Accueil Blog Page 375

Ce que la République doit aux Francs-maçons (Par Laurent Kupferman)

Dossier spécial Bibliothèque Nationale de France

En plus du principe d’égalité, la maçonnerie, qui aspire davantage à l’évolution qu’à la révolution, façonnera d’autres belles pierres. En rendant ses charges électives elle franchit un pas considérable qui modifie l’origine même du pouvoir : ce n’est plus la providence mais les membres de la collectivité qui désignent leurs dirigeants.

L’« ascenseur » social républicain

Parmi les idées reçues qui font florès règne celle qui voudrait que les francs-maçons aient été les instigateurs de la Révolution française. C’est pourtant tout sauf une réalité. En effet, si des francs-maçons se sont engagés au cours du processus révolutionnaire (Marat, Camille Desmoulins, Mirabeau, par exemple, ou encore Rouget de Lisle, l’auteur de La Marseillaise), d’autres, et non des moindres, s’y sont farouchement opposés, à commencer par l’administrateur général du Grand Orient de France, le duc de Montmorency-Luxembourg. Cette idée d’un complot permanent cristallise bien des fantasmes, notamment celui que la franc-maçonnerie vise au mieux à contrôler, au pire à abattre les institutions. C’est d’autant plus inique que la franc-maçonnerie est parfaitement légaliste.

Gilbert Durand avec Mircea Eliade et Henri Corbin à Eranos
Gilbert Durand avec Mircea Eliade et Henri Corbin à Eranos | © Archives Association des amis de Gilbert Durand
Pierre Mendès France (1907-1982)
Pierre Mendès France (1907-1982) | Bibliothèque nationale de France

Cette méfiance vient peut-être de la méthode initiatique (qui n’est pas secrète mais qui s’apprend par degrés), mais probablement plus encore du fait que la maçonnerie parvient à réunir sous le niveau de l’égalité des hommes (puis des femmes) dans un moment où les destins sont déterminés par le seul hasard de la naissance. Sans être considérable, la mixité sociale en loge suffit à fissurer un ordre claquemuré depuis des siècles. Le fait de travailler sous le niveau de l’égalité permet, au fur et à mesure, une certaine porosité des idées, parmi lesquelles celle de la citoyenneté. C’est sans doute ainsi que l’Art royal (autre nom de la franc-maçonnerie) a modestement contribué à la diffusion des idées, notamment, mais pas uniquement, celles que portaient les philosophes des Lumières, même si, tant par son histoire que par sa méthode, la franc-maçonnerie aspire davantage à l’évolution qu’à la révolution.

En plus du principe d’égalité, la maçonnerie façonnera d’autres belles pierres qui donneront de la densité au corpus républicain. Le Grand Orient de France reconnaît tardivement la forme républicaine – le 5 janvier 1792, soit près de trois années après le début de la Révolution. Mais il a, dès 1773, décidé que les charges (de vénérable maître notamment) seraient électives. C’est un pas considérable qui modifie l’origine même du pouvoir : ce n’est plus la providence mais les membres de la collectivité qui désignent leurs dirigeants.

Gilbert Durand (1921-2012)
Gilbert Durand (1921-2012) | © Chao-Ying Durand-Sun. Association des amis de Gilbert Durand, Moye.

La maçonnerie étant, on l’a dit, une institution légaliste, elle poursuit ses travaux sous les restaurations bourbonienne (hormis pendant la Terreur blanche) et orléaniste et ne pose aucun problème à Napoléon, qui y voit même un moyen, parmi d’autres, de structurer son régime et ses armées notamment. Il faut attendre la IIe République pour que certaines idées, parfois conçues, parfois seulement relayées par les travaux en loge, puissent intégrer l’ordre républicain.

La IIe République une fois proclamée, en 1848, par Alphonse de Lamartine, un gouvernement provisoire composé d’un nombre important de maçons décide de mesures symboliques fortes, comme l’abolition de la peine de mort pour des motifs politiques (qui sera rétablie par le gouvernement de Vichy), signe le décret portant abolition de l’esclavage en France le 27 avril 1848 (il est adopté sous l’impulsion du frère Victor Schœlcher), consacre la liberté de la presse (remise en cause par Napoléon III) et institue le suffrage universel (masculin).
Mais cette action, quoique puissante, n’est pas durable, puisque, créé le 24 février 1848, le gouvernement provisoire est dissous le 9 mai 1848 suite aux élections qui donnent la victoire aux partisans de l’ordre, sans doute un peu échaudés par les évolutions très rapides du gouvernement provisoire.

C’est Louis Napoléon Bonaparte qui prend les rênes de la Nation une fois élu président de la République, en décembre 1848. Le prince-président, que l’opinion générale juge (à tort) niais et faible, deviendra l’empereur Napoléon III. Le nouvel empereur, comme son oncle, ne témoigne d’aucune hostilité envers l’obédience, à la condition que l’ordre impérial y règne. Napoléon III s’affaire plutôt à développer l’économie, quitte à mettre sous le boisseau les libertés acquises pendant la Révolution.

Après le désastre de Sedan, le trône impérial chute, et, si la République est bien proclamée le 4 septembre 1870 sur les balcons de l’hôtel de ville de Paris, elle n’est pas encore véritablement installée. Il faudra cinq années d’instabilité institutionnelle pour que la IIIe République soit actée par les lois constitutionnelles de 1875. Cette République à laquelle peu croyaient sera néanmoins la plus stable de l’ère républicaine, puisqu’elle perdurera de 1875 à 1940.

La laïcité prend son essor en France sous la IIIe République avec les mouvements d’émancipation des structures politiques vis-à-vis des structures religieuses. Dans une partie de la franc-maçonnerie, la laïcité se traduit par l’abandon, en 1877, de l’obligation pour les initiés de croire en un Dieu révélé et en l’immortalité de l’âme. De cette époque date une certaine cristallisation d’une image antireligieuse autour du terme de « laïcité », ce qui représente un contresens absolu. L’esprit laïc n’est pas contre les religions, un nombre important de sœurs et de frères étant même croyants et pratiquants. La laïcité a pour objet d’éloigner la primauté d’une forme d’esprit dogmatique quel qu’il soit. Face au droit de croire, la laïcité élève et consacre le droit de ne pas croire.

Arthur Groussier (1863-1957)
Arthur Groussier (1863-1957) | © Musée de la Franc‑maçonnerie
Léon Bourgeois
Léon Bourgeois | Bibliothèque nationale de France

Le solidarisme

Depuis le début du 19e siècle, l’économie française mue : d’agricole et artisanale, elle devient industrielle. Cette conversion produit un enrichissement significatif, mais aussi de nombreux laissés-pour-compte. C’est aux fins de protéger les populations en difficulté que plusieurs systèmes philosophiques réfléchissent à une solution de remplacement raisonnable face aux deux idéologies antagonistes, mais également brutales, qui dominent alors la vie politique : un libéralisme aux allures de darwinisme social et un collectivisme attisant la lutte des classes.

Les propositions viennent d’abord du catholicisme social, puis d’une partie de la franc-maçonnerie. Du côté de la maçonnerie, les tenants de la république sociale qui se crée après 1879 font le double constat que, dans une société, la vie économique a besoin de liberté et du droit à la propriété individuelle. Pour autant, ils affirment aussi que la vie économique n’est pas découplée de la vie sociale. L’économie n’est pas hors sol ; elle est même de plus en plus liée au destin du citoyen et de la société dans son ensemble. Partant de ce constat, les « solidaristes » – c’est ainsi qu’on les appelle – pensent que l’économie doit être partie prenante de la vie citoyenne afin de favoriser un pacte social stable sans lequel elle ne peut prospérer. Les partisans de la république sociale ajoutent le mot « Solidarité » au triptyque « Liberté, Égalité, Fraternité ».

Entre 1877 et la fin du premier conflit mondial, les gouvernements de la République bâtissent un « ascenseur » social républicain dont l’objet est de garantir à tous les citoyens une éducation et une protection sociale face aux accidents de la vie. Le principe d’égalité en droits trouve là une expression dans le domaine social. Ainsi sont créés les mutuelles, les premiers systèmes de retraite et de protection face au chômage, l’enseignement laïc, gratuit et obligatoire, des corps intermédiaires, comme les syndicats patronaux et de salariés, destinés à dynamiser la démocratie sociale, le droit d’association. En réalité, c’est notre structure sociale qui est bâtie principalement à cette époque dans l’enthousiasme de la république renaissante.

Woodrow Wilson (1856-1924)
Woodrow Wilson (1856-1924) | Bibliothèque nationale de France

Porté politiquement par le frère Léon Bourgeois, le solidarisme se dissout progressivement après le premier conflit mondial, emporté par les idéologies dominantes, le libéralisme et le marxisme, qui s’opposeront de manière forte – et stérile – et structureront la vie politique nationale et internationale qui suivra la Grande Guerre. Un projet viendra tenter de briser la bipolarité politique : la création, en 1919, de la Société des Nations, par deux francs-maçons, Léon Bourgeois et le vingt-huitième président des États-Unis, Woodrow Wilson. Posant le principe de l’intérêt supérieur des droits de l’humanité, il sera consacré, en droit, par la Déclaration universelle des droits de l’homme en 1948.

Léon Bourgeois, qui est le seul franc-maçon français à avoir reçu (en 1920) le prix Nobel de la paix, écrira, dans le discours du récipiendaire, ces mots qui résument parfaitement sa pensée profondément maçonnique : « La plus grande révolution de l’histoire n’est-elle pas celle qui a permis à la raison de considérer vraiment l’humanité tout entière comme sujet du droit et de reconnaître le titre d’homme à tous les humains ? Tous les hommes égaux en droits et en devoirs, solidaires du sort de l’humanité, quel rêve. »

Provenance

Cet article provient du site Franc-maçonnerie (2016).

Avec « Matières à penser – Du mystère aux mystères », plongez dans l’insondable…

Matières à penser – Du mystère aux mystères, une revue éditée par les Éditions du Cosmogone et connue sous l’acronyme MAP, se présente comme une exploration érudite et poétique de la notion de mystère à travers diverses disciplines et perspectives. À travers un collectif d’auteurs, ce livre invite le lecteur à un voyage introspectif et analytique dans les recoins les plus obscurs et fascinants de la pensée humaine.

L’édito rédigé par Emmanuelle Auger, se distingue par sa capacité à capturer l’essence de ce que signifie réellement le mystère dans nos vies. Dès les premières lignes, Auger nous entraîne dans une méditation sur l’omniprésence du mystère, non seulement comme une notion abstraite mais comme une réalité tangible qui traverse chaque aspect de notre existence.

Emmanuelle Auger

Emmanuelle Auger commence par rappeler l’importance de maintenir une attitude de curiosité et d’émerveillement face aux mystères du monde. Elle souligne que le mystère, loin d’être un obstacle, est un stimulant puissant pour la quête de connaissances et l’innovation. Cet appel à la curiosité est un thème récurrent dans son texte, où elle plaide pour une reconnaissance du mystère comme moteur de l’intellect et de l’âme.

Elle avance l’idée que le mystère est un élément essentiel de notre existence. Elle soutient que sans le mystère, notre vie serait dépourvue de profondeur et de signification. Cette réflexion est soutenue par des références à des traditions spirituelles et philosophiques qui voient dans le mystère un moyen d’accéder à des vérités plus profondes et à une compréhension plus large de l’univers.

L’édito est également une invitation à l’exploration intérieure. Emmanuelle Auger encourage les lecteurs à embrasser le mystère non seulement dans le monde extérieur mais aussi en eux-mêmes. Elle évoque des pratiques introspectives et des philosophies qui nous poussent à explorer les recoins cachés de notre propre esprit et de notre âme. Cette exploration intérieure est présentée comme un chemin vers une plus grande sagesse et une compréhension plus profonde de soi.

Enfin, Emmanuelle Auger met en avant la manière dont le mystère est célébré dans l’art et la culture. Elle souligne que les artistes ont depuis toujours utilisé le mystère pour exprimer des émotions complexes et pour capturer l’essence de l’expérience humaine. L’art, selon Auger, est un miroir du mystère de la vie, et en appréciant l’art, nous apprenons à apprécier le mystère.

Son éditorial nous invite à reconsidérer notre rapport au mystère. En embrassant la curiosité, en reconnaissant la dualité du mystère, et en explorant à la fois le monde extérieur et notre propre esprit, nous pouvons trouver une profondeur et une signification renouvelées dans nos vies. Emmanuelle Auger nous rappelle que le mystère n’est pas quelque chose à résoudre, mais à vivre pleinement et à apprécier pour sa capacité à nous inspirer et à nous transformer.

Pour mémoire, Emmanuelle Auger est une essayiste et éditrice française, reconnue pour ses contributions intellectuelles et littéraires. Elle se consacre à la réflexion sur les thèmes de la spiritualité, de la philosophie et de la littérature. Également connue pour ses éditoriaux captivants et ses analyses profondes des œuvres littéraires et artistiques, elle a été nominée pour le Prix littéraire de l’IMF en 2019, au 17e Salon Maçonnique du Livre de Paris, pour son ouvrage Les devises latines du Rite Écossais Rectifié (Éd. du Cosmogone, 1re éd., 2019), reconnaissant ainsi l’importance de son travail dans le domaine de l’art royal.

La colonne vertébrale de la revue se structure autour de douze chapitres, chacun abordant une facette différente du mystère. Ce nombre n’est pas choisi au hasard, car il possède une symbolique profonde et universelle. Le nombre 12 apparaît dans de nombreuses traditions et croyances, souvent associé à l’ordre cosmique et à la complétude. Dans la mythologie, les 12 travaux d’Hercule symbolisent des épreuves nécessaires à l’accomplissement et à la transformation. Dans le zodiaque, les 12 signes représentent un cycle complet de l’expérience humaine. La Bible fait également référence aux 12 tribus d’Israël et aux 12 apôtres, soulignant l’importance de ce nombre dans la religion et la spiritualité.

Jean-Claude Mondet est un philosophe et écrivain spécialisé dans les questions métaphysiques et existentielles. Son travail explore les mystères de l’univers, de la vie et de la conscience, intégrant des références à la fois classiques et contemporaines. Jean-Claude Mondet est apprécié pour sa capacité à relier la tradition philosophique aux découvertes scientifiques actuelles. En 2018, il reçoit le Prix littéraire de l’IMF, catégorie « Symbolisme » pour La Genèse : Volume de la connaissance sacrée » (Éd. Numérilivre, 2017).Jean-Claude Mondet : Avec « Le grand mystère et ses mystères », il explore la notion de mystère à travers une approche philosophique et métaphysique. Son essai aborde les mystères de l’univers, de la vie et de la conscience, posant des questions fondamentales sur notre place dans le cosmos. Jean-Claude Mondet utilise des références classiques et modernes pour illustrer son propos, créant un pont entre la tradition philosophique et les découvertes scientifiques contemporaines.

Philippe Heckmann est un historien et spécialiste des cultes à mystères de l’Antiquité. Son expertise englobe les rituels et symboles des mystes, ces initiés cherchant à transcender la réalité matérielle. Heckmann a publié plusieurs ouvrages et articles sur l’histoire et la symbolique des cultes anciens.

Dans « Les mystes n’errent pas », il s’intéresse aux figures des mystes, ces initiés des cultes à mystères de l’Antiquité. À travers une analyse historique et symbolique, Philippe Heckmann montre comment ces mystes cherchaient à transcender la réalité matérielle pour accéder à des vérités cachées. L’auteur examine les rituels, les symboles et les mythes qui entouraient ces cultes, révélant leur influence sur la pensée et la spiritualité occidentales.

Avec le chapitre intitulé « Mystère et mystères » Grégoire Brissé, critique littéraire et culturel, aborde la dualité du mystère, à la fois fascinant et terrifiant. Il explore comment les mystères ont été représentés dans la littérature, l’art et la culture populaire. Il analyse des œuvres littéraires et artistiques emblématiques, montrant comment le mystère est utilisé pour évoquer des émotions profondes et des vérités inconscientes. Son essai est une invitation à reconsidérer notre rapport au mystère et à l’inconnu.

Anna-Elisabeth, comtesse de Noailles, par Jean-Louis Forain (1914)

Spécialiste de la littérature française et de la philosophie nietzschéenne, Guillaume Dreidemie se penche sur la figure de la poétesse Anna de Noailles et son rapport au mystère à travers une lecture nietzschéenne de son œuvre. Il met en lumière le lyrisme de Noailles comme une quête de transcendance et d’absolu, une tentative de saisir l’insaisissable. Il montre comment la poésie de Noailles reflète une vision du monde où le mystère est omniprésent et inextricablement lié à la beauté et à la souffrance.

Dans son article, Roland Dauxois, historien de l’art et critique renommé, connu pour ses analyses approfondies des œuvres du romantisme allemand, explore la profondeur philosophique et spirituelle du tableau « Moine au bord de la mer » (1808-1810) de Caspar David Friedrich (1774-1840), un des plus grands maîtres du romantisme allemand,  particulièrement reconnu pour ce tableau emblématique. Cette œuvre, objet d’une analyse approfondie par Roland Dauxois, représente une exploration métaphysique de la solitude humaine face à l’immensité de la nature.

Gerhard von Kügelgen, portrait de Caspar Friedrich

Il décrypte la figure du moine comme symbole de solitude et de méditation, confronté à l’immensité de la nature représentée par une mer tumultueuse, métaphore de l’inconnu et de l’infini. Le ciel orageux, symbole de la transcendance, reflète les luttes intérieures et les aspirations spirituelles du moine. Roland Dauxois montre comment le paysage exprime des vérités profondes sur la condition humaine, soulignant la quête de sens et la confrontation avec l’infini. Cette analyse révèle comment Caspar Friedrich utilise l’art pour exprimer des vérités universelles sur l’existence humaine, enrichissant notre compréhension de son œuvre et du mystère dans l’art.

Didier Lafargue explore le rôle du dieu Dionysos dans le théâtre antique et son lien avec le mystère. Il analyse comment les rites dionysiaques et les tragédies grecques utilisent le mystère pour exprimer des vérités profondes sur la condition humaine. Il montre comment le théâtre devient un espace de révélation et de transformation, où le mystère est à la fois un outil de connaissance et une source de catharsis.

 Moine au bord de la mer (1808-1810) de Caspar David Friedrich

Pédagogue et philosophe de l’éducation, avec « Mystères, invisibilité, enseignement ! » François Brin examine les dimensions pédagogiques du mystère. Il explore comment le mystère peut être utilisé comme une méthode d’enseignement, incitant à la réflexion, à la curiosité et à la découverte. François Brin propose une réflexion sur l’invisibilité dans l’éducation, où ce qui n’est pas immédiatement apparent peut souvent conduire à des apprentissages plus profonds et significatifs.

Jean-Claude Émériau, théologien et mystique, aborde le mystère sous l’angle de la transcendance spirituelle. Il explore comment différentes traditions religieuses et spirituelles considèrent le mystère comme un chemin vers une réalité supérieure. Émériau analyse des textes sacrés et des pratiques mystiques, montrant comment le mystère est central dans la quête de l’ultime vérité et de l’union avec le divin.

2e de couv.

Marie Vidal propose une exploration linguistique et poétique des termes associés au mystère. Elle examine les mots et leurs racines, révélant des connexions profondes entre les langues et les cultures. Vidal joue avec les homophonies et les étymologies pour tisser un réseau complexe de significations, montrant comment le langage lui-même est imprégné de mystère.

Spécialiste du soufisme, Hocine Atrous plonge fort justement dans le soufisme et ses mystères. Dans « Le soufisme ou l’instant enchanté dans les mystères de l’âme », il explore les concepts de l’instant enchanté et de l’union mystique, montrant comment les pratiques soufies visent à révéler les mystères de l’âme. Atrous analyse des poèmes et des textes soufis, mettant en lumière la beauté et la profondeur de cette tradition spirituelle.

3e de couv.

David Frapet explore les mystères de la Techouvah, le concept juif de repentance et de retour à Dieu. Il analyse les textes religieux et les commentaires rabbiniques, montrant comment la Techouvah est à la fois un processus mystérieux et une transformation spirituelle profonde. David Frapet éclaire les aspects théologiques et pratiques de ce concept central du judaïsme.

Michel Auzas Mille conclut le recueil avec une réflexion sur le mystère de la présence. Il explore la différence entre être physiquement présent et être véritablement présent dans l’instant. Auzas Mille propose une méditation sur l’importance de la pleine conscience et de l’attention, montrant comment être pleinement présent peut ouvrir la porte à des expériences profondes et mystérieuses.

Matières à penser – Du mystère aux mystères est une œuvre riche et multidimensionnelle qui invite le lecteur à une réflexion profonde sur la nature du mystère. Chaque auteur apporte une perspective unique, contribuant à une mosaïque intellectuelle et spirituelle qui éclaire les multiples facettes du mystère. Ce livre est une ressource précieuse pour quiconque s’intéresse aux questions fondamentales de l’existence, de la connaissance et de la spiritualité.

MATIÈRES à penser – se repérer – analyser – se projeter – anticiper

Du mystère aux mystères

Collectif Éditions du Cosmogone, N°31, #29, juin 2024, 204 pages, 22 €

Les Éditions du Cosmogone, le site.

4e de couv.

L’Énigme du 39 Rue Castérès à Clichy – Acte II : La vengeance du Conseil de l’Ordre

La série de l’été : « L’énigme du 39 Rue Castérès : Un scandale immobilier de la Fondation du GODF à Clichy »

Le protocole d’accord du 30 octobre 2020, qui aura coûté 300 000 euros à la Fondation, a été laborieusement négocié par les administrateurs de la Fondation, tous membres ou anciens membres du Conseil de l’Ordre. (Relire l’épisode I).

Ce n’est qu’après avoir menacé de maintenir la plainte de l’APP en justice, annulant ainsi la vente à 1 million d’euros, que Jean-Pierre Chanard, président de l’APP, a finalement obtenu cet accord. Il allait bientôt réaliser que la vengeance est un plat qui se déguste froid, surtout au sein du Conseil de l’Ordre et des groupes d’influence au sein du GODF.

La loge « Les Travailleurs » dans la tempête

Jusque-là, « Les Travailleurs » était une loge sans problème. Elie Leroy avait acquis la fameuse parcelle, dont il avait fait don à la SAI du 39 rue Castérès qu’il présidait en 1952. Georges Leroy son fils, qui présidait l’APP en 1994, avait fait don de l’immeuble à la Fondation du GODF… mais l’APP conservait la fameuse parcelle en pleine propriété et le droit d’usufruit du 3e étage.

Philippe Foussier, ancien Grand Maitre du Grand Orient de France. | VERNIER/JBV NEWS

C’est en leur nom que Jean-Pierre Chanard avait mené le combat juridique pour faire échouer le compromis illégal signé par Philippe Foussier en 2018 et signé le protocole d’accord de 2020 dont l’ardoise avait été réglée par Georges Sérignac, grand maître de 2020 à 2023.

Ces deux années avaient laissé des traces profondes au sein de la loge. En juin 2020, un nouveau vénérable est élu. Des clans se forment dans la loge entre les anciens et les nouveaux. Depuis 2018, la loge « Les Travailleurs » est agitée par les querelles avec le Conseil de l’Ordre. Cela entraîne une fracture interne et toutes ces tensions entre deux groupes qui s’affrontent perturbent l’harmonie habituelle de la loge. Ces dysfonctionnements entrainent un « conseil de famille » tumultueux en janvier 2023. Le premier effet fut la démission du vénérable maître.

Le coup de tonnerre de l’élection de Jean-Pierre Chanard, le 28 mars 2023.

Jean-Pierre Chanard

Des élections sont programmées et Jean-Pierre Chanard déjà président de l’APP, redevient vénérable maître de la loge et président de l’Association (ADP) qui en assure la représentation profane.

Dans les jours qui suivent, Jean-Pierre Chanard est averti par le Conseiller de l’Ordre Frédéric Louis, actuel Grand Secrétaire aux Affaires Intérieures que « La loge sera inspectée par le Conseil de l’Ordre et que ce sera terrible ».

Jean-Pierre Chanard comprend alors que le Conseil de l’Ordre a déterré la hache de guerre malgré le protocole d’accord qui prévoyait une trêve de 5 ans. L’Inspection de la loge est programmée pour le 23 mai 2023 sans aucune négociation. Toutes les portes se referment et l’issue est fortement incertaine.

La démission de la loge « Les Travailleurs » du GODF, le 19 mai 2023

La loge est fracturée. Les Anciens, restant très attachés à leur indépendance et à leur souveraineté veulent rester dans la tradition. Les Nouveaux sensibles aux sirènes du GODF et aux cordons promis sont prêts à collaborer. Heureusement, l’APP et l’ADP, ces deux Associations sont dirigées par les Anciens. Avant que le son de l’hallali se fasse entendre, décision est prise de démissionner du Grand Orient de France.

Le 19 mai, Jean-Pierre Chanard adresse la lettre de démission des « Travailleurs » au Grand Maître Georges Sérignac. Le Règlement Général du GODF, souvent prolixe et contradictoire, est totalement muet sur la démission d’une des loges de sa confédération.

Certains frères en profitent pour démissionner à titre personnel du GODF tout en restant dans la loge.

L’affaire est donc réglée, l’Inspection n’aura pas lieu. Le gibier aura échappé à la meute mais pour peu de temps.

Conseil de l’Ordre et Justice Maçonnique : Exclusion Jean-Pierre Chanard

Les démissionnaires notifient officiellement au GODF leur départ. Cependant, le Conseil de l’Ordre ne l’entend pas de cette oreille et décide de poursuivre Jean-Pierre Chanard, le président, ainsi que le secrétaire de la loge (qui souhaite rester anonyme). De manière expéditive, une audience est ouverte durant l’été et les deux sont condamnés à l’exclusion par défaut le 19 juillet 2023. Ils font tous deux appel.

Les deux exclus se présentent devant la Section d’Appel le 16 octobre 2023, le Garde des Sceaux Nicolas Pénin représente le Conseil de l’Ordre. Il a reçu l’ordre de ne surtout pas concilier.

Les deux thèses s’affrontent

La thèse du Conseil de l’Ordre : les deux prévenus ont porté atteinte aux intérêts généraux de l’Ordre en faisant échouer la vente du 39 rue Castérès. À cause d’eux la Fondation a perdu 300 000 euros.

La thèse des deux exclus : ils ont défendu les droits de l’APP et l’illégalité du compromis de vente signé par Philippe Foussier. Le tout, acté dans le protocole d’accord. Tout cela relève du droit associatif et du droit civil. L’affaire est donc close.

Commentaire du Garde des Sceaux Nicolas Pénin : « Au GODF, on n’est pas là pour appliquer les lois de la République, on applique les lois du GODF. »

Après un délibéré expéditif de 10 minutes, la Section d’Appel présidée par Jean-Michel Guérin rend son verdict :

« Jean-Pierre Chanard et le secrétaire, bien que démissionnaires du GODF depuis le 19 mai 2023, sont exclus du GODF à compter du 16 octobre 2023. »

Comme chacun peut le comprendre aisément, une association à laquelle on n’appartient plus ne peut exclure un membre. Effectivement, les lois de la République ne s’appliquent pas au GODF.

Jean-Pierre Chenard est donc exclu du GODF, mais il reste le président de l’APP et de l’ADP, tout en assurant la charge de Vénérable de la Loge démissionnaire du GODF « Les Travailleurs ».

Dans l’acte III, vous découvrirez un nouveau rebondissement dans cette affaire. Le groupe des dix « nouveaux » qui avait fait scission au sein de la loge, encouragé par des pressions externes, tente de s’approprier frauduleusement l’ADP, puis l’APP.

La suite, avec l’acte III… (Lire la suite ici)

Trois dieux ? | Le tétragramme

2

Du site de l’Institut du Monde Arabe

Dans la religion juive, le nom de Dieu est réputé imprononçable. Comment fait-on alors, et pourquoi un pratiquant ne doit-il ni le prononcer ni l’écrire ?

Avec David Lemler, spécialiste de la pensée juive médiévale, maître de conférences à Sorbonne Université et membre du Laboratoire d’Études sur les Monothéismes.
Un podcast de Barbara Cassin, de l’Académie française, philosophe et philologue.

Pour en savoir plus
– de David Lemler :
Création du monde et limites du langage : sur l’art d’écrire des philosophes juifs médiévaux, Vrin, 2020
– de Barbara Cassin :
Eloge de la traduction (Fayard, 2016)

Vocabulaire européen des philosophies. Dictionnaire des intraduisibles (2004, Seuil-Le Robert; 2ème éd. augmentée, 2019)

Producteur : Institut du monde arabe. Crédits musique : Interzone, Khaled Aljaramani – oud, Serge Teyssot-Gay – guitare électrique. « Comme l’eau », extrait de l’album Waslat. 5ème jour, Label Intervalle Triton. Direction éditoriale : Mathieu Gousse. Identité graphique : Marion Toulat / IMA. Teaser, montage & mixage : Mnévis Boutros / IMA. Jingle IMA : Anthony Capelli / Making Waves.

What is Spiritualités / مسالك روحية?

L’IMA confie à des personnalités (Barbara Cassin, Abdennour Bidar…) une exploration des spiritualités et des religions du monde arabe.

Les « Barons noirs » de la Grande Loge Nationale Française…

(Le droit de réponse du Grand Maître de la GLNF suit cet article ci-dessous)

Le vendredi 13 septembre 2024 sera une date cruciale pour la GLNF. Ce jour-là, les observateurs pourraient assister soit à la démonstration de la maturité d’une obédience capable de se renouveler, soit à un repli qui pourrait faire manquer un rendez-vous important. En effet, le Souverain Grand Comité (SGC) doit choisir à cette date le candidat à la Grande Maîtrise qui dirigera cette obédience plus que centenaire pour les trois prochaines années. Ce choix sera ratifié, e, tenue de grande loge, le 1er samedi du mois de décembre 2024 par les membres du Souverain Grand Comité, les vénérables maîtres et les frères premiers surveillants.

Comme le prévoient les règles internes de la GLNF, notamment son Règlement Intérieur, deux candidats se sont déclarés : Yves Pennes, actuel Député Grand Maître, et Emmanuel Stene, Grand Maître provincial d’honneur. Le premier est le candidat désigné par le Grand Maître actuel, Jean-Pierre Rollet. Le second, après avoir présenté sa profession de foi, propose une alternative en annonçant en toute transparence que le Très Respectable Frère Philippe Jouve sera désigné comme Député Grand Maître en cas de victoire.

Alors que l’entourage du Grand Maître sortant devrait voir dans cette alternative un signe de maturité, elle est perçue comme une menace par rapport à ce qui est appelé LA RÈGLE.

Mais de quelle menace parle-t-on ? 

Ce qui est tout à fait naturel au niveau des loges semble poser problème au niveau national, comme si ceux censés être les garants de l’ordre avaient plus de difficulté à appliquer les règles qu’ils demandent aux loges de suivre.

En effet, il est courant dans les loges que plusieurs frères soient prêts à en conduire les travaux et à tenir le maillet. Les comités de loges ou des sages en régulent la temporalité et l’opportunité.

Qu’est-ce qui mène à la Grande Maîtrise ? 

Un adoubement par son prédécesseur ou bien la combinaison du parcours maçonnique d’un homme et de la libre réflexion de chaque frère composant le Souverain Grand Comité qui, par son expérience et sa clairvoyance, choisit en conscience ce qu’il pense être le mieux pour l’Ordre ?

Il semble que le Grand Maître, Jean-Pierre Rollet, ait peu confiance dans le Souverain Grand Comité, pourtant composé d’environ 535 Frères.

À la lecture des deux professions de foi et d’après des propos rapportés des deux candidats, il semble que ces derniers ne soient pas engagés dans une « campagne » l’un contre l’autre. Cependant, on perçoit une grande agitation et fébrilité dans l’entourage du Grand Maître. Espérons que cette fébrilité ne débouche pas sur des réflexes profanes.

Dans le monde profane, pour décourager une candidature ou pour dicter aux membres d’une instance leur conduite, on applique de vieilles méthodes peu loyales, dignes de la série « Baron noir ».

Première étape : décourager la candidature

Essayer, par divers messagers, d’expliquer au candidat alternatif qu’il n’a aucune chance parce que l’instance censée choisir est légitimiste, ou bien qu’il n’agit pas dans l’intérêt de l’obédience. En parallèle, on fait entendre un discours de vassalité aux membres du Souverain Grand Comité que l’on jugerait un peu trop libres.

Deuxième étape : remettre en cause la légitimité 

Pour cela, les sherpas peuvent être tentés de jouer sur plusieurs tableaux. Le cas le plus courant dans les organisations profanes est de faire passer les candidatures alternatives pour des candidatures dissidentes. On peut utiliser le registre de la revanche, du règlement de comptes. Pour les moins imaginatifs, utiliser l’argument de l’âge : soit trop jeune, soit trop vieux, selon l’interlocuteur. Et pour ceux qui paraissent plus dangereux pour le candidat désigné, on emploie des arguments qui, en démocratie, conduiraient devant les tribunaux : la couleur de peau, le niveau social ou encore l’appartenance religieuse. En quelque sorte, pour présider aux destinées de la GLNF, faut-il être blanc, chef d’entreprise et chrétien ?

Troisième étape : atteindre la probité des candidats alternatifs, ou technique de la « boule puante »

Les campagnes électorales profanes le montrent à chaque fois : tel candidat serait empêtré dans telle affaire, ou il aurait commis telle chose, bien sûr sans qu’aucun élément ne soit fourni. Le pouvoir peut jouer sur le fait qu’il aurait un dossier. Dans ce cas, le candidat ne peut que subir et espérer que les observateurs seront suffisamment attentifs pour remarquer qu’il serait curieux que l’autorité n’ait pas agi alors qu’elle disposerait d’éléments méritant des poursuites. Face à ce risque, certains barons noirs n’hésitent pas à monter ou faire monter des affaires de mœurs lorsqu’ils en ont les moyens. L’époque actuelle nous montre chaque jour des personnalités mises au banc par un seul tweet sans fondement, contre lequel aucune défense ne peut être produite.

Quatrième étape : neutraliser l’instance décisionnaire 

Dans les partis politiques, les syndicats ou même parfois dans les associations, lorsqu’on ne veut pas voir de candidatures alternatives, on réduit les zones d’incertitude ou on évite la prise de risque en empêchant toute prise de parole des candidats le jour du vote. C’est ce que certains appellent le centralisme démocratique : inutile de vous faire une opinion puisque l’on vous a déjà dit ce que vous allez voter.

Il faudra donc observer ce qui va se passer dans les prochaines semaines à la GLNF et voir si ce scénario en quatre étapes se produit. Espérons pour cette obédience qu’elle ait atteint un degré de maturité suffisant, qu’elle ait tiré les leçons de sa crise des années 2009-2012, et surtout qu’elle souhaite incarner au sommet ce qui fait l’excellence de sa base.

Il est à craindre que le processus soit déjà enclenché et qu’une officine soit déjà à l’œuvre pour préparer une campagne de dénigrement sur fond de fausses informations contre l’un des candidats. Ce serait bien regrettable si tel était le cas, et cela nous rappellerait les heures peu glorieuses de la franc-maçonnerie des années 2000

Affaire à suivre !

Droit de réponse à l’article intitulé « Les barons noirs de la Grande Loge Nationale Française »

« A la suite de la publication le 13 août 2024 dernier d’un article intitulé « Les barons noirs de la Grande Loge Nationale Française », le Très Respectable Grand Maître de la Grande Loge Nationale Française, M. Jean-Pierre ROLLET, entend rappeler qu’il porte une entière confiance aux membres du Souverain Grand Comité, appelés à désigner le 13 septembre prochain le candidat à la Grande Maîtrise qui sera ensuite soumis à la ratification de la Grande Loge. A ce titre, le Très Respectable Grand Maître précise que contrairement à ce qui est indiqué dans l’article en question, ni lui ni son entourage n’entretiennent aucune agitation ni fébrilité de quelque sorte à l’égard du processus électoral en cours, qui se déroule selon les modalités prévues par les dispositions du Règlement Général, dont le Grand Maître, garant de son respect, est attentif à la parfaite application par tous.

Le Très Respectable Grand Maître précise également que, contrairement à ce qui est suggéré dans l’article, sans que ne soit apporté aucun élément probant au soutien de ces propos, aucune action ou manœuvre visant à dénigrer, calomnier ou priver l’un ou l’autre des candidats déclarés de son droit à la parole n’est, en aucun cas et d’aucune manière, mise en œuvre, ni par lui-même, ni par son entourage, ni par quelque « officine » qui agirait à sa demande.

Au contraire, la Grande Loge Nationale Française, au vu de l’information – non corroborée à ce jour par des éléments de preuve concrets – portée à sa connaissance par l’un des candidats, faisant état de propos de dénigrement et/ou discriminatoires qui auraient été proférés à son encontre, susceptibles de constituer des infractions pénales, a procédé à un signalement par voie de plainte auprès de Monsieur le Procureur de la République près le Tribunal Judiciaire de Paris, en lui demandant de bien vouloir enquêter sur les faits ainsi dénoncés et d’y donner toutes suites adéquates. »

Annick de Souzenelle (1922-2024) : Un parcours spirituel exceptionnel

Annick de Souzenelle, née Meaulle, le 4 novembre 1922 et décédée le 11 août 2024, est une figure emblématique de la spiritualité contemporaine, reconnue pour son exploration profonde des traditions judéo-chrétiennes, de la Kabbale, et de la psychologie jungienne. Après des études initiales en mathématiques, elle commence sa carrière en tant qu’infirmière anesthésiste, avant de se réorienter vers la psychothérapie.

En 1958, après un cheminement spirituel marqué par son catholicisme de naissance, Annick de Souzenelle se convertit à l’orthodoxie. Cette conversion marque le début d’une quête spirituelle qui la conduira à étudier la théologie et l’hébreu, une langue qui deviendra centrale dans ses recherches spirituelles et dans sa compréhension des textes sacrés.

Au fil des décennies, elle devient une voix influente dans le domaine de la spiritualité, publiant de nombreux ouvrages où elle explore la symbolique du corps humain, les traditions hébraïques, et la Bible. Ses œuvres sont devenues des références pour ceux qui cherchent à comprendre le lien entre le corps, l’âme et l’esprit à travers le prisme des traditions anciennes.

Annick de Souzenelle développe une lecture unique de la Bible, estimant que la civilisation judéo-chrétienne est marquée par un culte de la souffrance et du sacrifice. Elle propose de dépasser l’opposition morale entre le bien et le mal, en mettant en avant la notion de cheminement vers l’accomplissement, qu’elle oppose à l’inaccompli. Selon elle, les crises contemporaines, y compris la crise écologique, sont le reflet d’une transgression des « lois ontologiques » qu’elle identifie dans ses travaux. Elle prône un retour à une spiritualité enracinée pour répondre aux défis actuels.

En 2016, elle fonde l’association Arigah, destinée à transmettre son enseignement et à rassembler ceux qui cheminent à ses côtés. Elle contribue également à l’animation de l’Institut d’Anthropologie Spirituelle, créé pour perpétuer sa vision d’une spiritualité intégrale.

Parmi ses œuvres majeures, on peut citer L’Égypte intérieure ou les dix plaies de l’âme (1991), Le Symbolisme du corps humain (Albin Michel, coll. « Espaces Libres », 1991), Le Féminin de l’être (2000), L’arc et la flèche (Albin Michel, 2003), L’alliance oubliée (Albin Michel, 2005), Résonances bibliques ( Albin Michel, coll. Spiritualités vivantes, 2006) et Va vers toi (2013), qui ont profondément marqué le paysage de la spiritualité contemporaine. Et tant d’autre stitres…

Jusqu’à sa mort, Annick de Souzenelle reste une voix forte et respectée, laissant derrière elle un héritage intellectuel et spirituel considérable.

Elle décède le 11 août 2024, à l’âge de 101 ans, laissant une œuvre prolifique qui continue d’inspirer de nombreux chercheurs et adeptes de la spiritualité à travers le monde.

Annick de Souzenelle a apporté une contribution significative aux réflexions des francs-maçons

Annick de Souzenelle a nourri notre réflexion, notamment par son approche symbolique et ésotérique des textes sacrés et de la tradition judéo-chrétienne. Sa lecture profonde de la Bible, éclairée par la Kabbale et la psychologie jungienne, offre aux francs-maçons un cadre de réflexion riche en symboles et en archétypes, qui sont des éléments centraux dans les rituels maçonniques.

Son travail sur la symbolique du corps humain, ainsi que sa quête de l’accomplissement spirituel, résonnent avec les objectifs de nombreux francs-maçons, qui cherchent à intégrer la spiritualité et la moralité dans leur cheminement personnel. En mettant l’accent sur la transformation intérieure et la compréhension des « lois ontologiques », Annick de Souzenelle propose une voie de développement spirituel qui peut inspirer les francs-maçons dans leur quête de connaissance de soi et de l’univers.

De plus, son approche non-dualiste, qui préconise de dépasser l’opposition entre le bien et le mal pour atteindre une vision plus intégrale de l’accomplissement humain, s’aligne avec la philosophie maçonnique de la recherche de la vérité et de l’harmonie universelle. En somme, Annick de Souzenelle a offert aux francs-maçons des outils intellectuels et spirituels pour approfondir leur compréhension des mystères de la vie et renforcer leur engagement envers un développement intérieur authentique.

 Chère Annick de Souzenelle, requiescas in pace !

Introduction à la franc-maçonnerie (Par Pierre Mollier)

Dossier spécial Bibliothèque Nationale de France

Enracinée en France depuis près de trois siècles, la franc-maçonnerie moderne naît au seuil du siècle des Lumières, en 1717, à Londres, alors capitale des idées philosophiques. Mais cette naissance est le produit d’une déjà longue histoire.

Du libéralisme philosophique au militantisme républicain et laïque.

Tout commence en effet sur les chantiers médiévaux des cathédrales où les maçons s’organisent en confréries dans des loges adossées aux édifices en cours de construction, à la fois remises, espaces de travail et de parole.

Aux 16e et 17e siècles, et plus particulièrement en Écosse, certaines loges se transforment en sociétés de rencontres et d’échanges accueillant des membres étrangers à l’art de bâtir. Pour les distinguer de leurs prédécesseurs, on les appelle maçons « acceptés » ou « spéculatifs », soulignant ainsi l’aspect symbolique et non pratique de leur engagement, à la différence des maçons « opératifs » qui, eux, taillaient la pierre.

La franc-maçonnerie moderne ou « spéculative » s’implante en France vers 1725 dans le sillage de Britanniques exilés pour des raisons politiques ou religieuses, dans l’ambiance libérale et anglophile de la Régence. D’abord accueillie comme une mode par l’aristocratie, elle gagne rapidement la bourgeoisie et s’enracine durablement dans la société d’Ancien Régime avant de s’étendre dès 1740 dans toute la France. La franc-maçonnerie se définit dès lors comme un lieu de convivialité où – dans l’esprit du siècle des Lumières – les frères célèbrent la vertu, la fraternité universelle et la vision égalitariste et libérale de la société comme ses valeurs fondatrices. La tolérance religieuse promue par un texte essentiel de la franc-maçonnerie, publié dès 1723 en Angleterre sous le titre The Constitutions of the Free-Masons en constitue le socle.

Les Figures secrètes des Rose‑Croix
Les Figures secrètes des Rose‑Croix | Bibliothèque nationale de France
Les Figures secrètes des Rose‑Croix
Les Figures secrètes des Rose‑Croix | Bibliothèque nationale de France

Au cours du 19e siècle, les loges passent progressivement d’un libéralisme philosophique sincère, mais un peu platonique, à un militantisme républicain et laïque. Durant ce « siècle des Révolutions » (1830, 1848, 1870) la maçonnerie accompagne, et souvent, devance et inspire, les progrès sociaux. Gambetta, Jules Simon, Jules Ferry…, la plupart des grandes figures qui fondent la Troisième République appartiennent à la franc-maçonnerie. Pour eux, l’école, le suffrage universel et la science sont les clefs du progrès. Les francs-maçons vont ainsi conduire, à marche forcée, un bouleversement en profondeur de la société française qui transforme en quelques années un pays rural et conservateur en une démocratie moderne. Les lois sur la liberté de la presse, la liberté d’association, la laïcité, le code du travail, l’école laïque et obligatoire ou encore les premières bases de la protection sociale leur sont largement redevables.

Quant au « secret », essentiellement lié à la dimension initiatique de la franc-maçonnerie, il touche, non la réalité sociale des loges, qui ont depuis longtemps pignon sur rue, mais le cheminement spirituel intime de leurs membres. Les rites et la méditation autour de symboles doivent en effet conduire le franc-maçon à porter un nouveau regard sur lui-même et à percevoir une réalité plus subtile du monde qui l’entoure. À chaque passage de grade, on raconte au candidat une légende qui est l’occasion de lui présenter différents symboles et de l’engager à certaines réflexions. Ainsi, les rites maçonniques ne délivrent pas simplement un enseignement mais veulent aussi faire vivre une expérience.

Les Figures secrètes des Rose‑Croix
Les Figures secrètes des Rose‑Croix | Bibliothèque nationale de France
Les Figures secrètes des Rose‑Croix
Les Figures secrètes des Rose‑Croix | Bibliothèque nationale de France

Légende noire et légende dorée

Mais, à côté de son histoire réelle – malaisée à restituer en raison de son objective complexité –, la franc-maçonnerie a aussi suscité tout un imaginaire. Poursuivie dès ses débuts au 18e siècle par la police de Louis XV, puis condamnée par le pape Clément XII, elle nourrit en effet depuis trois siècles une fascination hostile qui en a fabriqué la légende noire, alimentant notamment, avec le discours « complotiste », soupçons d’occultisme et autres trafics d’influence…

En même temps et à l’inverse, la franc-maçonnerie irrigue régulièrement un imaginaire artistique, notamment poétique et littéraire, plus léger et plus lumineux, dont La Flûte enchantée de Mozart figure un des exemples majeurs. Beaucoup de grands auteurs de la littérature mondiale ont en effet utilisé l’imaginaire maçonnique et mis en scène les idéaux et les traits, réels ou supposés, souvent poétiquement extrapolés, de la vie en loge à l’instar, de Léon Tolstoï, Gérard de Nerval, George Sand, Rudyard Kipling, Jules Romains, ou, plus près de nous, d’un Hugo Pratt, avec son anti-héros moderne Corto Maltese. Il existe ainsi une légende dorée de la franc-maçonnerie qui inspire largement, depuis le 18e siècle, le monde de l’art et de la création.

Provenance

Cet article provient du site Franc-maçonnerie (2016).

Les Jeux Olympiques, le sport en fête !

Un des événements de l’année qui mérite réflexion !

Comment ne pas être touché par cette jeunesse éclatante dans une production d’effort qui semble surhumaine ? Ces corps qui frisent la perfection et la beauté avant de se laisser envahir par la laideur de l’âge !

Comment ne pas être impressionné par la joie des foules qui applaudissent des héros anonymes ?

Bande d'amis, de copains heureux
Bande d’amis, de copains heureux au bar

Et puis cette organisation qui a pensé à tout pour offrir un spectacle pour la terre entière !

La particularité de ces Jeux Olympiques 2024 de Paris aura été de créer l’événement par la transformation des cérémonies d’ouverture et de fermeture en spectacles grandioses où l’art de la scénographie a insufflé une âme à la pratique sportive bien souvent désincarnée.

Démesure, passion, émotion, jeunesse, dévouement dans l’effort, cinq anneaux qui concernent cet événementiel qui aura marqué été 2024 !

A partir d’un mythe revisité par Pierre de Coubertin, les grandes nations « unies » sont capables de produire une fête mondiale exempte de tuerie ! Comment ne pas se féliciter d’un tel résultat ?

Bien sûr, il s’agit aussi d’une manifestation commerciale qui participe à l’économie du sport avec la mondialisation des enjeux pour détenir des parts de marché aussi bien dans l’information que dans la production de produits dérivés ! Le capitalisme sait récupérer le sport pour en faire un intérêt marchand !

Et puis il y a l’enjeu du soft power qui permet aux grandes puissances sportives d’utiliser un pouvoir d’attraction pour attirer les athlètes des pays pauvres.

On pourra regretter que la neutralisation du temps des olympiades ne soit plus vraiment respectée ; les athlètes des pays mis à l’index en sont les premières victimes. Par ailleurs, voir des athlètes hués sous prétexte qu’ils appartiennent à un pays participant à un conflit est aussi une aberration, le plus souvent suscitée par une manipulation politique.

Le sport en général et les olympiades en particulier n’ont bien sûr rien à voir avec la démarche maçonnique ; on a voulu faire de Pierre de Coubertin un franc-maçon ; heureusement il n’en est rien car à part son génial fait d’armes en 1892 à propos de l’olympisme, l’histoire n’oublie pas sa collaboration avec l’Allemagne nazie !

Il faut malgré tout saluer la pratique sportive comme la seule activité pouvant permettre l’expression de la violence inhérente aux êtres humains ; de nombreux auteurs ont disserté sur cette capacité du sport à utiliser la violence « maîtrisée » pour permettre la prévention de la violence sociale.

Ce qui choque la démarche maçonnique c’est naturellement la récupération nationale du sport qui, associée à la compétition, en arrive à opposer des nations et à alimenter d’autres violences.

Dans un fonctionnement maçonnique intelligent la seule médaille dont on parle en loge c’est celle qui correspond à un don caritatif ; dans le sport, la médaille fait office de clé d’entrée au « paradis » ! 

Par sa racine étymologique, le sport renvoie à divertissement !

 « Sport est issu par aphérèse du moy. angl. disport att. dep. le xives. (NED; MED) et qui a été empr. à la var. desport (cf. Thebes, éd. Constant, vers 1057, var. ms. S) de l’a. fr. deport au sens de « plaisir, divertissement », déverbal de deporter, desporter (v. déporter). » (Sources CNRTL)

Mais ce « divertissement » a une particularité : il exige un dépassement, c’est-à-dire la capacité de surmonter la souffrance de l’effort physique pour persévérer et repousser vers le haut le niveau de la performance. C‘est sur cette notion de dépassement que l’on voit fleurir une association entre sport et franc-maçonnerie pour créer une mythologie du « dépassement » maçonnique de la démarche initiatique !

L’activité maçonnique est ainsi présentée comme une souffrance qui suppose une maîtrise des affects et un dépassement pour arriver à l’hédonisme de l’entre soi et au mysticisme du paradis !

La « vraie » initiation impliquerait détachement et dépassement pour transformer la souffrance en sérénité !

L’observation de la réalité vécue dans les loges nous permet de dire que cette présentation est vraiment imaginaire !

De façon plus prosaïque, si le sport est un divertissement, la démarche maçonnique ne peut l’être au risque de se dénaturer ! Elle n’a de sens que si elle est capable de prendre en compte les réalités du vécu des êtres humains pour le transformer en y insérant cette fraternité universelle indispensable à la Paix et à l’Harmonie.

L’histoire nous montre que si l’enjeu est toujours motivant, le début de la réalisation n’est pas pour demain !

Dessin de François Morel : « L’initiation maçonnique en période d’épidémie » 

0

Tout le monde garde à l’esprit cette terrible période durant laquelle, les Initiations devenaient nettement plus compliquées. François Morel a réussi à reconstituer et à commenter une Initiation d’époque durant une autre épidémie qui fut, elle aussi, terrible pour l’Art Royal.

Le scandale immobilier de la Fondation du GODF

La série de l’été : L’énigme du 39 Rue Castérès à Clichy (92) – Acte I – Feuilleton en 4 actes

Clichy (département des Hauts-de-Seine en région Île-de-France, commune située au nord-ouest de Paris dans sa première couronne) – Dans les méandres de l’histoire immobilière, le 39 Rue Castérès se dévoile comme un mystère fascinant. Retour sur une saga où intrigues, tractations et rebondissements se mêlent dans un ballet digne d’un thriller hollywoodien.

1910 : L’origine

39 Rue Castérès à Clichy (92110)

Tout commence en 1910, lorsque Monsieur Bertrand Sincholle acquiert un terrain près de la ligne SNCF à Clichy. Il en fait apport à la Société Anonyme Immobilière (SAI) de la rue Castérès.

En 1952, la SAI signe un bail emphytéotique de 50 ans avec un organisme social nommé la Mutualité maternelle de Paris, à charge pour elle d’édifier un immeuble de 3 étages, dont elle va occuper les 2 premiers. La SAI se réserve un droit d’usage gratuit du 3e étage du 39, rue Castérès. Elle en confie l’usage à deux loges maçonniques du GODF. Cette même année, Elie Leroy, le président de la SAI Castérès acquiert un terrain supplémentaire auprès de la SNCF, dont il fera don ultérieurement à la SAI.

1968 : Le tournant – La donation à la Fondation du GODF

Temple maçonnique du 39 Rue Castérès à Clichy

En 1968, une association Loi 1901 sous le nom de « Association Philosophique et Philanthropique de la rue Castérès » (APP) remplace la Société Anonyme Immobilière Castérès. En 1993, Georges Leroy, fils d’Elie Leroy, préside l’APP de la rue Castérès. Il décide de transférer la propriété à la Fondation du Grand Orient de France (GODF) qui a besoin de fonds pour compléter sa dotation. L’accord prévoit toutefois que l’APP restera propriétaire du terrain de 1952 donné par son père. La seule condition réservataire à la donation est que l’APP garde l’usufruit du 3e étage qu’elle réserve aux deux loges « Les Travailleurs » et « Les Précurseurs ». Elie dit à Georges : « Tu fais une bêtise ! » L’avenir donnera raison à la prophétie d’Elie.

2016 : L’envolée des prix

Les prix de l’immobilier clichois s’emballent en 2016, notamment grâce au transfert du Tribunal parisien du Quai des Orfèvres. Une société immobilière nommée Erigea, société créée en 2016 pour l’occasion, au capital de 15 000 euros, voit le jour. Elle rachète des immeubles dont deux voisins du 39 Rue Castérès. Puis, elle les revend aussitôt à Pitch Promotion, une société nettement plus crédible, puisque son capital est de 30 millions d’euros. Erigea projette de rééditer la même opération pour le 39.

2018 : L’affaire Charles Arambourou

Charles Arambourou sur Public Sénat

C’est ainsi que Charles Arambourou, magistrat financier trésorier de la Fondation du GODF, négocie secrètement la vente du 39 Rue Castérès en 2017 avec la société Erigea. Le Grand Maître du GODF Philippe Foussier signera sur les bases définies par Charles Arambourou un compromis de vente avec Erigea le 2 juillet 2018. Un bémol cependant, car Jean-Pierre Chanard, président de l’APP, le propriétaire de la parcelle de 1952 et usufruitier du troisième étage, apprend la vente, par hasard, dans un couloir.

Il frappe à toutes les portes pour demander des explications, malheureusement pour lui, elles sont toutes fermées et ses demandes sont rejetées. Philippe Foussier, comme Jean-Philippe Hubsch son successeur, qui vient d’être élu, le renvoient à Charles Arambourou. Ce dernier lui répond sèchement qu’« entre la fraternité et un million d’euros, son choix est vite fait ». Ce choix, ce sera le million. C’est alors que Jean-Pierre Chanard dépose une plainte devant la justice maçonnique du GODF en exposant toute l’affaire. Elle sera aussi rejetée. Il ne lui reste plus que la justice de la République afin d’interrompre la vente illégale. L’APP et lui déposent une plainte contre la Fondation du GODF en mars 2019, cette plainte suspend de facto le processus de vente.

2020 : L’accord et la vengeance

Jean-Philippe Hubsch, grand maître de 2018 à 2020

Après de longues négociations, un protocole d’accord est signé le 30 octobre 2020 : la vente est définitivement annulée, tous les frais sont pris en charge par la Fondation du GODF et 95 000 € de dédit sont versés à l’acheteur Erigea. Coût total de cette opération pour le GODF : 300 000 €. Autant de moins pour les œuvres de la Fondation ! Les plaignants de l’APP ont la délicatesse de ne pas faire figurer au protocole d’accord les honoraires des avocats pour l’assignation en justice de la Fondation ainsi que la négociation (coût 20 000 euros)

Pour la petite histoire, Jean-Philippe Hubsch le signataire du protocole d’accord s’empressera de transmettre la patate chaude à son successeur Georges Sérignac en 2021. C’est lui qui règlera d’ailleurs l’ardoise et qui portera le chapeau du déficit.

L’histoire ne s’arrête pas là. Dans le deuxième épisode, vous découvrirez comment la vengeance du Conseil de l’Ordre est un plat qui se mange plutôt froid.

…Lire la suite de ce feuilleton (sur ce lien)

DROIT DE REPONSE DE CHARLES ARAMBOUROU

Votre feuille quotidienne me fait beaucoup d’honneur en m’érigeant en éponyme d’une « affaire » concernant la Fondation du Grand Orient de France, dans ce que vous présentez comme un « feuilleton ». Il s’agit en réalité d’un pamphlet publié à la veille du Convent du GODF, visant un certain nombre de ses Grands Maîtres passés – à l’exception notable de Georges Sérignac – ou potentiels. N’exerçant personnellement aucun mandat national à ce jour, je n’ai rien à voir, ni avec les motifs profonds, ni avec les instigateurs de votre opération, dont je ne suis apparemment qu’une victime collatérale.

Néanmoins, puisque vous avez cru bon de me faire une publicité imméritée, sans respecter les règles déontologiques élémentaires qui impliquaient au moins de me consulter avant de donner la parole à un détracteur, vous me permettrez de rectifier quelques inexactitudes voire mensonges qui visent, à défaut de prouver des turpitudes inexistantes, à entretenir le soupçon à mon égard.

Précisons d’abord le contexte pour vos lecteurs.

Le rôle de la Fondation du GODF est d’assurer la solidarité à l’extérieur de l’Obédience, afin « d’étendre à toute l’Humanité les liens fraternels qui unissent les Francs-Maçons » – comme dit notre Constitution. Cette institution (comme son trésorier) n’est donc ni un agent immobilier, ni un financier vorace, puisque sa raison d’être est de dépenser.

Le Grand Maître du GODF, président de la Fondation, est le seul décideur en dernier ressort. Personnellement, je n’en ai été que le trésorier, brièvement, avant de poursuivre comme simple administrateur, jusqu’en 2020. Si, sur le dossier du 39, rue Castérès, je n’ai jamais caché être personnellement favorable à la vente, des opinions différentes s’exprimaient, tant à la Fondation qu’au GODF. J’avais pour seule tâche de mettre mes compétences financières au service du Président, à qui revenait la décision finale, quelle qu’elle fût. C’est ainsi qu’après avoir préparé la vente de l’immeuble décidée par Philippe Foussier, j’ai, sous Jean-Philippe Hubsch, apporté ma pierre à la rédaction du protocole d’accord renonçant à la vente pour mettre fin au contentieux initié par M. Chanard.

Il est donc parfaitement infondé de m’attribuer la paternité d’une opération que je n’ai ni décidée ni menée à son terme (lequel n’est visiblement toujours pas atteint), au seul motif que j’ai été de ceux qui argumentaient en sa faveur, il y a plus de 6 ans. Il n’y a pas « d’affaire Charles Arambourou », et, depuis 4 ans, je ne dispose plus d’aucun élément d’information sur le dossier – encore moins sur les décisions de la CSJM ou les avatars de la Loge « Les Travailleurs ». Je garde pour moi l’appréciation que je peux porter, comme tout Franc-Maçon du GODF, sur la suite des évènements et la façon dont ils ont été gérés.

Le contexte et les responsabilités de chacun étant rappelés, venons-en aux mensonges me concernant, notamment dans votre premier épisode.

1) Contrairement à ce qu’affirme la première phrase du passage qui m’est consacré, je n’ai jamais « négocié secrètement » la vente du 39, rue Cacérès, à Clichy (92). D’abord, parce que je n’en avais pas la compétence, qui appartient au vice-président de la Fondation, en accord avec le Président.

Ensuite, et surtout, parce que la question de la vente a été dès le début posée aux intéressés avant toute « négociation ». En effet, la décision initiale de vente n’a été prise qu’après accord de l’association gestionnaire des locaux maçonniques, dite APP, dont M. Chanard n’était pas à l’époque président. La Fondation, bien consciente de l’obligation qui lui incombait d’assurer le « logement » des 2 (deux) Loges concernées, projetait de réserver, dans la construction envisagée par Erigéa à la place de l’immeuble du 39, des locaux équivalents pour les activités de l’APP, aux mêmes conditions que celles de la donation (gratuité, durée) –avec, en plus, des places de parking. J’ai même visité, avec le président de l’APP, un local voisin susceptible d’accueillir les deux Loges pendant les travaux de construction.

Que ce président ait été remplacé ensuite par M. Chanard relève de la liberté associative : il reste que ce changement traduisait le rejet de l’opération préparée, preuve qu’il n’y avait aucune négociation secrète ! Il s’en est suivi de la part de l’APP un refus obstiné de toute conciliation, allant jusqu’à l’ouverture d’un contentieux en justice profane. C’est cette volte-face de l’APP, au cours d’une opération préparée pourtant avec son accord initial, qui est à l’origine de l’échec final.

2) Je ne confirme pas avoir prononcé la phrase qui m’est prêtée par M. Chanard selon laquelle « entre la fraternité et un million d’euros, [mon] choix est vite fait », manifestement étrangère au contexte d’une institution à objet humanitaire. Seul un imbécile pourrait oublier que c’est justement dans l’intérêt de la fraternité que travaille la Fondation, et qu’œuvrent ses responsables et ses trésoriers. L’enjeu était bien d’un million pour la Fondation, et non pour je ne sais quel intérêt personnel : on a peine à devoir le rappeler, tant la formulation de votre article cherche à entretenir un soupçon gratuit (quoiqu’à un million d’euros) à mon égard !

Mon opinion personnelle sur le dossier du 39, rue Castérès, pas plus que les actes que j’ai effectués en tant que trésorier de la Fondation du GODF, ne justifient ni la calomnie ni la diffamation. C’est avant tout mon honneur de Franc-Maçon qui est visé, de façon particulièrement retorse, à l’occasion d’une opération dont les tenants et aboutissants, pour ce que j’en crois comprendre –et comme le confirme la suite de votre feuilleton-, sont en réalité dépourvus de liens avec ma modeste personne.

Le 16 août 2024