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Il y a ceux qui poussent. Ils sont quelques-uns seulement. Les épaules solides, le regard fixé vers le sommet. Ils avancent d’un pas régulier, portant ensemble ce grand journal qu’ils ont eux-mêmes taillé dans la pierre des jours. Chaque effort les rapproche un peu plus de la crête. Ils ne parlent guère. Ils n’ont pas besoin de prouver quoi que ce soit. Leur travail parle pour eux. Autour d’eux, la foule des lecteurs et des amis acclame. Des milliers de voix, de mains qui applaudissent, de regards qui encouragent. Ce n’est pas du bruit. C’est une reconnaissance silencieuse et massive.

Et puis il y a les autres…
Tout en bas, à hauteur de cheville, deux ou trois petits chiens aigris s’agitent. L’un mordille un mollet sans jamais réussir à ralentir la marche. Un autre aboie avec une conviction comique. Un troisième tourne en rond en grognant, convaincu que son aboiement change quelque chose à la trajectoire du rocher. Ils croient être importants. Ils ne sont qu’un détail du paysage. Car ceux qui poussent n’ont même pas baissé les yeux.

Ils savent depuis longtemps que le vrai combat n’est pas contre les aboiements, mais contre la pente. Et la pente, eux, ils la montent. Pendant que les petits chiens s’épuisent à vouloir mordre ce qui les dépasse, ce qu’ils ne comprennent pas, le journal continue son ascension. Rapidement et sûrement. Inéluctablement. Et c’est cela, finalement, la plus belle des réponses : ne pas répondre.
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TAF