sa pratique et de sa philosophie spirituelles.

Sri Aurobindo a développé une approche spirituelle appelée « yoga intégral« , qui vise la transformation de la vie humaine en une vie divine. Selon sa vision, la spiritualité n’est pas seulement une quête individuelle pour l’illumination ou la libération (moksha), mais aussi une évolution collective vers une plus grande conscience qui pourrait transformer le monde. Il a enseigné que l’évolution humaine est loin d’être terminée, et que l’humanité peut progresser au-delà de son état mental actuel vers une conscience supramentale, marquant le début d’une nouvelle ère pour l’humanité.

En 1926, il a fondé avec sa compagne spirituelle, Mirra Alfassa, connue comme « La Mère », l’Ashram de Sri Aurobindo à Pondichéry, qui est devenu un centre d’étude et de pratique du Yoga Intégral. « La Mère » a ensuite été la force motrice derrière la création d’Auroville en 1968, une communauté internationale inspirée par les enseignements de Sri Aurobindo et dédiée à la réalisation de l’unité humaine.

Sri Aurobindo était également un poète prolifique et un critique littéraire. Ses œuvres majeures comprennent des écrits philosophiques comme « La Vie Divine », « La Synthèse du Yoga », et des commentaires sur les Upanishads, la Bhagavad-Gita et le Rig-Veda. Il a également écrit un poème épique, « Savitri », qui explore les profondeurs de la spiritualité et de la vision intérieure.

Sri Aurobindo est décédé le 5 décembre 1950, laissant derrière lui un héritage durable de spiritualité intégrale qui continue d’inspirer les gens du monde entier.

Et Mirra Alfassa, dite « La Mère » ?

Mirra Alfassa était une figure spirituelle influente du XXe siècle, associée de près à Sri Aurobindo. Née à Paris en 1878, elle a eu une éducation artistique et s’est intéressée à la spiritualité dès son plus jeune âge. Après avoir exploré diverses voies spirituelles et occultes en France, elle a rencontré Sri Aurobindo à Pondichéry en 1914 et a rapidement reconnu en lui un guide spirituel avec lequel elle pourrait réaliser sa quête d’une conscience supérieure.

Elle s’est établie définitivement à Pondichéry en 1920 et est devenue une collaboratrice essentielle de Sri Aurobindo, prenant en charge l’organisation de l’Ashram de Sri Aurobindo et guidant les disciples dans leur pratique du Yoga Intégral. Après le retrait de Sri Aurobindo en 1926, elle est devenue la leader de la communauté de l’Ashram et a continué à développer et à diffuser ses enseignements.

« La Mère » était non seulement une guide spirituelle mais aussi une visionnaire qui a travaillé à l’incarnation de la spiritualité dans la matière, ce qu’elle et Sri Aurobindo appelaient la descente du « Supramental » dans le monde physique. Elle a eu la vision d’une société idéale où les individus pourraient vivre au-delà des divisions sociales, économiques et nationales, dans une harmonie qui favorise la croissance spirituelle et matérielle.

En 1968, elle a fondé Auroville, une ville expérimentale dédiée à la réalisation de l’unité humaine. « La Mère » a conçu Auroville comme un lieu où les gens pourraient rechercher la conscience divine sans l’obstacle des conventions sociales et nationales. La charte d’Auroville, écrite par « La Mère », énonce les principes fondamentaux de cette communauté internationale. Les buts avoués sont donc loin de présenter toutes dérives sectaires…

Mirra Alfassa est décédée en 1973, mais son influence perdure, notamment à travers Auroville et l’Ashram de Sri Aurobindo, qui continuent de suivre ses enseignements et de pratiquer le Yoga Intégral, et grâce à ses nombreux écrits et entretiens qui restent une source d’inspiration pour de nombreuses personnes intéressées par la spiritualité et le développement de la conscience.

Mirra Alfassa et le Mouvement Cosmique

Mirra Alfassa a eu une période de sa vie fortement influencée par ses interactions avec Max Théon et les enseignements du Mouvement Cosmique. Cette phase de sa vie est cruciale pour comprendre son évolution spirituelle et la formation de ses propres idées et pratiques spirituelles.

Max Theon.

Max Théon, peut-être né Louis-Maximilien Bimstein (1848-1927), personnage énigmatique, sans doute Polonais juif kabbaliste et occultiste, qui a développé une philosophie et une pratique spirituelles nommées le Mouvement Cosmique. Ce mouvement se concentrait sur l’exploration des dimensions cachées de l’existence, la compréhension des lois cosmiques, et l’atteinte de niveaux supérieurs de conscience. Théon prétendait avoir accès à des connaissances secrètes et anciennes qui lui permettaient d’explorer les mystères de l’univers.

Mirra Alfassa a rencontré Max Théon et sa femme Alma Théon au début du 20e siècle, lorsqu’elle s’est intéressée aux courants ésotériques et mystiques qui étaient populaires à cette époque en Europe. Elle s’est rendue à Tlemcen, en Algérie, où les Théon avaient établi un centre pour le Mouvement Cosmique. Là, Mirra a participé activement à leurs études et pratiques, absorbant l’enseignement ésotérique qui a sans doute influencé sa propre quête spirituelle.

« La Mère » et la Fraternité de Louxor

Blason HBL

La Fraternité de Louxor (The Hermetic Brotherhood of Luxor) connue sous le nom de Fraternité de la Lumière ou Ordre de la Lumière, est un groupe ésotérique ou une société secrète qui s’inscrit dans la tradition de l’occultisme occidental. Cette fraternité est souvent associée à l’étude de l’ésotérisme, de la spiritualité, de l’hermétisme, et de la magie cérémonielle, avec un intérêt particulier pour les anciennes traditions égyptiennes, suggérant en cela une continuité directe avec les pratiques spirituelles de l’Égypte ancienne. Elle est également fondée par Max Théon. Bien que Mirra Alfassa soit principalement associée au Mouvement Cosmique de Théon, les principes et les pratiques de la Fraternité de Louxor partageaient des similarités avec ceux du Mouvement Cosmique, mettant l’accent sur l’initiation et les études occultes. Il est probable que l’expérience de Mirra avec le Mouvement Cosmique ait inclus une exposition aux idées et aux pratiques de la Fraternité de Louxor, compte tenu des liens étroits entre les deux.

Illustrations Wikimedia Commons

Humbles, modestes et modérés

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(Les « éditos » de Christian Roblin paraissent le 1er et le 15 de chaque mois.)

Le 1er mars est, par tradition, le jour du nouvel an maçonnique.

L’équipe de 450fm souhaite à tous les Maçons qu’ils soient dispersés sur la surface de la terre, sur les mers et dans les airs une bonne et heureuse année 6024.

L’ère maçonnique est utilisée par les Frères dans leurs actes et leurs correspondances, avec des variantes selon les rites et les Obédiences. D’une façon générale, les Loges anglo-saxonnes, françaises et allemandes utilisent « l’Année de la Vraie Lumière », ou l’Anno Lucis en latin, pour faire remonter symboliquement l’origine de la Maçonnerie à la création du monde selon tradition biblique.

Édito

Dès l’enfance, on acquiert son vocabulaire, par l’usage que les adultes font des mots que l’on entend. Je me souviens de ma grand-mère maternelle qui avait en grande révérence la modestie. La modestie était pour elle la qualité principale des personnes de qualité. Elle abhorrait souverainement la vulgarité et la prétention qui lui paraissaient dérisoires et ridicules et dont elle appréhendait les troubles et les risques de conflit.

La modestie ne consistait pas seulement, à ses yeux, dans le fait d’avoir une opinion modeste de soi-même et un comportement décent, empreint de pudeur. Elle y appréciait surtout une simplicité discrète en société. C’était pour elle une noblesse chez l’homme du peuple tout comme la marque supérieure de l’aristocrate accompli, loin de la vilénie des bourgeois infatués.

La modestie, à mesure que je grandissais, m’apparaissait comme manquant d’éclat et il ne me semblait pas superflu d’opposer un certain panache à la sottise du monde, à défaut de pouvoir la corriger. Et ce, d’autant plus que la modestie ne relevait pas toujours d’un choix, mais d’une condition médiocre où l’individu avait, selon moi, souvent sa part. C’était ma vision de jeunesse, sans compter que je trouvais la modestie souvent feinte et passablement étriquée dans ses ambitions.

En tout état de cause, la modestie s’inscrit dans une relation à l’autre. Je me suis fait une toute autre idée de l’humilité. L’humilité est une absence d’orgueil qui ouvre sur des interrogations profondes. Elle procède de la conscience de notre insigne faiblesse. Être humble, humilis en latin, provient littéralement d’humus, la terre, « car poussière tu fus et poussière tu redeviendras! » comme il est dit dans Genèse 3:19. Je crois que je résumerais assez fidèlement la pensée d’André Comte-Sponville[1], en disant que l’humilité est la vertu de la lucidité qui rend toutes les vertus discrètes, développant en chacune d’elles des capacités d’observation et de connaissance.

Pour autant, on peut être humble dans la conscience intime de son être au monde, sans être nécessairement modeste dans ses propos ou ses attitudes, alors même qu’en toute cohérence, le chemin de l’humilité – qui, on le sait bien, n’est guère une voie de facilité – n’en devrait pas moins idéalement aboutir à une constante retenue de conduite, comme il en va d’un liquide de frein, car tout cela obéit sur différents plans à une certaine raison tempérée. Mais, l’homme est l’homme et, soit dit avec un art consommé de la litote, la parfaite harmonie ne l’habite pas toujours, d’autant moins dans un monde qui réclame parfois des engagements vigoureux… volatilisant les « pudeurs de gazelle[2] ».

Ni la modestie ni l’humilité ne doivent interdire la fermeté de jugement, là où les circonstances l’exigent, mais rien ne proscrit non plus la modération, fenêtre d’espoir et de clémence. C’est le risque de l’excès qu’il convient d’avoir en ligne de mire. L’efficacité qui ferait primer la force n’est pas une excuse à tout et la justice, qui doit préparer l’avenir à l’écart des passions, vise à faire triompher, sans apitoiement ni lâcheté, les réparations d’une honnêteté mutuelle. L’arbitraire est si prompt à s’insinuer dans nos dérèglements logiques que notre foi en l’Homme sinon en un Être suprême doit toujours s’efforcer de refermer la boucle avec douceur.

Tout se combine, alors : le sage et, partant, l’initié se reconnaissent à ceci qu’ils sont à la fois humbles, modestes et modérés.


[1] André Comte-Sponville, Petit traité des grandes vertus, Paris, PUF, 1995, pp. 187-198. Nombreuses éditions dans Le Livre de Poche. On pourra compléter cette lecture philosophique par l’approche religieuse du « prêtre des rues », du « curé des loubards », le P. Guy Gilbert, auteur de L’Humilité, première des vertus, Paris, Éd. Philippe Rey, 2014, 96 p.

[2] Selon l’expression remise au goût du jour par notre ancien Frère Jean-Luc Mélenchon qui, du reste, n’a guère coutume de s’en embarrasser.

Le « bon monsieur Vincent de Paul » 1581-1660 ou l’accès à la spiritualité par la charité 

Rencontre avec la franc-maçonnerie ou différence fondamentale entre charité et solidarité ?

« Depuis trente-cinq ans, je crève d’orgueil, c’est ma façon de mourir de honte »

Jean-Paul Sartre (Le Diable et le Bon Dieu)

« Tout être cossu qui se respecte, mâle ou femelle dit : « J’ai mes pauvres » Ainsi qu’il dirait : « J’ai mes esclaves, mes choses, mes guenilles humaines, sur lesquelles je puis étaler le clinquant de ma charité »

Georges Darien  (Le Pour et le Contre)

 

Un vent nouveau souffle sur les « planches » maçonniques. Vous ne trouvez pas ? Cela se traduit par un regain de références religieuses, de figures un peu passées de mode, que même les croyants avaient enfouies, loin dans l’oubli, comme on entasse les vieux objets dans les caves ou greniers et que l’on ressort pour une braderie et que l’on achète par curiosité, dans l’esprit du « ça peut toujours servir » ! Ainsi, l’un de nos Frères me demandait récemment si n’apparaissait pas un parallélisme entre la charité d’un Vincent de Paul et notre vision de la solidarité. J’en fus étonné dois-je avouer ! Bon, tentons le coup des comparaisons pour y répondre…

A tort sans doute, nous ne voyons la personne de St. Vincent de Paul (1581-1660) qu’à-travers les institutions charitables. Nous en serions excusables : qui ne connaît les « Lazaristes » (1) et « Les Filles de la charité » (2), créés avec Louise de Marillac (1591-1660), pour venir en aide aux pauvres. Mais c’est aussi un homme qui va traverser la vie comme une aventure humaine et spirituelle. Il est né au village de Pouy, près de Dax, dans un milieu paysan pauvre : il se définit lui-même comme « un misérable porcher, fils d’un laboureur », connaît bien la pauvreté en milieu rural, ami aussi les solidarités villageoises. La première des résiliences sera pour lui l’éducation qui le mènera à la prêtrise. Il va même connaître l’esclavage : capturé par les barbaresques, il passera plusieurs années en Afrique du nord, d’où il s’échappera par la Tunisie. Durant cette période, il aura même un maître alchimiste ! Cet épisode lui vaudra d’être nommé aumônier des galères. Celui dont le corps est encore exposé à la maison des Lazaristes, 95 rue de Sèvres, sera canonisé le 16 juin 1737, par le Pape Clément XII, et nommé, en 1885, par le Pape Léon XIII : « Patron de toutes les œuvres charitables ».

Mais un autre aspect de sa pensée doit attirer notre attention : sa réflexion théologique, dans ce 17ème siècle, dénommé « Le siècle des Saints », époque d’une grande effervescence religieuse, où la violence d’état intervient dans des controverses qui devaient lui rester étrangères :

– Pour les Jansénistes, proches du Protestantisme, la grâce vient d’une foi qui est donnée par la prédestination. C’est donc un salut qui ne peut venir que « d’en-haut ».

– Les Quiétistes pensent que la rencontre avec Dieu ne peut s’effectuer que dans l’intimité du silence, hors structures cléricales, dans l’abandon à un Dieu qui est le seul roi et maître. Ce que défendent Madame Guyon et Fénelon.

– Pour Bossuet, en revanche, grand ennemi des Quiétistes, le salut ne peut passer que par la structure ecclésiale associée à la structure royale. Point de vue défendu par le pouvoir, bien entendu !

Nous percevons là, dans ces théologies, des perspectives horizontales ou verticales qui ne peuvent se rencontrer au centre de la Croix, car leur mouvement dynamique rejette tout mouvement contraire. St. Vincent de Paul, au lieu de l’impossible croisée des perspectives, va choisir la figure géométrique du triangle pour expliquer sa conception : je n’atteins Dieu que par le prochain, le frère. Toute rencontre avec le Principe suppose cette démarche trinitaire.

I- le grand architecte de l’univers et « mon prochain » sont-ils des concepts ou des êtres incarnés ?

Cette mathématique entre immanence et transcendance ne nous épargne pas un constat : que je le veuille ou non, je ne peux me passer de l’autre et de dépendre de lui.

Dès lors, même le doute de l’action d’une « Puissance Supérieure » ne lève pas l’obligation du passage par l’autre, d’autant que la transcendance est mise en question et qu’il ne reste plus qu’un « effet-miroir » en regardant le prochain comme une finalité, sous peine de disparaître soi-même dans un monde qui ne renverrait pas mon semblant de reflet. Avec le risque, cependant, que l’absence de Dieu débouche sur la déification de l’homme, telle que l’ont souvent proposé les différentes formes de l’humanisme athée. Pour illustrer ce questionnement, nous ferons appel à un romancier allemand contemporain dont le « héros » paradoxal est un prêtre catholique qui doute de sa propre foi, et qui attend de l’un de ses amis d’enfance, prêtre lui aussi, de lui révéler une « porte de sortie » à sa problématique. Daniel Kehlmann, donnant l’explication souhaitée de cet ami, écrit (3) : « Dieu est un concept qui se réalise Lui-même, une causa sui, parce qu’elle est concevable. Je peux penser Dieu, et parce qu’Il est concevable, il existe nécessairement, le reste ne serait qu’une contradiction, donc je sais qu’Il existe, même si je ne crois pas en Lui. C’est pourquoi je suis croyant. Et n’oublie pas, nous réalisons Son existence par l’amour agissant que nous portons à l’humanité. Nous faisons notre travail. C’est à-travers nous qu’Il devient réel, mais nous ne pouvons le rendre réel que parce qu’Il existe nécessairement. Comment aimer les hommes si on ne voit pas en eux les créatures de Dieu, mais quelque chose d’aléatoire : des lichens qui ont fait carrière, des mammifères ayant un système digestif et des problèmes de dos ? Comment aimer le monde s’il n’est pas voulu par celui qui incarne la bonne volonté ? ». Admirable développement de ce que St. Vincent de Paul combat ! En effet, si Dieu n’est qu’un concept, à quoi sert l’incarnation où il s’est confronté à la nature humaine pour la sauver, « ces lichens et ces mammifères ayant un système digestif et des problèmes de dos ». Comme si un concept était nécessaire pour aimer son insupportable prochain, dans lequel on ne veut se reconnaître en abyme avec les mêmes fragilités et insuffisances. Je n’aime pas l’autre, car il est le reflet de ma propre faiblesse. Je ne l’accepte que s’il est dépendant de moi et présente une misère que je peux alors prendre en charge, en tant que supérieur à lui

et missionné par le fameux Principe dont j’attends la reconnaissance. Je n’attends pas que « mes frères me reconnaissent comme tel », mais que je sois choisi, prédestiné, pour l’accomplissement d’une mission dictée par une Puissance Supérieure qui, du fait de cette mission, m’ennoblit ! Je ne tolère mon prochain que comme dépendant de moi où, selon la très douteuse et très datée pensée d’Albert Schweitzer à propos des noirs gabonais : « Ils sont mes frères, mais je suis leur frère aîné ! ».

St. Vincent de Paul nous montre le danger d’un logos qui aurait remplacé l’ethos, « in verbo Dei » peut être une manière d’éliminer le prochain, vivant et limité, par une abstraction qui donnerait l’idée du partage de la puissance et de la supériorité avec ce Principe. D’une certaine manière, c’est la non acceptation de la figure géométrique du triangle, où « tout se tient », de façon vivante et incarnée : le Grand Architecte de l’Univers, moi et mon prochain. Si l’un des éléments manque, l’édifice s’écroule. Comme en psychanalyse, où nous savons que l’équilibre, toujours précaire, tient dans le balancement entre réel, symbolique et imaginaire.

Ii- aimer son prochain ou lui survivre ?!

Pour évoquer la question de notre relation au prochain, il convient d’aborder la question de l’innocence du sujet. Pour ce faire, nous feront appel à St Augustin. Dans ses fameuses « Confessions », il tord le cou à l’innocence de l’enfance pour en démontrer la caducité, ce que reprendront de nombreux philosophes comme Schopenhauer par exemple et la psychanalyse. Niant à l’avance la pensée rousseauiste que l’homme naît bon et que c’est la société qui le rend mauvais, St Augustin, lui, pense que la société est mauvaise parce que l’homme est mauvais par nature ! La haine, la jalousie et la volonté de puissance sont présentes dès la plus « tendre enfance ». Il décrit l’insupportable jalousie d’un enfant voyant son jeune frère dans les bras de sa mère (En fait, nous savons que c’est St. Augustin lui-même qui se décrit). Il écrit (4) : « Ainsi la faiblesse du corps est innocente chez l’enfant, mais non pas son âme. J’ai vu et observé un petit enfant jaloux : il ne parlait pas encore et il regardait, tout pâle et l’oeil mauvais, son frère de lait » Et il ajoute : « Que si « j’ai été conçu dans l’iniquité », si « c’est dans le péché que ma mère m’a porté », où donc, je vous prie, mon Dieu, où, Seigneur, moi, votre Serviteur, Où et quand ai-je été innocent ? Mais je laisse ce temps-là : qu’est-il pour moi, puisque je n’en ai gardé aucun vestige ? ». Saint Augustin s’inscrit dans l’analyse terrible de St. Paul (Epître aux Romains 7, 15-20) : « Car je ne sais pas ce que je fais : je ne fais point ce que je veux, et je fais ce que je hais. Or, si je fais ce que je ne veux pas, je reconnais par-là que la loi est bonne. Et maintenant ce n’est plus moi qui le fais, mais c’est le péché qui habite en moi. Ce qui est bon, je le sais, n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans ma chair : j’ai la volonté mais non le pouvoir de faire le bien. Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas. Et si je fais ce que je ne veux pas, ce n’est plus moi qui le fais, c’est le péché qui habite en moi ». Prodigieuse reconnaissance chez Paul, de ce que nous appellerons plus tard l’inconscient, ce fameux « çà », dont l’unique préoccupation est le plaisir personnel y compris au détriment d’autrui. Devant la force des pulsions et la lutte continue pour s’y opposer ou les contrôler, la charité n’apparaîtrait-elle pas « contre nature » ? Mais, contrairement à l’animal qui vit ses pulsions en direct, l’homme a inséré en lui, fort heureusement, la dimension du symbolique qui fait barrage à l’animalité, dans le meilleur des cas. La Maçonnerie, a donné cette importance capitale aux rites symboliques, précisément pour transformer les « Triebe », les pulsions, en sublimations, où l’autre n’apparaît plus comme un adversaire ou une proie, mais comme un interlocuteur, voire comme un frère possible. Paul Ricoeur, dans « Histoire et Liberté » (5) réfute la vieille opposition entre le « socius » et le prochain. Le socius est celui que j’atteins à-travers sa fonction sociale, car je n’ai pas de prochain, dit Ricoeur, je me fais le prochain de quelqu’un ! Le prochain, c’est la double exigence du proche et du lointain. Nous devons comprendre ensemble le socius et le prochain comme les deux dimensions de la même histoire, les deux faces de la même charité.

Iii- conclusions

Le franc-maçon s’inscrit-il dans une « visée lazariste » ?

La lecture de notre rituel nous éclaire, en dehors de toute interprétation purement théologique, sur la dimension triangulaire que développe St. Vincent de Paul, en allant vers une dimension cosmique, à-travers l’autre : elle procède de la notion de l’unité du cosmos à laquelle la voix initiatique nous a sensibilisé. Elle nous porte par l’amour au Grand Œuvre, et par le coeur à la grande cause du renouvellement universel.

 Faire la charité à un SDF est très bien mais est à la portée de n’importe qui faisant preuve de bonne volonté et d’un minimum d’humanisme ! Mais il est demandé beaucoup plus au Maçon : donner un sens métaphysique à son destin, de façon à devenir le soutien d’une dynamique qui nous préserve du chaos, où chacun se croirait maître du monde et son prochain objet de son pouvoir. La triangulation, postulée par St. Vincent de Paul, n’est pas uniquement répondre à une intuition d’un danger social et d’en faire une sorte de prophylaxie (Doucement la Révolution de 1789 se met en place, déjà à l’époque de St. Vincent de Paul, à-travers les contestations religieuses, les jacqueries et le pouvoir grandissant d’une bourgeoisie entrepreneuriale), mais de replacer la fraternité comme acte libérateur de la peur de l’altérité de l’autre, de l’illusion de sa propre imagination sur sa « toute-puissance » et de l’aboutissement vers une dimension qui nous dépasse et nous interroge sans cesse…

Dans le flot contradictoire de nos pensées, la fraternité est là pour que nous gardions le cap.

 NOTES

– (1) Les Lazaristes : Congrégation de la mission. Société de vie apostolique, de droit pontifical, créée en 1625. Ses règles sont inspirées du fonctionnement des Jésuites. Leur nom (1632) vient de leur installation dans l’ « Enclos St. Lazare », ancienne léproserie. Ils auront une forte influence en Chine où ils remplaceront, peu à peu, les Jésuites qui ne sont plus en « odeur de sainteté » auprès du Vatican, à la suite de la « querelle des rites ».

– (2) Les Filles de la charité : Société de vie apostolique. Création le 29 novembre 1633 par St. Vincent de Paul qui confie la formation de celles-ci à Louise de Marillac. Elles échappent à la « règle de clôture » qui était en général, appliquée au femmes et elles peuvent aller en ville pour s’occuper des pauvres. De façon anecdotique, il est intéressant de signaler que la première sœur sera une ancienne vachère, suivant en cela le destin du fondateur !

– (3) : Kehlmann Daniel : Les Friedland. Paris. Ed. Babel. 2015. (Page 109)

– (4) Saint-Augustin : Les Confessions. Paris. Ed. Flammarion. 1964. (Pages 22 et 23)

– (5) Ricoeur Paul : Histoire et Liberté. Paris. Ed. Du Seuil. 1995

L’importance de grandir moralement et spirituellement

Par Darren Allatt

Avez-vous déjà réfléchi à ce que signifie s’améliorer vraiment, changer ce que vous êtes au fond de vous en quelqu’un de meilleur et de plus précieux ? Cette idée est au cœur de notre discussion d’aujourd’hui. Il s’agit d’une leçon clé de la franc-maçonnerie : l’importance de grandir moralement et spirituellement.

La franc-maçonnerie nous enseigne que s’améliorer, c’est comme un maçon habile qui façonne une pierre. Il ne s’agit pas seulement de dresser la liste de nos réussites, mais de développer nos qualités intérieures et notre intégrité morale, de devenir la meilleure version de nous-mêmes.

Lorsqu’un maçon travaille, il prend une pierre brute et la façonne soigneusement pour qu’elle s’intègre dans une structure plus grande. Pour y parvenir, il faut non seulement de l’habileté, mais aussi de la vision, de la patience et des efforts.

Il décide quelles parties de la pierre sont nécessaires et lesquelles ne le sont pas, et la façonne petit à petit.

C’est une excellente façon d’envisager le développement personnel. Comme la pierre, nous travaillons sur nous-mêmes, en éliminant les défauts et en améliorant nos qualités.

Le maillet, outil utilisé par les maçons pour façonner la pierre, représente le travail acharné et la détermination dont nous avons besoin pour grandir.

Le changement exige de l’action et de la persévérance. Nous devons constamment travailler dur, repousser nos limites pour donner le meilleur de nous-mêmes.

Ce chemin vers l’amélioration de soi implique de se débarrasser de nos « boutons et excroissances superflus », c’est-à-dire des habitudes ou des traits de caractère qui ne nous aident pas ou qui nous freinent.

Il est essentiel d’identifier et d’éliminer ces obstacles pour atteindre notre potentiel moral et spirituel le plus élevé.

Le terme « matière première » est utilisé pour désigner le potentiel brut en chacun de nous, qui regorge de possibilités de croissance.

Avec des efforts et une bonne orientation, nous pouvons transformer ce potentiel en quelque chose de grand, en alignant notre caractère sur des normes morales plus élevées.

La leçon de la franc-maçonnerie sur le développement personnel par le raffinement moral et spirituel nous montre que la transformation est possible.

Elle nous incite à travailler activement sur nous-mêmes, à éliminer avec diligence tout ce qui entrave notre développement moral et spirituel, et à viser les normes les plus élevées en matière de caractère et de vertu.

Cette leçon est un appel à l’action pour chacun d’entre nous et un effort collectif, car nous nous aidons les uns les autres à devenir des personnes meilleures et plus vertueuses.

Adoptons cette leçon, en nous engageant à travailler dur pour nous améliorer et aider tous ceux qui nous entourent.

La mairie interdit les travaux de la franc-maçonnerie dans le centre-ville de Rio en raison du risque d’effondrement

De notre confrère brésilien oglobo.globo.com

Supports métalliques au deuxième étage pliés sous le poids de la structure supérieure

La Défense Civile de la municipalité a imposé ce vendredi un embargo sur les travaux d’un bâtiment de la Grande Loge Maçonnique de Rio de Janeiro, dans le Centre. Les techniciens ont procédé à une inspection et ont constaté des irrégularités dans la construction, ainsi qu’un risque d’effondrement. À l’extérieur, il est possible d’apercevoir des supports métalliques courbés au deuxième étage. L’agence a fermé les lieux et réalisé le service d’étaiement de la propriété.

Construction d'une loge maçonnique au centre de Rio — Photo : Alexandre Cassiano/Agência O Globo
Construction d’une loge maçonnique au centre de Rio — Photo : Alexandre Cassiano/Agência O Globo

Une partie de l’Avenida Presidente Vargas a été fermée en direction de Candelária, laissant une circulation dense dans la région. Les accès au tunnel de Santa Bárbara étaient dirigés vers la Rua Frei Caneca.

Le Secrétariat Municipal de Développement Urbain et Économique (SMDUE) a informé qu’il continuera à surveiller les travaux afin que les responsables se conforment à la détermination de corriger la construction et d’éliminer les risques.

Avec Kauffmann, le Siam ancestral et la Thaïlande d’aujourd’hui n’auront plus de secret !

Ce livre de Jean Michel Kauffmann1 est une ressource exhaustive et précieuse pour comprendre non seulement les grandes lignes de l’histoire de la Thaïlande, mais également les détails et les nuances des périodes clés qui ont façonné le pays.

Il vous conduit au cœur du lotus… à la découverte de la richesse culturelle de cette région, tout en suscitant la curiosité et l’intérêt du lecteur pour découvrir les transformations et les continuités de ce pays fascinant à travers les âges.

Il couvre la fondation de royaumes anciens de la fondation du royaume de Sukhothai à la Thaïlande moderne, en passant par l’essor et la chute d’Ayutthaya et son importance historique, la période de Thonburi et ses changements significatifs, le règne de Rama Ier et la fondation de Bangkok et le Siam à l’ère coloniale.

Jean Michel Kauffmann aborde le sujet avec une grande profondeur et une perspective large.

Drapeau de la Thaïlande.

La reconnaissance de son exhaustivité, son exactitude et sa clarté par les critiques souligne la qualité de ce travail en tant que référence académique et source d’information pour un public plus large intéressé par l’histoire et la culture thaïlandaises. L’approche de l’auteur offre des renseignements précieux et une fine analyse sur les influences culturelles, politiques et sociales qui ont façonné la Thaïlande contemporaine.

Carte du royaume de Siam et des pays circonvoisins, 1686.

Tout cela rend l’ouvrage potentiellement utile non seulement aux historiens et chercheurs mais aussi à ceux qui s’intéressent à la politique, à la sociologie, et aux études culturelles liées à cette région. Où au simple voyageur car il s’agit bien là d’une histoire complète du Siam et de la Thaïlande, des premiers royaumes à l’époque moderne.

Mais dès avant l’avant-propos, dans son avertissement, Jean Michel Kauffmann met en garde de la difficulté de la transcription de la langue thaïe, langue tonale dont l’alphabet est composé de 44 consonnes et 21 voyelles, à la transcription latine, certaines voyelles et consonnes thaïes n’existant pas et ne peuvent donc pas être transcrites de manière précise en caractères latins.

Emblem of Thailand.

Le grand avantage de raconter une histoire, ici celle du Siam qui devint, en 1939, Thaïlande sous le gouvernement de Plaek Phibunsongkhram – ayant pour but de promouvoir le nationalisme thaïlandais et de refléter une identité plus inclusive pour toutes les ethnies du pays, thaï signifiant libre et donc Thaïlande signifiant littéralement le pays des libres –, est d’en faciliter la compréhension avec une structure claire sous forme chronologique.

Map of Southeast Asia, circa 1300.

Jean Michel Kauffmann nous amène de la préhistoire, habitée il y a des milliers d’années, comme en témoignent les artefacts et les sites archéologiques, à l’Antiquité, où plusieurs royaumes et cultures se sont développés dans la région dès le premier millénaire avant notre ère, notamment avec le royaume de Dvaravati influencé par la culture et la religion indiennes.

Nous retenons aussi cette période que nous nommons Moyen Âge où cette région a vu l’émergence de plusieurs royaumes et États influents avant le Siam. Parmi les plus notables, on trouve le royaume de Sukhothai au XIIIe siècle, considéré comme l’aube de l’identité thaïlandaise, suivi par le puissant royaume d’Ayutthaya fondé en 1351. Un royaume qui a existé jusqu’en 1767 et qui est souvent considéré comme l’âge d’or du Siam, marqué par des progrès significatifs dans les domaines de l’art, de la culture et du commerce. Ayutthaya est devenu un centre majeur d’échanges commerciaux entre l’Est et l’Ouest, et sa sophistication culturelle a attiré de nombreux commerçants et diplomates étrangers.

Seal of Ayutthaya (King Narai).

Après la destruction d’Ayutthaya par les Birmans en 1767, le général Taksin a établi la courte période du royaume de Thonburi. Peu après, en 1782, le général Chakri (futur Roi Rama Ier) a fondé la dynastie Chakri, toujours au pouvoir aujourd’hui, et établi sa capitale à Bangkok, marquant le début de la période Rattanakosin.

Tout cela nous est conté avec la plume savoureuse de Jean Michel Kauffmann. Et c’est avec gourmandise que nous plongeons dans l’histoire de la modernisation et centralisation du pays, au XIXe siècle, sous les règnes de Roi Rama IV (Mongkut) et Roi Rama V (Chulalongkorn), le Siam évitant la colonisation grâce à une habile diplomatie.

Quant à la période contemporaine, le XXe fut marqué par une série de coups d’État, un développement économique et une intégration à l’économie mondiale. Aujourd’hui, la Thaïlande est une monarchie constitutionnelle avec un rôle important dans l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) – organisation politique et économique regroupant 10 pays membres d’Asie du Sud-Est créée le 8 août 1967 à Bangkok, en Thaïlande – et l’économie régionale. Le pays continue de faire face à des défis politiques, sociaux et économiques.

Rappelons que la Thaïlande est unique en Asie du Sud-Est pour n’avoir jamais été colonisée par une puissance européenne, une fierté nationale qui a façonné son histoire et son identité. La monarchie thaïlandaise, malgré les changements politiques et sociaux, reste une institution centrale dans la vie du pays.

Nous voudrions signaler aussi le confort de lecture apporté par les dimensions de l’ouvrage (24×20.5 cm) qui pourrait être décrit, en France, comme un format « à l’italienne » – pour des formats quasi similaires « royal octavo » en anglais et « DIN A5 » dans les pays germanophones.  Un format tout particulièrement adapté pour les livres nécessitant un large espace visuel, comme les beaux livres, les livres d’art. Comme celui-ci, puisque, composé de 272 pages, avec ses 43 chapitres, et surtout ses magnifiques 140 illustrations et 23 cartes, l’Histoire du Siam et de la Thaïlande est l’ouvrage le plus complet et le plus récent paru en français sur le pays du Sourire, la Thaïlande étant connue pour son hospitalité et de la gentillesse de son peuple.

Jean Michel Kauffmann.

1 Après avoir suivi des études en Lettres et en linguistique, complétées par un diplôme en vietnamien à l’institut des « Langues O », Jean-Michel Kauffmann entama une carrière prolongée au sein du ministère des Affaires étrangères. Cette carrière l’a mené vers diverses destinations telles que le Vietnam, le Nigéria, Haïti et le Ghana. Il assuma par la suite la direction de plusieurs Alliances Françaises, y compris celle située à Islamabad, au Pakistan.

Plat thaïlandais.

Ses deux grandes passions, l’éducation et l’Asie, le guidèrent jusqu’en Thaïlande où il se consacra à l’enseignement du français ainsi que de l’histoire et de la géographie, jusqu’à sa retraite actuelle. Durant son temps libre, il se dédia à l’étude de la culture et de l’histoire du royaume. Rien ne le captivait davantage ; il tenait avec humilité une chronique historique dans une publication mensuelle locale en langue française. Son enthousiasme l’incita à explorer et à narrer, sous un angle original, l’histoire fascinante de ce pays merveilleux, autrefois connu sous le nom de Siam et qui, de nos jours sous l’appellation de Thaïlande, continue de susciter l’intérêt par son identité unique.

Il est d’usage, à l’occasion d’une note de lecture citant pour la première fois un éditeur, de le présenter.

Soukha Éditions est donc une maison d’édition française indépendante spécialisée dans la publication d’ouvrages sur l’Asie du Sud-Est, le bouddhisme et l’hindouisme.

Fondée en 1997 par Jean-Pierre et Anne-Marie Soukha, cette maison a publié plus de 200 titres, dont des romans, des récits de voyage, des essais, des guides pratiques et des livres d’art.

Soukha Éditions s’est fait connaître pour la qualité de ses publications, tant au niveau du contenu que de la présentation. La maison d’édition travaille avec des auteurs reconnus et des illustrateurs talentueux pour offrir à ses lecteurs des livres de qualité.

Bangkok.

Le catalogue de Soukha Éditions est riche et varié. On y trouve des ouvrages sur tous les aspects de l’Asie du Sud-Est, de l’histoire à la religion en passant par la culture et la société. Contribuant à la diffusion des connaissances de cette région du monde, elle publie également des livres sur le bouddhisme et l’hindouisme, deux religions importantes en Asie du Sud-Est. Soukha Éditions contribue à la diffusion des connaissances sur l’Asie du Sud-Est, le bouddhisme et l’hindouisme. La maison d’édition propose des livres de qualité qui s’adressent à un large public.

Soukha Éditions est une maison d’édition incontournable pour tous ceux qui s’intéressent à ces sujets.

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Si vous cherchez à approfondir vos connaissances sur la Thaïlande ou si vous avez un intérêt particulier pour l’histoire de l’Asie du Sud-Est, Histoire du Siam et de la Thaïlande » de Jean-Michel Kauffmann est une lecture incontournable.

Les critiques positives soulignent l’importance de ce travail dans le domaine des études thaïlandaises et confirment son utilité en tant que guide complet pour comprendre l’évolution historique du Siam à la Thaïlande moderne. Si vous vous embarquez – ou pas – pour cette destination touristique, célèbre pour ses plages magnifiques, sa nourriture délicieuse et sa très riche culture, lisez ce livre !

Histoire du Siam et de la Thaïlande

Jean Michel Kauffmann

Soukha édition, 2024, 272 pages, 34,90 €

Disponible à compter de ce jour dans toutes les bonnes librairies de France et de Navarre. Achetez dans votre zone, chez votre libraire préféré, pour qu’il continue à vous conseiller, vous inspirer, vous faire rêver et, surtout, à animer votre quartier !

Mgr Staglianò : Église et franc-maçonnerie sont profondément inconciliables

De notre « confrère » du Vatican vaticannews.va – Par Federico Piana – Cité du Vatican

Dans une interview accordée aux médias du Vatican, le président de l’Académie pontificale de théologie réitère les raisons de l’incompatibilité entre la foi catholique et la pensée maçonnique. Mgr Antonio Staglianò, souligne que «notre idée de Dieu n’est pas dictée par la raison humaine, mais par la révélation». «Les fidèles qui adhèrent aux loges sont en état de péché grave: ils ne peuvent pas recevoir la communion», a-t-il affirmé.

«L’hérésie maçonnique est une hérésie fondamentalement alignée sur l’hérésie arienne». C’est ce qu’a laissé entendre le président de l’Académie pontificale de théologie, évoquant clairement aux médias du Vatican l’inconciliabilité entre l’Église catholique et la franc-maçonnerie. «Après tout, a déclaré Mgr Antonio Staglianò, c’est précisément Arius qui s’imaginait que Jésus était un « Grand Architecte de l’Univers », (comme la franc-maçonnerie considère l’Être Suprême, ndlr), niant la divinité du Christ». C’est pourquoi «le Concile de Nicée, dont nous célébrerons bientôt le 1700e anniversaire, affirme avec force la vérité sur Jésus qui est engendré, non pas créé, il est Dieu né de Dieu, Lumière née de Lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu».

«Le Grand Architecte de l’Univers»

Et c’est précisément l’idée de «l’Architecte de l’Univers» ou du grand «Horloger» défendue par la franc-maçonnerie qui est incompatible avec l’idée catholique de Dieu. «Cette idée, a expliqué Mgr Staglianò, est le fruit d’un raisonnement humain qui tente d’imaginer un dieu, alors que le Dieu des catholiques est le fruit de la révélation même de Dieu dans le Christ Jésus». Il s’agit essentiellement du fruit d’un événement historique, a-t-il ajouté, au cours duquel Dieu s’est fait chair, s’est approché des hommes, a parlé à tous les êtres humains et les a destinés à son salut.

Les distances sidérales

«Même le concept de fraternité exprimé par la franc-maçonnerie est à des années-lumière de celui de la foi catholique». Le président de l’Académie pontificale de théologie soutient que «notre fraternité est établie sur le sacrement de l’amour de Dieu en Jésus; elle est établie sur l’Eucharistie, et pas seulement sur l’idée générique d’être frères». Le même raisonnement, a ajouté l’évêque, peut être appliqué à la charité chrétienne qui «n’a rien à voir avec la philanthropie maçonnique». La charité chrétienne correspond à l’événement historique «d’un Dieu mort et ressuscité pour nous, et qui demande à ses enfants de ne pas être simplement philanthropes mais d’être, éventuellement, crucifiés par amour».

Franc-maçonnerie: l'adhésion reste interdite pour les catholiques

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Dans une réponse approuvée par le Pape à la demande d’un évêque philippin, le dicastère pour la Doctrine de la Foi confirme l’inconciliabilité entre l’adhésion aux loges et la foi …

Le chrétien aime la vraie lumière

Le président de l’Académie pontificale de théologie a souligné l’incompatibilité totale entre être catholique et adhérer à la franc-maçonnerie, en rappelant «qu’au sein de la franc-maçonnerie se développent des intrigues de pouvoir occulte qui sont en contradiction avec l’action chrétienne». En somme, «lorsque nous parlons d’inconciliabilité, nous nous référons à des contradictions profondes. On ne peut même pas faire appel à l’opposition polaire du théologien Romano Guardini pour dire qu’ils peuvent être ensemble».

Mystère et ésotérisme

L’ésotérisme -constitué de doctrines spirituelles très souvent secrètes et réservées aux initiés- qui imprègne l’enseignement maçonnique constitue un autre élément important de la distance entre catholiques et franc-maçons. «Même dans le catholicisme, précise Mgr Staglianò, on parle de Mystère. Cependant les Évangiles nous disent que le Mystère caché au cours des siècles ne cesse pas d’être Mystère, mais qu’il cesse d’être caché. Car le Mystère caché au cours des siècles a été révélé».

La condamnation constante de l’Église

Retraçant la condamnation constante de la franc-maçonnerie par l’Église au cours des siècles, l’évêque a tenu à rappeler la dernière réponse du dicastère pour la Doctrine de la foi à un évêque des Philippines, datant du 13 novembre 2023 et approuvée par le Pape François, dans laquelle il réaffirme que l’adhésion active reste interdite. «Les fidèles qui adhèrent aux loges sont en état de péché grave et ne peuvent absolument pas avoir accès à la communion», a-t-il conclu.